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  • New video shows no fighting before journalist Abu Akleh’s killing | Israel-Palestine conflict News
    By Al Jazeera Staff - Published On 20 May 2022
    https://www.aljazeera.com/news/2022/5/20/new-video-shows-no-clashes-during-shireen-abu-aklehs-killing

    A new video that begins moments before Al Jazeera journalist Shireen Abu Akleh was killed has emerged showing relative calm and quiet, contrary to claims by Israeli officials that fighting was taking place in the area.

    Abu Akleh, 51, was killed by an Israeli soldier on May 11, according to colleagues and witnesses who were present at the scene, while covering a military raid by Israeli forces in the occupied West Bank city of Jenin.

    The clip, which was filmed by a Jenin resident and verified by Al Jazeera, shows initial quiet with no sounds of fighting, corroborating witness reports that there were no clashes between Israeli forces and Palestinian fighters at the time of the shooting, as the Israelis have suggested.

    Some people are seen to be talking and laughing in the foreground, with people in the background, including Abu Akleh and some of her colleagues wearing blue press flak jackets, also visible.

    https://twitter.com/tombateman/status/1527306058359656449?ref_src=twsrc%5Etfw
    New video emerges of moment #ShireenAbuAkleh was shot dead. Significantly, the group is relaxed and no gunfire is apparent as they prepare to work. There are two instances of repeat single shots, not bursts, that appear to come towards them. Warning : distressing content pic.twitter.com/XpkOKFwizc

    — Tom Bateman (@tombateman) May 19, 2022

    Abu Akleh and the other journalists are walking in the direction of where Israeli forces were located, before gunfire shots start ringing out.

    Once the shooting starts, people in the foreground start running away from where the Israeli forces were positioned. Abu Akleh can be seen lying in the street after being shot.

    A Palestinian American citizen, Abu Akleh’s killing by Israeli forces has led to global outrage and widespread calls for an independent investigation.

    #Shireen_Abu_Akleh

    • « On a délibérément tenté de nous tuer »
      La journaliste palestinienne Shatha Hanaysha se trouvait avec Shireen Abu Akleh lorsqu’elles ont été la cible de tirs.
      https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-occupation-mort-shireen-abu-akleh-jenine-temoignage

      Nous nous sommes montrés aux soldats qui étaient postés à quelques centaines de mètres de nous. Nous sommes restés immobiles pendant une dizaine de minutes pour nous assurer qu’ils savaient que nous étions là en tant que journalistes.

      Comme nous n’avons reçu aucun coup de semonce, nous sommes montés vers le camp.

      Nous avons alors entendu le premier coup de feu, sorti de nulle part. Je me suis retournée et j’ai vu mon collègue Ali al-Sammoudi à terre, touché par une balle dans le dos. Mais sa blessure n’était pas grave et il est parvenu à s’éloigner.

      Une scène de chaos a suivi. Mon collègue Mujahed a sauté par-dessus une petite barrière à proximité pour rester à l’abri des tirs. « Venez par ici ! », nous a-t-il lancé, à Shireen et moi. Mais nous étions de l’autre côté de la rue et nous ne pouvions pas prendre le risque de traverser.

      « Al-Sammoudi est touché ! », a hurlé Shireen, qui se tenait juste derrière moi, alors que nous étions toutes les deux adossées à un mur pour nous mettre à l’abri.

      À ce moment-là, une autre balle a transpercé le cou de Shireen, et elle s’est écroulée juste à côté de moi.

  • Un jeune violoniste palestinien raconte les horreurs de la détention israélienne
    Par Akram al-Waara – BETHLÉEM, Palestine occupée - Lundi 2 mai 2022 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/occupation-palestine-israel-mineur-prison-torture-horreurs-detention

    Athal al-Azzeh, 14 ans , affirme que les forces israéliennes l’ont torturé et l’ont privé de ses droits fondamentaux lors de ses douze jours « effrayants » d’incarcération

    Jeune violoniste palestinien investi dans le conseil des élèves de son établissement, Athal al-Azzeh a été arrêté par des soldats israéliens il y a deux semaines. Il a alors craint que ce ne soit la fin de sa vie telle qu’il la connaissait.

    « J’étais terrifié, je ne savais pas ce qui allait m’arriver », raconte l’adolescent de 14 ans à Middle East Eye. « Tout ce à quoi je pouvais penser, c’était à ma famille et à mes amis. Je me demandais si, comme moi, ils étaient tristes et effrayés », poursuit-il en relatant le moment où les soldats israéliens lui ont tendu une embuscade alors qu’il marchait près d’une base militaire dans sa ville natale de Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie occupée.

    Athal al-Azzeh a été arrêté le 15 avril alors qu’il se rendait chez sa grand-mère dans le camp de réfugiés de Beit Jibrin, sur la route principale de Bethléem. Une jeep militaire israélienne s’est arrêtée à côté de lui tandis qu’il marchait. Quatre soldats armés ont sauté du véhicule et l’ont attrapé.

    « L’un des soldats m’a attrapé par le cou et m’étouffait tellement que j’ai défailli et ai commencé à perdre connaissance », raconte Athal. « Puis ils m’ont emmené dans la base militaire et m’ont jeté par terre. Quand ils ont lâché mon cou, j’ai pu respirer à nouveau et j’ai réalisé où j’étais. » (...)

  • Les soldats israéliens tuent un adolescent palestinien et en blessent au moins vingt près de Jénine.
    Feb 14, 2022– – IMEMC News
    https://imemc.org/article/israeli-soldiers-kill-a-palestinian-teen-injure-at-least-fourteen-near-jenin

    Des soldats israéliens ont tué, lundi à l’aube, un adolescent et blessé au moins vingt Palestiniens lors de manifestations qui ont éclaté après que de nombreux véhicules de l’armée israélienne ont envahi, dimanche soir, la ville de Silat al-Harithiya, à l’ouest de la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, pour démolir une maison.

    Le ministère palestinien de la Santé a confirmé que les soldats ont tué Mohammad Akram Abu Salah, 17 ans, de la ville d’al-Yamoun, après lui avoir tiré une balle réelle dans la tête.

    Les soldats ont fermé la ville et empêché les médecins palestiniens d’atteindre l’enfant pendant plus d’une heure avant que les Palestiniens ne parviennent à transporter le corps de l’adolescent tué et à l’emmener à l’hôpital gouvernemental Ibn Sina à Jénine.

    Mahmoud Sa’adi, chef du service des urgences du Croissant-Rouge palestinien (CRP) à Jénine, a déclaré que les soldats avaient attaqué les ambulances et les avaient empêchées d’atteindre les zones de protestation pour apporter les soins nécessaires aux Palestiniens.

    Il a ajouté que les soldats ont tiré à balles réelles sur plus de vingt Palestiniens et ont fait subir à des dizaines d’entre eux les effets de l’inhalation de gaz lacrymogènes ; l’un des Palestiniens blessés est toujours dans un état critique.

    L’invasion a commencé dimanche soir après que les soldats aient encerclé et isolé Silat al-Harithiya et fermé toutes les routes environnantes.

    Plusieurs jeeps de l’armée, dont des bulldozers, ont envahi la ville depuis différentes directions avant que les soldats n’envahissent de nombreux bâtiments et n’occupent leurs toits pour les utiliser comme postes de tir.

    Les soldats ont également pris d’assaut la maison d’un prisonnier politique, identifié comme Mahmoud Ghaleb Jaradat, et ont commencé à prendre les mesures de la propriété en vue de la faire exploser.

    Quelques heures après l’invasion, le Corps du génie de combat israélien a câblé et fait exploser la maison du détenu Mahmoud Jaradat, à l’aube, avant que l’armée ne se retire de la ville.

    #Palestine_assassinée

  • La montée en puissance des hommes armés de Jénine
    Par Shatha Hammad – JÉNINE, Palestine occupée – Jeudi 10 février 2022 – | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-jenine-camp-combattants-resistance-armes-ap-securite

    Un silence lugubre plane sur le camp de réfugiés de Jénine.

    Ces derniers mois, la montée des tensions a accru la nervosité de ses habitants, qui craignent qu’à tout moment, le camp ne soit attaqué par l’armée israélienne ou les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP).

    Le malaise qui s’empare du camp découle de la campagne de recherche menée conjointement par Israël et l’Autorité palestinienne en vue de l’arrestation d’une vingtaine de jeunes hommes accusés de se livrer à des actes de résistance contre les soldats israéliens.

    Ils sont notamment soupçonnés d’avoir tiré sur des check-points près de Jénine, d’avoir participé à des affrontements armés avec l’armée israélienne lors de ses raids sur la ville et de l’émergence notable d’une présence armée dans le camp, en particulier depuis le soulèvement de mai 2021.

    Les hommes recherchés ne sortent pas le jour et ne se déplacent la nuit que lorsque cela est strictement nécessaire.

    Ils n’osent pas quitter le camp, lequel leur sert de refuge depuis le début des recherches, et nombre d’entre eux craignent d’être assassinés ou d’écoper de lourdes peines de prison.

    D’autres redoutent d’être victimes d’abus dans les prisons gérées par l’Autorité palestinienne, car des rapports faisant état d’actes de torture dans ces établissements continuent d’émerger. (...)

  • Berlin, capitale européenne de la culture arabe | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/allemagne-berlin-culture-arabe-refugies-festivals-librairies-syrie-pa

    Version anglaise https://www.middleeasteye.net/discover/berlin-germany-europe-capital-arab-culture

    7.11.2021 par Par Matt Unicomb - La crise des réfugiés de 2015 a fait de la capitale allemande une plaque tournante pour les communautés arabes et un espace sûr d’expression culturelle

    Un vendredi après-midi à Berlin, vous trouverez peut-être Fadi Abdelnour en train de rouler une cigarette sous un arbre dans une arrière-cour du quartier de Schöneberg.

    Entre deux appels téléphoniques et deux gorgées de thé tiède, il fait signe aux jeunes Syriens et Égyptiens qui traversent la cour pour se rendre dans sa boutique, Khan Aljanub, une librairie arabophone qu’il a ouverte avec deux amis en février 2020.

    Khan Aljanub se situe dans une portion quelconque de la Potsdamer Straße, un axe majeur qui traverse Berlin-Ouest et relie l’historique Potsdamer Platz au Tiergarten, l’un des plus grands parcs d’Allemagne. Malakeh, l’un des restaurants syriens les plus connus de Berlin, se trouve à quelques mètres de là.

    Pour accéder à la librairie, les clients sonnent au niveau d’une grande porte en bois bleue avant de pouvoir entrer. Ils passent ensuite par l’entrée arrière du restaurant marocain voisin avant d’être accueillis dans la cour par Fadi Abdelnour ou son collègue Mohammed.

    Khan Aljanub renferme 3 500 livres issus des quatre coins du monde arabe, acheminés pour la plupart depuis Beyrouth ou Le Caire, qu’ils soient expédiés par des distributeurs ou remis en main propre par des amis après des voyages à l’étranger. Il y a des ouvrages de philosophie, de sociologie, d’histoire, des classiques et des fictions modernes et expérimentales – autrement dit, tout l’air du temps de la littérature arabe.

    Les best-sellers actuels sont Al-Mawt fi Haifa (Mort à Haïfa) de l’auteur palestinien Majd Kayyal, Die Erfindung der deutschen Grammatik (L’invention de la grammaire allemande) de Rasha Abbas et Tareekh Alehat Misr (Histoire des dieux d’Égypte) de Mohammad Rabie, le cofondateur égyptien de la librairie.
    « Des fêtes comme au Liban »

    Un coin accueille une petite section anglophone et germanophone avec une poignée de traductions d’ouvrages depuis l’arabe. Derrière le comptoir se trouvent une machine à café et un réfrigérateur rempli de bières que Fadi Abdelnour et Mohammad Rabie ouvrent le vendredi soir.

    Fadi Abdelnour explique que la boutique compte plusieurs centaines de clients et que ce chiffre ne cesse de croître. Environ 30 % sont des visiteurs réguliers qui ont entendu parler de la boutique par le bouche-à-oreille ou qui l’ont découverte sur ses pages exclusivement en arabe sur les réseaux sociaux.

    La plupart ne sont pas nés en Allemagne : il s’agit notamment d’Arabes qui se sont réinstallés à Berlin au cours de la dernière décennie, en particulier à partir de 2015.

    Ces arrivées relativement récentes sont à l’origine d’une multiplication tangible des événements arabophones dans tout Berlin. Ce coup de fouet se traduit également par des représentations théâtrales, des soirées poésie, des conférences culturelles et politiques, des fêtes gay, des drag shows, des raves et des festivals de cinéma.

    Cette explosion de l’activité a donné naissance à ce qui est sans doute la scène culturelle arabophone la plus dynamique d’Europe. Cependant, si cette scène est plus animée que jamais, elle n’est que l’aboutissement d’un mouvement vieux de plusieurs décennies, qui prend racine dans des restaurants locaux et des résidences étudiantes auparavant dans l’ombre.

    Les Allemands prennent note de cette tendance. En juillet, Renate Künast, ancienne ministre fédérale issue des Verts, s’est arrêtée dans la librairie Khan Aljanub pour afficher son soutien. Des journalistes locaux sont passés pour interviewer Fadi Abdelnour.

    « Lorsque je suis arrivé en 2002, il y avait beaucoup d’activité, mais il n’y avait pas de lieu de rencontre central », raconte à Middle East Eye Fadi Abdelnour, adossé à une chaise de jardin en bois.

    « Il y avait 300 visages et on en retrouvait une cinquantaine un peu partout : rendez-vous politiques, conférences, événements musicaux. Certains organisaient des fêtes comme au Liban, par exemple : des rencontres avec du dabkeh et des discours politiques. Puis il y avait des rassemblements plus intellectuels, comme des conférences. »
    Au grand jour

    Alors que ces événements étaient autrefois relégués dans des lieux excentriques que les participants trouvaient par l’intermédiaire de leurs amis et de leur famille, comme le bar Al Hamra à Prenzlauer Berg, ils se déroulent désormais au grand jour et bénéficient de financements officiels de plus en plus conséquents de la part d’institutions universitaires et culturelles allemandes.

    Le département du Sénat de Berlin pour la Culture et l’Europe et la fondation à but non lucratif Rosa Luxemburg parrainent des festivals de cinéma et des événements musicaux et littéraires arabophones, ainsi que des conférences sur des questions relatives au Moyen-Orient.

    Cette activité a été analysée dans des thèses, des conférences et des documentaires à Berlin et à l’étranger, notamment par le sociologue australien d’origine égyptienne Amro Ali, dont l’essai de 2019 intitulé On the need to shape the Arab exile body in Berlin a finalement donné un nom à un feu qui couvait depuis des années.

    « Les chiffres sont trop importants pour que rien ne se produise », explique Amro Ali par téléphone à MEE. « Les exilés arabes qui vivent ici bénéficient d’un soutien institutionnel plus important que, disons, à Londres ou à New York. Indépendamment de leur programme, de leurs intentions ou des questions de racisme, il est facile d’obtenir un financement. Il y a un gouvernement favorable aux arts et aux sciences sociales. »

    Ces mêmes points forts qui attirent depuis des décennies des artistes, musiciens, écrivains et intellectuels internationaux à Berlin – loyers accessibles, ouverture à la créativité – attirent également des dizaines de milliers de personnes en provenance du monde arabe.

    Il s’agit notamment de réfugiés initialement envoyés dans d’autres villes allemandes, mais qui, à force de détermination, parviennent à rallier la capitale.

    « Traditionnellement, La Mecque des Syriens était Paris », confiait la dramaturge syrienne Liwaa Yazji à Exberliner en début d’année. « Mais maintenant, j’ai l’impression que la jeune génération vient à Berlin. »

    Comme l’a écrit Amro Ali, de nombreux nouveaux arrivants en Allemagne apportent avec eux leur amour de la musique et de la littérature et finissent par créer leurs propres événements ou initiatives. Parmi ces initiatives, on retrouve l’Arabic Music Institute, une école de musique qui enseigne des instruments du Moyen-Orient comme le oud et la darbouka, ainsi que la théorie musicale arabe et le chant choral.

    En 2016, un trio d’activistes et de musiciens originaires de Syrie et de Jordanie a également fondé Baynatna, une bibliothèque et un centre culturel en langue arabe.

    Il y a aussi AL.Berlin, un bar-café dans le quartier branché de Kreuzberg. Son cofondateur, Muhammad Jabali, est un Palestinien de Haïfa. Il s’est installé à Berlin il y a trois ans, lorsque son épouse a été affectée à une université locale. À son arrivée dans la ville, il a fondé une initiative permettant à des musiciens arabes de se produire dans des concerts.
    Une population croissante à satisfaire

    En 2019, la première édition du festival de musique AL.Berlin a rassemblé la chanteuse égyptienne Maryam Saleh, le chanteur palestinien Tamer Abu Ghazaleh et le chanteur égyptien Maurice Louca sur la scène du YAAM, un club de plage situé en bord de rivière, plus connu pour son ambiance reggae et hip-hop. AL.Berlin a organisé neuf autres événements au cours de l’année, avec 28 performances qui ont attiré au total 1 800 personnes.

    Le collectif a ouvert le bar AL.Berlin en février 2020, quelques semaines avant les premières mesures de confinement liées au COVID-19, qui ont entraîné la fermeture de tous les espaces culturels en Allemagne (la plupart des gens du milieu se souviendront à jamais de ce triste 14 mars).

    Malgré les pertes financières, le collectif est parvenu à rester à flot et accueillera la deuxième édition du festival AL.Berlin depuis le 2 novembre.

    Aujourd’hui, alors que la scène culturelle de Berlin revient à la normale, AL.Berlin gère un café-bar qui devient parfois une sorte de club, comme lors de ses soirées de pop arabe organisées un vendredi soir par mois.

    Un samedi soir typique, les employés échangent des anecdotes sur la fête de la veille, qui s’est prolongée bien au-delà de minuit, tandis que la salle se remplit lentement de clients parlant un mélange d’allemand, d’anglais et d’arabe. Les clients, dont beaucoup ont à peine 20 ans, d’autres la quarantaine bien tassée, commandent des bières, des Aperol spritz et parfois de l’arak, un spiritueux levantin, tandis que la file d’attente au bar ne cesse de s’allonger.

    Au bar AL.Berlin, des jeunes Syriens côtoient des Tunisiens, des Égyptiens rencontrent des Palestiniens – un véritable Mischung, comme le disent les Allemands.

    Avec une capacité d’environ 70 personnes, AL.Berlin est vite rempli. L’ambiance musicale est profonde et groovy, un mélange de jazz et de broken beats, diffusé depuis une cabine de DJ en bois dans le coin de la salle par DJ Ioana, une cliente de longue date invitée à présenter son premier set ici à l’occasion de la visite de MEE.

    Le lendemain soir, un stand de restauration éphémère sur le thème de la Tunisie est proposé avec des briks – des chaussons farcis et frits – servis par un cuisinier, tandis qu’un DJ se produit dans la cour.

    Le dimanche, avant la pandémie, des cours d’arabe étaient même proposés aux enfants, principalement ceux des fondateurs et leurs amis. « L’un des seuls cours d’arabe laïcs pour enfants à Berlin », confie Muhammad Jabali en esquissant un sourire, recroquevillé sous un parapluie à l’extérieur du bar.

    Avec ses cheveux longs et sa moustache épaisse, il est facile de l’imaginer derrière les platines. Également auteur de livres pour enfants, il a organisé des fêtes pendant plusieurs années à Haïfa. Tout comme le libraire Fadi Abdelnour, il est convaincu que son bar n’est que le prolongement de fondations établies il y a des années et affirme que des villes comme Bruxelles et Amsterdam connaissent également un essor des événements arabophones.

    « Il y a tout simplement plus d’Arabes à Berlin aujourd’hui, donc c’est plus vaste et plus perceptible », indique-t-il. « C’est élitiste de dire que ce que nous faisons est nouveau et que ce qui se passait avant n’avait rien de culturel. »
    Au moins 40 000 Berlinois ont la nationalité syrienne

    Pourtant, pendant des années, ces événements ainsi que la langue arabe ont été cachés à la vue du public et se cantonnaient principalement au secteur de Sonnenallee, une rue célèbre pour son identité arabe.

    Mirvat Adwan, cofondatrice avec un compatriote syrien de Kalamon, la première école d’arabe privée de Berlin, a été témoin de ce changement. Berlinoise depuis 2007, elle a vu la population arabophone de la ville exploser, en particulier depuis 2015.

    « Par le passé, l’arabe était généralement réservé aux mosquées et aux communautés religieuses » , indique-t-elle. « Les autorités n’ont pas essayé de faire grand-chose pour la communauté arabe ici, c’est pourquoi les arabophones ont commencé à organiser des événements eux-mêmes. »

    Même si les autorités berlinoises ne publient pas de statistiques linguistiques détaillées, le nombre d’arabophones pourrait être supérieur à 150 000. Au moins 40 000 Berlinois ont la nationalité syrienne, ce qui les place en troisième position derrière les Turcs et les Polonais.

    Parmi eux figurent certains des plus d’un million de réfugiés principalement originaires de Syrie qui ont demandé l’asile en Allemagne rien qu’en 2015. Ce que l’on sait moins, c’est que 80 000 de ces personnes sont arrivées en Allemagne entre 2011 et 2014 et que beaucoup se sont réinstallées à Berlin. Au cours de ces années, le gouvernement allemand recherchait des personnes qu’il jugeait persécutées, notamment de nombreux écrivains, journalistes et artistes.

    Des activistes arabes de premier plan comme le Saoudien Ali Adubisi, la Syrienne Wafa Mustafa, le Syrien Anwar al-Bunni ainsi que d’innombrables Palestiniens et Égyptiens se sont installés à Berlin.

    « Je ne glorifierais pas Berlin comme un refuge », concède Marwa Fatafta par téléphone depuis Hambourg.

    Cette journaliste et activiste palestinienne s’est installée dans la ville portuaire allemande il y a quelques mois après avoir vécu sept ans à Berlin.

    Actuellement responsable des politiques pour la région MENA au sein de l’organisation à but non lucratif Access Now, qui s’intéresse aux droits numériques, elle est arrivée dans la capitale allemande en provenance de Ramallah pendant la guerre de Gaza de 2014.

    Elle est devenue depuis lors une conférencière et une commentatrice en ligne renommée. Toutefois, même à Berlin, une ville que l’on pourrait qualifier de capitale européenne de la culture arabe, il y a des limites.

    « Il est très difficile de trouver un espace sûr pour discuter publiquement des questions qui affectent notre présent et notre avenir », explique-t-elle. « Qu’il s’agisse d’Israël ou de la vie de migrants arabes dans un climat de racisme et d’islamophobie en Allemagne. Il y a souvent des perturbations, comme des pressions exercées sur les organisateurs pour qu’ils réduisent des financements ou annulent des interventions. »

    Il est également impossible d’ouvrir une librairie sans voir ses opinions politiques être remises en question, comme l’a découvert Fadi Abdelnour lorsqu’un journaliste l’a interrogé au sujet de la position reflétée par ses livres sur la question israélo-palestinienne.

    Ces limites ne s’appliquent pas seulement aux livres et aux conférences politiques sur le Moyen-Orient. Même des organisations artistiques bien intentionnées ont tendance à avoir une vision creuse des films du monde arabe à présenter, par exemple, puisque la priorité va souvent à ceux qui correspondent à une vision eurocentrique de la région, en particulier sur des sujets comme la guerre et l’oppression des femmes.

    Pendant plusieurs années, Fadi Abdelnour a participé à l’organisation d’ALFILM, un festival du cinéma arabe qui se tient chaque année depuis 2009. ALFILM a tenu sa 12e édition en ligne en avril et organisé plusieurs projections estivales du film palestinien 200 mètres et du long-métrage tunisien L’Homme qui a vendu sa peau dans des cinémas en plein air.

    Fadi Abdelnour, qui s’est retiré de l’organisation mais continue de concevoir les flyers du festival, a lancé ALFILM avec des amis afin d’arracher le discours aux conservateurs et organisations eurocentriques.

    « À l’époque, de nombreux contenus étaient très orientalistes ou concentrés sur le réalisme social », explique-t-il. « Ils ne voulaient pas voir, par exemple, une histoire d’amour égyptienne, car pour eux, ce n’est pas authentique. L’absence de cette diversité est ce qui nous a poussés à lancer notre propre festival. »
    « Nous sommes ici chez nous »

    Là où ALFILM est tourné vers l’extérieur et projette des films en langue arabe sous-titrés en anglais ou en allemand, la librairie Khan Aljanub ne suit pas ce schéma. Toute la communication en ligne est en arabe et les visiteurs voient très peu de livres en allemand ou en anglais une fois à l’intérieur. Les non-arabophones ne trouveront pas grand-chose dans la librairie, ce qui témoigne de l’ampleur de la clientèle potentielle de la boutique.

    Jusqu’à présent, il s’avère difficile d’attirer l’ancienne communauté arabe de Berlin, principalement libanaise et palestinienne, qui fait partie du tissu social de la ville depuis des décennies.

    Selon Fadi Abdelnour, cela s’explique par plusieurs raisons, notamment le fait que ces arabophones et leurs enfants parlent probablement très bien l’allemand et ne recherchent généralement pas de livres en arabe. Et s’ils s’intéressent à la littérature arabe, il n’est probablement pas question de la littérature contemporaine vendue dans sa boutique.

    « La plupart des livres n’intéressent pas les personnes qui vivent ici depuis des décennies », explique-t-il. « Ils demandent des livres qui ne sont plus édités depuis 50 ans. »

    Cette période, dans une ville pleine de nouveaux arrivants apportant avec eux les questions, la musique et le discours qui déferlent sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ne durera pas éternellement. Dans cinq, dix ou vingt ans, les enfants de ces activistes, écrivains, musiciens et universitaires installés à Berlin parleront couramment l’allemand et seront peut-être plus intéressés par le hip-hop ou la techno que par les nouveautés en matière de musique dansante égyptienne.

    Le sociologue Amro Ali y voit une raison de plus pour s’enraciner durablement. « Les activités du moment ont tendance à être très éphémères », explique-t-il à MEE. « J’aime les expositions d’art et les conférences, mais elles ne font que passer. Nous avons besoin d’espaces physiques, de points d’appui. Et si vous voulez faire partie de ce mouvement, il faut venir à Berlin. »

    Dans les années à venir, à mesure que la scène culturelle arabophone se développera, son influence gagnera encore davantage la vie courante allemande, que ce soit par la reconnaissance progressive des films et de la musique arabes ou à travers les questions politiques plus profondes abordées lors des conférences et tables rondes de plus en plus nombreuses organisées chaque année. La librairie Khan Aljanub publiera bientôt un livre trop politique pour sortir dans le pays d’origine de son auteur, l’Égypte.

    De nombreux élèves de l’école d’arabe Kalamon sont des Allemands sans aucun lien avec le monde arabe. Et comme la clientèle de Khan Aljanub, leur nombre ne cesse de croître.

    La professeure d’arabe Mirvat Adwan constate que l’État reconnaît de plus en plus sa culture, comme en témoigne le nombre croissant d’écoles élémentaires proposant des cours d’arabe aux jeunes élèves, qui sont désormais au nombre de douze dans toute la ville.

    « Si les enfants l’apprennent pendant dix ans, leur arabe devrait être assez bon », estime-t-elle. « Ce mouvement va se poursuivre. Il ne s’arrêtera pas. »

    Marwa Fatafta, l’activiste palestinienne des droits numériques, se rend encore souvent à Berlin et, malgré les limites, apprécie la façon dont la communauté arabe et la scène culturelle de la ville se sont développées. « Vous ne voyez pas cela ailleurs en Allemagne », affirme-t-elle. « C’est réel et c’est organisé par des gens de la région, pas par de grandes institutions. »

    De la musique électronique aux arts visuels, Berlin est à la pointe de la culture moderne depuis des décennies. Les musiciens, gérants de clubs, lecteurs, écrivains et activistes du monde arabe qui s’installent ici font en sorte que cette tendance s’étende à leur propre coin de la ville.

    Au fil du temps, d’autres librairies, d’autres écoles de musique et de langue ouvriront leurs portes et étaieront une scène qui existe sous une forme ou une autre depuis l’arrivée de la première vague de Palestiniens à Berlin dans les années 1970.

    « Je n’ai pas le luxe de pouvoir prendre mon passeport et partir aux États-Unis ou au Royaume-Uni », explique Marwa Fatafta. « Si vous êtes ici, vous devez faire en sorte que ça marche. Nous sommes ici chez nous. Cela peut être pénible, mais nous pouvons peut-être faire évoluer positivement les choses. »

    #Berlin #Syrie #culture

  • Sept ans après une décision de justice, une grand-mère palestinienne toujours empêchée d’accéder à sa terre
    Par Shatha Hammad – RAMALLAH, Cisjordanie occupée
    Published date : Mercredi 22 septembre 2021 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-confiscation-terre-colonie-illegale

    « Je veux retourner sur ma terre avant de mourir ! ». Ce cri de désespoir, Mariam Hassan Hammad, 80 ans, l’a lancé à un groupe de soldats israéliens, armés de pied en cap, qui empêchaient des propriétaires palestiniens d’accéder à leurs terres dans la région de Thahr al-Mazare, au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

    Les propriétaires palestiniens, dont Mariam, devaient enfin pénétrer sur leurs terres ce samedi, 30 ans après leur confiscation pour construire la colonie illégale d’Ofra.

    La colonie a été étendue en 1996 avec l’avant-poste notoirement célèbre d’Amona, lequel a été évacué après une décision de justice israélienne en 2014.

    Samedi après-midi, les propriétaires se dirigeaient vers leurs champs, apportant avec eux la décision de la cour suprême israélienne leur rendant leur terre en 2020, trois ans après l’évacuation de la colonie d’Amona. Les Palestiniens ont remporté cette longue bataille juridique après avoir réussi à prouver que l’avant-poste avait été construit sur leurs propriétés privées.

    Mariam était anxieuse lors du trajet vers sa ville natale de Silwad, en chemin pour voir les 25 dounams (2,5 hectares) de terre dont elle a hérité de son père. (...)

    #Colonialisme_de_peuplement

  • « On dirait une zone de guerre » : affrontements à Sheikh Jarrah avant des expulsions massives de Palestiniens | Middle East Eye édition française
    Par Sheren Khalel, Mustafa Abu Sneineh, Latifa Abd Altif, Lubna Masarwa | Published date : Jeudi 6 mai 2021 - 09:28
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-jerusalem-affrontements-sheikh-jarrah-expulsions-col

    De violents affrontements ont éclaté entre la police israélienne et des jeunes palestiniens dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est occupée. Les habitants protestent contre une vague d’expulsions ordonnée par un tribunal, laquelle devrait chasser une quarantaine de Palestiniens, dont une dizaine d’enfants, de leurs maisons.

    Les policiers israéliens, dont certains à cheval, ont tenté de repousser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes, de grenades étourdissantes et d’« eau puante », rapporte une correspondante de Middle East Eye présente sur place.

    « On dirait une zone de guerre », confie un manifestant à MEE.

    Par ailleurs, la police a battu plusieurs manifestants avec des matraques et en a arrêté au moins cinq, dont trois ont été identifiés : Seif Hammoda, Ahmad Abbasi et Siwar Qasim.

    Une dizaine de Palestiniens au moins ont été blessés, a signalé le Croissant-Rouge palestinien juste avant minuit heure locale. Six des blessés ont inhalé des gaz lacrymogènes, trois ont été touchés par des balles en caoutchouc et un autre a subi un traumatisme contondant, énumère l’organisation. (...)


    #Jerusalem #Sheikh_Jarrah

    • L’observateur de l’ONU pour la Palestine appelle la communauté internationale à contester les violations commises par Israël.
      6 mai 2021 |
      https://imemc.org/article/un-observer-for-palestine-calls-on-international-community-to-challenge-israe

      L’observateur permanent de la Palestine auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a envoyé mercredi une lettre au secrétaire général des Nations unies, au président du Conseil de sécurité des Nations unies et au président de l’Assemblée générale des Nations unies.
      Il a demandé à la communauté internationale d’agir pour mettre fin à la confiscation illégale par Israël de terres palestiniennes et au déplacement des propriétaires palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem.

      Voici sa lettre, dans son intégralité :
      La situation en Palestine occupée continue de s’aggraver alors qu’Israël intensifie ses violations des droits humains et ses crimes de guerre contre le peuple palestinien. En particulier, la puissance occupante a intensifié la confiscation de maisons, de terres et de propriétés palestiniennes, cherchant à accélérer le transfert forcé de civils palestiniens et ses projets de colonisation, notamment dans les zones situées à l’intérieur et autour de Jérusalem-Est occupée. Il est désormais évident que tout cela fait partie d’un plan systématique et délibéré visant à éliminer les Palestiniens - c’est-à-dire à procéder à un nettoyage ethnique de ces zones - en vue de leur annexion.
      De nombreuses lettres ont été envoyées au Conseil de sécurité ces derniers mois pour attirer l’attention sur ces violations, notamment sur le sort des familles palestiniennes des quartiers de Sheikh Jarrah et de Silwan, à Jérusalem-Est occupée, qui sont confrontées à la menace constante d’être expulsées de leurs maisons et de subir une dépossession massive, comme tant d’autres avant elles dans la ville, dans le cadre des mesures illégales prises par Israël pour les remplacer par des colons israéliens. À ce jour, à Sheikh Jarrah, 169 Palestiniens - dont 46 enfants - n’ont nulle part où aller, alors qu’Israël intensifie ses intimidations judiciaires et ses attaques contre les familles palestiniennes de Jérusalem et de ses environs, dans le seul but de consolider le contrôle israélien de la ville en modifiant illégalement sa composition démographique, son caractère et son statut.
      Nous attirons une fois de plus l’attention sur cette crise, en appelant la communauté internationale à agir pour mettre un terme aux actions illégales d’Israël et pour protéger les civils palestiniens des crimes de la puissance occupante, une protection à laquelle ils ont droit en vertu du droit humanitaire international. Les mesures de responsabilisation sont le seul recours pour faire respecter la loi, dissuader de nouveaux crimes, y compris le déracinement de centaines de familles palestiniennes supplémentaires, et sauver les perspectives d’une paix juste qui s’amenuisent.(…)
      Aujourd’hui, plus de 1 500 Palestiniens de Jérusalem sont menacés de déplacement forcé et de démolition de leur maison pour faire place à une colonie illégale appelée « Shimon Hatzadik », ainsi qu’à un parc pour colons sous le nom de « Parc du Roi David ». Alors que ces groupes de colons bénéficient du soutien et des services des tribunaux et de la législation israéliens pour leurs projets illégaux, les familles palestiniennes sont confrontées à des attaques incessantes visant à amasser le plus de terres palestiniennes possible, avec le moins de civils palestiniens possible, et à maintenir l’occupation, ce qui montre à quel point un groupe est fortement privilégié par rapport à un autre dans un système à deux vitesses fondé sur la discrimination et l’oppression. (...)

      Cette lettre fait suite à nos 712 lettres concernant la crise actuelle dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, qui constitue le territoire de l’État de Palestine. Ces lettres, datées du 29 septembre 2000 (A/55/432-S/2000/921) au 26 avril 2021 (A/ES-10/xxx-S/2021/xxx) constituent un registre de base des crimes commis par Israël, la puissance occupante, contre le peuple palestinien depuis septembre 2000. Pour tous ces crimes de guerre, actes de terrorisme d’État et violations systématiques des droits humains commis à l’encontre du peuple palestinien, Israël, puissance occupante, doit être tenu pour responsable et les auteurs doivent être traduits en justice.
      Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire le nécessaire pour que le texte de la présente lettre soit mis à la disposition des membres du Conseil de sécurité afin qu’ils puissent l’examiner immédiatement et le distribuer comme document officiel du Conseil de sécurité.
      Je vous prie d’agréer, Excellence, l’assurance de ma très haute considération.
      Dr. Riyad Mansour , Ministre, Observateur permanent

    • Que se passe-t-il dans le quartier de Sheikh Jarrah de Jérusalem Est ?
      Par Lina Alsaafin, le 1er mai 2021, Al Jazeera, Traduction J. Ch. pour l’Agence média Palestine
      https://agencemediapalestine.fr/blog/2021/05/05/que-se-passe-t-il-dans-le-quartier-de-sheikh-jarrah-de-jerusale

      (...) Quelle est l’histoire de Karm al-Jaouni à Sheikh Jarrah ?

      En 1956, 28 familles de réfugiés ont été délogées de chez elles dans les villes côtières de Yafa et Haïfa, huit ans avant de finalement s’installer dans la zone de Karm al-Jaouni à Sheikh Jarrah.

      La Cisjordanie, dont Jérusalem Est, était à l’époque sous mandat de la Jordanie, qui a conclu un accord avec l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNRWA) pour construire des unités d’habitation pour ces familles. L’accord stipulait que ces familles devaient renoncer à leur statut de réfugiés en échange de titres de propriété signés à leur nom après trois ans de vie dans cette zone.

      Cependant, cela n’a pas eu lieu et, en 1967, la Jordanie a perdu son mandat alors que Jérusalem Est était occupée par Israël.

      Khalil Toufakji, cartographe palestinien et expert sur Jérusalem, a dit qu’il était allé en 2010 à Ankara pour rechercher dans les archives de l’époque ottomane un document qui nie toute propriété juive sur Karm al-Jaouni.

      « J’ai trouvé l’acte et l’ai présenté au tribunal de district israélien, qui l’a promptement rejeté », a dit Toufakji à Al Jazeera.

      Après des recherches plus approfondies, Toufakji a découvert en 1968 que le parlement d’Israël, la Knesset, avait émis un décret – signé par le ministre des Finances de l’époque – qui déclarait qu’Israël était tenu par l’accord entre la Jordanie et l’UNRWA.

      « C’est ce fait qui a été soulevé devant la Haute Cour de Jérusalem au nom des familles palestiniennes de Sheikh Jarrah », a-t-il dit, mais en ajoutant qu’il y avait peu de raisons de croire que la cour statuerait en leur faveur.

      « Les tribunaux israéliens – juge, jury et législation – sont tous au service des colons juifs », a-t-il dit. (...)

    • EN IMAGES : L’histoire de Sheikh Jarrah en sept clichés d’époque | Middle East Eye édition française
      https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/israel-palestine-jerusalem-sheikh-jarrah-histoire-cliches-occupation-

      Ce quartier historique de Jérusalem-Est occupée connaît de vives tensions à la suite de la décision d’un tribunal israélien d’en expulser plusieurs familles palestiniennes. MEE revient, en images, sur l’histoire de ce quartier
      Shafik Mandhai
      Vendredi 7 mai 2021 - 09:56 (...)

  • Sauver Sheikh Jarrah : la campagne qui donne espoir aux réfugiés palestiniens à Jérusalem-Est | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/jerusalem-sauver-sheikh-jarrah-palestiniens-colons-israel-expulsions

    Nabil al-Kurd, habitant de longue date de Karm al-Jaouni, se tient à côté d’un mur recouvert d’un graffiti affirmant « nous ne partirons pas » en arabe (MEE/Aseel Jundi)

    Par Aseel Jundi – SHEIKH JARRAH, Jérusalem occupée - Published date : Mardi 23 mars 2021

    À première vue, tout semble relativement normal à Karm al-Jaouni, dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem Est occupée. Mais la clameur des journalistes et des ONG qui s’y rassemblaient la semaine dernière raconte tout autre chose d’un quartier dans la tourmente.

    Le quartier de Sheikh Jarrah est habité par des réfugiés palestiniens, chassés de leurs villes et villages par des milices sionistes pendant la Nakba (« catastrophe ») en 1948. Mais Israël veut aujourd’hui peupler la zone de colons israéliens et les résidents palestiniens sont désormais, une fois de plus, confrontés au spectre de l’expulsion.

    Afin de tenter d’obtenir un soutien de la communauté internationale, des activistes viennent de lancer une campagne sur internet, #SaveSheikhJarrah, pour aider à sauver les habitants de Karm al-Jaouni d’une éviction forcée que beaucoup ont déjà connue.

    Pour Nabil al-Kurd, septuagénaire hiérosolymitain et habitant de Karm al-Jaouni, cette campagne est une lueur d’espoir qui pourrait l’aider à conserver sa maison et éviter de revivre l’expérience d’être chassé de son foyer comme ce fut le cas à Haïfa en 1948.

    « Nous voulons porter notre voix vers la Jordanie, l’Autorité palestinienne, l’ONU et les organisations de droit international car toutes ces parties sont impliquées dans notre problème, qui a certainement atteint le niveau de crime de guerre », déclare-t-il.

    En 1956, le gouvernement jordanien, avec l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a conclu un accord pour établir ces familles à Jérusalem en échange de leurs documents de réfugiés.

    Une trentaine de familles ont été choisies et des logements leur ont été procurés, construits par le gouvernement jordanien, pendant trois ans, après quoi la propriété des biens a été automatiquement transférée à leur nom. Ces contrats de location ont expiré en 1959 et les résidents sont devenus propriétaires de leurs biens.

  • COVID-19 : les hôpitaux de Cisjordanie submergés tandis qu’Israël jette le surplus de vaccins
    Par Akram Al-Waara – BETHLÉEM, Cisjordanie occupée | Vendredi 19 mars 202 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/palestine-covid-hopitaux-submerges-israel-jette-vaccins
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/images-story/Cisjordanie+hopital%20covid%20Dura%20AFP.jpg

    Lorsque Issa Saafi s’est précipité pour conduire sa mère malade à l’hôpital gouvernemental de Ramallah, l’un des principaux hôpitaux de Cisjordanie, jamais il n’aurait pensé vivre l’un de ses pires cauchemars.

    Safiya Saafi (70 ans) a développé les symptômes du COVID-19 chez elle dans le camp de réfugiés de Jalazone à Ramallah. À l’époque, ses enfants ne s’inquiétaient pas plus que ça, elle semblait aller bien.

    Mais le 10 mars, l’état de Safiya s’est subitement dégradé. Issa et ses frères l’ont amenée à l’hôpital en urgence. Ce qu’ils ont découvert, raconte Issa, l’a remué jusqu’aux entrailles.

    « On est entré dans l’hôpital et ça ressemblait à une zone de guerre », rapporte-t-il à Middle East Eye. « Des gens dormaient sur des chaises et sur des matelas au sol. Bon nombre d’entre eux étaient reliés à des respirateurs et des bouteilles d’oxygène. »

    « À notre arrivée, les infirmières ont pratiqué un test de dépistage du COVID-19 sur ma mère et celui-ci est revenu positif », relate Issa. « Mais lors de l’examen, les médecins ont dit qu’elle faisait un AVC et qu’il fallait l’admettre en urgence. »

    Lorsque les infirmières ont orienté Issa et ses frères avec leur mère alitée à travers l’hôpital, elles ne les ont pas amenés dans l’unité COVID de l’hôpital, ni en soins intensifs ou dans une quelconque chambre.

    « Elles nous ont conduits dans une arrière-salle, ça ressemblait à une pièce de stockage dotée d’une buanderie remplie de boîtes et de matériel », poursuit-il, précisant que la pièce en question était sale et semblait ne pas avoir été nettoyée depuis un moment.

    « Elles ont alors fait entrer le lit dans cette pièce. J’étais totalement abasourdi. »

    Issa a protesté auprès du personnel de l’hôpital qui lui a répondu : « On n’a nulle part ailleurs où la mettre, c’est le seul espace libre à disposition. » (...)

  • EN IMAGES : Au #Liban, des producteurs de haschisch misent sur l’industrie du bien-être pour contrer la crise économique | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/liban-chanvre-producteurs-haschisch-industrie-bien-etre-crise-economi

    Même si leur nouvelle offre [d’#aliments à base de #chanvre] est conforme à la législation libanaise du mois d’avril, qui légalise le commerce de chanvre pour des usages médicaux et industriels, les Chamas s’opposent à la nouvelle loi et y voient une manœuvre relevant de l’exploitation opérée par un gouvernement notoirement corrompu qui ferait n’importe quoi pour faire rentrer de l’argent afin de soutenir l’élite politique.

    « Nous sommes pour la légalisation mais nous sommes contre cette loi », soutient Talal Chamas, membre de la famille de Hamza. « Ce n’est pas une loi pour protéger les gens, c’est une loi pour faire du profit [en faveur des responsables politiques] ».

    Qu’il soit légal ou non de cultiver et de transformer les plantes, les Chamas étaient de toute façon prêts à emprunter cette voie, affirment-ils. Ils ne veulent pas que le gouvernement y participe : leur objectif est plutôt de construire leur propre économie circulaire locale.

    Les Chamas craignent que la nouvelle loi ne donne lieu à un monopole commercialisé de l’industrie par l’élite politique. « En tant qu’agriculteur, je devrai aller leur acheter des graines. Et plus tard, je leur achèterai [des insecticides et de l’engrais], puis je leur donnerai le produit et ils me donneront 1 000 dollars pour en gagner un million », déplore Talal.

    [...]

    [...] « Ce lait est fantastique », déclare Michel Cheblis. Enthousiasmé par le potentiel des nouveaux produits issus du chanvre pour le Liban, il prévoit une certaine résistance politique de la part des partis désireux de maintenir des zones rurales sous-développées – mais « il serait certainement judicieux de produire localement et d’exporter », estime-t-il.

  • Highway-to-Annexation-Final.pdf
    December 2020 - Breaking the Silence
    https://www.breakingthesilence.org.il/inside/wp-content/uploads/2020/12/Highway-to-Annexation-Final.pdf

    (...) Introduction While the threat of de jure Israeli annexation of West Bank territory has lessened, de facto annexation is accelerating at a rapid and alarming pace. The Israeli political Right has stated that it hopes to grow the population to 1,000,000 settlers.1 Even if such a number is not reached, the significant road and transportation development projects that the Israeli government has advanced in the past five years make it plausible that the current settler population could double in the coming decades.Settlement expansion cannot take place without the parallel development of road, water, and electricity infrastructure. Because of this, when tracking settlement expansion, it is important to track not only the number of new housing units, which is the most common benchmark used today, but also the development of settlement infrastructure. The last major wave of transportation infrastructure development in the West Bank occurred following the Oslo Accords in the second half of the 1990s. Since then, the settler population has almost tripled. Yet infrastructure growth has not tripled correspondingly, such that today’s road and transportation infrastructure in the West Bank is at its limits and no longer suffices to serve the population, posing a significant obstacle to further settlement expansion. In order to continue to advance the Israeli settlement enterprise, massive infrastructure development and growth is necessary. There are currently dozens of new road construction projects underway or in planning in the West Bank. This construction work, which is part of the vision described in a new Israeli master plan for road and transportation development in the West Bank for the year 2045, points to continued and intensified de facto annexation. Following the formation of a coalition government in Israel in April 2020, the terms of which allowed for annexation of West Bank territory as early as July 1, 2020, attention was rightfully drawn towards the looming threat of de jure annexation. Due to the terms of the recent normalization agreements between Israel and both the United Arab Emirates and Bahrain, as well as the election of US President-Elect Joe Biden, the threat of dejure annexation has lessened. However, Israel’s West Bank infrastructure development work demonstrates that its longstanding policy of de facto annexation is accelerating at an unprecedented and devastating pace. This report details the ways in which road and transportation infrastructure projects further entrench Israel’s deepening hold on the occupied territories through continued suburbanization of Israeli settlements and the fragmentation of Palestinian territory, which together contribute to further cementing the reality of one state with unequal rights. All those invested in an equitable and peaceful solution to the Israeli-Palestinian conflict should see these projects as a clear declaration of Israel’s intent to further advance annexation, and the international community must intervene to halt such moves (...)

    #routes_apartheid

  • « Je me sens encore plus isolée » : en France, la pandémie exacerbe la détresse des étudiants algériens | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/je-me-sens-encore-plus-isolee-en-france-la-pandemie-exacerbe-la-detre

    « Je me sens encore plus isolée » : en France, la pandémie exacerbe la détresse des étudiants algériens
    Déjà fragilisés par une réglementation spécifique et discriminatoire qui les précarise et menace leur droit de séjour en France, les étudiants algériens – un des effectifs étrangers les plus importants – ont vu leurs conditions de vie se dégrader avec la pandémieRanda Belaidi ne veut pas que son témoignage soit anonyme. Elle tient à faire connaître sa vie, ses déboires et tous ces passages à vide qui lui donnent des idées de suicide, la nuit, dans son 18 m2dépourvu de toilettes et de cuisine, à Drancy, au nord-est de Paris.Sans titre de séjour – il a expiré –, sans travail et loin de sa famille, l’étudiante algérienne de 28 ans est prisonnière de ses pires cauchemars : finir à la rue, tomber définitivement dans la clandestinité ou retourner en Algérie avec le sentiment d’avoir raté sa vie. « Cela fait presqu’un mois que je ne dors pas. Depuis le reconfinement, je me sens encore plus isolée », témoigne la jeune fille à Middle East Eye par téléphone. D’une voix tremblante, elle dresse la liste de toutes les dépenses qui risquent de vider son compte en banque. D’abord, le loyer à 450 euros par mois, les courses, puis cette inscription de 2 600 euros dans une école privée de langue anglaise qu’elle vient de payer dans l’espoir d’obtenir le droit de rester en France. « Comme les préfectures se méfient souvent des formations en établissement privé, j’ai dû accompagner mon dossier d’un courrier dans lequel j’explique que cet enseignement est nécessaire pour compléter mon master en management des entreprises », fait savoir la jeune femme.
    En France depuis trois ans, d’abord étudiante à Toulouse, elle a ensuite déménagé à Paris pour un stage. Croyant trouver rapidement un emploi qui corresponde à ses qualifications, Randa patiente puis finit par accepter un poste d’éducatrice dans un établissement privé.Le salaire, de 1 300 euros, lui permet de survivre mais pas de basculer vers le statut de salarié.
    En cause, une législation discriminatoire qui entrave spécifiquement le passage des étudiants algériens à la vie active. Le règlement s’inspire de l’accord franco-algérien sur la libre circulation des personnes, conclu après l’indépendance, en 1968.Pour éviter la déperdition de compétences, l’Algérie a fait en sorte que les étudiants soient entravés dans leur souhait de se maintenir sur le territoire français par l’accès à l’emploi. Parmi les obstacles, figure le montant du salaire. Celui-ci doit correspondre à la valeur du diplôme universitaire. Une sorte de cercle vicieux complique aussi les perspectives professionnelles des diplômés algériens : les recruteurs leur demandent souvent de fournir des permis de travail que les préfectures délivrent uniquement sur présentation d’une promesse d’embauche. « Comme je ne suis pas arrivée à obtenir un changement de statut, mon employeur a fini, au bout de dix mois, par résilier mon contrat. C’était en avril dernier », déplore Randa. En 2017, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a publié un rapport très critique sur l’accord de 1968, exhortant les États algérien et français à le revoir pour faciliter l’insertion professionnelle des diplômés algériens. Des associations d’étudiants algériens en France militent également pour l’évolution de la législation. Mais rien ne change. Par exemple, en mai 2020, le gouvernement français a mis en place un dispositif dérogatoire autorisant les étudiants étrangers à exercer exceptionnellement durant les vacances estivales, une activité professionnelle salariée dans la limite de 80 % du temps de travail annuel. Cette mesure, destinée à compenser les pertes de revenus induites par le premier confinement, n’a toutefois pas profité aux Algériens, car comme pour le changement de statut, leur temps de travail pendant la scolarité (pas plus de 50 %) est régi par l’accord de 1968.
    Alertés par la précarisation de leurs compatriotes, des responsables associatifs algériens ont interpellé les autorités de leur pays. L’association des étudiants et cadres algériens de France (ECAF) a envoyé un courrier à l’ambassadeur d’Algérie en France. Mais celui-ci n’a pas répondu.

    #Covid-19#migrant#migration#france#algerie#sante#précarisation#sante#economie#etudiant

  • Le traumatisme « banal » des raids nocturnes israéliens visant des enfants palestiniens
    Par Lily Galili – TEL AVIV, Israël - Mardi 1 décembre 2020 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-enfants-traumatisme-raids-nocturnes-armee

    Des soldats israéliens interrogent une Palestinienne lors d’un raid nocturne dans le camp de réfugiés de Jalazone, au nord de Ramallah, le 16 juin 2014 (AFP)

    Un bruit soudain rompt le silence de la nuit noire.

    Les coups violents sur le portail d’une maison peinte en bleu terrifient non seulement la famille qui y habite, mais également tout le quartier.

    Les pleurs de bébés effrayés par ce tumulte se mêlent au bruit sourd des poings qui cognent le fer.

    Ce ne sont pas les premières lignes typiques d’une mystérieuse œuvre de fiction. Il s’agit du quotidien de familles palestiniennes dans des centaines de villages à travers les territoires occupés : des soldats israéliens se présentent à la porte d’une famille profondément endormie, entre 22 heures et 5 heures du matin, pour perquisitionner un membre du foyer, l’arrêter ou le placer en détention. (...)

  • Coronavirus : le plus grand hôpital palestinien de Jérusalem risque la fermeture
    Par Aseel Jundi – MONT DES OLIVIERS, Jérusalem-Est occupée
    Published date : Vendredi 28 août 2020 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/coronavirus-le-plus-grand-hopital-palestinien-de-jerusalem-risque-la-

    Les couloirs de ce qui était autrefois l’un des hôpitaux palestiniens les plus animés de Jérusalem sont vides et le taux d’occupation des lits a chuté de 50 %.

    Avec une crise financière accablante et la pandémie de COVID-19, la menace de fermeture se fait chaque jour plus pressante.

    Depuis sa création en 1968, al-Makassed Islamic Charitable Society Hospital a travaillé d’arrache-pied pour satisfaire les besoins médicaux des Palestiniens venant de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem, devenant partie intégrante du système de santé palestinien.

    Au fil du temps, ce centre est devenu le principal hôpital pour les patients qui préfèrent avoir affaire au ministère de la Santé palestinien plutôt qu’au ministère israélien, et qui ont des problèmes de santé complexes pour lesquels il n’y a pas de soins spécialisés en Cisjordanie ou à Gaza.

    Cependant, en raison d’une myriade de facteurs, dont le coronavirus et l’interruption de la coordination en matière de sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP) à cause de la menace d’annexion de pans de la Cisjordanie, les patients de ces régions qui ont normalement besoin d’une autorisation médicale délivrée par l’armée israélienne pour accéder à Jérusalem sont dans l’incapacité de rejoindre l’hôpital. (...)

    #Palestine

  • Des ONG palestiniennes abandonnent les fonds européens pour dénoncer des conditions qui « criminalisent la résistance »
    Par Clothilde Mraffko – JÉRUSALEM-EST occupée - Lundi 24 août 2020 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/ong-palestiniennes-fonds-europeens-clause-antiterroriste-israel
    http://www.middleeasteye.net/sites/default/files/images-story/Union+europ%C3%A9enne%20UNRWA%20Gaza.jpg

    Le bras de fer a commencé il y a presqu’un an. À partir de juillet 2019, les organisations palestiniennes découvrent une nouvelle clause dans les contrats qu’elles signent avec l’Union européenne (UE) pour obtenir des financements.

    L’article 1.5 bis de l’Annexe II portant sur les « conditions générales applicables aux subventions financées par l’UE pour des actions extérieures » leur demande de s’assurer qu’aucun des bénéficiaires de fonds européens, que ce soient « des sous-traitants, des personnes physiques, y compris des participants à des ateliers et/ou à des formations, [ou] des bénéficiaires d’aides financières via des tierces parties », ne figure dans les « listes des mesures restrictives de l’Union européenne ».

    En clair, qu’ils ne soient pas affiliés à une organisation définie comme « terroriste » par les Vingt-Sept. (...)

  • Israeli Soldiers Kill A Palestinian Teen Near Ramallah
    August 20, 2020 9:32 PM – IMEMC News
    https://imemc.org/article/israeli-soldiers-kill-a-palestinian-teen-near-ramallah-4

    Israeli soldiers killed, late on Wednesday at night a Palestinian teen, and injured at least two others, in Deir Abu Mashal town, west of Ramallah, in central West Bank. The corpse of the slain Palestinians remains in the hands of the Israeli army.

    The Palestinian Health Ministry said it was informed that the teen [ Mohammad Hreiz ] , 17, died from serious wounds he suffered after the soldiers shot him with live fire, on Wednesday at night, after the soldiers and undercover officers invaded the town.

    The Palestinian teen was one of at least three who were shot by the soldiers, during protests that erupted after the army invaded their town.

    The Palestinian Red Crescent Society (PRCS) said its medics provided the needed treatment to two Palestinians; one of them suffered a moderate-but-stable injury, and the second suffered mild wounds, before they were rushed to Palestine Medical Complex In Ramallah.

    The Palestinian medics were never able to reach the slain Matar and provide him with the urgently-need treatment, as he was taken by the soldiers, and the family was officially informed of his death on Thursday morning.

    The Israeli army claimed it observed Palestinian preparing Molotov cocktails to use them in attacks against military vehicles and settlers’ cars, before targeting the Palestinians with live fire.

    #Palestine_assassinée

    • « La confiscation de son corps est une nouvelle souffrance » : une famille palestinienne se bat pour la dépouille de son fils
      Mohammad Hreiz a été tué par les forces israéliennes dans des circonstances obscures le mois dernier – et sa famille se bat depuis pour pouvoir l’inhumer
      Par Shatha Hammad – RAMALLAH, Cisjordanie occupée- Mardi 8 septembre 2020
      https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/israel-palestine-confiscation-corps-souffrance

      Les autorités israéliennes retiennent le corps d’un Palestinien de 16 ans qui a été tué par les forces israéliennes dans des circonstances obscures pendant un raid en Cisjordanie il y a près de trois semaines. Ses parents craignent de ne pas pouvoir enterrer leur fils.

      Mohammad Hreiz, originaire du village de Deir Abu Meshaal, dans le centre de la Cisjordanie occupée, a succombé à ses blessures le 20 août, le lendemain du jour où les forces israéliennes ont ouvert le feu contre lui et deux de ses amis.

      Les forces israéliennes auraient prétendu que Mohammad – qui a été initialement identifié comme Mohammad Matar – et ses amis avaient disposé des pneus sur le sol afin de les incendier.

      Cependant, selon un rapport de l’ONU citant des témoins oculaires palestiniens, il n’y avait aucun affrontement ou incendie de pneus à ce moment-là.

      Mohammad a été gravement blessé dans l’incident et arrêté par les soldats israéliens, tandis que ses amis ont réussi à s’échapper après avoir subi des blessures mineures à modérées.

      Selon sa famille, Mohammad a succombé à ses blessures, seul, sans la présence de ses parents à ses côtés.

      Toujours sous le choc de la perte de leur enfant, la famille Hreiz doit désormais gérer le chagrin de savoir que son corps repose désormais dans la cellule réfrigérée d’une morgue israélienne et pourrait y rester indéfiniment : les autorités israéliennes ont renforcé leur politique de confiscation des corps la semaine dernière.(...)

  • Comment les fouilles archéologiques d’Israël contribuent à réécrire l’histoire à Jérusalem
    Par Juman Abu Arafeh – JÉRUSALEM-EST OCCUPÉE
    Published date : Mardi 4 août 2020 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/jerusalem-tunnels-silwan-fouilles-al-aqsa

    Les tunnels creusés sous Jérusalem, selon les détracteurs du projet, visent à favoriser un discours exclusivement juif sur l’histoire de la ville tout en mettant en danger la vie des Palestiniens (...)

    #colonialisme_de_peuplement #Jerusalem

  • EN IMAGES : Beyrouth à l’heure de l’Apocalypse | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/liban-beyrouth-port-explosion-catastrophe-photos

    EN IMAGES : Beyrouth à l’heure de l’Apocalypse
    Des corps ensanglantés, un paysage de désolation, de la fumée à perte de vue… Les photos des explosions qui ont dévasté Beyrouth le mardi 4 août sont celles d’une fin du monde
    MEE
    Mercredi 5 août 2020 -

    #Beyrouth

  • « Des milliers d’Irakiens n’arrivent plus à manger » : en Irak, le COVID-19 a précarisé les travailleurs pauvres -Al Monitor

    En périphérie de Bagdad, de nombreux Irakiens précaires ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille depuis le début du confinement décrété à la mi-mars pour lutter contre le coronavirus. Seules les actions de solidarité leur permettent de survivre.
    Dans le faubourg chiite de Sabaa Qusoor, localisé dans le nord-ouest de Bagdad, un demi-million d’Irakiens s’entassent dans des habitations de fortune faites de bâches et de parpaings. Des constructions pour la plupart illégales, bâties dans l’urgence au gré des guerres et des conjonctures économiques fluctuantes en Irak.

    Les routes en terre, les installations électriques bricolées par les habitants et les marées d’eaux usées dessinent les allées de ce territoire laissé à l’abandon par les autorités.

    #Covid-19#Iraq#Coopération#Déplacés#Précarité#ONG#Société_civile#migrant#migration

    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/irak-pauvrete-coronavirus-crise-economique-solidarite

  • Coronavirus : ces réfugiés pris au piège dans les Balkans alors que les frontières de l’Europe sont fermées

    Les fermetures de frontières destinées à contenir la propagation du coronavirus bloquent les efforts des réfugiés qui tentent de quitter la Grèce pour l’Europe centrale

    Après une longue et épuisante attente, Nabil a finalement atteint l’Europe continentale. Mais alors que le continent lutte encore face à la propagation du coronavirus, ce réfugié syrien s’est retrouvé là où il avait commencé – bloqué et avec peu d’indications sur ce qui l’attend.

    La pandémie de coronavirus qui balaie la planète a obligé les pays à fermer leurs frontières et à piéger ainsi des milliers de réfugiés et de migrants en route pour l’Europe.

    Ce réfugié syrien de 25 ans est actuellement coincé dans un appartement exigu à Athènes avec cinq autres migrants et voit ses finances s’épuiser.

    La route vers la Grèce a été longue pour Nabil. Le jeune réfugié dit avoir été torturé en Syrie avant de fuir la guerre pour se rendre en Jordanie, où il a été exploité pendant six années éreintantes.

    Il a survécu au naufrage d’un canot pneumatique pendant une traversée mortelle entre la Turquie et Lesbos et passé huit mois dans un camp de réfugiés. Avant la fermeture de la frontière en mars, il a finalement réussi à rallier l’Europe avec un faux passeport. Mais son voyage de sept ans a de nouveau été brusquement interrompu.

    Depuis la Grèce, il avait pour projet de passer illégalement en Albanie et de traverser les Balkans occidentaux (région regroupant la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine du Nord, le Monténégro, et la Serbie) – une voie migratoire importante – pour tenter d’arriver en Europe centrale.

    Mais comme beaucoup d’autres, il a vu ses plans échouer en raison de la fermeture des frontières imposée dans le monde entier pour tenter de contenir la propagation du COVID-19.

    « Les frontières étaient déjà fermées le jour où nous avons essayé de passer, donc nous avons été contraints de retourner à Athènes », raconte-t-il.

    Nabil passe désormais son temps à apprendre des langues et à regarder des séries télévisées sur Netflix dans « un appartement de misère ». Il ose à peine quitter la maison de peur d’être pris et expulsé, surtout avec une présence policière accrue dans les rues de la ville.

    Il est par ailleurs particulièrement important pour lui de prendre des précautions contre le COVID-19 afin d’éviter de se rendre à l’hôpital.

    Des pays de transit
    La circulation dans les pays des Balkans occidentaux – généralement considérés comme des « pays de transit » – a été interrompue, selon les organisations humanitaires.

    Le nombre de nouveaux arrivants en Europe du Sud-Est a chuté de 85 % en mai par rapport à avril 2019 et de 83 % par rapport à mars, selon Neven Crvenkovic, porte-parole régional du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) pour l’Europe du Sud-Est.

    « Sans aucun doute, ceci est dû aux divers degrés de mesures restrictives introduites depuis l’émergence de la menace du COVID-19 », explique-t-il à MEE.

    Plus précisément en Bosnie-Herzégovine, un pays qui accueillait 700 migrants par semaine avant les mesures de confinement liées au coronavirus, les arrivées hebdomadaires se sont élevées en moyenne à environ 35 personnes au cours du dernier mois, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

    En Grèce, pays en première ligne de la crise des réfugiés en Europe, le nombre d’arrivées de migrants a chuté de façon spectaculaire depuis le début de la fermeture des frontières. En avril, il y a eu moins de 40 arrivées dans les îles de la mer Égée, contre 1 423 en mars et environ 1 500 en avril 2019, selon le HCR.

    Les départs vers le continent ont également diminué.

    Au cours de la période de sept semaines comprise entre le 23 mars et le 10 mai, 2 192 départs ont été enregistrés, soit une moyenne de 313 par semaine, alors que près de 2 000 départs ont été comptabilisés durant la semaine précédant cette période.

    Les mesures de confinement ont ralenti le traitement des dossiers des migrants et l’assistance aux demandeurs d’asile, ce qui a entraîné des retards ou la suspension des procédures d’asile, notamment l’enregistrement des demandes et les entretiens de détermination du statut de réfugié.

    À la mi-mars, l’OIM et le HCR ont annoncé une suspension temporaire de leur programme de réinstallation – considéré comme une bouée de sauvetage vitale pour les familles vulnérables – suite aux restrictions de voyage et aux problématiques sanitaires.

    Dans certains pays, les migrants doivent rester confinés dans des centres d’asile et d’accueil, ce qui entraîne une surpopulation qui rend les mesures d’isolement difficiles à appliquer. L’enfermement a également intensifié la menace de violence sexiste et les risques pour la protection de l’enfance.

    Une liberté de circulation entravée
    Aux côtés de partenaires locaux, le HCR conteste actuellement les restrictions de mouvement imposées aux demandeurs d’asile ainsi que les conditions de vie dans les centres qui ne permettent pas aux résidents de respecter les mesures de sécurité, selon Neven Crvenkovic.

    Si la Bosnie-Herzégovine a assoupli les restrictions imposées à l’ensemble de la population il y a trois semaines, la circulation des migrants est toujours confrontée à de fortes contraintes.

    Pour lutter contre l’impact des mesures de couvre-feu strictes imposées aux 5 200 migrants confinés dans six centres d’asile dans les cantons de Sarajevo et d’Una-Sana en Bosnie, l’OIM a organisé des livraisons de nourriture et supervise des sorties pour récupérer de l’argent via Western Union.

    « Nous ne pouvons en transporter qu’une poignée par jour », explique Peter Van der Auweraert, chef de mission en Bosnie-Herzégovine et coordinateur pour les Balkans occidentaux, qui précise que les migrants doivent de ce fait attendre jusqu’à dix jours pour avoir accès à de l’argent liquide.

    « Cela entraîne de la frustration et il y a aussi le problème de ces personnes qui ne peuvent pas poursuivre leur voyage et qui deviennent donc anxieuses. Le fait de ne pas pouvoir sortir pour se promener crée également des tensions dans les centres », ajoute-t-il.

    Le nombre d’incidents de sécurité a augmenté pendant le Ramadan, poursuit Peter Van der Auweraert, qui explique que le jeûne représentait une contrainte supplémentaire. « Les restrictions à la liberté de circulation ont certainement un impact sur la santé mentale des migrants. »

    Bien que le nombre de migrants soit resté stable presque partout en Bosnie-Herzégovine pendant la crise sanitaire, se situant entre 6 000 à 6 500 personnes au total, leur nombre à Bira – une région septentrionale proche de la frontière croate – a diminué d’un millier contre toute attente, affirme Peter Van der Auweraert.

    Il prévoit également un afflux de migrants dans les semaines à venir à la suite à la levée des restrictions en Serbie, où 9 000 migrants sont répartis dans différents centres.

    Une vérité difficile à accepter
    Même lorsque les frontières rouvriront, ce qui lui permettra de poursuivre son voyage, Nabil craint que les passeurs ne gonflent les prix de leurs services – l’été est une période migratoire faste et en raison de la crise du COVID-19, la circulation restera probablement plus difficile que la normale pour ceux qui traversent les frontières illégalement, ce qui fera grimper les tarifs.

    Pour l’instant, il ne peut qu’attendre, mais comme il n’a aucun moyen de gagner de l’argent et que ses proches ont du mal à lui en envoyer, son désespoir grandit.

    « Après avoir payé le loyer cette semaine, il ne me restera plus que cinquante euros. J’espère que quelque chose va changer car je ne veux pas être sans abri ici », confie-t-il. Nabil a même envisagé de se livrer aux autorités et de se laisser expulser.

    « C’est une période très difficile pour tout le monde. Je dois rester calme. Je ne veux pas anéantir tout ce que j’ai fait. Je n’aurais jamais imaginé finir dans un camp de réfugiés », affirme-t-il.

    « Quand ma famille m’appelle, je dis toujours que je loge dans un très bel hôtel. Même aujourd’hui, ils ne connaissent pas ma situation. Je suis sûr qu’ils seraient dévastés s’ils connaissaient la vérité. Après sept années passées d’efforts pour venir en Europe afin de construire une nouvelle vie, je suis épuisé, et voilà ce qui arrive. »

    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/coronavirus-refugies-syrie-frontieres-balkans

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