Le système Pierre Rabhi, par Jean-Baptiste Malet (Le Monde diplomatique, août 2018)

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  • Ce que le film Après Demain ne vous a (toujours) pas dit emmanuelwathelet - 23 Décembre 2018 - leblogduradis , Investigaction
    https://leblogduradis.com/2018/12/23/ce-que-le-film-apres-demain-ne-vous-a-toujours-pas-dit & https://www.investigaction.net/fr/ce-que-le-film-apres-demain-ne-vous-a-toujours-pas-dit

    Si le film  Demain  a été un tel succès et qu’il a touché tant la société civile que les décideurs politiques et le monde marchand, pourquoi les résultats sont-ils aussi minces ? Désolé, le film  Après Demain  ne vous apportera pas de réponse, même s’il est obligé de faire un constat d’échec du bout des lèvres. Pire : le nouveau documentaire de Cyril Dion, accompagné cette fois par la journaliste environnementale Laure Noualhat, est confus, trompeur et très intéressé. Ils y confirment l’indigence de leur analyse économique et politique, mais aussi l’incapacité à se défaire de leurs œillères. La caution « autocritique » qu’aurait dû apporter Noualhat fait un « flop » qu’on ne saurait attribuer qu’à l’ (auto)censure ou à l’ignorance. Essayons de comprendre.

    Je ne vais pas faire traîner un scoop qui n’existe pas. Lorsque j’ai écrit ma première critique sur le film Demain https://www.investigaction.net/fr/ce-que-le-film-demain-ne-vous-a-pas-dit – un article abondamment relayé et je vous en remercie ! – j’ai très précisément expliqué l’erreur originelle de Cyril Dion et Mélanie Laurent :  le fait d’occulter l’acteur le plus important de la société capitaliste, c’est-à-dire le capitaliste lui-même !  Et je vous le donne en mille, qui est à nouveau absent de ce second opus ? Bingo, le capitaliste ! Comme si le changement climatique pouvait se résoudre sans rapport de force, sans luttes et qu’il n’y avait pas, à la base de l’inaction politique, des intérêts complètement opposés.

    Les « lobbies et multinationales » ne sont évoqués dans le film qu’une seule fois et ils sont considérés comme les  causes  des dérèglements et non comme les  conséquences  du mode de production spécifique qu’est le capitalisme. Le problème ? Nous pousser à croire qu’il suffirait de réguler ces derniers pour que tout aille mieux. D’autre part, la seule fois que le terme « capitalisme » est prononcé, c’est pour en blâmer la version « triomphante », un peu comme lorsque Edwy Plenel nous assure que le capitalisme n’est pas « spontanément » démocratique. https://leblogduradis.com/2018/12/19/trois-questions-a-edwy-plenel Il suffirait de lui forcer la main, quoi… On est là dans le vocabulaire des « excès » du capitalisme qu’il faudrait juguler et dans le refus de considérer qu’un capitalisme « sans excès » n’est tout simplement pas possible. https://leblogduradis.com/2018/01/02/comprendre-les-fusions-dentreprises-partie-1

    L’article qui suit est structuré de la façon suivante : je montre que Dion et Noualhat nient la dimension systémique du capitalisme, qu’ils occultent les victoires des capitalistes, qu’ils font croire que les capitalistes font partie de la solution et non pas du problème et, enfin, qu’ils souscrivent à la dangereuse idéologie du volontarisme, mettant tout le poids de la responsabilité sur les individus. Enfin, je reviens sur trois points essentiels à la critique : la question de la rentabilité économique des « solutions » qu’ils proposent, leur faisabilité réelle ou fantasmée et, enfin, le danger d’une approche psychologisante.

    Premier point donc, Cyril Dion et Laure Noualhat ignorent (ou feignent d’ignorer) qu’en régime de propriété privée, les acteurs économiques sont en concurrence. Pour survivre, c’est-à-dire ne pas tomber en faillite ou être rachetés, ils n’ont d’autres choix que vendre plus et diminuer leurs coûts. Deux aspects inconciliables avec le respect de l’environnement et le respect des travailleurs. J’ai détaillé précisément ces mécanismes dans une série d’articles sous forme de dialogues sur le Blog du radis. https://leblogduradis.com/2018/01/02/comprendre-les-fusions-dentreprises-partie-1

    Il est important de noter ici que même un producteur « local » de fruits et légumes est soumis aux mêmes règles : la proximité d’une grande enseigne de distribution à côté de chez lui le place de facto en situation de concurrence. Personne ne peut se soustraire à ces lois, quelle que soit la forme juridique adoptée, coopératives comprises. Or, à ce jeu, ce sont toujours les économies d’échelle qui gagnent, autrement dit les gros acteurs économiques. Les « petits pas » font marcher ceux qui peuvent se le permettre, les « gilets jaunes » continueront à aller chez Aldi. Non par choix mais par nécessité.

    Si on veut changer ce principe, il faut en changer les règles fondamentales, celles du capitalisme.  Après Demain  reconnaît que les seules initiatives qui durent dans le temps sont celles qui ont pu intégrer des élus locaux. Bien sûr, puisqu’il y a là l’amorce d’une modification structurelle. Mais comme les élus locaux sont bien peu de choses au regard des grandes enseignes et des grandes industries, il faudrait pouvoir convaincre les élus nationaux, les parlementaires européens, voire toucher l’échelle mondiale. Là où les décisions se prennent vraiment…c’est-à-dire là où les lobbies sont sur le terrain depuis le départ ! La récente campagne « l’affaire du siècle » exprime – enfin !- publiquement que les petits pas ne peuvent suffire, mais elle fait preuve de naïveté en ne mettant pas en cause le système dans ses structures.

    https://www.youtube.com/watch?v=SISSUVzzn5U

    Second point,  Après Demain  continue d’affirmer quant à lui que les fameux « petits pas » peuvent, de proche en proche, changer le monde, comme si, entre-temps, les capitalistes regardaient le nouveau monde advenir sans broncher. C’est évidemment complètement faux. Il ne sera pas nécessaire de lister de façon exhaustive, depuis la diffusion de  Demain,  les preuves de l’inaction environnementale – une inaction qui, dans un contexte de réchauffement, correspond à une régression puisqu’elle ne suppose pas le statu quo. Il ne sera pas non plus nécessaire de lister les régressions pures et simples. Pour autant, rappelons quand même quelques faits marquants.

    D’abord la prolongation pour cinq ans de l’autorisation du glyphosate dans l’Union européenne, ensuite la signature du CETA (on sait qu’en favorisant le commerce, on augmente la pollution) et enfin l’autorisation donnée par Macron pour le forage par Total en Guyane https://www.lejdd.fr/Societe/guyane-un-projet-de-mine-dor-au-coeur-dune-polemique-3707831 avec des conséquences environnementales désastreuses. Le New York Times a listé pas moins de 78 lois fédérales contre le climat https://www.nytimes.com/interactive/2017/10/05/climate/trump-environment-rules-reversed.html décidées par l’administration Trump. En France, la nouvelle loi de finance allège le barème pour les véhicules les plus polluants, https://www.alternatives-economiques.fr/malus-auto-mal-climat/00087527 alors que nous savons les marchés incapables d’anticiper sur le long terme en ce qui concerne le prix du baril (aucune chance qu’il explose pour cause de rareté). Les Britanniques autorisent à nouveau l’exploitation du gaz de schiste, https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/09/12/au-royaume-uni-sur-la-ligne-de-front-du-gaz-de-schiste_5353867_3234.html cette année a une nouvelle fois battu un record dans la production et la consommation de pétrole https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/petrole-les-records-de-production-et-de-consommation-d-or-noir-explosen et la consommation de pesticides a encore augmenté en 2017 en France. https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/petrole-les-records-de-production-et-de-consommation-d-or-noir-explosen On sait par ailleurs que Lafarge, GDF-Suez et leurs petits copains financent les sénateurs climato-sceptiques outre-Atlantique, http://ecologie.blog.lemonde.fr/2010/10/26/des-industriels-europeens-manoeuvrent-contre-la-loi-sur-le-cli et grâce à la London School of Economics, il est possible d’avoir une vue sur tous les litiges concernant les lois touchant au changement climatique http://www.lse.ac.uk/GranthamInstitute/climate-change-laws-of-the-world/?fromyear=2015&toyear=2018&country=all&side_a=all&side_b=all&side_c=all&class dans le monde… Tout ça ne concerne que les derniers mois ou années. Vive les petits pas pour changer le monde !

    En réalité, il y a un abîme séparant l’augmentation réelle de la conscience du changement climatique chez les citoyens du monde, et l’absence de décisions réelles, influentes. Et pour cause ! Les décisions nécessaires, comme je le répète inlassablement, obligeraient à revoir l’ensemble du système de production capitaliste. Comme ceux qui font les lois sont aussi ceux qui en profitent, aucune chance que cela change.

    Troisième point, et non des moindres.  Après Demain  essaie même de nous faire croire que les acteurs économiques capitalistes font partie de la solution et pas du problème ! Ils parlent de « changer les entreprises de l’intérieur » et donnent une véritable tribune à Emmanuel Faber, PDG de Danone. Dans un émouvant (sarcasme) extrait de discours, celui-ci avance sans sourciller que leur objectif est de « servir la souveraineté alimentaire des populations ». Heu, en fait, non. Le but de Danone est de faire du profit. Pas de répondre exactement à une demande. Sinon, on ne jetterait pas autant de bouffe, on ne nous droguerait pas au sucre, etc. Selon le film pourtant, même les grosses multinationales comme Danone peuvent devenir « responsables », au sens écologique et social du terme. Danone sera (au futur, quand même) labellisé Bcorp en 2020 et sa filiale US l’est déjà. Alors, preuve que j’exagère ?

    Moi, c’est le genre d’info qui m’interpelle, et du coup je vais voir de plus près. B Corporation est un organisme privé de certification. Pour être certifié, il faut rencontrer une série de critères sociaux et environnementaux. D’accord, mais lesquels ? C’est là que ça se complique, parce que selon la taille de votre entreprise et votre secteur d’activité, les exigences seront différentes. Une espèce de certification à la carte, dont le processus est éminemment opaque et le résultat par conséquent impossible à juger. De plus, le label s’obtient sur base de ce que vous déclarez et personne a priori ne viendra vérifier. Enfin, on sait que la plupart des grandes multinationales ont d’innombrables filiales et travaillent avec des fournisseurs qui, eux, ne sont pas susceptibles d’être certifiés. Facile du coup de rejeter la responsabilité au cas où un scandale devait éclater. J’appelle ça de l’enfumage…

    Quatrième point, le documentaire  Après Demain  joue la carte de la culpabilisation des individus. La parole est donnée à Anne Hidalgo, maire de Paris, et Nicolas Hulot, ancien ministre de la transition écologique, lequel affirme qu’il n’y a pas non plus « un million de gens qui descendent dans la rue pour demander de manger bio ». Alors qu’évidemment, quand il s’agit du foot, tout le monde est sur les Champs-Élysées ! Que dire ? D’abord que c’est faux. La marche pour le climat à Bruxelles le 2 décembre 2018 a réuni 75000 personnes. Le chiffre est à peine croyable pour la petite capitale belge. Résultat ? Deux jours plus tard, à la Cop24, le premier ministre belge Charles Michel se faisait remplacer par la ministre du développement durable Marie-Christine Marghem laquelle y rejetait deux directives pour le climat. https://www.rtbf.be/info/dossier/la-prem1ere-soir-prem1ere/detail_climat-le-face-a-face-entre-m-c-marghem-et-juliette-boulet-de-la-coaliti

    Les individus, eux, se mobilisent. C’est au niveau institutionnel, et donc structurel, que ça coince, comme expliqué plus haut. Mais il n’empêche que c’est une habitude : si le changement climatique n’est pas combattu à sa juste valeur, c’est la faute aux gens qui n’en font pas assez, comme l’expliquait sans rire Élise Lucet au JTerre de quelques joyeux Youtubeurs. On est dans la veine du discours volontariste https://leblogduradis.com/2018/09/18/354 voulant que le chômeur porte la responsabilité de ne pas avoir de travail, que le bonheur dépend de son développement personnel ou qu’il appartient à chacun de faire attention à ses données personnelles.

    Ce n’est pas tout. Comme je l’expliquais déjà dans mon article sur le film  Demain https://www.investigaction.net/fr/ce-que-le-film-demain-ne-vous-a-pas-dit , l’immense hypocrisie de Cyril Dion est de faire croire que, parce que des alternatives existent, elles seraient accessibles à tous. Or, il est maintenant évident qu’acheter équitable, bio, respectueux des animaux et des personnes, c’est payer plus cher. Par exemple,  Après Demain  évoque une école Montessori. Magnifique, d’autant qu’on y paie en proportion de ses revenus…c’est-à-dire entre 150 et 400€/mois, soit entre 10 et 28 fois plus cher qu’une année de licence à la fac https://www.campusfrance.org/fr/cout-etudes-superieures-france-frais-inscription ! Et de passer vite à autre chose comme si c’était normal, comme si le premier « gilet jaune » venu pouvait se le payer.

    Le film évoque aussi des potagers sur des toits plats de bâtiments de la Poste. Le PDG, Philippe Wahl, y est tout sourire mais tout le monde « oublie » de nous dire que les postiers motivés sont bénévoles et que la responsabilité leur revient de tout mettre en place et de gérer. On n’appelle pas ça du travail gratuit ?

    D’autant qu’il n’est pas étonnant que Cyril Dion et Laure Noualhat se focalisent tant sur la nourriture, le secteur où il est le plus facile de « penser local ». Alors on est obligé de faire des petits arrangements avec la vérité, mine de rien, pour les autres secteurs économiques. Par exemple en ce qui concerne l’énergie éolienne. Bien sûr, on passe sous silence le coût environnemental de leur fabrication et de leur acheminement, mais surtout on s’efforce de taire que jamais l’éolien ne pourra satisfaire nos besoins énergétiques actuels, comme le répète régulièrement Jean-Marc Jancovici. Sinon, il faudrait remettre en question le principe même de croissance, consubstantiel au capitalisme.
    https://www.youtube.com/watch?v=1aCHN6dytVY

    Grâce à Arrêts sur images https://www.arretsurimages.net/articles/les-six-peches-du-film-apres-demain , on découvre d’autres éléments bien nauséabonds. Ainsi, les mérites d’Enercoop, une coopérative de production d’électricité verte, sont vantés dans le docu…mais sans dire qu’elle est partenaire de Kaizen, une revue fondée par Cyril Dion himself. Le conflit d’intérêts ne s’arrête pas là puisque Pocheco, une entreprise dont la publicité est faite dans  Demain  mais aussi dans  Après Demain , est un actionnaire important de la même revue ! L’histoire de cette dernière entreprise est d’ailleurs un cas d’école. En effet, depuis la diffusion du film  Demain , Emmanuel Druon, le directeur prônant un « management alternatif », est rattrapé par des accusations lui reprochant d’être harcelant et tyrannique. http://labrique.net/index.php/thematiques/lutte-des-classes/914-exclusif-pocheco-lettre-verte-non-recommande Entre-temps, le marché du papier s’est écroulé, la boîte n’était plus rentable, elle a licencié en masse et a effectué un glissement de l’industrie vers la consultance, pour donner des conseils à L’Oréal et à…Danone ! Chassez la rentabilité financière par la porte, elle reviendra par la fenêtre.

    Et puisqu’il faut bien remplacer par quelque chose les considérations matérielles concrètes qu’il est trop difficile de tordre à son avantage, Dion et Noualhat s’embarquent dans des considérations psychologisantes. Peu importe la vérité, tant qu’on raconte une belle histoire qui donne envie d’y croire (sic). What ? Au chapitre des belles histoires racontées par de beaux conteurs, on aura au moins cette fois échappé à Pierre Rabhi (qui avait lui aussi reçu Emmanuel Faber, PDG de Danone…). Pourtant, Cyril Dion, qui aime placer ses amis comme on vient de le voir, avait cofondé avec Rabhi le mouvement des Colibris. Faut croire qu’ils ont été tous deux légèrement échaudés par le dossier que Jean-Baptiste Malet a consacré au « paysan » dans l’édition d’août 2018 du Monde diplomatique. https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981

    Qu’importe, les premières « stars » venues feront l’affaire, comme l’écrivain à succès Harari, recommandé par Zuckerberg, Obama et Gates. On comprendra qu’il ne représente pas un gros risque pour le capitalisme. On retrouve une énième fois Rob Hopkins, grand prêtre du mouvement dit de la Transition, qui continue de faire semblant de croire à une « révolution tout en douceur » en dépit de l’évidence (argumentée) et Nicolas Hulot qui, au moment du tournage n’avait pas encore démissionné. Oui, ça la fout mal au moment de la diffusion, on perd un peu de son pouvoir de persuasion quand on a reconnu entre-temps sa plus parfaite impuissance, même avec le pouvoir qui était le sien. Last but not least, la parole est donnée à plusieurs reprises à Muhammad Yunus, le « banquier des pauvres » qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 2006. Son credo ? Le business au service de la résolution des problèmes… Sauf que le microcrédit ne sort personne de la misère, qu’il est inaccessible aux plus pauvres, https://www.investigaction.net/fr/Microcredit-et-auto-entreprise qu’il masque le rapport de causalité faisant que certains sont obligés d’y souscrire https://www.investigaction.net/fr/Microcredit-et-auto-entreprise , etc. Bref, on est loin d’une idée révolutionnaire.

    Le film  Après Demain  est une fable bourrée de conflits d’intérêts, d’inexactitudes, de faux enthousiasme et d’ignorance politico-économique. Cyril Dion et sa comparse faussement critique Laure Noualhat ont même le culot de terminer par un extrait du discours de Martin Luther King pour montrer la puissance des histoires, la force des rêves. Au même titre que Jean-Baptiste Malet a révélé que, dans la légende du colibri relayée abondamment par Rabhi, le petit oiseau finalement meurt d’épuisement, nous devrions peut-être rappeler à Cyril Dion que Luther King a été assassiné et que le racisme envers les afro-américains est toujours féroce. Permettez-moi d’avoir des rêves plus positifs…pour après  Après Demain .

    https://www.youtube.com/watch?v=OPLt-yd0jQo&t=838s

    #demain #aprés_demian #Cyril_Dion # laure_noualhat #enfumage #occultation #capitalisme #changement_climatique #lobbies #multinationale #volontarisme #local #Gilets_Jaunes #glyphosate #ue #union_européenne #CETA #pollution #petits_pas emmanuel_faber, PDG de #Danone #Bcorp #B_Corporatio #certification #enfumage #anne_hidalgo #nicolas_hulot #marie-christine_marghem #Élise_Lucet #JTerre #Montessori #GiletsJaunes #La_Poste #philippe_wah #travail_gratuit énergie_éolienne #éolien #enercoop #kaizen #conflit_d_intérêts #pocheco #emmanuel_druon #pierre_rabhi #colibris #rob_hopkins #transition #muhammad_yunus #microcrédit #fable #ignorance #Martin_Luther_King


  • Retour sur « Le système Pierre Rabhi » | Jean-Baptiste Malet
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/MALET/59190

    L’enquête de Jean-Baptiste Malet « Le système Pierre Rabhi », publiée en août 2018, a suscité un grand nombre de réactions. L’auteur — qui vient d’être distingué par le prix Albert Londres pour une précédente enquête sur l’industrie de la tomate — revient sur les critiques formulées par M. Rabhi et ses soutiens. Source : Le Monde diplomatique


  • Le petit business du "#paysan" Pierre #Rabhi
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-15-septembre-2018


    Zones d’ombre dans son parcours, paradoxes entre son discours de sobriété et la manière dont il vit, conservateur qui ne s’assume pas : derrière les paroles de Pierre Rabhi se cacheraient des contradictions et un #business florissant.
    Derrière « les belles paroles » de Pierre Rabhi se cache en fait « un petit business ».
    Auteur de nombreux livres, dont La sobriété heureuse, Pierre Rabhi a touché en dix ans plus d’un demi-million d’euros en droits d’auteur. Il dispose ainsi d’énormes ressources, entre 7 000 et 10 000 euros par mois. Il explique pourtant lors de ses prises de parole qu’il se contente de très peu ; il touche en réalité beaucoup d’argent.

    Le petit business du « paysan » Pierre Rab


  • Le système Pierre #Rabhi, par Jean-Baptiste Malet (Le Monde diplomatique, août 2018)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981

    Frugalité et marketing
    Le système Pierre Rabhi


    La panne des grandes espérances politiques remet au goût du jour une vieille idée : pour changer le monde, il suffirait de se changer soi-même et de renouer avec la #nature des liens détruits par la modernité. Portée par des personnalités charismatiques, comme le paysan ardéchois Pierre Rabhi, cette « insurrection des consciences » qui appelle chacun à « faire sa part » connaît un succès grandissant.
    En se répétant presque mot pour mot d’une apparition à une autre, Rabhi cisèle depuis plus d’un demi-siècle le récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960, celui d’un « retour à la #terre » dans le respect des valeurs de simplicité, d’humilité, de sincérité et de vertu. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parle continuellement de lui-même incarne aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites. Rues, parcs, centres sociaux, hameaux portent le nom de ce saint laïque, promu en 2017 chevalier de la Légion d’honneur. Dans les médias, l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) jouit d’une popularité telle que France Inter peut transformer sa matinale en édition spéciale en direct de son domicile (13 mars 2014) et France 2 consacrer trente-cinq minutes, à l’heure du déjeuner, le 7 octobre 2017, à louanger ce « paysan, penseur, écrivain, philosophe et poète » qui « propose une révolution ».

    par Jean-Baptiste Malet

    • Rabhi aime les gens de pouvoir et c’est réciproque.

      Le succès du personnage et de son discours reflète et révèle une tendance de fond des sociétés occidentales : désabusée par un capitalisme destructeur et sans âme, mais tout autant rétive à la modernité politique et au rationalisme qui structura le mouvement ouvrier au siècle passé, une partie de la population place ses espoirs dans une troisième voie faite de tradition, d’authenticité, de quête spirituelle et de rapport vrai à la nature.

      Quand on lui cite l’œuvre du philosophe André Gorz, auteur des textes fondateurs Écologie et politique (1975) et Écologie et liberté (1977), il s’agace : « J’ai toujours détesté les philosophes existentialistes, nous dit-il. Dans les années 1960, il y en avait énormément, des gens qui ne pensaient qu’à partir des mécanismes sociaux, en évacuant le “pourquoi nous sommes sur Terre”. Mais moi, je sentais que la réalité n’était pas faite que de matière tangible et qu’il y avait autre chose. »

      Sur les rapports entre les hommes et les femmes, son opinion est celle-ci : « Il ne faudrait pas exalter l’égalité. Je plaide plutôt pour une complémentarité : que la femme soit la femme, que l’homme soit l’homme et que l’amour les réunisse (11). »

      Quelques mois plus tard, fin 1986, l’association Point Mulhouse, fondée par Freund, demande à l’agronome René Dumont, bon connaisseur des questions agricoles de la région du Sahel (15), d’expertiser le centre dirigé par Rabhi. Le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974 est épouvanté par ce qu’il découvre. S’il approuve la pratique du compost, il dénonce un manque de connaissances scientifiques et condamne l’approche d’ensemble : « Pierre Rabhi a présenté le compost comme une sorte de “potion magique” et jeté l’anathème sur les engrais chimiques, et même sur les fumiers et purins. Il enseignait encore que les vibrations des astres et les phases de la Lune jouaient un rôle essentiel en agriculture et propageait les thèses antiscientifiques de Steiner, tout en condamnant [Louis] Pasteur. »

      Pour Dumont, ces postulats ésotériques comportent une forme de mépris pour les paysans. « Comme, de surcroît, il avait adopté une attitude discutable à l’égard des Africains, nous avons été amenés à dire ce que nous en pensions, tant à la direction du Point Mulhouse qu’aux autorités du Burkina Faso » (16). Deux conceptions s’opposent ici, car Dumont ne dissocie pas combat internationaliste, écologie politique et application de la science agronomique. Rabhi s’en amuse aujourd’hui : « René Dumont est allé dire au président Thomas Sankara que j’étais un sorcier. » Dumont conseillera même d’interrompre au plus vite ces formations. En pure perte, car Rabhi bénéficie de l’appui de Freund, lui-même proche du président burkinabé. Mais l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, prive Freund de ses appuis politiques. Rabhi et lui quittent précipitamment le Burkina Faso.

      Cet épisode éclaire une facette importante d’un personnage parfois présenté comme un « expert international » des questions agricoles, préfacier du Manuel des jardins agroécologiques (Actes Sud, 2012), mais qui n’a jamais publié d’ouvrage d’agronomie ni d’article scientifique.

      « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social, nous explique Rabhi. Mais, pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’assumer longtemps ? » Pareille conception des rapports sociaux explique peut-être le fonctionnement des organisations inspirées ou fondées par le sobre barbichu, ainsi que son indulgence envers les entreprises multinationales et leurs patrons.

      À partir de 2009, année marquée par la participation de Rabhi à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le fondateur des Colibris rencontre des dirigeants de grandes entreprises, comme Veolia, HSBC, General Electric, Clarins, Yves Rocher ou Weleda, afin de les « sensibiliser ». Les rapports d’activité de l’association Colibris évoquent à cette époque la création d’un « laboratoire des entrepreneurs Colibris » chargé « de mobiliser et de relier les entrepreneurs en recherche de sens et de cohérence ».

      Rabhi a également déjeuné avec M. Emmanuel Macron durant sa campagne pour l’élection présidentielle. « Macron, le pauvre, il fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas simple, nous déclare-t-il. Il est de bonne volonté, mais la complexité du système fait qu’il n’a pas les mains libres. »

    • Un écran plat gigantesque trône dans le salon : « Je regarde des westerns et des séries pour me vider la tête, précise-t-il. Je ne lis pas les journaux, je n’écoute pas la radio, je ne sais pas me servir d’Internet. Je me tiens hors du monde. » Derrière le rideau de perles, l’épouse aux yeux limpides, Michèle, s’affaire en silence. Il la présente du bout des lèvres puis grimpe à l’étage. Son repaire est là : des murs ocre, un bureau minuscule, une vierge sculptée, un bol tibétain en cuivre et, par terre, une natte – « C’est ici que je dors. »

      Lol et merci, @ninachani. Écran plat et bobonne, ben ouais !

    • Le passage que je préfère et de loin :

      Les colibris, tous ses fidèles qui forment aujourd’hui quelque quatre-vingts groupes en France, s’activent pour promouvoir ici des cantines bio, là un écovillage, ailleurs une plate-forme de covoiturage ou de recyclage textile. « Soutenez la révolution », rappelle le site du mouvement, en suggérant au passage l’achat des œuvres du maître, livres, CD, DVD... « Mais il faut monter en puissance », répète inlassablement Rabhi qui rêve encore de peser sur la présidentielle de 2017, d’organiser un forum citoyen peut-être, de semer partout des écoles d’agroécologie. Il lui faut, pour survivre, toujours plus de projets, de moyens. La princesse de Polignac se désole : « Des sous, des sous, c’est tout ce qui intéresse Pierre aujourd’hui. »


  • Une machine à fabriquer de l’impuissance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Fabriquer-de-l-impuissance

    Retour sur la tournée #Égologie et les discussions intéressantes à ce sujet. cc @touti et @rastapopoulos et @sandburg même si les trucs les plus intéressants se sont passés dans des montagnes peuplées de chevelu·es.

    Dans une montagne un peu plus loin, une autre nous raconte son activité de conseillère conjugale de culture féministe. Nous sommes dans les Cévennes de l’illustre Pierre Rabhi et l’influence est palpable. Les femmes engagées dans des démarches écolo-spirituelles n’y sont pas plus qu’ailleurs, et pas plus que les autres, à l’abri de la violence masculine dans le couple. Sauf que celles-ci sont spécialement vulnérables, incapables de se dresser contre un compagnon qui les tient sous emprise ou exerce sur elles une violence économique ou matérielle. On leur a dit, répété, que chacun·e pouvait se prendre en main (1) et qu’il fallait arrêter de « toujours blâmer les autres ». Elles sont battues ? Ce n’est pas sa faute à lui, ce sont elles qui ont dû louper quelque chose. Et de stage d’une quelconque thérapie alternative en lecture d’un bouquin de Pierre Rabhi, elles sont incapables de reconnaître qu’elles ne sont pas responsables de la relation violente et incapables de s’enfuir, tout bêtement. Ça tombe bien, les autorités lorgnent sur les démarches de reconstruction du couple dans les cas de violence conjugale, ça coûte moins cher que de s’assurer qu’un foyer attend toutes les femmes battues, sans revenu ou sans tissu social solide (souvent conséquences de la maltraitance) quand elles arrivent à sortir des griffes de leur mec (2).

    Ainsi, un angle d’attaque qui promettait d’éviter l’impuissance (car nous ne savons pas encore comment éradiquer le patriarcat ni lutter contre cet envahissement par les substances toxiques que l’industrie et la recherche ne semblent pas vouloir arrêter d’inventer), finit en puissant outil d’acceptation de la saleté qui nous entoure. Les personnes en colère, les chieuses et les énervés ont offert plus de bataillons pour se battre contre l’abjection dans ce monde que les adeptes du développement personnel. Leur « négativité » est au fond plus prometteuse.

    Edit : finalement, je garde pour moi (et pour vous) cette histoire d’affiche inspirée par le bouquin.

    • Oui, ça a un peu dévié, cette histoire !

      Je ne peux pas acheter le Diplo ici et les Tumbler renvoient automatiquement vers un site « Internet positiv » (j’ai découvert ça hier en cherchant à visiter un Tumbler women and guns). Mais j’ai confiance en J-B Malet, dont j’ai lu l’excellent bouquin sur la tomate. (Peut-être que je ne suis pas d’accord avec tout mais c’est une idée, d’aller fouiner dans ce coin.)

      Pierre RABHI
      https://www.plumedecarotte.com/pierre-rabhi

      Paysan, essayiste et penseur, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agroécologie en France. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous, et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers.

      Il est l’auteur d’une vingtaine de livres à succès, dont Vers la sobriété heureuse (Actes Sud), ou encore La puissance de la modération (Hozhoni) et La convergence des consciences (Le Passeur).

    • Sur toute la Terre, Amma usine son câlin standard avec une rigueur dans l’exécution des tâches que n’aurait pas reniée Frederick W. Taylor : ouverture des bras ; enveloppement de l’inconnu ; bercement de dix secondes ; remise à chaque être câliné d’un pétale de rose, d’une pomme ou d’un bonbon. Ces séances d’étreintes de masse se prolongent plusieurs heures durant.

      Au sein de l’immense espace de spectacle consacré au rituel, où chacun déambule pieds nus après l’étreinte, il est aisé d’observer que certains sont soudainement pris d’une forte émotion, sanglotent et parfois s’effondrent en larmes.

      Tu m’étonnes, après avoir attendu des heures au milieu de chants hypnotiques...

      « Beaucoup d’individus de nos sociétés modernes, profondément narcissiques, sont en quête permanente d’eux-mêmes. À l’approche d’Amma, un véritable processus d’idéalisation se met en place, observe, à quelques mètres de la gourou, la psychologue Élodie Bonetto. Amma, le “leader”, peut alors incarner l’idéal de l’individu, dont la dévotion s’explique le plus souvent par son désir d’être reconnu comme exceptionnel. Trois profils types se dégagent : l’adepte socioaffectif, en quête de réconfort et de sociabilité ; l’adepte utilitariste, en quête de réalisation de soi ; et l’adepte flexible, qui se situe entre les deux. »

      La meuf a l’air super fort !

      Selon la prolixe littérature d’ETW, Mme Amritanandamayi aurait eu la peau bleue à sa naissance, comme celle du dieu Krishna. Lors de sa mise au monde, Amma n’aurait ni pleuré ni crié, et se serait contentée d’un sourire. Capable de parler à l’âge de 6 mois, elle aurait également accompli plusieurs miracles, notamment en embrassant un cobra qui terrorisait son village natal. Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      guides de médecine ayurvédique proposant de soigner le cancer

      Aïe.

      Ces centaines de dévots de toutes nationalités suivent, à leurs frais, celle qu’ils nomment « la déesse » afin de pouvoir travailler bénévolement aux multiples tâches qu’implique une tournée internationale digne des plus grandes vedettes de l’industrie culturelle. Parmi eux, une surreprésentation de femmes célibataires sans emploi, prêtes à dormir à même le sol si leurs économies ou leurs minima sociaux ne leur permettent pas de s’offrir un hébergement.

      Justement, je ne savais pas quoi faire de ma vie.

      Rejoindre la tournée européenne coûte près de 1 500 euros aux volontaires qui souhaitent emprunter les autocars de l’organisation ; certains s’endettent pour pouvoir les payer. Ils sont alors vêtus intégralement de blanc, identifiés par un badge et considérés comme des membres à part entière d’ETW. Les repas végétariens et l’hébergement restent à leur charge. Les bénévoles les plus pauvres mangent avec parcimonie. « Beaucoup s’épuisent et s’appauvrissent, témoigne Mme Amah Ozou-Mathis, ancienne adepte qui a participé aux tournées européennes durant cinq ans. Les journées débutent très tôt par des mantras et la récitation des cent huit noms d’Amma. Elles continuent par un travail considérable et s’achèvent par des cérémonies rituelles où beaucoup entrent en transe, qui finissent très tard. Le plus souvent, on ne dort que trois ou quatre heures par nuit. »

      Finalement, on est bien chez soi.

      Ces éléments de langage sont ensuite relayés sans discernement par des centaines de supports d’information du monde entier, dont les reportages évoquent, depuis plus de trente ans, l’ambiance des tournées d’Amma ainsi que les « émotions » ressenties par le journaliste ayant reçu le darshan — un classique du genre.

      « Non, l’empire d’Amma n’a rien d’une ONG caritative, affirme M. Sanal Edamaruku, qui vit en exil en Finlande, où il préside l’Association des rationalistes indiens. Amma, c’est une entreprise, un “business” sale. On peut ajouter Amma à la longue liste des charlatans qui sévissent en Inde. La plus parfaite opacité règne quant à la destination exacte des fonds collectés lors de ses tournées. » Nous avons pu consulter des documents officiels émanant du ministère de l’intérieur indien, ainsi que des déclarations fiscales d’une branche américaine de l’organisation d’Amma. Le recoupement des déclarations officielles des deux entités juridiques, rassemblées sur plusieurs années, montre qu’elles ne coïncident absolument pas : les sommes que la maison mère déclare avoir reçues s’avèrent très largement inférieures aux sommes que la filiale américaine déclare lui avoir versées. Où est passée la différence ?

      Dénonçant des « malversations » et des violences, parmi lesquelles des viols, au sein de l’organisation, elle souligne les liens étroits existant entre Amma et le pouvoir politique nationaliste hindou. La multinationale du câlin est parvenue à obtenir l’interdiction pour « blasphème » de ce livre dans l’État du Kerala. Dès 1985, l’ouvrage de l’ex-policier Sreeni Pattathanam, qui évoquait des morts suspectes survenues dans l’ashram d’Amma, avait été lui aussi censuré pour « blasphème » — son auteur est aujourd’hui le secrétaire régional pour le Kerala de l’Association des rationalistes indiens.

      « Attention ! Si Amma construit bel et bien en Inde des infrastructures — hôpitaux, écoles, universités — dont on retrouve des photographies dans sa propagande, il ne faut pas se leurrer, avertit M. Edamaruku. Le plus souvent, ce sont des établissements privés, destinés à générer du profit, qui permettent à son organisation de s’institutionnaliser et d’asseoir un peu plus son pouvoir. » Vantée lors des tournées comme l’initiatrice de grandes réalisations caritatives, ETW est aujourd’hui à la tête d’un réseau d’universités et d’un hôpital universitaire, regroupés sous le label « Amrita », qui comptent plus de 18 000 élèves. Le clip de présentation de ce réseau s’enorgueillit de ses 23 centres de recherche scientifique, à l’origine de 51 brevets.

      #secte #exotisme #Inde #raclure

      Et les imbéciles qui la louent : #Hulot etc.

    • 2011 dans Le Monde. #journalisme

      Amma, la multinationale du câlin
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/26/amma-la-multinationale-du-calin_1593754_3224.html

      Ces millions d’étreintes – à raison d’un million par an – financent indirectement une ONG, véritable multinationale du caritatif. Embracing the World (« étreindre le monde ») intervient dans des domaines aussi variés que la protection de la planète, la promotion du droit des femmes ou encore l’éducation des plus jeunes, et ce sur tous les continents.

      L’essentiel est financé par les dons des participants, le reste des recettes provient de la vente de produits dérivés. Saris (en solde, à Pontoise !), étoles, livres de prière traduits dans toutes les langues, CD et DVD. Mais aussi tee-shirts, sacs à main, porte-clés, statues, peluches, cartes postales, encens, pierres, bijoux et même des montres à l’effigie d’Amma sont vendus toute la journée dans un coin de la salle par des dames – toujours vêtues de blanc.

      Dans ses livres, ses conférences données à l’ONU ou dans de prestigieuses universités, Amma tient un discours qu’il est difficile de critiquer. Qui oserait dire qu’il ne souhaite pas plus d’amour et de bonheur sur terre ? « Attention à l’ethnocentrisme, met en garde Nadine Weibel, Amma est dans la pure traditon hindoue et c’est une véritable figure en Inde. Ce qui peut nous paraître étrange ou simpliste est en fait le fruit d’une tradition millénaire. »

    • Ahaha je te suis @aude_v !
      Billetterie : Journée avec Pierre Rabhi au Centre Amma
      https://www.weezevent.com/journee-avec-pierre-rabhi-au-centre-amma

      Une journée de rencontres et d’échanges avec Pierre Rabhi dans le beau cadre du Centre Amma - Ferme du Plessis.

      raaa zut, c’est passé, on ne connaitra pas le prix, un aperçu du programme cependant

      http://www.etw-france.org/venue-de-pierre-rabhi-au-centre-amma

      PROGRAMME PREVISIONNEL DE LA JOURNEE

      9h : ouverture des portes et visites guidées possibles du lieu

      10h30-11h30 : Conférence de Pierre Rabhi : « en route vers un nouveau paradigme ».

      12h : méditation guidée par Bri. Dipamrita dans le parc du Centre Amma – Ferme du Plessis

      12h30 : déjeuner / buffet
      13h30 : possibilité de visite guidée de la Ferme du Plessis

      15h-16h30 : « il n’y a pas de changement de société sans changement humain ».
      Table ronde animée par Divyanand / Mathieu Labonne (coordinateur général de la Ferme du Plessis et directeur de Colibris) avec :
      – Pierre Rabhi
      – Bri. Dipamrita (présidente d’ETW-France et envoyée d’Amma en France)
      – Christophe Massin (médecin psychiatre, écrivain, prix psychologies-Fnac 2014)

      Le Sommet des consciences les 20-21 juillet 2015 à l’Elysée – ETW France – Amma
      http://www.etw-france.org/le-sommet-des-consciences-le-20-juillet-a-lelysee

      Rassemblement de hautes figures spirituelles, religieuses et morales, le Sommet des consciences est une initiative conjointe de #Nicolas_Hulot, envoyé spécial du Président de la République française, de l’association Alliance of religions and conservation (ARC), de Bayard (propriétaire de La Croix), du R20 (réseau associant collectivités locales et entreprises) et du Conseil Économique, Social et Environnemental.

      Plus de quarante personnalités morales et religieuses du monde entier seront réunies le 20 juillet à l’Élysée, puis le lendemain au Conseil économique et social, à Paris. Elles vont, à cette occasion, lancer un « appel des consciences » destiné aux négociateurs de l’accord de Paris sur le climat.
      Amma, invitée à l’Elysée, sera représentée par Swami Amritaswarupananda, accompagné de Br. Shubamrita et Bri. Dipamrita.

      Quelques-unes des personnalités présentes :
      François Hollande, Président de la République ; Kofi Annan ; Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Mohammad Yunus, Prix Nobel de la paix ; Pierre Rabhi ; Cheikh Khaled Bentounes ; Sœur Chan Khong, représentant la Communauté de Thich Nhat Hanh ; Sa Sainteté Bartholomée 1er ; Son Eminence Le Cardinal Turkson, Président du Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix…

      une phrase exceptionnellement plate (mais à méditer longuement)

      « Je réfléchis souvent en profondeur à l’avenir de la terre, à la préservation de la nature et à la disparition de l’harmonie entre l’humanité et la nature… L’humanité est à la croisée des chemins. » – Amma

      moi aussi a dit Rosa Luxembourg

      En illustration de tout ceci la photo de la page d’accueil de la ferme du Plessis, un régal !
      http://fermeduplessis.com

      #spiritualité #individualisme #sectes_institutionnelles #croyances

    • Super Amma

      Face à des incrédules rationalistes, Amma aurait transformé de l’eau en lait. En léchant les plaies d’un lépreux, elle l’aurait guéri.

      Mais Jésus était encore plus fort :

      Jésus changeait l’eau en vin, et tu t’étonnes que 12 mecs le suivaient partout !

      Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… S’il vous répond, vous êtes schizophrène.

      Pierre Desproges

    • https://seenthis.net/messages/714664

      La ville de San Francisco est régulièrement promue dans les médias de masse comme un modèle de gestion écologique des déchets pour son taux de recyclage de 80%. En France, le film documentaire #Demain, réalisé par #Mélanie_Laurent et #Cyril_Dion, a beaucoup participé à la diffusion de cette idée. [Il a dirigé jusqu’en 2013 le mouvement Colibris ; et il est fondateur de Kaizen, revue partenaire du mouvement.] Partout où il passe, Cyril Dion brandit le cas de San Francisco comme une preuve de ce qu’il est possible de rendre une ville écolo-durable (« L’exemple le plus impressionnant, que nous présentons dans le film, est celui de la ville de San Francisco qui recycle 80 % de ses déchets »). Si seulement...

      Si vous allez à San Francisco, vous y verrez des seringues et de la merde (par Nicolas Casaux)