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  • William Klein, l’outsider de la photographie, est mort
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/09/12/william-klein-l-outsider-de-la-photographie-est-mort_6141276_3246.html

    William Klein a toujours tracé sa route d’artiste et de photographe en solitaire, en dehors des clous, suivant son instinct. Installé sans regret loin de son pays d’origine, les Etats-Unis, avec lequel il a entretenu une relation d’amour-haine, cet amoureux de la peinture s’est jeté à corps perdu dans la photographie. Et il a donné naissance à un des livres de photo les plus frappants et les plus mythiques de l’histoire, Life is Good & Good for You in New York, consacré à sa ville natale.

    Sorti en 1956, deux ans avant Les Américains, de Robert Frank (Delpire, 1958), cet ouvrage devenu introuvable est alors un pied de nez à la tradition du reportage, à la photo documentaire et à la photo d’art classique : William Klein y collectionne des images floues, décadrées, il montre des humains coupés ou serrés dans l’image, accumule dans les pages mots et réclames publicitaires, traçant le portrait corrosif d’une ville saisie par la folie consumériste.

  • Win Butler, le chanteur d’Arcade Fire, accusé d’agressions sexuelles et de comportements inappropriés par des fans
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/08/30/win-butler-le-chanteur-d-arcade-fire-accuse-par-quatre-fans-d-agressions-sex

    Le site Pitchfork a réuni des témoignages dénonçant des agissements du chanteur du groupe de rock canadien, qui dément toute relation non consentie tout en présentant ses excuses.

    Par Brice Laemle
    Publié aujourd’hui à 17h21, mis à jour à 18h10

    Les accusations lancées à l’encontre du chanteur d’Arcade Fire peuvent-elles briser une dynamique qui semblait inarrêtable depuis la sortie du premier album du groupe, Funeral, en 2004 ? Principalement porté par le duo des chanteurs et multi-instrumentistes Win Butler et Régine Chassagne (par ailleurs mariés), le jeune collectif prometteur au mitan des années 2000 s’est transformé les années passant en machine indie-rock efficace capable de remplir les Zénith et Arena, voire les stades.

    Leur tournée mondiale doit débuter mardi 30 août, à Dublin (Irlande), avec quatre dates programmées en France en septembre. C’est dans ce contexte que le leader du groupe, Win Butler, se retrouve au centre d’accusations mêlant emprise et comportements sexuels inappropriés avec plusieurs de ses fans, dont des agressions sexuelles contre l’une de ces personnes.

    L’influent site musical américain Pitchfork – qui a largement participé à l’émergence et à la popularité du groupe – a publié un article, samedi 27 août, réunissant plusieurs témoignages mettant en lumière certains agissements du principal auteur-compositeur du groupe canadien dans l’intimité et en ligne. Le média a pu consulter des captures d’écran de messages échangés par SMS ainsi que sur le réseau social Instagram entre le frontman d’Arcade Fire et les quatre victimes déclarées, et a interviewé plusieurs proches ayant été mis au courant des allégations portant sur des faits qui auraient eu lieu entre 2015 et 2020. Conformément à la demande des quatre fans interrogées, leur témoignage a été anonymisé et Le Monde n’a pas pu les consulter. Pitchfork ne précise pas si une ou plusieurs plaintes ont été déposées.

    « J’ai ouvert ma porte et il m’a plaqué contre le mur »

    Une personne non binaire accuse Win Butler de l’avoir agressée sexuellement à deux reprises en 2015, alors qu’ils avaient respectivement 21 ans et 34 ans. Les faits déclarés se seraient produits dans une voiture puis dans l’appartement de la victime, alors que celle-ci avait envoyé plusieurs messages demandant au chanteur de ne pas s’y rendre. « J’ai ouvert ma porte et il m’a plaquée contre le mur et a attrapé mon corps de manière agressive et a mis sa langue dans ma bouche », raconte « Lily » au journaliste Marc Hogan, auteur de l’article. Une accusation balayée par le chanteur dans un communiqué transmis au média américain : « Quand [Lily] a ouvert la porte, nous avons commencé à nous embrasser immédiatement… Je ne me rappelle pas qui l’a initié, mais c’était définitivement réciproque. »

    « Stella » avait été contactée par le chanteur sur le réseau social Instagram en 2016

    Trois femmes racontent par ailleurs des interactions sexuelles avec M. Butler, qu’elles jugent inappropriées étant donné l’écart d’âge, leurs statuts respectifs et les conditions dans lesquelles celles-ci ont eu lieu. Agée de 18 ans au moment des faits déclarés, « Stella » avait été contactée par le chanteur sur le réseau social Instagram en 2016 après avoir posté des photographies prises de lui lors d’une soirée caritative. Après s’être donné leurs numéros de téléphone, le chanteur l’aurait incitée à lui écrire puis lui aurait envoyé des photos de son sexe, images non demandées par Stella.

    Deux fans de 20 ans et 23 ans, « Sarah » et « Fiona », font part des demandes insistantes de Win Butler pour obtenir des vidéos à caractère sexuel en 2017 et 2018. Avec « certaines poses et certains actes sexuels, des mots prononcés, des tenues ou des accessoires sexuels qu’il les incitait à acheter », écrit notamment le site musical.

    Alcoolisme, abus et excuses

    Contacté par Pitchfork, Win Butler confirme avoir eu des relations extramaritales avec les quatre fans en question, mais assure qu’elles étaient consenties. Epaulé par l’experte en communication de crise Risa Heller, le chanteur a ensuite publié un second communiqué dans lequel il s’excuse à de multiples reprises, parle d’une période pendant laquelle il luttait contre la dépression et « les fantômes d’abus subis dans l’enfance » et avait sombré dans l’alcoolisme. « Je suis vraiment désolé pour ceux que j’ai blessés par mon attitude, a écrit le cofondateur d’Arcade Fire. Je continue à apprendre de mes erreurs et travaille pour devenir une meilleure personne. »

    Les fans interrogées par Pitchfork avaient entre 18 ans et 23 ans au début de leur relation avec le chanteur. Celui-ci était alors âgé de 34 à 39 ans. « Je n’avais pas réalisé l’importance de la différence d’âge, à l’époque », se défend l’artiste dans sa déclaration, avant de poursuivre : « Quand je repense à qui j’étais à 18 ans, je peux maintenant voir à quel point cela a pu être pesant, mais à l’époque je n’ai pas saisi cela. »

    Par un autre communiqué, son épouse Régine Chassagne apporte son soutien à Win Butler – qui précise être dans une relation ouverte avec cette dernière. La chanteuse canadienne décrit l’artiste californien, qu’elle connaît « depuis vingt ans », comme son « âme sœur, [son] partenaire de composition, [son] mari, le père de [son] magnifique enfant ». « Je sais ce qu’il y a dans son cœur, et je sais qu’il n’a et qu’il ne toucherait jamais une femme sans son consentement, et je suis certaine qu’il ne l’a jamais fait », écrit la cofondatrice du groupe. « Il s’est égaré et a retrouvé son chemin », conclut-elle.

  • Ray Liotta, acteur star des « Affranchis », est mort
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/05/26/ray-liotta-notamment-connu-pour-son-role-dans-les-affranchis-est-mort_612779

    L’acteur américain Ray Liotta, surtout connu pour ses rôles dans des films policiers ou de mafieux, comme Les Affranchis, réalisé par Martin Scorsese en 1990, est mort jeudi 26 mai à l’âge de 67 ans, a annoncé son agente, Jennifer Craig, au Hollywood Reporter.

  • Le Mali considère désormais la présence des militaires français et européens sur son sol comme illégale
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/05/03/le-mali-considere-la-presence-des-militaires-francais-et-europeens-sur-son-s

    La junte malienne invoque des « atteintes flagrantes à la souveraineté nationale » du pays pour justifier sa dénonciation des accords de défense conclus avec Paris et d’autres partenaires.

    Les maliens aussi cruels et dictatoriaux que les russes.

  • Deuxième tour.
    Pour Ballast, l’écrivaine Sandra Lucbert dénonce les Grandes Consciences qui se sont exprimées dans deux tribunes (une dans Libé, l’autre dans Le Monde). En 25 paragraphes, elle envoie un avertissement sans frais à LeMondeDeLaCulture et ses artistes bien en cour accroché·es à leurs prérogatives : dans cet univers-là, il y a aussi un Tiers État de la culture qui ferait bien d’arrêter de se penser exceptionnel en se laissant acheter avec de la verroterie imaginaire et qui serait bien avisé de sortir de l’isolement ; participer à la lutte des classes

    BALLAST • Second tour, MondeDeLaCulture et lutte des classes
    https://www.revue-ballast.fr/second-tour-mondedelaculture-et-lutte-des-classes

    Second tour et bis repetita : l’éborgneur libéral face à la néofasciste « républicaine ». Inutile de revenir sur le bilan politique du président sortant : la colère le dispute au dégoût. Inutile de rappeler à quoi ressemblerait le régime de la candidate du RN : la chose est documentée en plus d’un endroit du monde. L’écrivaine Sandra Lucbert — autrice, notamment, de Personne ne sort les fusils — s’adresse ici au « MondeDeLaCulture » : autrement dit, à ceux et celles qui, de tribunes en interventions médiatiques, s’érigent actuellement en « grandes consciences » sans s’être émus, jamais, de l’écrasement sauvage des gilets jaunes, des tentes lacérées des migrants, de l’adoption de lois répressives ou des assauts contre les conquis sociaux.

  • L’inquiétant #boycott des #musiciens #russes
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/03/10/l-inquietant-boycott-des-musiciens-russes_6116973_3246.html

    Encore moins compréhensible, le Concours international de piano de Dublin (DIPC), qui se tiendra du 17 au 24 mai, débarquant les candidats russes. « En accord avec les organisations artistiques du monde entier, en cette période difficile, nous avons le regret de vous informer que le DIPC ne sera pas en mesure d’inclure des concurrents russes dans le concours 2022. » Le courriel, envoyé à une dizaine de musiciens, a été posté, le 3 mars, sur le compte Facebook du pianiste Roman Kosyakov – formé à #Moscou, mais aussi à Birmingham. Les frais de dossier seront remboursés.

    [...]

    Le gel musical entre la Russie et les pays occidentaux serait, « pour l’humanité, une catastrophe », insiste Olivier Mantei. Au plus fort de la #guerre_froide, c’est un pianiste américain, Van Cliburn, qui avait remporté, en 1958, la première édition du Concours international #Tchaïkovski. « Il faut distinguer le pouvoir dictatorial de l’histoire du pays et de son patrimoine culturel, qui résiste depuis très longtemps, estime Olivier Mantei. L’apport des artistes russes à la musique est considérable. » Une vérité qu’il n’est pas inutile de rappeler en ces temps troublés.

  • https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/01/31/raoul-peck-realisateur-d-exterminez-toutes-ces-brutes-deconstruire-plus-de-s

    Raoul Peck, réalisateur d’« Exterminez toutes ces brutes » : « Déconstruire plus de sept siècles d’histoire eurocentrée »

    Raoul Peck, réalisateur d’« Exterminez toutes ces brutes » : « Déconstruire plus de sept siècles d’histoire eurocentrée »

    Après « I Am Not Your Negro » (2016), le cinéaste haïtien propose une fresque en quatre épisodes, diffusée sur Arte, qui cerne l’histoire et l’emprise du suprémacisme blanc sur la planète.

    Propos recueillis par Thomas Sotinel, 31 janvier 2022

    Six ans après le triomphe international d’I Am Not Your Negro, son essai cinématographique autour de l’œuvre et de la personne de l’écrivain afro-américain James Baldwin (1924-1987), le cinéaste haïtien Raoul Peck revient à cette forme, en lui donnant une ampleur inédite.

    Le réalisateur s’est appuyé sur trois ouvrages : Exterminez toutes ces brutes ! (paru en 1992, Les Arènes, 2007), du Suédois Sven Lindqvist (1932-2019), qui examine le lien entre colonisation européenne et la Shoah ; La Contre-histoire des Etats-Unis (Wildproject, 2018), de Roxanne Dunbar-Ortiz (née en 1939), qui rétablit la place des peuples indigènes et de leur extermination dans le processus de construction nationale ; et Silencing The Past (Beacon Press, 1995, non traduit), de l’anthropologue haïtien établi aux Etats-Unis Michel-Rolph Trouillot (1949-2012).

    Cette fondation intellectuelle se confond avec l’autobiographie, puisque Raoul Peck (qui a grandi entre Haïti, où il est né en 1953, la République démocratique du Congo, la France et les Etats-Unis) fut l’ami de ces trois intellectuels, dont deux sont aujourd’hui disparus. A rebours des conventions, Exterminez toutes ces brutes ignore les frontières – entre documentaire et fiction, entre l’histoire et l’intime, entre les continents – pour produire une fresque qui tient aussi bien du collage que de l’incantation, de l’analyse historique que du requiem. Rencontré à Paris, quelques jours avant la diffusion sur Arte de ce « film en quatre parties », comme il l’appelle, Raoul Peck propose quelques clés pour aborder cet entrelacs vertigineux.

    « Exterminez toutes ces brutes » est né de votre prise de conscience, au moment de la sortie de « I Am Not Your Negro », de l’ignorance qui régnait autour des sujets que vous abordez. Qui sont les ignorants ?

    Dans une ère où les opinions sont affichées comme des décorations, où les pensées sont bouclées une bonne fois pour toutes, on a beaucoup du mal à ouvrir son esprit et même à accepter l’idée qu’on soit ignorant sur un certain nombre de sujets. Et c’est le contraire de ce que j’ai vécu toute ma vie. J’ai dû m’adapter à chacun des territoires où j’ai vécu. Apprendre leur histoire, grandir avec eux. Je ne pourrais pas vivre autrement qu’à travers cet effort d’aller vers l’autre. C’est pour ça que j’ai été engagé dans les combats du lieu où j’étais. Aujourd’hui, après toutes ces expériences, je reste étonné, abasourdi par cette espèce de chape de plomb qui empêche de voir plus loin que ses propres intérêts immédiats, ses privilèges.

    (...)

    #esclavage #colonisation #colonialisme #Haïti #réparations

  • Neil Young met sa menace à exécution, sa musique va être retirée de Spotify
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/01/27/neil-young-met-sa-menace-a-execution-sa-musique-va-etre-retiree-de-spotify_6

    « Je veux remercier ma très grande et solidaire maison de disques Warner Brothers-Reprise Records, qui me soutient dans ma décision de retirer toute ma musique de Spotify », a écrit le musicien de 76 ans sur son site Internet, en relevant que la plate-forme représente 60 % de ses revenus générés par le streaming.

    Neil Young compte 2,4 millions d’abonnés et plus de 6 millions d’auditeurs par mois sur Spotify, leader mondial du streaming musical. Mais le podcast de Joe Rogan, un contenu exclusif de la plate-forme suédoise, qui accumule des millions d’écoutes, a été numéro un sur Spotify en 2021.

    J’dis ça, j’dis rien, mais entre la presse française et la presse US, sur le même sujet, y’a pas photo... (voir mes seens précédents). Tristesse provinciale d’un monde mondialisé.

    #Neil_Young #Spotify

    • Il l’a fait…

      Le populaire Joe Rogan, dont le contrat signé avec Spotify en 2021 est estimé à 100 millions de dollars (89 millions d’euros)

      À mettre en relation avec le documentaire d’Aude Favre là https://seenthis.net/messages/928612 et le mouvement Sleeping Giant : il FAUT vraiment faire pression pour démonétiser le maximum de contenus complotistes : ça se propage mille fois d’autant plus que ce créneau fait gagner un fric monstre à des centaines/milliers de gens.

      Mais pour ça faut un désinvestissement massif, pas juste un ou deux, comme ce que cherche à faire BDS, pareil : faut désinvestir, démonétiser, les contenus complotistes, fachos, etc. Il ne faut pas que ce soit profitable. Il restera toujours les méga motivés, mais ça réduira forcément à mort la propagation.

    • Neil Young vend 50% des droits de sa musique pour 120 millions d’euros - DH Les Sports+
      https://www.dhnet.be/medias/musique/neil-young-vend-50-des-droits-de-sa-musique-pour-120-millions-d-euros-5ff5c099

      Le rockeur canadien Neil Young a vendu la moitié des droits de ses chansons au fonds d’investissement Hipgnosis Songs Fund, a rapporté mercredi la BBC. L’artiste de 75 ans a reçu 150 millions de dollars (120 millions d’euros) en échange de 50% des droits de 1.180 morceaux.

    • Bandcamp Fridays Return on February 4th
      https://daily.bandcamp.com/features/bandcamp-fridays-update

      On the first Friday of the month since March of 2020, we’ve waived our revenue share to help support the many artists who have seen their livelihoods disrupted by the pandemic. Over the course of 17 days, fans paid artists and labels more than $70 million dollars, helping cover rents, mortgages, groceries, medications, and much more. If you’re among the nearly 800,000 fans who participated, thank you.

      It will likely be several months before live performance revenue returns in full. So we’re going to continue doing Bandcamp Fridays in 2022, on February 4th, March 4th, April 1st, and May 6th. As always, isitbandcampfriday.com has the details.

      If you’ve started to feel guilty about buying music on any day other than Bandcamp Friday, here’s something to keep in mind: on #Bandcamp_Fridays, an average of 93% of your money reaches the artist/label (after payment processor fees). When you make a purchase on any other day of the month (as 2.5 million of you have since March, buying an additional $190 million worth of music and merch) an average of 82% reaches the artist/label. Every day is a good day to directly support artists on Bandcamp!

  • Jean-Claude Mézières, dessinateur de « Valérian et Laureline », est mort
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/01/23/bande-dessinee-mort-de-jean-claude-mezieres-dessinateur-de-valerian-et-laure

    Un dessinateur fabuleux !!! J’adore la série Valérian et Laureline.

    Rarement auteur de bande dessinée français n’aura autant inspiré le cinéma, américain notamment. Jamais, sans son sens inné de la mise en scène, la science-fiction ne serait devenue un genre aussi fertile au sein du 9e art. Elu à l’académie des grands prix d’Angoulême en 1984 pour l’ensemble de son œuvre, Jean-Claude Mézières reste, aux yeux du grand public, le dessinateur fulgurant de créativité de Valérian et Laureline, série-phare de la BD européenne lancée en 1967 avec le scénariste Pierre Christin dans les pages du magazine Pilote. Celui qui fut également illustrateur, photographe et concepteur de décors est mort ce dimanche 23 janvier, à l’âge de 83 ans.

    La connivence entre les deux auteurs va atteindre un paroxysme rare entre un scénariste et un dessinateur – qui plus est un dessinateur n’ayant aucune documentation sur laquelle s’appuyer. « Les dessinateurs de courses automobiles peuvent recopier des photos, et ceux qui font des westerns peuvent s’inspirer de films. Moi, j’ai dû tout créer de zéro. Je n’allais pas regarder les bouquins de science-fiction puisqu’il n’y en avait pas à l’époque. Je disais à Pierre : file-moi des munitions, mais surtout des idées pour éviter les ambiances toutes faites. Cela a toujours été un échange continuel entre lui et moi. Nous avons toujours été des fildeféristes qui ne savent pas où ils vont », confiait Jean-Claude Mézières au Monde en 2017.

    De l’autre côté de l’Atlantique, George Lucas a également dévoré les récits spatio-temporels de Valérian et Laureline. Plusieurs éléments de Star Wars semblent directement inspirés de la bande dessinée française : le bain de carbonite dans lequel plonge Han Solo, le bikini en métal de la princesse Leia, sans compter la forme de tel vaisseau spatial ou l’allure de tel personnage secondaire. Jean-Claude Mézières écrira à deux reprises au réalisateur américain, lequel ne lui répondra pas. « Quand tu empruntes la bagnole d’un copain, eh bien, tu lui rends en disant : “Tiens, j’ai fait le plein et voilà les clés”. Lui [Lucas] n’a pas fait le plein ni rendu les clés », préférait-il en rire ces dernières années, un peu amer, cependant.

    #BD #Sciences_fiction #Jean-Claude_Mezière #Valérian #Laureline

  • Jean-Claude Mézières, dessinateur de « Valérian et Laureline », est mort
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/01/23/bande-dessinee-mort-de-jean-claude-mezieres-dessinateur-de-valerian-et-laure


    « Valérian et Laureline », de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.
    DARGAUD

    Elu à l’académie des grands prix d’Angoulême en 1984 pour l’ensemble de son œuvre, Jean-Claude Mézières reste, aux yeux du grand public, le dessinateur fulgurant de créativité de « Valérian et Laureline ».

    Rarement auteur de bande dessinée français n’aura autant inspiré le cinéma, américain notamment. Jamais, sans son sens inné de la mise en scène, la science-fiction ne serait devenue un genre aussi fertile au sein du 9e art. Elu à l’académie des grands prix d’Angoulême en 1984 pour l’ensemble de son œuvre, Jean-Claude Mézières reste, aux yeux du grand public, le dessinateur fulgurant de créativité de Valérian et Laureline, série-phare de la BD européenne lancée en 1967 avec le scénariste Pierre Christin dans les pages du magazine Pilote. Celui qui fut également illustrateur, photographe et concepteur de décors est mort ce dimanche 23 janvier, à l’âge de 83 ans.

  • Laélia Véron sur twitter concernant l’#écriture_inclusive :

    (ça date de 2017, je mets ici pour archivage)

    Point sur l’#EcritureInclusive : que chaque personne puisse se faire son avis mais en connaissance de cause, pas se basant sur des intoxs.
    D’abord la question de la féminisation ou l’écriture inclusive n’est pas un délire contemporain contre un "bon vieux français" éternel
    Plutôt que de parler de féminisation on devrait parler de #dé-masculinisation, contre une #masculinisation de la langue (XVIIe-XIXe siècle)
    Non, "autrice" n’est pas une invention, c’était un mot usité jusqu’à que certains décident que la littérature est une affaire d’hommes
    Notre système actuel (le masculin qui l’emporte sur le féminin, le mythe d’un masculin neutre et universel) a mis du temps à s’imposer
    Il y a eu plusieurs étapes de masculinisation du français, étapes fondées sur des raisons non pas linguistiques mais politiques et sexistes
    A l’époque, ces décisions ont été très contestées, Sévigné trouvait que c’était n’importe quoi et se refusait d’écrire ainsi
    La fameuse règle "le masculin l’emporte sur le féminin" (absurde et profondément sexiste) n’a pas toujours existé
    Elle a pendant longtemps été en concurrence avec la règle de la proximité, qui veut qu’on accorde avec l’élément le plus proche
    Qu’est-ce qui vous paraît le plus logique, "Jean et 50 000 filles sont partis" ou "Jean et 50 000 filles sont parties" ?
    Racine employait souvent la règle de la proximité. Est-ce à dire c’était un féministe hystérique déconstructiviste de notre beau français ?
    Racine et l’#EcritureInclusive règle de proximité : « Armez-vous d’un courage et d’une foi nouvelle » (Athalie) (et pas "nouveaux")
    D’autres exs : « Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête » (Iphigénie) « Mon repos, mon bonheur semblait être affermi » (Phèdre)
    Encore un exemple : « Surtout j’ai cru devoir aux larmes aux prières / consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières » (Athalie)
    La règle de la proximité existe dans d’autres langues romanes, comme le portugais ou l’espagnol. Cela n’a pas créé de "péril mortel".
    L’évolution historique peut être régressive : il y avait bien plus de mots féminisés, par exemple pour les métiers, à la Renaissance
    Réponse à une autre intox:l’#EcritureInclusive ne veut pas dire une multitude de . ou de tirets illisibles, qui s’appliquent à tous les mots
    L’écriture inclusive désigne des choix divers, qu’on peut adapter différemment suivant les situations, les publics, etc.
    On peut juste faire attention à employer des mots ou des tournures épicènes ou qui ne marquent pas le genre :"élèves" "personnes", etc.
    On peut facilement à l’oral veiller à dire "à toutes et à tous" (plutôt que "à tous"), c’est juste une habitude à prendre
    On peut revendiquer de féminiser certains noms de métiers : professeure, autrice (ou auteure), députée, écrivaine, etc...
    Pour les personnes qui trouvent ça "moche" : souvent c’est une simple question d’habitude. "Directrice" ne choque plus personne...
    "étudiante" ne vous scandalise plus. Alors que quand certaines l’ont revendiqué, le mot a fait scandale !
    Enfin, on peut employer des tirets/points : par exemple "les étudiant.e.s" à l’écrit, "les étudiants et les étudiantes" à l’oral
    Il y a beaucoup d’intoxs à ce sujet (par exemple le faux texte du Corbeau et du Renard, réécrit -personne ne prétend réécrire les textes-..)
    Cette proposition ne s’appliquerait pas à tous les mots ! On ne revient pas sur "la chaise" ou "le bureau", aux mots inanimés, abstraits...
    Elle s’appliquerait aux mots qui désignent des référents humains, par exemple "les étudiant.e.s" pour un groupe d’étudiantes et étudiantsSi vous lisez certains articles qui appliquent cette proposition, vous verrez qu’elle s’applique à peu de cas et ne défigure pas le texte
    Pour les personnes qui pensent que c’est moche, illisible, c’est votre droit mais sachez qu’on a pensé ça à chaque évolution de la langue...
    Par exemple, en phonétique, la prononciation "esthétique"du mot "roi" c’était [rwé], c’était la populace qui disait [rwa] (comme on le fait)
    Sincèrement, ça vous donne envie de redire [rwé] ?
    Molière : "Lorsqu’un homme vous vient embrasser avec joie ; Il faut bien le payer de la même monnaie". Joie = [jwé]
    N’oublions pas que les évolutions linguistiques sont lentes. Ce qui semble impensable ne le sera sans doute pas pour les générations futures
    Les masculinistes ont mis des siècles à imposer "le masculin l’emporte sur le féminin", normal que l’#EcritureInclusive prenne du temps !
    Contre-intoxs : il ne s’agit pas de réécrire les textes passés + il ne s’agit pas de sanctionner, par ex à l’école, les règles actuelles
    Quand il y a une réforme ou une évolution, généralement il y a une (longue) période de tolérance où on accepte des variations.
    Une objection intéressante : cette proposition viserait à sexualiser les personnes, à faire une différenciation nette hommes/femmes
    et serait donc en contradiction avec des initiatives non genrées. C’est vrai, je pense qu’il serait intéressant d’envisager un "vrai" neutre
    Mais pas un faux neutre masculin, qui n’est qu’une arnaque pour dire que l’homme représente l’universel. La société évolue, la langue aussi.
    Autre objection : il y a +important, on s’en fout de ces histoires-là. Ce n’est pas parce qu’il y a plus important que ce n’est pas important
    J’ai peine à croire qu’on répète à des petites filles "le masculin l’emporte sur le féminin"et qu’elles limitent ça à une règle de grammaire
    Rien ne nous empêche de réfléchir à ces propositions d’écriture inclusive, tout en nous intéressant à autre chose,en menant d’autres combats
    Autre objection : c’est un délire de bourge qui n’intéresse pas les classes populaires et va juste leur compliquer la vie.
    D’abord, spontanément les enfants vont plutôt appliquer la règle de proximité et dire "la juge" (et accorder au féminin) que masculiniser
    Normal c’est plus logique :)
    Les personnes qui s’élèvent contre l’écriture inclusive au nom des classes populaires ne veulent pas simplifier l’orthographe
    Pourtant l’orthographe en français a été construite pour des raisons élitistes, pour qu’elle ne soit pas accessible à toutes et à tous.
    On a choisi les variantes les plus éloignées de l’écriture « des ignorants et des simples femmes », qui avaient très peu accès à l’éducation
    Parmi les différentes variantes orthographiques, l’Académie a toujours choisi la +difficile parce que +élitiste (pas la +logique)
    Donc, il faudrait faire preuve de cohérence. On veut bien la complexité quand on veut être snob, pas quand il s’agit des femmes...
    Ce qui compte pour que les classes populaires maîtrisent la langue, c’est un accès à l’éducation et à la culture égal pour toutes et tous.
    Ce n’est pas une histoire de féminisation ou non de la langue.
    Enfin, quand on voit la violence des réactions que le simple ajout d’un "e" peut susciter, on se dit que, si, c’est important d’y réfléchir.
    Une source rapide et quasi exhaustive, cet article du Monde (en 2012) par A. Chemin : https://www.lemonde.fr/culture/article/2012/01/14/genre-le-desaccord_1629145_3246.html
    L’entretien de M. Candea pour @RevueBallast : https://www.revue-ballast.fr/maria-candea-langage-politique ; à peu près tout E. Viennot : https://www.editions-ixe.fr/content/non-masculin-ne-lemporte-pas-feminin
    + le très bon livre de M. Candea, Y. Chevalier, S. Duverger, A.-M. Houdebine sous la direction de E. Viennot : https://www.editions-ixe.fr/catalogue/lacademie-contre-la-langue-francaise

    https://twitter.com/Laelia_Ve/status/924630632545832960

  • Monuments et musées français sous perfusion avec la poursuite de la crise sanitaire
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/12/23/monuments-et-musees-francais-sous-perfusion-avec-la-poursuite-de-la-crise-sa

    Depuis le début de la crise sanitaire, la vingtaine d’établissements publics patrimoniaux relevant du ministère de la culture sont parmi les plus en difficulté du secteur. Prisés par les touristes asiatiques ou anglo-saxons, les grands musées et monuments français ont vu leur nombre de visiteurs s’effondrer et ont toutes les difficultés à se redresser. « Les établissements patrimoniaux dont l’activité est façonnée par le tourisme étranger ne devraient pas voir leur fréquentation repartir avant 2023 voire 2024 », reconnaît-on au cabinet de Roselyne Bachelot, la ministre de la culture.

    Après avoir perdu les trois quarts de ses entrées en 2020 (2 millions de visiteurs contre 8,2 millions un an plus tôt), le château de Versailles devrait finir 2021 avec une fréquentation encore en baisse de 75 % par rapport à 2019.

    • L’article est en #paywall mais le titre laisse penser que les musées et monuments sont en grande difficulté financière du fait de la chute du nombre de visiteurs et visiteuses.

      Ce n’est pourtant pas la billetterie qui paie les murs et les salaires dans le culturel public, ce sont les subventions qui font la grosse part des financement.

    • Oui, mais là c’est consacré plus spécifiquement aux très gros sites, qui font des millions d’entrées chaque année. Et pour le coup, même si oui le financement public est important, la vente est billets y représente une part pas négligeable du tout.

      Pour Versailles :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Établissement_public_du_château,_du_musée_et_du_domaine_national_de_Ve

      Selon le site officiel de l’EPV, le budget consolidé de cette institution s’élève à environ 100 millions d’euros par an. Ce budget comprend les ressources propres de l’établissement (en particulier la vente des billets, qui rapporte 43 à 45 millions d’euros par an), la subvention de l’État (25 millions d’euros en 2010), les ressources provenant de l’autofinancement et, enfin, le mécénat. Sur l’exercice 2008, le rapport annuel d’activité détaillé indiquait que les ressources du mécénat — provenant d’un peu plus de cinquante mécènes — s’élevaient à 16 200 000 euros.

      Comme tu vois, si tu fais disparaître 75% des visites, ça fait un très très très gros trou dans le budget…

  • Un concert annulé sous la pression de catholiques intégristes à Nantes
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/12/08/un-concert-annule-sous-la-pression-de-catholiques-integristes-a-nantes_61051


    L’église Notre-Dame du Bon-Port, à Nantes, en juin 2014.
    JEAN-SÉBASTIEN ÉVRARD / AFP

    Un petit groupe de radicaux a bloqué l’entrée d’une église, à Nantes, où devait se tenir mardi soir un concert programmé par le Lieu unique. Les organisateurs et plusieurs élus de la ville dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

    La musicienne suédoise Anna von Hausswolff devait se produire dans une église de Nantes, mardi 7 décembre au soir, mais un groupe de catholiques intégristes l’en a empêchée. Jugeant sa musique « sataniste », ces derniers se sont cadenassés dans l’église Notre-Dame du Bon-Port, bloquant ainsi l’accès aux spectateurs.

  • #metoothéâtre : « Prendre la parole représente le risque d’être blacklistée »
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/12/01/metootheatre-prendre-la-parole-represente-le-risque-d-etre-blacklistee_61042
    Des directrices de scènes publiques expriment leur vision du mouvement, dans un secteur particulièrement fermé et fragile économiquement.

    Jeudi 7 octobre naissait le mouvement #metoothéâtre, à l’initiative de la blogueuse Marie Coquille-Chambel, animatrice d’une chaîne YouTube sur le théâtre. En juin 2020, la jeune femme avait porté plainte contre Nâzim Boudjenah, un acteur de la Comédie-Française, pour violences et menaces de mort. En juin, le comédien a été condamné pour les menaces de mort, mais relaxé pour les faits de violence. Début octobre, en lançant #metoothéâtre, Marie Coquille-Chambel l’a également accusé de viol. Nâzim Boudjenah reste, à ce jour, membre de la troupe de la Comédie-Française, mais n’est distribué dans aucun spectacle cette saison.

    Il aura fallu quatre ans, après le lancement de #metoocinéma, pour qu’apparaisse le même type de mouvement de libération de la parole sur les violences sexistes et sexuelles dans le domaine du spectacle vivant, où, selon les signataires d’une tribune parue dans Libération, le 13 octobre, la peur et le secret seraient la règle. Plus encore, peut-être, que dans d’autres secteurs, dans ce milieu plus fragile, moins sous les feux des projecteurs que le cinéma.
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    Presque deux mois après le lancement du mouvement, la parole des victimes, notamment celles d’actes graves, semble encore largement tue. Une polémique s’est nouée autour de la décision de Wajdi Mouawad, le directeur du Théâtre national de la Colline, à Paris, de confier la musique de sa dernière création, Mère, à Bertrand Cantat, et de maintenir dans sa programmation un spectacle signé par Jean-Pierre Baro, visé par une plainte pour viol classée sans suite en 2019.
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    Toutes solidaires

    Contesté sur ces choix, Wajdi Mouawad a répondu par un texte au rasoir, publié par Sceneweb, le 19 octobre, et titré « Je refuse de me substituer à la justice », qui n’a pas contribué à apaiser le climat. Un mois plus tard, le 19 novembre, un groupe d’activistes tentait de bloquer la première de son spectacle. Le collectif #metoothéâtre a eu beau préciser qu’il n’avait « jamais appelé à se rassembler devant La Colline » et n’était donc pas « organisateur de l’action du 19 novembre menée par des militant(e)s engagé(e)s dans la lutte contre les féminicides et la libération de la parole autour des violences sexistes et sexuelles », l’amalgame était fait.
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    Dans ce climat sous tension, nous avons voulu savoir quel regard les directrices de théâtre – centres dramatiques nationaux, scènes nationales, théâtres municipaux – portaient sur le mouvement et sur un paysage artistique difficile à appréhender. Les violences sexistes et sexuelles sont-elles systémiques dans ce milieu ? Existe-t-il vraiment une omerta ? Le mouvement est-il trop radical ? Les conditions sont-elles réunies pour que la parole des victimes soit écoutée ?

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  • Dans le monde du cinéma, quatre ans après #metoo, le lent et sinueux chemin vers plus de parité
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/11/15/dans-le-monde-du-cinema-quatre-ans-apres-metoo-le-lent-et-sinueux-chemin-ver

    Seuls 25 % des films réalisés en 2020 en France l’ont été par des femmes, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée, qui publie le 16 novembre son bilan des mesures instaurées pour plus d’égalité sur les plateaux.

    Les premiers frémissements d’un changement se sont fait sentir au printemps. Le 4 mai, aux Etats-Unis, la réalisatrice Chloé Zhao remporte l’Oscar de la meilleure réalisatrice, pour Nomadland. Deux mois plus tard, Julia Ducournau devient la deuxième femme à décrocher la Palme d’or à Cannes, avec Titane – en 1993, Jane Campion l’avait obtenue ex aequo avec Chen Kaige. Début septembre, la Française Audrey Diwan reçoit le Lion d’or à la Mostra de Venise, pour son film L’Evénement, adaptation du roman d’Annie Ernaux sur l’avortement.

    Quatre ans après #metoo, le cinéma aurait-il amorcé sa mue vers davantage de reconnaissance des femmes ? Alors que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) devait publier un bilan, le 16 novembre, des mesures prises en faveur de la parité depuis 2019, et dont Le Monde a eu connaissance, les acteurs du secteur évoquent un changement certain de mentalité, autant que des résistances farouches.

    Les chiffres en attestent. Selon le bilan 2020 du CNC publié en juin, seuls 25 % des 190 films réalisés ou coréalisés en 2020, l’étaient par des femmes. En 2017, avant #metoo, ce chiffre s’élevait à 23 %. « En sociologie, tout groupe en dessous des 30 % est considéré comme invisibilisé », rappelle Sandrine Brauer, productrice de cinéma indépendante et cofondatrice du Collectif 50/50, dont l’un des leitmotivs est de « compter les femmes pour qu’elles comptent ». Seule Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, a suivi les recommandations du collectif, en instaurant un quota minimal de 30 % d’œuvres audiovisuelles réalisées par des femmes au sein du service public.

    « Nous n’avons jamais autant parlé d’invisibilisation des femmes, mais les chiffres montrent que la situation stagne quand aucune mesure n’est prise », poursuit la productrice, dont le collectif a notamment lancé « un annuaire en faveur de la diversité et de la parité », qui regroupe plus de 700 professionnels.

    #paywall #metoo #discrimination #invisibilisation #femmes #violences_sexuelles #domination_masculine

  • Le chanteur belge Julos Beaucarne est mort
    https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/09/19/le-chanteur-belge-julos-beaucarne-est-mort_6095230_3246.html

    « C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion. (…) Le monde est une triste boutique, les cœurs purs doivent se mettre ensemble pour l’embellir, il faut reboiser l’âme humaine. Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage »

    tristesse...

    #chanson #musique #poésie #julos_beaucarne

    • En pleine promotion pour la sortie de son nouveau film France, le metteur en scène plusieurs fois récompensé à Cannes a exprimé son profond mépris pour le groupe télévisuel public au micro d’Europe 1.

      « Ils sont aseptisés, bien-pensants, bienséants. Je ne supporte pas cette espèce de ton, cette espèce de représentation des choses très puritaine, très morale. » Bruno Dumont n’a pas mâché ces mots au sujet de #France_Télévisions dans l’émission de radio, « Culture médias ».

    • Bruno Dumont, réalisateur de « France » : « J’ai appuyé fort pour y voir plus clair »

      Le cinéaste, dont le film cruel contre l’information-spectacle et le journalisme était en compétition au Festival de Cannes, réagit aux critiques parfois sévères qu’il a suscitées.

      France est le onzième long-métrage de Bruno Dumont. Présentée en compétition en juillet au Festival de Cannes, cette charge cruelle, contre l’information-spectacle et le journalisme, a divisé la critique. Le cinéaste dit qu’il comprend que son film, qui mélange mélo et tragique, romanesque et comédie, l’amour et la mort, ait pu désarçonner.

      Vous clouez au pilori dans ce film l’obscénité d’une époque dominée et abêtie par le système de l’information-spectacle et la culture du clash. Concevez-vous votre film comme une satire ?

      France est une franche satire de l’information-spectacle où, sous ce ridicule, bien appuyé en surface, perce une quête tragique et romantique de nous-mêmes dans ce monde numérique hypertrophié dans lequel beaucoup perdent naturellement les pédales. Le film y mélange tout à tour de bras le mélo, le tragique, le romanesque, la comédie, le sentimentalisme outré, le film français, le grotesque, la mort, l’amour, pour représenter ce que nous sommes devenus : des déséquilibrés ! J’ai appuyé fort, pour y voir plus clair !

      C’est donc un film enlevé qui – à ce régime artistique forcené – fait autant froid dans le dos que rire à s’en tenir les côtes et pleurer. Notre époque est abêtie par le filtre d’écrans où sévit une nouvelle pensée quasi démente, par sa simplification, sa disproportion et sa moralisation de tout. Les héros de France sont comme ça, aplatis !

      Le genre du film n’est pourtant pas si facile à définir…

      Il relève à la fois du mélodrame, genre « roman-photo » à l’eau de rose, et de la tragédie grecque. France se débat dans un monde aliéné dont elle est la vedette et, pourtant, regimbe comme une vraie héroïne de cinéma, mais cette fois-ci très humaine, petite, pleine de ses vicissitudes, de sa grâce et de ses turpitudes.

      Et comme c’est bête, France, ça tourne en rond et c’est pareil à une danse, un boléro : ça tourne, ça se développe, mais ça se répète, ça ressasse, ça énerve ! Ravel disait lui-même du thème de son Boléro : « Je sais bien que c’est nul, mais il fallait le trouver quand même ! » Ici, c’est à peu près pareil. C’est nul, mais à répéter avec insistance, ça commence à prendre tournure, non ?

      Les premières réactions de la presse au festival de Cannes ont témoigné d’un rejet du film. Un de vos précédents films, « Ma Loute », qui fut plus apprécié, ne parlait pourtant pas d’autre chose : l’aveuglement des élites devant l’injustice et la souffrance dont elles sont la cause. Comment expliquez-vous cette différence d’accueil ?

      Ma Loute se passait loin, au début du XXe siècle, dans la villégiature bourgeoise de l’élite industrielle provinciale. C’était poétique. C’était tranquille. On allait facilement dans le métaphorique. C’était bête aussi, mais on était tenu à distance. Avec France, on est tout près, on a le nez dans le contemporain.

      Dans du stuc pourtant, mais dans du naturel aussi, alors on ne sait plus très bien où on est, on s’y croirait même parfois, alors difficile de faire le malin. Parce que la presse, cette fois-ci, c’est elle qui a les honneurs de la satire ! Alors, oui, le film aurait été hué à la projection de presse. Il faut dire que beaucoup de journalistes en prennent pour leur grade. C’est parfois à la louche ! Mais la satire réclame son dû.

      Le film montre d’entrée la manière dont la presse peut arranger le réel comme bon lui semble. La fiction rôde dans l’information-spectacle, parce que les images et les sons font naturellement d’abord ce qu’ils savent faire : du cinéma – de la fiction – et c’est déjà le monde à l’envers. D’où la haine résiduelle des gens, leur haine du journaliste pour la fiction qu’il renvoie du réel ! Une journaliste d’une TV allemande, lors des inondations de juillet, ne s’est-elle pas mis de la boue sur elle pour faire genre, comme si elle avait aidé les sinistrés, et nous raconter des salades et tout bidonner ? Du France toute crue, non ?

      Le journalisme ne se résume pourtant pas à ces travers…

      C’est pourquoi il ne se borne pas à la seule satire d’une profession de spectacle en perdition, et creuse dans l’âme humaine. Ces héros de l’information sont, au fond, tragiques. Nombre d’entre eux lâchent prise et s’anéantissent. D’autres pas.

      A bien y regarder, le film ne désespère pas d’une profession décriée, fort diverse au demeurant, bien capable de se relever de ses travers et dont France va être paradoxalement l’héroïne. Alors, dans son bouillon, la satire se poétise, elle s’évapore, elle se romance ! J’ai toujours cherché à glorifier humainement mes héros. Si petits soient-ils, je filme leurs sursauts, toujours !

      Pourquoi ce nom, « France » ? N’avez-vous pas eu peur de charger un peu la barque ?

      La Vie de Jésus, déjà, ne fut-elle pas, à cette bascule, la vie d’un homme bien ordinaire ? France, c’est aussi la France, mais dans le rayonnement ! Quand on entend dire à la journaliste en visite « Madame France, on est tellement content de vous voir, chez nous » : ça fait quelque chose, non ? Au fond, selon moi, ce n’est même plus une femme, France. Ni même une journaliste. C’est un ectoplasme cinématographique qui sonde le temps présent où nous sommes.

      Léa Seydoux n’a jamais été aussi magnifiquement filmée. Vous la transformez, entre le kitsch et la rédemption, en une icône de notre temps. Quels ont été vos partis pris formels pour y parvenir ?

      C’est le tour de force que le film devait réussir à représenter sous un régime si théâtral : la transformation continuelle d’une anti-héroïne en héroïne. Si Léa Seydoux est pitoyable et bouleversante, c’est réussi ! Tout l’enjeu du film était là. Cette ligature si humaine et dont Hugo avait fait de Jean Valjean Monsieur Madeleine.

      France, c’est un boléro, et c’est Madeleine. Il fallait que Léa Seydoux soit éblouissante pour sortir France de là où elle était et, surtout, pour en être, de ce barnum de l’information-fiction. Et c’est toute notre vie qui est dans ce dilemme : d’être ou pas, et toujours de tout ! Le cinéma, à transfigurer, nous aide tant à voir clair dans ce magma.

      Comment avez-vous obtenu, sur la foi d’un tel scénario, l’ouverture des portes de l’Elysée et de CNews ?

      On a demandé. Ils ont accepté. Plus facile de tourner à l’Elysée que près de chez moi dans les dunes de la Slack. J’imagine qu’ils doivent avoir le sens de l’humour, à l’Elysée. C’est tellement un signe d’intelligence l’humour, l’ironie surtout. A l’Elysée je me suis senti direct chez moi. On a fait nos plans prévus sans encombre. CNews pareil. On fait du cinéma, vous savez, que du faux, on est des rigolos.

      Ne craignez-vous pas que la violence de votre peinture des élites corrobore un populisme d’autant plus simplificateur et irrationnel qu’il est instrumentalisé par des mouvements totalitaires ?

      Ces mouvements totalitaires n’attendent pas après moi pour avoir de l’eau à leur moulin ; ils viennent mécaniquement des peintures insipides et autres croûtes qu’on a faites des gens eux-mêmes, au cinéma et à la télévision, avec la presse qui va avec, depuis des décennies, et qui, à force, en aura bien décérébré des millions. Les « gilets jaunes » étaient rendus à moitié déments à force de visionner des images dégénérées.

      C’est l’asepsie générale de cette pensée numérique que diffuse l’information-spectacle des élites qui engendre et pond la pensée rance des vindicatifs. C’était au cinéma digne de ce nom d’instrumentaliser la pensée totalitaire pour la garder dans son théâtre et l’y transfigurer à l’éther de sa fiction. Sinon, tout file dans la rue. A tout divertir, tout le temps, on aura rendu les gens moins humains. Voilà tout.

      https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/08/25/bruno-dumont-j-ai-appuye-fort-pour-y-voir-plus-clair_6092272_3246.html

      #blabla