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  • La plateforme des impôts victime d’une cyberattaque
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/13/la-plateforme-des-impots-victime-d-une-cyberattaque_6745830_4408996.html

    D’après le site spécialisé Fuites Infos, qui a révélé l’information, selon BFM-TV, la revendication de l’attaque affirme que celle-ci a permis aux auteurs de collecter l’identité des usagers concernés (nom complet, date et lieu de naissance, adresse postale, adresse e-mail, numéro de téléphone), leurs identifiants fiscaux, numéro de Siren pour les professionnels, leur situation familiale, l’historique des échanges avec les services fiscaux ou encore le montant de leurs impôts. D’après la même source, la revendication porterait sur des « dizaines de millions » de contribuables.

    L’ANTS, Bloctel, France travail et puis ça, on voit bien qu’il faut déléguer à des prestataires privés, non ?

    • On a l’impression qu’avec les IA la sécurité informatique est un fantasme. Ces grosses infrastructures centralisées sont hypervulnérables, ou bien cela deviendra extrêmement peu ergonomique, comme les sites des banques qui te demandent douze mots de passe, double vérification. C’est peut être là sécurité mais ça exclut complètement les personnes âgées, les pas doués informatiques, etc.

    • Filer au privé l’impôt, les pièces d’identité, le chômage, ils le feront pas. Faisant mine de gouverner, bien évidemment je galégeais. Même de leur point de vue, faire Docotolib partout est impossible.

      Mais quand même, il n’y a plus de voie de fuite, sauf pour nos données, allégrement collectées.

    • Fuite Piratage d’impots.gouv : « Les réductions des dépenses publiques conduisent aussi à plus de vols de données fiscales »
      https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/piratage-dimpotsgouv-les-reductions-des-depenses-publiques-conduisent-aus

      Après l’attaque du portail du fisc fin juin, le syndicat Solidaires finances publiques s’agace de la réaction « tardive » de Bercy. Il déplore une priorisation des investissements vers le déploiement de l’IA. De son côté, la DGFIP dit avoir fait face à une attaque « sophistiquée ».

      « Cette nouvelle attaque n’a rien d’étonnant », s’agace Sandra Demarcq, secrétaire générale du syndicat Solidaires finances publiques. Fin juin, le portail du fisc, impots.gouv.fr, a été victime d’un piratage informatique et d’une fuite de données de contribuables particuliers et professionnels. Un vol officialisé par Bercy seulement jeudi 13 août, dans un succinct communiqué, une fois confronté à la revendication du hackeur, mercredi 12 août, et à la publication d’articles de presse sur le sujet. Le ministère a précisé, vendredi 14 août, que les données extraites concernaient 678 000 comptes particuliers et professionnels confondus.

      Le syndicat majoritaire de l’administration avait pourtant donné l’alerte dès le 18 juin, en interpellant par courrier la patronne de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), Amélie Verdier, au sujet d’une « mise en vente sur le darkweb, le 12 juin, de données concernant le portail France services », réseau des services administratifs. Parmi ces données, « potentiellement » celles d’agents de la DGFIP dont l’obtention par un cybercriminel pourrait « faciliter des tentatives de piratage, d’usurpation d’identité ou d’hameçonnage ciblé » pour accéder au système d’information du fisc.

      https://justpaste.it/gyr3c

  • Pour les hommes, des complexes qui font mâle : « Si j’avais eu un physique avantageux, j’aurais peut-être tenté plus de choses » – Libération
    https://www.liberation.fr/lifestyle/beaute/pour-les-hommes-des-complexes-qui-font-male-si-javais-eu-un-physique-avan

    Trop de poils ou de ventre, pas assez de pecs… Selon une étude Ifop, un homme sur deux se trouve « trop gros ». Un manque de confiance en soi renforcé par les réseaux et le porno, similaire à ce que vivent les femmes, incitant certains à s’éloigner d’un métier ou d’une relation.

    [...]

    Dans Déconstruire la crise de la masculinité paru en 2004, la psychologue et chercheuse Pascale Molinier explique que la valeur des deux genres s’est longtemps calculée différemment : « Les hommes sont reconnus comme des hommes par ce qu’ils font, tandis que les femmes sont reconnues comme des femmes pour ce qu’elles sont. » Concrètement, les femmes étaient – et le sont toujours – scrutées pour leur tenue, leur façon de se tenir, de parler, « ainsi que [pour] une constellation de qualités psychiques relationnelles (empathie, disponibilité aux autres, etc.) », ajoute la chercheuse. A contrario, les hommes sont jugés selon leur travail, leur statut social. Sauf que voilà, aujourd’hui, « l’idéal de réussite promis est totalement inaccessible. La société ne propose à beaucoup d’hommes que de la précarité : la sculpture de leur corps est la seule chose sur laquelle ils pensent avoir la maîtrise », nous explique la philosophe Olivia Gazalé, autrice du Mythe de la virilité.

    https://justpaste.it/faslu

    #masculin #virilité

  • Le Quai d’Orsay supprime en douce une vidéo aux relents racistes

    https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54578-le-quai-d-orsay-supprime-en-douce-une-video-aux-relents-racis

    Une vidéo ambiance « Tintin au Congo », mise en ligne par l’ambassade de France à Brazzaville, a discrètement été retirée d’Instagram sur demande du ministère des Affaires étrangères. Un dérapage lié, selon des diplomates, à la pression de Jean-Noël Barrot pour communiquer à tout va avec un « humour décalé ».

    https://www.youtube.com/watch?v=3aitehChhZc

    Accès libre chez Libé  : https://www.liberation.fr/societe/le-quai-dorsay-retire-une-video-raciste-publiee-par-lambassade-de-france-

  • Sa7ten (parfois Sa7tein), c’est la translittération extrêmement courante de صحتين (littéralement « deux santé », pour « bon appétit ») en « arabizi » : la translittération devenue extrêmement populaire pour écrire de l’arabe en alphabet latin sur téléphones portables, certains caractères adoptant un chiffre ressemblant à un caractère arabe n’ayant pas d’équivalent dans l’alphabet latin : ح (ḥāʾ) devient « 7 », ع (ʿayn) devient « 3 », et ء (hamza) devient « 2 ».

    https://albilanguage.com/about-sa7tein

    Sa7tein literally means “two healths” and you will hear this said whenever and wherever food is being enjoyed. Your hosts may say it to you before beginning the meal and you can also say it to someone in the middle of eating when you approach them. The response is 3a 2albak! (when said to a man) 3a 2albik! (to a woman) 3a 2albkon! (to more than 1 person).

    La translittération standard (antérieure) serait quelque chose comme ṣaḥtayn ou ṣaḥtēn, mais essaie un peu de saisir « ḥ » avec le clavier de ton vieux Nokia.

    • Pour mémoire : parce que selon le Crif :
      https://www.leparisien.fr/societe/le-crif-demande-linterdiction-dune-marque-de-vetements-en-laccusant-de-fa

      L’organisation affirme que l’écriture « Sa7ten » devrait se lire « Sa 7 ten », soit « samedi 7 » et « ten » pour « October », y voyant un lien direct avec le 7 octobre.

      (Et apparemment, en France, on n’a pas assez de locuteurs arabophones dans la presse pour vérifier d’où vient « Sa7ten »).

    • Le Crif recycle plusieurs mois après la campagne lancée par Sword of Salomon et Bob Hasbara contre Gallagher Fenwick.

      [CheckNews] Pourquoi le journaliste Gallagher Fenwick est-il la cible d’un raid numérique déclenché par deux militants pro-israéliens ? [article du 14 avril 2026]
      https://www.liberation.fr/checknews/pourquoi-le-journaliste-gallagher-fenwick-est-il-la-cible-dun-raid-numeri

      L’autre partie des attaques contre Gallagher Fenwick vise directement la fille du journaliste, accusée d’être liée à une marque de vêtements supposément pro-Hamas. Auprès de CheckNews, Me Morel dénonce une stratégie de doxxing. « Ces accusations n’ont aucun lien avec le travail de Gallagher Fenwick », fustige-t-il, ajoutant qu’« aucun tribunal n’a statué » sur les allégations visant l’association Sa7ten, dont il dénonce « les interprétations malveillantes » visant à présenter ce nom comme une référence au samedi 7 octobre 2023. Il ajoute que le journaliste « ne commentera pas les rumeurs visant sa famille » et « reste concentré sur son travail », tout en faisant confiance à la justice.

      […]

      A ses débuts, l’association Sa7ten, lancée en janvier 2024 à Paris par le cuisinier palestino-ukrainien Omar Radejko, organisait des dîners faisant la promotion de la culture palestinienne, ce qui explique le recours à cette expression courante pour souhaiter un bon appétit. Il existe d’ailleurs, à travers le monde, de nombreux restaurants empruntant ce nom. L’association a depuis organisé des expositions à Paris, Londres et Berlin mais aussi des soirées festives pour récolter des dons pour aider la population de Gaza.

      […]

      Interrogé sur le recours à ce symbole, Hussein Amri assure qu’il ne s’agit pas d’une référence à des groupes armés, mais que « pour Sa7ten, le triangle est une référence pacifique au drapeau palestinien, dont il est un symbole national de longue date. Son utilisation symbolise l’identité culturelle et la solidarité, et non un soutien à la violence ou à un quelconque groupe armé. Des affirmations similaires ont été formulées concernant d’autres symboles palestiniens, tels que la pastèque, ce qui témoigne d’une tendance plus large à présenter les expressions culturelles comme de l’extrémisme. »

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Conversations ambiguës avec des mineures, banalisation du racisme et du sexisme, management toxique : l’animateur Guillaume Pley épinglé par « les Inrocks » – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/medias/conversations-ambigues-avec-des-mineures-banalisation-du-racisme-et-du-se

    Que se cache-t-il derrière les milliards de vues réalisées par la chaîne YouTube Legend ? Dans une enquête publiée ce mercredi 5 août, les Inrockuptibles révèlent de nombreux témoignages dénonçant les comportements du directeur de publication et animateur du média valorisé à hauteur de 70 millions d’euros, Guillaume Pley. Ce dernier est accusé d’entretenir une ambiance de travail toxique dans la rédaction et d’y banaliser les propos racistes et sexistes, mais aussi d’avoir eu de nombreux échanges tendancieux avec plusieurs fans alors qu’elles étaient mineures. Contactés par Libération, ni Guillaume Pley ni les équipes de Legend n’ont répondu à nos sollicitations.

    Avant le succès stratosphérique du média fondé en 2023 qui propose de nombreuses interviews longues et complaisantes de politiques, chefs d’entreprise ou encore de sportifs, Guillaume Pley, 41 ans, était déjà un visage bien connu du paysage médiatique français. Entre 2011 et 2018, il animait sur NRJ sa propre émission, Guillaume Radio 2.0, dans laquelle il multipliait les canulars téléphoniques. C’est à cette période que trois femmes ont témoigné anonymement auprès des Inrocks avoir fréquenté l’animateur.
    « Je pense qu’on aura très envie de s’embrasser »

    L’une d’entre elles, appelée Louise dans l’article, assure avoir rencontré Guillaume Pley « une cinquantaine de fois » entre ses 14 et 17 ans. Ces entrevues ont lieu la plupart du temps devant les locaux de NRJ, où l’animateur encourage régulièrement ses fans à venir le rencontrer, selon un ancien membre de son équipe. La relation entre l’homme de 29 ans et l’adolescente de 16 ans s’intensifie par messages sur différents réseaux sociaux : sur les captures d’écran de leurs conversations, publiées par les Inrocks, Guillaume Pley l’appelle « baby », lui envoie des messages tels que « trop mignonne ta dernière photo Instagram » ou encore « De plus en plus jolie toi ! » Il est pourtant au courant de son âge : lorsqu’elle lui écrit « dans un mois, j’ai 17 ans », il répond « et surtout dans un an 18 :) »

    Une autre femme témoigne de comportements similaires de l’animateur lorsqu’elle avait 14 ans, et affirme que Guillaume Pley « recherchait le tactile » lorsqu’ils se voyaient après l’émission. Juste après sa majorité, il aurait « essayé de passer à la vitesse supérieure » en lui proposant une sortie au restaurant, et lui aurait écrit : « Je pense qu’on aura très envie de s’embrasser. » La jeune fille refuse et les messages cessent, ce qui lui fait comprendre que « rien dans nos échanges toutes ces années n’était OK ». Une troisième, 19 ans au moment des faits, affirme qu’il lui aurait posé la main sur la cuisse sans son consentement alors qu’elle était en stage dans son émission, en plus de lui demander d’avoir des échanges à caractère sexuel avec des inconnus pour les piéger ensuite à l’antenne.
    Se faire « Guillaume-tinner »

    Les témoignages recueillis par les Inrocks brossent également le tableau d’un manager brutal. Plusieurs témoins rapportent l’existence d’un tableau affiché au milieu de l’open space de Legend, où il était inscrit : « Qui sera le plus raciste ? » encourageant une compétition dans les blagues avec un système de points. Une ancienne employée raconte avoir été directement ciblée par des propos colonialistes par un collègue, qui la surnommait « Tching tchong » ou « petit dragon ». Des réflexions dont Guillaume Pley aurait été témoin sans jamais avoir demandé au mis en cause d’arrêter, selon son récit.

    La pression au sein de la rédaction est décrite comme extrême. Des messages envoyés par Guillaume Pley « à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit », « des semaines de soixante heures » avec parfois des nuits blanches pour terminer un montage, « pas d’horaires ». Un rythme dont les conséquences se font sentir sur la santé des équipes : « des pertes de poids impressionnantes, des arrêts maladies en cascade, des burn-outs », énumère une ancienne employée de Legend. Les sautes d’humeur de l’animateur sont monnaie courante et donnent lieu à des scènes d’humiliation, selon les témoignages, au point où « les stagiaires avaient même inventé une expression : s’ils faisaient quelque chose qui lui déplaisait, ils se feraient “Guillaume-tinner” », raconte un ancien de NRJ.

    Lundi 3 août, deux jours avant la publication de cette enquête, le youtubeur toulousain TPZ avait publié sur la plateforme une vidéo de plus d’une heure dans laquelle il décortiquait les dessous de Legend et faisait témoigner des fans ayant échangé avec Guillaume Pley alors qu’elles étaient mineures.

    Le lendemain, la vidéo est retirée, pour une question de droits d’auteur, à la demande de Romain Lanéry, membre de l’agence Influx qui représente plusieurs influenceurs, dont Guillaume Pley. Dans les images du youtubeur toulousain, figure un extrait de quinze secondes d’une interview réalisée par Romain Lanéry. Mais ce mercredi 5 août, ce dernier a fait machine arrière, permettant à TPZ d’annoncer la sortie d’une nouvelle version de son enquête sur Guillaume Pley dans la soirée.

    • Guillaume Pley : clap de fin d’une LEGEND. - YouTube
      https://www.youtube.com/watch?v=ZYDUxQWcvB4

      L’enquête du jour sur Guillaume Pley, LEGEND et tout l’écosystème médiatique et financier autour s’est effectuée avec l’appui de journalistes, juristes, avocats, experte en publicité, Docteur en sociologie... et de Gaspard Cazin & Allan Simon à la co-écriture.

      De NRJ à LEGEND en passant par « Le QG », Guillaume Pley signe de grands succès en animant ses formats. Mais, s’y retrouvent aussi des échecs. Voyons ce qu’on à nous en dire des personnes qui ont croisé sa route.
      Dans cette vidéo, nous allons aussi en profiter pour parler de l’agence « /influx », fondée par Manuel Diaz, co-productrice de l’émission LEGEND et qui défend aussi les intérêts de : Léo Duff, Romain Lanéry, Océane, Ludoc, Laurent Baffie etc.

      🍿 Mon IG : TPZ_yt
      ✉️ Contact commercial : contact.tpz@gmail.com

      📌 Ma vidéo sur le lobby de la cigarette : • Puff vs Cigarette : Les dessous d’une guer...
      📌 Mon reportage insolite sur le sans-alcool : • Le business du sans alcool : ce que l’étiq...

      00:00 : Retour sur la suppression.
      04:56 : Posons les bases.
      06:38 : Comprendre l’EMPIRE derrière « tout ça » (influx, Trade Republic...)
      31:40 : Les tentatives de succès et la rupture avec Webedia
      45:05 : LEGEND, de A à Z.
      59:17 : Les nouveaux témoignages sur Guillaume Pley.

  • Comment « l’arc républicain » pave la voie de Marine Le Pen au pouvoir, par Michel Feher
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/comment-larc-republicain-pave-la-voie-de-marine-le-pen-au-pouvoir-par-mic

    Politique migratoire, retour des pesticides, présomption de légitime défense des policiers… La droite et le macronisme font tout pour que nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les éventuels premiers mois d’une présidence Le Pen, estime le philosophe.

    Du sommet de l’Etat aux formations centristes et conservatrices, le comité d’accueil est fin prêt et ne laisse rien au hasard. Loin de se borner à dédiaboliser le Rassemblement national, parti cofondé par des anciens Waffen-SS et un tortionnaire de la guerre d’Algérie, ses membres anticipent son arrivée au pouvoir et s’affairent pour que le passage de témoin s’effectue sans heurt. Mieux encore, le défi qu’ils se proposent de relever consiste à faire en sorte que nul ne décèle la différence entre l’avant et l’après.

    A défaut d’avoir fait reculer l’#extrême_droite, comme il l’avait promis au début de son premier mandat, Emmanuel Macron est parvenu à la rendre indiscernable de ce qui lui tenait naguère lieu de majorité. Pour qu’une formation politique jusque-là infréquentable cesse de détonner, ne suffit-il pas que d’autres épousent ses priorités et ses phobies ?

    Qu’on en juge : de la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre au grand retour des pesticides dans nos campagnes, en passant par le vote sur les « hubs de retour » au Parlement européen, tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN se sentent pleinement chez eux au sein de ce que leurs futurs compères de la droite et du centre appellent déjà l’« #arc_républicain ».

    Cerise sur le gâteau : Sébastien Lecornu, le discret et obligeant Premier ministre, fait actuellement diligence pour que des banques accordent à Marine Le Pen le prêt nécessaire au financement de sa future campagne, en dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Si les créanciers se montrent assez généreux, peut-être pourra-t-elle s’offrir un bracelet électronique assorti aux dorures de l’Elysée ?

    Du « Front » à l’« arc » républicain

    Il faut dire que la démarche entamée par le chef du gouvernement n’aurait pas été possible si la cour d’appel n’avait préparé le terrain en réduisant la peine d’inéligibilité de la députée européenne délinquante. Usant de l’argument, cher à Bruno Retailleau, selon lequel l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré », le juge s’était prononcé pour que les tribunaux n’abusent pas de leur indépendance en privant l’électorat lepéniste de sa candidate préférée. Bien que formellement maintenue, la séparation des pouvoirs ne devrait plus empêcher l’exécutif de renforcer ses prérogatives.

    Pour assurer la parfaite continuité de l’arc républicain, il importe encore de lever un obstacle rhétorique important. Car même si le président de la République l’a usée jusqu’à la corde, la litanie du « refus des extrêmes » demeure un élément structurant dans le discours des politiques qui briguent le monopole du raisonnable. Or, force est d’admettre que le renvoi dos à dos est une pratique discursive dont le RN est fondé à prendre ombrage : ne le range-t-il pas parmi les formations politiques que l’arc républicain a vocation à ostraciser ?

    L’urgence est donc de remiser le haro sur les extrêmes au bénéfice d’une union sacrée contre l’apologie du terrorisme. Celle-ci, on le sait, commence par l’usage du mot génocide pour décrire ce qui se passe à Gaza, mais peut rapidement s’étendre à la dénonciation des violences policières en France, voire à l’opposition aux mégabassines ou à un traitement autre que sécuritaire des incendies qui ravagent la Gironde, en cherchant par exemple à mettre l’accent sur l’arrestation d’éventuels pyromanes pour mieux occulter l’inaction de l’Etat en matière de prévention des feux. En contrepartie, et c’est bien normal, il appartiendra aux dirigeants lepénistes de renoncer à s’en prendre aux partis du système, comme ils avaient coutume de le faire à l’époque où le « front » républicain ne s’était pas encore mué en « arc ».

    D’où viendra la résistance

    Peut-on imaginer que le changement de régime en cours produise une vague de démissions parmi les salariés de la fonction publique ? Comparaison n’est pas raison, dit l’adage, mais on rappellera quand même qu’en 1940, les hauts fonctionnaires sont massivement restés à leur poste – pour servir la nation et nourrir leur famille, expliqueront-ils après la guerre. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui, alors que tout est fait pour qu’à l’exception des populations racisées et des obsédés de l’intangibilité de l’Etat de droit, nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les premiers mois d’une présidence Le Pen ?

    La transition sera même d’autant plus facile à opérer qu’à la différence des fondateurs du Front national, leurs héritiers ne rêvent ni à un Reich de mille ans ni à la restauration de l’Empire colonial français – et n’appellent même plus à rompre avec les institutions de Bruxelles. A l’instar de leurs futurs partenaires de la droite et du centre, leur seule ambition consiste à faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour épargnants de souche.

    Faute de retrouver leur lustre et leur vigueur d’antan, les pensionnaires y jouiront du privilège de vieillir ensemble, les yeux dans les rides, à l’abri des regards indiscrets. Une fois les frontières fermées et les services livrés aux fournisseurs privés d’intelligence artificielle, il ne leur restera qu’à attendre patiemment la fin, en regardant les flammes dévorer les forêts et en écoutant les jérémiades des derniers éditorialistes atrabilaires.

    Longtemps, arrogance, hypocrisie, lâcheté ont été les devises du macronisme. Toutefois, à mesure que l’échéance de 2027 approche, le temps semble venu pour un choc de simplification : #collaboration, collaboration, collaboration sont les nouveaux mots d’ordre. D’où viendra la résistance ? De la jeunesse au premier chef, même si l’actuel président de la République et le potentiel Premier ministre de Marine le Pen ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas d’être jeune pour ne pas être vieux.

    Mais surtout, la démographie de la France étant ce qu’elle est, les tranches d’âge les plus menacées par le programme de l’union des droites ne sont pas assez nombreuses pour conjurer l’arrivée au pouvoir de ses maîtres d’œuvre. Aussi faut-il espérer que le pays compte assez de parents résolus à préserver leurs enfants du destin funeste que les enquêtes d’opinions leur promettent.

    Michel Feher est l’auteur de : Producteurs et Parasites aux éditions la Découverte (2024).

  • Pour l’extrême droite, la subvention est un moyen de rétorsion pour que les artistes marchent au pas

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/contre-le-spectacle-vivant-une-offensive-ideologique-et-economique-202607

    Le secteur fait face à une offensive idéologique mais aussi économique. Et si, suggère le professeur Olivier #Neveux, on introduisait plutôt de la politique au cœur de la production, là où elle est déterminante ?

    • C’est là une des lois de l’art : on ne sait pas ce que l’on manque dans ce qui n’existera pas.

      L’offensive idéologique est jumelle de l’offensive économique ; elles sont sinon concertées du moins harmonieuses. L’extrême droite et l’extrême centre mènent nombre de campagnes d’intimidation. Ils ont le goût des annulations. La convergence des intérêts est flagrante. Il n’y a dès lors qu’une politique adéquate : faire disparaître tout désaccord voire toute pluralité. L’art doit marcher au pas, les artistes être aux ordres. La subvention devient un moyen de rétorsion. On appellerait cela la démocratie. Dans un monde réellement renversé, le faux est vrai.

    • La #politique est, en effet, partout, sauf là où elle est déterminante : au cœur de la #production. Il s’agit, il est vrai, d’une autre approche de la politique de l’art. Elle est conflictuelle. Elle parle certes de financement, mais pas seulement. Elle porte sur la façon dont on travaille et les raisons de le faire, sur les moyens et le temps, sur les richesses et leurs répartitions, sur le marché et ce qui doit y faire exception, sur les rapports sociaux et leurs transformations. Conséquente, elle pourrait soutenir une vision intransigeante du secteur public qui ne se laisserait pas happer par le « bon sens » et les habitudes du privé. En substance, elle demande : quoi appartient à qui ? A qui appartient la société ? Et le futur ? En 1935, à Paris, à l’occasion d’un congrès international d’écrivains antifascistes, #Brecht exhortait : « Camarades, parlons des rapports de propriété. » Mais il était trop tard.

  • « Une fois de plus, le travail a tué » : à Roissy, émotion et colère après la mort d’une salariée de l’aéroport – Libération
    https://www.liberation.fr/economie/social/une-fois-de-plus-le-travail-a-tue-a-roissy-emotion-et-colere-apres-la-mor

    « Une fois de plus, le travail a tué. Nous refusons de considérer cela comme une fatalité. » C’est la secrétaire générale de l’Union locale CGT de Sevran, Zohra Abdallah, qui a prononcé ce lundi 20 juillet ces mots de colère, depuis l’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle où plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées en hommage à Hafida, une salariée de 53 ans tuée la semaine dernière dans un accident du travail.

    #Le_travail_tue #Morte_au_travail #mort_au_travail

  • Lire n’est pas qu’une question de plaisir, c’est un instrument d’émancipation – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/lire-nest-pas-quune-question-de-plaisir-cest-un-instrument-demancipation-
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/2G5ER6MLNNHSVDKEGDPXGCFRNA.jpg?auth=d096785223e07e4a70648c8434cd3edc6d3cf

    L’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein témoigne de ce que la lecture lui a apporté : échapper à l’enfermement social, professionnel, intellectuel et moral. Rien de moins.

    Mentorat à la lecture dans une médiathèque de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). (Cha Gonzalez/Libération)
    ParJean-Claude Zylberstein
    avocat, journaliste et éditeur
    Publié le 11/07/2026 à 14h15

    Face au déclin de la lecture, je laisse à d’autres le soin de prodiguer aux pouvoirs publics les moyens propres à l’enrayer. Mais je déplore que l’on mette trop souvent en avant son aspect plaisir ou divertissement (à cet égard les écrans semblent bien avoir gagné la partie). La lecture a d’autres vertus, et des plus importantes.

    Aussi bien me suis-je senti incité à témoigner de ce qui m’a permis d’échapper à plusieurs formes d’enfermement : social, professionnel, intellectuel, et même moral, car cela tient en un seul mot : lire.

    Depuis des décennies, je cite volontiers une phrase de Jean Guéhenno gravée sur une plaque apposée dans une rue de Paris où il vécut : « Le livre est un instrument de liberté. »

    Longtemps, j’y ai vu une belle formule. Avec le recul, je mesure qu’elle décrit assez exactement ce que la lecture a représenté dans ma propre existence.

    Je ne suis pas né dans un milieu où les chemins étaient tracés d’avance. Rien ne me destinait particulièrement à devenir éditeur, puis avocat. Si j’ai pu accéder à des univers qui m’étaient étrangers, rencontrer des hommes et des femmes que je n’aurais jamais approchés autrement, comprendre des idées, des œuvres et des expériences qui dépassaient mon horizon premier, je le dois pour une large part aux livres.
    La lecture m’a permis de mieux me connaître moi-même

    La lecture ne m’a pas seulement instruit. Elle m’a permis d’habiter d’autres vies que la mienne et, ce faisant, pour reprendre le mot d’Italo Calvino, de mieux me connaître moi-même.

    Lire, c’est aussi apprendre à penser.

    Dans une époque dominée par l’immédiateté, l’image et la réaction instantanée, le livre impose un rythme différent. Il exige de l’attention, de la patience, parfois même un effort.

    Je ne méconnais nullement les ressources des écrans. Je les utilise comme tout le monde. Ils offrent un accès prodigieux à l’information.

    Mais l’information n’est pas la lecture.

    L’écran favorise souvent le passage rapide d’un sujet à l’autre ; le livre nous invite à demeurer auprès d’une pensée, d’un récit ou d’une démonstration.

    Les livres qui ont changé ma vie, nourri mon jugement ou enrichi mon imaginaire, je ne les ai pas consultés : je les ai lus.
    Dans une bibliothèque, à l’abri de tout

    A chaque fois que je suis entré dans une librairie ou une bibliothèque je me suis senti mieux que l’instant d’avant, à l’abri de tout : de la bêtise, de la laideur, de l’ignorance.

    Et puis la lecture est également une école de citoyenneté. Nos édiles l’ont-ils oublié ? Je ne veux pas croire qu’ils le taisent intentionnellement !

    Avant de devenir avocat, je croyais souvent vivre dans un monde dont je comprenais mal les règles. L’étude du droit m’a appris combien la liberté suppose la connaissance.

    Mais pour accéder au droit, encore faut-il pouvoir lire.

    Lire un texte, comprendre un raisonnement, distinguer un fait d’une opinion, une preuve d’une affirmation, voilà des compétences qui ne concernent pas seulement les études ou la culture ; elles concernent directement l’exercice de la citoyenneté.

    Une démocratie a besoin d’informations et donc de lecteurs, car pour connaître ses droits, il est bon d’avoir fait un peu de droit.

    La lecture n’est pas est un loisir parmi d’autres : c’est un instrument d’émancipation.

    Elle permet de franchir les frontières sociales. Elle donne accès à des expériences que nous ne vivrons jamais directement. Elle nous apprend à douter sans renoncer à juger, à comprendre sans nécessairement approuver.

    Elle nous prémunit contre les simplifications excessives et les certitudes prématurées.

    Les certitudes absolues sont souvent le privilège de ceux qui connaissent mal la réalité.
    Un enseignement de la complexité de nos vies et du monde

    La lecture nous enseigne précisément la complexité de nos vies et du monde qui nous entoure.

    J’irai plus loin : à l’heure où l’on s’interroge sur la santé publique, la cohésion sociale, l’isolement et les fractures culturelles, il est peut-être temps de considérer la lecture comme un enjeu dépassant largement le seul domaine de la culture.

    Lire enrichit le vocabulaire.

    Lire développe l’attention.

    Lire exerce la mémoire.

    Lire favorise l’empathie.

    Lire combat la solitude.

    Lire aide chacun à construire un dialogue intérieur.

    A sa manière, la lecture constitue aussi un instrument de santé publique.

    Je ne prétends pas que les livres rendent meilleurs.

    L’histoire fournit trop de contre-exemples pour qu’on puisse soutenir une telle thèse.

    Mais je demeure convaincu que la lecture est un instrument de réussite, personnelle d’abord, mais aussi professionnelle : je soutiens que dans un entretien d’embauche à compétence technique égale, c’est le bon lecteur qui l’emportera sur celui qui ne lit pas ou pas assez. J’avancerai même qu’elle peut améliorer notre vie affective et sentimentale !

    Et si je devais résumer en une phrase ce que les livres m’ont apporté tout au long de mon existence, je reviendrais à Jean Guéhenno : « Le livre est un instrument de liberté. »

    Il est même, peut-être, l’un des plus puissants que les sociétés démocratiques aient jamais inventés.

    #Lecture #Livre #Lire #Emancipation

  • Feux de forêt : « Tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, il faut s’atteler à la prévention », Arthur Guérin-Turcq
    https://www.liberation.fr/environnement/climat/feux-de-foret-tout-miser-sur-la-lutte-nest-plus-suffisant-il-faut-sattele
    https://www.liberation.fr/resizer/v2/IKHUYFDUMNBKXJS4Y6NDJSUWWY.jpg?auth=45f3a7cefd6b12a3a7cb5f77b523fb1c047c7

    Dans la forêt landaise, ravagée en 2022 [les incendies en Gironde ont détruit au total 30 000 hectares de végétation], les moyens de lutte ont évolué. Par exemple, les pompiers sont désormais formés à la technique du contre-feu, qui n’était pas utilisée auparavant. L’idée, c’est de déclencher un incendie volontairement pour en stopper un autre : lorsqu’ils se rencontrent, ils se dévorent mutuellement, ils « s’annulent ». C’est une pratique ancestrale, très connue et assez efficace. Le problème, c’est que cela suppose de sacrifier des zones qui ne sont pas encore touchées. Et en 2022, des propriétaires forestiers n’ont pas voulu qu’on le fasse sur leur parcelle.

    Mais ce nouveau régime d’incendie met surtout en lumière les limites des moyens de lutte actuels, comme le fait de larguer de l’eau par voie aérienne. On parle beaucoup de l’achat de nouveaux Canadair et de Dash [des avions bombardiers d’eau], mais lorsqu’il fait très chaud, l’eau s’évapore avant même de toucher le sol. Il y a aussi les obligations légales de #débroussaillement mises en place par une loi votée en 2023, un an après les incendies de Gironde. Elle impose aux habitants de zones à risque incendie de débroussailler 50 mètres autour de leur maison. Outre le coût que cela représente, il y a des personnes âgées en milieu rural qui ne peuvent pas forcément le faire, il y a des maisons secondaires, d’autres qui sont abandonnées… Et surtout, cela fait reposer toute la responsabilité sur les individus. Ça prouve que tout miser sur la lutte n’est plus suffisant, qu’il faut désormais s’atteler à la prévention. Et ça, c’est à l’Etat de le mettre en œuvre.

    Que voulez-vous dire par là ?

    C’est, pour moi, notre principale lacune face aux feux de forêt : l’absence d’une véritable politique de prévention. Prévenir, c’est réfléchir à un meilleur aménagement des territoires. Car on sait que les incendies vont se multiplier et que leur vitesse ne fait qu’augmenter. Pour limiter leur propagation, il faut tout simplement ne pas donner à manger au feu, donc ne pas lui donner de combustible. D’abord, il faut créer autour de chaque village une interface habitat-forêt, c’est-à-dire une zone tampon débroussaillée à l’échelle d’une commune plutôt que d’une maison, ce qui se fait déjà dans quelques villages du massif des Corbières. Ensuite, il faudrait créer et entretenir des coupures spatiales de plusieurs kilomètres dans les massifs. J’appelle ça la trame rouge : contrairement à la trame verte et bleue qui mise sur la continuité écologique, l’idée ici est de casser la continuité du combustible pour empêcher les feux de se propager rapidement sur tout un massif.

    Est-ce envisageable dans l’Aude et en Gironde ?

    Les Corbières, c’est un territoire en déprise avec de nombreuses friches, qui sont autant de combustible. Il faudrait inventer de nouvelles activités pour réinvestir ces lieux, comme le #pastoralisme, qui semble tout indiqué pour cette région de moyenne montagne.

    En forêt landaise, il est aussi très compliqué de faire passer cette idée parce que c’est un massif de production et de rente, entièrement organisé autour d’une monoculture forestière. Il faudrait donc couper pas mal de pins, et la filière bois le voit d’un très mauvais œil. Sauf que sans cet aménagement, toutes leurs parcelles risquent d’y passer. Potentiellement, cela pourrait surtout causer des morts dans les villages.

    Finalement, ce sont des choix politiques ?

    Totalement. Comme la canicule, le feu est aussi très politique. Les #incendies ne sont pas des événements naturels, extérieurs, qui viendraient percuter la tranquillité de nos sociétés : le feu est un produit de nos sociétés. Il n’intervient pas n’importe où, il ne se propage pas n’importe comment. Nos territoires sont complètement façonnés par nos choix politiques. Ce qui est, en soi, un petit peu rassurant, car cela signifie qu’on a la main pour les adapter et faire au mieux pour éviter le pire. Il faut donc mettre en œuvre une véritable planification écologique dès aujourd’hui avant que des drames ne surviennent.

    #débroussaillage

  • Avec la chute en Bourse de Space X, la crainte d’une bulle IA ressurgit
    https://www.liberation.fr/economie/avec-la-chute-en-bourse-de-space-x-la-crainte-dune-bulle-ia-ressurgit-202

    Onze jours à peine après sa spectaculaire introduction sur les marchés, l’action de l’entreprise spatiale d’Elon Musk dégringole. Les valeurs de la tech sont également malmenées.

    L’éclatement de la bulle, ça pourrait faire comme une sorte de courant d’air salvateur ?

  • Incinérateurs de plastiques : la fabrique d’une « fable écologique »
    https://www.liberation.fr/environnement/incinerateur-a-plastiques-la-fabrique-dune-fable-ecologique-20260611_CFY5

    Les industriels les appellent « chaufferies #CSR », pour combustible solide de récupération. Il s’agit en réalité d’#incinérateurs destinés à brûler les #plastiques non recyclés de nos poubelles jaunes, les restes de meubles en #bois vernis ou peints, des tonnes de #textiles broyés et de #déchets industriels. La chaleur issue de la combustion est récupérée pour alimenter une usine voisine ou un réseau de chauffage urbain. Un business à plusieurs milliards d’euros que les géants Veolia, Suez et Dalkia se disputent… Avec le soutien de la puissance publique. Ces installations bénéficient en effet d’une fiscalité très avantageuse et de centaines de millions d’euros de subventions publiques.

    A mesure que ces projets apparaissent au grand jour, des collectifs de citoyens, notamment des médecins, s’alarment des risques sanitaires et de l’inconséquence de les installer à quelques mètres d’habitations. L’association Zero Waste appelle à un moratoire alors que la France détient près d’un tiers des incinérateurs d’Europe (119 d’ordures ménagères, et 8 CSR), en capacité suffisante pour les déchets actuels. Pourquoi donc en construire de nouveaux alors que l’urgence écologique impose de changer nos modes de consommation ?

    [...]

    A les entendre, les déchets ne sont plus un problème, mais une solution : un combustible made in France. La loi pour la transition énergétique de 2015 a donné une assise légale à ces CSR, et mis le business sur les rails. Débuts timides jusqu’à la guerre en Ukraine, sept ans plus tard. Les tensions d’approvisionnement en gaz deviennent un tremplin inespéré pour la filière, l’argument en or pour convaincre, même avec un rendement énergétique limité.

    Veolia, Suez et Dalkia se positionnent sur ce nouveau marché, où l’on trouve aussi Paprec, Idex, Guyot environnement, Coriance ou encore la multinationale américaine Urbaser qui tente de chiper des parts du gâteau… particulièrement crémeux en cas de deal avec une collectivité : rentrées d’argent assurées pendant vingt-cinq ans.

    [...]

    L’avis du 29 avril, que Libération a consulté, établit l’ambiguïté comptable : « La libération massive et instantanée de ce carbone [liée à la combustion du bois] dans l’atmosphère crée une dette climatique immédiate qui ne pourra être compensée par la croissance forestière que sur un temps long (plusieurs décennies). » Un espoir pour les nombreuses luttes locales sur les projets de chaufferies CSR : « Pire encore que le bois. Vous ajoutez les #Pfas et tout un tas de polluants. Il faut une prise de conscience nationale. »

    A Strasbourg, Thomas Bourdrel, lui aussi médecin et à l’origine du collectif Air santé climat, se désole de l’absence de débat : « J’ai l’impression de revivre la promotion du diesel par les pouvoirs publics, avec cette capacité des politiques à fermer les yeux devant une réalité scientifique. » Son alerte remonte à 2019, lors de la mise en route de l’une des toutes premières chaufferies CSR dans un quartier populaire de Strasbourg. Depuis, selon une note de janvier 2026 de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, 44 projets sont à l’étude… En toute opacité : la liste de leur emplacement n’est pas publique et les riverains en apprennent l’existence très tardivement. Libération publie en exclusivité la carte d’une partie de ces incinérateurs nouvelle génération sur les rails.

    [...] « On crée des verrous économiques en misant sur un flux constant de déchets sur la durée. » Pauline Debrabandère, responsable plaidoyer de Zero Waste France, en est convaincue : « Les industriels n’ont aucun intérêt à une réduction de déchets, vu qu’ils gagnent de l’argent en les brûlant. »

    [...]

    La France est championne européenne du nombre d’incinérateurs, et… mauvaise élève en recyclage. Seuls 26% de nos emballages plastiques sont recyclés alors que l’objectif était d’atteindre 50 % en 2025. Résultat : 1,5 milliard d’euros de pénalités versées à l’Union européenne l’année dernière. « Je pense qu’il faut maintenant bouger », a réagi, penaud, Emmanuel Macron, exigeant l’ouverture d’une concertation en vue d’actions concrètes, « la consigne de bouteilles pourra en faire partie ». L’association Zero Waste pointe le peu d’argent public consacré à la prévention et au tri des déchets, qui est pourtant la première alternative pour éviter de multiplier les chaufferies CSR. Cela représentait 1 % du budget des collectivités locales en 2022, contre 39 % pour le traitement. La construction des incinérateurs représente des dizaines de millions d’euros et les contrats d’exploitation se chiffrent pour certains en milliards. Une fois en route, l’installation carbure jour et nuit, sept jours sur sept… pendant vingt-cinq ans en moyenne.

    Chaque four est dimensionné pour un tonnage précis, établi à l’avance dans le cahier des charges. 350 000 tonnes annuelles à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), 43 460 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), plus de 400 000 tonnes à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), selon des documents internes consultés par Libération. « Pour avoir la meilleure rentabilité, il faut alimenter en quantité constante », explique, sous couvert d’anonymat, un ingénieur un temps dans le business. Les fours fonctionnent même les jours de canicule, les préfets le savent : pendant la phase de démarrage, il y a toujours plusieurs heures sans aucune filtration des fumées.

    Pour s’assurer un « gisement » suffisant − c’est le terme utilisé −, les industriels voient loin. Ainsi dans sa délibération votée fin décembre, le Conseil de #Paris a validé la possibilité de ratisser dans un rayon de 300 kilomètres pour alimenter la chaufferie qu’il souhaite installer à Vitry-sur-Seine, à cinq kilomètres de la capitale.

    [...] Sur le sujet, les lignes politiques sont, pour le moins, floues. A Paris, le projet de chaudière CSR a été ficelé par Dan Lert, élu écologiste, et compte parmi ses opposants Mathilde Panot, député LFI du Val-de-Marne. Tandis qu’à Montpellier, René Revol, un proche du patron des Insoumis, soutient le projet du maire socialiste Michaël Delafosse…

    [...]

    Autre cas d’école : Comité 21, une association qui « accompagne les acteurs publics et privés pour faire converger les initiatives et construire des réponses collectives aux défis écologiques, sociaux et économiques ». Cette association est présidée par Antoine Pellion qui est aussi le directeur adjoint du groupe Idex, en charge de développer des centrales d’énergie à partir de CSR. Avant de rejoindre le groupe privé, Antoine Pellion était au cœur de l’appareil de l’Etat. Secrétaire général à la planification écologique entre 2022 et 2025, après avoir été conseiller environnement de Macron en début de premier mandat. Mieux : en 2014, il faisait partie du cabinet de la ministre de l’écologie Ségolène Royal au moment même où se tricotait la loi transition écologique qui donne un cadre légal aux chaufferies CSR. Mélange des genres ? Contacté, Antoine Pellion n’a pas donné suite.

    L’Etat soutient à fond la filière. C’est inscrit dans « la Stratégie nationale bas-carbone » et la programmation pluriannuelle de l’énergie 2026-2035 », rappelle-t-on chez Dalkia, « ravi » que Libération s’intéresse à cette filière en devenir.

    Les chaufferies CSR sont, de fait, boostées par des centaines de millions d’argent public. Entre 2016 et 2024, sept appels à projets ont ainsi été lancés par l’#Ademe, l’agence publique de la transition écologique. Soit 21 projets et 240 millions d’euros de subventions engagées. En 2023, 23 % du fonds économie circulaire (71 millions) a servi à soutenir des projets de chaufferies CSR, note la sénatrice Christine Lavarde (LR), membre de la commission des finances dans un récent rapport d’information. Qui s’étonne, au passage, que des sociétés du CAC40 et cabinets de conseil soient éligibles à cet argent public.

    Le robinet des subventions s’est refermé l’année dernière avec la crise budgétaire. Valérie Jouvin, cheffe du service de valorisation des déchets à l’Ademe, le regrette : « Nous n’avons plus de ligne budgétaire dédié. Mais nous continuons d’accompagner les projets en cours. » A Montpellier, François Vasquez, ancien élu en charge des déchets, enrage. « L’institution chargée de notre transition écologique finance des incinérateurs déguisés, et donne une caution morale aux élus. » Le nouveau maire de Lannemezan, Laurent Lages (sans étiquette), le formule ainsi : « Quand l’Ademe soutient, on a vite fait de penser que c’est un bon projet. » Quel que soit le lieu ? Dans l’analyse des dossiers, l’emplacement, et notamment la proximité avec des #écoles, des habitations ou un hôpital, n’entre pas dans les critères de l’Ademe. « Une réglementation existe, les services de la préfecture et la direction régionale de l’environnement (Dreal) mènent des études d’impact et délivrent les autorisations. Nous, on s’assure que les feux sont verts », répond Thierry Rolland, en charge d’accompagner la filière à l’Ademe.

    L’opportunité des CSR est-elle débattue en interne ? Thierry Rolland balaye : « Non. Les craintes des riverains sont entendables, mais il faut bien faire quelque chose de nos déchets non recyclés. Mieux vaut les brûler que les enfouir. » Pour Francis Finot, cette argumentation s’arrête en chemin : « La combustion ne fait pas tout disparaître. Elle crée des poussières très toxiques en partie captées par les filtres… qui sont ensuite enfouies. »

    Ce soutien public aux CSR pénalise, par ricochet, les solutions alternatives. « Vous avez beau proposer des solutions de recyclage, c’est compliqué de rivaliser. Les élus cherchent la solution la moins chère et la plus rapide », raconte, dépité, un entrepreneur du secteur, qui s’exprime sous anonymat de peur de se mettre des élus à dos.

    Dans ses pronostics optimistes, l’Ademe table sur 20 millions de tonnes de CSR potentiellement mobilisables en 2040, contre un million aujourd’hui. « Une partie pourrait partir à l’exportation », précise Roland Marion, directeur de l’économie circulaire, rappelant l’objectif fixé par le secrétariat à la planification écologique d’atteindre 4 millions d’ici 2030. Dans une note publiée au creux de l’été 2025 sur l’impact environnemental de la filière, l’agence admet que vu « que plus des 2/3 du potentiel de CSR est issu de déchets d’activités économiques et que la composition est fortement incertaine, il n’a pas été possible de définir une composition précise du CSR ». Ces déchets sont donc classés comme non dangereux sans en connaître la composition. A fortiori le cocktail des molécules porté à haute température. Amélie Boespflug, du collectif 3R, en reste sans voix : « Et cela ne questionne aucun responsable de ce pays ? »

  • La Cour des comptes dénonce l’emprise de l’enseignement catholique sur la formation des enseignants du privé
    https://www.liberation.fr/societe/education/la-cour-des-comptes-denonce-lemprise-de-lenseignement-catholique-sur-la-f

    Sur le papier, #Formiris est une structure autonome chargée d’organiser la #formation de ces enseignants. Dans les faits, un autre acteur apparaît partout dans son fonctionnement : le Secrétariat général de l’enseignement catholique, qui représente le secteur auprès des pouvoirs publics et porte ses orientations nationales, dont le représentant est nommé par la Conférence des évêques de France. Son empreinte est partout : dans les nominations, les grandes orientations, les arbitrages et la politique de formation. Au point que la Cour des comptes parle d’une « tutelle effective » du #Sgec sur Formiris et même d’une « subordination » de la fédération aux instances catholiques.

    Pourtant, le Sgec n’a rien à faire là-dedans. Pourquoi ? Parce que les enseignants du privé sous contrat ne sont pas des salariés de l’Eglise mais des agents publics exerçant dans des établissements associés à l’Etat par contrat.

    [...]

    Derrière cette bataille institutionnelle, il y a une question beaucoup plus concrète : où va l’argent ? La Cour des comptes constate que les organismes de formation du réseau catholique raflent à eux seuls près des trois quarts des formations financées par Formiris. Or plusieurs représentants de ces mêmes institutions participent aussi aux décisions de la fédération. Autrement dit, ceux qui bénéficient d’une large part des financements siègent aussi dans les instances qui contribuent à les orienter. Une proximité que les magistrats jugent suffisamment problématique pour recommander d’écarter des délibérations les structures susceptibles de bénéficier directement ou indirectement des marchés attribués.

    [...] les magistrats montrent que l’argent attribué pour former les enseignants est parfois utilisé pour financer des projets qui n’ont rien à voir avec cette mission. Le Sgec sait « user de sa position prépondérante » pour faire financer des actions qui « ne relèvent pas de la mission première de la fédération ».

    Où passe réellement l’argent ? Sur les 33,8 millions d’euros consacrés à la formation continue en 2024-2025, seuls 17,7 millions financent directement des actions de formation. Les frais de fonctionnement absorbent à eux seuls 11,9 millions d’euros, dont près de 9 millions de masse salariale. Les zones d’ombre ne s’arrêtent pas là. La Cour estime qu’il est aujourd’hui impossible de vérifier concrètement le respect du principe de parité entre enseignement public et privé sous contrat.

    Et les contenus des formations alors ? Les magistrats ne s’attardent pas dessus, mais tiquent sur certaines. Exemple, cette formation congréganiste comprenant une demi-journée intitulée « Le projet de Dieu pour l’homme », dont le financement sur fonds publics « pose question ». Là encore, les magistrats pointent les carences de l’Etat. Le ministère accorde encore « peu d’attention au contenu des formations dispensées », écrivent-ils. Autrement dit, il vérifie combien de formations sont organisées, mais beaucoup moins ce qui y est réellement enseigné. La Cour des comptes recommande donc un contrôle beaucoup plus étroit.

    #enseignement_privé

  • À #Paris, le mauvais méli-mélo du #préfet de police pour interdire un concert organisé par #LFI | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/180626/paris-le-mauvais-meli-melo-du-prefet-de-police-pour-interdire-un-concert-o
    #barbes
    dans la foulée d’un rassemblement « entre Barbès et la place de la #République »

    La #préfecture argue ensuite qu’elle ne peut assurer de manière certaine la sécurisation du lieu, puisque « les forces de sécurité intérieure seront particulièrement mobilisées » sur d’autres sites pendant la Fête de la musique. Elle rappelle les incidents qui avaient eu lieu le 21 juin 2025 à Châtelet-les-Halles, mais aussi les récentes « #exactions » lors de la finale de la Ligue des champions le 30 mai. Elle invoque par ailleurs le contexte « de menace terroriste aiguë ayant conduit au relèvement du plan Vigipirate ».

    Une démonstration qui a de quoi laisser perplexe : pourquoi dès lors autoriser #Spotify à organiser une soirée gratuite, et qui s’annonce massive, avec DJ sets et concerts place de la Bastille, à seulement quatre stations de métro ?

    Un arrêté « rempli de faussetés » pour #Médine
    Le troisième argument avancé par la préfecture est plus étonnant encore. Il concerne le profil des artistes prétendument invités à monter sur scène, à savoir les rappeurs Médine et #Soso_Maness. Au premier, elle reproche ses « #prises_de_position_controversées » et lui impute un « soutien sans équivoque » à Dieudonné et un tweet « jugé antisémite » – des accusations battues en brèche par le rappeur qui s’en est maintes fois expliqué. Au second, elle fait grief d’avoir scandé le slogan « tout le monde déteste la police » en marge d’un #concert de la Fête de L’Humanité.

    Mais problème : au-delà des raisons discutables invoquées par les autorités, aucun de ces artistes n’a en réalité été convié à monter sur scène par LFI, le 21 juin. S’il a un temps été envisagé comme possible intervenant, Soso Maness confirme à #Mediapart n’avoir pas été « prévu ».

    Également contacté, Médine dément lui aussi avoir été programmé, bien qu’il ait été tête d’affiche l’an passé et compte participer à la marche qui précède le concert. Il dénonce l’arrêté de la préfecture « rempli de faussetés [le] concernant ». La militante #Assa_Traoré, elle, est présentée par la préfecture de Paris comme devant monter sur scène place de la République, alors qu’elle doit seulement participer à la marche contre le #racisme avec le #Comité_Adama.

    lien avec l’actualité strasbourgeoise ?
    https://www.rue89strasbourg.com/strasbourg-lfi-phare-citadelle-meeting-soutien-palestine-390993

    • Ne pas confondre avec le concert pro-israélien qui, lui, semble avoir les faveurs du préfet.
      https://www.i24news.tv/fr/actu/vu-sur-i24news/artc-fete-de-la-musique-a-paris-israel-a-l-honneur

      À l’occasion de la Fête de la musique, l’association The Truth organise un événement inédit à Paris : une grande célébration de la musique israélienne sur la place Victor-Hugo, dans le 16e arrondissement.

      Invité sur i24NEWS, Alexandre François, vice-président de l’association, a présenté cette initiative comme un moment de rassemblement et de partage. « Dès qu’on parle d’Israël en France, c’est un acte de résistance », affirme-t-il. Un constat qui a poussé les organisateurs à mettre à l’honneur une culture qu’ils jugent trop souvent réduite aux seuls enjeux politiques.

      Au programme : artistes israéliens, chanteurs franco-israéliens et DJ venus faire découvrir la richesse et la diversité de la scène musicale israélienne. Parmi les invités figurent notamment Tal Vaknin, les interprètes de la comédie musicale Le Sel et le Miel, ainsi que plusieurs DJ populaires auprès du public israélien.

      […]

      L’événement, qui se déroulera de 17h à 21h, bénéficiera d’un important dispositif de sécurité mis en place en coordination avec les autorités françaises et le SPCJ. Une organisation désormais bien rodée puisque cette fête est organisée pour la troisième année consécutive.

    • Fête de la Musique : Tal Vaknin, réserviste et soutien de l’armée israélienne, monte sur scène à Paris
      https://www.aa.com.tr/fr/france/f%C3%AAte-de-la-musique-tal-vaknin-r%C3%A9serviste-et-soutien-de-l-arm%C3%A9e-isra%C3%A9lienne-monte-sur-sc%C3%A8ne-%C3%A0-paris/3971927

      Un concert de musique israélienne mettant à l’affiche le chanteur Tal Vaknin, réserviste actif ayant publiquement affiché son soutien à l’armée israélienne, soupçonnée de génocide à Gaza par plusieurs institutions internationales, est organisé place Victor Hugo à Paris.

      L’artiste, qui s’est fréquemment mis en scène en uniforme militaire, chantant des hymnes de soutien et des prières pour les troupes de Tsahal, va se produire dimanche lors d’un concert parrainé par l’association « The Truth », de 17h00 à 21h00 dans le cadre de la Fête de la Musique.

      Jeudi, un concert gratuit organisé par le mouvement la France Insoumise (LFI), programmé dimanche soir place de la République, avait été annulé par arrêté préfectoral.

      La préfecture a invoqué le risque de troubles à l’ordre public et la présence d’« invités controversés ».

      Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement LFI, avait réagi avec virulence, dénonçant un « scandale démocratique grave ».

      Il avait accusé le président du CRIF, Yonathan Arfi, et le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, d’avoir fait pression sur le préfet pour obtenir l’interdiction du concert LFI.

      Un recours en référé a été déposé en urgence contre l’arrêté devant le tribunal administratif.

    • Et finalement, La France insoumise obtient gain de cause. Le tribunal administratif a décidé, ce vendredi 19 juin, de suspendre l’interdiction émise par la préfecture de police de Paris concernant les concerts organisés par le mouvement mélenchoniste place de la République pour la Fête de la musique, avançant « qu’aucun des éléments produits par le préfet ne permettait de conforter [les risques de troubles à l’ordre public] ».

      https://www.liberation.fr/politique/fete-de-la-musique-le-tribunal-administratif-autorise-le-concert-de-lfi-a

    • Dans l’article de Libé signalé par MadMeg

      L’événement pensé dans le prolongement de « la marche contre le racisme et l’extrême droite » lancée par le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko – et qui, en début d’après-midi, s’élancera à Paris de Barbès pour descendre le boulevard Magenta – pourra donc bien se tenir dimanche.

      Dans un autre un peu plus tard.
      Bras de fer La Licra demande au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, de ne plus utiliser un logo ressemblant au sien
      https://www.liberation.fr/politique/la-licra-demande-au-maire-de-saint-denis-bally-bagayoko-de-ne-plus-utilis

      Un symbole similaire aux trois visages de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) est utilisé par la commune depuis 2024, avant l’élection du nouveau maire insoumis. Ce dernier critique le timing de la requête.

      https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/seine-saint-denis/la-licra-reclame-le-retrait-d-un-logo-de-saint-denis-semb

      La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme demande à la municipalité de Saint-Denis d’abandonner son identité visuelle aux trois visages, pointant un risque de confusion avec sa propre marque. Une démarche purement technique selon l’association, mais fermement contestée par le nouvel édile Bally Bagayoko, qui dénonce un calendrier suspect et un coût financier lourd pour la commune.

      La Licra qui reproche à Bally Bagayoko de copier sa marque. ça va me faire la journée. Je connais l’idéologie de la licra qui est moins nette que la nouvelle france du maire de 93 et de son compagnonnage.

  • Cotisations sociales des artistes : en plus de dix ans, 37 millions d’euros ont été encaissés… mais pas attribués
    https://www.liberation.fr/economie/cotisations-sociales-des-artistes-en-plus-de-dix-ans-37-millions-deuros-o

    C’est un nouveau scandale au sein des organismes de sécurité sociale des artistes : entre 2006 et 2019, des millions d’euros ont été dûment versés par les cotisants mais ne leur sont pas revenus. Certains ont même été prélevés deux fois et n’ont pas été remboursés.

    Si une personne peu franchir le pay wall je suis preneuse pour cet article svp.

    • Les organismes de #sécurité_sociale des #artistes ont décidément un mode de fonctionnement très bohème. Après le scandale des 190 000 auteurs – dont le prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio – privés de #retraite car leurs #cotisations n’avaient pas été correctement prélevées, c’est un autre dysfonctionnement, pour le moins déconcertant, qui vient d’être mis au jour. Cette fois-ci, près de 37 millions d’euros de cotisations dûment versés et encaissés entre 2006 et 2019 n’ont jamais été attribués aux artistes, dont on ne connaît d’ailleurs même pas l’identité.

      Le motif ? Ces sommes n’ont soit pas été affectées aux #cotisants concernés parce qu’ils n’étaient tout bonnement pas identifiés (pour un montant global de 31,2 millions), soit ont été prélevées deux fois, sans que les personnes concernées ne soient remboursées de ce trop-perçu (5,6 millions). « Les artistes sont souvent sous le statut des bénéfices non commerciaux (#BNC) et c’est à ce titre qu’ils cotisent personnellement. Le problème, c’est que lorsqu’ils effectuent des prestations, dans des communes par exemple, ces dernières les font également cotiser. C’est sans doute la raison pour laquelle il y a des doubles cotisations », explique Katerine Louineau, représentante du comité pluridisciplinaire des artistes, auteurs et autrices. Ces millions d’euros ne se sont toutefois pas volatilisés dans la nature : ils ont été intégralement reversés à l’#Acoss (l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale).

      « Un dysfonctionnement à l’ampleur tragique »

      Le pot aux roses a été découvert le 19 mai, lors du dernier conseil d’administration de la Sécurité sociale des artistes auteurs (#SSAA), l’organisme né de la fusion en 2022 entre l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs (#Agessa, qui regroupait les écrivains, le cinéma, la musique, la photo) et la Maison des artistes (#MdA spécialisée dans les arts visuels). Le président de la SSAA, Matthieu Baudeau, vient de se fendre d’une lettre ouverte pour tirer la sonnette d’alarme. Un texte qu’il s’apprête à envoyer à ses ministères de tutelle, les Affaires sociales et la Culture, où il évoque « un nouveau dysfonctionnement à l’ampleur tragique » et où il souligne la responsabilité de la MdA, qui est à l’origine de cette bourde à grande échelle : « La Maison des artistes s’est montrée défaillante, et des artistes-auteurs ont été spoliés, ils ont payé sans s’ouvrir de droits ou ils ont payé doublement (une fois de trop) », écrit-il. Et de proposer des solutions pour sortir de cette situation ubuesque : « Pourquoi, à partir des sommes considérables […] ne pas constituer un fonds qui viendrait aider les auteurs pour financer la régularisation de leurs cotisations arriérées, rembourser ceux d’entre eux ayant payé deux fois leurs cotisations et plus largement abonder l’action sociale de la SSAA ? »

      Des explications parfois très créatives

      Matthieu Baudeau a soumis ce mardi 16 juin cette lettre ouverte à l’approbation des associations représentatives du secteur ainsi qu’aux syndicats qui siègent à son conseil d’administration. Le sujet a beau soulever l’indignation de tous, la lettre ne fait toutefois pas l’unanimité. « Nous ne la signerons pas, notamment parce qu’elle passe sous silence le fait que le problème perdure actuellement avec l’#Urssaf_Limousin [qui gère depuis 2019 le recouvrement des cotisations des artistes, ndlr], coupe tout net Katerine Louineau. J’estime qu’on a encore 20 millions d’euros supplémentaires qui ont été non affectés aux cotisants. Il faut qu’on fasse en sorte que ce dysfonctionnement cesse. » A ses yeux, les esquisses d’explication fournies lors du conseil d’administration pour justifier ces erreurs comptables ont parfois été… très créatives. « On a été jusqu’à nous dire que c’était probablement parce que les cotisants étaient morts ou avaient déménagé. Peut-être, mais là, ça voudrait dire qu’il y a eu une hécatombe ou une migration massive », ironise-t-elle. L’approbation des comptes n’a finalement pas été votée par le conseil d’administration de la SSAA. Une nouvelle réunion est prévue en septembre.

      Certaines organisations et syndicats espèrent désormais qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur ce scandale. Le député LFI René Pilato a déposé une résolution à l’Assemblée nationale en ce sens. Mais pour y parvenir, il doit obtenir la signature d’au moins dix députés de la majorité. Et pour l’heure, le compte n’y est pas.

      #double_cotisation #cotisations_sociales

  • Violences sexuelles
    Judith Godrèche : « Je tiens à ma colère et je la sais universelle »

    Dans le cadre du Climat Libé Tour à Bourges, « Libération » a proposé à l’actrice et réalisatrice une carte blanche sur le thème « A quoi tenons-nous vraiment ? ». Elle refuse le « féminisme carcéral » dans lequel Gérald Darmanin souhaite enfermer la mobilisation contre les violences sexuelles et les enfants.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/judith-godreche-je-tiens-a-ma-colere-et-je-la-sais-universelle-20260617_5

    #feminisme

  • Eric Ciotti demande le renvoi du ministre Philippe Tabarot qui l’a traité de « nabot » et l’a menacé d’appeler des « Géorgiens » pour le faire « disparaître » – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/eric-ciotti-demande-le-renvoi-du-ministre-philippe-tabarot-qui-la-traite-

    Nabot

    Ce n’est pas la première fois qu’Eric Ciotti se voit désigné sous un qualificatif peu amène – nous avons encore en mémoire ce grand moment de télé où Nathalie Saint-Cricq, croyant son micro coupé, a surnommé l’allié du RN « Benito ». Cette fois, c’est un ministre qui s’en est pris au Trump de la Riviera.

    • Sénatoriales 2026 : Le ministre Tabarot veut « faire disparaître » le « nabot » Ciotti | Le Canard enchaîné
      https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54117-le-ministre-tabarot-veut-faire-disparaitre-le-nabot-ciotti

      Avant le sommet du G7, à Evian-les-Bains, Emmanuel Macron a accueilli le Premier ministre indien Narendra Modi sur la Côte d’Azur, pour inaugurer, le 14 juin, le salon Bharat Innovates, vitrine du savoir-faire technologique du géant indien. C’est en marge de cet événement que le ministre des Transports Philippe Tabarot, également sénateur du cru, a manifestement perdu ses nerfs, dans les allées du Palais des expositions de Nice.

      Dans la délégation qui suivait les deux chefs d’Etat, le ministre s’est approché du nouveau maire (UDR) de Nice #Eric_Ciotti, en le qualifiant à voix très haute, et devant plusieurs témoins, de « nabot ». Avant de s’en approcher encore davantage et de lui chuchoter à l’oreille : « Je vais te faire disparaître. »

      Mais pourquoi faire appel aux Géorgiens ? Estrosi et son gang à la tête de cochon devrait lui régler son problème au nabot.

  • « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère » : devant le tribunal de Brest, 230 personnes manifestent en soutien aux allocataires du RSA | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/stop-a-la-traque-aux-pauvres-dans-le-finistere-devant-le-tribunal-de-br

    Des allocataires du #RSA ont porté plainte contre le Département du #Finistère pour #harcèlement. L’audience au tribunal a lieu ce lundi. Une manifestation s’est tenue juste avant.

    https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6a30067bcf841ad37c0cdda1/web_golden_xxl/6a30067bcf841ad37c0cdda1.1
    Plus de 200 personnes ont répondu, ce lundi devant le tribunal de Brest, à l’appel à manifester contre la politique RSA du Département du Finistère. (Photo David Cormier/Le Télégramme)

    « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère. » Environ 230 personnes se sont rassemblées ce lundi 15 juin 2026, vers midi, devant le tribunal judiciaire de Brest. Elles répondaient à l’appel à manifester contre la politique du département du Finistère concernant les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Elles estiment que le Département harcèle des allocataires afin qu’ils finissent par renoncer à leurs droits.

    #guerre_aux_pauvres et #paywall

    • « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant » : au tribunal de Brest, le procès du RSA
      https://www.mediapart.fr/journal/france/160626/ce-n-est-pas-la-collectivite-de-subvenir-aux-besoins-de-votre-enfant-au-tr

      Six #allocataires du #RSA attaquaient en justice le président du département du Finistère pour harcèlement moral institutionnel en raison des #contrôles_intensifs auxquels ils sont soumis. Lundi, le procès s’est transformé en bataille de réquisitoires pour ou contre le revenu de solidarité active et ses conditions d’attribution.

      Brest (Finistère).– « En quoi estimez-vous être harcelé ? » La question formulée par le président du tribunal, Christophe Subts, avec une bonhomie presque naïve revient comme un leitmotiv. Elle revêt une importance cruciale pour les six plaignant·es et va constituer le fil rouge de l’audience qui s’est tenue le 15 juin au tribunal judiciaire de Brest jusque très tard dans la soirée.

      Ces six allocataires du RSA (revenu de solidarité active), ainsi que la CGT et la Confédération paysanne, ont formé une citation directe, une procédure accélérée à l’égard de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental, et de son ancien directeur des services chargé de l’emploi, de l’insertion et du logement, Romain Chantelot. Ils s’érigent contre les contrôles « humiliants » diligentés par le département pour les bénéficiaires du RSA dans le Finistère, qui constituent selon eux un « harcèlement moral institutionnel » de la part des deux pilotes de la politique du département en matière sociale.

      Les réponses des allocataires sont livrées la gorge serrée, la voix tremblante et les yeux embués. Tous et toutes racontent la paralysie face à la surenchère administrative de la cellule de contrôle du département. L’impression de ne jamais pouvoir répondre aux demandes, ni même de se faire entendre par leurs interlocuteurs, ces agent·es toujours anonymes, regrettent-ils.

      Procédure inédite

      L’enjeu est de taille, et inédit. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure vise deux personnes et non pas des institutions, comme c’est le cas lorsqu’une contestation est portée au tribunal administratif. L’avocat des plaignant·es entend s’inscrire dans le prolongement de l’arrêt « France Télécom ». En janvier 2025, la Cour de cassation a consacré dans le droit le #harcèlement_moral_institutionnel en condamnant définitivement l’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et son ex-numéro deux, Louis-Pierre Wenès, dans l’affaire de la vague de suicides survenue dans les années 2000 chez l’opérateur.
      De par son caractère original, la tentation de faire un procès symbolique était forte. Avant l’audience, près d’une centaine de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le tribunal en soutien. Sur le carré d’herbe attenant, ils et elles ont dressé des barnums et installé un barbecue d’où émanaient des effluves de merguez.

      À la barre, Maël de Calan est apparu particulièrement confiant ; les remarques du président, souvent sceptique à l’endroit des plaignant·es, le confortant dans ce sens. Vêtu d’un costume bleu marine, il a pénétré dans l’enceinte du palais de justice en faisant des « V » de la victoire alors que surgissaient des huées de la part des manifestant·es.

      Franck Carpentier, avocat des plaignant·es, a insisté sur le caractère systémique de ces contrôles mis en œuvre par une cellule dédiée au sein du département. Cellule qui a visiblement rempli son office puisque, entre 2023 et 2025, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de 25 % contre − 3,4 % au niveau national.

      « L’ordre de grandeur interpelle. Les contrôles sont massifs et exclusifs », estime l’avocat, qui dénonce une « mécanique qui se met en place ». Et de rappeler que le département « doit accompagner » les allocataires du revenu de solidarité et, « le cas échéant », les sanctionner en cas de défaut de mobilisation ; mais « ne doit pas contrôler par le menu les comptes bancaires ».

      Contrôles acharnés

      L’illustration concrète de ces propos est venue de Vianney Begos, demandeur d’emploi de 30 ans. Comme pour chacun·e des plaignant·es, il a dû prouver qu’il ne dissimulait pas de revenus complémentaires, ce que le département affirme. Ainsi, il raconte comment la cellule de contrôle s’est échinée à lui réclamer des documents inexistants, « comme des relevés bancaires sur une année pour une banque dont je n’ai été client que six mois ». Faute de pouvoir les fournir, il a été radié plusieurs mois.

      L’homme a tenté de monter une entreprise de dépannage informatique. Mais elle a périclité, car son handicap l’empêche d’occuper « un travail classique ». Son handicap n’étant pas reconnu comme tel, il ne peut toutefois pas toucher l’allocation aux adultes handicapés. Il a souffert de dépression et a été contraint de retourner vivre chez ses parents, qu’il a aidés dans leur ferme.

      « Mais ne croyez-vous pas qu’il est normal d’être contrôlé si vous touchez le RSA en ayant une entreprise ? », interroge le président. Le plaignant, facilement déstabilisé, réplique que les contrôles ont surtout consisté à vérifier la provenance de « sommes modiques », des virements de ses proches de « 35 ou 80 euros » pour son anniversaire. Et à devoir les justifier par des attestations manuscrites, accompagnées des pièces d’identité des donateurs « alors qu’il y a leur nom » sur les relevés. Rien qui semble choquer le président.

      De fait, l’audience dérive de manière insidieuse sur la légitimité ou non des plaignant·es à percevoir le RSA. Pierre Dauly témoigne à son tour de son parcours. Charpentier (« beau métier », commente [jaloux ?] le président ), il ne peut pas occuper un emploi à temps plein depuis une chute de 7 mètres sur un chantier au début de sa carrière, il y a plus de quinze ans. L’homme anime des ateliers de menuiserie. « Le BTP est un milieu dur, on y pousse à la tâche, explique-t-il. Là, j’ai trouvé une manière de travailler pour me préserver. » Il poursuit : « J’ai des raisons d’être au RSA, je ne suis pas Superman qui peut faire quarante heures par semaine. »

      Des explications qui ne convainquent guère l’avocate des prévenus, Me Stéphanie Zaks. « Vous êtes sur un des métiers les plus en tension du Finistère ! » Elle lui rappelle par ailleurs qu’il ne respecte pas les termes du contrat d’engagement qui contraint les bénéficiaires du RSA à chercher un emploi de manière active.

      Face au président, il exprime d’une voix forte et assurée son expérience face aux contrôleurs de la cellule dédiée. « Je suis tombé sur des gens serviables et d’autres agressifs, voire infects. Je suis désolé, mais certains m’ont jugé avec des valeurs morales sur mes choix de vie. » Et notamment sur le fait qu’il réside au #squat des Roches blanches, situé à Douarnenez.

      Les deux années de contrôle subies l’ont heurté au point que son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs pour dompter ses crises d’angoisse récurrentes. « Est-ce un contrôle légitime ? », s’enquiert le président. « Je ne suis pas contre le contrôle mais la manière dont il est fait », répond Pierre Dauly. « C’est intrusif, comme peut l’être un contrôle fiscal », enchaîne le président, confirmant que les deux hommes ne parlent pas la même langue. « On n’est pas obligé de prendre les gens de haut ou d’être infantilisant. Vous ne l’avez pas vécu », rétorque le plaignant sans jamais se démonter.

      Pierre Dauly rapporte aussi que les contrôleurs, « qui se prennent pour des espions », n’hésitent pas à mener une enquête sur Internet pour trouver des éléments à charge contre les personnes dont ils gèrent le cas. « Je l’ai mal vécu, j’ai trouvé cela intrusif. » Le président rétorque : « Un trafiquant de stupéfiants, on regarde sur les réseaux s’il arbore des liasses de billets. » « C’est de l’acharnement », reprend le plaignant. Le juge persiste, faussement candide : « L’imagination des fraudeurs peut être impressionnante… »

      Deux visions de la société

      De quoi agacer l’avocat des plaignant·es. « Mes clients sont présentés comme des marginaux, qui font le choix de la paupérisation, qui vivent par l’assistanat, car ils font le choix d’entreprendre pour ne pas être sous le salariat », recadre Me Franck Carpentier.

      Car ce sont bien deux visions du monde qui se sont affrontées tout au long de l’audience qui s’est étirée de 15 heures à plus de 1 heure du matin. Celui dans lequel Maël de Calan et son numéro deux travaillent « douze à quatorze heures par jour », au service, notamment, des bénéficiaires du RSA, dixit leur avocate. Et cet autre monde où les parties civiles n’auraient pas fait les bons choix de vie. Si rien n’a été verbalisé clairement, il y a eu pléthore d’insinuations. Comme le fait que deux des plaignantes soient #diplômées du supérieur et ont choisi une voie jugée plus hasardeuse et moins rentable, celle de l’agriculture.

      Jeanne Degude, exploitante agricole – qui explique ne pas faire du RSA « un projet de vie » –, s’est vu reprocher par le président, puis par l’avocate des deux prévenus, de ne pas réclamer de pension alimentaire au père de son enfant dont elle est séparée. « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant », tranche le président. Des propos « humiliants », répond la plaignante.
      Cécile Weyer, agricultrice de 39 ans, a dû quant à elle se justifier à propos de sa séparation. L’avocate des prévenus lui a demandé si elle n’aurait pas déclaré sa rupture à tort alors que le nom de son ex figurerait encore sur sa boîte aux lettres. La jeune femme dément en bloc et explique alors que la présomption de conjugalité repose sur le fait qu’elle utilise encore leur compte joint sur lequel elle est à découvert, et qu’elle ne peut donc pas clore.
      Très marquée par la situation, elle confie avoir eu des « pensées suicidaires » face à ces contrôles. « J’ai eu envie d’en finir, je me sentais humiliée. J’ai 39 ans et je dois demander à ma sœur de m’acheter des protections hygiéniques parce que je ne peux pas le faire, détaille-t-elle, la gorge nouée. Je suis suivie par un psychiatre et sous traitement. Cela me tient en vie avec mon entourage… » Là encore, on lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas vers un #emploi salarié.

      Le département dénonce un procès politique

      De son côté, Maël de Calan et sa défense n’ont cessé de mobiliser tout le champ lexical du mensonge, de la manipulation. Pour Me Stéphanie Zaks par exemple, ce procès relève du « coup de com’ politique ». Une manœuvre pour affaiblir la loi « pour le plein emploi » qui institue quinze heures de #travail hebdomadaire pour les allocataires du RSA.
      Avec beaucoup de solennité, le président du département assure aussi que ce procès vise à lui nuire sur le plan politique. « Cette citation n’est ni faite ni à faire. Elle a été bâclée dans le contexte des élections municipales pour faire polémique à temps », fait-il valoir. Maël de Calan ne retient pas ses coups et fustige nommément des plaignant·es qui ne sont pas pour lui des « allocataires lambda ».
      Il martèle que quatre plaignant·es seraient des militant·es « d’extrême gauche », un motif de décrédibilisation de leur démarche à ses yeux. Il en veut pour preuve le soutien de certain·es d’entre eux à des candidat·es LFI lors des élections. Il questionne aussi leur appartenance au syndicat agricole classé à gauche, la Confédération paysanne.
      Maël de Calan assure payer le fait d’avoir mis au jour « un système », à savoir la volonté de ces plaignant·es de rester travailleurs et travailleuses indépendantes pour éviter de se plier aux contraintes du salariat – seul horizon enviable selon lui, semble-t-il. Et son avocate n’a cessé d’expliquer que les plaignant·es n’ont pas déclaré d’importantes sommes d’aides familiales et qu’ils ont donc fraudé. Les prévenus évoquent aussi la trentaine de cas évoqués par la CGT en soutien à la plainte, qui, selon le département, cumuleraient « 240 000 euros non déclarés, et 40 000 euros de RSA à rembourser .

      Le tribunal s’est aussi transformé en longue tribune en faveur de la politique de solidarité, d’insertion et d’emploi. Au point que le président s’impatiente alors que les 22 heures approchent : « Il ne reste pas les merguez de la CGT ? Je commence à avoir faim. »

      Les huit témoins cités par les prévenus – dont certains travaillent pour le département – ont tous couvert de louanges la politique menée par Maël de Calan et ses résultats, dont lui-même se gargarise. L’élu se vante notamment d’avoir débloqué une enveloppe de 10 millions sur cinq ans pour sa politique d’insertion, détournant les débats de la question centrale, à savoir le caractère harcelant des contrôles.

      En fin de soirée, le procureur a indiqué s’en « remettre à la sagesse du président », comme la procédure en citation directe le lui permet. Maël de Calan a demandé que la CGT soit condamnée à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Dans la soirée, un communiqué des services de Maël de Calan a été envoyé à la presse pour donner sa vision des débats du jour. Son titre : « Le département démontre l’absence de tout harcèlement, la CGT rend des comptes »_. Le tribunal rendra sa décision le 7 septembre.

      Et la question se posera de faire appel, si on en croit ce cr.

      edit
      un extrait de Ration
      https://www.liberation.fr/economie/social/harcelement-moral-contre-proces-politique-au-tribunal-le-dialogue-de-sour

      l’avocate de la défense [des responsables départementaux] plonge dans les dossiers, en quête de failles et de mensonges. Elle leur fait aussi confirmer, quand elle en a trouvé un, leur engagement politique, associatif ou syndical.

      Face à Vianney Begos, elle détache ses mots pour dire qu’il a été trouvé des montants « très importants » sur son compte courant : 1 300 euros. Il répond : « C’est le peu de RSA que j’avais mis de côté et des sommes reçues de ma famille. »

      tête à claques veut « étendre la méthode finistérienne au plan national »


      Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère
      Procès du RSA dans le Finistère : « C’est du harcèlement, ça ? »
      https://www.letelegramme.fr/bretagne/proces-du-rsa-a-brest-cest-du-harcelement-ca-7064602.php

      #l'emploi_c'est_la_loi #travailleurs_indépendants #justice #notables_de_l'insertion #loi_pour_le_plein_emploi #plein_emploi

  • BlackCore : avant l’opération anti-LFI, une fausse ONG d’aide à la Palestine – Libération
    https://www.liberation.fr/international/moyen-orient/blackcore-avant-loperation-anti-lfi-une-fausse-ong-daide-a-la-palestine-2

    C’est une histoire dans l’histoire, une pièce dans le puzzle, une route dans le jeu de piste. Un ou des opérateurs liés à BlackCore – l’entité israélienne débusquée par les autorités françaises derrière la campagne de désinformation qui a ciblé des candidats insoumis aux élections municipales – ont-ils administré, en 2025, une page web de dons pour une ONG fictive, prétendument engagée dans l’aide humanitaire à la population palestinienne ?

    C’est ce qui ressort des investigations conduites par Libération et le quotidien israélien Haaretz. Ce site web nommé « Sadaqah Palestine », aujourd’hui disparu, a par ailleurs été promu par au moins trois comptes de réseaux sociaux, sur Facebook, Instagram et X. Les deux derniers, encore accessibles, sont liés à des groupes de faux profils.