• Non-vaccinés : « Le profil-type, c’est la personne âgée isolée » - Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/non-vaccines-le-profil-type-cest-la-personne-agee-isolee

    Emmanuel Macron a "très envie de les emmerder". Depuis la rentrée, les non-vaccinés sont au cœur des débats dans la lutte sanitaire contre le Covid-19 et son variant Omicron. Ils étaient ainsi, en décembre dernier, plus de cinq millions à ne pas avoir entamé leur parcours de vaccination. Les non-vaccinés sont pointés du doigt par le gouvernement, et le corps médical observe qu’ils occupent au moins la moitié, et parfois plus, des lits dans les services de réanimation, retardant certaines interventions chirurgicales nécessitant un accès à la réa. Le Monde et Libération ont décortiqué les différents chiffres à ce sujet ("[...] les non-vaccinés, bien qu’aujourd’hui neuf fois moins nombreux dans la population adulte que les [vaccinés], représentent une part équivalente ou plus importante, en valeur absolue, dans les admissions (ou dans les lits occupés) en réanimation, ou en soins critiques au sens large, écrit Libération). Ils sont par ailleurs souvent confondus, notamment par Emmanuel Macron dans son interview pour le Parisien, avec les « antivax », critiqués pour leur adhésion aux thèses complotistes ou les violences commises contre des élus. 

    Mais qui sont les non-vaccinés ? Quels sont leurs arguments ? Sont-ils les bouc-émissaires médiatiques de la crise du Covid ? nous allons en discuter aujourd’hui avec nos invités : Bruno Andreotti, physicien, professeur à l’université de Paris, qui a travaillé sur la physique des aérosols, au cœur des questionnements sur la circulation du Covid et signataire d’une tribune parue le 12 janvier dans Libération, qui appelle à la mise en place d’un arsenal sanitaire complet, dont la vaccination universelle, pour sortir de la crise https://rogueesr.fr/en_finir_et_prevenir ; Barbara Stiegler, professeur de philosophie à l’université Bordeaux Montaigne, vice-présidente du comité d’éthique du CHU de Bordeaux et membre du conseil de surveillance de l’agence régionale de santé de la région Nouvelle-Aquitaine ; et enfin François Alla, médecin, professeur de santé publique, et chef du service prévention du CHU de Bordeaux, qui a notamment travaillé avec Barbara Stiegler pour la rédaction de son tract paru chez Gallimard, De la démocratie en pandémie.

    #Bruno_Andreotti #non-vaccinés #Covid-19 #Omicron #vaccination_universelle #pharmaco-vigilance

    • Stiegler : il y a des effets secondaires, cardiaques, neurologiques, c’est documenté, et même les laboratoires le reconnaissent, hormonaux et plus généralement d’inflammation

      Andreotti : Epiphare montre que le tiers des hospitalisés n’ont pas de commorbidité ; le covid long aux dommages non pulmonaires doit être pris en compte et pas seulement les décès, les réas, et les hospitalisations.

      Stiegler : le vaccin dégrade les endométrioses (...) à la télé on voit des malades du covid mais pas les malades des effets secondaires du vaccin. il y a une sous déclaration, c’est infaisable de déclarer ces effets secondaires, je peux faire témoigner des soignants qui ont du y renoncer.
      je me réjouis de pouvoir parler sur une chose qui soit pas le mark-web [youtube ? ndc]

      Alla : on cache les effets secondaires réels ou supposés. c’est une stratégie.

      Stiegler se dit d’accord pour les masques la ventilation et la purification de l’air et passe à... l’oxygénation précoce, les traitements dont certains (?) vont bien, mais de tout ça ils n’en parlent pas car ils veulent de l’innovation, du solutionnisme technologique.

      Andreotti ne relève pas, à nouveau, et évoque des groupes d’arpenteurs de santé, mais évoqués nulle part. remettre de l’humain à la place des call center qui ne marchent pas.

    • Andreotti est l’un des initiateurs de l’appel « rogue » et il a une bonne maîtrise des connaissances sur la pandémie, pas seulement sur l’aérosolisation. mais effectivement le plateau est déséquilibré en faveur d’un Geta Barrington aux dehors humanistes (hallucinant la magouille de Stiegler qui dit que cela sera possible de signer un apple à Andreotti, alors qu’elle a signé avec Fouché ailleurs), et du fait d’un journaliste qui touche pas trop sa bille, en plus de rarement donner la parole à Andreotti, trop poli pour la prendre (comme dans le talk show lundi soir, les minoritaires qui sont là pour attester du pluralisme du dispositif s’autocensurent).

      Stiegler éthique, déontologie and so on. c’est pas à cause du covid que l’hôpital s’effondre, regardez, on peut même pas affronter une épidémie de bronchiolite.

      edit Contre l’imposture et le pseudo-rationalisme
      Renouer avec l’éthique de la disputatio et le savoir comme horizon commun, Bruno Andreotti, Camille Noûs
      https://www.cairn.info/revue-zilsel-2020-2-page-15.htm

      Dans cet entretien, il me semble qu’assistée de son collaborateur, Stiegler, cherche un accord avec Andreotti sur l’essentiel : le vaccin n’est pas la panacée, le non pharmaceutique compte, le « social » compte pas pour des prunes (aller vers ≠ visio, doctolib, relation de soin sans relation), ce qui permet de glisser des trucs pas clairs, qui ne sont pas mis en cause. On dira que je suis parano, mais selon moi, ça sent la magouille.

      #Barbara_Stiegler

    • Alla : on cache les effets secondaires réels ou supposés. c’est une stratégie.

      « La suppression du site (blog) du CTIAP entraîne, de façon mécanique, l’arrêt de l’étude sur les effets indésirables (concernant les vaccins c/ la Covid-19) lancée dans la région des Pays-de-la Loire à la demande de professionnels de santé, juristes, citoyens, etc.
      Avec regret. »
      https://twitter.com/ctiap_cholet/status/1484875424526123011?cxt=HHwWhoCy6ZqVq5spAAAA
      Quelques rappels de cette étude sur les effets indésirables (concernant les vaccins c/ la Covid-19) qui est mécaniquement arrêtée suite à la suppression du site (blog) du CTIAP.
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/cholet-covid-19-une-initiative-pour-renforcer-la-surveillance-des-effet

      Des professionnels de santé veulent encourager les personnes confrontées à des effets indésirables survenus après le vaccin contre la Covid-19, à les signaler. La démarche est coordonnée par le responsable de la pharmacovigilance de l’hôpital de Cholet. Sans le soutien de l’établissement.

      Les effets indésirables des vaccins contre la Covid-19 sont-ils sous-évalués ? Alors que se multiplient les recommandations en faveur du rappel et de l’élargissement de la vaccination face à la reprise épidémique, certains continuent de le penser.

      Problèmes hépathiques, cardiaques, urinaires, immunitaires, respiratoires, vasculaires... Au 25 novembre, dernier relevé officiel public en date de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 116397 cas d’effets indésirables dont 24% qualifiés de graves avaient été enregistrés pour un total de 104 009 500 injections. ( tous vaccins confondus ) soit un taux de 0.11%.

      Un chiffre qui interroge certains médecins je n’ai pas la suite...

    • des interprétations centrifuges qui rejettent non seulement les (demi-)mesures du gouvernement, mais aussi la pandémie elle-même. A leurs yeux, si les Etats se servent de la pandémie comme prétexte pour renforcer leur emprise autoritaire sur la société, cela prouve que la pandémie n’existe pas[14]. Ou bien, si cette pandémie existe bel et bien, elle n’est dangereuse que pour un faible pourcentage de la population déjà vulnérable. Le plus souvent, cette catégorie désignait systématiquement (et à tort) un groupe d’âge spécifique[15]. De ce point de vue, il n’y avait apparemment d’autre raison que l’autoritarisme pour imposer quelque mesure horizontale que ce soit. La forte contagiosité du nouveau virus, ses risques et sa considérable létalité se sont ainsi transformés sur le plan conceptuel en un problème simple, gérable et facile à résoudre pourvu qu’on « protège » les personnes âgées vulnérables (déjà structurellement délaissées), c’est-à-dire qu’on les retire de notre champ de vision. Toute autre mesure, selon les négationnistes, ne saurait avoir d’autre but que d’élargir le périmètre de contrôle et de discipline de l’Etat.

      https://antithesi.gr/?page_id=977

  • « Don’t Look Up » : regarder Netflix en attendant la fin du monde ?
    https://www.contretemps.eu/dont-look-up-netflix-capitalisme-technologie

    Anne-Lise Melquiond est l’autrice d’Apocalypse Show, quand l’Amérique s’effondre, sorti le 7 septembre 2021 chez Playlist Society. Elle analyse pour Contretemps le film « Don’t Look Up : Déni cosmique » d’Adam McKay : une implacable critique du capitalisme technophile contemporain produite par l’un de ses étendards, la principale multinationale de l’industrie culturelle plateformisée, Netflix ; mais une critique dont les mouvements populaires sont presque absents et qui nous laisse sans horizon de transformation sociale et d’émancipation, autrement dit sans espérance.

    Don’t Look Up, superproduction de Netflix sorti le 24 décembre 2021 avec un casting impressionnant où Jennifer Lawrence et Leonardo DiCaprio incarnent deux astronomes, un professeur et sa doctorante qui découvrent une immense comète large d’une dizaine de kilomètres dont la trajectoire se dirige vers la Terre. Elle devrait s’écraser dans exactement six mois et 14 jours causant la destruction totale de la planète. Après avoir vérifié moult fois leurs calculs, les deux astronomes vont tenter d’alerter les plus hautes instances politiques ainsi que l’opinion publique sur cette apocalypse imminente en espérant que tout sera tenté pour détourner la comète de sa trajectoire.

    Ici, l’humanité sera moins victime de la comète fatale que de son incapacité à envisager son futur. La catastrophe n’est donc pas tant la comète, véritable métaphore du réchauffement planétaire, notre comète à nous, que la gestion politique de cette menace. Le réalisateur Adam McKay témoigne là d’une époque qui a choisi de négliger jusqu’au plus court terme. La crise sanitaire du Covid est une preuve supplémentaire de cette incurie.

    De ce point de vue, le film est une critique âpre et mordante de la politique américaine où la Présidente, une Trump au féminin est prête à tout envisager, y compris les grosses comètes, sous un angle purement électoraliste. Elle explique aux astronautes qu’elle « enchaine les réunions « fin du monde » depuis des années. Effondrement économique, danger nucléaire, gaz d’échappement, robot fou, sécheresse, épidémie, extraterrestres, surpopulation, trou dans l’ozone », et n’a pas que ça à faire vu qu’elle est empêtrée dans un scandale dans l’élection d’un juge à la Cour Suprême. La Présidente semble plus préoccupée par son destin politique que par la destruction de la planète...

    #capitalisme, #catastrophe, #culture, #écologie, #médias, #Netflix, #réchauffement-climatique

  • « Un gamin qui meurt au fond d’un silo, personne n’en parle » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/un-gamin-qui-meurt-au-fond-dun-silo-personne-nen-parle
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/20211027/action/show?format=thumbnail&t=2021-10-27T16:58:16+02:00

    Un livreur Uber circulant à scooter meurt percuté par un conducteur qui a pris la fuite, lundi 25 octobre à Lille, rapporte « La Voix du Nord ». La même journée, c’est un intérimaire de 18 ans qui décède dans un abattoir à Lanfains, dans les Côtes-d’Armor : il s’est retrouvé coincé sous une cuve contenant des centaines de kilos de poulets, selon « Ouest France ». Samedi 23 octobre, un ouvrier de 28 ans meurt sur le chantier d’un immeuble en construction à Pleurtuit, en Ille-et-Vilaine : la dalle en béton d’un balcon s’est effondrée sur lui, selon France Bleu Armorique. En l’espace de trois jours seulement, ces travailleurs sont morts dans l’exercice de leur activité professionnelle. Mais il y a de grandes chances que vous n’en ayez pas entendu parler. Les accidents du travail sont ignorés dans les médias, ou alors abordés en quelques lignes, souvent dans la seule presse locale. Pourquoi une telle invisibilité ? Pour y répondre, trois invités : Philippe Poutou, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ancien ouvrier chez Ford à Blanquefort, candidat NPA à l’élection présidentielle de 2022 ; Véronique Daubas-Letourneux, sociologue du travail, enseignante à l’École des Hautes études en santé publique et spécialiste des questions de santé au travail ; et Éric Louis, ancien cordiste, cofondateur de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires, fondée à la suite de la mort d’un de ses collègues, Quentin Zaraoui-Bruat, en juin 2017, enseveli dans un silo de céréales. Voici trois extraits de notre émission :

  • Reconfinement : "Le seul moyen d’éviter une vague de morts" - Par La rédaction
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/reconfinement-le-seul-moyen-deviter-une-vague-de-morts

    Daniel Schneidermann demande ensuite à Mucchielli si d’autres éléments lui permettent de remettre en doute l’existence d’une deuxième vague. « Le deuxième élément, c’est que les maladies ont une saisonnalité. La mortalité a une saisonnalité. Chaque année, vous avez un pic en hiver suivi d’une décroissante. En été vous êtes au plus bas, à une exception près, les pics climatiques, les pics de canicule. Ensuite il y a systématiquement chaque année une remontée à l’automne ». Encore une fois, Lehmann n’est pas d’accord : « Oui les gens meurent plus quand il fait froid, mais ça fait 37 ans que je suis médecin, je n’ai jamais vu déprogrammer des soins (...), je n’ai jamais vu de mémoire, sauf peut-être en 2003 pendant la canicule, des patinoires transformées en morgue. Je n’ai jamais vu mon hôpital louer des camions frigorifiques. »

    Mucchieli commence l’émission en citant une « étude », et se fait méchamment fact-checker les fesses sur la même page :

    Après avoir menacé de quitter le débat s’il était à nouveau insulté, Laurent Mucchielli explique « qu’une étude anglaise chiffre à 30% » le nombre de patients hospitalisés étiquetés « Covid » alors qu’ils sont à l’hôpital pour d’autres pathologies [contrairement à ce que suggère M. Mucchielli dans notre émission, cette étude n’est pas parue dans une revue scientifique, voir encadré au bas de cet article].

    […]

    UNE ÉTUDE NON-VÉRIFIÉE

    L’étude britannique sur les « 30% de décès faussement attribués au Covid-19 », citée par Laurent Mucchielli comme fiable, n’est en fait pas parue dans une revue scientifique, et n’a pas été « révisée par des pairs », ainsi que le mentionne une note de bas de page. L’Office for National Statistics (ONS) a par ailleurs récemment spécifié que « dans la plupart des cas (92 % en Angleterre et 89.7% au Pays de Galles) où le Covid-19 est mentionné sur le certificat de décès, il est prouvé que le virus est en effet la cause principale du décès ».

    E.W.

    • Un aspect frappant désormais, c’est la quantité de gens sérieux, scientifiques, experts… dont on découvre qu’ils n’hésitent pas à argumenter publiquement sur la base de trucs approximatifs qu’ils ont vu passer sur le Web. Niveau poivrot de comptoir, mais en arguant de leur « métier d’intellectuel ».

    • Intéssant thread de Totomathon, dans lequel je note justement qu’il pointe ça :
      https://twitter.com/totomathon/status/1327560183640428544

      Je n’ai aucun souci avec le fait qu’un chercheur en sciences sociales, non-spécialiste de la santé publique, étudie divers aspects de la crise sanitaire. C’est même fondamental, en fait. Mais le travail de @LMucchielli, d’un DR du CNRS, c’est LA RECHERCHE !

      On serait en droit d’attendre des projets, avec des hypothèses et un protocole, et qui aboutiraient à des publications, sous la forme d’articles dans des revues scientifiques à comité de lecture, et/ou de livres*.

      (* je ne parle évidemment pas de romans de gare à la Perronnne)

      On attend toujours...

      Pendant ce temps-là, @LMucchielli nous offre une dernière fulgurance :
      – Ce n’est pas la première fois qu’on transfère des malades en TGV.
      – Ah bon, quand ça ?
      – Je ne sais plus, « c’est sur internet. »

      Aucun médecin n’a pourtant vécu ça.
      Consternant.

      #c'est_sur_internet

    • Sans aller jusqu’à se faire virer direct : tout chercheur ou chercheuse avec un poste important (du genre directeurice de recherche) dans nos instituts publiques (CNRS, etc), devrait avoir un système de blâmes quand ille sort publiquement (pas dans son bar de quartier quoi, mais dans un média, sur son twitter, etc) une affirmation de café de comptoir sans aucun fondement, ou sans raisonnement scientifique (du genre « c’est sur internet »). Et au bout de X blâmes, là ille se ferait vraiment virer de son poste. C’est ce qu’on est en droit d’attendre d’un⋅e DR payé⋅e par nos deniers publics, que ce soit en sciences exactes ou sciences humaines. Cela vaudrait aussi pour les médecins surveillés par l’Ordre des médecins.

    • Rien n’empêche Mucchielli de dire ce qu’il veut, par contre quand il dit « je suis chercheur au CNRS moi ! » il fait appel à un argument d’autorité et engage une institution, qui se doit de se positionner là dessus. Il semble qu’il y a un comité d’éthique au CNRS mais ça n’a pas l’air d’être très vivant.

  • Réseaux sociaux : « Casser les chaînes de contamination virales » | Arrêt sur images | Avec Olivier Ertzscheid
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/haine-en-ligne-casser-les-chaines-de-contamination-virales

    Après l’assassinat de Samuel Paty, ils ont fourni une cible à tous les tenants d’une liberté d’expression encadrée. Eux, ce sont Facebook, Twitter, YouTube et les autres, accusés d’être trop laxistes vis-à-vis des contenus illicites ou polémiques, du terrorisme à l’épidémie de Covid-19. Comment casser les chaînes de contamination de la viralité ? Nous recevons Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication, et Pacôme Thiellement, essayiste et vidéaste, pour tenter de comprendre comment les réseaux sociaux encouragent la diffusion de la parole haineuse ou complotiste à des fins commerciales.

    #Olivier_Ertzscheid #Médias_sociaux #Communication_virale

  • « Le masque devient une norme sociale » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/le-masque-devient-une-norme-sociale
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/20200828/action/show?format=thumbnail&t=2020-08-28T15:37:58+02:00

    Est-il réellement utile ? Yves Gaudin explique la différence, dans un virus respiratoire, entre les “gouttelettes”, des postillons lourds qui ne vont pas au-delà de deux mètres, et les “aérosols”, des particules beaucoup plus petites qui se répandent dans l’air. “Cette infographie, elle est fausse”, signale-t-il à propos d’une infographie du parisien qui fait voler les aérosols jusqu’à 4 mètres : pas de distance limite, “les aérosols, dans une pièce comme on est là, vont flotter longtemps.” En extérieur, les aérosols sont “quasiment inexistants”, mais le risque de se contaminer par un postillon est là, en particulier là où les distances de sécurité ne sont pas tenables : “marchés”, quartiers “où les gens font un peu la fête”, bref, précisément là où les restrictions ont été posées en premier.

    Laurent Toubiana a adopté sur de nombreux plateaux télévisé un positionnement à contre-courant. Il le conserve chez Arrêt sur Images : "la justification scientifique du port du masque est sans fondement", estime-t-il, jugeant qu’il s’agit d’une “démarche sanitaire” tandis qu’il préfère tenir “une démarche scientifique”. Mais il observe le port du masque, “en bon citoyen”.

    #paywall

    • Deuxième vague ou pas deuxième vague ? Alors que le nombre de contamination par le coronavirus n’a cessé d’augmenter cet été, le port du masque se généralise - y compris sur notre plateau ! Obligatoire en intérieur, jusque dans les open spaces à partir du 1er septembre, il est désormais requis dans toutes les rues de Toulouse, Marseille, Paris depuis ce matin… Ces mesures sont-elles nécessaires et comment sont-elles acceptées ? Tentative d’éclairage avec Yves Gaudin, virologue et directeur de recherche CNRS, Laurent Toubiana, docteur en physique et épidémiologue à l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé, et Jocelyn Raude, chercheur en psychologie sociale à l’École des hautes études en santé publique.
      "les médias renvoient une image à contre-courant de l’opinion majoritaire aujourd’hui en France sur le masque"

      Rentrée sous le signe du masque à Arrêt sur Images. Alors que le masque va devenir obligatoire en entreprise à partir du 1er septembre, la question se pose sur les plateaux de télévision… Et aussi sur celui de BfmTV, où le masque n’est pas porté et où l’on se veut rassurant : le plateau fait 200 mètres carrés, il est ventilé avec de l’air de l’extérieur, tout le monde autour porte le masque… "Je veux pas m’attirer des ennuis avec Bfm, mais dans les couloirs de la rédaction, je n’ai pas vu de gens porter le masque", signale quand même Yves Gaudin.

      Au-delà, quel message cela renvoie-t-il aux téléspectateurs ? "les médias nous renvoient une image à contre-courant de ce que peut être l’opinion majoritaire aujourd’hui en France", estime Jocelyn Raude. Sur la question du masque en général, où les anti-masques et les frottements ont souvent été pointés, lesquels masquent la large appropriation de l’objet, contre les recommandations du gouvernement au départ, par 95% des gens - 75% sont favorables à son usage en extérieur. "Collectivement, le masque est en train de devenir une norme sociale dont le non-respect est de moins en moins toléré."

      Est-il réellement utile ? Yves Gaudin explique la différence, dans un virus respiratoire, entre les “gouttelettes”, des postillons lourds qui ne vont pas au-delà de deux mètres, et les “aérosols”, des particules beaucoup plus petites qui se répandent dans l’air. “Cette infographie, elle est fausse”, signale-t-il à propos d’une infographie du parisien qui fait voler les aérosols jusqu’à 4 mètres : pas de distance limite, “les aérosols, dans une pièce comme on est là, vont flotter longtemps.” En extérieur, les aérosols sont “quasiment inexistants”, mais le risque de se contaminer par un postillon est là, en particulier là où les distances de sécurité ne sont pas tenables : “marchés”, quartiers “où les gens font un peu la fête”, bref, précisément là où les restrictions ont été posées en premier.

      Laurent Toubiana a adopté sur de nombreux plateaux télévisé un positionnement à contre-courant. Il le conserve chez Arrêt sur Images : "la justification scientifique du port du masque est sans fondement", estime-t-il, jugeant qu’il s’agit d’une “démarche sanitaire” tandis qu’il préfère tenir “une démarche scientifique”. Mais il observe le port du masque, “en bon citoyen”.

      "Le nombre de morts est sous le seuil critique"

      Pas de militantisme anti-masque de son côté, donc. Un militantisme peut-être alimenté par des politique de santé mal pensées. “La santé publique, c’est presque toujours un arbitrage entre des libertés individuelles et publiques d’un côté, et la protection du bien public, c’est à dire de la santé, de l’autre”, explique Jocelyn Raude. Les politiques oscillent entre incitation et obligation pour arriver à leur fin, avec d’un côté comme de l’autre des fiascos notoires. En France, “on aurait pu ou dû limiter l’obligation aux endroits fermés par opposition aux endroits ouverts, ce qui est de nature à renforcer le mouvement critique, y compris dans le champ scientifique.”

      Et cette fameuse deuxième vague ? Un peu plus tôt, Laurent Toubiana a pointé les courbes de contamination du virus, en forte augmentation, et du nombre de morts, restée basse depuis la fin du confinement : “Autant la courbe de cas remonte, autant le nombre de morts est anecdotique, il est sous le seuil critique”, commente-t-il, ajoutant “mon but, c’est de dédramatiser.” "Il n’y a pas à l’heure actuelle, ou très peu, de malades", rappelle-t-il, préférant qualifier les patients asymptomatiques de "porteurs". Le nombre de cas détectés est aujourd’hui aussi important qu’en période de confinement, mais, explique Yves Gaudin, "en mars et en avril, on ne testait pas. Donc tous les gens dans ce premier pic, c’est des gens qui arrivaient à l’hôpital ou qui consultaient : plein de gens n’ont pas été détectés." Les tests sont cependant loin de tout expliquer : fin juin, 1% des tests étaient positifs, le nombre est aujourd’hui de 3,8%, et jusqu’à 7% dans les Bouches-du-Rhône.

      "La vraie crainte, c’est l’automne"

      Si le nombre d’hospitalisation et de décès reste bas, c’est que "c’est une population plus jeune qui est porteuse. On sait depuis le début que dans une population jeune, le portage ne se traduit pas forcément par des cas, parce qu’en fait ils ne sont pas souvent malades, souvent asymptomatiques. Mais le virus circule, et on détecte quand même de plus en plus de cas." Le faible nombre d’hospitalisations et de décès s’explique aussi pour lui par un caractère "saisonnier" de l’épidémie, le virus circulant moins et les défenses étant meilleures en été. "Mais il y a augmentation des porteurs, et on approche de l’automne et de l’hiver. La vraie crainte, c’est l’automne."

      Laurent Toubiana est sceptique : "cette idée de la deuxième vague n’est fondée actuellement sur rien. Regardez, les épidémies qu’on a connu, regardez, le SARS, le H1N1, le MERS, aucune de ces épidémies n’a eu de retour." Et la grippe espagnole ? Désaccord sur ce point, et point d’Yves Gaudin sur les "cassures antigéniques", les mutations responsables de toutes les grandes épidémies de grippes. "Dans le cas des coronavirus, c’est plus compliqué pour qu’on ait un phénomène de cassure. Ce n’est pas exclu, mais c’est compliqué, ça passera par d’autres mécanismes." Une autre bonne nouvelle, pour Laurent Toubiana, qui ne s’engage pas sur l’absence de deuxième vague dans le futur : "non, je ne peux pas l’affirmer, la nature est pleine de surprise, je ne peux pas affirmer ça."

      "ça résume l’état de la situation, intervient Jocelyn Raude, on est face à une menace émergente, mal comprise, mal connue et sur le plan psychologique ça a un effet extrêmement puissant", les deux facteurs les plus à l’origine des inquiétudes les plus fortes étant le "niveau d’incertitude, des connaissances perçues de la maladie" et celui "de contrôlabilité perçue de ces mêmes maladies""Ça suit la sagesse populaire, “en période d’incertitude, crains le pire”", appuie Laurent Toubiana. Mais n’est-ce pas indispensable pour mettre en œuvre des politiques publiques ? "Dans le doute, il est nécessaire d’être vigilant, confirme Yves Gaudin. C’est normal de prendre des mesures, et je pense qu’on en voudrait au gouvernement si jamais il ne prenait pas de mesures et qu’on basculait."

      Les échanges se terminent sur les tests. Nouvelle position à contre-courant : on pourrait tester moins, selon les invités, "réserver les tests aux clusters, aux proches, et au second rideau", selon Yves Gaudin. Jocelyn Raude fait remarquer la façon dont le changement des comportements collectifs est davantage lié "à la médiatisation (d’un) problème qu’à son incidence, c’est à dire le nombre de décès. (...) Les comportements de prévention, dans l’utilisation des mesures barrières, suivent assez bien la médiatisation du problème."

    • Et voilà : il faudrait vraiment que ce genre de débat soit accessible au plus grand nombre et pas en paywall... En même temps je comprends bien la nécessité pour un site comme ASI de faire payer pour rester à flot...

      Merci @biggrizzly , c’est précieux ce genre de débat.

    • Ce débat franchement, si on se limite au résumé, il est décevant. Pas un pour évoquer les contaminations en augmentation exponentielle, pour évoquer les séquelles, pour évoquer que le R0 n’est pas nul, mais des gogos qui t’expliquent comme en mars que tant que les morts sont proches de zéro, tout va bien, et que le masque, scientifiquement, il ne sert à rien, mais que bon, c’est un geste citoyen quoi (mon Gilles de la Tourette me reprend). Encore des gogos qui n’auront jamais à assumer les conséquences de leurs déblatérations.

    • la justification scientifique du port du masque est sans fondement

      Le mec qui dit ça, sur quoi il se base ? On commence à avoir pas mal d’exemples de preuves d’efficacité du masque (et même vis à vis d’autres protections comme la visière). Ou alors il parle juste du masque en extérieur et là je suis plutôt d’accord. Mais sinon encore quelqu’un qui surveille juste ce qui se passe à l’hôpital au lieu de regarder comment la vague est en train de (peut-être) se constituer, bref les mêmes erreurs qu’en février/mars.

    • un autre avis sur le covid à lire jusqu’au bout - Attac comité Macon (je reçois ça par mel...)

      https://local.attac.org/macon/un-autre-avis-sur-le-covid-a-lire-jusquau-bout

      Lorsque nous étions en phase épidémique, il était certainement plus simple de noter sur le certificat de décès « Covid » comme cause principale. Il eut pourtant été plus judicieux de faire la différence entre ceux dont la cause principale était effectivement la Covid et ceux qui sont décédés « avec » la Covid, sans que ce ne soit la première cause. Cette distinction a son importance car les Ehpad sont remplis de personnes porteuses de polypathologies. Et les personnes hospitalisées durant le pic épidémique présentaient très souvent des comorbidités importantes.
      Dans bien des cas, ces dernières ont certainement été les causes principales du décès. L’Allemagne a utilisé un autre système qui explique les différences de chiffres. Le Royaume-Uni vient quant à lui de changer son système de comptage [une excellente méthode, merci : et si on diminuait le nombre de cas contact dans les écoles par exemple, de toute façon on sait pas quoi en faire et ça a un effet nocebo massif, ndc] afin de ne plus inclure de décès non liés directement au virus.

      30 000 DÉCÈS DEPUIS LE MOIS DE MARS, C’EST 30 000 DÉCÈS DE TROP
      MAIS ON EST LOIN DES PRONOSTICS AVANCÉS…

      Précisons qu’il s’agit de 30 000 décès sur 6 mois
      (mars-septembre). En comparaison, la grippe 2018-19 a tué 13 100 personnes en 2 mois seulement[1] et la canicule de 2003 a causé près de 20 000 victimes. Quant au tabac, il décime en moyenne 73 000 individus chaque année, soit plus de deux fois plus que la Covid.
      Pourtant, on n’arrête pas un pays parce que les gens fument !

      Propos recueillis par Sandra Franrenet, « Titulaire d’une thèse en éthique médicale, journaliste, spécialiste des sujets de société. Elle collabore aujourd’hui avec de nombreux titres de presse nationaux dont Le Canard enchaîné et Madame Figaro. »

      Contagion pour contagion, le tabac, c’est beaucoup plus sérieux que les trottinettes.

    • Le tabac, c’est 180 morts par jour sur l’ensemble du territoire. Covid, en avril, est monté à au moins 600 morts quotidiens (malgré le confinement comme le rappelle @monolecte), sur une poignée de départements.

      Plus généralement, sur les départements les plus touchés, au pic d’avril, il y a eu trois à quatre fois plus de morts chaque jour que les années précédentes :
      https://seenthis.net/messages/851561

      Ce qui s’est confirmé dans les zones urbaines dans le monde entier :
      https://seenthis.net/messages/847816#message851062

  • Que les #actionnaires du CAC 40 soient mis fortement à contribution ! - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170420/que-les-actionnaires-du-cac-40-soient-mis-fortement-contribution

    Bruno #Le_Maire a demandé aux entreprises qui font payer leurs #salaires par l’État via le chômage partiel de ne pas servir de dividendes à leurs actionnaires. Beaucoup de groupes du #CAC_40 ne respectent pas la consigne. Ils devraient plutôt être mis à #contribution. Et fortement.

    • quel #faux_derche ce Lemaire. Il espère abuser qui en faisant semblant de morigéner ses potes ?

      Sans doute Bruno Le Maire a-t-il pensé éteindre la semaine passée la polémique qui commençait à monter autour des dividendes versés par certains grands groupes français à leurs actionnaires. Prenant la posture énergique dont il est coutumier, il a donné de la voix pour signifier à ces entreprises qu’en ces temps de pandémie et de souffrance pour tout le pays, le moment serait vraiment mal choisi de couvrir d’or leurs actionnaires. Il a même été encore plus énergique que cela. Appelant ces entreprises à la modération, il a enjoint à celles d’entre elles qui font payer leurs salaires par l’État via le recours à la procédure du chômage partiel de ne pas verser de dividendes du tout. Question de décence et de civisme ! On ne peut pas solliciter l’argent public et précisément, au même moment, faire des ponts d’or à ses actionnaires…

      Le ministre des finances a parlé de manière si volontaire et pressante que la polémique s’est très vite éteinte. D’autant plus vite qu’une cascade de groupes ont annoncé qu’ils renonceraient à tout versement de dividendes. De scandale, il n’y en a donc pas eu. Et Bruno Le Maire a pu penser un moment qu’il avait bien piloté sa barque.

      Eh bien, non ! La vérité, c’est que le ministre des finances risque de sortir passablement ridiculisé par cet intermède. Et la polémique de repartir de plus belle. Car une belle ribambelle de groupes parmi les plus importants, dont certains du CAC 40, n’ont que très peu minoré le montant des dividendes versés à leurs actionnaires. Selon notre enquête, il s’en est même trouvé, comme Publicis, Vivendi, Michelin ou Capgemini, qui n’ont tenu aucun compte des propos de Bruno Le Maire, et qui, souhaitant avoir accès au chômage partiel, entendent verser tout de même de colossaux dividendes à leurs actionnaires. En clair, ce sont les impôts des contribuables qui seront mis à contribution pour payer les salaires, tandis que les actionnaires pourront continuer à arrondir leur magot.

      C’est d’autant plus choquant qu’en ces temps de crise, c’est exactement l’inverse qui devrait advenir. Ces actionnaires richissimes du CAC 40 ne devraient pas empocher des dividendes exorbitants et solliciter de l’argent public pour payer les salaires de leur groupe ; ils devraient à l’inverse être mis fortement à contribution pour aider le pays à traverser la crise. Et cette exigence devrait aussi concerner les groupes qui ne sollicitent pas d’aides publiques et qui prennent des postures vertueuses, alors qu’ils empochent aussi d’énormes dividendes, ou ne les réduisent qu’à peine. Et cette mise à contribution, on sait bien la forme qu’elle pourrait prendre : soit le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ; soit l’assujettissement, comme par le passé, des dividendes à l’impôt sur le revenu, en lieu et place de cette « flat tax », qu’Emmanuel Macron a créée et qui a constitué un formidable cadeau pour les plus riches – plus important encore que la suppression de l’ISF.

      Reprenons donc l’histoire à ses débuts pour comprendre comment Bruno Le Maire s’est fait berner (« à l’insu de son plein gré »). Le 30 mars au matin, il est l’invité de RMC et, d’un ton tranchant, essaie de convaincre l’opinion que, sous autorité, les directions des grandes entreprises n’auront pas de comportements cupides et pourraient même se montrer exemplaires, sinon citoyennes : « Je les invite à faire preuve, pour toutes les grandes entreprises qui ont accès aujourd’hui au chômage partiel, c’est-à-dire qui ont leurs salariés payés par l’État, à faire preuve de la plus grande modération en matière de versement de dividendes, et j’irai plus loin : soyez exemplaires », dit le ministre des finances.

      Et il ajoute à leur adresse : « Si vous utilisez le chômage partiel, ne versez pas de dividendes. Je pense que c’est quelque chose que chacun peut comprendre, et que chacun doit être exemplaire. Beaucoup de grandes entreprises l’ont compris, ont déjà pris la décision de ne pas verser de dividendes, parce qu’elles vont avoir besoin de cette trésorerie demain pour investir, pour payer leurs charges, pour relancer leur activité, donc j’invite toutes les grandes entreprises qui bénéficient du chômage partiel, soit à faire preuve de modération, soit… : mieux, donnez l’exemple et ne versez pas de dividendes. J’ajoute un point sur ce sujet, qui est très important, c’est que nous ne tolèrerons pas, non plus, que des entreprises fassent des rachats d’actions et versent des dividendes à leurs actionnaires. Les rachats d’actions, ils ne doivent pas être possibles quand on veut verser des dividendes, parce que c’est une façon d’augmenter les dividendes de manière artificielle, donc les rachats d’actions ne seront pas compatibles avec le bénéfice du soutien de la trésorerie de l’État. »

      L’appel de
      @BrunoLeMaire
      "Si vous utilisez le chômage partiel, ne versez pas de dividendes (...) On ne peut à la fois dire ’Je n’ai pas de trésorerie, j’ai besoin de l’Etat pour reporter mes charges’ et en même temps ’J’ai de la trésorerie pour mes actionnaires’"
      #BourdinDirect
      pic.twitter.com/CRk7Yt2qmu
      — RMC (@RMCinfo)
      March 30, 2020

      La vérité, pourtant, c’est sans doute que le message était à destination de l’opinion, pour la convaincre que le gouvernement veillait au grain, et non pas à destination des grandes entreprises qui, elles, visiblement, n’attachent pas trop d’importance aux propos ministériels. Car elles ont fait strictement ce qu’elles voulaient. Et même, en certains cas, exactement le contraire de ce que leur demandait le ministre.

      Et cela s’explique sans peine : si le ministre des finances fait mine de hausser le ton, il ne prend aucune mesure contraignante pour forcer les entreprises à respecter la ligne de conduite qu’il vient de fixer. En clair, les entreprises qui n’écoutent pas la recommandation ministérielle et servent des dividendes à leurs actionnaires savent qu’elles pourront tout de même accéder à la procédure d’activité partielle et que l’État paiera les salaires comme prévu. Il suffit d’ailleurs de se reporter au site Internet du ministère du travail pour vérifier que dans les conditions d’accès à la procédure, il n’est pas fait mention des dividendes.

      Concrètement, en cas d’activité partielle et si l’administration a accepté le dossier, l’employeur doit verser au salarié une indemnité correspondant à 70 % de son salaire brut par heure chômée, soit environ à 84 % du salaire net horaire dans la limite de 4,5 Smic. Et cette somme est ensuite remboursée par l’État. Cela correspond donc à une dépense publique absolument considérable, puisqu’au dernier pointage, jeudi matin, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, annonçait que 751 000 entreprises, soit plus d’une entreprise sur deux en France, avaient sollicité cette procédure du chômage partiel, portant sur 9 millions de salariés.

      19,2 millions de dividendes pour Élisabeth Badinter

      Pour une dépense aussi exorbitante, l’État était donc en droit de poser ses conditions. Comme le gouvernement s’y est refusé, des abus pour le moins choquants se sont multipliés. Résultat : notre enquête nous a permis de repérer assez vite des grandes entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires mais ont aussi demandé, sans le moindre scrupule, l’accès à la procédure d’activité partielle.

      En voici quatre exemples – mais il en existe sûrement de nombreux autres.

      L’un de ces groupes est Publicis, le géant français de la publicité. Ultra-prospère, le groupe, qui est l’une des valeurs du CAC 40, a d’abord joué ouvertement la carte de l’égoïsme social en décidant de maintenir en l’état ses prévisions initiales de versement de dividendes. Mais, face aux polémiques qui montaient, il a pris quelques mesures, de portée surtout cosmétique, pour signifier qu’il n’était pas indifférent aux difficultés du pays en général et de ses salariés en particulier. Les dirigeants du comité exécutif et du directoire vont ainsi voir diminuer leur rémunération fixe de 20 % aux deuxième et troisième trimestres de 2020, et même de 30 % dans le cas du patron exécutif du groupe, Arthur Sadoun, et du président du conseil de surveillance Maurice Lévy, dont les rémunérations étaient respectivement de 1 million et 2,8 millions d’euros. Mais quid de la rémunération variable qui, dans le cas d’Arthur Sadoun, atteignait en 2018 la somme faramineuse de 3,1 millions d’euros ? L’entreprise n’a pas jugé utile d’apporter cette précision.

      Quant aux dividendes, l’entreprise a fait un geste, en les réduisant de moitié par rapport à ce qui était prévu initialement en février. Mais ce qui était envisagé était tellement considérable que les sommes qui vont être finalement versées donnent toujours le tournis. Concrètement, la réduction du dividende de 2,30 euros par action à 1,15 euro conduira le groupe à verser la somme totale de 276 millions d’euros à ses actionnaires. Libération prend soin de préciser que Maurice Lévy, qui a longtemps été l’une des grandes figures du capitalisme parisien, et qui a défrayé la chronique, en 2012, avec son mégabonus de 16 millions d’euros quand il a abandonné la direction exécutive du groupe, va donc empocher 5,4 millions d’euros en dividendes.

      Mais pour la fille du fondateur de Publicis, Marcel Bleustein-Blanchet (1906-1996), qui n’est autre que la philosophe Élisabeth Badinter, la somme est encore plus considérable : comme elle contrôle 7 % du groupe, elle va percevoir la somme faramineuse de 19,2 millions d’euros en dividendes.

      Or, sans la moindre gêne, le groupe est l’un de ceux, parmi les plus importants, selon nos informations, qui ont recours au dispositif de l’activité partielle. Il l’a notamment sollicité pour les salariés du Drugstore, sur les Champs-Élysées, qui est fermé depuis le début de la crise sanitaire.

      Comment Élisabeth Badinter, qui est vice-présidente du conseil de surveillance de Publicis, peut-elle justifier cela ? Dans le passé, elle a souvent été mise en cause pour le grand écart dont elle est coutumière entre les positions morales qu’elle prend dans le débat public et son rôle dans la vie du capitalisme parisien, et l’immense fortune qu’elle accumule (son patrimoine est évalué par Challenges à 850 millions d’euros). Mais dans le cas présent, l’affaire est encore plus choquante car, de facto, Élisabeth Badinter, qui comme son mari a longtemps accompagné le parti socialiste, s’enrichit, tout comme Maurice Lévy, sans la moindre gêne, sur le dos des contribuables. Avec l’assentiment tacite de Bruno Le Maire.

      Le groupe Capgemini est aussi à classer dans la même catégorie des valeurs vedettes du CAC 40 qui n’ont aucun scrupule à solliciter le dispositif de l’activité partielle, tout en couvrant d’or leurs actionnaires.

      Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce groupe-là est aussi prospère et évolue dans un secteur qui est moins exposé que d’autres aux violentes turbulences du moment. Il suffit de se référer aux bilans financiers qu’il vient lui-même de publier. Pour l’année 2019, le groupe a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 14,1 milliards d’euros, en hausse de 7 %, et un résultat net de 856 millions d’euros, en hausse de 17 %. Preuve que tout va pour le mieux pour ce groupe dont le PDG est Paul Hermelin, ancien directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn à l’Industrie et ami de François Hollande.

      Sans la moindre gêne non plus, imperméable aux logiques de solidarité, le groupe compte donc continuer à enrichir fortement ses actionnaires, comme si de rien n’était. Il a donc annoncé qu’il verserait à ceux-ci un dividende de 1,90 euro par action, en hausse de… 12 % ! Or, comme le groupe précise que le taux de distribution du résultat net est de 35 %, on peut en déduire que ce sont donc 299 millions d’euros qui vont être distribués aux actionnaires.

      En ces temps de crise, les personnels soignants manquent de tout : de masques, de blouses, de matériel, de moyens. Mais les actionnaires de Capgemini continuent de s’enrichir spectaculairement.

      Or, le plus invraisemblable, c’est que le même groupe, dirigé par un patron qui lui aussi a été longtemps proche des socialistes, sollicite le bénéfice du chômage partiel. Selon nos informations, cela a été annoncé mercredi devant l’un des comités sociaux et économiques (CSE) du groupe, celui de la division dite « Infra ». Le groupe a annoncé aux élus du personnel qu’elle envisageait « de recourir au chômage partiel sur une période prévisionnelle allant du 16 mars au 30 juin 2020 selon les différentes modalités suivantes : fermeture temporaire de services avec impossibilité de télétravailler ; aménagement à la baisse des horaires de travail en réduisant le nombre d’heures, de jours travaillés ».

      Cette décision présente une incongruité : on constate en effet que le groupe entend recourir au chômage partiel malgré la richesse qu’il affiche et dont profitent ses actionnaires ; mais, encore plus culotté, il entend profiter de la procédure de manière rétroactive… au 16 mars ! Il sera intéressant de vérifier si l’administration accepte aussi ce passe-droit.

      Selon un document syndical de la CFTC, un conseil d’administration pourrait se tenir le 27 avril, avec à son ordre du jour une réduction du dividende. Mais devant le CSE, aucune indication de ce genre n’a été apportée aux représentants du personnel.

      Un dividende en hausse de 20 % chez Vivendi

      Le groupe Michelin fait également partie du lot. Il a en effet pris lui aussi des mesures pour montrer qu’il prenait en compte la crise et réduisait les largesses dont profitent habituellement ses dirigeants et ses actionnaires. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a été fait… chichement ! Dans un communiqué, le groupe annonce ainsi que « Florent Menegaux et Yves Chapot, gérants du groupe Michelin, ont choisi de diminuer d’environ 25 % leur rémunération », mais cela ne vaut pour l’instant que… « pour les mois d’avril et de mai 2020 », ce qui est donc purement symbolique. Et « les membres du comité exécutif du groupe ont volontairement décidé de baisser leur rémunération d’environ 10 % pendant la même période ». Ce qui est encore plus microscopique. Le communiqué ajoute ceci : « Cette baisse sera reconduite aussi longtemps que des salariés du groupe se trouveront en situation d’activité partielle au motif de la crise sanitaire du Covid-19. »

      Mais le groupe Michelin n’a pas décidé de supprimer le versement des dividendes. Il a seulement choisi de les réduire un peu, même pas de moitié, les abaissant des 3,85 euros qui avaient été initialement annoncés à 2 euros l’action, le versement devant intervenir le 3 juillet.

      Or, le groupe Michelin, comme il le dit lui-même, a aussi sollicité la procédure de chômage partiel. Concrètement, toutes les usines du groupe ont été fermées en France les deux dernières semaines de mars. Pendant cette période, l’entreprise a rémunéré les salariés pendant deux jours et leur a demandé de prendre le solde en jours de congé ou de récupération.

      Puis le groupe a mis en chômage partiel près de 9 500 salariés, ceux de la logistique et de la production, avec l’idée de relancer cette dernière, si possible, vers la mi-avril. Près de 1 500 salariés ont dans cette perspective repris le travail la semaine passée, et près de 2 500 de plus cette semaine.

      Dans la même catégorie, il y a aussi le groupe Vivendi, piloté par Vincent Bolloré. Nos confrères du journal Les Jours racontent que dans la convocation pour l’assemblée générale des actionnaires prévue pour le 20 avril, le président du conseil de surveillance, Yannick Bolloré (le fils du père), et le président du directoire, Arnaud de Puyfontaine, font cette annonce : « Cette année, le directoire vous propose le versement d’un dividende de 0,60 euro par action au titre de 2019, en progression de 20 %, représentant une distribution globale de 697 millions d’euros. »

      Avec une hausse de 20 % du dividende, Vivendi se moque donc totalement des recommandations de modération formulées par Bruno Le Maire. Mais cela ne s’arrête pas là. Les Jours précisent que la sixième résolution prévue pour l’assemblée générale des actionnaires envisage le rachat par Vivendi de ses propres actions, « dans la limite de 10 % du capital », en vue de les annuler. Or, c’est aussi ce que Bruno Le Maire avait vivement prohibé dans les termes dont on se souvient : « Nous ne tolèrerons pas, non plus, que des entreprises fassent des rachats d’actions et versent des dividendes à leurs actionnaires. Les rachats d’actions, ils ne doivent pas être possibles quand on veut verser des dividendes, parce que c’est une façon d’augmenter les dividendes de manière artificielle, donc les rachats d’actions ne seront pas compatibles avec le bénéfice du soutien de la trésorerie de l’État. »

      Or, cela n’empêche nullement Vivendi de recourir au chômage partiel. C’est le cas dans certaines branches de sa filiale Editis. Alors que le monde de l’édition est évidemment frappé par la quasi-interruption de la vente des livres en librairie, Editis n’a pas été la première maison à recourir au chômage partiel – le Seuil a commencé bien avant –, mais elle y est finalement venue, notamment dans ses divisions de distribution. Certaines maisons d’édition appartenant à la galaxie ont aussi suivi finalement le mouvement. Et l’autre grande filiale de Vivendi qu’est Canal+ recourt aussi au chômage partiel, aussi prospère que soit son actionnaire.

      En somme, des groupes parmi les plus importants du CAC 40 ont fait un véritable bras d’honneur à Bruno Le Maire, qui lui-même n’a rien fait pour leur interdire de solliciter des fonds publics. C’est donc une prédation consentante qui est actuellement à l’œuvre sur l’argent public.

      Il faut d’ailleurs observer que, même quand elles ne recourent pas au chômage partiel, beaucoup d’entreprises n’ont pas entendu les appels à la modération du ministre des finances sur le versement des dividendes.

      Dans cette autre catégorie, il y a d’abord les entreprises richissimes qui ont ignoré le ministre mais en signifiant qu’elles n’auraient pas, à la différence d’autres, l’indécence d’aller mendier de l’argent public pour payer leurs salariés. C’est le cas de L’Oréal, qui a maintenu le versement hors-norme de ses dividendes (pour 2,4 milliards d’euros) mais a promis de maintenir « la totalité des emplois », et sans recourir « au chômage partiel jusqu’à fin juin ».

      Toujours indifférent aux polémiques qu’il suscite chaque année pour l’énormité des sommes qu’il distribue à ses actionnaires, le groupe Total, lui, leur a versé le 1er avril la somme gigantesque de 1,7 milliard, soit le quart du dividende prévu sur l’année. Mais lui aussi a précisé, comme pour s’excuser, qu’il ne « ne sollicitera[it] pas le soutien de l’État […], que ce soit sous forme de soutien de trésorerie (prêts bancaires garantis, report de paiement des charges sociales ou fiscales) ou de recours au dispositif exceptionnel de chômage partiel ».

      Enfin, Air liquide a aussi choisi de maintenir le versement de ses dividendes, tout comme Dassault Système, dont le dividende va même augmenter (à 70 centimes l’action, contre 65 l’année précédente).

      Il y a encore une autre catégorie d’entreprises, la catégorie de celles qui ont choisi de baisser un peu leurs dividendes, même si c’est parfois de manière infime. C’est le cas par exemple du groupe de luxe Hermès, qui abaissé son dividende de 5 à 4,55 euros l’action (soit une diminution de 40 millions d’euros, au total) et dit « disposer d’une trésorerie suffisante » pour traverser cette période « sans avoir recours aux aides publiques exceptionnelles », dont le chômage partiel. On est donc là encore très loin de la modération prônée par Bercy.

      Le conseil d’administration du géant du luxe LVMH, réuni le 15 avril a, de son côté, annoncé qu’il allait proposer à l’assemblée générale du groupe le 30 juin « un dividende réduit de 30 % par rapport au montant annoncé le 28 janvier 2020 ». Ainsi, le dividende de l’exercice 2019 serait de 4,80 euros par action. En outre le conseil d’administration « a été informé de la décision prise par Bernard Arnault, en sa qualité de PDG, et par chacun des autres administrateurs exerçant des fonctions exécutives au sein du groupe de renoncer à leur rémunération pour les mois d’avril et mai 2020 ainsi qu’à toute rémunération variable au titre de l’année 2020 ».

      Pour Bernard Arnault, il s’agit donc de gestes purement symboliques. Il est désormais la troisième fortune mondiale, avec un patrimoine évalué par Forbes à 105,1 milliards de dollars (96,8 milliards d’euros). Alors, deux petits mois de salaire, c’est une goutte d’eau pour un milliardaire, dont la fortune prospère surtout avec ses dividendes. Le montant de son salaire brut variable ne sera fixé qu’au terme de l’exercice en cours, mais à titre de comparaison, celui qui sera soumis au vote des actionnaires en juin au titre de 2019 s’élève à 2,2 millions d’euros. Il faut par ailleurs noter que le groupe ne dit rien sur un éventuel recours au chômage partiel, à la différence par exemple de Hermès.

      Dans les baisses modestes du dividende, on peut encore citer des groupes comme Legrand ou Veolia.

      Autre sous-catégorie, il y a encore les groupes richissimes qui ont reporté leurs annonces ou qui ne semblent pas très pressés de les faire, sans doute pour ne pas attiser la polémique, et disposer ultérieurement de davantage de liberté. Le géant du luxe Kering n’a ainsi pas encore annoncé ses intentions.

      Alors que la plupart des banques ont annulé le versement de dividendes, BNP Paribas a seulement choisi de suspendre toute décision et de la renvoyer à un conseil d’administration après le 1er octobre.

      Dans le cas des entreprises publiques ou de celles où l’État a des participations, le gouvernement avait indiqué qu’il attendait d’elles qu’elles ne versent aucun dividende. Or, là encore, on relève des entorses. Pourtant ébranlée par la crise, l’entreprise publique Aéroport de Paris a annoncé qu’elle aurait recours au chômage partiel, mais, pour les dividendes, elle n’a pas choisi d’en annuler le versement en totalité : un acompte de 0,70 centime a été versé et c’est seulement le solde qui ne le sera pas.

      Tout aussi surprenant, l’entreprise Transdev, dont la Caisse des dépôts est actionnaire à hauteur de 34 %, versera un dividende de 23 millions d’euros, soit la moitié de son résultat net. Qu’en pense l’État actionnaire ? Tout cela montre bien qu’il s’agit d’une histoire en trompe-l’œil.

      Reste bien sûr une grande cohorte de groupes qui ont renoncé à verser des dividendes. Dans le lot, il y a Accor, Airbus, EDF (hormis un acompte déjà versé !), Eiffage, Engie ou encore Safran.

      Quoi qu’il en soit, les grandes annonces de Bruno Le Maire apparaissent pour ce qu’elles sont : une pantalonnade. Et les contribuables seront les dindons de la farce. Ce qui, en cette période de crise et de souffrances sociales, est particulièrement indécent.

      La morale de l’histoire, on la devine : le gouvernement devrait sur-le-champ prendre des mesures contraignantes pour que les groupes du CAC aidés par l’État via la procédure du chômage partiel ne puissent pas verser des dividendes. Plus généralement, les actionnaires de ces grands groupes devraient sur-le-champ être mis à contribution. Ceux de Total aussi bien que ceux de L’Oréal, en passant par ceux de Capgemini, de LVMH ou encore de Michelin. Ne serait-il pas juste qu’Élisabeth Badinter, à la tête d’une si gigantesque fortune, soit conviée à un effort de solidarité ? Et Bernard Arnault, qui est plus riche encore, et qui se moque du monde en baissant de manière si minime sa rémunération, ne devrait-il pas lui aussi être invité à participer à l’effort de toute la nation ? Ce ne serait que justice.

  • Coronavirus : "On doit se préparer à l’ouragan !"

    Le #coronavirus, trop ou trop peu, trop tôt, trop tard ? Les politiques de lutte contre la #pandémie sont-elles proportionnées à l’événement, notamment en #France, et comment les médias en France éclairent-ils ou pas cette question ? Au lendemain de l’intervention d’Emmanuel Macron, question posée à nos deux invités : #François_Salachas, neurologue à la Pitié-Salpêtrière et membre du collectif Inter-Hôpitaux ; et #Philippe_Devos, intensiviste au CHC de Liège, président de l’Association belge de syndicats de médecins (ASBYM).

    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/coronavirus-on-doit-se-preparer-a-louragan

    #parole_d'experts #covid-19 #covid_19 #épidémie #hôpitaux #système_de_santé #santé_publique #parole_de_médecins

    Une #vidéo très instructive en présence de François Salachas que vous vous rappelez probablement pour ce dialogue avec #Macron :
    Macron chahuté à l’hôpital : « Vous pouvez compter sur nous… l’inverse reste à prouver »


    http://www.leparisien.fr/video/video-macron-interpelle-a-l-hopital-ah-oui-vous-pouvez-compter-sur-nous-l

  • Reconnaissance faciale : « On crée l’accoutumance »
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/reconnaissance-faciale-on-cree-laccoutumance

    La reconnaissance faciale est-elle une innovation extraordinaire, qui va simplifier la vie des consommateurs et des usagers de l’administration, ou au contraire est-elle une redoutable technique liberticide de surveillance de masse ? A moins qu’elle ne soit la dernière ruse des marchands pour nous extorquer les données, ce « pétrole du 21ème siècle ». Sur ce nouvel objet de craintes et de fantasmes, trois invités : Olivier Tesquet, journaliste à Télérama ; Asma Mhalla, chercheuse sur les enjeux (...)

    #Amazon #algorithme #Alicem #CCTV #smartphone #SmartCity #biométrie #migration #vidéo-surveillance #facial #reconnaissance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##surveillance ##LaQuadratureduNet ##CNIL
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/20191115/action/show

  • [vidéo] Cryptomonnaie : « Il faut démanteler Facebook »
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/cryptomonnaie-il-faut-demanteler-facebook

    Est-ce que demain nous ferons nos courses non plus en euros ou en dollars mais en « monnaie Facebook » ? Selon des rumeurs persistantes, le réseau social serait sur le point de lancer sa propre crypto-monnaie - sa monnaie virtuelle. L’information ne semble pas émouvoir les médias ni les responsables politiques français. Pourtant l’enjeu est considérable, la monnaie étant l’un des attributs essentiels de la souveraineté des Etats. Durée : 56 min. Source : Arrêt sur images

  • [vidéo] Ventes d’armes : “Plus ils ferment de portes, plus ils créent des fantasmes”
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/ventes-darmes-plus-ils-ferment-de-portes-plus-ils-creent-des-fantasm

    Enquêter sur les ventes d’armes avec des mots, avec des cartes, avec des images : c’est le sujet de notre émission d’aujourd’hui, avec trois invités : la journaliste Anne Poiret, réalisatrice du documentaire “Mon pays fabrique des armes” et auteure du livre “Mon pays vend des armes” ; le journaliste Geoffrey Livolsi, co-fondateur du média Disclose qui a enquêté sur l’implication d’armes françaises dans la guerre au Yemen ; et enfin Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les questions de défense depuis 25 ans, actuellement à L’Opinion. Durée : 1h. Source : Arrêt sur images

  • L’Obs et #MeToo : « Chacun voit ce qu’il veut dans une image » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/lobs-et-metoo-chacun-voit-ce-quil-veut-dans-une-image
    #sexisme en action dans cette emission ASI avec un invité artiste completement stupide qui ne comprend rien à ce qu’il fait et un macho du nouvel obs qui ne voie pas le problème à déturné les images d’un photographe pour en faire un discours masculiniste sur le déclin de la virilité.

  • Gilets jaunes : « Les bavures policières, c’est l’omerta absolue » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-les-bavures-policieres-cest-lomerta-absolue

    Plusieurs semaines de silence quasi complet de tous les médias et tout à coup, en quelques jours, un déferlement d’émissions et d’articles sur la répression policière du mouvement des Gilets jaunes. Répression qui, à ce jour, a provoqué une centaine de blessés graves, dont une quinzaine a perdu un œil. Pour comprendre comment et pourquoi un système médiatique peut focaliser sur un phénomène qu’il ignorait la veille nous recevons sur notre plateau : David Dufresne, journaliste indépendant, auteur de Maintien de l’ordre (Hachette Littérature), il recense depuis le début du mouvement toutes les images de violences policières contre des Gilets jaunes et des journalistes ; Axel Ronde, secrétaire général du syndicat VIGI Police (organisation ex CGT) ; Eric Dessons, reporter photographe au Journal du Dimanche, gravement blessé à la main par les forces de l’ordre durant l’acte 4.

  • Allo place Beauvau : le récapitweete
    http://www.davduf.net/alloplacebeauvau

    Depuis le 4 décembre, je récapitweete dans ma timeline Twitter et signale @Place_Beauvau les vidéos #violencespolicières sur les #giletsjaunes - aidez moi dans cette compilation. Merci d’avance. Tout est parti d’un coup, sans trop réfléchir, une réaction à l’inaction (globale) des médias (globaux). Tout est parti sur Twitter, là d’où tout part. Répertorier les vidéos (et quelques témoignages) de manifestants blessés, certains mutilés à vie, des traces de manquements graves (parfois possibles, souvent (...)

    #Police

    / Une, #Gilets_Jaunes, #Police, #Maintien_de_l'ordre

    « https://twitter.com/davduf/status/1070245704998838272 »
    « https://twitter.com/search?q=allo%20%40Place_Beauvau%20-%20c%27est%20pour%20un%20signalement%20 »
    « https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan »
    « https://www.etaminstudio.com »
    « https://visionscarto.net »
    « http://www.maximezoffoli.com »
    « http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/12/09/97001-20181209FILWWW00099-videos-gilets-jaunes-des-violences-policieres-den »
    « http://lavdn.lavoixdunord.fr/503860/article/2018-12-09/un-journaliste-repertorie-les-violences-policieres-dont-sont-vict »
    « https://www.franceinter.fr/emissions/la-revue-de-presse/la-revue-de-presse-10-decembre-2018 »
    « https://www.arretsurimages.net/articles/a-la-tele-deux-regimes-pour-les-videos-de-violences »
    « https://www.arretsurimages.net/articles/gilets-jaunes-cinq-videos-de-violences-policieres-passees-au-crible »
    « https://www.facebook.com/konbinifr/videos/613540952398427 »
    « https://www.france.tv/france-2/envoye-special/836859-envoye-special.html »
    « https://www.lepoint.fr/societe/le-maintien-de-l-ordre-a-la-francaise-a-explose-en-vol-14-12-2018-2279276_23 »
    « https://abonnes.lemonde.fr/police-justice/video/2018/12/15/pourquoi-est-il-si-difficile-de-maintenir-l-ordre-dans-certaines-manifestations_5397992_1653578.html?xtref=https://www.lemonde.fr »
    « https://youtu.be/7Xr4L8riOes

     »
    « https://www.youtube.com/watch?v=lp1LoauFhds
     »
    « https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/12/tirs-de-flashball-grenades-combien-y-a-t-il-eu-de-blesses-graves-parmi-le »
    « https://www.liberation.fr/france/2019/01/11/gilets-jaunes-eclats-de-grenades-brulures-membres-arraches-retour-sur-82- »
    « https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/policiers-agresses-aux-champs-elysees-les-motos-de-tous-les-dangers_16995 »
    « https://www.franceinter.fr/justice/gilets-jaunes-on-a-soumis-8-videos-et-photos-de-violences-policieres-pre »
    « https://www.nouvelobs.com/societe/20190110.OBS8278/david-dufresne-la-police-s-est-enfermee-dans-une-logique-d-escalade-et-d- »
    « https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/police-assiste-t-a-une-montee-des-violences
     »
    « https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/16/maintien-de-l-ordre-le-lourd-bilan-des-lanceurs-de-balle-de-defense_5409630_ »
    « https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/16/violences-policieres-on-est-dans-le-mensonge-d-etat_5409824_3224.html »
    « https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/lanceurs-de-balles-de-defense-le-choix-qui-a-ete-fait-depuis-une-dizain »
    « https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-10/880189-il-denonce-les-violences-policieres-c-a-vous-16-01-2019.html »
    « http://www.francesoir.fr/actualites-france/gilets-jaunes-gravement-blesses-la-colere-monte-et-met-la-police-sous-pre »
    « https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-les-bavures-policieres-cest-lomerta-absolue »
    « https://seenthis.net/tag/maintien_de_l%E2%80%99ordre?follow=davduf »
    « https://www.data.gouv.fr/fr/organizations/observatoire-national-de-la-delinquance-et-des-reponses-penales-ondrp »
    « https://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2018/11/29/blessures-au-flashball-et-a-la-grenade-offensive-u »
    « https://www.dalloz-actualite.fr/flash/responsabilite-de-l-etat-du-fait-de-l-utilisation-d-un-flash-ball »
    « https://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2014/04/22/conseils-juridiques-aux-personnes-blessees-par-des »
    « https://desarmons.net/index.php/2018/12/28/conseils-a-lattention-des-personnes-blessees-par-la-police-et-de-leurs-pr »
    « https://seenthis.net/tag/maintien_de_l%27ordre »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf »

  • Démocratie représentative : « Quel ministre est aujourd’hui en prison ? Il n’y en a pas » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/democratie-representative-quel-ministre-est-aujourdhui-en-prison-il-

    Conséquence inattendue du mouvement des Gilets jaunes, un débat s’est ouvert sur la démocratie représentative, telle qu’elle est pratiquée en France, depuis la Révolution française, c’est-à-dire le fait de déléguer à des représentants élus les pouvoirs législatif et exécutif. Faut-il en finir avec la démocratie représentative ou peut-on tenter de la sauver en la rendant vraiment représentative ? Jusqu’où nous entraîne ce débat vertigineux ? C’est le sujet de notre émission avec trois invité.e.s :
    • Julia Cagé, économiste, auteure de l’ouvrage Le prix de la démocratie (Editions Fayard) ;
    • Charlotte Girard, co-responsable du programme de La France Insoumise et professeure de droit constitutionnel à Nanterre ;
    • François Boulo, avocat, porte-parole des Gilet jaunes de Rouen.
    Et on se demandera avec notre chroniqueuse et historienne, Mathilde Larrère, si c’est la première fois depuis la Révolution que la démocratie représentative est contestée en France.

  • Gilets jaunes : « Les #bavures policières, c’est l’omerta absolue » - Par La rédaction | #Arrêt_sur_images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-les-bavures-policieres-cest-lomerta-absolue
    #violences_policières
    #libre_accès #video

    @davduf

    Plusieurs semaines de silence quasi complet de tous les médias et tout à coup, en quelques jours, un déferlement d’émissions et d’articles sur la répression policière du mouvement des #Gilets_jaunes. Répression qui, à ce jour, a provoqué une centaine de blessés graves, dont une quinzaine a perdu un #œil. Pour comprendre comment et pourquoi un système médiatique peut focaliser sur un phénomène qu’il ignorait la veille nous recevons sur notre plateau : #David_Dufresne, journaliste indépendant, auteur de Maintien de l’ordre (Hachette Littérature), il recense depuis le début du mouvement toutes les images de violences policières contre des Gilets jaunes et des journalistes ; Axel Ronde, secrétaire général du syndicat #VIGI_Police (organisation ex CGT) ; Eric Dessons, reporter photographe au Journal du Dimanche, gravement blessé à la main par les forces de l’ordre durant l’acte 4.

    • Je n’ai jamais supporté Schneidermann qui n’est qu’un usurpateur, il n’a jamais eu l’idée ni du contenu de l’émission ni même du nom d’Arrêt sur Images, et s’est approprié ma conceptualisation via Alain Jaubert. Tous deux font partis de ces petits marquis de 68 qui tout en ayant une façade de mecs de gauche (partage, militantisme) ont au final bel et bien construit leur pouvoir sur le travail des autres.

      Ici, non seulement DS laisse David pleurer sans le sortir de l’ornière en le guidant comme doit le faire un journaliste qui mène une interview mais il donne encore la preuve de sa morgue en balançant à David Dufresne @davduf « y’a que 30 millions d’amis que vous avez pas encore fait ».
      Et l’émission de se conclure par un Ben finalement, ça fait longtemps que les manifs sont violentes, et elles le sont quand même moins maintenant () et hop jetés aux oubliettes les 350 manifestants blessés.
      #chien_de_garde
      Franchement, je ne sais pas sur quelle base il y a encore une équipe pour le suivre, tenue par le fric ou le mensonge ?

    • C’est sévère mais peut-être le connais) tu très bien , J’ai bossé un peu avec lui au Monde vers les années 1990-1993 et ce n’est pas le souvenir que j’en avais (mais je ne le connaissais pas plus que ça). ET comme toi, y en a certains autres pour qui je nourris une haine sans limite :) dans ce groupe de presse, mais ils ne méritent même pas d’être nommés.

  • #Gilets_jaunes : « On veut montrer que la #foule est hystérique, sauvage, barbare »

    Attention, ne pas confondre ! Il y aurait d’un côté les « vrais » Gilets jaunes, ceux des fins de mois impossibles et des problèmes de pouvoir d’achat, et de l’autre côté les #casseurs, les #pillards, les #incendiaires. Telle a été, tout au long des quatre premiers actes du #mouvement des Gilets jaunes le discours médiatique et politique dominant. Que vaut cette distinction en 2018, et que vaut-elle en regard de tous les mouvements insurrectionnels, petits et grands, dont notre Histoire est jalonnée, en remontant à mai 68 et pourquoi pas aussi à la Révolution française ? Questions posées à nos trois invités : #Isabelle_Sommier, sociologue spécialiste des mouvements sociaux et de la violence politique ; #Gérard_Bras, philosophe, auteur des « Voies du peuple » (Ed. Amsterdam, 2017) ; et #Ludivine_Bantigny, historienne spécialiste notamment de mai 68.

    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-on-veut-montrer-que-la-foule-est-hysterique-sauvage-ba
    #vrais_gilets_jaunes #catégorisation #distinction

    "LE PEUPLE" EN POLITIQUE DEPUIS LA REVOLUTION - GÉRARD BRAS
    https://www.youtube.com/watch?v=hl95yuyjEBU


    #peuple

  • En Macronie, le regard d’un ethnologue qui a réussi à pénétrer une tribu très exotique, aux mœurs inconnues.
    https://lemediapresse.fr/idees/demosthene-macron-est-desormais-percu-par-beaucoup-comme-un-pervers-ma

    Anonyme, « bien introduit dans les différents cercles de la macronie », selon ses propres mots, Démosthène est l’auteur du Code Jupiter : Philosophie de la ruse et de la démesure, qui vient de paraître aux Éditions des Équateurs. Il y dissèque la philosophie de Macron, libérale et machiavélique. Il revient avec nous sur son pamphlet.

    • Démosthène : Pour comprendre ces saillies de Macron, il faut en revenir à #Mandeville (1670-1733) que #Hayek, chef de file de l’école néo-libérale, présentait comme un « master mind » ― c’est vous dire l’importance de ce penseur mal connu du grand public, mais extrêmement apprécié dans la mouvance néo-libérale. Ces deux traits sont d’ailleurs complémentaires : c’est parce que Mandeville dit tout sans aucune circonlocution morale sur les mécanismes de l’appropriation privée qu’il faut le cacher au grand public. Mandeville est ainsi l’inventeur d’un redoutable art de gouverner fondé sur un habile dosage de la flatterie et du blâme. Cet art se présente comme une réponse à la question politique centrale : comment faire vivre les hommes ensemble sachant qu’ils sont égoïstes et que la contrainte n’est pas suffisante pour les soumettre ? Réponse de Mandeville : pour qu’ils consentent à obéir aux lois, il faut ― rançon de leur égoïsme ― les payer. Mais, comme ils sont nombreux et qu’il n’y aurait jamais assez d’argent pour tous les rémunérer, il faut les dédommager avec une monnaie… qui ne coûte rien ― sinon un peu de vent. C’est en effet en parole qu’on peut les payer, avec des flatteries célébrant l’étendue de leur entendement, leur merveilleux désintéressement personnel, leur noble souci de la chose publique et donc l’élévation de leurs âmes. Cette façon de circonvenir les hommes constitue, selon Mandeville, l’essence du Politique, le cœur de l’économie politique. Cette politique de la flatterie, menée par des politiques rusés est pour lui la seule susceptible de pouvoir faire vivre les hommes ensemble. On peut la mettre en œuvre en agissant sur deux leviers. D’une part, on désignera une classe d’individus dangereux constituée de « ceux qui aiment foutre le bordel », des « cyniques, » de « ceux qui ne sont rien et heureux de l’être », des « chômeurs multirécidivistes du refus d’embauche », des « pauvres qui coutent un pognon dingue » et autres amabilités. D’autre part, le fait de désigner à la vindicte publique cette basse classe d’irréductibles permet de poser en regard une large classe toute en dignité composée d’êtres travailleurs et obéissants à qui l’on dira qu’ils ont réussi là où les autres ont failli, ce qui permettra de les ériger en individus modèles capables de se modérer et de prendre autrui en considération. Le but, c’est non seulement de créer deux classes imaginaires opposées stabilisant le champ social, mais c’est aussi et surtout de donner libre cours à une troisième classe tirant les ficelles de l’ensemble. Cette troisième classe se caractérise de faire semblant d’obéir à la loi dans un double but : profiter du prestige des vertueux et, surtout, tenir tout le monde tranquille afin d’en tirer tous les bénéfices possibles. Nous sommes là au cœur de la politique du Capital qui intéresse aujourd’hui beaucoup le capitalisme financier d’où vient Macron.
      Or, pour mettre en œuvre cette politique, on peut être habile, semi-habile ou maladroit. Et Macron fut maladroit.

    • Éditions des Équateurs / à paraître / Le code Jupiter / Philosophie de la ruse et de la démesure
      http://editionsdesequateurs.fr/aParaitre/oo/LeCodeJupiter

      "J’ai écrit ce petit pamphlet parce que je désire expliciter ce « nouveau monde », son mystérieux projet dont les réformes en cours, nombreuses, ne laissent entrevoir que la pointe de l’iceberg. Je conçois mon rôle comme celui d’un ethnologue qui a réussi à pénétrer une tribu très exotique, aux moeurs inconnues, et à s’y fondre. À cela près que ce n’est pas des Nambikwara ou des Bonoros dont je vais parler. Mais du groupe qui a pris la direction de l’État français et que j’appellerais les Jupitériens. 

      De moi, je ne dirai rien, sinon que je suis bien introduit dans les différents cercles de la macronie. Et, comme je tiens à le rester, il ne me reste plus qu’à avancer masqué."

    • Quant à Ricœur, il ne retient que la division du sujet entre mêmeté (ce que le sujet a d’immuable dans la durée) et ipséité (ce qui renvoie à l’action instantanée dans ce qu’elle a d’unique). De sorte qu’autrui (dont Ricœur parle beaucoup) disparaît purement et simplement au profit d’une duplicité interne du soi, jouant de sa division entre mêmeté et ipséité ― ce qui fait alors apparaître Macron comme un personnage essentiellement intéressé à tisser sa propre légende.

    • D’autre part, le fait de désigner à la vindicte publique cette basse classe d’irréductibles permet de poser en regard une large classe toute en dignité composée d’êtres travailleurs et obéissants à qui l’on dira qu’ils ont réussi là où les autres ont failli, ce qui permettra de les ériger en individus modèles capables de se modérer et de prendre autrui en considération.

      Me/ se rappelle le mépris de classe du contrôleur des impôts lorsque dans son bureau il eut fini de lire ma lettre demandant annulation de ma dette :
      « Avec mon intelligence j’aurai pu faire beaucoup mieux que contrôleur des impôts, c’est pour ne pas tomber dans votre déchéance que j’ai accepté ce poste ».
      Je suis ressortie de là en comprenant que le rôle des pauvres était de faire peur et de rassurer les #honnêtes_gens sur leur soumission.
      #marché_des_pauvres