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  • Google, entreprise malfaisante | Étienne Gernelle
    https://www.lepoint.fr/editos-du-point/etienne-gernelle/gernelle-google-entreprise-malfaisante-21-07-2021-2436385_782.php

    Ce journal, chers lecteurs, n’est pas, vous le savez, un bureau de propagande anticapitaliste ou altermondialiste. Mais quand notre business est à son tour victime d’une entreprise, nous sortons le couteau, et le mettons entre les dents. Source : L’édito à deux balles

  • Le nombre de sanctions dans la police au plus bas ces deux dernières années, Ismaël Halissat et Fabien Leboucq
    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/le-nombre-de-sanctions-dans-la-police-au-plus-bas-ces-deux-dernieres-anne

    Une table ronde du Beauvau de la sécurité devrait être consacrée lundi au « contrôle interne » de la police. En 2019 et 2020, le nombre de mesures disciplinaires dans la police atteint un niveau historiquement bas. Celles pour violences ont même été divisées par trois par rapport à la moyenne de la dernière décennie, selon des données internes obtenues par Libération.

    D’un côté, il y a les mots. « Je souhaite que la police de la République soit sans reproche, affirmait en avril Emmanuel Macron. Je veux aussi que l’on tire toutes les conséquences disciplinaires quand il y a un rapport à charge. » De l’autre, il y a les actes. Depuis l’arrivée au pouvoir du Président, le nombre de policiers sanctionnés a atteint un niveau historiquement bas. C’est ce que montrent de nouvelles données internes à cette administration pour les années 2019 et 2020, que Libération révèle en amont d’une table ronde du Beauvau de la sécurité, censée se tenir lundi, qui a pour thème le « contrôle interne » de l’institution.

    Que montrent ces chiffres ? Premièrement, que le nombre de sanctions dans la police s’est effondré ces dernières années. Deuxièmement, que cette chute est encore plus importante pour les affaires de violences policières. Ces données sont les indices d’une politique du laisser-faire de la part du ministère de l’Intérieur, malgré les très nombreuses dérives documentées et les graves blessures constatées, notamment au cours du mouvement des gilets jaunes et dans certains quartiers populaires. Seuls quatre policiers ont été exclus pour des faits de violences en 2019, six en 2020.

    Blessés lors des manifestations de gilets jaunes, pas moins de 2 448 côté manifestants ou passants, selon les autorités (2019).
    https://www.liberation.fr/france/2019/11/14/victimes-de-violences-policieres-ca-fait-un-an-que-notre-vie-est-sur-paus

    Incidemment : Laurent Simonin, un commissaire mis en examen dans l’affaire Benalla, lui aussi cogneur free style de manifestants, obtient une promotion
    https://www.lepoint.fr/societe/un-commissaire-mis-en-examen-dans-l-affaire-benalla-obtient-une-promotion-24

    #police #impunité_policière

  • Enfance : 36 % des parents ignorent ce qu’est une « violence ordinaire » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/education/enfance-36-des-parents-ignorent-ce-qu-est-une-violence-ordinaire-23-06-2021-

    36 % des pères et mères de famille ne savent pas en quoi consistent les « violences éducatives ordinaires », qui sont interdites par la loi depuis 2019.

    La « loi anti-fessée » stipule en effet que l’éducation doit se faire sans « violences physiques, psychologiques ou verbales ». Concrètement, il s’agit là des claques, fessées, mais aussi des humiliations publiques, cris ou encore chantage affectif

  • Ces Français qui n’ont plus envie de travailler… - Le Point
    https://www.lepoint.fr/economie/ces-francais-qui-n-ont-plus-envie-de-travailler-17-06-2021-2431501_28.php

    Ils ont vendu leur appartement lyonnais presque sur un coup de tête. Dans quelques semaines, Laurent et Élisabeth boucleront leurs valises et partiront s’installer dans le Sud, avec leurs deux enfants. « Ces sept mois sans travailler ont été comme un déclic », raconte Élisabeth, hier encore chef de rang dans un restaurant de la chaîne L’Entrecôte. Pendant vingt ans, elle a œuvré soirs et week-ends. « J’ai soudain découvert une vie de famille que je ne connaissais pas. Le parc après l’école, les devoirs des enfants… J’y ai pris goût, je ne me vois pas reprendre ma vie d’avant. » Le contrat de son mari, cuisinier dans la restauration collective, n’a pas été reconduit à l’issue du confinement. Ils entameront leur nouvelle vie au chômage, mais heureux. Lui est convaincu de retrouver rapidement du boulot ; elle espère suivre une formation pour travailler dans une crèche. Combien sont-ils, comme eux, à sortir transformés par cette interminable crise, commencée en mars 2020 avec la mise sous cloche du pays rattrapé par la pandémie de Covid-19 ? Des entreprises comme des 200 000 restaurants du pays qui rouvrent enfin leurs portes monte une rumeur sourde : les Français seraient nombreux, très nombreux, à se détourner du travail. Du simple employé au cadre dirigeant. Dans les secteurs voraces en contrats précaires, les salariés sont partis, trouvant à s’employer ailleurs. D’autres ont pris goût au travail à distance, pour la qualité de vie et l’autonomie qu’il procure. Et, partout, ces longs mois d’inactivité rémunérée ont favorisé des réflexions plus larges sur le sens qu’il y avait à « perdre sa vie à la gagner ».

    « La casse est énorme. »

    « Le chômage partiel qui est encore en place a développé une forme d’oisiveté obligatoire, analyse Alain Fontaine, patron du restaurant Le Mesturet, dans le 2 e arrondissement de Paris, et président de l’Association française des maîtres restaurateurs. Certains salariés ont beaucoup de mal à revenir. Cette situation a véritablement ébranlé et annihilé la valeur travail. Elle a été vidangée de sa force et de son sens. Beaucoup se demandent : "Qu’est-ce que je fais là ?" La casse est énorme. En particulier dans ce métier. »

    Lui a retrouvé sa blouse blanche, ses fourneaux et la frénésie du rythme des services, après sept mois de « calvaire » - traduisez de chômage forcé. Quand 15 % des salariés du privé étaient encore en activité partielle en avril, selon une récente étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, les chiffres atteignaient 73 % pour ceux travaillant dans l’hébergement et la restauration, soit près de 723 000 salariés de ce secteur. Et beaucoup ne reviennent pas. « Il nous manquait déjà 100 000 personnes avant le confinement, et nous en avons perdu 100 000 de plus avec cette crise. Cela veut dire que nous sommes à la recherche de 20 % de nos effectifs. C’est énorme ! »

    Effets pervers des amortisseurs sociaux

    Directeur de la prospective au cabinet Nelly Rodi, une agence de conseil en stratégie business, Vincent Grégoire s’interroge lui aussi sur les effets potentiellement pervers des amortisseurs sociaux massivement déployés , en France comme dans toutes les économies développées, pour atténuer les effets de la crise sanitaire. Unanimement salués, ils n’ont toutefois pas été utilisés partout selon les mêmes critères, ni avec la même philosophie. Et n’auront logiquement pas les mêmes conséquences. Si l’Allemagne, par exemple, s’est montrée particulièrement généreuse avec ses entreprises, les soutenant davantage encore que la France, elle a modéré ses aides aux salariés : la prise en charge par l’État de l’allocation de chômage partiel reçue par un salarié français représentait (et représente toujours) 84 % de son salaire net mensuel (ou 100 % s’il est au smic), contre 60 % pour un salarié allemand (et 67 % s’il a des enfants), une indemnité par ailleurs plafonnée outre-Rhin, à la différence de la France. C’est l’une des raisons qui expliquent la reprise plus rapide de l’Allemagne à l’issue du premier confinement, les salariés au chômage partiel subissant une perte de revenus conséquente - que nombre d’employeurs avaient d’ailleurs choisi de compenser. À compter du 1 er juillet 2021, les Français au chômage partiel percevront une indemnité correspondant à 72 % de leur salaire net, plafonnée à 27,68 € par heure. Un durcissement, donc, qui reste toutefois plus généreux que l’indemnisation allemande. « Les aides sont un truc très français, insiste Vincent Grégoire. C’est une bonne chose, et elles ont fait le job en limitant la casse sociale. Les ménages, même les plus modestes, ont réussi à épargner. Le risque auquel nous sommes dorénavant confrontés est de voir s’installer un désenchantement de l’effort. Face à la réalité économique, l’atterrissage peut être dur. 2020 a été l’année de la résistance ; 2021, celle de la résilience ; 2022 sera celle de la réinvention et de la renaissance, mais il faudra pour cela se mettre en mouvement… »

    « Renaître » en travaillant comme avant ? Vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter dans un grand centre commercial de la région de Toulon, Nadine a du mal à s’y résigner. Privée de travail entre novembre et juin, elle a repris le boulot « avec des pieds de plomb », souffrant de la même démotivation que disent ressentir 48 % des salariés français, selon une récente étude de Workday, spécialisé dans les solutions cloud pour les services RH et finance. Cette mère de trois enfants avoue avoir pris goût au « confort » d’une vie plus douce. « Sous contrat à temps partiel, j’étais indemnisée à 100 % de mon salaire tout en restant chez moi, libérée des trajets en voiture, de la pression des objectifs de vente. Je commence à envisager une autre voie. Je ne sais pas laquelle, mais je suis sûre aujourd’hui que je ne veux plus de cette vie. C’est trop épuisant. »

    « Donner envie aux gens d’y retourner »

    Motiver ces troupes ayant perdu le lien entre effort et rétribution, c’est le job d’Alexandre Gallay. « Il faut donner envie aux gens d’y retourner. Les salariés ont un grand besoin de reconnaissance. Les entreprises doivent prendre conscience de ce phénomène et les accompagner dans ce sens pour les remotiver. C’est essentiel pour aller chercher ces points de croissance dont on a besoin », souligne-t-il. À l’heure de la reprise, ce coach spécialiste du bien-être en entreprise ne chôme pas ; des patrons désireux de (re)mobiliser leurs équipes le sollicitent. Et les plaintes qu’il entend le poussent à militer pour que l’impopulaire réforme de l’assurance-chômage, qui prévoit un changement du mode de calcul des indemnités pour lutter contre les successions de contrats courts, soit bel et bien mise en place. Selon lui, « les filets que sont les prestations sociales et de chômage n’incitent pas les gens à reprendre le travail ». Alexandre Gallay raconte voir des patrons se démener pour maintenir leur activité et entendre, à l’inverse, certains salariés se plaindre de conditions de travail dégradées.

    Au gouvernement, ces lamentations ont le don d’exaspérer ceux qui ont mis en œuvre le « quoi qu’il en coûte » et mobilisé, pour préserver le pouvoir d’achat des salariés (qui a même augmenté, l’an dernier, de 0,6 %), toute la puissance de l’État providence. « Ce que les Français ont vécu était difficile mais ne justifie pas un tel discours lénifiant », s’agace un ministre de premier plan, inquiet de l’état d’esprit global de la société, alors que de nombreux chefs d’entreprise se plaignent auprès de son cabinet d’une recrudescence des arrêts maladie indus (ce que ne confirment toutefois pas les statistiques). « C’est un discours déresponsabilisant. On a un vrai sujet sur les salaires modestes, mais sur le temps de travail, non ! Avec les difficultés qui s’annoncent devant nous, on a au contraire besoin d’un discours de mobilisation générale. La question, c’est : quel niveau de vie voulez-vous avoir demain ? Le pays a besoin de volonté, pas d’un discours de nurserie. »

    La situation angoisse particulièrement le gouvernement, inquiet des difficultés rencontrées par le secteur du tourisme, qui pèse 9 % du PIB. « Nous faisons face à un gros problème de recrutement. On l’a pris à bras-le-corps avec des formations massives ; le nombre d’apprentis a plus que doublé », souligne un conseiller de Bercy, qui pointe également un problème global de salaires : sauf à les augmenter, il sera difficile de maintenir l’attractivité de certains métiers pénibles ou de secteurs en tension. Aux États-Unis, le géant de la restauration rapide McDonald’s a dû frapper fort en faisant passer ses nouveaux contrats de 11 à 17 dollars l’heure pour attirer à nouveau de la main-d’œuvre.

    Décrochage de la France

    Mais l’inquiétude déborde largement les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie et s’immisce dans les couloirs des entreprises, avec des cols blancs au ralenti. Partout, « les chefs d’entreprise font remonter une reprise du travail compliquée, confie un conseiller ministériel. Des gens renâclent à travailler en présentiel, insistent pour ne venir que deux jours ou décident d’autorité de prolonger leur week-end… » Dans l’immédiat, ces accrocs ne devraient pas freiner la reprise - l’économie repart même en trombe, l’OCDE prévoyant une croissance de 5,8 % dans l’Hexagone en 2021. Mais, à moyen terme, ils risquent d’accentuer le décrochage déjà sensible de la France, où le retour du PIB au niveau préépidémique n’est attendu que pour le 2e trimestre 2022, c’est-à-dire bien après les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Russie ou le Royaume-Uni. « Il y a vingt ans, nous avions une richesse par habitant égale à celle de l’Allemagne. Nous avons depuis décroché de 15 % ! remarque un proche de Bruno Le Maire. Il n’y a qu’une solution pour résoudre ce problème : le volume global de travail. » Qui reste, en France - patrie des 35 heures ! - le plus faible de tous les pays de l’OCDE, à cause d’un chômage élevé et d’un taux d’emploi particulièrement faible chez les seniors.

    La fameuse « préférence française pour le chômage », conduisant politiques et syndicats à privilégier pouvoir d’achat et protection des droits des chômeurs par rapport aux réformes visant à en réduire le nombre (un concept théorisé par Denis Olivennes en 1994), pourra-t-elle survivre à la crise qui s’annonce ? En coulisse, plusieurs membres du gouvernement militent pour que soit mise en œuvre la réforme si décriée de l’assurance-chômage, et que l’âge de départ à la retraite soit repoussé sans attendre, afin de briser la spirale qui encourage départs anticipés et contrats courts.

    Mais comment convaincre l’opinion et retrouver une dynamique quand cette longue période de confinement, de stop and go, a laissé le champ libre à l’expérience d’une vie délestée du carcan du travail, du rythme effréné et de la pression des supérieurs, estompée par l’éloignement physique ? La crise du Covid a questionné les motivations de certains, ouvert d’autres champs des possibles, ceux d’une vie meilleure et moins agitée, centrée sur soi, sa famille ou son potager. « Le mot qui ressort systématiquement, c’est escape : les gens cherchent à échapper à leur situation », raconte Garance Yverneau, du cabinet d’accompagnement 5 A Conseil, consacré à la carrière des femmes, qui a vu son activité bondir de 40 % pendant le premier confinement.

    Inflation d’autoentrepreneurs

    Le mal-être subitement mis au jour est multifactoriel : « Mes clientes ont du mal à concilier vies personnelle et professionnelle, se plaignent d’un manque d’autonomie et d’une perte de sens : on ne comprend pas pourquoi on continue à se lever le matin, et à quoi on sert. Le transport qu’on a économisé avec le télétravail est un énorme sujet ! » Susie, cadre dans la finance, a apprécié de pouvoir lancer une lessive à 10 heures du matin et de travailler à l’heure du déjeuner sans que ses performances en pâtissent, assure-t-elle. Et elle ne comprend pas pourquoi elle devrait renoncer à cette nouvelle qualité de vie. La perspective d’un retour au bureau l’a tellement angoissée qu’elle est, depuis le 9 juin, en arrêt maladie. « Je sais que cela ne pourra pas durer, confie-t-elle. Mais je ne m’imagine pas revenir plus de deux jours par semaine. » Elle songe à entamer une carrière en indépendante pour reprendre définitivement la main sur son emploi du temps. Une tendance lourde, estime Garance Yverneau. « Clairement, il y a une espèce de point de non-retour. Beaucoup souhaitent se lancer en autoentrepreneur ou dans l’artisanat . Il y a déjà quelques réussites, mais aussi beaucoup de désillusions. Notamment quand le salaire ne suit pas. »

    Chargée des ressources humaines dans une grosse entreprise de travaux publics, Céline reçoit, elle aussi, de plein fouet ces nouvelles attentes exprimées par les salariés de son entreprise. La jeune femme dit ressentir des signaux de résistance dans les rangs de ses collaborateurs. « Dans notre secteur d’activité, les chantiers ne se sont pas arrêtés, et les ouvriers étaient évidemment présents. Le sujet est plus délicat pour les employés de bureau, partis massivement en télétravail. Certains ont réorganisé leur vie autrement pour s’installer en province. » Sans avertir personne, plaçant parfois leurs employeurs devant le fait accompli. Une enquête édifiante menée début juin par l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH) auprès de ses adhérents révèle que 30 % d’entre eux ont été confrontés à des demandes de salariés ayant déménagé pendant la crise et réclamant après coup l’adaptation de leurs conditions de travail. Comme Nelly*, employée dans le secteur de l’édition, qui n’a pas encore informé son employeur parisien qu’elle avait mis les voiles ! « Je ne sais pas comment le lui dire. Il me croit à Paris », nous confie-t-elle, contrite, depuis le jardin de la petite maison qu’elle s’est achetée dans le Gard sur un coup de tête (et de cœur) après avoir vendu son appartement parisien. De la verdure, du soleil, Internet et du calme… « J’attends d’être obligée de revenir physiquement pour lui dire que ce ne sera pas possible et négocier avec lui une nouvelle organisation. »

    Des négociations qui plongent les employeurs dans les affres… Quelle fréquence de présence exiger ? Quel volume de rendez-vous ? Qui doit payer les déplacements ? Comment concilier les exigences individuelles des uns et des autres quand une entreprise reste, par définition, une organisation collective ?

    Le télétravail en question

    Audrey Richard, présidente de l’ANDRH et directrice des ressources humaines du groupe Up, spécialisé dans les titres-restaurants, s’efforce de parer au plus pressé. « Le télétravail est une évolution nécessaire : 25 % des 96 500 accords d’entreprise signés en 2020 portaient sur ce sujet. » Une entreprise qui reprendrait sans proposer de télétravail, ajoute-t-elle, deviendrait une « société à risque » faute de pouvoir attirer ou retenir du personnel.

    Vice-président de l’association et DRH de L’Oréal France, Benoît Serre anticipe une foule de difficultés quand apparaîtront d’évidentes différences de traitement entre ceux qui peuvent remplir leur mission à distance et les autres. « Avec mon collègue de PSA, nous travaillons déjà sur les conditions de travail. On pourrait par exemple imaginer des législations considérant que, si vous êtes en télétravail, vous devez travailler un peu plus que les autres pour compenser… On aimerait vraiment que ce soit en réflexion au ministère. »

    Une réflexion nécessaire, alors que les dirigeants sont confrontés à l’urgence de remettre un pays au travail, pour résoudre une équation complexe : après une récession sans précédent, comment financer le système de retraites, la protection sociale, la santé, la dépendance des personnes âgées, les investissements dans l’éducation et les infrastructures, tout en travaillant moins et donc en produisant moins ? Les bouleversements subis par les Français dans leur vie quotidienne - souvent sans qu’ils aient à s’inquiéter de trouver de quoi subsister - ont détourné leurs préoccupations vers d’autres sujets. « Cette période a profondément transformé le monde du travail, explique Christophe Nguyen, psychologue du travail et président du cabinet de conseil Empreinte humaine. Ce qui compte aujourd’hui, c’est la santé, le sens. Un autre rapport de force s’installe avec l’employeur. Ces réticences sont aussi un révélateur de conditions de travail qui ont peu évolué. Les salariés réclament dorénavant un meilleur climat, un management moins brutal et plus d’autonomie. » Une demande sociétale qui s’exprime particulièrement en France, illustration d’un paradoxe qui plonge ses racines dans l’histoire tourmentée de nos luttes sociales et de notre paternalisme étatique : la France est le pays d’Europe où les salariés accordent le plus d’importance au travail, tout en souhaitant qu’il prenne moins de place dans leur vie

    • Toujours cette tendance à ne pas citer les noms des gens interrogés de haut rang…

      « Ce que les Français ont vécu était difficile mais ne justifie pas un tel discours lénifiant », s’agace un ministre de premier plan, inquiet de l’état d’esprit global de la société

      le nombre d’apprentis a plus que doublé », souligne un conseiller de Bercy, qui pointe également un problème global de salaires

      Partout, « les chefs d’entreprise font remonter une reprise du travail compliquée, confie un conseiller ministériel.

  • Linky : les consommateurs devront rembourser leur boîtier - Le Point
    https://www.lepoint.fr/economie/linky-les-consommateurs-devront-rembourser-leur-boitier-01-06-2021-2429001_2

    Cent trente euros. C’est le prix que coûte un boîtier Linky, hors frais annexes. Une somme que les 90 % des foyers français équipés de ce boîtier vont devoir commencer à rembourser dès 2022, rapporte Le Parisien. Au total, le montant s’élève à 5,7 milliards d’euros, selon les calculs de la Cour des comptes.

    Pourtant, en septembre 2011, l’ancien ministre de l’Industrie et de l’Énergie Éric Besson avait affirmé que ce compteur communicant ne coûterait « pas un centime aux particuliers », alors que ses équipes élaboraient déjà, cette même année, avec EDF, un montage financier avantageux. Ce dernier a été détaillé dans une délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) du 17 juillet 2014.

    Dans le rapport public de la Cour des comptes de 2018, qui décortique cette première délibération, les conditions de l’opération sont jugées « avantageuses pour Enedis », avec un « financement assuré par les usagers ».
    Mécanisme de « différé tarifaire »

    Enedis porte toutefois la majeure partie du coût, 5,39 milliards d’euros. Alors que 10 % de la somme est prélevée sur ses propres fonds, le reste vient d’un emprunt au taux très bas, 0,77 %, contracté auprès de la Banque européenne d’investissement.

    Grâce à un mécanisme de « différé tarifaire », ce n’est donc pas l’entreprise qui remboursera la somme, mais bien les consommateurs qui seront mis à contribution. Plusieurs centaines d’euros seront ainsi prélevées aux clients, et ce, dès l’année prochaine. En 2030, cette somme atteindra alors 2 milliards d’euros.

    Avec ce montage financier, Enedis devrait également se faire une marge de 2,8 %, soit un demi-milliard d’euros d’intérêts supplémentaires. En effet, le taux d’intérêt appliqué au remboursement est de 4,6 %. Les 3,7 milliards d’euros manquant au calcul devraient, eux, être compensés par les économies générées grâce au compteur, selon Enedis.
    « C’est bien le consommateur et personne d’autre qui payera la différence »

    Les consommateurs, qui devront donc participer au remboursement, ne seront toutefois pas totalement perdants, selon Anne-Sophie Dessillons, directrice adjointe des réseaux à la Commission de régulation de l’énergie. Le tarif d’utilisation du réseau ne baissera sans doute pas, « mais peut-être augmentera-t-il un peu moins vite que si Linky n’avait pas été déployé », explique-t-elle.

    Mais, selon une source proche du dossier, si les gains ne sont pas assez intéressants, « c’est bien le consommateur et personne d’autre qui payera la différence. Il peut déjà se préparer à sortir jusqu’à quinze euros supplémentaires sur sa facture annuelle pour les sept ou huit prochaines années ».
    « L’équilibre économique semble effectivement loin d’être garanti pour le consommateur », déplore François Carlier, délégué général de la Consommation, logement et cadre de vie. Depuis plusieurs années déjà, les associations de consommateurs manifestent leur doute et leur colère contre l’installation de ces petits boîtiers vert pomme. UFC-Que choisir avait par ailleurs mis en ligne une pétition en 2018, pour alerter le public.

  • Collèges : le maintien des demi-jauges inquiète parents et chefs d’établissements
    https://www.bfmtv.com/societe/education/colleges-le-maintien-des-demi-jauges-inquiete-parents-et-chefs-d-etablissemen

    Depuis la rentrée du 3 mai, dans les 15 départements les plus touchés par l’épidémie de Covid-19, les cours se font en demi-jauge pour les classes de quatrième et troisième. Les syndicats pointent un risque de décrochage, à un mois du brevet.

    Ce matin, on te dit que des gens sont trèèèèès inquiets.

    Et l’après-midi, tu apprends que la demi-jauge se termine dès Lundi.

    Les choses sont bien faites.

    Je vais faire du mauvais esprit... Mais je n’ai pas le souvenir que l’on ait jamais fait autant de pataquès du fait des parents et des syndicats réclamant à corps et à cris de vraies mesures permettant de sécuriser les cours dans les établissements scolaires.

    Y-en a des, on va faire les gros titres avec. Et d’autres pas.

    Fin progressive de la demi-jauge au collège dès la semaine prochaine - Le Point
    https://www.lepoint.fr/societe/fin-progressive-de-la-demi-jauge-au-college-des-la-semaine-prochaine-28-05-2

    La demi-jauge instaurée pour les classes de 4e et 3e dans les collèges des 15 départements les plus touchés par l’épidémie de Covid-19 sera progressivement levée à partir de la semaine prochaine, a annoncé vendredi Jean-Michel Blanquer.

  • Jean-Paul Hamon était le médecin de ma mère. C’est au choix de son/sa médecin traitant·e qu’on comprend le mieux une femme. :)

    Francis Lalanne insulté : le docteur Hamon convoqué par l’Ordre des médecins - Le Point
    https://www.lepoint.fr/societe/francis-lalanne-insulte-le-docteur-hamon-convoque-par-l-ordre-des-medecins-1

    Jean-Paul Hamon persiste et signe. Le médecin de Clamart a été convoqué par l’Ordre des médecins, a annoncé Le Quotidien du médecin lundi 17 mai 2021. Après avoir traité Francis Lalanne d’« abruti » en mars dernier, le président d’honneur de la Fédération des médecins de France devra se présenter devant le conseil départemental des Hauts-de-Seine, le 2 juin prochain. Interrogé par Le Parisien mardi 18 mai, le généraliste voit rouge : « C’est incompréhensible que l’Ordre ne puisse pas classer l’affaire et me convoque pour une conciliation ! » martèle-t-il, avant d’ajouter : « J’ai autre chose à faire que de perdre une matinée en raison d’un illuminé en mal de publicité. »

    Les faits qui lui sont reprochés remontent au lundi 29 mars dernier. Sur le plateau de CNews, Jean-Paul Hamon s’était ainsi emporté : « Pourquoi, à celui-là, on ne lui colle pas une vraie amende ? Pourquoi on ne le colle pas au trou ce mec ? » Et de lancer : « Ce n’est pas comme si on était dans une pandémie, ce n’est pas comme s’il y avait des mecs qui étaient en train de claquer en réa. Que les gens se baladent sur les quais de Seine, c’est bon en respectant les mesures barrières, il n’y a aucun problème, que des gens se baladent dans les forêts, ça va, mais que là les gens soient sans masque, quasiment à touche-touche, et que cet abruti leur dise de s’embrasser en plus, c’est bon ! »

  • Il n’existe pas de crise de la démocratie, mais plutôt un puissant désir de démocratie
    https://ricochets.cc/Il-n-existe-pas-de-crise-de-la-democratie-mais-plutot-un-puissant-desir-de

    Médias aux ordres et politiciens assènent un triple enfumage politique Depuis des années, médias aux ordres et politiciens du sérail nous inondent de considérations sur la « démocratie en danger », la « crise de la démocratie », et proclament que la « défiance envers la démocratie » augmente partout. Selon eux, « la-démocratie » serait menacée par les révoltes et la désaffection des urnes, et ils rivalisent d’astuces pour que puissent perdurer le système en place : conseils de quartier, stimuler les jeunes, pincées de (...) #Les_Articles

    / Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Démocratie_locale, Démocratie directe, communes (...)

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature... #Démocratie_directe,_communes_libres...
    https://www.lepoint.fr/politique/les-francais-de-plus-en-plus-mefiants-vis-a-vis-des-politiques-01-02-2011-13
    https://www.lesechos.fr/2018/01/linquietant-desinteret-des-jeunes-envers-la-politique-966737
    https://lundi.am/PUNK-anarchism-4033
    https://paris-luttes.info/hier-les-communards-a-paris?lang=fr

  • « Pour un retour de l’#honneur de nos gouvernants » : 20 #généraux appellent Macron à défendre le #patriotisme

    (attention : toxique)

    À l’initiative de #Jean-Pierre_Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d’un millier d’autres militaires ont signé un appel pour un retour de l’honneur et du #devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d’engagement de ces hommes attachés à leur pays.

    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs du gouvernement,
    Mesdames, Messieurs les parlementaires,

    L’heure est grave, la #France est en #péril, plusieurs #dangers_mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

    Nos #drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la #tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « #Honneur_et_Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du #délitement qui frappe notre #patrie.

    – Délitement qui, à travers un certain #antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une #haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de #racialisme, d’#indigénisme et de #théories_décoloniales, mais à travers ces termes c’est la #guerre_raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa #culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

    – Délitement qui, avec l’#islamisme et les #hordes_de_banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des #dogmes contraires à notre #constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la #République ne s’appliquent pas.

    – Délitement, car la haine prend le pas sur la #fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les #forces_de_l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en #gilets_jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

    Les #périls montent, la #violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la #Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

    Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’#éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos #silences coupables.

    Comme le disait le #cardinal_Mercier, primat de Belgique : « Quand la #prudence est partout, le #courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la #sauvegarde_de_la_nation.

    Par contre, si rien n’est entrepris, le #laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une #explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de #protection de nos #valeurs_civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

    On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce #chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la #responsabilité, se compteront par milliers.

    Les généraux signataires :

    Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale).

    https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-un-retour-de-lhonneur-de-nos-gouvernants-20-generaux-appellen

    La une :

    #appel #généraux #valeurs_actuelles #lettre #lettre_ouverte #armée #soldats

    ping @isskein @karine4

    • 2022 : « l’étrange défaite » qui vient

      Pour Marc Bloch, auteur de L’Étrange défaite, la cause de la débâcle de juin 1940 n’était pas seulement militaire mais d’abord politique. De la même façon, le désastre annoncé de printemps 2022 n’est pas seulement de nature électorale. La débâcle de la démocratie se construit depuis des mois par une sorte de capitulation rampante et générale face à l’extrême droite.

      « Un jour viendra, tôt ou tard, où la France verra de nouveau s’épanouir la liberté de pensée et de jugement. Alors les dossiers cachés s’ouvriront ; les brumes, qu’autour du plus atroce effondrement de notre histoire commencent, dès maintenant, à accumuler tantôt l’ignorance et tantôt la mauvaise foi, se lèveront peu à peu . »

      Ainsi s’ouvre L’Étrange défaite écrite par Marc Bloch au lendemain de la capitulation de l’armée française en juin 1940. « À qui la faute ? », se demande-t-il. Quels mécanismes politiques ont conduit à ce désastre et à l’effondrement d’une République ? Si les militaires, et surtout l’état-major, sont aux premières loges des accusés, nul n’échappe à l’implacable regard de l’historien : ni les classes dirigeantes qui ont « préféré Hitler au Front Populaire », ni la presse mensongère, ni le pacifisme munichois, ni la gauche qui n’a pas eu besoin de ses adversaires pour ensevelir ce Front populaire qui fit si peur aux bourgeois.

      Les « brumes », l’aveuglement et la soumission passive aux récits des futurs vainqueurs ont conduit inexorablement à une #capitulation_anticipée. Comment ne pas y reconnaître la logique des moments sombres que nous vivons sidérés.

      La banalisation de la menace factieuse

      Sidérés, nous le sommes à coup sûr quand il faut attendre six jours pour qu’une menace de sédition militaire (http://www.regards.fr/politique/societe/article/lettre-des-generaux-un-texte-seditieux-qui-menace-la-republique) signée le 21 avril 2021 par une vingtaine de généraux en retraite, mais aussi par de nombreux officiers, commence à faire un peu réagir.

      Sidérés, nous le sommes par la légèreté de la réponse gouvernementale. Un tweet de la ministre des Armées (https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/04/25/la-gauche-s-insurge-contre-une-tribune-de-militaires-dans-valeurs-actuelles-) ne parle que « d’#irresponsabilité » de « généraux en retraite ». Pour #Florence_Parly le soutien que leur apporte Marine Le Pen « reflète une méconnaissance grave de l’institution militaire, inquiétant pour quelqu’un qui veut devenir cheffe des armées ». N’y aurait-il à voir que de l’irresponsabilité militaire et de l’incompétence politique ?

      Il faut attendre le lundi 26 avril pour que Agnès Runacher secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances s’avise (https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/un-quarteron-de-generaux-en-charentaises-la-tribune-de-militaires-dans-v) que le texte a été publié jour pour jour 60 ans après l’appel des généraux d’Alger. En parlant de « quarteron de généraux en charentaises », elle semble considérer que la simple paraphrase d’une expression de l’allocution de De Gaulle, le 23 avril 1961 suffira à protéger la démocratie. Ce dernier, plus martial, en uniforme, parlait surtout de « putsch » et d’un « groupe d’officiers ambitieux et fanatiques ».

      Sidérés, nous le sommes par le #silence persistant, cinq jours après la publication du texte factieux, de l’essentiel les leaders de la droite, du centre, de la gauche et des écologistes.

      Sidérés, nous sommes encore de l’isolement de ceux qui appellent un chat un chat tels Éric Coquerel, Benoît Hamon ou Jean Luc Mélenchon. Ce dernier rappelle au passage que l’article 413-3 du code pénal prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende pour provocation à la désobéissance des militaires.

      Sidérés, nous le sommes enfin, pendant une semaine, de la #banalisation de l’événement par des médias pourtant prompts à se saisir du buzz des « polémiques ». Le 25 avril (https://rmc.bfmtv.com/emission/tribunes-de-militaires-les-gens-n-ont-pas-confiance-dans-les-politiques-m), RMC/BFM, dans les Grandes Gueules, n’hésite pas à présenter l’appel sur fond de Marseillaise, à moquer « la gauche indignée » en citant Jean Luc Mélenchon et Éric Coquerel, et à débattre longuement avec l’initiateur du texte, Jean-Pierre Fabre-Bernadac. Jack Dion, ancien journaliste de L’Humanité (1970-2004), n’hésite pas à écrire (https://www.marianne.net/agora/les-signatures-de-marianne/malgre-ses-relents-putschistes-la-tribune-des-ex-generaux-met-le-doigt-la-) dans Marianne le 28 avril : « Malgré ses relents putschistes, la tribune des ex généraux met le doigt là où ça fait mal. » Il faut croire donc que cet appel factieux et menaçant ne fait pas polémique après l’appel à l’insurrection de Philippe de Villiers dont on oublie qu’il est le frère aîné d’un autre général ambitieux, Pierre de son prénom, chef d’état-major des armées de 2010 à 2017.

      Qui sont donc les ennemis que ces militaires appellent à combattre pour sauver « la Patrie » ? Qui sont les agents du « délitement de la France » ? Le premier ennemi désigné reprend mot pour mot les termes de l’appel des universitaires publié le 1 novembre 2020 sous le titre de « #Manifeste_des_100 » (https://manifestedes90.wixsite.com/monsite) : « un certain antiracisme » qui veut « la guerre raciale » au travers du « racialisme », « l’indigénisme » et les « théories décoloniales ». Le second ennemi est « l’islamisme et les hordes de banlieue » qui veulent soumettre des territoires « à des dogmes contraires à notre constitution ». Le troisième ennemi est constitué par « ces individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre » dont ils veulent faire des « boucs émissaires ».

      Chacune et chacun reconnaîtra facilement les islamo-gauchistes, les séparatistes et les black blocs, ces épouvantails stigmatisés, dénoncés, combattus par le pouvoir comme par une partie de l’opposition. Ce texte a au moins une vertu : il identifie clairement la nature fascisante des diatribes de Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin ou Frédérique Vidal. Il renvoie à leur responsabilité celles et ceux qui gardent le silence, organisent le débat public autour de ces thématiques sur la scène médiatique, s’abstiennent à l’Assemblée sur des textes de loi à la logique islamophobe – quand ils ne votent pas pour –, signent des tribunes universitaires pour réclamer une police de la pensée. Il renvoie à ses responsabilités le Bureau national du Parti socialiste qui, dans sa résolution du 27 avril (https://partisocialiste92.fr/2021/04/27/resolution-du-bureau-national-a-la-suite-dune-tribune-de-militaire), persiste à affirmer « qu’il serait absurde de chercher à nier ces sujets qui nous font face » comme « ces #minorités_agissantes » qui prônent la « #désaffiliation_républicaine ».

      Baromètre incontesté des dérives intellectuelles, l’omniprésent #Michel_Onfray, aujourd’hui obsédé par la décadence de la France, ne partage-t-il pas le diagnostic des factieux ? Sa sentence du 27 avril dans la matinale d’Europe 1 (https://www.europe1.fr/societe/sur-le-terrorisme-la-parole-presidentielle-est-totalement-devaluee-estime-on), « l’intérêt de l’#islamo-gauchisme est de détruire la nation, la souveraineté nationale, la France, l’histoire de France, tout ce qui constitue la France », est immédiatement reprise par Valeurs actuelles (https://www.valeursactuelles.com/politique/pour-michel-onfray-linteret-de-lislamo-gauchisme-est-de-detruire-l). Quelques jours plus tôt, dans une envolée digne de Gérald Darmanin, il assénait au Point (https://www.lepoint.fr/debats/michel-onfray-on-a-un-seul-probleme-en-france-c-est-que-la-loi-n-est-pas-res) : « On a un seul problème en France, c’est que la loi n’est pas respectée ». Mais de quelle loi parle Michel Onfray quand il ajoute, à propos du verdict en appel du procès des jeunes de Viry-Châtillon : « Il y a des gens à qui on dit : […] peut-être que vous faites partie de ceux qui auraient pu tuer, mais la preuve n’est pas faite, on est pas sûr que c’est vous, allez, vous pouvez rentrer chez vous. L’affaire est terminée pour vous. » Pour Michel Onfray, le scandale n’est pas la mise en accusation délibérée d’innocents par une police en quête désespérée de coupables mais un principe de droit : la présomption d’innocence elle-même !

      La capitulation rampante

      Voilà où nous en sommes. Voilà pourquoi il est pour beaucoup si difficile de se scandaliser d’un appel factieux quand les ennemis désignés sont ceux-là même qui sont désignés à longueur d’antenne et de déclaration politique dans ce désastreux consensus « républicain » réunissant l’extrême droite, la droite et une partie de la gauche.

      Chacune et chacun y va de sa surenchère. #Anne_Hidalgo (https://www.nouvelobs.com/edito/20201125.OBS36577/derriere-la-gueguerre-entre-hidalgo-et-les-ecolos-la-pomme-de-discorde-de) enjoint les Verts « d’être au clair avec la République » à propos de la laïcité alors même que #Yannick_Jadot (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) demande de « sortir de toute naïveté et de toute complaisance », pour « combattre l’islam politique », proposant de « contrôler les financements des associations » et de « renforcer tous les dispositifs sur le contrôle des réseaux sociaux ».

      La discussion et le vote de la loi sur le « séparatisme », puis les débats hallucinants sur l’organisation de « réunions non mixtes » au sein du syndicat étudiant Unef nous en a fourni un florilège. Pour le communiste #Stéphane_Peu (http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2021/02/separatisme-une-loi-equilibree-se-serait-attachee-a-renforc) comme pour le socialiste #Olivier_Faure (https://www.europe1.fr/politique/projet-de-loi-contre-les-separatismes-olivier-faure-craint-une-surenchere-40), la question n’est pas de combattre sur le fond la notion de « #séparatisme » mais de rester dans une « loi équilibrée » qui « renforce la #République » (Peu) et d’éviter « la surenchère » (Faure). L’un comme l’autre et comme nombre de députés de leurs groupes, s’abstiendront lors du vote à l’Assemblée nationale. Seule La France insoumise a sauvé l’honneur et dénoncé, notamment par la voix de #Clémentine_Autain (https://www.lepoint.fr/politique/loi-contre-le-separatisme-la-gauche-denonce-un-texte-qui-ne-regle-rien-07-02) dès le 16 février, une loi qui « ouvre la boîte de Pandore pour des idées qui stigmatisent et chassent les musulmans » et « nous tire vers l’agenda de l’extrême droite ».

      Si le débat parlementaire gomme un peu les aspérités, l’affaire des réunions « non mixtes » au sein de l’Unef est l’occasion d’un déferlement de sincérité imbécile. On n’en attendait pas moins de #Manuel_Valls (https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-22-mars-2021) qui s’empresse de poser l’argument clef de la curée : « Les réunions "racialisées" légitiment le concept de race ». Le lendemain #Marine_Le_Pen (https://www.francetvinfo.fr/politique/marine-le-pen/video-il-faut-poursuivre-l-unef-un-syndicat-qui-commet-des-actes-racist) le prend au mot et réclame des poursuites contre ces actes racistes. Anne Hidalgo (https://www.europe1.fr/politique/reunions-non-mixtes-a-lunef-cest-tres-dangereux-juge-anne-hidalgo-4032954) apporte sa voix contre une pratique qu’elle considère comme « très dangereuse » au nom de « ses convictions républicaines ». Olivier Faure (https://www.youtube.com/watch?v=rifRSrm7lpU

      ), moins « équilibré » que sur la loi contre le « séparatisme » renchérit comme « une dérive incroyable ».

      Quelle « dérive » ? Tout simplement « l’idée que sont légitimes à parler du racisme les seules personnes qui en sont victimes », alors que « c’est l’inverse qu’il faut chercher ». Dominés restez à votre place, nous parlerons pour vous ! Aimé Césaire dans sa lettre à Maurice Thorez (https://lmsi.net/Lettre-a-Maurice-Thorez), dénonçait ce qu’il nommait le « #fraternalisme » : « Un grand frère qui, imbu de sa supériorité et sûr de son expérience, vous prend la main pour vous conduire sur la route où il sait se trouver la Raison et le Progrès. » Or, ajoutait-il, « c’est très exactement ce dont nous ne voulons plus » car « nous ne (pouvons) donner à personne délégation pour penser pour nous. »

      Olivier Faure revendique un « #universalisme » que ne renierait pas le candidat communiste à la présidentielle, #Fabien_Roussel pour qui « les réunions segmentées selon la couleur de sa peau, sa religion ou son sexe, ça divise le combat ». Le PCF (https://www.pcf.fr/actualite_derri_re_les_attaques_contre_l_unef_une_d_rive_autoritaire_et_antid_mo) n’hésite pas à défendre en théorie l’Unef tout en se joignant cœur réactionnaire des condamnations de ses pratiques.

      #Audrey_Pulvar (https://www.lci.fr/politique/demander-a-une-personne-blanche-de-se-taire-dans-une-reunion-non-mixte-pulvar-cr) cherchant peut-être un compromis dans la présence maintenue mais silencieuse d’un blanc dans une réunion de personnes racisées, se prend une volée de bois vert du chœur des bonnes âmes universalistes. La « dilution dans l’universel » est bien « une façon de se perdre » comme l’écrivait encore Aimé Césaire en 1956.

      Ce chœur hystérisé, rien ne le fera taire, ni le rappel élémentaire d’#Eric_Coquerel (https://www.facebook.com/watch/?v=773978356575699) que les #groupes_de_parole sont « vieux comme le monde, comme le mouvement féministe, comme les alcooliques anonymes », ni la prise du conscience de l’énormité morale, politique et juridique des positions prises ainsi dans une émotion révélatrice.

      Refuser de comprendre que la parole des dominées et dominés a besoin de se constituer à l’abri des dominants, c’est nier, de fait, la #domination. Ce déni de la domination, et de sa #violence, est une violence supplémentaire infligée à celles et ceux qui la subissent.

      Au passage, une partie de la gauche a par ailleurs perdu un repère simple en matière de liberté : la liberté de réunion est la liberté de réunion. Elle n’est plus une liberté si elle est sous condition de surveillance par une présence « hétérogène ». À quand les réunions de salariés avec présence obligatoire du patron ? Les réunions de femmes avec présence obligatoire d’un homme ? Les réunions d’étudiants avec présence obligatoire d’un professeur ? Les réunions de locataires avec présence obligatoire du bailleur ? Les réunions d’antiracistes avec présence obligatoire d’un raciste ?

      Ces héritiers et héritières d’une longue tradition politique liée aux luttes sociales révèle ainsi leur déconnexion avec les mobilisation d’aujourd’hui, celles qui de #MeToo à Black Lives Matter ébranlent le monde et nous interrogent sur quelle humanité nous voulons être au moment où notre survie est officiellement en question. Ces mouvements de fond martèlent, 74 ans après Aimé Césaire, que « l’heure de nous-mêmes a sonné. »

      Nul doute, hélas, que ce qui fait ainsi dériver des femmes et des hommes issus de la #gauche, c’est le poids pas toujours avoué, mais prégnant et souvent irrationnel, de l’#islamophobie. Cette adhésion générale à un complotisme d’État (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/041220/l-etat-t-il-le-monopole-du-complotisme-legitime) touche plus fortement les espaces partisans, voire universitaires, que le monde associatif. On a pu le constater lors de la dissolution du #Collectif_contre_l’islamophobie_en_France (#CCIF) fin 2020 quand la fermeté les protestations de la Ligue des droits de l’Homme (https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog/031220/ldh-dissolution-politique-du-ccif) ou d’Amnesty international (https://www.amnesty.fr/presse/france-la-fermeture-dune-association-antiraciste-e) n’a eu d’égale que la discrétion de la gauche politique. La palme du mois d’avril revient sans conteste à #Caroline_Fourest (https://twitter.com/i/status/1384567288922259467) qui lors du lancement des États Généraux de la Laïcité a pu déclarer sans frémir que « ce mot islamophobie a tué les dessinateurs de Charlie Hebdo et il a tué le professeur Samuel Paty ».

      Oui voilà ou nous en sommes. La menace d’une victoire du #Rassemblement_national ne se lit pas que dans les sondages. Elle se lit dans les #renoncements. Elle s’enracine dans la banalisation voire le partage de ses thématiques disciplinaires, de ses émotions islamophobes, de son vocabulaire même.

      L’évitement politique du réel

      Il faut vraiment vivre dans une bulle, au rythme de réseaux sociaux hégémonisés par l’extrême droite, loin des réalités des quartiers populaires, pour considérer que l’islam et les réunions non mixtes sont les causes premières du délitement des relations collectives et politiques dans ce pays.

      Quelle République, quelle démocratie, quelle liberté défend-on ici avec ces passions tristes ? Depuis plus d’un an, la réponse gouvernementale à l’épreuve sanitaire les a réduites à l’état de fantômes. L’#état_d’urgence sanitaire est reconduit de vague en vague de contamination. Notre vie est bornée par des contrôles, des interdictions et des attestations. Les décisions qui la règlent sont prises par quelques-uns dans le secret délibératif d’un Conseil de défense. Nous vivons suspendus aux annonces du président et de quelques ministres et, de plus de plus en plus, du président seul, autoproclamé expert omniscient en gestion de pandémie. Nous n’avons plus prise sur notre vie sociale, sur nos horaires, sur notre agenda, sur notre avenir même très proche. Nous n’avons plus de lieu de délibération, ces lieux qui des clubs révolutionnaires de 1789 aux ronds-points des gilets jaunes, en passant par la Place Tahrir et la Puerta Del Sol en 2011 sont l’ADN de la #démocratie.

      La violence de la menace létale mondiale que font peser sur nous le Covid et ses variants successifs nous fait espérer que cette épreuve prendra fin, que la parenthèse se refermera. Comme dans une période de guerre (https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/070221/stephane-audoin-rouzeau-nous-traversons-l-experience-la-plus-tragique-depu), cet espoir toujours déçu se renouvelle sans fin à chaque annonce moins pessimiste, à chaque communication gouvernementale sur les terrasses jusqu’à la déception suivante. Cette #précarité sans fin est un obstacle collectif à la #résistance_démocratique, à la critique sociale, idéologique et opératoire de cette période qui s’ouvre et sera sans doute durable. C’est bien dans ce manque politique douloureux que s’engouffrent tous les complotismes de Q-Anon à l’islamophobie d’État.

      Depuis le printemps 2020 (www.regards.fr/politique/societe/article/covid-19-un-an-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), les partis d’opposition ont cessé d’être dans l’élaboration et la proposition politique en lien avec la situation sanitaire. Le monologue du pouvoir ne provoque plus sporadiquement que des réactions, jamais d’alternative stratégique ni sur la réponse hospitalière, ni sur la stratégie vaccinale, ni sur l’agenda des restrictions sociales. Même l’absence de publication, des semaines durant début 2021, des avis du Conseil scientifique n’émeut pas des politiques beaucoup plus préoccupés par les réunions non mixtes à l’Unef.

      Attac (https://france.attac.org/spip.php?page=recherche&recherche=covid) n’est pas beaucoup plus proactif malgré la publication sur son site en novembre 2020 d’un texte tout à fait pertinent de Jacques Testard sur la #démocratie_sanitaire. En général les think tanks sont plutôt discrets. L’Institut Montaigne est silencieux sur la stratégie sanitaire tout comme la Fondation Copernic qui n’y voit pas l’occasion de « mettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Si le think tank Économie Santé des Échos déplore le manque de vision stratégique sanitaire, seule Terra Nova semble avoir engagé un véritable travail : une cinquantaine de contributions (https://tnova.fr/ckeditor_assets/attachments/218/terra-nova_dossier-de-presse_cycle-coronavirus-regards-sur-une-crise_2020.pdf), des propositions (https://tnova.fr/revues/covid-19-le-think-tank-terra-nova-fait-des-propositions-pour-limiter-les-conta) sur l’organisation de la rentrée scolaire du 26 avril 2021, des propositions sur la stratégie vaccinale…

      Pourquoi cette #inertie_collective sur les choix stratégiques ? Ce ne sont pas les sujets qui manquent tant la stratégie gouvernementale ressemble à tout sauf à une stratégie sanitaire. Sur le fond, aucun débat n’est ouvert sur le choix entre stratégie de cohabitation avec la maladie ou d’éradication virale. Ce débat aurait eu le mérite d’éclairer les incohérences gouvernementales comme la communication sur le « tester/tracer/isoler » de 2020 qui n’a été suivie d’aucun moyen opérationnel et humain nécessaire à sa mise en œuvre. Il aurait permis de discuter une stratégie vaccinale entièrement fondée sur l’âge (et donc la pression hospitalière) et non sur la circulation active du virus et la protection des métiers à risque. Cette stratégie a fait battre des records vaccinaux dans des territoires aux risques faibles et laissé à l’abandon les territoires les plus touchés par la surmortalité comme la Seine-Saint-Denis.

      Pourquoi cette inertie collective sur la démocratie sanitaire ? Les appels dans ce sens n’ont pourtant pas manqué à commencé par les recommandations du Conseil Scientifique dès mars 2020 : le texte de Jacques Testard (https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-25-automne-2020/debats/article/la-covid-la-science-et-le-citoyen), un article de The Conversation (https://theconversation.com/debat-quelles-lecons-de-democratie-tirer-de-la-pandemie-140157) au mois de juin 2020, l’excellent « tract » de #Barbara_Stiegler, De la démocratie en pandémie, paru chez Gallimard en janvier 2021 et assez bien relayé. Des propositions, voire des expérimentations, en termes de délibération et de construction collective des mesures sanitaires territorialisées, des contre expertises nationales basées sur des avis scientifiques et une mobilisation populaire auraient sans doute mobilisé de façon positive la polyphonie des exaspérations. On a préféré laisser réprimer la mobilisation lycéenne (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/181120/sommes-nous-aux-portes-de-la-nuit) pour de vraies mesures sanitaires en novembre 2020.

      Bref la construction de masse d’une alternative à l’incapacité autoritaire du pouvoir aurait pu, pourrait encore donner corps et usage à la démocratie, aujourd’hui désarticulée (https://blogs.mediapart.fr/alain-bertho/blog/160321/covid-un-deja-chronique-d-une-democratie-desarticulee), qu’il nous faut essayer de défendre, pourrait incarner la République dans des exigences sociales et une puissance populaire sans lesquelles elle risque toujours de n’être qu’un discours de domination.

      Une autre élection est-elle encore possible ?

      Entre cet étouffement démocratique de masse et l’immensité des choix de société suggérés au quotidien par la crise sanitaire, le grain à moudre ne manque pas pour des courants politiques héritiers d’une tradition émancipatrice. Leur responsabilité est immense quand l’humanité est mise au pied du mur de sa survie et de l’idée qu’elle se fait d’elle-même. Mais ces partis préfèrent eux aussi considérer la situation sanitaire comme une simple parenthèse à refermer, se projetant sur les échéances de 2022 comme pour oublier 2020 et 2021. Il est ahurissant de penser que, après 14 mois de pandémie, la politique sanitaire ne soit pas au centre des élections territoriales de ce printemps, sinon pour une question d’agenda.

      En « rêvant d’une autre élection » comme d’autres ont rêvé d’un autre monde, la gauche permet tout simplement au président en exercice de s’exonérer de son bilan dramatique : un système de santé et des soignantes et soignants mis en surchauffe des mois durant, une mise en suspens de milliers de soins parfois urgents, des dizaines de milliers de Covid longs, plus de 100.000 morts, des territoires et des populations délibérément sacrifiés, des inégalités devant la mort et la maladie largement calquées sur les inégalités sociales et les discriminations, une vie sociale dévastée, une démocratie en miettes, une faillite biopolitique structurelle.

      Comment lui en faire porter la responsabilité si on ne peut lui opposer aucune alternative ? Le pouvoir s’en réjouit d’avance et, renversant la charge de la preuve, semaine après semaine, somme chacune et chacun de présenter un bilan sur l’agenda qu’il déroule sans rencontrer beaucoup de résistance : les politiques sécuritaires et l’islamophobie d’État. Or, ce concours électoraliste du prix de la « laïcité », de la condamnation de l’islamisme, de la condamnation des formes contemporaines de lutte contre les discriminations, nous savons qui en sera la championne incontestée : elle en maîtrise à merveille les thématiques, le vocabulaire comme la véhémence.

      Voici ce que les sondages, jour après jour, mesurent et nous rappellent. Dans ces conditions, l’absence de dynamique unitaire à gauche n’est pas la cause de la défaite annoncée, elle est déjà le résultat d’une perte majoritaire de boussole politique, le résultat d’une sorte d’évitement du réel, le résultat d’un abandon.

      « L’étrange défaite » de juin 1940 a pris racine dans le ralliement des classes dirigeantes à la nécessité d’un pouvoir policier et discriminatoire. Nous y sommes. « L’étrange défaite » s’est nourrie de la pusillanimité d’une gauche désertant les vrais combats pour la démocratie, de la défense de l’Espagne républicaine au barrage contre un racisme aussi déchaîné qu’expiatoire. Nous y sommes sur les enjeux de notre temps. « L’étrange défaite » a été la fille du consensus munichois et de la capitulation anticipée. Nous y sommes. « L’étrange défaite » a été suivie de la mort d’une République. L’appel militaire du 21 avril en fait planer la menace.

      À l’exceptionnalité de la période traumatique qui bouleverse depuis 14 mois en profondeur nos repères politiques, sociaux et vitaux, s’ajoute l’exceptionnalité de l’échéance institutionnelle du printemps 2022. Il est dérisoire d’y voir la énième occasion de porter un message minoritaire, dérisoire de donner le spectacle d’une querelle d’egos, dérisoire de jouer à qui sera responsable de la défaite. Le salut ne sera pas dans un compromis défensif sans principe mais dans un sursaut collectif d’ambition.

      Il est temps de prendre la mesure du temps que nous vivons, car il est toujours temps de résister. Comme concluait Marc Bloch en septembre 1940, « peut-être est-ce une bonne chose d’être ainsi contraints de travailler dans la rage », car « est-ce à des soldats qu’il faut, sur un champ de bataille, conseiller la peur de l’aventure ? » Il ajoutait que « notre peuple mérite qu’on se fie à lui et qu’on le mette dans la confidence ».

      http://www.regards.fr/idees-culture/article/2022-l-etrange-defaite-qui-vient
      #non-mixité

  • #Mathieu_Bock-Côté : « Le #racialisme est un #totalitarisme »

    –-> attention : toxique !

    ENTRETIEN. #Privilège_blanc, #blanchité, #racisme_systémique… L’auteur de « La Révolution racialiste » (Les Presses de la Cité) décape les théories de la gauche identitaire.

    https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/mathieu-bock-cote-le-racialisme-est-un-totalitarisme-14-04-2021-2422277_1913

    #division #Blancs #racisés #couleur_de_peau #obsession_raciale #sciences_sociales #race #rapports_de_pouvoir #rapports_de_pouvoir #colonialisme_idéologique #révolution_racialiste #civilisation_occidentale #liberté_d'expression #démocratie #régression #imperméabilité_ethnique #enferment #groupe_racial #assignation #indigénisme #décolonial #mouvance_racialiste #américanisation #université #sciences_sociales #théorie_du_genre #genre #colonisation_idéologique #conscience_raciale #identification_raciale #Noirs_américains #clivages #intégration #assimilation #trahison_raciale #USA #Etats-Unis #Canada #multiculturalisme #niqab #Justin_Trudeau #noyau_identitaire #diversité #identité #utopie_diversitaire #France #résistance #Québec #idéologie #culture_française #universalisme #universel #moeurs #culture #imperméabilité #culture_nationale #nationalisme #déterminismes_biologiques #civilisation_occidentale #hygiène_intellectuelle #vérité #rigueur_intellectuelle #société_libérale

    ping @cede @karine4 (attention : indigeste)

  • En Iran, un sabotage qui porte la marque d’Israël
    Par Armin Arefi - Publié le 12/04/2021 à 10h19- Le Point
    https://www.lepoint.fr/monde/en-iran-un-sabotage-qui-porte-la-marque-d-israel-12-04-2021-2421747_24.php

    Cliché satellite du complexe nucléaire iranien de Natanz (centre), qui a été visé dimanche 11 avril par une mystérieuse attaque. © - / Satellite image ©2021 Maxar Tec / AFP

    L’État hébreu est fortement soupçonné d’avoir endommagé une usine d’enrichissement d’uranium, en pleine négociation diplomatique sur le nucléaire iranien.
    Cliche satellite du complexe nucleaire iranien de Natanz (centre), qui a ete vise dimanche 11 avril par une mysterieuse attaque.

    Du « terrorisme antinucléaire ». Voilà comment Ali Akbar Salehi, le chef de l’organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), a qualifié le mystérieux incident qui a frappé le complexe atomique de Natanz (centre), l’un des principaux sites nucléaires du pays. Dimanche matin, l’OIEA a révélé qu’un « accident » d’origine inconnue avait eu lieu « dans une partie du circuit électrique de l’usine d’enrichissement du complexe Chahid Ahmadi-Rochan », provoquant « une panne de courant ». À Téhéran, les autorités iraniennes sont persuadées qu’il s’agit d’une attaque délibérée, qui ne doit rien au hasard. Elle intervient au lendemain de l’annonce en grande pompe par le président iranien Hassan Rohani de la production d’une ligne de 164 centrifugeuses avancées IR-6 à Natanz, au moment où les signataires de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) sont réunis à Vienne pour tenter de trouver une issue diplomatique à cet épineux dossier bloqué depuis trois ans.

    « Cette attaque semble clairement viser ce qui se passe à Vienne », estime l’analyste politique franco-iranien Kianouch Dorrani. « Les services israéliens tentent de semer des embûches en vue de ralentir le processus de normalisation entre les États-Unis et l’Iran. » Les représentants des deux pays sont actuellement présents en Autriche pour discuter indirectement un retour commun dans le cadre du JCPOA. L’ancien président américain Donald Trump s’est unilatéralement retiré en mai 2018 de l’accord, que respectait pourtant Téhéran selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), rétablissant contre la République islamique les sanctions « les plus dures de l’histoire », avant que Téhéran ne rompe à son tour ses engagements un an plus tard. Selon le dernier rapport de l’AIEA, la République islamique compterait désormais 14 fois plus d’uranium faiblement enrichi que la limite fixée par le JCPOA.

    « Coup sévère » aux capacités iraniennes

    En Iran, tous les regards se tournent vers Israël, farouche opposant du programme nucléaire iranien qu’il estime être à visée militaire, ce que dément la République islamique. Téhéran considère déjà l’État hébreu comme étant responsable d’un précédent sabotage qui a visé le complexe de Natanz en juillet 2020. Tel-Aviv est également soupçonné d’être derrière l’assassinat en novembre dernier du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh, père du programme nucléaire militaire iranien, en banlieue de Téhéran. « Les sionistes veulent se venger du succès [obtenu] dans la voie de la levée des sanctions oppressives », a accusé lundi le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif en usant de l’appellation par laquelle les autorités de Téhéran nomment les représentants de l’État hébreu. « Mais nous ne l’autoriserons pas et nous nous vengerons de ces actions contre les sionistes eux-mêmes », a-t-il ajouté, selon l’agence Irna. Quant à Israël, il n’a ni confirmé ni infirmé sa responsabilité, comme à l’accoutumée dans de telles circonstances.

    Mais d’après le New York Times, celle-ci porterait bien la marque d’Israël. Citant deux responsables – un Israélien et un Américain – du renseignement, le quotidien américain estime que l’explosion a « complètement détruit » le système d’alimentation interne des centrifugeuses d’enrichissement d’uranium, pourtant placées sous terre. Selon le journal new-yorkais, l’attaque aurait infligé un « coup sévère » aux capacités iraniennes d’enrichissement d’uranium et il faudrait « au moins neuf mois » à l’usine de Natanz pour reprendre entièrement sa production d’uranium enrichi. Si certains spécialistes en Israël évoquent une cyberattaque, le chercheur Ali Vaez estime au contraire que le scénario le plus probable est une opération menée à distance ou via une infiltration physique dans l’usine. « Après la cyberattaque Stuxnet (qui a visé le programme nucléaire iranien en 2010, NDLR), l’Iran a coupé toutes les connexions entre ses installations nucléaires et le monde extérieur », rappelle le directeur du projet Iran au sein du centre de réflexion International Crisis Group.

    Faillite de Donald Trump

    « S’il s’agit bien d’Israël, l’attaque aurait alors deux objectifs distincts. Tout d’abord un but opérationnel : arrêter l’avancement du programme nucléaire iranien, qui est réel », analyse Ely Karmon, chercheur en problématique stratégique et en contre-terrorisme au centre interdisciplinaire de Herzliya. « Puis un but politique : convaincre les responsables occidentaux qui négocient à Vienne de ne pas crouler sous la pression iranienne. » Au même moment, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, effectuait en Israël la première visite d’un responsable de l’administration Biden, pour rassurer son homologue israélien Benny Gantz sur les négociations en cours avec l’Iran. Mercredi dernier, alors que des diplomates faisaient état de discussions « constructives » à Vienne, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou rappelait qu’un « accord avec l’Iran qui ouvrirait la voie aux armes nucléaires (…) ne serait d’aucune façon contraignant » pour l’État hébreu. Le chef du gouvernement israélien a toujours fustigé le JCPOA qu’il considère comme un mauvais accord, au même titre que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Bien que ce texte autorise les inspections les plus poussées de l’AIEA dans un pays à ce jour, Netanyahou répète que l’Iran souhaite se doter de la bombe atomique, sous couvert d’un programme civil, dans le but de détruire l’État hébreu.

    Contraint de ronger son frein sous Barack Obama, déterminé à signer l’accord malgré ses protestations, le Premier ministre israélien a œuvré de tout son poids en coulisse pour que son allié Donald Trump retire les États-Unis du texte. « La majorité des dirigeants et des experts israéliens est aujourd’hui convaincue que la stratégie de Donald Trump sur l’Iran a failli, et que les Iraniens ont avancé d’autant plus rapidement vers la bombe, souligne le chercheur Ely Karmon, d’autant plus que l’AIEA a rapporté que Téhéran avait enfreint ses obligations concernant la quantité et la qualité d’uranium enrichi. » Selon les dernières estimations du renseignement militaire israélien, Téhéran se trouverait à deux ans de l’arme atomique, s’il décidait de se lancer aujourd’hui dans sa production. Considérant malgré tout qu’un accord américano-iranien pour un retour commun dans le JCPOA est inévitable, Tel-Aviv pourrait avoir décidé de frapper Natanz, en concertation avec Washington, pour retarder autant que possible les avancées iraniennes en matière de nucléaire.
    « Scénario gagnant-gagnant pour Israël »

    « Ce semble être un scénario gagnant-gagnant pour Israël », analyse le chercheur Ali Vaez, de l’International Crisis Group. « Si l’Iran ne riposte pas par crainte de faire dérailler le processus diplomatique à Vienne, cette opération permet à Israël d’infliger un revers gratuit et dévastateur pour le programme nucléaire iranien. Mais si l’Iran riposte, ajoute le spécialiste, alors cela pourrait mettre en péril les négociations en Autriche, ce qui est conforme aux objectifs d’Israël. » L’opération de Natanz ne serait que le dernier épisode d’une guerre de l’ombre beaucoup plus vaste et secrète que se livrent actuellement les deux meilleurs ennemis de la région. À couteaux tirés en Syrie, Israël et l’Iran ont étendu ces derniers mois leur rivalité à la mer Rouge, où leurs navires commerciaux mais aussi militaires ont récemment été victimes de curieuses explosions. Elles n’ont pour l’heure pas fait de victime, aucun camp ne souhaitant entrer dans un conflit ouvert et potentiellement dévastateur. « Personne ne l’appelle de ses vœux, précise l’analyste Kianouch Dorrani, mais les deux pays s’enlisent peu à peu dans une confrontation directe. »

    #IsraelIran

  • Données personnelles 500 millions de comptes Facebook piratés
    https://www.lepoint.fr/sciences-nature/donnees-personnelles-500-millions-de-comptes-facebook-pirates-03-04-2021-242

    Les données personnelles de 500 millions de comptes Facebook, dont 20 millions d’utilisateurs français, ont été diffusés sur un site de hackers.

    Si le piratage est ancien, les informations concernées peuvent encore être d’actualité. Les données concernant plus de 500 millions d’utilisateurs Facebook et issues d’une fuite survenue en 2019, dont des adresses e-mail et des numéros de téléphone, ont été mises en ligne sur un forum de hackers, a rapporté samedi le site Business Insider, confirmant les informations d’un expert en cybercriminalité. « Les archives concernant 533 millions de comptes Facebook viennent d’être divulguées gratuitement », a tweeté samedi matin Alon Gal, directeur technique de l’agence anti-cybercriminalité Hudson Rock, fustigeant l’« absolue négligence » de Facebook.

    Business Insider affirme avoir pu vérifier que certains numéros de téléphone fuités appartenaient toujours aux propriétaires des comptes Facebook concernés. « Il s’agit de données anciennes » dont la fuite « avait déjà été rapportée dans les médias en 2019. Nous avons trouvé et réparé ce problème en août 2019 », a réagi auprès de l’AFP un porte-parole de #Facebook.

  • Ah, aujourd’hui on ressort Édouard Philippe du placard, histoire de l’aérer un peu, pour qu’il ne sente pas trop le moisi quand on en aura besoin en cas de défaillance de super-Macron :
    https://www.lepoint.fr/politique/exclusif-edouard-philippe-j-aime-etre-aux-manettes-31-03-2021-2420290_20.php

    Je sais pas toi, mais moi j’ai illico eu cette image en tête :
    https://www.youtube.com/watch?v=DDJdkJ6-RQg

  • Positive au Covid-19, Roselyne Bachelot hospitalisée
    https://www.lefigaro.fr/politique/positive-au-covid-19-roselyne-bachelot-hospitalisee-20210324

    La ministre de la Culture, positive au Covid-19 depuis samedi, a été hospitalisée, a annoncé son entourage, mercredi. Son « état est stable et n’inspire pas d’inquiétudes ».

    Élisabeth Borne positive au Covid-19 et hospitalisée - Le Point
    https://www.lepoint.fr/politique/elisabeth-borne-positive-au-covid-19-et-hospitalisee-22-03-2021-2418839_20.p

    La ministre du Travail, 59 ans, testée positive au coronavirus mi-mars, a dû être hospitalisée. Son entourage se veut « rassurant » sur son état de santé.

    Vous croyez que ça va leur monter jusqu’au cerveau au Conseil de Défense ?

  • Darmanin cite les propos antisémites de Napoléon à son ministre de l’intérieur pour illustrer « une lutte pour l’intégration avant l’heure », Noé Emmanuel, @NoEmmanuel1 sur touiteur

    https://twitter.com/NoEmmanuel1/status/1373367611036217355

    Le séparatisme islamiste : Manifeste pour la laïcité, G. #Darmanin, fev 2021, Eds de L’ observatoire

    Fin tacticien, Gérald Darmanin sait (...)
    https://www.lepoint.fr/debats/separatisme-darmanin-la-loi-divine-et-les-manquements-de-la-republique-11-02

    Le livre surprise de Gérald Darmanin
    https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Le-livre-surprise-de-Gerald-Darmanin-1721352

    SÉPARATISME : MARINE LE PEN DIT À GÉRALD DARMANIN QU’ELLE AURAIT PU « SIGNER » SON LIVRE, 12/02/2021
    https://www.lepoint.fr/debats/separatisme-darmanin-la-loi-divine-et-les-manquements-de-la-republique-11-02

    #antisémitisme #racisme

  • Kervasdoué – Covid : les lacunes d’une comptabilité macabre - Le Point
    https://www.lepoint.fr/invites-du-point/kervasdoue-covid-les-lacunes-d-une-comptabilite-macabre-16-03-2021-2417887_4

    CHRONIQUE. Alors que le Covid continue de sévir, il est essentiel de pouvoir compter les morts. L’affaire, complexe, illustre nos faiblesses en santé publique.

    Alors que depuis un an sévit l’épidémie de Sars-CoV-2, il est plus que jamais essentiel de compter les morts et de savoir où et pourquoi nos compatriotes ont quitté cette Terre. Ce thème n’est pas d’une franche gaieté, mais il est passionnant car, lui aussi, illustre les faiblesses structurelles de la France en santé publique.

    De nouveau, dans ce domaine, l’incurie bricolante que nous allons analyser ne date pas d’hier. Ainsi, de 1994 à 2007, j’ai présidé la formation Santé, protection sociale du Conseil national de l’information statistique (Cnis). Cette belle institution, créée sous la IVe République, analyse et propose au gouvernement, après consultation des partenaires sociaux, les grandes enquêtes à partir desquelles se construiront les politiques de l’État. Il est peu de dire que nos recommandations étaient alors peu suivies et qu’en treize ans aucun conseiller ministériel ne m’a appelé, et mes remarques impatientes, voire acerbes, se sont entassées dans les archives ministérielles. L’État réglemente les autres (69 086 pages de réglementation en 2020), mais ne se gère pas lui-même, les statistiques laborieusement constituées pour suivre l’épidémie l’illustrent.

    Le destin chahuté du volet médical
    Quand une personne meurt, un médecin doit constater son décès et remplir un certificat qui comporte deux volets : un volet d’état civil et un volet médical. Ce certificat de décès accompagne la déclaration de décès qui doit être déposée à la mairie de résidence du défunt en moins de 24 heures. Si la personne est née à l’étranger, ce document doit être envoyé à Nantes, au service d’état civil qui relève du ministère des Affaires étrangères. Le premier volet sera ensuite transmis par la commune à l’Insee dans la semaine, mais cette directive n’est pas toujours suivie, aussi l’intégration dans la base de décès prend un temps… incertain. L’Insee ne les enregistre que onze jours plus tard, mais, comme il le fait pour la plupart des statistiques diffusées, indique que ces données sont provisoires pendant plusieurs mois, ce qui permet d’attendre les retardataires et de compléter le recueil d’informations avant de les traiter.

    Le volet médical suit un tout autre chemin qui, jusqu’à l’épidémie de Covid, prenait en moyenne… quatre ans (oui, quatre années !) avant d’être exploité. Cette partie du document est en effet envoyée aujourd’hui au centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Inserm. À partir de la description rédigée par le médecin certificateur, description en texte libre, plus ou moins précise donc, un codeur s’appuyant sur les directives données par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) va classer la « cause initiale de décès ». Inutile de préciser que quand le médecin ne sait pas trop ce qui a causé la mort, il privilégie les maladies cardiaques : chez tous les morts, le cœur s’est, en effet, arrêté… De surcroît, en France, on pratique très peu d’autopsies ; pourtant la cause réelle de décès révélée par l’autopsie et la cause « certifiée » de l’acte de décès divergent souvent. Il y a un demi-siècle, ma thèse de doctorat montrait cependant, sans ambiguïté, que, dans les hôpitaux américains, le taux d’autopsie est un très bon indicateur de la qualité des soins ! Toute institution apprend de ses erreurs, fussent-elles fatales.

    Nouvelle donne
    Survient l’épidémie, il est alors demandé aux personnes qui réalisent le codage d’oublier 2017, 2018 et 2019 (qui attendent donc toujours) pour coder les remontées de 2020 afin d’identifier les morts du Covid. Cette instruction s’applique aux dossiers « papier » qui remontent des communes (70 %), comme aux dossiers électroniques (30 %) transmis par des médecins. Du fait du petit nombre de codeurs, les données sont traitées, encore aujourd’hui, avec quatre mois de retard malgré l’urgence ; ainsi, en mars 2021, on dispose de 93 % des données d’octobre 2020. L’Inserm classe « Covid » tous les décès dont le certificat contient ce mot, donc aussi bien les morts « du » que les morts « avec » le virus. Du fait de ces délais, ils ne sont pas comptés dans les publications quotidiennes de Santé publique France, qui se limite aux institutions médicales (hôpitaux et cliniques) et médico-sociales : Ehpad et autres institutions médico-sociales (EMS). Les décès à domicile, sur la voie publique ou non spécifiés sont en proportion heureusement peu nombreux : de l’ordre de 1 %.

    Pour les hôpitaux, le ministère de la Santé utilise une procédure créée à l’occasion des attentats de 2015 : le système SI-VIC. L’hôpital ne déclare dans ce cas que le décès Covid pour les seuls patients ayant eu un test détectant le virus ou un scanneur qui a signé sa présence. Aucune autre information médicale n’est transmise. On ne distingue donc pas les patients admis pour traiter l’infection de ceux qui l’ont été pour une autre cause (cancer, maladie cardiaque…) et sont néanmoins porteurs du virus au moment du décès. En outre, si le système semble recueillir la quasi-totalité des données pour les patients traités en court séjour, il semble moins proche de l’exhaustivité pour les autres types d’hospitalisation (psychiatrie, soins de suite…), il est vrai moins nombreux.

    Pour les Ehpad et les EMS, la règle est différente et suit une procédure conçue en 2017 et mise à jour en mars 2020. Il s’agit du « portail de signalement des effets indésirables » dans ces institutions. En 2020, les remontées par paquets (batch) ont d’abord été mensuelles, puis hebdomadaires et enfin, depuis six mois, bihebdomadaires. Cette remontée discontinue a un impact évident sur les statistiques journalières, il ne faut donc considérer que les moyennes mobiles glissantes sur une semaine. Soulignons que dans ce cas, comme pour le CépiDc, mais contrairement aux hôpitaux, on additionne les décès avec présence confirmée du Covid et décès avec suspicion de Covid.

    Enfin, le système statistique pour le passage aux urgences est encore différent. Les données sont remontées par le réseau Oscour ( ! ! !) créé en 2004. Il couvre 93 % des urgences et additionne : réanimation, soins intensifs et surveillance continue. Ce n’est donc pas la seule réanimation au sens strict.

    Je ferai grâce au lecteur des différences de dates (date du décès ou date d’inclusion dans la base), et de l’imprécision du lieu de décès, utilisés par ces différentes sources de données et renvoie le lecteur intéressé au blog d’Odile Fillot et à ses analyses de grande qualité.

    Système obsolète
    De cette description on peut en déduire que si la surmortalité constatée certains mois de 2020 et de 2021, comparée aux mêmes mois des années antérieures, est bien réelle, elle ne reflète cependant pas les seuls décès liés au Covid, ne fût-ce qu’en raison de la déprogrammation de certaines interventions mise en place en période de tension des services de réanimation. Par ailleurs, il existe des facteurs « autres » qui ont contribué à la baisse de la mortalité du fait du confinement, il y a par exemple moins d’accidents de la route et moins d’autres maladies infectieuses du fait de la plus grande hygiène due aux gestes barrières. Si le système bricolé permet de suivre les décès dus à l’épidémie pour l’hôpital, ou associés au virus dans les Ehpad et les EMS, on ne peut pas dire grand-chose des décès qui ont eu lieu ailleurs, même si l’on estime qu’ils sont peu nombreux, nous l’avons vu. En outre, le comptage n’est pas exhaustif, il ne suit pas au jour le jour les décès, les modes de dénombrement varient, la résidence du décédé (essentielle pour tracer le virus) n’est pas toujours bien renseignée…

    On peut donc se demander pourquoi le système informatisé conçu après la canicule de 2003 a mis quatre ans avant d’exister (2007) et ne touche encore que 30 % des décès en 2021. La réponse est simple : jusqu’à l’épidémie, la santé publique intéressait peu de gens, sauf quand il s’agissait de tenter de mesurer les prétendus décès liés aux pesticides, au glyphosate, voire à la pollution atmosphérique dont on peut douter de la précision, notamment après avoir décrit la manière d’analyser les causes médicales de décès. En outre, et surtout, cela fatigue les services. Ce sujet structurel n’est pas une urgence, or l’urgent, aujourd’hui plus que jamais, chasse l’important.
    Rendez-vous compte qu’il faut réunir les services statistiques du ministère de l’Intérieur qui a la tutelle des communes, du ministère des Affaires étrangères qui gère les personnes nées à l’étranger, du ministère de l’Économie qui a la tutelle de l’Insee et celui des services fiscaux, du ministère de la Justice qui a la tutelle des notaires et, bien entendu, du ministère de la Santé. De surcroît, une procédure informatisée imposerait aux communes de modifier leur logiciel du service d’état civil ; l’Assurance maladie devrait trouver un moyen d’indemniser les médecins pour cette tâche citoyenne ; le ministère de la Santé devrait concevoir et tester un algorithme d’aide au codage pour enregistrer la cause de décès et ses facteurs associés ; il faudrait accroître le budget de l’Inserm ; lancer un contrôle qualité en favorisant et payant correctement les autopsies, ce qui n’est pas le cas…

    Prudence
    Si la France et ses ingénieurs ont réussi dans les siècles passés à construire des infrastructures remarquables de génie civil, les infrastructures du vingt et unième siècle – qui sont aussi celles des bases de données – ont été négligées, voire abandonnées, or il est urgent d’informatiser la totalité des certificats de décès et, ce faisant, d’aider les médecins à en améliorer la qualité en fournissant des informations plus précises. Mais l’État, en dehors du secteur de la Défense, investit très peu. Start-up Nation ?

    Pour terminer de façon moins déprimante, la France n’est pas la seule nation à constater les carences de son système statistique. Si la Belgique a un système exhaustif et rigoureux, l’Allemagne ne déclare que les cas confirmés par les tests de laboratoire ; la méthode de comptage des États-Unis varie avec l’état de l’Union ; l’Espagne ne compte pas l’essentiel des décès en Ehpad ou en EMS ; le Royaume-Uni a certes progressivement mis de l’ordre dans son comptage, mais exclut toujours de classer « Covid » les patients quand ils décèdent vingt-huit jours après un test PCR positif… Personne n’est parfait et on ne peut donc qu’être très prudent quand on se lance dans des comparaisons internationales.