Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée »

/entretien-avec-corinne-morel-darleux

  • Pourquoi quittez-vous la direction du #Parti de #Gauche ?
    https://reporterre.net/Pourquoi-quittez-vous-la-direction-du-Parti-de-Gauche

    Or il me semble que la stratégie et les moyens mis en œuvre par la FI aujourd’hui au mieux passent à côté des enjeux, au pire desservent les fins. Dans les deux cas elles me semblent en-deçà de l’#exigence_écosocialiste. Les « signifiants vides » du populisme et de la stratégie anti-Macron, visant à fédérer le plus largement possible, étouffent trop souvent la radicalité du projet initial. Les affaires internes et le commentaire systématique de l’actualité me semblent de plus en plus hors-sol. Les réactions auto-centrées nous coupent les ailes. J’ai toujours plaidé pour l’alliance d’une aménité de ton et d’une radicalité de fond, je vois l’opposé. La critique interne, même bienveillante, est vécue comme une attaque, le pas de côté comme une trahison. J’en viens donc à la conclusion que c’est ailleurs que je serai la plus efficace, que les choses pourront bouger.

    Depuis deux ans, des montagnards aux forestiers en passant par les rapports scientifiques sur les risques d’effondrement, j’explore des chemins de traverse, au contact d’espaces intellectuels et militants différents. Face à l’urgence il y a d’autres formes politiques à inventer, des passerelles à faire et des réseaux à activer, des actions de désobéissance civique à organiser (*), des risques et des conflits à anticiper collectivement. C’est crucial, et cela se heurte à trop de limites dans un cadre soumis aux échéances électorales et à l’injonction médiatique. L’heure est venue de sortir de nos zones de confort et de repenser en profondeur nos stratégies et modes d’action. Pour ma part je ressens la nécessité de recentrer mon temps et mon énergie, en cohérence avec le cheminement de ma réflexion (dont j’avais déjà posé quelques bribes ici). https://lvsl.fr/entretien-avec-corinne-morel-darleux

    je reste au #PG, en compagne de route exigeante mais bienveillante, je continue à assurer le mandat régional qui m’a été confié face à Laurent Wauquiez, et oui, j’ai été approchée, mais non je ne pars ni pour une place chez EELV, ni chez Générations, ni pour rejoindre Place Publique. En fait je sais que ça parait toujours étrange à certains, mais on ne quitte pas toujours une fonction pour choper une place ailleurs. Parfois on fait simplement ce qui semble juste à un moment donné.

    • Donc, mensuellement, cette dame se fait 10 à quinze milles euros,
      payés par des contribuables, pour qui la fin du mois commence le 10, pour faire son introspection.

      C’est du l’oréal, parce que je le vaut bien, ou de l’amélie nothomb ?

      Elle a un côté manager de multinationale.
      Se dire de gauche et déclarer : L’heure est venue de sortir de nos zones de confort , consternant !
      Elle peut rejoindre #en_marche.

  • Pourquoi quittez-vous la direction du Parti de Gauche ?
    https://reporterre.net/Pourquoi-quittez-vous-la-direction-du-Parti-de-Gauche


    27 novembre 2018 / Corinne Morel Darleux

    Corinne Morel Darleux a annoncé dimanche 25 novembre, lors d’une réunion du Parti de Gauche (PG), qu’elle quittait la direction de ce parti. Voici le texte, paru sur son compte Facebook, par lequel elle explique sa décision : (...)

    • Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée » – Entretien avec Corinne Morel Darleux
      Par Pierre Gilbert - 14 novembre 2018
      https://lvsl.fr/entretien-avec-corinne-morel-darleux
      Corinne Morel Darleux est conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche. Elle écrit tous les mois pour Reporterre, divers blogs et tient une chronique mensuelle à Là-bas si j’y suis. Elle est notamment l’auteur de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince, 2009) et a coordonné la rédaction du manifeste des 18 thèses pour l’écosocialisme qui marque l’apparition du terme écosocialisme en France. Elle fait partie de ces nouveaux penseurs de l’écologie politique et c’est à ce titre que nous avons voulu l’interroger.
      #collapsologie #effondrement

    • « Merci de tout cœur à celles et ceux qui font passer l’intérêt collectif avant leur déception personnelle. »

      Deux candidat.e.s conseillère et conseiller régionaux avaient postulé pour être éligibles :

      – Liem Hoang Ngoc, conseiller régional d’Occitanie a été candidat aux législatives dans la meilleure circonscription de Haute-Garonne mais n’a pas été élu

      – Corinne Morel Darleux, conseillère régionale Auvergne Rhônes-Alpes.

      La 8ème place dans leur genre (femme/homme) leur avait été proposée. Ils ont tous les deux considéré que ce n’était pas à la hauteur de ce qu’ils représentent.

      Au final, si nous prenons les personnes qui se sont retirées avec fracas, Liem Hoang Ngoc, Sarah Soihili, Corinne Morel Darleux, François Cocq, Djordje Kuzmanovic, toutes les 5 voulaient être dans les 10 premiers. Mais à un moment il faut bien faire un choix. Ces 5 personnes, si elles étaient sûrs d’être élu.e.s, auraient-elles les mêmes critiques publiques contre la France Insoumise ? Je ne le crois pas.

      http://www.martine-billard.fr/post/2018/11/29/De-la-difficult%C3%A9-de-choisir-les-candidates-et-candidats-aux-eur

  • Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée »
    https://lvsl.fr/entretien-avec-corinne-morel-darleux

    LVSL – On voulait revenir sur l’article que vous avez écrit pour Reporterre, qui a été publié le 19 juillet et qui est intitulé « face à l’effondrement formons des alliances terrestres » où vous évoquiez votre rapprochement avec la collapsologie. C’est une théorie qui avait plutôt le vent en poupe, notamment dans les milieux libertaires et les milieux écologistes. En ce qui vous concerne, vous citez Asimov et semblez évoquer la justesse ontologique du personnage-clé de la saga Fondation, Hari Seldon, qui consiste à tout faire pour réduire la période de transition post-effondrement, caractérisée par le chaos. Cependant, vouloir relativiser l’impact de l’effondrement ce n’est pas d’une certaine façon l’accepter ? Et est-ce qu’on peut moralement accepter la fatalité du dépérissement d’une partie de la population, quand on est responsable politique ?

    Corinne Morel Darleux – J’ai toujours pensé que quand on était dans une situation trop compliquée pour l’évaluer finement et savoir comment il convient d’en parler, le plus simple était de dire les choses avec honnêteté. Je ne sais pas si on va vers un « collapse », c’est-à-dire un effondrement systémique, global, de la civilisation humaine à l’échelle mondiale. En revanche, on l’a souvent dit, mais cette fois je crois qu’on y est : le monde tel que nous le connaissons est en train de foutre le camp. Pardon de l’expression, mais c’est la plus illustrée qui me vient à l’esprit. Je parle du climat, de la raréfaction des ressources naturelles, de la destruction des écosystèmes et du rythme effarant d’extinction des espèces, naturellement, mais pas seulement : le système de croyances sur lequel s’appuie notre société est lui aussi en train de s’effondrer. La croissance n’apporte plus la prospérité, les forces de l’ordre ne sont plus gage de sécurité. Il va bientôt falloir plus d’énergie pour extraire un baril d’hydrocarbures que d’énergie produite par ce même baril. L’Union européenne qui devait nous protéger ne le fait de toute évidence pas. L’impôt est détourné des services publics et du patrimoine de ceux qui n’en ont pas. On ne croit plus les informations qu’on lit sur les réseaux et même Le Gorafi ne trouve plus les mots. Les écrans sont omniprésents et refaçonnent le « vivre ensemble ». L’égalité se heurte aux délits de faciès. La solidarité devient un délit. Les élus représentants du peuple se font agents des lobbies. Bref : la solidarité, le progrès, la démocratie apparaissent aujourd’hui à la plupart des gens comme autant de mythes dont la valeur est en train de dévisser.