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  • En #Norvège, l’amertume des survivants de l’attentat d’#Utoya : « Les idées du #néonazi #Breivik se sont banalisées dans l’espace public »
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/07/19/en-norvege-l-amertume-des-survivants-de-l-attentat-d-utoya-les-idees-du-neon

    Il y a quinze ans, le terroriste #Anders_Behring_Breivik assassinait 77 personnes à #Oslo et sur l’île d’Utoya. Le 22 juillet, la Norvège commémore ces attentats, les plus meurtriers de son histoire depuis la seconde guerre mondiale, en inaugurant un mémorial et un centre d’exposition. Mais les rescapés se désolent de voir que les idées d’extrême droite gagnent du terrain.

  • En 1976, les soldats perdus de l’extrême droite française au Liban
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/07/12/en-1976-les-soldats-perdus-de-l-extreme-droite-francaise-au-liban_6722861_45

    https://archive.ph/2026.07.12-040840/https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/07/12/en-1976-les-soldats-perdus-de-l-extreme-droite-francaise-au-liban_6722861_45

    Au Liban, l’apport militaire de ces étrangers est jugé relativement minime, ce qu’admettent les intéressés. « Mais leur présence a eu un impact très positif, estime Wassim Jabre, directeur du Musée de l’indépendance des Kataëb, à Beyrouth. Elle a permis de montrer aux chrétiens qu’ils n’étaient pas totalement abandonnés. Si l’Occident et la France voulaient éviter de se mettre les pays arabes à dos en pleine crise pétrolière, certains Français prenaient tout de même le risque de venir en aide aux chrétiens et ça, c’était capital pour le moral. »

    En août 2014, le parti Kataëb invite au Liban une dizaine d’entre eux, regroupés au sein de l’Amicale des anciens volontaires français du Liban (AAVFL) tout juste créée. A Beyrouth, ils sont reçus dans une petite salle, où trois ministres et deux parlementaires les remercient chaleureusement pour leur engagement passé. Alors qu’ils pensent la cérémonie expédiée, ils sont conduits dans une salle de réception où ils sont applaudis par des dizaines de participants, avant de recevoir une décoration des mains de Samy Gemayel, neveu de Bachir, qui prendra la tête du parti peu après en 2015.

  • Le maire, la commerciale et le contrat à 38 000 euros : ces communes victimes de pratiques commerciales douteuses

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/07/11/le-maire-la-commerciale-et-le-contrat-a-38-000-euros-ces-communes-victimes-d
    https://archive.is/hg7ny

    Tout a commencé par un appel d’une certaine madame Fournier, au printemps 2023. « Elle s’est présentée comme ma nouvelle interlocutrice privilégiée au nom d’Orange », se souvient Lionel Sanchez. Outre la fameuse « box », elle lui propose des « bornes Wi-Fi » pour améliorer la réception du signal Internet dans la mairie. « Elle m’a parlé d’un coût d’ensemble de 800 euros. J’ai demandé si c’était par an, elle m’a dit oui. J’avais confiance. »
    Quelques jours plus tard, Lionel Sanchez signe. Le matériel est installé. Il lui faudra plusieurs semaines pour découvrir qu’il a engagé la commune sur cinq ans, pour un montant plus proche des 800 euros… par mois ! Et que la société à l’origine du démarchage, nommée V-IP Com, n’a pas de lien avec l’opérateur Orange. « Pour moi, ce sont des méthodes de voyou », tranche l’élu de 59 ans, contrôleur SNCF de profession. La commune a bien tenté de casser le contrat. Elle s’est alors vu réclamer, devant le tribunal administratif de Dijon, une somme dépassant les 38 000 euros.
    […]
    A l’origine de ces démarchages, des sociétés à la structure très légère. V-IP Com, impliqué dans plus de la moitié des cas identifiés par M, a déclaré dans ses derniers comptes annuels publiés, ceux de 2023, 6,6 millions d’euros de chiffre d’affaires pour… un seul salarié ! Si elle dispose d’une adresse parisienne, elle est dirigée, d’Israël, par un entrepreneur trentenaire, Ilan Zerbib : il fait installer le matériel chez ses clients, communes ou petits professionnels, par des sous-traitants partout en France

    .

  • En Belgique, des communes wallonnes coupent les ponts avec les nouvelles villes #RN

    Au nom du « cordon sanitaire » instauré pour lutter contre la montée de l’extrême droite, des municipalités belges comme #Huy ou #Namur remettent en question leur #jumelage avec des mairies françaises conquises par le #Rassemblement_national aux élections municipales de mars.

    Juché sur un éperon rocheux, le fort de Huy offre une vue imprenable sur les bords de Meuse et les ruelles pavées du centre-ville de #Huy, une cité de presque 22 000 habitants dans la province wallonne de Liège, en Belgique. Au pied de cette forteresse construite au XIXe siècle, des plaques commémoratives mentionnent la part sombre de l’histoire de l’édifice.

    Entre 1940 et 1944, l’armée allemande, qui occupait la Belgique lors de la seconde guerre mondiale, s’en servit de prison pour y détenir des milliers de Belges et d’étrangers, avant de les envoyer vers des camps de concentration. Parmi les prisonniers : 273 mineurs originaires de la ville de Grenay (Pas-de-Calais), arrêtés en 1941 lors de la grève des 100 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais, l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France. Ils furent déportés à Sachsenhausen. La moitié d’entre eux y ont perdu la vie.

    Le fort de Huy est devenu aujourd’hui un site touristique et un lieu de mémoire. En 2016, pour marquer le 75e anniversaire du mouvement social des mineurs, l’ancien maire communiste de #Grenay, Christian Champiré, prend attache avec le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, élu maire socialiste quelques mois auparavant. Depuis, chaque année au mois de juillet, une commémoration se déroule aux abords du fort en présence d’un représentant de la ville de Grenay.
    Ce lien donne naissance, en 2022, à un « #pacte_d’amitié », suivi, deux ans plus tard, d’un « #serment_de _jumelage » signé le 23 juillet 2024. Les deux communes s’engagent alors à « maintenir des liens permanents et à favoriser les échanges entre leurs habitants pour développer par une meilleure compréhension mutuelle le sentiment vivant de la fraternité européenne ».

    « Ce parti incarne le #rejet_de_l’autre »

    En cette fin mai, les choses ont bien changé. Assis dans son bureau avec vue sur le fort belge, Christophe Collignon tourne littéralement le dos à ce serment, accroché sur un mur derrière lui. A Grenay, la candidate du Rassemblement national (RN) Daisy Duveau l’a emporté au second tour des élections municipales de mars avec un score de 42,43 %. Face à ce changement d’orientation politique dans la ville du bassin minier français, la municipalité de Huy a décidé, le 13 avril, lors d’un conseil communal, de rompre le pacte. « Rencontrer des élus RN est une #ligne_rouge, confie posément l’édile belge. Pour nous, celui qui s’intègre à notre société est le bienvenu, on prône une ouverture sur le monde. A contrario, ce parti incarne le #rejet_de_l’autre, il est incompatible avec nos #valeurs. »

    La ville de Huy n’est pas la seule à remettre en question son jumelage avec une commune récemment con­quise par le RN. C’est le cas aussi de #Namur. La capitale de la #Wallonie a décidé, le 21 avril, de mettre fin à son jumelage de soixante-dix ans avec #Menton (Alpes-Maritimes), après l’élection d’#Alexandra_Masson, la candidate du RN, au scrutin de mars. Le conseil communal de la ville belge a décidé de « suspendre, à titre conservatoire et avec effet immédiat, les relations entre la ville de Namur et la ville de Menton, dans leur dimension institutionnelle ».

    Pour justifier cette mise à distance, Christophe Collignon invoque « le cordon sanitaire » mis en place en Belgique depuis plus de trente ans pour lutter contre l’extrême droite. Le 24 novembre 1991, le Vlaams Blok, un parti d’extrême droite flamand, créait la surprise en obtenant 12 sièges au Parlement belge. Dans la foulée, les partis francophones et néerlandophones décidèrent d’adopter une charte édictant les règles de bonne conduite liant les partis démocratiques et d’inscrire dans le marbre le « cordon sanitaire ». Celui-ci consiste, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, à refuser toute #alliance avec l’extrême droite, laquelle se voit également privée d’antenne par les #médias. Un #cordon_médiatique uniquement en vigueur en Wallonie, dont la dernière charte actualisée date de 2022 tandis qu’en Flandre, la dernière version remonte à 2000.

    Des décisions symboliques

    Alors même que le cordon sanitaire n’englobe pas le jumelage des villes, les communes wallonnes d’#Arlon et de #Farciennes avaient déjà suspendu en 2014 leur jumelage avec les villes de #Hayange (Moselle) et de #Beaucaire (Gard), emportées par le FN (ex-RN) cette année-là. « Tous les partis démocratiques y sont ­attachés, argue Christophe Collignon. On a grandi dans cette culture politique, et il n’est pas question d’y transiger. »

    Depuis 2006, la mairie de Namur est dirigée par #Les_Engagés, un parti politique belge francophone centriste et social-libéral. Dès les résultats du premier tour des élections municipales en France, consigne a été donnée par le parti « de suspendre les jumelages avec les communes dirigées par les extrêmes ». « Ils mettent en danger notre modèle de société et notre vivre-ensemble », affirme au téléphone Yvan Verougstraete, eurodéputé (Renew) et président des Engagés.

    « En avril 2025, la ville de Namur a voté une motion qui réaffirme notre attachement aux valeurs démocratiques, à l’Etat de droit, à l’#égalité et au respect des #droits_fondamentaux, détaille Stéphanie Scailquin, adjointe au maire de la ville. Cette motion nous oblige, en cohérence, à veiller à ce que nos relations extérieures ne contredisent pas ces principes. »

    En Wallonie, être lié à une commune d’extrême droite relève du pacte avec le diable. « Il y a une défiance viscérale vis-à-vis de l’extrême droite, y compris au sein de la population, explique Benjamin Biard, politologue belge et chercheur au Centre de recherches et d’information socio-politiques. La prise de distance de Namur ou de Huy en est une illustration. Ces décisions sont surtout symboliques, car leurs jumelages n’ont en réalité jamais été très actifs. »

    Les relations associatives perdurent

    L’association entre Namur et Menton avait été conclue en 1956 mais n’avait en effet jamais fait l’objet de relations particulières. En 2023, à l’initiative de la municipalité française, la coopération avait été relancée. Une fois par an, l’une des deux délégations faisait le déplacement. Un panneau à l’entrée de la ville des Alpes-Maritimes indique le jumelage, tandis qu’une « allée de Menton » a vu le jour près de la citadelle de la capitale wallonne.

    « Menton n’a pas changé d’histoire le soir du scrutin, écrit par mail la nouvelle maire RN, Alexandra Masson. Elle n’a pas changé d’âme. Elle n’a pas changé d’habitants. Elle demeure une ville ouverte, frontalière, attachée à ses traditions, à son patrimoine, à ses relations d’amitié et à la dignité de ses engagements. Je crois que la démocratie mérite mieux que cela. Elle suppose d’accepter le verdict des urnes, y compris lorsqu’il ne correspond pas à ses préférences politiques. » Selon l’adjointe Stéphanie Scailquin, le divorce entre Namur et Menton « ne concerne que les relations entre ­exécutifs locaux. Les relations associatives et entre les habitants des deux communes peuvent naturellement se poursuivre ».

    A Huy, Christophe Collignon assure que la rupture des liens avec l’édile de Grenay ne portera pas non plus préjudice aux relations associatives unissant les deux communes. « Cela peut être même une bonne chose que des liens perdurent, notamment pour que notre histoire commune ne soit pas caviardée par les autorités de Grenay. » La municipalité du Pas-de-Calais n’a pas répondu à nos sollicitations. Les habituelles commémorations de juillet à Huy se dérouleront cette fois sans élus officiels de la ville de Grenay. Des habitants ont en revanche manifesté leur souhait de se joindre à l’événement pour rendre hommage à leurs martyrs de la seconde guerre mondiale, et continuer ainsi à entretenir leur histoire.

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/19/en-belgique-des-communes-wallonnes-coupent-les-ponts-avec-les-villes-passees
    #jumelage #collaboration #arrêt #cordon_sanitaire #Belgique #France #extrême_droite #suspension

    ping @karine4

  • « Gueule tordue », l’employé zélé de la Gestapo à l’origine de l’arrestation de l’historien et résistant Marc Bloch
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/14/gueule-tordue-l-employe-zele-de-la-gestapo-a-l-origine-de-l-arrestation-de-l

    Il fait partie de ces Français, collaborationnistes convaincus, qui se sont mis au service de l’occupant. A la tête d’une bande de près de 100 individus, Francis André, dit « Gueule tordue », a multiplié les exactions dans la région lyonnaise, semant la terreur par ses vols, arrestations, tortures et meurtres, commis pour son compte et celui des nazis. Parmi ses nombreuses victimes, l’historien et résistant juif Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin.


    Francis André, dit « Gueule tordue », défilant bras tendu à Lyon en juin 1941 avec #Jacques_Doriot (costume et cravate rayée), fondateur du Parti populaire français et collaborateur. FONDS LADISLAS DE HOYOS/ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DU RHÔNE ET DE LA MÉTROPOLE DE LYON

    Ce sont des membres de cette équipe, des Français, donc, qui ont arrêté le 8 mars 1944 à Lyon, et pour certains torturé, leur compatriote, l’historien #Marc_Bloch (1886-1944). Aucune notice nécrologique consacrée à l’auteur de L’Etrange Défaite (essai sur la défaite française de 1940, publié à titre posthume en 1946 aux éditions Franc-Tireur) ne fait pourtant mention de cette responsabilité française, pas même celle lui rendant hommage sur le site de son université d’origine, Paris-I Panthéon-Sorbonne : la Gestapo reste désignée comme seule coupable.

    [...]

    (...) selon l’historienne Alya Aglan (...) « la politique allemande élaborée par Otto Abetz [ambassadeur d’Allemagne en France] dès l’été 1940 vise délibérément à encourager le pullulement de tous les groupuscules #collaborationnistes, mis en rivalité les uns avec les autres. L’objectif est non seulement de diviser pour mieux contrôler, mais aussi de créer des “liens de sang” pour rendre la collaboration irréversible. La politique de corruption participe pleinement à l’entreprise de compromission extrême. »

    Au nom d’un nébuleux Mouvement national antiterroriste (MNAT), pas vraiment une organisation en bonne et due forme mais plutôt un instrument visant à mener une campagne d’assassinats ciblés, « Gueule tordue » et ses hommes sont chargés par Jacques Doriot et les Allemands de débarrasser la ville de la « vermine communiste ». Les notables lyonnais soupçonnés de ne pas adhérer au régime du maréchal Pétain sont les premières victimes, avant que ne vienne le tour de tous les groupes qui constituent, selon la terminologie de Vichy, « l’anti-France » : les juifs et les résistants, notamment. En vertu de la « loi du talion » revendiquée par le MNAT, un morceau de papier indiquant « Terreur contre Terreur » est accroché au revers de la veste des personnes éliminées.

    https://justpaste.it/8bpcp

    #collabo-banditisme

  • L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/10/l-americain-gregory-bovino-chantre-de-la-remigration_6700415_4500055.html

    L’Américain Gregory Bovino, chantre de la « remigration »
    Ancien patron musclé de la police aux frontières des Etats-Unis, le trumpiste Gregory Bovino a défendu le principe de « remigration » lors d’un meeting des extrêmes droites au Portugal.
    Par Lucas Minisini
    Le 30 mai, l’Américain Gregory Bovino, ex-patron de la Border Patrol, la police aux frontières, et l’un des artisans de la politique anti-immigration de Donald Trump, est venu défendre la « remigration », soit le déplacement massif et forcé de populations immigrées hors d’Europe, lors d’un rassemblement d’extrême droite au sud de Porto, au Portugal. Organisé par la figure autrichienne d’ultradroite Martin Sellner, le sommet réactionnaire réunissait à la fois des élus de l’AfD et de Vox, les partis d’extrême droite allemand et espagnol, l’ancien député européen Front national (devenu Rassemblement National) Jean-Yves Le Gallou et, donc, l’Américain trumpiste de 56 ans, devenu le symbole de la détention aux États-Unis de plus de 70 000 personnes accusées d’être des sans-papiers.
    Entre octobre 2025 et la fin janvier 2026, Gregory Bovino a dirigé la police aux frontières des États-Unis à coups d’opérations médiatiques où il apparaissait, en plein raid, entouré de nombreux agents masqués. Sous son commandement, à Minneapolis, dans le Minnesota, un officier a tué à bout portant Alex Pretti, un infirmier de 37 ans qui filmait l’arrestation violente d’une femme, le 24 janvier 2026. Les images de sa mort, diffusées en ligne, ont vite contredit la ligne de défense de Gregory Bovino, qui accusait le trentenaire d’avoir menacé les forces de l’ordre. Face à l’indignation générale, le fidèle du président américain a été contraint de démissionner de son poste quelques jours plus tard.
    Pour expliquer son zèle, l’officier aux trois décennies passées au sein de la Border Patrol en Louisiane et en Californie se réfère à Jack Nicholson dans Police frontière, un thriller sorti en 1982. C’est le célèbre acteur incarnant un agent devenu complice d’un vaste trafic d’êtres humains qui aurait donné envie à Gregory Bovino de s’engager au sein de cette force de police dès la fin de ses études universitaires. Dans une interview donnée en 2021 sur la chaîne YouTube de la police aux frontières, Gregory Bovino explique également que le film a été produit par Neil Hartley, son grand-oncle.
    Peu de temps avant sa démission forcée, fin janvier 2026, Gregory Bovino est apparu au milieu d’agents de la police aux frontières vêtu d’un long manteau en laine couleur olive, avec épaulettes et manchettes. Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, a qualifié cette tenue, inédite dans les rangs de la force de police, de « code nazi ». Face aux médias américains, le fonctionnaire anti-immigration a nié toute référence au IIIe Reich. Mais, plus récemment, lors d’une interview donnée au site identitaire Breizh Info en marge du sommet de la « remigration » organisé au Portugal, Gregory Bovino a évoqué le général nazi Erwin Rommel, qu’il a décrit comme une inspiration.

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#remigration#frontiere#ICE#politiquemigratoire

  • En Corée du Sud, sur « l’île des amoureux », la photojournaliste Agnès Dherbeys capte les stigmates d’un massacre
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/06/en-coree-du-sud-sur-l-ile-des-amoureux-la-photojournaliste-agnes-dherbeys-ca

    Aux prémices de la guerre froide, entre 1948 et 1949, de 14 000 à 30 000 personnes accusées de communisme ont été tuées par le gouvernement sud-coréen, proaméricain, sur l’île de Jeju. La photojournaliste Agnès Dherbeys est partie en janvier sur cette terre isolée, à la recherche des traces d’une tragédie longtemps tue.
    Une douleur incommensurable exhale de l’île sud-coréenne de Jeju. Dans des paysages volcaniques, où l’énergie tellurique affleure et le minéral se joue des éléments, le vent, l’océan, des hommes et des femmes témoignent du massacre perpétré il y aura bientôt quatre-vingts ans.

    Entre avril 1948 et août 1949, la révolte locale contre le gouvernement soutenu par les Etats-Unis et les forces de sécurités accusées d’avoir collaboré avec l’ancien occupant japonais a été sévèrement réprimée.

    La guerre froide n’en était qu’à ses débuts, mais sur cette terre isolée de 73 kilomètres sur 31, à presque équidistance de la Chine, du Japon et de la péninsule coréenne, la chasse aux sorcières contre tout individu soupçonné de communisme, adultes comme enfants, conduisit à l’incendie de villages entiers, à l’emprisonnement de milliers d’habitants et à la mort d’au moins 14 000 à 30 000 personnes.

    Le bilan n’a jamais été établi. Jusqu’au milieu des années 1990, le drame était totalement tabou.

  • Carlos Ghosn, un fugitif très actif
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/03/carlos-ghosn-un-fugitif-tres-actif_6696634_4500055.html

    Réfugié au Liban depuis 2019, l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, visé par trois mandats d’arrêt, distille, en visioconférence, des conseils en stratégie auprès d’entrepreneurs.

  • La mémoire enfouie des camps de regroupement de la guerre d’Algérie
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/04/01/la-memoire-enfouie-des-camps-de-regroupement-de-la-guerre-d-algerie_6675830_


    #Camp_de_regroupement du Mezdour, en octobre 1960. MARC GARANGER

    Entre 1954 et 1962, l’armée française a déplacé et parqué dans des camps plus de 2 millions de paysans algériens. Plus de 200 000 d’entre eux, dont deux tiers d’enfants, y seraient morts de froid et de faim. La journaliste Lorraine Rossignol ravive, dans un livre, un récit longtemps tu.

    Les tués l’ont pour l’essentiel été par famine, comme ce fut le cas des fous sous Pétain.

    https://justpaste.it/ndfsp

    #Algérie_française #Guerre_d'Algérie

  • (Mai 2025)

    « The Art of the Deal », de Donald Trump, ou l’art de capitaliser sur un best-seller
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/05/16/the-art-of-the-deal-de-donald-trump-ou-l-art-de-capitaliser-sur-un-best-sell

    A défaut de principes de négociation originaux, le livre de 1987 est truffé d’anecdotes documentant la véritable conviction de Trump : peu importe que l’on dise du mal de vous, pourvu qu’on parle de vous. L’important est que les gens retiennent votre nom. Tony Schwartz en sait quelque chose. Si Donald Trump l’a choisi, c’est parce que le journaliste avait écrit, en 1986 dans New York Magazine, un article dénonçant ses méthodes de voyou pour déloger les occupants d’un immeuble.

    Flatté par ce portrait que tout le monde semblait avoir lu, Trump avait encadré la couverture du magazine dans son bureau. « D’un point de vue purement business, les avantages d’avoir des gens qui écrivent sur vous surpassent clairement les inconvénients », lit-on dans The Art of the Deal.

  • La « romance », ce genre littéraire longtemps déconsidéré, est devenue incontournable en librairie
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/11/26/la-litterature-romance-rayonne-au-c-ur-des-librairies_6654842_4500055.html

    Profitant du succès de la fantasy, la romance queer, la comédie romantique ou la dark romance, des librairies indépendantes consacrées au genre de la romance ouvrent partout en France et misent sur la proximité avec leurs jeunes lectrices.
    Par Clémentine Goldszal
    Publié le 26 novembre 2025

    #Romance #Litterature_de_genre #Lecture

  • En Angleterre, les rêves de retour des exilés de l’archipel des Chagos

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/01/25/en-angleterre-les-reves-de-retour-des-exiles-de-l-archipel-des-chagos_651478

    Par Cécile Ducourtieux, 25 janvier 202

    De 1968 à 1973, la population de cette colonie britannique au cœur de l’océan Indien a été dépossédée de sa terre, en partie livrée à l’armée américaine. Près de la moitié de cette diaspora a échoué dans les années 2000 à Crawley, dans le Sussex. A la faveur d’un récent accord de rétrocession à Maurice, elle caresse le mince espoir d’un retour.

    L’air est glacé et les nuages bas sur Crawley, une commune sans grand charme du Sussex, construite de toutes pièces après la seconde guerre mondiale et surtout connue pour sa proximité avec l’aéroport de Gatwick. Ce jour de début janvier, l’office de météorologie britannique a prévu de la neige, le déjeuner du troisième âge de la communauté chagossienne, qui devait se tenir au centre communautaire Broadfield, au sud de la ville, vient d’être annulé. « On ne voulait prendre aucun risque pour nos anciens », explique Mylene Augustin, 55 ans.

    Malgré les intempéries, cette cheffe de profession, au doux sourire, ouvre quand même grand les portes de son petit pavillon. Le séjour contient plein de photos de famille, la télévision est allumée sur la chaîne mauricienne MBC. Elle est déterminée à raconter son histoire et celle de sa mère, Marie-Lucie Tiatous, 80 ans, qui habite avec elle : des vies d’exil mais aussi de résilience.

    Les deux femmes sont des piliers de la communauté chagossienne de Crawley, évaluée à 4 000 personnes, soit près de la moitié de la diaspora de ce peuple (10 000 individus dans le monde). Les Chagossiens de Crawley veulent qu’on les écoute au moment où ils ont l’impression, une fois de plus, d’être des pions baladés par la grande histoire. « Des esclaves des temps modernes, dont les Etats disposent à leur guise », déplore Mylene Augustin.

    Profonde injustice

    Il y a une soixantaine d’années, les Chagossiens ont été victimes d’une profonde injustice. Ces populations créoles, descendantes d’esclaves déplacés d’Afrique à partir du XVIIIe siècle, vivaient depuis des générations sur l’archipel des Chagos, un chapelet d’îles isolées au milieu de l’océan Indien, à 1 800 kilomètres à l’est des Seychelles et à 2 000 kilomètres au nord-est de Maurice.

    Plantés de cocotiers, ourlés de plages immaculées et bordés de récifs coralliens, ces 55 kilomètres carrés de terres émergées ont d’abord été la propriété de la France jusqu’à ce que, après les guerres napoléoniennes, ils soient cédés aux Britanniques, en 1815. Dans les années 1960, Maurice est devenue indépendante du Royaume-Uni, mais, malgré ses prétentions territoriales sur ces atolls, les a laissés (contre rétribution) sous souveraineté britannique.

    A l’époque, dans le contexte de la guerre froide, les Etats-Unis cherchent à établir une base militaire dans l’océan Indien et le gouvernement travailliste d’Harold Wilson, qui négocie l’acquisition de la technologie nucléaire américaine, propose de leur louer l’archipel, prétendant qu’il n’est peuplé que de pêcheurs de passage. Entre 1968 et 1973, les 1 500 à 2 000 habitants des Chagos sont déplacés de force à Maurice ou aux Seychelles. Une importante base navale et aérienne est implantée à Diego Garcia, la plus grande des îles.

    Attendre que Donald Trump se prononce

    Depuis, les Chagossiens réclament en vain un droit de retour sur leur terre, avec le soutien de l’association mauricienne Chagos Refugees Group et de celui de personnalités, comme le Prix Nobel de littérature français Jean-Marie Le Clézio. Maurice, qui revendiquait toujours ce territoire, a en revanche obtenu gain de cause : dans un avis consultatif de 2019, la Cour internationale de justice a donné raison à l’Etat insulaire, déclarant illégale la souveraineté du Royaume-Uni sur ces atolls. Quelques mois plus tard, une résolution de l’ONU allait dans le même sens. En 2022, le gouvernement britannique s’est finalement résolu à entrer en négociation avec Maurice.

    Les discussions ont abouti en octobre 2024 à un accord de rétrocession à Maurice. Londres a cependant obtenu que la base américaine reste sur Diego Garcia dans le cadre d’une location qui durerait quatre-vingt-dix-neuf ans. Cet engagement, salué dans les médias britanniques comme l’émancipation d’une des dernières colonies du Royaume-Uni, doit encore être ratifié par les Parlements des deux pays, ce qui n’est pas tout à fait gagné.

    Le nouveau premier ministre à Maurice depuis novembre 2024, Navin Ramgoolam, réclame une renégociation et des proches du président des Etats-Unis, Donald Trump, ont émis des réserves avant son investiture – en dépit du maintien de la base militaire, car ils considèrent ces îles comme trop stratégiques pour être cédées, craignant qu’elles tombent sous la coupe de la Chine. Le gouvernement britannique a d’ailleurs choisi d’attendre que Donald Trump se prononce avant de conclure un accord définitif.

    (...)

  • Le laborieux MeToo du monde agricole
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/01/29/le-laborieux-metoo-du-monde-agricole_6664555_4500055.html

    SFondatrice du compte #metooagricole en 2023, Laura Chalendard fait partie des rares agricultrices à dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans une profession qui tarde à s’emparer du sujet. Le plan d’action pour renforcer la place des femmes dans le secteur, attendu avant le Salon de l’agriculture qui ouvrira à Paris le 21 février, ne devrait ainsi pas en faire mention.

    https://archive.ph/YvVse
    (dsl, ma correspondante abonnée ne l’est plus, donc paywall ou gogole, semble-t-il)

    #femmes #VSS #agriculture

  • D’Israël vers l’Europe, l’étrange sauvetage par avion des ânes de Gaza

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/01/11/d-israel-vers-l-europe-l-etrange-sauvetage-par-avion-des-anes-de-gaza_666134

    Au moins 160 ânes gazaouis, « pour la plupart affamés, certains mutilés et tous traumatisés », selon Sharon Cohen, ont été pris en charge par son association, Starting Over Sanctuary (« refuge du nouveau départ »). Les autres bêtes, elle les achète dans les villages de la minorité arabe d’Israël (20 % des citoyens du pays). La police lui en envoie aussi, confisqués à leurs propriétaires maltraitants.
    Il faut sauver les ânes de la guerre à Gaza ! Ce mot d’ordre résonne en Europe, parmi certains défenseurs des animaux. Qu’importe s’ils ont vraiment échappé à la guerre, ou si ce sont de pauvres bêtes de somme rachetées à des Palestiniens d’Israël. Sharon Cohen, 43 ans, est convaincue que presque tous les propriétaires arabes, en Palestine comme en Israël, font travailler leurs ânes dans des conditions indignes.

    https://archive.is/q1NN2

    https://seenthis.net/messages/1148090
    https://seenthis.net/messages/1129314
    Et pas mal d’autres articles avec #ânes

  • La piscine Nakache à Toulouse

    Ce n’est pas tant le plus grand des bassins extérieurs de 150x50 qui m’intéresse de te raconter, ni la vie incroyable de Nakache. Je reste fixée sur la sublime piscine d’hiver ouverte en 1934 qu’il va falloir sauver des griffes des promoteurs immobiliers. Rien que d’y aller, c’est tout un périple, après avoir garé ton véhicule, sinon le bus s’arrête sur le pont du stadium, tu dois te glisser le long du batiment avec un passage empruntable pour à peine 2 personnes. Ensuite, une fois dans les lieux, tu te trouves un endroit pour te changer, c’est assez mal indiqué mais tu trouves des cabines individuelles avec douche, puis en suivant les palissades tu arrives au bassin avec ses escaliers gradins fermés, et tu t’étonnes presque que l’eau soit encore chaude quand tu t’y plonges. Les petites mosaïques à moitié ébréchées couvrent le fond, c’est antique et magnifique !

    • C’est là que lemondeducapitalisme t’annonce sereinement que cette piscine publique risque de ne plus le rester longtemps (spoiler)

      D’Alfred Nakache à Léon Marchand, Toulouse, reine des bassins
      Le club historique de la Ville rose, les Dauphins du TOEC, a vu naître une longue lignée de champions. L’association espère récupérer une des piscines olympiques des JO de Paris pour sa Cité de la natation en construction.

      https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2024/09/29/d-alfred-nakache-a-leon-marchand-toulouse-reine-des-bassins_6338311_4500055.

      Ah si, en passant, la piscine s’est juste devenue une nécessité vitale et de santé publique dans la ville : le sport facile d’accès et un rafraichissement pour toutes. (Ah non, à Toulouse c’est interdit à celleux avec un maillot à pois rouges).

  • En Louisiane, la chasse aux migrants ordonnée par Trump met leurs défenseurs à rude épreuve
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/12/13/en-louisiane-la-chasse-aux-migrants-ordonnee-par-trump-met-leurs-defenseurs-

    En Louisiane, la chasse aux migrants ordonnée par Trump met leurs défenseurs à rude épreuve
    Par Lucas Minisini
    Le 3 décembre, l’ICE, la police fédérale de l’immigration, a lancé ses premiers raids sur La Nouvelle-Orléans, procédant à des arrestations en masse. Face à cette déferlante, les avocats sont dépassés. Confrontés à une justice expéditive qui les réduit à l’impuissance, ils peinent à croire encore en la force de la loi. Jusqu’au dernier moment, le lieu du rendez-vous devait rester secret. Ce 2 décembre, en fin de journée, des dizaines de personnes bravent le froid pour prendre place sur les bancs en bois de l’église protestante First Grace of the United Methodist Church, à l’ouest de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Pendant que le pasteur installe un écran sur les marches de l’autel, les quelque 200 habitants du quartier et militants pour les droits des réfugiés s’installent et chuchotent entre eux.
    « Il faut à tout prix éviter d’attirer l’attention d’agents de la police aux frontières, qui pourraient attendre à la sortie de la réunion pour arrêter du monde », explique Lydia Prislovsky, 26 ans, avocate spécialiste de l’immigration et bénévole au sein de l’ONG Unión Migrante (« syndicat des migrants »). Aux Etats-Unis, les lieux de culte font partie des rares bâtiments où les forces de l’ordre ne peuvent pas pénétrer sans une autorisation explicite de l’autorité religieuse.
    Ce soir-là, la jeune femme est venue assister à une formation organisée par la structure de défense des droits des réfugiés. Elle veut être parfaitement au fait des dispositions légales permettant d’aider les personnes arrêtées lors des opérations de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police fédérale de l’immigration, et de la Border Patrol (BP), la police aux frontières.
    « Je me sens déjà traumatisée »

    Ces neufs derniers mois, à travers les Etats-Unis, à la demande de l’administration Trump, les agents de ces deux entités ont arrêté environ 220 000 personnes accusées d’être en situation irrégulière, lors de violents raids, parfois filmés et diffusés sur les réseaux sociaux. Chargé de plusieurs dizaines de sessions comme celles-ci à travers la ville, le syndicat des migrants insiste : les enregistrer avec un smartphone est un « droit constitutionnel ». Les images peuvent ensuite être précieuses lors d’éventuelles procédures judiciaires, expliquent-ils.
    Pendant la dernière demi-heure de la formation, une mise en situation est organisée sur les marches de l’autel. Des bénévoles, jouant le rôle d’agents fédéraux, hurlent sur des habitants du quartier qui incarnent les individus interpellés. D’autres sont recrutés pour jouer les policiers locaux appelés sur place ou les voisins qui filment la scène en tremblant. A la fin de la reconstitution, une jeune femme « interpellée » dans l’église confie : « Je me sens déjà traumatisée. »Lydia Prislovsky, « émue » de voir autant de personnes présentes ce soir-là, prend quelques notes sur un calepin. Depuis l’annonce, le 20 novembre, de l’arrivée imminente de 250 agents de la Border Patrol avec l’objectif d’arrêter 5 000 personnes sans papiers à La Nouvelle-Orléans (comme à Chicago ou à Los Angeles ces derniers mois), la jeune avocate reçoit plusieurs dizaines d’appels inquiets par jour.« Beaucoup ne connaissent pas bien leurs droits, explique celle qui a débuté dans la profession en février, deux semaines seulement après que Donald Trump a prêté serment pour son second mandat. Je leur rappelle d’abord qu’ils peuvent toujours garder le silence quand des agents insistent pour connaître leur statut légal ou leur pays d’origine. »
    Car, sans infraction commise, les forces de l’ordre ne sont pas censées les arrêter. Pour faire face à l’afflux de dossiers consécutifs aux raids de la Border Patrol et de l’ICE, le cabinet Gasparian Spivey Immigration, spécialisé dans le droit et les procédures d’immigration et où Lydia Prislovsky travaille, a décidé de s’y consacrer complètement, refusant toute autre affaire.
    Le 3 décembre, le département de la sécurité intérieure des Etats-Unis (United States Department of Homeland Security) lance son opération, surnommée par l’administration « Catahoula Crunch », du nom d’une race de chiens américains originaires de Louisiane (les militants font remarquer que ces chiens étaient ceux que détenaient les propriétaires d’esclaves aux XVIIe et XVIIIe siècles).
    Au petit matin, des officiers cagoulés et armés patrouillent dans les rues et procèdent à plusieurs dizaines d’arrestations à travers La Nouvelle-Orléans. Ici, 6,5 % de la population est immigrée, principalement d’Amérique du Sud et du Vietnam. Dans cette ville démocrate au sein d’un Etat républicain, des dizaines de restaurants ont préféré fermer leurs portes plutôt que de prendre le risque de voir leurs équipes ou leurs clients interpellés. Des centaines de personnes évitent de se rendre au travail et se terrent chez eux. Après la diffusion d’images de raids dans des établissements scolaires dans d’autres Etats, certains parents n’envoient même plus leurs enfants à l’école.
    En Louisiane, depuis plusieurs mois et davantage encore depuis les descentes de décembre, qui devraient durer plusieurs semaines, les avocats spécialistes de l’immigration sont débordés. Selon la section locale de l’American Immigration Lawyers Association (AILA), ils ne seraient pas plus de 30 à se consacrer à plein temps à cette spécialité quand 7 000 personnes sans papiers sont actuellement détenues dans l’Etat. Seul le Texas emprisonne davantage de migrants. Les activistes ont surnommé les plaines isolées du Sud américain, du Mississippi au Texas en passant par la Louisiane « Detention Alley », « allée de la détention ». Un territoire conservateur, de grands espaces disponibles… La géographie est parfaite pour emprisonner facilement et à moindre coût un grand nombre de personnes.
    « Désormais, je précise aux réfugiés qu’il ne faut plus se demander s’ils vont se faire arrêter, mais plutôt quand », déclare Nora Ahmed, directrice du service juridique du bureau louisianais de l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU), dans une tour du quartier d’affaires de La Nouvelle-Orléans.
    Parmi les dizaines de milliers de personnes interpellées par l’ICE dans tout le pays ces neuf derniers mois, la majorité était en situation irrégulière, mais des milliers d’entre eux bénéficiaient d’un permis de travail, voire d’un visa étudiant leur donnant un droit de résidence dans le pays. Au mépris de la loi, l’administration actuelle considère que ces statuts temporaires ne suffisent plus toujours pour rester sur le territoire. Lors de son premier mandat (2016-2020), Donald Trump avait choisi la Louisiane, Etat républicain et rural, pour transformer d’anciens pénitenciers vides en centres de détention pour les sans-papiers, gérés par une puissante entreprise privée cotée à la Bourse de New York, Geo Group. Aujourd’hui, la Louisiane compte 11 prisons de ce type, où sont aussi incarcérés des migrants arrêtés dans d’autres Etats.
    Le plus récent de ces centres a été inauguré en octobre dans les locaux déjà existants de l’établissement de haute sécurité de la ville d’Angola, où des criminels condamnés à de lourdes peines travaillent dans les champs sous la surveillance de gardes à cheval. Ces infrastructures ont transformé ce territoire en étendard de la politique anti-immigration de Donald Trump.
    Selon Nora Ahmed, la responsable de l’ACLU, moins de la moitié des détenus bénéficient des services d’un cabinet juridique. La plupart n’ont pas les moyens de se payer une défense. En Louisiane, les avocats qui travaillent pro bono (sans faire payer leurs clients) se comptent sur les doigts d’une main. Dans la justice civile américaine, l’Etat n’a pas l’obligation de fournir un avocat commis d’office. La personne détenue devra donc débourser entre 5 000 et 10 000 dollars pour être défendue par un cabinet.Pour tenter de créer des précédents utilisables dans tous ces bras de fer légaux, l’ACLU de La Nouvelle-Orléans a déjà déposé 12 recours au niveau fédéral pour demander, entre autres, le respect de procédures de libération conditionnelle ou sous caution. Lancées pour certaines il y a dix mois, la plupart de ces requêtes sont toujours en cours d’examen par les tribunaux fédéraux, précise Nora Ahmed. « Face à une telle crise démocratique, même la loi semble impuissante », se désole-t-elle.
    Cette situation plonge de nombreux avocats dans une profonde crise de sens. Seul employé de La Nouvelle-Orléans pour l’ONG de défense des réfugiés Al Otro Lado (« de l’autre côté »), Jeremy Jong, 39 ans, doute souvent de son utilité. Devant un sandwich chez Melba’s, une institution des quartiers populaires à l’ouest de la ville, l’avocat aux grandes lunettes rectangulaires se demande même si son travail n’est pas « contre-productif », car peu efficace pour s’opposer à un pouvoir toujours plus conservateur.L’année dernière, cet enfant né aux Etats-Unis d’immigrés taïwanais a été arrêté et placé en garde à vue plusieurs heures à la suite d’une manifestation en faveur de la Palestine, sur les marches du Congrès, à Washington. « Parfois, le changement doit passer par la radicalité et une certaine dose d’illégalité, soutient Jeremy Jong. Mais les avocats, eux, préfèrent toujours la prudence. » Il dit avoir vu les conditions de détention des sans-papiers emprisonnés s’aggraver depuis un an.
    Dans ces établissements surchargés, la santé mentale des migrants se détériore du fait d’un suivi médical aléatoire, voire inexistant. Selon les dernières données rendues publiques dans la presse américaine, à travers le pays, 12 personnes sont mortes dans les prisons de l’ICE depuis janvier. Jeremy Jong assure aussi que des confrères ont constaté plusieurs tentatives de suicide. « Lors de l’un de mes récents passages dans le centre pénitentiaire de Pine Prairie, au centre de l’Etat, raconte-t-il, un garde m’a montré la nourriture servie aux réfugiés emprisonnés, avant de préciser que même son chien, auquel il avait tenté de refiler des restes, refusait de la manger. »
    En ce jour de début décembre, à 9 h 30 précises, Nathalia Dickson, tailleur et coiffure impeccables, s’installe devant deux écrans, dans un bureau du cabinet d’avocats qu’elle dirige avec son mari, à Baton Rouge, au sud de la Louisiane. Depuis la pandémie de Covid-19, la justice américaine est souvent rendue en ligne, surtout dans les quatre tribunaux de l’immigration de Louisiane, où le grand nombre de cas impose un rythme soutenu.
    Ce matin-là, la juriste de 38 ans pose son smartphone sur un support pour assister à une matinée d’audiences concernant les ordres d’expulsion de plusieurs dizaines de détenus. Elle est en visioconférence avec la prison de Pine Prairie. En bas, à gauche, un petit carré affiche la salle d’audience de l’établissement, remplie de rangées de détenus en combinaisons de diverses couleurs. Rouge pour les suspects visés par une enquête ou condamnés au pénal. Jaune pour les condamnés au civil. Vert ou bleu pour ceux qui n’ont jamais eu affaire à la justice américaine. En haut, à droite, un juge basé à Fort Worth, au Texas, où la Louisiane envoie une partie de son surplus de dossiers.
    Les détenus défendus par un avocat bénéficient d’une audience personnalisée : chaque cas est expédié en à peine une minute trente, parfois moins. Place maintenant à ceux qui se représentent eux-mêmes et sont jugés par groupe. « Si vous voulez que ça soit votre dernière audience et votre dernier jour de prison avant de rentrer dans votre pays, levez-vous ! », ordonne le magistrat avec rudesse. La quasi-totalité des détenus saisissent la perche et plaident pour un « départ volontaire » des Etats-Unis.
    A la différence d’une expulsion forcée, cette solution laisse la possibilité de revenir au bout de dix ans pour déposer une nouvelle demande d’asile. Aujourd’hui, toutes les autres options, comme un statut de réfugié politique ou une carte de résident pour candidater à la citoyenneté américaine ne sont « jamais accordées », explique Nathalia Dickson, Brésilienne arrivée en Louisiane pour un master de droit en 2011, où elle a rencontré son futur mari, avant d’y être naturalisée.Son client du jour, Hector (son prénom a été modifié), est un citoyen brésilien arrivé illégalement sur le territoire avec un enfant, en 2023. Il avait déjà été arrêté par la police aux frontières sous l’administration Biden. Un juge avait choisi de clore son dossier pour l’autoriser à rester aux Etats-Unis, sans statut de réfugié, afin de déposer une demande d’asile en bonne et due forme. En septembre, le père de famille d’une cinquantaine d’années a de nouveau été arrêté dans l’Etat du Massachusetts, sur le parking d’un magasin Home Depot, le Leroy Merlin américain, où il venait se fournir en outils pour des petits boulots dans la construction.
    Nathalia Dickson lui a conseillé de ne pas déposer de demande d’asile et d’accepter un « départ volontaire » vers le Brésil. Son client, qui avait accepté cette stratégie, vient ce matin de changer d’avis. Il ne s’est donc pas présenté dans la salle de la prison pour l’audience et les gardes n’ont pas réussi à le trouver, du fait d’un trop grand nombre de prisonniers. D’ici à son prochain passage devant le juge, à la mi-décembre, l’avocate compte lui répéter que le traitement d’une demande d’asile l’obligerait à rester en détention de longs mois, peut-être même « plusieurs années », avant une probable expulsion forcée.
    Pour les avocats spécialisés dans l’immigration, les victoires sont rarissimes. Le 31 octobre, Nathalia Dickson a pourtant réussi à obtenir qu’un de ses clients venu du Salvador ressorte libre après plusieurs mois de détention. Mais elle avait un argument de poids : son plus jeune fils était atteint d’un cancer du cerveau au stade 4. « Même quand je gagne lors d’un cas comme celui-ci, ce n’est pas un moment très joyeux », confie l’avocate, les larmes aux yeux.
    Aux Etats-Unis, cette fille d’un vendeur de journaux du sud-est du Brésil espérait profiter d’une justice « éthique et respectueuse ». Depuis un an, elle a l’impression de vivre tout l’inverse. « Je me demande combien de temps je vais encore pouvoir encaisser ça ? Quelle est ma limite ? », réfléchit-elle à voix haute. Elle consulte régulièrement un psychothérapeute et ne lui parle que de son travail. Cette année, pour éviter un burn-out, elle a envisagé plusieurs fois de changer de spécialisation, avant de se raviser. Trop de gens « comptent sur ce soutien juridique » pour tenter de refaire leur vie aux Etats-Unis, se dit-elle.
    Dans ce contexte politique très polarisé, la violence n’épargne pas les spécialistes de l’immigration. L’an dernier, au moment de la campagne présidentielle, à Shreveport, ville conservatrice du nord de la Louisiane, Frances Kelley, fondatrice de l’ONG Louisiana Advocates for Immigrants in Detention (« défenseurs de Louisiane des immigrants en détention »), raconte avoir subi de nombreuses attaques.« Des habitants venaient hurler des horreurs racistes ou nous filmer avec les migrants récemment libérés que nous accueillions dans une église de la ville », explique la militante de 39 ans. Elle officie aussi bénévolement comme secrétaire juridique auprès de plusieurs avocats surchargés de travail, dans un bâtiment attenant au lieu de culte. Pour ne prendre aucun risque, son organisation préfère désormais loger les rares sans-papiers libérés dans des hôtels de la région.
    A La Nouvelle-Orléans, Homero López, avocat à la tête du département juridique de l’ONG Immigration Services and Legal Advocacy (ISLA), a été, en avril 2024, l’un des premiers Latinos nommés à la cour d’appel des affaires d’immigration de Washington. Dans la foulée, le père de famille de 41 ans a été placé sur une liste diffusée en ligne par l’extrême droite, ciblant 60 personnes accusées, au sein du département de la sécurité intérieure des Etats-Unis, « d’ouvrir les frontières ».Le 28 janvier 2025, une semaine après l’investiture de Donald Trump, il a été placé au chômage technique avant d’être démis de ses fonctions, sans explication. Il est lui-même fils d’une travailleuse mexicaine sans papiers. Depuis sa prise de pouvoir, Donald Trump a déjà limogé une centaine de magistrats, dont au moins 20 rien qu’en Louisiane. Les nouveaux juges nommés dans les tribunaux de l’immigration officiaient souvent auparavant dans des cours militaires ou parfois même au service juridique de l’ICE et de la police aux frontières.
    Homero López, ancien juge limogé par l’administration Trump et désormais avocat pour l’ONG d’aide aux sans-papiers ISLA.Aujourd’hui, Homero López est redevenu simple avocat pour l’ISLA, la seule organisation humanitaire proposant une défense légale gratuite pour les migrants de La Nouvelle-Orléans. Pendant ce week-end de début décembre, l’ancien juge se rend dans le quartier de Gentilly, au nord de la ville, chez une cliente guatémaltèque. Elle possède un statut de résidente et est mère de trois jeunes enfants : les deux plus jeunes sont nés sur le territoire américain, avec un passeport, donc, mais la plus âgée, adolescente, est venue avec elle d’Amérique centrale.
    Depuis une semaine, la collégienne n’ose plus se rendre dans son établissement scolaire. Sa mère a entamé des démarches pour transférer son autorité parentale à sa propre tante, qui a la nationalité américaine, afin que cette dernière puisse s’occuper des enfants (sans que cela règle la situation de l’aînée), si elle-même est arrêtée par l’ICE.Sous l’impulsion de Donald Trump, le minuscule aéroport international d’Alexandria, au nord de la Louisiane, est devenu le lieu le plus stratégique de la politique anti-immigration. Cas unique aux Etats-Unis, il accueille sur son tarmac l’Alexandria Staging Facility, un centre de détention de 400 places ouvert sous la présidence de Barack Obama. Ce sont dans ces anciens hangars que les sans-papiers arrêtés dans d’autres Etats sont d’abord regroupés. Une fois leur cas expédié par la justice, c’est également là qu’ils sont emprisonnés pendant deux à trois jours avant d’être embarqués, pieds et poings liés, dans un avion à destination de leur pays d’origine.
    Contacté par M Le magazine du Monde pour une visite des lieux, le bureau de l’ICE à La Nouvelle-Orléans a décliné pour des « raisons opérationnelles », sans plus de précision. Sans justification légale, le nouveau pouvoir a également interdit l’accès au centre de détention à tous les avocats, soupire Christopher Kinnison, 46 ans, l’un des deux seuls professionnels spécialistes de l’immigration dans cette petite ville conservatrice. « Une fois qu’ils arrivent ici, on ne peut plus rien faire pour eux. » Le 4 décembre, au matin, sous une brume épaisse, l’aéroport international d’Alexandria a prévu sa dizaine de vols classiques vers Dallas, Chicago ou Memphis. Mais sur le tarmac une zone est toujours interdite aux voyageurs. Derrière un panneau « Zone restreinte, accès interdit », l’avocat pointe une enfilade de bus, phares et moteurs allumés, utilisés, explique-t-il, pour transporter les sans-papiers. Sur la piste, deux avions dont la carlingue semble en très mauvais état patientent.
    Les engins appartiennent aux compagnies GlobalX Airlines et Eastern Airlines, sous contrat avec le département de la sécurité intérieure. Derrière un grillage entourant la piste, le quadragénaire observe quelques personnes qui « pourraient être des détenus » traverser la piste d’atterrissage jusqu’au second avion. A 10 h 50, le charter se met en position pour décoller. Ces derniers mois, Christopher Kinnison a compté entre trois à quatre vols d’expulsions par jour. Avec l’opération en cours à La Nouvelle-Orléans, ce triste ballet pourrait encore s’intensifier

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#politiquemigratoire#droit#expulsion#ICE#sante#detention

  • Fight, la petite agence derrière la victoire de Zohran Mamdani à New York
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/12/14/fight-la-petite-agence-derriere-la-victoire-de-zohran-mamdani-a-new-york_665


    AMIR HAMJA/NYT-REDUX-REA

    PORTRAIT Le maire nouvellement élu lui doit en partie son éclatante victoire. L’agence de communication politique Fight, fondée après la déroute de Kamala Harris à la présidentielle, entend incarner l’avenir du Parti démocrate, dont elle dénonce les trahisons. Un renouveau ancré à gauche, porté par des candidats en dehors du sérail et par des spots de campagne originaux.

    Morris Katz a longtemps cru préférable de mentir sur son âge. « J’ai commencé en politique à la fac et une candidate pour qui je travaillais m’a dit : “Tu es trop jeune, ça ne fait pas sérieux, dis que tu es plus âgé”, et ensuite c’est resté », raconte-t-il aujourd’hui en riant, en visioconférence depuis son bureau de Brooklyn. Morris Katz a 26 ans. Cela se devine à ses cheveux bouclés en désordre et à son rire facile. Tout le monde le sait désormais.

    Mais, aujourd’hui, il ne s’inquiète plus pour sa crédibilité car, depuis un an, il fait partie des fondateurs de Fight (« combat »), une agence de communication politique, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 40 ans et qui a pour ambition de réveiller le Parti démocrate, durement touché depuis sa défaite à la présidentielle de 2024. Pour cela, l’organisation veut soutenir des candidats non traditionnels, parfois issus de la société civile et marqués à gauche. Leur plus gros fait d’armes : l’élection de Zohran Mamdani à la mairie de New York, en novembre. Difficile de faire plus crédible.

    https://justpaste.it/m831n

  • Le FBI aux ordres de Donald Trump : « Nous ne sommes pas en train de tendre vers une force autoritaire. Nous y sommes »[Michael Feinberg, ex-agent du FBI]
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/12/12/nous-ne-sommes-pas-en-train-de-tendre-vers-une-force-autoritaire-nous-y-somm

    James Comey [ancien directeur du FBI] est l’homme qui a refusé de (...) prêter allégeance [à Trump] en 2017, lors d’un dîner en tête à tête à la Maison Blanche, digne de la mafia. « J’ai besoin de loyauté, j’attends de la loyauté », lui lançait ce soir-là le président américain. Donald Trump attendait notamment de son convive qu’il enterre une enquête du FBI portant sur les liens avec la #Russie de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Faute d’avoir donné la réponse escomptée, le directeur du Bureau était limogé quelques semaines plus tard.

    [...]

    ... on met sur la touche les agents ayant enquêté sur l’assaut du Capitole, le 6 janvier 2021, ou sur la rétention par Donald Trump de documents classifiés dans sa résidence floridienne de Mar-a-Lago. Un système où une enquête du FBI sur la corruption présumée du chef de la police de l’immigration – la désormais célèbre #ICE –, Tom Homan, est enterrée au motif qu’elle serait une manipulation de « l’Etat profond ». Où un agent peut être renvoyé pour avoir déployé un drapeau LGBT sur son bureau, quand 12 autres le sont pour avoir posé un genou à terre lors d’une manifestation d’hommage à George Floyd, cet Afro-Américain tué lors de son arrestation par la police, en 2020, à Minneapolis. Un système, enfin, qui a rompu sa collaboration avec l’Anti-Defamation League, une association de lutte contre l’antisémitisme et l’extrême droite violente. (...) près de la moitié des 56 special agents en charge à la tête des antennes locales du FBI auraient été remplacés dans le cadre du « nettoyage » conduit par l’administration Trump. Une perte d’expérience et de compétence colossale. Près d’un quart des 13 700 agents a par ailleurs été redéployé pour assister l’ICE dans sa traque des immigrés clandestins.

    [...]

    Malgré le soutien réaffirmé de la Maison Blanche, le directeur [actuel] du FBI [proche de QAnon] paraît sur la sellette tant il accumule les bévues. Sa gestion de l’enquête sur l’assassinat de l’activiste trumpiste Charlie Kirk, en septembre, a été pointée du doigt en raison de sa lenteur et d’errances de communication. Kash Patel, utilisateur compulsif de X, avait hâtivement prévenu son 1,9 million d’abonnés de l’arrestation de « la personne impliquée dans la fusillade » dans les heures suivant la mort de son « ami » Charlie. Il était démenti, quelques minutes plus tard, par ses propres équipes.

    https://justpaste.it/mg1dv

    #FBI (en voie de démantèlement/soumission) #Qanon #complotisme

  • Chez Othram, le « Google du crime », la résolution des « cold cases » grâce à l’ADN
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/11/22/au-texas-les-cow-boys-de-l-adn-othram-est-le-google-du-crime_6654400_4500055

    En combinant séquençage de l’ADN et sites de généalogie, l’entreprise de biotechnologie a permis la résolution de nombreux « cold cases » aux Etats-Unis. En France, où la généalogie génétique est interdite pour des raisons éthiques, le garde des sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé son intention de faire évoluer la loi.

    Aux Etats-Unis, Othram contribue à ringardiser les méthodes de la justice et de la police qui, jusque-là, consistaient à attendre que la trace d’un inconnu dénichée sur les affaires d’un cadavre trouve une correspondance dans le grand fichier fédéral criminel du pays. Autrement dit, le coupable devait au moins avoir été arrêté une fois pour que l’on puisse l’identifier.

    Avec la généalogie génétique, « on estime qu’il suffit d’avoir les données d’à peine 3 % de la population des Etats-Unis pour pouvoir cartographier l’ensemble de la population du pays, établit Paul Holes, inspecteur de police californien à la retraite. On y est. Le pouvoir mathématique de la généalogie génétique médico-légale est immense. » Paul Holes est connu pour avoir arrêté, en 2018, Joseph DeAngelo alias le « Golden State Killer » (un tueur en série californien qui a sévi dans les années 1970), grâce à la toute première utilisation de la généalogie génétique médico-légale aux Etats-Unis.

    [...]

    Quelques jours après notre reportage, alors que le spectaculaire braquage des joyaux de la couronne au Musée du Louvre, le 19 octobre, n’en finit pas de susciter l’émoi en France, David Mittelman [fondateur de ce laboratoire biologique] envoie un mail : « Si des outils, des gants ou tout autre équipement ont été retrouvés sur les lieux, un test #ADN pourrait s’avérer très utile. Je suis très sérieux. Si vous avez un contact avec la #police française, appelez-moi. On peut aider ! »

    https://justpaste.it/mjqnp

    #généalogie_génétique