métaliste sur la résistance de passagers (mais aussi de pilotes) aux renvois_forcés : How to stop a…

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  • Indignés par les conditions d’expulsion de sans-papiers, des passagers d’Air France devant la justice - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/bobigny-des-passagers-juges-pour-avoir-proteste-contre-lexpulsion-de-sans-

    Les procès s’enchaînent. Celui de Caroline est directement suivi par le procès de Jean-Luc* et Armand* qui s’avancent à leur tour à la barre. Ils ne se connaissaient pas avant d’embarquer dans le même avion Air France à destination de Dakar, le 31 décembre 2017. Pour leur avocat, Maître Teffo, ces affaires sont liées, il décrit un « mécanisme » : « La personne reconduite à la frontière apparaît, un tissu dans la bouche, un casque sur la tête, les pieds et mains liés, elle est bâillonnée, hurle et se débat, les gens vont réagir et l’administration va choisir des personnes au hasard dans le but de frapper les esprits, et de leur dire : vous ne pouvez plus vous indigner dans ce pays. ».

    Les similitudes entre les deux affaires sont effectivement déroutantes. Tous les trois ont été expulsés de leur vol à cause de leurs protestations. A bord du Paris-Erevan, Caroline interroge les policiers sur l’homme, bâillonné et casqué, qui se débat dans l’avion, un policier affirme qu’il a violé une mineure. Cette affirmation sera par la suite contredite par le dossier de l’homme en question, auquel Me Marcus a eu accès. Comme Caroline l’imaginait dès lors, il est reconduit en Arménie pour sa « situation irrégulière » mais n’a jamais été condamné.

    De la même façon, dans le vol Paris-Dakar, l’homme, maintenu de force sur son siège, est présenté comme « un dangereux criminel » aux passagers, qui ont pour consigne de rester silencieux. La consigne n’a visiblement pas été respectée. Un témoin, qui s’avère être la compagne de Jean-Luc, est appelée à la barre : « Les gens n’ont pas trouvé ça normal, tous les passagers de la cabine se sont levés. » Jean-Luc s’indigne, la tension monte. Sa compagne affirme avoir ensuite été violemment giflée par une policière. Elle perd connaissance et ne peut pas assister à la suite de la scène.

    Ému, Armand se lance face à la juge dans un récit poignant : « Il y avait un homme derrière moi, en chemise molletonnée à carreaux avec un casque, il se débattait, il criait et quand, parfois, il ne faisait plus aucun bruit, il fallait deux neurones pour comprendre qu’il était en train d’être étouffé ! ». En colère, il s’indigne contre un « traitement inhumain », se plaint d’Air France et refuse de prendre cet avion. La même policière de l’escorte lui rétorque : « Eh bien pourquoi vous n’avez pas pris la compagnie de votre pays ? ». C’est la voix chargée d’émotions qu’Armand reprend son récit. « Ça fait mal, affirme-t-il. Est-ce qu’elle savait ce qu’était mon pays ? » Me Teffo, son avocat, souligne devant le tribunal que le dossier comporte également un rapport d’Air France dans lequel une cheffe de cabine dit avoir l’habitude de ce type de vols et conseille aux hôtesses de « ne pas se laisser impressionner par des Sénégalais qui ont la manie de parler fort. »


    • Avant le décollage, j’ai dû changer la couche de notre bébé dans les toilettes de l’avion. En sortant avec la petite dans les bras, je me suis trouvée face à une scène très violente : un homme maintenu par les policiers criait et se débattait et il portait sur la tête une sorte de casque de boxe noir qui recouvrait entièrement son visage ! Très choquée, j’ai posé quelques questions et exprimé à haute voix mon refus de voyager dans ces conditions. Les policiers ont essayé de me dissuader de « me mêler de ce qui ne me regardait pas ». J’ai refusé de retourner à ma place comme si de rien n’était et ils m’ont dit que j’étais en état d’arrestation. Je les ai suivis comme ils me le demandaient à l’extérieur de l’avion. Il s’agit là d’un résumé un peu froid d’une scène pendant laquelle j’étais vraiment bouleversée et je pleurais.

      J’ai passé des heures en garde à vue et je suis finalement sortie du tribunal de grande instance de Bobigny le lendemain vers 16h. Cette expérience a été l’occasion pour moi de constater aussi bien les mauvaises conditions dans lesquelles les policiers travaillent que ce que peuvent subir des personnes gardées à vue.

      Non seulement, ça coûte un #pognon_de_dingue de déporter ces êtres humains dans de telles conditions. Mais #en_même_temps, ça engorge les tribunaux en s’en prenant arbitrairement aux êtres humains que cette façon de procéder révolte.


  • « Je ne m’assieds pas » : elle bloque le décollage pour empêcher l’expulsion d’un migrant
    https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/video/2018/07/25/je-ne-m-assieds-pas-une-etudiante-suedoise-empeche-l-expulsion-d-un-afghan-e

    Pour éviter qu’un demandeur d’asile soit renvoyé par avion en Afghanistan, Elin Erson, une étudiante suédoise de 22 ans, a acheté un billet sur le même vol, lundi 23 juillet, au départ de Göteborg en Suède. Une fois à bord, elle a refusé de s’asseoir, empêchant l’avion de décoller. « Je ne vais pas m’asseoir avant que cette personne soit descendue de cet avion », a-t-elle prévenu.

    Pendant de longues minutes, elle a diffusé son action en direct sur Facebook. « Il se fera certainement tuer s’il reste dans cet avion », a-t-elle répété aux passagers et au personnel de bord agacés. Peu à peu, elle a reçu le soutien de voyageurs, qui se sont levés à leur tour. L’Afghan de 52 ans a finalement été débarqué de l’avion, et son expulsion provisoirement reportée.

    #brava #résistance à #loi_scélérate #tou·tes_debout

    • Petite question à laquelle je n’ai jamais vraiment reçu de réponse : elle risque quoi ? C’est quoi les sanctions ? Elles diffèrent de pays en pays ? De compagnie aérienne à compagnie aérienne ? Qui a une réponse ?

    • Je répondais à un copain (afghan) qui postait ça sur Facebook que les assos qui aident les migrant·es proposent plutôt de ne pas mettre en avant les droits humains mais la sécurité des personnes pour convaincre les autres passagèr·es de refuser l’embarquement de la personne reconduite.

      Ne dites pas : « Cette homme sera reconduit dans un pays où il sera en danger, on ne peut pas laisser faire ça. »

      Dites : « La police nous oblige à voyager avec un terroriste et nous met en danger, on ne peut pas accepter ça. »

      Je ne sais pas pour la Suède mais en France les discours perçus comme militants sont très mal accueillis et les arguments égoïstes marchent à fond. Il faut donc instiller la peur chez les autres pour très vite ne plus être seul·e, ne pas s’isoler en se prétendant porteur ou porteuse de valeurs qu’ils et elles n’ont pas ou plus ou pas à ce moment-là où ils et elles craignent de gâcher leurs vacances. Commencer par montrer aux autres dans des interactions en face à face qu’il y a du louche (trois flics et une personne reconduite), suggérer qu’elle ne peut être reconduite que parce qu’elle est violente et dangereuse et laisser faire les préjugés, avec un terrain favorable vous n’aurez peut-être même pas à hausser la voix en cabine et vous trouvez un faf pour le faire à votre place.

      Comme je prends l’avion de temps en temps, et souvent ces derniers temps vers la Norvège (une des destinations préférées des reconduites, je n’ai pas encore compris pourquoi), j’ai bien écouté quand les assos ont fait le briefing.

      La première sanction est de se faire débarquer à la place de la personne reconduite et de perdre son billet. Je ne sais pas s’il y en a d’autres.

    • En général, il faut que les militant·es arrêtent de montrer leurs valeurs qu’elles sont belles et celles des autres qu’elles sont moches mais soient plus stratégiques. Ici c’est de l’instrumentalisation pure et dure mais ailleurs, la question « de quoi avons-nous besoin dans ce monde/cette situation ? » est plus utile que les déclarations de principe dont nous aimons nous pommader.

    • En france, faire cette action est passible de « entrave à la circulation d’aéronefs » et/ou « obstruction à une mesure de reconduite à la frontière »
      https://www.gisti.org/spip.php?article4287
      C’est arrivé plusieurs fois en France, ex :
      https://www.lesinrocks.com/2011/01/25/actualite/des-passagers-dun-avion-filment-et-contestent-lexpulsion-brutale-dun-etr

      Je n’en sais rien concernant les risques dans d’autres pays.

    • Swedish student who stopped deportation flight of Afghan asylum seeker to be prosecuted

      Authorities in Sweden are set to prosecute a 21-year-old student who refused to sit down on a passenger plane in protest against the deportation of an Afghan asylum seeker who was also on board.

      Elin Ersson single-handedly managed to stop the deportation on the 23 July flight from Gothenburg to Istanbul, due to take the 52-year-old man out of the country.

      Footage of her defiant stand in defence of the Afghan man has notched up 13 million views online and earned her international praise.

      But the Swedish prosecutor’s office announced on Friday that the activist will be charged with “violations of aviation law,” according to Swedish media.

      Ms Ersson is accused of repeatedly refusing to obey orders from the pilot and aircraft crew.

      Police have previously said passengers who do not obey a pilot’s commands while onboard a plane can face up to six months in jail and a fine.

      She will be tried at Gothenburg district court, but no court date has yet been set.

      Ms Ersson’s live-streamed video of the July incident showed her demanding the pilot exercise his right to refuse to take off while a deportee is on board.

      Despite shouts of “sit down, we want to go” from those around her, some passengers began to voice their support of her protest.

      “I don’t want a man’s life to be taken away just so you don’t miss a flight,” Ersson said.

      Passengers finally erupted in applause as the Afghan man, three security personnel and Ms Ersson were disembarked from the plane. She was later interviewed by police.

      In Facebook posts written after her protest, Ms Ersson claimed “no laws were broken”.

      Sweden has maintained a strict policy on the removal of asylum seekers.

      In 2017, more than 9,000 rejected asylum seekers were ordered to leave the country by the Swedish Migration Agency.

      https://www.independent.co.uk/news/world/europe/swedish-student-plane-deport-flight-afghan-asylum-seeker-prosecuted-e

    • Swedish student who attempted to prevent deportation of a migrant by refusing to sit in plane goes on trial

      A Swedish student who attempted to prevented the deportation of an Afghan asylum-seeker by purchasing a plane ticket and refusing to sit down on the aircraft is scheduled to go on trial on Monday.

      The woman, identified as 21-year-old Elin Ersson, has been accused of breaking aviation law after she failed to follow Turkish Airways crew’s orders at Landvetter Airport in Gothenburg in July 2018 before take-off, and livestreamed her protest on Facebook.

      Ersson, a student at Gothenburg University, reportedly bought a ticket for the flight from Gothenburg to Turkey after she got to know that an Afghan asylum-seeker was set to be deported on the plane.

      The 21-year-old began her protest the moment she entered the plane and live-streamed the entire incident on her Facebook page in English. Reports state that the video received over half a million hits.

      The footage of the incident showed a visibly emotional Errson struggling to maintain her composure as multiple hostile passengers slammed her actions and told her that she was affecting the rest of the passengers on the aircraft. However, there were many on the flight who applauded her efforts.

      Ersson in the clip said: “I don’t want a man’s life to be taken away just because you don’t want to miss your flight. I am not going to sit down until the person is off the plane.”

      The video showed the 21-year-old repeatedly being challenged by a steward, who asked her to stop filming. The student, however, continued with the live-streaming, saying: “I am doing what I can to save a person’s life. As long as a person is standing up the pilot cannot take off. All I want to do is stop the deportation, and then I will comply with the rules here. This is all perfectly legal, and I have not committed a crime.”

      Prosecutors, however, disagreed with her stance and indicted her for breaking aviation laws last year in October. The trial is set to be held at Gothenburg District Court, and if convicted, Ersson can face a prison sentence up to six months along with additional fines, according to the Daily Mail.

      Reports state that Errson had initially planned on stopping the deportation of a 21-year-old Afghan man whose asylum application had been rejected, however, when she reached the airport she was told that he had been already sent out of the country.

      She then heard that another Afghan migrant, 52-year-old Bismallah S, was also set to be deported in an upcoming flight and immediately bought a ticket for it.

      Bismallah, reportedly a convicted criminal, was deported to Afghanistan a few weeks later.

      Ersson later said that she was unaware that the 52-year-old was a convicted criminal, but said she still felt her protest was justified, as going to Afghanistan amounted to a ’death sentence’.

      Swedish authorities however said that his past crime record was not the reason why his asylum request had been rejected.

      Reports state that Errson’s disruption caused a severe delay in take-off and she and the Afghan were eventually removed from the flight.

      https://meaww.com/swedish-student-who-prevented-deportation-of-a-migrant-by-refusing-to-sit-in-