La traversée de Paris des gilets jaunes, par Grégoire Bouillier

/la-traversee-de-paris-des-gilets-jaunes

  • La traversée de #Paris des #gilets_jaunes, par Grégoire #Bouillier - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/20/la-traversee-de-paris-des-gilets-jaunes-par-gregoire-bouillier_1698562

    L’#Arc_de_triomphe ? 

    Son anagramme est « #Charlot_déprime ».

    Je n’invente rien. On peut vérifier. Je le découvre maintenant. En lisant en écrivant. En éprouvant un petit orgasme au-dessus de la ceinture. En me rappelant cette journée de samedi.

    En me revoyant Charlot déprime dans les lumières jaunes de la ville tigre.

    Charlot déprime place Charles de Gaulle, sur son carrefour le sien, cinquante ans après mai 68, salut à toi mon général, bon anniversaire, les veaux te saluent bien.

    Charlot déprime en ces temps foutrement modernes, pris dans les rouages, broyé par la machine, tout concorde à merveille, rien n’a changé depuis 1936. La même logique basse du front populaire n’a fait qu’empirer la situation.

    Une chose n’est jamais strictement identique à elle-même. Elle en contient toujours mille autres en son sein, en puissance. Chaque mot recèle ses propres mystères. Rien n’est chargé à blanc. Même s’il l’ignore, tout Charlot qui déprime porte en lui un arc de triomphe.

    Je suis Charlot déprime.

    J’aimerais inscrire ça en grosses lettres jaunes sur mon tee-shirt. Taguer ces mots sous la statue de la liberté du pilier ouest de l’Arc de triomphe. Cela ferait joli. Cela résume mon état d’esprit à cet instant. Cela me fait marrer tout seul.

    Charlot #déprime_de_Noël.

    À hauteur du Fouquet’s (protégé par de grands panneaux de bois), Lolo m’a lâché pour aller là où ça chauffe le plus. Gaffe à toi, je lui ai dit. Je l’ai senti frétillant, intrépide. Car ça fritte plus haut.