• Quand la réponse mondiale à la pandémie de COVID-19 se fait sans la promotion de la santé

    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/17579759211015131

    Plus d’un an après les premiers cas déclarés de COVID-19, le monde est toujours plongé dans le marasme de la #pandémie. De vagues en vagues, les mesures prises pour enrayer l’épidémie se répètent, incapables d’endiguer le phénomène dans la plupart des pays. Le monde peine contre le SARS-CoV-2, son pouls battant au rythme du nombre de cas, d’hospitalisations et de décès médiatisés. Cette publicisation continue et massive des chiffres de la COVID-19 ne constitue-t-elle pas un des problèmes clefs de la politique de crise ? À rendre sans relâche saillantes et visibles ces données épidémiologiques spécifiques, le risque est pris de rendre invisibles d’autres problèmes, troubles et maladies, au moins aussi graves ; un risque d’autant plus inquiétant que la crise se chronicise.

    Les politiques publiques ont mobilisé, sans toujours efficacité, les outils classiques de la réponse aux phénomènes épidémiques aigus : dépister, isoler et, désormais, vacciner. Mais la COVID-19 n’est pas qu’une épidémie, c’est une #syndémie (1). Elle est asymptomatique ou peu grave pour une très large majorité de la population et ne s’aggrave qu’à la rencontre d’autres facteurs de vulnérabilité, notamment la combinaison de l’âge, de la morbidité et des conditions sociales. Elle a des effets socialement stratifiés et certaines populations, du fait de leurs conditions de vie, d’emploi et de logement, sont particulièrement vulnérables (2). En cela, les mesures universelles n’ont quasiment jamais été adaptées aux singularités des différents contextes, qu’elles soient géographiques, culturelles, politiques, etc. (3). Dans la panique, une approche totale, universelle et centralisée a été choisie presque partout dans le monde. Fermeture des lieux de vie et d’enseignement, distanciation physique, confinement généralisé. Les déterminants du vivre ensemble ont été gelés sur une très longue période pour tenter de limiter la propagation du virus et éviter la saturation hospitalière en soins intensifs.

    Pour quels résultats ? La COVID-19 a fait près de 3,2 millions de morts, quasi-exclusivement âgés de plus de 65 ans et/ou déjà malades (4). Il est à ce jour difficile de savoir dans quelle mesure ce taux a pu être infléchi par les mesures décidées. Des études soulignent l’efficacité sous conditions de certaines mesures sur la propagation du virus (5), quand d’autres pointent qu’elles n’influent pas ou négativement sur le taux de mortalité en population (6). En revanche, des données sont aujourd’hui disponibles sur les conséquences de ces mesures sur la santé de la population : 100 millions de nouvelles personnes dans l’extrême pauvreté (7), doublement du taux de chômage dans les pays de l’OCDE (8), accroissement des troubles mentaux et de l’anxiété (9–12), défaut de soins pour les patients atteints de maladies chroniques et ralentissement des activités de prévention (vaccination, dépistage) (13). Pire encore est le bilan concernant les enfants : 142 millions sont plongés dans la pauvreté (14), 463 millions n’ayant pu accéder à l’enseignement à distance subiront des retards d’apprentissage (15) et des problèmes de santé subséquents (16), une aggravation des problèmes de santé mentale (17,18) avec probablement des conséquences sur la croissance et le développement des plus jeunes (19). On craint un effondrement de décennies de progrès en santé infantile, conséquence de politiques de vaccination et d’administration des soins prénataux considérablement perturbées (20, 21) et d’une malnutrition induite par les mesures (22). Enfin, les mesures de confinement ont surexposé les enfants à la violence intrafamiliale dans un contexte d’affaiblissement des services de protection de l’enfance (23,24). Ce constat saisissant par son ampleur, sa gravité et ses victimes, les plus jeunes et les plus vulnérables, interpelle au regard des principes de bienfaisance auxquels les interventions de santé publique devraient se référer (25). Comment a-t-on pu oublier que les déterminants sociaux de la santé sont dépendants les uns des autres, que la santé s’enracine dans le fait social et que par conséquent, sur le long terme, de telles mesures ne peuvent qu’être destructrices (26) ?

    La réponse pourrait être assez simple : la méthode utilisée. Rappelons un fait que les acteurs de la promotion de la santé connaissent parfaitement. La #santé procède d’un processus d’empowerment, c’est-à-dire de capacitation des individus et des groupes à agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés. Dans le contexte de la COVID-19 (7), pour être en mesure d’agir, les personnes concernées doivent avoir la possibilité de participer, de s’approprier et d’ajuster la réponse. Or, dans de très nombreux pays, l’ensemble de la communication publique sur l’épidémie s’est déployé avec intensité sans engager de dialogue avec la société civile ou les professionnels en promotion de la santé. L’objectif principal a paru être celui de susciter l’adhésion aux mesures gouvernementales en centrant la communication sur la responsabilité individuelle des personnes, et en mobilisant les registres éculés de la peur et de la culpabilisation (27). Or, les sciences politiques l’ont montré depuis longtemps : ce que le gouvernant croit gagner en capacité de décision autonome par la centralisation et la monopolisation de la décision, il le perd en capacité de mise en œuvre (28). De surcroît, les limites de cette stratégie anxiogène sont connues depuis longtemps, notamment lorsqu’elle n’est pas partagée et que, par conséquent, les communautés ne peuvent jouer le rôle de modérateur, de ressource ou de soutien (29–32) : stratégies d’évitement ou de repli sur soi, anxiété et comportements défensifs, voire pathologiques liés au stress chronique induit. C’est au niveau mondial que s’observe cette combinaison délétère de « fatigue pandémique » (33), affaiblissant la population et par conséquent la lutte contre la COVID-19. Pour lutter contre ce phénomène, l’Organisation mondiale de la Santé (7) appelle pourtant à modifier la méthode autour de quatre principes :
    i) faciliter les réponses communautaires par l’amélioration de la qualité et de la cohérence des approches,
    ii) baser les actions sur la mobilisation des preuves, mais aussi sur les spécificités des contextes, les capacités, perceptions et comportements de la communauté ;
    iii) renforcer les capacités et les solutions locales en facilitant les aptitudes et compétences des collectifs, et l’évaluation participative des mesures,
    iv) privilégier la collaboration et la mobilisation des intérêts communs entre groupes, structures et territoires dans l’effort de réponse à la COVID-19.
    Ces quatre principes, bonnes pratiques de la promotion de la santé identifiées de longue date, renvoient directement à la nécessité de croiser les expertises, les disciplines et les secteurs. Et c’est la deuxième faiblesse de la méthode utilisée jusqu’ici.

    En privilégiant une approche biomédicale où il s’agit de supprimer ou contenir un virus plutôt que d’étudier sa rencontre avec une population faisant système (34), les professionnels de la prévention et promotion de la santé, les chercheurs en sciences humaines et sociales ainsi que les citoyens ont été exclus. Or, comment embarquer des centaines de millions d’individus dans une dynamique collective qui n’en concerne directement qu’une fraction, choisir la bonne communication sur le long terme, ajuster des mesures aux territoires, aux vulnérabilités, sans les acquis de ces spécialités. Voilà 50 ans que les guides en la matière s’égrènent de chartes en chartes, de conférences de consensus en conférences de consensus, pour rappeler que « l’action coordonnée de tous les intéressés » est nécessaire car « les programmes et les stratégies de promotion de la santé doivent être adaptés aux possibilités et aux besoins locaux des pays et des régions et prendre en compte les divers systèmes sociaux, culturels et économiques » (35). Des principes endossés par la plupart des nations aujourd’hui concernées ; des principes qui n’ont pas été appliqués, sans doute inconnus des gouvernants et experts mobilisés dans la gestion de cette crise.

    Dans l’approche comme dans la méthode, dans ses résultats comme dans ses impacts, la gestion de la pandémie de COVID-19 ne peut qu’interpeller les professionnels de la promotion de la santé. Pourquoi ne sont-ils pas entendus ? Certes, nous nous étions préparés pour un sprint et c’est un marathon que nous vivons. Certes, le virus est agile, sournois car silencieux et opportuniste, comme toujours. Certes, les hôpitaux sont essorés par des années de réformes néolibérales. Mais si la surprise, voire la sidération, pourraient excuser les choix initiaux des personnes au pouvoir, l’entêtement et/ou l’aveuglement quant à leurs conséquences ne sont pas permis. Continuer de sacrifier, au nom de l’universalité des mesures, de nombreux segments de la population alors que des mesures proportionnées à la vulnérabilité des territoires et des personnes pourraient être mises en place n’est pas et plus permis. Si la mission de plaidoyer est centrale à la promotion de la santé, elle n’a jamais été aussi importante qu’aujourd’hui où le monde trébuche sur le SARS-CoV-2, générant de multiples fractures sociales, territoriales, générationnelles et communautaires, et où l’expertise jusqu’ici mobilisée prend conscience de ses limites (36).

    #covid, #autonomie, #discernement

    Cité en note 1 de https://seenthis.net/messages/938248

  • CRISE CORONAVIRALE

    Entretien avec le toxicologue Jean-Paul Bourdineaud, professeur de biochimie et toxicologie environnementales à l’Université de Bordeaux, membre du conseil scientifique du CRIIGEN.

    1) Bonjour Jean-Paul Bourdineaud, pouvez-vous vous présenter pour mes lecteurs ? Quels sont votre formation, votre profession et votre domaine de compétence scientifique ? Avez-vous par ailleurs des conflits d’intérêts, quels qu’ils soient ?

    JP.B. — De formation, je suis ingénieur chimiste, je possède un DEA (maintenant appelé mastère) de chimie organique, puis j’ai bifurqué vers la biologie et je suis titulaire d’un doctorat de biologie moléculaire et cellulaire.
    Avant de débuter ma carrière d’universitaire, j’ai travaillé pendant trois ans en tant qu’ingénieur de recherche dans l’industrie de la parfumerie chez Givaudan, une filiale de Roche. Désormais, je suis professeur à l’Université de Bordeaux, où j’enseigne la microbiologie, la biochimie et la toxicologie environnementale. Mon domaine de compétence est celui de la microbiologie, de la biochimie et de l’écotoxicologie. Je suis éditeur associé du Journal of Toxicological Sciences et de l’International Journal of Molecular Sciences, section Molecular Role of Xenobiotics. Mes travaux scientifiques et ceux de mes collaborateurs sont référencés dans la base de données National Center for Biotechnology Information et 85 articles apparaissent, et pour ceux qui connaissent la signification des critères quantitatifs, mon indice h collecté par le Web of Science est égal à 29 (indice lié à la fréquence avec laquelle nos travaux sont cités par les autres chercheurs, et donc leur rayonnement). Il ne s’agit pas de vanité de ma part, mais je suis contraint de devoir le souligner car mon expertise en sciences biochimiques et microbiologiques a été mise en cause après la publication de ma lettre à Charlie Hebdo, et entre autres, par Antonio Fischetti, le référent scientifique de Charlie Hebdo.

    https://criigen.org/wp-content/uploads/2021/08/2021-07-29_Lettre-a-Charlie-Hebdo-juillet-2021-02_D.pdf

    À titre de comparaison, les indices h de Didier Raoult (Institut Hospitalier Universitaire – IHU - de Marseille), Christian Perronne (hôpital de Garches), Karine Lacombe (hôpital Saint-Antoine), et Benjamin Davido (hôpital de Garches) sont égaux à 147, 37, 28, et 12, respectivement. Je cite ces deux derniers médecins car ils ont été très médiatisés et sont des anti-raoultiens virulents et pugnaces.
    J’ajoute que c’est aussi le citoyen éclairé (parce que possédant les connaissances scientifiques nécessaires) qui parle, et que mes propos n’engagent en rien l’Université de Bordeaux, ni même le CRIIGEN dont je suis membre du conseil scientifique, car ces entités se veulent apolitiques et neutres. Or, intervenir dans le champ de l’imposition du passe sanitaire et de la vaccination de masse est un acte éminemment politique puisque ces mesures sont elles-mêmes avant tout politiques et non médicales.

    Le but de mes recherches est de comprendre comment les organismes réagissent aux contaminants environnementaux, en termes de stratégies moléculaires utilisées pour s’adapter et éliminer les polluants. Mon approche rompt d’avec celle de la toxicologie traditionnelle, laquelle se concentre sur une exposition aiguë à fortes doses, proche de la DL50 (dose qui provoque 50 % de létalité), et donc non pertinente d’un point de vue environnemental. Je focalise au contraire sur les doses qui sont celles rencontrées dans l’environnement et auxquelles sont confrontés les organismes animaux et humains. Par exemple, j’ai pu démontrer l’impact nocif des nanoparticules métalliques sur plusieurs espèces animales aquatiques et terrestres à des doses environnementales. Un thème principal qui m’occupe depuis plusieurs années concerne les contaminations au mercure par consommation de poisson et l’influence des différentes espèces chimiques du mercure sur la santé.

    Enfin, pour répondre à votre dernière question, contrairement à quantités de médecins présents sur les plateaux de télévision depuis le début de la crise coronavirale, je ne présente aucun « conflit d’intérêts », c’est-à-dire que je ne suis pas rémunéré ni gratifié en nature ou en honneur pour quelque activité que ce soit (conseil, expertise, travaux de recherche) par des intérêts privés, et je pense notamment aux entreprises pharmaceutiques. Je suis, comme vous, un serviteur de l’État et de la République, et je ne mange pas ni ne m’abreuve à plusieurs gamelles.

    2) Merci. Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser aux traitements contre la Covid, à la vaccination anti-SARS-CoV-2, au passe sanitaire, et à rendre publique votre opinion sur le sujet ?

    JP.B. — Vous avez bien compris que j’œuvrais en tant que chercheur dans le domaine des sciences environnementales. De nombreuses épidémies virales sont liées à la destruction des habitats des animaux porteurs des virus émergents, par la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation qui accompagnent l’accroissement démographique humain et la quête obligatoire en système capitaliste de la croissance économique, laquelle dans les pays occidentaux est liée pour presque moitié à l’accroissement des populations, comme l’a montré Thomas Picketty dans son ouvrage Le capital au XXIe siècle.
https://www.seuil.com/ouvrage/le-capital-au-xxie-siecle-thomas-piketty/9782021082289
Sonia Shah a pointé la responsabilité du désastre environnemental et les dangers de l’élevage industriel dans la survenue d’épidémies, pour certaines terrifiantes telles que celles du virus du Nil occidental et du virus Ebola.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547

    Mais en tant que toxicologue environnemental, au-delà de la destruction des habitats naturels, c’est la pollution environnementale qui me préoccupe. Et comme l’a rappelé mon collègue Christian Vélot dans votre entretien, le coronavirus SARS-CoV-2 ne fait que porter le coup de grâce final (Christian emploie le mot d’estocade) aux personnes déjà largement diminuées par leurs pathologies chroniques.
https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/080721/covid-19-vaccins-experimentaux-strategie-vaccinale-entretien-avec-ch
Le problème des maladies chroniques dans nos sociétés occidentales est crucial ; l’Organisation Mondiale de la Santé s’en est fait l’écho à plusieurs reprises, et le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE) a rappelé dans son rapport livré le 11 juin 2019 que 10,7 millions de personnes bénéficient en France du dispositif des « affections de longue durée », et que l’Assurance Maladie dénombre 20 millions de personnes recevant des soins liés à une pathologie chronique.

    https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2019/2019_14_maladies_chroniques.pdf
    Le CESE écrit que « les évolutions des habitudes et conditions de vie et de travail, les pollutions de l’environnement, jouent un rôle majeur dans l’apparition, le développement et l’aggravation de ces maladies ».

    La pollution atmosphérique est la principale cause de mortalité liée à la pollution environnementale et se traduit par le décès prématuré de millions de personnes chaque année. L’Agence Environnementale Européenne (EEA), dans son rapport sur la qualité de l’air publié en octobre 2017, a estimé le nombre de décès prématurés (avant 65 ans) causés par la pollution de l’air en Europe à 520 400 personnes pour l’année 2014.

    https://www.eea.europa.eu/publications/air-quality-in-europe-2017

    La pollution de l’air se traduit par les pathologies chroniques principales suivantes : infarctus du myocarde (36 %), accidents vasculaires cérébraux (36 %), cancers du poumon (14 %), broncho-pneumopathies chroniques obstructives (8 %), et les infections respiratoires pédiatriques (6 %). On remarquera que de manière similaire aux polluants atmosphériques, le covid-19 dans sa forme grave touche particulièrement les fonctions respiratoires et cardiaques. Les personnes déjà sensibilisées par les polluants atmosphériques avec leur cortège de maladies chroniques associées constitueraient donc des proies vulnérables pour le coronavirus SARS-CoV-2. L’OMS, dans son rapport de 2016 sur la pollution de l’air, estime à 2,97 millions le nombre de morts attribuables à la pollution de l’air dans le monde entier pour la seule année 2012. Il serait déraisonnable de refuser d’admettre que ces pathologies chroniques d’origines environnementales ne fragilisent pas ceux qui en sont affligés après infection par le SARS-CoV-2. La pollution de l’air tue donc annuellement et prématurément plus de citoyens européens que le covid, sans que cela semble émouvoir nos autorités sanitaires.

    J’étais donc déjà attentif et mobilisé lorsque la controverse de l’hydroxychloroquine (HCQ) a éclaté en février 2020. À ma grande stupéfaction, l’HCQ a été classée substance vénéneuse par le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, le 13 janvier 2020, juste au début de la pandémie, alors qu’il savait bien que ce médicament venait d’être utilisé avec succès en Chine.
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32074550https://academic.oup.com/jmcb/article/12/4/249/5814654

    Puis, les médecins courtisans et leurs relais médiatiques l’ont déclarée être un poison violent, cardiotoxique redoutable. Dans le même temps, des médecins stipendiés par Gilead promouvaient le Remdesivir, fabriqué par cet industriel. Or, en tant que toxicologue, j’ai immédiatement compris que l’on nous racontait des bobards (« fake news » dans le jargon des journalistes parisiens). Car précisément, c’est l’inverse : le Remdesivir est très toxique, d’emblée aux doses nécessaires pour obtenir un effet antiviral, alors que l’HCQ est utilisée depuis des décennies sur des personnes elles-mêmes fragilisées par des maladies auto-immunes telles que le lupus érythémateux et les affections rhumatoïdes. D’ailleurs l’OMS a fini par reconnaître la possibilité d’importants effets secondaires du Remdesivir et a déconseillé son utilisation dans le traitement du covid.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/20/l-oms-deconseille-le-remdesivir-dans-le-traitement-des-malades-du-covid-19-h

    Puis, l’imposition du passe sanitaire est arrivée et ce qui m’a navré et agacé a été le traitement médiatique réservé aux opposants au sésame sanitaire et en particulier aux personnels soignants réfractaires. Dans les médias dominants, nous avons été vilipendés, poussés vers les marges de l’extrême droite, qualifiés d’antisémites, et d’illuminés irrationnels. Puis, Charlie Hebdo a chanté le même refrain, avec le talent satirique qu’on lui connaît. Je suis un ami de Charlie et un abonné. On ne peut pas être en permanence en accord avec ses amis, mais plusieurs unes et articles virulents, et en réalité manquant de discernement (c’est une règle de la caricature et de la satire que je reconnais bien volontiers à Charlie), m’ont suffisamment titillé pour que je décide d’adresser une lettre à Charlie, lui présentant des arguments rationnels et même scientifiques bien étayés. Cette lettre fut envoyée à Charlie le 29 juillet qui m’a répondu le 2 août par la plume de Marika Bret : « Bonjour, merci pour votre message, courrier argumenté qui participe au débat. En vous souhaitant un bel été… » Puis l’association CRIIGEN – qui a pour vocation d’informer le public sur les biotechnologies et le génie génétique – et dans laquelle je suis un membre du conseil scientifique, a décidé de publier et d’héberger ma lettre à Charlie début août. Le CRIIGEN est naturellement fondé à informer le public sur les vaccins, car ceux adoubés et distribués en France sont tous issus du génie génétique.

    Ce fut pour moi une surprise : ma lettre a été remarquée, lue et appréciée par beaucoup (mais pas tous). Des collectifs de lutte anti-passe sanitaire m’ont contacté à la mi-août, et notamment ceux des « Blouses blanches » et des « Citoyens libres des Pyrénées ». Les « Blouses blanches » m’ont dirigé vers le réalisateur Magà Ettori qui procédait à la confection d’un film documentaire sur les soignants en lutte et sur le thème des libertés. J’ai accepté sa proposition d’apparaître et de témoigner, et dans son film « Liberté », et dans le débat diffusé en vif qui a suivi la diffusion du film, le 5 septembre dernier sur YouTube. Et comme le monde est presque parfait, vous m’avez contacté et proposé cet entretien.

    https://www.youtube.com/watch?v=KueedqdpJTw

    3) Vous contestez la toxicité de l’HCQ et son supposé manque d’efficacité contre le traitement du covid. Vous êtes très peu nombreux à assumer publiquement une telle position parmi les scientifiques. Ne vous sentez-vous pas isolé et mis en défaut en tant que scientifique ?

    JP.B. — Tout d’abord, en matière scientifique, le nombre ne fait pas le poids. Un seul scientifique peut avoir raison de la multitude. Le consensus dans le monde scientifique n’est possible que sur les acquis, et sur ce qui est incorporé dans le grand corpus des connaissances scientifiques. Par exemple, on ne dispute plus le fait que les humains sont des mammifères au même titre que les primates : trop de preuves sont abondantes y compris dans l’esprit des non scientifiques. La molécule d’eau est formée de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène. Là aussi, les preuves, inaccessibles d’emblée au grand public, sont de nature spectroscopiques, biochimiques, et dans les laboratoires de biologie moléculaire, nous réalisons quotidiennement des électrophorèses de protéines et d’acides nucléiques où l’on sépare ces molécules par l’imposition d’un champ électrique : on observe le dégagement de l’hydrogène à la cathode et de l’oxygène à l’anode avec une production de bulles gazeuses deux fois plus importante à la cathode ; il s’agit bien d’une électrolyse de l’eau. C’est toujours un ravissement de le vérifier et de le montrer aux étudiants. C’est donc la répétabilité et la banalité des observations réalisées par quantité de personnes sur une longue durée qui permet le consensus scientifique.

    En revanche, le dissensus prévaut dans la science en train de se faire, c’est-à-dire celle qui est à l’œuvre et en cours dans les laboratoires de recherche. La controverse est de mise et même souhaitable lorsqu’elle n’est pas polluée par les « conflits d’intérêts » des chercheurs, car la dispute permet de susciter de nouvelles théories, lesquelles conduisent à la mise en œuvre d’expériences, dont les résultats permettront à leur tour de moduler, d’infléchir, de corriger le modèle théorique, nouveau modèle se prêtant à son tour à un nouveau cycle d’hypothèses et d’expérimentation. C’est la démarche positiviste comtienne développée en 1865 par Claude Bernard (Introduction à l’étude de la médecine expérimentale) et mise en œuvre dans ses travaux sur le diabète et la régulation de la glycémie par la sécrétion pancréatique. Bruno Latour (La science en action, 1989) a bien expliqué cette dialectique, et il appelle la science en cours d’élaboration la science en action. Je vais donner quelques exemples où un scientifique, seul, peut se dresser contre la communauté entière de son champ disciplinaire, et se voir rendre justice des années plus tard.

    En son temps (le milieu du 19ème siècle), Ignace Semmelweis était seul contre tous les médecins de l’hôpital de Vienne en Autriche, lorsqu’il a mis en place les premiers rudiments et gestes de l’asepsie. Il a été moqué, renvoyé de l’hôpital et interné dans un asile d’aliénés. L’obstétricien qu’il était avait fait diminuer de 75 à 20 % la mortalité puerpérale des parturientes. Les femmes suppliaient pour pouvoir accoucher dans son service. Le trublion fut déclaré cinglé par ses collègues jaloux. Cette histoire, véridique, est superbement contée par Céline, dans un ouvrage qui a constitué sa thèse de médecin généraliste.

    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/L-Imaginaire/Semmelweis

    De même, Louis Pasteur avait raison contre les Académies des Sciences et de Médecine, non seulement concernant la vaccination (celle pasteurienne), mais également sur la controverse de la génération spontanée qui l’avait opposé à Pouchet.
    Autre exemple : Stanley Prusiner, finalement récipiendaire du Prix Nobel de médecine, a dû batailler quinze ans pour faire admettre que la maladie de la tremblante chez le mouton, le kuru frappant les indigènes de Papouasie Nouvelle-Guinée, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, et ce que les journalistes ont nommé la maladie de la « vache folle », étaient toutes dues à un agent pathogène non vivant, dépourvu de génome - et donc sans gène de virulence puisque sans aucun gène -, lequel se résumait à n’être qu’une bête protéine nommée prion, exprimée dans le cerveau, et qui pouvait adopter une configuration tridimensionnelle pathologique (étiologie variée : génétique, spontanée, ou par consommation de viandes d’animaux malades, ou de cerveaux humains dans le cas du kuru).

    https://www.nobelprize.org/uploads/2018/06/prusiner-lecture.pdf

    Enfin, Oswald Avery, Colin MacLeod et Maclyn McCarty avaient raison contre toute la profession des biochimistes et généticiens lorsqu’ils affirmaient en 1944 que le support de l’information génétique était l’ADN et non pas les protéines. Ils durent attendre huit années pour que leur découverte soit acceptée par la communauté scientifique après l’expérience de Martha Chase et Alfred Hershey qui montrait que le virus bactériophage T2 se fixe à la surface du colibacille, et lui injecte son ADN, et que seul l’ADN viral – et non les protéines virales - permet une multiplication virale ultérieure dans les cellules bactériennes.

    https://www.editionsladecouverte.fr/histoire_de_la_biologie_moleculaire-9782707172594

    Venons-en maintenant à Didier Raoult. Renaud Piarroux, spécialiste du choléra, en collaboration avec Didier Raoult, a montré que l’épidémie de choléra ayant frappé Haïti juste après le tremblement de terre de 2010, avait eu pour origine le campement des soldats népalais mandatés par les Nations Unies et l’OMS afin de rétablir l’ordre.

    http://www.michel-lafon.fr/livre/2415-Epidemies_Vrais_dangers_et_fausses_alertes.html

    Leur article envoyé au Lancet a été refusé car l’hypothèse chez les scientifiques de l’OMS était que cette épidémie de choléra était la première épidémie écologique due au réchauffement climatique et à l’effet El Niño. La conséquence de ce refus d’accepter les résultats des travaux de Piarroux et Raoult fut que le choléra continua à sévir à Haïti tuant des personnes qui aurait pu éviter la maladie et pour certaines la mort, si l’OMS et l’ONU avaient accepté leur responsabilité et fait procéder à la désinfection du camp népalais et au traitement par antibiotique des soldats. L’OMS s’est très longtemps entêtée sur le sujet avant de reconnaître son tort.
    Autre exemple de l’avance de Didier Raoult et de ses approches sur le reste de la communauté scientifique : en 1998, lui et ses collaborateurs démontrent, en analysant des dents retrouvées dans des charniers, que les personnes mortes de la peste à Marseille en 1720, ainsi que celles tuées par les pestes du Moyen-Âge et justinienne, l’ont été par la seule souche bactérienne Yersinia pestis orientalis (alors qu’un modèle attribuait des souches différentes à chaque peste, et qu’un autre modèle incriminait des virus), et que le principal vecteur n’était pas la puce de rat mais les poux. Leurs résultats ont immédiatement été contestés et notamment par une équipe anglaise qui n’a pas réussi à les confirmer à ce moment-là du fait de son retard méthodologique relativement à l’équipe de Raoult. Treize ans plus tard, en 2011, la même équipe anglaise publiait un article confirmant la découverte des français.
    https://www.humensciences.com/livre/La-science-est-un-sport-de-combat/39

    Ces différents exemples montrent qu’un seul chercheur ou une équipe peut détenir la vérité contre le reste des scientifiques ou l’institution académique. Pour être juste, l’inverse est vrai : la multitude peut avoir raison sur la minorité en matière scientifique. Alors qu’en conclure ? Et bien qu’un débat scientifique ne saurait être décidé par le seul argument du nombre. La vérité scientifique ne se met pas aux votes, elle est vraie indépendamment du nombre et de la qualité de ses opposants ou partisans : seuls les résultats expérimentaux, leur répétabilité, et l’exercice de la raison peuvent trancher le nœud gordien.
    Je n’ai pas la prétention de me comparer aux titans de la science que je viens d’évoquer, mais j’ai voulu devenir scientifique parce que je les admirais. Quand j’affirme que l’HCQ ne présente pas de dangers toxicologiques lui interdisant d’être prescrite en traitement contre le SARS-CoV-2, contre une majorité de médecins courtisans, je n’ai pas tort a priori au seul motif de la quantité de personnes prétendant l’inverse.

    Des collègues me disent que mes arguments présentés dans la lettre à Charlie sont certes recevables, mais que je prends le risque de discréditer l’institution et la communauté scientifique en contribuant à une controverse rendue publique, et notamment par le fait que les réseaux anti-vaccinalistes se sont emparés de ma lettre. Tout d’abord, je ne suis pas responsable de l’usage que peuvent faire de ma lettre les différents réseaux militants, et je ne peux interdire à personne la possibilité de reprendre les arguments que j’avance (s’ils ne sont pas modifiés ou tronqués, ou présentés de manière parcellaire hors contexte, ce qui serait malhonnête). La controverse, la dispute et le dissensus sont nécessaires pour démêler les résultats de la science en action, et je ne vois pas pour quelles raisons ce processus devrait être escamoté et dissimulé au public, au motif spécieux et plutôt méprisant que nos contemporains non scientifiques ne pourraient pas comprendre et se poseraient des questions sur la pertinence et la portée des avis scientifiques. Au CRIIGEN, nous estimons plutôt que les citoyens devraient s’emparer des grands débats scientifiques et technologiques puisque la technoscience et ses réalisations modifient nos existences et nos sociétés, pour le bien et le pire. La philosophe Barbara Stiegler est du même avis et écrit « que plutôt que de se taire par peur d’ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l’espace public ».
    http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Tracts/De-la-democratie-en-Pandemie

    De surcroît, nous avons été mis au pied du mur. La nécessité du grand déballage nous a été imposée sans que le débat entre scientifiques (non soudoyés par les industriels) ait pu avoir lieu en préalable. À rebours, ce sont les professeurs Christian Perronne et Didier Raoult qui ont été victime de calomnies, de menaces de mort, et de tentatives d’interdiction de l’exercice de la médecine par l’Ordre national des médecins et ses diverticules départementaux, une entité créée par le régime félon de Vichy et qui a curieusement survécu à l’épuration à la Libération. Alors que cet Ordre accuse le Pr Raoult de charlatanisme (plus précisément, sa branche départementale des Bouches-du–Rhône), le même Ordre ne s’était pas opposé et n’avait émis aucune objection ou protestation contre les lois antisémites excluant les médecins juifs sous Vichy. Ainsi, qui discrédite la Science, moi ou bien l’Ordre avec ses complaisants relais médiatiques, ainsi que les médecins à la solde de l’industrie pharmaceutique, les agences d’expertise (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, ANSES ; Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ANSM, anciennement AFSSAPS ; Agence Européenne du Médicament, EMA), bienveillantes vis à vis des industriels et gangrénées par les « conflits d’intérêts », ou les scientifiques qui publient des données frauduleuses comme l’ont révélé les affaires du Lancet et du New England Journal of Medicine ?

    https://reporterre.net/Fabrice-Nicolino-L-Agence-nationale-de-securite-sanitaire-fait-partie-du
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/11/DESCAMPS/62393
    http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Le_crime_est_presque_parfait-572-1-1-0-1.html
    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/260520/fin-de-partie-pour-l-hydroxychloroquine-une-escroquerie-intellectuel

    Je constate d’ailleurs que les industriels ne sont pas en reste quand il s’agit de mettre en évidence les désaccords entre scientifiques, et surtout d’en tirer profit en les exploitant. Par exemple à propos des risques liés aux pesticides, aux perturbateurs endocriniens, aux nanoparticules, aux OGMs végétaux, à la téléphonie mobile, à l’amiante, et à certains médicaments. Face aux études montrant la toxicité pour l’environnement et la santé des humains de ces molécules et nouvelles technologies, les industriels et leurs groupes de pression harcèlent les parlementaires, déjeunent avec les journalistes influents et les patrons de presse, et mettent en avant les travaux lénifiants de leurs scientifiques liges, tant et si bien qu’ils en appellent à l’arbitrage, et du public, et des agences d’expertises conseillant les gouvernements, en minaudant de la sorte : « mais enfin, si même les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux , c’est bien que les données toxicologiques ne sont pas suffisamment probantes ; laissez-nous donc encore 20 ans d’exploitation de notre affaire ». Cette stratégie a été éventée par un universitaire étatsunien, Sheldon Krimsky, professeur de politique urbaine et environnementale à l’Université de Tufts, qui constata que 35 % des 789 articles qu’il avait scrutés avaient au moins un auteur ayant des intérêts financiers dans le domaine de recherche étudié.

    https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782846711234-recherche-face-aux-interets-prives-la-sheldon-kri

    Enfin, il faut rappeler que le propre de l’esprit scientifique est de douter. Douter de ses propres résultats que l’on vérifie en s’assurant de leur répétabilité, et douter des nouvelles merveilles technologiques censées révolutionner nos existences. Se poser des questions sur ces vaccins biotechnologiques en phase d’essai ne consiste pas à refuser l’avancée de la science, mais à exercer son esprit critique et exiger une somme de certitudes suffisantes avant de se faire injecter un ensemble hétéroclite de molécules à effets biologiques. En revanche, les zélotes de ces biotechnologies vaccinales, eux, ne doutent absolument pas, et prétendent être dans la démarche scientifique idoine, et renversent l’accusation de déni scientifique contre ceux qui précisément doutent, en dépit de tous les acquis de l’épistémologie en matière heuristique. Laissons le dernier mot au plus grand d’entre nous autres, microbiologistes et biochimistes, Louis Pasteur (cité par Latour) : « Dans les sciences expérimentales, on a toujours tort de ne pas douter alors que les faits n’obligent pas à l’affirmation ». 
http://www.bruno-latour.fr/node/276

    4) Revenons à la question relative à la toxicité de l’HCQ et plus actuellement de l’ivermectine. Quels sont vos arguments permettant d’affirmer que ces substances ne présentent pas de dangers majeurs en utilisation thérapeutique ?

    JP.B. – Tout médicament est toxique, et la combinaison entre la dose (ou la concentration sanguine) et la durée de traitement déterminera la survenue d’évènements toxiques (plus la dose et la durée de traitement sont élevés, et plus grands sont les risques toxiques). Il faut donc s’assurer qu’aux doses efficaces et durant la durée de traitement, la toxicité soit la plus faible possible. Les anti-raoultiens mettent en avant des données toxicologiques redoutables, celles obtenues avec de très hautes doses, non pertinentes quant aux dosages thérapeutiques, et bien évidemment mortelles, mais qui doivent être obligatoirement acquises sur les animaux (les test dits de toxicité aigüe ; le but est de préciser les doses mortelles tuant la moitié de l’effectif, DL50, en 24 h ou 48h), ce qui permet aux agences sanitaires de préciser les doses limites en divisant la DL50 par 100 ou 1000.

    L’HCQ est utilisée en indication contre le paludisme et contre certaines maladies auto-immunes telles que le lupus érythémateux systémique (LES) et les affections rhumatoïdes. Avant 2020, donc avant la pandémie de SARS-CoV-2, l’essentiel de la littérature toxicologique concernant l’HCQ avait trait principalement au risque de rétinopathies chez des patients atteints de maladies auto-immunes, et seulement secondairement à sa cardiotoxicité éventuelle. Cette focalisation sur le cœur et la rétine était motivée par le fait que les patients atteints du LES sont sujets aux rétinopathies et aux maladies cardiovasculaires, indépendamment de la prise d’HCQ.

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29948002
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27227346
    Il fallait donc vérifier si la prise d’HCQ chez ces patients ne serait pas un facteur aggravant. Pour la rétine, et chez des patients souffrant du LES, et qui prennent donc l’HCQ quotidiennement, une étude espagnole montrait en 2019 qu’en deçà d’une dose de 5 mg/kg/jour, aucun effet toxique n’était observable quant à la rétine et la macula.

    https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0961203319829826?journalCode=lupa

    Quant au cœur, la combinaison HCQ plus azithromycine (AZI) testée sur des dizaines de milliers de personnes souffrant de maladies auto-immunes n’a déclenché aucune augmentation avérée de l’arythmie cardiaque. Puis une méta-analyse (incorporant et synthétisant les résultats obtenus par 46 études avec tirage au sort) a conclu que l’usage de l’HCQ était sûr, et qu’aucune augmentation significative de risque cardiovasculaire et ophtalmologique n’avait été enregistrée.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33832827
Également, sur plusieurs centaines de patients atteints du covid et hospitalisés, l’administration d’HCQ n’a pas révélé de lien avec la nécessité d’intubation ou l’issue fatale, relativement aux patients non traités, alors même que les auteurs de l’étude reconnaissent que les patients traités avec l’HCQ étaient plus sévèrement atteints.

    https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa2012410

    En réalité, c’est le SARS-CoV-2 lui-même qui cause de graves dommages cardiaques et des arythmies, et cela était su depuis le début de la crise coronavirale.
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/jce.14479https://jamanetwork.com/journals/jamacardiology/fullarticle/2763524
Des médecins chinois ont très rapidement alerté sur le fait que « contrairement aux autres infections à coronavirus, qui provoquent principalement des infections pulmonaires, ce cas d’infection à coronavirus s’est caractérisé par une atteinte cardiaque ».

    https://academic.oup.com/eurheartj/article/42/2/206/5807656

    Et donc des tentatives de traitement à l’HCQ sur des patients en réanimation (déconseillés par le Pr Raoult) ont conclu à la cardiotoxicité de l’HCQ alors qu’il s’agissait des effets du virus. Et là, les médias ont claironné la nouvelle de la cardiotoxicité de l’HCQ sans demander d’essais par tirage au sort (« randomisés », disent les journalistes).
Quant à l’ivermectine, elle est utilisée en tant qu’antiparasitaire (contre la gale et des vers intestinaux).
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21321478
Sur sa sûreté d’administration, une méta-analyse portant sur 452 études, montrait que jusqu’à une dose égale à 0,4 mg/kg, aucun effet indésirable ou toxique n’était constaté. En traitement chez des enfants contre la gale et le ver intestinal causant la trichocéphalose, elle s’est révélée efficace et sûre.

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31960060
    https://academic.oup.com/cid/article/67/8/1247/4956651?login=true
    https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bjd.18369

    5) Mais si l’HCQ et l’ivermectine sont à la fois efficaces et non toxiques aux doses indiquées, pourquoi sont-elles autant ostracisées à votre avis ?

    JP.B. — La dévalorisation et l’opprobre jeté sur l’HCQ ont démarré très tôt et au plus haut niveau de l’administration puisque la direction générale de la santé l’a classée substance vénéneuse dès janvier 2020, avant même les premiers foyers infectieux déclarés en France. Puis l’affaire de l’article bidonné du Lancet va permettre au ministère de la santé d’interdire ce médicament. L’interdiction sera maintenue après même que la fraude scientifique aura été éventée, et alors que l’OMS sera, elle, revenue sur sa décision. Mais avant que l’affaire du Lancet ne trucide définitivement les chances de l’HCQ (le 22 mai 2020), un épisode quasi burlesque avait déjà entamé la longévité de l’HCQ : c’est l’affaire de l’aquariophile maladroit mort après avoir ingéré de manière préventive une quantité mortelle de phosphate de chloroquine (23 mars 2020) ce qui n’a strictement rien à voir avec le protocole thérapeutique raoultien. Le ministre Véran participa de l’embrouillamini et exploita le fait divers devant la représentation nationale : « Les cardiologues m’alertent également sur le fait que l’hydroxychloroquine peut entraîner des troubles cardiaques. Aux États-Unis, aujourd’hui, une personne qui en avait utilisé en automédication a été victime d’un arrêt cardiaque qui lui a été fatal ».
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2020/03/27/la-surdose-mortelle-a-la-chloroquine-expliquee-en-sept-questions_6034694_165

    Le journaliste qui cite M. Véran ne se demande pas quels cardiologues, et à partir de quelles bases observationnelles et cliniques ces mystérieux cardiologues parleraient. Le ministre se mélange les pinceaux ou les médocs puisque c’est le phosphate de chloroquine et non l’HCQ qui est impliquée dans ce cas d’empoisonnement. Or l’HCQ est utilisée en lieu et place des autres congénères de la famille (phosphate de chloroquine et chloroquine) précisément parce qu’elle est nettement moins toxique que ces dernières et frappée d’innocuité aux doses thérapeutiques.

    La toxicité à très hautes doses des congénères de l’HCQ était déjà connue, ce cas isolé n’apportait donc rien à leur toxicologie. Et pourtant, la propagande déployée allait instrumentaliser ce fait divers et laisser entendre que cette information était neuve, fracassante, et permettait de revenir sur une supposée sûreté de l’usage thérapeutique de l’HCQ avancée par le Pr Raoult puisqu’il était dès lors établi qu’un membre de la famille de l’HCQ était mortel. Conclusion imposée par cette propagande : l’HCQ ne saurait constituer un médicament fiable et sûr. Or, il s’agissait d’un accident provoqué par la bêtise avant toute chose.
    Aujourd’hui, on nous rejoue ce scénario stupide avec l’ivermectine, et la propagande se déchaîne aux États-Unis en prétendant qu’il s’agit d’un médicament à usage vétérinaire exclusif et utilisé chez les chevaux et les vaches (ce surdosage vétérinaire existe bien mais à destination de ces animaux seulement), après qu’un autre nigaud, en Australie cette fois, se soit empoisonné avec une formulation chevaline. L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) ment copieusement par omission en occultant le fait que l’ivermectine est utilisée contre la gale et certains vers intestinaux chez les humains.

    Le Pr Raoult signalait à juste titre que le paracétamol absorbé en excès était mortel également, et qu’il ne venait néanmoins à l’idée de personne de l’interdire. Le paracétamol (ou acétaminophène) est un hépatotoxique redoutable.
https://www.annualreviews.org/doi/abs/10.1146/annurev.me.35.020184.003045https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0002934383902401
Le taux de décès par empoisonnement au paracétamol (nombre de morts divisé par le nombre total de suicidés) est de l’ordre de 0,2 à 2 % selon les pays.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11210057
Par exemple, aux États-Unis, de 2000 à 2018, il y eut 327 781 hospitalisations pour des suicides par antalgiques et 1 745 morts : le paracétamol à lui seul a contribué pour 48 % de ces hospitalisations et 64,5 % de ces décès.

    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32715560

    Alors, quel est donc le vrai problème ? Et bien tout simplement, il s’agit de jeter l’opprobre sur tout médicament ou traitement thérapeutique non protégé par un brevet. Le Plaquenil ne rapporte plus grand chose puisque l’HCQ est tombée dans le domaine public ; idem pour l’AZI et l’ivermectine. L’industrie pharmaceutique désire ardemment répondre à chaque nouvelle maladie ou épidémie par un médicament ou vaccin miracle, breveté et donc rémunérateur pour l’actionnariat. Lors de l’affaire du bacille du charbon envoyé par courrier à des sénateurs et journalistes étatsuniens en 2001, le gouvernement étatsunien a réagi face à ces menaces bioterroristes - et après une propagande médiatique intense et hystérique, semant la panique auprès du public - en décidant de recourir au stockage de tonnes d’un antibiotique. Alors que la pénicilline et la doxycycline étaient efficaces pour tuer le bacille, elles présentaient la faiblesse d’être bon marché, et ce fut la très coûteuse ciprofloxacine de Bayer, protégée par un brevet, qui fut choisie ; le centre de contrôle des maladies (CDC) conseilla de la sorte le gouvernement fédéral. Le gouvernement français emboîta le pas et commanda également cet antibiotique pour un coût considérable. L’éviction des médicaments qui ne sont plus protégés par un brevet, implique donc de crier haro sur les médicaments génériques.

    http://www.michel-lafon.fr/livre/2415-Epidemies_Vrais_dangers_et_fausses_alertes.html

    Quelle est donc la stratégie industrielle : instiller le doute. Donc mettre en avant toutes les études qui ne distinguent pas d’effets bénéfiques du médicament générique, minimiser celles qui montrent l’inverse, en mobilisant tous les professionnels stipendiés qui expliqueront sur les plateaux de télévision et dans les radios que les études ne montrent pas de manière statistiquement significative un effet, et que de nombreuses autres études sont indispensables avant de se prononcer. Les mêmes vont dénigrer les études observationnelles pour exiger celles par tirage au sort ; ils parlent d’essais « randomisés » et les journalistes parisiens reprennent cette formulation euphémisante sans expliquer au public que cela implique de tirer au sort des malades et de les répartir en deux groupes : ceux qui reçoivent le médicament testé et ceux qui reçoivent un placebo, donc de l’eau salée ou sucrée. C’est bien entendu immoral de procéder de la sorte avec des personnes malades risquant de mourir, et c’est la raison pour laquelle Didier Raoult et les médecins de l’IHU de Marseille ont refusé de pratiquer ce tirage au sort. Ils ont refusé de réaliser une expérience scientifique sur des patients infectés et ont fait le choix de soigner. Ils ont préféré une attitude pleine d’humanisme envers leurs semblables, quitte à écorner leur immense prestige scientifique. La société et la nation devraient leur en être reconnaissantes et admiratives.

    Puis, les mêmes personnes liges et autres valets rémunérés de l’industrie propageront une campagne visant à salir ceux qui observent des effets bénéfiques : on les traitera de charlatans, d’agités du bocal, d’être orgueilleux et méprisants, de falsificateurs de données scientifiques, notamment en utilisant leur qualité d’éditeurs de journaux scientifiques pour publier plus facilement leurs articles dans lesdites revues, et de manquements à la déontologie. Toute cette campagne diffamatoire est réalisée avec le tambour des relais médiatiques dominants, tous détenus par des millionnaires dont on peut se demander si les avocats d’affaire n’ont pas judicieusement garni les portefeuilles d’actions de leurs clients avec des actions boursières de Pfizer et consorts (s’ils ne le faisaient pas, ils manqueraient de compétence).
    Cette stratégie est connue et dénoncée depuis longtemps. Ainsi le Dr Mayer Brezis écrivait : « Les industries chimiques, du tabac et de l’alimentation partagent des tactiques similaires [à celles des industries pharmaceutiques] : proclamer des doutes sur les questions de sécurité, acheter des chercheurs, infiltrer les universités, les conseils d’administration, les médias et les agences législatives ».
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18982834

    Ce qui vaut pour les médicaments vaut également pour les composés toxiques produits et libérés dans l’environnement par les industriels. Dans le premier cas, il s’agira de discréditer l’efficacité des médicaments génériques (au moyen des scientifiques à la solde des industriels et des groupes de pression), et dans le second de nier ou de minimiser la dangerosité de leurs merveilles chimiques. Cette stratégie a été abondamment utilisée dans le cas de l’amiante : la connaissance toxicologique de sa cancérogénicité et de l’étiologie des mésothéliomes chez les travailleurs exposés est acquise depuis 1960. Et pourtant, grâce aux agissements des groupes de pression et des scientifiques liges, il faudra attendre 1997 pour qu’elle soit interdite en France. De même, il aura fallu des décennies avant que le tétraéthyl de plomb (TEP), utilisé comme agent antidétonant dans l’essence automobile ne soit interdit malgré la démonstration de sa toxicité pour les humains en 1965 par Clair Patterson. Là également, des scientifiques à la solde des industriels ont produit des études fausses et certains d’entre eux ont même porté plainte contre Herbert Needleman, un autre chercheur qui a contribué à la connaissance sur la toxicité du TEP, mais il a également été attaqué par les avocats des industriels pour malhonnêteté intellectuelle, puis désavoué par les Instituts Nationaux de la Santé, et par sa propre Université, celle de Pittsburgh. Là encore, il s’agissait d’imposer un produit breveté (le TEP), en réalité peu efficace quant à sa qualité d’antidétonant, contre l’utilisation d’un produit beaucoup plus efficace mais peu coûteux qu’était l’éthanol.

    Le problème est bien économique, financier et donc capitaliste. Les industries pharmaceutiques n’ont pas pour vocation de soigner les malades mais d’enrichir leurs actionnaires ; d’ailleurs les vaccins n’iront qu’aux plus riches en vertu de la protection des brevets et des coûts afférents insupportables pour les pays peu fortunés (et le côté immoral du procédé ne choque aucun de nos dirigeants et ne suscite aucune réaction permettant de réguler par amendements le droit des brevets sur les médicaments). Souvent, tout de même, leurs intérêts financiers coïncident avec celui sanitaire des malades, sinon tant pis. Quand le médicament est par trop toxique, on engrange d’abord les bénéfices, et puis on nie pendant des années la toxicité du produit, en utilisant la stratégie que je viens de décrire, c’est-à-dire inonder la littérature médicale d’articles prétendant qu’il n’a pas été possible d’observer une toxicité du médicament, en utilisant le réseau de scientifiques liges stipendiés. Et d’autres scientifiques liges, installés dans les agences sanitaires, fermeront les yeux le plus longtemps possible. La tragédie du Mediator de Servier est exemplaire : ce médicament mortifère ne fut interdit qu’en 2009 par L’AFSSAPS - aujourd’hui rebaptisée ANSM – alors que sa toxicité, ainsi que celle de la famille moléculaire à laquelle il appartient, était bien connue depuis la fin des années 1980.

    https://www.librairiedialogues.fr/livre/1250568-mediator-150-mg-combien-de-morts--irene-frachon-editions-

    Ceci pose deux problèmes fondamentaux.

    D’abord celui des « conflits d’intérêts » dans lesquels sont empêtrés beaucoup de scientifiques et de médecins, mais également les experts des agences de sécurité alimentaire ou du médicament (qui se recrutent parmi les premiers). « Conflit d’intérêts » est une expression importée des pays anglo-saxons et imposée par ce qui est appelé là-bas une attitude « politiquement correcte ». En langue française, on appelle ça de la corruption. Le plus stupéfiant est que cela soit légal.

    Ensuite celui du financement de la recherche publique, lequel explique en partie le problème des « conflits d’intérêts ». En effet, la loi d’autonomie des Universités ou loi Pécresse, a instauré en 2007 une paupérisation accrue des Universités et des laboratoires de recherche publics. Les crédits récurrents qui étaient alloués chaque année par les institutions aux équipes ont disparus. Il faut maintenant en passer par l’Agence nationale de la recherche (ANR), qui satisfait au plus 10 % des demandes. Concrètement, les chercheurs doivent répondre à un appel d’offre – il s’agit bien d’un concours et donc d’une mise en concurrence des équipes françaises entre elles – et rédiger un copieux dossier scientifique, et prévoir le budget total pour des recherches non encore effectuées et prévisionnelles (cela prend bien deux mois car il faut mobiliser d’autres équipes autour du projet). L’institution nous recommande instamment d’avoir un partenaire industriel ou privé. Si l’ANR n’adoube pas leur projet, les chercheurs n’ont plus comme solutions que l’Europe (mais c’est encore bien plus sélectif), les régions (mais pour des projets très ponctuels, appliqués, et peu financés), et enfin « les acteurs privés ». Comme le disait André Picot, toxicologue, dans ce livre : « Pour nous, au CNRS, mais aussi à l’Université, la situation n’a jamais été aussi catastrophique… On n’a plus d’argent et c’est la ‘prostitution généralisée’ ».
    https://www.editionsladecouverte.fr/silence_on_intoxique-9782707146380

    6) Vous évoquez le problème de l’évaluation des risques par les agences et celui des « conflits d’intérêts » qui mineraient ces institutions. Pourriez-vous nous donner des exemples et précisez selon vous la manière d’y remédier ?

    JP.B. – Le scandale du Vioxx de Merck est maintenant oublié. Le Vioxx était un médicament anti-inflammatoire censé être un vrai miracle pour les patients souffrant d’arthrose. Autorisé en 1999, il apparaît rapidement qu’il provoque des accidents cardiovasculaires et un article est publié relatant ses dangers en 2001 dans le Journal of The American Medical Association (JAMA) par l’équipe du Dr Eric Topol.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15641522
La FDA ne bouge pas, et en France L’AFSSAPS reprend même l’argumentaire lénifiant de Merck (toute l’histoire est racontée : https://halldulivre.com/livre/9782753300132-au-nom-de-la-science-souccar-goliszek). Merck tente d’acheter le silence du Dr Topol qui refuse. Dans les années qui suivent, d’autres publications mettent en cause le Vioxx et l’associe à une augmentation dramatique des infarctus chez les patients, mais ni l’EMA ni l’AFSSAPS ne demanderont le retrait de l’autorisation de mise sur le marché. C’est finalement Merck qui décide de le retirer du marché malgré la décision de la FDA en faveur du maintien, et au grand dépit du ministre de la santé français. L’AFSSAPS déclarera, après le retrait du Vioxx par Merck, assumer totalement la décision de n’avoir pas retiré du marché ce médicament.

    En 2002, la Direction générale de la santé saisit l’Agence française de sécurité sanitaire environnementale (AFSSE) concernant les risques sanitaires de la téléphonie mobile.
https://www.editionsladecouverte.fr/silence_on_intoxique-9782707146380
Un groupe de travail est créé sous la direction de Bernard Veyret (Université de Bordeaux), Denis Zmirou (AFSSE) et René de Sèze (INERIS, Institut national de l’environnement industriel et des risques). Très curieusement, des spécialistes incontestés dans ce domaine sont écartés, et qui avaient publiés des travaux sur les perturbations bioélectromagnétiques (Pierre Aubineau, CNRS ; Pierre Le Ruz, société française de radioprotection ; Roger Santini, Institut National des Sciences Appliquées). Mais la veille de la remise du rapport en avril 2003 – qui dédouanera la téléphonie mobile de tout effet sanitaire dommageable – il est dévoilé que les trois compères étaient en contrat publicitaire avec l’entreprise Orange, et qu’ils avaient publié une plaquette publicitaire dans laquelle ils se montraient rassurants, alors même qu’ils avaient débuté leur mission. Le rapport est même en retrait des recommandations écrites par Denis Zmirou en 2001 au ministère de la santé et imposant une distance supérieure à 100 mètres des crèches, écoles et hôpitaux, pour l’implantation d’antennes. Le même osera proclamer, à propos des financements privés des experts : « Cela n’affecte pas l’intégrité des chercheurs : les contrats garantissent une totale indépendance des études lors de leur conduite et de leur interprétation ».

    Comment remédier à cette situation déplorable de nos agences d’expertise sanitaires ? Dans un récent article publié dans Toxicological Research, Christian Vélot, des collègues et moi-même préconisions la création d’une Haute Autorité de l’Expertise composée de parlementaires, de représentants des grands organismes nationaux de recherche, de chercheurs reconnus pour leurs travaux dans le domaine scientifique concerné par la saisine, de juristes qualifiés (en droit du travail, de l’environnement, et de la santé publique), de représentants d’associations, et de représentants des syndicats majeurs. Ces personnalités pourraient être désignées par les commissions parlementaires idoines et le CESE, après réponse à un appel public. Les élus seraient soumis à une enquête visant à s’assurer qu’ils ne sont pas entravés par des « conflits d’intérêts », puis leur désignation finalement adoubée par le Conseil d’État.
    https://link.springer.com/article/10.1007/s43188-020-00075-w

    Enfin, ce que doit comprendre le public c’est que ces agences, l’ANSM et l’EMA, pour le cas des vaccins biotechnologiques actuels, prennent leur décision sur la seule base des documents adressés par les entreprises demandeuses de l’autorisation de mise sur le marché. Elles ne procèdent à aucune étude scientifique ni évaluation expérimentale indépendante. Les entreprises demanderesses ont donc toutes les cartes en main, et de plus, en situation d’urgence et sous la pression exercée par la gent politique, deux semaines seulement suffirent pour que les entreprises anglaise et étasuniennes soient adoubées. En revanche l’Union Européenne et la France ont clairement écarté Valneva et son vaccin (Valneva est une société de biotechnologie spécialisée dans les vaccins et produit ceux contre l’encéphalite japonaise et le choléra ; ceux contre le chikungunya et la maladie de Lyme sont en phase III d’essais). Des commentateurs politiques se désolent continuellement que la France, pays de Pasteur, ne soit pas plus enthousiaste pour la vaccination anti-covid. Mais les vaccins biotechnologiques ne sont pas pasteuriens ; en revanche c’est bien le cas du vaccin Valneva qui repose sur une méthodologie traditionnelle, mais éprouvée, dans laquelle le virus atténué ou tué est injecté, et dans ce cas la réponse immunitaire concerne toutes les protéines du virus et non pas une seule, et en conséquence la protection est a priori supérieure. Mais au pays de Pasteur, une entreprise française concevant un vaccin pasteurien a été méprisée sans qu’aucune justification ne soit avancée.

    7) Vous critiquez l’imposition de la solution vaccinale comme seule réponse possible au coronavirus SARS-CoV-2. Mais pourquoi nos dirigeants prendraient-ils une telle orientation si elle n’était pas la plus judicieuse et bénéfique pour notre peuple ?

    JP.B. – Comment expliquer le choix funeste de la vaccination en tant que solution unique ? Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement les politiques sont principalement mus par leur désir de réélection, une motivation puissante chez eux, que l’on peut comprendre. Mais leur gros problème réside dans le fait qu’à Sciences Po et à l’ENA, ils n’ont pas été confrontés ni appris à réagir à une pandémie de cet ordre-là. Donc, ils s’en remettent aux médecins, aux médicastres en cour à l’Élysée. Or, beaucoup de ces gens ne sont plus en activité, ils sont retraités et continuent à bénéficier, grâce à leur entregent, de missions, expertises et autres sinécures. Ce déplacement de la gouvernance par les élus du peuple vers celle par les médecins pose un énorme problème car beaucoup d’entre ces médecins sont en « conflit d’intérêts », et il s’agit là d’un euphémisme désignant en fait une corruption morale, et une grave flétrissure déontologique. Ils sont en réalité soudoyés par les industriels. Une partie des chercheurs de l’INSERM et des praticiens hospitaliers susceptibles de faire de la recherche sont en « conflit d’intérêts », c’est-à-dire qu’ils sont à la solde de l’industrie pharmaceutique. Or, c’est à eux que le gouvernement demande conseil. Bien entendu, après l’échec du Remdesivir, néphrotoxique finalement banni par l’OMS, la solution unique qu’ils proposèrent fut la vaccination, et en conséquence il convenait d’éliminer tout autre traitement non protégé par un brevet, et donc peu rémunérateur pour les industriels auxquels ils sont inféodés.

    Parmi nos gouvernants - nous voulons continuer à croire que certains sont de bonne foi tout de même – certains s’imaginent, parce qu’ils y sont poussés et persuadés par les médecins courtisans (ceux du conseil dit scientifique), que la vaccination serait la seule solution. À partir du moment où l’on veut promouvoir la vaccination et la rendre en fin de compte quasiment obligatoire, il faut qu’il n’y ait aucun traitement disponible parce que dans l’éventualité contraire où un traitement serait doté d’une certaine efficacité, la vaccination obligatoire ou à très grande échelle n’aurait plus de sens et serait dénuée de pertinence. Il convenait dès le départ de crier haro sur les traitements et tuer dans l’œuf toute tentative de traiter par voie chimique. Donc, l’HCQ et l’AZI ont été promues au rang de poisons violents, et quant à l’ivermectine, elle est assimilée à un médicament à usage vétérinaire. Ainsi, tout est fait pour qu’il n’y ait aucun traitement susceptible de juguler cette maladie. Reste donc la solution unique vaccinale qui nous est serinée. Or, nous ne nous en sortirons pas par la seule grâce de la vaccination puisque la variante indienne delta se joue du vaccin et rend l’immunité collective inatteignable, la transformant en concept mythique. Il faudra combiner à la fois les traitements et une vaccination pour les rares personnes jeunes mais fragiles et surtout celles âgées puisque plus de 80 % de la mortalité concerne les plus de 70 ans.
https://www.science.org/news/2021/08/grim-warning-israel-vaccination-blunts-does-not-defeat-deltahttps://www.theguardian.com/world/2021/aug/10/delta-variant-renders-herd-immunity-from-covid-mythical

    Le traitement combiné HCQ plus AZI fonctionne, n’en déplaise aux médicastres médiatiques ; le Pr Christian Perronne a apporté suffisamment d’éléments probants puisés dans la littérature scientifique dans son dernier ouvrage. L’ivermectine est également efficace contre le covid et est devenue le traitement préconisé par les autorités médicales de plusieurs pays, par exemple au Pérou et au Brésil et dans certains états de l’Inde fédérale. De nombreuses études et méta-analyses, ignorées (ou passées sous silence par) des journalistes, appuient sa pertinence thérapeutique contre le covid.

    [https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/300921/crise-coronavirale-entretien-1-avec-le-toxicologue-jean-paul-bourdineaud](https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/300921/crise-coronavirale-entretien-1-avec-le-toxicologue-jean-paul-bourdin

    --
    https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/etat-du-kerala-inde-vaccination-et-contamination
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34145166
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33278625
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34418758
    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006291X20319598
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33389725
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33293006
    https://journals.lww.com/americantherapeutics/fulltext/2021/06000/review_of_the_emerging_evidence_demonstrating_the.4.aspx
    https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bjd.18369
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34491955
    https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32736876
    https://journal.chestnet.org/article/S0012-3692(20)34898-4/fulltext
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2052297521000883
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  • L’accès aux soins fond, la médecine sombre et le système de santé se fragmente
    On ne mesure pas suffisamment les conséquences désastreuses de la commercialisation des soins de santé.
    https://www.lalibre.be/debats/opinions/2021/08/29/lacces-aux-soins-fond-la-medecine-sombre-et-le-systeme-de-sante-se-fragmente

    Si les priorités des journalistes et des chercheurs ne devaient se fonder que sur un critère, ce serait l’importance de la souffrance et de la mortalité que l’information recherchée permettrait d’éviter. Et si, avec ce critère à l’esprit, il est un sujet qui, à côté du climat, mérite toute notre attention, c’est bien la perte d’accès aux soins de santé de qualité professionnelle ici et ailleurs.
    https://www.lalibre.be/resizer/ryvmNHOMrPeLJt7rbEmv5_NbnBI=/768x512/filters:focal(558.5x353:568.5x343)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/OXX7OYPDDBHRBGJNITEQOJYSDE.jpg
    Pour s’en convaincre, il faut savoir que dans les années 80, en Allemagne de l’Est, 50 à 60% de l’amélioration de la mortalité était liée à des maladies vulnérables aux soins de santé https://www.demogr.mpg.de/publications/files/1257_1042711497_1_Avoid-Germ-Poland.pdf. . Et même si la mortalité évitable est aujourd’hui plus proche de 30% (1), il y a dans le monde près de 60 millions de décès et donc, au bas mot, 20 millions de morts évitables chaque année. Aucun autre facteur pris isolément n’a un tel impact sur notre vie et notre mort. Le manque d’accès aux soins tue quatre fois plus que le changement climatique (5 millions/an), (2) et tout indique que cette préséance risque de se prolonger.

    Les conséquences de la commercialisation
    D’autant qu’une lame de fond balaie les systèmes de santé et accroît la mortalité évitable : la commercialisation des soins, la privatisation des services de santé et surtout celle de la gestion des fonds de la sécurité sociale. Après les États-Unis et les pays en développement, la vague est aux portes de l’Europe. Déjà, la Suisse et la Hollande ont rendu obligatoire l’assurance santé contractée auprès d’un assureur privé. Et ailleurs, leur part dans les dépenses de santé ne cesse de croître - sans qu’aucune base scientifique solide n’étaie cette politique. Au contraire, on peut penser qu’après que les assurances aient été privatisées, l’accès aux soins se réduise ; les dépenses de santé flambent ; l’éthique professionnelle se détériore ; et la pratique de la médecine se déprofessionnalise. https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0020731419847113

    Les stratégies de privatisation des soins ont été rodées au Chili, en Colombie, en Suisse et aux Pays-Bas. Les Etats réduisent les dépenses de santé tant qu’ils gèrent la sécurité sociale, ce qui la rend inacceptable aux patients et aux praticiens. Puis, après la privatisation, le ciel est leur limite. La quantité d’argent qui peut ainsi changer de main est gigantesque, puisque les dépenses de santé frôlent les 18% de PIB aux États-Unis (où le marché des assurances de santé est mûr) contre une moyenne de 10% dans les pays de l’OCDE.

    Les conséquences pratiques et théoriques de la commercialisation des soins méritent qu’on s’y attarde :

    – Avec la réduction de l’accès aux soins, la mortalité évitable augmente, mais aussi les migrations internationales.

    – La coopération internationale a sa part de responsabilité dans cette situation, elle qui a supprimé la coopération médicale pour que dans les services publics des pays en développement, on ne délivre que des programmes de santé publique, à l’exclusion des soins médicaux individuels, qui sont laissés au secteur privé. Au passage, avec ces partenariats public-privé, la coopération a créé une gigantesque bureaucratie – 120 « Global Health Initiatives », une par maladie/problème de santé - qui s’étend de Washington, Genève ou Bruxelles au plus petit village africain – sans que les Objectifs du Millénaire, malgré leur ambition très limitée, aient été atteints en Afrique.

    – Les facultés de médecine ont longtemps transmis aux étudiants une culture professionnelle et elles cherchaient, sans toujours y parvenir, à personnaliser la formation du médecin. Mais le paradigme de la formation technique - le transfert de compétences - s’est substitué à l’éducation et a desséché la formation des médecins.

    – Les politiques de privatisation segmentent les systèmes de santé avec des services pour les riches et d’autres pour les pauvres, et elles entravent la coordination clinique.

    – L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui. La recherche médicale s’y est donc centrée sur la relation patient / maladie / environnement / technologie, en oubliant la pratique médicale.

    – La plupart des responsables identifient la gestion de la santé au management à finalité commerciale et industrielle, alors que la pratique éthique de la médecine et les services publics justifient une gestion à finalité sociale et professionnelle, pour autant que les services publics soient destinés à garantir le droit à la santé - l’accès de tous aux soins de qualité professionnelle, dans un système universel.

    Trois forces nécessaires
    Comment résister au rouleau compresseur des banques assurances ? Si les partis politiques sont sensibles aux sirènes du lobbying des banques assurances, trois forces pourraient s’allier pour imposer l’examen politique du fondement scientifique de la privatisation des assurances de santé.

    Ce sont d’abord les organisations généralistes de patients, telles que les mutuelles, et les associations de professionnels de la santé qui pourraient ensemble définir une politique de santé dont la portée symbolique permettrait de défier les partis. Cependant, il faudrait que leurs négociations recourent à des critères scientifiques pour s’assurer que les exigences et objectifs de chaque partie reflètent bien les intérêts des patients et des professionnels.

    Puis il y a les acteurs économiques qui n’investissent pas dans les assurances de santé, et surtout ceux qui investissent hors du secteur de la santé, qui devraient pouvoir être convaincus de ce qu’ils n’ont rien à gagner de la privatisation des assurances de santé puisque plusieurs points de PIB pourraient ainsi changer de main.

    En définitive, la réalisation du droit à la santé conditionne la justice sociale, mais aussi la santé économique de l’Europe. En outre, la politique de coopération internationale des États européens devraient refléter les principes humanistes qui continuent, mais pour combien de temps encore, à inspirer chez eux la mission de la sécurité sociale et des services de santé. Sans prise de conscience collective, la commercialisation des soins de santé continuera à avancer de manière larvée, puis de plus en plus rapidement – et la sécurité sociale si chèrement acquise en Europe disparaîtra, tout comme la pratique éthique de la médecine et l’autonomie professionnelle des médecins.

    (1) Nolte E, McKee M. “Variations in amenable mortality trends in 16 high-income nations.” Health Policy 2011 ;103(1):47-52.
    (2) Qi Zhao, Yuming Guo, Tingting Ye, et al. Global, regional, and national burden of mortality associated with non-optimal ambient temperatures from 2000 to 2019 : a three-stage modelling study. Lancet Planet Health 2021 ; 5 : e415–25

    Une carte blanche de Jean-Pierre Unger, Prof. Em. Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, Département de Santé Publique, Visiting Professor, Health and Society Institute, University of Newcastle. (https://jeanpierreunger.be)

    #santé #soins #médecine #médecins #mortalité #commercialisation des soins #privatisation #assurance #sécurité_sociale #assurance_santé #public-privé #bureaucratie #technologie #management #banques_assurances

    • L’incidence des intérêts privés en recherche médicale dans les universités publiques n’a cessé de se développer. C’est pour cela que le secteur privé ne souhaite pas la privatisation de ces universités : parce qu’elles travaillent déjà pour lui.

  • Jan Švelch sur Twitter :

    My article about in-game crediting practices is out now in Games and Culture. I have analyzed 100 games published between 2016-20 from 4 sectors of video game production: AAA, AA, indie, freemium games as service. 3 main findings below […]

    https://twitter.com/snewgoblin/status/1421089782910828545

    Developer Credit: Para-Industrial Hierarchies of In-Game Credit Attribution in the Video Game Industry

    Developer credit has been a contested issue in the video game industry since the 1970–80s, when Atari prevented its programmers from publicly claiming authorship for games they had developed. The negotiations over what constitutes a noteworthy contribution to video game development are ongoing and play out in the unregulated space of in-game credits. Here, some creators get top billing akin to film and television credits, while others struggle to be recognized for their work. By analyzing in-game credits of 100 contemporary games published between 2016 and 2020 and representing four major sectors of video game production (AAA, AA, indie, and freemium games as service), I identify recurrent patterns, such as opening credits, order, role descriptions (or lack thereof), and systematic credit omission, that both reinforce and subvert the notion of core development roles and above-the-line/below-the-line divisions.

    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/15554120211034408

    #jeu_vidéo #jeux_vidéo #crédits #générique #attribution #développement #compilation #analyse

  • « Le genre et la sexualité structurent la question climatique » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/220521/le-genre-et-la-sexualite-structurent-la-question-climatique

    Cara Daggett est professeure adjointe au département des sciences politiques de l’université publique de Virginia Tech (à Blacksburg, dans l’État de Virginie). Elle effectue ses recherches sur l’#écologie_politique_féministe et se penche tout particulièrement sur les #énergies_fossiles.

    En 2018, elle a défini le terme de « #pétro-masculinité » qui, selon elle, permet de mieux appréhender comment l’#extraction et la consommation de combustibles fossiles tel le #pétrole sont emblématiques de la société conservatrice occidentale et de la #masculinité hégémonique.

    Elle a publié en 2019 l’ouvrage The Birth of Energy : Fossil Fuels, Thermodynamics, and the Politics of Work (Duke University Press), qui retrace la généalogie des énergies fossiles, étroitement liée à la domination capitaliste occidentale, à l’émergence du travail industriel et à l’expansion coloniale.

  • Making sense of algorithms : Relational perception of contact tracing and risk assessment during COVID-19
    https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053951721995218

    Governments and citizens of nearly every nation have been compelled to respond to COVID-19. Many measures have been adopted, including contact tracing and risk assessment algorithms, whereby citizen whereabouts are monitored to trace contact with other infectious individuals in order to generate a risk status via algorithmic evaluation. Based on 38 in-depth interviews, we investigate how people make sense of Health Code (jiankangma), the Chinese contact tracing and risk assessment (...)

    #algorithme #contactTracing #consentement #COVID-19 #santé

    ##santé
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  • Revisiting The Black Box Society by Rethinking the Political Economy of Big Data
    https://journals.sagepub.com/page/bds/collections/revisitingtheblackboxsociety

    The Black Box Society was one of first scholarly accounts of algorithmic decisionmaking to synthesize empirical research, normative frameworks, and legal argument. The book proposed a social theory of the use of data in constructing personal reputations, new media audiences, and financial power, by illuminating recurrent patters of power and exploitation in the digital economy. While many corporations have a direct window into our lives through constant, ubiquitous data collection, our (...)

    #algorithme #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #consentement #BigData #enseignement (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##santé
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  • Truck-Driving Jobs: Are They Headed for Rapid Elimination? - Maury Gittleman, Kristen Monaco, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0019793919858079

    The authors analyze the potential effects of automation on the jobs of truck drivers and conclude that media accounts predicting the imminent loss of millions of truck-driving jobs are overstated. Their conclusion is based on three main factors. First, the count of truck drivers is often inflated due to a misunderstanding of the occupational classification system used in federal statistics. Second, truck drivers do more than drive, and these non-driving tasks will continue to be in demand. Third, the requirements of technology, combined with complex regulations over how trucks can operate in the United States, imply that certain segments of trucking will be easier to automate than others. Long-haul trucking (which constitutes a minority of jobs) will be much easier to automate than will short-haul trucking (or the last mile), in which the bulk of employment lies. Although technology will likely transform the status quo in the trucking industry, it does not necessarily imply the wholesale elimination of the demand for truck drivers, as conventional accounts suggest.

    #Travail #Véhicules_autonomes #Camions #Camionneurs #Hype #Intelligence_articficielle

  • Interpretation as luxury : Heart patients living with data doubt, hope, and anxiety - Stine Lomborg, Henriette Langstrup, Tariq Osman Andersen, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053951720924436

    Personal health technologies such as apps and wearables that generate health and behavior data close to the individual patient are envisioned to enable personalized healthcare - and self-care. And yet, they are consumer devices. Proponents of these devices presuppose that measuring will be helpful, and that data will be meaningful. However, a growing body of research suggests that self-tracking data does not necessarily make sense to users. Drawing together data studies and digital health (...)

    #Fitbit #algorithme #bracelet #wearable #métadonnées #BigData #QuantifiedSelf #santé (...)

    ##santé ##émotions
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  • Mesurer les discriminations par origine en France grâce aux noms de famille
    https://medium.com/@mazieres/mesurer-les-discriminations-par-origine-en-france-gr%C3%A2ce-aux-noms-de-fam


    Plus une origine a un ratio supérieur à 1 (la référence), plus elle est “sur-représentée”, c’est à dire qu’elle est plus présente dans le groupe que dans la population globale. Et inversement, plus il est inférieur à 1, plus elle est “sous-représentée”.

    Origines et noms de famille
    Imaginez vous un instant dans un petit village français, en plein moyen-âge. Il y a 5 personnes qui s’appelle Antoine dans le coin et, pour une raison quelconque, vous devez les distinguer les uns des autres, par exemple :
    - « Salut ! Je crois que j’ai vu Antoine voler ton scooter hier ? »
    – « Quoi !? Quel Antoine ? »
    – « Celui avec la maison toute pourrie. »

    Voilà ! C’est une origine possible — quoique apocryphe — de mon nom de famille : Mazières. Une des nombreuses versions, en latin vulgaire, du mot Masure, qui signifie vaguement maison toute pourrie. Il en va de même pour de nombreux noms de famille, qui font référence à des lieux (Dupont, celui près du pont), des traits physiques (Petit, le petit, Morel, celui à la peau mat), des occupations (Fournier, le boulanger, Ferrand, le maréchal-ferrant), des surnoms (Martin, le guerrier fertile, Bernard, l’ours fort), etc.

    tout le billet est passionnant…

  • Manipulate to empower : Hyper-relevance and the contradictions of marketing in the age of surveillance capitalism - Aron Darmody, Detlev Zwick, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053951720904112

    Abstract In this article, we explore how digital marketers think about marketing in the age of Big Data surveillance, automatic computational analyses, and algorithmic shaping of choice contexts. Our starting point is a contradiction at the heart of digital marketing namely that digital marketing brings about unprecedented levels of consumer empowerment and autonomy and total control over and manipulation of consumer decision-making. We argue that this contradiction of digital marketing is (...)

    #algorithme #manipulation #technologisme #BigData #consommation #marketing

    /pb-assets/Images/SJ_Twitter_Card-1557144152440.jpg

  • A dialogic analysis of Hello Barbie’s conversations with children - Valerie Steeves, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053951720919151

    Abstract This paper analyses Hello Barbie as a commercial artefact to explore how big data practices are reshaping the enterprise of marketing. The doll uses voice recognition software to ‘listen’ to the child and ‘talk back’ by algorithmically selecting a response from 8000 predetermined lines of dialogue. As such, it is a useful example of how marketers use customer relationship management systems that rely on sophisticated data collection and analysis techniques to create a relationship (...)

    #Mattel #algorithme #robotique #Barbie #jouet #biométrie #émotions #reconnaissance #marketing (...)

    ##voix
    /pb-assets/Images/SJ_Twitter_Card-1557144152440.jpg

  • The trainer, the verifier, the imitator : Three ways in which human platform workers support artificial intelligence - Paola Tubaro, Antonio A Casilli, Marion Coville, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/2053951720919776

    This paper sheds light on the role of digital platform labour in the development of today’s artificial intelligence, predicated on data-intensive machine learning algorithms. Focus is on the specific ways in which outsourcing of data tasks to myriad ‘micro-workers’, recruited and managed through specialized platforms, powers virtual assistants, self-driving vehicles and connected objects. Using qualitative data from multiple sources, we show that micro-work performs a variety of functions, (...)

    #travail #GigEconomy #BigData #reconnaissance #prédiction #AmazonMechanicalTurk #Amazon #modération #technologisme (...)

    ##algorithme
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  • Academics are not a #vital_profession

    Amidst the COVID-19 crisis, Dutch universities claim the status of ‘vital profession’, but that claim gambles with the health of academics and support and maintenance staff. Shocking as it may be to take in, most academics do not perform ‘vital’ tasks, and ‘business as usual’ is not what is demanded from educational leadership at this moment.

    There is no democracy without a vibrant intellectual climate, and universities are an important constitutive element of such a climate. Acutely, however, most of what academics in universities do can be missed, or at the very least postponed. At this point in the COVID-19 crisis, we should admit this, rather than claim special status in order to stick to the bureaucratic formats that have become the prevailing ways in which academic teaching is performed. It may come as a shock to academics, well-versed as we are in accumulating signs of status, but nurses, doctors, firemen, (hospital) janitors, primary school teachers, shop keepers, and electricity mechanics are much more vital at this moment than most academics. And this should have consequences for the ways universities respond to the current situation.
    A vital profession?

    When Dutch academics began asking for a ‘vital profession’ status in this pandemic, this initially struck us as a joke. The Dutch government had decided to close all schools, but remain open for parents with a ‘vital profession’ and no alternative childcare. ‘Vital professions’ include educational staff, but mostly as a way to support health care professionals, meaning teachers in primary schools. And beyond that, ‘vital professions’ include teachers with responsibility for secondary schooling exams. It soon turned out that, indeed, academics and universities were not joking but were actively lobbying to be considered ‘vital’, so that they too could claim continued access to childcare and schools. The lobby was successful, apparently, because on March 17, the VSNU sent the following press release:

    “University staff fall under the ‘crucial professions’ when they are needed to organise (distance) education, as the VSNU is assured by the Ministry of Education, Culture and Science. According to the VSNU, this definition applies in practice in any case, but not exhaustively, to:

    Teachers
    ICT personnel required to maintain the ICT infrastructure and distance learning support programmes.

    For further information we refer to the website of the central government.”

    Subsequently, emails were distributed with messages such as this: ‘The ministry has clarified that university teachers belong to the vital occupations in the Netherlands. This means that if you have no one else at home who can take care of your children, you have a right to send them to daycare or school.’

    As of yet, however, this ‘vital profession’ status is not made explicit on the official government website the VSNU refers to, although the Ministry of Education sent a letter to Parliament on March 19th confirming this ‘vital profession’ status. The list on the central government’s website, however, still only mentions ‘school teachers’ – a label university boards appear, all of a sudden, to be entirely comfortable with.

    “It may come as a shock to academics but nurses, doctors, firemen, (hospital) janitors, primary school teachers, shop keepers, and electricity mechanics are much more vital at this moment.”

    These emails were surely meant to support staff that was struggling to combine work and care at home. Teaching staff in particular has indeed been put in a highly stressful and overwhelming situation, trying to ‘move’ teaching to online spaces, navigate anxieties about the pandemic and worries about loved ones, often while juggling homeschooling and childcare. It makes sense to provide support. Yet, the ‘vital professions’ claim makes clear that universities as employers have difficulty organizing solidarity.

    Yes, some courses run through this semester and certainly, students should be enabled to graduate this academic year (that is, in absence of compensation enabling an extra year of study). But not all staff is involved in these tasks. Instead of effectively redistributing work and supporting staff that needs the support, the universities opted for a general ‘vital profession’ claim, effectively overburdening the already quite precarious health care system and schools in the Netherlands while exposing more people than necessary to infection. In the process, choices that are highly personal and ethical – do I take my child to daycare in the midst of a pandemic? – are decided by decree.
    The delirium of ‘impact’

    For some time now, Dutch universities are in a delirium over their ‘impact to society’. Being a ‘vital profession’ is part of that delirium. And it takes our mind off of what should now be done. Many students are not coping with the situation in such a way that it allows for the ‘business as usual’ model currently adopted. Especially international students are struggling. They are anxious about the virus itself and are far away from family, or they have moved back home and are therefore far away from the university. Students do not always have the support network in place to help them through this crisis and they often live in very small rooms. With hospitality and other businesses locked down, many also have to survive without the additional income they earn in part time jobs. The students need support and universities’ staff is offering this, often by digital means and from home. But many students, and in particular international students, we find, need more to alleviate mental stress and financial uncertainty about the future.

    The first thing not to do, is to act as if we’re in ‘business as usual’. What we see happening is massive resources being deployed to keep students to deadlines rather than apply leniency, to not change teaching objectives (bureaucratically expressed in ‘learning goals’), to move all face-to-face teaching to online, digitally mediated teaching, through platforms controlled by the tech industry. This is madness. We are experiencing a crisis unprecedented in the history of modern higher education, which is profoundly changing the nature of higher education while putting everybody, students and staff, under intense pressure. In the face of a transformation of such magnitude, ‘business as usual’ cannot be the preferred course of action. There are two main reasons for this.
    We cannot teach, so don’t pressure students to learn

    The first is that teaching cannot properly be done. Only when education and pedagogy is expressed in bureaucratic ‘learning goals’ does it make sense to provide students with recorded lectures and consider it equivalent to what the meeting of students and teachers can and should be. Digital alternatives are, of course, provided with the best intentions, and considered as substitutes for lack of better options. But the very idea that they are substitutes is revealing with respect to how our society has to come understand what education is. What we have to resist is the idea that we are now doing ‘online teaching’.

    “Students are anxious about the virus itself, about being far away from family, or moved back home and therefore far away from the university.”

    What we are doing, rather, is trying to make it to the end of the semester without harming the interests of our students. But in the current crisis, the flight to the digital is a form of denial rather than a way of coping with the crisis. This is the hard pill to swallow: teaching, challenging each other’s minds, studying and discovering together, is not possible at the moment. Therefore, in order to ensure that students do not incur delays, why not enact leniency, and adapt learning goals given the circumstances under which learning must take place? Why stick to bureaucratically engrained ‘learning goals’? Alternative options should be considered, such as a pass or fail grading option, or adapting exam requirements.

    The second is that the ‘business as usual’ approach takes an exorbitant toll on supporting staff and outsourced personnel and heightens inequalities between tenured and temporary staff, and therefore signifies a lack of solidarity of academics with support staff, catering services, cleaning staff, as well as with primary school teachers and day care professionals. When we received the first emails requesting us to work from home and ‘move teaching online’, it became apparent which workers were asked to continue being on site: maintenance staff. Some of those e-mails assured staff who needed to come in for emergency meetings that ‘coffee machines will continue to be maintained, and can be used.’ So, workers were, and currently are, maintaining coffee machines and cleaning offices, after academics were already working home and before the buildings began to close (but note that many buildings remain open).

    “The first thing not to do, is to act as if we’re in ‘business as usual’.”

    This put maintenance staff, generally badly paid and often non-white, at risk of being infected with COVID-19. The vitality of academics, thus depends on the vulnerability of others to a potentially lethal disease. And after the schools closed on Monday March 16th, it also put them in the situation of needing to make arrangements for childcare in order to show up for their job, just because we presumably cannot endure without our coffee. It is crucial that in the time to come, we include outsourced maintenance staff in our considerations of who is the university and who is actually ‘vital’. This crisis has made visible, yet again, that, to a large extent, vital work is indeed social reproductive work – the work that makes so-called productive work possible in the first place. We should make sure that, like academic staff, maintenance staff should continue to be paid throughout this crisis, and that no one loses their job in this crisis.

    What we demand from Dutch universities:

    1) Barring medical researchers and staff who are immediately involved in managing the COVID-19 crisis, the claim to a ‘vital profession’ should be rescinded;

    2) All efforts should be aimed at providing relief for students, and this includes leniency, adjusting deadlines, extra retakes, all in such a way as to make sure students can both move on with their studies or graduate, and incur the least financial burdens;

    3) Both the safety and the continuation of pay for support and maintenance staff should be secured, regardless of whether their work has been outsourced;

    4) Temporary staff in particular requires extra support; leniency should be applied in tenure tracks, and PhD trajectories should be extended.

    5) Pressure should be put on the central government to provide financial support for temporary staff, but in particular for students. Government has announced a huge package of financial relief measures for businesses. Why not for students? The forgiving of student debt and the extension of studies without tuition are two obvious options beyond postponing debt payments and, effectively, extending student debt, as announced by the Ministry’s letter to Parliament of March 19.

    Earlier this, week, hundreds of Cambridge students asked their university to let them retake this year. These are not outrageous demands; they are demands that appreciate the size of what hit us, and of what is likely to come. It is time to start operating in radically different registers, that face the magnitude of what is happening to our educational institutions in and beyond this crisis. Rather than a digitized ‘business as usual’, this is what is demanded of the kind of educational leadership now required.

    https://www.scienceguide.nl/2020/03/academics-are-not-a-vital-profession
    #Pays-Bas #profession_vitale #coronavirus

    Ce terme de #profession_vitale , appliquée au monde académique... à rapprocher avec celui de #continuité_pédagogique en France :
    https://seenthis.net/messages/831759

    #terminologie #mots #vocabulaire

  • You are fake news: political bias in perceptions of fake news - Sander van der Linden, Costas Panagopoulos, Jon Roozenbeek,
    https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0163443720906992

    Although the rise of fake news is posing an increasing threat to societies worldwide, little is known about what associations the term ‘fake news’ activates in the public mind. Here, we report a psychological bias that we describe as the ‘fake news effect’: the tendency for partisans to use the term ‘fake news’ to discount and discredit ideologically uncongenial media sources. In a national sample of the US population (N = 1000), we elicited top-of-mind associations with the term ‘fake news’. Consistent with our hypothesis, we find evidence that both liberals and conservatives freely associate traditionally left-wing (e.g. CNN) and right-wing (e.g. Fox News) media sources with the term fake news. Moreover, conservatives are especially likely to associate the mainstream media with the term fake news and these perceptions are generally linked to lower trust in media, voting for Trump, and higher belief in conspiracy theories.

    #Fake_news #Association_idées

  • Algorithmic content moderation : Technical and political challenges in the automation of platform governance - Robert Gorwa, Reuben Binns, Christian Katzenbach, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2053951719897945

    As government pressure on major technology companies builds, both firms and legislators are searching for technical solutions to difficult platform governance puzzles such as hate speech and misinformation. Automated hash-matching and predictive machine learning tools – what we define here as algorithmic moderation systems – are increasingly being deployed to conduct content moderation at scale by major platforms for user-generated content such as Facebook, YouTube and Twitter. This article (...)

    #Twitter #Facebook #haine #prédiction #anti-terrorisme #surveillance #algorithme #copyright #profiling #YouTube #cryptage #modération #Microsoft (...)

    ##Google
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  • The New Patriarchy : How Trans Radicalism Hurts Women, Children—and Trans People Themselves - Quillette
    https://quillette.com/2018/12/04/the-new-patriarchy-how-trans-radicalism-hurts-women-children-and-trans-pe

    Important article que j’attire à l’attention de @tradfem. Et dont l’autrice Helen Joyce parle avec respect des femmes trans, ce qui ajoute à sa crédibilité. Il est question de #transidentité, de #détransition, d’un activisme misogyne orienté vers la définition de la #non-mixité aux dépens des femmes cis alors que les violences transphobes viennent d’ailleurs que des féministes radicales. Bref : #backlash post-moderne ?

    A simple declaration—“gender self-identification”—is all it takes to override biology.

    One consequence is a huge increase in the number of people who say they do not identify with their natal sex. In Britain, for example, since the GRA came into force, just 5,000 people have used its provisions. Now the government reckons that approximately 1% of the population is transgender—around 650,000 people.

    Another consequence relates to the question of who is permitted to use single-sex facilities. What Americans call the “bathroom wars”—between liberals, who have embraced gender self-ID, and conservatives, who have largely resisted it—in fact goes far beyond public toilets. Changing rooms, school residential trips, rape and domestic-violence refuges, and prisons are going self-ID. So are electoral shortlists and even sporting competitions.

    Redefining what it means to be a man or woman redefines what it means to be gay. Depending on how they identify, people with male bodies who prefer female sexual partners may regard themselves as either heterosexual men or lesbian women. It also affects women’s political activism, since defining womanhood as based on a feeling rather than anatomy is incompatible with the feminist position that women are oppressed because they are physically weaker than men and bear the entire burden of reproduction. And it affects education: Many schools now tell children that being a boy or girl is not a matter of what it says on their birth certificates, but what they feel like. Since that is a circular definition, lessons quickly degenerate into endorsing sex-stereotypes: If you like trains and trucks, maybe you’re a boy. If you like pink chiffon, a girl.

    This essay will trace the evolution of the notion of gender identity and how it has supplanted biological sex in law and practice. It will examine the consequences for four groups in particular: children, women, gays and lesbians, and trans people themselves.

    By the 1960s, male-to-female “sex changes” were available in many countries, including the United States. Surgeons generally required would-be patients to live as a member of the opposite sex for some time, and sought to screen out anyone likely to change their mind, or who was depressed, or psychotic, or had perverse reasons to transition—for example a man’s voyeuristic desire to gain access to women’s spaces or a pedophile’s to gain access to children.

    Some specialists thought the desire to transition had external causes, such as childhood abuse, which might lead someone to reject the body that had been violated. Others posited internal causes, such as a disorder of body image akin to anorexia, or autogynephilia, a paraphilia by which a heterosexual man finds the idea of himself as a woman erotic and seeks to give flesh to that notion.

    But alongside these varied theories ran two lines of thinking that originated in America in the 1950s and fused into a single, dominant narrative half a century later.

    By twists and turns, a dominant theory about cross-sex identities had emerged. It held that humans come equipped with an innate, gendered sense of who they are—not just those who wished to transition from one sex to another, but also “cis” people (those content with their natal sex) and people who are non-binary, genderqueer or dozens of similar terms. In 2007, Julia Serano, a trans woman (natal male), called this sense “subconscious sex”: a “profound, inexplicable, intrinsic self-knowing”—much like a spirit. Since then, in a borrowing of Stoller’s term, it has come to be known as “gender identity.”

    Though entirely at odds with the way most people live their lives and regard the society around them, this esoteric concept caught on—in part because it aligned with ideological trends on campus, and in part because those who disagreed with it didn’t see it as anything except harmless theorizing. “If the entire faculty believes something, and you never hear anyone discussing an alternative point of view, you come away believing it too,” says Michael Biggs of Oxford University, who studies social movements.

    Everything trans people had sought for decades, such as better treatment, more research into gender dysphoria and greater protection from harassment and discrimination, became absorbed into a single demand: instant, unfettered gender self-identification. The demand bears a superficial resemblance to a civil-rights movement, says Chetan Bhatt, a sociologist at the London School of Economics. But unlike grass-roots human-rights movements, its development has been top-down: It originated in elite institutions, including governments, universities, gender clinics and large charities, rather than community-based groups.

    The movement has been shockingly successful. In many American states, access to designated single-sex facilities is now governed by self-ID. New Zealand is planning to allow people to change the sex on their birth certificates by making a statutory declaration; some Australian states are considering removing sex from birth certificates altogether. In Britain, all the main political parties support gender self-ID.

    GIDS may prescribe drugs to delay puberty from around age 12, in order to give children time to reconsider without puberty changing their bodies irreversibly. It will not prescribe cross-sex hormones until age 16, or offer surgery until age 18.

    In America, by contrast, an increasing number of clinics take a “gender-affirmative” approach, quickly acquiescing to a child’s professed cross-sex identity. Therapists at UCSF’s Child and Adolescent Gender Centre in San Francisco have supported social transition (change of name, pronouns and clothing) for children as young as three.

    Privately, some experienced clinicians admit they are worried. One says she hears of people leaving the field more often than she used to, and sometimes fears that she is doing more harm than good. She thinks the wave of transitioning teenagers may be followed in a decade or two by another of “de-transitioners” reverting to their natal sex. Their bodies will have been irreversibly marked by cross-sex hormones and perhaps surgery. Some may sue, arguing that the adults around them should have known they could not fully comprehend what they were consenting to.

    Those who missed puberty in their own sex will probably be sterile—indeed, sexually functionless.

    Bish, a British website aimed at teenagers, encourages them to work out their “gender identities” by placing themselves on several “gender spectrums” with words like rational, tough, active and independent under “looks masculine,” and emotional, soft, passive and sharer under “looks feminine.”

    The stereotyping has even made it as far as materials intended for adults. The British Association for Counselling Practitioners, which licenses marriage counsellors and so on, recently produced a guide to “Gender, Sexual and Relationship Diversity” for its members. It defines a woman thus: “It is important not to assume…that being a woman necessarily involves being able to bear children, or having XX sex chromosomes, or breasts. Being a woman in a British cultural context often means adhering to social norms of femininity, such as being nurturing, caring, social, emotional, vulnerable, and concerned with appearance.”

    Eileen Fairweather (...) recalls “anguished, earnest” discussions with feminist friends about what they should write about it. “I did draft something, arguing that the existing age of consent was not ‘patriarchal’, but protected children,” she says. “But I never even dared show it to anyone.” No-one back then realized the extent and brutality of child-abuse. And the pedophile movement had so thoroughly hijacked the gay movement that, if you said you were against “child sexual liberation”—as, outrageously, they put it—you were branded “anti-gay.” She says she sees “the same intimidation and paralysis of intelligence” with the transgender debate, with people terrified to express legitimate concerns about infiltration and safeguarding.

    Far more women will be affected by the trend towards self-ID for single-sex spaces. For public toilets, gym changing rooms, women-only swimming sessions and the like, women who do not want to disrobe in mixed company may decide to opt out. Some have a strong preference for privacy; others have religious reasons. Rosa Freedman, a human-rights lawyer and Orthodox Jew, points out that her beliefs, and those of many Muslim women, mean she cannot use such spaces if the sexes mix.

    Others are fearful for their safety. Though no reasonable person thinks most trans women (or men for that matter) are violent or rapists, most violent crimes are committed by males. There is no evidence that simply identifying as a woman means a male should be regarded as lower-risk. Women therefore have reason to be wary of biological males, including trans women, in situations where they are vulnerable. Many women also worry that predatory men will profess to identify as women in order to gain access to spaces where women are exposed.

    Earlier this year Karen White, a self-identified trans woman with a record of sexual offences against women, was placed in a women’s prison in Britain—and promptly assaulted several other prisoners. In October, White was given a life sentence for these assaults and two previous rapes. The prosecution argued that White had used a “transgender persona” to gain access to vulnerable women to abuse.

    Most British rape-crisis centres and domestic-violence refuges admit self-identified trans women, even though the Equality Act of 2010 permits them to restrict their services to biological females. According to someone who has worked in the women’s sector for more than 20 years, those running such services sometimes truly believe that is reasonable. But far more have gone self-ID because they fear becoming targets of trans-activist campaigns and losing funding.

    Without single-sex services, vulnerable women will suffer, says Judith Green. In the 1980s, as a teenager, she suffered repeated sexual abuse, and eventually received help from a survivors’ group in Brighton that arranged self-help sessions and therapy. Participants had been traumatised at men’s hands and their recovery required them to rebuild trust, she says. For her, and many other women, that would have been impossible in a mixed-sex group, no matter how well-meaning or sympathetic the males.

    Since it is impossible to tell why someone might wish to use facilities designated for the opposite sex, such cases may mean service-providers in places where self-ID is mandatory end up designating all facilities mixed-sex. That would be a bad outcome for women. Figures gathered by the Times, a British newspaper, under freedom-of-information laws found that the minority of changing-rooms in sports centres that are mixed-sex were the site of 90% of reported sexual assaults in changing-rooms of all kinds.

    https://www.thetimes.co.uk/article/unisex-changing-rooms-put-women-in-danger-8lwbp8kgk

    JY, who uses a man’s name and whose profile picture is clearly male, asked if Ms Poyer did Brazilians (removal of pubic hair). “Not for men, sorry,” she replied. “I’m a woman, I transitioned last year,” JY replied. JY then made a complaint to British Columbia’s human-rights tribunal, alleging discrimination on the grounds of gender identity, seeking an apology and damages of C$2,500. (The tribunal has asked that JY be referred to only by those initials, rather than the full name, as would be usual for cases it hears.)

    The Justice Centre for Constitutional Freedoms, a Canadian non-profit libertarian group, offered to represent Ms. Poyer. It prepared two defences: that waxing male genitalia requires different training and equipment, which she does not possess, and that, as a woman, she, too, has protected rights, namely to privacy and safety.

    “This is a philosophy that agrees with the drunks on the Tube that I’m not a ‘real woman,’ ” says a young lesbian in London who gets her hair cut by a barber and wears suits from a men’s tailor. “We used to fight to smash open the pink and blue boxes of gender,” says a veteran of the fight to decriminalize homosexual relations. “Now they’re telling kids that if they don’t fit into one of those boxes, they must belong in the other one.” Both are among the growing number who think the doctrine of gender self-ID is a retrograde philosophy that relies on obsolete gender stereotypes and harms gay people.

    Some gay people think that organizations set up to fight for gay rights made a mistake in throwing their weight behind trans activism. In an open letter in the Times in October, some prominent gays and lesbians accuse Stonewall, Britain’s biggest LGBT charity, of “uncritically adopting a form of transgender politics which undermines…the concept of homosexuality itself.”

    https://www.ipetitions.com/petition/dear-stonewall-please-reconsider-your-approach

    Get the L Out, a small group of lesbians who insist that opposite-sex-attracted males cannot be lesbians whatever their gender identity, forced its way to the front of the Pride march in London this year, with banners reading “Transactivism erases lesbians” and “lesbian equals female homosexual.” Ms. Hunt called the group “transphobic” and said it was spreading “myths and lies.”

    Whether people are attracted to sexes or gender identities is an empirical question. A study published in the Journal of Personal and Social Relationships in the Spring suggests it is usually the former (though the authors have a different interpretation, namely endemic transphobia).

    https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0265407518779139

    Riley J. Dennis, a trans woman, attributes “preferences for women with vaginas over women with penises” to “cis-sexism”—anti-trans prejudice. “Look, it’s not like I require the women I date to be cool with having my dick inside them,” writes another trans woman, Avery Edison. “But being shut off from the very idea of it, not even considering that having my penis inside you is different from having a man’s penis inside you? That hurts.”

    But according to Charlie Montague, a young lesbian in Dunedin, New Zealand, both online dating sites and real-world meet-ups for lesbians now contain a fair share of males who have been through no sort of physical transition but describe themselves as lesbians. Some are predatory men who fantasize about sex with lesbians, she says; others genuinely regard themselves as same-sex attracted women. She and a few other “female lesbians” have set up a group, the Lesbian Rights Alliance Aotearoa. They have faced a barrage of abuse, both on- and offline. “When we say ‘no means no’, they regard that as transphobic,” she says. “They don’t like lesbians asserting firm boundaries.”

    The main social-media platforms are making it very hard for women to discuss these issues. Meghan Murphy, a Canadian feminist who runs a website, Feminist Current, has been kicked off Twitter for “hateful conduct”—that is, tweeting that “Men aren’t women” and “How are transwomen not men? What is the difference between a man and a transwoman?” Twitter also temporarily locked various women’s accounts for, inter alia, quoting remarks made by British parliamentarians in the debate over the Gender Recognition Act of 2004; for stating the British definition of rape (which can be committed only by a male, since it involves penetration by a penis); and for referring to JY of Brazilian-waxing fame as “he.” It even locked a trans woman’s account for self-describing as “male.”

    Women seeking to organize in person are being silenced, too. (...) WPUK has scheduled nearly 20 meetings around Britain to date, every one of them disrupted. Some venues cancelled bookings after trans activists claimed it was a far-right hate group.

    In Canada, even complaining can get a woman into trouble. In July, Kristi Hanna, a former resident at Palmerston House, a women’s shelter in Ontario, left after being assigned a transgender room-mate, who stomped around in combat boots, had facial and chest hair, and talked about a pregnant fiancée. All the residents found the situation intimidating, she says, and after two sleepless nights she complained and was told to “deal with it or leave.” But when she phoned Ontario’s human-rights legal helpline, she referred to the individual as a “man,” at which point the adviser said that her words and behaviour were potentially discriminatory and ended the call.

    “I can’t think of any genuine human-rights activism that demands attacks on the rights and protections of other civil-society groups, or advocates hateful language against them,” says Professor Bhatt. Trans activism is also unusual in that it gives men a chance to claim they are oppressed compared with women, and plenty of opportunity to tell women to shut up, says Ms. Gerlich. “It’s a postmodern patriarchal backlash.”

    The code of omertà extends to academia. After lobbying by trans activists, Brown University in Rhode Island withdrew a press release about Prof. Littman’s paper on ROGD, citing concerns that it might be used to “discredit efforts to support transgender youth and invalidate the perspectives of members of the transgender community.” Last year, Bath Spa University, in southwest England, rejected a proposal by James Caspian, a psychotherapist who specializes in transgender clients, to write a thesis on de-transitioning, explaining that the research might be criticised on social media and it would be “better not to offend people.” Kathleen Stock, a philosopher at Sussex University, wrote a Medium post in May about the lack of discussion of gender self-ID within academic philosophy. Trans-activists called for her to be sacked—and she received dozens of supportive emails from other academics, most saying they dared not speak out publicly.

    #censure #liberté_académique pour @cdb_77

    And the feisty British tabloid press has not shied away from covering rapists self-identifying themselves into women’s jails, boys allowed into Girlguiding and the like. The Daily Mail fought an injunction to be able to report on Jess Bradley, a trans woman suspended in July from the post of trans-rights officer at the National Union of Students because of allegations that she ran a blog named Exhibitionizm, where she posted pictures of her exposed penis, taken in public places and in her office.

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-6003331/Britains-official-transgender-student-officer-suspended.html

    The singular focus on gender self-ID, along with the shutting down of academic work on trans issues, harms not only women, but trans people. Although trans activists’ ire is focused on women who object to self-ID, it is overwhelmingly men who commit violence against trans people, a problem that by comparison is ignored. And other causes that are important to trans people, such as more research on the causes and treatment of gender dysphoria and its links with other mental-health issues, not to mention the long-term effects of puberty blockers and cross-sex hormones, have become taboo.

    Overall, the push for gender self-ID does more harm than good to the interests of gender-dysphoric people whose main concern is to be accepted by members of the sex they wish they had been born into. And as we see more cases of people claiming transgender status in bad faith, we may see a backlash.

    • Who Are the Rich, White Men Institutionalizing Transgender Ideology?
      https://thefederalist.com/2018/02/20/rich-white-men-institutionalizing-transgender-ideology

      As an environmental activist who was deplatformed from a speaking venue by transactivists, in 2013 I developed curiosity about the power of this group to force this development. A year later, when Time magazine announced a transgender tipping point on its cover, I had already begun to examine the money behind the transgender project.

      I have watched as all-women’s safe spaces, universities, and sports opened their doors to any man who chose to identify as a woman. Whereas men who identify as transwomen are at the forefront of this project, women who identify as transmen seem silent and invisible. I was astonished that such a huge cultural change as the opening of sex-protected spaces was happening at such a meteoric pace and without consideration for women and girls’ safety, deliberation, or public debate.

    • https://twitter.com/LaraAdamsMille1/status/1169370302880669698

      A very incomplete list of wealthy, socially powerful men who now identify as women (and thus have a strong interest in keeping the transgender snowball growing):

      Theresa Sparks, 70, is the Executive Director of the San Francisco Human Rights Commission, the former president of the San Francisco Police Commission, & the former CEO of Good Vibrations (prominent sex shop). Pre-trans: Navy career, engineer, & private waste mgmt patent holder.

      Marci Bowers, 61, is one of the wealthiest working surgeons today, having performed over 3300 gender surgeries (at more than $17k a pop). Pre-trans: Navy helicopter pilot, medical school, Navy surgeon, private practice, wife, 3 kids. Has done a lot of TV and print stories.

      Jennifer Pritzker, GOP billionaire Hyatt hotel & industrial firm heir, founder/CEO private wealth management firm. One of the largest single donors to trans causes. Pre-trans: Army ’74-’79 82nd airborne sargeant, ’79, commissioned officer, Army reserve, 3 children by 2 ex-wives.

      Martine Rothblatt, 65, lawyer, entrepreneur, chairman and CEO of United Therapeutics. Net worth: $390 million. Pre-trans: UCLA law and MBA degrees, NASA, created Sirius Satellite Radio, ceo of Geostar, multiple satellite communication projects, wife, four kids.

      Caitlyn Jenner, 69, reality TV star, spokesmodel for H&M sports, Trump supporter. Net worth: $100 million. Pre-trans: college football player, Olympic decathlete, entrepreneur, auto racer, tv actor, celebrity endorser, 6 kids by 3 wives.

      Martine Rothblatt, 65, lawyer, entrepreneur, chairman and CEO of United Therapeutics. Net worth: $390 million. Pre-trans: UCLA law and MBA degrees, NASA, created Sirius Satellite Radio, ceo of Geostar, multiple satellite communication projects, wife, four kids.

      Lynn Conway, 81, computer scientist, inventor, trans activist. Pre-trans: Educated at MIT, Columbia, in engineering and applied science, recruited by IBM, wife, two kids. Holds five patents, many honors and awards, extensive involvement/investment in early computing.

      Les données sont intéressantes (des hommes de droite très conformistes ou réacs) et les hypothèses également mais le ton est assez dégueulasse, comme si toutes les femmes trans étaient anti-féministes, ce qui est loin d’être le cas.

      J’ai parlé de ça autour de moi et certaines personnes risquent l’hypothèse que ces femmes trans ont été des mecs parfaits (armée, hétérosexualité, misogynie ou conservatisme) pour compenser une identité féminine pas assumée. Cette autrice pense que ces personnes sont véritablement des misogynes qui ont entamé des transitions par #auto-gynophilie, mues par un désir pour les femmes et pour la femme en elles... En tout cas ce ne sont pas des camarades.

      https://twitter.com/LaraAdamsMille1/status/1169566532810104837

  • Fires in the Void : The Need for Migrant Solidarity

    For most, Barcelona’s immigrant detention center is a difficult place to find. Tucked away in the Zona Franca logistics and industrial area, just beyond the Montjuïc Cemetery, it is shrouded in an alien stillness. It may be the quietest place in the city on a Saturday afternoon, but it is not a contemplative quiet. It is a no-one-can-hear-you-scream quiet.

    The area is often described as a perfect example of what anthropologist Marc Augé calls a non-place: neither relational nor historical, nor concerned with identity. Yet this opaque institution is situated in the economic motor of the city, next to the port, the airport, the public transportation company, the wholesale market that provides most of the city’s produce and the printing plant for Spain’s most widely read newspaper. The detention center is a void in the heart of a sovereign body.

    Alik Manukyan died in this void. On the morning of December 3, 2013, officers found the 32-year-old Armenian dead in his isolation cell, hanged using his own shoelaces. Police claimed that Manukyan was a “violent” and “conflictive” person who caused trouble with his cellmates. This account of his alleged suicide was contradicted, however, by three detainees. They claimed Alik had had a confrontation with some officers, who then entered the cell, assaulted him and forced him into isolation. They heard Alik scream and wail all through the night. Two of these witnesses were deported before the case made it to court. An “undetectable technical error” prevented the judge from viewing any surveillance footage.

    The void extends beyond the detention center. In 2013, nearly a decade after moving to Spain, a young Senegalese man named #Alpha_Pam died of tuberculosis. When he went to a hospital for treatment, Pam was denied medical attention because his papers were not in order. His case was a clear example of the apartheid logic underlying a 2012 decree by Mariano Rajoy’s right-wing government, which excluded undocumented people from Spain’s once-universal public health care system. As a result, the country’s hospitals went from being places of universal care to spaces of systematic neglect. The science of healing, warped by nationalist politics.

    Not that science had not played a role in perpetuating the void before. In 2007, during the Socialist government of José Luis Rodríguez Zapatero, #Osamuyi_Aikpitanyi died during a deportation flight after being gagged and restrained by police escorts. The medical experts who investigated Aikpitanyi’s death concluded that the Nigerian man had died due to a series of factors they called “a vicious spiral”. There was an increase in catecholamine, a neurotransmitter related to stress, fear, panic and flight instincts. This was compounded by a lack of oxygen due to the flight altitude and, possibly, the gag. Ultimately, these experts could not determine what percentage of the death had been directly caused by the gag, and the police were fined 600 euros for the non-criminal offense of “light negligence”.

    The Romans had a term for lives like these, lives that vanish in the void. That term was #homo_sacer, the “sacred man”, who one could kill without being found guilty of murder. An obscure figure from archaic law revived by the philosopher #Giorgio_Agamben, it was used to incorporate human life, stripped of personhood, into the juridical order. Around this figure, a state of exception was produced, in which power could be exercised in its crudest form, opaque and unaccountable. For Agamben, this is the unspoken ground upon which modern sovereignty stands. Perhaps the best example of it is the mass grave that the Mediterranean has become.

    Organized Hypocrisy

    Its name suggests that the Mediterranean was once the world’s center. Today it is its deadliest divide. According to the International Organization for Migration, over 9,000 people died trying to cross the sea between January 1, 2014 and July 5, 2018. A conservative estimate, perhaps. The UN Refugee Agency estimates that the number of people found dead or missing during this period is closer to 17,000.

    Concern for the situation peaks when spectacular images make the horror unavoidable. A crisis mentality takes over, and politicians make sweeping gestures with a solemn sense of urgency. One such gesture was made after nearly 400 people died en route to Lampedusa in October 2013. The Italian government responded by launching Operation #Mare_Nostrum, a search-and-rescue program led by the country’s navy and coast guard. It cost €11 million per month, deploying 34 warships and about 900 sailors per working day. Over 150,000 people were rescued by the operation in one year.

    Despite its cost, Mare Nostrum was initially supported by much of the Italian public. It was less popular, however, with other European member states, who accused the mission of encouraging “illegal” migration by making it less deadly. Within a year, Europe’s refusal to share the responsibility had produced a substantial degree of discontent in Italy. In October 2014, Mare Nostrum was scrapped and replaced by #Triton, an operation led by the European border agency #Frontex.

    With a third of Mare Nostrum’s budget, Triton was oriented not towards protecting lives but towards surveillance and border control. As a result, the deadliest incidents in the region’s history occurred less than half a year into the operation. Between April 13 and April 19, 2015, over one thousand people drowned in the waters abandoned by European search and rescue efforts. Once again, the images produced a public outcry. Once again, European leaders shed crocodile tears for the dead.

    Instead of strengthening search and rescue efforts, the EU increased Frontex’s budget and complemented Triton with #Operation_Sophia, a military effort to disrupt the networks of so-called “smugglers”. #Eugenio_Cusumano, an assistant professor of international relations at the University of Leiden, has written extensively on the consequences of this approach, which he describes as “organized hypocrisy”. In an article for the Cambridge Review of International Affairs (https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0010836718780175), Cusumano shows how the shortage of search and rescue assets caused by the termination of Mare Nostrum led non-governmental organizations to become the main source of these activities off the Libyan shore. Between 2014 and 2017, NGOs aided over 100,000 people.

    Their efforts have been admirable. Yet the precariousness of their resources and their dependence on private donors mean that NGOs have neither the power nor the capacity to provide aid on the scale required to prevent thousands of deaths at the border. To make matters worse, for the last several months governments have been targeting NGOs and individual activists as smugglers or human traffickers, criminalizing their solidarity. It is hardly surprising, then, that the border has become even deadlier in recent years. According to the UN Refugee Agency, although the number of attempted crossings has fallen over 80 percent from its peak in 2015, the percentage of people who have died or vanished has quadrupled.

    It is not my intention, with the litany of deaths described here, to simply name some of the people killed by Europe’s border regime. What I hope to have done instead is show the scale of the void at its heart and give a sense of its ruthlessness and verticality. There is a tendency to refer to this void as a gap, as a space beyond the reach of European institutions, the European gaze or European epistemologies. If this were true, the void could be filled by simply extending Europe’s reach, by producing new concepts, mapping new terrains, building new institutions.

    But, in fact, Europe has been treating the void as a site of production all along. As political theorist #Sandro_Mezzadra writes, the border is the method through which the sovereign machine of governmentality was built. Its construction must be sabotaged, subverted and disrupted at every level.

    A Crisis of Solidarity

    When the ultranationalist Italian interior minister Matteo Salvini refused to allow the MV #Aquarius to dock in June 2018, he was applauded by an alarmingly large number of Italians. Many blamed his racism and that of the Italians for putting over 600 lives at risk, including those of 123 unaccompanied minors, eleven young children and seven pregnant women.

    Certainly, the willingness to make a political point by sacrificing hundreds of migrant lives confirms that racism. But another part of what made Salvini’s gesture so horrifying was that, presumably, many of those who had once celebrated increasing search and rescue efforts now supported the opposite. Meanwhile, many of the same European politicians who had refused to share Italy’s responsibilities five years earlier were now expressing moral outrage over Salvini’s lack of solidarity.

    Once again, the crisis mode of European border politics was activated. Once again, European politicians and media talked about a “migrant crisis”, about “flows” of people causing unprecedented “pressure” on the southern border. But attempted crossings were at their lowest level in years, a fact that led many migration scholars to claim this was not a “migrant crisis”, but a crisis of solidarity. In this sense, Italy’s shift reflects the nature of the problem. By leaving it up to individual member states, the EU has made responding to the deaths at the border a matter of national conviction. When international solidarity is absent, national self-interest takes over.

    Fortunately, Spain’s freshly sworn-in Socialist Party government granted the Aquarius permission to dock in the Port of #Valencia. This happened only after Mayor Ada Colau of Barcelona, a self-declared “City of Refuge”, pressured Spanish President Pedro Sánchez by publicly offering to receive the ship at the Port of Barcelona. Party politics being as they are, Sánchez authorized a port where his party’s relationship with the governing left-wing platform was less conflictive than in Barcelona.

    The media celebrated Sánchez’s authorization as an example of moral virtue. Yet it would not have happened if solidarity with refugees had not been considered politically profitable by institutional actors. In Spain’s highly fractured political arena, younger left-wing parties and the Catalan independence movement are constantly pressuring a weakened Socialist Party to prove their progressive credentials. Meanwhile, tireless mobilization by social movements has made welcoming refugees a matter of common sense and basic human decency.

    The best known example of this mobilization was the massive protest that took place in February 2017, when 150,000 people took to the streets of Barcelona to demand that Mariano Rajoy’s government take in more refugees and migrants. It is likely because of actions like these that, according to the June 2018 Eurobarometer, over 80 percent of people in Spain believe the country should help those fleeing disaster.

    Yet even where the situation might be more favorable to bottom-up pressure, those in power will not only limit the degree to which demands are met, but actively distort those demands. The February 2017 protest is a good example. Though it also called for the abolition of detention centers, racial profiling and Spain’s racist immigration law, the march is best remembered for the single demand of welcoming refugees.

    The adoption of this demand by the Socialist Party was predictably cynical. After authorizing the Aquarius, President Sánchez used his momentarily boosted credibility to present, alongside Emmanuel Macron, a “progressive” European alternative to Salvini’s closed border. It involved creating detention centers all over the continent, with the excuse of determining people’s documentation status. Gears turn in the sovereign machine of governmentality. The void expands.

    Today the border is a sprawling, parasitic entity linking governments, private companies and supranational institutions. It is not enough for NGOs to rescue refugees, when their efforts can be turned into spot-mopping for the state. It is not enough for social movements to pressure national governments to change their policies, when individual demands can be distorted to mean anything. It is not enough for cities to declare themselves places of refuge, when they can be compelled to enforce racist laws. It is not enough for political parties to take power, when they can be conditioned by private interests, the media and public opinion polls.

    To overcome these limitations, we must understand borders as highly vertical transnational constructions. Dismantling those constructions will require organization, confrontation, direct action, sabotage and, above all, that borderless praxis of mutual aid and solidarity known as internationalism. If we truly hope to abolish the border, we must start fires in the void.

    https://roarmag.org/magazine/migrant-solidarity-fires-in-the-void
    #solidarité #frontières #migrations #réfugiés #asile #détention_administrative #rétention #Barcelone #non-lieu #Espagne #mourir_en_détention_administrative #mort #décès #mourir_en_rétention #Alik_Manukyan #renvois #expulsions #vie_nue #Méditerranée #hypocrisie #hypocrisie_organisée #ONG #sauvetage #sabotage #nationalisme #crise #villes-refuge #Valence #internationalisme #ouverture_des_frontières #action_directe

    signalé par @isskein