• On n’a pas signalé ces deux captations d’interventions d’Aude Vidal sur son livre sur Égologie, dont une très longue par @latelierpaysan ici présent !

    Aude VIDAL - ÉGOLOGIE : écologie, individualisme et course au bonheur
    https://www.youtube.com/watch?v=ouEdpD9w5x0

    L’Atelier paysan s’attaque à l’autonomie technique des paysan-nes en leur proposant une alternative concrète : les former à autoconstruire leur matériel agricole.
    Est-ce suffisant pour enrayer l’industrie de la machine, qui impose de remplacer les paysan- nes par des robots, des drones, des capteurs informatiques ?
    Quelles sont les conséquences de ces « solutions technologiques » pour les communautés paysannes, pour l’environnement, pour le modèle alimentaire ?

    Aude Vidal nous parle ici des « alternatives », dans la suite de son ouvrage Egologie : les
    expérimentations écologistes sont-elles le laboratoire d’innovations sociales plus
    respectueuses de l’être humain et de son milieu ? ou accompagnent-elle un recul sur soi et ce sur quoi il est encore possible d’avoir prise dans un contexte de dépossession démocratique et économique ?

    Une belle manière pour l’Atelier paysan de questionner la limite des alternatives : l’expansion de pratiques alternatives peut-elle provoquer de la transformation sociale ? Les pratiques sociales parviennent-elles à infléchir les rapports sociaux ?
    A l’Atelier paysan, dont l’activité centrale est de proposer des alternatives concrètes et immédiates aux paysannes et paysans, nous pensons que non. Nous avons l’intuition qu’il nous faut dans le même temps tenter d’exercer un rapport de force avec les dominants (pour nous l’industrie de la machine et la techno-science).

    Et une autre plus récente :
    https://www.youtube.com/watch?v=lxqPsK2mkAY

    #Aude_Vidal #écologie #politique #écologie_politique #individualisme #libéralisme #bien-être #développement_personnel

    • Égologie. Écologie, individualisme et course au bonheur

      #Développement_personnel, habitats groupés, jardins partagés... : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ».
      Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ?

      http://www.lemondealenvers.lautre.net/livres/egologie.html

      #livre

      #souveraineté_alimentaire #liberté_individuelle #alternatives #Nicolas_Marquis #capitalisme #jardins_partagés #classes_sociales #jardinage #justice_environnementale #dépolitisation

    • Du bien-être au marché du malaise. La société du développement personnel

      Des ouvrages qui prétendent nous aider dans notre développement personnel, à « être nous-mêmes » ou à « bien communiquer », et des individus qui déclarent que ces lectures ont « changé leur vie » : voilà la source de l’étonnement dont ce livre est le résultat. Comment comprendre ce phénomène ? Comment est-il possible que tant de personnes puissent trouver du sens au monde si particulier du « développement personnel », au point d’en ressentir des effets concrets ?

      Nicolas Marquis prend au sérieux cette expérience de lecture, en cherchant à comprendre ce qui se passe très concrètement entre un lecteur qui veut que quelque chose change dans son existence et un ouvrage qui prétend l’aider en lui parlant de ce qu’il vit personnellement. En procédant à la première enquête sur les lecteurs, il montre en quoi le développement personnel est l’une des institutions les plus frappantes des sociétés individualistes : son succès permet de comprendre les façons dont nous donnons, au quotidien, du sens à notre existence.


      https://www.cairn.info/du-bien-etre-au-marche-du-malaise--9782130628262.htm

    • Le Syndrome du bien-être

      Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du #syndrome_du_bien-être. Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer.
      Ils montrent dans ce livre comment la recherche du #bien-être_optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoque un sentiment de #mal-être et participe du #repli_sur_soi. Ils analysent de multiples cas symptomatiques, comme ceux des fanatiques de la santé en quête du régime alimentaire idéal, des employés qui débutent leur journée par un footing ou par une séance de fitness, des adeptes du quantified self qui mesurent – gadgets et applis à l’appui – chacun de leurs faits et gestes, y compris les plus intimes... Dans ce monde inquiétant, la bonne santé devient un impératif moral, le désir de transformation de soi remplace la volonté de changement social, la culpabilisation des récalcitrants est un des grands axes des politiques publiques, et la pensée positive empêche tout véritable discours critique d’exister.
      Résolument à contre-courant, ce livre démonte avec une grande lucidité les fondements du culte du corps et de cette quête désespérée du bien-être et de la santé parfaite.

      https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/le-syndrome-du-bien-etre

      #André_Spicer
      #Carl_Cederström

    • Rigolez, vous êtes exploité

      « Vous êtes éreinté ? Votre activité professionnelle vous plonge dans la #dépression ? Vous songez à mettre fin à vos jours ? Nous avons la solution : ri-go-lez ! » Voilà en substance le message de la direction des #ressources_humaines (DRH) du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse au personnel de l’établissement. La solution arrive à point nommé, car la situation menaçait de devenir dramatique…

      Un peu comme France Télécom hier ou la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) aujourd’hui, le #CHU toulousain est confronté à une recrudescence de #suicides de salariés. Le rapport d’un cabinet de conseil établi en 2016 est formel : les quatre personnes ayant mis fin à leurs jours en quelques semaines la même année (dont une dans les locaux du CHU) l’ont fait à cause de leurs #conditions_de_travail. L’année suivante, dans un des 26 000 documents internes révélés par la presse (1), une infirmière en gynécologie décrit ainsi son quotidien : « Mise en danger de la vie des patientes, mauvaise prise en charge de la douleur, dégradation de l’image des patientes (patientes laissées plusieurs minutes souillées de vomis) (…) mauvaise prise en charge psychologique (annonce de cancer faite récemment, pas le temps de discuter). (…) Une équipe épuisée physiquement (même pas cinq minutes de pause entre 13 h 30 et 23 heures) et moralement (sentiment de travail mal fait et de mettre en danger la vie des patients). »

      Les choses n’ont guère progressé depuis. En février 2019, un patient meurt d’une crise cardiaque dans le sas des urgences. L’infirmier de garde cette nuit-là, en poste depuis 10 heures du matin, avait la charge de plus de quinze patients. Il n’a pas eu le temps de faire les gestes de premiers secours (2). Début mai 2019, rebelote au service de soins intensifs digestifs, en pleine restructuration, où un problème informatique a mené à la mort d’un patient.

      Depuis 2015, une soixantaine de préavis de grève ont été envoyés à la direction par les syndicats. Au moins quatorze grèves ont eu lieu (cinq rien qu’en 2019), sans compter les quelque vingt mobilisations collectives, la douzaine d’actions d’envergure et les chorégraphies parodiques de soignants vues six millions de fois sur les réseaux sociaux. « À l’hôpital des enfants, le nombre d’arrêts-maladie des quatre premiers mois de 2019 est de 20 % supérieur à celui de la même période en 2018, nous explique Mme Sandra C., vingt ans d’hôpital public à son actif, dont dix-sept à l’hôpital des enfants de Toulouse. Nous avons l’impression d’être traités comme des numéros par une direction dont le seul but est de faire appliquer les réductions de coûts et la baisse du personnel. Nous avons besoin d’au moins six cents embauches dans tout le CHU, et vite. »

      Embaucher ? Impossible !, rétorque la direction, largement convertie au lean management, le « management sans gras », une doctrine d’optimisation du rendement élaborée par les ingénieurs japonais du groupe Toyota après la seconde guerre mondiale et peaufinée ensuite dans les éprouvettes néolibérales du Massachusetts Institute of Technology (MIT). L’objectif ? Faire produire plus avec moins de gens, quitte à pousser les équipes à bout.

      Des conditions de travail déplorables, des contraintes de rentabilité qui interdisent d’améliorer le sort du personnel, des salariés qui préfèrent mettre fin à leurs jours plutôt que d’endurer leur activité professionnelle ? Il fallait réagir. C’est chose faite grâce à une initiative de la DRH : des séances de rigologie, cette « approche globale permettant une harmonie entre le corps, l’esprit et les émotions », comme on peut le lire dans le « Plan d’actions 2018 pour la prévention des risques psychosociaux et la qualité de vie au travail » du pôle hôpital des enfants du CHU de Toulouse.

      Yoga du rire, méditation de pleine conscience, techniques variées de relaxation et de respiration, sophrologie ludique… la rigologie vise à « cultiver les sentiments positifs et sa joie de vivre ». Sur la page d’accueil du site de l’École internationale du rire (« Bonheur, joie de vivre, créativité »), l’internaute tombe sur la photographie d’un groupe de salariés hilares faisant le symbole de la victoire. S’ils sont heureux, suggère l’image, c’est qu’ils ont tous décroché leur diplôme de « rigologue » à la suite d’une formation de sept jours en psychologie positive, yoga du rire et autres techniques de « libération des émotions », facturée 1 400 euros. Un rigologue estampillé École du rire, le leader du marché, se fera rémunérer entre 1 000 et 3 000 euros la journée. Il pourra éventuellement devenir chief happiness officer, ces responsables du service bonheur dont les entreprises du CAC 40 raffolent (3).

      La souffrance au travail est devenue un marché, et le service public apparaît comme un nouveau terrain de jeu du développement personnel. Ainsi des policiers confrontés à une vague de suicides (vingt-huit en 2019), auxquels le directeur général de la police nationale a envoyé, fin mai, une circulaire incitant les encadrants à favoriser « les moments de convivialité et de partage » comme les barbecues, les sorties sportives ou les pique-niques en famille (4). Ainsi des agents de la SNCF, une entreprise qui compte depuis le début de l’année 2019 un suicide de salarié par semaine. La direction lilloise de la société ferroviaire en pleine restructuration a fait appel au cabinet Great Place to Work (« super endroit pour travailler »), qui lui a conseillé de… distribuer des bonbons aux agents en souffrance, de mettre en place des goûters-surprises ou encore des ateliers de maquillage (5).

      « Au départ, nous explique Mme Corinne Cosseron, directrice de l’École internationale du rire et importatrice du concept de rigologie en France, je me suis formée pour plaisanter, comme un gag, au yoga du rire, une technique mise au point par un médecin indien, qui s’est rendu compte que ses patients joyeux guérissaient mieux que les sinistres. Le rire permet de libérer des hormones euphorisantes qui luttent contre la douleur », explique cette ancienne psychanalyste qui évoque les endorphines (« un antidouleur naturel qui agit comme une morphine naturelle »), la sérotonine (« la molécule du bonheur »), la dopamine (celle de la motivation) ou encore l’ocytocine (« l’hormone de l’amour »). « C’est un grand shoot gratuit. Beaucoup de grandes entreprises ont commencé à faire appel à nous (SNCF, Total, Suez, Royal Canin, Danone, etc.), car le rire répare point par point tout ce que les effets du stress détruisent. Non seulement le salarié va aller mieux (il ne va pas se suicider, il n’ira pas voir chez le concurrent), mais, en plus, l’entreprise va gagner en productivité. Donc c’est du gagnant-gagnant. »

      Novateur, le CHU de Toulouse a vu se mettre en place des séances de « libération émotionnelle » et de « lâcher-prise » dans le service des soins palliatifs dès 2017. Dans le cadre de ses propositions d’actions 2018-2019 pour prévenir les risques psychosociaux et pour la qualité de vie au travail, la DRH propose désormais d’élargir son offre à d’autres unités sous tension, comme l’hôpital des enfants, où, au mois de mars dernier, deux grèves ont éclaté pour protester contre le projet de réduction du nombre de lits et d’intensification du travail des soignants.

      On soumet ce projet de lâcher-prise à M. Florent Fabre, 31 ans, infirmier au service des urgences psychiatriques. Sa première réaction est de laisser éclater un long rire, générant probablement un apport non négligeable en bêta-endorphines — ce qui lui permet de dire avec une voix parfaitement détendue : « C’est grotesque et indécent. » Pour ce soignant, qui a participé à la lutte victorieuse des salariés de son service, lesquels ont arraché deux postes supplémentaires d’infirmier à l’issue de deux mois de grève durant le printemps 2019, « le niveau du mépris social affiché par la direction du CHU ainsi que par les cadres régionaux de l’agence régionale de santé est totalement aberrant. Dès lors qu’il s’agit d’entendre qu’il y a un vrai manque de soignants, le dialogue se rompt. La santé des agents hospitaliers est le moindre de leurs soucis ». Contactée, la direction du CHU a refusé de répondre à cet appel à embaucher, qu’elle qualifie de « théories de la CGT [Confédération générale du travail] ». « On assume totalement ce document de proposition de rigologie », nous a précisé le directeur de la communication avant de nous raccrocher au nez. On ne rigole plus.

      « Mais, s’agace Mme Maguy Mettais, la pharmacienne chargée de la prévention des risques psychosociaux, avez-vous déjà testé la rigologie ? Ça serait peut-être intéressant que vous essayiez une séance, non ? C’est génial, vous verrez. » Adeptes du journalisme total, nous acceptons la proposition. « Alors, vous mettez les mains droit devant vous et vous expirez en faisant “chah” ! On le fait ensemble ? C’est parti ! Après on met les bras sur le côté et on fait “chou” ! Et un dernier, les bras levés vers le ciel et on va faire un grand “chiii” sur le temps d’expiration. » Docile, nous nous exécutons, pour la bonne cause. « Au final, ce qui est rigolo, c’est que ça fait chah-chou-chi… Comme si ça faisait “salsifis” [elle éclate de rire]. Voilà, j’avais envie de vous le faire découvrir, ça peut être bien avant d’écrire votre article. »

      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/07/BRYGO/60014

      #rire #thérapie_du_rire

      –—

      Pour rappel, les #formations dédiées au personnel de l’#Université_Grenoble_Alpes :
      1. Gestion de #conflits (formation mise sous le thème « #efficacité_professionnelle »)
      2. Mieux vivre ses #émotions dans ses #relations_professionnelles (aussi mise sous le même thème : #efficacité_professionnelle)
      https://seenthis.net/messages/882135

    • La démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs

      On a l’habitude de penser que la démocratie moderne vient des Lumières, de l’usine, du commerce, de la ville. Opposé au citadin et même au citoyen, le paysan serait au mieux primitif et proche de la nature, au pire arriéré et réactionnaire.
      À l’opposé de cette vision, ce livre examine ce qui, dans les relations entre les cultivateurs et la terre cultivée, favorise l’essor des valeurs démocratiques et la formation de la citoyenneté. Défi le alors sous nos yeux un cortège étonnant d’expériences agricoles, les unes antiques, les autres actuelles ; du jardin d’Éden qu’Adam doit « cultiver » et aussi « garder » à la « petite république » que fut la ferme pour Jefferson ; des chambrées et foyers médiévaux au lopin de terre russe ; du jardin ouvrier au jardin thérapeutique ; des « guérillas vertes » aux jardins partagés australiens.
      Cultiver la terre n’est pas un travail comme un autre. Ce n’est pas suer, souffrir ni arracher, arraisonner. C’est dialoguer, être attentif, prendre une initiative et écouter la réponse, anticiper, sachant qu’on ne peut calculer à coup sûr, et aussi participer, apprendre des autres, coopérer, partager. L’agriculture peut donc, sous certaines conditions, représenter une puissance de changement considérable et un véritable espoir pour l’écologie démocratique.

      https://www.editionsladecouverte.fr/la_democratie_aux_champs-9782359251012démocratiques

    • La #durabilité en pratique(s) : gestion et appropriation des #principes_durabilistes véhiculés par les #écoquartiers

      Dans cette contribution, il est question de la durabilité comme objet, dans sa dimension heuristique, en tant que moyen de compréhension voire d’explication des initiatives individuelles, collectives et politiques ainsi que des dynamiques. Il s’agit tout d’abord de se pencher sur la manière dont la durabilité est mobilisée et signifiée, aussi bien sur l’horizon du pensable qui l’accompagne que sur les « manières de faire » qu’elle véhicule, parmi des acteurs divers, pris dans des jeux d’échelles, d’intérêts et dans des engagements parfois contradictoires. Politiquement, la mise en œuvre de la durabilité se décline dans des contextes, pour des raisons et à des finalités diverses que peuvent être la transformation des comportements individuels, la modification de la législation et des cadres réglementaires nationaux et locaux, la redéfinition des stratégies communautaires, etc. Entre pratiques, éthique, fiscalité individuelle d’un côté et enjeux techniques, politiques et sociétaux de l’autre, ces multiples mobilisations de la durabilité rendent cette notion évasive, voire équivoque. Au-delà d’un recensement et d’une classification de cette multiplicité d’usage et de traduction « en pratiques » de la durabilité, c’est sur la base des multiples tensions qui caractérisent ces manières de voir, comprendre, mobiliser et opérationnaliser la durabilité que nous cherchons à venir éclairer les pratiques leurs implications mais aussi leurs conséquences. Pour ce faire nous nous appuyons sur les 37 entretiens (15 avec les concepteurs, 22 avec les habitants) réalisés lors d’une enquête menée en 2012 et 2013 sur l’écoquartier de Lyon Confluence dans le cadre de la thèse de doctorat de Matthieu Adam. Nous analysons les discours portant sur la durabilité. Ceux-ci ont toujours une portée normative et performative mais peuvent aussi être considérés en tant qu’embrayeur de sens permettant de saisir les modalités de réactions, passives (acceptation) et/ou actives (refus, adaptation, contre-proposition, etc.) face à cette quête de durabilité. En analysant les pratiques, les manières d’être, les attitudes ainsi que les représentations d’une part liées à l’injonction de durabilité et d’autre part à sa mise en pratique, nous mettrons au débat des éléments portant tant sur les décalages entre intentions et actions que sur les moyens utilisés pour tenter de les lever. De plus, en changeant de focale, l’analyse fine des discours permet de tirer des enseignements sur le développement durable en tant que valeur et idéologie dominante du projet urbain mais aussi en tant que modalités pratiques quotidiennes.

      https://books.openedition.org/cse/124

      #Georges-Henry_Laffont #Matthieu_Adam

  • Le Nigeria fatigué des violences policières (Viviane Forson avec AFP, 21/10/2020) https://lepoint.fr/afrique/le-nigeria-fatigue-des-violences-policieres-20-10-2020-2397341_3826.php

    (…) Après les stars nigérianes, le mouvement bénéficie de soutiens internationaux : les stars américaines CardiB ou Kanye West, le champion du monde de football Kylian Mbappé et même le PDG de Twitter Jack Dorsey s’engagent à leurs côtés sur les réseaux.

    Colère et frustration contre des dirigeants déconnectés
    Face à la contestation, le président Muhammadu Buhari annonce le 11 octobre au soir la dissolution de la SARS. Son gouvernement promet une réforme de la police, annonce la création de la SWAT, une nouvelle brigade qu’elle veut « éthique » et en accord avec « les désirs des citoyens », et assure que les agents accusés de violences seront poursuivis en justice. Les manifestants arrêtés sont également libérés.

    Mais ces annonces ne calment pas les manifestants, toujours plus nombreux. En première ligne, les femmes. Ce sont elles qui organisent, qui vont collecter des fonds, et surtout élaborer des stratégies pour faire durer le mouvement. Nombreuses sont celles qui préfèrent être loin des feux de la rampe, d’autres en revanche assument un rôle plus visible. « Les Nigérians sont sceptiques face à la promesse gouvernementale de mettre fin aux abus policiers, alors que leurs précédentes promesses de réformer la SARS n’avaient été que de vaines paroles », selon le directeur d’Amnesty International au Nigeria, Osai Ojigho.

    Ce conflit social est également le symbole de la fracture générationnelle d’une jeunesse du sud du pays qui ne se retrouve pas dans ses dirigeants. Muhammadu Buhari, 77 ans et musulman conservateur, est à la tête d’un pays dont plus de la moitié de ses 200 millions d’habitants ont moins de 30 ans, et dont l’âge médian est de 18 ans.

    L es manifestants appellent à une réforme structurelle de la police, et réclament, étonnamment, l’augmentation des salaires des policiers. Au Nigeria, « les officiers supérieurs sont connus pour maintenir une pyramide de corruption perverse qui exige que les agents de base soient mal payés et transfèrent les pots-de-vin extorqués aux citoyens en haut de la chaîne de commandement », selon Leena Koni Hoffmann, du think-tank britannique Chatham House.

    Lutte contre le terrorisme, une aubaine pour les dirigeants nigérians, par Marc-Antoine Pérouse de Montclos (@mdiplo, décembre 2019) https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/PEROUSE_DE_MONTCLOS/61144

    En utilisant la base de données du projet Nigeria Watch, des chercheurs de l’université d’Ibadan ont montré que les forces de sécurité méritaient bien le surnom que les Nigérians leur ont donné : shoot and kill. En effet, l’armée et la police « tirent et tuent » dans plus de 50 % des cas de violences mortelles où elles interviennent pour, prétendument, rétablir la paix.

    Par faiblesse, par crainte de la mutinerie ou tout simplement par indifférence, les gouvernements civils qui se sont succédé au pouvoir n’ont pas voulu sévir. Bien souvent, ils se sont contentés de réformes cosmétiques ou d’annonces restées lettre morte. La lutte contre la corruption qui gangrène les forces de l’ordre en offre l’un des exemples les plus symptomatiques. En janvier 2005, le renvoi du chef de la police, M. Tafa Balogun, un Yorouba, comme le président Olusegun Obasanjo, avait un moment laissé espérer qu’un gouvernement plus démocratique allait enfin reprendre en main l’administration. M. Nuhu Ribadu, un inspecteur nommé à la tête de la Commission sur les crimes économiques et financiers (EFCC), a en effet réussi à faire condamner son supérieur hiérarchique à près de cinq ans de prison. Mais M. Balogun fut finalement relâché au bout de six mois et ne remboursa qu’une infime partie des fonds qu’il avait détournés.

    Élu en avril 2007, le successeur de M. Obasanjo, le président Umaru Yar’Adua, s’empressa quant à lui de revenir sur la promotion que M. Ribadu avait obtenue peu de temps auparavant. En proie à l’hostilité de ses collègues au sein de la police, ce dernier fut contraint de suivre une formation professionnelle qui l’obligea à renoncer à ses fonctions à l’EFCC, où il fut remplacé par une intérimaire délibérément privée de tout moyen, Mme Farida Mzamber Waziri (7). En guise de remerciements, il fut renvoyé de la police pour indiscipline en décembre 2008. Parti en exil, il revint se présenter à la présidentielle d’avril 2011, où il ne remporta que 5 % des voix.

    Depuis, les tentatives de réforme démocratique du secteur de la sécurité ont toutes été enterrées au nom de l’urgence à combattre la menace terroriste. Ainsi, durant la dernière campagne présidentielle, en février 2019, le parti au pouvoir a sciemment évité d’évoquer les exécutions extrajudiciaires. Il a préféré lancer un débat sur une régionalisation de l’appareil de sécurité qui permettrait, selon ses promoteurs, de créer des polices de proximité répondant aux aspirations d’une société multiculturelle de 200 millions d’habitants. Statutairement, les forces de sécurité demeurent en effet déconnectées de leur environnement immédiat, car les autorités cherchent à développer un esprit de corps en ventilant les effectifs policiers et militaires, d’origines diverses, à travers tout le territoire national. L’objectif : éviter des collusions entre les représentants de la loi et les communautés dont ils sont originaires. Mais ce système a pour effet de parachuter des policiers et des militaires à des postes où ils doivent s’adresser à des populations dont ils ne parlent pas la langue. Ces difficultés de communication nourrissent des méfiances et des peurs réciproques qui peuvent être fatales lorsque les villageois ne comprennent pas les instructions qui leur sont données, notamment dans les régions les moins alphabétisées du nord du Nigeria, où sévit Boko Haram.

  • Un capitalisme de surveillance, par Shoshana Zuboff (Le Monde diplomatique, janvier 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/ZUBOFF/59443

    L’industrie numérique prospère grâce à un principe presque enfantin : extraire les données personnelles et vendre aux annonceurs des prédictions sur le comportement des utilisateurs. Mais, pour que les profits croissent, le pronostic doit se changer en certitude. Pour cela, il ne suffit plus de prévoir : il s’agit désormais de modifier à grande échelle les conduites humaines. Cette journée de juillet 2016 fut particulièrement éprouvante pour David. Il avait passé de longues heures à auditionner les (...)

    #Apple #Google #Niantic #CIA #Google_AdSense # #CCTV #domotique #iPod #GPS #biométrie #température #facial #métadonnées #prédiction #reconnaissance #vidéo-surveillance #bénéfices #BigData #marketing #notation #profiling #publicité #sommeil (...)

    ##_ ##publicité ##surveillance

  • Vieillesse en détresse dans les Ehpad | Philippe Baqué
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59611

    Familles et professionnels estiment que le plan sur le vieillissement et la dépendance préparé par le gouvernement n’est pas à la hauteur de l’évolution démographique de la France. La préservation de la dignité des personnes âgées représente un défi quotidien pour les salariés — très présents dans le mouvement des « gilets jaunes » —, tandis que le coût de l’hébergement en maison de retraite devient inabordable pour beaucoup. Source : Le Monde diplomatique

  • Note sur le coup d’État en Bolivie par Emyn Ona

    Le 27 février 2020, John Curiel et Jack Williams, deux chercheurs du “Election Data and Science Lab” du MIT ont publié dans la section “Monkey Cage” du Washington Post [1, 2, 3, 4] un article d’analyse des résultats électoraux publiés par l’Organe Électoral Bolivien à partir du 20 octobre. En comparant les données publiées avant et après la pause dans la publication des résultats, interruption qui a été utilisée par l’opposition pour soutenir la thèse d’une fraude électorale, ils concluent à l’impossibilité de démontrer de manière statistique une quelconque fraude [5], qualifient de « profondément défectueuses » l’analyse statistique et les conclusions du rapport de l’OEA [6] qui a servi de justification au coup d’État, et concluent que la victoire de Morales au premier tour est très probable.

    Les élections d’octobre 2019 ayant été annulées par l’Assemblée Législative, des nouvelles élections présidentielles et législatives auront lieu le 3 mai. Evo Morales n’a été autorisé à se présenter ni pour les présidentielles ni comme sénateur. Son parti, le MAS-IPSP, est en tête des sondages avec plus de 30 % d’intentions de votes pour le binôme Luis Arce, ex-ministre de l’économie, et David Choquehuanca, ex-ministre des affaires étrangères. La droite est divisée avec trois candidats de poids à peu près équivalent autour de 15 % : Carlos Mesa, qui maintient sa candidature d’octobre 2019 ; Jeanine Añez, la présidente de facto soutenue par le riche Samuel Doria Medina, et Luis Fernando Camacho, le leader « civique » de Santa Cruz. Il est possible que les deux derniers s’allient avant l’élection. Jeanine Añez utilise la police et la justice pour persécuter et emprisonner à tout va les personnalités du MAS. Il est fort probable qu’un autre coup d’État ait lieu en cas de victoire du MAS [7].

    L’Union Européenne a soutenu l’OEA et l’hypothèse d’une fraude électorale dès le 20 octobre, a appelé Morales a « accepter » un second tour, et a accompagné le gouvernement d’Añez lors de son processus de « pacification » du pays. Le parlement européen a rejeté une motion qui cherchait à qualifier les évènements en Bolivie de coup d’État. Au niveau français, Amélie de Montchalin a déclaré que la France « considère que Jeanine Añez a été désignée présidente par intérim en Bolivie. » [8]

    Références :
    [1] Article du Washington Post :
    https://www.washingtonpost.com/politics/2020/02/26/bolivia-dismissed-its-october-elections-fraudulent-our-research-foun
    [2] Version sans paywall de l’article du Washington Post :
    https://web.archive.org/web/20200228011117/https://www.washingtonpost.com/politics/2020/02/26/bolivia-dismissed-its-october-elections-fraudulent-our-research-found-n
    [3] Article scientifique des chercheurs du MIT (PDF) :
    https://jackrw.mit.edu/sites/default/files/documents/Bolivia_report-short.pdf
    [4] Article sur Le vent se lève :
    https://lvsl.fr/des-coups-detat-a-lere-de-la-post-verite
    [5] “The OAS’s claim that the stopping of the trep during the Bolivian election produced an oddity in the voting trend is contradicted by the data.”
    [6] https://www.oas.org/en/media_center/press_release.asp?sCodigo=E-085/19
    [7] https://twitter.com/BOmereceMAS/status/1234478826048061440
    [8] Maurice Lemoine, Medelu
    http://www.medelu.org/Les-petits-telegraphistes-du-coup-d-Etat-qui-n-existe-pas

  • The Messy Truth About Social Credit | Shazeda Ahmed, Logic (01/05/2019) via @oliviertesquet
    https://logicmag.io/china/the-messy-truth-about-social-credit

    (…) In some instances, blacklists are adapting to new media while retaining their original function of shaming people into changing their behavior. The enormously popular social video streaming app TikTok (抖音, douyin) has partnered with a local court in Nanning, Guangxi to display photographs of blacklisted people as advertisements between videos, in some cases offering reward payments for information about these people’s whereabouts that are a percentage of the amount of money the person owes. Much like the other apps and websites that take part in these state-sponsored efforts, TikTok does not disclose in its user-facing terms of service that it works with the local government of Nanning, and potentially other cities, to publicly shame blacklisted individuals.

    Sur le système dit de « crédit social » chinois, lire le très complet « Bons et mauvais Chinois » paru dans le @mdiplo en janvier 2019.
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/01/RAPHAEL/59403

  • « Le futur démantèlement d’EDF serait une spoliation d’un bien public sans amélioration du service rendu »
    https://www.bastamag.net/Le-futur-demantelement-d-EDF-serait-une-spoliation-d-un-bien-public-sans

    « Hercule » : c’est le nom du projet par lequel le gouvernement envisage de démanteler EDF, et d’en privatiser une partie. Quelles en seraient les conséquences ? Que serait un véritable service public de l’énergie, face à l’enjeu climatique ? Entretien avec François Dos Santos, ex-responsable (CGT) du comité central d’entreprise. En quoi quoi consiste le projet Hercule, présenté par le gouvernement comme une « nouvelle régulation économique du #Nucléaire », et critiqué comme un démantèlement et une (...) #Décrypter

    / #Entretiens, Nucléaire, #L'enjeu_de_la_transition_énergétique, #Climat, A la une, #Services_publics

    • Un peu d’histoire :

      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/05/BERNIER/59843

      Depuis la fin des années 1980, l’Union européenne s’attache à casser les monopoles dans le secteur des énergies de réseau que sont le gaz et l’électricité. Ces services publics ayant montré une grande efficacité, elle a dû appliquer une stratégie radicale, mise au point au Chili sous le régime dictatorial d’Augusto Pinochet, puis importée quelques années plus tard dans le Royaume-Uni de Margaret Thatcher.

      Le principe consiste à scinder les activités de production, de gestion du réseau et de fourniture (la vente au client final), auparavant réunies au sein d’une même entreprise publique. Ce découpage sépare les secteurs susceptibles de générer des profits rapides de ceux qui sont difficilement rentables. On introduit ainsi la concurrence directe dans la production et la fourniture, tandis que le transport et la distribution restent publics, mais doivent s’adapter pour favoriser la compétition entre les autres acteurs.

      Les directives européennes se succèdent pour organiser des marchés intérieurs unifiés, et la loi française s’adapte progressivement. À partir de 1999, des fournisseurs privés sont autorisés à concurrencer Électricité de France (EDF) en proposant des contrats d’approvisionnement aux entreprises. La dérégulation s’élargit aux particuliers en 2007.

  • Profession : troll

    C’est là que le CM, « interface émotionnelle », intervient. Il s’incruste dans nos esprits, comme l’ont toujours fait les publicitaires. En sémiologue, mais avec une artillerie légère. Générateur d’interactions à temps plein, travailleur du clic et des affects, il est le troll utile du capitalisme numérique.

    par Thibault Henneton pour Le Monde diplomatique, octobre 2019
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/10/HENNETON/60513

  • « Une tuerie », par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, décembre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/HALIMI/61131

    Un jeune qui sacrifie sa vie comme on le fait dans les régimes autoritaires, des manifestants qui perdent un œil, une main, lors d’une charge de police, des pamphlétaires de droite qui annoncent la guerre civile… Plusieurs mouvements de grève vont intervenir dans les semaines qui viennent. S’ils échouent, où serons-nous l’année prochaine ?

    • A propos de la réforme des retraites : « ah mais va bien falloir que les syndicats trouvent un compromis et que ces grèves s’arrêtent ». T’es dans la rue, on te demande de donner ton blouson, sinon on te le prend manu militari. Et donc, les passants, ils te disent « ah mais va bien falloir trouver un compromis » histoire de t’aider à te sortir de cette « négociation » que tu n’as pas souhaité engager. Et tu réponds aux passants : « je leur donne la moitié du blouson ? ou bien ? ». Et les passants se débinent, te laissant avec ta négociation qui ne regarde que toi, hein... ...

  • Ouverture du marché de l’électricité : souriez ! Vous êtes piégé·es ! Deux articles des Échos qui t’expliquent que grâce à la « concurrence libre et non faussée », les tarifs de l’#électricité, tous fournisseurs confondus, vont encore augmenter. Elle est pas belle la vie (en Extrême-Libéralie) ?
    Et là, y aura pas de #BlackFriday. Juste un gros risque de #BlackOut.

    Le 22/11/2019
    https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/lelectricite-plus-chere-faute-dacces-au-nucleaire-1149881#xtor=CS1-26

    Les prix de l’électricité devraient à nouveau augmenter l’an prochain en France. La période pendant laquelle les concurrents d’EDF peuvent demander d’avoir accès à l’électricité d’origine nucléaire, à un prix fixe de 42 euros le mégawattheure (contre environ 48 euros sur le marché non régulé) s’est achevée jeudi 21 novembre. Or la probabilité est grande que leurs demandes aient largement excédé la limite des volumes prévus par la loi.

    Le 29/11/2019
    https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/les-concurrents-dedf-se-ruent-sur-lelectricite-nucleaire-1152531

    Comme prévu , les concurrents d’EDF ont explosé le plafond. Ils ont demandé à avoir accès à 147 térawattheures d’électricité au tarif de l’Arenh (l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique), bien au-delà des 100 térawattheures prévus par la loi, a annoncé la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ce vendredi soir. Les prix de l’électricité devraient encore augmenter l’année prochaine, même si l’impact exact de ce dépassement sur les tarifs réglementés n’est pas encore connu.

    #comme_prévu (en conchiant « la loi » pour faire plaisir aux copains) #CRE (Commission de régulation de l’énergie) #ARENH (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique)

    • Électricité, le prix de la concurrence, par Aurélien Bernier (@mdiplo, mai 2019)
      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/05/BERNIER/59843

      Depuis la fin des années 1980, l’Union européenne s’attache à casser les monopoles dans le secteur des énergies de réseau que sont le gaz et l’électricité. Ces services publics ayant montré une grande efficacité, elle a dû appliquer une stratégie radicale, mise au point au Chili sous le régime dictatorial d’Augusto Pinochet, puis importée quelques années plus tard dans le Royaume-Uni de Margaret Thatcher.

      Le principe consiste à scinder les activités de production, de gestion du réseau et de fourniture (la vente au client final), auparavant réunies au sein d’une même entreprise publique. Ce découpage sépare les secteurs susceptibles de générer des profits rapides de ceux qui sont difficilement rentables. On introduit ainsi la concurrence directe dans la production et la fourniture, tandis que le transport et la distribution restent publics, mais doivent s’adapter pour favoriser la compétition entre les autres acteurs.

      Les directives européennes se succèdent pour organiser des marchés intérieurs unifiés, et la loi française s’adapte progressivement. À partir de 1999, des fournisseurs privés sont autorisés à concurrencer Électricité de France (EDF) en proposant des contrats d’approvisionnement aux entreprises. La dérégulation s’élargit aux particuliers en 2007.

  • La pilule de l’obéissance

    À l’origine, le remède ne devait concerner que les #enfants « hyperactifs », une pathologie relativement rare. Mais depuis quelques années, aux États-Unis, tout bambin quelque peu turbulent peut se voir prescrire de la #Ritaline, un #médicament voisin des amphétamines qui fait également fureur sur les campus. Après avoir inondé le marché américain, la pilule miracle se répand en France.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/12/BRYGO/61087
    #santé #enfance #hyperactivité

    • Déjà en cours il y a une dizaine d’années. Je ne connais pas l’ampleur du problème, mais j’avais rencontré une mère abandonnée — je trouve ça mieux que « mère célibataire » qui peut laisser penser que sa situation était un choix — épuisée qui n’arrivait pas à contrôler l’énergie de son petit dernier (essentiellement par manque d’aide et de ressources). Elle était soulagée par la mise sous Ritaline de son gosse. C’était effrayant de voir ce gosse domestiqué façon robot, mais je ne pouvais absolument rien dire à ce sujet à cette mère qui était déjà dans une grande souffrance.


    • #shit_storm en vue

      Le petit dernier, l’Adhansia, sort des usines de Purdue Pharma , le laboratoire de l’OxyContin, considéré comme le principal responsable de la crise des #opioïdes (400 000 morts en vingt ans) (11). « Je viens d’un programme où on essaie de baisser les doses, de favoriser les thérapies comportementales, d’arrêter les médicaments, poursuit Mme O’Rourke. Mon but, c’est qu’ils soient capables d’être des enfants, de jouer et d’apprendre. Je n’ai jamais vu d’effets négatifs à long terme, excepté une croissance perturbée. Le plus grand problème, ce serait l’addiction, surtout pour les adolescents, ainsi que la revente. » Pour elle, ça ne fait pas de doute, « la télévision est responsable en grande partie du TDAH. C’est la première baby-sitter du pays ». Dans sa salle d’attente, encore un garçon. Jayden, 12 ans, « ne tient pas en place ». Diagnostiqué hyperactif, il est sous psychotropes depuis quatre ans. Sa mère, Tasha, commente : « Quand il ne les prend pas, il est insupportable. » L’école ? « Je pense que c’est ennuyeux, répond Jayden. Lire est ennuyeux. Rester assis toute la journée est ennuyeux. Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »

    • On ne parle que des garçons par rapport à ces produits. C’est peut être une solution que les femmes (mères, personnel enseignant et personnel medical qui sont largment fémininisés) ont trouvé pour rendre un peu moins insupportables les comportements masculins.

      « Je préfère jouer au base-ball avec mon père, ou à Fortnite, World of Warcraft ou NBA 2K [des jeux vidéo] avec mes copains. »
      Il me semble qu’il y a une histoire de domination masculine dans tout ceci, les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol.

    • Quand même @monolecte il y a aussi des femmes qui foutent le père dehors, souvent avec raison d’ailleurs ! et même si il est très content de retrouver sa « liberté » et qu’il ne paye pas la pension, j’estime que cela n’en fait pas une « femme abandonnée » pis on dirait qu’on parle d’un chien. Non plus qu’une femme célibataire, d’ailleurs. #famille_monoparentale c’est pas mal parce que oui, même seule avec un enfant c’est une famille, n’en déplaise à certaines pourritures de psys. Alors disons #mère_monoparentale ?

    • @mad_meg

      les filles sont « rithalinés » sans chimie par la culture du viol

      Affreusement d’accord avec toi :/

      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cbl.30337

      It is estimated that half to three‐quarters of all women with attention‐deficit/hyperactivity disorder (ADHD) are undiagnosed. Boys are more likely to be given an ADHD diagnosis (13.2%) than girls (5.6%). Girls are also diagnosed, on average, 5 years later than boys (boys at age 7, girls at age 12) (Foley, 2018).

  • [carte] Cinquante ans de luttes écologistes en France
    par Cécile Marin
    [accès libre] https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/luttes-ecolos-50ans

    + [dossier] Des militants en quête de stratégie
    Les écologistes tentés par l’action directe

    par Claire Lecœuvre

    [paywal] https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/LECOEUVRE/60952

    Depuis plusieurs mois, les militants écologistes multiplient les coups d’éclat. Le durcissement concerne autant leurs modalités d’action que leur projet politique. Ils ne croient plus la préservation de l’écosystème compatible avec le modèle capitaliste de croissance. Cette nébuleuse saura-t-elle pour autant se rapprocher d’autres luttes et s’entendre sur des stratégies susceptibles de renverser l’ordre établi ?

    (Le Monde diplomatique, novembre 2019)
    #écologie, #résistance & #sabotage !

  • Bolivia Crisis Shows the Blurry Line Between Coup and Uprising
    https://www.nytimes.com/2019/11/12/world/americas/bolivia-evo-morales-coup.html

    Often, they are one and the same: mass public uprisings alongside military defections that compel the resignation or removal of a country’s leader.

    But the overlapping terms often carry moral connotations that could not be more divergent: Coups, in today’s understanding, are to be condemned; revolts are to be championed.

    “People who get hung up on whether or not something is a coup or a revolution are missing the point,” said Naunihal Singh, a leading scholar of power transitions and coups. “The question is what happens next.”

    That has opened space for a kind of linguistic warfare, in which a political takeover can be portrayed as legitimate by labeling it a revolt, or illegitimate by terming it a coup.

    The narrative-building “has consequences” for what kind of government comes next, Mr. Singh said. Transitions like Bolivia’s tend to be fluid and unpredictable. The perception of legitimacy, or a lack thereof, can be decisive.

    • C’est assez largement du flan, cette idée que la proximité entre « coup » et « soulèvement » serait nouvelle. Ça a toujours été comme ça, et ça fait partie de mode d’emploi des coups soutenus par les Américains.

      Relire les prémices du renversement d’Allende au Chili :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_11_septembre_1973_au_Chili
      Le coup fait suite à des mois et des mois de crise, avec beaucoup de manifestations et de blocages. Et une bonne partie des médias occidentaux (j’ai vu passer une copie de The Economist d’époque, récemment, à ce sujet – quasiment les mêmes fadaises qu’aujourd’hui), en ont profité pour mettre la responsabilité du coup sur Allende, en présentant son renversement comme le fruit d’un authentique soulèvement populaire.

      Rien de nouveau sous le soleil. À part que le NY Times n’a guère d’autre choix que de faire semblant de s’interroger (s’agit-il un peu d’un coup, ou un peu d’un soulèvement populaire ?).

    • Merci @Nidal, je ne savais pas comment le prendre : « le NYT fait semblant de s’interroger », c’est parfait.

      The Economist ne fait pas semblant.

      Was there a coup in Bolivia ? - The end of Evo Morales
      https://www.economist.com/leaders/2019/11/16/was-there-a-coup-in-bolivia

      Evo Morales (…) resigned on November 10th, fleeing into exile in Mexico. This prompted a chorus of denunciations of a coup from the Latin American left and even some European social democrats. This time, at least, the critics are wrong.

      True, Mr Morales’s term was not due to end until January. His fall followed violent protests and a mutiny by the police, who failed to suppress them. The final straw came when the head of the armed forces “suggested” that he quit. But that is to tell only a fraction of the story.

      Mr Morales, who is of Aymara indigenous descent, long enjoyed broad popular support. He imposed a new constitution, which limited presidents to two terms. Thanks to the commodity boom and his pragmatic economic policy, poverty fell sharply. He created a more inclusive society.

      But he also commandeered the courts and the electoral authority and was often ruthless with opponents. In his determination to remain in power he made the classic strongman’s mistake of losing touch with the street. In 2016 he narrowly lost a referendum to abolish presidential term limits. He got the constitutional court to say he could run for a third term anyway. He then claimed victory in a dubious election last month. That triggered the uprising. An outside audit upheld the opposition’s claims of widespread irregularities. His offer to re-run the election came too late.

      Mr Morales was thus the casualty of a counter-revolution aimed at defending democracy and the constitution against electoral fraud and his own illegal candidacy. The army withdrew its support because it was not prepared to fire on people in order to sustain him in power. How these events will come to be viewed depends in part on what happens now. An opposition leader has taken over as interim president and called for a fresh election to be held in a matter of weeks. There are two big risks in this. One is that ultras in the opposition try to erase the good things Mr Morales stood for as well as the bad. The other is that his supporters seek to destabilise the interim government and boycott the election. It may take outside help to ensure a fair contest.

      That the army had to play a role is indeed troubling. But the issue at stake in Bolivia was what should happen, in extremis, when an elected president deploys the power of the state against the constitution. In Mr Morales’s resignation and the army’s forcing of it, Bolivia has set an example for Venezuela and Nicaragua, though it is one that is unlikely to be heeded. In the past it was right-wing strongmen who refused to leave power when legally obliged to do so. Now it is often those on the left. Their constant invocation of coups tends to be a smokescreen for their own flouting of the rules. It should be examined with care.

      The Economist avait aussi approuvé sans aucun état d’âme les conquêtes coloniales les plus sanglantes de l’Empire britannique. À lire dans le @mdiplo de novembre (en accès libre). https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/ZEVIN/60958

  • Le cauchemar de « l’hôpital du futur » | Frédéric Pierru
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/10/PIERRU/60490

    « Du vent ». C’est ainsi que les urgentistes en grève ont qualifié le plan présenté par la ministre de la santé le 9 septembre. À des services au bord de l’implosion elle propose une enveloppe rachitique, ponctionnée sur d’autres secteurs, eux-mêmes en difficulté. Faut-il dès lors parler de « crise » de l’hôpital ou de « casse » — un projet de longue haleine visant à livrer une institution emblématique au privé ? Source : Le Monde diplomatique

  • La gauche bolivienne a-t-elle enfanté ses fossoyeurs ?, par Maëlle Mariette (Le Monde diplomatique, septembre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/09/MARIETTE/60349

    S’ils sont réélus, M. Morales et son équipe devront néanmoins faire preuve d’adresse tactique et de souplesse stratégique pour arrimer l’avenir de leur « révolution démocratique et culturelle » à un groupe social dont tout indique, pour l’heure, qu’il se construit en marge de ce processus.

    Puisque c’est dans l’actualité. Où l’on apprend que Morales a réussi à chasser la pauvreté et l’analphabétisme, grâce aux ressources de Lithium du pays profitant à l’état. Il a ainsi pu créer une classe moyenne qui ne voit du même coup plus d’un bon oeil sa politique de gauche.
    Sa démission, ainsi que les évènements se passant actuellement en Bolivie, est à voir avec ce prisme là. Et aussi le prisme de toutes les déstabilisations faites par les états-unis en Amérique du Sud.

    • Pachamama, les mineurs de Bolivie
      Juan Manuel Castro Prieto / agence VU


      https://www.agencevu.com/stories/index.php?id=1885&p=105

      En Bolivie, nichée dans la cordillère des Andes, les villes d’Oruro, Popoó, Uyuni et Potosi abritent de nombreuses exploitations minières datant de l’époque coloniale, qui continuent de faire vivre les habitants d’une région menacée par la pauvreté.
      Parti à la rencontre de la population pour comprendre leur mode de vie, Juan Manuel Castro-Prieto assiste à leurs rites et découvre leur vision du monde, toujours ancrée dans des pratiques et croyances ancestrales.

      #Bolivie

    • Il n’existe pas de neutralité idéologique. Toute redistribution économique sans combat idéologique contre le capitalisme est vouée à l’échec.
      Le comble, c’est que cette redistribution temporaire joue à fond dans l’augmentation de richesse sur le long terme de ces élites.
      Mais la seule richesse ne leur suffit pas. Il leur faut aussi malgré tout avoir le sentiment qu’ils sont privilégiés.

    • Pour l’e-Monde, les victimes sont toujours dans le camp des « méchants », mais heureusement, la police et l’armée veillent sur la bonne marche des « affaires » :

      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/11/apres-la-demission-d-evo-morales-et-de-nouvelles-violences-la-bolivie-dans-l
      (source twitter AFP donc du « grand journalisme »)

      Depuis la mi-journée, les forces de l’ordre se redéployaient progressivement, faisant usage de gaz lacrymogène à El Alto, une localité proche de la capitale et bastion d’Evo Morales, pour disperser des groupes de manifestants encagoulés et armés de bâtons. De petites casernes de la police ont été pillées et brûlées lundi dans plusieurs villes, tandis qu’une colonne de plusieurs centaines de partisans de M. Morales marchait vers La Paz depuis la ville voisine d’El Alto. Arborant des whipalas, le drapeau symbole des peuples indigènes, et scandant « Maintenant oui, une guerre civile ! », ils étaient des centaines en route vers la capitale, contraignant les magasins à fermer leurs portes.

      Bon, allez, une autre lecture de la situation peut-être ?

      https://www.revolutionpermanente.fr/C-est-un-coup-d-Etat-qui-a-lieu-en-ce-moment-en-Bolivie

      Qui se trouve derrière le mouvement actuel, qui a commencé le 20 octobre ?

      Le mouvement est piloté, depuis le début, par la droite dure, dont les bastions se trouvent dans l’Est du pays, dans la région de Santa Cruz, mais qui dispose de relais dans plusieurs villes du pays, dont Potosí. Cette droite dure, que l’on appelle en Bolivie le « mouvement civique », est soutenue par l’opposition à Morales, très forte au sein des classes moyennes et au sein, bien entendu, de la bourgeoisie, mais elle a su tisser des liens, également, avec certains secteurs du mouvement social, expliquant non seulement l’importance des manifestations qui ont eu lieu dans un certain nombre de villes depuis une vingtaine de jours, mais également les blocages routiers mis en place par l’opposition pour faire pression.
      Ces derniers jours, la situation a changé avec plusieurs unités de police qui se sont mutinées contre le gouvernement et le ministère de l’Intérieur. La décision de l’OEA a fini de faire basculer les militaires dans le camp des putschistes. Dans cette situation, donc, une heure après la conférence de presse organisée par l’état-major, Morales a bel et bien « démissionné », suivi de son vice-président et des présidents des deux chambres ainsi que plusieurs gouverneurs et maires du Mouvement Au Socialisme (MAS).Le leader de la droite crucègne, Luis Fernando Camacho, a tenu promesse : il a fait irruption, ce dimanche, au siège du gouvernement, brandissant un drapeau bolivien et sa Bible. Avocat et chef d’entreprise, très lié aux milieux d’affaires et agro-industriels de l’Est du pays, c’est un évangéliste convaincu qui se prévaut d’avoir l’appui des Etats-Unis. Dès la publication du rapport de l’OEA, le secrétaire d’Etat de Donald Trump, Mike Pompeo, a déclaré que les Etats-Unis soutenaient l’option de l’organisation de nouvelles élections, ce qui équivaut à un blanc-seing donné aux putschistes.

  • Jusqu’à quand l’#OTAN ?, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique, novembre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/HALIMI/60956

    Dorénavant, l’Union compte une majorité d’États qui ont participé aux aventures impériales des #États-Unis (seize de ses membres actuels ont contribué à la guerre d’#Irak) ; elle relaie l’ingérence de Washington en Amérique latine (d’où la reconnaissance absurde de l’opposition vénézuélienne comme gouvernement légal) ; elle feint de s’opposer aux caprices de l’administration Trump, mais rentre dans le rang sitôt que celle-ci menace de la punir (#sanctions économiques contre les entreprises qui commercent avec l’Iran). L’#Europe pesait davantage au #Proche-Orient avant son élargissement. Et si Charles de Gaulle s’opposait à l’adhésion du #Royaume-Uni au Marché commun parce qu’il pensait que ce pays deviendrait le cheval de Troie américain sur le Vieux Continent, les États-Unis n’ont rien à craindre du Brexit. Car, au fil des décennies, l’#Union_européenne est devenue leur écurie.

    #UE

  • Et la ZAD sauvera le monde..., par Frédéric Lordon (Le Monde diplomatique, octobre 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/10/LORDON/60498

    Il est certain que le renversement de masse est souterrainement préparé par une série de décrochages individuels. Ça cède d’abord en silence dans les têtes, et l’épidémie de désertions se répand d’autant plus vite qu’abondent les exemples alentour. Il est certain également que, toutes choses égales par ailleurs, le désastre climatique accélérera les déplacements — nécessité commencera à faire loi. En ce sens, le ressort du désir d’en finir avec l’ordre capitaliste, c’est de ce côté que, de plus en plus, il va prendre consistance.

    #ZAD #mondialisation #libéralisme #consumérisme #environnement #alternative

  • Le franquisme déchire toujours l’Espagne. Reportage à retrouver dans l’édition de novembre, en kiosques. @PaulinePerrenot @vslonskamalvaud https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/PERRENOT/60929 …
    https://twitter.com/mdiplo/status/1189564621465817088

    Le franquisme déchire toujours l’Espagne. Reportage à retrouver dans l’édition de novembre, en kiosques. @PaulinePerrenot @vslonskamalvaud https://www.monde-diplomatique.fr/2019/11/PERRENOT/60929

  • How #Coca-Cola Undermines Plastic Recycling Efforts
    https://theintercept.com/2019/10/18/coca-cola-recycling-plastics-pollution

    ... bottle bills [...] put some of the responsibility — and cost — of recycling back on the companies that produce the waste, which may be why Coke and other soda companies have long fought against them.

    [...]

    Coca-Cola now makes 117 billion plastic bottles a year, according to its own estimates, untold billions of which end up being burned or dumped in landfills and nature. Coke was responsible for more waste than any other company in a 2018 global plastic cleanup conducted by the advocacy group Break Free From Plastic, with Coke-branded plastic found along the coasts and in the parks and streets of 40 out of 42 participating countries.

    On the political front, its advocacy against bottle bills has largely succeeded. Only 10 states now have bottle bills on the books, most of which passed in the 1970s and ’80s.

    #plastique #lobbying #politique #corruption #etats-unis

    • Audio from a meeting of recycling leaders obtained by The Intercept reveals how the soda giant’s “green” philanthropy helped squelch what could have been an important tool in fighting the plastic crisis — and shines a light on the behind-the-scenes tactics beverage and plastics companies have quietly used for decades to evade responsibility for their waste. The meeting of the coalition group known as Atlanta Recycles took place in January at the Center for Hard to Recycle Materials in Atlanta’s south side.

      Among the topics on the agenda for the recycling experts was a grant coming to Atlanta as part of a multimillion-dollar campaign Coke was launching “to boost recycling rates and help inspire a grassroots movement.” But it quickly became clear that one possible avenue for boosting recycling rates — a bottle bill — was off the table.

      (...) If they were truly interested in increasing the recycling rate, a bottle bill or container deposit law, which requires beverage companies to tack a charge onto the price of their drink to be refunded after it’s returned, would be well worth looking at. People are far more likely to return their bottles if there’s a financial incentive. States with bottle bills recycle about 60 percent of their bottles and cans, as opposed to 24 percent in other states. And states that have bottle bills also have an average of 40 percent less beverage container litter on their coasts, according to a 2018 study of the U.S. and Australia published in the journal Marine Policy.

      But bottle bills also put some of the responsibility — and cost — of recycling back on the companies that produce the waste, which may be why Coke and other soda companies have long fought against them.

      #déchets #recyclage
      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/CHAMAYOU/59563