• A en croire le discours politico-médiatique, seule la vaccination protègerait de l’épidémie et permettrait de « retrouver une vie normale ». Or les campagnes vaccinales ont débuté depuis plus de 6 mois dans le monde. Délai trop court pour évaluer pleinement l’impact de la vaccination sur les formes sévères, mais qui suffit déjà à montrer que le « passe sanitaire » n’a pas de fondement épidémiologique.

    Gibraltar compte environ 34 000 habitants, vaccinés à 100%. Il connaît pourtant une flambée de nouveaux cas depuis le début du mois de juillet

    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/200721/la-vaccination-l-epreuve-des-faits-1ere-partie-les-chiffres-de-l-epi

    Laurent Mucchielli
    Sociologue, directeur de recherches au CNRS (Centre Méditerranéen de Sociologie, de Science Politique et d’Histoire).

    • je ne développe pas ce type est un falsificateur, je vais pas brandoliner à vie.

      juste un exemple « anodin »

      dans presque tous les pays occidentaux, le nouveau variant dit Delta provoque une reprise épidémique tandis que la mortalité n’augmente pas. La première hypothèse est l’effet de la vaccination. Cette dernière varie toutefois de 40 à 100% de la population avec des résultats finalement assez similaires, ce qui laisse place au doute.

      vouloir faire croire que le vaccin protège pas c’est nous prendre pour des imbéciles (plus de 99% des morts covis actuels aux USA ont des non vaccinés, c’est désormais une pandémie de non vaccinés au niveau mondial, ça fait du monde), sauf que dans aucun pays au monde le taux de vaccination n’est de 100% (Israël = 60%, par exemple)

      dans un deuxième papier ce nuisible abruti veut montrer que la vaccination est pour ainsi dire plus dangereuse que le virus :

      la vaccination de masse conduit pourtant à une mortalité inédite dans l’histoire de la médecine moderne.

      https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/300721/la-vaccination-covid-l-epreuve-des-faits-2eme-partie-une-mortalite-i

      il fait une lecture absurde des résultats de la pharmaco vigilance et annonce comme ça 1000 morts du vaccin en France, sa lecture étroitement quantitative comptabilise les décès recensés chez des vaccinés mais il omet sans scrupule aucun les comorbidités existantes et il rapporte pas les décès de vaccinés aux décès attendus hors covid pour la population considérée, avec ou sans vaccin. Il confond corrélation et causalité. Il niait la seconde vague, prétendait que le nombre de morts covid-19 était faux, parlait de saisonnalité de la covid19.

      Un fatras de conneries dignes de Raoult, Peronne, Fouché, autant de contributions qui aident le gvt en contribuant à fabriquer une opposition débile (radicalement faible en terme d’analyse de la situation, inapte à imposer une politique de santé comme dans aucun domaine, si ce n’est à s’en référer à des soit disant sachants ou à des hommes forts, et hop, la boucle eet bouclée)

      Bref, rien n’interdit de lire un article avant de le recommander.

    • Bref, rien n’interdit de lire un article avant de le recommander.

      Oui c’est vrais, et rien n’interdit de donner des sources à ces propres commentaires.

      Garder le doute est plus sain qu’avaler et régurgiter, sans vouloir t’offenser. Je trouve juste l’image assez généralisée.

      sauf que dans aucun pays au monde le taux de vaccination n’est de 100% (Israël = 60%, par exemple)

      C’est faux , une simple recherche taux de vaccination par pays sur le moteur Google t’orientera directement vers les graphiques (merci la régie publicitaire quand même) et tu verra que Gibraltar est bien vacciné avec un taux > 99% depuis courant avril mai.

      Faut pas croire à d’autre article qui montre Israël avec 60% de vaccination comme un exemple mondiale à suivre pour donner plus de valeur à la déclaration de son ministère de la Santé qui viendrait soi-disant de mettre en garde contre une baisse spectaculaire de l’efficacité du vaccin anti-Covid au bout de quelques mois.

      Pour le reste, c’est très mal argumenté et apporté, je crois qu’on peut se rejoindre là dessus, mais ce sont les chiffres de l’ANSM ( établissement public français donc tout du moisn aussi sérieux que sante-public.fr j’ai envie de dire) et en lisant ce document on peut effectivement lire qu’uniquement pour la période du du 04 juin 2021 au 08 juillet 2021 il y a eu 5191 cas graves suite à vaccination déclarés par les professionnels de santé dont 170 mort et 1260 hospitalisations rien que pour VaxZevria c’est à dire AstraZeneca.

      https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-14-vaxzevira-astrazeneca-2.pdf

  • Mesure d’application de la 9 iéme ORDONNANCE des autorités d’occupation au sujet des juifs.

    En vertu du 1er paragraphe de la 9eme ordonnance du 8 juillet 1942 édictant des mesures à l’égard des juifs, il est interdit aux juifs de fréquenter tous les établissements publics dont la liste suit :

    Cette mesure entre en vigueur immédiatement.

    1 Restaurants et lieux de dégustation
    2 Cafés salons de thé et bars.
    3 Théâtres.
    4 Cinémas.
    5 Concerts.
    6 Music halls et autres lieux de plaisir.
    7 Cabines de téléphone public.
    8 Marchés et foires.
    9 Piscines et plages.
    10 Musées.
    11 Bibliothèques.
    12 Expositions publiques.
    13 Châteaux forts, châteaux historiques ainsi que tout autres monuments présentant un caractère historique.
    14 Manifestations sportives, soit comme participants, soit comme spectateurs.
    15 Champs de courses et locaux de pari mutuel.
    16 Lieux de camping.
    17 Parcs.

    Dr. Hoehere S.S. und Polizeifueherer im Berreich des Wilitaerbefehlshabers

    NDR N’oublions pas d’ajouter les centres commerciaux, les moyens de transport . . .
    Les françaises et les français pratiquant le religion juive doivent être on ne peut plus consterné.e.s par les derniers décrets d’ #émmanuel_macron, suite à ses trés maigres résultats électoraux récents.

    #covid #covid-19 #coronavirus #santé #surveillance #france #EnMarche #confinement #pandémie #vaccin

  • Hommes et COVID-19: une tempête parfaite
    Alexandra S. Arbour, Québec Science, le 25 février 2021
    https://www.quebecscience.qc.ca/carnet-sante/hommes-covid-19-tempete-parfaite

    Il y aurait un « sexe faible » face à la COVID-19 : les hommes ont deux fois plus de risques de souffrir d’une forme grave de la maladie ou d’en mourir que les femmes, peu importe leur tranche d’âge ou leurs problèmes de santé.

    Cités ici:

    Sex differences in immune responses that underlie COVID-19 disease outcomes
    Takehiro Takahashi, Mallory K. Ellingson, Patrick Wong, Benjamin Israelow, Carolina Lucas, Jon Klein, Julio Silva, Tianyang Mao, Ji Eun Oh, Maria Tokuyama, Peiwen Lu, Arvind Venkataraman, Annsea Park, Feimei Liu, Amit Meir, Jonathan Sun, Eric Y. Wang, Arnau Casanovas-Massana, Anne L. Wyllie, Chantal B. F. Vogels, Rebecca Earnest, Sarah Lapidus, Isabel M. Ott, Adam J. Moore, Yale IMPACT Research Team, Albert Shaw, John B. Fournier, Camila D. Odio, Shelli Farhadian, Charles Dela Cruz, Nathan D. Grubaugh, Wade L. Schulz, Aaron M. Ring, Albert I. Ko, Saad B. Omer & Akiko Iwasaki
    Nature 588:315–320 (2020)
    https://www.nature.com/articles/s41586-020-2700-3

    No game days. No bars. The pandemic is forcing some men to realize they need deeper friendships.
    Samantha Schmidt, The Washington Post, le 30 novembre 2020
    https://www.washingtonpost.com/road-to-recovery/2020/11/30/male-bonding-covid

    #coronavirus #science #hommes

    • Le texte de l’article du Washington Post :

      It took a global pandemic and a badly timed breakup for Manny Argueta to realize just how far he had grown apart from his guy friends.

      In the spring, after the 35-year-old had left the home he shared with his former girlfriend and moved into a studio in Falls Church, Va., on his own, he would go an entire week without saying a word. There were no more game days with the guys, no more Friday nights in D.C. bars, and Argueta was starved for social interaction. He returned to his PlayStation 4, jumping on the microphone with a stranger while playing “Overwatch” just to hear someone’s voice. He discovered the messaging app Discord and started chatting with his old gamer friends and watching them play “Mortal Kombat 11” — even when he didn’t have the game set up himself.

      He started recognizing how dependent his friendships had become on those Sunday football games and nights at 14th Street lounges, on venting about Republicans or why the Caps fell short in the playoffs. They hardly ever talked about relationships or family, or just generally how they were doing. He had never met many of their family members.

      On a rare night he spent catching up with an old friend in October, a mixture of vulnerability and intoxication led him to pour out his frustrations. “I bet you still have no idea why her and I broke up,” he said to his friend. “I bet you have no idea.” The friend paused, apologized and let him talk for a while about what had happened.

      For more than a decade, psychologists have written about the “friendship crisis” facing many men. One 2006 analysis published in the American Sociological Review found that while Americans in general have fewer friends outside the family than they used to, young, White, educated men have lost more friends than other groups.

      Male friendships are often rooted in “shoulder-to-shoulder” interactions, such as watching a football game or playing video games, while women’s interactions are more face-to-face, such as grabbing a coffee or getting together for a glass of wine, said Geoffrey Greif, a professor at the University of Maryland School of Social Work who wrote a book about male friendship. When Greif surveyed hundreds of men about how they most often socialized with friends, 80 percent of men said “sports” — either watching or participating in them together.

      Because of this, many men have probably had a harder time than women figuring out how to adapt their friendships in a pandemic that is keeping them apart.

      “The rules for guys pursuing other guys for friendships are not clear,” Greif said. “Guys don’t want to seem too needy.”

      But the pandemic might be forcing this dynamic to change.
      As the pandemic continues into the holiday season, rates of anxiety, depression, and suicidal ideation are rising. (The Washington Post)

      Fatherhood is more visible than ever. But will dads working from home actually step up more?

      In emails and interviews with The Washington Post, dozens of men shared stories about Zoom poker games, backyard cigar nights, neighborhood-dad WhatsApp chains, Dungeons & Dragons groups and Fantasy Football leagues where casual chats about sports and politics have suddenly led to deep conversations — about the struggles of virtual schooling, family illness, breakups, births, wedding postponements and job losses.

      The moment feels heavier and so do the conversations. Some men said their friendships have begun to look more like those of their wives and girlfriends. For the first time in their lives, they’re going on walks with male friends just to catch up. They’re FaceTiming old college friends and checking in on neighbors — not only to talk about the NBA draft picks or their children’s soccer schedule — but to ask how they’re doing.

      Argueta, who works as a loan delivery specialist, was used to avoiding talking about personal details in his conversations with male friends. But after struggling with his mental health and going through therapy this year, he said he wants to start finding ways to tell his friends what’s actually going on.

      “We are so used to finding a distraction to help us when we should be addressing what’s in front of us,” he said. “The world needed to slow down … we should slow down, too.”

      Unprecedented isolation

      Men weren’t always like this.

      As young boys, male friends tend to share their deepest secrets and most intimate feelings with each other, said Niobe Way, a professor of developmental psychology who interviewed hundreds of boys for her 2013 book, “Deep Secrets: Boys’ Friendships and the Crisis of Connection.”

      But as boys begin to enter adolescence at age 15 or 16, “you start to hear them shut down and not care anymore,” Way said. They start to act defensive about their friendships, saying they’re “not gay” and that they’re not as close anymore. “You hear those expectations of manhood get imposed on them.”

      Way argues the lack of vulnerability in male friendships is rooted in a misogynistic, homophobic culture that discourages emotional intimacy between men. But it’s also part of a culture that does not value adult friendship in general.

      “The goal of adulthood is to find a partner, not to find a best friend,” Way said. “There’s nothing in our definition of success or maturity … that includes friendships.”

      But research shows that close friendships and social networks are essential to getting by. A Brigham Young University study found that social connections — with friends, family, neighbors or colleagues — improve a person’s odds of survival by 50 percent.

      In 2018, the suicide rate among men was 3.7 times higher than among women, according to statistics from the National Institute of Mental Health. But some surveys show men are less likely than women to admit they are lonely, while other research suggests men derive more of their emotional intimacy from the women in their lives. In one study, married men were more likely than married women to list their spouse as their best friend.

      For months, he helped his son keep suicidal thoughts at bay. Then came the pandemic.

      In this time of unprecedented isolation, Way said, many men may be forced to change the way they think about their friendships and to connect in new, deeper ways. “I think they’re being forced to for survival.”

      John Bramlette, a 42-year-old father of two young children in Chevy Chase, Md., has seen these shifts in his own relationships. Before the pandemic, his closest male friends were from the softball team he has played with for 14 years, every Thursday evening. The group would often get together for a beer after a game or to watch baseball on TV after the kids were asleep.

      But in normal times, it never dawned on him to ask one of his friends to go for a walk, just to chat, something his wife has been doing with her female friends for her entire adult life. In the past month, he has gone on three walks with male friends, and he plans on continuing to make it a regular thing, at lunchtime in Rock Creek Park.

      “It’s totally logical,” said Bramlette, who is chief operating officer of Washington Nationals Philanthropies. “Why wouldn’t we do this?”

      Dave Wakeman, a 46-year-old marketing consultant who lives in D.C.’s Forest Hills neighborhood, said many of his social interactions before the pandemic revolved around his kids’ sports or family gatherings with neighbors. But eight weeks into the pandemic, he ran into a neighbor two doors down and realized he had lost touch with him and other neighborhood dads.

      If you could describe 2020 in one word or phrase, what would it be? Tell The Post.

      The group of six men decided to start having happy hours with social distancing on their lawn chairs in their shared cul-de-sac. They created a WhatsApp group they call “The Battalion,” where they constantly share everything from Tucker Carlson jokes and political memes to frustrations with parenting and working from home.

      “It’s become easier for people to say, ‘Hey look, I really am struggling right now,’" Wakeman said.

      A few years ago, Stephen Davis, a 33-year-old tax manager in Alexandria, Va., joined a group text with one of his best friends and some other guys he vaguely knew from college. The conversation was, at first, solely focused on the world of professional wrestling. They called it “Five MB,” short for Five Man Band.

      But recently, the group has evolved into a space to vent about so much more. It’s gotten them through multiple job changes, home moves and the births of four of their children — including two during the pandemic. When Davis was struggling with ideas for how to keep his son occupied when playgrounds were closed, one of the other dads in the group suggested an obstacle course of pillows for his son to run through. When Davis’s wife’s water broke, he texted the Five Man Band before anyone else — even before his parents.

      The group has become closer than ever during the pandemic. They now send nearly 100 text messages a day, a constant stream of consciousness about what’s going on in their lives. The conversations feel more vulnerable, more honest than others Davis has ever had with friends in the past. They’re the kind of conversations he would have never been able to have while sitting at a bar and watching a game.

      “There’s always too much noise to get to that next level,” he said.

      ‘I’m going to be real’

      Jonathan Gordon sometimes wishes his college buddies would talk about more serious topics. The group of four men, who met on their freshman floor at the University of Virginia and are now in their 30s, have all been groomsmen in one another’s weddings. They have gone on international trips together. They all consider the other men in the group their closest friends.

      So why don’t they ever actually talk about their feelings?

      “I’ve always thought it’s funny that we talk about things that are completely inconsequential 80 to 90 percent of the time,” said his friend Alex Hyde, 32, over a joint Zoom call last week.

      When the friends get together in person, for a beer or dinner, the deeper details “sneak in by accident,” Hyde said. Now that they can’t, the more serious topics don’t come as naturally over text. It feels more raw, Hyde said. “In general with other guys, there’s a certain amount of harassment that goes with anything you say … you got to be ready for that.”

      It feels impossible not to revert to making fun of each other, Gordon said. “We have no self-restraint. … I can’t not crack up. We set each other off,” he said. “In an ideal world, we wouldn’t do that.”

      The coronavirus pandemic is pushing America into a mental health crisis

      These are the kinds of conversations Argueta, the 35-year-old in Falls Church, had come to expect from his friendships with other men.

      On Saturday, when a couple of friends came over to help him set up his PC, Argueta expected them to roast him for looking like a “broke college student” in his new studio, where he has barely put anything on the walls and he has cords all over his desk.

      But instead, the two friends asked him to talk about what led up to his breakup, and how he was handling the past few months. Argueta opened up to them — about his past relationship, the move, the pandemic, everything. He was more personal with them than he had ever been before.

      One of his friends reminded him he could call the group on Discord anytime. “Just talk, just say anything,” the friend said. “Somebody’s going to answer.”

      Argueta planned to send them a group text message soon, thanking his friends for coming over and for "bailing me out in more ways than you think.” He wanted to keep being honest about what he was going through.

      “I’m going to be real,” he said.

      He wondered if they would do the same.

  • Résultats pas très probants, mais au moins là bas on peut faire le calcul :

    Quelle diversité chez les nouveaux professeurs d’université ?
    Mélissa Guillemette, Québec Science, le 23 juillet 2020
    https://www.quebecscience.qc.ca/societe/diversite-professeurs-universite

    Québec Science s’est penché particulièrement sur le sort des minorités visibles (c’est-à-dire les personnes, autres que les Autochtones, qui n’ont pas la peau blanche) et des Autochtones. En 2019, les universités avaient parmi leurs employés 6% de minorités visibles, alors que l’objectif moyen était de 12,5%, et elles comptaient 0,3% d’employés autochtones, plutôt que le 0,5% visé en moyenne, selon le dernier rapport triennal de la CDPDJ. Ces statistiques comprennent tous les types d’emplois.

    Alors que les universités parlent de diversité, « moi, je parle plutôt de décolonisation », dit Catherine Richardson, de Concordia. À l’hiver dernier, tous les cours de la majeure et de la mineure en études des peuples autochtones étaient donnés par des enseignants autochtones (incluant des chargés de cours), « une victoire ».

    #Universités #Québec #Racisme #Discriminations #Autochtones #minorités_visibles

  • Les ravages du mercure à Grassy Narrows
    Actualités UQAM, le 30 avril 2020
    https://www.actualites.uqam.ca/2020/reduction-esperance-vie-communaute-autochtone-grassy-narrows

    Les données de cette étude, qui sont depuis longtemps à la disposition du gouvernement, n’ont jamais été analysées pour vérifier l’hypothèse d’une mort précoce. Au contraire, le gouvernement a répété pendant des décennies qu’il n’existait aucune preuve des effets du mercure sur la santé des habitants de Grassy Narrows. Une note d’information du gouvernement du Canada datant de 2017 indique qu’« il n’existe aucune donnée à l’heure actuelle permettant de confirmer si le taux d’invalidité ou de problèmes de santé importants est plus élevé que dans les autres Premières Nations ».

    Article original :
    Mercury exposure and premature mortality in the Grassy Narrows First Nation community : a retrospective longitudinal study
    Aline Philibert, Myriam Fillion, Donna Mergler, The Lancet Planetary Health, 4:e141-e148 (2020)
    https://www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(20)30057-7/fulltext

    Voir aussi à ce sujet :
    https://seenthis.net/messages/662297
    https://seenthis.net/messages/698352
    https://seenthis.net/messages/735476

    #Grassy_Narrows #Ontario #Donna_Mergler #pollution #mercure #autochtones #Canada #eau #poissons

  • L’hiver québécois : plus jamais comme avant
    Martin Primeau, Québec Science, le 14 novembre 2O19
    https://www.quebecscience.qc.ca/partenariat/hiver-quebecois-plus-jamais-comme-avant

    Le principal coupable porte le nom de bouleau glanduleux.

    #nos_ennemis_les_arbres

    le volume des précipitations et la vitesse de fonte de la neige sont appelés à changer en raison du réchauffement climatique.

    L’aspect des flocons est en pleine métamorphose et pourrait avoir des conséquences sur la distribution de la neige au Québec.

    « Dans 30 ans, nos hivers seront plus courts, mais s’accompagneront de chutes de neige plus abondantes, de l’ordre de 20 à 50 %. Les épisodes de verglas ne seront plus concentrés autour de la vallée du Saint-Laurent : ils s’étendront au nord. Les mutations observées l’hiver auront des répercussions sur la faune et la flore. Des espèces végétales migreront vers le nord. Le déplacement moyen récent est de 14 à 24 km par décennie. D’ici la fin du siècle, il atteindra de 300 à 700 km. Le même phénomène s’opérera chez des espèces animales. Déjà, le renard roux se déplace de plus en plus vers le nord, envahissant le territoire du renard arctique. »

    #Canada #Québec #neige #flocons

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Une petite gorgée de plastique dans votre thé ?
    Annie Labrecque, Québec Science, le 25 septembre 2019
    https://www.quebecscience.qc.ca/sante/gorgee-de-plastique-dans-votre-the

    Cette poche de thé pyramidale que vous trempez dans l’eau bouillante pour préparer votre thé libère des milliards de particules de plastique.

    #plastique #pollution #science

  • FIV au zoo : Comment faire bander un éléphant sans le fatiguer
    Dominique Forget, Québec Science, le 25 juillet 2013
    https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/fiv-au-zoo-comment-faire-bander-un-elephant-sans-le-fatiguer

    Francis Lavigne est un branleur et pas peu fier de l’être. Pour gagner sa vie, mais surtout dans l’espoir d’assurer une descendance aux éléphants d’Afrique menacés dans leur habitat naturel par le commerce de l’ivoire, il masturbe régulièrement Jeannot, l’éléphant du Parc Safari, seul mâle de son espèce au Canada.

    (...)

    Les épaules au niveau du fessier de la bête, il lui introduit son bras ganté et bien lubrifié dans le rectum, retire d’abord quelques crottins qui pourraient gêner son travail, puis, avec de rapides mouvements de va-et-vient, masse vigoureusement la prostate de l’éléphant. Son labeur est récompensé quand le pénis de Jeannot sort enfin de l’enveloppe cutanée où il se cache et s’étire, en semi-érection, sur toute sa longueur : 1 m, pour une quinzaine de centimètres de diamètre.

    Mensurations obligent, quelques coups de poignet ne suffiraient pas à faire éjaculer Jeannot. Heureusement, la stimulation de la prostate y parviendra. À condition de savoir s’y prendre. « Des fois, on a de la chance et il ne faut que 20 minutes, explique Francis, dont la boucle de ceinture représente la tête d’un éléphant. Mais parfois, ça prend des heures et on ne doit pas arrêter, sans quoi, c’est foutu. Il faut avoir du bras ! » raconte-t-il par une journée où le mercure dépasse les 30 °C.

    C’est seulement une fois le pénis de Jeannot déployé que Michael Carpentier, l’assistant de Francis, tend une perche au bout de laquelle se trouve un récipient de plastique. Il y récolte le sperme, 25 ml à peine, semence précieuse qui servira à inséminer quelques rares femelles encore capables de se reproduire en captivité.

    (...)

    « Au début, Jeannot resserrait son anus quand j’y insérais la main et ça me coupait la circulation », raconte Francis Lavigne, qui a visité des zoos et des centres de conservation en Amérique du Nord et en Afrique pour apprendre son métier. « Chaque fois qu’il relâchait ses sphincters, mon assistant l’encourageait en lui donnant des carottes. L’expérience doit toujours rester positive pour l’animal. Sinon, il ne va pas coopérer », poursuit le responsable des pachydermes, qui pousse le dévouement jusqu’à dormir (avec sa copine !) dans la cabane réservée aux éléphants du Parc Safari, les nuits où ses protégés filent un mauvais coton.

    Les zoologistes ne manquent pas d’imagination pour amener les mâles au septième ciel et recueillir leur sperme. Au Smithsonian’s National Zoo, l’équipe a mis au point un vagin artificiel, une espèce de tube en cuir doté d’une poignée, pour masturber les cerfs d’Eld, une espèce du sud-est asiatique en danger d’extinction. À l’université Acadia, en Nouvelle-Écosse, le Québécois José Lefebvre a découvert qu’il pouvait faire éjaculer les tortues mouchetées avec un vibrateur acheté au sex shop du coin.

    (...)

    La technique d’électroéjaculation, utilisée pour les guépards sous anesthésie, a d’abord été mise au point chez les humains pour permettre aux hommes tétraplégiques d’avoir des enfants. Une sonde électrique est placée dans le rectum et provoque la contraction des muscles qui entourent les conduits s’étirant des testicules jusqu’au bout du pénis.

    #Science #Improbable_Research

    A rajouter à la compilation d’article sur la #sexualité animale et humaine :
    https://seenthis.net/messages/686795

  • La forêt boréale profitera du réchauffement… jusqu’à un certain point
    Laurie Noreau, Québec Science, le 3 janvier 2019
    https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/foret-boreale-rechauffement-jusqua-certain-point

    Article original :

    Beneficial effects of climate warming on boreal tree growth may be transitory
    Loïc D’Orangeville, Daniel Houle, Louis Duchesne, Richard P. Phillips, Yves Bergeron & Daniel Kneeshaw
    Nature Communications 9:3213 (2018)
    https://www.nature.com/articles/s41467-018-05705-4

    #Forêts #Arbres #Réchauffement #Québec

    On l’ajoute à la troisième compilation :
    https://seenthis.net/messages/680147

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #Anthropocène #capitalocène

  • Le lien entre stress et dépression mis au jour
    Martine Letarte, Québec Science, le 3 janvier 2019
    https://www.quebecscience.qc.ca/sciences/les-10-decouvertes-de-2018/stress-depression

    Article original :

    Social stress induces neurovascular pathology promoting depression
    Caroline Menard, Madeline L. Pfau, Georgia E. Hodes, Veronika Kana, Victoria X. Wang, Sylvain Bouchard, Aki Takahashi, Meghan E. Flanigan, Hossein Aleyasin, Katherine B. LeClair, William G. Janssen, Benoit Labonté, Eric M. Parise, Zachary S. Lorsch, Sam A. Golden, Mitra Heshmati, Carol Tamminga, Gustavo Turecki, Matthew Campbell, Zahi A. Fayad, Cheuk Ying Tang, Miriam Merad & Scott J. Russo
    Nature Neuroscience 20:1752–1760 (2017)
    https://www.nature.com/articles/s41593-017-0010-3

    #Science #Stress #Dépression

  • #Paywall : The Business of Scholarship

    Paywall: The Business of Scholarship, produced by #Jason_Schmitt, provides focus on the need for open access to research and science, questions the rationale behind the $25.2 billion a year that flows into for-profit academic publishers, examines the 35-40% profit margin associated with the top academic publisher Elsevier and looks at how that profit margin is often greater than some of the most profitable tech companies like Apple, Facebook and Google. For more information please visit: Paywallthemovie.com


    https://vimeo.com/273358286

    #édition_scientifique #université #documentaire #film #elsevier #profit #capitalisme #savoir #impact_factor #open_access
    signalé par @fil, que je remercie

    –-----------

    Quelques citations du tirés du film...

    John Adler, prof. Standford University :

    “Publishing is so profitable, because the workers dont’ get paid”

    Paul PETERS, CEO #Hindawi :

    “The way we are adressing the problem is to distinguish the assessment of an academic from the journals in which they publish. And if you’re able to evaluate academics based on the researchers they produce rather than where their research has been published, you can then start to allow researchers to publish in journals that provide better services, better access”

    Paul PETERS, CEO Hindawi :

    “Journals that are highly selective reject work that is perfectly publishable and perfectly good because it is not a significant advance, it’s not gonna made the headline as papers on disease or stemcells”

    Alexandra Elbakyan :

    “Regarding the company itself (—> Elsevier), I like their slogan ’Making Uncommon Knowledge Common’ very much. But as far as I can tell, Elsevier has not mastered this job well. And sci-hub is helping them, so it seems, to fulfill their mission”

    • je suis tres surpris par un point mentionne plusieurs fois : il faut que la recherche sur la sante, le rechauffement climatique, etc, bref, tout ce qui a « un vrai impact » soit ouvert, parce qu’il y a des vrais problemes, et donc il faut du monde pour y participer.... Mais je n’ai pas entendu grand chose sur la recherche fondamentale... Je ne sais pas si ca tient du fait que la recherche fondamentale etant moins « remuneratrice », le probleme est moins flagrant... Mais ca me met mal a l’aise cette separation entre « les vrais problemes de la vie » et les questions fondamentales qui n’interessent pas grand monde....

    • The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era

      The consolidation of the scientific publishing industry has been the topic of much debate within and outside the scientific community, especially in relation to major publishers’ high profit margins. However, the share of scientific output published in the journals of these major publishers, as well as its evolution over time and across various disciplines, has not yet been analyzed. This paper provides such analysis, based on 45 million documents indexed in the Web of Science over the period 1973-2013. It shows that in both natural and medical sciences (NMS) and social sciences and humanities (SSH), Reed-Elsevier, Wiley-Blackwell, Springer, and Taylor & Francis increased their share of the published output, especially since the advent of the digital era (mid-1990s). Combined, the top five most prolific publishers account for more than 50% of all papers published in 2013. Disciplines of the social sciences have the highest level of concentration (70% of papers from the top five publishers), while the humanities have remained relatively independent (20% from top five publishers). NMS disciplines are in between, mainly because of the strength of their scientific societies, such as the ACS in chemistry or APS in physics. The paper also examines the migration of journals between small and big publishing houses and explores the effect of publisher change on citation impact. It concludes with a discussion on the economics of scholarly publishing.

      https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0127502

    • L’accès ouvert, un espoir qui donne le vertige…

      Les années 2018 et 2019 marquent une étape importante dans la politique scientifique de l’accès ouvert. Avec #Horizon_2020, l’Europe a annoncé l’obligation d’assurer le libre accès aux publications issues des projets de recherche qu’elle finance. En septembre 2018 #cOALition_S, un consortium européen d’établissements de financement de la recherche (l’ANR pour la France), soutenu par la commission européenne et l’ERC, publie les 10 principes de son Plan S. L’objectif est clairement désigné : “d’ici 2020, les publications scientifiques résultant de recherches financées par des subventions publiques accordées par les conseils de recherche et organismes de financement nationaux et européens participants doivent être publiées dans des journaux Open Access conformes ou sur des plates-formes Open Access conformes.”

      Le problème est que l’expression « #open_access » peut recouvrir des modèles économiques très différents : le “#green_open_access” (auto-archivage par l’auteur de ses travaux), le “#gold_open_access”, avec toute l’ambiguïté qu’il comporte puisque pour Couperin, il inclut aussi bien les articles dans des revues à comité de lecture en accès ouvert pour les lecteurs, payé par les auteurs avec des APC (Article processing charges) que le modèle Freemium OpenEdition, sans coût pour les auteurs ou encore les revues intégralement en accès ouvert[i]. C’est la raison pour laquelle a été introduit un nouvel intitulé dans les modèles celui de la voie “#diamant” ou “#platine” en opposition précisément à la voie “dorée” de plus en plus identifiée comme la voie de l’auteur/payeur (#APC).

      Alors que l’objectif ne concerne à ce stade que les articles scientifiques et non les ouvrages, chapitres d’ouvrages etc., les dissensions s’affichent au grand jour et dans les médias. Pour nombre de chercheurs, le Plan S de l’Union européenne ne va pas assez loin. Ils n’hésitent pas à dénoncer ouvertement les pratiques “anticoncurrentielles” d’Elsevier en saisissant la Direction générale de la commission européenne[ii]. La maison d’édition s’est en effet engagée depuis plusieurs années dans le « tout accès ouvert »[iii]. Il faut traduire ce que signifie ce « gold open access » ainsi promu : si les lecteurs ont accès aux articles gratuitement, les auteurs paient pour être publiés des APC (« author processing charges ») dont le montant, variable, engendre des profits inédits.

      De l’autre côté, logiquement, des associations d’éditeurs et les sociétés commerciales d’édition scientifique se sont élevées contre ce plan qui semble menacer leurs intérêts. Ils ont été soutenus par au moins 1700 chercheurs qui ont signé une Lettre ouverte[iv] lancée le 28 novembre à l’Union européenne contre le plan S. En France, d’autres ont publié en octobre 2018 une tribune dans Le Monde[v] contre ce même plan, non sans quelques confusions tellement la complexité du paysage est savamment entretenue, avec des arguments plus recevables qu’on ne l’aurait pensé. Qui croire ?

      Le Consortium national des bibliothèques françaises Couperin[vi] nous apporte une information utile sur les APC sur le site d’OpenAPC qui ont été versées aux éditeurs commerciaux en 2017, par chacun des 39 grands établissements de recherche enquêtés. Au total, 4 660 887 euros ont été dépensés par ces établissements pour publier 2635 articles, soit environ 1769 euros par article[vii]. Cela vient s’ajouter aux abonnements aux bouquets de revues et aux accès aux bases de données bibliométriques (Scopus d’Elsevier, WOS de Clarivate) dont les coûts, négociés, ne sont pas publiés.

      On mesure le bénéfice que les éditeurs retirent pour chaque article en comparant ces montants avec ceux estimés pour traiter un article dans l’alternative Freemium. A Cybergeo , en incluant les coûts d’un ingénieur CNRS qui encadre l’activité de la revue, du temps moyen investi par les évaluateurs, les correcteurs bénévoles et l’éditeur, ainsi que les coûts de la maintenance de la plateforme éditoriale, nous sommes parvenus à un coût moyen de 650 euros pour un article… Si Cybergeo appliquait le coût moyen des APC, elle en retirerait un revenu de près de 100 000 euros/an !

      Le plus extraordinaire dans ces calculs est que ni les APC ni cette dernière estimation “frugale” de 650 euros/article ne prennent en compte la vraie valeur ajoutée des articles, les savoir et savoir-faire scientifiques dépensés par les auteurs et par les évaluateurs. Voilà qui devrait confirmer, s’il en était encore besoin, que la “production scientifique” est bien une activité qui ne peut décidément se réduire aux “modèles économiques” de notre système capitaliste, fût-il avancé…

      L’exigence de mise en ligne des articles en accès ouvert financés sur des fonds publics s’est donc institutionnalisée, mais on peut se demander si, loin d’alléger les charges pour la recherche publique, cette obligation ne serait pas en train d’ouvrir un nouveau gouffre de dépenses sans aucun espoir de retour sur investissement. Les bénéfices colossaux et sans risques de l’édition scientifique continuent d’aller aux actionnaires. Et le rachat en 2017 par Elsevier (RELX Group) de Bepress la plate-forme d’archives ouvertes, créée en 1999 sous le nom de Berkeley Electronic Press par deux universitaires américains de l’université de Berkeley, pour un montant estimé de 100 millions d’euros, n’est pas non plus pour nous rassurer sur le devenir du “green open access” (archives ouvertes) dans ce contexte.

      https://cybergeo.hypotheses.org/462

    • Open APC

      The #Open_APC initiative releases datasets on fees paid for Open Access journal articles by universities and research institutions under an Open Database License.

      https://treemaps.intact-project.org
      #database #base_de_données #prix #statistiques #chiffres #visualisation

      Pour savoir combien paient les institutions universitaires...


      https://treemaps.intact-project.org/apcdata/openapc/#institution

      12 millions d’EUR pour UCL selon ce tableau !!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Communiqué de presse : L’#Académie_des_sciences soutient l’accès gratuit et universel aux #publications_scientifiques

      Le 4 juillet 2018, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a publié un plan national pour la science ouverte, dans lequel « la France s’engage pour que les résultats de la recherche scientifique soient ouverts à tous, chercheurs, entreprises et citoyens, sans entrave, sans délai, sans paiement ». Le 4 septembre 2018, onze agences de financement européennes ont annoncé un « Plan cOAlition S(cience) » indiquant que dès 2020, les publications issues de recherches financées sur fonds publics devront obligatoirement être mises en accès ouvert.

      En 2011, 2014, 2016 et 2017, l’Académie des sciences a déjà publié des avis mentionnant la nécessité de faciliter l’accès aux publications (voir ci-dessous « En savoir plus »). Elle soutient les principes généraux de ces plans et recommande la prise en charge des frais de publications au niveau des agences de financement et des institutions de recherche. Toutefois, la mise en place concrète de ces mesures imposera au préalable des changements profonds dans les modes de publication. L’Académie des sciences attire l’attention sur le fait que ces changements dans des délais aussi courts doivent tenir compte des spécificités des divers champs disciplinaires et de la nécessaire adhésion à ces objectifs de la communauté scientifique. De nombreux chercheurs rendent déjà publiques les versions préliminaires de leurs articles sur des plates-formes ouvertes dédiées comme HAL (Hyper Articles en Ligne).

      Il est important de noter que le processus d’accès ouvert des publications ne doit pas conduire à une réduction du processus d’expertise qui assure la qualité des articles effectivement acceptés pour publication. Sans une évaluation sérieuse des publications par des experts compétents, une perte de confiance dans les journaux scientifiques serait à craindre.

      Un groupe de l’Académie des sciences travaille actuellement sur les questions soulevées par la science ouverte et un colloque sera organisé sur ce thème le 2 avril 2019 pour en débattre.


      https://www.academie-sciences.fr/fr/Communiques-de-presse/acces-aux-publications.html
      #résistance

    • Lancement de la fondation #DOAB : vers un #label européen pour les livres académiques en accès ouvert

      OpenEdition et OAPEN (Open Access Publishing in European Network, fondation implantée aux Pays-Bas) créent la fondation DOAB (Directory of Open Access Books). Cette fondation permettra de renforcer le rôle du DOAB, index mondial de référence répertoriant les ouvrages académiques en accès ouvert, et ce, notamment dans le cadre de la stratégie européenne pour le projet d’infrastructure OPERAS (Open access in the European research area through scholarly communication).


      Depuis plusieurs années les pratiques de publication en accès ouvert se multiplient en Europe du fait d’une plus grande maturité des dispositifs (archives ouvertes, plateformes de publication) et de la généralisation de politiques coordonnées au niveau des États, des financeurs de la recherche et de la Commission européenne. Ce développement du libre accès s’accompagne d’une multiplication des initiatives et des publications dont la qualité n’est pas toujours contrôlée.

      En 2003, l’Université de Lundt a créé le Directory of Open Access Journals (DOAJ). Devenu une référence mondiale, le DOAJ garantit la qualité technique et éditoriale des revues en accès ouvert qui y sont indexées.

      En 2012 la fondation OAPEN a créé l’équivalent du DOAJ pour les livres : le Directory of Open Access Books (DOAB). Ce répertoire garantit que les livres qui y sont indexés sont des livres de recherche académique (évalués par les pairs) et en accès ouvert. Le DOAB s’adresse aux lecteurs, aux bibliothèques mais aussi aux financeurs de la recherche qui souhaitent que les critères de qualité des publications en accès ouvert soient garantis et certifiés. Il indexe aujourd’hui plus de 16 500 livres en accès ouvert provenant de 315 éditeurs du monde entier.

      En Europe, les plateformes OAPEN et OpenEdition Books structurent largement le paysage par leur étendue internationale et leur masse critique. Leur alliance constitue un événement majeur dans le champ de la science ouverte autour de la labellisation des ouvrages.

      Via la fondation DOAB, le partenariat entre OpenEdition et OAPEN permettra d’asseoir la légitimité et d’étendre l’ampleur du DOAB en Europe et dans le monde, en garantissant qu’il reflète et prenne en compte la variété des pratiques académiques dans les différents pays européens en particulier. Les deux partenaires collaborent déjà au développement technique du DOAB grâce au projet HIRMEOS financé par l’Union Européenne dans le cadre de son programme Horizon 2020.
      La création de la fondation est une des actions du Plan national pour la science ouverte adopté en 2018 par la ministre française de la Recherche, Frédérique Vidal.

      OpenEdition et OAPEN forment avec d’autres partenaires le noyau dur d’un projet de construction d’une infrastructure européenne sur leur domaine de compétence : OPERAS – Open access in the European research area through scholarly communication. Avec un consortium de 40 partenaires en provenance de 16 pays européens, OPERAS vise à proposer une offre de services stables et durables au niveau européen dont le DOAB est une part essentielle.

      Selon Eelco Ferwerda, directeur d’OAPEN : « Le DOAB est devenu une ressource essentielle pour les livres en accès ouvert et nous nous en réjouissons. Je tiens à remercier Lars Bjørnshauge pour son aide dans le développement du service et Salam Baker Shanawa de Sempertool pour avoir fourni la plateforme et soutenu son fonctionnement. Notre collaboration avec OpenEdition a été très précieuse dans l’élaboration du DOAB. Nous espérons à présent atteindre un niveau optimal d’assurance qualité et de transparence ».

      Marie Pellen, directrice d’OpenEdition déclare : « L’engagement d’OpenEdition à soutenir le développement du DOAB est l’un des premiers résultats concrets du Plan national français pour la science ouverte adopté par la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal. Grâce au soutien conjoint du CNRS et d’Aix-Marseille Université, nous sommes heureux de participer activement à une plateforme internationale cruciale pour les sciences humaines et sociales ».

      Pour Pierre Mounier, directeur adjoint d’OpenEdition et coordinateur d’OPERAS : « La création de la Fondation DOAB est une occasion unique de développer une infrastructure ouverte dans le domaine de la publication scientifique, qui s’inscrit dans le cadre de l’effort européen d’OPERAS, pour mettre en œuvre des pratiques scientifiques ouvertes dans les sciences humaines et sociales ».
      OpenEdition

      OpenEdition rassemble quatre plateformes de ressources électronique en sciences humaines et sociales : OpenEdition Books (7 000 livres au catalogue), OpenEdition Journals (500 revues en ligne), Hypothèses (3 000 carnets de recherche), Calenda (40 000 événements publiés). Depuis 2015, OpenEdition est le représentant du DOAB dans la francophonie.

      Les principales missions d’OpenEdition sont le développement de l’édition électronique en libre accès, la diffusion des usages et compétences liées à l’édition électronique, la recherche et l’innovation autour des méthodes de valorisation et de recherche d’information induites par le numérique.
      OAPEN

      La Fondation Open Access Publishing in European Networks (OAPEN) propose une offre de dépôt et de diffusion de monographies scientifiques en libre accès via l’OAPEN Library et le Directory of Open Access Books (DOAB).

      OpenEdition et OAPEN sont partenaires pour un programme d’interopérabilité sur leur catalogue respectif et une mutualisation des offres faites par chacun des partenaires aux éditeurs.

      https://leo.hypotheses.org/15553

    • About #Plan_S

      Plan S is an initiative for Open Access publishing that was launched in September 2018. The plan is supported by cOAlition S, an international consortium of research funders. Plan S requires that, from 2020, scientific publications that result from research funded by public grants must be published in compliant Open Access journals or platforms.

      https://www.coalition-s.org

    • Les #rébellions pour le libre accès aux articles scientifiques

      Les partisans du libre accès arriveront-ils à créer une brèche définitive dans le lucratif marché de l’édition savante ?

      C’est plus fort que moi : chaque fois que je lis une nouvelle sur l’oligopole de l’édition scientifique, je soupire de découragement. Comment, en 2018, peut-on encore tolérer que la diffusion des découvertes soit tributaire d’une poignée d’entreprises qui engrangent des milliards de dollars en exploitant le labeur des scientifiques ?

      D’une main, cette industrie demande aux chercheurs de lui fournir des articles et d’en assurer la révision de façon bénévole ; de l’autre main, elle étrangle les bibliothèques universitaires en leur réclamant des sommes exorbitantes pour s’abonner aux périodiques savants. C’est sans compter le modèle très coûteux des revues « hybrides », une parade ingénieuse des éditeurs qui, sans sacrifier leurs profits, se donnent l’apparence de souscrire au libre accès − un mouvement qui prône depuis 30 ans la diffusion gratuite, immédiate et permanente des publications scientifiques.

      En effet, les journaux hybrides reçoivent un double revenu : l’abonnement et des « frais de publication supplémentaires » versés par les chercheurs qui veulent mettre leurs articles en libre accès. Autrement, leurs travaux restent derrière un mur payant, inaccessibles au public qui les a pourtant financés, en tout ou en partie, par l’entremise de ses impôts. Les grands éditeurs comme Elsevier, Springer Nature et Wiley ont ainsi pris en otage la science, dont le système entier repose sur la nécessité de publier.

      Au printemps dernier, on a assisté à une rebuffade similaire quand plus de 3 300 chercheurs en intelligence artificielle, dont Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal, se sont engagés à ne pas participer à la nouvelle revue payante Nature Machine Intelligence.

      Un consortium universitaire allemand, Projekt DEAL, a tenté d’ébranler les colonnes du temple. Depuis deux ans, ses membres négocient avec Elsevier pour mettre fin au modèle traditionnel des abonnements négociés à la pièce, derrière des portes closes. Collectivement, les membres de Projekt DEAL veulent payer pour rendre accessibles, à travers le monde, tous les articles dont le premier auteur est rattaché à un établissement allemand. En échange, ils auraient accès à tous les contenus en ligne de l’éditeur. L’entente devrait obligatoirement être publique.

      Évidemment, cela abaisserait les prix des abonnements. Pour l’instant, Elsevier refuse toute concession et a même retiré l’accès à ses revues à des milliers de chercheurs allemands l’été dernier. La tactique pourrait toutefois se révéler vaine. Pour obtenir des articles, les chercheurs peuvent toujours demander un coup de main à leurs collègues d’autres pays, recourir à des outils gratuits comme Unpaywall qui fouillent le Web pour trouver une version en libre accès ou encore s’en remettre à Sci-Hub, un site pirate qui contourne les murs payants.

      Mais plus que la perte de ses clients, c’est l’exode de ses « fournisseurs » qui écorcherait à vif Elsevier. Déjà, des scientifiques allemands ont juré qu’ils ne contribueraient plus à son catalogue de publications – qui contient pourtant des titres prestigieux comme The Lancet et Cell.

      Au printemps dernier, on a assisté à une rebuffade similaire quand plus de 3300 chercheurs en intelligence artificielle, dont Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal, se sont engagés à ne pas participer à la nouvelle revue payante Nature Machine Intelligence. Partisans du libre accès, ils la considèrent comme « un pas en arrière » pour l’avenir de leur discipline.

      Et puis il y a le « plan S » : début septembre, 11 organismes subventionnaires européens ont annoncé que, à partir de 2020, ils ne financeront que les scientifiques promettant de diffuser leurs résultats dans des revues en libre accès. Le plan S exclurait d’office environ 85 % des journaux savants, y compris Nature et Science.

      Ces petites rébellions déboucheront-elles sur une véritable révolution de l’édition scientifique ? Difficile à dire, mais c’est suffisant pour passer du découragement à l’espoir.

      https://www.quebecscience.qc.ca/edito/rebellions-libre-acces-articles-scientifiques

    • Le business très juteux des revues scientifiques

      Les chercheurs produisent et révisent gratuitement des articles publiés dans des journaux dont l’accès est ensuite facturé très cher aux organismes de recherche dont ils dépendent.

      La crise sanitaire a mis les grands noms de l’édition scientifique sur le devant de la scène. Au début du mois de mars, la majorité des journaux scientifiques ont choisi de diffuser gratuitement les articles en lien avec le coronavirus, afin d’accélérer la recherche. Philanthropes ? Pas vraiment...

      En temps normal, les connaissances scientifiques se monnaient très cher. Les quelques maisons d’édition qui possèdent l’essentiel de ces revues sont parmi les entreprises les plus rentables au monde, affichant des marges de 30 % à 40 %. C’est plus que le géant de l’informatique Apple, qui enregistre une marge de 21 % sur ces dix dernières années. Le secret des éditeurs scientifiques réside en grande partie dans le fait qu’ils vendent des produits obtenus sans dépenser un sou... ou presque. Au sein de la communauté scientifique, les voix sont de plus en plus nombreuses à dénoncer ce système, source de profits considérables au détriment des fonds publics. Jeudi, le prestigieux Institut de technologie du Massachusetts (MIT) annonçait ainsi mettre fin aux négociations avec le leader du secteur, Elsevier.

      Le système est ainsi construit : un chercheur a tout intérêt à proposer des articles, puisque sa carrière (obtention d’un poste, de financements...) dépend étroitement du nombre d’articles qu’il publie et du prestige des journaux dans lesquels il publie. Lorsque le comité éditorial d’une revue est intéressé par un article qui lui a été proposé, il le soumet à des scientifiques spécialistes du domaine, qui sont chargés de l’évaluer. Ce travail essentiel, appelé « révision par les pairs » dans le jargon de l’édition scientifique, est réalisé bénévolement. Si l’article est accepté, le chercheur est alors contraint d’en céder les droits à l’éditeur, à titre exclusif et gracieux. L’entreprise revend ensuite aux bibliothèques universitaires et aux laboratoires de recherche des abonnements permettant d’accéder à ces articles. « Des personnes non rémunérées par l’éditeur produisent et évaluent gratuitement des résultats scientifiques que leurs institutions doivent ensuite acheter à l’éditeur » , résume Didier Torny, spécialiste de l’économie politique de la publication scientifique au CNRS. « Les profits arrivent ensuite dans la poche des actionnaires, c’est la poule aux oeufs d’or » , poursuit Marie Farge, mathématicienne et physicienne, directrice de recherche émérite au CNRS.

      Le secteur se porte mieux que jamais. En 2018, le marché pesait 25,7 milliards de dollars, selon l’Association internationale des éditeurs scientifiques, contre 21 milliards de dollars en 2010. Elsevier (désormais RELX), qui possède plus de 2 500 revues dont The Lancet et Cell , affichait en 2019 un chiffre d’affaires de 7,87 milliards d’euros (dont un tiers provient de l’édition), soit 5 % de plus qu’en 2018. Un succès qui s’explique notamment par l’augmentation des montants facturés aux clients. Lors des négociations, le rapport de force n’est pas en faveur des bibliothèques. « Nous étions contents quand nous arrivions à négocier une hausse de 12 % au lieu de 15 % » , se souvient Bernard Rentier, recteur de l’université de Liège (Belgique) entre 2005 et 2014. « Si nous refusions le contrat, nous nous entendions dire que notre établissement allait devenir un petit trou de province, faute de pouvoir accéder à cette littérature , poursuit l’universitaire, auteur de Science ouverte, le défi de la transparence (Éditions de l’Académie royale de Belgique). Ce sont des requins assumés, mais je ne leur jette pas la pierre : ils ont pour oeuvre de gagner de l’argent. On ne peut que reprocher aux clients d’être clients. »

      Actuellement, la France dépense environ 62 millions d’euros par an pour l’accès aux revues électroniques. Entre les années 1990 et 2018, la facture aurait augmenté annuellement de 2 % à 4 %, d’après une source proche du dossier. Mais il est difficile de le savoir précisément car la transparence n’est pas de mise. Jusqu’à récemment, les contrats noués entre Couperin (le consortium représentant plus de 250 acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche en France) et les éditeurs étaient confidentiels, à la demande de ces derniers. « Les négociations se font à la tête du client, et comme les contrats sont secrets, personne ne sait combien paient les autres » , dénonce Marie Farge. Pour la première fois en France, le contrat négocié avec la firme Elsevier en octobre 2019 a été divulgué officiellement (certains ont déjà fuité par le passé) : pendant quatre ans, 227 établissements de recherche et d’enseignement supérieur pourront accéder à 2 300 revues et services pour 34,7 millions d’euros par an en moyenne.

      Pendant longtemps, les frais d’édition semblaient tout à fait justifiés et n’étaient pas remis en cause par la communauté scientifique. « Au moment de l’essor des revues spécialisées, au XIXe siècle, les sociétés savantes ont délégué le travail d’édition, d’impression et de diffusion à des libraires et des éditeurs , rapporte Valérie Tesnière, spécialiste des pratiques et politiques éditoriales scientifiques contemporaines à l’École des hautes études en sciences sociales. Le modèle économique a été conçu à un moment où les auteurs et les rédactions des journaux avaient bien du mal à écrire en anglais (pour les Européens) et à assurer les mises aux normes des données qui facilitent la circulation internationale de l’information. Les éditeurs ont fait payer ce service et plus il était performant, plus les marges ont été confortables, car un bon service se paie. »

      Le développement d’internet aurait pu signer la fin de ce système, mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Et certains chercheurs estiment désormais que les prix pratiqués sont excessifs. « Bien sûr, il y a encore des frais liés aux serveurs, à la main-d’oeuvre, aux stockages des données , concède Laurette Tuckerman, physicienne à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles à Paris, mais la distribution se fait désormais essentiellement par voie électronique et ce sont souvent les chercheurs eux-mêmes qui s’occupent de la mise en page. » « Les coûts ne sont pas si nuls , conteste Valérie Tesnière. Les éditeurs fournissent aussi d’autres services aux chercheurs. Ils assurent en outre une diffusion internationale, organisée et immédiate via des systèmes d’information élaborés, qui leur font gagner du temps. »

      Mais l’escalade des prix s’explique en grande partie par un autre phénomène : la mise en place d’un oligopole, qui peut donc dicter à sa guise les lois du marché. « En trente ans, nous avons assisté à l’émergence de grands consortiums par fusions et acquisitions » , rapporte Bernard Rentier. Sur les quelque 12 000 éditeurs dans le monde, cinq se partagent 40 % du chiffre d’affaires. Autre raison de cette hausse spectaculaire, la nature des biens échangés. « En principe, si une entreprise vend un bien trop cher, les consommateurs vont se tourner vers ses concurrents. Mais en sciences, c’est impossible car les biens sont uniques » , explique Laurette Tuckerman. En économie, on parle de « demande inélastique » : la consommation n’est pas modifiée - ou très peu - par l’augmentation des prix. Cette spécificité du secteur n’est pas passée inaperçue aux yeux des investisseurs. Dès le début des années 2000, la banque d’investissement Morgan Stanley constatait que « la nature de niche du marché et la croissance rapide du budget des bibliothèques universitaires ont fait du marché de la publication scientifique le secteur de l’industrie des médias le plus florissant de ces quinze dernières années » .

      Pour justifier ces hausses répétées des prix, les éditeurs se sont mis à proposer des bouquets de revues (les « big deals » ) à des tarifs plus intéressants que la vente à l’unité, puis à augmenter le nombre de revues (et donc d’articles). Plus récemment, ils ont développé une autre stratégie, calquée sur une idée chère à la communauté scientifique : l’accès libre, gratuit pour tous... sauf pour les auteurs. Depuis le milieu des années 2000, ils proposent aux chercheurs de payer des frais de publication (les Article Publishing Charges, ou APC) afin que leur travail soit diffusé gratuitement. « Les établissements de recherche déboursent deux fois , résume Florence Audier, chercheuse à l’université Panthéon-Sorbonne, dans un article publié en 2018 dans la revue La Vie de la recherche scientifique . D’un côté en payant les frais de publication open access et de l’autre en maintenant l’abonnement à ces mêmes revues. »

      Si les frais d’abonnement commencent tout juste à s’infléchir - comme l’atteste la baisse des coûts de 13,3 % négociée lors du dernier contrat entre la France et Elsevier -, les APC connaissent une croissance très importante. D’après le consortium Couperin, les charges demandées par article par les éditeurs ont augmenté de 12 % en France entre 2015 et 2017, passant de 1 500 à 1 700 euros. Ces frais peuvent s’élever jusqu’à 7 000 dollars pour certains journaux. Des sommes souvent décorrélées des coûts de publication : « Les coûts réels pour publier un article uniquement en ligne peuvent être estimés entre 260 et 870 dollars, selon la qualité du travail d’édition et de relecture. Pour une version imprimée, c’est 1 300 à 2 000 dollars » , indique Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. Pour Marie Farge, ces pratiques « relèvent plus du droit de péage que de la tarification de services apportés aux auteurs et aux lecteurs des articles publiés électroniquement » . Contacté par Le Figaro , Elsevier n’a pas répondu aux questions soulevées dans cet article.

      Depuis une dizaine d’années, les initiatives se multiplient pour lutter contre ce système. Certains chercheurs refusent désormais de publier dans des revues commerciales ou de réviser les articles qui y sont soumis, des comités éditoriaux démissionnent pour protester contre l’augmentation des coûts de publication, et des bras de fer entre les éditeurs et les universités ont lieu un peu partout. Après tout, si les chercheurs quittaient la table des négociations, que deviendraient les éditeurs ?

      https://www.lefigaro.fr/sciences/le-business-tres-juteux-des-revues-scientifiques-20200612

    • Le business très juteux des revues scientifiques

      Les chercheurs produisent et révisent gratuitement des articles publiés dans des journaux dont l’accès est ensuite facturé très cher aux organismes de recherche dont ils dépendent.

      La crise sanitaire a mis les grands noms de l’édition scientifique sur le devant de la scène. Au début du mois de mars, la majorité des journaux scientifiques ont choisi de diffuser gratuitement les articles en lien avec le coronavirus, afin d’accélérer la recherche. Philanthropes ? Pas vraiment...

      En temps normal, les connaissances scientifiques se monnaient très cher. Les quelques maisons d’édition qui possèdent l’essentiel de ces revues sont parmi les entreprises les plus rentables au monde, affichant des marges de 30 % à 40 %. C’est plus que le géant de l’informatique Apple, qui enregistre une marge de 21 % sur ces dix dernières années. Le secret des éditeurs scientifiques réside en grande partie dans le fait qu’ils vendent des produits obtenus sans dépenser un sou... ou presque. Au sein de la communauté scientifique, les voix sont de plus en plus nombreuses à dénoncer ce système, source de profits considérables au détriment des fonds publics. Jeudi, le prestigieux Institut de technologie du Massachusetts (MIT) annonçait ainsi mettre fin aux négociations avec le leader du secteur, Elsevier.

      Le système est ainsi construit : un chercheur a tout intérêt à proposer des articles, puisque sa carrière (obtention d’un poste, de financements...) dépend étroitement du nombre d’articles qu’il publie et du prestige des journaux dans lesquels il publie. Lorsque le comité éditorial d’une revue est intéressé par un article qui lui a été proposé, il le soumet à des scientifiques spécialistes du domaine, qui sont chargés de l’évaluer. Ce travail essentiel, appelé « révision par les pairs » dans le jargon de l’édition scientifique, est réalisé bénévolement. Si l’article est accepté, le chercheur est alors contraint d’en céder les droits à l’éditeur, à titre exclusif et gracieux. L’entreprise revend ensuite aux bibliothèques universitaires et aux laboratoires de recherche des abonnements permettant d’accéder à ces articles. « Des personnes non rémunérées par l’éditeur produisent et évaluent gratuitement des résultats scientifiques que leurs institutions doivent ensuite acheter à l’éditeur » , résume Didier Torny, spécialiste de l’économie politique de la publication scientifique au CNRS. « Les profits arrivent ensuite dans la poche des actionnaires, c’est la poule aux oeufs d’or » , poursuit Marie Farge, mathématicienne et physicienne, directrice de recherche émérite au CNRS.

      Le secteur se porte mieux que jamais. En 2018, le marché pesait 25,7 milliards de dollars, selon l’Association internationale des éditeurs scientifiques, contre 21 milliards de dollars en 2010. Elsevier (désormais RELX), qui possède plus de 2 500 revues dont The Lancet et Cell , affichait en 2019 un chiffre d’affaires de 7,87 milliards d’euros (dont un tiers provient de l’édition), soit 5 % de plus qu’en 2018. Un succès qui s’explique notamment par l’augmentation des montants facturés aux clients. Lors des négociations, le rapport de force n’est pas en faveur des bibliothèques. « Nous étions contents quand nous arrivions à négocier une hausse de 12 % au lieu de 15 % » , se souvient Bernard Rentier, recteur de l’université de Liège (Belgique) entre 2005 et 2014. « Si nous refusions le contrat, nous nous entendions dire que notre établissement allait devenir un petit trou de province, faute de pouvoir accéder à cette littérature , poursuit l’universitaire, auteur de Science ouverte, le défi de la transparence (Éditions de l’Académie royale de Belgique). Ce sont des requins assumés, mais je ne leur jette pas la pierre : ils ont pour oeuvre de gagner de l’argent. On ne peut que reprocher aux clients d’être clients. »

      Actuellement, la France dépense environ 62 millions d’euros par an pour l’accès aux revues électroniques. Entre les années 1990 et 2018, la facture aurait augmenté annuellement de 2 % à 4 %, d’après une source proche du dossier. Mais il est difficile de le savoir précisément car la transparence n’est pas de mise. Jusqu’à récemment, les contrats noués entre Couperin (le consortium représentant plus de 250 acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche en France) et les éditeurs étaient confidentiels, à la demande de ces derniers. « Les négociations se font à la tête du client, et comme les contrats sont secrets, personne ne sait combien paient les autres » , dénonce Marie Farge. Pour la première fois en France, le contrat négocié avec la firme Elsevier en octobre 2019 a été divulgué officiellement (certains ont déjà fuité par le passé) : pendant quatre ans, 227 établissements de recherche et d’enseignement supérieur pourront accéder à 2 300 revues et services pour 34,7 millions d’euros par an en moyenne.

      Pendant longtemps, les frais d’édition semblaient tout à fait justifiés et n’étaient pas remis en cause par la communauté scientifique. « Au moment de l’essor des revues spécialisées, au XIXe siècle, les sociétés savantes ont délégué le travail d’édition, d’impression et de diffusion à des libraires et des éditeurs , rapporte Valérie Tesnière, spécialiste des pratiques et politiques éditoriales scientifiques contemporaines à l’École des hautes études en sciences sociales. Le modèle économique a été conçu à un moment où les auteurs et les rédactions des journaux avaient bien du mal à écrire en anglais (pour les Européens) et à assurer les mises aux normes des données qui facilitent la circulation internationale de l’information. Les éditeurs ont fait payer ce service et plus il était performant, plus les marges ont été confortables, car un bon service se paie. »

      Le développement d’internet aurait pu signer la fin de ce système, mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Et certains chercheurs estiment désormais que les prix pratiqués sont excessifs. « Bien sûr, il y a encore des frais liés aux serveurs, à la main-d’oeuvre, aux stockages des données , concède Laurette Tuckerman, physicienne à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles à Paris, mais la distribution se fait désormais essentiellement par voie électronique et ce sont souvent les chercheurs eux-mêmes qui s’occupent de la mise en page. » « Les coûts ne sont pas si nuls , conteste Valérie Tesnière. Les éditeurs fournissent aussi d’autres services aux chercheurs. Ils assurent en outre une diffusion internationale, organisée et immédiate via des systèmes d’information élaborés, qui leur font gagner du temps. »

      Mais l’escalade des prix s’explique en grande partie par un autre phénomène : la mise en place d’un oligopole, qui peut donc dicter à sa guise les lois du marché. « En trente ans, nous avons assisté à l’émergence de grands consortiums par fusions et acquisitions » , rapporte Bernard Rentier. Sur les quelque 12 000 éditeurs dans le monde, cinq se partagent 40 % du chiffre d’affaires. Autre raison de cette hausse spectaculaire, la nature des biens échangés. « En principe, si une entreprise vend un bien trop cher, les consommateurs vont se tourner vers ses concurrents. Mais en sciences, c’est impossible car les biens sont uniques » , explique Laurette Tuckerman. En économie, on parle de « demande inélastique » : la consommation n’est pas modifiée - ou très peu - par l’augmentation des prix. Cette spécificité du secteur n’est pas passée inaperçue aux yeux des investisseurs. Dès le début des années 2000, la banque d’investissement Morgan Stanley constatait que « la nature de niche du marché et la croissance rapide du budget des bibliothèques universitaires ont fait du marché de la publication scientifique le secteur de l’industrie des médias le plus florissant de ces quinze dernières années » .

      Pour justifier ces hausses répétées des prix, les éditeurs se sont mis à proposer des bouquets de revues (les « big deals » ) à des tarifs plus intéressants que la vente à l’unité, puis à augmenter le nombre de revues (et donc d’articles). Plus récemment, ils ont développé une autre stratégie, calquée sur une idée chère à la communauté scientifique : l’accès libre, gratuit pour tous... sauf pour les auteurs. Depuis le milieu des années 2000, ils proposent aux chercheurs de payer des frais de publication (les Article Publishing Charges, ou APC) afin que leur travail soit diffusé gratuitement. « Les établissements de recherche déboursent deux fois , résume Florence Audier, chercheuse à l’université Panthéon-Sorbonne, dans un article publié en 2018 dans la revue La Vie de la recherche scientifique . D’un côté en payant les frais de publication open access et de l’autre en maintenant l’abonnement à ces mêmes revues. »

      Si les frais d’abonnement commencent tout juste à s’infléchir - comme l’atteste la baisse des coûts de 13,3 % négociée lors du dernier contrat entre la France et Elsevier -, les APC connaissent une croissance très importante. D’après le consortium Couperin, les charges demandées par article par les éditeurs ont augmenté de 12 % en France entre 2015 et 2017, passant de 1 500 à 1 700 euros. Ces frais peuvent s’élever jusqu’à 7 000 dollars pour certains journaux. Des sommes souvent décorrélées des coûts de publication : « Les coûts réels pour publier un article uniquement en ligne peuvent être estimés entre 260 et 870 dollars, selon la qualité du travail d’édition et de relecture. Pour une version imprimée, c’est 1 300 à 2 000 dollars » , indique Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. Pour Marie Farge, ces pratiques « relèvent plus du droit de péage que de la tarification de services apportés aux auteurs et aux lecteurs des articles publiés électroniquement » . Contacté par Le Figaro , Elsevier n’a pas répondu aux questions soulevées dans cet article.

      Depuis une dizaine d’années, les initiatives se multiplient pour lutter contre ce système. Certains chercheurs refusent désormais de publier dans des revues commerciales ou de réviser les articles qui y sont soumis, des comités éditoriaux démissionnent pour protester contre l’augmentation des coûts de publication, et des bras de fer entre les éditeurs et les universités ont lieu un peu partout. Après tout, si les chercheurs quittaient la table des négociations, que deviendraient les éditeurs ?

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