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  • Sociologues ou gardiens de la doxa ? Qui entache la réputation de notre discipline ? La réponse de Laurent Mucchielli
    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/220821/sociologues-ou-gardiens-de-la-doxa-qui-entache-la-reputation-de-notr

    Huit sociologues qui n’ont jamais publié le moindre travail empirique sur l’analyse de la crise sanitaire, ni sur la pharmacovigilance, m’injurient par voie de presse, sur le fondement d’un seul argument (je ne comprendrais rien à la causalité) et de sources douteuses. Voici ma réponse.

    Le 19 août 2021, 8 collègues sociologues parisiens ont cru bon de publier dans le journal Le Monde une très courte tribune https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/19/vaccination-contre-le-covid-19-la-sociologie-ne-consiste-pas-a-manipuler-des toute entière dirigée contre ma personne, m’insultant, me diffamant et demandant au CNRS de me sanctionner. Il s’agit de Gérald Bronner, Alain Ehrenberg, Jean-Louis Fabiani, Olivier Galland, Nathalie Heinich, Jean-Claude Kaufmann, Pierre-Michel Menger et Dominique Schnapper. On trouvera ici ma réponse qui :

    1) rappelle l’argumentation de nos huit éminents collègues,
    2) montre qu’ils valorisent la censure de Mediapart en ignorant les arguments des journalistes et des intellectuels qui ont republié nos articles,
    3) montre que, en réalité, ils ne m’ont pas lu et ne connaissent manifestement pas grand chose au sujet,
    4) s’interroge sur leurs motivations et leurs présupposés,
    5) défend effectivement une autre conception de la sociologie que la leur.

    L’argumentation des censeurs
    Selon ces 8 éminents collègues, il est heureux que Mediapart m’ait interdit de publier sur les effets indésirables des vaccins anti-covid car je tromperais mes lecteurs en me parant de mon titre professionnel de directeur de recherche au CNRS et ainsi en « présentant comme scientifique » une analyse qui procéderait « au mieux, d’une erreur d’interprétation inadmissible et, au pire, d’une falsification de données » . Et voici leur explication : mon analyse « confond les décès intervenus durant une période consécutive à une vaccination avec ceux causés par la vaccination – une causalité qui, bien sûr, n’a été nullement avérée, et dont la probabilité est infinitésimale » . La conclusion arrive immédiatement : « C’est là un exemple de la confusion classique entre concomitance et causalité. Une faute de raisonnement qui ferait sourire de la part d’étudiants en première année mais qui, commise par un chercheur au CNRS, constitue une démonstration d’incompétence professionnelle » .
    Fichtre ! Une telle agressivité surprend !

    Et ce n’est pas tout. Non content d’être un imbécile, je serais de surcroît un dangereux complotiste. En témoignerait « la multiplication de publications complotistes commises par ce même sociologue depuis le début de la crise épidémique, et que recense avec précision le site Conspiracy Watch - L’observatoire du conspirationnisme, dans un article du 6 août ».

    Tout d’un coup, ce n’est donc plus un article qui est contestable mais tout mon travail depuis un an et demi qui est qualifié de « douteuse production ». Je ne ferais qu’étaler une « position idéologique » qui « n’a rien à voir avec de soi-disant travaux de recherche indigents, voire frauduleux ». Et ils concluent que j’incarnerais une « dérive » qui « entache la réputation de notre discipline » dont eux prétendent défendre « l’honneur » . Rien de moins !

    Ainsi, l’argumentation de nos éminents collègues tient en tout et pour tout dans deux affirmations :
    1) je ne comprends rien à l’imputabilité des effets indésirables des vaccins,
    2) je suis de toutes façons un affreux complotiste, ce mot discréditant à lui seul l’ensemble de mon travail. Et la messe (d’enterrement) serait dite.

    Mediapart est libre d’adopter la doxa, d’autres ne le font pas
    Ces collègues ignorent que je n’ai pas publié un mais deux articles sur le sujet (voir https://altermidi.org/2021/08/06/le-texte-de-laurent-mucchielli-depublier-par-mediapart et https://www.ardeur.net/2021/08/la-dangerosite-des-nouveaux-vaccins-anti-covid-est-un-fait-historique ).
    Le premier (celui « dépublié » par Mediapart – puisque mes critiques n’assument pas le mot « censure ») a été republié notamment sur un site d’information générale (AlterMidi) , créé par des journalistes indépendants qui ont de surcroît motivé leur décision en écrivant fort intelligemment ceci : « Nous ne sommes pas compétents pour établir la vérité, mais nous constatons que toutes les formes de pouvoir s’arment aujourd’hui de la vérité scientifique pour imposer une marche à suivre et que la science produit des vérités en fonction du contexte social. Voilà pourquoi, avec l’aimable autorisation de son auteur, nous prenons le parti de publier ci-dessous le volet refusé en laissant aux lecteurs la liberté de fonder leurs propres opinions ».

    Le second a été publié notamment sur le site de L’ardeur , où l’équipe rédactionnelle (des intellectuels de gauche, militants de l’éducation populaire) a également longuement expliqué http://www.ardeur.net/2021/08/pourquoi-nous-publions-un-article-de-laurent-mucchielli pourquoi elle s’engageait en nous publiant. Nos éminents critiques ne les ayant naturellement pas lus non plus, je leur fais un résumé : « L’argument selon lequel sa légitimité pourrait être mise en question par le fait qu’il intervient aujourd’hui dans le domaine sanitaire, pour lequel ‘il n’a pas de compétence universitaire ou scientifique particulière’, nous semble spécieux et inquiétant. Car c’est à une question bien plus large que le seul aspect sanitaire que nous sommes confrontés. (…)

    Nous entrons aujourd’hui, sous couvert d’un ‘état d’urgence sanitaire’, dans une phase de contrôle total de la population, un nouvel ‘ordre sanitaire’ calqué sur la mise en place de ‘l’ordre sécuritaire’ (…). Après l’instrumentalisation et la stigmatisation du jeune, forcément de banlieue, celle du ‘non-vacciné’. Ainsi que l’ont montré les philosophes Barbara Stiegler et Grégoire Chamayou, les penseurs du néo-libéralisme, de Lippman à Hayek, ont théorisé le principe d’un État fort, policier et carcéral, pour maintenir sous contrôle des populations qui risqueraient de ne pas comprendre ou accepter la condition qui leur est assignée. Nous nous y dirigeons à grands pas et, une nouvelle fois, celle qui se nomme encore la gauche, dans sa quasi-totalité, fait allégeance ». En outre, ils estiment que « L’argumentation de Mediapart est par ailleurs fallacieuse car elle repose sur l’idée que le texte de Laurent Mucchielli diffuserait de ‘fausses informations’ : la rédaction de Mediapart peut contester l’interprétation que le sociologue fait des chiffres qui appuient sa démonstration, il n’empêche que ceux-ci sont officiels (…). Nous savons le pouvoir des mots : étendre la notion de ‘fausses nouvelles’, jusque-là réservée aux faits eux-mêmes, à leur interprétation est porteur des dérives potentielles les plus graves ».
    Et les auteurs de conclure que la censure par Mediapart est « un geste proprement inouï : nous revendiquons de pouvoir lire des analyses critiques de la politique sanitaire dans des médias « de gauche ». Mediapart rejoint dans ce geste de censure Facebook, YouTube et l’ensemble des médias de propagande gouvernementale ».
    On le voit, il est permis de penser autrement que dans le béat conformisme ambiant. Et nous sommes très nombreux dans ce cas.

    A propos de l’innocuité des vaccins anti-Covid
    Même en s’y mettant à huit, mes éminents collègues ne m’ont manifestement pas lu, ce qui certes permet de gagner beaucoup de temps, mais est tout de même un peu gênant lorsque l’on se permet de proférer en public de telles injures.

    Les deux articles sur la pharmacovigilance sont signés par six personnes et non une seule. Les cinq autres auteurs sont deux collègues universitaires en informatique (Emmanuelle Darles) et en mathématique (Vincent Pavan), une biologiste ancienne chercheuse à l’INSERM (Hélène Banoun), un médecin généraliste (Éric Ménat) et un pharmacien hospitalier (Amine Umlil) qui est spécialiste de pharmacovigilance. Mon nom apparaît en premier car je suis le principal rédacteur, mais les cinq autres signatures ne sont pas là pour faire tapisserie. Elles traduisent le fruit du travail d’un petit groupe, comme pour la plupart des articles que j’ai publiés sur la crise sanitaire depuis un an et demi. Mon enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid a débutée en mars 2020.
    J’ai publié une soixantaine d’articles (que j’appelle les « épisodes » de la série) et une trentaine de collègues universitaires (de toutes disciplines) et de professionnels de santé (ambulatoires ou hospitaliers). Je suis également le rédacteur principal de cinq tribunes collectives, publiées entre septembre 2020 et janvier 2021, qui ont rassemblé à chaque fois entre 200 et 600 signataires, essentiellement des universitaires et des professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et de la culture. Tout ceci est indiqué sur la page du site Internet https://www.lames.cnrs.fr/spip.php?article1536 de mon laboratoire sur laquelle il suffit de cliquer. Mais il est évidemment infiniment plus facile de se défouler en quelques lignes et en recopiant des sources de seconde voire de troisième main plutôt que d’étudier un peu sérieusement un dossier qui fait en réalité plusieurs centaines de pages.

    Venons-en à ce défoulement. Mes huit critiques n’ont en tout et pour tout qu’un seul argument intellectuel : je ne comprendrais rien à l’imputabilité des effets indésirables des vaccins, mon raisonnement ne serait donc même pas digne d’un étudiant de première année de sociologie. Tiens donc. Vérifions alors. Relisons ce que nous avons écrit dans ces deux articles qui discutent en réalité à chaque fois la question complexe de l’imputabilité. N’importe quel lecteur honnête peut y constater que nous avançons six arguments que je copie-colle simplement ici :

    1- « Sur tous les sites de pharmacovigilance du monde, on trouve les mêmes précautions d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité (imputabilité). Cette présomption est cependant considérablement renforcée lorsque les décès surviennent très rapidement après la vaccination, ce qui est le cas comme on le verra avec les données américaines ».

    2- « Il est évident qu’il est très difficile de déterminer la cause exacte d’un effet indésirable grave lorsque le malade présente (ou présentait s’il est décédé) des comorbidités importantes, ou lorsque son dossier médical est insuffisamment connu. Le raisonnement vaut d’ailleurs aussi pour les morts réputés causées par la covid [morts de la covid ou avec la covid ?]. Et c’est aussi pour cette même raison que, quel que soit le médicament concerné (vaccin ou autre), il ne faut jamais l’administrer uniformément mais bien au cas par cas en fonction de l’état de santé général de la personne et des éventuelles spécificités de son histoire médicale ».

    3- « En matière de mortalité, la preuve ultime de l’imputabilité qu’est la répétition du même symptôme à la suite de la même médication ne peut par définition pas être fournie (on ne meurt qu’une fois…) ».

    4- Qu’on le veuille ou non, « il existe des faits (des effets indésirables graves sont constatés dans les heures et les jours qui suivent un acte médical) et il n’est pas possible de s’en débarrasser d’un revers de la main au prétexte que la causalité directe (a fortiori unique) n’est pas établie. C’est un peu comme si on voulait contester l’existence d’un homicide au motif que l’on n’a pas encore trouvé le coupable. Les déclarations de pharmacovigilance relatives aux effets indésirables graves de la vaccination sont là, il faut les interpréter et non tenter de les cacher sous le tapis ».

    5- « On verra que la comparaison avec d’autre médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose d’inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid ». Car nous avons également prouvé par la comparaison avec d’autres pays et avec les vaccins contre la grippe saisonnière.

    6- « Autre exemple saisissant de parti-pris : à la fin du mois de mars 2020, il avait suffi de 3 cas de décès (liés en réalité à des auto-médications surdosées) remontés par la pharmacovigilance pour déclencher en France une tempête politico-médiatique sur le thème de la dangerosité de l’hydroxychloroquine. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes [et de certains sociologues, donc], les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux ».

    J’ai beau réfléchir, je ne vois pas quoi ajouter. En revanche, je serais curieux de connaître les publications scientifiques m’ayant manifestement échappées, qui permettant à mes éminents collègues d’affirmer que la probabilité (que les effets indésirables graves voire mortels déclarés par les médecins à la pharmacovigilance et attribués aux vaccins le soient effectivement) est « infinitésimale » . Cela me rassurerait sur leur « compétence professionnelle ».

    Quand la sociologie de salon perd le contact avec le réel
    Je terminerai par quatre arguments que je crois importants.

    1) Sur la civilité qui fait tellement défaut à ce genre de diatribe
    « Incompétence professionnelle », même pas « le niveau d’un étudiant de première année », grave atteinte à « la réputation de notre discipline », « fraude », « balivernes »… Pourquoi m’insulter, cher(e)s collègues ? Ne savez-vous donc pas parler normalement ? Comme des gens civilisés ? Accessoirement, connaissez-vous mon CV avant de me traîner dans la boue ? Ce langage est effarant, il traduit une grave et révélatrice incapacité à maîtriser ses émotions. On y reviendra.

    Drapés dans leur hautain mépris, mes huit éminents détracteurs ne respectent donc pas les règles déontologiques élémentaires de la disputatio scientifique. Ont-ils pris réellement connaissance de mon travail ? On vient de voir que non. M’ont-ils écrit pour m’interroger sur mon travail ? Jamais. Ont-ils manifesté l’envie de débattre dans un séminaire ou un autre cénacle universitaire quelconque ? Jamais. A l’image des journalistes sans doute trop heureux de les publier (on sait combien j’ai critiqué https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/150721/la-crise-sanitaire-revele-l-inquietant-declin-du-journalisme le traitement de la crise sanitaire par le journal Le Monde notamment, et ce journal s’est bien gardé de me prévenir et de me proposer un droit de réponse), mes collègues pratiquent la tentative d’assassinat à distance. C’est tellement plus confortable. Ce faisant, ils se mettent au niveau de ce qui s’étale tous les jours sur des réseaux sociaux comme Twitter devenus le lieu d’une lutte d’influence sauvage où tous les coups sont permis. Cette façon de faire bafoue les règles les plus élémentaires de la civilité et de la déontologie universitaire.

    2) Sur le « complotisme »
    Mes savants donneurs de leçons pratiquent allègrement le procès d’intention et l’invective gratuite. Me voilà donc « complotiste ». Je me permets de leur conseiller la lecture de mon article du 16 novembre 2020 https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/161120/le-complotisme-pour-les-nuls-l-occasion-d-un-recent-documentaire intitulé « Le complotisme pour les nuls ». Cette expression est devenue à la fois un fourre-tout pour caser toute forme de critique et une sorte de point Godwin qui sert à discréditer globalement une personne pour mieux éviter d’avoir à discuter précisément ses arguments. L’étape suivante consiste à suggérer que la personne a des accointances avec l’extrême droite, quand les prétendus débatteurs n’utilisent pas l’arme ultime consistant à accuser les gens d’antisémitisme (comme certains s’amusent actuellement à le faire sur la page que me consacre le site wikipedia). Tout ceci non seulement n’est pas sérieux, mais est de surcroît insultant et diffamatoire. Le vrai conspirationnisme est une forme de pensée magique visant à expliquer le réel par le jeu de forces occultes cachées. Ceci n’a strictement rien à voir avec l’analyse sociologique que je développe pour analyser la construction de la narration officielle que j’appelle « la doxa du covid » et dont j’analyse les acteurs et les discours dans un autre épisode (central) de la série (21 février 2021) https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/210221/qui-construit-la-doxa-du-covid .

    3) Sur les sources d’information de mes détracteurs
    J’aimerais demander à mes huit savants accusateurs quelles sont leurs sources pour mettre ainsi en cause mon travail. Leur article n’en mentionne que trois, deux sources journalistiques (une dépêche type fact-check de l’ #AFP et la déclaration de la rédaction de Mediapart contre mon article) et un article https://www.conspiracywatch.info/laurent-mucchielli-de-mediapart-a-francesoir.html d’un site Internet intitulé Conspiracy Watch. Ce site m’a en effet consacré tout un article à charge pour m’assimiler en fin de compte à l’extrême droite sous prétexte qu’untel ou untel reprendrait ici ou là tel ou tel de mes propos. De la part d’un site qui a soutenu depuis un an et demi (avec d’autres https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-plus-d-un-quart-des-francais-pensent-que-le-coronavirus-a-ete-fa comme Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion et stratégies d’entreprises à l’IFOP) que l’hypothèse de l’accident de laboratoire à Wuhan relevait du complotisme, cela fait sourire (voir notre analyse https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/100521/l-epidemie-de-coronavirus-probablement-pour-origine-un-accident-de-l ). Il s’agit d’un site assurant manifestement avant tout la promotion personnelle de son créateur, un certain Rudy Reichstadt que l’Observatoire du néo-conservatisme présentait en 2013 https://anticons.wordpress.com/2013/09/09/rudy-reichstadt-opportuniste-neo-conservateur comme « un opportuniste de la galaxie néo-conservatrice », un « expert autoproclamé », « proche de BHL », « disciple de Pierre-André Taguieff et très proche de Caroline Fourest », « c’est surtout le jeu des réseaux qui lui a permis d’exister ». Plus récemment, Le Monde Diplomatique a raconté également https://www.monde-diplomatique.fr/mav/158/BREVILLE/58491 comment « il s’impose dans les médias en tant qu’expert ès théories du complot. Il multiplie les entretiens et les tribunes dans Le Monde, Libération, Le Parisien, etc. Quand les universitaires Gérald Bronner et Pierre-André Taguieff ne sont pas libres, c’est lui qu’on invite pour commenter les dernières élucubrations sur tel ou tel attentat ». Pascal Boniface, Frédéric Lordon, Jean Ziegler et bien d’autres ont ainsi eu à subir ses attaques généralement pleines de mauvaise foi et d’amalgames. Chacun jugera si M. Reichstadt est ou non plus crédible que moi en matière de lutte contre l’extrême droite.

    J’en profite pour dire de façon générale que ce chantage permanent à l’extrême droite est non seulement profondément ridicule me concernant (j’ai combattu l’extrême droite toute ma vie, mon dernier livre https://www.fayard.fr/documents-temoignages/la-france-telle-quelle-est-9782213716800 paru en mars 2020 est tout entier dirigé contre cette idéologie) mais aussi et surtout très dangereux sur le double plan intellectuel et politique.

    Il s’agit en réalité de la stratégie du pouvoir exécutif actuel que de se poser pour 2022, comme il l’a déjà fait en 2017, en rempart contre l’extrême droite. Se dire de gauche et reprendre à son compte cette rhétorique revient donc à se tirer une balle dans le pied. De gauche intellectuelle et politique, il n’y en aura bientôt plus du tout si chacun se jette ainsi dans les bras du pouvoir actuel. Que des intellectuels se droitisent en vieillissant n’est hélas pas original. Mais que la direction d’un syndicat comme Sud Éducation (qui titre un communiqué récent https://www.sudeducation.org/communiques/pour-la-vaccination-contre-lextreme-droite « Pour la vaccination, contre l’extrême droite ») ne le comprenne pas est juste atterrant. Et il n’est pas le seul.

    4) Sur la sociologie de salon et « la réputation de notre discipline »
    Résumons : huit sociologues qui n’ont jamais publié le moindre travail empirique sur l’analyse de la crise sanitaire et de sa gestion politique, ni sur la pharmacovigilance, m’injurient et me diffament sur le fondement d’un seul argument (je ne comprends rien à la causalité) et des informations tirées de deux coupures de presse et d’un article d’un site Internet qui ne vaut pas tripette. Oserais-je dire que c’est très faible intellectuellement ? Et que cela ressemble davantage à un règlement de compte qu’à une critique scientifique ?

    Que vous ai-je donc fait de si insupportable, cher(e)s collègues ?

    Certes, bien que n’étant nullement opposé à la vaccination en soi , je critique en revanche ce que j’appelle l’idéologie vaccinale https://wonderfulnews.world/mucchielli qui, comme toute idéologie, divise stupidement le monde en amis en ennemis (pro et anti). Certes encore, je critique ce laisser-passer sanitaire incroyablement discriminatoire https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/170821/le-laisser-passer-sanitaire-un-dispositif-discriminatoire-au-sens-de (principe d’égalité entre les citoyens) en indiquant de surcroît qu’il n’a aucun fondement épidémiologique puisque la vaccination ARNm ne garantit pas de la contamination ni de la transmission du virus (ce qui est juste un fait, que l’on connaît, ou pas).

    Certes enfin, je soutiens que les quatre vaccins ARNm fabriqués en urgence par les industriels pour profiter de l’aubaine financière ont des effets indésirables plus nombreux et plus graves qu’aucun autre vaccin utilisé massivement ces trente dernières années. Et j’en conclus que la moindre des précautions serait donc de réserver ces vaccins aux personnes réellement menacées par les formes graves de Covid et de décréter de toute urgence un moratoire pour toutes les autres catégories de la population, dans l’attente de données et d’analyses plus approfondies. Je l’ai écrit, je le maintiens et je suis prêt à le défendre devant n’importe qui.

    Alors, est-ce un crime, un sacrilège, qui justifie que l’on souhaite me brûler en place publique ? Peut-être après tout, mais dans ce cas ces sociologues me permettront de leur répondre qu’ils ne font à mes yeux qu’incarner les mécanismes de domination idéologique des élites et les pressions de conformité que je mets en lumière dans mon analyse, qu’ils sont ainsi de bons petits soldats de la doxa, et qu’ils rejoignent la liste de ces intellectuels (voire une précédente polémique https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/261020/doxa-anti-raoultiste-et-police-de-la-pensee ) prenant le risque d’être peut-être considérés dans le futur comme ayant été en quelque sorte les idiots utiles d’une vaste opération idéologico-commerciale.

    Mais peut-être aussi y a-t-il autre chose qui permette de comprendre cette haine ? A vrai dire, pour certains, je me doute de la réponse. J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de la sociologie de salon de l’un d’entre eux (voilà qu’il me fait à mon tour le coup du « danger sociologique » ! https://www.puf.com/content/Le_danger_sociologique ). Certains sont probablement par ailleurs des soutiens politiques de l’actuel président de la République (je remarque que trois d’entre eux https://www.liberation.fr/checknews/2019/03/19/qui-sont-les-intellectuels-qui-ont-refuse-l-invitation-a-debattre-avec-ma étaient au fameux dîner de l’Élysée le 18 mars 2019, y servant de décor ou de caution), ce qui est évidemment leur droit mais n’est pas mon cas. Enfin, j’ai sans doute aussi le malheur de m’inspirer régulièrement de Pierre Bourdieu pour analyser doxas et sociodicées dans cette affaire. Or chacun sait combien au moins quatre autres de mes huit accusateurs ne cessent de régler leurs comptes avec Bourdieu même longtemps après sa mort. Et l’on devinera que je trouve cela pitoyable. Je n’ai pas connu Bourdieu et je ne suis pas de votre génération. Je tente simplement de faire mon métier de sociologue et mon devoir d’intellectuel engagé sur la gestion politico-sanitaire de cette crise, comme je l’avais fait auparavant à plusieurs reprises, par exemple sur les émeutes de 2005 ou sur le mouvement des gilets jaunes de 2018-2019.

    Comme plusieurs d’entre vous, je ne me suis jamais senti cantonné à un micro-domaine de spécialité. Mais je ne pratique pas la sociologie de salon. Au cours de mon enquête en cours, comme déjà dit, j’ai interviewé une cinquantaine de médecins et de chercheurs, publié une soixantaine d’articles et une bonne trentaine de collègues (tous « complotistes » et « incompétents » aussi du coup ?), passé des semaines à analyser des données statistiques. Bref, j’ai beaucoup travaillé sur la gestion politico-sanitaire de cette crise. Pas vous que je sache (mais j’attends avec grand intérêt vos publications sur le sujet). Alors la moindre des honnêtetés intellectuelles et des civilités serait de prendre au sérieux ce travail avant de prétendre porter sur lui un jugement global, a fortiori aussi caricaturalement lapidaire. A vrai dire, j’aimerais beaucoup pouvoir débattre davantage avec des collègues sociologues, dans le cadre d’un séminaire de recherche par exemple.

    Mais là, franchement, avec un langage aussi violent, des sources aussi superficielles et une argumentation aussi faible, croyez-vous être crédibles dans votre prétention à sauvegarder la « réputation de notre discipline » ? Je crains fort, au contraire, que ce genre de règlements de compte ne convainque que celles et ceux qui partagent vos petites émotions hargneuses, et fasse en définitive plus de tort que de bien à notre discipline.

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  • « On voyait bien toutes les dérives possibles » de Pegasus : un ex-conseiller NSO témoigne
    https://www.sudouest.fr/international/on-voyait-bien-toutes-les-derives-possibles-de-pegasus-un-ex-conseiller-nso

    #Gérard_Araud, ancien ambassadeur de France, a été consultant auprès de NSO Group en 2019. Aujourd’hui retraité, il témoigne de cette entreprise aux allures de « start-up technologique » qui a conçu le logiciel espion Pegasus

    Peu de personnes extérieures ont accès au monde ultra-secret de NSO Group, le fabricant israélien du logiciel espion Pegasus, au cœur d’un scandale mondial de piratage téléphonique. Gérard Araud, ancien ambassadeur de France, est l’une d’entre elles.

    Le diplomate récemment retraité a pris un poste de consultant auprès de NSO en 2019, pour conseiller sur les questions liées aux droits humains, peu après avoir quitté son poste d’ambassadeur de France à Washington pendant les années tumultueuses de la présidence de Donald Trump. « J’y suis allé parce que ça m’intéressait. C’était un monde nouveau (pour moi) », a expliqué par téléphone Gérard Araud, qui a également été ambassadeur de France en Israël au début des années 2000.

    « Ils votent tous à gauche naturellement… »
    Dans les bureaux de NSO, il découvre l’environnement typique d’une start-up technologique : des équipes de programmeurs « tous âgés de 25 à 30 ans, en tongs, en t-shirts noirs, tous titulaires d’un doctorat en computer science (sciences informatiques). Ils votent tous à gauche naturellement… »

    Sa mission d’un an à partir de septembre 2019, en compagnie de deux autres consultants externes américains, consistait à examiner comment l’entreprise pouvait améliorer son bilan en matière de droits humains après une série de faits divers négatifs. Plus tôt cette année-là, la technologie du groupe avait été liée à l’espionnage ou à la tentative d’espionnage du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné par les forces de sécurité saoudiennes, ce que NSO a démenti.

    L’entreprise a été rachetée en 2019 par un groupe de capital-investissement basé à Londres, Novalpina, qui a engagé Gérard Araud pour qu’il émette des recommandations visant à rendre les procédures de sécurité « plus rigoureuses et un peu plus systématiques », selon lui.

    « Comme une vente d’armes »
    Depuis lundi, un consortium de médias, dont Le Monde et Franceinfo, a révélé des failles présumées dans ces procédures. Les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de NSO depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l’ont partagée avec ce consortium de 17 médias. NSO Group a nié l’existence d’une telle liste, qui comprendraient militants des droits de l’homme, journalistes, politiciens d’opposition et même dirigeants mondiaux.

    Pegasus est considéré comme l’un des plus puissants outils de piratage de téléphones portables disponibles, permettant aux clients de lire secrètement tous les messages d’une cible, de suivre sa localisation et même d’utiliser sa caméra et son microphone à distance.

    Son exportation est réglementée « comme une vente d’armes », explique Gérard Araud. NSO doit donc demander l’approbation du gouvernement israélien pour le vendre, et les États clients signer un long contrat commercial stipulant comment le produit sera utilisé. Ils sont censés ne déployer Pegasus que pour lutter contre le crime organisé ou le terrorisme -argument commercial de la société- mais « on voyait bien toutes les dérives possibles d’ailleurs dont l’entreprise n’était pas toujours responsable », souligne l’ancien diplomate.

    Backdoor ?
    L’entreprise disposait-elle d’un moyen de vérifier le déploiement réel de son programme que certains souhaitent voir interdit ? Gérard Araud ne le croit pas. Pour lui, le seul levier dont dispose l’entreprise après avoir vendu Pegasus est de cesser de proposer des mises à jour logicielles aux clients s’il est prouvé qu’ils violent les termes du contrat. « C’est une petite entreprise privée, il doit y avoir quelques dizaines d’employés. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir de suivi. »

    Dans une entreprise qui pratique « une forme de secret extrême », il dit avoir néanmoins acquis la conviction que NSO Group travaillait avec les services secrets israéliens du Mossad, et peut-être avec la CIA. Selon lui, trois Américains siégeant au conseil consultatif du groupe avaient des liens avec l’agence de renseignement américaine, et la société a déclaré que sa technologie ne pouvait pas être utilisée pour cibler des numéros basés aux États-Unis.

    « Il y avait ce point d’interrogation de la présence du Mossad ou de la CIA. Je pensais que c’était les deux, mais je n’avais aucune preuve, aucune preuve. Mais je pense que le Mossad et le CIA sont derrière, avec ce que l’on appelle ‘un backdoor’ » -terme signifiant que les services de sécurité seraient en mesure de surveiller le déploiement de Pegasus et éventuellement les renseignements recueillis en conséquence. Israël a nié avoir accès aux informations de Pegasus.

  • Ça m’avait échappé : Gérard Araud a « rejoint » NSO Group en septembre 2019 :
    https://twitter.com/oliviertesquet/status/1227555925977899010
    (tout le thread sur NSO est intéressant par ailleurs) :

    Au passage, pour son rôle de conseiller auprès du marchand d’armes numériques israélien (que j’avais relevé ici en octobre dernier), Gérard Araud, l’ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis, est en majesté dans la presse du jour... (@canardenchaine & @Le_Figaro)


    • Dans cette même assemblée, il voudrait que les jeunes en prison prennent pour référence les militaires plutôt que les terroristes.
      Je ne sais pas si les djeunes font bien la différence, en ce moment, entre un militaire et un terroriste ? moi le premier et j’ai 4 ans de moins que le garde des sceaux.

    • C’est dingue comment ce type est à côté de la plaque. "Il y a aura peut-être un jour les droits de l’homme et de la femme, mais pour l’instant je dis « droits de l’homme » et puis quand je dis ""français, j’entends français et françaises" .
      C’est curieux, parce que j’ai beau le répéter plusieurs fois mais moi j’entends pas du tout « françaises » dans « français » pas plus que « femme » dans « droits de l’homme ».
      On est prévenu, un homme à ce stade qui arrive à entendre des mots au féminin sans les dire, va continuer à omettre les femmes et à dire « droits de l’homme » en place de « droits humains » et « français » en place de « françaises et français ».
      D’autre part, arriver à devenir garde des sceaux sans connaitre les chiffres des non condamnations pour viol ou tentatives, je retournerai au bac à sable garder les sots.
      #femmes #viols

    • Pour 100 viols et tentatives, une seule condamnation : Dupond-Moretti a-t-il raison de douter de ce chiffre ?

      Bonjour,

      Vous nous interrogez sur l’échange qui s’est tenu lundi 20 juillet, en commission des lois de l’Assemblée nationale, entre Hervé Saulignac, député socialiste de l’Ardèche, et le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti. Le premier interroge le second sur la réponse pénale apportée aux viols et tentatives de viol. Le député a publié sur Twitter une vidéo de son intervention. Et la réponse du garde des Sceaux est visible en intégralité dans un tweet de LCP.

      Voici la retranscription de leur échange :

      Hervé Saulignac : Je voudrais vous interroger sur les 93 000 femmes subissant un viol ou une tentative de viol chaque année, d’après une enquête qui a été menée par votre ministère il y a trois ans de cela […] 1 000, c’est le nombre de condamnations qui sont prononcées chaque année pour ces crimes-là. Si seulement 1% des viols et tentatives mènent à une condamnation, cela pourrait signifier que 99% ne mènent à rien. Et il y a là, vous en conviendrez, une belle marge d’amélioration pour votre ministère. Je pourrais aussi évoquer ces 20% de victimes déclarées qui portent plainte. Ou bien encore un dixième de ces plaintes qui aboutissent à une condamnation pour viol. Alors, Monsieur le ministre, vous avez dit à plusieurs reprises vouloir réconcilier les Français avec leur justice. Ma question est extrêmement simple : comment comptez-vous réconcilier les Françaises avec leur justice ? [Comment] leur redonner confiance quand 99% des viols et tentatives n’entraînent aucune conséquence pour leurs auteurs ?

      Eric Dupond-Moretti : _Monsieur Saulignac, je ne sais pas d’où vous tenez ces chiffres. […]

      HS : C’est une enquête de votre propre ministère.

      EDM : D’accord. Je souhaiterais savoir comment on les obtient, ces chiffres. Parce que c’est au fond assez curieux, de pouvoir dire qu’autant de faits ont été avérés sans que des plaintes aient été déposées. Je n’ignore pas qu’un certain nombre de plaintes n’aboutissent pas, ça, c’est une évidence. Ces chiffres-là me paraissent effrayants. S’ils correspondent à une réalité. Effrayants. […] Ces chiffres-là me paraissent quand même… je ne dis pas « infondés ». Mais je vais revoir ce que vous venez d’évoquer, je vais le regarder dans le détail, et je vous fais la promesse qu’on en reparlera la fois prochaine. Je veux voir comment 99%, selon vous, des viols ne seraient pas traités. Et si c’est le cas…

      HS : Viols et tentatives…

      EDM : Oui, ça reste un crime, la tentative est punie comme le viol. Et si 99% de ces crimes ne sont pas traités, il y a quelque chose qui ne marche pas, mais alors pas du tout. Et il faut immédiatement remédier à cela. Je ne peux pas vous en dire plus. Je suis circonspect sur ces chiffres. Je veux les regarder. Je veux voir comment ils ont été obtenus. Parce que comment peut-on savoir qu’un viol a été perpétré s’il n’y a pas de plainte ? Et s’il y a des plaintes enregistrées, je voudrais vérifier qu’à 99% elles ne sont pas traitées. Alors là, ça tient à quoi : à l’inertie des parquets ? A l’inertie de la police ? Je le dis, si ces chiffres sont avérés, je suis extrêmement inquiet. Et comptez sur moi pour le vérifier. Dès demain, on va faire cette vérification.

      CheckNews avait déjà effectué cette vérification fin 2017, puis début 2019. Quoique légèrement mal sourcés, les chiffres avancés par le député Saulignac sont globalement exacts. Quant au raisonnement qui le mène à estimer que « seulement 1% des viols et tentatives mènent à une condamnation, [ce qui] pourrait signifier que 99% ne mènent à rien », il est compréhensible, quoique discutable.

      Selon plusieurs médias, Eric Dupond-Moretti, à la suite d’une suspension de séance, serait partiellement revenu sur ses propos : « J’avais mal compris : c’est 99% des viols supposés commis qui ne font pas l’objet d’une dénonciation. » Nous n’avons pas pu l’entendre dire cela dans la vidéo disponible sur le site de l’Assemblée (l’échange avec le député a lieu autour d’1h30, et la suspension de séance a lieu peu de temps après).

      Au moins 94 000 viols et tentatives par an en France

      Le chiffre de 93 000 viols et tentatives de viols chaque année, avancé par Hervé Saulignac, est un chiffre que l’on retrouve dans la lettre annuelle de 2017 de l’Observatoire des violences faites aux femmes, rattaché à la mission interministérielle pour la protection des femmes et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), qui dépend du ministère (à l’époque secrétariat d’Etat) chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes.

      Le chiffre est même supérieur dans l’édition la plus récente de cette lettre (novembre 2019) : on y lit que « 94 000 femmes majeures déclarent avoir été victimes de viols et/ou de tentatives de viol sur une année. » Et plus loin : « 0,4% des femmes de 18 à 75 ans, soit environ 94 000, ont déclaré avoir été victimes de ces faits. »

      Précisons que ce chiffre émane de l’enquête Cadre et de vie et sécurité (CVS), que mène annuellement l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee), en partenariat, notamment, avec l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), qui dépend du Premier ministre, et l’un de ses organismes indépendants, l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP).

      On notera, à cet égard, que ce n’est pas le ministère d’Eric Dupond-Moretti qui produit cette information, contrairement à ce qu’avance le député Saulignac.

      Ce chiffre de 94 000 est calculé à partir d’une moyenne sur les années 2012 à 2019 – chaque année, au premier trimestre, entre 20 et 25 000 ménages sont interrogés, précisent les auteurs de l’enquête CVS. Aussi, la lettre de l’Observatoire des violences faites aux femmes de novembre 2019 s’attache à préciser que l’enquête CVS est une étude de victimation, c’est-à-dire qui s’appuie sur les déclarations des personnes. Ce qui induit, relève la lettre, que « ces résultats sont des ordres de grandeur s’approchant de la réalité mais s’écartant légèrement de ce qu’aurait donné une interrogation exhaustive de la population. Il s’agit de ce que déclarent les personnes interrogées, certaines violences peuvent donc être sous-déclarées. »

      Et d’ajouter que « l’enquête CVS ne permet pas de rendre compte de manière exhaustive des viols et des tentatives de viol en France puisque certaines catégories de la population ne sont pas interrogées (personnes âgées de moins de 18 ans et de plus de 75 ans, personnes sans domicile ou vivant en collectivité [prisons, foyers…], personnes vivant en outre-mer) ».

      Environ 17% de plaintes

      Le député Saulignac avance également que seulement 20% des victimes déclarées de viol ou d’une tentative portent plainte. Un chiffre peut-être légèrement surestimé.

      D’après le ministère de l’Intérieur (et toujours pas le ministère de la Justice), les services de police et de gendarmerie ont enregistré 22 900 plaintes pour viol en 2019. En augmentation (+19%) par rapport à 2018. Toutefois, cette documentation ne précise pas la part de femmes parmi les plaignants.

      Il faut donc partir des chiffres de 2018. Cette année-là, « 18 800 personnes ont été enregistrées comme victimes de viols par la police et la gendarmerie en France métropolitaine, dont 88% de femmes », écrit le ministère de l’Intérieur. Soit 16 544 femmes « enregistrées », c’est-à-dire ayant porté plainte pour viol. Le service statistique de la place Beauvau reconnaît toutefois que les chiffres des atteintes sexuelles faisant l’objet de plaintes dont il dispose « [sont] affecté[s] par une forte sous-déclaration de ces faits aux forces de sécurité ».

      Si l’on rapporte ces 16 544 plaintes pour viols aux 94 000 viols et tentatives déclarés, on obtient un taux de plainte de 17,6%. Mais ce calcul est discutable. Premièrement, parce que le chiffre de 94 000 est une moyenne sur plusieurs années, alors que le nombre de plaintes ne porte que sur 2018. Deuxièmement, parce que le premier indicateur est déclaratif alors que le second est le résultat de remontées administratives. Cela permet néanmoins de se faire une idée.

      C’est d’ailleurs aussi le choix fait par les auteurs de l’enquête CVS de 2019, qui arrivent au même chiffre : « Les viols restent des atteintes faiblement rapportées aux services de police et de gendarmerie. Sur la période 2011-2018, 17% des victimes d’un viol ou d’une tentative de viol déclarent avoir déposé plainte. »

      Ainsi, moins d’un cinquième des femmes se déclarant victimes de viol ou de tentative de viol porteraient plainte pour ces faits.

      Moins de 1 300 viols sanctionnés en 2019

      Dernière partie du raisonnement : combien de personnes sont condamnées pour ces crimes ? Pour le coup, c’est bien le ministère de la Justice qui fournit la réponse, puisqu’il produit chaque année un document au titre explicite, « Les condamnations ».

      Les dernières données disponibles sont celles de 2018. Cette année-là, 1 269 viols ont été sanctionnés. Ces crimes « constituent 44% des crimes sanctionnés », écrit le ministère. « Ils se composent des viols avec circonstances aggravantes (34,2% des crimes), des viols simples (7,3%) ou des viols commis par le conjoint ou concubin de la victime (2,4%). »

      Cette même année, le ministère de l’Intérieur enregistrait au total 18 800 plaintes pour de tels faits. Soit, pour 100 plaintes pour viol, un peu moins de 7 condamnations pour ce motif. Là encore, la comparaison est discutable, car il est hautement improbable qu’une plainte pour un crime soit jugée (et donne lieu à une condamnation) l’année même où elle est déposée. Aussi, les chiffres de la Justice ne précisent pas le sexe de la personne qui a porté plainte – impossible donc de savoir combien de plaintes de femmes aboutissent effectivement à une condamnation. Mais là encore, cela permet de se faire une idée.

      Correctionnalisation des viols

      Comme nous le rappelions dans nos précédents papiers, les condamnations pour viols sont d’autant moins nombreuses qu’existe la possibilité de « correctionnaliser » ce crime. Par ce mécanisme, le viol, un crime jugé aux assises, est requalifié en agression sexuelle, un délit jugé en correctionnelle. La correctionnalisation intervient lorsque les éléments de preuve sont insuffisants, ou pour éviter aux victimes un procès d’assises parfois difficilement supportable. Ce phénomène de correctionnalisation est critiqué par des associations de défense des victimes, certains de leurs avocats ou encore certains psychiatres. Une étude menée au sein du tribunal de grande instance de Bobigny (l’une des seules fournissant des chiffres sur le sujet) estimait qu’en 2013 et 2014, « 46% des agressions sexuelles étaient des viols correctionnalisés ».

      Avec toutes ces précautions méthodologiques, on arrive tout de même à cet ordre de grandeur : 94 000 femmes entre 18 et 75 ans déclarent avoir subi un viol ou une tentative de viol au cours d’une année (en métropole et en moyenne, entre 2012 et 2019). Or, en 2018, la justice n’a enregistré que 1 269 condamnations pour viol (sans que l’on sache combien ont été commis sur des femmes). Tout « effrayant » que soit le chiffre, on arrive bien in fine à 1,3 condamnation pour viol sur 100 viols ou tentative déclarés.

      Contactés ce mercredi matin pour confirmer, infirmer, ou commenter le calcul menant à ce chiffre, ni la mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences (Miprof), ni le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, ni le ministère chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes n’ont répondu pour l’heure.

      Fabien Leboucq

      https://www.liberation.fr/checknews/2020/07/22/pour-100-viols-et-tentatives-une-seule-condamnation-dupond-moretti-a-t-il

    • Pour qui s’intéresse un tout petit peu à la situation désastreuse des femmes en france ces chiffres sont criés par les féministes depuis trèèèès longtemps :

      2019
      https://www.liberation.fr/checknews/2019/02/08/combien-y-a-t-il-de-viols-chaque-annee-combien-de-plaintes-combien-de-con

      ça s’appelle du #foutage_de_gueule, mais qu’attendre de plus d’un gvt qui met un Darmanin à l’intérreur ?

      Autre question toujours éludée : et pour regarder les chiffres des viols sur enfants, faudra attendre combien de temps ?

      En France, 165.000 enfants sont victimes de viols et violences sexuelles chaque année

      https://www.francebleu.fr/infos/societe/les-enfants-victimes-de-viol-et-violence-sexuelles-en-france-ont-en-moyen

    • c’est au fond assez curieux, de pouvoir dire qu’autant de faits ont été avérés sans que des plaintes aient été déposées

      Oui, c’est curieux. On le sait parce qu’on fait des enquêtes de #victimation qui permettent d’identifier les failles (les fosses béantes) du système policier-judiciaire.

      Le mépris pour les sciences sociales dont témoigne la droite rance prive ces gens de connaissances sur la société où ils vivent... ou qu’ils dirigent.
      #raclure

    • Tous les observateurs s’y accordent, la nomination d’Éric Dupond-Moretti en tant que garde des Sceaux était avant tout un « coup de com’ » ; et au vu des torrents de commentaires suscités, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a fonctionné.
      Cela dit, à quoi peut-on s’attendre pratiquement de la part de cette nouvelle recrue du gouvernement ? C’est la question que nous avons posée à l’avocate Marie Dosé.

      https://lundi.am/Qu-attendre-de-la-nomination-d-Eric-Dupond-Moretti-au-ministere-de-la-Justice

      [Je n’ai pas entendu dans les propos du garde des Sceaux les résonances d’une « campagne sur la petite délinquance des adolescents qui pourrirait la vie des honnêtes gens », mais j’ai été somme toute assez gênée par son clin d’œil complice et appuyé à Eric Ciotti à travers son inepte proposition de loi sur l’encadrement militaire des mineurs délinquants. Quel besoin avait-il de rendre un hommage, même indirect, à celui qui incarne la droite la plus sécuritaire et qui mord sans complexe sur les lignes du Front National depuis des années ? Eric Ciotti, c’est le soutien à l’arrêté interdisant le port du burkini sur les plages de Villeneuve-Loubet, la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, la prison pour les parents de mineurs délinquants, la volonté de limiter le droit du sol aux enfants de parents européens, l’affirmation selon laquelle « le peuple veut l’autorité contre la chienlit »… Eric Ciotti, c’est l’incarnation de tout ce qui a révolté mon ancien confrère pendant des décennies. Alors le voir aujourd’hui saluer la proposition de loi d’Eric Ciotti prônant l’encadrement militaire des mineurs délinquants tout en assurant « vouloir discuter avec tout le monde sauf avec les populistes », c’est tout simplement vertigineux… « Je préfère qu’un jeune ait un militaire pour idole qu’un islamiste radical ou un caïd » assure aujourd’hui le garde des Sceaux dans un registre si réducteur qu’il frôle lui aussi, pour le coup, le populisme qu’il assure pourtant toujours exécrer.]

      #justice #garde_des_sceaux #en_marche

  • La confiance des Français dans les médias est-elle à son plus bas historique ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/26/la-confiance-des-francais-dans-les-medias-est-elle-a-son-plus-bas-histori
    https://medias.liberation.fr/photo/1230686-checknews-.jpg?modified_at=1561467407&picto=fb&rat

    Nous avons reformulé votre question, la voici en intégralité : « Selon un sondage récent, il n’y a plus que 24 % des Français qui font confiance dans les médias d’information. Pourquoi cette information n’a provoqué aucun commentaire dans votre journal ? »

    Le rapport annuel de l’institut Reuters pour le journalisme indique effectivement que seuls 24 % des Français interrogés indiquent faire confiance aux médias (TV, presse papier et en ligne). C’est le score le plus bas jamais enregistré dans cette enquête lancée en avril 2012 dans cinq pays différents (Royaume-Uni, Allemagne, France, Etats-Unis et le Danemark). Quand l’étude a commencé à mesurer la confiance en 2015, le taux s’élevait à 38% pour la France.

    Celle-ci est pour @arno, sans qui je n’aurais peut-être pas fait gaffe : en plus de relayer les sondages payés par d’autres en les commentant plus ou moins intelligemment, Libération crée son activité et fait un deuxième article pour comparer ce sondage à d’autres sur le même sujet et se reposer la question du pourquoi... Le tout présenté comme un service à la personne. Tsss !

    Cordialement

    François Brulé

    Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le CFPJ pour le journal d’application de la promotion 48.

    • Résumer la réforme en disant que les cadres supérieurs paieront 2,8% de cotisations contre 28% pour les autres salariés est trompeur. Jusqu’à 120 000 euros par an, les cadres cotiseront comme les autres, à 28,12%. Au-delà, les plus hautes rémunérations ne cotiseront certes plus que 2,8%, mais uniquement au titre de la solidarité pour le financement du régime, et sans acquérir de droits. On peut, comme le fait Thomas Piketty, estimer que la réforme aurait dû mettre davantage à contribution les plus hauts salaires (on parle là des 1 à 2% de salariés gagnant le plus, avec des rémunérations nettes supérieures à 8 000 euros et pouvant aller bien au-delà) en prévoyant une fraction de cotisation solidaire plus élevée. En revanche, il est inexact, assurent les syndicats, de dire que la réforme favorise les cadres concernés par rapport à la situation existante.

      https://www.liberation.fr/checknews/2019/12/03/retraites-est-il-vrai-que-les-cadres-ne-cotiseront-plus-qu-a-hauteur-de-2

      les cadres supérieurs cotiseront moins

      « Un euro cotisé donnera les mêmes droits à tous : à cotisation identique, retraite identique », a expliqué Jean-Paul Delevoye. Mais si le gouvernement prévoit pour sa réforme de faire bénéficier les revenus modestes d’un dispositif minimum de pension, du côté des cadres supérieurs, la situation pourrait être toute autre. Le taux de cotisation sera identique pour les salariés (28,12 %), mais il s’appliquera jusqu’à 120 000 euros de revenus (soit trois fois le plafond de la Sécurité sociale). Au-delà, une cotisation de 2,81 % s’appliquera. Elle ne sera pas « créatrice de droits » et participera au financement de la solidarité.

      « Ainsi, les cadres supérieurs, qui paient aujourd’hui des cotisations jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale (soit 320 000 euros bruts par an), devraient à partir de 2025 ne payer que 3 plafonds. Ils paieront moins de cotisations, ce qui signifiera aussi moins de droits à la retraite, donc des pensions finalement plus faibles », déplore Sophie Binet.

      Pour la co-secrétaire générale de l’Ugict-Cgt, la prise en compte de l’ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années dans le privé, devrait également pénaliser les cadres : « avec ce système, celles et ceux qui ont eu des carrières ascendantes seront particulièrement perdants. Plus vous aurez un salaire de fin de carrière éloigné de celui du début, plus vous serez défavorisé ».

      http://courriercadres.com/economie/politique-economique/reforme-des-retraites-et-rapport-delevoye-vers-un-declassement-des-c

      à propos de #Piketty, lire l’article du Canard enchaîné du 18/12 publié en première page.

      https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-18-decembre-2019


      je vous le recopie, le Canard n’est lisible que sur papier et c’est tant mieux :

      « Monsieur Plus » des retraites
      L’ÉCONOMISTE Thomas Piketty, qui n’a pas de mots assez durs contre la fiscalité libérale, accusée de creuser les inégalités, est monté à l’assaut du projet de réforme des retraites, qu’il juge « pas assez égalitaire ». Le « Monsieur Plus » des impôts vise notamment la disposition qui prévoit que, au-delà de 120 000 euros de revenus par an, les citoyens devront acquitter une cotisation réduite de 2,8 % pour le droit commun.
      « Il faut mettre [les riches] plus à contribution » , a t-il lancé le 4 décembre lors du Sommet de l’économie organisé par le magazine « Challenge » . En oubliant au passage que les fameux 2,8 % ne procureront aucun revenu supplémentaire aux retraités. C’est en fait une cotisation sans contrepartie. Une taxe de solidarité reversée aux autres retraités moins bien lotis. Exactement le genre de mesure de redistribution , même s’il ne la trouve pas assez élevée, que demande Piquetty à longueur de (gros) livres.
      En fait, le brillant économiste est un poil gêné par rapport au système de retraite envisagé. Il a en effet préfacé et encensé la thèse de son élève Antoine Bozio, qui préconise l’instauration d’une retraite par points. Celui-là même qui a inspiré la retraite Macron.
      Un point c’est tout .

      à noter que le prochain Canard est en vente demain et le dernier de l’année mardi prochain.
      à noter aussi qu’ils [Thomas Piketty, Osons Causer, les cadres et les riches] aillent se faire cuire le cul.

  • Des policiers ont-ils utilisé des LBD contre des lycéens à Massy ? (Libération)
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/27/des-policiers-ont-ils-utilise-des-lbd-contre-des-lyceens-a-massy_1765654

    La préfecture de l’Essonne confirme l’usage de lanceurs de balles de défense et de gaz lacrymogène pour disperser des lycéens qui bloquaient un établissement, lundi et mardi, à Massy.
    […]
    Mardi matin, la préfecture observe que le blocus a été moins suivi, avec seulement une centaine de manifestants présents devant l’établissement.

    #éducation #lycée #mouvement_social #extension_du_domaine_de_la_répression

  • Les trackers publicitaires ont-ils vraiment été supprimés du site de « Libé » pour les abonnés ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/11/15/les-trackers-publicitaires-ont-ils-vraiment-ete-supprimes-du-site-de-libe

    A la suite de retours d’internautes, « CheckNews » fait le point sur la promesse du journal de supprimer les cookies publicitaires pour ses abonnés numériques.

    Hum, pas clair du tout, mais on voit se profiler les débats à venir quand la question des "cookies tiers" va arriver dans l’Union européenne (directive en discussion) : on distinguera les cookies qui et les cookies cons, le traçage et la publicité, le suivi et le suivi personnalisé... on dirait un condensé des "éléments de langage" qui vont fleurir bientôt.

    #Libération #Cookies_tiers #RGPD #Enfumage

  • via Tradfem je trouve ces chiffres pour l’angleterre :

    GB =

    Sur les 54 000 signalements de viols enregistrés en 2017-18 (et qui ne sont qu’une fraction des viols effectivement commis), seuls 1925 ont abouti à une condamnation.

    https://tradfem.wordpress.com/2019/11/11/au-royaume-uni-le-viol-est-en-train-detre-decriminalise-cest-une-

    Du coup je cherche les states françaises pour comparé. La population Française et GB est à peu près équivalente en nombre.

    France =
    En 2016, le nombre de plaintes pour viol 15 848 et 1 012 personnes (1 001 hommes et 11 femmes) ont été condamnées pour viols sur mineurs et majeurs.
    source https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/droit-et-justice/1-des-violeurs-condamnes-en-2016-que-faut-il-comprendre-de-ce-chiffre-a
    et

    En 2017, 14 268 viols de femmes* ont donc été enregistrés par les services de police ou de gendarmerie et 1 266 condamnations pour viol ont été prononcées.
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/02/08/combien-y-a-t-il-de-viols-chaque-annee-combien-de-plaintes-combien-de-con

    *je suis un peu perdu dans ce que dit libé car en 2016 les 1012 condamnations l’étaient pour viols sur mineurs et majeurs, femmes comme hommes or les states de 2017 semblent ne concerner que les viols commis sur des femmes majeurs.

    –—
    Par rapport à l’Angleterre il y a 3-4X plus signalements qu’en France et seulement 2x plus de condamnations. C’est en fait encore pire qu’en France ce qui me surprend. Plus les victimes signalent les crimes moins elles sont écoutés.

  • Rape is becoming decriminalised. It is a shocking betrayal of vulnerable women | Julie Bindel | Opinion | The Guardian
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2019/sep/12/rape-decriminalised-vulnerable-women-convictions-cps
    https://i.guim.co.uk/img/media/ff80b0b230a3224e1abebb2386181525b7023276/0_59_3500_2100/master/3500.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    If I were a rapist, I would be laughing all the way to my next victim in the context of today’s news that rape prosecutions are at their lowest level in a decade. And if I was raped today, it pains me to say that I wouldn’t dream of reporting that rape to the police. As a lifelong feminist campaigner against male violence, I feel more pessimistic about the prospect of ending rape – which is what any civilised society should aim for – than I did 40 years ago.

    For decades, the proportion of reported rapes that end in a conviction has been dismally low. But things are getting worse: today’s statistics show that although the number of rapes reported to the police has doubled in the last year, the number of rape cases charged and prosecuted by the Crown Prosecution Service (CPS) has fallen dramatically. Out of 54,000 reports of rape in 2017-18 (thought to be a fraction of the rapes actually committed), only 1,925 ended in a conviction.

    #viol #justice #violence

    • Comme j’ai du mal à me concentrer sur un texte en anglais et que je suis peut-être pas la seule, une traduction dégooglelisée à l’arrache :

      Le viol est en cours de décriminalisation. C’est une trahison choquante des femmes vulnérables
      article de Julie Bindel / @bindelj

      Les viols signalés ont doublé en un an, mais les poursuites sont à leur plus bas niveau depuis une décennie. Le CPS doit être tenu pour responsable

      Si j’étais un violeur, je me marrerai en attendant ma prochaine victime vu l’information d’aujourd’hui, selon laquelle les poursuites pour viol sont à leur taux le plus bas depuis une décennie. Et si j’avais été violée aujourd’hui, cela m’attriste de dire que je ne me verrai pas signaler ce viol à la police. En tant que militante féministe de longue date contre la violence masculine, je me sens plus pessimiste quant à la perspective de mettre fin au viol - chose que toute société civilisée devrait avoir comme objectif - qu’il y a 40 ans.

      Pendant des décennies, la proportion de viols dénoncés qui se sont soldés par une condamnation est extrêmement faible. Mais la situation empire : les statistiques actuelles montrent que, bien que le nombre de viols signalés à la police ait doublé au cours de la dernière année, le nombre de cas de viols portés devant la justice et poursuivis par le CPS, le Service des Poursuites Pénales, a considérablement diminué. Sur les 54 000 rapports de viol signalés en 2017-2018 (considérés comme une fraction des viols réellement commis), seuls 1 925 ont été condamnés.

      Il semble que le CPS se préoccupe davantage de son image publique que de proposer de bonnes idées pour condamner efficacement les violeurs.

      L’année dernière, le Guardian a indiqué qu’il avait été conseillé aux procureurs de supprimer une partie des « cas difficiles du système » afin d’améliorer les taux de condamnation. Un procureur qui a assisté à un cours de la CPS a déclaré au personnel : « Si nous éliminions 350 cas difficiles du système, notre taux de condamnation atteindrait 61%."

      Il semble que le CPS se préoccupe davantage de son image publique que de proposer de bonnes idées sur la manière de condamner efficacement les violeurs. Ce n’est rien de moins qu’une abomination.

      En 2009, un tribunal de la Couronne a estimé que les procureurs devaient adopter une approche fondée sur le mérite pour décider de poursuivre ou non une affaire de viol. En d’autres termes, les procureurs sont supposés examiner objectivement les éléments de preuve pour déterminer s’il y a lieu d’engager des poursuites, plutôt que de deviner si le jury condamnera ou non en raison de la prétendue crédibilité du plaignant. Jusqu’en 2009, ce dernier critère était celui utilisé par les procureurs. Le problème, c’est que trop peu de cas ont été portés devant les tribunaux en raison de la prévalence des mythes et des stéréotypes parmi les jurés et de leur propension à écarter les récits des plaignant-e-s alors qu’iels buvaient, portaient des vêtements "provoquants" ou étaient en couple avec l’accusé.

      Les experts juridiques estiment maintenant que le CPS a abandonné le test du mérite, ce qui explique pourquoi les taux de condamnation sont en si forte baisse. Kate Ellis, du Center for Women’s Justice, souligne que le CPS a simplement supprimé toutes les références à l’approche de la poursuite pour viol fondée sur le mérite. « Nous savons aussi que la nouvelle politique du CPS ne consiste pas à faire référence à l’approche fondée sur le mérite dans les conseils ou les briefings donnés à la police ou aux avocats », a-t-elle déclaré.

      Le CPS le nie. Son directeur des poursuites pénales, Max Hill, a semblé reprocher cette baisse du taux de condamnation à la police lors d’une interview ce matin. « Ce rapport contient un certain nombre de statistiques, dont l’une indique… qu’il y a eu une baisse de 23% du nombre d’affaires renvoyées par la police », a-t-il déclaré au Today programme . « Il est clair que si aucune affaire n’est renvoyée à nous, nous ne pouvons pas commencer à l’examiner. » Le CPS souligne également le nombre croissant de preuves numériques que la police et les procureurs doivent analyser pour chaque affaire afin d’expliquer le nombre décroissant de condamnations.

      Cependant, j’ai vu une analyse détaillée des dernières statistiques du Center for Women’s Justice - qui sera publiée dans les prochaines semaines - qui a révélé que la baisse du taux de condamnations ne peut être entièrement expliquée par le fait que la police n’a pas renvoyé les affaires au CPS.

      À moins que le CPS ne soit tenu pour responsable, les hommes qui devraient être déclarés coupables de viol continueront à évoluer librement. Cela signifie que les violeurs agiront en toute impunité et que les prédateurs sexuels mettront encore plus en danger les femmes que nous le sommes maintenant. Sans une réforme radicale et urgente du système actuel, le viol continuera à être effectivement décriminalisé.

      Julie Bindel est journaliste et militante politique et fondatrice de Justice for Women .

    • Je ne connais pas les chiffres et l’article cité ci-dessous, de février 2019, peine à les rassembler en particulier pour ce qui concerne la correctionnalisation, mais la tendance est nette aussi en France.

      Combien y a-t-il de viols chaque année ? Combien de plaintes ? Combien de condamnations ? - Libération
      https://www.liberation.fr/checknews/2019/02/08/combien-y-a-t-il-de-viols-chaque-annee-combien-de-plaintes-combien-de-con

      En octobre 2017, le ministère de la justice nous informait qu’aucun renseignement n’était disponible quant à la quantité de viols « correctionnalisés », expliquant qu’il n’était « pas possible de réaliser une étude quantitative précise de cette pratique. » En février 2019, nous avons renouvelé cette question. Le porte-parole de la Chancellerie nous a confirmé qu’il n’existait toujours pas de chiffres sur la correctionnalisation des viols : « Nous raisonnons sur la base du casier judiciaire qui ne donne pas ces informations. » Une étude menée dans le tribunal de grande instance de Bobigny estimait qu’en 2013 et 2014, « 46% des agressions sexuelles étaient des viols correctionnalisés ». Difficile de généraliser la statistique pour tout le pays, mais elle permet de se faire une idée.

    • Au sujet de la régression de l’attention à porter à la parole des femmes, particulièrement quand elles dénoncent des problèmes avec des mecs, ça fait 2 semaines que je suis super mal à l’aise avec ce commentaire https://seenthis.net/messages/805907#message806025 @seenthis et que je sais pas du tout quoi faire, alors voilà, je te le signale par ici... C’est sans doute pas idéal mais depuis la lecture-traduction de cet article, ça m’obsède.

    • Pourma part, je ne peux pas faire de traduction sans passer par linguee [point] suffixe du pays de la langue de rédaction initiale ( linguee.com ou de ou fr ou mx, par exemple) : c’est le seul moyen de voir plusieurs manière de traduire en fonction non pas du mot mais de la construction verbale locale.
      Je vais aller voir ton outil de ce pas, @reka , merci !

  • Recyclage : à Paris aussi, le tri du plastique devient plus simple
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/recyclage-a-paris-aussi-le-tri-du-plastique-devient-plus-simple-802964.htm

    En 2019, au moins un aspect de la vie quotidienne des Parisiens sera plus simple. Depuis le 1er janvier, tous les emballages sont en effet admis dans la « poubelle jaune » des immeubles de la capitale, consacrée au tri. Alors que jusqu’en 2018, elle n’accueillait que bouteilles et flacons en plastique, emballages en métal, papiers et briques en carton, elle s’ouvre dorénavant aussi au sacs et aux films jetables, aux barquettes et aux pots de yaourt, ainsi qu’aux capsules de café, gourdes de compote, plaquettes de médicaments, paquets de chips, couvercles et bouchons.

    https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/24/les-nouveaux-dechets-jetes-dans-les-poubelles-de-tri-a-paris-pourront-ils

    #wishcycling ?

    • Le groupe de pneumatiques, qui a annoncé la fermeture de son site de La Roche-sur-Yon, a bénéficié de 65 millions d’euros du Crédit d’impôt compétitivité emploi ces dernières années. Dont 4,3 millions pour l’usine de La Roche, qui ont servi à financer des machines… parties en Europe de l’Est et en Espagne.

    • Le truc ressort dans la presse à l’occasion du #plan_social #Michelin. Se payer sur la bête pour des machines françaises, ok, mais à condition de faire croûter en France. On peut se sucrer mais il faut des contreparties !
      #CICE

      « A notre connaissance, il n’est pas prévu de remboursement du CICE, qui a été utilisé dans le cadre des dispositions légales », se borne à expliquer l’entourage du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, à CheckNews.

  • « Marche de la colère » : des policiers d’Alliance se sont-ils moqués des gilets jaunes éborgnés ?
    (Spolier : OUI)

    Fabien Leboucq pour Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/10/marche-de-la-colere-des-policiers-d-alliance-se-sont-ils-moques-des-gilet

    Quand on lui fait remarquer que se moquer des éborgnés ne semble participer ni à l’un ni à l’autre, il botte en touche pour « ne pas rentrer dans une polémique stérile ». Notre interlocuteur refuse également de nous dire si les policiers seront rappelés à l’ordre pour ces gestes.

    (Prédiction : NON)

    Encore un super taf du collectif "Desarmons-les" issu de l’article à lire absolument : Comment la république s’est muée en dictature. :
    https://desarmons.net/index.php/2019/10/09/comment-la-republique-sest-muee-en-dictature ( https://seenthis.net/messages/805529 )
    Pour rappel, Ian B. du collectif s’est fait violemment interpelé par deux fois sans aucune autre raison que la haine (et donc la crainte) qu’il suscite chez certains policiers.

    #maintien_de_l'ordre #violences_policieres ping @davduf

  • Les biais du “fast checking” de Libération…

    J’ai été interrogé il y a quelques jours par une fast-checkeuse de
    Libération sur mon récent article (27 septembre), dédié à l’incendie
    de la station d’épuration d’Achères du SIAAP sur mon blog du Diplo.

    L’appel faisait suite à une première enquête, davantage travaillée,
    d’Arrêt sur images.

    Déjà au téléphone il était clair qu’elle n’y connaissait rien…

    A l’arrivée, elle passe complètement à côté du sujet.

    Occultation totale de l’origine du sinistre (trois mois et demi après, on n ’en sait rien...), de la “gouvernance” désastreuse du syndicat, de la corruption à ciel ouvert qui y règne, des conséquences à long terme (3 à 5 ans) de l’incendie sur l’environnement…

    A contrario la fast checkeuse se fait enfumer par le SIAAP, qui la
    noie dans des statistiques (maison) de poissons morts, ou pas morts,
    l’essentiel du message consistant à affirmer que tout est quasiment
    rentré dans l’ordre, circulez, y a rien à voir, ligne de défense que
    le SIAAP met en oeuvre depuis 15 jours…

    Très éclairant !

    L’article sur Check News de Libé :

    « Une catastrophe écologique liée à l’incendie d’une usine Seveso cet
    été est-elle passée inaperçue ?

    Par Emma Donada 9 octobre 2019 à 11:29

    L’incendie de l’usine d’épuration d’Achères, principale station de la
    région parisienne, a provoqué la mort de centaines de poissons, cet
    été.

    Question posée par François le 01/10/2019

    Bonjour,

    Vous nous avez posé cette question que nous avons modifiée : « Un
    article du Monde diplomatique du 27 septembre évoque une catastrophe écologique majeure passée sous silence : l’incendie de la station d’épuration d’Achères le 3 juillet. Pourquoi une telle indifférence des médias ? »

    https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/09/une-catastrophe-ecologique-liee-a-l-incendie-d-une-usine-seveso-cet-ete-e

  • La Turquie au centre des questions migratoires

    Le plan de la Turquie est de créer dans le nord de la Syrie une vaste zone sécurisée pour renvoyer les réfugiés. Mais au-delà des obstacles politiques et militaires, un tel projet coûterait des milliards d’euros. Ankara fait donc pression sur les Européens pour qu’ils mettent la main au porte-monnaie.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/19897/la-turquie-au-centre-des-questions-migratoires?ref=tw_i

    #safe_zones #zones_sures #réfugiés #réfugiés_syriens #Turquie #Syrie #renvois #expulsions #retour_au_pays #safe_zone #zone_sure

    ping @isskein

    • De zones sures, on en parlait déjà en 2016 :
      Turkey thanks Merkel for support of #safe_zones in Syria
      https://seenthis.net/messages/466387

      Mais on parlait aussi de leur inefficacité... comme l’ont démontré les exemples de l’#Irak et de la #Bosnie :
      Look back and learn : #Safe_zones in Iraq and Bosnia
      https://seenthis.net/messages/471070

      2021, #Kaboul, #Afghanistan :
      France, UK to propose safe zone for people leaving #Afghanistan, submit resolution at UN meeting : Emmanuel #Macron
      https://seenthis.net/messages/927759

    • La Turquie veut-elle rapatrier deux millions de réfugiés au Nord de la Syrie ?

      À plusieurs reprises, le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait part de son souhait d’établir une zone de sûreté dans le Nord-Est du pays pour y réinstaller entre un et trois million de réfugiés syriens.

      Bonjour,

      Lors de son discours à la tribune des Nations Unies, le 24 septembre 2019, le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué son plan pour l’établissement d’« un corridor de paix d’une profondeur de 30 kilomètres et d’une longueur de 480 kilomètres » dans le Nord-Est de la Syrie, où il souhaite « permettre l’installation de 2 millions de Syriens avec l’appui de la communauté internationale ». L’idée d’une zone de sûreté n’est pas neuve puisqu’elle est discutée entre la Turquie et les Etats-Unis depuis le mois de janvier 2019. Les 13 et 14 janvier, le président Donald Trump avait déjà twitté qu’il souhaitait créer une « safe zone de 20 miles », soit un peu plus de 30 kilomètres. Début août, les médias turcs et américains, comme le Washington Post, rapportaient deux pays ont convenu de coopérer à la création d’une « zone sûre » dans le nord de la Syrie.
      Erdogan souhaite rapatrier entre 1 et 3 millions de réfugiés syriens dans une « zone de sûreté » au Nord-Est de la Syrie

      Lors de son intervention à l’ONU (à partir de 15 minutes et 33 secondes dans la vidéo suivante, en anglais), ainsi que quelques jours plus tôt en Turquie, le président Erdogan a accentué sa volonté de mettre en place une telle zone de sécurité, en avançant qu’elle pourrait permettre la relocalisation d’un à trois millions de réfugiés syriens, selon la taille de la zone. Ainsi à New York, le chef d’État turc a exposé une carte, où l’on distingue la zone de sûreté planifiée, tout en détaillant : « Si cette zone de sûreté peut être déclarée, nous pouvons réinstaller en toute confiance entre 1 et 2 millions de réfugiés […] Les réfugiés peuvent être réinstallés en les sauvant de camps de tentes ou de camps de conteneurs. Nous pouvons prendre ensemble [avec les États-Unis, les forces de la coalition, la Russie et l’Iran] les mesures qui s’imposent pour aller de l’avant. Ce n’est pas un fardeau que nous pouvons supporter exclusivement en tant que République de Turquie. Nous devons prendre les mesures nécessaires dès que possible. Si nous pouvions étendre la profondeur de cette région jusqu’à la ligne Deir Ez-Zor, Raqqa, nous pourrions augmenter le nombre de Syriens jusqu’à 3 millions qui reviendront de Turquie, d’Europe et d’autres parties du monde vers leur patrie. Nous sommes très résolus dans la réalisation de ce programme et nous sommes impliqués dans les préparatifs nécessaires ».
      https://www.youtube.com/watch?v=Bve1yt0SEb4

      Selon les données du Haut-commissariat aux réfugiés des nations unies, plus de 3,6 millions de réfugiés syriens vivent actuellement en Turquie. Selon une étude préliminaire pour l’installation 1 million de réfugiés dans la zone tampon, qui a été partagée par Ankara avec d’autres pays lors du sommet de l’ONU en septembre et que le site américain Bloomberg a pu consulter, la Turquie souhaite construire des villages et des villes pour les réfugiés pour un coût estimé d’environ 26 milliards de dollars, qui seraient réglés par la communauté internationale.

      Cependant, la zone de sûreté souhaitée par Ankara et convenue avec Washington tarde à se concrétiser rapidement, puisqu’une telle aire nécessiterait de repousser vers le Sud les forces kurdes de l’YPG, alliées des Américains. Mercredi 2 octobre, d’Hulusi Akar, le ministre de la défense turque, faisant part de l’impatience d’Ankara, a déclaré que le « but ultime [de la Turquie] est de mettre fin à la présence terroriste du PKK, du PYD de l’YPG dans le nord de la Syrie, d’établir un corridor de paix et de faire en sorte que nos frères et sœurs syriens dans notre pays rentrent chez eux. »
      La position du Quai d’Orsay

      Contactée par CheckNews pour connaître la position de la France sur cette « zone de sûreté » souhaitée par la Turquie, une source diplomatique française au Quai d’Orsay répond que « des discussions sont en cours entre les États-Unis et la Turquie pour établir un mécanisme de sécurité frontalière. Nous souhaitons que ces discussions permettent d’apaiser les tensions sur la frontière syro-turque et d’éviter toute action unilatérale. Le retour des réfugiés syriens doit être sûr, digne et volontaire, conformément au droit international. Comme exprimé dans la déclaration conjointe des ministres des affaires étrangères du Small Group sur la Syrie du 26 septembre dernier, nous saluons les efforts remarquables des voisins de la Syrie qui accueillent sur leurs territoires la grande majorité des réfugiés syriens. Nous encourageons la communauté internationale à apporter une assistance humanitaire ainsi qu’un soutien financier à ces pays afin d’apporter une réponse collective à la crise des réfugiés syriens, jusqu’à ce que ces derniers puissent revenir volontairement dans leurs régions d’origine, dans la dignité et en sécurité. La France continuera d’œuvrer pour une solution politique crédible en Syrie, conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, pour que les conditions d’un tel retour soient réunies. »

      https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/06/la-turquie-veut-elle-rapatrier-deux-millions-de-refugies-au-nord-de-la-sy

    • Turquie : Expulsion de Syriens vers leur pays en dépit des dangers

      Les autorités ont menacé, détenu et parfois battu des réfugiés syriens avant de les contraindre à retourner dans leur pays.

      Les autorités turques à Istanbul et à Antakya ont arbitrairement expulsé des dizaines de réfugiés syriens ou plus vers le nord de la Syrie entre janvier et septembre 2019, en dépit des combats qui se poursuivent dans ce pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les Syriens expulsés ont déclaré que les autorités turques les avaient forcés à signer des formulaires qu’ils n’étaient pas autorisés à lire, et dans certains cas les ont parfois battus ou menacés, avant de les expulser vers la Syrie.

      Fin juillet, le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, avait nié que la Turquie ait « déporté » des Syriens, mais avait ajouté que toute personne qui le souhaitait pouvait « volontairement » rentrer en Syrie en bénéficiant de procédures lui permettant de retourner dans des « zones de sécurité » non spécifiées. Toutefois, les recherches de Human Rights Watch indiquent que la Turquie a illégalement expulsé des Syriens vers le gouvernorat d’Idlib, l’une des régions les plus dangereuses de Syrie. Les attaques de l’alliance militaire syro-russe ont tué au moins 1 089 civils dans cette région depuis le mois d’avril, selon l’ONU, y compris au moins 20 personnes lors d’une frappe aérienne menée le 16 août.

      « Les responsables turcs affirment que tous les Syriens qui rentrent dans leur pays sont heureux de le faire, mais ceci ne correspond pas à la réalité sur le terrain », a déclaré Gerry Simpson, directeur adjoint de la division Crises et Conflits à Human Rights Watch. « La Turquie a accueilli un nombre quatre fois plus élevé de Syriens que l’Union européenne, mais ne devrait toutefois pas les renvoyer vers une zone de guerre. »

      La Turquie est un État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Convention européenne des droits de l’homme, qui interdisent les arrestations ou détentions arbitraires.

      La Turquie est également tenue de respecter le droit coutumier international du non-refoulement, qui interdit l’expulsion de personnes vers un pays où elles seraient exposées au risque de persécution, de torture ou d’autres mauvais traitements, ou de menace à leur vie.

      Communiqué complet en anglais :

      www.hrw.org/news/2019/10/25/turkey-syrians-being-deported-danger

      https://www.hrw.org/fr/news/2019/10/25/turquie-expulsion-de-syriens-vers-leur-pays-en-depit-des-dangers

    • Unbearable to hear Erdogan talking about « resettlement » syrians in zones they « cleared » in Syria and plea to all to help TK in this task. This has nothing to do with resettlement. It is returns to unsafe country in an area invaded by turkey where killings of Kurds occurred.

      source :
      https://twitter.com/AmandineBach/status/1206885923402780672

      –-> déclarations de Erdogan lors du Global Refugee Forum à Genève, décembre 2019 : https://www.unhcr.org/global-refugee-forum.html

    • Réfugiés syriens : non, il n’est pas encore temps de rentrer

      Les récents combats dans la province d’Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans après le début de la guerre, on estime à plus de 6,6 millions le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie et à 5,6 millions celui des réfugiés syriens dans le monde. Autant d’exilés que d’aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer… L’activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays où la répression et la brutalité du régime n’ont jamais cessé.

      « Personne ne quitte son domicile volontairement, à moins que sa maison soit la bouche d’un requin. »
      (Warsan Shire, poétesse britannico-somalienne)

      *

      La traversée de Méditerranée est périlleuse. Rien qu’en 2018, 2 277 personnes sont ainsi mortes en tentant de rejoindre l’Europe [2].

      Ceux qui ont survécu au voyage ont dû faire face à un accueil mitigé. D’une part, l’afflux de réfugiés et de migrants en Europe (ainsi que dans d’autres pays du monde) offre des boucs émissaires parfaits aux classes dirigeantes incapables de régler leurs problèmes internes, tout en alimentant un climat de xénophobie et des sentiments nationalistes croissants. D’autre part, il existe des élans de solidarité, qui vont de l’organisation d’un accueil effectif aux manifestations scandant « Refugees welcome ». Ces efforts vitaux méritent d’être poursuivis. Mais la solidarité qui ne commence qu’aux frontières de l’Europe a ceci de problématique qu’elle ne se penche pas sur les raisons principales qui poussent les demandeurs d’asile à fuir leur pays.
      La moitié de la population syrienne chassée de chez elle

      Depuis 2011, date à laquelle l’État syrien a commencé sa guerre contre un soulèvement pro-démocratique, plus de la moitié de la population a été chassée de chez elle. Même si d’autres acteurs du conflit, parasites djihadistes ou forces d’opposition, ont eux aussi provoqué des déplacements, la responsabilité principale revient à la violence de l’État et de ses bailleurs de fonds étrangers [Russie, Iran, Hezbollah libanais [3] ]. Le régime a eu recours à d’incessants bombardements aériens des villes et à des arrestations massives d’opposants. De nombreux observateurs évoquent le chiffre d’un demi-million de morts [4] (selon un bilan qui date de plus de deux ans). Avec 27 % des logements et deux tiers des établissements scolaires et médicaux endommagés ou détruits, le pays est un champ de ruines. L’effondrement des services publics et de l’économie, qui ont plongé près de 80 % de la population dans la pauvreté, sont d’autres causes évidentes de déplacement.

      En dépit d’un consensus mondial croissant sur le fait que la guerre semble toucher à sa fin, les Syriens continuent de s’exiler pour sauver leur vie. Depuis décembre 2019, près d’un million de personnes [80 % sont des femmes et des enfants] ont fui la province d’Idlib face aux assauts incessants du régime et de la Russie pour reprendre l’enclave rebelle. Peu de possibilités de secours leur étaient offertes, car la frontière syro-turque est fermée. Ces réfugiés s’entassent donc dans des camps insalubres ou dorment en plein air. Avec l’inexistence des soins, une éventuelle propagation du coronavirus parmi les populations déplacées pourrait avoir des conséquences dévastatrices.
      Entre « crise » et arme migratoire

      Bien qu’en Europe, on évoque sans cesse la « crise migratoire », seuls 11,6 % des déplacés syriens se sont réfugiés sur le Vieux Continent. La plupart demeurent dans la région, accueillis en premier lieu dans les pays limitrophes, où ils sont de plus en plus considérés comme un problème. En Turquie, qui accueille plus de 3,6 millions de Syriens sur son sol (plus que tout autre pays), l’incitation au renvoi des immigrés a constitué un argument-clé lors des élections municipales de 2019. Sur les médias sociaux, des campagnes de désinformation ont répandu la haine et la division, provoquant rassemblements anti-syriens et attaques contre leurs commerces. En juillet dernier, des milliers de réfugiés syriens, légaux ou illégaux, dont des enfants, ont été arrêtés dans tout le pays – à Istanbul en particulier, la rafle a été massive. Ces exilés ont été contraints de signer des formulaires de rapatriement « volontaire » puis ont été expulsés vers le nord de la Syrie.

      Ces derniers mois, la Turquie a utilisé les réfugiés comme une arme, arguant du fait que l’Union européenne (UE) n’avait pas versé l’intégralité des paiements convenus pour les maintenir sur son territoire. Les autorités ont incité des milliers de personnes [majoritairement des Afghans, mais aussi des Irakiens, des Syriens, des Somaliens, etc.] à traverser sa frontière avec la Grèce, les plaçant dans une situation d’extrême précarité puisque la frontière était bouclée du côté grec. Amassés le long des barbelés, des réfugiés ont été maltraités par les gardes-frontières grecs, aspergés par des canons à eau et des gaz lacrymogènes [5]. L’UE a multiplié les réunions d’urgence pour faire face à cette « crise » et envisager de répondre aux demandes de la Turquie. C’est la menace de voir s’échouer sur les côtes européennes des milliers de cadavres basanés qui l’a poussée à « agir » – ce que les images quotidiennes d’enfants syriens pris au piège sous les décombres de leurs maisons détruites et les cris angoissés de leurs parents n’ont jamais réussi à faire.

      Parallèlement, l’hostilité grandit envers les réfugiés au Liban, où ils constituent aujourd’hui un tiers de la population, la plupart d’entre eux se trouvant dans une situation précaire sans résidence légale. Un décret gouvernemental a donné la priorité à l’emploi aux travailleurs libanais, ce qui a conduit au licenciement de nombreux Syriens. Les incitations au racisme se sont multipliées de la part de politiciens de premier plan qui décrivent les réfugiés comme une menace existentielle pour la stabilité et la prospérité du Liban et appellent à leur retour en Syrie, arguant que le pays est désormais « sûr ». Les camps de réfugiés ont fait l’objet de rafles. Manière de pousser les Syriens à rentrer chez eux… Selon Human Rights Watch, au Liban aussi des formulaires de rapatriement « volontaire » ont été utilisés pour mener des expulsions expéditives.
      Le mensonge d’un pays sûr et stable

      L’idée que la guerre touche à sa fin et que la Syrie est désormais un endroit « sûr » est une petite musique qui monte en puissance à mesure que l’empathie pour les souffrances des Syriens s’amenuise. L’un des principaux promoteurs de ce récit est le régime lui-même. En septembre 2018, le vice-premier ministre Walid Al-Mouallem a déclaré devant l’Assemblée générale des Nations unies que la « guerre contre le terrorisme » était « presque terminée », que la Syrie était « devenue plus sûre et plus stable » et que « les portes étaient ouvertes à tous les réfugiés syriens pour qu’ils rentrent volontairement et en toute sécurité ».

      Le régime utilise la question du retour comme un levier par lequel il espère obtenir des fonds pour la reconstruction du pays. Mais cet argent sera détourné par le régime pour « financer ses atrocités, œuvrer pour son propre intérêt, réprimer ceux qui sont perçus comme des opposants et profiter à ceux qui lui sont fidèles », s’alarme Human Rights Watch. En Europe, des groupes d’extrême droite ont également relayé le récit du retour post-guerre en toute sécurité. Après leurs visites à Damas, des politiciens allemands de l’AfD et des militants de la mouvance identitaire ont appelé au rapatriement des réfugiés syriens.
      Résister aux appels au retour

      Il faut résister à ces appels au retour. D’ores et déjà, des exilés sont contraints de rentrer en raison de la précarité et de l’hostilité qu’ils rencontrent dans les pays d’accueil ; dès leur arrivée en Syrie, certains sont enlevés de force par les services de sécurité. Le Réseau syrien des droits de l’homme (SNHR) rapporte qu’entre début 2014 et août 2019, 1 916 réfugiés, dont 219 enfants, ont été arrêtés à leur retour au pays. Parmi eux, on compte 638 disparus et 15 morts sous la torture.

      Par ailleurs, la guerre fait toujours rage dans certaines parties du pays et même celles qui ne subissent plus de bombardements quotidiens sont loin d’être « sûres et stables ».

      Une autre ONG, la Syrian Association for Citizens Dignity, a examiné la situation dans les zones anciennement tenues par l’opposition, mais repassées sous le contrôle du régime après des bombardements aveugles et une guerre de siège. Des « accords de réconciliation » avaient été conclus dans la plupart des cas sous les auspices de la Russie : les personnes affiliées à l’opposition se voyaient garantir la protection de leurs droits, pendant au moins six mois, y compris contre la persécution, et étaient exemptées d’enrôlement au sein des forces du régime.

      Ces garanties n’ont pas été respectées. De nombreux jeunes ont été incorporés de force dans les milices pro-Bachar et envoyés comme chair à canon sur les lignes de front, où ils ont été amenés à se battre contre d’anciens camarades. Les réfractaires ont été arrêtés, ont disparu ou ont été tués par les services de sécurité. Dans le viseur du régime : les membres de l’opposition armée et politique et leurs familles, les media activists et les travailleurs humanitaires [6].
      S’attaquer aux causes profondes

      Si l’UE considère toujours officiellement que la Syrie reste un pays peu sûr pour le retour des réfugiés, le climat européen se fait de plus en plus délétère pour ces derniers, comme pour les autres migrants. Les pays de l’Union ont mis en place des contrôles frontaliers plus stricts et des systèmes de quotas. Ils ont mis fin à leurs opérations de sauvetage en mer et tendent à criminaliser la solidarité. Les groupes d’extrême droite gagnent en puissance, cherchant à diaboliser les migrants comme une menace existentielle pour les Européens (blancs). Il est vital de continuer à résister à ces phénomènes afin que ceux qui fuient la guerre, la persécution et la pauvreté bénéficient d’un refuge et d’un soutien pour reconstruire leur vie dès leur arrivée en Europe.

      Alors que leur nombre reste relativement faible aujourd’hui, les réfugiés servent déjà de prétexte pour restreindre la liberté d’aller et venir, construire des murs et des frontières impénétrables, accroître les dispositifs sécuritaires de l’État et exploiter des divisions fondées sur la race, la religion ou l’origine nationale. Que se passera-t-il demain lorsque les effets du changement climatique et de l’effondrement écologique provoqueront de vastes mouvements de population à travers le monde ?

      La solidarité doit aussi s’attaquer aux causes profondes. Une pression accrue doit être exercée sur le régime syrien pour qu’il mette fin aux violations systématiques des droits humains, notamment les détentions arbitraires et le bombardement permanent des populations et des infrastructures civiles. Tous ceux qui ont commis des crimes de guerre doivent être mis face à leurs responsabilités. Il faut s’opposer aux appels au rapatriement des réfugiés, à moins qu’ils ne soient vraiment volontaires, sûrs et dignes – et contrôlés par des acteurs indépendants.

      Un moyen concret de solidarité est de soutenir les organisations de la société civile syrienne, qui tentent collectivement de mettre en lumière les souffrances de ceux qui ont été déplacés de force de leurs maisons. C’est l’objectif de la campagne intitulée #HalfofSyria [7], qui documente l’expérience du déplacement et les raisons pour lesquelles les Syriens craignent toujours de rentrer chez eux. Car au bout du compte, l’équation est simple : tant que les gens ne seront pas protégés des massacres dans leur propre pays, ils continueront à chercher la sécurité à l’étranger.

      http://cqfd-journal.org/Refugies-syriens-non-il-n-est-pas

      via @cqfd

  • Pourquoi une observatrice de la LDH a-t-elle été placée en garde à vue lors de la manif des gilets jaunes ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/09/23/pourquoi-une-observatrice-de-la-ldh-a-t-elle-ete-placee-en-garde-a-vue-lo

    A l’occasion de l’acte 45, une observatrice de la ligue des droits de l’homme a été arrêtée et placée en garde à vue. Son procès est fixé au 12 décembre.
    […]
    L’observatrice de la LDH s’appelle Camille Halut. Elle a été placée en garde à vue, et en est sortie le lendemain matin, selon le procureur de la République de Montpellier Fabrice Bélargent. Contacté par CheckNews, le parquetier énonce les faits reprochés : « Rébellion, participation à une manifestation avec le visage dissimulé, et refus de se soumettre aux prélèvements ADN » lors de sa garde à vue.
    […]
    Contrairement à ce qu’on a pu lire en ligne, l’observatrice n’est pas passée en comparution immédiate ce lundi. Fabrice Belargent précise en effet à CheckNews que le procès pour les faits reprochés aura lieu le 12 décembre.

    Camille Halut déplore auprès de CheckNews ne pas pouvoir récupérer avant cette date le matériel dont elle dit qu’il lui a été confisqué lors de l’interpellation de ce week-end. Notamment son téléphone portable et son appareil photo, en plus de son matériel de protection.

    • Montpellier : l’observatrice de la LDH Camille Halut relaxée en correctionnel - midilibre.fr
      https://www.midilibre.fr/2020/01/16/montpellier-lobservatrice-de-la-ldh-camille-halut-relaxee-en-correctionnel


      La jeune femme filmait un contrôle d’identité.
      RDH

      Camille Halut, observatrice de la Ligue des droits de l’Homme, avait été interpellée le 21 septembre place des Martyrs-de la-Résistance à Montpellier en marge d’une manifestation des gilets jaunes.

      Le tribunal correctionnel de Montpellier a rendu son délibéré pour le procès de Camille Halut observatrice de la Ligue des droits de l’homme de Montpellier poursuivie pour dissimulation de visage lors d’une manifestation publique, en l’occurrence une manifestation des gilets jaunes du 21 septembre 2019, rébellion et refus de se soumettre en garde à vue aux prélèvements biologiques et relevés signalétiques.

      Elle avait été interpellée alors qu’elle s’était approchée caméra au poing d’un commissaire en pleine opération de contrôle d’identité et avait refusé de donner son matériel photo. 

      "Interpellation pas fondée"
      La jeune femme a été relaxée ce jeudi 16 janvier de toutes les charges. Le tribunal estimant que « le commissaire avait lui-même témoigné qu’elle ne dissimulait pas son visage puisque son masque était autour du cou », constate la LDH.

      Que la rébellion n’était pas établie et que pour le refus de se soumettre aux prélèvements les magistrats « avaient décidé de ne pas la condamner au regard du fait qu’il s’agit d’une infraction annexe intervenue suite à une interpellation qui n’était pas fondée et que les deux infractions principales n’étaient pas retenues ». Les nullités soulevées par ses avocats (Me Ottan et Tubiana) ont été rejetées.

      Déjà jugée entrave à la circulation sur l’A709 lors d’une autre manifestation des gilets jaunes, la jeune militante des libertés publiques qui filme « les pratiques policières » lors des manifestations depuis un an et demi, vêtue d’une chasuble floquée LDH, avait également été relaxée de toutes les charges le 3 octobre 2019 par le tribunal correctionnel.

      cf. entretien vidéo à l’occasion de la libération d’un GJ relaxé en appel après 4 mois de détention
      https://seenthis.net/messages/822598

  • Est-il vrai que le gouvernement n’a pas financé de pub pour le grand débat, comme l’a dit Sibeth Ndiaye ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/09/06/est-il-vrai-que-le-gouvernement-n-a-pas-finance-de-pub-pour-le-grand-deba

    Contrairement à ce qu’a affirmé la porte-parole du gouvernement sur France Inter, l’exécutif a bien dépensé plus d’un million d’euros dans un plan de communication.