Pourquoi le véganisme va disparaitre avant 2045

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  • Paul Ariès : « Le véganisme est le cheval de Troie des biotechnologies alimentaires »
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2019/01/18/31003-20190118ARTFIG00249-paul-aries-le-veganisme-est-le-cheval-de-troie-de

    J’ai suffisamment montré dans mon « Histoire politique de l’alimentation du paléolithique à nos jours » que le végétarisme a été dans l’histoire une idéologie « bonne à tout faire » pour être vigilant chaque fois qu’on veut de nouveau interdire aux gens de manger de la viande. Les puissants ont très vite inventé le séparatisme alimentaire en ne voulant plus manger ni la même chose ni de la même façon que les gens ordinaires et en leur interdisant la viande. Le refus de la viande est aussi lié historiquement au refus de l’alcool, de la sexualité, bref de la jouissance, à l’exception notable de l’Encyclopédie de Diderot qui prône le végétarisme au nom d’une illusion, ne plus tuer d’animaux rendrait les humains bien meilleurs. J’aimerais dire surtout que si je combats le véganisme, depuis plus de vingt ans, ce n’est pas d’abord pour défendre mon droit au beefsteak mais pour préserver l’unité du genre humain. Le véganisme n’est pas en effet la poursuite du végétarisme et du végétalisme sous un autre nom, c’est une véritable idéologie politique qui sape les frontières entre les espèces tout en servant de cheval de Troie aux biotechnologies alimentaires comme les fausses viandes industrielles.

    Le seul truc que je n’aime pas dans ce texte, c’est

    Une vache est un miracle de la nature, qui mange de l’herbe et la transforme, pour nous, en protéines.

    Le "pour nous" est de trop mais pour le reste, c’est vraiment bien.

    #élevage #animaux

    • Je pense pas que le « pour nous » soit de trop, c’est la clé de son discours à base de « nous »/ « les autres ». Il défend sa superiorité sur des autres qui lui doivent leur existence.

      #spécisme

      Même sans le « pour nous » une vache n’est pas un miracle de la nature, qui mange de l’herbe et la transforme, en protéines. Une vache mange pour rester en vie, pour préservé son état de non-steak (que les consommateurices de sa viande soient humains ou pas). Les protéines qu’elle transforme sont à elle, pour elle et ses petits éventuellement si elle en fait.

      J’aimerais dire surtout que si je combats le véganisme, depuis plus de vingt ans, ce n’est pas d’abord pour défendre mon droit au beefsteak mais pour préserver l’unité du genre humain.

      C’est un raisonnement circulaire et essentialiste. Il parle de l’unité de l’hommerie. Le genre humain se caractérise aussi par la différence de valence des sexes et c’est pas pour ca qu’on va resté attaché à cette tradition. Peut etre que ca a caractérisé le genre hommien de trucider tout ce qui bouge mais vu l’état de la faune et de la flore sur toute la planète il serait temps de révisé certaines bases (pourris) qui font notre unité (de pourritures).
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      Le fait que les industries profitent de l’opportunité est une caractéristique de base du capitalisme qui récupère tout. C’est comme si on réduisait l’antiracisme à Black Panthère de Disney ou le féminisme à Badinter. Il y a peut etre des vegan capitalistes mais pas plus qu’ailleurs et plutot moins à mon avis. Les industries ont le pouvoir miraculeux de Midas, changer ce qu’elle touche en merde et elles touchent à tout, même les idées, y compris vegans.

      Le « steak végan » à base de végétaux n’est pas obligatoirement industriel, on peu le faire à la maison avec du local-bio-équitable, tout comme le fait de manger de la viande ne garantie pas que le steak soit local, bio, élevé en plein air, avec le minimum du minimum de la décence. La plus part des gens vivent dans des grandes villes dans lesquels on ne peut pas controlé les conditions d’élevages. Dans ces conditions il vaut mieux que les gens des villes deviennent vegans plutot qu’illes continuent à manger des steaks douteux.

      L’industrie qu’elle fasse du steak de vache(/cheval roumain/porc pourris polonais) ou qu’elle fasse du steak de soja transgénique OGM de l’autre bout du monde, ca reste des pratiques nocives. Mais quant l’industrie fait de la viande avec des cadavres ca implique encore plus de pratiques et étapes nocives qu’un steak végé. Pratiques nocives aux éléveureuses soumis à l’industrie, nocives aux ouvrier·es des chaines d’abattage, nocive pour l’environnement (puisque le steak est nourri avec les steak de soja encore + gavé de pesticides et + d’OGM et on ajoute exploitation des travailleureuses du soja... et que les animaux ajoutent leurs excréments à la pollution liée à la culture de leur alimentation), et ne parlons pas de la nocivité pour les non humains.

      Le soucis c’est plutot l’industrie que celleux qui ne mangent pas de produits issus d’animaux. Le problème de l’industrie est lié à la pauvreté, aux classes sociales. Aujourd’hui les élites sont flexitarien·nes, illes bouffent du bon steak local-bio et boivent du bon vin sans sulfites. Les pauvres qu’illes soient vegan ou pas sont exposé à des pratiques toxiques, fraudes, pollution, nitrites... Le pbl est l’industrie mais le figaro ne s’y attaque pas. Ce mec veux juste bouffer son steak de bougeois sans aucun état d’ame et il attaque les vegan qui osent remettre en cause son droit de mort sur des autres. Les vegans avec leur projet utopique permettraient au moins de faire cesser un grand nombre de pratique nocives des industries et si le steak bio des élites flexitariennes disparait avec, ca me fera pas pleuré.

    • On parle du véganisme comme grande philosophie utopiste, c’est mettre cette pensée à un niveau intellectuel qu’elle ne mérite pourtant pas. Ces considérations méta physiques me laissent de marbre (mon côté terre à terre du gars qui vient de la campagne sans doute) mais le problème principal des vegans est qu’ils ne connaissent rien à l’agriculture (normal ils vivent en centre ville et ne savent pas à quoi ressemble une vache ou un porc) mais cela ne les empêche pas de donner des leçons à tout le monde sur comment il faut faire.
      Voici une réponse d’un agriculteur qui montre bien à quoi ressemblerait un monde vegan (ce n’est pas le gars du début de la video qui est un peu pénible) : https://www.youtube.com/watch?v=6X4UEawXu-Q


      Aries a raison de parler des bio-technologies mais l’angle des aliments transformés type steak de soja n’est pas le principal problème à attaquer même si cela plaît au beauf moyen du figaro : pour faire une agriculture entièrement vegan, il faut du pétrole et des intrants chimiques. Le veganisme est (sans doute involontairement) intrinsèquement un produit industriel, sous toutes ses formes.

    • Ça m’interroge aussi, que Jocelyne Porcher et Ariès trouvent au Figaro des journalistes qui leur posent des questions intéressantes. Comme si la presse de gauche ne pouvait pas supporter qu’on remettre en question la nouvelle utopie, c’est la droite qui la gratte.

      Je finis par penser qu’on se précipite sur des utopies maladroites et solutionnistes (revenu garanti ou véganisme) parce qu’on n’est plus capable de sauver les meubles, de regarder en face la pauvreté, les inégalités, les discriminations, l’état de la nature, ces trucs accablants sur lesquels on semble ne pas avoir prise. Alors on se décale vers des combats plus moraux, plus simples.

      Écologiquement parlant, il faut dire à quel point le véganisme n’a aucun intérêt : c’est la production industrielle, végétale ou animale, qui pourrit les campagnes et les eaux. Les pratiques écologiques au contraire font aller ensemble élevage et agriculture. L’agriculture bio n’existe pas sans animaux, les vegan devraient manger conventionnel de supermarché pour être vraiment cohérent.es.

      Mais comme cet engagement moral (respectable, s’il reste moral et individuel, et si les vegan n’agressaient pas les gens qui ne consomment pas comme elles et eux) s’accompagne aussi de beaucoup de distinction sociale, ben on les croise au magasin bio et les viandes et charcuteries à la coupe n’existent plus ou presque en Biocoop.

    • @aude_v le veganisme est classé plutôt à gauche (voire extrême gauche), « progressiste » (dans un sens positif pour ses partisans) et est un mouvement urbain donc pas étonnant que la presse de gauche mainstream n’y trouve rien à redire, elle s’y reconnaît complètement. Donc à l’inverse la droite ne voit pas le problème de s’y attaquer, dans une logique partisane binaire y a pas trop de questions à se poser même si au final ils ont sûrement plus de points communs avec les vegans qu’ils ne le pensent. J’ai pas trop creusé la question mais je ne serais pas étonné que l’extrême droite, au moins en partie, puisse adhérer à l’idéologie vegan ou au moins à certains de ses aspects. Dans les milieux d’extrême gauche/libertaires la critique existe mais elle se fait généralement en privé au vu des comportements très souvent agressifs et illuminés des vegans. Du moins c’est mon expérience pour ce dernier point. Le veganisme n’est qu’une forme ultime de « plus radical que moi tu meurs » (il y a environ 15 ans le végétarisme était suffisant pour se démarquer et puis les vegans sont arrivés).

    • La « presse de gauche », c’est comme l’ultragauche. On en parle sans la définir, et c’est réjouissant comme on a l’impression de dire des choses qui portent.

      T’as des trucs comme ça, faut pas hésiter à les utiliser. L’ultraprout, l’ultrapouet, la presse de prout, la presse de pouet, et les bobos de prout et les beaufs de pouet.

      La souffrance animale touche les urbains... et d’autres. Et ils agissent individuellement, parce que toute autre forme d’action collective est dénigrée et/ou de plus en plus illégale (z’avez remarqué comme rien que de faire partie d’une association, maintenant, ça peut être une circonstance aggravante justifiant une peine de prison ?) . Et tous, ils agissent comme ils peuvent, avec les informations que l’on met à leur disposition. Et on ne peut pas dire que ce soit simple de faire son marché... dans les informations disponibles. Alors oui, les vegans, comme les gilets jaunes... y-en a des biens... et y-en a des pas finis. Une chose est certaine : le débat n’est décidément pas serein et les arguments volent bas.