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    « Cette vaccination était attendue depuis longtemps » : dans les îles grecques, les premiers migrants reçoivent le vaccin anti-Covid
    Par Charlotte Boitiaux Publié le : 03/06/2021
    La campagne de vaccination contre le coronavirus débute ce jeudi dans les îles grecques de Samos, Lesbos et Chios. Les migrants pourront bénéficier d’une seule injection grâce au vaccin Johnson & Johnson. Seuls 15 % de la population migrante souhaitent, pour l’heure se faire vacciner. La faute à un manque de communication de la part des autorités grecques, déplore MSF.
    La campagne de vaccination contre le Covid-19 a commencé jeudi 3 juin dans les camps de migrants des îles grecques de Lesbos, Samos et Chios, en face de la Turquie, a annoncé mercredi 2 juin le responsable du ministère des Migrations, Manos Logothetis.Les premières vaccinations se feront dans le camp de Mavrovouni, aussi appelé Moria 2.0, sur l’île de Lesbos, dans le camp de Vial, à Chios, et dans le camp de Vathy, à Samos. C’est Eody, la structure grecque de santé publique (dépendante du ministère de la Santé) qui sera en charge de la campagne. « Il devrait y avoir 50 vaccinations par jour, chaque jeudi et vendredi », détaille Dora Vangi, chargée de communication pour Médecins sans frontières (MSF) en Grèce. « La vaccination s’étalera sur plusieurs semaines jusqu’à ce que tout le monde soit vacciné. »"La vaccination se réalisera avec le sérum de Johnson & Johnson avec un personnel spécialement envoyé d’Athènes", a également précisé Manos Logothetis dans une interview accordée à l’agence de presse grecque ANA."Le choix de Johnson & Johnson est judicieux. C’est un vaccin qui ne nécessite qu’une seule dose, c’est un bon choix pour une population qui est souvent sur la route, qui se déplace beaucoup", a ajouté Dora Vangi de MSF.Selon Manos Logothetis, seuls 15 % des demandeurs d’asile se sont portés volontaires pour se faire vacciner. « Si on estime que 30 % des migrants ont moins de 18 ans et que 30 % encore a déjà été malade, la route vers l’immunité des demandeurs d’asile en vaccinant tous ceux qui ont besoin de se faire vacciner sera courte et nous réussirons », a cependant tenu à rassurer Manos Logothetis.Selon Stephan Oberreit, chef de mission pour MSF actuellement à Lesbos, la réticence de la population réfugiée à se faire vacciner s’explique par un manque de communication en amont. « Cette vaccination était attendue depuis longtemps [...] Mais le gouvernement n’a pas suffisamment informé sur les enjeux et sur l’importance du vaccin. Que ce soit pour le Covid ou la rougeole, il faut, dans toute campagne de vaccination, faire un travail de promotion de santé. Et ce travail là n’a pas été suffisamment fait. Ce qui pourrait expliqué qu’il y ait si peu de volontaires », dit-il à InfoMigrants.
    Les conditions de vie et le manque d’hygiène dans les structures où les exilés doivent séjourner le temps que leur demande d’asile soit étudiée continuent d’être régulièrement décriés par les défenseurs des droits humains.Au mois de mai, des migrants avaient refusé de se faire vacciner pour protester contre leurs conditions de vie alors qu’une trentaine de personnes avaient été testées positives au Covid dans le camp de Mavrovouni, à Lesbos.Mais tout au long de la pandémie causée par le coronavirus, ce sont surtout les restrictions dans les déplacements et l’enfermement des demandeurs d’asile qui ont été dénoncés par les ONG.
    Alors que la population grecque a été déconfinée à plusieurs reprises depuis mars 2019, les migrants ne l’ont jamais été vraiment. Ils ne sont autorisés qu’à sortir au compte-gouttes, quelques heures par semaine et après avoir obtenu le feu vert de la direction du camp.L’accès aux humanitaires dans les camps et la scolarisation des enfants réfugiés ont aussi été rendus difficiles dans ce contexte.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#camp#vaccination#inclusion#enfermement#restrictionsanitaire#MSF#demandeurdasile#sante#samos#lesbos#chios

  • À la frontière gréco-turque, l’Europe installe un mur d’acier et un camion blindé assourdissant contre les réfugiés
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32687/l-europe-renforce-son-dispositif-de-surveillance-de-la-frontiere-greco

    L’Union européenne va ériger d’ici la fin de l’année un mur d’acier entre la Grèce et la Turquie. Un camion blindé équipé d’un canon sonore tirant des rafales de bruits assourdissants, comparables au volume d’un moteur à réaction, sera également déployé à la frontière gréco-turque pour empêcher les migrants d’atteindre le territoire européen. Source : InfoMigrants

  • Covid-19 : pour les sans-papiers, le long chemin de la vaccination - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32502/covid-19-pour-les-sans-papiers-le-long-chemin-de-la-vaccination

    Covid-19 : pour les sans-papiers, le long chemin de la vaccination
    Vacciner les migrants est, de l’avis de la majorité des autorités en Europe, un impératif. Mais dans la plupart des pays, les discours se heurtent à la réalité du terrain subie par les sans-papiers. Dans ce contexte, se faire vacciner relève parfois du parcours du combattant. Le sujet fait consensus dans toute l’Europe : la vaccination au Covid-19 doit inclure le plus grand nombre. Y compris les migrants en situation irrégulière, catégorie de la population parmi les plus exposées au virus. D’après un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (ICRC) publié en février, 32% des cas de Covid-19 détectés entre mars et mai 2020 en Suède concernaient des migrants, qui pourtant ne représentent que 19% de la population. Vacciner les exilés s’avère donc primordial, pour leur propre santé comme pour endiguer la pandémie et empêcher les mutations du virus.
    Selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), début avril, 153 États avaient adopté des stratégies de vaccination contre le Covid-19 incluant des réfugiés. Un constat « extrêmement encourageant », selon les auteurs du rapport de la Croix-Rouge, qui émettent toutefois un bémol. « Il est important que les plans de vaccination soient élargis à d’autres groupes de migrants, notamment les sans-papiers et les personnes en situation irrégulière. Pour être vraiment efficace, une campagne de vaccination doit atteindre tout le monde. » Et c’est là que le bât blesse. En Italie, où les autorités prévoient de se lancer à la fin du mois dans « la vaccination de masse » en injectant un million de doses par jour, près de 700 000 immigrés sans papiers ou étrangers en demande de régularisation seraient exclus des campagnes de vaccination, selon des chiffres compilés par l’organisation catholique Caritas de Rome. Des « invisibles » aux yeux de l’administration, dont les bases de données ne prennent pas en compte les étrangers qui vivent temporairement sur son sol.
    Dans le pays, la vaccination est pourtant garantie pour tous par la Constitution. Et la carte STP (Etrangers temporairement présents), délivrée à tous les migrants sans papiers à leur arrivée sur le territoire leur assure l’accès aux services de santé urgents ou essentiels, y compris les vaccins. « Même pour ceux qui ne font pas de demande d’asile », précise Gianfranco Constanzo, directeur de la santé de l’Institut national de la santé, des migrations et de la pauvreté (INMP). Pour prendre rendez-vous, il faut se rendre sur la plateforme en ligne dédiée, qui permet de réserver un créneau pour recevoir une injection. Problème : pour valider son inscription, il faut fournir un code fiscal, que les migrants sans papiers n’ont pas. Le chemin vers la vaccination s’arrête là. « En Italie, ces plateformes sont gérées par les régions. Et pour l’instant, seule l’Emilie-Romagne ne demande pas ce code, explique Gianfranco Constanzo. C’est problématique, c’est sûr, car cela accroit encore davantage les inégalités entre les populations. » Même si d’après lui, le couac relève « plus d’un problème technique que d’une stratégie politique », pour la Société italienne de médecine des migrations (Simm), la situation « risque de compromettre la réussite de l’ensemble du plan de vaccination nationale » et relève « d’une urgence de santé publique ».
    Des vaccins dans les lieux de distribution alimentaire En Grèce, accéder aux services de santé s’avère tout aussi compliqué. Dans le pays, plus de 50 000 personnes, sans papiers, en sont privées, car dans l’impossibilité de fournir un numéro de sécurité sociale. Une situation qui empêche, là aussi, certains migrants de bénéficier d’un vaccin.Pour les migrants sans papiers établis en France, l’accès à la vaccination est un peu moins compliqué depuis le 24 mai. Désormais, toute personne en situation irrégulière, qu’elle bénéficie ou non de l’AME, peut prétendre au vaccin. Aucun document ne lui sera demandé. « Les critères d’âges ont aussi été abrogés pour ceux qui vivent dans la rue et dans les foyers d’accueils », affirme Corinne Torre, cheffe de la mission France chez Médecins sans frontières (MSF).
    Des campagnes de sensibilisation vont être organisées par les ONG en partenariat avec le ministère de la Santé, dans des lieux fixes – centres d’hébergement d’urgence, foyers de travailleurs migrants - mais aussi par des équipes mobiles. « Chez MSF, nous allons également nous déplacer dans des lieux de distribution alimentaire, là où nous serons le plus susceptibles de retrouver les mêmes personnes, pour une deuxième dose », explique-t-elle. Ailleurs en Europe, c’est à un autre obstacle que font face les exilés. Partager ses données et révéler sa situation auprès d’un personnel de santé fait en effet surgir pour beaucoup la crainte d’une dénonciation aux autorités chargées de la migration. « Les migrants sans papiers sont très méfiants vis-à-vis des autorités publiques, quelles qu’elles soient, constate Corinne Torre. Il y a un vrai travail de sensibilisation à faire. » Pour rassurer les migrants et ne pas entraver sa campagne de vaccination – selon certaines estimations, le nombre de sans-papiers au Royaume-Uni atteindrait 1,3 million - le gouvernement britannique a dès le mois de février fait savoir aux responsables du NHS, le service public de santé, que la vaccination ne serait pas soumise à des vérifications du statut migratoire. Dans le pays, « la vaccination est d’ailleurs gratuite pour tous ceux qui y vivent, quel que soit leur statut migratoire », avait déclaré un porte-parole du gouvernement. La barrière de la langue, un accès limité à Internet et les coûts potentiels de la vaccination sont aussi « des éléments à ne pas négliger pour les Etats », prévient Nicole Hoagland, membre du bureau australien de la Croix-Rouge. « Mais certains pays européens l’ont bien compris. » Pour contourner ces difficultés, en Allemagne, les autorités berlinoises ont par exemple vacciné les exilés directement dans les centres pour demandeurs d’asile. En Serbie, depuis le 26 mars, des campagnes de vaccination ont été lancées dans plusieurs camps de migrants, dont celui de Krnjaca près de Belgrade. Et en Slovaquie, après que certains migrants se sont vu refuser l’accès au vaccin en raison de leur assurance maladie, le gouvernement a proposé une nouvelle loi qui autorise l’accès aux vaccins pour tous, sans obligation de renseigner un numéro de sécurité sociale. Elle devrait être validée par le Parlement ces prochaines semaines.

    #Covid-19#migrant#migration#france#europe#sante#vaccination#inclusion#migrantsanspapier#systemesante#santepublique#demandeurdasile

  • Roué de coups à Vintimille, un Guinéen de 23 ans se suicide

    #Musa_Balde, un Guinéen de 23 ans, s’est donné la mort dans la nuit de samedi à dimanche dans un centre de rétention pour étrangers à Turin, en Italie. Le jeune homme, retrouvé pendu, avait été violemment roué de coups par trois Italiens à Vintimille, ces derniers jours. A sa sortie de l’hôpital, il avait été transféré dans le #CRA de Turin où il avait été placé à l’isolement.

    Les associations disent avoir tout fait, en vain, pour venir en aide à Musa Balde, un migrant de 23 ans présent jusqu’à récemment dans la région de Vintimille, en Italie. Ce jeune Guinéen, décrit comme une personne instable et régulièrement ivre dans les rues de Vintimille, s’est donné la mort dans la nuit de samedi à dimanche 23 mai dans l’enceinte du Centre de détention et de rapatriement de Turin (CPR, équivalent des centres de rétention administrative en France, antichambre aux expulsions des étrangers). Musa Balde a été retrouvé pendu à l’aide de ses draps.

    Une « terrible nouvelle » selon plusieurs associations, dont Projetto 20k et l’ONG We World, qui dénoncent la responsabilité de l’Etat italien dans le triste sort de ce migrant « vulnérable psychologiquement » présent depuis quatre ans en Italie et dont la demande d’asile avait été rejetée.

    La situation de Musa Balde, sous le coup d’une procédure d’éloignement du territoire depuis mars, s’était rapidement détériorée ces derniers jours. Le 9 mai dernier, il avait été passé à tabac par trois hommes italiens dans les rues de Vintimille, ville italienne proche de la frontière française. Selon la police, qui a exclu tout motif raciste, l’agression avait fait suite à la tentative du migrant de voler le portable d’un de ces trois hommes dans un supermarché.

    L’homme en question et ses deux acolytes avaient par la suite fondu sur Musa Balde à la sortie du magasin et l’avaient roué de coups à l’aide de barres, de bâtons, de tuyaux en plastique, de leurs poings et de leurs pieds.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/32461/roue-de-coups-a-vintimille-un-guineen-de-23-ans-se-suicide
    #mourir_aux_frontières #frontière_sud-alpine #asile #migrations #réfugiés #mort #suicide #décès #Alpes #Turin #Vintimille #détention_administrative #rétention #Italie #France

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    ajouté au fil de discussion sur les morts à la frontière de Vintimille :
    https://seenthis.net/messages/784767

    lui-même ajouté à la métaliste sur les morts aux frontières alpines :
    https://seenthis.net/messages/758646

    • Ventimiglia, migrante preso a sprangate dopo lite in un supermarket: identificati i tre responsabili

      Un migrante è stato assalito e preso a sprangate da tre persone in pieno centro a Ventimiglia, all’angolo tra via Roma e via Ruffini, dietro al Comune e alla caserma della polizia di frontiera. L’uomo è stato soccorso dal personale sanitario del 118 e portato in ospedale a Sanremo: ha riportato diverse lesioni, tra cui un forte trauma facciale. Un video diffuso subito dopo l’aggressione sui social mostra tutta la violenza di quanto successo. La polizia alcune ore dopo ha individuato e denunciato i tre responsabili dell’aggressione.

      https://video.repubblica.it/edizione/genova/ventimiglia-migrante-preso-a-sprangate-dopo-una-lite-in-un-supermarket/386781/387506?video&ref=RHTP-BH-I300221689-P1-S2-T1

    • Il peso dell’indifferenza. La storia di #Moussa_Balde

      Il suo nome è ovunque nelle ultime ore, ma di lui non si sa molto. Di Moussa Balde si conosce l’età, appena 22 anni, il paese d’origine, la Guinea, e si può ipotizzare che fosse giunto in Italia con la speranza di migliorare la propria vita. Era arrivato probabilmente all’inizio 2017 e si era stabilito a Imperia, in Liguria. Lì era stato accolto al Centro di solidarietà l’Ancora, dove gli educatori, che cercano di incentivare lo studio come mezzo di integrazione, lo avevano messo in contatto con il Centro provinciale per l’istruzione degli adulti di Imperia, tramite cui aveva deciso volontariamente di iscriversi a scuola. L’insegnante di italiano ci tiene a raccontare come la sua grafia fosse la più bella mai vista in dieci anni di lavoro, segno del suo impegno e della sua scolarizzazione.

      “Ha sempre dimostrato una grandissima voglia di imparare la lingua, per comunicare con le persone, trovare un lavoro, vivere nella società. Era un pensiero costante, che l’ha spinto a fare tutto nei tempi e nei modi giusti”.

      Aveva probabilmente già studiato in Guinea, e anche in una buona scuola. Con “un’invidiabile capacità di apprendimento”, ha intrapreso un corso di prima alfabetizzazione, poi di scuola media e infine si era iscritto al primo anno di superiori, che non ha mai concluso. Nel 2019 aveva, infatti, deciso di andare in Francia, dove vivevano alcuni amici o parenti, come lui francofoni. Dopo qualche mese all’estero, era stato però fermato e rispedito nel comune ligure. Spostatosi a Ventimiglia, dimorava ormai per strada e si sostentava chiedendo l’elemosina e rivolgendosi ai servizi della Caritas diocesana. “Più volte è venuto da noi per chiedere del cibo – racconta Christian Papini, responsabile regionale – ma è tutto quello che abbiamo potuto fare per lui. Non possiamo aiutarli, accoglierli, nemmeno dargli da dormire, hanno solo diritto all’urgenza.”

      Le associazioni del territorio non conoscono davvero la sua storia. Maura Orengo, referente a Imperia di Libera – rete di associazioni che lavora per la tutela dei diritti e la giustizia sociale – spiega che “il ragazzo aveva il foglio di via, quindi era già in situazione di clandestinità e non si poteva rivolgere alle associazioni, che richiedono nome e generalità.” Senza passato e senza futuro, Moussa occupava i margini della società, delle vie e dei supermercati dove faceva l’elemosina.

      Proprio in quella circostanza, il 9 maggio, era stato aggredito da alcuni cittadini di Ventimiglia, che lo avevano violentemente percosso con dei tubi. Alla denuncia, però, non è stata aggiunta l’aggravante razziale. I tre lo avevano accusato di tentato furto di un cellulare, ma a Moussa non era stata data la possibilità di replicare. Condotto all’ospedale di Bordighera per trauma facciale e lesioni, veniva dimesso il giorno successivo con una prognosi di dieci giorni e immediatamente trasportato al Centro di permanenza per il rimpatrio di Torino. Il ragazzo era infatti irregolare sul territorio italiano, anche se, tempo prima, aveva fatto domanda di asilo politico: “Sembra ci sia stato un problema nel momento in cui doveva presentarsi davanti alla commissione, per spiegare i motivi per cui richiedeva l’asilo. – dice il suo avvocato, Gianluca Vitali -. Era andato una prima volta ma, come spesso succede, solo un membro della commissione era disponibile a sentirlo. Lui ha quindi chiesto il rinvio, per essere ascoltato dall’intera composizione collegiale. Poi però ci sono stati dei problemi, non aveva più un posto dove stare e non era c’erano centri di accoglienza per ospitarlo. Probabilmente, quindi, era stato convocato ma è risultato irreperibile”. Così, senza conoscere la sua storia e senza aver ascoltato le ragioni che lo avevano spinto ad arrivare nel paese, la commissione aveva deciso per il rimpatrio. Ma a Moussa, che non frequentava più nessuna associazione ed era praticamente un fantasma, la comunicazione ufficiale è giunta una volta arrivato al Cpr. “Il passaggio dall’ospedale a Torino è avvenuto in brevissimo tempo, – dice Orengo – non c’è stato nemmeno il tempo di avvicinarlo subito dopo l’aggressione. Noi di Libera ci chiedevamo se avremmo potuto fare di più; avrei potuto segnalare a Torino la difficile situazione in cui questo ragazzo versava, ma non sapevo nemmeno che fosse lì.”

      Dopo due settimane di isolamento, con la prospettiva di un prossimo rimpatrio, Moussa Balde si toglie la vita. Altri ragazzi, come lui reclusi all’interno del centro, alla notizia della morte hanno iniziato uno sciopero della fame e innescato diversi incendi nella struttura, per protestare contro le condizioni cui sono costretti.

      Gli ultimi giorni

      Emarginato, picchiato, isolato e respinto ancora una volta, il ragazzo era visibilmente provato. L’avvocato, che aveva conosciuto la sua storia leggendo la notizia dell’aggressione, scopre tramite una faticosa ricerca che la sua destinazione è il Cpr di Torino e lo raggiunge. Sin da subito non ha dubbi che gli addetti del centro fossero consapevoli delle sue difficoltà.

      “Che ci fossero problemi di comportamento, di depressione, di tono dell’umore, quindi qualche problema psichico, – dice Vitali – credo fosse evidente a tutti. La prima volta che sono andato a trovarlo ho fatto il suo nome a un poliziotto e ho chiesto di vederlo. Quello mi ha subito risposto che il ragazzo aveva dei problemi e che non era detto che avrebbe accettato il colloquio.”

      Nonostante le difficoltà, nessuno psicologo è mai andato a fargli visita, ma piuttosto, dopo qualche giorno, Moussa viene spostato nel cosiddetto “ospedaletto” del Cpr, una zona separata dal resto del centro. “Al suo arrivo non era sicuramente in isolamento, e questo conferma che la misura non è stata presa per motivi di sicurezza legati al Covid. Dovrebbe trattarsi di un isolamento sanitario, per tenere l’individuo sotto osservazione o separarlo dagli altri nel caso in cui questo si riveli contagioso. Il problema è che l’isolamento normativamente non esiste. È un’invenzione di alcuni centri. Si sostiene poi che il migrante possa chiedere di essere messo in isolamento, ma tenderei ad escludere che lui possa averlo fatto.”

      Da giorni l’avvocato di Moussa aveva avviato un procedimento per richiedere l’annullamento del rimpatrio, facendo leva sul fatto che il ragazzo fosse la parte lesa di un procedimento penale, quello contro i suoi tre aggressori.

      “Stavamo tentando di fare qualcosa, ma il processo è ovviamente lungo e macchinoso. Tutto il sistema è costruito in modo che il migrante clandestino sia il soggetto meno difendibile al mondo”.

      “Stavo già preparando un ricorso al giudice di pace di Imperia, per chiedere di sentire Moussa come persona offesa ed eventualmente di disporre il rilascio di un permesso per motivi di giustizia, in attesa del procedimento. Tutti tentativi che avrei continuato a fare, ma non c’è stato più tempo.” L’unica cosa che può fare, adesso, è accompagnare i genitori nel lungo procedimento che hanno deciso di intraprendere, per capire cosa sia davvero successo a Imperia e Torino. La salma del ragazzo, intanto, viene preparata per tornare da loro in Guinea.
      Strutture inesistenti

      Arrivato in Italia con speranza, Moussa si è scontrato con alcune delle storture del paese, che la sua morte ha contribuito a mettere ancora una volta in luce. Chi giunge a Ventimiglia non trova, innanzitutto, adeguata assistenza. Le strutture di accoglienza sono poche ed esclusivamente in mano ad associazioni del territorio. E la situazione si complica ulteriormente per i migranti in transito verso la frontiera francese. Da quando lo scorso luglio è stato chiuso il capannone della Croce Rossa, non c’è alcuna struttura che accoglie per la notte le persone in cammino, stremate anche da anni di viaggio.

      Le associazioni che lavorano sul territorio le assistono come possono, ma non sono sufficienti. E quando arriva l’estate – lo sa bene Christian Papini, che se ne occupa da anni – i flussi si moltiplicano e la situazione diventa ancora più ingestibile. “I numeri stanno aumentando in modo importante: da settembre a fine aprile, soltanto dalla Caritas sono passate più di 10mila persone. La scorsa settimana siamo arrivati a 220 persone in una mattina e siamo solo all’inizio, perché la rotta balcanica non è ancora completamente aperta.” E senza un’assistenza sufficiente, gli esiti possono facilmente diventare tragici. Lo testimonia la serie di eventi che riporta ciclicamente Ventimiglia sulle prime pagine, che dal 2015 ha visto la morte di migranti in autostrade, treni o nel passo della morte.

      Per questo Papini parla di “cronaca di una morte annunciata”. Che un campo riapra, però, è quasi una certezza: “Storicamente i campi di transito vengono aperti quando c’è una grossa emergenza, quindi di solito si aspetta che succeda il casino. Quando si rendono conto che le persone non si possono fermare, allora si apre un campo. Almeno chi arriva ha un posto dove può mangiare, lavarsi e poi trovare passaggio per la frontiera; diventa tutto un po’ più semplice.” Ma quando qualcosa si fa, il peso è sempre sulle spalle del terzo settore e dei volontari. Come quelle di Don Rito Alvarez, da anni parroco a Ventimiglia, che nel 2016 insieme alle associazioni del territorio aveva creato il progetto del Confine solidale: “In un periodo di necessità abbiamo aperto la chiesa e fatto un’accoglienza straordinaria. Ci siamo messi in prima linea e in uno spazio non molto grande abbiamo dato da mangiare anche a mille persone al giorno. Le autorità del territorio pensavano non fossimo capaci di gestire la situazione: siamo riusciti talmente bene che alla fine ci hanno spinti a continuare. Adesso non c’è nulla, la situazione è molto triste. Si va avanti cercando di sistemare tutto con palliativi, ma quello che servirebbe è un centro per l’integrazione e per l’accoglienza che sia all’altezza delle necessità. Bisogna essere lungimiranti e coinvolgere anche il governo centrale, altrimenti tra cinque anni siamo di nuovo qui a dirci le stesse cose”.
      Centri di reclusione

      Dalle strade inospitali di Ventimiglia, Moussa è stato spostato poi tra le mura dell’ospedaletto del Cpr di Torino, che il report 2021 del garante nazionale Mauro Palma descrive come: “privo di ambienti comuni: le sistemazioni individuali sono caratterizzate da un piccolo spazio esterno antistante la stanza, coperto da una rete che acuisce il senso di segregazione. Tale area è normalmente utilizzata per ospitare persone da separare dal resto della popolazione trattenuta, per motivi di salute o di incompatibilità ambientale”.

      Le indagini sul centro hanno inoltre rivelato che l’alta concentrazione di soggetti stranieri tossicodipendenti, con problemi psichici o comunque colpiti da forme di disagio sociale, non corrisponde ad un sufficiente coinvolgimento dei servizi sanitari locali. Una mancanza di raccordo con le altre strutture del territorio fa sì, inoltre, che il personale sanitario del centro rimanga completamente all’oscuro delle vicende cliniche delle persone trattenute. Queste possono poi rivolgersi direttamente agli operatori in caso di necessità, ma devono “attendere il passaggio di un operatore, nella speranza di ottenere la sua attenzione ed esprimere da dietro le sbarre del settore detentivo la propria istanza. Il Garante nazionale esprime il proprio fermo disappunto rispetto a una tale impostazione organizzativa, la quale, […] determina un contesto disumanizzante dove l’accesso ai diritti di cui le persone trattenute sono titolari passa attraverso la demarcazione fisica della relazione di potere tra il personale e lo straniero ristretto che versa in una situazione di inferiorità.” Il fatto che si tratti di una struttura chiusa, poi, com’erano i manicomi, fa già capire che “certe cose non le si vogliono far vedere. – dice Papini – Penso che se questo ragazzo avesse ricevuto supporto psicologico, forse, non si sarebbe suicidato, anche perché aveva già rischiato la vita per venire in Italia. E, dopo un’esistenza di stenti, si ritrova in un Cpr, dove gli comunicano che rimarrà rinchiuso fino al giorno del rimpatrio: c’è chiaramente un elevato rischio di suicidio. Si tratta di una delle tante vittime senza nome, di cui non frega niente a nessuno. Infatti lui è finito al Cpr, gli altri sono ancora per strada.”

      Di Moussa, che era in Italia da oltre quattro anni, si sa ancora troppo poco. È una delle tante storie che risvegliano le coscienze per un giorno, poi si torna a dormire.

      https://futura.news/il-peso-dellindifferenza-la-storia-di-moussa-balde

  • Les « riski », quand les migrants marocains prennent tous les risques pour sortir de Melilla (3/4) - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32415/les-riski-quand-les-migrants-marocains-prennent-tous-les-risques-pour-

    Hassan est un « #harraga » (littéralement, un « brûleur » de frontières), prêt à tous les risques pour rallier l’Europe. Pour lui, les ferries sont la seule option. Il n’existe que deux routes pour sortir de #Melilla, enclave espagnole sur le sol marocain : l’avion ou le port. La voie aérienne est inenvisageable

    https://twitter.com/chaboite
    Charlotte Boitiaux. Journaliste à FRANCE24 et à InfoMigrants

  • Débarquement en Sicile de 415 migrants secourus au large de la Libye par le Sea-Eye 4 - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32413/debarquement-en-sicile-de-415-migrants-secourus-au-large-de-la-libye-p

    Les 415 naufragés à bord du Sea-Eye 4 sont arrivés vendredi matin à Pozzallo, en Sicile. Le Sea-Eye 4 est arrivé vendredi matin au port sicilien de Pozzallo pour y débarquer les 415 migrants secourus quelques jours plus tôt en mer Méditerranée. Plus aucun navire humanitaire ne sillonne la zone de recherche et de sauvetage, au large de la Libye.Après plusieurs jours de navigation, le Sea-Eye 4 de l’ONG allemande éponyme a accosté vendredi 21 mai au port de Pozzallo, en Sicile. Les 415 naufragés, dont 150 enfants, à bord du navire humanitaire devraient débarquer dans la journée sur le sol italien après avoir effectué des tests nasaux pour détecter d’éventuelles contaminations au Covid-19.Les premiers examens ont débuté vendredi matin. Selon Jan Ribbeck, le directeur des opérations de Sea-Eye, « un bébé de huit mois et d’autres tout-petits hurlent » à cause des écouvillons nasaux. Des « remarques racistes » auraient également été proférées à l’encontre des exilés.
    Le Sea-Eye 4 a été informé mercredi soir par l’Italie qu’il pourrait accoster à Pozzallo, sur la côte sud-est de la Sicile, alors qu’il se trouvait au large de Palerme, au nord-ouest de l’île. Si l’équipage s’est félicité de cette décision, après avoir essuyé un refus de Malte, il a déploré d’avoir à reprendre la mer en direction de Pozzallo. « Le Sea-Eye 4 s’est enfin vu attribuer un havre de paix ! Mais pourquoi Pozzallo ? Comment avez-vous eu l’idée d’envoyer un navire de sauvetage avec des centaines de personnes épuisées et 150 enfants pour un voyage en mer de deux jours, alors qu’il était déjà devant un port sûr ? », s’est interrogée l’ONG sur son compte Twitter.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#sicile#sante#malte#depistage#humanitaire

  • Maroc-Espagne : le bras de fer sur le Sahara occidental se joue à Ceuta
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210521-maroc-espagne-le-bras-de-fer-sur-le-sahara-occidental-se-joue-%C3%A0-ce

    Cette crise migratoire a pour origine une brouille diplomatique entre le Maroc et l’Espagne, autour d’un tout autre territoire : le #Sahara_occidental, revendiqué par les autorités de Rabat. La position marocaine s’est durcie depuis fin 2020 sur ce dossier en souffrance depuis des décennies, faute de référendum d’autodétermination pour les Sahraouis.

    Les tensions euro-marocaines ne sont pas près de s’éteindre, avec, fin juin-début juillet, une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur l’accord de pêche qui pourrait être défavorable au Maroc.

    La Royal Navy basée en face doit être sur ses gardes. le rocher de Gibraltar (#colonie_confetti de la couronne) ne s’en laisse pas compter sur la pêche. Pour les migrant.es le royaume à voté le brexit.
    https://seenthis.net/messages/914782
    Sahara occidental. Chantage marocain à l’immigration pour faire plier l’Espagne.
    https://orientxxi.info/magazine/sahara-occidental-chantage-marocain-a-l-immigration-pour-faire-plier-l-e

    Rabat voudrait que les pays européens suivent l’exemple des États-Unis, qui ont reconnu la souveraineté marocaine sur cette ancienne #colonie_espagnole qu’est le Sahara occidental. Pour cela tous les moyens sont bons, y compris laisser filer l’émigration clandestine vers les Canaries espagnoles. D’autant qu’en Espagne, l’opinion est plutôt favorable au Front Polisario.

    Entre quota de poissons ou d’humains, l’important est la qualité du filet.

    #Maroc #Espagne #Ceuta #émigration

  • Dans le camp de Lesbos, une trentaine de migrants testés positifs au Covid - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/32116/dans-le-camp-de-lesbos-une-trentaine-de-migrants-testes-positifs-au-co

    Une trentaine de migrants vivant dans le camp de Mavrovouni, sur l’île de Lesbos, ont été testés positifs au Covid ont annoncé les autorités grecques. Une campagne de vaccination a débuté dans le camp mais beaucoup refusent de se faire vacciner pour protester contre leur conditions de vie désastreuses.C’est la hantise des migrants coincés dans l’enfer de Lesbos. En plus de leurs conditions de vie déjà très précaires, les quelque 6 000 exilés du camp de Mavrovouni, situé sur l’île grecque, doivent faire face à une vague de coronavirus.Une trentaine de personnes ont été testées positives au Covid-19 ces derniers jours, ont indiqué les autorités sanitaires. Ainsi, une centaine d’exilés, y compris les familles de personnes infectées, « ont été placées en quarantaine » dans une partie du camp.
    Depuis l’apparition de la pandémie en mars 2020, le camp de Lesbos a été plutôt épargné par le Covid-19. Quelques cas ont bien été signalés mais le virus ne s’est jamais réellement propagé dans le camp. Il faut dire que les migrants retenus dans les camps grecs sont soumis à des restrictions sévères : ils ne sont autorisés à en sortir que pour un temps limité. De plus, les structures sont pour la plupart situées loin des zones habitables, ce qui rend difficile l’accès à la population et aux commerces.
    En outre, si la pandémie inquiète les exilés, ce n’est pas leur préoccupation principale. La majorité survit dans des conditions déplorables : vivant sous des grandes tentes, ils sont constamment en proie aux intempéries et à l’absence d’électricité. Les migrants se plaignent aussi de ne pas manger à leur faim et affirment avoir des difficultés dans l’accès à l’hygiène tant les sanitaires sont sommaires. Enfin, les retards dans le traitement de leur dossier d’asile rendent leur avenir incertain et créent un sentiment de crispation, voire de dépression.C’est pourquoi, même si une campagne de vaccination a débuté ces dernières semaines à Lesbos, beaucoup refusent de se faire vacciner, principalement des Africains, en signe de protestation contre leurs conditions de vie.Construit à la hâte en septembre 2020 après l’incendie du camp de Moria, celui de Mavrovouni est censé être provisoire. Un nouveau camp, fermé et sécurisé à l’aide notamment de portiques, doit à terme le remplacer, à une date encore indéterminée. Sa construction a pris du retard, selon le gouvernement grec, en raison des protestations de certains habitants ou autorités locales se disant lassés de la présence de migrants sur leur île.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#lesbos#mavrovouni#camp#refugie#sante#contamination#vulneralibilte#santementale#depression#hygiene#vaccination

  • Paris : « Il y a tellement de monde aux distributions alimentaires, parfois, on repart sans avoir mangé de la journée » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31874/paris-il-y-a-tellement-de-monde-aux-distributions-alimentaires-parfois

    Ali, un migrant guinéen de 15 ans qu’InfoMigrants avait rencontré au début d’année, confie ne pas toujours manger à sa faim. Le jeune homme passe pourtant ses journées à écumer les différents points de distribution alimentaire parisiens. Mais les associations confirment une augmentation constante des bénéficiaires des repas gratuits et peinent, parfois, à servir tout le monde.

    « Parfois, on ne mange pas, c’est comme ça », explique en riant Ali, mineur guinéen, arrivé en France au début d’année. Le jeune garçon de 15 ans, hébergé dans un hôtel social de Paris après avoir passé plusieurs semaines à la rue, confesse « avoir faim parfois ». L’hôtel où il réside ne distribue qu’un seul repas par jour, vers 18h. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais parfois, ça n’est pas assez. J’ai souvent faim. Nous n’avons rien le matin et le midi. Quand le soir arrive, nous n’avons pas assez avec ce que l’hôtel nous donne », détaille-t-il.

    Ali passe donc ses journées dans les files d’attente des distributions alimentaires pour manger à sa faim et faire des réserves « au cas où ». Mais depuis quelques semaines, la situation s’est compliquée. « Tu peux arriver vers 15h ou 16h à la Porte de la Villette ou à la Porte d’Aubervilliers pour attendre un repas. Mais parfois, tu n’as rien… Tout est parti. Les gens des associations te disent : ’Je suis désolé. C’est fini’. Et tu réalises que tu n’auras pas mangé de la journée ».

    Diverses associations parisiennes proposent des distributions de repas dans la capitale, notamment dans le nord de Paris. Certains bénévoles confirment les propos d’Ali : les rations commencent à manquer.
    « Avant, on pouvait resservir les gens, maintenant, ce n’est plus possible »

    C’est du moins le constat de Solidarité Migrants Wilson, un collectif d’aide aux migrants, qui organise une distribution tous les mardis soir à la Porte d’Aubervilliers. « Il y a quelques semaines, nous distribuions 200/250 repas le soir, et maintenant nous sommes à 400/450 repas », explique Philippe Caro, membre du collectif, joint par InfoMigrants. « La file d’attente ne cesse de s’allonger. Avant, on pouvait resservir les gens, maintenant, ce n’est plus possible. »

    >> À (re)lire : Où trouver des distributions de nourriture à Paris ?

    Les équipes mobiles de Solidarité Migrants Wilson, qui se déplacent en moto dans Paris pour distribuer de la nourriture aux personnes trop loin des points de distribution, confirment la tendance. « Avant, les bénévoles revenaient avec un surplus de nourriture qu’ils n’avaient pas réussi à écouler. En ce moment, ils reviennent en nous disant : ‘On a été juste. On a tout distribué’. »
    "À la fin, des gens repartent sans avoir mangé"

    À l’association Une chorba pour tous, dans le 19e arrondissement de Paris, on se désole aussi de ne pouvoir servir des repas à tout le monde. « Il y a 20% de personnes en plus depuis quelques mois », confirme un bénévole de l’association à InfoMigrants. « On distribue actuellement 650 repas par jour, c’est le maximum qu’on puisse faire. Mais on ne peut pas servir tout le monde. À la fin, il y a des gens qui repartent sans avoir mangé, cela concerne environ 50 personnes chaque jour. »

    >> À (re)lire : Plus de 18 000 migrants mineurs disparus en Europe : « Si ce n’était pas des migrants, tout le monde s’affolerait »

    Le bénévole décrit des files d’attente de plusieurs centaines de personnes devant le local de la Chorba. « Si les bénéficiaires n’arrivent pas vers 15h, ça va être compliqué pour eux d’avoir un repas. A 16h, il y a déjà 500 personnes qui patientent. »
    Moins de repas solidaires citoyens

    Pour les associations, la pandémie de coronavirus a aggravé la situation déjà très précaire de ce public vulnérable. « De plus en plus de gens viennent à notre rencontre », confie encore le bénévole d’Une chorba pour tous. Pas seulement des migrants ou des primo-arrivants, « mais aussi des Français, des jeunes, des femmes, des familles qu’on ne voyait pas avant ».

    Pour Philippe Caro, de Solidarité Migrants Wilson, le couvre-feu a également compliqué l’accès à la nourriture. « Avant, beaucoup de Parisiens préparaient des plats et les distribuaient le soir, dans la rue, aux SDF, aux personnes qui avaient faim. Il y avait un réseau de solidarité en place. Mais avec le couvre-feu à 19h, je pense que beaucoup de repas ne sont plus distribués, les gens ont peur de se faire verbaliser. »

    >> À (re)lire : Coronavirus : les troubles psychiques des mineurs se sont accentués pendant le confinement

    Ali a constaté que les « repas solidaires » sont en effet moins nombreux qu’avant. « Il y avait une dame qui faisait des repas sénégalais dans le nord de Paris. On y allait, on mangeait du tchep, on était trop contents. Mais maintenant, elle n’est plus là, je ne sais pas pourquoi. Il y a moins de gens dans la rue le soir pour nous aider. »

    Les jours de disette, Ali écume tout le nord de Paris à la recherche de nourriture. « On circule toute la journée. Mais quand y’a rien, y’a rien. On ne mange pas à notre faim, c’est comme ça. Je ne suis pas le seul dans cette situation », dit-il, toujours en riant. « Vous m’auriez dit qu’en France les gens ont faim, avant mon départ de Guinée, je ne vous aurais pas cru. C’est pas ce qu’on voit à la télé. On n’imaginait pas Paris comme ça. »

  • Coronavirus : les troubles psychiques des mineurs isolés se sont accentués pendant le confinement - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31637/coronavirus-les-troubles-psychiques-des-mineurs-isoles-se-sont-accentu

    Coronavirus : les troubles psychiques des mineurs isolés se sont accentués pendant le confinement. Anxiété, idées suicidaires, troubles du sommeil, sentiment de déshumanisation... Dans un rapport, Médecins sans frontières et le Comede révèlent que les troubles psychiques des mineurs non-accompagnés en recours se sont accentués pendant le confinement strict de mars 2020. Les associations appellent les autorités à ouvrir des structures d’hébergement réservées à ce public spécifique, dans les plus brefs délais.
    Le rapport « Vivre le confinement : les mineurs non accompagnés en recours face à l’épidémie de Covid-19 » de Médecins sans frontières (MSF) et du Comede est sans appel : durant le confinement strict imposé dès mars 2020 en France, les troubles psychiques des mineurs non-accompagnés (MNA) se sont accrus. « La précarité socio-administrative et l’isolement qui les caractérisent ont accentué les effets délétères du confinement sur leurs équilibres psychiques », dénoncent les auteurs.
    Qu’ils aient vécu dans la rue ou qu’ils aient bénéficié d’un hébergement d’urgence, la période du confinement a été particulièrement éprouvante pour les jeunes en recours suivis par MSF et le Comede. Les MNA à la rue ont dû faire face à davantage de difficultés dans leur quotidien, notamment dans l’accès aux besoins essentiels. Trouver de la nourriture est devenu pour les jeunes synonyme de prise de risque. La règle interdisant les déplacements au-delà d’un kilomètre a en effet rendu difficile l’accès aux distributions de repas des associations. Certains jeunes, épuisés, ne se sont pas déplacés et ont jeûné par peur d’enfreindre les règles, pourtant non applicables aux publics à la rue.
    L’accès à l’hygiène a subi la même logique : se rendre aux bains douches municipaux, utilisés en temps normal par les migrants, est devenu compliqué, du fait de leur éloignement des campements et des restrictions d’horaires. Par ailleurs, « les jeunes ont dû, et doivent toujours, faire leurs besoins dans l’espace public, ou dans des toilettes publiques d’une saleté déconcertante », notent MSF et le Comede. Ainsi, la logique de survie, dans laquelle vivent les mineurs isolés, s’est renforcée pendant le confinement, et a eu un « impact sur leur équilibre psychique puisqu’elle entraîne un nouveau rapport à soi-même », peut-on lire dans le rapport. Dans ce contexte, le sentiment de déshumanisation s’accentue. « Quand le confinement a été proclamé mais que certains n’ont pas pu se confiner, le sentiment d’être exclu du groupe humain a été puissant. Cela n’avait aucun sens d’entendre tous ces messages qui ne pouvaient s’appliquer à eux. »
    Isolés dans des rues ésertes, craignant les contrôles et les arrestations, les MNA ont souffert « d’angoisses massives et d’idées suicidaires » dans cet environnement « quasi apocalyptique », assurent les associations.
    Les mineurs en recours hébergés par MSF ne sont pas en reste. Anxiété massive, troubles du sommeil, de l’attention et de la concentration, sont autant de conséquences du confinement sur les jeunes. Cette période s’est traduite par une « mise à l’épreuve de leurs ressources psychiques et un renforcement de leur fragilité », signalent MSF et le Comede.Selon le rapport, 43% des jeunes hébergés et interrogés ont fait état de troubles du sommeil - dont une majorité d’insomnies. Parmi eux, 20% ont affirmé être atteint d’hypersomnies : ils ont échappé à leurs angoisses par le sommeil. Par ailleurs, la moitié des jeunes ayant mentionné des troubles du sommeil ont eu des cauchemars.
    Ces difficultés à s’endormir s’expliquent également par l’anxiété suscitée par leurs démarches juridiques, alors que les audiences au tribunal ont été annulées. 79% des jeunes suivis par les psychologues de MSF et du Comede ont fait état d’une anxiété plus ou moins intense liée aux retards dans leur procédure.L’ennui provoqué par le confinement a en outre réactivé des traumatismes liés à l’exil (fuite de son pays, violences sur la route, perte des proches en mer…). Le rapport stipule que 30% des jeunes interrogés ont vu leurs symptômes, comme le stress, la dépression ou les psychotraumas, se redéployer voire se renforcer au cours du confinement.
    MSF et le Comede préviennent les autorités que, si l’ensemble des effets négatifs du confinement ont été observés sur l’ensemble de la population française, ceux sur les MNA ont quant à eux été décuplés, alors que ces jeunes sont déjà « affaiblis par une politique d’accueil déshumanisante ».
    Les associations exhortent le gouvernement à ouvrir, « sans délais », des lieux d’hébergements pour les mineurs en recours dotés « des moyens matériels et humains nécessaires à une prise en charge pluridisciplinaire durant toute la période d’exercice du recours et tant qu’une décision définitive relative à la minorité du jeune n’a pas été rendue ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#MNA#sante#santementale#trauma#confinement#politiquemigratoire#accueil

  • La surmortalité en France deux fois plus élevée chez les personnes nées à l’étranger - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31611/la-surmortalite-en-france-deux-fois-plus-elevee-chez-les-personnes-nee

    Un rapport de l’Institut national des statistiques, Insee, met en lumière la surmortalité qui a été « 2,1 fois plus forte » chez les personnes nées à l’étranger que celles nées en France en 2020, notamment pendant la première vague de la pandémie de coronavirus. Les Africains et les Asiatiques sont particulièrement concernés.Les personnes nées à l’étranger ont connu en 2020, pendant la première vague de la pandémie de Covid-19, une surmortalité deux fois plus élevée que celles nées en France.
    Les décès sont d’ailleurs plus importants chez les personnes originaires d’Afrique, a révélé une enquête de l’Insee, publiée vendredi 16 avril. Si le nombre des morts a augmenté en moyenne de 9% l’an dernier par rapport à 2019 en France, avec 669 000 morts, celui des personnes étrangères a bondi de 17%, précise l’Institut national des statistiques."Pendant la première vague de la pandémie, la hausse des décès des personnes nées à l’étranger a ainsi été 2,1 fois plus forte en moyenne que celle des personnes nées en France", écrit l’Insee, fournissant un aperçu inédit de l’impact de la crise sanitaire sur cette population.
    Dans le détail, la surmortalité a surtout frappé les Maghrébins avec une hausse de 21% (40 100 décès). Les Africains venus d’autres pays (hors Maghreb) ont vu leur mortalité augmenter de 36 % (7 400 décès).L’Asie n’est pas non plus épargnée. Les patients d’origine asiatique ont aussi connu une forte surmortalité, avec un bond de 29% des décès (6 300), alors que ceux originaires d’Europe, d’Amérique ou d’Océanie ont enregistré une hausse de leur mortalité « proche de celle observée pour les personnes nées en France ».
    Si l’Insee affirme que son étude « ne permet pas d’expliquer la différence de surmortalité » entre ces différentes populations, elle relève toutefois que l’écart s’est surtout creusé aux mois de mars et avril 2020, lorsque la situation épidémique a conduit au premier confinement.Sur ces deux mois précis, « toutes causes confondues, les décès de personnes nées à l’étranger ont augmenté de 49% » par rapport à la même période de 2019, contre 23% chez celles nées en France.En particulier, les données de l’Insee révèlent que pendant ces deux mois, la surmortalité a culminé à 55% chez les Maghrébins, 117% chez le reste des Africains et 92% chez les Asiatiques.
    Le ratio de la surmortalité des étrangers « est plus modéré pour la deuxième vague (1,7 contre 2,1), même s’il demeure élevé », écrit encore l’organe de statistique.
    Ces données factuelles viennent conforter l’idée, appuyées par certaines enquêtes publiées ces derniers mois par des associations, que les migrants les plus précaires ont connu une surexposition au virus.Ainsi, une étude menée par Médecins sans frontières (MSF) à l’été 2020, publiée en octobre, mettait en évidence une prévalence « énorme » chez ces personnes.Selon MSF, le taux de positivité au Covid-19 atteignait 50% dans les centres d’hébergement et 89% dans les foyers de travailleurs migrants en Île-de-France, essentiellement peuplés par des ressortissants africains. L’étude de l’Insee, elle aussi, met en évidence que « la hausse des décès a été particulièrement forte en Île-de-France », avec une augmentation de 93% des décès en mars-avril 2020, comparé à la même période de l’année précédente.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#surmortalite#etranger#minorité#inegalite#systemesante#economie#vulnerabilite#travailleurmigrant#foyer

  • Italie : les quarantaines à bord de navires en pleine mer sont « discriminatoires envers les migrants » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31304/italie-les-quarantaines-a-bord-de-navires-en-pleine-mer-sont-discrimin

    Italie : les quarantaines à bord de navires en pleine mer sont "discriminatoires envers les migrants"Par Charlotte Oberti Publié le : 02/04/2021
    L’association italienne ASGI publie un rapport sur les périodes de quarantaine à bord de bateaux en pleine mer imposées aux migrants arrivés illégalement en Italie. Des méthodes « discriminatoires », selon elle, et très discutables d’un point de vue sanitaire. Entretien.
    Comment se déroulent les quarantaines de migrants organisés dans des bateaux au large de l’Italie ? Depuis plusieurs mois, la question se pose. Pandémie du Covid-19 oblige, les migrants arrivés illégalement en Italie doivent en effet observer une période d’isolement dans les cabines de navires de croisière, à l’abri des regards.
    Ce traitement constitue, entre autres, une manière pour les autorités d’empêcher les évasions de migrants, comme cela avait été le cas en juillet dernier lorsque plus de 200 personnes avaient bravé la quarantaine qui leur était imposée en Sicile dans des conditions de détention qualifiées d’"inhumaines". Désormais, ces confinements s’effectuent à bord de mastodontes des mers dont il est impossible de s’extraire.
    L’association italienne ASGI, spécialisée dans les questions juridiques liées à l’immigration, qui n’a pas eu accès aux navires en question, s’est penchée sur cette méthode d’isolement, qui fait office d’ovni en Europe. Grâce à des contacts réguliers avec des migrants ainsi qu’avec les autorités en charge de ce protocole sanitaire, l’organisation a pu tirer des conclusions - préoccupantes - quant au déroulé et au bien fondé de ces quarantaines, qu’elle présente dans un rapport.
    Entretien avec Lucia Gennari, avocate et consultante juridique, membre de l’ASGI.
    – Avez-vous des détails sur les navires utilisés ?Actuellement, nous avons connaissance de cinq bateaux qui sont utilisés, près des côtes de la Sicile. On peut citer parmi eux le « GNV Allegra » ou encore l’"Excellent", tous deux appartenant à la société Grandi Navi Veloci. (En date du 30 mars, le premier se trouvait au large de la Sicile, le second se dirigeait vers l’île de Lampedusa, ndlr). Ce sont des bateaux énormes qui servaient auparavant pour des croisières. Des centaines de personnes peuvent être logées à bord.
    Lorsqu’il y a des migrants en quarantaine dessus, ces bateaux ne sont pas amarrés dans des ports : ils stagnent en pleine mer. D’après des témoignages que nous avons recueillis, les migrants sont généralement deux par cabine, et ils y restent pour les repas. Mais cela peut varier d’un bateau à l’autre.Des compagnies privées sont chargées de la sécurité à bord, et la Croix-Rouge italienne assure la gestion.
    – Ces ferrys sont-ils adéquats pour des quarantaines ?Non, ils ne sont pas prévus pour cet usage. Les personnes sont nombreuses dans des espaces restreints et mal ventilés, où le virus peut facilement circuler. Et d’un point de vue sanitaire, justement, le fait que ces bateaux ne soient pas à quai pose problème : en cas d’urgence, cela prend du temps de revenir au port pour débarquer un malade. À l’automne, deux mineurs, de 15 ans et 17 ans, qui présentaient des problèmes de santé, sont décédés à quelques semaines d’intervalle après avoir été transportés en urgence dans un des hôpitaux du pays. Des enquêtes ont été ouvertes sur ces décès. Ces conditions d’isolement sont par ailleurs particulièrement mal adaptées au public dont on parle : il s’agit de personnes qui ont fait un voyage particulièrement difficile [à travers la Méditerranée, souvent depuis la Libye, ndlr] et qui ont vécu des expériences traumatisantes, à la fois physiquement et mentalement. Les laisser comme cela en mer pendant encore plusieurs jours après ce qu’elles ont vécu, c’est dur et c’est une vraie épreuve mentale pour eux. D’un point de vue psychologique, ces quarantaines, qui durent parfois plus de 14 jours, peuvent donc faire des dégâts.
    – L’ASGI dénonce dans son rapport des « violations des droits de l’Homme » à bord de ces bateaux. Quelles sont-elles ?Au-delà de l’aspect sanitaire déjà évoqué, nous avons affaire à une violation du droit maritime international, selon lequel une personne secourue doit être débarquée dans « un endroit sûr ». Or, cet endroit sûr, selon la définition que le droit en fait, ne peut pas être en mer, il est obligatoirement situé sur la terre ferme. Ces personnes ne sont donc techniquement pas dans un endroit sûr. Nous déplorons aussi une atteinte aux droits des demandeurs d’asile. Il est en effet arrivé que des personnes en quarantaine expriment leur volonté de déposer une demande d’asile, ce qui doit normalement déboucher sur le déclenchement d’une procédure auprès d’un organisme compétent. Mais, dans plusieurs cas, rien ne s’est passé.Nous considérons par ailleurs que ces mesures de confinement sont discriminatoires envers les migrants car elles impliquent des privations de liberté personnelle et des atteintes à leurs droits constitutionnels.Je m’explique : en tant que citoyenne européenne, si je rentre en Italie en venant de Libye, je suis tenue d’observer une période d’isolement pendant 14 jours, je peux alors m’isoler chez moi ou dans un hôtel. Personne ne me surveille pendant cette période : il n’y a pas de policier en faction posté devant le lieu où je suis isolée et je peux aller et venir, même si je n’en ai pas le droit. Et si j’enfreins la règle de l’isolement, je suis passible d’une amende.Les migrants dont on parle, en revanche, sont eux physiquement mis sur un bateau au milieu de la mer et ils sont constamment gardés. On voit donc bien qu’il y a un système à deux vitesses que l’on applique d’une manière ou d’une autre selon l’origine d’un individu.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#sante#quarantaine#droit#discrimination#isolement

  • Allemagne : les expulsions se poursuivent malgré la pandémie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31190/allemagne-les-expulsions-se-poursuivent-malgre-la-pandemie

    L’Allemagne a expulsé plus de 750 personnes vers l’Afrique en 2020. La plupart des pays africains sont mal préparés à accueillir les demandeurs d’asile déboutés et le coronavirus ne ferait qu’aggraver la situation.Touré raconte le cauchemar qu’il a vécu en janvier dernier, au moment d’être confronté à la possibilité d’être expulsé. « J’étais malade d’inquiétude. Je n’ai pratiquement pas pu bouger pendant trois semaines. J’avais des nausées, des vertiges, je ne pouvais pas sortir », se souvient le Guinéen.Pour protéger son identité, il n’utilise que son nom de famille. Touré dit craindre les forces de sécurité dans son pays. La police guinéenne l’aurait arrêté et torturé pour ses idées politiques avant qu’il ne prenne la fuite vers l’Europe.
    Normalement, un homme comme Touré serait le bienvenu en Allemagne. Il parle couramment l’allemand, a un emploi stable dans un centre d’hébergement et ambitionne de terminer ses études cet été. Mais son droit à rester en Allemagne devient de plus en plus hypothétique. Bien qu’il a évité l’expulsion en janvier, les autorités lui ont accordé un sursis d’à peine six mois."Il m’arrive de ne pas à trouver le sommeil parce que je me dis que quelqu’un pourrait venir me chercher en pleine nuit", explique Touré. Il dit aussi avoir des problèmes de concentration ce qui handicape ses études et sa préparation aux examens. La seule façon pour Touré de se sortir de cette situation est de fournir aux autorités allemandes un passeport pour prouver son identité. Or, l’ambassade de Guinée à Berlin ne délivre pas de passeports. Sa seule option serait actuellement de prendre un avion pour rentrer en Guinée et y faire les démarches administratives. Mais pour Touré, cette option n’est pas envisageable. « Il est fort possible que l’on me torture à nouveau. Qui sait, je pourrais arriver à l’aéroport et ensuite plus personne n’entendra parler de moi. »
    Malgré la pandémie de coronavirus, l’Allemagne continue donc à mener des expulsions. Selon le gouvernement allemand, l’an denier, 755 personnes ont été renvoyées, la plupart vers les pays du Maghreb comme la Tunisie, le Maroc et l’Algérie. D’autres demandeurs d’asile ont été expulsés vers le Nigéria, le Ghana et la Gambie.Et pour le moment, ce rythme d’expulsions se poursuit. En janvier, un avion a décollé de Munich vers le Nigéria avec à son bord 24 personnes, dont certaines condamnées par la justice.Une démarche dénoncée par l’activiste Rex Osa et son réseau « Refugees » Refugees" (Les réfugiés pour les réfugiés) qui soutient les Nigérians dans le sud de l’Allemagne."Ils se retrouvent les uns à côté des autres dans l’avion pendant six ou sept heures de vol. S’il y a une personne infectée parmi le groupe, ils sont tous exposés au coronavirus", estime Rex Osa, qui craint que les expulsions n’augmentent le risque de propagation du Covid-19 dans les pays d’origine des migrants. Rex Osa n’est pas le seul à demander l’arrêt des expulsions. Plusieurs organisations d’aide aux migrants ainsi que des instances religieuses expriment les mêmes préoccupations.
    De nombreux pays africains ne disposent en effet pas de suffisamment de médecins, de lits en soins intensifs ou de ventilateurs pour prendre en charge les patients atteints du coronavirus. De plus, les campagnes de vaccination d’envergure ne sont menées que dans une poignée de pays.
    A ce problème sanitaire vient s’ajouter une difficulté qui n’est pas nouvelle, à savoir le manque de perspectives économiques pour les personnes renvoyées, dont la plupart ne savent pas comment s’en sortir dans leur pays d’origine. Alors les recours en justice sont souvent le seul espoir pour les demandeurs d’asile déboutés. En décembre, un tribunal administratif de l’État du Bade-Wurtemberg, dans le sud de l’Allemagne, a empêché l’expulsion d’un demandeur d’asile afghan. Le juge a estimé que la situation en Afghanistan était devenue si mauvaise en raison de la pandémie que les migrants expulsés n’ayant pas de famille ou de biens sur place étaient exposés au risque d’une « misère extrême ».Enfin, comme pour le Guinéen Touré, certains migrants sont menacés d’expulsion pour ne simplement pas avoir les documents nécessaires à prouver leur identité. Or avec la pandémie et les restrictions de déplacement, obtenir de tels documents officiels peut s’avérer encore plus compliqué."La pandémie n’a pas dissuadé les autorités à obliger les demandeurs d’asile à s’identifier", note l’activiste Rex Osa. "Ils continuaient à recevoir des lettres leur rappelant les délais dans lesquels ils devaient présenter leurs documents, même si les frontières étaient fermées et le travail des ambassades à l’arrêt."Après le vol charter vers le Nigeria en janvier, les autorités bavaroises responsable des demandes d’asile et des expulsions ont concédé que « l’actuelle pandémie de coronavirus pose de nouveaux défis (aux autorités) ainsi qu’aux pays d’origine. La situation médicale inhabituelle actuelle due à la pandémie ne change cependant pas fondamentalement la situation juridique actuelle. »
    En attendant, Touré espère une fin heureuse. L’ambassade de Guinée à Paris doit commencer à traiter les demandes de passeport et il espère pouvoir s’y rendre pour obtenir son droit de rester en Allemagne.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#afrique#sante#retour#expulsion#demandeurdasile#droit#pandemie

  • Covid-19 : la Serbie commence à vacciner les migrants et étrangers - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31172/covid-19-la-serbie-commence-a-vacciner-les-migrants-et-etrangers

    Covid-19 : la Serbie commence à vacciner les migrants et étrangers
    Depuis vendredi, les migrants et ressortissants étrangers séjournant en Serbie ont été inclus dans la campagne vaccinale pour lutter contre le coronavirus. Seul le vaccin AstraZeneca, dont l’utilisation a été temporairement suspendue la semaine dernière par de nombreux pays européens, peut leur être administré.La Serbie, qui se montre parmi les pays les plus réactifs en matière de vaccination anti-Covid sur le continent européen, permet depuis vendredi 26 mars aux migrants et ressortissants étrangers vivant sur son territoire de recevoir leurs injections. La télévision d’État RTS rapporte que la vaccination de migrants a notamment débuté dans plusieurs camps, dont celui de Krnjaca près de Belgrade. Plus de 500 migrants, provenant principalement des pays de la région des Balkans et aussi de pays de l’UE, se sont enregistrés pour recevoir leurs doses.
    Les migrants et étrangers peuvent également être vaccinés à la Foire de Belgrade où est situé le principal centre de vaccination, selon la RTS. En revanche, seul le vaccin AstraZeneca peut leur être administré.Son utilisation a été temporairement suspendue la semaine dernière par de nombreux pays européens après le signalement de cas de thrombose, de troubles de la coagulation et de formation de caillots sanguins. L’Agence européenne des médicaments l’a, depuis, jugé « sûr et efficace ».La Serbie a également ouvert la vaccination à ses voisins : en Macédoine du Nord, les médias rapportent que des milliers de citoyens ont été appelés vendredi à se rendre à Belgrade pour y être vaccinés. La RST a d’ailleurs annoncé au cours du week-end le lancement d’une campagne de vaccination de propriétaires d’entreprises et de leurs employés venant d’Albanie, de Macédoine du Nord, du Monténégro, de la Bosnie et du Kosovo. Au total, 10 000 doses de vaccins ont été mises à leur disposition.
    Plus de 1,3 million d’habitants de ce petit pays européen des Balkans qui en compte 7 millions ont reçu une dose de vaccin et près d’un million deux doses.La télévision nationale n’a toutefois pas avancé de chiffres sur le nombre de ressortissants étrangers et de migrants présents dans le pays, ni expliqué si la décision de les vacciner est due à une chute de l’intérêt des citoyens serbes.Dans un rapport publié au début du mois, la Croix-Rouge alertait sur le manque d’accès à la vaccination pour les migrants, partout dans le monde. En Grèce, par exemple, 50 000 étrangers qui n’ont pas de numéro de sécurité sociale n’ont pas accès à la vaccination, indique l’ONG qui rappelle que le virus continuera de circuler si tout le monde n’est pas vacciné. Peu importe qu’ils aient des papiers ou non.

    #Covid-19#migrant#migration#serbie#bosnie#kosovo#albanie#macedoine#grece#etranger#sante#vaccination#inclusion

  • Au Niger, les migrants et réfugiés sont prioritaires pour la vaccination anti-Covid - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/31180/au-niger-les-migrants-et-refugies-sont-prioritaires-pour-la-vaccinatio

    Au Niger, les migrants et réfugiés sont prioritaires pour la vaccination anti-Covid. Le ministère nigérien de la Santé a lancé lundi à Niamey la première campagne de vaccination contre le coronavirus, grâce à des vaccins offerts par le Chine. Les nombreux migrants et réfugiés vivant dans le pays figurent parmi les publics prioritaires."J’appelle tous les citoyens (...) à tout faire pour se faire vacciner, c’est extrêmement important pour la santé des populations". C’est en recevant sa première dose de vaccin lundi 29 mars que le Premier ministre nigérien Brigi Rafini a inauguré la campagne de vaccination anti-Covid dans son pays. Fait rare, les migrants et ressortissants étrangers vivant au Niger figurent, avec les agents de santé, les personnes âgées de plus de 60 ans ainsi que les Forces de défense et de sécurité (FDS, armée, police gendarmerie), parmi « les cibles prioritaires » de cette première phase de vaccination, a indiqué le ministre de la Santé, Ahmed Boto. Celui-ci a également précisé que les personnes vaccinées recevront une seconde dose « quatre semaines plus tard ». Il a aussi assuré que « les effets secondaires » du vaccin « sont largement mineurs », et qu’un numéro vert est toutefois ouvert pour signaler des « manifestations adverses post-vaccination ».Le Niger, un des États les plus pauvres au monde, a pu compter sur la Chine pour mettre en place cette campagne. Quelque 400 000 doses du vaccin Sinopharm ont été offerts par Pékin la semaine dernière, ainsi que des consommables tels que des tests antigéniques, des masques, des vêtements ou encore des gants afin de lutter contre la propagation du virus. Bien que le Niger soit relativement peu touché par l’épidémie de coronavirus, avec 4 998 cas dont 185 décès selon un bilan officiel publié dimanche, les autorités avaient pris dès l’apparition des premiers cas en mars 2020 des mesures drastiques pour stopper sa propagation : fermeture des frontières, état d’urgence, couvre-feu, fermeture des lieux de culte et des écoles, isolement de Niamey du reste du pays.Véritable plaque tournante de l’immigration, le Niger voit passer des milliers de migrants africains chaque année sur son territoire. Certains, rêvant d’Europe, se lancent dans la traversée du désert depuis le nord du pays pour rejoindre l’Algérie ou la Libye puis traverser la Méditerranée. D’autres, déjà sur place, sont justement évacués de cette même Libye en proie au chaos et placés temporairement dans l’un de deux centres d’accueil onusiens du continent qui leur est réservé. En 2020, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a ainsi évacué plus de 800 migrants hors de Libye via le Niger ou le Rwanda. Et depuis fin 2017, plus de 30 000 migrants, principalement d’origine ouest-africaine, sont également arrivés à Assamaka en provenance, quant à eux, d’Algérie.

    #Covid-19#migrant#migration#niger#sante#vaccination#inclusion#immigration#UNHCR

  • Près de 5,000 migrants expulsés du régime frontalier algérien en un mois

    Ces derniers jours, nous avons reçu de nouveau l’information des dénonciateurs de l’Alarme Phone Sahara concernant deux autres déportations massives de l’Algérie vers le Niger : Une expulsion massive officielle et une non-officielle ont eu lieu. Le dimanche 21 mars, 601 migrant.e.s originaires de plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne ont été déporté.e.s et abandonné.e.s dans la zone frontalière entre l’Algérie et le Niger, en plein désert, et forcés de marcher 15 à 20 kilomètres jusqu’au poste frontière d’Assamaka, comme cela arrive habituellement aux personnes déportées dans des convois non officiels.
    Deux jours plus tard, le mardi 23 mars, un autre convoi est arrivé d’Algérie avec des personnes déportées de force. Cette fois, la plupart des migrant.e.s étaient des Nigérien.ne.s, dont 917 hommes, 66 femmes et 87 mineurs, ainsi que d’autres migrant.e.s d’Afrique subsaharienne. Une fois de plus, un total de 1,211 personnes a été expulsées violemment et contre leur gré par les autorités sécuritaires algériennes.
    Tous ces événements doivent être replacés dans le contexte des derniers jours et des dernières semaines et doivent être scandalisés ! Les 5 et 11 mars, au moins 1,054 personnes ont été expulsées. De plus, 2,098 autres personnes sont arrivées au poste frontière d’Assamaka les 14 et 16 mars après avoir été déportées d’Algérie, selon les dénonciateurs d’Alarme Phone Sahara. De plus, des sources de Gao au Mali rapportent également l’arrivée de 125 migrants déportés venant de la frontière algéro-malienne et nigéro-malienne entre le 18 et le 20 mars.
    Nous voulons souligner et crier à nouveau certaines de nos demandes pour arrêter ces politiques frontalières antihumaines, racistes et meurtrières :
    o Alarme Phone Sahara demande l’arrêt immédiat des déportations et des refoulements de réfugié.e.s et de migrant.e.s de l’Algérie vers le Niger - pas de guerre aux réfugié.e.s et aux migrant.e.s !
    o Alarme Phone Sahara appelle à la fin des actes de vol et de violence des forces de sécurité algériennes contre les migrant.e.s et les réfugié.e.s !
    o Alarme Phone Sahara appelle à la fin de l’externalisation des frontières européennes sur le sol africain !

    https://www.facebook.com/1643705359272714/posts/2549686525341255

    #Algérie #expulsions #migrations #réfugiés #frontières #Niger #désert #Assamaka #déportations #abandon #Mali #Sahara #désert_du_Sahara

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    Ajouté à la métaliste des « #left-to-die in the Sahara desert »
    https://seenthis.net/messages/796051

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    • Algérie - Niger : des migrants violentés et expulsés en plein milieu du désert

      Malgré la fermeture des frontières terrestres, due à la pandémie de Covid-19, le refoulement systématique des migrants depuis l’Algérie vers le Niger n’a pas cessé. Ainsi, depuis le début de l’année, près de 4 370 personnes ont été emmenées par les forces de l’ordre algériennes jusqu’au « point zéro », en plein désert, à proximité de la région nigérienne d’Agadez. Nombre de ces personnes en migration ont témoigné, auprès des équipes MSF, des violences qu’elles ont subies.

      Safi Keita, enceinte de quatre mois, résidait en Algérie où elle était vendeuse d’épices. Elle avait laissé ses deux enfants à leur grand-mère au Mali, son pays d’origine. Un jour, les forces de l’ordre ont débarqué à son domicile pour l’arrêter : « Les gendarmes algériens ont défoncé la porte. Ils ont tout emporté, argent et téléphones. Ensuite, ils m’ont conduite au poste », raconte la jeune femme.

      Le lendemain, Safi est emmenée de force dans un centre de détention, « Ils nous ont fait monter dans des camions bondés, nous étions très serrés et nous n’avions pas de masque. » Une fois arrivée au centre, on lui a demandé de sauter du camion : « Comme j’étais enceinte, cela m’a provoqué des douleurs au ventre », raconte Safi.

      Dans le centre de détention, où elle a passé quatre jours, Safi doit faire face à des conditions d’hygiène déplorables et des repas uniquement composés de pain. « J’étais enceinte, mais je n’ai bénéficié d’aucun traitement de faveur. Les gardes n’ont éprouvé aucune compassion envers moi. » Les détenus ont ensuite été transportés à la frontière entre l’Algérie et le Niger, dans le désert.

      Au milieu de nulle part

      Selon le recensement effectué par les équipes de Médecins Sans Frontières, en 2020, plus de 23 175 personnes migrantes sont arrivées dans la petite ville désertique d’Assamaka, près de la frontière entre le Niger et l’Algérie. C’est un peu moins que les 29 888 expulsions recensées par les équipes de MSF en 2019, mais c’est un nombre qui, malgré la fermeture des frontières du Niger depuis mars 2020 en raison de la Covid-19, reste pourtant élevé.

      Les équipes MSF d’Agadez ont recueilli des centaines de témoignages de ces personnes migrantes aidées ou secourues par l’association après avoir été expulsées d’Algérie. Plus de 989 migrants ont été victimes de violences en 2020, et 21 ont témoigné avoir été torturés. Plus de 1 900 personnes migrantes ont aussi été soignées pour des problèmes de santé mentale.

      Les migrants ont témoigné avoir été arrêtés puis placés dans des centres de détention pendant des jours, des semaines, voire des mois et ensuite entassés dans des bus ou des camions par les forces de sécurité algériennes afin d’être déposés à la frontière entre l’Algérie et le Niger, dans un lieu appelé le « Point Zero ». Dans le désert, au milieu de nulle part, souvent en pleine nuit.

      Livrés à eux-mêmes, sans rien, les personnes expulsées d’Algérie doivent effectuer, sans aucune carte ou moyen de localisation, une marche d’environ 15 km pour rejoindre le village d’Assamaka, au Niger. Certains se perdent et ne sont jamais retrouvés.

      En provenance d’Afrique de l’Ouest, du Moyen-Orient ou d’Asie du Sud, ces hommes, femmes, enfants et personnes âgées résidaient, pour certains, en Algérie depuis des années avant d’être expulsés. D’autres traversaient le pays pour atteindre l’Europe.
      Dépouillés et volés

      Traoré Ya Madou, originaire du Mali, a travaillé pendant six ans en tant que peintre en Algérie avant d’être arrêté par les forces de l’ordre. « Nous habitions sur le chantier où nous travaillions. Ce matin-là, la police algérienne a débarqué. Généralement, nous leur donnions de l’argent ou nous résistions, et les agents partaient. Mais cette fois-là, ils étaient nombreux, environ une vingtaine, ils ont cassé la porte et sont entrés. Une fois à l’intérieur, ils nous ont menottés et transportés à la gendarmerie. J’y suis resté 24 heures sans manger. Là-bas, nous avons été minutieusement fouillés. Durant la fouille, ils retirent même vos sous-vêtements… Nous avons subi un traitement inhumain. J’avais 2 500 euros sur moi, ils m’ont tout pris. Ils m’ont aussi sauvagement battu et j’ai dû être transporté à l’hôpital », détaille-t-il. Pour avoir résisté aux policiers algériens, Traoré a été puni. Il a été déposé encore plus loin d’Assamaka que les autres, et a dû marcher près de quatre heures pour rejoindre la petite ville.

      Les histoires de Safi et Traoré ne sont qu’un court aperçu de ce qui se passe à la frontière entre l’Algérie et le Niger.

      En 2015, au Sommet de la Valette sur la migration, les pays européens et africains ont davantage renforcé le système de contrôle aux frontières et facilité le renvoi, volontaire ou non, des migrants qualifiés d’illégaux. C’est ainsi que des personnes en migration ont continué d’être arrêtées arbitrairement, soumises à de mauvais traitements ou renvoyées vers un pays où elles risquent d’être persécutées.

      Ces politiques mises en œuvre pour freiner les flux de migrants n’ont pas empêché ces personnes de rechercher un endroit sûr ou une vie meilleure. Au contraire, cela n’a abouti qu’à davantage de criminalisation et de violences envers les personnes en migration.

      « Les conditions d’arrestation, de détention, et d’expulsion orchestrées par le gouvernement algérien ne respectent pas le principe fondamental de non-refoulement et sont des pratiques contraires aux droits de l’homme et au droit international des réfugiés, explique Jamal Mrrouch, chef de mission de MSF au Niger. Il est primordial de commencer à réajuster ces politiques et de garantir une assistance humanitaire et une protection aux personnes migrantes, en veillant à ce que les structures locales dans les pays de transit, comme le Niger, puissent répondre aux besoins de tous. »

      https://www.msf.fr/actualites/algerie-niger-des-migrants-violentes-et-expulses-en-plein-milieu-du-desert

    • Algérie : le « #point_zéro », cet endroit au milieu de nulle part où sont abandonnés les migrants

      Depuis le début de l’année, plus de 4 000 personnes ont été emmenées par les forces de l’ordre algériennes jusqu’à la frontière du Niger, en plein désert, dans un endroit appelé « point zéro ». Abandonnés là, sans repères, certains se perdent et ne sont jamais retrouvés. Dans un rapport, MSF dénonce une nouvelle fois ces renvois illégaux malgré la fermeture des frontières.

      « Les gendarmes algériens ont défoncé la porte. Ils ont tout emporté, argent et téléphones. Ensuite, ils m’ont conduite au poste […] J’étais enceinte, mais je n’ai bénéficié d’aucun traitement de faveur. Les gardes n’ont éprouvé aucune compassion envers moi. » Safi, une Malienne enceinte de quatre mois, fait partie de ces migrants récemment « raflés » par les autorités algériennes puis emmenés de force dans le désert, à quelques kilomètres seulement du Niger, au « point zéro ». C’est là, au milieu de nulle part, que les migrants sont abandonnés.

      Ils doivent, par leurs propres moyens et souvent sans GPS, trouver un chemin pour rejoindre le Niger. La frontière est pourtant fermée depuis le mois de mars 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. Qu’importe : les refoulements n’ont jamais cessé. Depuis le début de l’année, près de 4 370 personnes ont ainsi été conduites à ce « point zéro ».

      Les migrants sont abandonnés « souvent en pleine nuit », écrit Médecins sans frontières (MSF) dans un rapport publié mercredi 21 avril. Le processus d’expulsion est souvent le même : après leur arrestation, les migrants - qui sont parfois installés en Algérie depuis plusieurs années - sont envoyés dans des centres de détention pendant quelques jours ou quelques semaines, puis entassés dans des bus et emmenés dans le désert.
      « Certains se perdent et ne sont jamais retrouvés »

      Sur l’ensemble de l’année 2020, plus de 23 000 migrants ont traversé le désert, selon les chiffres de MSF.

      « Livrés à eux-mêmes, sans rien, les personnes expulsées d’Algérie doivent effectuer, sans aucune carte ou moyen de localisation, une marche d’environ 15 km pour rejoindre le village d’#Assamaka, au Niger. Certains se perdent et ne sont jamais retrouvés », écrit encore MSF.

      https://gw.infomigrants.net/media/resize/my_image_big/7333b85b5a1641254be5a6c59c6ead729389fc41.png

      Ces renvois ne sont pas inédits. Depuis des années, l’Algérie renvoie illégalement des migrants en les relâchant dans le désert. La rédaction d’InfoMigrants a recensé de nombreux témoignages de migrants victimes de ces expulsions illégales. Beaucoup parlent de la peur de se perdre, du manque de repères, du soleil qui assomme ou des nuits froides, de la soif qui les saisit.

      https://gw.infomigrants.net/media/resize/my_image_big/f3991283161afcd7b7a1a6c524f15742168ecfe2.jpeg

      « On nous a déposé à environ 15 kilomètres de la frontière. Le reste, on a dû le faire à pied. Cette nuit-là, entre 2h et 6h, on a marché vers le Niger, on était environ 400 personnes », expliquait en janvier à InfoMigrants Falikou, un Ivoirien de 28 ans.

      Lorsqu’ils parviennent à atteindre la frontière nigérienne, les migrants sont pris en charge par l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui dispose de plusieurs centres dans le pays. Certains décident de rentrer chez eux, d’autres en revanche tentent de retourner en Algérie, ou essayent de rejoindre l’Europe via les côtes marocaines ou libyennes.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/31694/algerie-le-point-zero-cet-endroit-au-milieu-de-nulle-part-ou-sont-aban

  • À la frontière franco-espagnole, la police « #traque » les migrants

    Depuis environ un mois, les contrôles à la frontière franco-espagnole se sont intensifiés. Selon les associations, les migrants, « traqués par la police », prennent de plus en plus de #risques pour atteindre la France. Les humanitaires redoutent un drame, d’autant que certains exilés tentent désormais de rejoindre l’Hexagone en traversant la #rivière #Bidassoa à la nage.

    « #Refoulements illégaux », « traque », « #chasse_à_l'homme », « violation des droits »... Les mots utilisés par les associations locales pour décrire la situation à la frontière franco-espagnole sont forts. Depuis un mois, les humanitaires observent une présence de plus en plus importante des #forces_de_l'ordre. « Il y a toujours eu des contrôles mais à ce point-là, jamais ! On a même vu des #militaires déambuler dans les villages », raconte Lucie Bortaitu de l’association bayonnaise Diakité.

    Début novembre, lors d’une visite dans les Pyrénées, le président Emmanuel Macron avait annoncé le doublement des effectifs aux frontières françaises pour lutter contre la menace terroriste, les trafics et l’immigration illégale.

    À cela s’ajoute la fermeture, début janvier, de 15 points de passage sur les 650 kilomètres de frontière qui séparent l’Espagne de la France pour contenir la pandémie de Covid-19. Cette #surveillance renforcée 24h/24 mobilise 230 #policiers et #militaires.

    Mais pour les associations, le principal enjeu est de limiter l’arrivée de migrants dans l’Hexagone. « Les autorités françaises utilisent l’excuse de la crise sanitaire mais en fait le but premier est le #contrôle_migratoire », estime Ion Aranguren, de l’association espagnole Irungo Harrera Sarea, active du côté d’Irun. « C’est clairement pour lutter contre l’immigration illégale : seuls les Noirs sont constamment contrôlés par les policiers », renchérit Lucie Bortaitu.

    Des refoulements quotidiens

    Depuis plusieurs semaines, selon les humanitaires, les migrants sont « traqués » sur la route, dans les trains et dans la rue. À #Hendaye, les #gendarmes sont même entrés dans le jardin d’un particulier pour y extraire un exilé venu se cacher de la police, rapportent les bénévoles. Des migrants ont aussi été arrêtés au-delà des #20_kilomètres de la frontière, un rayon dans lequel les contrôles d’entrée sur le territoire sont autorisés. Plusieurs personnes ont ainsi été interpellées à #Bordeaux à leur descente du train et expulsées en Espagne.

    D’autres migrants racontent avoir été interpellés, puis envoyés dans les locaux de police avant d’être expulsés à la frontière au beau milieu de la nuit. « L’autre jour, on a appris que cinq femmes avaient été déposées à #Behobia [ville espagnole frontalière située à quelques kilomètres d’#Irun, ndlr] tard le soir. On les lâche là au milieu de nulle part, loin des associations et alors qu’un couvre-feu est aussi en vigueur en Espagne », souffle Lucie Bortaitu. D’autres encore ont été laissés par la police française à #Ibardin, en plein cœur des Pyrénées, du côté espagnol.

    Ce genre de témoignages de refoulement sont recueillis quotidiennement par les associations, françaises et espagnoles. Certains exilés ont déjà tenté six, sept voire huit fois le passage.

    Les mineurs non plus n’échappent pas à ces renvois, malgré la possession d’acte de naissance pour certains, synonyme d’une évaluation de leur minorité et d’une prise en charge par le département.

    Atteindre la France par la rivière

    Ces refoulements, de plus en plus fréquents, inquiètent les humanitaires et les avocats. « Ces #expulsions, qui sont devenues la norme, se font en dehors de tout cadre légal. Ce sont purement et simplement des renvois expéditifs illégaux », signale Me Francisco Sanchez Rodriguez, avocat en droits des étrangers au barreau de Bayonne. Les exilés n’ont en effet pas la possibilité de déposer l’asile, et aucun document de renvoi ne leur est délivré par un juge, comme le prévoit la loi. « On n’avait jamais vu cela à cette frontière », assure l’avocat.

    Malgré la pression policière et les violations de leurs droits, les migrants restent déterminés à continuer leur route. Résultat : ils prennent de plus en plus de risques pour échapper aux forces de l’ordre. Quelques-uns ont même tenté d’atteindre la France en traversant la frontière Bidassoa, qui sépare les deux pays. Un itinéraire jusque-là jamais emprunté par les exilés.

    Tom Dubois-Robin, un habitant d’Hendaye, voit depuis environ un mois des migrants essayer de « passer en France à la nage », en dépit des dangers. Samedi 13 mars, alors qu’il est assis au bord de l’eau avec des amis, il porte secours à un jeune homme venu de l’autre côté de la rivière. Quelques jours plus tard, Tom Dubois-Robin ramasse une doudoune dans l’eau. Dans les poches, il trouve des effets de la Croix-Rouge, dont le centre à Irun accueille des exilés. « Il a dû tenter la traversée et a jeté sa doudoune car elle était trop lourde », pense l’Hendayais.

    Les associations et les citoyens du #Pays_basque redoutent un drame, et se battent pour empêcher que leur rivière ne devienne un cimetière. Tom Dubois-Robin partage ce combat. Cet ancien policier, qui a lâché son uniforme en 2018 en raison justement de ces renvois à répétition, a écrit aux élus de sa région pour « qu’ils tapent du point sur la table et qu’on évite le pire ». Las qu’il est depuis plusieurs années de « ce ping-pong incessant » qui consiste à « renvoyer à la frontière des familles avec enfants ».

    https://www.infomigrants.net/fr/post/31024/a-la-frontiere-franco-espagnole-la-police-traque-les-migrants

    #traque_policière #frontières #migrations #asile #réfugiés #Pyrénées #France #Espagne #contrôles_frontaliers #militarisation_des_frontières #armée #police

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  • Crise politique, Covid, tarifs bas des passeurs... : les départs depuis la Tunisie ne cessent d’attirer de nouveaux clients - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30810/crise-politique-covid-tarifs-bas-des-passeurs-les-departs-depuis-la-tu

    Alors qu’un nouveau drame a endeuillé les côtes tunisiennes mardi, avec la mort de 39 migrants en mer, des ONG pointent une augmentation des tentatives de départ depuis ce pays vers l’Europe. Cette hausse s’expliquerait notamment par des tarifs avantageux des passeurs en période hivernale et par la crise sanitaire privant des milliers d’Africains de travail.Trente-neuf migrants, dont quatre enfants, ont péri mardi 9 mars dans le naufrage de leurs embarcations au large de Sfax, dans l’est de la Tunisie. Si, depuis plusieurs années, la Tunisie fait office de point de départ privilégié pour les candidats à l’exil en Europe, cette énième tragédie vient rappeler que les traversées de migrants à bord de canots de fortune au départ de ce pays continuent d’augmenter. Depuis le début de l’année 2021, près de 95 interceptions ont eu lieu en mer, contre une cinquantaine l’année dernière sur la même période.Et ces passages ne se tarissent pas durant la période hivernale, alors que les conditions climatiques sont encore moins propices aux traversées, déplorent des ONG présentes en Tunisie.
    Explications avec Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, une association qui vient en aide, entre autres, aux migrants.
    InfoMigrants : Constatez-vous une augmentation des départs depuis la Tunisie ?
    Romdhane Ben Amor : Durant les mois de janvier/février 2021, les tentatives de traversées ont augmenté. Les autorités tunisiennes ont procédé à 94 interceptions, qui ont impliqué en tout 1 736 migrants.
    En comparaison, durant la même période l’année dernière, il y avait eu 47 interceptions, soit 887 migrants arrêtés. Nous avons donc le double de tentatives de passage cette année.
    Ces interceptions se font soit en mer, soit sur la terre, avant les départs, dans des maisons où se trouvent les migrants.En février 2021, 30 % de ces interceptions ont eu lieu avant le départ en mer, et 70 % ont eu lieu en mer. Ce chiffre aussi est en augmentation : en décembre 2020, environ 48 % des interceptions seulement avaient eu lieu en mer.
    IM : Quelle est la proportion de migrants étrangers et de Tunisiens dans ces départs ?
    RBA : Actuellement, on comptabilise 55 % de Subsahariens dans ces tentatives de traversée. Durant l’année 2020, la proportion des Subsahariens n’était que de 31 % en moyenne [Les Tunisiens constituaient la première nationalité à arriver clandestinement en Italie, ndlr].
    C’est un constat classique : en janvier/février, l’hiver donc, il y a toujours plus de Subsahariens [qui tentent de traverser la Méditerranée]. C’est le bon moment car les traversées sont moins chères étant donné les risques accrus (températures basses, mer agitée...).
    Les Tunisiens, eux, évitent en général cette période parce que les conditions climatiques ne sont pas bonnes.
    IM : D’où partent ces migrants ?

    RBA : En 2020, 27 % des départs sont partis des environs de la ville de Sfax, et 25 % de Mahdia [toutes deux situées sur la côte est du pays]. Ces deux régions totalisent donc la moitié des tentatives de départ.

    À Sfax, il y a une grosse communauté de migrants subsahariens et beaucoup de réseaux de passeurs très actifs. À Mahdia, il y a davantage de Tunisiens candidats au départ.
    IM : Comment expliquer cette augmentation des départs et tentatives de départ ?
    RBA : En Tunisie, les mois de janvier et de février 2021 ont été très perturbés politiquement et socialement. [Le pays a été agité par une crise politique et un mouvement de contestation sociale sur fond de marasme économique. De nombreuses manifestations ont eu lieu, notamment contre les violences policières, ndlr]. Il y a eu une vague de protestations partout. En réaction, l’Etat a concentré ses forces pour essayer de garder le calme, notamment dans les quartiers populaires. La lutte contre les réseaux de passeurs a donc été délaissée. Ils en ont profité.L’autre raison, c’est l’impact du Covid, surtout sur les communautés subsahariennes présentes en Tunisie. Ces migrants travaillent beaucoup dans le secteur informel [au noir, ndlr], sur les chantiers, dans les cafés, les restaurants… Avec la pandémie, ils ont perdu leur emploi. [Un couvre-feu est en place dans le pays, et les bars et restaurants sont autorisés à accueillir uniquement 30 % de leur capacité maximale dans les espaces fermés, ndlr.]Beaucoup de ces migrants subsahariens étaient jusque-là dans une situation assez stable. Leur projet migratoire existait mais ce n’était pas une priorité.Les Tunisiens qui se sont retrouvés au chômage ont pu recevoir des aides financières de l’Etat mais les Subsahariens, eux, n’ont pas de contrat, ils sont illégaux, ils sont donc privés de cette aide financière. Ils n’avaient pas d’autres solutions que de partir, d’autant qu’on ne sait pas quand cette crise prendra fin.Tout cela mène à des tragédies comme celle qu’on a vue mardi et on peut malheureusement s’attendre à d’autres drames de la sorte dans les prochains jours.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#afriquesubsaharienne#sante#economie#traversée#migrationirreguliere#projetmigratoire