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    Pays-Bas : plusieurs arrestations après des manifestations anti-migrants et l’incendie d’un centre d’accueil
    Par Louise Huet Publié le : 14/05/2026
    Aux Pays-Bas, plusieurs manifestants ont été arrêtés ces derniers jours après des rassemblements anti-migrants parfois violents devant des centres d’accueil pour demandeurs d’asile. Ces manifestations interviennent alors qu’une nouvelle loi, qui oblige les municipalités de tout le pays à se répartir une part proportionnelle de demandeurs d’asile, doit entrer en vigueur le 1er juillet.
    Depuis plusieurs jours, les manifestations anti-migrants s’enchaînent aux Pays-Bas, certaines émaillées de violences. Mercredi 13 mai, la police néerlandaise a arrêté quatre hommes et dispersé des manifestants avec des canons à eau, après une nouvelle soirée de protestations contre l’arrivée de demandeurs d’asile dans un centre d’accueil d’urgence à Loosdrecht, à 35 km au sud d’Amsterdam. Selon le média Dutch News, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à proximité du centre d’hébergement pour demandeurs d’asile. D’abord pacifique, la manifestation a ensuite dégénéré lorsque des feux d’artifice ont été lancés sur les forces de police.La veille, mardi, Loosdrecht a été le théâtre d’une autre violente contestation. D’après la chaîne publique néerlandaise NOS, environ 400 personnes ont manifesté devant le centre d’hébergement d’urgence. Un incendie s’est déclaré après que des émeutiers ont lancé des feux d’artifice dans les buissons situés devant le bâtiment.
    Les manifestants ont d’abord tenté d’empêcher les pompiers d’éteindre le feu et ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont, de leur côté, arrêté plusieurs personnes. À Loosdrecht, une partie de la population proteste contre le projet d’hébergement de 70 hommes demandeurs d’asile pendant six mois, dans une partie inoccupée du bâtiment municipal de la ville. L’objectif initial était de loger 110 personnes mais le nombre a finalement été ramené à 70 le mois dernier, après les manifestations à répétition contre leur arrivée. En début de semaine, les 15 premiers demandeurs d’asile ont rejoint le centre et étaient à l’intérieur au moment de l’incendie mardi. Aucun d’entre eux, ni le personnel du lieu, n’a été blessé.Dans la foulée, le maire de Loosdrecht, Mark Verheijen a décrété l’état d’urgence en raison de « graves troubles à l’ordre public devant la mairie, liés au centre d’hébergement d’urgence temporaire », et a déployé la police anti-émeute pour disperser la foule, qui se rassemble de manière répétée devant le centre d’accueil depuis plusieurs jours, indique la chaîne NOS. Il a pris plusieurs mesures pour empêcher de futures émeutes, notamment le contrôle des voitures entrant dans la ville et l’interdiction de se couvrir le visage.Ces tensions ont un « impact profond » sur les résidents du centre d’accueil et sur les habitants du quartier, a déclaré Mark Verheijen, qui accuse en outre les manifestants de créer un sentiment d’insécurité au sein de la communauté.
    Ces tensions répétées ont suscité une vague d’indignation du côté des autorités néerlandaises. Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a qualifié cette nouvelle manifestation violente anti-migrants de « tout à fait scandaleuse » dans un message sur X."Ce que nous avons vu ce soir n’a rien à voir avec une manifestation", a affirmé de son côté le ministre de l’Asile et des Migrations, Bart van den Brink, qui a également annoncé ouvrir une enquête sur ces rassemblements violents pour déterminer les personnes et groupes à leur initiative. « Il s’agit d’actes de vandalisme et de violence, totalement inacceptables », a-t-il condamné. À l’origine de la colère des manifestants : une nouvelle loi qui oblige les municipalités de tout le pays à accueillir une part proportionnelle de demandeurs d’asile, et qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.
    L’agence néerlandaise qui gère l’hébergement des réfugiés, l’Organe central d’accueil des demandeurs d’asile (COA), doit trouver des places pour 103 000 demandeurs d’asile cette année. Environ 80 000 places ont déjà été attribuées, laissant encore un déficit de 23 000 places, rapporte Dutch News. Des bâtiments désaffectés ou peu utilisés dans certaines villes ont été trouvés comme solution temporaire.Aux Pays-Bas, les délais d’attente moyens pour obtenir l’asile sont longs. Un demandeur peut attendre 11 semaines pour le premier entretien et jusqu’à 79 semaines pour le deuxième. Le COA gère environ 300 centres d’accueil pour les demandeurs d’asile dans le pays. Le principal centre se trouve à Ter Apel, dans le nord-est, près de la frontière allemande. C’est là-bas qu’une personne doit se présenter pour déposer sa demande avant d’y être hébergée pendant trois à dix jours. Après avoir passé un examen médical, les demandeurs peuvent être transférés et répartis vers d’autres centres plus adaptés dans différentes communes. En 2024, les Pays-Bas ont reçu 3,3 % de toutes les demandes d’asile déposées en Europe. Mesuré par rapport au nombre d’habitants, le pays se classe au 14e rang.
    Geert Wilders, le leader du parti anti-immigration et d’extrême droite PVV, a appelé à l’abrogation de cette nouvelle loi et a exhorté les conseils municipaux à refuser de s’y conformer. Simon Ceulemans, député du parti d’extrême droite JA21, a pour sa part déclaré que le gouvernement confrontait les habitants « du jour au lendemain à quelque chose qu’ils ne veulent pas ». De son côté, le député Ismail el Abassi du parti Denk, anti-raciste et anti-discrimination, a dénoncé un climat de haine et des violences attisées par les députés de droite et d’extrême droite.
    Des rassemblements contre cette mesure ont éclaté dans tous les Pays-Bas. Mardi, à Apeldoorn, au centre du pays, une manifestation d’une centaine de personnes a eu lieu pour la cinquième soirée consécutive à un rond-point du quartier de De Maten, où la municipalité prévoit d’héberger 240 demandeurs d’asile dans un ancien bâtiment scolaire. Selon la police locale, au moins cinq personnes ont été arrêtées pour avoir allumé des feux d’artifice. Les jours précédents, 41 autres personnes avaient déjà été arrêtées lors d’émeutes violentes dans la ville. À La Haye, des groupes anti-migrants et d’autres groupes pro-asile se sont fait face devant un centre d’hébergement mardi. Même constat à Ter Apel, où une contre-marche en faveur de l’immigration s’est déroulée samedi devant le centre d’enregistrement pour demandeurs d’asile. En septembre dernier, une manifestation anti-immigration, à l’appel d’une activiste et influenceuse d’ultradroite de 26 ans, à l’approche des élections de fin octobre, avait déjà causé de nombreux dégâts à La Haye.
    Le gouvernement néerlandais a adopté plusieurs mesures migratoires strictes et a durci sa politique en termes d’immigration ces derniers mois. Fin avril, le Sénat a validé le double statut de protection internationale, qui aura pour conséquence de restreindre le regroupement familial. Le taux de protection des Syriens - la première nationalité demandeuse d’asile dans le pays (35 %) - a aussi drastiquement chuté en un an. En outre, en septembre 2025, Amsterdam et Kampala, la capitale ougandaise, ont signé une lettre d’intention, en vue d’un prochain accord pilote, qui prévoit d’envoyer les sans-papiers présents aux Pays-Bas vers l’Ouganda. Le plan vise les personnes déboutées de l’asile et originaires de pays voisins de l’Ouganda. Ces derniers mois, des manifestations du même type, contre les demandeurs d’asile et leurs hébergements, se sont multipliées dans d’autres pays européens : dans plusieurs villes du Royaume-Uni, comme à Epping pendant l’été 2025, pour protester contre les hôtels logeant des demandeurs d’asile, ou encore en Irlande, à Dublin, en octobre 2025, où un déferlement de violence d’extrême droite a également pris pour cible un hôtel pour demandeurs d’asile

    #Covid-19#migrant#migration#paysbas#politiquemigratoire#asile#asile#ouganda#sante#droit

  • Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription - InfoMigrants
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    Étudiants étrangers en France : des manifestations dans plusieurs villes malgré l’assouplissement du décret sur les frais d’inscription
    Par La rédaction Publié le : 14/05/2026
    Bien que le ministre de l’Enseignement supérieur ait décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription à l’université des étudiants non ressortissants de l’Union européenne, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, mardi, contre cette mesure, à Paris et dans plusieurs villes de France.
    Le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a décidé d’atténuer le durcissement prévu à la rentrée concernant les droits d’inscription des étudiants non ressortissants de l’Union européenne (UE), en relevant le plafond d’exonération accordé aux universités, a annoncé mardi 12 mai le ministère.Malgré cette annonce, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, le même jour, à Paris et dans plusieurs villes de France, contre l’augmentation qu’ils jugent injuste des frais d’inscription à l’université pour la majorité des étudiants étrangers extracommunautaires.
    À Paris, environ 500 étudiants, enseignants, personnels administratifs des universités et représentants syndicaux (Snesup-FSU, Unsa Sup-Recherhe, Unef, Fage, Union étudiante...) ont défilé, sans incident, dans le quartier Latin contre la mesure qui concernerait 100 000 étudiants. Parmi les pancartes, on pouvait lire « non au tri social », « xénophobie c’est non » ou encore « même fac, même droits »."La France va perdre beaucoup d’étudiants, elle ne sera plus attractive", prédit Boussad, 26 ans, étudiant algérien en master 1 en physiopathologie à Paris, interrogé par l’AFP, qui envisage de trouver un apprentissage dans une école privée à la rentrée, pour ne pas avoir à payer.
    Kanouté, étudiant malien de 19 ans, raconte, lui, être arrivé en France en septembre en licence 1 de droit avec 5 000 euros, et travailler 15 heures par semaine dans une grande surface. « On est venu pour étudier, pas pour profiter du système », souligne-t-il, critiquant une « politique discriminatoire ».
    Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste avait annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.Le gouvernement défend une logique de rééquilibrage financier, et soutient que l’augmentation des frais renforcerait la valeur perçue des diplômes français et attirerait des profils jugés à fort potentiel ou disposant de ressources suffisantes, dans une logique proche de certains pays anglo-saxons.Dans sa nouvelle version, examinée mardi par un organe consultatif présidé par le ministre et réunissant des représentants des personnels, des étudiants et des établissements, ce projet de décret autorise désormais les universités à exonérer jusqu’à 20 % de leurs étudiants extracommunautaires des droits d’inscription.
    Concrètement, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne seront donc appelés à la rentrée à s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2 895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3 941 euros en master, contre 254 euros. « Ces droits (...) correspondent à moins d’un tiers du coût réel de la formation, ce qui veut dire que derrière, il reste 8 000 euros qui sont aujourd’hui payés par la communauté nationale », a redit mardi devant les députés Philippe Baptiste.
    Un premier projet de décret examiné la semaine dernière par le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) prévoyait d’autoriser les universités à exonérer seulement 10 % de leurs étudiants extracommunautaires de ces frais d’inscription différenciés. La séance avait été boycottée par une large partie de ses membres.
    Une nouvelle mouture présentée mardi relève donc ce plafond à 20 % des effectifs d’étudiants hors Union européenne. Cette évolution passera par deux paliers transitoires : un plafond à 30 % dès la prochaine rentrée, puis 25 % en 2027. Une intersyndicale appelle à manifester à nouveau le mardi 26 mai partout en France pour obtenir le retrait du texte

    #covid-19#migrant#migration#france#etudiant#choosefrance#cneser#droit#sante#immigration#politiquemigratoire

  • Est de la Libye : 120 migrants détenus par des trafiquants d’êtres humains secourus par les autorités - InfoMigrants
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    Est de la Libye : 120 migrants détenus par des trafiquants d’êtres humains secourus par les autorités
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Les autorités de l’est de la Libye ont annoncé lundi avoir retrouvé et libéré 120 exilés qui étaient détenus par des trafiquants d’êtres humains, au sud de Benghazi. Dans le même temps, les corps de deux migrants bangladais et d’un Égyptien provenant du même groupe ont été récupérés sur une plage des côtes libyennes.
    Un lieu où "les êtres humains sont transformés en simple « marchandise » entre les mains de trafiquants qui n’ont aucune morale". C’est ainsi que la direction de la sécurité de la ville d’Ajdabiya, à l’est de la Libye et au sud de Benghazi, a annoncé lundi 11 mai avoir retrouvé et secouru 120 migrants qui étaient retenus prisonniers par des trafiquants d’êtres humains.
    Dans un communiqué publié sur Facebook, la direction de la sécurité de la ville a détaillé l’opération menée pour libérer les exilés, qui a duré près de deux semaines. Tout commence début mai, quand les forces de l’ordre libyennes découvrent trois corps de migrants - deux Bangladais et un Égyptien - sur le rivage de la ville côtière de Bishr, à côté d’une embarcation elle aussi échouée sur la plage. Elles retrouvent à l’intérieur du bateau neuf passeports bangladais et égyptiens, puis décident de lancer une enquête et de déployer des patrouilles dans les environs.
    Un migrant égyptien, « qui présentait des signes d’épuisement et de fatigue », est ensuite arrêté puis interrogé par la police à Bishr. Les autorités apprennent qu’il s’est échappé du lieu où il était retenu par des trafiquants, « un repaire utilisé pour torturer les migrants et faire chanter leurs familles », et que les trois corps retrouvés sur la plage proviennent du même endroit où il était retenu prisonnier. Notamment avec l’aide de l’Égyptien, la police se rend aux divers lieux où d’autres candidats à l’exil vers l’Europe sont détenus, et identifient plusieurs sites utilisés « pour le logement et la torture des migrants ».
    Après « plusieurs raids », 120 exilés - des hommes et des femmes de différentes nationalités, notamment bangladais et égyptiens - qui étaient en captivité sont secourus et libérés, selon le communiqué. Pendant leur détention, ces migrants ont été « contraints de supplier qu’on leur vienne en aide sous les coups et les coups de fouet, pendant que leurs souffrances étaient filmées dans des vidéos envoyées à leurs familles pour leur extorquer de l’argent », ajoutent les autorités. Ces différentes opérations ont également abouti à « la saisie d’un petit chantier naval dans la ville d’Ajdabiya, qui était utilisé par les trafiquants pour fabriquer des bateaux de contrebande » servant à la migration irrégulière, « équipé de machines de menuiserie et de matières premières nécessaires à la construction de bateaux », précisent-elles.
    Dans son communiqué, la direction de la sécurité d’Ajdabiya a partagé des photos montrant plusieurs migrants assis par terre après avoir été libérés des mains des trafiquants, ainsi que des images de passeports, de moteurs de bateaux, de bidons d’eau en plastique bleu et d’embarcations en bois, certaines entièrement assemblées et d’autres encore en cours de construction, retrouvés sur les lieux de détention. En tout, six bateaux ont été saisis.
    Des mandats d’arrêts ont été émis contre les trafiquants d’êtres humains « en fuite » et « le procureur a ordonné l’expulsion des migrants qui ont été arrêtés », indique encore le communiqué, sans donner plus de détails.
    Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un lieu de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe. Le pays est miné par des divisions et la présence d’une multitude de groupes armés aux allégeances mouvantes et de réseaux de trafiquants en tout genre.
    En Libye, les migrants sont régulièrement détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines et gérées par des trafiquants, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle, torture filmée puis envoyée aux familles pour extorquer de l’argent en échange de la libération de leur proche... Au fil des années, InfoMigrants a collecté de nombreux témoignages d’exilés décrivant ces exactions, notamment celui de Marie. Cette Camerounaise et sa fille de sept ans, Aya, sont passées par les terribles prisons libyennes de Zaouïa et d’Abou Salim, à l’ouest du pays, en 2024 et 2025, pendant plusieurs mois à chaque fois.
    « La vie en prison est horrible. J’ai encore des cicatrices sur mon visage tellement ils me frappaient. Je ne sais même pas comment vous expliquer… Un jour, ils ont voulu me violer. Aya a hurlé, elle a pleuré, elle s’est jetée sur moi pour les empêcher de me faire ça. Elle a crié : ’Laissez ma maman, laissez-la !’ Alors ils m’ont laissée, mais ils ont violé les autres femmes à côté de moi », a-t-elle confié à InfoMigrants en janvier. Dans un récent rapport publié mi-février, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient toujours à être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye. Le rapport décrit des cas d’hommes contraints de travailler sans salaire ni nourriture suffisante, et de filles séparées de leur mère. Le document évoque aussi « une réalité brutale et normalisée » sur les migrants dans le pays et dénonce « un modèle d’exploitation » qui profite de la « vulnérabilité accrue » des exilés.
    Environ 5 000 personnes détenues dans des centres officiels suite à des « interceptions illégales et dangereuses en mer » sont victimes de violences sexuelles et sexistes, de torture, d’esclavage et de disparitions forcées, précise ce rapport de l’ONU.
    Par ailleurs, ces dernières semaines, les découvertes de corps de migrants se multiplient dans l’est de la Libye, alors que de plus en plus de personnes empruntent la route dite de Tobrouk pour tenter de rejoindre l’île de Crète, en Grèce, et éviter le renforcement des contrôles des autorités à l’ouest du pays. Pour Tarek Lamloum, chercheur au Centre d’études de Benghazi sur les migrants et les réfugiés, ces drames sont le résultat du trafic d’êtres humains très lucratif qui s’est développé dans la région autour de ces départs. « Toute une économie a été créée autour de la présence des candidats au départ. [...] La région tire désormais profit de ce phénomène migratoire de manière très importante », soulignait-il à InfoMigrants début mai.
    « En ce qui concerne les départs en eux-mêmes, les types de bateaux varient. Il y a des bateaux en bois, relativement en bon état, équipés de radios, qui quittent les ports en étant accompagnés de vedettes appartenant aux gardes-côtes ou aux milices libyennes. [...] D’autres départs se font sur des canots pneumatiques précaires et, malheureusement, les naufrages sont fréquents et les victimes sont le plus souvent des Africains subsahariens ou des Soudanais. Ce sont les départs dans ce type de bateaux qui causent le plus de décès », expliquait-il encore. Selon le Mixed migration centre, le nombre de migrants en Libye s’élevait à 939 638 en décembre 2025. Cela représente une augmentation de 14 % par rapport à la même période en 2024 (824 131).

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#migrationirreguliere#libye#traite#trafic#violence#sante#mortalite#subsaharien

  • Mer Méditerranée : l’Ocean Viking porte secours à 131 migrants, dont une personne décédée - InfoMigrants
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    Mer Méditerranée : l’Ocean Viking porte secours à 131 migrants, dont une personne décédée
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Le navire de sauvetage de SOS Méditerranée a porté assistance à 131 migrants lors de deux opérations de sauvetage au large des côtes libyennes, mardi et mercredi. Dans une des embarcations se trouvait une personne « inconsciente », selon l’ONG qui n’est pas parvenue à la réanimer. Ces derniers jours, deux autres ONG ont secouru plus de 200 exilés en détresse dans la même zone maritime.
    L’Ocean Viking a secouru mercredi 13 mai 56 migrants d’une « embarcation surchargée en fibre de verre, en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) libyenne », a indiqué sur le réseau social X SOS Méditerranée, qui affrète le navire humanitaire.
    « Une des personnes secourues était inconsciente et ne respirait pas », a ajouté l’ONG. Malgré une prise en charge rapide, l’équipe médicale n’est pas parvenue à la réanimer. Selon les témoignages de survivants, la personne décédée aurait subi des violences en Libye et « aurait perdu connaissance plusieurs heures avant le sauvetage ».
    D’autres rescapés souffraient par ailleurs d’hypothermie.
    La veille, mardi, l’Ocean Viking avait déjà porté assistance à 75 exilés après avoir été alerté du cas de ce canot en difficultés en mer par le Seabird, l’avion de repérage de l’ONG allemande Sea-Watch.
    « Après avoir passé cinq jours et quatre nuits en mer, beaucoup souffrent de déshydratation », avait précisé SOS Méditerranée après le sauvetage.
    Au cours de la même période, le Sea Watch 5 de l’ONG éponyme, a également pris en charge 166 exilés lors de trois opérations de sauvetage. La dernière, celle de lundi, a été émaillée de violences.
    Alors que le navire humanitaire venait de secourir 90 personnes en mer Méditerranée, Sea-Watch affirme avoir été visée par des tirs de la part de gardes-côtes libyens. « Par radio, la milice a ordonné au Sea Watch 5 de mettre le cap sur la Libye. Lorsque l’équipage a refusé, les assaillants ont menacé d’aborder le navire », détaille Sea-Watch qui dit avoir réagi en envoyant un message de détresse et en informant les autorités italiennes et allemandes de la situation. L’équipage explique avoir ensuite été poursuivi par plusieurs bateaux libyens. Ce week-end aussi, une autre ONG a sillonné la Méditerranée centrale. Samedi et dimanche, le Sea-Eye 5 a porté secourt à 72 personnes lors de deux opérations au large des côtes libyennes. « Plusieurs rescapés ont nécessité des soins médicaux et une évacuation par hélicoptère a été demandée pour une femme enceinte », rapporte Sea-Eye.
    Depuis le début de l’année, plus de 1 200 migrants sont morts en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes européennes. Un chiffre jamais enregistré aussi tôt dans l’année depuis les premiers recensements de l’Organisation internationale des migrations (OIM) en 2014. Canots surchargés et en mauvais état, distances de traversée rallongées, politique d’interceptions en mer, entraves aux activités des navires de sauvetage... sont autant de facteurs permettant d’expliquer cette hausse des morts en Méditerranée.
    Les accords conclus ces dernières années entre l’Union européenne et les pays de départ, tels que le Maroc, la Tunisie ou la Libye, pour stopper les canots de migrants, sont aussi régulièrement pointés du doigt. « Les autorités européennes ont créé des forces d’interception de l’autre côté de la rive [méditerranéenne] », expliquait le mois dernier Arnaud Banos, directeur de recherches au CNRS, spécialiste des migrations maritimes, interrogé par InfoMigrants. « Les Tunisiens et les Libyens ne sont pas des marins, ils ne font pas de sauvetage. Or, toute interception en mer comporte des risques. Il est impossible de mener une interception sans avoir recours à la force. (…) Beaucoup d’interceptions entraînent des décès, dont nous n’avons pas toujours connaissance », estimait le chercheur

    #Covid-19#migration#migrant#routemigratoire#mediterranee#libye#SAR#humanitaire#migrationirreguliere#sante

  • Accélérer les expulsions de migrants : la Grèce annonce un nouveau projet de loi dans le cadre du Pacte migratoire européen - InfoMigrants
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    Accélérer les expulsions de migrants : la Grèce annonce un nouveau projet de loi dans le cadre du Pacte migratoire européen
    Par La rédaction Publié le : 13/05/2026
    Un nouveau projet de loi porté par le gouvernement grec prévoit de renforcer les frontières et d’accélérer les procédures d’asile. Le texte offre aussi un cadre aux expulsions des personnes non éligibles à l’asile vers leur pays d’origine ou vers des « hubs de retour » dans des États situés hors des frontières de l’Union européenne. Ce texte s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur le 12 juin.
    Le gouvernement grec a annoncé mardi 12 mai un projet de loi sur la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui doit entrer en vigueur au sein de l’Union européenne (UE) le 12 juin. Ce nouveau texte est « une réforme globale du cadre national pour la gestion de l’immigration clandestine, de l’asile et des retours » en Grèce, indique le ministère des Migrations dans un communiqué.La loi, encore en consultation, devrait permettre aux autorités grecques de procéder à un « dépistage obligatoire » des nouveaux arrivants : vérification de l’identité, dépôt des données biométriques, contrôles de sécurité et de santé.
    Ensuite, les migrants seront transférés dans des structures en fonction de leur profil. Les personnes pouvant prétendre à l’asile, selon leur pays d’origine, seront transférées dans des centres de premier accueil déjà existants en Grèce (comme celui de Malakasa, près d’Athènes, par exemple).Les exilés provenant de pays à faible taux de reconnaissance de la protection internationale en Grèce ou dont la demande est « manifestement infondée » seront placés dans des centres de détention en attendant leur éventuelle expulsion du sol grec. Le texte prévoit qu’un « acte de retour » soit immédiatement délivré afin d’organiser leur renvoi dans le pays d’origine le plus vite possible.Les exilés venant de pays qui ne délivrent pas de laissez-passer, indispensable à une expulsion, seront, eux, envoyés dans des « hubs de retour » situés dans des États en dehors de l’UE.
    Selon le site Newsit.gr, la Grèce, en coopération avec l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas, va prochainement lancer la création d’un centre de retour conjoint dans un pays tiers hors de l’Union. La structure construite vraisemblablement dans un État africain, devrait être opérationnelle en 2027, signale le média grec.
    Cette disposition est rendue possible par le nouveau « règlement retour » adopté par le Parlement européen en mars dernier qui prévoit notamment la création de « hubs de retour » hors des frontières de l’UE.Par ailleurs, le gouvernement grec envisage d’accélérer l’examen des demandes d’asile aux frontières afin d’expulser plus rapidement les exilés déboutés. Les dossiers devront être traités sous 12 semaines maximum, indique encore le site Newsit.gr.
    Avec ce texte, le gouvernement entend « s’adapter au nouveau cadre européen, en créant un système qui combine la protection efficace des frontières, l’examen rapide des demandes de protection internationale et la mise en œuvre effective des retours pour ceux qui n’ont pas le droit de rester », affirme le ministère des Migrations dans son communiqué. « La politique migratoire du pays repose sur des règles claires : la protection pour ceux qui y ont réellement droit, mais aussi des procédures de retour immédiates et efficaces pour ceux qui ne sont pas admissibles à la protection internationale ou à la résidence légale ».La Grèce est un des principaux points d’arrivées des migrants irréguliers dans l’Union européenne. La route dite de Tobrouk, qui va de cette ville de l’est libyen à la Crète, s’est largement développée l’année dernière au dépend de celle passant de la Turquie vers les îles de la mer Égée.
    En 2024, 78 % des arrivées en Grèce se faisaient via les îles de la mer Égée, et seulement 8 % via la Crète. Alors qu’en 2025, 44 % des migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie et 40 % en partant de Libye, selon le ministre des Migrations.Au total en 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés en Crète et sur la petite île voisine de Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200 %. Et depuis le 1er janvier, on compte déjà près de 3 500 arrivées en Crète, soit plus de la moitié des 6 270 migrants entrés sur le territoire grec par la mer. La majorité des migrants débarqués en Crète sont originaires du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh. Ces deux dernières nationalités sont particulièrement visées par le nouveau projet de loi du gouvernement grec, qui estime que ces ressortissants ne peuvent prétendre à l’asile et doivent donc être renvoyés le plus rapidement possible.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#soudan#crete#routemigratoire#libye#tobrouk#politiquemigratoire#hubderetour#UE#droit#sante

  • Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme - InfoMigrants
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    Espace Schengen : comment l’exception des contrôles aux frontières intérieures est devenue la norme
    Par RFI Publié le : 08/05/2026
    Paris a de nouveau prolongé jusqu’au 31 octobre 2026 les contrôles à ses frontières intérieures. Une dérogation autorisée en cas de menace grave, mais censée rester exceptionnelle et limitée dans le temps. Depuis 2015, la France y a pourtant recours de manière continue, et elle est loin d’être la seule, au risque de fragiliser l’un des acquis les plus concrets de l’Union européenne.
    Pouvoir passer de la France à l’Italie, à l’Espagne, à l’Allemagne ou à la Belgique sans présenter son passeport à un poste-frontière ou dans un aéroport. "Toute personne, quelle que soit sa nationalité, peut voyager entre les pays Schengen sans être soumise à des contrôles aux frontières", rappelle le site officiel de l’Union européenne (UE). C’est l’une des promesses les plus concrètes de l’UE : une fois entré légalement dans l’espace Schengen, qu’on soit citoyen européen, résident étranger ou simple touriste, on peut circuler d’un État membre à l’autre sans être soumis à des contrôles aux frontières intérieures.
    Paris vient pourtant de renouveler la "réintroduction temporaire" des contrôles à ses frontières intérieures pour six mois, jusqu’au 31 octobre 2026, selon la notification transmise à la Commission européenne. Rien n’interdit cela sur le papier. "Dès le début de la construction de l’espace Schengen, qui prévoit la fin des contrôles aux frontières intérieures, il est aussi prévu que les États puissent [les] contrôler de façon temporaire et ponctuelle" en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, rappelle la juriste Tania Racho, chercheuse associée à l’université Paris-Saclay et membre du collectif Désinfox-Migrations, au micro d’Amélie Beaucour.
    Paris invoque ici des "menaces graves et persistantes" pesant sur l’ordre public et la sécurité intérieure : menace jihadiste, recrudescence des agressions antisémites, réseaux criminels facilitant la migration irrégulière, tensions dans le Pas-de-Calais, dégradation du contexte sécuritaire mondial de l’Iran au Moyen-Orient, en passant par l’Afghanistan, la Somalie et la guerre en Ukraine, ou encore tenue du G7 à Évian. Une dérogation qui doit pourtant rester exceptionnelle et strictement encadrée dans le temps. Le rétablissement des contrôles peut intervenir pour une durée de six mois, renouvelable jusqu’à deux ans maximum. Depuis la réforme du Code frontières Schengen de 2024, cette durée peut atteindre trois ans dans des circonstances exceptionnelles majeures.
    En théorie, donc, une reconduction continue sur plus de dix ans contrevient au cadre fixé par le droit européen. En France, le dispositif est pourtant reconduit tous les six mois, sans interruption, depuis les attentats de novembre 2015. C’est précisément ce que dénonce l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui regroupe plusieurs organisations. Dans son communiqué du 23 avril, elle juge cette nouvelle prolongation "manifestement contraire au droit de l’Union européenne" et dénonce une succession de renouvellements qui fait du principe de liberté de circulation au sein de l’espace Schengen "un souvenir lointain".
    Du côté du Conseil d’État, pour l’heure, il n’y a pas de débat. Dans une décision du 7 mars 2025, la juridiction administrative avait rejeté le recours de plusieurs associations et jugé le rétablissement conforme au règlement européen. Elle estimait que la décision prise par le gouvernement en octobre 2024 relevait du nouveau Code frontières Schengen, entré en vigueur la même année, et devait donc être regardée comme une première réintroduction des contrôles, non comme la prolongation de celles prises depuis 2015. Autrement dit, le compteur juridique repartait à zéro.
    Mais Paris n’est pas seule. La Commission européenne recense actuellement onze autres États de l’espace Schengen ayant rétabli des contrôles à leurs frontières intérieures. L’Allemagne invoque notamment l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs ; la Pologne, la pression migratoire à ses frontières avec l’Allemagne et la Lituanie ; le Danemark et la Norvège, des risques de sabotage liés à la Russie ; la Suède, la criminalité transfrontalière organisée et les menaces islamistes. Et dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Danemark, l’exception s’est là aussi installée dans la durée.
    "De 2006 à 2014, on avait eu 36 notifications de rétablissement des contrôles aux frontières intérieures en huit ans. Aujourd’hui, on est à plusieurs centaines", note Yves Pascouau, directeur général adjoint de Forum réfugiés. Autrement dit, l’outil s’est banalisé. Pour lui, c’est la logique même de Schengen qui s’est inversée. "La liberté est le principe et la restriction de la liberté, l’exception", rappelle-t-il, estimant que cette base a été "totalement pervertie à partir de 2015", sous l’effet conjugué des attentats et de la crise migratoire.
    Pour Yves Pascouau, également docteur en droit européen, cela pose la question du contrôle exercé par Bruxelles sur la répétition de ces mesures censées être exceptionnelles. La Commission européenne peut émettre un avis sur la nécessité et la proportionnalité des mesures, mais elle ne peut pas opposer son veto à la décision d’un État. Pour Yves Pascouau, Bruxelles fait preuve d’une grande prudence sur ce dossier. "La Commission fait la politique de l’autruche parce que c’est un sujet extrêmement sensible", commente-t-il. La Cour de justice de l’Union européenne a déjà rappelé que les contrôles aux frontières intérieures ne peuvent être prolongés que face à une nouvelle menace. Mais dans les faits, les États arguent régulièrement d’informations nouvelles ou d’un contexte sécuritaire évolutif pour justifier de nouvelles notifications.
    Les motifs migratoires occupent désormais une place croissante dans les notifications des États : migration irrégulière, réseaux de passeurs, pression sur les systèmes d’asile... La réforme de 2024 intègre aussi la question de l’« instrumentalisation » des flux migratoires, lorsque des déplacements de personnes sont utilisés comme moyen de pression politique"La frontière entre l’objectif des contrôles et leur réalité peut parfois apparaître difficile à tracer", estime Yves Pascouau, qui pointe que dans les faits, les contrôles ne sont pas rétablis sur toutes les frontières du pays, mais seulement sur certaines. À la frontière franco-italienne, par exemple, souligne-t-il, les contrôles répondent davantage à un objectif migratoire qu’à un objectif strictement sécuritaire.
    Concrètement, en notifiant la réintroduction des contrôles, "cela permet de contrôler toutes les personnes, par exemple, qui seraient dans un train arrivant depuis l’Italie vers la France, et dont le seul motif serait le franchissement de la frontière entre l’Italie et la France", relève Tania Racho. Selon l’Anafé, qui regroupe plusieurs organisations, cette pratique engendre des atteintes aux droits des personnes exilées : contrôles au faciès, difficultés d’accès au droit d’asile, refoulements ou enfermements illégaux. "Quotidiennement, à Menton, Montgenèvre, Hendaye, Modane et Cerbère, ou encore dans les aéroports, les forces de l’ordre françaises contrôlent l’identité des personnes entrant sur le territoire", affirme l’Anafé dans un communiqué de décembre 2025, qui dénonce des contrôles ciblant « les personnes perçues comme migrantes ».
    Même si, pour la majorité des voyageurs, les frontières intérieures restent pour l’heure souvent invisibles, "l’esprit de Schengen s’est considérablement affaibli", regrette Yves Pascouau. Pour lui, ces rétablissements ont aussi une forte portée politique. "À ma connaissance, on n’a jamais arrêté de terroriste dans ce cadre", relève-t-il, tout en soulignant que leur efficacité sur le plan migratoire n’est pas davantage démontrée. Le risque, selon lui, est surtout le message envoyé aux citoyens : l’idée que "c’est derrière la frontière nationale qu’on est le mieux protégé". Une logique qu’il juge trompeuse, alors que la sécurité de l’espace Schengen repose aussi sur la coopération entre États et sur des contrôles renforcés aux frontières extérieures de l’Union. Selon l’agence européenne Frontex, les arrivées clandestines dans l’UE sont en baisse ces dernières années. Le danger dépasse la seule question des frontières pour Yves Pascouau, car lorsque ces entorses aux règles communes ne sont "ni soulevées ni sanctionnées", elles peuvent ouvrir la voie à d’autres.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#france#schengen#librecirculation#droit#sante#frontiere

  • En Espagne, le vaste plan de régularisation des étrangers entraîne un flot de fausses informations - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71350/en-espagne-le-vaste-plan-de-regularisation-des-etrangers-entraine-un-f

    En Espagne, le vaste plan de régularisation des étrangers entraîne un flot de fausses informations
    Par Leslie Carretero Publié le : 12/05/2026
    Facteur d’attractivité, arme électorale, arrivée de criminels… Alors que la campagne de régularisation d’un demi-million de personnes sans papiers a débuté mi-avril en Espagne, les fausses informations visant les étrangers pullulent sur les réseaux sociaux.Ces fausses informations visant à faire croire à une ruée des étrangers vers le sol espagnol pullulent sur les réseaux sociaux alors que la campagne de régularisation massive des sans-papiers a débuté mi-avril - et s’achèvera le 30 juin - et pourrait concerner un demi-million de
    Le prétendu facteur d’attraction de cette mesure exceptionnelle, portée par le gouvernement de gauche, est largement relayé par le parti d’extrême droite Vox, mais aussi par le parti populaire (PP), classé à droite de l’échiquier politique espagnol. Le leader d’extrême droite Santiago Abascal a même affirmé que le nombre de migrants bénéficiant d’une régularisation dans le cadre de ce plan serait « bien supérieur » à celui annoncé par le gouvernement et que « des millions d’autres [exilés] arriveront plus tard », sans apporter de preuves.
    Or, les anciennes mesures de régularisation exceptionnelle – la première date de 1986 et la dernière de 2005 – contredisent les projections des opposants. « L’effet d’attraction est un mythe qui circule avec chaque programme de régularisation [l’Espagne en a mené six depuis 1986, ndlr]. On ne peut pas prédire l’avenir, mais les programmes précédents n’ont pas entraîné d’augmentation des arrivées », explique, au média El Periodico, Ona Sindreu de Verificat, plateforme de vérification des faits.
    Le nombre d’arrivées de migrants irréguliers en Espagne connaît d’ailleurs cette année une nette diminution : les autorités ont comptabilisé 7 923 arrivées entre le 1er janvier et le 30 avril 2026, contre 13 953 à la même période de 2025. Soit une baisse de 43 %.
    Et rappelons que le plan ne concerne que les personnes ayant vécu sans interruption en Espagne pendant cinq mois avant le 1er janvier 2026. Les nouveaux arrivants ne sont donc pas concernés.
    L’autre rumeur qui prend de l’ampleur dans le pays ibérique concerne la venue massive d’étrangers criminels. À la veille de l’ouverture des bureaux d’immigration le 16 avril, le président du PP avait estimé qu’il était « absurde » d’accorder des permis de séjour « en masse » à des personnes ayant un « casier judiciaire » ou ayant « agressé une femme ».
    Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le gouvernement, tous les demandeurs de permis de séjour doivent prouver qu’ils n’ont pas d’antécédents avec la justice et donc disposer d’un casier judiciaire vierge, comme pour les autres procédures d’immigration.
    Les services publics sont aussi la cible d’infox. Selon Vox, la procédure de régularisation des étrangers aura pour effet de submerger les services publics, comme La Poste ou la Sécurité sociale. Or, le ministère des Migrations signale que des horaires spécifiques et élargis ont été mis en place, et que l’accueil en personne se fera uniquement sur rendez-vous afin d’éviter les attroupements.
    Les détracteurs de cette mesure disent craindre aussi pour les finances publiques liées notamment à la santé ou à l’éducation. Mais le gouvernement indique que la population étrangère utilise moins le système de santé que les Espagnols et que ces personnes bénéficiaient déjà de ces services avant leur régularisation. Selon une étude menée par Joan Monras, professeur à l’université Pompeu Fabra à Barcelone, les dépenses publiques consacrées à la santé et à l’éducation n’ont pas augmenté de manière significative après le plan de régularisation de 2005.Et un rapport de 2023 indique que, jusqu’à cette date, la régularisation de 600 000 immigrants, encouragée en 2005 par le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero, a généré 2,3 milliards d’euros supplémentaires par an pour la Sécurité sociale, rapporte le site El Periodico.
    Parmi le flot de fausses informations, on peut aussi noter la possibilité pour les étrangers nouvellement régularisés de voter aux prochaines élections. « Pedro Sánchez [le Premier ministre, ndlr] a l’intention de truquer les élections de 2027, d’où cette course à la régularisation », a affirmé Santiago Abascal, de Vox, début mai lors d’un rassemblement près de Séville. Or, aux élections générales comme aux élections régionales, seuls les citoyens espagnols peuvent participer.
    La mesure de régularisation, actée par décret royal en début d’année, sera examinée mercredi 13 mai par la Cour suprême. Plusieurs requêtes ont été portées devant la haute juridiction afin de suspendre le processus, comme celle de l’association conservatrice Hazte Oír qui estime que le dispositif dépasse les limites légales et « modifie structurellement la politique migratoire de l’État, avec des effets directs et durables ». Vox, lui aussi à l’initiative de cette action en justice, estime que cette mesure envoie « un message très clair au monde entier : en Espagne, entrer en force est récompensé ». Reste à savoir que ce décidera la Cour suprême

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#politiquemigratoire#regularisation#droit#sante

  • #Press_review April 2026
    https://migreurop.org/article3589.html

    Tunisia Business News, Taking the streets to break the silence: citizen mobilisation against racism in Tunis, 11 April 2026 Following a citizens’ petition launched on 7 April and shared on social media, a solidarity march against racism took place in Tunis on Saturday 11 April. Slogans were chanted to denounce racist online discourse, discriminatory remarks by certain Tunisian MPs, and the crackdown on migrants and human rights defenders in #Tunisia. Racism against migrants from (…) Press review

    / #Afghanistan, Tunisia, #Belgium, #Algeria, #Greece, #Italy, #Albania, #Pays-Bas, #Pologne, #Royaume-Uni, #France, #Union_Européenne, #Asile, #Detention, #Externalisation, #Frontex, #Militarisation_of_borders, #Pays_sûrs, Migration policies , #Racisme, #règlement_retour, #Forced_returns, (…)

    #Migration_policies_ #Revolts_and_mobilisations #Monitoring_and_control_
    https://businessnews.com.tn/2026/04/11/la-rue-pour-briser-le-silence-mobilisation-citoyenne-contre-le-racisme-a-tunis/1396088/#https://businessnews.com.tn/2026/04/11/la-rue-pour-briser-le-silence-mobilisation-citoyenne-contre-le-racisme-a-tunis/1396088
    https://tunisiansolidarity.org/en/racisme/#https://tunisiansolidarity.org/en/racisme/#
    https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/pt/ip_23_3887#https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/pt/ip_23_3887
    https://www.lebrief.ma/tribunal-permanent-des-peuples-les-etats-du-maghreb-et-lunion-europeenne-responsables-de-violations-systematiques-des-droits-des-migrants-100147142/#https://www.lebrief.ma/tribunal-permanent-des-peuples-les-etats-du-maghreb-et-lunion-europeenne-res
    https://permanentpeoplestribunal.org/wp-content/uploads/2025/11/TPP_Migrazione_Maghreb_Sentenza_FR_30-marzo-2026.pdf#https://permanentpeoplestribunal.org/wp-content/uploads/2025/11/TPP_Migrazione_Maghreb_Sentenza_FR_30-marzo-2026.pdf
    https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/il-ne-peut-plus-sagir-dun-sujet-tabou-le-gouvernement-donne-son-feu-vert-une/2026-04-03/article/784710#https://www.rtl.be/actu/belgique/politique/il-ne-peut-plus-sagir-dun-sujet-tabou-le-gouvernement-donne-son-feu-vert-une/2026-04-03/article/784710
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70707/la-belgique-conclut-un-accord-avec-lalgerie-pour-accelerer-les-expulsions-dalgeriens-en-situation-irreguliere#https://www.infomigrants.net/fr/post/70707/la-belgique-conclut-un-accord-avec-lalgerie-pour-accelerer-les-expulsi
    https://www.bbc.com/news/articles/c86vpq42dl0o#https://www.bbc.com/news/articles/c86vpq42dl0o
    https://www.ilpost.it/2026/04/23/cosa-sono-rimpatri-volontari-assistiti-patrocinio-gratuito-migranti-decreto-s
    https://www.ilpost.it/2026/04/24/governo-decreto-sicurezza-modifica-incentivi-rimpatri/#https://www.ilpost.it/2026/04/24/governo-decreto-sicurezza-modifica-incentivi-rimpatri
    https://www.politico.eu/article/italy-migrant-detention-hubs-albania-not-against-eu-law-says-top-eu-court-adviser/#https://www.politico.eu/article/italy-migrant-detention-hubs-albania-not-against-eu-law-says-top-eu-court-a
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    https://www.lighthousereports.com/investigation/we-were-slaves/#https://www.lighthousereports.com/investigation/we-were-slaves
    https://www.hrw.org/report/2022/04/07/their-faces-were-covered/greeces-use-migrants-police-auxiliaries-pushbacks#https://www.hrw.org/report/2022/04/07/their-faces-were-covered/greeces-use-migrants-police-auxiliaries-pushbacks
    https://www.associazionemagistrati.it/doc/5077/sicurezza-sconcerto-per-attacco-a-diritto-di-difesa.htm#https://www.associazionemagistrati.it/doc/5077/sicurezza-sconcerto-per-attacco-a-diritto-di-difesa.htm
    https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/italy-albania-agreement-adds-to-worrying-european-trend-towards-externalising-asylum-procedures#https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/italy-albania-agreement-adds-to-worrying-european-trend-towards-externalising-a
    https://stopdeasielwetten.nl/actueel/nieuws/strafbaarstelling-van-tafel#https://stopdeasielwetten.nl/actueel/nieuws/strafbaarstelling-van-tafel
    https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glosom/GLOSOM_2018_web_small.pdf#https://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glosom/GLOSOM_2018_web_small.pdf
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70665/traversees-de-la-manche--londres-et-paris-prolongent-de-deux-mois-seulement-leur-accord-pour-securiser-la-frontiere#https://www.infomigrants.net/fr/post/70665/traversees-de-la-manche--londres-et-paris-prolongent-de-deux-mois-seul
    https://www.theguardian.com/uk-news/2024/mar/23/uk-funding-french-migrants-small-boat-border-forces#https://www.theguardian.com/uk-news/2024/mar/23/uk-funding-french-migrants-small-boat-border-forces
    https://www.humansforrights.org/state-violence#https://www.humansforrights.org/state-violence
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70616/le-renforcement-des-controles-policiers-rend-la-traversee-de-la-manche-plus-mortelle-selon-des-chercheurs#https://www.infomigrants.net/fr/post/70616/le-renforcement-des-controles-policiers-rend-la-traversee-de-la-manche
    https://euractiv.fr/news/migrations-la-commission-europeenne-annonce-que-des-discussions-avec-les-talibans-sur-les-retours-sont-en-cours/#https://euractiv.fr/news/migrations-la-commission-europeenne-annonce-que-des-discussions-avec-les-ta
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    https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/afghanistan-eu-response/#https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/afghanistan-eu-response

  • France : les députés approuvent l’allongement de la rétention à sept mois pour les étrangers jugés « dangereux » - InfoMigrants
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    France : les députés approuvent l’allongement de la rétention à sept mois pour les étrangers jugés « dangereux »
    Par La rédaction Publié le : 06/05/2026
    Adoptée par l’Assemblée nationale, mardi, cette proposition de loi permet d’enfermer en centre de rétention administrative (CRA) des étrangers jugés « dangereux » pour une durée de 7 mois (210 jours). Le texte doit encore passé devant le Sénat fin mai.
    De 180 à 210 jours. Les députés français ont adopté mardi 5 mai, un texte visant à allonger la durée maximale de rétention administrative pour des étrangers en situation irrégulière et jugés « dangereux ». La proposition de loi, portée par Charles Rodwell (Renaissance, parti présidentiel) et soutenue par le gouvernement, a été validée par 345 députés allant du centre au Rassemblement national (extrême droite), contre 177 députés à gauche.
    Que contient-elle ? Cette loi permet d’enfermer en centre de rétention administrative (CRA) des étrangers pour une durée de sept mois, si les personnes visées cumulent trois critères :
    L’étranger doit faire l’objet d’une mesure d’éloignement du territoire (OQTF). Il doit avoir été condamné par le passé à au moins trois ans de prison pour des atteintes aux personnes. Il représente une menace « réelle, actuelle et d’une particulière gravité » pour l’ordre public.
    Actuellement, la durée maximum de rétention est de 90 jours, ou 180 jours pour ceux condamnés pour terrorisme. Pour cette dernière catégorie, le texte porte aussi ce seuil à 210 jours. Cette proposition de loi doit maintenant être examinée par le Sénat fin mai.
    L’été dernier, une disposition d’allongement similaire avait été censurée par le Conseil constitutionnel, qui l’avait jugée disproportionnée. Ce qui a poussé des élus à la présenter de nouveau, avec une formulation plus restrictive tenant compte des observations des Sages. Elle ne concernera « que quelques dizaines de personnes par an », selon le député Charles Rodwell.Cet allongement à 210 jours a surtout été vivement soutenu et poussé par l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, après le meurtre en 2024 de l’étudiante Philippine, alors que le suspect, un Marocain, sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF) venait de sortir de rétention.
    « [La victime] habitait ma circonscription et il y a un an et demi, j’ai pris un engagement auprès de sa famille » de porter un texte « transpartisan » trouvant « un juste équilibre entre la protection des libertés publiques et le renforcement de la sécurité des Français », a déclaré Charles Rodwell, élu des Yvelines.Pour rappel, les étrangers en situation irrégulière peuvent être enfermés dans un centre de rétention administrative (CRA) en vue de leur expulsion - s’il existe un risque qu’ils s’y soustraient. En effet, selon le droit français - et européen - l’enfermement d’un étranger en CRA est une mesure qui ne doit être utilisée qu’en dernier recours, « dans les cas où l’administration n’a pas d’autres moyens moins attentatoires aux libertés pour réaliser l’expulsion », rappelle La Cimade, association de défense de droits des étrangers.
    Être en situation irrégulière est une irrégularité administrative, et pas un délit, selon le droit français.Les réactions ont été nombreuses. « C’est une loi de communication », qui valide « le principe de la prison sans le procès », a fustigé la socialiste Céline Hervieu. Pour l’écologiste Stella Dupont, cette mesure « ne permettra pas davantage d’expulsions », écrit-elle sur X. « Le plus souvent, les blocages viennent du refus du pays d’origine de reconnaître son ressortissant. Et sans cette reconnaissance, aucune expulsion n’est possible. La priorité est donc de renforcer la négociation et la diplomatie avec ces pays, pas de maintenir enfermées ces personnes ad vitam aeternam. »
    Le texte s’attaque aussi plus particulièrement à la menace terroriste. Il porte la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » à la main du préfet, pour forcer certaines personnes à s’y soumettre.
    Elles devront avoir montré une adhésion à « des théories incitant ou faisant l’apologie d’actes de terrorisme », et avoir eu des « agissements susceptibles d’être (...) liés à des troubles mentaux ». Après cet examen, le préfet pourra prononcer une hospitalisation forcée.
    Cela permettra d’intervenir « avant le passage à l’acte », s’est félicité Eric Martineau (MoDem, centre). La députée écologiste Léa Balage El Mariky a, au contraire, dénoncé une « dérive majeure » transformant « les psychiatres en agents de sécurité intérieure » et « le soin en contrôle ».La proposition de loi prévoit également la création d’une « rétention de sûreté terroriste », permettant de placer sous certaines conditions des étrangers dans un centre de soins après une peine de prison, comme pour certains autres crimes.
    Des mesures « très concrètes » que Charles Rodwell espère voir adoptées définitivement avant la fin des travaux parlementaires cet été. Plus de 16 000 personnes ont été retenues dans des CRA en 2024, selon la Cimade. Ce nombre grimpe à 40 000 si l’on inclut les étrangers enfermés en CRA à Mayotte (22 300 en 2024) et dans les Outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane…).

    #Covid-19#migration#migrant#france#CRA#sante#droit#santementale#politiquemigratoire

  • Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71218/manche--les-traversees-irregulieres-continuent-malgre-le-nouvel-accord

    Manche : les traversées irrégulières continuent malgré le nouvel accord franco-britannique
    Par La rédaction Publié le : 05/05/2026
    Plus de 7 000 migrants ont atteint le sol britannique depuis le début de l’année. Dans le détail, 800 exilés ont traversé la Manche en trois jours, du 1er mai au 3 mai. Et ce, malgré un nouvel accord triennal franco-britannique visant à endiguer les traversées clandestines de la Manche, signé fin avril.Après une accalmie de plusieurs jours, 800 exilés ont été interceptés par les forces britanniques dans la Manche en trois jours, entre le 1er mai et le 3 mai. Au total, 7 200 migrants ont atteint le Royaume-Uni via "small boats" depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres du Home Office. Le chiffre est en deçà de celui de l’année dernière à la même période (11 500) mais suffira-t-il à apaiser les relations tumultueuses entre Paris et Londres ?Depuis plusieurs mois, Londres reproche à la France de ne pas faire assez pour endiguer les traversées illégales de la Manche. Les discussions entre les deux pays ont traîné en longueur pour renouveler l’accord de Sandhurst - un accord de coopération sur la sécurisation de leur frontière commune dans la Manche. Le 23 avril, finalement, un nouveau partenariat a été signé par Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur français, et son homologue britannique Shabana Mahmood.
    Un accord essentiel : sous pression du parti d’extrême droite Reform UK de Nigel Farage, le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a promis de "reprendre le contrôle des frontières" et met un point d’honneur à voir la situation sur le littoral français évoluer.
    Londres va verser jusqu’à 766 millions d’euros à la France sur trois ans (2026 -2029), mais pour la première fois, une somme “flexible” de 186 millions d’euros dépendra de l’efficacité des mesures côté français. Concrètement, Paris devra apporter des preuves quantitatives et qualitatives sur le nombre d’interventions effectuées, le nombre d’interpellations, le nombre de traversées empêchées..., pour débloquer la somme. Mais "il n’y aura pas de quotas qui conditionnent quelque financement que ce soit", a affirmé le ministre Laurent Nuñez.
    Londres désapprouve l’approche française d’intervenir uniquement sur les plages. Malgré de rares interceptions qui ont eu lieu, Paris demeure réticente à l’option "d’intervention en mer" pour intercepter les "small boats". Les autorités françaises s’appuient sur le droit international de la mer qui interdit les interventions policières dans l’eau - et n’autorise que les seules opérations de secours.Actuellement, 907 effectifs sont déployés, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre doit progresser de 53 % pour atteindre 1 392 agents sur la période 2026-2029, "incluant notamment la création d’une nouvelle unité spécialisée (SIPAF, pour Service interdépartemental de la police aux frontières) de 80 effectifs".
    Reste à savoir si ce déploiement de forces réglera le problème, car, depuis plusieurs semaines, une nouvelle route migratoire a vu le jour pour rejoindre le sol britannique. De plus en plus de départs en "small boats" se font désormais depuis les côtes belges. Le 18 avril, au moins 200 migrants répartis à bord de cinq embarcations ont été repérés par les gardes-côtes de Bruxelles. "C’est la première fois que nous en voyons un si grand nombre en même temps", avait déclaré le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé. Les départs se font depuis les villes côtières d’Oostduinkerke, De Panne, Koksijde et Nieuport, toute proches de la frontière française. L’an dernier, aucun canot n’avait été repéré dans le nord-ouest la Belgique

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  • Méditerranée : sept corps retrouvés au large d’Almería en Espagne - InfoMigrants
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    Méditerranée : sept corps retrouvés au large d’Almería en Espagne
    Par La rédaction Publié le : 04/05/2026
    Sept corps ont été retrouvés ces derniers jours en mer Méditerranée entre l’Espagne et l’Algérie, non loin d’Almería, selon la presse espagnole. Il y a deux semaines, cinq cadavres avaient déjà été récupérés dans l’eau à Carthagène, un peu plus au nord. Pour le moment, les causes de ces décès ne sont pas connues.
    La Garde civile espagnole a localisé et repêché sept corps dans les eaux méditerranéennes proches d’Almería, dans le sud du pays, indique la presse espagnole. Le dernier corps a été retrouvé samedi 2 mai dans les eaux proches de Cabo de Gata, près d’Almería, selon des sources consultées par l’agence de presse espagnole EFE.Dans le détail, la première dépouille a été localisée le 26 avril sur la plage de Roquetas de Mar, près d’Almería. Le lendemain, un navire marchand a découvert un second corps à environ 27 km au sud-est de Garrucha. Le 30 avril, deux autres corps ont été repêchés au large de Carboneras, tandis que les trois derniers cadavres ont été retrouvés entre le 1er et le 2 mai dans la zone maritime de Níjar.Presque tous portaient des gilets de sauvetage, selon les journaux locaux, ce qui accrédite la thèse de potentiels naufrages, bien qu’aucune embarcation n’ait été retrouvée et qu’aucun signalement n’ait été reçu.
    Le 21 avril, cinq autres corps avaient déjà été retrouvés par un bateau de croisière, le Sapphire Princess, au large de Murcie, région du sud-est de l’Espagne. Une enquête a été ouverte.La police cherche à savoir si ces cinq victimes se trouvaient à bord d’une embarcation de migrants retrouvée à la dérive le même jour. Ce canot avait été repéré par un navire militaire français à environ 40 km au large de Carthagène. Deux hommes et trois corps avaient été retrouvés à l’intérieur.D’après les deux survivants, le bateau avait quitté l’Algérie depuis Mostaganem, une ville à l’est d’Oran, avec 18 personnes à son bord. Il aurait dérivé pendant plusieurs jours. Depuis, 13 personnes sont donc portées disparues.
    Ce genre de découverte n’est pas rare sur cette route migratoire, aussi appelée la « route algérienne ». De nombreux migrants prennent la mer au départ des côtes algériennes pour tenter d’atteindre la péninsule espagnole ou les îles des Baléares.Le 24 avril, un naufrage au nord des côtes algériennes avait entraîné la noyade d’au moins douze hommes et cinq femmes de nationalité somalienne. Le 11 mars, 33 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale. Par ailleurs, les équipes d’intervention rapide de la Croix-Rouge à Almería ont porté secours à 21 personnes secourues à bord de différents canots pendant le week-end prolongé du 1er ma

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  • Croatie : quatre migrants retrouvés morts près de la frontière slovène - InfoMigrants
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    Croatie : quatre migrants retrouvés morts près de la frontière slovène
    Par La rédaction Publié le : 04/05/2026
    Quatre migrants ont été retrouvés morts en Croatie près de la frontière slovène et deux autres hommes ont été hospitalisés dans un état grave, a annoncé la police croate lundi, sans préciser leurs nationalités ou les circonstances de leur mort.Après avoir reçu un signalement dimanche 3 mai vers 22h30, la police croate a annoncé lundi avoir découvert quatre corps de migrants à Donje Prilišće, ville frontalière de la Slovénie.Treize autres exilés ont aussi été retrouvés au même moment près de la frontière entre la Croatie et la Slovénie, et ont été transférés au centre d’enregistrement des demandeurs d’asile de Dugi Dol, à une quarantaine de kilomètres. Deux personnes, dans un état grave, ont été transportées en urgence à l’hôpital.Selon les premiers éléments de l’enquête, menée sous la direction du procureur de l’État du comté, les migrants ont été conduits par un passeur près du village de Donje Prilišće à 70 km au sud-ouest de la capitale Zagreb. Le chauffeur du camion les auraient déposés dans la région frontalière avant de prendre la fuite.Ces personnes ont « été exposées à des conditions inhumaines pendant le transport », d’après les témoignages des rescapés, cités dans un communiqué des forces de l’ordre croates.
    La Croatie, membre de l’Union européenne (UE), est un important pays de transit pour les migrants en situation irrégulière qui cherchent à rallier l’Europe via la « route des Balkans ». Ils sont principalement originaires d’Afghanistan, du Pakistan, de Syrie ou d’Irak.Début avril, 30 personnes avaient été secourues dans un marécage entre la Croatie et la Bosnie. Fin février, un homme d’origine chinoise est mort dans le naufrage d’un bateau transportant des migrants, toujours entre la Croatie et la Bosnie.
    Plus de 12 500 personnes ont emprunté cette route en 2025, selon les données de l’agence européenne de gardes-frontières Frontex.Depuis 2014, plus de 400 personnes ont été signalées mortes ou portées disparues sur cette route, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les migrants empruntant cette route sont souvent soumis à des contrôles aux frontières stricts, obligeant beaucoup d’entre eux à effectuer des voyages irréguliers dangereux sur des terrains souvent périlleux afin d’échapper à la détection, selon l’OIM

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  • Au Royaume-Uni, des escrocs aident des migrants à mentir sur leur orientation sexuelle - InfoMigrants
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    Au Royaume-Uni, des escrocs aident des migrants à mentir sur leur orientation sexuelle
    Par Ana P. Santos Publié le : 24/04/2026
    Une enquête de la BBC a découvert un réseau composé de cabinets d’avocats et de faux conseillers en immigration qui fabriquent des fausses preuves pour aider des demandeurs d’asile à prétendre qu’ils sont persécutés sur la base de leur homosexualité. Les ONG rappellent que ces abus minoritaires "ne reflète pas la réalité" du parcours d’asile "hostile et complexe" des personnes LGBTQ+.D’après un reportage de la BBC tourné en caméra cachée, un réseau clandestin composé d’avocats et de soi-disant conseillers en immigration facture des sommes exorbitantes pour aider des personnes à effectuer de fausses déclarations sur leur homosexualité dans le but d’obtenir l’asile au Royaume-Uni.Ces faux cabinets promeuvent leurs services en ligne et demandent près de 1 700 euros pour la rédaction du dossier et 2 300 à 3 400 euros supplémentaires pour fabriquer des preuves. Selon l’enquête, un cabinet d’avocats a ainsi exigé quelque 8 000 euros pour déposer une demande d’asile fabriquée de toutes pièces qui avait "très peu" de chances d’être rejetée par le ministère de l’Intérieur.
    Des personnes dont le visa était sur le point d’expirer ont ainsi tenté de faire croire aux autorités qu’elles risquent d’être persécutées dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle. Les concernés reçoivent notamment des instructions sur la manière d’obtenir de fausses preuves, notamment des lettres de soutien, des photos et des rapports médicaux.Un journaliste de la BBC s’est ainsi infiltré dans une réunion destinée à la communauté migrante LGBTQ+ et a constaté que bon nombre des participants reconnaissaient ne pas être homosexuels.
    Lors d’échanges téléphoniques avec de prétendus conseillers en immigration ou assistants juridiques, le journaliste a expliqué ne pas être gay. On lui a répondu que "personne n’est sincère. Il n’y a qu’une seule option pour vivre ici aujourd’hui, et c’est précisément la méthode que tout le monde adopte".La BBC note que le phénomène concernerait surtout des migrants dont le visa étudiant, de travail ou touristique a expiré."Quiconque abuse des protections accordées aux personnes fuyant la persécution en raison de leur genre ou de leur orientation sexuelle est plus que méprisable", a tweeté le 15 avril la ministre britannique de l’Intérieur, Shabanna Mahmood, en réaction au reportage de la BBC."Les faux avocats qui facilitent ces abus seront poursuivis avec toute la rigueur de la loi. Une fois derrière les barreaux, leur argent sale sera saisi et réinvesti pour mettre fin au crime qu’ils ont autrefois financé", a poursuivi Shabanna Mahmood.
    La Fondation Peter Tatchell, une organisation caritative londonienne qui défend les droits des personnes LGBTQ+, rappelle dans un communiqué que l"’année dernière, nous avons dénoncé la situation après avoir été submergés par une vague de demandeurs d’asile que nous estimions être des imposteurs.""Les fausses demandes et l’exploitation des personnes LGBTQ+ par des gangs criminels organisés sapent la confiance du public dans le système d’asile. Cela nuit à ceux qui ont une demande légitime de statut de réfugié", poursuit le communiqué.D’autres ONG critiquent l’effet produit par le reportage de la BBC. Microrainbow, une organisation travaillant avec des demandeurs d’asile LGBTQ+ au Royaume-Uni explique sur sa page Instagram que "l’idée selon laquelle un grand nombre de personnes demanderaient l’asile à tort en invoquant leur orientation sexuelle ou leur identité de genre est profondément trompeuse et risque de nuire à ceux qui fuient véritablement la persécution".Les statistiques publiées par le ministère britannique de l’Intérieur indiquent qu’en 2022, 2 % des demandes d’asile au Royaume-Uni, soit 1 334 dossiers, invoquaient l’orientation sexuelle comme l’une des raisons de la demande de protection.Sur un peu plus d’un millier de décisions initiales rendues en 2022. 73 % des demandeurs se sont vus accorder l’asile ou une autre forme d’autorisation de séjour.Cela correspond à un taux de protection trois fois supérieur à celui de 2017, lorsque seules 22 % des demandes émanant de personnes LGBTQ+ avaient été acceptées.
    Les ressortissants pakistanais ont représenté le plus grand nombre de ces demandes d’asile au cours des six dernières années. En 2022, les Pakistanais représentaient ainsi 21 % de l’ensemble des demandes d’asile fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Dans le même temps, par rapport à l’ensemble des demandes d’asile, les ressortissants pakistanais ne représentaient que 3 % de l’ensemble des demandes de protection.
    Une cartographie mondiale réalisée par Human Rights Watch montre qu’au moins 67 pays disposent de lois criminalisant les relations homosexuelles, avec des peines allant de l’amende à la prison à perpétuité, voire à la peine de mort.En outre, au moins neuf pays ont adopté des lois qui criminalisent certaines formes d’expression de genre visant notamment les personnes transgenres. Dans certains pays, les forces de l’ordre poursuivent et traduisent en justice de manière agressive les personnes soupçonnées d’être lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres. Dans d’autres, les lois sont rarement appliquées mais ont néanmoins de graves conséquences pour les personnes LGBTQ+, "servant à justifier un traitement discriminatoire et entravant l’accès de ces personnes à l’emploi, aux services de santé et à la protection policière", explique Human Rights Watch.
    "Tout conseil visant à abuser du système d’asile doit être condamné, mais ce type de comportement, adopté par une poignée d’acteurs de mauvaise foi, ne reflète pas la réalité des personnes LGBTQ+ qui demandent l’asile", observe Carla Manso Garcia, responsable de la communication chez Rainbow Migration, une organisation basée au
    Parmi les cas traités par Rainbow Migration figure celui d’un homme gay originaire du Pakistan dont la famille a découvert qu’il vivait avec son petit ami au Royaume-Uni. "Ils ont commencé à les menacer tous les deux, en leur disant que s’ils revenaient, ils ne les épargnaient pas, qu’ils les tueraient pour en faire un exemple, car ils auraient jeté le discrédit sur la famille, le pays et la religion.”Il y a aussi le cas d’un homme gay originaire d’Inde, qui avait tenté d’obtenir un soutien psychologique dans son pays. "Il a été confronté à beaucoup de stigmatisation et à des commentaires selon lesquels il était possédé par un fantôme simplement parce qu’il était gay", a expliqué Carla Manso Garcia à InfoMigrants.Selon l’organisation Human Dignity Trust, le Code pénal pakistanais de 1860, adopté sous la domination coloniale britannique, érige en infraction pénale les relations sexuelles entre personnes du même sexe et peuvent être punies de la prison à perpétuité. Seuls les hommes seraient visés par cette loi. "Des cas de discrimination et de violence à l’encontre des personnes LGBTQ+ ont été régulièrement signalés ces dernières années, notamment des meurtres, des viols, des agressions et le refus de droits et d’accès à des services fondamentaux. Les femmes transgenres sont particulièrement exposées à la violence et aux abus, malgré une amélioration du cadre législatif en faveur des personnes transgenres", indique Human Dignity Trust.En Inde, parmi les décisions juridiques et politiques en faveur des droits des personnes LGBTQ+, on peut citer une décision de justice de 2014 qui a confirmé le droit de chacun à définir son propre genre. De plus, elle a légalement reconnu les hijras et les kinnar (personnes transgenres) comme un "troisième genre".
    Par la suite, en 2018, certaines dispositions du Code pénal indien qui criminalisaient les relations sexuelles consenties entre hommes en privé ont été jugées inconstitutionnelles par la Cour suprême. Plus récemment, en 2021, un arrêt historique rendu par la Haute Cour de Madras a ordonné à l’État de fournir des services sociaux complets aux communautés LGBTQ+.Cependant, les Nations unies rappellent qu’il perdure un "manque persistant de compréhension et d’intolérance envers la communauté LGBTQ+, que ce soit dans les grandes villes ou dans les zones rurales"."Le système d’asile est hostile et complexe, et particulièrement difficile pour les personnes LGBTQ+, car elles sont tenues de ’prouver’ leur orientation sexuelle ou leur identité de genre à de parfaits inconnus. Beaucoup ont passé une grande partie de leur vie à cacher ou à nier qui elles sont pour éviter la violence", rappelle Carla Manso Garcia, de Rainbow Migration

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  • La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité - InfoMigrants
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    La Suède décide de durcir ses règles d’obtention de la nationalité
    Par RFI Publié le : 04/05/2026
    À Stockholm, le Parlement a adopté mercredi 29 avril de nouvelles règles qui durcissent les critères en vue d’obtenir la nationalité suédoise. La nouvelle législation entrera en vigueur le 6 juin prochain et s’appliquera de façon rétroactive aux personnes qui ont déjà déposé un dossier conforme, une première en Europe. Plus de 100 000 individus en attente d’un passeport sont concernés.
    Obtenir la nationalité suédoise sera bientôt plus compliqué. À compter du 6 juin prochain, de nouvelles règles - plus strictes - entreront en vigueur dans le pays pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans cette démarche. Ainsi, il faudra désormais pouvoir justifier non plus de cinq mais de huit ans de résidence dans le pays. Les candidats devront par ailleurs bénéficier d’un revenu d’au moins 2 000 euros par mois, passer de nouveaux tests de langue et « mener une vie honnête », un critère jugé flou et controversé.
    Si elle s’appliquera à tout nouveau dossier, cette législation concernera aussi toutes les personnes dont la demande est déjà en cours de traitement, à leur grand désarroi. Tel est par exemple le cas de James, un Britannique de 46 ans installé en Suède qui attend de recevoir son nouveau passeport depuis trois ans.
    Exprimant sa frustration face à cette nouvelle législation, cet homme qui confie avoir « vraiment travaillé dur » pour construire sa vie en Suède, en apprendre la langue, fonder une famille et s’intégrer dans le pays, dit se sentir « déshumanisé » et « rabaissé », ajoutant que cette incertitude n’est pas sans répercussions sur sa santé. James s’inquiète notamment de ne pas pouvoir atteindre le niveau de revenu requis. Amer, il estime également que la Suède est en train de mettre en place un environnement de plus en plus dissuasif, avec des procédures rallongées et des dossiers qui n’aboutissent pas, dans le but de décourager les demandes de visa ou de nationalité.
    Évoquant une situation « kafkaïenne » et expliquant être venu en Suède pour échapper aux discours de haine et de division, celui-ci dit avoir aujourd’hui « l’impression d’assister à un accident au ralenti » et voir le pays reproduire les mêmes erreurs que d’autres avant lui. Malgré tout, James affirme ne pas vouloir abandonner sa démarche et se dit prêt à attendre autant que nécessaire

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  • Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche - InfoMigrants
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    Deux femmes migrantes meurent pendant une traversée de la Manche
    Par La rédaction Publié le : 04/05/2026
    Deux femmes sont mortes dimanche au large du Pas-de-Calais après le naufrage d’une embarcation transportant environ 80 migrants vers le Royaume-Uni. Les deux victimes sont mortes étouffées lors d’un mouvement de foule sur le canot, a précisé la préfecture du Pas-de-Calais. Le bilan monte à huit morts depuis le début de l’année dans la Manche. Deux femmes sont décédées dimanche 3 mai dans une embarcation de fortune surchargée qui s’est échouée sur une plage du Pas-de-Calais.
    Les victimes se trouvaient dans une embarcation de type « small boat » transportant « environ 82 personnes », seraient âgées d’une vingtaine d’année et d’origine soudanaise, mais l’enquête doit permettre « de déterminer » leur nationalité, a déclaré le secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, Christophe Marx, lors d’un point-presse à Coquelles (Pas-de-Calais). Le canot avait pris la mer dans la nuit de samedi à dimanche vers 1h30 du matin depuis le sud de la commune de Neufchâtel-Hardelot, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais dans un communiqué. « Le moteur n’a pas démarré » et le bateau a commencé à dériver, selon Christophe Marx. « Dix-sept personnes ont été prises en charge » au large par la gendarmerie maritime et « amenées au port de Boulogne-sur-Mer ». Il restait 65 exilés à bord quand le bateau de fortune s’est échoué sur la plage.
    Les victimes ne sont pas mortes « noyées »
    Les deux victimes, retrouvées « décédées dans le bateau », « ne sont pas mortes noyées », mais vraisemblablement « étouffées, comme ça arrive malheureusement souvent sur des embarcations qui ne sont pas adaptées » et surchargées, a-t-il précisé. De nombreuses personnes sont malheureusement écrasées dans des bousculades ou de mouvements de panique sur des embarcations de fortune.
    Quatorze personnes sont en urgence relative, dont cinq évacuées vers des centres hospitaliers et trois autres en urgence absolue, présentant notamment des brûlures « dues à un mélange de carburant et d’eau de mer », a encore détaillé la préfecture du Pas-de-Calais. L’ensemble des personnes « sont prises en charge » et « vont être auditionnées par la police aux frontières pour déterminer quels sont les responsables de ce passage », a indiqué le secrétaire général de la préfecture.
    Le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé à l’AFP l’ouverture d’une enquête pour aide au séjour et à la circulation d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs, homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence, blessures involontaires aggravées ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) inférieure ou égale à trois mois et mise en danger d’autrui. Pour la préfecture, les réseaux de passeurs sont pleinement responsables de ces morts. « Guidés par des logiques criminelles et un mépris total de la vie humaine, [ils] continuent de mettre en danger des personnes vulnérables en organisant des traversées sur des embarcations de fortune ». Il s’agit du troisième drame de ce type en un peu plus d’un mois à la frontière franco-britannique. Le 1er avril, deux migrants sont décédés au large de Gravelines (Nord) en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. Le 9 avril, quatre autre personnes, deux hommes et deux femmes, sont mortes dans le secteur d’Equihen-Plage (Pas-de-Calais), emportées par les courants. « On n’en voit pas le bout de cette histoire. Personne n’a les vraies solutions et c’est dramatique », a déclaré à l’AFP la maire de Neufchâtel-Hardelot, Paulette Juilien-Peuvion.
    Sur son compte X, l’association Utopia 56 a dénoncé les « politiques répressives à la frontière franco-britannique » qui « tuent », pointant du doigt la responsabilité politique des gouvernements français et britannique dans ces drames. « Multiplier les dispositifs répressifs n’empêche pas les traversées : cela les rend plus dangereuses, plus violentes, plus mortelles. Ces vies perdues sont le résultat de choix politiques », a-t-elle développé. Après plusieurs mois de négociations difficiles, un nouvel accord franco-britannique d’une durée de trois ans, destiné à freiner les traversées clandestines de la Manche, a été signé le 23 avril, avec une augmentation de la contribution financière du Royaume-Uni. Il s’agit de la deuxième reconduction du traité de Sandhurst, conclu en 2018. Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41 472 personnes ont rejoint clandestinement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Paris souligne toutefois que depuis le début d’année, les arrivées au Royaume-Uni ont diminué de moitié comparé à la même période de l’année dernière. En 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer dans la région, selon un comptage AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques. Et depuis le 1er janvier 2026, on compte déjà huit morts dans la Manche

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  • Italie : plus de 800 mineurs non accompagnés ont été placés en centres pour adultes depuis fin 2023 - InfoMigrants
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    Italie : plus de 800 mineurs non accompagnés ont été placés en centres pour adultes depuis fin 2023
    Par Romain Philips Publié le : 01/05/2026
    Selon un rapport publié par l’ONG ActionAid, au moins 823 mineurs non accompagnés (MNA) ont été placés dans des centres pour adultes ces dernières années en Italie. Depuis 2023, un décret-loi autorise ces placements comme solutions provisoires et temporaires. Mais selon le rapport, dans certains centres pour adultes, la présence de MNA est structurelle. Dans son rapport publié mardi 28 avril, l’ONG ActionAid est formelle : en Italie, « le placement de mineurs non accompagnés (MNA) dans des centres pour adultes n’est pas exceptionnel ». Réagissant aux déclarations du ministère de l’Intérieur évoquant les « présences exceptionnelles de mineurs dans les centres pour adultes », les auteurs du rapport ont contacté les 29 préfectures d’Italie dans le cadre d’une mission d’information.
    Ainsi, pour la première fois depuis l’adoption du « décret Cutro » en septembre 2023 - qui introduit la possibilité de placer temporairement les mineurs de plus de 16 ans dans des centres pour adultes -, ActionAid a pu recenser le phénomène. Selon l’ONG, 823 mineurs non accompagnés ont transité dans un centre pour adultes entre la promulgation du décret et novembre 2025.
    Une politique « qui compromet l’intérêt supérieur de l’enfant »
    L’organisation dénonce une politique « qui compromet l’intérêt supérieur de l’enfant » mais qui « contredit également la loi ». Selon le décret de 2023, le placement d’un MNA en centre pour adultes ne peut dépasser une durée maximale de trois mois, prorogeable de 60 jours supplémentaires. Or, selon le rapport, au moins seize préfectures enregistrent des séjours de plus de trois mois, et treize d’entre elles, des séjours de plus de cinq mois. Les cas les plus critiques concernent Turin, Cuneo, Imperia, Sondrio, Lecco, Mantoue, Biella, Brescia, Côme et Forlì-Cesena. Dans certaines villes, les durées maximales observées atteignent 1 413 jours à Turin, 927 à Brescia, 883 à Imperia, 866 à Cuneo, 773 à Lecco et 739 à Mantoue.
    D’autre part, la loi indique que les mineurs peuvent être placés en centre pour adultes uniquement en cas « d’indisponibilité temporaire des structures d’hébergement ». Là encore, les auteurs dénoncent des procédures en dehors des règles et dénoncent « des placements qui se poursuivent même lorsqu’il reste des places disponibles dans les circuits dédiés ». Selon les données recueillies auprès des préfectures, dans la grande majorité des régions, des mineurs ont été placés en centres pour adultes alors que des places étaient disponibles au niveau communal, provincial ou régional. À Turin, Cuneo, Imperia et Novara, des mineurs non accompagnés ont même été placés en centre pour adultes avant même l’adoption du décret légalisant cette procédure. C’est le cas de 138 enfants, selon l’ONG. « Le décret n’a pas ’créé’ le phénomène qu’il prétend encadrer ; il a simplement fourni un cadre juridique à une pratique illégitime, exceptionnelle mais bien ancrée, afin de garantir que les préfectures agissent dans le respect de la loi », tancent les auteurs du rapport.
    Début avril, l’Italie a d’ailleurs été condamnée à verser 10 000 euros à un exilé par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) dans une telle affaire. En juin 2023, soit plusieurs mois avant l’adoption de la loi, un jeune burkinabé a été placé dans un centre pour adultes de Crotone. Il y est resté cinq mois, jusqu’à ce que la CEDH ordonne au gouvernement italien de le transférer dans un établissement adapté aux MNA. Selon le jeune homme qui a été entendu devant la Cour, au moment de son séjour au centre Sant’Anna, dont la capacité est de 641 personnes, environ 830 migrants – dont 200 mineurs – étaient accueillis. « Le requérant a fait valoir que le centre Sant’Anna était à la fois un centre d’accueil et un centre pour demandeurs d’asile, destiné à accueillir uniquement des adultes. Or, des mineurs non accompagnés y étaient détenus dans des conditions de surpopulation, d’absence de séparation d’avec les adultes et de contact avec eux, d’insuffisance d’installations adéquates et de conditions matérielles et d’hygiène déplorables », a ajouté la CEDH. De plus, aucun service ou équipement spécifique adapté aux besoins des mineurs non accompagnés n’était proposé au sein du centre. « Le Garant national des droits des personnes privées de liberté personnelle a en effet constaté l’absence de services d’accompagnement éducatif, récréatif ou psychosocial dédiés aux mineurs », note la Cour qui conclut que le jeune burkinabé « a été soumis à un traitement inhumain et dégradant pendant son séjour au centre Sant’Anna, en violation de l’article 3 de la Convention (européenne des droits de l’Homme) ». Selon le gouvernement italien, fin 2024, 18 625 MNA étaient présents en Italie. Un chiffre descendu à 17 011 fin 2025. Et parmi eux, les plus de 16 ans représentent plus des trois quarts des mineurs en Italie. « La tranche d’âge potentiellement concernée par le décret-loi constitue donc la composante numériquement dominante du système », s’inquiète ActionAid. Interrogé, le gouvernement italien n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

    #Covid-19#migrant#migration#italie#CEDH#mineur#droit#sante#protection#MNA

  • Enfants en exil : près d’un demandeur d’asile sur quatre en Europe est mineur - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71181/enfants-en-exil--pres-dun-demandeur-dasile-sur-quatre-en-europe-est-mi

    Enfants en exil : près d’un demandeur d’asile sur quatre en Europe est mineur
    Par Maïa Courtois Publié le : 01/05/2026
    Plus de 150 000 premières demandes d’asile enregistrées dans des pays de l’UE concernaient des mineurs, soit près de 24% du total des dossiers. En Autriche, les moins de 18 ans représentent même plus d’un primo-demandeur sur deux. En 2025, 158 400 primo-demandeurs d’asile enregistrés dans les pays de l’UE étaient mineurs (personnes de moins de 18 ans). Cela représente 23,7% du nombre total de premières demandes d’asile, soit près d’un demandeur d’asile sur quatre, d’après les données publiées par Eurostat le 29 avril. Leur nombre est en baisse depuis trois ans. Après 254 000 demandes en 2023 - ce qui constituait alors un record depuis le pic d’arrivées 2015-2016 -, les demandes ont diminué à 224 000 en 2024, puis ont donc baissé encore plus fortement l’an dernier.
    Les filles représentent 45% de ces enfants, une proportion non négligeable qui reste à peu près stable depuis plusieurs années : entre 2015 et 2025, la moyenne est en effet de 42%. L’Autriche arrive en tête des destinations clés pour ces mineurs. La part des moins de 18 ans dans les premières demandes d’asile atteint, dans ce pays, plus d’un dossier sur deux : 57,3%. Ils représentent ensuite près de 45% des dossiers en Allemagne et 30% en Finlande. Les dossiers examinés en 2025 de mineurs arrivés au courant de l’année ou dans les années précédentes ont abouti à près de 113 000 protections en première instance, contre 20 000 rejets. Un peu plus de 6 000 enfants ont obtenu protection après un recours. In fine, « le pourcentage de décisions positives a été plus élevé pour les mineurs que pour les adultes sur la période 2014-2025 », souligne Eurostat.
    En 2025, Eurostat comptabilise près de 21 000 demandes d’asile déposées par des mineurs non accompagnés (MNA). La tendance est, là aussi, à la baisse : en 2022, Eurostat enregistrait près de 40 000 mineurs non accompagnés ayant déposé une demande de protection internationale dans les différents États membres de l’Union européenne (UE). La proportion de MNA parmi les moins de 18 ans déposant une première demande d’asile atteint 13,3%, détaille Eurostat. Cette population particulièrement vulnérable, car isolée, correspond à près de 4% du nombre total de primo-demandeurs d’asile. La part de ces mineurs non accompagnés dans le nombre total de dossiers déposés pour la première fois par des jeunes âgés de moins de 18 ans est la plus élevée en Slovénie, à hauteur de 78%, puis en Lettonie (73%). Ils représentent ensuite près d’un mineur demandeur d’asile sur deux en Bulgarie, aux Pays-Bas et en Lituanie.
    Les trois nationalités les plus représentées parmi les mineurs demandeurs d’asile sont les Afghans (16,9%), les Syriens (13%) et les Vénézueliens (10,7%). De la même façon, les Afghans sont la nationalité la plus représentée parmi les mineurs non accompagnés. Ils représentent 12% de ceux qui déposent une demande d’asile, suivis de près par les MNA érythréens et syriens.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#autriche#allemagne#finlande#MNA#mineur#droit#sante#UE#protection

  • Dans l’est de la Libye, 17 corps et 7 survivants retrouvés par le Croissant rouge dans une embarcation - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/71163/dans-lest-de-la-libye-17-corps-et-7-survivants-retrouves-par-le-croiss

    Dans l’est de la Libye, 17 corps et 7 survivants retrouvés par le Croissant rouge dans une embarcation
    Par La rédaction Publié le : 30/04/2026
    Le Croissant rouge libyen a annoncé mercredi que 17 corps de migrants avaient été retrouvés dans une embarcation en détresse au large de l’est de la Libye, au terme de huit jours de recherche. Sept survivants ont par ailleurs pu être secourus. C’est un nouveau drame au large des côtes de l’est de la Libye. Mercredi 29 avril, le Croissant rouge libyen a indiqué avoir retrouvé les corps de 17 personnes dans une embarcation en détresse. L’organisation humanitaire a précisé dans un communiqué que cette macabre découverte avait eu lieu au terme de huit jours de recherche. Par ailleurs, sept survivants ont également pu être secourus. Le Croissant rouge n’a pas donné de détails sur l’identité ou la nationalité de ces personnes mais a dit avoir fourni une assistance humanitaire aux rescapés « dans le cadre du projet de partenariat avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés », laissant entendre qu’il s’agissait de migrants. « Par la suite, les équipes de secours et de transfert des dépouilles du Croissant-Rouge de Tobrouk, accompagnées des forces navales, des gardes-côtes et de la sécurité côtière relevant du commandement général, se sont mobilisées pour soutenir le bateau en pleine mer, dans une opération qui a duré plus de huit heures de travail continu dans des conditions difficiles », a-t-il ajouté.
    Cette opération fait suite à plusieurs autres similaires ces derniers jours. Lundi 27 avril, le procureur général de Libye a annoncé que 38 personnes avaient perdu la vie dans le naufrage d’une embarcation partie de la ville de Tobrouk, dans l’est de la Libye. Les victimes étaient de nationalités égyptienne, éthiopienne et soudanaise.
    Selon le Croissant rouge libyen de Tobrouk, interrogé par InfoMigrants, le naufrage évoqué est celui de l’embarcation partie de Libye le 15 avril dernier avec 42 personnes à son bord. Depuis le 18 avril, le Croissant rouge a retrouvé 16 corps de migrants près de Tobrouk et quatre survivants en mer. En début de semaine, l’organisation estimait encore à 32 le nombre de disparus. L’annonce du procureur permet de déterminer que ces personnes sont, elles aussi, mortes dans le naufrage. Selon le communiqué du procureur, de vastes investigations ont été lancées dans la région de Tobrouk pour identifier les membres du réseau à l’origine de cette tentative de traversée de la Méditerranée sur un bateau vétuste et inadapté à une telle navigation. « Les autorités ont également saisi 300 000 dinars libyens qui seraient le produit de ces activités criminelles, et ont mis au jour des flux financiers illicites transitant par des structures financières non agréées », a rapporté, de son côté, le média en ligne Middle East Monitor.
    Depuis 2011 et la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye est devenue un pays de transit pour des milliers de migrants subsahariens qui cherchent à fuir la violence et la pauvreté dans leur pays, et à trouver une vie meilleure en Europe. Aujourd’hui, plusieurs routes migratoires partent de Libye vers l’Europe. À l’ouest, depuis la région de Tripoli, les embarcations tentent de rejoindre l’île italienne de Lampedusa. Tandis qu’à l’est, depuis la région de Tobrouk, les migrants cherchent à atteindre les îles du sud de la Grèce : Gavdos ou la Crète. En 2025, trois fois plus de migrants sont arrivés en Crète par cette route qu’en 2024.
    Le sort des migrants qui survivent à la traversée mais ne parviennent pas à atteindre leur but est dramatique. Depuis le début de l’année 2026, plus de 4 200 personnes ont été interceptées en mer et ramenées de force en Libye, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, plus de 26 000 migrants avaient été arrêtés en Méditerranée centrale par les forces libyennes et renvoyés dans le pays, selon les chiffres de l’OIM. Un nombre en constante augmentation : ils étaient plus de 21 000 en 2024, et 17 000 en 2023.
    Pour les personnes ramenées dans le pays, le calvaire se poursuit car, en Libye, les migrants sont détenus de façon arbitraire dans des prisons, parfois clandestines, où ils sont soumis à toutes sortes de violences : coups et brimades, travail forcé, exploitation sexuelle...
    Dans un récent rapport, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a souligné que les migrants, dont des mineurs, continuaient d’être victimes de « violations systématiques et généralisées des droits humains » en Libye.

    #Covid-19#migration#migrant#libye#mediterranee#tobrouk#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere

  • Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse - InfoMigrants
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    Regroupement familial : cinquante ans après sa création, un titre de séjour en forte baisse
    Par Maïa Courtois Publié le : 29/04/2026
    Le regroupement familial ne concerne plus qu’une très faible partie des premiers titres de séjour délivrés chaque année pour motif familial : 5 %. Une étude inédite de l’Institut national d’études démographiques décrit une baisse depuis cinquante ans, qui s’explique par les restrictions d’accès mais aussi par l’évolution des profils des demandeurs, plus jeunes et plus éduqués, qui fondent en majorité leur famille après l’arrivée en France. Le regroupement familial ne représente plus que 5 % des premiers titres de séjour délivrés chaque année en France pour motif familial. En moyenne, 11 000 titres pour regroupement familial sont délivrés par an entre 2020 et 2023, révèle une note de l’Institut national d’études démographiques (INED) parue mercredi 29 avril. En 2023, l’année la plus récente comptabilisée : 12 885 titres pour regroupement familial ont été délivrés, sur les plus de 80 000 accordés pour motif familial (5 %, donc). Ce type d’admission au séjour « ne cesse de décroître », expose l’étude. En 2000, on comptait encore 11 % de regroupement familial parmi les premiers titres de séjour délivrés pour motif familial. Pour rappel, les autres situations ouvrant droit à un titre de séjour « vie privée et familiale » consacrées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent être : être marié-e à un-e conjoint-e français-e, être parent d’un enfant né sur le territoire français, être l’enfant étranger d’un parent français, etc.
    Si la moyenne s’établit à 11 000 titres délivrés en moyenne entre 2000 et 2023, elle était bien plus élevée vingt ans en arrière. On comptait 20 000 à 32 000 titres pour regroupement familial délivrés chaque année, entre la fin des années 1980 et le début des années 90. Deux à trois fois plus qu’actuellement. Les personnes qui sollicitent aujourd’hui le regroupement familial sont principalement originaires du Maghreb (51 %) et d’Afrique subsaharienne (28 %), note l’INED - une tendance qui bouge peu, bien que les nationalités se diversifient et qu’on ne compte pas moins de 115 nationalités l’ayant sollicité en 2023. Le regroupement familial a été mis en place il y a cinquante ans. Le décret du 29 avril 1976 intervient deux ans après la suspension de l’immigration de travail, rappelle l’INED : il s’agissait d’une mesure politique pensée, à l’époque, pour améliorer l’intégration des travailleurs déjà en France.
    Son périmètre concerne les ressortissants de pays tiers (hors UE) bénéficiant d’un titre de séjour, hors asile. D’autres conditions sont posées, comme la stabilité des revenus (au minimum le SMIC, prestations familiales exclues) ou encore la conformité du logement pour accueillir la famille (un critère de superficie a été introduit en 1999). En 2023, 81 % des demandeurs sont des hommes. Les bénéficiaires sont en majorité des femmes, suivies des enfants. Le regroupement familial est ainsi « la voie d’admission au séjour la plus féminisée de tous les titres familiaux », décrit l’étude. Il est plus rare de voir, à l’inverse, des femmes y recourir pour faire venir leur mari et enfant-s ; et quasi exceptionnel que cela concerne des couples homosexuels : moins de 1 % des demandes, bien que la possibilité soit ouverte depuis 2013 avec la légalisation du mariage homosexuel en France. Même si le taux d’acceptation est encore fort, avec 82% des demandes de titres pour regroupement familial validées, « les politiques migratoires ont durci les conditions économiques et résidentielles du regroupement familial », cite l’étude comme premier facteur explicatif de la forte baisse depuis vingt ans. Entre autres : la durée de résidence régulière requise pour solliciter la venue en France de sa famille s’est allongée. Auparavant, le bénéficiaire recevait un titre de séjour de même durée que le demandeur ; depuis 2003, le titre est limité à un an, renouvelable. Depuis 2006 enfin, le titre peut être retiré en cas de séparation des conjoints ou de rupture familiale, dans les trois années suivant le regroupement.
    En outre, les délais de traitement s’allongent. En 2023, la durée moyenne entre l’enregistrement d’une demande et la décision administrative était de dix mois. C’est plus que le délai légal normalement imposé aux préfectures, qui est de six mois. En Île-de-France, le délai moyen dépasse même les douze mois, constate l’INED, alors même que le nombre de dossiers à traiter stagne, voire baisse, ces dernières années dans la région francilienne.
    Des demandeurs « plus jeunes, plus éduqués » qui se marient et fondent une famille après leur arrivée en France
    Second facteur explicatif : « le modèle familial sur lequel il repose est peu ajusté au profil des nouveaux migrants », estime l’INED. Initialement, le regroupement familial a été pensé pour un profil type : un travailleur ayant déjà une famille dans son pays d’origine, et qui souhaite la faire venir après son arrivée en France. Or, en 2023, 60 % des demandeurs du regroupement familial sont des immigrés entrés en France à l’âge adulte sans être ni mariés ni parents, éclaire l’INED. « Cette tendance correspond aux transformations globales des profils des nouveaux migrants qui sont plus souvent célibataires et sans enfant à leur arrivée, entrés en France avec des titres étudiants », insiste l’étude. Ces profils sont « plus jeunes, plus éduqués ».
    Le regroupement familial est ainsi « surtout sollicité par des hommes originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne, ayant formé une famille à l’étranger après leur arrivée en France ». Certains se marient à distance depuis la France, avant d’entamer la procédure de regroupement. D’autres construisent toute leur vie de couple et familiale sur place. Quoi qu’il en soit, « ces transformations font du regroupement familial un dispositif moins adapté aux réalités migratoires et familiales contemporaines qu’il ne l’était à sa création », explique l’étude. Face à ces restrictions et inadéquations, « il est possible que les familles aient renoncé à déposer une demande et se soient reportées vers d’autres motifs d’admission au séjour, familiaux ou non », explique l’étude. Au global, « les titres délivrés à des membres de famille d’étrangers hors regroupement familial ont augmenté entre 2000 et 2023 ». Quelles sont ces autres voies ? Par exemple, le « passeport talent » en 2016 a facilité la venue de familles de travailleurs très qualifiés. Pour les plus précaires déjà arrivés en France mais sans-papiers, les circulaires « Sarkozy » du 13 juin 2006 et « Valls » du 28 novembre 2012 ont créé un cadre pour la régularisation y compris de parents d’un enfant scolarisé en France ou de conjoints d’un étranger régulier. En outre, les autres types de régularisations, comme « les titres étudiants ou les motifs économiques et humanitaires » sont en hausse, rappelle l’INED.

    #Covid-19#migration#migrant#france#politiquemigratoire#regroupementfamilial#immigration#sante#droit

  • 17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne - InfoMigrants
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    17 exilés somaliens se noient entre l’Algérie et l’Espagne
    Par La rédaction Publié le : 24/04/2026
    Un naufrage au nord des côtes algériennes a entraîné la noyade d’au moins douze hommes et cinq femmes de nationalité somalienne, a déclaré jeudi l’ambassadeur somalien en Algérie. Le groupe, dont les familles ont alerté sur la disparition, cherchait à rejoindre l’Espagne.
    Un bateau a chaviré dans les eaux situées entre l’Algérie et l’Espagne causant la mort d’au moins 17 migrants somaliens, a déclaré jeudi 23 avril l’ambassadeur de Somalie en Algérie, rapporte l’agence de presse Associated Press.
    Parmi les victimes figurent douze hommes et cinq femmes. « J’ai été contacté par des parents qui cherchaient leurs enfants et voulaient savoir où ils se trouvaient », a rapporté l’ambassadeur Yusuf Ahmed Hassan aux médias somaliens.Suite à ces alertes, l’ambassadeur a contacté le ministère algérien des Affaires étrangères. Celui-ci l’a informé qu’un groupe d’exilés africains était décédé dans un naufrage au large de Bou Ismaïl, une province côtière du nord de l’Algérie. Le groupe cherchait, par cette traversée maritime périlleuse, à rejoindre les côtes espagnoles, porte d’entrée en Europe.
    L’ambassadeur somalien a indiqué s’être alors rendu dans cette ville située à environ 100 kilomètres à l’ouest d’Alger (proche de Tipaza, voire carte ci-dessus) tôt jeudi matin, vers 6 heures. « J’ai visité deux hôpitaux de la province et j’ai vu les corps », a-t-il confirmé.
    Déjà, le 11 mars, 33 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale.
    En 2025, 3 090 personnes ont perdu la vie sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon l’ONG Caminando Fronteras. Soit huit personnes par jour. Parmi les victimes recensées figuraient 437 enfants, 192 femmes et 2 461 hommes. Ces chiffres se basent sur les témoignages recoupés des familles et des survivants, en plus des données officielles. Ils englobent aussi les disparitions : pas moins de 70 bateaux ont disparu des radars avec l’ensemble de leurs passagers, qui n’ont plus jamais donné de nouvelles à leurs proches.
    La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, s’est considérablement développée ces derniers mois. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol, 1 900 migrants ont atteint l’archipel entre le 1er janvier et le 28 février 2026. Soit une hausse de 6 % par rapport à l’an dernier à la même période. Sur la route des Baléares, « les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins en 2024.
    Auparavant, la grande majorité des migrants arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens empruntent cet itinéraire, à mesure que d’autres se ferment en Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) ou dans l’Atlantique (routes des Canaries). En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine. En 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %. Les migrants somaliens font partie de ceux qui entreprennent de plus en plus souvent de tels périples, poussés par l’insécurité, les opportunités économiques limitées et les conditions de sécheresse prolongée dans leur pays, explique Associated Press.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#baleares#somalie#routemigratoire#sante#mortalité#subsaharien