la réalité angoissante des influenceurs chinois de YY

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    Le documentaire « People’s Republic of Desire », réalisé par Hao Wu et projeté pour la première fois en France mardi 12 mars à China Connect, montre l’envers du décor de la plate-forme chinoise de live-stream YY. Le film, tourné façon Black Mirror, suit le quotidien de deux influenceurs.

    Comme tous les jours, Shen Man, 22 ans, se remaquille avant de commencer son show en live sur YY, plate-forme chinoise équivalente à Twitch. Elle est dans son appartement, derrière un ordinateur, équipée d’un casque, d’un micro et d’une webcam. Shen Man salue, sourire aux lèvres, les personnes qui la regardent, chante de temps en temps, raconte des blagues, parle de sa poitrine, répond à quelques questions que lui posent ses dizaines milliers de spectateurs. Shen Man, est l’une des protagonistes du documentaire « People’s Republic of Desire » de Hao Wu, projeté pour la première fois en France mardi 12 mars lors de l’événement China Connect à Paris, et disponible sur la plate-forme Amazon Prime.

    Contrairement à Youtube ou Instagram, le modèle de YY ne repose pas sur des marques voulant faire de la publicité via les influenceurs, mais sur un système de votes et de cadeaux. Similaire aux systèmes de tips et d’abonnement de Twitch en plus exacerbé. Pour devenir populaire et gagner de l’argent, les influenceurs doivent récolter un maximum de cadeaux virtuels, des fleurs et des bijoux notamment, de la part de leurs spectateurs. Ces cadeaux sont ensuite reconvertis en argent. De quoi permettre à Shen Man de gagner environ 40 000 dollars par mois. Le salaire de certains atteint 200 000 dollars mensuel.
    Losers et nouveaux riches

    Les fans les plus pauvres - que les utilisateurs de la plate-forme appellent parfois les « Diaosis », c’est-à-dire « losers » - ne peuvent se permettre que de petits cadeaux. Certains sont tout de même capable de dépenser une grande partie de leur salaire pour faire plaisir à leur idole, qu’ils considèrent comme un ami virtuel voire plus. L’une des fans interrogés dans le documentaire dit que Shen Man représente tout ce qu’elle aimerait être, un autre dit que c’est la petite amie idéale. Shen Man et Big Li sont eux-mêmes d’anciens « Diaosis » devenus riches.

    Les gros sous ne viennent pas de ces fans, mais de spectateurs plus riches appelés « Tuhao » (nouveaux riches). En offrant des cadeaux chers, ils se font repérer par l’hôte qui les remercie en direct. Reconnaissance ultime pour les utilisateurs de YY. « J’ai un certain contrôle sur l’hôte et je suis mis sur un piédestal par les fans », résume l’un de ces spectateurs riches dans le documentaire. Parmi cette catégorie d’utilisateurs, certains dépensent des sommes colossales. Les live-streamers les plus populaires sont généralement sponsorisés par l’un de ses spectateurs ultra-riches, un « patron », qui lui-même fait partie d’une agence. Pendant le concours annuel organisé par YY pour élire les hôtes les plus populaires, les patrons peuvent payer plusieurs millions de dollars pour faire gagner leurs poulains. Les agences sont aussi là pour coacher les hôtes et hôtesses, et prennent une commission de 20 % sur leurs revenus. La plate-forme YY prend, quant à elle, 60 % de leur revenu selon le documentaire.

    #Live_stream #Chine #Télévision #Internet