Nick Conrad - King Bell

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  • Retour sur le procès Nick Conrad

    Puisque cet article, pourtant excellent, donne de l’urticaire à certains (cf https://seenthis.net/messages/769829), je le publie ici aussi ( #effet_Streisand oblige ) et j’y ajouterai en commentaires un extrait du live-tweet de #Sihame_Assbague, dont il est fait mention, ainsi qu’un renvoi vers le taf de #Nick_Conrad et des interviews, vu qu’il a interjeté la condamnation de la Justice en appel et que marquer son soutien pour l’œuvre qu’il réalise peut être une bonne idée par les temps qui courent trop vite. Petite précision quand même : si vous n’avez jamais été confronté à l’inconscience blanche tellement nous sommes formaté-e-s, je vous conseille de commencer par un vieux clip de Nick Conrad pour rencontrer d’abord l’artiste. Le clip « Pendez les blancs » fait très mal, et choque très fort quand on n’a rien déconstruit. Et c’est le but. Et on peut clairement dire qu’il a rempli sa fonction au delà de ses espérances...

    https://lundi.am/Retour-sur-le-proces-Nick-Conrad

    « Pendez l’Agrif »

    Mercredi 9 janvier a eu lieu le procès d’un rappeur de Noisy-le-Grand, Nick Conrad, pour un clip intitulé « PLB » (« Pendez Les Blancs »). L’occasion pour l’#AGRIF (l’Alliance générale contre le Racisme et pour la défense de l’Identité Française et chrétienne) et la LICRA de se retrouver du même côté de la barre à défendre l’idée d’un « #racisme #anti-blanc ». Celui-ci a fait l’objet d’un live-tweet édifiant par Sihame Assbague, revenant notamment sur la dimension idéologique de l’audience.

    L’histoire de la pénalisation politique du #rap est longue. Cependant la question du « racisme anti-blanc », catégorie forgée par le Front National en 1978, n’avait jamais été posée aussi frontalement, malgré les tentatives passées de l’AGRIF. Même lors des procès #Saïdou/#Bouamama pour « Nique la France » - où l’on retrouvait le même avocat de l’AGRIF côté partie civile, ce qui en dit long sur les ravages de l’oisiveté – la jurisprudence avait finalement tranché dans le sens d’une distinction (logique) entre « anti-blancs » et « anti-français ». La circonstance aggravante de #discrimination raciale, prévue par l’article 132-76 a donc été écartée. Or ce procès d’un rappeur, sauf son respect, quasi-inconnu, traduit un enjeu politique qui dépasse le cas particulier. La question est celle de l’imposition du « racisme anti-blanc » non seulement dans le débat public mais aussi dans le droit. Pour rappel, c’est après 2005, à travers d’autres rappeurs, que le député feu-UMP Grosdidier avait suggéré que dans l’article de régulation de la liberté d’expression soit ajouté, aux côtés de discrimination en raison de l’origine, la précision « que le groupe soit majoritaire ou minoritaire ». Il s’agissait de se servir du formalisme du droit – aveugle aux asymétries structurelles de la société – pour renverser complètement l’esprit de la législation, créée justement pour protéger les minorités. La saisie des parties civiles s’inscrit clairement dans cette logique, cette fois avec l’aide de la #LICRA qui depuis plusieurs années reconnaît l’existence du « racisme anti-blanc ».

    • extrait du live-tweet de Sihamane Assbague à retrouver en intégralité ici :
      https://twitter.com/s_assbague/status/1082985427777277953

      Lors de son audition, lue par le juge, #NickConrad a déclaré : « j’ai voulu créer un choc, faire réaliser ce que l’homme noir a subi. Les Noirs ont la mémoire de la violence subie en eux, c’est ce que je voulais montrer. J’ai voulu inverser la situation. Je ne suis pas raciste. »

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      #NickConrad explique que c’est « la vie » qui l’a amené à produire le morceau "Pendez les Blancs ». Il s’est renseigné sur l’Histoire très tôt, a commencé à s’intéresser à l’histoire de l’esclavage, des oppressions & voulait dédier un son à cette « souffrance », en inversant.

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      « L’esclavage, la ségrégation, c’est ancien mais on continue à subir les effets. C’est ma vie qui m’a amené à écrire ça. Comment je suis perçu, je dois faire 2 x plus d’efforts. Je ne suis pas né esclave, je suis né libre mais on nous met sur le dos trop de choses » #NickConrad.

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      « On sait que le rap est + violent, + revendicatif dans sa forme. On n’attend pas d’un clip de rap qu’il soit un article du Monde, ça d’accord. Mais votre clip fait référence aux USA, comment être sûr que ce soit pris comme qq chose de fictionnel ? » demande le juge. #NickConrad

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      #NickConrad explique qu’il y a plein de choses dans son clip qui pouvait permettre de comprendre que c’est une fiction : les réf. culturelles & historiques, les citations, le style vestimentaire, les sous-titres, le générique, etc. « C’est une inversion. Regarde ce qu’on a vécu. »

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    • Côté Nick Conrad maintenant.
      Promo & monde marchand obligent, ses albums ne sont dispo que sur des supports payants, tel son nouvel album : https://wiseband.lnk.to/Nick-Conrad-REVOLUTION-2-0

      On peut retrouver pas mal de ses clips par là https://www.youtube.com/user/jazzconrad1/videos côté officiel et par là https://www.youtube.com/watch?v=TBnnRtNIaSk&list=PLweGDUnD-Tikrxe31kfaq0yfa1VDoEVG0

      (mais il vaudrait mieux commencer par le milieu)
      Il n’y a, hélas, absolument rien de Nick Conrad sur Peertube :/

      Sur le pseudo « racisme anti-blancs » de Nick Conrad, j’orienterai en priorité vers les clips « 130 cercueils » en hommage aux victimes des attentat du 13 novembre :https://youtu.be/ylNL3ismboU

      et vers ce clip sur sa vision de l’amour (cis) : « The Light » : https://youtu.be/gwT245Q6rYg
      mais en vrai ça me saoule un peu de devoir passer par un justificatif-qui-lave-plus-blanc...

      Concernant le clip « Pendez les blancs », le souci est que le voir seul est absurde, il fait partie d’un album très sombre qu’il a écrit en partie à l’hosto (il est, comme beaucoup, atteint de #drépanocytose, cette maladie-marqueur qu’utilisent les fachos pour trouver des « chiffres » à manipuler dans leur fantasme de #grand-remplacement... Voir d’ailleurs ce qu’il en dit dans un des premiers articles, pas encore trash, sur cette #polémique : https://www.rtl.fr/culture/musique/nick-conrad-drepanocytose-jazz-identite-noire-itineraire-d-un-rappeur-clivant-77

      Je crois que j’ai eut le déclic de la compréhension avec ce clip : « King Bell » :https://youtu.be/WJ08kJPR7fU

      sur lequel, pendant un moment, j’me suis dit « nan mais là ça va trop loin ce truc de on est des rois, je peux pas cautionner un truc qui prône l’ascendance sur les autres » pour découvrir à la fin que c’est un hommage au roi Rudolph Duala Manga Belle, dont il n’y a évidemment aucune trace dans wikipedia, et encore plus évidemment aucune connaissance dans ma culture. On trouve son histoire par ici http://afroculture.net/rudolf-duala-manga-bell-martyr-heros-camerounais (je ne sais pas si le site fonctionne chez tout le monde, il est parasité par la publicité)
      Bref je me suis sentie très conne... comme je l’ai été quand on m’a mis le nez un peu plus fermement dans mes habitudes de « blanche » lors de mon voyage au Mexique...

      Ca a été le déclic pour comprendre à quel point tout l’album est « en même temps » une fiction, puisque Nick Conrad vit AVEC son temps et sa géographie, mais aussi une sorte d’éternel testament, de témoignage de sa lignée de souffrance, une manière de dire aux ancêtres : « je sais d’où je viens et ce qui nous a fait ». Et face à ça, je ne peux que me taire en étant consciente de la chance d’assister à cette « cérémonie » de passation.

    • Le théorème rappologique indique que si ton nom tourne plus vite qu’un joint en soirée, si les machines à café assistent impuissantes à la question fatidique : « T’as vu le Noir qui chante Pendez les Blancs (PLB) ? », alors sortir-vite-un album-tu-dois. Quelques jours après la parution de son opus Révolution 2.0, nous rencontrons le rappeur Nick Conrad, la clope au bec au Jardin d’acclimatation.

      https://next.liberation.fr/musique/2019/04/05/nick-conrad-langue-bien-pendue_1719634