Comment une femme a-t-elle pu accoucher dans la rue ?

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  • Lille Comment une femme a-t-elle pu accoucher dans la rue ? Angélique Da Silva Dubuis Avec Chantal David - 12 Avril 2019
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    L’histoire de cette femme sans-abri retrouvée auprès du corps sans vie de son bébé suscite beaucoup d’émotion. On ignore tout du parcours de cette sans domicile fixe et de ses intentions envers son nouveau-né. L’enquête devra déterminer les circonstances de ce drame. Les associations sont consternées.

    Le 23 mars, ce sont des passants qui ont donné l’alerte après avoir remarqué cette femme et son nourrisson aux abords de la gare Lille-Flandres. Les secours n’ont rien pu faire pour réanimer le nouveau-né. La mère, âgée d’une quarantaine d’années, a été placée en détention. Son interpellation a beaucoup choqué (lire plus loin). Dans la logique judiciaire, il s’agit de prendre toutes les précautions face à la mort d’un nouveau-né. L’enquête devra déterminer les circonstances exactes du drame et le parcours de cette femme sans domicile fixe.

    Trente ans de réclusion criminelle
    Dans quelle solitude et quelle détresse était cette mère de famille pour en arriver là ? Pour accoucher derrière une barrière de chantier dans le quartier le plus fréquenté de la ville, à quelques battements de cœur d’une maternité ? Était-elle connue des services sociaux et des associations humanitaires ? Était-elle suivie sur le plan médical ? Et le père de l’enfant dans tout ça ?

    Mise en examen pour « délaissement de mineur de moins de 15 ans suivi de mort », cette mère de famille encourt trente ans de réclusion criminelle. Elle est assistée par une avocate lilloise.

    Inconnue du monde associatif
    « Il nous arrive de rencontrer des femmes enceintes dans nos maraudes. Quand les grossesses sont avancées, ces femmes sont souvent prises en charge dans des foyers ou par des proches, explique Ben, de L’Île de solidarité. Quelle que soit son histoire, on espère qu’elle est suivie sur le plan psychologique car elle doit être dévastée. »

    Nous avons sollicité plusieurs associations lilloises d’aide aux sans-abri. Personne n’avait connaissance de la situation de cette femme sans domicile fixe. Mais le sujet est sensible et les associations observent une certaine réserve. « Le moment venu, il faudra avoir le courage de se demander qui est responsable de la mort de ce bébé », lâche cette employée d’un accueil de jour.

    « Nous sommes très affectés »
    À Lille, l’association Solfa dispose depuis 1994 d’un centre maternel de quatorze places rue Brûle-Maison. Il accueille des femmes sans-abri et leur enfant (de 0 à 3 ans) pour un accompagnement de neuf mois. Depuis 2003, l’association propose également un service d’accueil immédiat de six places, boulevard Montebello. Ces structures sont financées par le Conseil départemental et ne peuvent pas répondre à toutes les demandes. « Nos vingt places mère-enfant sont très sollicitées. Le Département fait vraiment le maximum mais les besoins sont immenses », explique Reza Hatami, directeur du pôle enfance-famille de Solfa.

    Déficience intellectuelle
    « Nous sommes très affectés par ce drame. Mais on ne peut pas ignorer que certaines femmes ne se font pas connaître ou refusent d’être accompagnées. » L’association est aux côtés de ces femmes dans toutes leurs démarches, qu’elles soient désireuses de garder leur enfant, d’avorter ou d’accoucher sous X. Sans jugement.

    La majorité des femmes accueillies ici ont entre 20 et 25 ans. Des profils abandonniques souffrant de déficience intellectuelle. Des jeunes femmes en quête affective souvent maltraitées dans leur enfance et coupées de leur milieu familial.

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