Revue française des sciences de l’information et de la communication

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  • Gilles-Éric Séralini ou la transgression des médiations « traditionnelles » du savoir ?
    https://journals.openedition.org/rfsic/9397

    Gilles-Éric Séralini est un biologiste français connu pour ses prises de position radicales contre les OGM et les pesticides, en particulier le glyphosate. En 2012, la publication d’un de ses articles a causé une importante controverse scientifique associée à une très forte polémique médiatique : « l’Affaire Séralini ». Cet article interroge le traitement médiatique de « l’Affaire Séralini », tout comme les stratégies de publicisation et de médiatisation originales adoptées par Gilles-Éric Séralini et critiquées de nombreux chercheurs et journalistes. Au-delà d’une transgression possible des médiations traditionnelles du savoir, nous observons également les stratégies de communication sensible déployées par Monsanto pour faire retirer l’article tout comme les répercussions de l’affaire sur la figure du chercheur dans les médias et la communauté scientifique.

    #OGM #Controverse_scientifique #Médias #Science #Vulgarisation_scientifique #Gilles_Eric_Seralini

  • L’#Open_science au prisme de la #Commission_européenne

    Appuyée par diverses politiques publiques, la notion de science ouverte mobilise aujourd’hui de nombreuses initiatives visant à promouvoir de nouvelles pratiques, de nouveaux enjeux pour la recherche et la société en ouvrant très rarement le débat public de façon plus contradictoire sur ces conceptions, sur les visions et les représentations qui y sont associées.Un récent numéro de la Revue française des sciences de l’information et de la communication (Chartron & Schöpfel 2017) a rassemblé différentes contributions utiles pour ces débats. L’article d’Anne Clio et Sartita Albagi (2017) a tracé des repères généalogiques sur ce mouvement, relatant les pratiques pionnières de Jean-Claude Bradley, chimiste de l’Université de Drexel, initiant des “carnets de laboratoire publics” dans les années 1990. Bradley peut être considéré comme un initiateur d’une certaine science ouverte, il avait la conviction qu’il fallait, autant que possible, mettre toutes les recherches à la disposition du public,..…

    https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ES_041_0177
    #édition_scientifique #UE #EU #Union_européenne #open_source

    • La notion de Science Ouverte dans l’Espace européen de la recherche

      Cet article analyse les prescriptions européennes en matière d’Open Science et évalue la mesure dans laquelle celles-ci contribuent à résoudre la contradiction qui leur préexiste entre les prescrits qui, au sein de l’Espace européen de la recherche, encouragent les chercheurs à ouvrir la démarche scientifique et les produits de la recherche à des parties prenantes extérieures, et ceux qui incitent à fonder les indicateurs de performance en matière de recherche sur les articles de revue savante internationale. A cet égard, la combinaison de la publication en #OA avec l’archivage d’une diversité de produits de la recherche sur des répertoires OA s’avère préférable au basculement unilatéral dans la voie dorée de l’OA, par le biais de « big deals » avec les #Majors.

      https://journals.openedition.org/rfsic/3241

  • Le web affectif. Une économie numérique des émotions
    https://journals.openedition.org/rfsic/3511

    L’ouvrage programmatique de Camille Alloing et Julien Pierre vise à poser plusieurs jalons théoriques et empiriques pour l’étude du « capitalisme affectif numérique ». L’organisation traditionnelle du travail établissait une frontière stricte entre la sphère professionnelle, caractérisée par la rationalité et le pragmatisme, et la sphère privée au sein de laquelle les émotions demeuraient confinées. Au contraire, les auteurs postulent que l’émotion constitue la pierre angulaire du paradigme actuel. Cette nouvelle logique opère à plusieurs niveaux.

    Au sein des organisations, les travailleurs au contact des clients sont tenus d’entreprendre un « travail émotionnel » conséquent, potentiellement coûteux et peu reconnu. De plus, comme l’illustre la création de postes de Chief Happiness officers, les salariés sont incités à convoquer leurs émotions au travail pour accroître leur performance. La gestion des émotions s’étend également à la sphère numérique, domaine que les auteurs proposent d’investiguer.

    Il convient de ne pas confondre #émotion et #affect. Alors que l’émotion fait référence au ressenti d’une personne, l’affect désigne la circulation d’une émotion. Comprendre ce qui provoque une émotion et déclenche sa contagion à d’autres individus constitue un enjeu majeur pour les géants du web. Ces questionnements, entamés au début des années 80 dans le domaine du marketing, sont réactualisés par les potentialités du numérique.

    L’ouvrage a pour objectif de documenter le « travail affectif », définit par les auteurs comme « l’ensemble des techniques qui visent à manipuler les émotions, le bien-être ou l’attachement ». À partir de leurs premiers terrains, ils offrent un aperçu de ces « techniques » affectives. L’usage d’emojis/émoticônes pour « taguer » des contenus web améliore tant la modération que le référencement. Ces contributions involontaires des internautes représentent la « dimension affective » du #digital_labor.

    De plus, les acteurs du web ont mis au point des dispositifs permettant de collecter à la fois des données émotionnelles issues du digital labor des usagers (clics, like etc.) et des données « métaboliques » par l’entremise des objectés connectés (comme les webcams, par exemple). Ces traces sont analysées afin de dresser un profil émotionnel complet de l’usager. Ce profil sert ensuite de base à l’élaboration de propositions commerciales adaptées et personnalisées.

    Ces dispositifs de traçage, de recueil et d’analyse engendrent plusieurs effets pervers. Tout d’abord, ils suscitent une réflexion éthique sur le respect de la vie privée. Deuxièmement, cette gestion numérique des émotions tend d’ores et déjà à glisser de la sphère commerciale vers des applications de gouvernance. Face au pouvoir grandissant des géants du web, des stratégies de braconnage existent. Les auteurs affirment ainsi la nécessité de la sensibilisation et de l’éducation au numérique.

    Enfin, déléguer le pouvoir de décision aux machines suscite de vives critiques, principalement en raison du fait que les modèles théoriques inscrits dans les spécifications techniques de ces outils ne sont pas exempts de biais. Par exemple, dans le but d’établir des profils d’utilisateurs, les expressions faciales recueillies par des webcams connectées sont comparées aux émotions universelles identifiées dans la littérature scientifique. Néanmoins, ces présupposés théoriques sont-ils réellement fiables ?

    Pour conclure, les travaux de Camille Alloing et Julien Pierre prolongent et enrichissent les réflexions actuelles sur le big data et le digital labor en s’intéressant à la « dimension affective » des données collectée, analysées et commercialisées. Combinant des perspectives critiques et pragmatiques, l’ouvrage ouvre des pistes de recherche prometteuses sur l’affectivité dans la sphère numérique.

    #CM