Le plan secret d’Amazon en France

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  • Le plan secret d’Amazon en France
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    Pour ne pas rencontrer de résistance, la multinationale agit donc dans l’ombre. Elle sélectionne aussi les territoires où elle souhaite s’implanter. « Elle cible d’abord des régions paupérisées, abandonnées par l’industrie où elle peut facilement faire du chantage à l’emploi, négocier des avantages fiscaux », remarque Raphaël Pradeau, porte-parole de l’association Attac. À Brétigny-sur-Orge, la base aérienne a fermé en 2012, faisant disparaître 3.000 emplois. À Senlis, une garnison a déménagé en 2009. À Boves, près d’Amiens, Amazon s’est installée sur les cendres de Goodyear et de Whirlpool.

    Les territoires sont mis directement en concurrence. Un élu de la métropole d’Amiens le reconnaît :

    On a été plus réactifs et plus discrets que d’autres. Nous étions en compétition avec des communes voisines de Roissy et avec l’Allemagne. Mais tout ça, pour nous, restait assez imprécis. On nous demandait juste le silence complet. »

    Même son de cloche à Fournès, dans le Gard, où certains élus se démènent pour qu’un entrepôt logistique s’implante. La situation financière de la communauté de communes du Pont-du-Gard, dans laquelle se trouve le village de Fournès, est très fragile. 300.000 euros de recette fiscale par an ont été perdus à la suite de la fermeture de la centrale électrique d’Aramon, et 600 emplois ont été supprimés. « Sans grand projet d’aménagement, notre collectivité va exploser », dit Gérard Pedro, le maire de Rémoulin.

    • Amazon a su négocier son arrivée. À Amiens, pour accueillir l’entrepôt de Boves, les élus locaux ont dépensé 3 millions d’euros. Ils ont réaménagé des routes et construit un rond-point au bénéfice de l’entreprise. De manière générale, sur chacun de ses sites, la multinationale a demandé aux élus de sortir le chéquier. À Senlis, l’intercommunalité a déboursé plus de 100.000 euros pour améliorer l’accès au site. Le plan local d’urbanisme a aussi dû être modifié extrêmement rapidement, avec l’aval d’un architecte des Bâtiments de France, car, depuis le site logistique, on peut voir la cathédrale de Senlis. « On embête nos administrés pour la pose d’un Velux ou un ravalement de façade. Mais une multinationale, elle, peut obtenir une dérogation pour bâtir 55.000 m² d’entrepôts à côté d’un monument ! Nous n’avons pas les mêmes droits », s’insurge Philippe Charrier, le maire de Chamant.

      À Brétigny-sur-Orge, Christian Soubra, lui aussi, n’en revient pas :

      En 19 ans de mandat, je n’avais jamais vu ça ! Amazon a conditionné le paiement de l’achat des terrains au fait que les voiries d’accès soient totalement réalisées par l’agglomération. La communauté d’agglomération a vendu les parcelles 18 millions d’euros mais doit faire plus de 13 millions d’euros de travaux. »

      L’entreprise a aussi bénéficié d’une exonération de la taxe d’aménagement. Elle fixe ses propres règles. Les élus locaux espèrent ensuite un retour sur l’investissement. « Mais pourquoi Amazon, qui ne paye pas ses impôts en France, payerait-elle ses taxes à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne ? se demande Christian Soubra. Pourquoi serait-elle plus vertueuse avec une collectivité locale qu’avec l’État français ? » Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. À Brétigny-sur-Orge, le nombre d’emplois prévu a baissé de moitié. Amazon recrutera moins d’un millier d’employés au lieu des 2.200 annoncés.

  • Le plan secret d’#Amazon en France
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    Enquête 1/3 - Amazon rêve d’un monde où ses clients seraient livrés en un jour. Pour y parvenir, la #multinationale multiplie les #hangars démesurés où se succèdent les #camions. Ce développement, en France, suit une stratégie de mise en #concurrence de #territoires souvent sinistrés. Reporterre la détaille et publie la carte exclusive des implantations d’Amazon.

    #aménagement #urbanisme #fiscalité_locale