• Très intéressant : ces jours-ci, notre efficace gouvernement se félicite que la campagne de vaccination est « en avance » sur ses prévisions. Par exemple ici (et sinon entendu à la radio nationale aujourd’hui) :
    La vaccination contre le Covid-19 atteindra en août son objectif… en avance
    https://www.courrier-picard.fr/id215168/article/2021-07-22/la-vaccination-contre-le-covid-19-atteindra-en-aout-son-objectif-en-

    Le gouvernement s’était fixé un objectif de 40 millions de premières injectons de vaccin contre le Covid-19 pour le mois d’août. L’objectif sera atteint ce mois-ci.

    C’est vraiment important ça : ça signifie que le gouvernement n’avait de toute façon jamais prévu d’atteindre un niveau de vaccination qui aurait permis, seul, de contrer la nouvelle vague cet été. C’est-à-dire que le gouvernement admet qu’il a une fois de plus merdé le déconfinement, et qu’il a une fois de plus merdé l’arrivée d’une nouvelle vague, en faisant le choix de se reposer uniquement sur la vaccination (dont on nous dit donc aujourd’hui que même « en avance », elle n’est pas capable d’arrêter cette vague). Mauvaise volonté des anti-vax ou pas.

    Et qu’en septembre, nos enfants seront une fois de plus à poil face à cette vague, sans rien de sérieux préparé dans les écoles.

    (Constat qui n’invalide pas par ailleurs le fait que je soutiens qu’on a besoin d’être extrêmement volontaristes sur la vaccination, et refuser ces histoires de « liberté individuelle » alors même que le vaccin est un des principaux outils pour nos libertés collectives et individuelles à moyen terme. Et aussi le fait que les 30% à 40% de gens aujourd’hui avec le masque sous le nez dans les supermarchés sont des sales cons.)

    • Un autre aspect d’intérêt, c’est cette histoire d’avoir « gagné du temps » en faisant traîner les restrictions molles et merdiques pour finalement faire redescendre la courbe avec plusieurs mois de retard. Ce haut fait d’Épidémiologiste 1er.

      Non seulement ça s’est payé en malades graves et en morts, mais en plus, on n’a justement pas « gagné du temps », puisqu’au lieu d’avoir pu profiter d’un peu de liberté, on a replongé illico dans la vague Delta. La courbe ici à Montpellier est épatante : les jeunes de 20 à 29 ans, le taux d’incidence n’est redescendu dans le vert que pour une durée de deux semaines !

      Tout ce qu’on a « gagné », ce sont des morts et des malades, et une période de répit plus courte d’autant qu’on a prolongé la 2e vague…

      Je te fais un dessin :

      Et pour la bonne bouche, je te mets aussi une étoile pour célébrer l’article « Reconfinement allégé et vaccination : comment Emmanuel Macron a gagné son pari » du 12 juin dans le JDD :
      https://www.lejdd.fr/Politique/reconfinement-allege-et-vaccination-comment-emmanuel-macron-a-gagne-son-pari-4

      (Suggestion : prévoir exactement le même genre de communication à propos du « temps gagné » sur le réchauffement climatique.)

    • Donc ni les mesures ni les menus du jour vaccinals semblent en mesure de contrer de nouvelles vagues et de nouveaux variants, sauf à répéter de nouvelles injections pour chaque variants.
      Donc nos enfants, effectivement se retrouverons à poil en septembre, ou blindé messenger pour le reste de leur vie.

    • Donc ni les mesures ni les menus du jour vaccinals semblent en mesure de contrer de nouvelles vagues et de nouveaux variants, sauf à répéter de nouvelles injections pour chaque variants.

      Absolument rien de scientifiquement fondé ne permet d’affirmer ça pour l’instant.

    • Ce qu’on sait, c’est que la couverture vaccinale actuellement est insuffisante pour arrêter seule la nouvelle vague. À terme, si la couverture vaccinale augmente massivement, elle devrait permettre d’arrêter les futures vagues (c’est le principe d’un vaccin : on protège suffisamment, même de manière imparfaite, pour de toute façon faire tellement chuter le taux de reproduction que toute nouvelle introduction du virus s’éteint très rapidement).

      Pour l’instant aussi, on n’a aucune indication d’échappement vaccinal avec un variant qui se diffuserait massivement : les vaccins actuels protègent efficacement contre l’actuel variant Delta. C’est une crainte que ça finisse par arriver, mais ce n’est pas le cas actuellement.

      Quand aux « mesures », pour l’instant c’est le néant et c’est l’objet de ce thread : le pari gouvernemental de laisser faire la fête du slip (« la vie comme avant ») en se reposant uniquement sur l’avancement de la vaccination est ce qui nous plante en ce moment (et non la mauvaise volonté – même si elle est réelle – d’une grosse partie de la population à se faire vacciner). Puisqu’on annonce être en avance d’un mois sur le calendrier vaccinal du gouvernement, cocorico, et qu’on se mange tout de même des progressions encore jamais vues des contaminations.

      La « grosse » mesure qui est le passe vaccinal, grosso modo ce sera début août pour les lieux qui comptent. Peut-être qu’il aura une efficacité, même très imparfaite, pour faire suffisamment baisser le taux de reproduction, associé à la couverture vaccinale partielle, ou peut-être qu’il est tellement troué, avec une volonté politique de ne pas nuire au consumérisme des fêtards dans les régions touristiques, qu’il n’aura qu’un effet marginal (mineurs exclus du passe, contrôles bidon comme, tout le monde le pense très fort, dans les boîtes de nuit actuellement, multiplication des QR codes de complaisance…). Pour l’instant on ne sait pas.

    • Ah, important : et c’est pas comme si c’était pas annoncé par les scientifiques. C’est très très exactement ce qu’avait dit craindre Christian Drosten en… janvier dernier :
      https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

      Drosten: Once the elderly and maybe part of the risk groups have been vaccinated, there will be immense economic, social, political and perhaps also legal pressure to end the corona measures. And then, huge numbers of people will become infected within just a short amount of time, more than we can even imagine at the moment. We won’t have 20,000 or 30,000 new cases a day, but up to 100,000 in a worst-case scenario. It will, of course, be primarily younger people who are less likely than older people to have severe symptoms, but when a huge number of younger people get infected, then the intensive care units will fill up anyway and a lot of people will die. Just that it will be younger people.

    • Depuis le début, nous surfons sur une vague dénommée « worst case scenario » en ce qui concerne les réactions des populations (gvt en premier lieu).

      Alors même que d’une certaine façon, dans la mesure où ce virus n’est pas massivement mortel, nous pourrions aussi dire que nous ne sommes pas dans un « worst case scenario » du point de vue de la nature du virus.

    • En l’absence de mesures barrières et de modifications de comportements, Laurent Thines évalue l’impact probable du sarscov2 en France à 300 000 décès. De plus :

      « Le Covid-long menace. Nous avons appris à connaître maintenant un peu mieux les séquelles sur la santé de la contraction du virus (60% des patients ont encore au moins un symptôme à six mois) : épisodes de fièvre, fatigue profonde, toux et difficultés respiratoires persistantes (fibrose pulmonaire), fatigabilité et malaise à l’effort physique, douleurs thoraciques et palpitations, maux de tête et douleurs musculo-articulaires, perte d’odorat et de goût, troubles de mémoire et de concentration, rétraction pénienne… Ce florilège d’effets tardifs balaie à lui seul l’argument de ceux qui défendent la notion d’une maladie bénigne qui ne tue que ceux dont la santé était très dégradée et qui “allaient de toute façon mourir dans l’année”.

      https://seenthis.net/messages/924110

  • La contamination au Covid-19 a lieu lors des repas selon l’Institut Pasteur | Le HuffPost
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/cette-etude-de-linstitut-pasteur-confirme-ce-quon-sait-des-lieux-de-c

    COVID-19 - Repas de famille et retrouvailles entre amis augmentent les risques de contaminations au Covid-19. Ce sont les résultats de la 3ème étude ComCor pour l’Institut Pasteur sur les lieux de contamination au Covid-19, dont les résultats ont été détaillés par l’épidémiologiste membre du Conseil scientifique Arnaud Fontanet dans le Journal du Dimanche ce dimanche 7 février.

    “La transmission se fait beaucoup en famille ou entre amis”, a donc rappelé Arnaud Fontanet dans l’entretien au JDD, confirmant ce qui se dessine depuis déjà quelques moins.

    • Pff, j’ai eu peur, heureusement que mes collègues de bureau ne sont pas mes amis, on se postillonne dessus toute la journée, et lorsque je prends le métro, je fais bien attention à ne reconnaitre personne de ma famille.

      #libéralisme
      #solitude

      psst, tu as vu la photo pour une fois … ben non, encore raté, le racisme se glisse partout décidément.

    • "L’étude soulignait en effet que les repas “jouent un rôle central”, ainsi que les bureaux partagés, et tous types de réunions physiques. La prédominance des infectants “proches” est logique, car c’est en leur compagnie que la garde des gestes barrières est souvent levée.

      Plus généralement, les résultats confirment ce qu’on l’on sait de la transmission du virus, qui se fait essentiellement par des gouttelettes expulsées par la bouche et le nez lorsqu’on parle, tousse ou éternue, mais aussi par les microgouttelettes émises en permanence par la respiration. Quand on enlève le masque, souvent pendant les repas, on s’expose logiquement à un risque accru de contamination."

    • Je vais pas souvent au local que l’on partage en co-working-location-indivis+ mais ce midi, impossible de déjeuner, il y a des rires et des hurlements des personnes dans la cuisine autour de la table. C’est sympa de rire mais autant ouvrir la fenêtre pour aérer, sauf que j’ai droit à des moqueries et une totale incompréhension « ah ben vous oubliez vite les 80.000 morts du covid dites donc » ça fait tomber l’ambiance et les regards s’assombrissent, l’un d’eux se charge de refermer la fenêtre.
      #c'est_ta_faute
      #plombe_l'ambiance
      #blame_the_victim

    • Je crains qu’on se prenne une vague post-vaccinale : les vaccinés se croiront protégés et laisseront tomber les gestes barrière avant la protection réelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup de gens se font vacciner : en finir avec les masques. No comment !
      On est quand même toujours sur un plateau à 700 décès/jour ! 3 airbus qui s’écrasent tous les jours, ce n’est pas rien ! Mais tout va bien puisque les gens vont pouvoir partir en vacances....

    • @rckloar C’est exactement le scénario que craint Drosten, dans son interview d’il y a deux semaines :
      https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

      Drosten: Once the elderly and maybe part of the risk groups have been vaccinated, there will be immense economic, social, political and perhaps also legal pressure to end the corona measures. And then, huge numbers of people will become infected within just a short amount of time, more than we can even imagine at the moment. We won’t have 20,000 or 30,000 new cases a day, but up to 100,000 in a worst-case scenario. It will, of course, be primarily younger people who are less likely than older people to have severe symptoms, but when a huge number of younger people get infected, then the intensive care units will fill up anyway and a lot of people will die. Just that it will be younger people.

      (Sinon, pour le détail, en France, on est plutôt à 400 morts par jour, en incluant les Ehpad.)

  • via https://www.nachdenkseiten.de/?p=69245#h06 Talk im Hangar-7 – M...
    https://diasp.eu/p/12370002

    via https://www.nachdenkseiten.de/?p=69245#h06

    Talk im Hangar-7 – Merkel, Kurz und Mutationen: Politik am Volk vorbei? | Kurzfassung - 20 Min.

    Jeden Donnerstag ab 22:10 Uhr bei ServusTV Österreich und Donnerstagnacht bei ServusTV in Deutschland.

    https://www.youtube.com/watch?v=LuSk4PnemGg

    Seit Monaten beherrschen #Lockdowns unseren Alltag, doch noch immer sind keine Lockerungen in Sicht. Aus Angst vor neuen Virus-Mutationen und weiterhin hohen Infektionszahlen werden die Maßnahmen verschärft und verlängert: Geschäfte, Schulen und das gesamte öffentliche Leben bleiben eingefroren. Verfechter der #ZeroCovid-Initiative fordern jetzt sogar eine europaweit umfassende Arbeitspause. Dies lehnen die meisten Regierungschefs zwar ab, doch der Tenor ist klar: Lockerungen kommen erst ab einer (...)

  • Virologist Christian Drosten: “I Am Quite Apprehensive about What Might Otherwise Happen in Spring and Summer” - DER SPIEGEL
    https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

    DER SPIEGEL: The issue of school closures was the subject of hours of debate on Tuesday during the meeting between Merkel and the state governors. Why has it been so difficult for scientists to convince people on this issue?

    Drosten : To be honest, even without our study on viral loads in children, I would not have considered it likely that children would be spared by #SARS-CoV-2. From a purely biological perspective, the mucous membrane doesn’t change all that much during puberty. Which means that children can also get infected – and be contagious. That so many doubts about that fact have arisen was always, and still is, confusing to me.

    #enfants #écoles

    • À propos du taux de reproduction et du fait qu’il faut le diminuer de manière plus agressive :

      Currently, that number is at 0.9. It is great that we have finally managed to push it back down below 1, so that the number of cases can begin to drop. But 0.9 isn’t enough if we want to quickly loosen the brakes. With an R of 0.9, it takes about a month to reduce the number of infections by half. That is too long. We should try, through an intensification of the shutdown, to get the number down to 0.7. Then, the case numbers will drop by half in just a week, and we can get to a point where we can stop the spread of B.1.1.7 or at least give ourselves a head start.

    • La stratégie d’éradication (viser zéro infections) devrait être le but :

      DER SPIEGEL: Do you think that the so-called Zero-COVID strategy, the goal of sinking the number of new infections to zero, is the right way forward?

      Drosten: I do think it would be possible with a significant effort. The virus, of course, would continue to flare up, just as we have seen in China and Australia. But it would absolutely be worthwhile to at least identify zero new infections as a target. Primarily because I am quite apprehensive about what might otherwise happen in the spring and summer.

      puis de préciser : ce qu’il craint, c’est qu’une fois les personnes les plus fragiles vaccinées, il y ait une grosse pression sociale et politique pour lever les restrictions, et ainsi laisser circuler très très largement le virus si on n’a pas, d’ici là, réduit considérablement le nombre de contaminations (et ce sera alors un massacre, cette fois chez les jeunes). Question abordée ici :
      https://seenthis.net/messages/898188

  • Virologist Christian Drosten: “I Am Quite Apprehensive about What Might Otherwise Happen in Spring and Summer” - DER SPIEGEL
    https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

    Drosten : Antibodies are just one component of immune protection, another is T-cell immunity. That protects much more strongly against a serious progression of the illness. If the virus mutates, it doesn’t have an effect on T-cell immunity. As such, I don’t think that we have to fear that our vaccines will be ineffective.

    #immunité #vaccin #sars-cov2 #anticorps

    • DER SPIEGEL: When you formulate such assessments, people across Germany are listening, and it often determines public opinion. How well are you able to live with that responsibility?

      Drosten: It doesn’t rob me of sleep. From the very beginning, I hoped that this public role would be shared among several people. And luckily, that is happening.

      Donc à peu près l’inverse de ce qui se passe ici, où la parole est confisquée (et distillée de façon perverse) par un gouvernement qui prend la population pour une bande demeurés, et donc suscite la défiance.

  • Est-ce que, vu que ça fait un an que ça dure, on a une théorie un peu sérieuse sur l’effet de l’arrivée de l’été sur le virus ?

    Parce que de ce que je vois, la situation est mauvaise en ce moment au Brésil, où c’est l’été.

    Je vous dis ce que je crains ? Si on continue avec ces pseudo-confinements qui se contentent de bloquer la progression, sans réellement d’effet à la baisse, on va se maintenir à des niveaux très élevés de circulation du virus, et je ne vois pas dans ce cas comment on pourrait rouvrir quoi que ce soit de restauration, de bistrots et de culturel pour l’été.

    À moins que le pari est que d’ici là, on aura vacciné au moins la population la plus fragile, et que donc on pourra laisser s’ébattre le virus dans la population, avec un taux de mortalité bien plus faible et donc sans saturer les réas. Ce qui me semble un choix excessivement risqué.

    • L’immunité de troupeau naturelle à partir d’une vague initiale n’existe pas (#Manaus). Les seuls « vaccins » (in)disponibles ont des effets dont on ne sait pas à quel point ils sont limités. Le pari : compter sur des mutations nombreuses pour obtenir une immunité de troupeau naturelle, à moyen terme....

      Immunological characteristics govern the transition of COVID-19 to endemicity - View ORCID ProfileJennie S. Lavine1,*, View ORCID ProfileOttar N. Bjornstad2, View ORCID ProfileRustom Antia1
      https://science.sciencemag.org/content/early/2021/01/11/science.abe6522

      We are currently faced with the question of how the CoV-2 severity may change in the years ahead. Our analysis of immunological and epidemiological data on endemic human coronaviruses (HCoVs) shows that infection-blocking immunity wanes rapidly, but disease-reducing immunity is long-lived. Our model, incorporating these components of immunity, recapitulates both the current severity of CoV-2 and the benign nature of HCoVs, suggesting that once the endemic phase is reached and primary exposure is in childhood, CoV-2 may be no more virulent than the common cold. We predict a different outcome for an emergent coronavirus that causes severe disease in children. These results reinforce the importance of behavioral containment during pandemic vaccine rollout, while prompting us to evaluate scenarios for continuing vaccination in the endemic phase.

      #gouvernerlapandémie

    • Ah, Christian Drosten aborde très exactement ces deux points (effet de l’été, laisser filer l’épidémie une fois les personnes fragiles vaccinées) dans son interview de la semaine :
      https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

      Drosten: Once the elderly and maybe part of the risk groups have been vaccinated, there will be immense economic, social, political and perhaps also legal pressure to end the corona measures. And then, huge numbers of people will become infected within just a short amount of time, more than we can even imagine at the moment. We won’t have 20,000 or 30,000 new cases a day, but up to 100,000 in a worst-case scenario. It will, of course, be primarily younger people who are less likely than older people to have severe symptoms, but when a huge number of younger people get infected, then the intensive care units will fill up anyway and a lot of people will die. Just that it will be younger people. We can cushion this terrible scenario somewhat by pushing the numbers way down now.

      DER SPIEGEL: Can we be confident that case numbers will begin to drop in spring as temperatures rise?

      Drosten: I don’t think so. The fact that we had such a relaxed summer in 2020 likely had to do with the fact that our case numbers remained below a critical threshold in the spring. But that’s not the case any longer. I am afraid that it will be more like in Spain, where case numbers climbed rapidly again after the lockdown was lifted, even though it was quite hot. In South Africa, too, where it is currently summer, case numbers are at a high level.

  • A Look at the Refugee Crisis Five Years Later

    In 2015, as almost a million asylum seekers poured into Germany, Chancellor #Angela_Merkel said: “We can do this.” Was she right? Five years later, we take a closer look in the most average of average German towns.

    With its population of around 20,000, the town of #Hassloch is essentially the largest village in the Palatinate region of Germany. Still, it is well known in the country for being a special place - in that there is nothing special about it. Decades ago, the realization was made that from a demographic perspective, Hassloch is a microcosm of the country at large, with its age, gender and economic breakdown roughly reflecting that of Germany as a whole. Indeed, its demography is so normal that it was chosen in the 1980s by the Society for Consumer Research as the place where new products would be tested. After all, if people in Hassloch like it, you can be relatively sure that people in the rest of Germany will too. If Germany is a tree, Hassloch is its bonsai.

    What, though, can the place tell us about Germany’s handling of the huge influx of refugees five years ago? On Aug. 31, 2015, Chancellor Angela Merkel held a press conference in which she discussed the challenges that the wave of migration presented for the country. Hundreds of thousands of people were making their way into Europe at the time across the Mediterranean and along the Balkan Route – and many of them had set their sights on Germany. It marked the beginning of years of political discord, pitting EU countries, political parties and individuals against one another. In that press conference, Merkel said: “Germany is a strong country. We have done so much. We can do this!” It is a sentence that would become a trademark of her tenure.

    Now, five years later, we know that almost exactly 890,000 asylum seekers came to Germany in 2015. But have we “done this”? It’s hard to say, just as it is difficult to define exactly what “this” means, or even who “we” are. It all depends on your perspective. In Hassloch, the question as to who managed to “do this,” and when and what that means, leads to a number of places — to a city administrator, to an expert on parrots, and to extremely German families with colorful collections of passports. This story, though, begins in city hall.

    On the list of the most common German last names, Meyer is in sixth place. And Tobias Meyer, the town’s deputy mayor, looks so similar to his center-left predecessor that the two are often mistaken for one another. Meyer is a cheerful sort with expressive eyebrows and average height. In his office, he says that he joined the center-right Christian Democratic Union, Merkel’s party, on his 18th birthday out of admiration for Helmut Kohl. He sees himself “as a centrist” politically. “I find it astonishing,” says Meyer, “that not even the fall of the Berlin Wall changed our status as an average town.” It almost sounds as though normality in Germany is unchanging, no matter what happens and no matter who comes into the country.

    Since 2015, Hassloch has been home to between 500 and 600 refugees. The precise total is unknown, since many either returned home or quickly moved onwards. Currently, the town is home to 152 refugees, including 72 whose asylum applications are currently being processed. Back in 2015, after that summer of migration, the total was 211, which represents 1.1 percent of Hassloch’s population.

    And what about the 890,000 who showed up in Germany with its 82 million people? “You see?” says Meyer. Exactly 1.1 percent.

    Meyer is happy to talk about refugees at length, and isn’t shy about saying that some of them came expecting a rosy future without wanting to do much in return. Or about the fact that, from his perspective, the town hasn’t changed much as a result. Perhaps more instructive, however, is a visit to the administrative expert in city hall, a certain Ms. Behret.

    First, though, a final question for Tobias Meyer. Has Hassloch “done this?” Meyer’s response: “Hmmmm.”
    Administration

    The office is little more than the physical manifestation of the rules it is there to enforce, furnished with myriad filing cabinets with fake beech veneer. There are a few signs of life pinned to them, such as vacation pictures or funny Dilbert-esque cartoons about office life from the local paper. There are rows and rows of “meeting minutes” and “official correspondence,” along with a few stoic office plants doing their best to provide atmosphere. And in the middle of it all sits Christine Behret.

    “I love my job” it says on her keychain. She is the only woman in a leadership position in Hassloch city hall and she says she has been carrying around the keychain since her first day there. “I fought for this job,” Behret says. She describes herself as “a bit tough.”

    “We at the regulatory authority have a slightly different view of certain problems,” she says. “When a Sikh man shows up in your office, sits down on the floor and says he’s not going anywhere until he is allowed to cook in the hostel” – which isn’t allowed due to fire regulations – “then friendliness doesn’t get you very far. You have to pull out your English and affably throw him out. But you can never forget that you are dealing with a human being.”

    In her accounts, the phrase “we can do this” sounds mostly like a ton of work. Back in 2015, Behret says, she and her colleagues worked seven days a week. No public office, she continues, was prepared for the onslaught: They needed beds, food and doctors, despite the shortage of family practitioners in many rural areas of Germany. The first question to answer: centralized or decentralized accommodations? Hassloch chose a mixture of the two, which included a large hostel. Most of the refugees, though, were put up in 51 apartments that had been rented for the purpose. The asylum seekers were housed together according to complicated parameters, for which Christine Behret received additional training in “intercultural competence.” She said they learned such things as “women have no power in the places they come from, but here, women tell them what to do.” It is a sentence that has been part of the German migration debate for decades.

    Behret can provide a precise description of the asylum seekers in Hassloch using just a few sentences. She says they have “the entire spectrum” in the town, from a mathematics professor from Syria to others who can’t even write their own names. “The typical cases come by once a month to pick up their checks. For some of them, it’s enough. Others start working at McDonald’s at some point, or deliver packages for Amazon.”

    There was the alcoholic from Nigeria who shoplifted every day. “He was sent to us with no warning whatsoever. And no file,” Behret says. “How can something like that happen?” In that case, Tobias Meyer drove to the central reception center in the nearby town of Kusel to see what had happened. They then came by and picked the man up, she says.

    She tells the story of the man who died, yet couldn’t be buried because he had no birth certificate. “And if you haven’t been born, you can’t die.” In this room, focused on the administration of people, where everything is perfectly arranged, it is clear that she derives a certain amount of pleasure from such moments of turmoil.

    Behret’s main problem, though, is a different one: “We get the people faster than the files arrive. I don’t know if the person might have hepatitis, or tuberculosis, or scabies. We don’t have anything except their names, nationalities and dates of birth.”
    In the Bird Park

    There is a birdcage standing on a small blanket in Wilhelm Weidenbach’s living room. The bottom of the cage is lined with newspaper, with the brass-colored lattice rising above it. The door usually stands open. Weidenbach says that he taught his last parrot to sing German folk songs.

    Weidenbach, a 64-year-old retiree, has been in a wheelchair since suffering an accident and is the chairman of the Hassloch Club for the Protection and Care of Domestic and Foreign Birds. Every morning at 9 a.m., he heads over to the Hassloch Bird Park, one of the area’s places of interest.

    Last year, Hassloch was hit by a major storm that left the park in disarray. Together with a local group that helps asylum seekers, Weidenbach organized a day for volunteers to come and help out — and not long later, the municipality got in touch to ask if the asylum applicants would be willing to come by more regularly. The first of them came to the park just over two weeks ago, and they now work there three days a week for four hours at a time. On a recent Friday morning, they were busy with rakes and hoes at the duck enclosure: Ranj Suleiman, a Kurdish man from Iraq; Mohammad Ali Mozaffri from Afghanistan; and Aria Rahimzade from Iran — three of the 72 asylum applicants in Hassloch currently awaiting a ruling on their status.

    Suleiman was a computer technician, Mozaffri wanted to work in old-age care and Rahimzade had his sights set on becoming a hairdresser. All of those professions are in need, but because the Federal Office for Migration and Refugees (BAMF) hasn’t yet decided on whether they can stay or not, it is difficult for them to find real work. So the three of them rake detritus out of the enclosures for 80 cents an hour.

    Weidenbach says they’re doing a good job. Iran? Iraq? People are people, he says. All they have to do is follow the rules and show up on time. And it’s important for them to learn the language and speak German among themselves, he says, though they sometimes have trouble understanding the local dialect he speaks. In the courses they attend, they are learning high German.

    Mozaffri talks about how he got to Germany from Afghanistan three years ago: “Walking. Bicycle. Boat.”

    “Yes, necessity is the mother of invention,” Weidenbach jokes. The men likely would have laughed if they had understood him, but they didn’t. So Weidenbach repeats himself, slower and louder: “Ne-cess-i-ty is the MOTHER of in-ven-tion!”

    Now, the three start laughing, though they still haven’t understood him. No matter, they continue on to the emu enclosure, pushing their wheelbarrows past the parrots. Suleiman makes a face and jokes: “They speak better German than we do.”

    The municipality has bought a flat-roofed structure at the edge of town. Plastic chairs have been set up in the grass outside and there is hardly any natural light inside, with the only window being a skylight. A bit of carpeting hangs over the fence and it is quiet.

    This is where the levity from the aviary comes to an end. Suleiman, Mozaffri and Rahimzade live here, and there is a sign on every door inside covered in pictograms to illustrate all that is forbidden in the hostel: wall clocks, coffee machines, irons, hairdryers, washing machines, vacuums, cameras, telephones and computer monitors.

    The structure is home to around 30 asylum seekers. The metal bed belonging to Mozaffri can be found in the corner of Room 3, where the wall is covered with bits of paper bearing the German words he is currently learning. On the other side of a metal locker is another bed, belonging to a young Iraqi, whose asylum application has been rejected. He says that he grows afraid at night when he hears doors close and that he can’t bear living in the hostel for much longer. Indeed, it seems to be part of the concept to make it as uncomfortable as possible.

    At the end of June, decisions were pending on 43,617 asylum applications. BAMF works through the files, specialized lawyers file grievances, papers are intentionally hidden and replacement documents must be requested from Eritrea, Morocco and the many other countries from which the applicants come.

    The asylum applicants, such as the three that work in the Bird Park, are stuck in limbo. They have made it; they have arrived in Germany. But at the same time, they haven’t yet made it. They haven’t yet “done this.”
    Numbers

    In a survey conducted by BAMF, 44 percent of asylum seekers who participated reported having good or very good knowledge of the German language. Three-quarters of them felt welcome in Germany. But the phrase “we can do this” was primarily focused on the other side. Merkel was referring to the Germans.

    Andreas Rohr is a man knee-deep in statistics. There are no plants in his office and there is likewise little in the way of decoration. Rohr used to work as a treasurer in the town administration and has a business degree. He is a family man with a strong physique and a gray shirt that matches the textured walls around him. In 2015, he was the Hassloch bureaucrat responsible for the refugees, though today his portfolio includes daycare centers, leases and cultural activities. He is able to distill Hassloch’s ability to “do this” into columns of numbers.

    From an administrative point of view, Rohr says, Hassloch has indeed been successful. “In 2016, we spent around 550,000 euros ($630,000) on shelter costs and about 870,000 euros on benefits for the asylum applicants. We were reimbursed for all those costs by the administrative district. But the town was responsible for personnel costs and materials. We only had two part-time positions back then, but now we have four working in that division, and it was five at the peak. A full-time position costs 50,000 euros, so we’re talking about a quarter million per year at that time.”

    https://www.spiegel.de/international/germany/has-germany-done-this-a-look-at-the-refugee-crisis-five-years-later-a-68ebba
    #5_ans_après #2020 #crise_des_réfugiés #Allemagne #réfugiés #asile #migrations #in_retrospect #Merkel #we_can_do_it #wir_schaffen_das #économie

    ping @_kg_ @karine4 @isskein

  • German Ventilator Manufacturer: «Absolutely Mission Impossible» - DER SPIEGEL
    https://www.spiegel.de/international/germany/german-ventilator-manufacturer-absolutely-mission-impossible-a-549d1e18-8c21

    DER SPIEGEL: Why aren’t there enough masks out there?

    Dräger: When the crisis started, speculators quickly stepped in. They bought masks by the container, and are now selling them at extortionate prices. [...]

    #spéculation #masques #covid-19 #coronavirus #sars-cov2

  • Comment ont fait l’#Allemagne et la #Corée_du_Sud pour éviter le cadenassage de la population et par conséquent l’effondrement productif ?

    D’abord ce sont deux pays où le nombre de #lits de soin intensif est très élevé.


    https://www.latribune.fr/economie/france/covid-19-la-france-n-a-que-trois-lits-en-soins-intensifs-pour-1-000-habita

    Probablement parce que les élites françaises (les hauts fonctionnaires, les corps) n’ont aucune #formation_scientifique (merci les Grandes Ecoles), l’#urgence de produire des #tests en masse n’est pas apparue ici. En Allemagne oui :

    https://www.welt.de/vermischtes/article206504969/Coronavirus-Fast-20-000-Infektionen-in-Deutschland.html

    Pendant que la France lisait dans les entrailles de poulet, l’Allemagne pariait sur des tests en grand nombre permettant de conserver l’activité sociale du pays…

    Elle pariait aussi sur la #réquisition d’un palais des congrès pour isoler les malades :
    https://www.berlin.de/special/gesundheit-und-beauty/nachrichten/berlin/6114250-5504681-coronavirus-krankenhaus-auf-messegelaend.html

    A nouveau, on ne peut que constater la pertinence de la politique de prévention opérée et la capacité de production qui va avec, et une recherche qui tourne. Or leur système idéologique est identique.

    La médiocrité du personnel politique et de la haute fonction publique ?

    « L’école, la caste, la tradition, avaient bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur. » (L’Etrange Défaite, Marc Bloch).

    La France paye le vieil héritage technocratique napoléonien qui tient les #élites éloignées de la #science et du #raisonnement.

    https://twitter.com/Gjpvernant/status/1241136586454155264
    #soins_intensifs #système_de_santé #hôpitaux #France #dépistage

    ping @reka @fil @simplicissimus

    • En gardant l’esprit :

      – l’évolution en Allemagne suit apparemment une courbe exponentielle comme ailleurs, mais peut-être avec plusieurs jours de retard. Comme il est difficile de comparer le nombre de cas positifs entre un pays qui teste et un pays qui ne teste presque pas, au moins on peut regarder le nombre de décès :

      I y a eu 68 morts en Allemagne hier, contre 78 en France (et, certes, 108 le jour précédent).

      – aujourd’hui même un article avertissant que le système hospitalier allemand risquait d’être submergé d’ici 10 à 15 jours :

      Germany : The Big Wave of Corona Cases Will Hit Hospitals in 10 to 14 Days
      https://www.spiegel.de/international/germany/the-big-wave-of-corona-cases-will-hit-german-hospitals-in-10-to-14-days-a-45

      The bad news is that large parts of this system are already overwhelmed. Depending on how fast the number of infections increases in the days and weeks to come, we could experience a collapse and failure of the system. And it will be deemed to have failed if people have to die because of a shortage in staff, beds and equipment — and not because this illness is incurable.

      […]

      In recent days, a chief physician from the Rhineland had to admit to a colleague that he only has seven ventilators at his hospital. He said he needs 13 in order to get through a major wave of serious infections.

      And that wave will come - that much is certain. “We expect that things will really heat up in the next two weeks, also here in Germany,” says Axel Fischer, managing director of the München Klinik, a Munich-based chain of hospitals. His hospital treated the first patients infected with the coronavirus in January. He fears the crisis will have a "massive impact.”

      The coronavirus is mercilessly exposing the problems that have been burdening the German health-care system for years: the pitfalls of profit-driven hospital financing. The pressure to cut spending. The chronic shortage of nursing staff. The often poor equipping of public health departments. The lag in digitalization.

      "We are preparing for imminent catastrophe,” says Rudolf Mintrop, head of the Dortmund Klinikum, the city’s main hospital. He calculates that the wave of sick will hit hospitals at full force in 10 to 14 days. The chancellor has warned that German hospitals will be “completely overwhelmed” if too many patients with serious coronavirus infections have to be admitted within a very short period.

    • #Coronavirus : en #Allemagne, le faible taux de mortalité interroge
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/21/en-allemagne-le-faible-taux-de-mortalite-interroge_6033957_3244.html

      Dans un premier temps, il est possible que le grand nombre de tests pratiqués ait introduit un biais statistique. Par rapport à l’Italie, où la plupart des personnes détectées positives sont âgées et présentent déjà des problèmes de santé, l’Allemagne compte davantage d’individus plus jeunes et moins vulnérables parmi ceux qui se sont fait tester. En Italie, l’âge moyen des malades est de 63 ans. En Allemagne, il est de 47 ans. Le virus tuant très majoritairement les personnes âgées, le fait qu’il ait été détecté chez nombre de personnes assez jeunes explique pourquoi le taux de létalité enregistré jusqu’à présent outre-Rhin est si faible.

      #paywall

    • Le Financial Times évoque « une anomalie du coronavirus » en Allemagne - Sputnik France
      https://fr.sputniknews.com/sante/202003211043347643-le-financial-times-evoque-une-anomalie-du-coronav

      « C’est difficile à démêler (...) Nous n’avons pas de vraie réponse et c’est probablement une combinaison de différents facteurs », a indiqué Richard Pebody, responsable à l’OMS.

    • En Allemagne, le faible taux de mortalité interroge

      Outre-Rhin, un grand nombre de tests a été pratiqué de manière précoce par rapport au degré d’avancement de l’épidémie.

      Chaque matin, quand l’institut de santé publique Robert-Koch publie les chiffres de l’épidémie de Covid-19 en Allemagne, le constat est à la fois alarmant, rassurant et intrigant. Alarmant car le nombre de malades augmente tous les jours un peu plus vite outre-Rhin. Rassurant car celui des morts y est toujours particulièrement bas. Intrigant car l’écart considérable entre les deux courbes pose la question d’une singularité allemande qui reste en partie énigmatique.

      Avec 13 957 cas de coronavirus répertoriés par l’institut Robert-Koch, l’Allemagne était, vendredi 20 mars, le cinquième pays le plus touché après la Chine, l’Italie, l’Espagne et l’Iran. Avec 31 décès, en revanche, elle restait loin derrière plusieurs autres comptant pourtant moins de personnes détectées, comme la Corée du Sud (8 652 cas, 94 morts) ou le Royaume-Uni (4 014 cas, 177 décès). Le taux de létalité au Covid-19, calculé en divisant le nombre de morts par celui des malades repérés, est actuellement de 0,3 % en Allemagne, contre 3,6 % en France, 4 % en Chine et 8,5 % en Italie.

      Pourquoi un taux si faible ? L’explication tiendrait au grand nombre de tests ainsi qu’à leur précocité par rapport au degré d’avancement de l’épidémie. Selon la Fédération allemande des médecins conventionnés, 35 000 personnes ont été testées dans la semaine du 2 mars, alors qu’aucun mort n’avait encore été répertorié outre-Rhin, et 100 000 pendant la suivante, lors de laquelle ont été enregistrés les premiers décès. A ces chiffres s’ajoutent ceux des tests réalisés dans les hôpitaux et cliniques, qui ne sont pas connus.

      Lors de son point-presse quotidien, mercredi, le président de l’institut Robert-Koch, Lothar Wieler, a annoncé que l’Allemagne pouvait dépister désormais 160 000 personnes par semaine, soit presque autant que celles testées en Italie jusqu’à présent. « Depuis le début, nous avons encouragé les médecins à tester les personnes présentant des symptômes, ce qui nous a permis d’intervenir alors que l’épidémie était encore dans une phase peu avancée en Allemagne », avait expliqué M. Wieler, le 11 mars. Seuls trois décès liés au Covid-19 avaient alors été répertoriés en Allemagne.

      Dans un premier temps, il est possible que le grand nombre de tests pratiqués ait introduit un biais statistique. Par rapport à l’Italie, où la plupart des personnes détectées positives sont âgées et présentent déjà des problèmes de santé, l’Allemagne compte davantage d’individus plus jeunes et moins vulnérables parmi ceux qui se sont fait tester. En Italie, l’âge moyen des malades est de 63 ans. En Allemagne, il est de 47 ans. Le virus tuant très majoritairement les personnes âgées, le fait qu’il ait été détecté chez nombre de personnes assez jeunes explique pourquoi le taux de létalité enregistré jusqu’à présent outre-Rhin est si faible.

      Même s’ils espèrent que cette détection à grande échelle a incité ceux qui se savaient porteurs du virus de s’isoler pour éviter d’en contaminer d’autres, les spécialistes ne se font guère d’illusion dans un pays où les écoles et la plupart des commerces ont été fermés cette semaine mais où la population n’est pas encore confinée, sauf en Bavière et dans la Sarre depuis samedi 21 mars. Or, la vitesse de progression de l’épidémie s’accélère rapidement en Allemagne, où le nombre de cas double tous les deux jours, une croissance qualifiée d’ « exponentielle » par le président de l’institut Robert-Koch.

      « Nous n’allons pas pouvoir augmenter notre capacité en tests aussi vite que l’épidémie progresse, explique Christian Drosten, chef du département de virologie à l’hôpital de la Charité, à Berlin, dans entretien à Die Zeit, paru vendredi. Une partie de ceux qui sont déjà malades vont mourir du Covid-19. Ensuite, puisque nous ne pourrons plus tester tout le monde, nous n’aurons plus tout le monde dans les statistiques. Le taux de létalité va alors augmenter. On aura l’impression que le virus est devenu plus dangereux (...). Cela va seulement refléter ce qui se passe déjà, à savoir que nous passons à côté de plus en plus de cas d’infections. »

      Respirateurs artificiels

      Si les spécialistes s’accordent pour dire que le très faible taux de létalité au Covid-19 va bientôt augmenter en Allemagne, nul ne sait, en revanche, jusqu’où il augmentera. La réponse dépendra de la capacité du système de santé à résister à la vague de nouveaux cas qui s’annonce. Pour cela, l’Allemagne mise d’abord sur ses 28 000 lits de soins intensifs, soit 6 pour 1 000 habitants, ce qui la classe au 3e rang mondial derrière le Japon et la Corée du Sud, très loin devant la France (3,1 pour 1 000, 19e rang) ou l’Italie (2,6 pour 1 000, 24e).

      Le deuxième facteur-clé est le nombre de respirateurs artificiels. Le gouvernement allemand vient d’en commander 10 000 à l’entreprise Dräger, mais ce n’est qu’à la fin de l’année que la plupart seront livrés. Sur ce point, le virologue Christian Drosten, qui s’est imposé comme l’expert de référence sur le Covid-19 grâce à son podcast vidéo quotidien, est plus sceptique.

      S’il salue le plan d’urgence annoncé, mercredi, par le gouvernement, qui prévoit notamment l’installation d’unités de soins intensifs dans des hôtels et des centres de congrès, il craint qu’il n’arrive bien tard alors que l’Allemagne, selon lui, « devra au moins doubler ses capacités pour pouvoir ventiler tous ceux qui en auront besoin .

      @kassem : j’ai trouvé ce texte dans la base de données mise à disposition par mon université... le titre est le même, mais le contenu un peu différent...

    • l’Allemagne mise d’abord sur ses 28 000 lits de soins intensifs, soit 6 pour 1 000 habitants,

      6 pour mille pour 83 millions d’habitants ça fait 498000 lits de soins intensifs.

      « Le Monde » confond lits de soins intensifs (6 pour 1 000 habitants ) et lits de réanimation (28000 lits).

    • L’Allemagne frappe par le nombre plutôt faible de décès liés au Covid-19

      Depuis le début de la crise du nouveau coronavirus, une chose est frappante en Allemagne : le nombre de décès dus à la pandémie est extrêmement bas. Plusieurs explications sont avancées, dont le nombre de tests réalisés.

      Le nombre de cas confirmés de contamination atteint 36’508 jeudi en Allemagne, selon les chiffres annoncés par l’institut Robert-Koch (autorité fédérale de la Santé). Le nombre de morts s’élève désormais à 198 pour une population d’environ 83 millions d’habitants.

      La pandémie progresse donc dans le pays, mais moins qu’ailleurs. Le ministère allemand de la Santé dit qu’il ne faut pas surinterpréter cette situation, mais le phénomène peut s’expliquer par plusieurs facteurs.
      Politique de tests précoce

      En premier lieu, l’Allemagne teste beaucoup de monde. Avec désormais 500’000 tests par semaine, c’est le deuxième pays derrière la Corée du Sud à pratiquer cette politique. Et Berlin l’a fait très tôt dans l’épidémie, ce qui a permis d’imposer plus de quarantaines, donc de barrières au virus.

      Une deuxième explication avancée est liée aux capacités d’accueil dans les hôpitaux : il y a plus de lits en soins intensifs avec assistance respiratoire qu’en France ou en Italie, et le système sanitaire n’est pas encore débordé. Tous les patients peuvent donc être correctement soignés.

      Troisième facteur qui semble jouer un rôle : les personnes atteintes sont en majorité des jeunes entre 20 et 50 ans. Il y a eu un nombre important de contaminations en février dans les régions de ski, en Autriche et dans le nord de l’Italie où vont beaucoup d’Allemands. Cela concernait donc des gens plutôt jeunes et en bonne santé, qui ont sans doute mieux résisté au virus.
      Juste un calendrier décalé ?

      Mais tout cela ne fait pas pour autant de l’Allemagne une exception. Le calendrier de l’épidémie a quelques jours de retard par rapport à la Suisse, l’Italie, l’Espagne et même la France. La vague se prépare ici aussi. Il y a également beaucoup de personnes âgées en Allemagne qui risquent d’être touchées dans les semaines qui viennent. Donc la situation pourrait bien s’aggraver.

      https://www.rts.ch/info/monde/11197940-lallemagne-frappe-par-le-nombre-plutot-faible-de-deces-lies-au-covid19.

    • A German Exception? Why the Country’s Coronavirus Death Rate Is Low

      The pandemic has hit Germany hard, with more than 92,000 people infected. But the percentage of fatal cases has been remarkably low compared to those in many neighboring countries.

      They call them corona taxis: Medics outfitted in protective gear, driving around the empty streets of Heidelberg to check on patients who are at home, five or six days into being sick with the coronavirus.

      They take a blood test, looking for signs that a patient is about to go into a steep decline. They might suggest hospitalization, even to a patient who has only mild symptoms; the chances of surviving that decline are vastly improved by being in a hospital when it begins.

      “There is this tipping point at the end of the first week,” said Prof. Hans-Georg Kräusslich, the head of virology at University Hospital in Heidelberg, one of Germany’s leading research hospitals. “If you are a person whose lungs might fail, that’s when you will start deteriorating.”

      Heidelberg’s corona taxis are only one initiative in one city. But they illustrate a level of engagement and a commitment of public resources in fighting the epidemic that help explain one of the most intriguing puzzles of the pandemic: Why is Germany’s death rate so low?

      The virus and the resulting disease, Covid-19, have hit Germany with force: According to Johns Hopkins University, the country had more than 92,000 laboratory-confirmed infections as of midday Saturday, more than any other country except the United States, Italy and Spain.

      But with 1,295 deaths, Germany’s fatality rate stood at 1.4 percent, compared with 12 percent in Italy, around 10 percent in Spain, France and Britain, 4 percent in China and 2.5 percent in the United States. Even South Korea, a model of flattening the curve, has a higher fatality rate, 1.7 percent.

      “There has been talk of a German anomaly,” said Hendrik Streeck, director of the Institute of virology at the University Hospital Bonn. Professor Streeck has been getting calls from colleagues in the United States and elsewhere.

      “‘What are you doing differently?’ they ask me,” he said. “‘Why is your death rate so low?’”

      There are several answers experts say, a mix of statistical distortions and very real differences in how the country has taken on the epidemic.

      The average age of those infected is lower in Germany than in many other countries. Many of the early patients caught the virus in Austrian and Italian ski resorts and were relatively young and healthy, Professor Kräusslich said.

      “It started as an epidemic of skiers,” he said.

      As infections have spread, more older people have been hit and the death rate, only 0.2 percent two weeks ago, has risen, too. But the average age of contracting the disease remains relatively low, at 49. In France, it is 62.5 and in Italy 62, according to their latest national reports.

      Another explanation for the low fatality rate is that Germany has been testing far more people than most nations. That means it catches more people with few or no symptoms, increasing the number of known cases, but not the number of fatalities.

      “That automatically lowers the death rate on paper,” said Professor Kräusslich.

      But there are also significant medical factors that have kept the number of deaths in Germany relatively low, epidemiologists and virologists say, chief among them early and widespread testing and treatment, plenty of intensive care beds and a trusted government whose social distancing guidelines are widely observed.

      Testing

      In mid-January, long before most Germans had given the virus much thought, Charité hospital in Berlin had already developed a test and posted the formula online.

      By the time Germany recorded its first case of Covid-19 in February, laboratories across the country had built up a stock of test kits.

      “The reason why we in Germany have so few deaths at the moment compared to the number of infected can be largely explained by the fact that we are doing an extremely large number of lab diagnoses,” said Dr. Christian Drosten, chief virologist at Charité, whose team developed the first test.

      By now, Germany is conducting around 350,000 coronavirus tests a week, far more than any other European country. Early and widespread testing has allowed the authorities to slow the spread of the pandemic by isolating known cases while they are infectious. It has also enabled lifesaving treatment to be administered in a more timely way.

      “When I have an early diagnosis and can treat patients early — for example put them on a ventilator before they deteriorate — the chance of survival is much higher,” Professor Kräusslich said.

      Medical staff, at particular risk of contracting and spreading the virus, are regularly tested. To streamline the procedure, some hospitals have started doing block tests, using the swabs of 10 employees, and following up with individual tests only if there is a positive result.

      At the end of April, health authorities also plan to roll out a large-scale antibody study, testing random samples of 100,000 people across Germany every week to gauge where immunity is building up.

      One key to ensuring broad-based testing is that patients pay nothing for it, said Professor Streeck. This, he said, was one notable difference with the United States in the first several weeks of the outbreak. The coronavirus relief bill passed by Congress last month does provide for free testing.

      “A young person with no health insurance and an itchy throat is unlikely to go to the doctor and therefore risks infecting more people,” he said.

      Tracking

      On a Friday in late February, Professor Streeck received news that for the first time, a patient at his hospital in Bonn had tested positive for the coronavirus: A 22-year-old man who had no symptoms but whose employer — a school — had asked him to take a test after learning that he had taken part in a carnival event where someone else had tested positive.

      In most countries, including the United States, testing is largely limited to the sickest patients, so the man probably would have been refused a test.

      Not in Germany. As soon as the test results were in, the school was shut, and all children and staff were ordered to stay at home with their families for two weeks. Some 235 people were tested.

      “Testing and tracking is the strategy that was successful in South Korea and we have tried to learn from that,” Professor Streeck said.

      Germany also learned from getting it wrong early on: The strategy of contact tracing should have been used even more aggressively, he said.

      All those who had returned to Germany from Ischgl, an Austrian ski resort that had an outbreak, for example, should have been tracked down and tested, Professor Streeck said.

      A Robust Public Health Care System

      Before the coronavirus pandemic swept across Germany, University Hospital in Giessen had 173 intensive care beds equipped with ventilators. In recent weeks, the hospital scrambled to create an additional 40 beds and increased the staff that was on standby to work in intensive care by as much as 50 percent.

      “We have so much capacity now we are accepting patients from Italy, Spain and France,” said Prof. Susanne Herold, the head of infectiology and a lung specialist at the hospital who has overseen the restructuring. “We are very strong in the intensive care area.”

      All across Germany, hospitals have expanded their intensive care capacities. And they started from a high level. In January, Germany had some 28,000 intensive care beds equipped with ventilators, or 34 per 100,000 people. By comparison, that rate is 12 in Italy and 7 in the Netherlands.

      By now, there are 40,000 intensive care beds available in Germany.

      Some experts are cautiously optimistic that social distancing measures might be flattening the curve enough for Germany’s health care system to weather the pandemic without producing a scarcity of lifesaving equipment like ventilators.

      “It is important that we have guidelines for doctors on how to practice triage between patients if they have to,” Professor Streeck said. “But I hope we will never need to use them.”

      The time it takes for the number of infections to double has slowed to about eight days. If it slows a little more, to between 12 and 14 days, Professor Herold said, the models suggest that triage could be avoided.

      “The curve is beginning to flatten,” she said.

      Trust in Government

      Beyond mass testing and the preparedness of the health care system, many also see Chancellor Angela Merkel’s leadership as one reason the fatality rate has been kept low.

      Ms. Merkel has communicated clearly, calmly and regularly throughout the crisis, as she imposed ever-stricter social distancing measures on the country. The restrictions, which have been crucial to slowing the spread of the pandemic, met with little political opposition and are broadly followed.

      The chancellor’s approval ratings have soared.

      “Maybe our biggest strength in Germany,” said Professor Kräusslich, “is the rational decision-making at the highest level of government combined with the trust the government enjoys in the population.”

      https://www.nytimes.com/2020/04/04/world/europe/germany-coronavirus-death-rate.html?action=click&module=Top%20Stories&pgtyp

      via @fil

  • Why Most Syrian Refugees Want to Stay in Germany

    Islamic State has been conquered and the war has ended in large parts of Syria, but most Syrian refugees living in Germany want to stay. Many fear persecution if they go back while others have already established themselves in their new home.

    https://www.spiegel.de/international/germany/most-syrian-refugees-want-to-stay-in-germany-a-1275389.html#ref=rss
    #Allemagne #réfugiés #asile #migrations #réfugiés_syriens #retour_au_pays #droit_de_rester