Oman, ce médiateur discret des crises du Moyen-Orient - Moyen-Orient

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  • Oman, ce médiateur discret des crises du Moyen-Orient
    Par Aurore Lartigue Publié le 09-07-2019
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    Adepte d’une diplomatie ouverte, le sultanat est devenu un intermédiaire privilégié dans une région où les tensions sont permanentes.

    Le 26 juin dernier, Oman annonçait son intention d’ouvrir une ambassade en Cisjordanie. Une déclaration qui illustre bien la politique d’Oman. Après avoir reçu en octobre dernier le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Mascate, il s’agissait probablement là de « rééquilibrer la balance diplomatique », commente Maxime Onfray, spécialiste du Moyen-Orient et auteur d’une série d’articles consacrés à la géopolitique d’Oman. De réaffirmer que son rôle est « toujours celui de médiateur et qu’il ne s’agit pas de prendre parti pour l’un contre l’autre », abonde Agnès Levallois, vice-présidente de l’Institut de recherche et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (IReMMO). Une façon pour Oman de se replacer, comme à son habitude, bien au centre de l’échiquier diplomatique.
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    « La position d’Oman a fait sa singularité », analyse Hasni Abidi*, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM). Le petit pays est « entouré de deux poids lourds : l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, et en face une autre puissance, l’Iran ».
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    Rester au-dessus de la mêlée, sans se rallier officiellement à l’un des « camps ». « Avoir une politique étrangère indépendante dans une région où tout le monde doit se soumettre à celle menée par l’Arabie saoudite », pointe Hasni Abidi, c’est tout l’enjeu pour Mascate. Comme en 2017 lorsque Oman a dit non à Riyad qui lui demandait de participer au blocus contre le Qatar. Le sultanat a aussi été le seul pays arabe de la région à avoir refusé de prendre part à la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen contre les rebelles houthis.
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    « La position omanaise sur le conflit israélo-palestinien, rappelle le spécialiste Marc Valeri, est déterminée par la nécessité absolue de conserver de bonnes relations avec les protecteurs internationaux du sultanat que sont la Grande-Bretagne et les États-Unis ». Ex-protectorat de la première, Oman a signé de multiples accords de défense avec les seconds.

    Car Oman occupe une position stratégique. Grâce à l’« exclave » de Musandam, le petit État contrôle - avec l’Iran - le détroit d’Ormuz par où transite chaque année plus du tiers du pétrole mondial.

    Oman a rendu d’« énormes services à des grandes puissances dans la région », rappelle Hasni Abidi. On ne compte plus les prisonniers et otages qui ont recouvré la liberté par les grâces d’une médiation omanaise. Quand des randonneurs américains avaient été arrêtés en Iran et détenus plus de deux ans jusqu’en 2011, c’est l’État omanais qui s’était acquitté de la caution ayant permis de dénouer l’affaire. En 2018 encore, lors de la libération du navigateur français Alain Goma, enlevé au Yémen, Paris n’avait pas manqué de remercier le sultanat pour son « engagement décisif ». (...)

    #Oman