Françoise Dolto et la révision du code pénal sur la sexualité des grands mineurs

/fd-code-penal-crp.html

  • Alors sujet casse-gueule, mais allons-y : je vois déjà passer un communiqué de la France insoumise « Qui est Michel Barnier », reprenant une affirmation de Têtu l’accusant d’homophobie, et qui circule déjà énormément :
    « Il a voté contre la décriminalisation de l’homosexualité en 1981 ».

    Il me bien que non : il a voté contre l’amendement qui alignait l’âge de la majorité sexuelle des pour les relations homosexuelles (alors à 18 ans) et hétérosexuelles (15 ans). Les raisons du vote contre cet amendement sont, de manière assez transparente, homophobes (le texte introduisant cette discrimination contre les homosexuels avait été décrété sous Pétain), mais ça n’est tout de même pas du tout la même chose que de voter « contre la décriminalisation de l’homosexualité ».

    Article de 2018 sur le même sujet (mais à propos de Fillon) :
    https://www.liberation.fr/checknews/2018/06/18/l-homosexualite-a-t-elle-ete-depenalisee-en-1791-ou-en-1982_1660079

    François Fillon avait-il raison, quand il dit que ce n’est pas l’homosexualité qui a été dépénalisée en 1982 ? Régis Revenin explique : « en 1982, c’est la fin de cette discrimination dans l’âge de “majorité sexuelle” entre relations entre personnes de sexe opposé (15 ans) et de même sexe (21 ans jusqu’en 1974, 18 ans depuis 1974, car la majorité civile avait été abaissée sous VGE) qui a été supprimée. Donc il ne s’agit toujours pas au sens strict, en 1982, de “dépénalisation” de l’homosexualité, mais de mettre au même âge la “majorité sexuelle” pour tout le monde. »

    Une interprétation que partage aussi Thierry Pastorello : « en 1982 on retire l’alinéa de l’article 331 de l’Ancien Code pénal qui doublait la peine en cas de détournement de mineur au titre de délit contre nature mais ceci n’était valable que dans ce cas précis. L’homosexualité en soi n’était pas condamnable. » L’alinéa 2 de l’article 331 du Code pénal prévoyait l’incrimination « de quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe ».

    Article auquel a répondu Têtu (février 2024) :
    https://tetu.com/2024/02/13/histoire-gay-lgbt-depenalisation-homosexualite-france-1791-ou-1982

    Et franchement, est-ce que la gauche a très envie de retourner là-dessus ? Parce que certes c’était une culture war pour la droite, mais ça l’était aussi pour une partie de la gauche, et le débat de la fin des années 70 a été lourdement marqué par des outrances pro-pédophiles indéfendables. À commencer par la fameuse pétition du Monde de 1977 rédigée par Gabriel Matzneff sur l’Affaire de Versailles.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Matzneff

    Le 26 janvier 1977, Gabriel Matzneff rédige un appel demandant au tribunal, à la veille de leur procès, de libérer trois hommes en détention préventive depuis trois ans et deux mois et inculpés d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, les signataires pensant qu’il n’y a eu que baisers et caresses, en raison du secret de l’instruction : c’est l’affaire de Versailles. Le texte est publié dans les pages « tribunes libres » du journal Le Monde puis le lendemain dans Libération, mais Gabriel Matzneff n’apparaît pas comme son auteur.

    […]

    Le 23 mai de la même année, lorsque le jugement de l’affaire de Versailles est rendu, les signataires du texte de janvier en signent un second, plus prudent, qui tente de relativiser la portée du premier, en mettant surtout l’accent sur le fait que la majorité sexuelle est à 18 ans pour les homosexuels contre 15 ans pour les hétérosexuels, afin de demander la fin de cette discrimination. C’est seulement en 1982 que la loi abolira cette discrimination, conformément à une promesse de campagne présidentielle de François Mitterrand.

    Gabriel Matzneff signe — avec notamment Jean-Paul Sartre, Philippe Sollers, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Françoise Dolto, Jacques Derrida, Louis Althusser, Jean-Louis Bory, Gilles Deleuze, Michel Foucault et Christiane Rochefort — une lettre ouverte à la commission de révision du code pénal. Des extraits sont publiés par le journal Le Monde68, qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition68. Le journal mentionne l’affaire de Versailles, dont le verdict vient d’être rendu, cinq ans de prison avec sursis68. Les signataires « demandent que le dispositif pénal soit allégé, pour que de telles affaires, aujourd’hui passibles de la cour d’assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »69.

    […]

    Ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte […] qui les placera ensuite en porte-à-faux », expliquera en 2007 l’historien Jean-François Sirinelli73, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l’un à l’autre74.

    Pour être clair, le débat demandant la fin de la discrimination sur l’âge du consentement pour les jeunes homosexuels est très marqué par la « Lettre ouverte à la commission de révision du code pénal sur la sexualité des grands mineurs » de 1977 :
    https://www.dolto.fr/fd-code-penal-crp.html
    Or cette lettre contient des considérations plus générales sur le consentement des mineurs, dont je ne doute pas qu’ils ont renforcé l’opposition (ou servi d’alibi à l’homophobie) de la droite, considérations totalement indéfendables aujourd’hui :

    Mais surtout, par delà le cas des accusés, l’affaire des Yvelines, jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle.

    C’est là un problème de société. Il appartient à la Commission de Révision du Code Pénal d’y apporter la réponse de notre temps, puisque c’est elle qui est chargée de proposer au Gouvernement des textes rajeunis et actuels, qui devront ensuite être soumis au Parlement.

    Les signataires de la présente lettre considèrent que l’entière liberté des partenaires d’une relation sexuelle est la condition nécessaire et suffisante de la licéité de cette relation.

    […]

    Les signataires de la présente lettre dénoncent l’iniquité et le caractère discriminatoire de l’article 331 §3 du Code Pénal. Ils estiment que ce texte doit être abrogé, comme ont été heureusement abrogés les textes réprimant l’adultère, l’interruption de grossesse, et les pratiques anticonceptionnelles. Ils estiment, enfin, de façon plus générale, que les dispositions prétendant à une « protection » de l’enfance et de la jeunesse, comme l’article 334-1 concernant « l’incitation de mineurs à la débauche », qui peut permettre d’incluper toute personne « favorisant » ou « facilitant » des rapports sexuels entre mineurs, ou l’article 356 concernant le « détournement de mineurs », sont, de même que l’article 331, de plus en plus incompatibles avec l’évolution de notre société, justifiant des tracasseries et des contrôles purement policiers, et doivent être abrogés, ou profondément modifiés, dans le sens d’une reconnaissance du droit de l’enfant et de l’adolescent à entretenir des relations avec des personnes de son choix.

    Ce dont on a déjà discuté ici :
    https://seenthis.net/messages/818757
    https://seenthis.net/messages/817814

    Question qui a resurgit avec la plaque rendant hommage à Guy Hocquenghem. Par exemple l’éditorial de Frédéric Martel (septembre 2020) : Pourquoi la mairie de Paris n’aurait jamais dû rendre hommage au militant homosexuel Guy Hocquenghem
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/pourquoi-la-mairie-de-paris-n-aurait-jamais-du-rendre-hommage-au-militan

    Il est vrai qu’entre 1974 et 1982, une injuste différence de majorité sexuelle suscitait la colère des activistes homosexuels : elle était fixée à 15 ans pour les hétérosexuels mais à 18 ans pour les homosexuels (article 331-2 du code pénal). Conformément à une promesse de campagne, François Mitterrand et son garde des Sceaux Robert Badinter ont abrogé cet article à l’été 1982, une seule majorité sexuelle étant désormais fixée pour tous à 15 ans.

    Jusqu’en 1982, des intellectuels pouvaient donc légitimement pétitionner pour demander un abaissement de la majorité homosexuelle à 15 ans, ce qui fut le cas de Michel Foucault, Simone de Beauvoir, Roland Barthes et tant d’autres. Durant ces années, des militants « pro-pédophiles » (cela existait à l’époque, y compris avec des journaux et des guides spécialisés) se joignaient à eux. Activistes gays et militants « pro-pédophiles » (je pense ici encore à l’universitaire René Schérer ainsi qu’à Gabriel Matzneff, parmi d’autres) faisaient donc « pétition commune ». Après 1982-1983, cela ne fut plus possible. Les deux groupes se séparèrent : les militants gays cessant de défendre un abaissement de majorité sexuelle ; les autres, continuant leur combat en étant de plus en plus marginalisés. Gabriel Matzneff est évincé du journal Le Monde, Guy Hocquenghem l’a été un peu plus tôt de Libération.

    Comme si on manquait d’éléments à charge parfaitement incontestables contre Barnier, pour aller chercher un truc approximatif que la droite va s’empresser de nous retourner dans la tronche avec des vieilles citations de Cohn-Bendit et se prévaloir d’une culture war dont elle sait parfaitement profiter (et cette fois sans même avoir à lancer le sujet).

  • Liste vérifiée des signataires pro pédosexuels publiée le 23 mai #1977 dans Le Monde
    Recherches pour https://seenthis.net/messages/817814

    LETTRE OUVERTE A LA COMMISSION DE REVISION DU
    CODE PENAL POUR LA REVISION DE CERTAINS TEXTES
    LEGISLATIFS REGISSANT LES RAPPORTS ENTRE
    ADULTES ET MINEURS.

    Extraction réalisée à partir de

    Louis Althusser, secrétaire général de L’ENS rue d’Ulm
    Dennis Altman, écrivain
    Jean-Paul Aron, Professeur à L’Ecole pratique des Hautes Etudes
    Claude Bardos, Professeur à l’Université de Paris Nord
    Roland Barthes, Professeur au Collège de France
    André Baudry, Directeur d’Arcadie
    Simone de Beauvoir, écrivain
    Pasteur G.Berner, Président du Consistoire de Paris-Nord
    Jean-Claude Besret, ancien Prieur de l’Abbaye de Boquen
    Docteur Boegner,psychiatre au CHS de Fleury-les-Aubrais
    Michel Bon, psycho-sociologue
    Jean-Louis Bory, écrivain
    Bertrand Boulin, éducateur
    Christian Bourgois, éditeur
    Christine Buci-Glucksmann, Professeur agrégée
    Docteur Cabrol, psychiatre
    Docteur Challou, psychiatre au CHS de Fleury-les-Aubrais
    François Chatelet, Professeur à l’Université de Paris VIII
    Patrice Chéreau, metteur en scéne
    Jean-Pierre Colin, Professaur à l’Université de Reims
    Copi, dessinateur, écrivain
    Alain Cuny, acteur
    Fanny Deleuze
    Gilles Deleuze, Professeur à l’Université de Paris VIII
    Jacgues Derrida, Professeur à L’ENS rue d’Ulm
    Dominique Desanti, écrivain
    Jean-Toussaint Desanti, Professeur à l’Université de Paris I
    Françoise Dolto, neuro-psychiatre, psychanalyste
    Bernard Dort, Professeur a l’Universite de Paris III
    Françoise d’Eaubonne, écrivain
    Docteur Maurice Eme, psychiatre, Chef de service à l’Hopital de Beaumont Sur Oise
    Michel Foucault, Professeur au Collège de France
    Docteur Pierrette Garreau, pédiatre
    Philippe Gavi, journaliste
    Docteur R.Gentis, psychiatre
    André Glucksmann, attaché au CNRS
    Renaud Goyon, plasticien
    Félix Guattari, psychanalyste
    Daniel Guérin, écrivain
    Pierre Hahn, journaliste
    Jean-Luc Hennig, Journaliste
    Christian Hennion, journaliste
    Guy Hocquenghem, chargé de cours à l’Université de Paris VIII
    Roland Jaccard, psychanalyste
    Pierre Klossowski, écrivain
    Anne Laborit, Directrice d’Ecole
    Madeleine Laïk, Psychologue
    Georges Lapassade, Professeur à l’Université de Paris VIII
    Dominique Lecourt, assistant à L’Université d’Amiens
    Jacques Lefort, Chargé de recherches au CNRS
    Michel Leiris, Conservateur du Musée de l’Homme
    Michel Lobrot, Professeur à l’Université de Paris VIII
    Jean-François Lyotard, Professeur à L’Université de Paris VIII
    Michel Mardore, cinéaste
    Dionys Mascolo, écrivain
    Gabriel Matzneff, écrivain
    Docteur Michel Meignant, psychiatre, sexologue
    Gérard Molina, Professeur agrégé
    Vincent Monteil, professeur à l’Université de Paris VII, médaillé de la résistance
    Docteur Bernard Muldworf, psychiatre, médecin des Hopitaux
    Nicole Nicolas
    Docteur Jean Nicolas, gynécologue-accoucheur
    Marc Pierret, écrivain
    Jacques Ranciére, maitre-assistant a l’Université de Paris VIII
    Claude Revault d’Allonnes, professeur de psychologie sociale a l’Université de Paris VII
    Olivier Revault d’Allonnes, Professeur à l’Université de Paris I
    Jean Ristat, écrivain
    Christiane Rochefort, écrivain
    Alain Robbe-Grillet, écrivain
    Gilles Sandier, critique dramatique
    Jean-Paul Sartre, écrivain
    Renée Saurel, critique dramatique
    René Schérer, professeur à l’Université de Paris VIII
    Docteur Séguier, psychiatre au CHS de Fleury les Aubrais
    Docteur Pierre Simon, gynécologue-accoucheur
    Philippe Sollers, écrivain
    Victoria Thérame, écrivain
    Docteur Torrubia, psychiatre au CHS de Fleury-les Aubrais
    Héléne Védrine, professeur à l’Universite de Paris I
    Docteur Frits Bernard, psycho sexologue Rotterdam

    1 corrections orthographique apportée
    dernier nom, Frits et non Fritz

    • @mad_meg je publie ici le texte originel de 1977 que j’ai moi même extrait (OCR + corrections manuelles) d’une source image vérifiée.
      Il me semble absolument nécessaire de vérifier par nous mêmes et de publier ce travail (qui est long).
      Par exemple, cette liste circule sans la signature de Renée Saurel, critique dramatique, omise de la plupart des recopies. D’autre part les activités qui y sont déclarées pour chacun·e ne sont jamais mentionnées correctement, pourtant c’est une base textuelle absolument nécessaire pour faire ensuite des recherches fiables.

      Merci de comprendre que je n’ajoute rien ici à cette liste puisqu’elle sert de point de départ et sera alimentée par la suite avec nos/tes annotations mais aussi des données biographiques, les relations, activités, dates, distinctions etc.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Althusser

      Par exemple, on pourra noter qu’Althusser était en 1977 secrétaire général de l’ENS (rue d’ULM) (non noté sur WP) En 1980, lorsqu’il tue sa femme, Dominique Lecourt (signataire ci-dessus) fait parti de ses proches et devient son représentant légal.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Lecourt

    • je déplace ici le post en rapport qui est un peu long (avec les images) et se trouvait initialement ici https://seenthis.net/messages/817814#message818144

      Sur le site de Dolto.fr on retrouve la pétition (mais c’est une lettre ouverte différente des termes employés sur LeMonde ?) ainsi qu’en colonne gauche une justification à …Minute et un article ou Catherine, sa fille défend ses positions (LeMonde 2001)


      http://www.dolto.fr/fd-code-penal-crp.html

    • Elle ratisse tellement large, cette pétition... La demande légitime d’une égalité d’âge de la majorité sexuelle pour les gays et les lesbiennes (accordée en 1981) mélangée avec de la liberté de prédation sexuelle sur les enfants. Confusionnisme des uns (cette extrême droite qui vomit Mai 68 mais s’en sert), effets de mode pour les autres, autant d’intellos qui ne voient pas le problème, c’est accablant.

    • (3 des signataires) Philippe Gavi, fondateur de libé, en #2009 à propos de Guattari
      à la sortie du livre de Franck Demules, la victime de Christian Hennion

      (Attention, évitez le forum)
      immedias2016.com/2009/05/viol_au_dessus_dun_nid_de_couc/

      La pression du milieu ambiant n’est pas une circonstance atténuante, pas plus qu’elle ne l’est pour un nazi, ou un khmer rouge. Rien, et encore moins le désir, n’atténue le crime du « tuteur » qui prend son pied avec l’enfant, ni celui du #psychanalyste qui fait l’amour avec ses patientes (je pense à mon ami Félix Guattari qui a laissé derrière lui une œuvre géniale et quelques suicides), ni celui de l’ancienne victime qui se fait tortionnaire. L’esprit 1968, c’est d’abord cela.

    • seenthisseuses et seenthisseurs, voici la liste des personnes pour lesquelles je vous sollicite

      pour la suite de l’enquête évoquée ici https://seenthis.net/messages/817814

      J’essaye de m’en tenir au noyau des signataires.
      La plupart des signataires des pétitions ont une page dédiée WP.
      La base se constitue avec un code de ma création qui récupère les noms, dates naissance/deces et texte d’introduction de WP. Y’a surement mieux du côté des outils de journalisme mais je ne connais pas ou n’y ai pas accès. En tout cas, pour ce que je cherche à faire, j’ai au moins besoin de connaitre leur âge.

      Evidemment je ne sniffe pas tout, mais un par un après avoir sourcé et fait les vérifications des correspondances d’identités. Sur 110 personnes, il reste environ 20 noms non vérifiés et datés.

      Par exemple, concernant la signataire Marie Rhonon (pétition du 27 janvier), ce ne serait pas Rhonon mais bien Thonon. Après recherche, personne ne semble exister sous le nom de Marie Rhonon. Sous Thonon, je trouve

      –> Dailymotion "Marie Thonon-Jacopin, entretien sur Yves Stourdzé"
      –> La page WP d’Yves Stourdzé (non signataire) signale qu’il intervient à Vincennes Paris VIII en 1979 et son lien avec Lyotard (signataire) et Deleuze (signataire) et avec Marie Thonon(signataire) ce qui me semble une correspondance correcte.

      Dès 1969 jusqu’en 1983 Yves Stourdzé enseigne à l’Université Paris IX Dauphine (1971-1982), en Sociologie des Organisations et dans le DESS (Diplôme d’études supérieures spécialisées) de Gestion ; il intervient à Vincennes Paris VIII (1970-1971) dans le cadre du séminaire « Cinéma & Société » et « Économie, Politique et Psychanalyse » sous la direction de Jean-François Lyotard et Gilles Deleuze.

      "Par ailleurs un grand nombre de ses articles et textes inédits ont été rassemblés dans l’ouvrage posthume « Pour une poignée d’électrons » mis en forme par Marie Thonon-Jacopin et Jean-François Blondeau-Patissier (Fayard, 1987)."

      Egalement sourcé avec https://www.univ-paris8.fr/IMG/pdf/programme-stourdze.pdf
      Marie THONON - JACOPIN, sociologue, collaboratrice d’Yves Stourdzé à partir de 1975

      Je m’intéresse donc aux ignoré·es de ces pétitions qui sont moins connu·es et pour lesquels la recherche est plus longue. Peu d’info sur les femmes, notamment les femmes de comme Fanny Deleuze, qui joue Tante Eva dans le film L’amant de Lady Chatterley d’après la 2e version de « L’amant de Lady Chatterley » de D.H. Lawrence éditions Gallimard qu’elle a elle même traduit.

      Voici la liste des personnes pour lesquelles je sollicite les seenthisseuses et seenthisseurs

      Boegner Docteur psychiatre au CHS de Fleury-les-Aubrais
      Cabrol Docteur psychiatre
      Challou Docteur psychiatre au CHS de Fleury-les-Aubrais
      Fanny Deleuze traductrice
      Maurice Eme Docteur psychiatre
      Docteur R.Gentis psychiatre
      Anne Laborit Directrice d’Ecole
      Jacques Lefort Chargé de recherches au CNRS
      Michel Meignant Docteur psychiatre
      Vincent Monteil professeur à l’Université de Paris VII
      Nicole Nicolas
      Jean Nicolas Docteur gynécologue-accoucheur
      Séguier Docteur psychiatre au CHS de Fleury les Aubrais
      Torrubia Docteur psychiatre au CHS de Fleury-les Aubrais
      Héléne Védrine professeur à l’Universite de Paris I
      Jean-Michel Wilhelm
      Pierre-Edmond Gay docteur psychanalyste
      Raymond Lepoutre
      Négrepont photographe (Livre les enfants de Papiers ? )
      Gérard Soulier
      Catherine Valabrègue => https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Valabregue
      Gérard Vallès Docteur psychiatre

    • Signataire

      Daniel Guérin 1904-1988

      Homosexualité et révolution, Paris, Le vent du ch’min, 1983, texte intégral

      http://kropot.free.fr/Guerin-homorev.htm

      Ce serait sous-informer le lecteur que de lui celer le revers de la médaille. Beaucoup d’homosexuels, issus des classes privilégiées, professent des opinions contre-révolutionnaires. Ils s’assurent ainsi pour leurs escapades érotiques la tolérance, voire la protection du pouvoir. Ils s’arrangent pour échapper, de par leur statut social ou leur renom culturel, aux persécutions homophobes. Leur fortune leur permet de s’approvisionner sans risque ni peine en chair fraîche. D’ailleurs on ne devrait pas trop leur en vouloir puisque l’âge ou un physique médiocre leur interdisent les conquêtes masculines gratuites.

      Mais combien déplaisante est la conduite de tels grands couturiers, de tels chorégraphes, de tels cinéastes, de tels traiteurs de luxe, de tels vétérans de l’aéronautique, de tels fleurons du Paris nocturne qui s’entourent d’un sérail de garçons, tout en versant aux caisses électorales des partis de droite. Trop souvent ils ont tendance à considérer comme du bétail - voire à faire disparaître - les beaux gosses qui ont été les délices de leurs nuits. Si d’aventure, l’un d’eux verse dans la délinquance, pour tenter de rivaliser avec leurs gros sous, ils n’esquisseront pas le moindre geste pour le tirer d’affaire et on les entendra maugréer d’avoir eu des relations trop compromettantes pour leur standing social.

      Avoués, cachés ou refoulés, des écrivains, comme le poète Robert de Montesquiou-Fezensac (modèle du baron de Charlus), Pierre Loti, Abel Hermant, Jacques de Lacretelle, Marcel Jouhandeau, Henri de Montherlant, Julien Green, Roger Peyrefitte, des politiciens comme les anciens ministres Abel Bonnard, Louis Jacquinot, Roger Frey, des maréchaux comme Lyautey et de Lattre de Tassigny, des philosophes comme Gabriel Marcel, des historiens comme Pierre Gaxotte et Philippe Erlanger ont été, ou sont, des homosexuels de droite.

      Bien qu’un peu plus ouverts politiquement : Marcel Proust, Jean Cocteau, François Mauriac.

      Auteur de
      Daniel Guérin, Kinsey et la sexualité, Paris, Julliard, 1955.

    • L’enquête se poursuit, le puzzle se reconstitue

      Signataire
      Gérard Vallès Docteur psychiatre, deviendra pédopsychiatre. Co-fondateur en 1973 de la Société Française de Sexologie Clinique SFSC
      sfsc.fr/cv/cv-valles.htm

      Il deviendra ensuite secrétaire général de la World Association for Sexology (WAS), puis vice-président de cette association mondiale.
      Membre du comité directeur du collège enseignant de la SFSC, pendant vingt-trois ans.
      DCD en 2004

      Citation : « Les femmes c’est le contraire du cognac : plus elles sont hors d’âge, plus elles sont imbuvables ».

      –----
      Plusieurs des co-fondateurs de la SFSC apparaissent sur une des 3 pétitions, Michel Meignant et à plusieurs reprises le patronyme Gellman .

      Premier conseil d’administration de la SFSC en
      1974 Jean COHEN Ludwig FINELTAIN Robert
      GELLMAN
      Jacqueline KAHN NATHAN Michel
      MEIGNANT
      Emile PAPIERNICK Pierre SIMON Pierre
      VELAY Gérard ZWANG BUREAU Charles GELLMAN ,
      Jacques WAYNBERG, Gilbert TORDJMAN, Gérard VALLES et GUENKINE.

      Sur Wikipédia france, une page « Robert Gellman » a été supprimée 2 fois en 2010, dont une pour « Violation de copyright : aihus.fr/… » Ce site, qui présentait « l’Association interdisciplinaire
      post-universitaire de Sexologie » a été refondu.
      On trouve les publications de Robert Gellman (1935-2008) sur Data BNF https://data.bnf.fr/fr/12608372/robert_gellman

      {{Gilbert Tordjman}} (non signataire) est co-fondateur de la SFSC avec Robert Gellman en 1973
      Médecin. - Président de l’Association mondiale de sexologie, secrétaire général de la Société française de sexologie clinique (en 1989)

      En 2002, il est accusé d’abus sexuels sur certaines de ses patientes et mis en examen pour viol. En 2003 il est incarcéré à la maison d’arrêt de Fresnes pour ne pas avoir respecté l’interdiction d’exercer la médecine qui pesait sur lui. Il devait être jugé aux assises le 28 avril 2009 mais il décède d’un cancer début mars 2009.

      Tordjman était célèbré et il était aussi pédiatre.

      – Ok, donc 7 ans d’attente pour un jugement qui n’aura pas lieu.

    • @sinehebdo, excuse moi de reposter ma demande, mais des fois que tu ne l’ai pas vu, est-ce que tu as possibilité de trouver la liste des signataires de la « lettre en soutien à Gérard R. » parue dans Libération du 23 mars 1979 ?
      C’est l’omerta sur cette liste, il y aurait plus de 60 signataires, dont Moustaki, Rochefort, Bruckner, JL Bory
      Merci :)