Erreur 404

/01

  • Les #E3C de monsieur #Blanquer : #Confusion, #Chaos, #Colère, ou l’école de la #défiance

    En #solidarité avec les lycéennes, les lycéens et tous les collègues du secondaire qui se mobilisent contre les #réformes_Blanquer.

    Douze cars de CRS tous gyrophares allumés à l’aube devant le lycée Basch de Rennes, contrôle des lycéens à l’entrée dans le lycée, intervention policière « musclée » (comme on dit pudiquement) à Rennes, à Nantes, à Libourne, à Paris… Est-ce un nouveau mai 68 ? Non, ce sont les « #Épreuves_communes_de contrôle_continu », dites E3C de Jean-Michel Blanquer.

    La présentation il y a plus d’un an des réformes voulues par le Ministre de l’Education Nationale a soulevé d’emblée bien des #inquiétudes : #différences_de_traitement des lycéens et lycéennes face à l’examen, #inégalités entre les territoires, installation d’une sorte de #bachotage permanent pendant dix-huit mois, lié aux modalités mal pensées d’un faux #contrôle_continu envahissant. C’est peu de dire que ces problèmes et ces risques maintes fois exposés n’ont trouvé ni écoute ni embryon de réponse au ministère de l’Education Nationale.

    Tout se passe comme on pouvait le craindre : les programmes de 1ère qui ne suivent plus ceux de seconde conduisent à une sorte de course infinie pour « rattraper » ce qui n’a pas été fait parce que non prévu, les conseils de classe ne réunissent plus tous les enseignants et toutes les enseignantes d’une classe puisque l’éclatement des spécialités et des options conduit les enseignants à accueillir le plus souvent des élèves de classes différentes (d’où par exemple la distribution des élèves d’une classe entre 4 ou 5 professeurs de la même matière selon les particularités de leur parcours). Surtout, l’#évaluation_permanente est désormais le principe organisateur de ces années de lycée pourtant si cruciales pour la formation des jeunes gens : en lieu et place de la réflexion critique fondé sur l’échange entre l’enseignant et ses élèves, l’enchainement infernal des #épreuves conduit les enseignants à faire le programme au pas de charge et les adolescents sont forcés à un #apprentissage_mécanique. Ils sont nombreux à raconter la situation d’#anxiété perpétuelle dans laquelle ils sont plongés.

    Tout cela a été annoncé et dénoncé. Tout cela est arrivé.

    Mais le pire était encore à venir.

    En effet, l’administration de l’Éducation Nationale de haut en bas - de son ministre, aux recteurs, aux inspecteurs et jusqu’aux proviseurs - s’est lancée dans une défense et illustration du bien-fondé de la réforme en cours au mépris de la réalité de ce qui se passe dans les établissements. Confusion, #précipitation et #opacité règnent en maîtresses dans l’organisation des premières épreuves de la réforme du Bac, les fameux E3C. Rien n’est respecté : ni le cadre chronologique des épreuves qui devrait être commun alors qu’elles sont étalées sur trois semaines —voire plus désormais puisque de nombreuses épreuves ont été reportées sine die, ni la gestion rationnelle des banques de sujet (certains sujets n’ont pas été retirés desdites banques et ont donc été redonnés quelques jours plus tard ailleurs, après avoir circulé sur internet !), ni l’identification d’un protocole commun pour le choix des sujets ou les corrections des épreuves, ni la logistique de ce qui est censé être une épreuve d’examen national : horaires fantasques, espaces impropres à un examen, absence de banalisation de la semaine concernée sont courants, à quoi s’ajoute le scannage extrêmement chronophage de copies en partie inutilisables.

    Face aux réactions de défiance ou de refus devant les E3C, réactions prévisibles et légitimes, chez de nombreux lycéens et lycéennes comme chez un grand nombre d’enseignant.e.s, la réponse apportée s’avère d’une dureté et parfois d’une #violence inouïes, au sens strict du terme, parfaitement étrangères aux coutumes de #gestion_des_conflits dans le second degré. Certains chefs d’établissement, après avoir interdit l’expression libre des lycéens et lycéennes au sein des établissements, ont appelé la #police pour rompre des blocus conduits par des adolescents ; des lycéens mineurs ont été placés en #garde_à_vue jusqu’à 35 heures sans justification, sans que leurs parents en soient prévenus ; certains ont été malmenés ; d’autres, après avoir été identifiés comme des « meneurs », ont été emmenés en minibus pour #comparution_au_rectorat sans être accompagnés par des professeurs ou des parents d’élèves ; à l’occasion, ceux qu’on accuse du #blocus n’ont pas le droit de repasser les épreuves et se retrouvent avec une note de 0/20 illégale (que les universitaires devront « oublier » au moment des évaluations sur ParcourSup) ; d’autres encore sont cadenassés dans leurs salles pour composer, alarme incendie désactivée, ou filtrés par les CRS à Rennes (les informations qui remontent des réseaux sociaux sont à cet égard concordantes et très alarmantes) ; des enseignant.e.s sont menacé.e.s de #rétorsions ; d’absurdes rappels à un devoir de #neutralité ou de « réserve » ont été adressés à des collègues du secondaire.

    Quel autre mot que « #répression », que beaucoup d’entre nous auraient trouvé naguère excessif, pour nommer ce qui se passe autour de la mise en place des réformes de M. Blanquer ?

    Dans ces circonstances, la tribune des « 50 chefs d’établissement parisiens » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/27/plus-de-cinquante-chefs-d-etablissements-scolaires-parisiens-demandent-que-c), publiée récemment dans un grand quotidien du soir, est une véritable provocation : rassemblés pour se plaindre des blocus de lycées et en appeler à des interventions plus fréquentes des forces de l’ordre en feignant de se soucier de la « fragilité » de certains de leurs élèves, et sans faire la moindre allusion aux raisons de la protestation ni même à ce que les réformes en cours font et feront subir justement aux plus fragiles, ces irresponsables, confits dans l’obéissance à leurs « supérieurs », manifestent la même propension à la surdité, à la morgue et à l’aveuglement qui règne actuellement au sommet de l’État.

    Cette situation nous concerne tous, de la maternelle à l’Université : ce qui est mis en jeu dans cette répression, ce sont les libertés propres à l’exercice de nos métiers, quel que soit l’âge de ceux et celles à qui nous transmettons des connaissances et des savoirs, c’est la nature même d’un service public de l’enseignement (et de la recherche) qui suppose à la fois d’articuler des droits et des devoirs, de réaffirmer constamment le rôle social de notre travail et de nourrir la tension éthique qui l’anime et le justifie. La solidarité avec nos collègues du secondaire relève de la défense partagée de ce qui nous est commun.

    Sauvons l’université !
    7 février 2020

    http://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8640
    #lycée #lycées #France #bac_Blanquer

  • L’innovation technique, une « économie de la promesse »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/31/l-innovation-technique-une-economie-de-la-promesse_6027881_3232.html

    Dans ce numéro de la revue « Socio », intitulé « La technique y pourvoira ! », historiens, sociologues et politistes analysent les travers des progrès technologique sensés apporter des solutions à tous nos problèmes, sans que ni le pouvoir politique, ni la société ne puissent en questionner le rôle et le contrôle. La revue des revues. Le discours politique et médiatique est parcouru des mots de l’innovation et du progrès technologique. Un alpha et oméga à la fois des efforts des acteurs privés et publics, (...)

    #technologisme

  • #Isabelle_Adjani : « Pourquoi je renonce à jouer en #Australie »
    Le Monde, le 13 janvier 2020
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/13/isabelle-adjani-pourquoi-je-renonce-a-jouer-en-australie_6025651_3232.html

    Tribune. Il n’y a rien dans ces images et ces chiffres terribles venus d’Australie qui soit mis en scène ; des millions d’hectares calcinés, des habitations en cendres à l’infini, une population immense évacuée des villes ou prise au piège entre le brasier et l’océan, plus de 1 milliard d’animaux indigènes décimés. Ce n’est pas un drame, c’est une tragédie, une tragédie pure au sens grec. Une tragédie humaine, environnementale et politique et notre colère gronde face à l’impéritie de dirigeants climatosceptiques, éco-irresponsables.

    Marguerite Duras, visionnaire, a écrit en 1986 : « Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendie qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne. » Et à propos de règne, je n’en reviens pas de voir le premier ministre australien, Scott Morrison, fanfaronner, histrion malgré lui, qui regarde les flammes dévorer son pays comme s’il assistait à un spectacle d’effets spéciaux. Des pompiers héroïques, menacés par le feu et les fumées toxiques, ne veulent pas lui serrer la main qu’il leur tend pour la photo. Honte et indignation, disons-nous.

    En tant qu’artiste française, je n’aurais pu non plus me résigner à serrer la main du directeur du Festival de Sydney, Wesley Enoch, qui ne veut pas « perdre son règne » avec cette 43e édition que devait clôturer le 26 janvier la pièce Opening Night dans laquelle je joue. Face à notre décision de ne pas nous rendre à Sydney, il fustige notre petite troupe avec sa déception dans les médias et sur le site du festival, traitement qu’il administre à la volée à tous les autres artistes internationaux qui ont décidé d’annuler leur participation.

    A bout de souffle

    En mai 1968 au Festival de Cannes, des réalisateurs solidaires des manifestants demandent à ce que leurs films soient retirés de la sélection. Furieux, Jean-Luc Godard répond à leurs détracteurs : « Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers et vous me parlez travelling et gros plans ! Vous êtes des cons ! » Personne ne répondra à Wesley Enoch qu’il est un con, Cyril Teste (metteur en scène de la pièce) a raison, la polémique n’a pas sa place face à la tragédie.

    D’abord faire le silence, comme le dit encore Cyril Teste. Avoir de l’humilité, car le théâtre ne doit pas être un endroit égocentré. Nous sommes des artistes, et aujourd’hui, plus que jamais, notre tâche est de redonner du sens aux choses. Nous ne voulons pas regarder le monde d’en haut, mais être dedans, sans nous barricader dans le luxe ou dans une bulle d’oxygène VIP.

    Alors pour nous, aujourd’hui, prendre un avion pour l’Australie (car les artistes font des tournées au loin et prennent des vols qui augmentent les rejets de gaz à effet de serre… vivement une autre solution), s’installer dans un hôtel cinq étoiles climatisé, respirer l’air filtré des théâtres, avoir l’assurance de se trouver dans la partie la mieux protégée de la ville (puisque son atmosphère est surchargée de particules fines), ainsi qu’on peut le lire dans les mails reçus, serait à nos yeux d’une indécence inqualifiable face à ce que vivent les Australiens à bout de souffle, n’est-ce pas Jean-Luc Godard ?

    Solidaires

    Nombreux sont les habitants de la ville de Sydney qui désavouent la décision du directeur du Festival de maintenir ce festival pluridisciplinaire, comme ils ont été nombreux à désavouer le maintien du feu d’artifice du 31 décembre. Solidaires de leurs compatriotes, inquiets pour leur propre santé (les ventes de masques antipollution explosent comme les consultations en pneumologies aux urgences), ils ont bien d’autres préoccupations que celle de se divertir. Alors il est peut-être temps de se recentrer et de se mettre au travail pour rendre compte de ce qui est essentiel et vital. Nous sommes des artistes, nous ne sommes pas des spécialistes du climat, nous ne sommes pas des politiques non plus, mais en tant qu’artistes nous nous devons d’être solidaires des femmes et des hommes qui luttent au quotidien pour sauver la planète. Nous nous devons de nous opposer aux politiques climaticides et nous nous devons aussi de respecter le public en incitant les responsables d’événements culturels à réfléchir à ce qui est le plus important quand brûlent les forêts.

    Toutes les crises graves posent la question de la place de l’artiste et de la place de l’art dans la crise, face à la crise et en dehors de la crise : engagement et éveil des consciences.

    Hormis la préoccupation d’une fragilité respiratoire, la mienne, notre retrait en conscience de ce festival, qui se retranche dans le déni, fait de facto de notre absence la révélation d’une évidence ; notre place n’est plus sur les planches de la scène, ni, ironiquement, sous les feux de la rampe. Le temps de la représentation est suspendu. Dans notre humble capacité, nous pensons qu’il serait déplacé de prétendre dans un tel moment que l’art puisse remonter le moral des gens. Non, l’art ne soigne pas tout.

    Décence et respect

    Il ne s’agit plus de paraître sur scène, de jouer quand ce qui nous habite, c’est la décence et le respect dû aux victimes directes et indirectes des flammes. Le réchauffement climatique est une crise durable. Les feux de forêts, d’origine naturelle ou criminelle, qui touchent l’Australie continueront à toucher toute la planète, en Amazonie, en Californie, dans le nord du Portugal. Ces questions-là guettent chaque continent car c’est en train d’arriver. C’était en gestation, mais maintenant que nous y sommes, les artistes ne sont pas là pour nourrir le déni. Polémiquer sur le fait qu’on annule ou pas… Ce n’est que du théâtre à un moment où il y a des réfugiés, des morts. L’urgence se trouve dans les hôpitaux, dans les gymnases qu’il faut ouvrir pour accueillir les gens, tout comme les musées et les théâtres. Que le théâtre qui est fondamentalement un refuge, dit encore Cyril Teste, accueille ceux qui souffrent.

    Tous les êtres de cette planète ne sont des pas des phénix, peuvent-ils malgré tout renaître de leurs cendres ? Espérons-le. Nous sommes pleinement, entièrement, absolument solidaires de la population australienne et naturellement des habitants de Sydney qui aiment le théâtre, et c’est avec une conscience éclairée par une fraternité inéluctable, que de ce côté de la planète, je continuerai à donner des lectures bénévoles de La Fin du courage, de la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury [2011, Le Livre de poche], désormais au bénéfice des victimes des incendies en Australie. En attendant d’avoir l’honneur de mettre pour la première fois le pied sur le sol australien, cette fois sans rougir – en espérant personnellement y découvrir un nouveau gouvernement soucieux de son peuple, celui que les Australiens ne manqueront pas de choisir aux prochaines élections, après une telle catastrophe.

    Isabelle Adjani reprendra prochainement la lecture spectacle de « La Fin du courage », de Cynthia Fleury. Le lieu et les dates n’ont pas encore été fixés.

    #Théâtre #Boycott

    Dès que j’aurai un peu de temps, je l’ajouterai à la quatrième compilation :
    https://seenthis.net/messages/818991

    #effondrement #collapsologie #catastrophe #fin_du_monde #it_has_begun #anthropocène #capitalocène

  • « Lesbos, la honte de l’Europe » : l’UE face aux camps des îles grecques
    Jean Ziegler s’est rendu à Lesbos en mai 2019 et il en a fait un livre sur ce qu’il nomme « la honte de l’Europe ». Un texte court en forme d’indignation contre les campements insalubres des cinq îles de la mer Egée où s’entassent aujourd’hui plus de 40 000 demandeurs d’asile, la plupart originaire d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, d’Iran et du Soudan.

    Lorsqu’ils ont été mis sur pied, à partir de la fin 2015, les « hot spots » devaient permettre de confiner les gens afin d’examiner rapidement leur demande d’asile. Ils devaient être associés, notamment, à un mécanisme de relocalisation des réfugiés dans les autres Etats d’Europe, mécanisme qui, pour des raisons techniques autant que politiques, n’a pas été respecté.

    Le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, est aujourd’hui le plus grand camp d’Europe et le symbole de l’échec de cette solidarité. Conseiller du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, Jean Ziegler semble avoir écrit dans l’emportement qui l’a saisi lorsqu’il s’y est déplacé.

    « Stratégie précise de la dissuasion et de la terreur »
    Il décrit l’attente des gens, des années durant, au milieu des rats, des immondices. Il rappelle que « plus de 35 % des réfugiés emprisonnés » sont des enfants et que les tentatives de suicide ne les épargnent pas. « Alors que j’exerçais comme rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, j’ai parcouru la Rocinha, la plus grande favela de Rio de Janeiro, les slums des Smokey Mountains de Manille et les puantes shantytowns de Dacca, au Bangladesh. Mais jamais je n’ai été confronté à des habitations aussi sordides, à des familles aussi désespérées que dans les Oliveraies de Moria », constate M. Ziegler.

    Il fustige les « fonctionnaires de l’UE qui font la loi » et qui ont créé ces lieux, au service d’une « stratégie précise de la dissuasion et de la terreur » vis-à-vis des migrants en quête d’Europe. L’auteur va jusqu’à comparer ces centres au ghetto de Varsovie, dans l’effroi qu’ils suscitent et parce que, écrit-il, comme d’autres ont pu le ressentir par le passé, « j’avais contribué à la conspiration du silence qui rend possible ces abominations ». Il épingle sans le ménager le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, coupable à ses yeux de ne pas affronter la bureaucratie bruxelloise.

    Mots durs, violents, accusatoires
    Mais son courroux le plus violent s’abat sur l’Union européenne qui, écrit-il, coordonne et ordonne les refoulements illégaux et violents de migrants lorsqu’ils tentent de traverser les 7 kilomètres qui séparent la Turquie du rivage européen, à bord de canots pneumatiques et au péril de leur vie. Ils citent les cas de « policiers de Frontex [qui] remettent aux gardes turcs les embarcations surchargées de passagers paniqués » mais aussi le « financement massif de la marine de guerre turque ».

    Au-delà du cas grec, M. Ziegler décrie plus généralement l’explosion des fonds européens alloués à la surveillance des frontières et à l’acquisition toujours plus nombreuse de satellites géostationnaires, radars et autres scanners aux rayons X au frais du contribuable.

    Les mots de Jean Ziegler sont durs, violents, accusatoires. Face à la tragédie en cours sur les îles grecques, en fallait-il moins ?

    Lesbos, la honte de l’Europe, de Jean Ziegler, éd. Seuil, 144 p., 14 euros.

    Julia Pascual

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/28/lesbos-la-honte-de-l-europe-l-ue-face-aux-camps-des-iles-grecques_6027460_32

    #camps #lesbos #ghetto #UE #Europe #Grèce #frontex

  • Aux origines #coloniales de la #crise_écologique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/24/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique_6027034_3232.html

    C’est une petite phrase qui n’a pas manqué de faire réagir les nombreux critiques de Greta Thunberg, la jeune égérie suédoise du combat contre le dérèglement climatique. Le 9 novembre 2019, une tribune intitulée « Why we #strike again » (« Pourquoi nous sommes à nouveau en grève »), dont elle est une des trois signataires, affirme que « la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits humains, de la justice et de la volonté politique. Les systèmes d’#oppression #coloniaux, #racistes et #patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. » « Nos dirigeants #politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités », poursuit ce texte, reprenant là l’un des arguments avancés par l’#écologie_décoloniale : la #crise_climatique serait liée à l’histoire #esclavagiste et #coloniale de la #modernité_occidentale.

    • Dès les années 1970, des chercheurs afro-américains ont fait le lien entre la question écologique et la colonisation. « La véritable solution à la crise environnementale est la décolonisation des Noirs », écrit Nathan Hare en 1970. Cinq ans plus tard, le sociologue Terry Jones parle, lui, d’« écologie d’apartheid ». Cette approche sera développée dans les années 1990 par les penseurs décoloniaux latino-américains présents dans les universités américaines, tels Walter Mignolo à Duke (Caroline du Nord), Ramón Grosfoguel à Berkeley (Californie) ou Arturo Escobar à l’université de Caroline du Nord.

      Derrière paywall, article complet ici.
      https://www.seneplus.com/developpement/aux-origines-coloniales-de-la-crise-ecologique

    • Ecologie décoloniale : « Une connexion se fait aujourd’hui entre l’animisme et le droit moderne occidental »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/24/ecologie-decoloniale-une-connexion-se-fait-aujourd-hui-entre-l-animisme-et-l

      Quand a-t-on commencé à parler d’écologie décoloniale ?

      Déjà dans les années 1960, le sociologue péruvien Anibal Quijano intégrait dans sa critique du colonialisme la question de l’écologie. Il n’emploie pas le terme même d’écologie décoloniale, mais l’idée est là. Trente ans plus tard, on assiste à la dissémination de la pensée décoloniale sud-américaine avec notamment les travaux du sémiologue argentin Walter Mignolo et la critique du développement de l’anthropologue d’origine colombienne Arturo Escobar qui cherche à revitaliser des conceptions plurielles, authentiques et animistes. En Europe, il a fallu attendre les années 2000, avec notamment le travail de l’anthropologue Philippe Descola (Par-delà nature et culture, Gallimard, 2005), pour que soit posée la question des écologies plurielles. Mais il n’est pas encore question d’écologie décoloniale. Le philosophe Bruno Latour juge la pensée d’Arturo Escobar folklorisante. Quant à Philippe Descola, il estime que le structuralisme est davantage pertinent que l’approche décoloniale.

  • Réforme des retraites : « Les #femmes_divorcées seront les grandes perdantes »

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de chercheurs et d’universitaires suggère au gouvernement d’établir un vrai partage des droits à retraite au sein des couples.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/23/les-femmes-divorcees-seront-les-grandes-perdantes_6026919_3232.html

    #femmes #inégalités #discriminations #divorce #retraites #retraite #réforme

    Reçu via email, le 24.01.2020, cette "version longue" :

    Contrairement aux affirmations du Premier Ministre, les femmes ne seraient pas les « grandes gagnantes » de la réforme des retraites. En prenant en compte l’ensemble de la carrière plutôt que les « meilleures années », le passage à la retraite à points entraînerait une baisse de leur #pension plus importante que pour les hommes. L’ensemble des #inégalités (de carrière, de salaire, de temps de travail rémunéré…) qu’elles connaissent tout au long de leur vie professionnelle serait intégralement répercuté sur le montant de leur retraite.
    La réforme des retraites renforcerait aussi les inégalités économiques entre femmes et hommes en s’attaquant au dispositif des pensions de réversion. Alors que 99 % du montant des pensions touchées par les hommes est constitué de leurs droits propres, un quart de celles des femmes est issu de ce qu’on appelle des droits dérivés, essentiellement des pensions de réversion. Ces pensions sont actuellement attribuées aux femmes qui ont été mariées, après le décès de leur époux ou ex-époux, en fonction des droits à la retraite acquis par ce dernier. Il ne s’agit pas de cas particuliers : en 2017, presque la moitié (42 %) des femmes touchant des droits à la retraite percevait une pension de réversion. Son montant moyen était de 700 euros. En France, ce dispositif a permis de réduire significativement la pauvreté des femmes âgées. Il faut rappeler que les femmes de plus de 65 ans touchent des pensions de droits propres inférieures de 38 % en moyenne à celles des hommes. Cet écart de revenu est ramené à 25 % grâce aux droits dérivés.
    Il y a dix-huit mois, Emmanuel Macron affirmait : « Il n’est pas question de supprimer les #pensions_de_réversion pour les futurs retraités » (Le Monde, 27/06/2018). Or, la dernière version du projet de réforme des retraites prévoit la suppression, après 2025, de la #pension_de_réversion pour les femmes divorcées. Jusqu’ici, en cas de #divorce, l’ex-épouse peut percevoir la pension de réversion, ou la partager au prorata du nombre d’années de mariage si son ex-époux a été marié plusieurs fois.
    Le gouvernement a prévu d’agir par #ordonnance sur ce point ; il envisage de remplacer la pension de réversion pour les femmes divorcées par une augmentation de ce que l’on nomme la #prestation_compensatoire. Ceci traduit une méconnaissance complète de la #justice_familiale et de ses évolutions.
    Déterminée au moment du divorce, la prestation compensatoire est un capital versé par un ex-conjoint à l’autre, en cas de disparité importante dans leurs conditions de vie respectives à l’issue de la vie commune. La prestation compensatoire est censée compenser les sacrifices professionnels réalisés par un des époux (presque toujours la femme) du fait de la prise en charge du travail domestique et parental. Dans les faits, ce dispositif de compensation a été très affaibli ces vingt dernières années, depuis qu’il n’est plus versé sous forme de rente mais d’un capital pour solde de tout compte.
    Pour qu’une femme bénéficie d’une prestation compensatoire, il faut aujourd’hui que son ex-époux détienne, au moment du divorce, un capital disponible important. Seul un divorce sur cinq donne ainsi lieu à une telle prestation : les femmes qui l’obtiennent appartiennent à des milieux plus aisés que celles qui touchent une pension de réversion. Et même quand il y a prestation compensatoire, les sommes fixées sont bien loin de compenser les inégalités économiques entre ex-conjoints. Imaginer que le montant de ces prestations compenserait la disparition de la pension de réversion est totalement irréaliste.
    En juillet 2019, Jean-Paul Delevoye affirmait, dans le cadre de la consultation citoyenne sur les retraites : « il appartiendra au juge des affaires familiales d’intégrer la question des droits à retraite dans les divorces, en particulier dans le cadre des prestations compensatoires qui pourront être majorées ». C’est ignorer que les juges aux affaires familiales expriment déjà des difficultés pour calculer les prestations compensatoires, car ils et elles manquent du temps et des moyens nécessaires pour évaluer précisément les situations économiques des ex-conjoints au moment de leur divorce.
    C’est aussi ignorer que, depuis 2017, les juges aux affaires familiales ne prononcent plus les divorces par consentement mutuel, soit plus de la moitié des divorces. Ces divorces sont négociés entre avocats ou avocates et enregistrés par les notaires. Les femmes divorcées qui, aujourd’hui, ne parviennent pas à obtenir de prestation compensatoire ne parviendront pas plus, dans un bras de fer entre avocates ou avocats, à y inclure le calcul de leurs droits dérivés.
    Loi après loi, la justice se retire au moment des séparations conjugales, au profit d’une négociation privée. Avec la suppression des pensions de réversion pour les femmes divorcées, l’État abandonne son ambition de protéger les plus vulnérables et d’organiser les mécanismes de la solidarité publique, au profit de la loi du plus fort au sein des couples.
    La même logique est à l’œuvre pour la prise en compte des enfants dans le calcul des retraites. Aujourd’hui, les mères ont droit à une majoration de leur durée de cotisation (jusqu’à huit trimestres par enfant dans le privé). Demain, celle-ci sera remplacée par une majoration du montant de la pension, à hauteur de 5% par enfant (et 7% pour le troisième enfant) ; le gouvernement prévoyant de laisser aux parents la responsabilité de décider lequel des deux bénéficiera de cette majoration.
    Or, le gouvernement oublie par là une réalité tenace statistiquement démontrée : la #maternité pénalise les carrières alors que la #paternité les « booste ». On pourrait s’attendre à ce que les femmes divorcées soient défendues par la Secrétaire d’État chargée de « l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations ». Hélas, non. Marlène Schiappa a déclaré au magazine Elle (13/12/2019) : « J’appelle chaque couple à réfléchir et à respecter l’autonomie financière des femmes. À un moment, l’État peut mettre en place des politiques publiques, on ne peut pas prendre les décisions à la place des couples. (…) Et donc on en appelle simplement à la responsabilité de chacun ». Ceci reviendrait à avaliser les décisions issues d’une négociation entre des partenaires inégaux. Du fait des écarts de revenus très importants au sein des couples (les hommes gagnent 42 % de plus que leur conjointe selon l’INSEE), on peut légitimement s’inquiéter que les couples ne choisissent d’attribuer les 5 % au père pour majorer cette bonification. Si le couple se sépare, les parents seront-ils en mesure de revenir sur leur décision initiale et dans quelles conditions se fera cette « négociation » ? Les femmes ont peu de chance de remporter ce bras de fer à huis clos.
    Le gouvernement a pourtant annoncé un nouveau système de retraite plus juste, dont les femmes seraient les grandes gagnantes. Pour cela, il aurait fallu ouvrir des discussions sur de toutes autres bases. Quand on prétend réduire les inégalités économiques entre les hommes et les femmes, accentuées par les séparations conjugales, pourquoi supprimer les quelques dispositifs qui compensent partiellement ces inégalités ? Pourquoi ne pas réfléchir, comme l’ont fait d’autres pays, à un véritable partage des droits à retraite au sein des couples, qui tienne compte des inégalités de genre et encourage un partage égalitaire de la prise en charge du travail domestique gratuit ?
    Aujourd’hui, une jeune retraitée sur cinq est divorcée. Dans les générations ciblées par la réforme des retraites, les femmes ayant connu un divorce et, surtout, la rupture d’une union libre seront bien plus nombreuses. Il est plus que temps que la puissance publique se saisisse de la situation des couples non-mariés, qui ne sont concernés ni par la pension de réversion ni par la prestation compensatoire. Ce seraient alors de nombreuses femmes qui accéderaient, enfin, à des conditions de vie à la hauteur du travail quotidien qu’elles accomplissent. Mariées ou non, elles continuent en effet d’assurer l’essentiel du travail domestique tandis qu’elles accumulent moins de richesse que leur conjoint tout au long de la vie.
    Le projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement d’Edouard Philippe ne se soucie guère de ces enjeux. Il renvoie, en pratique, les femmes séparées à la loi du plus fort. Et l’on continue à se demander de quel souci de justice ou d’égalité il peut bien se prévaloir.

    Signataires
    Céline Bessière (Université Paris Dauphine), Emilie Biland (Sciences Po Paris), Abigail Bourguignon (EHESS), Mathieu Brier (CNRS), Laure Crépin (Université Paris 8), Marion Flécher (Université Paris Dauphine), Camille François (Université Paris 1), Nicolas Frémeaux (Université Paris 2), Sibylle Gollac (CNRS), Paul Hobeika (Université Paris 8), Hélène Oehmichen (EHESS), Solenne Jouanneau (IEP de Strasbourg), Muriel Mille (Université Versailles Saint-Quentin), Julie Minoc (Université Versailles Saint-Quentin), Nicolas Rafin (Université de Nantes), Gabrielle Schütz (Université Versailles Saint-Quentin), Hélène Steinmetz (Université du Havre).

    –—

    Ajouté à ce fil de discussion sur les retraites (documents d’analyse sur la réforme)...
    https://seenthis.net/messages/814696

  • Jacques Rancière : « Les puissants ne veulent plus d’une retraite qui soit le produit d’une solidarité collective »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/23/jacques-ranciere-les-puissants-ne-veulent-plus-d-une-retraite-qui-soit-le-pr

    « Le Monde » publie la déclaration du philosophe, prononcée le 16 janvier 2020 devant les cheminots grévistes de la gare de Vaugirard.

    Tribune. Si je suis là aujourd’hui, c’est, bien sûr, pour affirmer un soutien total à une lutte exemplaire, mais aussi pour dire en quelques mots pourquoi elle me semble exemplaire.

    J’ai passé un certain nombre d’années de ma vie à étudier l’histoire du mouvement ouvrier et ça m’a montré une chose essentielle : ce qu’on appelle les acquis sociaux, c’est bien plus que des avantages acquis par des groupes particuliers, c’était l’organisation d’un monde collectif régi par la solidarité.

    Qu’est-ce que c’est que ce régime spécial des cheminots qu’on nous présente comme un privilège archaïque ? C’était un élément d’une organisation d’un monde commun où les choses essentielles pour la vie de tous devaient être la propriété de tous. Les chemins de fer, cela appartenait à la collectivité. Et cette possession collective, elle était gérée aussi par une collectivité de travailleurs qui se sentaient engagés vis-à-vis de cette communauté ; des travailleurs pour qui la retraite de chacun était le produit de la solidarité d’un collectif concret.

    Démolir pièce à pièce
    C’est cette réalité concrète du collectif solidaire dont les puissants de notre monde ne veulent plus. C’est cet édifice qu’ils ont entrepris de démolir pièce à pièce. Ce qu’ils veulent, c’est qu’il n’y ait plus de propriété collective, plus de collectifs de travailleurs, plus de solidarité qui parte d’en bas. Ils veulent qu’il n’y ait plus que des individus, possédant leur force de travail comme un petit capital qu’on fait fructifier en le louant à des plus gros. Des individus qui, en se vendant au jour le jour, accumulent pour eux-mêmes et seulement pour eux-mêmes des points, en attendant un avenir où les retraites ne seront plus fondées sur le travail mais sur le capital, c’est-à-dire sur l’exploitation et l’autoexploitation.

    C’est pour ça que la réforme des retraites est pour eux si décisive, que c’est beaucoup plus qu’une question concrète de financement. C’est une question de principe. La retraite, c’est comment du temps de travail produit du temps de vie et comment chacun de nous est lié à un monde collectif. Toute la question est de savoir ce qui opère ce lien : la solidarité ou l’intérêt privé. Démolir le système des retraites fondé sur la lutte collective et l’organisation solidaire, c’est pour nos gouvernants la victoire décisive. Deux fois déjà ils ont lancé toutes leurs forces dans cette bataille et ils ont perdu. Il faut tout faire aujourd’hui pour qu’ils perdent une troisième fois et que ça leur fasse passer définitivement le goût de cette bataille.

    #paywall :-(

  • Reconnaissance faciale : « Il existe encore en France des garde-fous en matière de données biométriques »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/22/il-existe-encore-en-france-des-garde-fous-en-matiere-de-donnees-biometriques

    Si la loi française garantit la liberté des personnes « contre une reconnaissance faciale encore trop peu performante », il faut questionner les usages futurs de cet outil, notamment en termes de surveillance sécuritaire, souligne, dans une tribune au « Monde », la consultante en communication Claire Gerardin. Depuis plus d’un siècle se pose la question de savoir jusqu’où l’objectif de garantir la sécurité des personnes n’empiète pas, ou pas trop, sur leur liberté, et sur leur vie privée. La technologie (...)

    #algorithme #Alicem #CCTV #biométrie #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #data #surveillance #SocialCreditSystem # (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##_ ##CNIL ##LaQuadratureduNet

  • RGPD : « Les Américains considèrent la donnée personnelle comme un simple bien commercialisable »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/rgpd-les-americains-considerent-la-donnee-personnelle-comme-un-simple-bien-c

    L’avocat Alexandre Lazarègue constate, dans une tribune au « Monde », que la loi sur la protection des données adoptée par la Californie, contrairement au RGPD européen, ne permet pas aux citoyens américains de reprendre le contrôle de leurs vies privées. Tribune. Depuis le 1er janvier 2020, le California Consumer Privacy Act (CCPA) régit le droit des données personnelles des Californiens. Initié à la faveur d’un référendum populaire, il répond aux besoins des citoyens américains de se prémunir de (...)

    #Apple #Google #Amazon #Facebook #algorithme #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #législation #BigData #CCPA #data #datamining #discrimination #données #GAFAM (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##oubli ##surveillance

  • Caroline Lequesne Roth : « L’encadrement des technologies de surveillance est une condition de la démocratie »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/22/caroline-lequesne-roth-l-encadrement-des-technologies-de-surveillance-est-un

    La généralisation de la reconnaissance faciale à des fins de surveillance serait attentatoire aux libertés, estime, dans une tribune au « Monde », la juriste Caroline Lequesne Roth, qui plaide pour un large débat public afin de distinguer les usages acceptables ou non. Tribune. A l’ère des technologies de surveillance, où les scénarios dystopiques prennent forme dans l’espace public, l’actualité place la reconnaissance faciale au cœur des débats. Le déploiement accéléré de cette technologie constitue un (...)

    #Alicem #biométrie #éthique #facial #législation #reconnaissance #vidéo-surveillance #étudiants #Islam #surveillance (...)

    ##CNIL

  • Réforme des retraites : les risques d’une radicalisation
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/21/retraites-les-risques-d-une-radicalisation_6026684_3232.html


    Manifestation contre la réforme des retraites, à Versailles, le 20 janvier, où Emmanuel Macron recevait par ailleurs de grands patrons.
    PHILIPPE LOPEZ / AFP

    Editorial. De nombreux actes violents ont été commis ces derniers jours en marge de la mobilisation contre la réforme. Pour éviter le point de rupture, Emmanuel Macron doit mieux expliquer sa politique et traiter sans transiger les violences policières.

    Editorial du « Monde ». Journée presque ordinaire en France : lundi 20 janvier, tandis qu’Emmanuel Macron accueille à Versailles deux cents grands patrons étrangers dans le cadre de l’opération « Choose France », de deux cents à trois cents personnes manifestent dans la ville, munies de pancartes : « Macron dégage ». Le conflit autour de la réforme des retraites a beau perdre en puissance, trains et métros ont beau circuler presque normalement, l’atmosphère s’alourdit. Après plusieurs semaines d’un mouvement social qui s’est caractérisé, il faut le saluer, par le nombre réduit d’incidents de la part des grévistes, le risque d’une radicalisation s’accentue.

    La cible, c’est évidemment Emmanuel Macron et son gouvernement, qui veulent présenter la réforme des retraites, vendredi, en conseil des ministres, puis la soumettre au Parlement. En réponse, des petits groupes s’organisent pour perturber leurs sorties publiques et privées : vendredi soir, plusieurs dizaines d’opposants se sont rassemblés devant le Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, où le chef de l’Etat passait la soirée. La veille, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait été vivement prise à partie par des militants lors d’une réunion publique à Paris. Lundi, le ministre de la culture, Franck Riester, a renoncé à présenter ses vœux pour éviter de voir la cérémonie perturbée.

    Les crispations s’accentuent
    Des députés de la majorité sont également menacés, mais la cible, c’est aussi la CFDT, qui a accepté, le 11 janvier, avec la CFTC et l’UNSA, de conclure un compromis avec le gouvernement en échange du retrait d’un âge pivot applicable dès 2022, ouvrant la voie à l’instauration d’un système universel par points. Pour la seconde fois en quatre jours, le siège parisien du syndicat a été investi, cette fois-ci par une quinzaine d’hommes cagoulés qui ont brièvement coupé l’électricité, en dénonçant « une collaboration de classe ». Revendiquée par la CGT-Energie, l’action a été condamnée « à titre personnel » par Philippe Martinez, le secrétaire général de la confédération, qui se montre néanmoins impuissant à contenir les débordements d’une fraction de ses militants.

    La multiplication de ces actions est inquiétante, car elle revient à fouler les principes qui fondent la démocratie : discussion, quête du compromis et acceptation de celui-ci. La dérive est suffisamment forte pour que tous ceux qui sont attachés à la démocratie s’en soucient et la dénoncent. S’il est vrai que le gouvernement a mal expliqué sa réforme, on ne peut lui reprocher d’avoir fait la sourde oreille : les syndicats ont été reçus à maintes reprises ; semaine après semaine, ils ont obtenu que la copie soit amendée et améliorée. De plus, le texte n’est pas figé, dans la mesure où les conclusions de la conférence sur le financement à laquelle ils participent ont vocation à être intégrées au projet de loi au printemps.

    Emmanuel Macron n’est pas le premier président exposé à la radicalité. Portraits brûlés, effigies pendues, insultes lors des déplacements, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, eux aussi, connu leur lot d’épisodes violents. Mais, depuis deux ans et demi, les crispations s’accentuent. La personnalité du chef de l’Etat et le poids des réseaux sociaux ont exacerbé les tensions. Pour éviter le point de rupture, Emmanuel Macron doit redoubler d’efforts pour tenter d’expliquer sa politique, qui reste largement incomprise. Il doit aussi traiter sans transiger les violences policières, qui contribuent elles aussi à cette dangereuse surenchère.

  • #Recherche : l’#évaluation au centre de la discorde

    2 800 chercheurs déposent une #candidature_collective à un poste également convoité par #Thierry_Coulhon, le conseiller à l’Enseignement supérieur d’Emmanuel Macron, sur fond de désaccords autour de l’évaluation de la recherche. Explications.

    Thierry Coulhon, conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation d’Emmanuel Macron, face à 2 800 chercheurs et enseignants-chercheurs. Voici le match pour la présidence du #Haut_Conseil_de_l’évaluation_de_la_recherche_et_de_l’enseignement_supérieur (#Hcéres). Les auteurs de la candidature collective veulent « se réapproprier le contrôle sur les #valeurs et le sens de leurs métiers » et ont publié une tribune dans le Monde ce lundi.
    Pourquoi un tel enjeu ? Parce que, dans sa future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (#LPPR), le gouvernement souhaite lier, en partie, l’attribution des moyens des universités et organismes de recherche au résultat de leur évaluation par le Hcéres. Le président de la République, lors des 80 ans du CNRS (voir ci-dessous) avait appelé à « être plus courageux sur les conséquences » que l’on tire de l’évaluation.

    https://www.liberation.fr/france/2020/01/20/recherche-l-evaluation-au-centre-de-la-discorde_1773379

    #ESR #résistance #enseignement_supérieur #HCERES

    Ajouté à ce fil de discussion sur la résistance à la LPPR :
    https://seenthis.net/messages/820393

    • « Nous, chercheurs, voulons défendre l’#autonomie de la recherche et des formations »

      Face à une gestion de type « managérial », il faut renouer avec le principe de la « liberté des savants », estiment, dans une tribune au « Monde », plus de 2 700 universitaires, qui présentent, collectivement, leur candidature à la direction de l’autorité d’évaluation de la recherche publique.

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/nous-chercheurs-voulons-defendre-l-autonomie-de-la-recherche-et-des-formatio

    • Candidature collective à la présidence du HCERES

      Plusieurs milliers de chercheurs et d’universitaires déposent le 20 janvier une candidature collective à la présidence vacante du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (HCERES). Leur objectif est de se réapproprier le contrôle sur les valeurs et le sens de leurs métiers. La profession de foi commune associée est disponible ci dessous, et a été publié dans le journal Le Monde daté du 21 janvier. Pour vous porter candidat 1) inscrivez-vous ici et 2) suivez la démarche explicitée ici (en cas de soucis contactez nous via contact@rogueesr.fr).

      Défendre l’autonomie de la recherche et des formations (English version)

      C’est peu dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes. Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux réformes structurelles. Or pendant ces quinze ans, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le Crédit d’Impôt Recherche, destinée à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France Stratégie de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’investissement privé est… négatif.

      Les réorganisations de l’Université et de la recherche ont aussi des effets systémiques profonds, mais qui ne sont observables que si l’on s’intéresse au savoir produit et transmis plutôt qu’au dénombrement bibliométrique. Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique, dont les multiples scandales de fraude ne sont que la partie apparente. Cette crise institutionnelle du monde savant est d’autant plus dramatique qu’elle survient dans une phase de crise sociale, climatique et démocratique dont la résolution passe par la production, la transmission, la critique et la conservation des savoirs.

      Parce qu’elle se fonde sur la poursuite de la vérité comme horizon commun, la science suppose l’autonomie des savants, chercheurs et universitaires, vis-à-vis des pouvoirs dont son exercice dépend, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux. Cette liberté académique ne doit pas être pensée comme une absence d’entraves mais comme une liberté positive, garantie par des moyens effectifs. Le sursaut passe par la réaffirmation des conditions pratiques de cette autonomie.

      La première condition est budgétaire : pour encourager l’inventivité et la création, il est indispensable de doter la recherche de financements récurrents, en rupture avec le formatage bureaucratique de la science par des “appels à projets” court-termistes, qui encouragent le conformisme et la recherche incrémentale.

      La deuxième condition tient à cette autre ressource préalable à la recherche : le temps. Pour maintenir la biodiversité nécessaire à un écosystème de recherche florissant, il est nécessaire de garantir statutairement la possibilité du temps long. La sélection spencérienne promue en haut lieu, faite de fragmentation et de contractualisation généralisée des statuts, tue cette diversité et entretient la crise qualitative. La solution passe par un recrutement de qualité lié à des postes pérennes, condition de l’attractivité pour les jeunes chercheurs comme pour les personnels techniques, de façon à irriguer sans cesse le système d’idées et d’aspirations nouvelles.

      La troisième condition est de réduire la division du travail savant, ce qui exclut la séparation entre des managers de la recherche exerçant le pouvoir, et des chercheurs et universitaires dépossédés et devenus de simples exécutants, séparation qui constitue la définition stricte d’une bureaucratie. Il est indispensable de procéder à un audit des structures empilées depuis quinze ans et au chiffrage de leur coût de fonctionnement afin de libérer des moyens en supprimant des strates inutiles, voire nuisibles.

      Sur le plan des pratiques, l’exigence et l’originalité des travaux scientifiques sont garanties depuis des siècles par une norme, celle de la controverse collégiale (la disputatio des classiques) : la discussion contradictoire et libre au sein de la communauté des pairs. Ce principe de gratification sociale fondée sur la reconnaissance de la valeur intellectuelle des travaux est irréductible à une “évaluation” managériale dont les fondements reposent sur un système de normes quantitatives externes, déterminées par les intérêts d’investisseurs : toute métrique normative cesse vite d’être une simple mesure pour devenir elle-même l’objectif à atteindre. Obligation doit donc être faite à tout comité de suivi, de recrutement ou de promotion de baser ses délibérations sur la lecture des travaux, et non sur l’évaluation quantitative. Pour que ce soit faisable et probant, le nombre de travaux soumis à examen doit être limité drastiquement.

      L’autonomie du monde savant nécessite enfin de ré-instituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines. Il est urgent de restituer aux communautés de chercheurs le contrôle des revues scientifiques, et de destituer l’oligopole de l’édition sur lequel se fondent techniquement et économiquement les politiques d’évaluation actuelles.

      Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution en charge de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le HCERES. Notre candidature collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production.

      Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

      Cent premiers participants à la candidature collective

      Emmanuel Agullo, informatique, INRIA

      Bruno Andreotti, physique, Université Paris 7

      Dominique Archambault, informatique, Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis

      Pierre Arnoux, mathémathiques, Aix-Marseille Université

      Isabelle Backouche, histoire, EHESS

      Anne-Sophie Beignon, biologie, CNRS, CEA/INSERM/Univ. Paris-Saclay

      Olivier Berné, astrophysique, CNRS, Observatoire Midi-Pyrénées

      Bertrand Binoche, philosophie,Université Paris 1

      Yann Bisiou, droit privé, Université Paul Valéry – Montpellier 3

      Alexis Blanchet, sciences de l’information et de la communication, Université Sorbonne nouvelle Paris 3

      François Bon, archéologie, Université de Toulouse Jean Jaurès

      François Boulogne, physique, CNRS, Université Paris-Saclay

      Catherine Bourgain, génétique humaine, INSERM

      Guillaume Bridet, lettres, Université de Bourgogne

      Mathieu Brunet, lettres, Université d’Aix-Marseille

      Yann Bugeaud, mathématiques, Université de Strasbourg

      Mathilde Carpentier, bioinformatique, Sorbonne Université

      Antoine Chambert-Loir, mathématiques, Université de Paris

      Francis Chateauraynaud, sociologie, EHESS

      Guillaume Coqui, philosophie, université de Bourgogne

      Fanny Cosandey, histoire, EHESS

      Sandrine Costamagno, archéologie, CNRS, Université Toulouse Jean Jaurès

      François-Xavier Coudert, chimie, CNRS

      Françoise Crémoux, études hispaniques, Université de Paris 8

      Gabriella Crocco, philosophie, Université d’Aix-Marseille

      Pascal David, physique, Université Paris Diderot

      Steeves Demazeux, philosophie, Université Bordeaux-Montaigne

      Pascale Dubus, histoire de l’art, Université Paris 1

      Sébastien Dutreuil, philosophie, CNRS, Centre Gilles Gaston Granger.

      Florence Elias, physique, Université de Paris

      Marianne Elias, biologie evolutive, CNRS, Paris

      Estelle Forey, écologie, Université de Rouen

      Jean-Louis Fournel, études italiennes/histoire de la pensée politique, Université de Paris 8

      Sara Franceschelli, épistémologie, ENS de Lyon

      Claudia Fritz, acoustique, Sorbonne Université et CNRS

      Nelly Frossard, pharmacologie, Université de Strasbourg

      Fanny Gallot, historienne, Université Paris Est Créteil.

      Jean-Luc Galzi, pharmacologie, Université de Strasbourg

      Stéphane Gançarski, informatique, Sorbonne Université

      Laurence Giavarini, lettres, Université de Bourgogne

      Pierre Gilliot, physique, Université de Strasbourg

      Julien Gossa, informatique, Université de Strasbourg

      François Graner, physique, Université de Paris Diderot

      Elie Haddad, histoire, CNRS/ EHESS

      Jacques Haiech, biologie, Université de Strasbourg

      Hugo Harari-Kermadec, économiste, ENS Paris-Saclay

      Sarah Hatchuel, cinéma et audiovisuel, Université Paul Valéry Montpellier III

      Myriam Housssay-Holzschuch, géographie, université Grenoble-Alpes

      Philippe Huneman, philosophie, CNRS/Paris I

      Yacine Iklef, physique, CNRS / Sorbonne Université

      Sabina Issehnane, économie, Université Paris Diderot

      Vincent Jacques, physique, Université Paris Saclay

      Sophie Jallais, économie, Université Paris 1

      Chantal Jaquet, philosophie, Université Paris 1

      Philippe Jarne, écologie & évolution, CNRS, Montpellier

      François Jarrige, histoire, Université de Bourgogne

      Solenne Jouanneau, science politique, IEP de Strasbourg

      Arne Keller, physique, Université Paris Saclay

      Benoît Kloeckner, mathématiques, Université Paris-Est Créteil

      Joël Laillier, sociologie, Université d’Orléans

      Jérôme Lamy, histoire et sociologie, CNRS, UT2J

      Sylvain Laurens, sociologie, EHESS

      Guillaume Lecointre, systématique, Muséum national d’Histoire naturelle

      Jacques Le Bourlot, physique, Université Paris-Diderot & Observatoire de Paris

      Nathalie Lidgi-Guigui, sciences des matériaux, Université Sorbonne Paris Nord

      Olivier Long, arts plastiques, Université Paris 1

      Jean-Marie Maillard, physique, CNRS et Sorbonne Université

      Corinne Maitte, histoire, Université de Marne-la-Vallée

      Christine Marcandier, lettres, Aix-Marseille Université

      François Marchal, paléoanthropologie, CNRS, AMU, EFS

      Christophe Martin, Littérature, Sorbonne Université

      François Massol, écologie, CNRS

      Hélène Michel, science politique, Université de Strasbourg

      Monica Michlin, études américaines contemporaines, Université Paul Valéry Montpellier 3

      Christophe Mileschi, études italiennes, Université Paris Nanterre

      Pérola Milman, physique, CNRS/Université de Paris.

      Guillaume Miquelard-Garnier, science des matériaux, Conservatoire National des Arts et Métiers

      Pierre-Yves Modicom, linguistique germanique, Bordeaux-Montaigne

      François Munoz, écologie, Université Grenoble-Alpes

      Magali Nachtergael, lettres, Université Sorbonne Paris Nord

      Antonine Nicoglou, philosophie, Université de Tours

      Christine Noille, lettres, Sorbonne Université

      Georges Orfanoudakis, biologie, Université de Strasbourg

      Hervé Perdry, génétique humaine, Université Paris-Saclay

      Joël Pothier, bioinformatique, Sorbonne Université

      Emmanuelle Porcher, écologie, Muséum national d’Histoire naturelle

      Dominique Pradelle, philosophie, Sorbonne Université et CNRS

      Sophie Rabau, littérature générale et comparée, Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle

      Christelle Rabier, histoire des sciences et des techniques, EHESS

      Bertrand Rémy, mathématiques, École polytechnique

      Frédéric Restagno, physique, CNRS et Université Paris-Saclay

      Emmanuelle Rio, physique, Université Paris-Saclay

      Dinah Ribard, histoire, EHESS

      Antoine Roullet, histoire, CNRS

      Marine Roussillon, lettres, Université d’Artois

      Sophie Sacquin-Mora, biochimie, CNRS

      Arnaud Saint-Martin, sociologie, CNRS

      Johanna Siméant-Germanos, science politique, ENS

      Barbara Stiegler, philosophie, Université Bordeaux Montaigne

      Isabelle Théry-Parisot, bioarchéologie, CNRS, Université Côte d’Azur

      Christian Topalov, sociologie, EHESS

      Jean-Louis Tornatore, anthropologie, Université de Bourgogne

      Nicolas Valdeyron, archéologie, Université Toulouse Jean Jaurès

      Boris Valentin, archéologie, Université Paris 1

      Franck Varenne, philosophie, Université de Rouen

      Nicolas Verzelen, mathématiques, INRAE

      Guy Zuber, chimie, Université de Strasbourg

      http://rogueesr.fr/hceres

    • @perceptibles1, voici le texte complet :

      « Nous, chercheurs, voulons défendre l’autonomie de la recherche et des formations »

      Face à une gestion de type « managérial », il faut renouer avec le principe de la « liberté des savants », estiment, dans une tribune au « Monde », plus de 2 700 universitaires, qui présentent, collectivement, leur candidature à la direction de l’autorité d’évaluation de la recherche publique.

      C’est peu de dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes. Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux réformes structurelles. Or, pendant ces quinze années, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le crédit d’impôt recherche (CIR), destiné à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France Stratégie [le centre de réflexion économique et sociale rattaché à Matignon] de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’investissement privé est… négatif.

      « Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique »

      Les réorganisations de l’université et de la recherche ont aussi des effets systémiques profonds, mais qui ne sont observables que si l’on s’intéresse au savoir produit et transmis plutôt qu’au dénombrement.

      Les réformes structurelles ont conduit à une chute de la qualité et du niveau d’exigence de la production scientifique, dont les multiples scandales concernant des fraudes ne sont que la partie apparente. Cette crise institutionnelle du monde savant est d’autant plus dramatique qu’elle survient dans une phase de crise sociale, climatique et démocratique dont la résolution passe par la production, la transmission, la critique et la conservation des savoirs.

      Liberté académique

      Parce qu’elle se fonde sur la poursuite de la vérité comme horizon commun, la science suppose l’autonomie des savants, chercheurs et universitaires vis-à-vis des pouvoirs dont son exercice dépend, qu’ils soient politiques, économiques ou religieux. Cette liberté académique ne doit pas être pensée comme une absence d’entraves, mais comme une liberté positive, garantie par des moyens effectifs. Le sursaut passe par la réaffirmation des conditions pratiques de cette autonomie.

      La première condition est budgétaire : pour encourager l’inventivité et la création, il est indispensable de doter la recherche de financements récurrents, en rupture avec le formatage bureaucratique de la science par des « appels à projets » court-termistes, qui encouragent le conformisme et la recherche incrémentale [processus de recherche où maturent progressivement des éléments d’explication].

      La deuxième condition tient à cette autre ressource préalable à la recherche : le temps. Pour maintenir la biodiversité nécessaire à un écosystème de recherche florissant, il est nécessaire de garantir statutairement la possibilité du temps long. La sélection spencérienne [inspirée des idées du philosophe anglais Herbert Spencer (1820-1903), partisan du darwinisme social] promue en haut lieu, faite de fragmentation et de contractualisation généralisée des statuts, tue cette diversité et entretient la crise qualitative. La solution passe par un recrutement de qualité lié à des postes pérennes, condition de l’attractivité pour les jeunes chercheurs comme pour les personnels techniques, de façon à irriguer sans cesse le système d’idées et d’aspirations nouvelles.

      La troisième condition est de réduire la division du travail savant, ce qui exclut la séparation entre des manageurs de la recherche exerçant le pouvoir et des chercheurs et universitaires dépossédés et devenus de simples exécutants, séparation qui constitue la définition stricte d’une bureaucratie. Il est indispensable de procéder à un audit des structures empilées depuis quinze ans et au chiffrage de leur coût de fonctionnement, afin de libérer des moyens en supprimant des strates inutiles, voire nuisibles.

      « L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines »

      Sur le plan des pratiques, l’exigence et l’originalité des travaux scientifiques sont garanties depuis des siècles par une norme, celle de la controverse collégiale (la disputatio des classiques) : la discussion contradictoire et libre au sein de la communauté des pairs. Ce principe de gratification sociale fondée sur la reconnaissance de la valeur intellectuelle des travaux est irréductible à une « évaluation » managériale dont les fondements reposent sur un système de normes quantitatives externes, déterminées par les intérêts d’investisseurs : toute métrique normative cesse vite d’être une simple mesure pour devenir elle-même l’objectif à atteindre. Obligation doit donc être faite à tout comité de suivi, de recrutement ou de promotion de baser ses délibérations sur la lecture des travaux, et non sur l’évaluation quantitative. Pour que ce soit faisable et probant, le nombre de travaux soumis à examen doit être limité drastiquement.

      L’autonomie du monde savant nécessite enfin de réinstituer des normes de probation scientifiques exigeantes, prenant en compte les spécificités contemporaines. Il est urgent de restituer aux communautés de chercheurs le contrôle des revues scientifiques, et de destituer l’oligopole de l’édition sur lequel se fondent techniquement et économiquement les politiques d’évaluation actuelles.

      Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution chargée de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres). Notre candidature collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production. Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

      Parmi les signataires : Isabelle Backouche, histoire, EHESS ; Anne-Sophie Beignon, biologie, CNRS, CEA/Inserm/université Paris-Saclay ; François Bon, archéologie, université de Toulouse-Jean Jaurès ; Catherine Bourgain, génétique humaine, Inserm ; Steeves Demazeux, philosophie, université Bordeaux-Montaigne ; Sara Franceschelli, épistémologie, ENS de Lyon ; Claudia Fritz, acoustique, Sorbonne Université et CNRS ; Hugo Harari-Kermadec, économiste, ENS Paris-Saclay ; Yacine Ikhlef, physique, CNRS/Sorbonne Université ; Sophie Rabau, littérature générale et comparée, université de Paris-III-Sorbonne-Nouvelle ; Barbara Stiegler, philosophie, université Bordeaux-Montaigne. Liste complète des signataires sur : http://rogueesr.fr/hceres

    • Candidature collective sur le poste de président de l’HCERES et action devant le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

      Action de #Rogue_ESR (Enseignement Supérieur et Recherche) devant le Ministère de la Recherche, de l’enseignement supérieur et de l’innovation : une centaine de scientifiques ont déposé une candidature collective pour le poste de président de l’HCERES (Haut Comité à l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur), pour contrer la candidature de Thierry Coulhon, un proche d’Emmanuel Macron qui avait mis en oeuvre la sinistre réforme “LRU”. Environ 400 scientifiques ont déposé en parallèle leur candidature en ligne sur ce même poste. L’enjeu était d’afficher la dimension collective et solidaire de la recherche et de l’enseignement supérieur contre les logiques de concurrence et de compétition, tout en dénonçant la Loi Pluriannuelle de programmation de la Recherche (LPPR) qui s’annonce comme la loi la plus destructrice jamais mise en oeuvre dans le supérieur et la recherche. A notre arrivée rue Descartes, les grilles et portes normalement ouvertes au public ont été fermées, des CRS sont arrivés armés et en armure, et il nous a été impossible de déposer individuellement nos candidatures. Après plus de 3/4 h d’attente où un administratif a vainement cherché à joindre le directeur de cabinet de la ministre (dire que c’est ces gens-là qui prétendent nous évaluer et nous donner des leçons de bonne gestion…), seuls 3 collègues ont été admis au sein des bureaux du ministère et ont pu déposer l’ensemble des dossiers comportant nos CV et lettres de motivation. Ces documents ont fait l’objet d’un enregistrement officiel, sans quoi cette interdiction d’accès au ministère aurait constitué une rupture d’égalité dans une candidature à un poste de la fonction publique, ce qui aurait été justifiable d’un recours auprès du tribunal administratif. Cela dénote également de la fébrilité d’un pouvoir sans aucune légitimité qui, dès qu’une initiative aussi pacifique soit-elle se met en place, ne pense qu’à une chose : appeler des CRS en armes et barricader les accès à des bureaux en principe publics. Une prise de parole de Bruno Andreotti (Rogue ESR) a été filmé, et nous le remercions bien fort, ainsi que l’ensemble des collègues de Rogue ESR et des collègues mobilisés sur place pour cette action originale dont on espère qu’elle occupera sainement l’administration : puisque l’HCERES nous impose une bureaucratie démentielle qui nous retarde dans nos travaux scientifiques et nos enseignements, retournons-lui la politesse !


      http://igorbabou.fr/candidature-collective-sur-le-poste-de-president-de-lhceres-et-action-deva

    • « Inutile de pousser le bouchon trop loin » : réflexions de Thierry Coulhon, Conseiller du Président de la République sur l’avenir de (l’évaluation de) l’ESR

      À l’occasion du colloque Bilan et perspectives de l’évaluation de l’ESRI : 2015-2025, Thierry Coulhon, Conseiller Enseignement supérieur et recherche du Président Macron, sort de son silence élyséen, remplaçant au pied levé, nous dit-il, Cédric Villani. Il rappelle avec satisfaction l’œuvre accomplie avec quelques frères d’armes depuis 2007, en lien avec l’Australie, et expose le rôle à venir de l’HCERES, dont il est aujourd’hui le seul candidat à la direction.

      Avec brio et conviction, il nous rappelle que la science française a réussi à avoir une évaluation digne de ce nom, qu’il faudrait qu’elle puisse disposer au moins d’un établissement universitaire parmi les 30 premiers du #classement_de_Shangai, et que le Haut Conseil a pour vocation à évaluer à l’avenir tout ce qui est évaluable afin d’affecter correctement des moyens.
      Bon visionnage (à partir de la minute 24’20)
      https://www.youtube.com/watch?v=vThd6cvxpCA&feature=emb_logo

      Transcription (Hcéres)

      C’est un véritable honneur1 pour moi d’ouvrir ce colloque, parce qu’il marque sans aucun doute un moment important de l’histoire de notre système d’enseignement supérieur et de recherche. Je mesure le chemin parcouru depuis cette année 2007, où Jean-Marc Monteil portait pour l’Agence d’évaluation issue de la loi de 2006 une vision qui transcendait le Comité National d’Évaluation. Je me souviens, quelques années après, de l’occupation du Siège de la rue Vivienne, que nous essayions de traiter depuis le cabinet de Valérie Pécresse.

      Je me rappelle également l’année 2012, où je percevais des échos lointains de débats aussi enfiévrés que byzantins sur l’évaluation depuis un autre pays, situé beaucoup plus au sud, un pays où la science était plus jeune mais où l’évaluation était considérée comme naturelle et depuis longtemps opérée avec soin. Je dois avouer que j’avais omis d’expliquer aux Australiens2 que nous avions passé six mois et dépensé une grande énergie à transformer une agence en Haut Conseil et que cela était considéré en France comme une avancée substantielle. Je me souviens également de tout ce qu’ont accompli les présidents successifs et les équipes de l’AERES puis du Hcéres. Au moment de la prise de fonction de Michel Cosnard, nous partagions tous le sentiment d’une grande construction.

      En principe, un conseiller du Président de la République3 n’émet pas de déclaration publique. Considérons donc que c’est comme collègue, témoin de la douzaine d’années qui viennent de s’écouler et acteur pour encore quelques années du monde de l’ESR que je partage ces quelques réflexions avec vous.

      La date de ce colloque ne pouvait être mieux choisie. D’une part, la préparation de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche constitue l’occasion unique de donner une impulsion décisive à notre système d’ESR pour lui permettre de mieux remplir sa fonction et de recoller à la #compétition_mondiale. D’autre part, le mandat de Michel Cosnard à la tête du Hcéres touche à sa fin et la ministre nommera bientôt la personne qui lui succédera. #Michel_Cosnard a été un grand Président.

      Il est d’autant plus nécessaire de revenir sur la trajectoire passée et de réfléchir aux nouvelles orientations que la situation appelle. Nous pourrions discuter à l’infini pour savoir si sont les forces ou les verrous de l’enseignement supérieur et de la recherche français qui l’emportent. Deux choses sont certaines. Premièrement, notre histoire institutionnelle si particulière nous avait conduits il y a quelques années dans une sorte de situation d’empêchement où nous ne pouvions déployer nos forces. Nous n’en sommes encore complètement sortis.

      Deuxièmement, dans le reste du monde, l’université ayant emprunté des chemins moins détournés et moins escarpés ne nous attend pas pour évoluer et conquérir. Nous ne pouvons espérer, pour conserver notre place, nous abriter derrière des lignes Maginot. Elles seraient enfoncées par les besoins de la société, par la vague numérique, par la compétition pour les talents, par la circulation des chercheurs et par les aspirations de la jeunesse. Et pourtant, nous ne sommes pas loin de retrouver toute notre place dans le concert des universités mondiales.

      J’en veux pour preuve, en juillet, le dîner de l’alliance U7 autour du Président de la République, après un sommet où les grandes universités de recherche françaises avaient invité leurs homologues des pays du G7 et des pays associés à réfléchir sur leur rôle dans le monde comme acteurs globaux et à prendre des engagements sur leurs apports aux grandes transitions énergétiques, numériques et sociales.

      Nous sommes capables en effet de nous soigner de nos maux. Nous avons su créer des grandes écoles et des organismes de recherche quand nos universités étaient faibles. Les unes et les autres ont appris et apprennent encore à travailler ensemble, jusqu’à construire enfin de véritables universités au sens international, en inventant un lien plus adulte entre État et opérateurs avec la #contractualisation et l’#autonomie, en travaillant sur le périmètre des institutions, en recourant à des outils audacieux tels que le #PIA et en nous dotant d’une agence d’évaluation et d’une agence de financement sur projet.

      Néanmoins, deux dangers nous menacent sans cesse, à savoir l’#esprit_de_chapelle conjugué à l’#immobilisme, et la recherche du plus petit dénominateur commun. L’évaluation est cruciale pour surmonter ces deux difficultés. Elle est laïque, ne regardant ni la taille, ni les préjugés mais uniquement la qualité des réalisations. Elle surmonte donc l’esprit de chapelle et les catégorisations. Elle incite à prendre des décisions courageuses et fournit un point d’appui aux directions d’établissement pour le faire.

      Enfin, elle donne confiance à la société et à l’Etat. Comment irions-nous négocier des moyens nouveaux à Bercy si nous ne sommes pas capables d’objectiver ce que nous savons faire et ce que nous apportons ? L’AERES a construit une méthode et le Hcéres a poursuivi le travail mais les débats de 2012 l’ont quelque peu euphémisé. Nous passons notre vie à noter les étudiants, à évaluer des articles, à classer les collègues que nous voudrions recruter ou les projets que nous proposons de financer. Nous sommes donc bien placés pour connaître les limites et les effets pervers de ces pratiques. Mais comment pourrions-nous les refuser pour nous-mêmes ?

      À nous de réfléchir pour rendre le résultat de l’#évaluation précis et subtil mais net et utilisable. Les #classements et l’évaluation constituent deux démarches différentes. Néanmoins, nous assistons chaque année au moment de la publication du classement de #Shanghai à un concert de lamento et de déni de réalité. Même si les classements ne constituent certainement pas l’alpha et l’oméga de la #politique_universitaire, la confiance des contribuables, de l’État, des entreprises et des étudiants nous serait plus facilement acquise si nous obtenions de bons classements. Cet objectif est à portée de main. Nous devrions dès aujourd’hui occuper quelques places parmi les trente premières institutions et encore plus parmi les cinquante premières. Il est vrai que nous ne maîtrisons pas les critères de ces classements et qu’ils ne sont pas assez fins pour guider une politique d’établissement. Il serait d’autant plus paradoxal de refuser de jouer pleinement le jeu d’une évaluation dont au contraire nous décidons ensemble des règles et qui en conséquence est attentive à nos réalisations.

      Jean-Marc Monteil4 , Jean-François Dhainaut, Didier Houssin, Michel Cosnard et leurs équipes ont avancé sur le chemin d’une évaluation professionnelle, aux standards internationaux. C’est désormais un acquis.

      Michel Cosnard a accompli deux réalisations essentielles en faisant largement accepter l’évaluation et en étendant son emprise. Tout objet de l’ESRI5 est susceptible d’être évalué par le Hcéres ou dans le cadre d’une méthode validée par lui. Il reste un objectif à accomplir, à savoir donner à l’évaluation son plein impact c’est-à-dire construire ou plutôt reconstruire le lien entre l’évaluation et l’#allocation_des_moyens. C’est bien entendu le niveau politique qui prend les décisions, évalue les risques et les opportunités et peut décider de soutenir les forts parce que ce sont eux qui tirent l’ensemble vers le haut et nous aident à attirer les meilleurs, ou parfois de soutenir les faibles parce que certaines faiblesses sur des secteurs clés pour l’avenir nous mettent en danger.

      Tout cela ne peut se faire qu’une fois que les yeux du politique sont grands ouverts par l’évaluation. La ministre sera sans doute plus précise sur ce sujet. Pour ma part, il me paraît inévitable que la loi de programmation pluriannuelle de la recherche aborde cette question. Cette agence de l’évaluation, nous l’avons construite comme tous les grands pays scientifiques, en l’acclimatant à notre culture propre. Elle doit nous permettre de fuir tout faux-semblant, tout déni de réalité, de regarder en face avec précision et objectivité la qualité de la formation, de la recherche et de la gouvernance que nous produisons. Mais cela ne se fera que selon les modalités acceptées par tous et élaborées en commun.

      Pour aller plus loin

      « Bilan et perspectives de l’évaluation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : 2015-2025 », Colloque du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), Synthèse des échanges, Paris, Université de Paris –17 et 18 septembre 2019.
      Connell Raewyn, 2019, The Good University : What Universities Actually Do and Why it’s Time for Radical Change, Clayton, Victoria, Monash University Publishing.

      Sur le classement de Shangai

      Jean-Charles Billaut, Denis Bouyssou et Philippe Vincke, « Faut-il croire le classement de Shangaï ? », Revue de la régulation 8 (2010), consulté le 17 janvier 2020. URL : http://journals.openedition.org/regulation/9016 ; DOI : 10.4000/regulation.9016.

      Résumé : Nous proposons dans cet article une analyse critique du classement mondial des universités publié chaque année par l’Institut de l’Enseignement supérieur de l’Université Jiao Tong de Shangaï et plus connu sous le nom de « classement de Shangaï ». Après avoir rappelé comment le classement est construit, nous discutons de la pertinence des critères utilisés. Nous analysons ensuite la méthode d’agrégation proposée. Notre analyse se fonde sur les outils et concepts de l’« aide multicritère à la décision ». Nos conclusions principales sont que les critères utilisés ne sont pas pertinents, que la méthode d’agrégation présente des problèmes majeurs et que l’exercice souffre d’une réflexion insuffisante sur les questions liées à la structuration du problème. Le classement de Shangaï, malgré la grande couverture médiatique qu’il reçoit chaque année, n’est donc pas un outil pertinent pour juger de la « qualité » des institutions académiques, guider le choix des étudiants ou des familles, ou promouvoir des réformes du système d’enseignement supérieur.

      Paroles de Open your eyes, by Snow Patrol (2006) :

      ll this feels strange and untrue
      And I won’t waste a minute without you
      My bones ache, my skin feels cold
      And I’m getting so tired and so old
      The anger swells in my guts
      And I won’t feel these slices and cuts
      I want so much to open your eyes
      Cos I need you to look into mine

      Tell me that you’ll open your eyes

      Get up, get out, get away from these liars
      Cos they don’t get your soul or your fire
      Take my hand, knot your fingers through mine
      And we’ll walk from this dark room for the last time
      Every minute from this minute now
      We can do what we like anywhere
      I want so much to open your eyes
      Cos I need you to look into mine
      Tell me that you’ll open your eyes
      Tell me that you’ll open your eyes

      https://academia.hypotheses.org/7705

  • « Nous, chercheurs, voulons défendre l’autonomie de la recherche et des formations »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/nous-chercheurs-voulons-defendre-l-autonomie-de-la-recherche-et-des-formatio

    ’est peu de dire que les réformes de notre système de recherche menées depuis quinze ans au nom de l’excellence n’ont pas eu l’effet escompté. Ambitionnant de renforcer le statut de puissance scientifique de la France, elles n’ont mené qu’au décrochage de la part française des #publications mondiales, l’indicateur de performance choisi par les réformateurs eux-mêmes. Il n’y a pas à s’étonner : l’évaluation statistique des politiques publiques montre que la quantité de publications scientifiques est proportionnelle à l’argent investi dans la #recherche, mais qu’elle est pratiquement insensible aux #réformes structurelles. Or, pendant ces quinze années, l’effort financier s’est focalisé sur une niche fiscale, le crédit d’impôt recherche (#CIR), destiné à contourner l’interdiction européenne des aides publiques directes aux entreprises. L’évaluation faite par France #Stratégie [le centre de réflexion économique et sociale rattaché à Matignon] de son intérêt pour la recherche est sans appel : son effet de levier sur l’#investissement_privé est… #négatif.

    [...]

    Pour procéder à ces réformes, nous nous portons candidats à la présidence de l’institution chargée de définir les normes et les procédures qui régulent, organisent et déterminent la production savante : le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (#Hcéres). Notre #candidature_collective vise à renouer avec les principes d’autonomie et de responsabilité des savants qui fondent la science. Il ne saurait y avoir d’administration distincte dotée d’un « président » pour superviser ces pratiques : c’est l’ensemble du corps savant qui doit présider à l’évaluation qualitative de sa production. Sans recherche autonome, nous n’avons pas d’avenir.

  • « Greenbashing » et « agribashing » : pourquoi une telle asymétrie de traitement ?
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/18/un-cineaste-menace-de-mort-pour-son-travail-sur-d-autres-sujets-que-l-enviro

    Un cinéaste menacé de mort pour son travail ? Sur d’autres sujets que l’environnement, une telle situation aurait déclenché une indignation nationale et des prises de position solennelles des membres du gouvernement.

    En l’occurrence, rien ou presque. Le « greenbashing », semble-t-il, fait partie des activités acceptables. En septembre 2019, dans la même région, une députée étiquetée pro-loup a été menacée, et a vu sa permanence dégradée et agrémentée de cadavres de brebis.

    et paywall !

  • Démission du premier ministre russe, Dmitri Medvedev, et de son gouvernement
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/15/en-russie-vladimir-poutine-propose-un-referendum-sur-une-serie-de-reformes-c


    Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, le 15 janvier à Moscou.
    DMITRY ASTAKHOV / AFP

    Cette annonce surprise intervient quelques heures après un discours de Vladimir Poutine annonçant des réformes de la Constitution.

    Dmitri Medvedev a présenté, mercredi 15 janvier, au président russe la démission de son gouvernement, quelques heures après un discours du chef de l’Etat annonçant des réformes de la Constitution russe devant renforcer les pouvoirs du Parlement tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu’il pilote depuis vingt ans.

    « Ces changements [ceux annoncés par M. Poutine], une fois adoptés, (…) apporteront des changements significatifs non seulement à toute une série d’articles de la Constitution, mais aussi à l’équilibre du pouvoir, du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif, du pouvoir judiciaire, a expliqué, selon les agences russes, M. Medvedev. -Dans ce contexte, il est évident que nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission. »

    Le président a remercié son premier ministre sortant et ses ministres, leur demandant d’expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe. « _Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus (…) même si tout n’a pas réussi », a-t-il déclaré.

    Juste après l’annonce surprise de la démission du chef du gouvernement, Vladimir Poutine a désigné comme nouveau premier ministre le patron du fisc russe, Mikhaïl Michoustine, inconnu du grand public, selon les agences russes citant le Kremlin. En poste à la tête du service fédéral des impôts depuis 2010, M. Michoustine est une nomination inattendue. Il a néanmoins la réputation d’être un haut fonctionnaire efficace. Il a mis en place « le meilleur système de collecte d’impôts au monde », a affirmé la télévision d’Etat Rossiya-24.

    « La Russie doit rester une république présidentielle forte »
    Plus tôt dans la journée, lors de son allocution annuelle devant les membres du Parlement et les élites politiques, Valdimir Poutine a proposé la tenue d’un référendum sur les réformes envisagées. « Je juge nécessaire de soumettre au vote des citoyens du pays l’ensemble des révisions de la Constitution proposées », a-t-il déclaré dans son allocution, sans pour autant préciser le calendrier.
    La principale mesure annoncée vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d’élire le premier ministre que le président sera alors obligé de nommer. Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l’Etat. Selon M. Poutine, il s’agit d’un changement « significatif » pour lequel il a jugé la Russie assez « mûre ». Le président ne semble, cependant, pas prendre trop de risques puisque les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

    Les propositions de réforme exposées par M. Poutine visent aussi à renforcer les pouvoirs des gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges d’avoir des permis de séjour à l’étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

    • Mikhaïl Michoustine, spécialiste des impôts et poète à ses heures, désigné premier ministre russe
      https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/16/mikhail-michoustine-specialiste-des-impots-et-poete-a-ses-heures-designe-pre


      Mikhaïl Michoustine lors du discours suivant sa nomination comme premier ministre de Russie, le 16 janvier à Moscou.
      The State Duma, The Federal Assembly of Russian Federation / REUTERS

      Ce haut fonctionnaire sans poids politique propre a succédé jeudi à Dmitri Medvedev, dont la démission a été annoncée la veille

      Encore inconnu du grand public la veille, Mikhaïl Michoustine a pris ses fonctions de premier ministre de la Fédération de Russie, jeudi 16 janvier, après le vote favorable de la Douma. Ce haut fonctionnaire de 53 ans a reçu le soutien massif de 383 députés, avec 44 abstentions et aucun vote négatif, confirmant la subordination complète du Parlement au pouvoir exécutif.

      Une grande majorité de Russes n’ont découvert son visage qu’à la télévision, mercredi soir, lorsque le Kremlin a diffusé des photos de son entretien avec Vladimir Poutine. Ils n’en auront pas appris beaucoup plus dans le discours prononcé jeudi par M. Michoustine, qui s’est contenté de reprendre les thèmes développés la veille par le président dans son adresse annuelle : justice sociale, hausse des revenus des citoyens, défense des « valeurs traditionnelles »…

      Son arrivée à la tête du gouvernement a également pris de court les commentateurs, autant que la démission surprise de son prédécesseur, Dmitri Medvedev, qui occupait loyalement le poste depuis huit ans. De l’avis des observateurs, ces ajustements visent à donner un nouvel élan au président Poutine au moment où il annonce des réformes constitutionnelles destinées à préparer le pays à la fin de son quatrième et théoriquement dernier mandat.

      Devant ces inconnues, et face au fonctionnement byzantin et secret du sommet de l’Etat russe, les observateurs en sont réduits à scruter le CV de l’intéressé pour deviner quels pourraient être ses intentions et son style de gouvernement – sans parler des plans du chef de l’Etat.

      Profil de technocrate
      Mikhaïl Vladimirovitch Michoustine, 53 ans, est né à Moscou, où il a suivi une formation d’ingénieur. Comme son prédécesseur, il est réputé féru de nouvelles technologies, avec un intérêt prononcé pour les techniques de la blockchain (technologie de stockage et de transmission d’informations). Et comme son patron, Vladimir Poutine, il est un grand amateur de hockey, membre du conseil de surveillance du CSKA, le club moscovite de basket-ball. Pianiste et poète à ses heures, M. Michoustine aurait aussi composé des musiques pour plusieurs artistes.
      A l’exception d’un bref passage à la tête d’un fonds d’investissement, UFG, M. Michoustine a fait l’essentiel de sa carrière dans la fonction…

      #paywall

    • Le Monde y consacre son éditorial, mais, apparemment, tout le monde s’en tape…

      Vladimir Poutine : l’obsession du contrôle
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/16/vladimir-poutine-l-obsession-du-controle_6026091_3232.html


      Ecran installé sur la façade d’un hôtel retransmettant le discours annuel de Vladimir Poutine devant le Parlement, à Moscou, mercredi 15 janvier.
      EVGENIA NOVOZHENINA / REUTERS

      Editorial du « Monde ». Comment quitter le pouvoir lorsqu’on l’a occupé sans partage pendant vingt-quatre ans ? En ne le quittant pas. C’est la conclusion à laquelle semble être parvenu le président Vladimir Poutine, si l’on regarde de près les propositions de réformes constitutionnelles qu’il a présentées à Moscou, mercredi 15 janvier, dans son discours annuel devant le Parlement.

      Ce projet d’une nouvelle répartition des pouvoirs au sommet de la Fédération de Russie, à l’issue de ce qui doit être le quatrième et dernier mandat présidentiel de M. Poutine, en 2024, donne le coup d’envoi d’un processus de transition très attendu, puisque la Constitution actuelle interdit au président de remplir plus de deux mandats successifs. Arrivé au pouvoir en 2000 après avoir été choisi comme successeur par Boris Eltsine, M. Poutine avait dû recourir à un artifice en échangeant son poste avec son premier ministre, Dmitri Medvedev, de 2008 à 2012, pour pouvoir se faire réélire président en 2012, puis en 2018.

      Il fallait maintenant trouver autre chose. A 67 ans, Vladimir Poutine peut sans doute envisager de quitter la présidence, mais plus difficilement de lâcher le contrôle d’un pays sur lequel il règne depuis vingt ans – le plus long règne d’un dirigeant russe depuis Staline. A la tête de la Russie, il a établi un système de prise de décisions plus concentré encore que sous la défunte Union soviétique, où le secrétaire général du Parti communiste devait au moins compter avec le bureau politique. En s’assurant l’appui des forces de sécurité, il est parvenu à marginaliser toute réelle opposition politique.

      Une opposition muselée
      Les rivaux potentiels hors système, comme l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, gracié et exilé en 2013 après dix ans de prison, ou l’opposant Alexeï Navalny, resté en Russie, mais rendu pratiquement inéligible, ont été mis hors d’état de nuire. Restent les camps rivaux au sein du système : selon les rares informations issues de ce pouvoir opaque, leurs appétits s’aiguisaient à l’approche de l’échéance 2024. La nature ayant horreur du vide, c’est aussi pour maîtriser leurs ambitions que M. Poutine a souhaité établir dès maintenant un cadre pour la transition. Le fidèle mais impopulaire Medvedev a été, lui, prié de remettre la démission de son gouvernement et placé sur une voie de garage en attendant mieux – ou pire.

      Certains prêtaient au président russe l’intention de créer une Union de la Russie et de la Biélorussie, dont il aurait pris la tête pour se maintenir au pouvoir après 2024. Si cela était le cas, la résistance de l’homme fort de Minsk, Alexandre Loukachenko, a dû le dissuader. Les propositions de réformes de M. Poutine, dont il a indiqué qu’elles seraient soumises à un « vote des citoyens », semblent plutôt lui ménager la possibilité d’évoluer au sein de l’appareil d’Etat de la Russie, soit de nouveau comme premier ministre, mais avec des pouvoirs accrus par rapport à la fonction actuelle, soit à la tête du Conseil d’Etat.

      Quelle que soit sa forme institutionnelle finale, cette « révolution par le haut », comme l’ont surnommée quelques commentateurs russes, a en tout cas un objectif : celui de préserver un pouvoir central fort en Russie. « La Russie devra rester une république présidentielle forte », a affirmé M. Poutine, douchant les espoirs de ceux qui verraient une évolution démocratique dans le renforcement des compétences du Parlement. Au bout du compte, c’est l’obsession du contrôle qui l’emporte.

  • Les livreurs à vélo : « Construire un modèle valorisant les services rendus, aux distributeurs, à la collectivité et aux consommateurs »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/11/les-livreurs-a-velo-construire-un-modele-valorisant-les-services-rendus-aux-

    Deux chercheurs, Ronan Jouan de Kervenoael et Alexandre Schwob, décrivent dans une tribune au « Monde », le travail des livreurs de Singapour, qui mêle service commercial, social et municipal Tribune. Pas plus d’une heure top chrono entre la commande et la livraison, qu’il s’agisse de recevoir un plateau de sushis, le dernier modèle de smartphone, des couches pour bébé ou une machine à laver. A Singapour, au cours de ces deux dernières années, la livraison en soixante minutes maximum est devenue une (...)

    #Tesco #GoogleMaps #éthique #conditions #travailleurs #VTC

  • « Comprendre les logiques à l’œuvre dans le succès d’Airbnb »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/comprendre-les-logiques-a-l-uvre-dans-le-succes-d-airbnb_6025423_3232.html

    L’économiste Mehdi Farajallah détaille, dans une tribune au « Monde », les constantes du moteur de recherche de la plate-forme, mais aussi ses biais de discrimination, qui expliquent la réussite des uns et les difficultés des autres. Bien sûr, celui qui dispose d’un appartement à deux pas de la Tour Eiffel trouvera plus facilement des locataires sur Airbnb – et à un tarif bien plus élevé – que celui dont le logement se situe sans une zone sans attrait touristique. Mais les déterminants du succès des (...)

    #Airbnb #Blablacar #eBay #Leboncoin.fr #algorithme #discrimination #marketing #profiling #racisme (...)

    ##sexisme

  • « La fracture numérique constitue une bombe à retardement dans la mesure où 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022 »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/12/la-fracture-numerique-constitue-une-bombe-a-retardement-dans-la-mesure-ou-10

    Rappelant dans une tribune au « Monde » que 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022, les experts de l’accès au numérique Jean-Philippe Mengual et Corentin Voiseux prônent un changement de méthode pour les publics en difficulté. Tribune. Quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, le président de la République avait proclamé le 29 septembre 2017 cet objectif : « il faut réduire la fracture numérique en Europe. » L’action du gouvernement se matérialisait en mars 2019 par un plan (...)

    #technologisme

  • « Airbnb profite de la lenteur des instances de régulation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/airbnb-profite-de-la-lenteur-des-instances-de-regulation_6025424_3232.html

    Le succès d’Airbnb repose principalement sur les facilités financières et pratiques que la plate-forme offre à des particuliers pour établir des transactions de pair à pair, de manière autonome. Si la prolifération du service a élargi et diversifié l’offre d’hébergement touristique, elle comporte des risques que seule une régulation adaptée permettrait de limiter. Airbnb revendique son appartenance à l’économie du partage afin de valoriser sa contribution à la communauté en renforçant les liens entre (...)

    #Airbnb #anonymat #législation #discrimination #urbanisme

  • « Les premières victimes de “l’airbnbisation” des villes sont les plus précaires »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/les-premieres-victimes-de-l-airbnbisation-des-villes-sont-les-plus-precaires

    Dans une tribune au « Monde », la sociologue Johanna Dagorn et le juriste Matthieu Rouveyre montrent comment le phénomène Airbnb chasse les citadins les moins solvables des centres-villes, un éloignement non plus choisi mais subi. Le processus progressif d’« ubérisation » qui, à ses débuts en 2008, proposait une simple application permettant de commander des chauffeurs privés haut de gamme dans quelques grandes villes s’est généralisé à tous les secteurs. Airbnb est à la location saisonnière ce (...)

    #Airbnb #domination #urbanisme #discrimination #racisme