Les manifestants pour le climat mettent Credit Suisse à terre

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  • Voyons quel retentissement aura en France cette nouvelle issue de la Suisse :
    SUISSE — Les manifestants pour le climat mettent Crédit Suisse à terre (Le TEMPS, 14 janvier 2019, page 1)
    https://www.letemps.ch/suisse/manifestants-climat-mettent-credit-suisse-terre
    Au terme d’une audience historique, 12 activistes condamnés pour avoir occupé une banque sans autorisation ont été innocentés. Le juge a considéré que leur action de désobéissance civile se justifiait au vu de l’urgence climatique

    ÉDITORIAL : David Haeberli, chef de pupitre de la rédaction genevoise, LE TEMPS :

    "Des avocats en pleurs, des militants glapissant de joie, des acquittés émus. L’esplanade devant le Tribunal de police, à Renens, a connu hier en fin d’après-midi des scènes de liesse que la solennité des lieux interdit d’habitude.

    Pour tout dire, notre journaliste Boris Busslinger était lui aussi médusé lorsqu’il m’a appelé pour rendre compte de la décision d’acquitter les 12 manifestants ayant occupé, en novembre 2018, la succursale de Credit Suisse de Lausanne. Les hourras destinés aux 13 avocats défilant dans une haie d’honneur masquaient d’ailleurs sa voix. C’était la fête au Tribunal de police.

    Les activistes de Lausanne Action Climat (LAC) avaient occupé la banque durant une heure et demie avant d’être délogés par la police. Leur but était de dénoncer les investissements dans les énergies fossiles en regard de l’urgence climatique qui menace la planète. A Lausanne, ils avaient mimé une partie de tennis, interpellant Roger Federer, que la banque sponsorise.

    En une semaine de débats, les militants ont réussi à faire de ce procès aux enjeux locaux un happening mondial. A force de communiqués et d’agit-prop sur les réseaux sociaux, leur cause est devenue celle de milliers de personnes, Greta Thunberg les adoubant même d’un retweet en fin de semaine dernière. Enrôler de force Roger Federer aura été le coup de génie de cette campagne de communication.

    Etre acquittés : Greenpeace, pour ne parler que de l’association la plus connue, n’y était pas parvenue, en plusieurs décennies de lutte. Les activistes du LAC ont convaincu la justice de leurs arguments : l’état de nécessité – soit le fait de commettre un acte punissable pour préserver un bien important d’un danger imminent et impossible à détourner autrement – justifie une action comme celle qu’ils ont organisée. Ce jugement ouvre une brèche.