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    • Nous sommes auteurs·trices, intermittent·es, pigistes, autoentrepeneurs·euses, artistes, salarié·es, bénévoles, toutes et tous précaires. Nous sommes des acrobates de l’arène des dossiers, cascadeur·euses du lien social et aguerri·es aux diverses mobilités du travail. Nous devons souvent choisir entre créer et survivre. Or la crise actuelle du Coronavirus met en péril immédiat cette économie fragile dont nous vivons au quotidien. Beaucoup d’entre nous ne gagnent pas l’équivalent d’un Smic mensuel. D’autres se hissent parfois tout juste au-dessus du seuil de pauvreté. D’autres encore ne peuvent pas même l’atteindre.

      La contention de l’épidémie de coronavirus impose aujourd’hui des annulations en série des spectacles, ateliers, conférences, concerts, expositions, installations et autres commandes artistiques, culturelles ou scientifiques. Nous voyons ainsi disparaître du jour au lendemain, sans dédommagement et pour une durée indéterminée, nos seules sources de revenus.

      Nous avons entendu le discours du président de la République le 12 mars, selon lequel « la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. » Mais le soutien de l’État aux entreprises et au seul statut de salarié·e ne saurait suffire. En effet, celui-ci ignore les statuts, les professions et les écosystèmes au sein desquels nous évoluons, qui participent à l’exception culturelle dont la France se prévaut. Nous travaillons dans la radio et le son, dans les mondes de l’art et de la culture, à travers des missions de création, de médiation, d’éducation, d’enseignement, de recherche et d’information. Nous y sommes engagé·es sur les bases de statuts parcellaires, démunis de toute continuité des ressources et des droits liés.

      Après avoir œuvré ardemment à l’uberisation de l’économie, dans le milieu radiophonique, musical et artistique comme ailleurs, l’État ne peut faire mine d’ignorer la fragmentation qu’il a activement contribuée à créer. Il doit prendre acte aujourd’hui de ses conséquences économiques et sociales désastreuses. Le Coronavirus agit dès maintenant comme un révélateur des fragilités de notre société. Il doit désormais devenir le déclencheur de nouvelles solidarités en actes.

      Toutes celles et ceux qui subiront de plein fouet les conséquences des arrêts du travail hors des statuts salariés, ainsi que toutes et celles et ceux qui n’ont pas de travail, elles et eux aussi, doivent être protégé·es. « Quoi qu’il en coûte. »

      Nous demandons par conséquent que soit instauré dès le mois de mars un revenu universel sans condition, permettant à toute personne, quel que soit son statut, de vivre dignement.

      Les Sons Fédérés, assemblée d’artisan·es sonores et radiophoniques

      #revenu_garanti #droit_au_chômage

      @mad_meg, @vazi, sorry, j’ai supprimé mon doublon.

  • [Mercredi !] Du bruit sous la mer
    http://www.radiopanik.org/emissions/mercredi-/du-bruit-sous-la-mer

    Dans l’eau, les sons vont 3 fois plus vite que dans l’air. Il faut juste plus de force pour les faire sonner. Savais-tu que hors de l’eau, une baleine ne supporte pas son poids ? As-tu déjà remarqué comme dans l’eau tout est plus léger ?

    Mercredi ! et l’incorrigible professeur Fifou ont rencontré Flore Samaran à L’Océanopolis de Brest. Une super prof et chercheuse acousticienne qui plonge ses micros dans les océans du monde entier, pour écouter les chants des baleines et les sifflements des orques.

    Crédits Musiques : ° Le Grand Bleu - Eric Serra ° Lost - Boy Harsher ° Chanson des baleines de parapluie - Isabelle Mayereau (Émilie Jolie) ° Lets Go Surfing - The Drums ° Oceania - Bjork

    Bande annonce du film documentaire Planète Ocean

    Visuel de l’émission : Sonogramme d’un sifflement d’orque (c’est l’image du (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/mercredi-/du-bruit-sous-la-mer_08351__1.mp3

    • Communiqué de presse du 7 mars 2020
      La théorie du ruissellement ne saurait tenir lieu de politique culturelle

      L’assemblée des Sons Fédérés, née en février 2020, rassemble aujourd’hui plus de deux cents artisan·es de la radio, de l’écoute, de la critique et de la création sonore. Nous sommes le podcast, la radio et bien d’autres choses encore, notre assemblée regroupant de façon inédite en France des technicien·nes du son, des auditrices·teurs, des réalisateur·trices, des autrices·teurs, des artisan·es du sonore, dans et hors monde radiophonique, émanant de radios nationales ou locales, de webradios, d’associations, de collectifs, de compagnies. Nous sommes mobilisé·es pour favoriser des expressions sonores vivantes, protéiformes, émanant de multiples pratiques et de structures variées.

      Une délégation des Sons Fédérés a été entendue mardi 3 mars 2020 au ministère de la Culture par Nicole Phoyu-Yedid et François Hurard, dans le cadre de leur mission pour la rédaction d’un rapport sur “le développement d’un fonds d’aide à la création et à l’innovation sonores”.

      Nous avons d’abord, au cours de cette audition, donné notre analyse du contexte social et médiatique actuel. Nous constatons une baisse drastique des moyens allouées aux secteurs associatifs, aux collectifs, aux radios libres ainsi qu’à la mission création de la radio publique. Parallèlement à ce désengagement de la puissance publique, le secteur du podcast industriel s’affirme.

      Nous avons donc mis en garde contre la fascination envers une économie uberisée du son et de la radio, niant la pluralité des expressions sonores, appauvrissant mécaniquement l’écriture du son, précarisant les auteurs·trices et traquant les usages des auditrices·teurs. Il n’est pas envisageable de déshabiller le service public radiophonique, national comme local, pour habiller le podcast industriel et les Gafam, qui n’en ont guère besoin et qui n’ont pas la mission d’irriguer une politique publique de l’écoute.

      Nous avons par ailleurs fait état de la formidable constellation d’autrices·teurs sonores et radiophoniques aujourd’hui en France, soutenu·es par un tissu dense de radios associatives, compagnies, studios, collectifs et autres structures. Nous œuvrons depuis longtemps à la constitution d’un fonds pour la création radiophonique et toutes les expressions sonores, qui leur permette enfin de travailler dans des conditions décentes. La préfiguration d’un tel fonds représente une splendide opportunité pour affirmer une politique publique de l’écoute forte, qui se répande sur tous les territoires.

      Pour finir, à rebours du “ruissellement” qui nous a été opposé en guise de promesse, nous affirmons qu’il ne s’agit pas de s’en remettre à une théorie abusive qui n’a fait qu’instituer structurellement les inégalités sociales et économiques depuis des décennies. C’est tout un écosystème qu’il s’agit de nourrir, pas quelques uns de ses formats, supports ou modèles à l’obsolescence programmée. Il est urgent d’oser, dans le domaine de la radio et du son comme ailleurs, une politique de l’expérimentation, de la recherche, du temps long, de l’attention et du bien commun.

  • Manifeste des Sons Fédérés, assemblée des artisan·es radiophoniques et sonores
    https://sons-federes.org/manifeste

    Nous sommes inquiet·es face à la montée en puissance de ce que nous nommons le podcast industriel, à savoir les structures de production et de diffusion (au premier rang desquelles des studios privés et des radios publiques) qui se saisissent du son de façon comptable, pour en détruire tout ce qu’il fabrique de commun. Source : Relevé sur le Net...

    • Nous refusons l’industrialisation de nos métiers, de nos sons, de nos oreilles.

      Nous sommes très heureux·ses de voir combien ces univers sonores attirent de nouvelles personnes, toujours plus diverses. Quelles que soient leurs connaissances techniques ou esthétiques, nous ouvrons nos oreilles à ces nouveaux possibles qui surgissent et tentons d’en être les passeuses et les passeurs. Mais aujourd’hui, nous sommes inquiet·es face à la montée en puissance de ce que nous nommons le podcast industriel, à savoir les structures de production et de diffusion (au premier rang desquelles des studios privés et des radios publiques) qui se saisissent du son de façon comptable, pour en détruire tout ce qu’il fabrique de commun : modèle consumériste de la production sonore, réduction drastique des temps de captation comme de montage, recours massif à des banques de sons, centrage sur le discours efficace aux dépens de l’immense “reste” de la voix et du sonore, confusion entre formats publicitaires et journalistiques, quantification de l’écoute des auditeurs et des auditrices... Nous constatons dans ce milieu un appauvrissement de l’écriture sonore, ainsi qu’une récurrente méconnaissance de l’histoire de la #radio et des expressions sonores les plus diverses, comme de leurs acteurs et actrices. Sans parler de l’abandon manifeste du travail sonore, comme si un siècle de recherche sur la narration et la musicalité des sons n’avait pas existé.

      Nous refusons de laisser s’installer sans honte l’ignorance volontaire, le mépris délibéré pour l’histoire et le désintérêt organisé pour un immense patrimoine sonore et une multiplicité de formes vivantes en construction depuis mille lieux distincts. Ce ne sont pas les salarié·es, les pigistes, les intermittent·es, les auteurs et autrices du #podcast industriel que nous désignons, mais les outils, les moyens, les cadres et les objectifs de production fixés par les structures qui les emploient ou par l’autoentreprenariat. Face à la standardisation de l’écoute qui en découle, nous affirmons et défendons une #culture sonore protéiforme.

      (…) Nous faisons face à des personnes qui scandent des éléments de langage hors-sols, qui ne connaissent pas l’histoire de la radio et des expressions sonores dans leur multiplicité, qui organisent la coupure entre un monde fertile et vivant et un monde sans espace critique ni profondeur. C’est une volonté politique. Nous ne sommes pas dupes d’une telle négligence à notre égard et à l’égard du monde auquel nous tendons nos micros. Il s’agit d’une violence politique, institutionnelle et organisée. Nous en refusons la brutalité. Nous avons la ferme volonté de travailler, avec d’autres, à déterminer une politique culturelle de toutes les expressions sonores.

      Je connaissais pas merci. Ft. @intempestive