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  • Ingérences étrangères : L’Etat traîne les pieds face à des barbouzeries anti-LFI venues d’Israël | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53909-l-etat-traine-les-pieds-face-a-des-barbouzeries-anti-lfi-venu

    Le rapport public qui détaille l’ingérence d’une boîte israélienne contre les candidats insoumis aux municipales a été caviardé et remisé dans un tiroir, révèle « Le Canard ». Ni les services de renseignement ni la justice ne cherchent à enquêter sur les auteurs de cette campagne de désinformation.

    #cépalérusses #on_s_en_fout_donc

  • La réplique au « Monde » de Jean-Luc Mélenchon et Imane El Hamzaoui

    Qu’est ce que la Nouvelle France ? Comment ce concept dessine une nouvelle manière d’être humain ? Quelles sont les mutations de la société qui appellent l’instauration d’un nouveau cadre institutionnel, celui de la 6ème République ? Jean-Luc Mélenchon, leader insoumis et co-président de l’Institut La Boétie, et Imane El Hamzaoui, membre de la coordination des espaces de LFI, livrent dans nos colonnes leur analyse de la Nouvelle France. Ils répliquent à un article du journal « Le Monde » en date du 27 décembre.

    « Notre concept procède d’une analyse globale des réalités de son époque. »

    Le 27 décembre dernier , le journal « Le Monde » publiait un article sur le concept Insoumis de « Nouvelle France ». Celui-ci se bornerait à décrire le « métissage » de notre société pour le hisser au rang d’ “identité nationale”. Les auteures se sont donc contenté de penser dans les registres médiatiques habituels qui bourdonnent aux côtés des narratifs ethnicistes d’extrême droite. Non ! La « Nouvelle France » n’est pas le symétrique de cette obsession identitaire !

    Notre concept procède d’une analyse globale des réalités de son époque. Il veut identifier les mutations de la condition humaine et cerner l’inédit dans les pratiques sociales car elles dictent à leur tour de nouvelles pratiques politiques. Examiner ces changements fait constater combien notre peuple a muté au cours des sept décennies du cycle institutionnel de la Vème république. Car il y a dans notre façon de voir une unité du temps de référence. 1958 est le début de la Vème République.

    Ce régime a été voulu pour fortifier le pouvoir politique central face à la dislocation de la société française sous la IVème République. Décolonisation, mutation industrielle et agricole, exode rural, guerre froide : les crises s’empilaient dans un cadre institutionnel incapable de les régler. Nous vivons dorénavant un empilement disloquant très comparable en intensité. Mais nos mutations ont surtout dessiné en très peu de temps une nouvelle condition humaine dont l’effet n’est encore pas abouti. En 1958, les femmes n’avaient accès ni à la contraception ni à l’avortement.

    L’ouverture d’un compte bancaire comme l’exercice d’une profession restaient soumis à l’approbation du mari, le divorce par consentement mutuel n’existait pas. La structure familiale a elle aussi connu des bouleversements fondamentaux. Si une famille sur 10 était monoparentale en 1970, c’est le cas du quart d’entre elles aujourd’hui. En 2018, 4 millions d’enfants étaient élevés par un parent seul. Ni le mariage pour tous ni la PMA n’existaient. La liberté de genre ou le suicide assisté n’étaient pas envisagés. Un quart des couples n’avaient pas besoin d’aide médicale pour procréer, la dénatalité n’avait pas commencé à disloquer la démographie du pays.

    L’empoisonnement général des cours d’eau et des populations aux polluants éternels et aux plastiques n’étaient pas imaginables. Personne ne demandait le référendum d’initiative citoyenne ni le révocatoire. L’autonomie de la Corse ni l’indépendance de la Kanaky n’étaient à l’ordre du jour. La connexion par smartphone de 90% de la population non plus. Ces faits et combien d’autres transforment nos modes de vie, jusque dans l’intime et forment un tout.

    « « La Nouvelle France » est une nouvelle manière d’être humain. »

    « La Nouvelle France » est une nouvelle manière d’être humain. La République doit l’accepter et l’assumer par un renouveau profond de ses institutions. Si notre travail écrit “un récit national” comme l’affirment les auteures de cet article, ce ne peut être pour contrebalancer celui du passé fantasmé d’un pays « de souche » qui a disparu. Pour notre part, nous vivons au présent et dans ses réalités concrètes. Notre parti pris est celui de la confiance et de l’optimisme dans l’innovation portées par le renouvellement des générations.

    Par paresse et pour se concentrer sur ce qui paraît essentiel à sa clientèle, en raison du parti pris grossièrement hostile de la ligne éditoriale, l’article du « Monde » passe à côté du contenu de notre interpellation avec ce nouveau concept politique. Dommage pour la qualité du débat public. Pourquoi refuser de le porter sur ce que les protagonistes pensent et disent réellement plutôt que sur les préjugés clientélaires de ceux qui les commentent ?

    Car pour les auteures de l’article, encore une fois, tout est réduit à un seul fait : les immigrations . Et elles font comme si celles-ci n’avaient pas un effet refondateur. Un tiers de la population a au moins un grand parent étranger au lieu d’un sur dix en 1958. Quelles conséquences ? Quelle créolisation cela a-t-il produit ? Pourquoi cela ne les intéresse-t-elles pas ?

    Telle est la manière mondaine de valider le discours réducteur du RN et de Reconquête. Elle est débitée avec cette compassion nostalgique pour une France « rurale » fantasmée, sans misère paysanne ni relégation des pauvres. Ainsi est passé sous silence l’un des changements les plus saillants de ces dernières décennies : l’ampleur des migrations internes. Dans la France actuelle, plus d’une personne sur deux habite en dehors de son département de naissance et un étudiant sur trois ne retournera jamais là où il a grandi.

    La France tout entière est entrée dans la civilisation urbaine avec plus de 80 % de sa population devenue citadine quand elle n’était que de 56 % en 1954. La focalisation des deux rubricardes de l’équipe d’Olivier Pérou ennemi fanatique de LFI qu’il considère comme une secte, est cousue de fil blanc. Elle finit sur “la montée de la religiosité”, affirmée par un sondage ridicule à laquelle est consacrée la dernière partie de l’article. Leur intention est alors trahie. L’ethnicisme de ce point de vue se lit en gros caractères.

    Car pour crier au grand remplacement soit disant voulu par la « Nouvelle France » du fait de la nouvelle proportion de grand-parent étranger, elles masquent un autre paramètre étroitement lié : la moitié des descendants d’immigrés n’ont qu’un seul parent immigré, preuve s’il en fallait du brassage spontané dans notre société. Ces faits nous intéressent.

    La croisade des rubricards du « Monde » contre LFI est faite ici dans une forme faussement détachée. Mais elle n’est rien de plus qu’un terreau pour le racisme traditionnel. Là sont figées de nouveau des catégories sociologiques dans des invariants où les comportements sont essentialisés. Et tout cela pour revenir au mythe d’une identité nationale ethnique dont les exclus sont désignés d’avance par « la montée de leur religiosité ».

    La Nouvelle France est un outil conceptuel. Le Mouvement Insoumis s’en dote pour éclairer son action politique. Résumons : notre société a connu des bouleversements fondateurs depuis 1958, que ce soit dans sa composition, ses lieux de vie, son rapport au travail ou encore sa manière de se définir soi même. Ces changements appellent une traduction politique. Au bout du compte pour nous, la Nouvelle France s’accomplira dans l’instauration d’un nouveau cadre institutionnel : la 6e République.

    Jean-Luc Mélenchon et Imane El Hamzaoui

    https://linsoumission.fr/2026/01/05/monde-nouvelle-france-replique

  • #200_milliards : le #coût exorbitant des #aides_publiques aux #entreprises

    65 millions d’euros. C’est le pactole d’aides publiques dont s’est gavé le groupe #Michelin en quelques années. Une addition très salée pour le contribuable et encore plus difficile à avaler au regard de la suppression de 1400 emplois décidées par le groupe. Après s’être rendu aux côtés des salariés, aux usines de Cholet et de Vannes, les insoumis ont pris le taureau par les cornes. Les députés LFI ont annoncé le dépôt d’une commission d’enquête sur les aides publiques distribuées aux entreprises. Toutes sont versées sans contrepartie.

    Près de 200 milliards d’euros. C’est le montant des aides publiques versées aux grandes entreprises privées sans aucune contrepartie. Ce montant a été révélé par une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et du Clersé (groupe de chercheurs de l’université de Lille) (https://ires.fr/publications/cgt/un-capitalisme-sous-perfusion-mesure-theories-et-effets-macroeconomiques-des-ai). Il s’agit du premier #budget de l’État : plus de 30 % de son budget total, et deux fois plus que le budget de l’Éducation nationale.

    Cet « #argent_magique », Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs n’en parlent jamais. Au total, ces aides sont pourtant chiffrées à 200 milliards par année, soit plus de trois fois le montant des saignées budgétaires annoncées.

    #Subventions_directes, #niches_fiscales et sociales en tout genre ou encore aides régionales et européennes, ces 200 milliards prennent de diverses formes, mais ont une même finalité : partir en poussière chez des #intérêts_privés, plutôt qu’au service de la collectivité. Notre article.

    D’où viennent ces 200 milliards ?

    Le gâteau des aides aux entreprises a considérablement grossi ces dernières années : l’État accorde 3 fois plus d’aides au #secteur_privé qu’en 1999. Et ce gâteau se découpe en plusieurs parts. Le magazine Frustration fournit un graphique de la répartition de ces aides. C’est environ 20% de #subventions directes de l’État ou des collectivités, 40% d’#exonérations de #cotisations_sociales, et 40% de niches fiscales et #baisses_d’impôts.

    Ces milliards d’aides ne tombent pas du ciel. Ils résultent très nettement des politiques des gouvernements libéraux depuis les années 2000. En particulier, des politiques d’#Emmanuel_Macron depuis 2017 et même avant, à la tête de l’Économie de #François_Hollande. Avant lui, les politiques de réduction des #cotisations_patronales des entreprises ont pavé le chemin sous #Nicolas_Sarkozy. Ensuite, le grand bond en arrière : la mise en place du #Crédit_d’Impôt_Compétitivité_Recherche (#CICE), qui a coûté à l’État plus de 100 milliards depuis 2013.

    Sa suppression permettrait de rapporter 10 milliards d’euros, a minima. La baisse pérenne des #cotisations_sociales est venue remplacer le CICE en 2019 par Macron, pour le même effet. D’autres dispositifs encore : le #Crédit_impôt_recherche (#CIR : sa suppression pour les #grandes_entreprises rapporterait 1.3 milliard), ou encore le #Pacte_de_Responsabilité (un ensemble de différents crédits d’impôts mis en place en bloc par François Hollande).

    Sous Macron, ces dispositifs perdurent et s’étendent. Ils cohabitent surtout avec d’autres milliards tendus par Macron aux entreprises. Par exemple, Macron a décidé seul de supprimer la #cotisation_sur_la_valeur_ajoutée_des_entreprises (#CVAE), qui bénéficiait aux collectivités territoriales, et de les rendre dépendantes aux recettes de la #TVA, l’impôt le plus injuste. Ce nouveau cadeau aux grandes entreprises coûte cette année 12 milliards d’euros, et coûtera 15 milliards en 2027.

    D’innombrables #niches sont encore en vigueur : la niche « #Copé » (5 milliards d’euros) ou les niches fiscales défavorables au climat (19 milliards d’euros selon l’Institut d’étude pour le climat) pour ne citer qu’elles.
    200 milliards pour licencier ?
    https://twitter.com/L_insoumission/status/1856285914999234680

    Problème majeur : ces milliards d’aides aux entreprises se font sans #contrepartie aucune. Bien souvent, elles permettent et encouragent même les attaques sociales des entreprises envers leurs salariés : baisses des salaires, licenciements, délocalisations, etc. Un exemple récent : l’entreprise #Forvia (ex-Forecia), fabricant français d’équipements automobiles. Depuis son lancement dans la filière de l’hydrogène, elle a touché 600 millions de subventions – et ce, hors CICE. Pourtant, le 19 février 2024, le directeur annonce d’une pierre deux coups le retour des bénéfices pour 2023 et la suppression progressive de 10.000 emplois pour les quatre prochaines années.

    Douche froide pour les salariés, dont l’entreprise annonce le même jour des bénéfices records et un grand plan de licenciement qui ne dit pas son nom. L’Insoumission s’est entretenue avec des travailleurs de Forvia mobilisés contre la décision de leur direction. Ils dénoncent d’une même voix l’hypocrisie de leur direction mais aussi de la puissance publique :

    « On leur a donné 600 millions d’argent de l’Etat. Non seulement ils n’ont pas créé d’emplois mais en plus ils en suppriment. Ils touchent de l’agent pour virer les travailleurs, aussi simple que ça. C’était 600 millions pour un seul site de 300 salariés : ça fait 2 millions par salarié, et ils se permettent de fermer des sites. Juste pour leur marge. Et honnêtement, on a même l’impression que c’est nous qui payons le #licenciement de nos collègues, puisqu’on va travailler plus pour compenser leur départ.« 

    Résultat direct et rationnel de l’absence de conditionnement social (et écologique) de ces aides publiques, les entreprises font ce qu’elles veulent de cet argent. Et Forvia est loin d’être la seule à profiter des aides d’entreprises pour augmenter ses marges au détriment des salariés, comme le soulignait l’étude de l’Ires. En 2019, le groupe Michelin s’était déjà par exemple servi d’un crédit d’impôt (CICE) de 65 milliards d’euros pour délocaliser sa production en Pologne, en Roumanie et en Espagne.

    Et ces quelques exemples ne sont très certainement que l’arbre qui cache la forêt, au vu de l’ampleur des sommes engagées. D’une manière générale : beaucoup d’#argent_public pour les actionnaires, qui aurait pu être consacré aux grands chantiers de politiques publiques. Combien d’écoles, d’hôpitaux, de lignes ferroviaires auraient pu être construits avec ces 200 milliards ? Combien de personnels soignants, de professeurs et d’AESH dans les écoles auraient pu être rémunérés ?

    Pour continuer d’arroser les entreprises, le Gouvernement fait les poches aux français

    Alors que le chantage à la dette et à la compression des dépenses repart de plus belle avec l’annonce des 5.5% de PIB de déficit, la responsabilité de ces 200 milliards d’aides est immense. Le Gouvernement détourne les yeux de cette responsabilité et préfère concentrer ses attaques ciblées sur les dépenses sociales et les services publics. Les conséquences de ce récit politique sont déjà à l’oeuvre : moins 10 milliards d’euros passés par décret en février, multiples réformes de l’assurance-chômage, etc. Et d’autres coupes sont à venir pour atteindre les 3% de déficit d’ici 2027, jusqu’à 80 milliards d’euros de coupe selon Bruno Le Maire.

    Selon les mots de l’étude de l’Ires, « un État-providence caché en faveur des entreprises » se développe à l’heure où le Gouvernement détricote l’Etat-providence social. Romaric Godin résume la situation dans un article sur le chantage à la dette pour Mediapart : « L’épouvantail de la dette a pour fonction de démanteler ce qui reste de l’État social pour préserver les transferts vers le secteur privé et soutenir sa rentabilité face à une croissance stagnante.« 

    Plus encore, pour Benjamin Lemoine, sociologue et auteur de l’ouvrage L’Ordre de la dette (2022) : « Le maintien de l’ordre de la dette demande un dosage incessant entre le soutien au capital privé et une capacité à assurer sans chocs politiques le service de la dette, et depuis des années cette capacité repose entièrement sur le sacrifice de l’État social.« 

    Derrière le refus du Gouvernement de s’attaquer aux aides aux entreprises, c’est donc tout un modèle économique qui ne veut être remis en cause par les macronistes. Le #capitalisme français repose tout entier sur ce système de soutien public au capital. 200 milliards, cela commence à faire cher le fonctionnement de l’#économie.

    #Conditionnement des aides, suppression des niches fiscales inutiles : les recettes fiscales existent

    Un autre modèle est pourtant possible. Toutes les études sur les aides aux entreprises parlent d’une même voix : il faut conditionner les aides. Elles rejoignent ainsi les revendications de la France Insoumise depuis des années. La suppression du CICE est au programme de l’Avenir en Commun dès l’élection présidentielle de 2017. De même pour le CIR, et toutes les niches « anti-sociales et anti-écologiques ». La France Insoumise a ainsi publié ce 28 mars ses « 10 mesures d’urgence pour faire face à l’austérité » dans un document intitulé « Moins de dépenses fiscales, plus de recettes fiscales !« .

    Au programme : rétablir l’ISF (+15 milliards), taxer les superprofits (+15 milliards), supprimer le CICE (+10 milliards), supprimer le CIR (+1.3 milliards), supprimer les niches fiscales les plus polluantes (+6 milliards), rétablir la CVAE (+15 milliards), mettre en place une imposition universelle sur les entreprises (+42 milliards), renforcer la taxe sur les transactions financières (+10.8 milliards) et mettre fin à la flat tax (+1 milliards). Un large panel qui vise à montrer une chose : « Les seules dépenses à réduire sont celles en faveur des plus riches » écrit la France Insoumise, pour qui les 200 milliards d’aides seraient un bon premier ciblage.

    Une chose est certaine : il existe, effectivement, de nombreux postes de dépenses sur lesquels le Gouvernement pourrait se pencher pour réduire le déficit public. Conditionner les aides aux entreprises paraît être une étape essentielle.

    https://linsoumission.fr/2024/11/12/200-milliards-aides-aux-entreprises
    #France #finances

  • Dominique de Villepin, toujours aussi ravageur pour Emmanuel Macron
    François Bayrou à Matignon : vers une sortie de crise ? - C l’hebdo - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=EIQWhZBgDgY

    08:26 : le macronisme n’a jamais eu de principes
    12:14 : la justice sociale, c’est le péché fondateur du macronisme (-> ruissellement…)
    15:08 : on ne lui demande pas d’être gaulliste […] mais on lui demande, à tout le moins, d’avoir un peu de dignité et de respect de la fonction
    17:33 : il est quand même le président de la Vè République qui n’a jamais été capable de tirer UNE leçon de ses erreurs qui a toujours pensé, comme au poker, qu’il peut se refaire
    23:05 : François Bayrou […] c’est vraiment un tempérament politique qui demande de la patience à plein temps

    les trois dernières minutes sur le Moyen-Orient…

    • on est gaulliste (version 1944, dans l’interview) ou on ne l’est pas…
      ceci dit, il est au sommet de son art :
      Où suis-je ? je suis nulle part. Est-ce que je suis de gauche, moi qui réclame de la justice sociale alors qu’on reproche au PS d’avoir abandonner le parti des travailleurs ?
      (vers 16:20)

    • « Bayrou, c’est Gaston Lagaffe, il ne va pas durer ! » – Les tensions entre Bayrou et la macronie déjà au plus haut !
      https://linsoumission.fr/2024/12/18/bayrou-gaston-lagaffe-pas-durer

      « Ça ne va pas durer très longtemps. (…) Si François Bayrou tombe sans égaler les trois mois à Matignon de son prédécesseur, l’hypothèse d’une présidentielle anticipée n’en sera que plus probable. ». L’aveu est signé d’un cadre macroniste dans les colonnes de l’Opinion. Il traduit un état de malaise général face à l’usurpateur de Matignon. Dans les coulisses de la macronie, la panique et la dépression s’est bien emparée des quelques troupes déjà en déroute depuis les défaites successives infligées par les insoumis, tant dans les discussions budgétaires que par leur motion ayant fait chuter le Gouvernement Barnier.

      Dans les cabinets des ministres démissionnaires, les conseillers ne mâchent pas leurs mots : « Il y a un côté Gaston Lagaffe, on en est à se demander ce qui sera la bourde du jour prochain », assène l’un d’eux. En réunion de groupe, les députés Ensemble pour la République (EPR) ont choisi de faire vœu de « silence radio pendant les fêtes ». L’ambiance de fin de règne est totale. L’usurpateur François Bayrou – membre d’un groupe de 36 députés à l’Assemblée quand Barnier en avait 58 – enchaîne les catastrophes.

      Hier, à l’Assemblée, le béarnais a considéré que les morts à Mayotte étaient des « accidents de la vie » et que Mayotte n’était pas en France. Le fait d’avoir privilégié le conseil municipal de Paul plutôt que le déplacement à Mayotte lui est reproché de tous bords. En privé, Emmanuel Macron a « pété un plomb en voyant le Premier minier se rendre en Falcon à Pau » juge un proche de l’Elysée. Au total, l’analyse et la stratégie de LFI en sort renforcée. La censure se rapproche, et l’élection présidentielle anticipée aussi. 64 % des Français exigent le départ immédiat du locataire de l’Élysée. Notre brève.

  • Il faut (re)lire cet article parce que là, on tient un vrai cas d’école dans la désinformation et la propagande de l’état d’Israël :

    https://linsoumission.fr/2024/11/17/hysterie-amsterdam-media

    Amsterdam. Des jours entiers d’hystérie et désinformation médiatique autour des violences d’Amsterdam, racisme d’Éric Zemmour sur RTL, fake news à l’encontre de Sébastien Delogu, condamnation de CNEWS à 100 000 euros par l’ARCOM pour diffusion de fausses, informations. Ce sont tout autant de séquences médiatiques ayant marqué la semaine, et bien d’autres, que l’Insoumission vous décrypte dans sa revue de presse hebdomadaire de critique de l’officialité médiatique.

    Des médias de Bolloré aux journaux de Bernard Arnault, de BFM TV aux plateaux de Martin Bouygues, chaque jour est une occasion supplémentaire pour constater la partialité des médias dominants et leur acharnement contre la France insoumise.

    Indignations sélectives, censure, criminalisation des voix de la paix, choix partiaux des invités et sujets traités, désinformation, invectives constantes envers le mouvement insoumis… Telle est la réalité du journalisme de cour et d’éditorialistes d’extrême droite prêts à tout pour imposer leur agenda idéologique et conserver une place au chaud. Notre revue de presse.

  • 200 milliards : le #coût exorbitant des #aides_publiques_aux_entreprises

    Près de 200 milliards d’euros. C’est le montant des #aides_publiques versées aux grandes #entreprises_privées sans aucune contrepartie. Ce montant a été révélé par une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) et du Clersé (groupe de chercheurs de l’université de Lille). Il s’agit du premier #budget de l’État : plus de 30% de son budget total, et deux fois plus que le budget de l’Éducation nationale. #Subventions_directes, #niches_fiscales et sociales en tout genre ou encore #aides régionales et européennes, ces 200 milliards prennent des formes diverses, mais ont une même finalité : partir en poussière chez des intérêts privés, plutôt qu’au service de la collectivité.

    Le #capitalisme français est sous #perfusion, selon le titre même de l’étude de l’Ires. Il ne survit qu’avec l’aide d’un État qui lui donne tout sans rien attendre en retour. Une histoire d’amour et de dépendance donc ; au détriment d’une #politique_économique sensée. Toutes les études, y compris celles des services ministériels eux-mêmes, le montrent : les effets de ces milliards d’aides sont faibles voire inexistants. Pour la dernière étude de l’Ires : « L’#efficacité des allègements du coût du travail se trouve sans doute ailleurs : dans le soutien apporté aux marges de l’entreprises« . La puissance publique utilise donc l’argent du contribuable pour augmenter le profit du secteur privé.

    Résultat : pas de création d’emplois, pas de hausse des salaires, pas de relocalisations de l’industrie, mais une augmentation des dividendes des actionnaires. Pourtant, Emmanuel Macron et son gouvernement refuse toujours fermement de s’attaquer à ce premier poste de dépense. Il a même augmenté les niches fiscales de 10 milliards d’euros pour 2024, le même montant qu’il a retiré aux #services_publics. Une politique qui entraîne la #France droit dans le mur. Notre article.

    D’où viennent ces 200 milliards ?

    Le gâteau des #aides_aux_entreprises a considérablement grossi ces dernières années : l’État accorde 3 fois plus d’aides au #secteur_privé qu’en 1999. Et ce gâteau se découpe en plusieurs parts. Le magazine Frustration fournit un graphique de la répartition de ces aides (https://www.frustrationmagazine.fr/subvention-capitalisme). C’est environ 20% de #subventions directes de l’État ou des collectivités, 40% d’#exonérations de #cotisations_sociales, et 40% de niches fiscales et #baisses_d’impôts.

    Ces milliards d’aides ne tombent pas du ciel. Ils résultent très nettement des politiques des gouvernements libéraux depuis les années 2000. En particulier, des politiques d’Emmanuel Macron depuis 2017 et même avant, à la tête de l’Économie de François Hollande. Avant lui, les politiques de réduction des #cotisations_patronales des entreprises ont pavé le chemin sous Nicolas Sarkozy. Ensuite, le grand bond en arrière : la mise en place du #Crédit_d’Impôt_Compétitivité_Recherche (#CICE), qui a coûté à l’État plus de 100 milliards depuis 2013.

    Sa suppression permettrait de rapporter 10 milliards d’euros, a minima. La baisse pérenne des cotisations sociales est venue remplacer le CICE en 2019 par Macron, pour le même effet. D’autres dispositifs encore : le #Crédit_impôt_recherche (#CIR : sa suppression pour les grandes entreprises rapporterait 1.3 milliard), ou encore le #Pacte_de_Responsabilité (un ensemble de différents crédits d’impôts mis en place en bloc par François Hollande).

    Sous Macron, ces dispositifs perdurent et s’étendent. Ils cohabitent surtout avec d’autres milliards tendus par Macron aux entreprises. Par exemple, Macron a décidé seul de supprimer la #cotisation_sur_la_valeur_ajoutée_des_entreprises (#CVAE), qui bénéficiait aux collectivités territoriales, et de les rendre dépendantes aux recettes de la #TVA, l’impôt le plus injuste. Ce nouveau cadeau aux grandes entreprises coûte cette année 12 milliards d’euros, et coûtera 15 milliards en 2027.

    D’innombrables niches sont encore en vigueur : la niche « #Copé » (5 milliards d’euros) ou les niches fiscales défavorables au climat (19 milliards d’euros selon l’Institut d’étude pour le climat) pour ne citer qu’elles.

    200 milliards pour licencier ?

    Problème majeur : ces milliards d’aides aux entreprises se font sans contrepartie aucune. Bien souvent, elles permettent et encouragent même les attaques sociales des entreprises envers leurs salariés : baisses des salaires, #licenciements, #délocalisations, etc. Un exemple récent : l’entreprise #Forvia (ex-Forecia), fabricant français d’équipements automobiles. Depuis son lancement dans la filière de l’hydrogène, elle a touché 600 millions de subventions – et ce, hors CICE. Pourtant, le 19 février 2024, le directeur annonce d’une pierre deux coups le retour des bénéfices pour 2023 et la suppression progressive de 10.000 emplois pour les quatre prochaines années.

    Douche froide pour les salariés, dont l’entreprise annonce le même jour des bénéfices records et un grand #plan_de_licenciement qui ne dit pas son nom. L’Insoumission s’est entretenue avec des travailleurs de Forvia mobilisés contre la décision de leur direction. Ils dénoncent d’une même voix l’hypocrisie de leur direction mais aussi de la puissance publique :

    « On leur a donné 600 millions d’argent de l’Etat. Non seulement ils n’ont pas créé d’emplois mais en plus ils en suppriment. Ils touchent de l’agent pour virer les travailleurs, aussi simple que ça. C’était 600 millions pour un seul site de 300 salariés : ça fait 2 millions par salarié, et ils se permettent de fermer des sites. Juste pour leur marge. Et honnêtement, on a même l’impression que c’est nous qui payons le licenciement de nos collègues, puisqu’on va travailler plus pour compenser leur départ.« 

    Résultat direct et rationnel de l’absence de conditionnement social (et écologique) de ces aides publiques, les entreprises font ce qu’elles veulent de cet argent. Et Forvia est loin d’être la seule à profiter des aides d’entreprises pour augmenter ses marges au détriment des salariés, comme le soulignait l’étude de l’Ires. En 2019, le groupe #Michelin s’était déjà par exemple servi d’un crédit d’impôt (CICE) de 65 milliards d’euros pour délocaliser sa production en Pologne, en Roumanie et en Espagne.

    Et ces quelques exemples ne sont très certainement que l’arbre qui cache la forêt, au vu de l’ampleur des sommes engagées. D’une manière générale : beaucoup d’#argent_public pour les #actionnaires, qui aurait pu être consacré aux grands chantiers de #politiques_publiques. Combien d’écoles, d’hôpitaux, de lignes ferroviaires auraient pu être construits avec ces 200 milliards ? Combien de personnels soignants, de professeurs et d’AESH dans les écoles auraient pu être rémunérés ?

    Pour continuer d’arroser les entreprises, le Gouvernement fait les poches aux français

    Alors que le chantage à la dette et à la compression des dépenses repart de plus belle avec l’annonce des 5.5% de PIB de déficit, la #responsabilité de ces 200 milliards d’aides est immense. Le Gouvernement détourne les yeux de cette responsabilité et préfère concentrer ses attaques ciblées sur les dépenses sociales et les services publics. Les conséquences de ce récit politique sont déjà à l’oeuvre : moins 10 milliards d’euros passés par décret en février, multiples réformes de l’assurance-chômage, etc. Et d’autres coupes sont à venir pour atteindre les 3% de déficit d’ici 2027, jusqu’à 80 milliards d’euros de coupe selon Bruno Le Maire.

    Selon les mots de l’étude de l’Ires, « un État-providence caché en faveur des entreprises » se développe à l’heure où le Gouvernement détricote l’Etat-providence social. Romaric Godin résume la situation dans un article sur le chantage à la dette pour Mediapart : « L’épouvantail de la dette a pour fonction de démanteler ce qui reste de l’État social pour préserver les transferts vers le secteur privé et soutenir sa rentabilité face à une croissance stagnante.« 

    Plus encore, pour Benjamin Lemoine, sociologue et auteur de l’ouvrage L’Ordre de la dette (2022) : « Le maintien de l’ordre de la dette demande un dosage incessant entre le soutien au capital privé et une capacité à assurer sans chocs politiques le service de la dette, et depuis des années cette capacité repose entièrement sur le sacrifice de l’État social.« (https://www.editionsladecouverte.fr/l_ordre_de_la_dette-9782707185501)

    Derrière le refus du Gouvernement de s’attaquer aux aides aux entreprises, c’est donc tout un #modèle_économique qui ne veut être remis en cause par les macronistes. Le #capitalisme_français repose tout entier sur ce système de #soutien_public_au_capital. 200 milliards, cela commence à faire cher le fonctionnement de l’#économie.

    #Conditionnement_des_aides, suppression des niches fiscales inutiles : les recettes fiscales existent

    Un autre modèle est pourtant possible. Toutes les études sur les aides aux entreprises parlent d’une même voix : il faut conditionner les aides. Elles rejoignent ainsi les revendications de la France Insoumise depuis des années. La suppression du CICE est au programme de l’Avenir en Commun dès l’élection présidentielle de 2017. De même pour le CIR, et toutes les niches « anti-sociales et anti-écologiques ». La France Insoumise a ainsi publié ce 28 mars ses « 10 mesures d’urgence pour faire face à l’austérité » dans un document intitulé « Moins de dépenses fiscales, plus de recettes fiscales !« .

    Au programme : rétablir l’#ISF (+15 milliards), taxer les superprofits (+15 milliards), supprimer le CICE (+10 milliards), supprimer le CIR (+1.3 milliards), supprimer les niches fiscales les plus polluantes (+6 milliards), rétablir la CVAE (+15 milliards), mettre en place une #imposition_universelle_sur_les_entreprises (+42 milliards), renforcer la #taxe_sur_les_transactions_financières (+10.8 milliards) et mettre fin à la #flat_tax (+1 milliards). Un large panel qui vise à montrer une chose : « Les seules dépenses à réduire sont celles en faveur des plus riches » écrit la France Insoumise, pour qui les 200 milliards d’aides seraient un bon premier ciblage.

    Une chose est certaine : il existe, effectivement, de nombreux postes de dépenses sur lesquels le Gouvernement pourrait se pencher pour réduire le #déficit_public. Conditionner les aides aux entreprises paraît être une étape essentielle.

    https://linsoumission.fr/2024/04/05/200-milliards-aides-entreprises

    #alternative

    –—

    Le rapport est probablement celui-ci, datant de 2022, à moins qu’un nouveau n’a pas été publié depuis :

    Un capitalisme sous perfusion : Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux entreprises françaises

    La pandémie apparue à l’hiver 2019-2020 a souligné avec une acuité spectaculaire le rôle des aides publiques pour maintenir sur pied les entreprises face à la mise en arrêt artificiel de l’activité. Il ne s’agit cependant que d’une partie d’un processus plus ample et ancien de développement, par la puissance publique et depuis maintenant plusieurs décennies, de dispositifs de soutien des entreprises, dispositifs qui mobilisent les finances publiques et sociales (mêlant dépenses effectives et exonérations) mais qui ne sont pas recensés sous la forme d’une catégorie statistique dédiée.

    L’étude se penche sur cet enjeu des aides publiques aux entreprises en posant quatre grandes questions : Combien ? Pourquoi ? Pour quels effets ? Et enfin, à quelles conditions ?

    Les informations statistiques sur l’ensemble des mesures d’aide aux entreprises et leur évolution dans le temps existent, sont publiques mais souvent disséminées et parcellaires. En particulier, il n’existe pas de catégorie statistique qui les regroupe. Celles-ci sont constituées de trois composantes : les dépenses fiscales (avec notamment le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et le crédit d’impôt recherche), les dépenses socio-fiscales (exonérations de cotisations sociales employeurs) et les dépenses budgétaires de subvention et d’aide à l’investissement. Comme le montre l’étude, alors qu’elles oscillaient en moyenne autour de 30 milliards d’euros par an dans les années 1990, elles représentaient un montant de plus de 100 milliards d’euros par an dès 2008, et culminaient à 157 milliards en 2019, avant même la mise en œuvre du « quoi qu’il en coûte ».

    Mises en place selon des arguments en termes de compétitivité, d’emploi, d’investissement ou d’innovation, la discussion autour des effets théoriques et la revue de la littérature empirique laissent subsister de sérieux doutes sur la pertinence de ces mesures. Ces politiques peuvent de surcroît entraîner des effets d’accoutumance et de dépendance pour les entreprises, assorti d’un coût permanent pour les finances publiques et sociales, ceci pour des effets réels, mais souvent transitoires. Il en ressort l’idée que notre système économique est de plus en plus « sous perfusion » d’aides publiques aux entreprises.

    L’étude met enfin en évidence grâce à un modèle macroéconomique les différentes (in)efficacités des mesures de baisse de prélèvements obligatoires sur les entreprises selon qu’elles s’accompagnent ou pas de contreparties (par exemple en termes d’investissement productif), comparativement notamment à la dépense publique directe. Elle envisage également une utilisation alternative des sommes dépensées.

    En conclusion, l’étude s’interroge sur la conditionnalité des aides publiques aux entreprises, en particulier l’application de critères sociaux et/ou environnementaux.

    https://ires.fr/publications/cgt/un-capitalisme-sous-perfusion-mesure-theories-et-effets-macroeconomiques-des-ai

  • Climat : les 1% les plus riches polluent plus que 5 milliards d’êtres humains – le rapport accablant d’OXFAM
    (publié en 2023, ici pour archivage)

    Les chiffres de l’étude d’Oxfam « Égalité climatique : une planète pour les 99% » sont implacables. Que ce soit les particuliers, les entreprises ou à l’échelle des pays, la conclusion est toujours la même : les principaux destructeurs de notre monde se trouvent en haut de la pyramide des revenus. Le constat est accablant : les 1% les plus riches émettent plus de #CO2 que les deux tiers les plus pauvres de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes.

    Les riches polluent, les pauvres en paient le prix. En dépit de trente ans d’alertes des conférences internationales et des rapports scientifiques, les politiques économiques hégémoniques se suivent et se ressemblent pendant que l’effondrement climatique s’accélère. Notre article.

    Climat : le capitalisme récompense les fossoyeurs de l’humanité

    Le constat est aussi clair que le ciel sans nuages à Dubaï : les 1% les plus riches émettent plus de CO2 que les deux tiers les plus pauvres de la population mondiale, soit 5 milliards de personnes. Et pendant que les ultra riches se préparent des bunkers climatisés en Nouvelle-Zélande, les plus pauvres essuient les conséquences dévastatrices du dérèglement climatique.

    Les chiffres du rapport d’Oxfam font voler en éclat les prétentions au pragmatisme des éditorialistes payés grassement par les milliardaires. Plus on se rapproche du sommet de la pyramide, plus le sommet de l’injustice perce de nouveaux plafonds. Les 0,1% les plus fortunés, une poignée de 770 000 individus, recrachent plus de CO2 que 38% de la population mondiale. Si cela ne vous donne pas de haut-le-cœur, vous n’avez probablement pas de pouls.

    En France, les révélations d’Oxfam sont tout aussi choquantes. Chaque personne appartenant à la clique des 1% les plus riches déverse autant de CO2 en un an qu’une personne au sein des 50% les plus pauvres n’en émettra en dix ans. Les 1% les plus riches, produisent en moyenne dix fois plus de CO2 par an que la moitié la plus démunie. Les 10% les plus riches sont responsables d’un quart des émissions de la France.
    Pour donner une chance de survie au 99%, il y a urgence à désarmer les 1%

    Les mesures proposées par Oxfam résonnent fortement avec celles présentées dans l’Avenir en Commun, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2022 : Un impôt sur la fortune climatique, une taxe sur les dividendes pour les entreprises irrespectueuses de l’Accord de Paris, la fin des avantages fiscaux néfastes pour le climat, un conditionnement strict des financements publics aux objectifs climatiques, et une trajectoire contraignante de réduction des émissions pour les multinationales.

    Face à l’urgence, des solutions radicales s’imposent. Jusqu’au GIEC, le consensus scientifique est désormais à un programme pré-révolutionnaire. C’est pourquoi les médias du système ne parlent jamais des solutions. Quand ils finissent par parler climat, ils se cantonnent à du spectaculaire, souvent à côté de la réalité, parce qu’ils refusent par dessus tout de pointer les véritables responsables de la catastrophe.

    Pour aller plus loin : Climat : pourquoi les médias ne vous parlent jamais des solutions ?

    Et c’est pourquoi Oxfam a placé tout en haut le programme de Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle 2022. C’est le seul qui propose une rupture avec le dogme économique néolibérale dans tous les aspects.

    https://linsoumission.fr/2023/11/20/climat-riches-polluent-oxfam
    #pollution #riches #pauvres #statistiques #chiffres #rapport #oxfam #climat #changement_climatique #responsabilité

    voir aussi :
    Les 10% les plus riches sont responsables de plus de la moitié des émissions de CO2
    https://seenthis.net/messages/877228

    Le rapport de #oxfam déjà signalé ici par @socialisme_libertaire et @biggrizzly :


    https://seenthis.net/messages/1027600
    https://seenthis.net/messages/1027540

    • 50 milliardaires polluent plus que 1,3 milliard de personnes

      L’ONG Oxfam a calculé le bilan carbone moyen des cinquante personnes les plus riches du monde et le résultat, publié le 28 octobre, est spectaculaire : un ultrariche émet 7 746 tonnes de CO2e par an rien qu’avec sa consommation de jets et yachts, contre 9 tonnes annuelles pour un Français moyen.

      Dans le détail, les vingt-trois milliardaires dont Oxfam a pu répertorier les données de vols en jets privés ont effectué 184 trajets en moyenne en 2023, pour une distance équivalente à dix fois le tour du monde. Elon Musk, qui détient au moins deux jets privés, est responsable en un an de l’équivalent de 834 années d’émissions d’une personne moyenne dans le monde.

      L’ONG a fait une seconde série de calculs en considérant, cette fois, les conséquences des investissements de ces milliardaires dans des entreprises émettrices de CO2. Selon ses résultats, les cinquante personnes les plus riches du monde polluent plus que 1,3 milliard de personnes, compte tenu de leur patrimoine financier. « Si les ultrariches ont un rôle disproportionné dans la crise climatique, ce sont aussi eux qui ont le pouvoir d’agir », conclut Oxfam, qui pousse pour l’instauration d’un impôt sur la fortune climatique, d’une taxe sur les dividendes et de taxes sur les activités polluantes.

      https://reporterre.net/50-milliardaires-polluent-plus-que-1-3-milliard-de-personnes

    • Les inégalités carbone tuent

      Oxfam publie une nouvelle étude inédite à l’approche de la COP29, qui se tiendra à Bakou du 11 au 22 novembre prochain. En calculant pour la première fois les émissions des jets privés, yachts et investissements polluants des milliardaires, l’étude d’Oxfam démontre comment les super-riches alimentent abondamment les inégalités climatiques mondiales.

      Ainsi, si tout le monde avait le même mode de consommation que le milliardaire moyen de l’étude d’Oxfam, le budget carbone mondial (la quantité de CO2e qui peut encore être ajoutée à l’atmosphère sans que les températures mondiales n’augmentent de plus de 1,5°C) serait épuisé en moins de deux jours.

      Inégalités climatiques : les chiffres-clés

      - Les 50 milliardaires les plus riches du monde polluent plus que 1,3 milliard de personnes dans le monde, uniquement via leur patrimoine financier.
      - Le budget carbone mondial serait épuisé en seulement 2 jours si toute la population consommait comme les 50 personnes les plus riches du monde.
      - En moyenne, un milliardaire parmi les 50 personnes les plus riches du monde, émet 7 746 tonnes de CO2e par an rien qu’avec sa consommation de jets et yachts. En comparaison, une personne parmi les 50 % les plus pauvres de l’humanité émet 1,01 tonne de CO2e par an (via sa consommation).
      - Bernard Arnault émet 1 200 fois plus d’émissions de CO2 qu’un⸱e Français⸱e moyen⸱ne.
      - L’empreinte carbone de consommation d’Elon Musk (5 947 tonnes CO2e) équivaut à 834 années d’émissions pour une personne moyenne dans le monde, ou à 5 437 années pour une personne faisant partie des 50 % les plus pauvres de la planète.

      Entre investissements polluants, jets et yachts, les émissions démesurées des milliardaires mondiaux

      Alors que les impacts du changement climatique s’accélèrent partout dans le monde, les émissions des super-riches continuent d’atteindre des sommets. L’étude d’Oxfam révèle ainsi que le budget carbone mondial serait épuisé en seulement 2 jours si toute la population consommait comme les 50 personnes les plus riches du monde.

      Les ultra-riches polluent non seulement via leur consommation (jets privés, yatchs…) mais aussi via leur patrimoine financier. Au-delà de leur train de vie, c’est en effet leurs investissements dans des entreprises fortement émettrices qui représentent le poste le plus important de l’empreinte carbone totale de ces ultra-riches. Selon le rapport d’Oxfam, les 50 personnes les plus riches du monde émettent plus de CO2e que 1,3 milliard de personnes sur terre, via leur patrimoine financier.

      En France, le milliardaire Bernard Arnault a une empreinte carbone liée à son patrimoine financier 200 000 fois plus élevée que celle d’un Français⸱e moyen⸱ne ! Autrement dit, Bernard Arnault émet autant de CO2e en 200 minutes (3h20) qu’un Français durant toute sa vie, via le patrimoine financier.

      Si les ultra-riches ont un rôle disproportionné dans la crise climatique, ce sont aussi eux qui ont le pouvoir de réduire leurs émissions et d’agir pour lutter contre ces conséquences dramatiques.

      https://www.oxfamfrance.org/rapports/les-inegalites-carbone-tuent
      #rapport

  • « Marche contre l’antisémitisme » de Larcher et Braun-Pivet : un pôle réactionnaire s’affirme
    https://www.revolutionpermanente.fr/Marche-contre-l-antisemitisme-de-Larcher-et-Braun-Pivet-un-pole

    Indépendamment des motivations de ceux qui y ont participé, la « marche contre l’antisémitisme » de dimanche exprime l’affirmation d’un pôle réactionnaire dans le pays. Une dynamique face à laquelle il faut construire un pôle d’indépendance de classe, opposé à tous les racismes, solidaire de la Palestine et en lutte contre le gouvernement.

    105 000 personnes ont défilé ce dimanche à Paris selon la préfecture et 182 000 dans l’ensemble du pays après l’appel de Gérard Larcher (LR) et Yaël Braun-Pivet (Renaissance) à une « marche civique » contre l’antisémitisme. Une mobilisation qui s’est appuyée sur l’émotion suscitée par la recrudescence des actes racistes ciblant les personnes juives, mais dont le contenu objectif, loin des enjeux légitimes de la lutte contre l’antisémitisme, traduit une tout autre perspective.

    « Une marche contre l’antisémitisme » aux côtés des figures du régime et de l’extrême droite

    Indéniablement, si la « marche contre l’antisémitisme » n’a pas constitué un raz de marée, notamment en comparaison avec la dernière grande manifestation contre l’antisémitisme organisée en mai 1990 en réaction à la profanation du cimetière juif de Carpentras par quatre néonazis, il y avait du monde dans les rues de Paris et de France, avec une centralité de la manifestation parisienne et des cortèges dans plus de soixante-dix villes dont Marseille (7 500 personnes), Strasbourg (5 000), ou encore Grenoble (3 700). Parmi les manifestants, « peu de jeunes » notent de nombreux journalistes, mais une majorité de trentenaires, de quarantenaires et de cinquantenaires souvent issus des classes moyennes supérieures et vivant dans les grandes villes. Certains arborent des pancartes contre « l’antisémitisme », d’autres, plus rares, contre « les racistes, le RN et Zemmour ».

    Indépendamment cependant des motivations d’une partie de ceux qui y ont participé, cette « marche » contre le racisme anti-juifs, à l’initiative des présidences du Sénat et de l’Assemblée nationale, a rempli l’office qu’elle s’était fixée. Dans la droite lignée de l’instrumentalisation depuis le 7 octobre dernier par le gouvernement et la droite des enjeux liés à l’antisémitisme, c’est un parterre de « figures » du régime qui a pris part à un grand décrassage « républicain » au nom de la construction d’une « union nationale » réactionnaire qui a vocation sur la sol national à appuyer la politique extérieure de soutien à l’offensive génocidaire d’Israël.

    Ainsi, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, en passant par Manuel Valls, Edouard Philippe, Jean Castex, François de Rugy, Laurent Fabius, Claude Bartolone, Elisabeth Borne et les députés de la macronie, ou encore nombre d’élus LR, tout ce que la Vème République a fait de pire s’était donné rendez-vous à Paris ce dimanche. Une « réunion » des principaux instigateurs des plus terribles attaques xénophobes de ces dernières années, de la déchéance de nationalité à la « karcherisation » des quartiers populaires et aux offensives successives sur l’immigration, dans laquelle l’extrême droite avait évidemment toute sa place.

    S’il fallait une preuve de plus que la lutte contre l’antisémitisme n’était pas la priorité du jour, le Rassemblement national de Jordan Bardella et Marine le Pen ont pu défiler, et même être applaudis par la foule. De même, Eric Zemmour et Marion Maréchal ont profité de l’occasion pour appeler à construire une « digue » contre la « gangrène islamiste » et sonner une nouvelle charge contre les musulmans, les associant aux actes antisémites de ces dernières semaines. Dans le même temps, dans les cortèges, à Paris, deux journalistes de France Inter ont été agressés, un homme a été roué de coup pour avoir scandé « Free Palestine », un autre tabassé par la Ligue de défense juive pour avoir crié « Dégage Marine Le Pen »..

    La manifestation de ce dimanche a ainsi traduit une feuille de route très claire pour le pôle réactionnaire qui y a défilé : réaffirmer le soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël et au massacre en cours, faire contrepoids à la dynamique des mobilisations de solidarité pour la Palestine en France comme à l’international, continuer à instrumentaliser l’antisémitisme au service de la criminalisation de cette cause et mener les attaques du régime dont le cours autoritaire et raciste se poursuit ces dernières semaines.

    Il n’est ainsi pas anodin que la France, dont le durcissement du régime avait été souligné à l’international pendant la réforme des retraites, ait sans doute été l’un des seuls pays au monde à organiser pareille « marche », mais aussi que cette mobilisation ait rassemblé tous les partis qui soutiennent actuellement une loi immigration d’une brutalité historique, ou s’en sont fait la caution de « gauche ».

    En ce sens, la participation du Parti socialiste, d’Europe Écologie les Verts et du Parti communiste illustrent une nouvelle fois l’appartenance de ces organisations au régime. Une position d’autant plus funeste qu’à Paris, Fabien Roussel, Olivier Faure et Marine Tondelier, qui avaient annoncé vouloir former « un cordon républicain » pour se distinguer de l’extrême droite, ont été accueillis par des huées et des insultes. Une délégation complétée par certains des frondeurs de la France Insoumise, à l’instar de Clémentine Autain, François Ruffin ou encore Alexis Corbière qui ont marché « contre l’antisémitisme » à Strasbourg au prétexte que l’extrême droite n’y marchait pas et qui n’a pas moins constitué un soutien à l’opération d’« union nationale ».

    Une caution « de gauche » qui donc n’aura servi à rien d’autre qu’à appuyer la criminalisation future des forces politiques et associatives qui ont refusé de participer à cette mascarade. Une initiative d’autant plus gênante que la « marche » a constitué, de l’avis de tous, une nouvelle étape sur le chemin de la normalisation du Rassemblement national et de l’extrême-droite dans son ensemble. Der Spiegel, un quotidien allemand titrait ainsi dimanche soir : « le jour où Marine le Pen est devenue éligible pour les juifs (sic) ».
    Contre l’antisémitisme et son instrumentalisation par les forces du régime et en soutien à la cause palestinienne : il faut une riposte d’ensemble !

    En dépit de ces éléments réactionnaires, le mouvement de solidarité en direction du peuple palestinien continue de se structurer en France et à l’international avec de nouvelles manifestations monstres partout dans le monde ce week-end, mobilisant des secteurs de la jeunesse, le monde du travail et les quartiers populaires. L’absence totale de ces derniers dimanche souligne les fragilités de l’« union nationale » appelée de ses vœux par le pôle réactionnaire.

    Dans les années 1960, l’affaiblissement de l’impérialisme à travers les processus de libération nationale et l’opposition aux guerres coloniales avaient présidé à la structuration de franges importantes du mouvement ouvrier qui, à partir de 1968, ont été les protagonistes centraux de la poussée révolutionnaire. Dans le contexte actuel, la question palestinienne pourrait jouer un rôle de détonateur : la mobilisation historique de la jeunesse aux Etats-Unis mais aussi les manifestations monstres au Royaume-Uni montrent la voie à suivre.

    Une mobilisation qu’il s’agit, en France, de continuer à construire en forgeant un pôle d’indépendance de classe, opposé à tous les racismes et à leur instrumentalisation et solidaires des peuples opprimés comme le peuple palestinien. Alors que l’État d’Israël ne peut se maintenir qu’avec l’appui de l’impérialisme, notamment des Etats-Unis mais aussi de la France, nous devons lutter contre les complices du massacre en cours, Etats et multinationales, en solidarité avec les peuples qui se soulèvent ces dernières semaines et dont la mobilisation est essentielle, à commencer par les masses arabes.

    Ce combat est celui de tous les travailleurs et classes populaires, car ceux qui ont défilé en tête de marche dimanche sont les mêmes qui passaient en force la réforme de retraites il y a quelques mois, s’opposent à toute augmentation des salaires main dans la main avec le patronat et dégradent nos conditions de vie. Alors que les directions du mouvement ouvrier, et notamment la CGT, ont à juste titre refusé de s’aligner derrière une « unité nationale » réactionnaire, il faut organiser une riposte d’ensemble, en solidarité avec la Palestine, pour le retrait immédiat de la loi immigration, pour les salaires et contre le cours autoritaire du régime.

    En ce sens, l’enjeu des prochains jours et semaines est plus que jamais d’élargir le mouvement pour la Palestine et ses revendications, en impulsant des comités de soutien sur les lieux d’étude, de vie et de travail, comme cela existe dans les universités, notamment à l’initiative du Poing Levé et d’Urgence Palestine, et en construisant un plan pour affronter le pôle réactionnaire.

  • THE OLD OAK DE KEN LOACH – La solidarité des exploités
    https://linsoumission.fr/2023/10/27/ken-loach-old-oak

    Ken Loach. L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent et regarder le futur.

    L’histoire se déroule en 2016, 30 ans après la révolution libérale de Margaret Thatcher, celle là même qui cassa l’immense grève déclenchée en 1984 par le syndicat des mines, en les brimant, réprimant, et les qualifiant d’ « ennemis de l’intérieur ». Trente ans après « There is no alternative« , qui enfantera Reagan et Macron, l’histoire raconte le lien qui se noue entre une jeune réfugiée de 20 ans et le patron d’un bar rafraîchi.

    C’est l’histoire d’une solidarité concrète, immense, porteuse d’espoir entre ceux que les puissants aimeraient se voir s’entretuer plutôt que s’entraider. Une œuvre politique et universelle qui parle de la puissance du collectif et de la solidarité.

    « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux . » dit le renard au Petit prince de Saint-Exupéry. Il parait que Ken Loach, le réalisateur de The old oak, perd la vue. On ne doute pas que son cœur ne lui manquera jamais pour faire des films et regarder le monde. Et, après tout, Claude Monet a peint les Nympheas au bord de la cécité, Evgen Bavcar, photographe franco-slovène, est devenu aveugle enfant, Beethoven était sourd en composant sa 9e symphonie. Comme le rappeur Sean Forbes.

    Ken Loach, dans The old Oak, raconte quelques mois de l’histoire d’un village du nord de l’Angleterre, en 2016. Suite au relogement de réfugiés syriens.

    La date et le lieu de l’action ne sont pas innocents. 2016, c’est 30 ans après la fermeture des mines et la grande grève déclenchée en 1984 par le syndicat minier contre Margaret Thatcher. Une génération. Les mineurs grévistes sont presque tous morts. Avant la retraite. Comme, à 57 ans, le père du tenancier du pub « The old oak », personnage principal du film. Les acteurs villageois sont presque tous leurs enfants et petits enfants. Enfermés par la crise dans leur village sinistré.

    (...) L’Angleterre et la calabre

    Ken Loach est un artiste anticapitaliste. Et d’engagement. Au sens où l’historien Howard Zinn le définit dans la préface de son Histoire populaire des Etats-Unis. « L’histoire de n’importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d’intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves, les capitalistes et les travailleurs, les dominants et les dominés, qu’ils le soient pour des raisons de race ou de sexe. Dans un monde aussi conflictuel, où victimes et bourreaux s’affrontent, il est du devoir des intellectuels de ne pas se ranger aux côtés des bourreaux.« 

    Certains reprochent à Ken Loach une fiction utopique. La réalité rejoint la fiction. Et inversement. Le village du Old oaks ressemble à Riace. Riace, en Calabre se désertifiait suite à l’exil vers le nord italien et l’Europe de ses jeunes. L’hospitalité des réfugiés échoués sur ses côtes n’a pas seulement été un geste d’humanité mais efficace pour regagner une vie collective. Les réfugiés ont été logés dans les maisons vides réhabilitées.

    L’école, des services publics, des commerces ont réouverts. Contre la N’dranghetta, la maffia calabraise qui exploités les émigrés sans papiers et sans droits pour ramasser les olives des grands propriétaires. Contre les gouvernements italiens et particulièrement Matteo Salvini qui avait obtenu le bannissement du maire, Mimmo Lucano, et sa condamnation à 13 ans de prison pour délit de solidarité. Le mois dernier, en appel, après deux ans de combats, Mimmo est ressorti libre.

    Plusieurs films ont été réalisés sur Riace. Par Wim Wenders. Et d’autres cinéastes et documentalistes. Parmi eux, Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella. La dernière scène de la fiction de Ken Loach – visible dans la bande annonce – ressemble comme une jumelle à celle au cœur du documentaire. Sauf qu’en Angleterre les ballons et les bannières syndicales sont ressorties prenant la place des saints calabrais. Chez Shu aiello et Catherine Catella comme chez Ken Loach c’est tout un peuple qui se rassemble et qui éprouve à nouveau sa force pour devoir transformer le monde.

    Le cinéma de Ken Loach croit au pouvoir d’un film de changer le cours des choses. Ça fait du bien. Et nous savons tous que cela ne suffira pas si on ne s’y met pas aussi.

    • Riace resiste e chiede giustizia per Lucano

      Battuta dal vento Riace aspetta sulla collina. Un piccolo borgo immerso nella Locride calabrese che ha conquistato l’attenzione del mondo intero per ben due volte negli ultimi cinquant’anni, a vederlo oggi sembra davvero che dorma impassibile di fronte alla storia e in attesa di un destino già scritto. Come tanti altri borghi su queste stesse colline, come potrebbe dirsi di tanti altri luoghi delle cosiddette aree interne, Riace sa che in questo modello di sviluppo non ha futuro. Lo avrà forse la Marina del paese, che ambisce a trovare il suo posto almeno per qualche mese l’anno nell’industria del turismo. Qualche anziano nei bar, poche luci accese nel paese. Rimangono aperte le botteghe di un altro mondo possibile, il vasaio di Kabul, le sarte, gli artisti, e attendono, anche se non ci sono passeggiatori pronti a entrare. Un sonno inquieto dove non c’è pace e rassegnazione mista a rabbia si contendono il campo. Il 20 settembre Domenico Lucano, detto Mimmo, detto Mimì Capatosta, tornerà sul banco degli imputati per essere nuovamente giudicato sulla sua condotta da sindaco prima che una piccola restaurazione tornasse a conquistare questo piccolo borgo che ha tentato la rivoluzione. In questa estate torrida un mese di eventi e incontri ha animato il Villaggio globale di Riace sfidando il senso di sconfitta e la ragionevolezza. Un appuntamento per rinsaldare alleanze e rilanciare.

      (#paywall)
      https://left.it/2023/09/07/riace-resiste-e-chiede-giustizia-per-lucano-left

    • Scandale – Procès politique : Mimmo Lucano, jugé pour avoir accueilli des migrants

      Migrants. Au moment où Lampedusa reflète à la fois le durcissement de la politique migratoire de l’Europe et l’urgence de construire des réponses aux guerres, aux dictatures, à l’exploitation capitaliste, au dérèglement climatique qui conduisent à l’exode, qu’est-ce qui peut bien valoir 13 ans de prison aujourd’hui en Italie ? L’hospitalité, ce serait le crime de Domenico Mimmo Lucano, ex-maire de Riace en Calabre. Déjà condamné à 13 ans de prison en septembre 2021 en première instance, son procès en appel se tient ce 20 septembre. Notre article.
      Que reproche-t-on à Mimmo Lucano ?

      En 1998, 200 réfugiés kurdes échouent sur les plages de Riace. Le village, sous l’impulsion du prêtre et de Mimmo Lucano, installe les migrants dans les maisons du village abandonnées du fait de l’exode intérieur calabrais vers le nord de l’Italie ou vers l’Allemagne, voire l’Amérique. Avec l’emprunt contracté auprès d’une banque éthique et l’accord des propriétaires, les maisons du centre-ville sont rénovées. Mimmo Lucano s’engage dans les municipales autour des valeurs d’hospitalité, consubstantielles selon lui de la Calabre, en désignant les réfugiés non pas comme un problème, mais comme la solution à la désertification et à l’appauvrissement de son village. Et ça marche.

      De fait, l’école rouvre ainsi que les petits commerces, des coopératives et des entreprises artisanales, avec la mobilisation citoyenne et l’engagement de l’équipe municipale. Un exemple : le village dans sa partie haute est escarpé et les rues étroites. Le marché du ramassage des ordures ménagères a été attribué à une coopérative de carrioles conduites par des ânes, là où les appels d’offres conduisaient à l’allouer à des entreprises liées à la N’dranghetta, la mafia calabraise, pour une tâche non effectuée. Mimmo est réélu deux fois.

      Il devient regardé dans le monde, cité en exemple par de nombreuses ONGs et par l’ONU, désigné meilleur maire de la planète par ses pairs, de nombreux articles, reportages, films dont un signé par Wim Wenders relatent cette « utopie réalisée ».
      Riace : une zone à mettre en quarantaine pour l’extrême droite italienne

      Dès 2016, les aides économiques du Centre d’accueil extraordinaire sont coupées. En 2018, avec l’arrivée au ministère de l’Intérieur de Matteo Salvini en Italie, les aides du Système de protection pour demandeurs d’asile et réfugiés sont suspendues. Le ministre de l’Intérieur d’extrême droite, venant du parti la Ligue du Nord, le désigne comme un ennemi à abattre. Le 1er octobre 2018, il est arrêté.

      Une décision de justice le bannit de Riace. Le 5 septembre 2019, après 11 mois d’interdiction de séjour dans sa commune, l’ancien maire obtient la révocation de cette décision de justice contre l’avis du procureur, et retourne vivre dans son village après des municipales ayant donné la victoire à la Ligue du Nord. Son procès s’ouvre et en septembre 2021, il est condamné à 13 ans de prison et 500 000 euros d’amendes. Son crime ? Avoir considéré les migrants comme des frères et sœurs en humanité.

      Mimo dit souvent que c’est la réussite et la diffusion de l’exemple de Riace qui a mis le village dans la ligne de mire de la mafia calabraise puis des différents pouvoirs italiens et des néo-fascistes. Au-delà même du point de vue sur la politique migratoire, cette propagation mettait en cause un modèle de pouvoir politique et aussi économique, c’est-à-dire considérer les réfugiés sans-papiers comme de la main d’œuvre bon marché et corvéable pour ramasser les olives.
      L’Italie sous Meloni : la chasse aux migrants

      En Italie, sous Salvini puis Meloni, l’hospitalité est donc punie sous les motifs d’inculpation d’ « escroquerie », « détournement de fonds », » abus de pouvoir », « faux en écriture » et « association de malfaiteurs ». Comme un air des Soulèvements de la Terre qui plaine dans les plaines de Calabre. Autant de supposés délits et infractions attribués au maire, commis dans l’organisation de l’accueil et l’intégration de migrants dans son village de Riace.

      Mimmo Lucano a été condamné en première instance pour avoir favorisé l’immigration illégale et pour détournement de fonds. Il a été aussi condamné pour avoir conclu un contrat avec la coopérative de ramassage des ordures ménagères contre les entreprises mafieuses, décrété la gratuité pour tous – de la demande de certificats municipaux de toutes natures – et la prise en charge municipale du versement de 5 euros à la préfecture. On pourrait ainsi égrener les mille pages du délibéré.

      Le tribunal de Locri, ville siège de la N’dranghetta, reproche au maire d’avoir utilisé les fonds quotidiennement attribués à l’accueil des migrants pour des projets d’intégration à long terme. Plus simple pour le pouvoir italien de financer avec cet argent, des entreprises privées qui bricolent des prisons à migrants. L’ancien maire est aussi condamné pour ne pas avoir respecté les procédures d’attribution des marchés municipaux en favorisant les coopératives locales de migrants et d’habitants de Riace.

      La rumeur parcourt la ville et le tribunal d’une infamante accusation d’association de malfaiteurs. Et d’enrichissement personnel. Un théorème accusatoire auquel manque la pièce maîtresse : l’accusation a été incapable non seulement de démontrer, mais même de repérer quelque forme d’enrichissement personnel ou d’accumulation de patrimoine.

      Au bout de ces deux mandats comme maire à la Mairie de Riace, Mimmo Lucano est resté le même homme, aux revenus modestes et sans patrimoine personnel, qu’il était avant son élection. Et si aucune trace d’enrichissement personnel n’apparaît, la réussite du modèle d’accueil et d’intégration des migrants dans le village de Riace est bien une réalité établie sous les yeux de tous et saluée dans le monde entier. En effet, Mimmo Lucano n’a fait que « tordre » les règles de la bureaucratie pour réussir avec peu un pari contraire au dogme libéral et que d’autres définissent comme utopique.
      Face à l’infâmie, la solidarité s’organise

      Mimmo a plusieurs fois répété que l’exemple est venu de France.

      Le 17 novembre 2021, à l’initiative de deux collectifs citoyens, un meeting de solidarité réunissant 700 personnes se tenait à la Bourse du travail de Paris en présence notamment de Danièle Obono, députée insoumise. Plusieurs villes et villages dont Grabels, Marseille… faisaient du maire de Riace leur citoyen d’honneur.

      Le 21 mars 2022, Jean-Luc Mélenchon signait une lettre adressée au premier ministre Italien Draghi et au président Mattarella dans une coalition de personnalités mondiales dont Ada Colau, maire de Barcelone, Noam Chomsky, linguiste américain, Malin Bjork eurodéputée suédoise, Jeremy Corbyn, député anglais, Yara Hawari, écrivaine palestinienne, Oezlem Demirel députée européenne allemande, Carola Rackete, capitaine de navire en Méditerranée…

      Avec une simple demande : « Abandonnez toutes les charges contre Mimmo Lucano ». Un livre réunissant les contributions inédites de 40 auteurs et 20 graphistes – Terre d’humanité/un chœur pour Mimmo ed Manifestes ! – et le film Un paese di Calabria de Shu Aiello et Catherine Catella servaient d’activeurs à des dizaines de réunions dans des associations, des théâtres, cinémas et librairies.

      Dans un silence médiatique assourdissant.
      Ce 20 septembre, un procès hautement politique

      Aujourd’hui, Mimmo Lucano affronte son procès en appel. Les réquisitions du procureur intervenues en octobre 2022 sont de 10 ans et 5 mois d’emprisonnement. La possibilité de la condamnation de Mimmo est réelle, après l’expérience hospitalière de Riace saluée dans le monde entier, du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU au Pape. Il serait ainsi « le premier prisonnier politique du gouvernement Meloni-Salvini ». Cela ne peut nous laisser indifférent.

      Mimmo ne se rendra pas à son procès. Autour de quelques amis et soutiens, il tient à profiter encore de sa terre, son village pour ce qui pourrait être ses derniers moments non d’homme libre mais de liberté de mouvement. Il assume la totalité de ses actes et déclare « J’assume d’être sorti de la légalité, mais la légalité et la justice sont deux choses différentes. La légalité est l’instrument du pouvoir et le pouvoir peut être injuste. »

      Il continue la bataille de Riace. Après une interdiction, le moulin à huile d’olive « free N’dranghetta » a été remis en circuit ainsi que des parcelles agricoles. L’association Citta futura réfléchit à comment reprendre le contrôle des maisons, certains propriétaires reprenant la jouissance de leurs biens abandonnés mais restaurés grâce à l’argent public et aux dons, avec l’accord du nouveau maire de la Ligue du nord, pour les louer via AIRbnB. La côte napolitaine étant saturée, les bétonneurs, spéculateurs et autres mafieux visent la Calabre.

      Pendant que des politiques français, de Darmanin à Le Pen pérorent en Italie et y prônent la chasse aux réfugiés comme ils font la chasse aux pauvres en France, de nombreux militants tentent de donner de la visibilité à ce procès. Très vite, on parlera de lui de nouveau à l’occasion de la publication du verdict fin septembre, soit pour fêter sa liberté et reprendre le cours de l’expérience de Riace, soit pour continuer le combat pour Mimmo. Pour un autre monde, fondé sur l’hospitalité et la fraternité.

      Laurent Klajnbaum
      Mise à jour de la rédaction du 20 septembre 2023, 14h07 : à la demande du procureur, la dernière audience du procès de Mimmo a été reportée au 11 octobre.

      https://linsoumission.fr/2023/09/20/scandale-mimmo-migrants

    • Processano Riace, vogliono altre carceri per innocenti

      Processano Riace e Mimmo Lucano, criminalizzano la buona accoglienza e la solidarietà. E puntano tutto su respingimenti, “guerra ai trafficanti” e nuovi e altri centri di detenzione. Il fatto è che il business non è l’accoglienza, come si affanna a strombazzare la destra peggiore. Il business sono i rimpatri e la detenzione.

      di Tiziana Barillà

      Sì, Italia e Unione Europea investono fior di miliardi per spostare oltre le frontiere la loro ferocia, con accordi consolidati come quelli con Libia e Turchia, e nuovi come quello con la Tunisia. Ma i lager e le carceri per innocenti non sono un’esclusiva della Libia, della Turchia o dei paesi terzi a cui appaltiamo la barbarie.

      Le prigioni per innocenti ci sono anche in Italia, e adesso vogliono farne altre 12.

      Torino, Milano, Bari, Brindisi, Macomer, Gradisca d’Isonzo, Roma, Caltanissetta, Palazzo San Gervasio e Trapani. In Italia ci sono 10 Centri di Permanenza per il Rimpatrio: carceri per innocenti dove – attraverso la misura di detenzione amministrativa – vengono trattenute centinaia di persone che hanno l’unica colpa di essere arrivati qui in cerca di un rifugio.

      Non hanno commesso nessun reato – se non quello di attraversare i confini senza documenti – ma vengono privati della libertà e rinchiusi in vere e proprie prigioni, in attesa di essere rimpatriati nei loro Paesi di origine.

      Centri gestiti da privati che sono un vero e proprio fulcro di affari per le multinazionali che gestiscono la detenzione dei migranti: quasi sempre multinazionali che si occupano di carceri.

      Eh sì, è questo il business. A farsi carico della loro gestione non è lo Stato ma cooperative o multinazionali, che hanno trovato nella detenzione amministrativa un business niente male: 44 milioni di euro nel triennio 2018-2021 per gestire circa 400 detenuti, le strutture e il personale di sorveglianza.

      E nel triennio 2021-2023 sono previsti 56 milioni di euro.

      Queste prigioni per innocenti – oltre a essere inaccettabili – non rispettano nemmeno gli standard minimi europei del comitato per la prevenzione della tortura.

      Stanze sovraffollate in condivisione con le blatte, finestre senza vetri, materassi ammuffiti, bagni senza porte

      Niente psicologo, niente mediatori, niente personale sanitario

      I governi, italiano ed europeo, consentono e alimentano il profitto sulla pelle di detenuti innocenti, sacrificano centinaia di vite umane sull’altare del capitalismo criminale e questo mentre chiudono e rendono impossibile la vita ai progetti di buona accoglienza e criminalizzano il suo simbolo, la Riace di Mimmo Lucano

      L’alternativa a questo schifo la conosciamo già: è il modello Riace. Quello infamato e assediato con ogni mezzo: mediatico, politico, giudiziario. Quello che da due anni toglie il sonno a Mimmo Lucano, in attesa di una sentenza che tarda ad arrivare.

      ps. l’udienza per conoscere la sentenza di appello nel processo Xenia – che vede coinvolti Lucano e altri 17 imputati – è stata fissata per l’11 ottobre 2023, alla Corte d’appello di Reggio Calabria.

      https://www.osservatoriorepressione.info/processano-riace-vogliono-carceri-innocenti

    • Che cosa succede al processo contro Mimmo Lucano? Al processo d’appello, la parola alla difesa

      Salvo sorprese, questo dovrebbe essere il mio ultimo report dalle udienze del processo su Riace e Lucano in corso presso la Corte d’Appello di Reggio Calabria. Il 20 settembre si è tenuta l’ultima udienza, dedicata alla difesa dell’ex-sindaco di Riace: gli avvocati difensori, Giuliano Pisapia e Andrea Daqua, che da anni lo difendono a titolo gratuito, hanno illustrato le loro valutazioni critiche della sentenza di primo grado emessa dal Tribunale di Locri ormai quasi due anni fa. Al prossimo appuntamento, fissato per l’11 ottobre, si aprirà la Camera di Consiglio per definire la sentenza di secondo grado.

      Con le parole dei difensori di Lucano è riapparso come per incanto il dibattimento. Quel dibattimento che la sentenza di Locri aveva ignorato, tutta schiacciata com’era sulle argomentazioni dell’accusa, al punto da non tener in nessun conto le vicissitudini che avevano subìto nel corso della discussione processuale. La logica della prova, della sua debolezza o della sua mancanza, vibrava di nuovo nell’aria, dopo che quella sentenza l’aveva relegata a indizio, supposizione, pre-giudizio, se non addirittura a gratuiti voli pindarici su intenzioni passate e future.

      Giuliano Pisapia ha voluto mettere a fuoco la figura di Lucano, perché in un processo penale, ha detto, l’elemento soggettivo è fondamentale: vi si giudica una persona, non solo degli atti. E lo ha fatto partendo dalla lettura di una sua lettera ai giudici. “Come tutti gli esseri umani posso aver commesso degli errori, ma ho sempre agito con l’obiettivo e la volontà di aiutare i più deboli e di contribuire all’accoglienza e all’integrazione di bambini, donne e uomini che fuggivano dalla fame, dalla guerra, dalle torture”. Lucano racconta di aver vissuto anni di grande amarezza non solo e non tanto per la limitazione della libertà personale, quanto per l’ingiusta campagna di denigrazione che si è abbattuta su di lui e sull’esperienza di Riace. Per questo ha continuato a dedicarsi, da privato cittadino, alla riapertura e alla gestione del Villaggio Globale di Riace che continua a ospitare persone con fragilità. “Non si è interrotta, dunque, quella che considero la missione della mia vita, a prescindere da incarichi pubblici e finanziamenti statali. Altro che associazione a delinquere!”.

      Ecco, dice Pisapia, “io non parlo di un santo. Mi interessa chi è colui che oggi è imputato e al momento ha una sentenza con una condanna esorbitante”. La sentenza di primo grado ha volutamente disconosciuto i valori che hanno ispirato tutta la sua azione pubblica e il carattere ideale di questa sua missione. A questo servono i giudizi morali, le derisioni, i veri e propri insulti che infarciscono la sentenza e che hanno scandalizzato tanti giuristi che vi hanno visto la negazione dell’imparzialità del giudice. Eppure costituiscono un pezzo importante della sentenza: la denigrazione di Lucano fa parte di una strategia di sospetto nei confronti di chiunque agisca in nome di valori, osserva Luigi Ferrajoli, perché dietro non può che esserci un secondo fine, una ricerca di vantaggi personali. Così anche per Lucano si è sostenuto che inseguisse un vantaggio economico. Dalla lettura degli atti processuali, però, risulta che non aveva un soldo sul proprio conto corrente, che ha messo tutto a disposizione degli altri, perfino i premi che ha ricevuto, che vive in condizioni di povertà. “Falcone diceva di seguire i soldi. Vi prego, seguite i soldi di Lucano, non li troverete”.

      Allora, di fronte all’impossibilità di provare il vantaggio economico, si è preteso che Lucano abbia agito per vantaggi politici, per creare un sistema clientelare che gli garantisse una lunga carriera politica. Ma come si fa a dire che ha fatto quello che ha fatto per motivi politici se, come tutti sanno, ha ostinatamente rifiutato di candidarsi per un posto praticamente assicurato al Parlamento Europeo? “Questo dovrebbe già chiudere il processo”, osserva Pisapia, perché manca il dolo e manca la consapevolezza e la volontà di perseguire un vantaggio personale – due fattori essenziali per stabilire un reato penale.

      Lucano è una persona che ha sempre avuto come priorità il bene altrui. Come aveva detto Monsignor Bregantini al Tribunale di Locri, è qualcuno che ha anticipato lo spirito dell’Enciclica “Fratelli tutti” di Papa Francesco. Certo, anche chi agisce a fin di bene può arrivare a violare norme, ma questo comporta dei rilievi che vanno chiariti, non rinnega certo la finalità virtuosa dell’azione. Se il sistema di accoglienza a Riace era cresciuto in modo esponenziale, vuol dire che Riace si era messa a disposizione di istituzioni in difficoltà nell’affrontare un problema nazionale. Negare il valore di questo contributo, trasformare l’accoglienza a Riace in un’azione criminale di accaparramento, insinuare che la povertà di Lucano sia un’astuta menzogna, sono modalità proprie di quello che Ferrajoli ha indicato come il processo offensivo, dove il giudice si considera nemico del reo, non cerca prove certe, ma solo conferme di una colpevolezza presunta.

      Dopodiché Pisapia è entrato brevemente nella discussione di alcuni capi d’imputazione, in particolare quelli che riguardano i cosiddetti “lungo permanenti”, le verifiche su rendicontazioni e documentazione da parte delle associazioni, una carta d’identità considerata falsa. Su nessuno di questi capi d’imputazione, ha detto, il dibattimento ha provato in modo certo la responsabilità di Lucano; per questo ne ha chiesto l’assoluzione.

      Si è rivolto direttamente ai giudici: “La vostra sentenza sarà importante perché, specialmente in questo periodo in cui la situazione dei migranti è particolarmente difficile e complicata, avere tante Riace aiuterebbe a risolvere tanti problemi e a evitare situazioni drammatiche che un Paese come il nostro non dovrebbe guardare da lontano, ma dovrebbe essere capace di affrontare”. E ha concluso con una chiosa, evidentemente riferita alla sua esperienza di avvocato e di politico. “Quando la politica entra nelle aule di giustizia, la giustizia scappa inorridita dalla finestra. Per me è qualcosa di insuperabile: un conto è la giustizia e un conto è la politica. Devono avere ognuno i propri ruoli e non devono entrare nei ruoli altrui”.

      A questo punto ha preso la parola l’avvocato Andrea Daqua, per esaminare nel dettaglio i capi d’imputazione su cui la sentenza di primo grado ha costruito la condanna di Lucano a più di tredici anni di reclusione. Per mostrarne debolezze e contraddizioni, è ripartito dalle anomalie delle relazioni su Riace: dalla prima relazione prefettizia fortemente negativa, finita in mano a Il Giornale ancor prima di arrivare al sindaco; alla seconda relazione della Prefettura, sollecitata dallo stesso Lucano, che esprimeva un giudizio positivo dell’accoglienza, che però il Prefetto secretò per circa un anno. Fino all’ispezione congiunta di Prefettura e Sprar, affidata a Sergio Troilo e Enza Papa, con l’obiettivo di svalutare Riace e che portò all’improvvisa chiusura dello Sprar. Il ricorso di Lucano contro quella misura fu accolto, fino alla conferma definitiva da parte del Consiglio di Stato, che definì Riace un “modello encomiabile” e stabilì che lo Sprar doveva essere riaperto. Intanto però era stato chiuso.

      Daqua descrive la sentenza di primo grado come il punto di arrivo di un’indagine unidirezionale che, invece di accertare i fatti, ha eliminato ogni elemento in contrasto con l’impianto accusatorio precostituito da quelle ispezioni. Ne è prova quell’intercettazione a discarico che il tribunale di Locri si era rifiutato di prendere in considerazione e che i giudici d’appello hanno ammesso riaprendo l’istruttoria. In quell’intercettazione, l’ispettore Del Giglio rivelava a Lucano che “lo Stato non vuole il racconto della realtà di Riace [perché] l’obiettivo integrazione è soltanto una parola buttata là” e confessava di ritenere personalmente che “Riace, al di là delle disfunzioni eventuali o delle anomalie amministrative, quindi della burocrazia, abbia realizzato una realtà evidentemente ancora unica sul territorio nazionale. Dovete difenderla”.

      Così, il Tribunale di Locri si è appiattito sull’accusa, ha stravolto i fatti, ignorato la documentazione prodotta dalla difesa e i contributi dei suoi consulenti, travisato il contenuto di testimonianze, distorto il contenuto delle intercettazioni, fino ad assumere un linguaggio che trasuda un fumus denigratorio fuorviante. Daqua ha portato molti esempi per denunciare l’uso distorto delle intercettazioni, realizzato in modo chirurgico e tendenzioso. Frasi inesistenti inserite, errori di trascrizione che cambiano il senso delle parole, interpretazioni stravolte per confermare convinzioni precostituite.

      Esemplare il caso dell’intercettazione ambientale del 10/07/2017 in cui Lucano e Capone parlano del frantoio; il tribunale mette in evidenza il ruolo di Lucano nell’indicare “le false dichiarazioni che avrebbero dovuto rendere concordemente in merito a quelle spese effettuate”, e questo grazie alla frase “E’ per i rifugiati, gli devi dire”. Peccato che le parole “gli devi dire” non esistono nella registrazione audio, compaiono, sì, nella trascrizione della polizia giudiziaria che l’accusa aveva usato nel dibattimento, ma non ci sono nella trascrizione ufficiale fatta dal perito del tribunale. Questo rivela qualcosa di molto grave: l’appiattimento del giudice sulle argomentazioni dell’accusa, fino al punto di contraddire il tribunale stesso e di perdere la sua terzietà.

      Grave anche perché proprio questa intercettazione svolge nella sentenza di Locri un ruolo chiave: secondo il tribunale Lucano, non sapendo ancora di essere indagato, starebbe qui costruendo le false dichiarazioni da diffondere a proposito del frantoio, rivelando così che in realtà da quell’acquisto si aspettava un ritorno economico. Questa interpretazione distorta diventa uno spartiacque: perché per dare valore probatorio a questi elementi, la sentenza esclude tutte quelle intercettazioni da cui si desume invece che il frantoio va effettivamente a vantaggio dei rifugiati considerandole artefatte in quanto, essendo successive a quella data, ormai l’indagine era nota. Quell’intercettazione sarebbe insomma la prova della torsione della verità che Lucano avrebbe astutamente architettato… e non una ricostruzione preordinata che esiste solo nella mente del tribunale.

      In realtà, continua Daqua, il frantoio rappresenta un’attività conforme agli obiettivi e allo spirito dello Sprar, che promuove progetti speciali per l’integrazione e non c’è nessuna prova che si tratti di un’appropriazione privata. Il frantoio è al cuore dell’accusa di distrazione di fondi pubblici, ma il reato di distrazione richiede un uso improprio delle somme distratte e non c’è prova di uso improprio del frantoio. Come non c’è del resto per le altre case che pure rientrano nell’accura di peculato, di cui anzi la difesa ha fornito precisa documentazione, dimostrando che sono state usate per l’accoglienza dei migranti. D’altronde, tutti i fondi che arrivavano ai progetti di Riace confluivano in un unico conto corrente – pubblici, privati, anche rimborsi di progetti precedenti. Siccome il tribunale ha fatto i suoi accertamenti a livello di cassa, era difficile riuscire a distinguere analiticamente quali fondi venivano di volta in volta spesi. E’ stato questo il contributo della consulente Madaffari, che aveva portato il libro mastro contabile del Comune di Riace, dove invece risultava anche la fonte, ma il tribunale ha ignorato del tutto le consulenze prodotte dalla difesa.

      Quanto all’imputazione più grave, l’associazione a delinquere, di cui Lucano sarebbe il capo indiscusso, Daqua riprende dal dibattimento le testimonianze prodotte dalla stessa accusa che escludono il reato associativo. Più volte il Presidente Accurso aveva chiesto al colonnello Sportelli di precisare se c’era in gioco un rapporto collettivo, dei legami di concertazione, una consapevolezza di questi legami; sempre Sportelli aveva risposto negativamente. Enza Papa aveva dichiarato che gli uffici dello Sprar erano messi in difficoltà dalla frammentazione del sistema Riace, con tutte quelle associazioni che non comunicavano fra di loro, ognuna andava per conto proprio, non c’era organizzazione. Non ci sono insomma i presupposti per il reato associativo. Ma il tribunale ricorre come al solito ad un’intercettazione in cui si parla della necessità di coordinarsi e la porta come prova di quel legame, che gli stessi testimoni dell’accusa negano; peccato che il coordinamento di cui si sta parlando sia un coordinamento di tipo funzionale. Un’altra forzatura intollerabile.

      In conclusione, Daqua dichiara che si tratta di una “sentenza ingiusta ed errata per tutti i capi di imputazione”. Per questo, come Pisapia, chiede l’assoluzione di Lucano da tutti i reati a lui ascritti dalla sentenza di primo grado. E incalza i giudici: “Voi avete la possibilità di correggere un macroscopico errore”. Lo faranno?

      https://www.pressenza.com/it/2023/09/che-cosa-succede-al-processo-contro-mimmo-lucano-al-processo-dappello-la-

  • Emmanuel Macron punit les artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso et déclenche la colère des peuples

    Macron. Mercredi 13 septembre, les programmateurs et les dirigeants de salles de spectacles ont reçu un courrier peu commun. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères les a sommé de suspendre « toute coopération » avec les artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Le mot ressemblait plus à un ordre de l’Inquisition qu’à une correspondance officielle. L’ordre a été donné de : « suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute coopération avec les pays suivants : Mali, Niger, Burkina Faso ». Suspendre les liens, couper les coopérations, suspendre les visas des artistes de ces trois pays, voilà la feuille de route démentielle d’Emmanuel Macron.

    Du jamais vu. La raison ? Le monarque présidentiel décide de faire des artistes une variable d’ajustement dans les tensions géopolitiques que lui-même provoque. Non content d’avoir semé chaos, tueries et expéditions militaires, le va t-en guerre présidentiel s’en prend désormais aux artistes de ces pays. Pour lui, ils ne sont que des flux à gérer et des soldats à mettre au pas. Une situation internationale le gêne ? Hop, le monarque présidentiel sanctionne les artistes et les créateurs, pourtant souvent les premières victimes des conflits. Toujours en parfaite hypocrisie puisque jusqu’ici aucune « crise » internationale n’avait débouché sur une telle décision. Va-t-il interdire de territoire des sportifs russes, ukrainiens ou biélorusses ? L’hypocrisie est totale.

    Rien d’étonnant pour le monarque isolé et sans une once de légitimité dont l’objectif suprême est de museler toutes les oppositions. L’activité artistique en est une et pas des moindres. En ce qu’elle transforme notre perception du réel et constitue ainsi une activité critique et émancipatrice, elle dérange l’Elysée et ses amis fascistes. Plus le savoir, les arts, la pratique de la culture sont partagés, plus un autre monde voit le jour débarrassé d’eux. Les censeurs macronistes ne peuvent le supporter.

    Casser toute production artiste est l’une de leurs priorités. C’est tout le sens de la récente décision du monarque présidentiel. Elle est une triple peine : pour les artistes de ces pays, pour tout le monde des arts et sa richesse, pour toute la francophonie. Donner la citoyenneté à des milliardaires sans fondement ? Macron l’a déjà fait. Laisser les flux du CAC 40 et les chars Leclerc circuler sans visas ? Le monarque présidentiel ne jure que par ça.

    Une chose est sûre : Total n’a pas besoin de visa pour opérer pillage et déplacement de populations en Ouganda et construire ses pipelines sur le sang. Areva circule librement au Niger pour puiser sans retenue les carburants qui font le profit des parasites d’en haut. aux parasites d’en haut. Mais faire circuler les arts et les créateurs ? Hors de question pour Macron et ses laquais. Tout ce qui n’est pas « essentiel » pour eux doit revenir à l’état de poussières. Face au tollé, la résistance s’organise. Les insoumis montent au créneau et une pétition a été lancée par le média Africultures contre le boycott des artistes burkinabés, maliens et nigériens. L’Insoumission.fr vous invite à la signer et à la relayer massivement. Notre article.

    « Foutage de gueule » : les artistes et le monde des arts vent debout contre Emmanuel Macron

    « Cette décision n’est rien d’autre qu’un foutage de gueule et un nouveau coup terrible porté à la francophonie » dénonce l’écrivain Abdourahman Waberi auprès des journalistes de l’Insoumission.fr. L’écrivain et l’universitaire ne mâche pas ses mots. Il a raison. Cette décision a « surpris tout le monde » et « même un grand nombre de gens plutôt de centre droit n’y comprennent rien » poursuit-il. D’un trait de plume, le monarque présidentiel détruit la programmation de centaines d’établissements culturels. D’un trait de plume, le monarque présidentiel prononce un divorce unilatéral avec les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger et plus largement le Maghreb et tout le continent africain.

    Le degré d’intelligence de cette décision est le même que pour l’interdiction de l’abaya. Que vont-ils faire des artistes bi-nationaux ? Pourquoi se priver de toute la richesse apportée par des artistes censés venir dès cet autonome et qui, n’ayant pas encore formulés de demande de visa, seront tout bonnement exclus ? Que vont-ils faire de ceux déjà présents sur place ? Annuler le contrat de Hassane Kassi Kouyaté, l’artiste binational burkinabé à la tête du Festival des francophonies de Limoges ? Organiser une vaste chasse comme ils le font déjà pour les sans-papiers ?

    Les contre-feux ratés de Rima Abdul Malak et d’Emmanuel Macron

    Les contre-feux envoyés par les émetteurs-récepteurs du camp présidentiel sont aussi pitoyables que l’ordre initial. La ministre de la Culture Rima Abdul Malak ose déclarer « il y a eu trop de confusion ». Vraiment ? L’ordre de mission du quai d’Orsay était pourtant clair et sans détours. Pour Abdourahman Waberi, ce « démenti » est « scandaleux et reflète la méthode macronienne : tenir tête malgré tout et s’enfermer dans le déni ». Le scandale est clair lorsqu’on entend la ministre évoquer des dysfonctionnements des « services de visa » dans ces trois pays, alors que les prestataires sont toujours ouverts.

    Tout est faux. Le déni et le mensonge sont aussi au rendez-vous lorsqu’elle ose déclarer que « ceux qui ont déjà des visas vont pouvoir venir comme prévu ». C’est oublier la réalité du monde des arts qu’elle ne connait pas. Sébastien Lagrave, directeur du festival de musiques Africolor l’a recadré aujourd’hui par voie de presse : « On sait très bien que la plupart des artistes se voient accorder des visas de courte durée, ceux qui ont déjà un visa sont une minorité, pour un festival comme nous en novembre, on demande des visas à partir de septembre, là, c’est impossible qu’ils viennent. »

    Une nouvelle attaque d’Emmanuel Macron pour détruire toute production artistique

    L’Insoumission.fr vous racontait dans un précédent article pourquoi les capitalistes détestent l’art et les artistes. La réponse est simple : ils ne supportent pas la modification du réel qu’ils ont modelé à leurs goûts. Au total, le Quai d’Orsay est devenu l’instrument personnel d’Emmanuel Macron pour régler des tensions géopolitiques à coup de baïonnettes et de censure insupportable. Cette décision absurde est une nouvelle jurisprudence. Une décision qui condamne les artistes, les peuples, et nous prive d’une richesse et d’une diversité irremplaçable.

    Emmanuel Macron et les siens le font sans gêne car ils préfèrent la leçon et les punitions à l’art et à ses créateurs. Ils se prétendent intellectuels, écrivent des bouquins de plages comme celui de Bruno Le Maire, mais ne le sont en aucune façon. Ils détruisent et saccagent tout ce qui fait le lien entre les peuples, entre les gens, et crée du collectif : l’art, les biens communs, les services publics, le partage, l’entraide. Tout idée de collectif est passé à la broyeuse néolibérale.

    Au lieu de faire la leçon aux peuples, Emmanuel Macron ferait mieux de faire quelques révisions, et pourquoi pas lire la charte du Manden, magnifique œuvre du peuple mandingue (Mali) datant du 13ème siècle.

    Dans son préambule, on y lit :

    « Une vie est une vie »

    « Le tort demande réparation »

    « Veille sur la patrie »

    « Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable »

    « La faim n’est pas une bonne chose »

    « La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves »

    Autant de principes dont Macron ferait mieux de s’inspirer au lieu de faire la guerre à ceux et celles qui en sont les héritiers.

    Par Sylvain NOEL

    https://linsoumission.fr/2023/09/15/macron-visas-artistes

  • Je comprends pas. En janvier, coup de théâtre, le président du COR annonce devant l’assemblée nationale que les dépenses de retraite sont maîtrisées, et même à terme devraient diminuer :
    https://linsoumission.fr/2023/01/20/retraite-macron-recadre-cor

    Hier à l’Assemblée nationale, alors que 2 millions de personnes s’étaient mobilisées contre la réforme des retraites du gouvernement, le président du COR était auditionné à l’Assemblée nationale. « Les dépenses de retraites sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses, elles diminuent à terme » : le propos est clair. Contrairement à ce que crie le camp présidentiel sur tous les plateaux, il n’y a pas de justification économique à réformer notre système de retraite.

    Mais aujourd’hui, le même COR annonce que :
    https://www.huffingtonpost.fr/politique/video/reforme-des-retraites-ce-nouveau-rapport-publie-par-le-cor-remet-de-l

    Le COR estime qu’en dépit de la réforme, le système de retraite restera déficitaire d’ici 2030, ce qui met à mal l’argumentation du gouvernement. Mais chacun, opposants ou majorité, voit midi à sa porte.

    […]

    Au cœur des tensions, cette fois encore, un rapport de l’institution selon qui le système de retraite sera « durablement en déficit » en dépit de la réforme.

    […]

    La situation serait cependant plus dégradée sans la réforme, qui va limiter le nombre de retraités et donc freiner les dépenses.

    Je vois pas trop comment la gauche parvient à tourner ça en argument contre la réforme, puisque ça revient à admettre les conclusions du COR la première fois, puis admettre des conclusions contraires la fois suivante, alors que la droite va simplement appuyer sur l’idée que vous voyez bien qu’il faut réformer encore plus…

    • Effectivement @arno, ce retournement discrédite totalement l’utilisation hasardeuse des projections du COR pour contester les différentes réformes des retraites.

      On a souvent trouvé cet argument dans des publications syndicales ou politiques, quand les dites projections confortaient la contestation de la réforme des retraites.

      Il est totalement incohérent de continuer à s’appuyer dessus quand elles indiquent des prévisions inverses !

      Voilà qui devrait faire réfléchir pour ne plus y avoir recours.

      Macron se vante auprès des investisseurs étrangers d’avoir réduit le « coût du travail » en France (sous-entendu, d’être venu à bout de la contestation sociale et accessoirement, d’avoir maté la classe ouvrière).

      Pour réduire le coût du travail, il a eu recours massivement aux exonérations sociales et fiscales, tout en bloquant les hausses de salaires. Pour mater la contestation sociale, rien ne vaut la bonne vieille méthode répressive, agrémentée des dernières innovations technologiques. Le tour est joué ; il peut faire le beau auprès de Musk et consort.

      Cette politique d’exonération sociale et fiscale ne peut que provoquer un déficit de la sécu ! Quelles que soient les projection du COR.

      La problématique de l’âge de départ en retraite n’est qu’une question de choix politique. Elle se résume à décider comment on va garnir ou dégarnir les ressources financières du financement de la sécu pour atteindre cet objectif. Point barre. Le projections ne sont que pur pipeau.

      Les richesses dégagées sur le travail existent. On pourrait les employer pour garnir le pot commun permettant de financer la retraite, ne serait-ce qu’en arrêtant les exonérations sociales, en égalisant les salaires des femmes sur celui des hommes et en augmentant les salaires de façon générale. C’est tout le contraire qui est fait.

      Depuis les années 90, on a une succession de gouvernements qui mettent à chaque fois en œuvre des réformes pour faire crever le système par répartition : on recule toujours plus l’âge de départ en argumentant que la sécu est en déficit et que la démographie blabla, etc. alors qu’on fait tout pour rendre le système déficitaire et surtout pour éviter de permettre de le financer dans un sens plus avantageux du point de vue des intérêts des salariés.

      Pour moi, quelque soient les projections, le projet politique de ce gouvernement est de faire crever le principe même de la retraite par répartition, en le discréditant.

      Un jour on ne voudra plus continuer à cotiser pour que dalle – car l’âge de la retraite aura tellement reculé pour des pensions minables que plus personne ne voudra continuer le truc. Et on aura raison. Là le système sera mort pour de bon.

    • Oui mais mon souci n’est pas que le COR ponde des études critiquables : mon problème (comme l’a bien souligné @cabou) c’est que la gauche utilise une de ses études qui va dans un sens la première fois, et trouve encore le moyen d’utiliser cette nouvelle étude qui va littéralement dans l’autre sens.

      Ça me rappelle aussi quand la gauche a trouvé intelligent d’utiliser la baisse de la note de la France par l’agence Fitch, alors même que Fitch regrettait que Macron se retrouve en difficulté pour faire passer encore plus de ses réformes de merde.

      Je comprends bien l’intérêt d’utiliser les données de l’ennemi (Chomsky fait ça tout le temps), mais là ça devient pathologique de donner du crédit à des études qui, explicitement, vont dans le sens contraire de ce qu’on défend.

  • 10 #conseils que j’aurais aimé lire avant de commencer à militer (contre le #burnout_militant)

    Militer. Le « burnout militant », un phénomène encore très peu connu. « #Grosse_fatigue », « gros #coups_de_mou », « gros moment de #découragement », des périodes de #doutes plus ou moins longues dures à affronter quand l’énergie pour changer le monde vient à manquer. Un phénomène étudié notamment par le sociologue du monde du travail Simon Cottin-Marx, dans un récent article Cairn (note : l’article est paru dans la revue Militants, Cairn n’est pas une revue : https://www.cairn.info/revue-mouvements-2023-1-page-156.htm). Difficile de ne pas pas s’enfermer dans une #bulle_militante quand on n’est pas averti des dangers. Peut-on se protéger du burnout militant ? 10 conseils que j’aurais aimé lire avant de commencer à militer, par Hellogrise.

    1) Avant de militer, choisis tes combats

    Une association, un parti, un syndicat ? La lutte des classes, le féminisme, l’écologie, l’antiracisme ?

    Une chose est sûre, ne fais PAS tout d’un coup. Malheureusement, la société déconne sur pas mal de sujets et il faudra choisir ceux sur lesquels tu veux agir directement, car tu ne pourras pas sauver le monde d’un coup. Aussi, militer n’est pas toujours facile et demande de l’énergie, veille donc à « choisir » un axe, un cadre qui te motive un minimum et avec lequel tu es à l’aise.

    2) Il n’y a pas à se mettre la pression

    Il y aura toujours des militants, tu ne sais pas d’où ils viennent, ce qu’ils font dans leur vie, mais ils sont MÉGA MILITANTS. Plus que toi. Tu aimerais être aussi « présent·e » qu’eux. Ne culpabilise pas. Personne n’a les mêmes ressources, et si à gauche, on dit « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », ce n’est pas pour rien. On ne dénonce pas la pression que met le monde du travail, pour se la foutre à nous-mêmes.

    3) Trouve ton propre style

    Tu n’es pas prolo mais tu es de gauche ? Ne « joue » pas au prolo, assume qui tu es et les idées que tu défends. Tu n’aimes pas le tractage, tu es plus à l’aise en organisation d’Assemblées générales (AG) ? Organise des AG.

    Il n’y a pas de « militant étalon » auquel tout le monde devrait se conformer. Reste toi-même, que ce soit dans ton rapport au militantisme ou dans la façon que tu as de militer. Beaucoup de personnes m’ont dit que faire des memes ce n’était pas du militantisme (« vrai militant va tracter à 8 h du matin ») alors que j’ai reçu de nombreux messages de gens qui m’ont dit que ça les avait sensibilisées. Si tu as envie de tester une stratégie pour sensibiliser, convaincre, vas-y. C’est en étant complémentaire qu’on réussira à porter nos idées au plus grand nombre, et c’est en étant original que l’on interpellera le plus de gens.

    4) N’oublie pas tes amis non-militants

    À force de rencontrer des gens sur les divers événements, et même en ligne, on devient vite entouré uniquement de militant·e·s. Or, il est plus difficile de garder un pied dans le réel lorsque l’on reste entre « convaincus ». Il est plus difficile de sensibiliser les gens qui ne sont pas dans les combats que l’on mène lorsqu’on ne les côtoie plus vraiment. Et surtout, les « camarades » ne sont pas forcément des amis : ils sont un mélange entre des amis et des collègues, certains deviennent des amis, mais ils ne gèrent pas forcément leurs relations interpersonnelles comme toi tu l’as toujours fait. Il est important de cultiver les relations que l’on avait déjà avant de militer.

    5) Faire une pause n’est PAS abandonner

    Il l’a dit Jean-Luc (en citant peut-être quelqu’un d’autre ?), « lorsque l’on retire ses mains du fleuve, il continue à couler ». Si tu en as marre, si tu es fatigué·e, si tu as des problèmes personnels à gérer qui te prennent la tête, ne te précipite pas dans le burn-out militant. Déjà, tu lutteras forcément moins bien (moins de patience pour convaincre, pour se mettre d’accord avec les camarades, pour intégrer les infos, etc.), et en plus, l’effet boomerang sera deux fois plus violent. Tu n’es pas l’unique militant·e sur le terrain, si tu fais une pause, quelqu’un d’autre prendra le relais. Quelqu’un de la France insoumise me disait « c’est une course de fond, un combat long ». Un long chemin.
    6) Si l’ambiance ne te correspond pas, trouve d’autres camarades

    « Vraiment, les gens me dégoûtent, ils pensent tous qu’à briller socialement par le militantisme et instrumentalisent les luttes pour leur besoin d’attention et leur conscience morale ». Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu ou prononcé ce genre de phrase. Tout groupe social a forcément des dramas et des tensions, ce n’est pas pour autant que tout est foutu « à cause de la nature humaine ». Ton groupe te saoule, l’ambiance pue du slip ? Change de groupe, ou trouve le moyen de prendre une forme de distance.

    7) Bolosse le syndrome de l’imposteur

    C’est fou tous ces gens incollables en histoire, en géopolitique, en socio, et même en bricolage, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’ils sont efficaces pour la lutte ces gens… eh bah toi aussi, à ton échelle. Et dis-toi que justement, c’est toi qui – pour d’autres gens – est « cette personne militante super douée ». De toute façon, c’est en côtoyant des gens doués que l’on progresse. Essaie de faire taire cette insécurité que plus de militant·e·s ont que tu ne penses.
    8) Prends du temps pour toi

    C’est très difficile. Une fois qu’on est à fond dedans, qu’on se sent utile, un gros risque d’addiction au « sentiment d’utilité » pointe le bout de son nez. En plus, on est rajouté dans des boucles militantes qui ont TOUJOURS des infos sur des actions à faire, des événements auxquels participer… et puis les semaines passent, on annule des concerts, des rdv médicaux, des soirées entre potes… « Oui, mais l’actu fait que c’est urgent, là ». Plot twist, au moment où j’écris, ça fait PLUS DE TROIS MOIS qu’on est en plein mouvement social.

    J’ai arrêté de reporter mes soirées solos, rendez-vous, prestations (et même le ménage) parce que je n’avais plus une seule minute pour laisser à mon cerveau le temps de digérer les événements. J’ai dû me faire violence et refuser certaines AG, réunions, etc. Juste pour me reposer, dessiner… Faire les trucs que je disais que je ferais « après la révolution ». La révolution ne se fera pas en un soir, et passer son temps à la guetter n’est pas une vie. C’est une façon passagère. Cela ne vaut pas toujours le coup de prendre des risques vis-à-vis de tes relations avec les gens.

    9) Soigne tes relations avec les camarades

    Le milieu militant est très très petit. Touuuuut petit. Je pensais être immunisée à Paris, parce que la densité de population fait que, mais c’est un milieu de consanguins, faut qu’on se le dise. On croise toujours les mêmes visages, et quand c’en est de nouveaux, ce sont des proches de ceux qu’on connaît déjà. Engueulez-vous avec les gens en interne quand vous n’êtes pas d’accord, mais réfléchissez bien avant de le faire, et de la façon dont vous allez le faire ; et n’hésitez surtout pas à vous excuser ou à prendre les mains tendues en cas de conflit (sauf cas d’extrêmes de violence évidemment).

    La chose est aussi valable pour les « rapprochements » avec des camarades qui vous plaisent de façon passagère. Cela ne vaut pas toujours le coup de prendre des risques vis-à-vis de relations avec les gens. Le fameux « mettre son ego de côté », il faut parfois se l’appliquer d’abord.

    10) Amuse-toi quand même

    Ce n’est pas parce que le monde pue du slip qu’on doit être un doomer sérieux H24 pour le sauver. Beaucoup de personnes refusent de s’engager, et même de s’informer, car elles ne veulent pas déprimer ou avoir la rage. C’est compréhensible (même si, pour nous, c’est de plus en plus dur à comprendre). Après les manifs, va boire des coups avec les camarades. Moque-toi des adversaires. Fais des blagues. On s’accorde à dire que tout est politique, mais ce n’est pas pour autant que tous les aspects de notre vie ont à être sérieux pour autant.

    Si votre kiff, c’est de danser en manif, ou bien de chanter des slogans dégagistes, faites-le, ça fait du bien. L’important, c’est déjà d’être en manif.

    N’oubliez pas que Les Guignols de l’Info dénonçaient de façon très radicale en faisant des vannes. C’est justement parce que les gens savaient qu’ils allaient se marrer qu’ils regardaient.

    Perso, je ne fais pas de memes pour « convaincre » (je communiquerais de façon bien plus soft sinon) mais pour me marrer et me défouler. Je n’ai jamais monté de plan stratégique ultra sérieux sur ma ligne éditoriale. Et c’est cette authenticité qui peut plaire à une partie des gens qui me suivent, même s’ils ne sont pas d’accord avec moi (GG les gens quand même).

    Voilà ! N’oubliez pas, la lutte continue !

    https://linsoumission.fr/2023/06/16/10-conseils-militer

    #militantisme #burn-out #burnout

  • Retraites : coup de force contre la démocratie, le Parlement humilié, l’opposition prépare la riposte dans la rue
    https://linsoumission.fr/2023/05/31/retraites-scandale-assemblee-2

    Retraite. Ce 31 mai 2023, le camp présidentiel et Les Républicains (LR) ont réalisé un coup de force contre la démocratie : réduire la possibilité d’examen d’une proposition de loi destinée à abroger la retraite à 64 ans. Nous vous en parlions hier dans nos colonnes. Le texte de loi en question doit être débattu le 8 juin prochain, jour de la niche parlementaire du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Libertés et Territoires). Ce matin, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale s’est réunie pour en discuter. Par des manœuvres politiciennes, le camp présidentiel et LR ont fait supprimer l’article 1 de ce texte de loi, le plus important. Il prévoyait un retour à l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Durant la suite des débats, la présidente de la commission s’est arrogée le droit de supprimer les sous-amendements déposés par l’opposition.

    Une humiliation de plus pour le Parlement, après le 49.3, le « vote bloqué » au Sénat ou le 47-1 pour réduire le temps des débats sur la réforme des retraites. En signe de protestation, les représentants des groupes parlementaires de la NUPES ont quitté la commission. La niche parlementaire LIOT du 8 juin se tiendra malgré tout. Plusieurs questions : le camp présidentiel va-t-il aller au bout de son coup de force ? Va-t-il empêcher les débats et le vote de la proposition de loi ? La présidente Renaissance (ex-LREM) de l’Assemblée nationale va-t-elle déclarer recevable un nouvel article 1, similaire à celui supprimé en commission ?

    Emmanuel Macron, plus seul que jamais, continue de vouloir imposer sa réforme des retraites, contre la volonté de 93% des actifs. L’opposition prépare la riposte dans la rue. Prochain rendez-vous donné : la mobilisation nationale à l’appel de l’intersyndicale le 6 juin prochain, deux jours avant la niche parlementaire LIOT. La pression populaire doit avoir raison de ce coup de force démocratique. Notre article...

  • Retraites : loi promulguée samedi matin [très tôt] | AFP | 15.04.23

    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/150423/france-la-loi-sur-la-reforme-des-retraites-officiellement-promulguee

    Agence France-Presse
    15 avril 2023 à 04h21

    promulguée samedi matin au Journal officiel [...] les syndicats avaient demandé « solennellement » au président français de « ne pas promulguer la loi ». Une demande restée lettre morte [...].

    « Le code de la sécurité sociale est ainsi modifié (...) Au premier alinéa, le mot : "soixante-deux+ est remplacé par le mot : + soixante-quatre" », énonce le texte.

    • Une réponse brutale et ravageuse.

      Et puis il y aura ceux, politiques, journalistes qui vanteront ( ils vantent déjà) la force de caractère et le courage de #Macron. Mais il n’y a aucune force de caractère, aucun courage à promulguer, seul dans la nuit, une loi qui déchire son propre pays. Il n’y a aucune force, aucun courage à s’enfermer dans l’idée directrice qu’on est supérieur en tout point à la masse. Il n’y a aucune force, aucun courage à tordre les institutions à sa main, à être dur avec les petits et tellement faible avec les « grands » ( cf Trump , Xi etc…) Il n’y a aucune force et aucun courage à ne pas savoir s’amender reculer, dialoguer. Il y a simplement une arrogance et un orgueil que plus rien ne semble pouvoir arrêter. Le flatter, commenter sa geste avec cette fascination mystérieuse qu’il exerce encore sur une poignée d’influenceurs, c’est l’encourager dans une attitude qui nous mène collectivement au désastre démocratique.

      Françoise Degois

    • En pleine nuit, Macron promulgue la retraite à 64 ans : à nous de faire bloc

      Retraite. La rage au cœur. Des larmes de rage quand on pense aux camarades en grèves reconductibles depuis 3 mois. Malgré le plus fort mouvement social dans le pays depuis mai 68, le président a promulgué la retraite à 64 ans cette nuit. Comme un voleur. Comme un forcené radicalisé, retranché, seul, au sommet des lambeaux d’une Ve République, qu’il est en train d’achever.

      Cette promulgation dans la nuit au Journal officiel constitue une nouvelle provocation, un nouveau bras d’honneur à la démocratie. Ce mépris présidentiel est insupportable. Que la Première ministre ose claironner : « ce soir, il n’y a ni vainqueur, ni vaincu », en dit long sur la dégueulasserie de ces gens-là. Ils n’ont même pas le courage d’assumer leur acte. De nous regarder en face. Pas de vaincus ? Et les millions de travailleuses et travailleurs qui viennent de prendre deux ans ferme ? Ils ne peuvent plus faire un déplacement sur le territoire sans qu’on leur rappelle leur 49.3.

      Car en 3 mois, Emmanuel Macron a tout perdu. La bataille des idées : 93% des actifs contre la retraite à 64 ans, 82% des Français sont toujours pour la suspension de la réforme. La bataille parlementaire : « vote bloqué » au Sénat, 49.3 à l’Assemblée nationale. La bataille de la mobilisation : même le ministère de l’Intérieur reconnaît le plus fort mouvement social du XXIe siècle. La bataille de l’horizon : la Ve République est agonisante, le néolibéralisme ne fait plus rêver personne, Emmanuel Macron ne peut plus mettre un pied dehors.

      La bataille qui s’ouvre, comme on l’annonce depuis des années, se jouera entre eux et nous. Le « eux », c’est le Rassemblement National (RN), le bloc d’extrême droite qui profite de l’effondrement du bloc bourgeois libéral. Le RN profite de cet effondrement pour mieux séduire le capital et préparer la candidature du système en 2027. À cet égard, la déclaration de Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du MEDEF, le 27 mars 2023 sur France Info, a le mérite d’être clair. Le RN au pouvoir ? « C’est un risque nécessaire ».

      Mais pourquoi la bourgeoisie préfère Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon ? Car le camp du capital sait où sont ses intérêts. La bourgeoisie n’est pas folle, et Marine Le Pen ne cesse de lui faire des appels du pied : vote contre le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF) à de multiples reprises à l’Assemblée nationale, vote contre la taxe super-profits au Parlement européen, et en même temps, vote contre la hausse du SMIC, le gel des loyer et le blocage des prix de produits de première nécessité. Derrière son discours électoraliste sur le « pouvoir d’achat », qui parvient à séduire une partie croissante des classes populaires, le Rassemblement National ne cesse de faire des appels du pied au bloc bourgeois libéral. L’urgence absolue est de démasquer l’arnaque sociale que constitue le Rassemblement national.

      Depuis de longues années maintenant, l’insoumission.fr avertit : entre le capital et le travail, le RN a choisi son camp, et le capital le lui rend bien. Vincent Bolloré monte un empire médiatique pour propulser Éric Zemmour, et dédiabolise ainsi Marine Le Pen. Durant toute la fin du quinquennat précédent, ministres macronistes et éditorialistes de plateaux tapent main dans la main sur l’« islamo-gauchisme » plutôt que sur l’extrême droite. La bourgeoisie a le mérite de la constance : dans l’histoire, à choisir, elle a toujours préféré l’alliance capital-fasciste plutôt que la gauche. Combien de fois l’avons-nous écrit dans ces colonnes : plutôt Hitler que le Front Populaire hier, plutôt Le Pen que Mélenchon aujourd’hui.

      Le bloc de gauche, représenté par la NUPES, doit être à la hauteur de la gravité de la situation : concentrer nos coups pour démasquer l’arnaque sociale et raciste que constitue le RN. Plutôt que de se regarder le nombril et de nous diviser entre nous, faire bloc pour concentrer nos coups sur l’alliance du bloc d’extrême droite et du bloc bourgeois, la perspective d’un ticket Marine Geoffroy Le Pen de Bézieux en 2027.

      La VIe République, le partage des richesses, pouvoir enfin vivre de son travail, face à l’explosion des prix due aux super-profits, la révolution écologique, qui passe par cibler et s’attaquer aux responsables de la catastrophe climatique et sociale : les 63 milliardaires qui polluent plus que la moitié des Français réunis, les 5 milliardaires qui possèdent autant que 27 millions de personnes.

      Et pour reconquérir les classes populaires, la dernière des bonnes idées serait de tendre la main à Bernard Cazeneuve et François Hollande, à ceux ont trahi les classes populaires, à ceux qui ont dégoûté de la gauche dans les grandes largeurs, à ceux qui ont théorisé cet abandon des classes populaires (note Terra Nova de 2011), aux fossoyeurs de la gauche, idiots utiles de l’extrême droite, qui font élire 15 députés RN en Occitanie.

      Le mouvement ouvrier, les syndicats, associations et le bloc de gauche, la NUPES, doivent faire bloc. La situation est trop grave. Le pouvoir ne mesure pas quelle réserve de rage il vient de libérer. Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel hier soir : « La violence exceptionnelle des décisions du Conseil Constitutionnel nécessite une étroite coordination entre la NUPES et les syndicats pour continuer la lutte et maîtriser la riposte. Alerte aux colères de désespoirs ». Le combat continue, tous ensemble, soudés, contre leur monde à bout de souffle. Le fascisme est le capitalisme en décomposition, le fascisme n’est rien d’autre que la réaction du capitalisme.

      Pierre Joigneaux.

      https://linsoumission.fr/2023/04/15/macron-retraite-faire-bloc

    • @marielle , on est foutus, même wikipédia est re-ecrite !!!

      Pierre Joigneaux (Ruffey-lès-Beaune, 23 décembre 1815 - Asnières, 26 janvier 1892) était un journaliste puis homme politique d’extrême gauche.

    • Vous vous souvenez qu’en 2020, il avait déjà joué avec l’idée qu’il pourrait être obligé de « faire des choses dures » qui le rendraient trop impopulaire pour être candidat à sa réelection :
      https://www.lefigaro.fr/politique/presidentielle-2022-peut-etre-que-je-ne-pourrai-pas-etre-candidat-imagine-m

      À l’image du choix inédit de son prédécesseur, le président de la République imagine l’hypothèse d’un fort rejet de son action par les Français, à la fin de son quinquennat. « Parce que les circonstances l’exigeront », songe-t-il, « peut-être que je devrai faire des choses dures dans la dernière année (...), qui rendront impossible le fait que je sois candidat ».

    • perso, j’attends une attestation de Mélenchon, Bompard, Panot et Ruffin - pour appel à la sédition p.ex. - avant de valider le diagnostic dictature.

      Pour l’instant, ils ont seulement matraqué un député en écharpe jeudi soir et gazé une dizaine d’autres qui protégeait des blessés dans un champ de maïs y’a un mois ; pas encore de vraie arrestations politiques :-)

      Pour les députés de l’opposition, s’entend ; pour les gueux, ça fait un moment que ça roule leur affaire de chasse aux récalcitrants.

    • « peut-être que je devrai faire des choses dures dans la dernière année (...), qui rendront impossible le fait que je sois candidat ».

      bien sûr, il mentait. Pas con, il attend le tour suivant, là où il sait qu’il sera pas réélu ; moins de risques, meilleur timing.

    • « Et sinon, les rares mesures que Macron a proposé pour adoucir la réforme des retraites étaient vouées à être censurées par ses complices du Conseil constitutionnel
      Il fait la guerre totale à l’intérêt général, il se surpasse dans la tyrannie 🔥
      #PasDeRetraitPasDeJO »

      L’entourloupe du Gouvernement est trop grossière : il savait depuis le début que plusieurs articles n’avaient pas leur place dans la réforme et qu’ils seraient censurés.

      Le Conseil constitutionnel a en effet invalidé 6 articles (dont le contrat senior introduit par le Sénat et donc pas dans le projet initial soumis à l’avis du Conseil d’Etat).

      Or ces articles, c’était le « sucré » de la réforme, les mesures présentées comme favorables

      Pour compenser le « salé », la dureté du report à 64 ans. L’index senior, les mesures pour les fonctionnaires dit actifs ou super actifs (comme les policiers), la visite médicale ou l’entretien de prévention pour les salariés exposés à la pénibilité… tout cela est annulé

      Ce qui déséquilibre encore plus une réforme déjà foncièrement injuste (et que ces mesurettes ne faisaient qu’édulcorer). Surtout cela souligne l’hypocrisie du Gouvernement qui le savait pertinemment mais faisait comme si…

      En s’asseyant délibérément sur l’avis du Cons.d’Etat, le Gouvernement a joué à 3 bandes : j’offre des motifs d’inconstitutionnalité au CC,pour faire diversion ; je sais que mon texte va être promulgué durci ; je proposerai de mettre les mesures « sucrées » dans un nouveau texte.

      Voilà un haut niveau de cynisme. Qui plaide d’ailleurs pour que les avis du Conseil d’Etat, obligatoirement rendus publics pour les lois ordinaires, le soient aussi pour les lois de finances (tout ceci a été décidé par une simple circulaire de Hollande mais jamais codifié)

      https://twitter.com/JeromeGuedj/status/1647144760048590848

      « #LR avait conditionné son soutien à l’#indexsenior et au #cddsenior
      ➡️ 2 hypothèses
      1️⃣ les génies #ciotti et #marleix se sont faits enfumés par #Macron
      2️⃣ ils nous ont enfumés, sachant que ça ne passerait pas constitutionnellement.
      Dans les 2 cas le parlement est floué. » Aurélie Trouvé

    • et maintenant qu’ils se sont tous bien fait rouler sur la gueule et dans la farine, les députés de l’opposition - et une partie de la Macronie - ils « dégainent » l’article 68, ou ils ont les jetons ?

      Ça doit pas qualifier comme haute trahison ce que fait Macron depuis 6 ans. Pas assez haut, j’imagine, comme trahison [de la République, de l’intérêt général]. Ça se plaide, ou c’est juste dans tes rêves ?

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_trahison

      Jusqu’en 2007, la haute trahison était mentionnée dans la Constitution de la Ve République (art. 68) comme la seule cause permettant de mettre en jeu la responsabilité du président de la République française qui était alors passible de la Haute Cour de justice.
      [...]
      Depuis 2007, la nouvelle rédaction de l’article 68 supprime la référence explicite à la haute trahison et élargit le champ de cette responsabilité présidentielle aux « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » comme une cause de destitution par la Haute Cour (nouvelle appellation). Cette formulation qui reste encore vague peut néanmoins très bien comprendre la haute trahison au sens traditionnel et elle correspond, à vrai dire, à ce que l’on supposait pouvoir y mettre aussi par une interprétation moderne, à savoir, notamment, tous comportements violant la constitution et ses principes ou tous manquements en contravention grave avec les valeurs démocratiques et républicaines, la morale politique ou la dignité de la charge, ainsi que la forfaiture et la prévarication.

    • « Le fait que des ministres aient délivré, lors de leurs interventions, des estimations initialement erronées sur le montant des pensions de retraite est sans incidence sur la procédure d’adoption de la loi... »

      Conseil constitutionnel, 14 avril 2023


      Traduction : tu peux mentir, ça passe. Où est la sincérité du texte ?
      https://twitter.com/CJuridiques/status/1647161381538652161?cxt=HHwWgoDTpZWj8tstAAAA

      https://video.twimg.com/amplify_video/1647220584084910080/vid/1280x720/-zL2iVF-TUKq0XgS.mp4?tag=16

      En fait, Dominique Rousseau n’est pas vraiment surpris, il est, comme beaucoup de constitutionnalistes et de politistes, scandalisé ! #ConseilConstitutionnel

  • « Macron est tellement aux fraises sur les retraites, que dans sa lettre aux syndicats, il parle d’un organisme qui n’existe pas. Le conseil supérieur des retraites. Et lui fait dire ce qui l’arrange. Ce qui n’empêche pas le gouvernement de passer en force au Sénat et Macron d’écrire une lettre lunaire aux syndicats. »
    https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/retraites-la-brute-et-le-truand-031017216
    https://pbs.twimg.com/card_img/1634221296753033216/PKmtyzfN?format=png&name=small

    Ce vendredi matin, Olivier Dussopt a actionné l’article 44-3 de la Constitution pour mettre fin aux débats sur la réforme des retraites au Sénat. Un nouveau coup de force, qui intervient le même matin que la réponse écrite d’Emmanuel Macron à l’intersyndicale.
     
    Quel sens du timing ! « Le débat sur la réforme des retraites est nourri et continue de l’être dans nos instances démocratiques », répondait ce matin le président de la République au courrier de l’intersyndicale, qui lui demandait de prendre la mesure de l’opposition à la réforme des retraites et de recevoir tous les syndicats. Au même moment, au Sénat, son ministre du Travail, Olivier Dussopt, mettait fin aux travaux parlementaires qui auraient dû se terminer dimanche soir : « le gouvernement demande à votre assemblée de se prononcer par un vote unique sur l’ensemble du texte ».

    Olivier Dussopt venait d’actionner l’article 44-3 de la Constitution, qui permet de demander un « vote bloqué » sur une partie, voire sur la totalité d’un texte de loi. Le gouvernement n’a pas fait dans la dentelle et requis un seul vote sur l’ensemble du projet. Concrètement, le texte présenté au vote sera conforme à la version initiale du gouvernement, incluant les seuls amendements retenus par ce même gouvernement. Pas tout à fait ce qu’on appelle « un débat nourri ». Et assurément un bras d’honneur au mouvement social en cours, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation ce samedi 11 mars.

     Passage en force un jour, passage en force toujours

    Emmanuel Macron et son gouvernement n’en sont pas à leur coup d’essai en matière de passage en force sur le dossier des retraites. Dès la mi-septembre, le chef de l’État laissait planer la menace d’une réforme expédiée en deux mois, à l’occasion des discussions budgétaires de l’automne. S’il s’était ravisé, alors que des mouvements sociaux sur les salaires se multipliaient, c’était pour lancer des concertations, dont l’objet était de donner l’illusion d’une co-construction de la réforme. Et gagner du temps.

    La manière dont se sont déroulées les concertations a révélé le peu de sérieux que l’exécutif accordait à cette séquence. Olivier Dussopt n’ayant rien d’autre à présenter ce jour-là qu’un PowerPoint expliquant le contenu du rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) à des syndicats qui siègent pourtant dans cette instance. Les deux mois de discussions qui ont suivi ont été sensiblement du même niveau. Les propositions des syndicats sont, pour l’essentiel, restées lettre morte et, du côté du ministère, les intentions étaient souvent vagues ou annoncées préalablement dans la presse.

    Finalement, en janvier, nouveau coup de force : le gouvernement décide de ne pas présenter un projet de loi classique. À la place : un projet de loi de finances rectificatif de la Sécurité sociale et l’utilisation de l’article 47-1 de la Constitution. Soit la modification d’un texte budgétaire adopté seulement deux mois plus tôt. Mais surtout, un texte qui présente l’avantage de pouvoir être adopté en 50 jours à peine, de pouvoir utiliser l’article 49-3 de la Constitution sans limite et même de le mettre en œuvre par ordonnances, si d’aventure le Parlement ne le votait pas.

     Gouverner c’est mentir

     Ainsi, tous les moyens sont bons pour faire passer la réforme. Passer en force au Parlement, certes, mais aussi passer outre l’avis de l’ensemble des syndicats de salariés et de l’opinion publique, très majoritairement hostile au recul de l’âge de départ à la retraite, et d’un mouvement social qui a produit les plus grandes manifestations successives vues depuis l’après-guerre.

    C’est encore cet exercice auquel s’adonne Emmanuel Macron dans sa réponse écrite aux syndicats ce matin. Outre qu’il ne dit mot de leur demande de rencontre, le chef de l’État enchaîne les petits arrangements avec la vérité, voire les mensonges éhontés. « Le gouvernement est, comme il l’a toujours été, à votre écoute pour avancer par le dialogue, trouver des solutions innovantes, sans transiger sur la nécessité de restaurer un équilibre durable de notre régime de retraite… », ose Emmanuel Macron. Des propos quelque peu orwelliens au regard de la façon dont se sont déroulées les concertations, du refus catégorique de prendre en compte les propositions de financement des syndicats et de l’absence de contact avec les représentants des salariés depuis début janvier. Son rappel : « il est de mon devoir de préserver ce temps parlementaire qui se déroule actuellement et qui est l’essence même de notre démocratie » au moment où son gouvernement met fin aux travaux du Sénat, est tout aussi lunaire.

    Le président de la République tient même des propos mensongers, lorsqu’il fait dire au Conseil d’orientation des retraites (COR) ce qu’il ne dit pas, et même son contraire. « De même, le conseil supérieur des retraites a également rappelé la nécessité d’une réforme pour assurer la pérennité [du système], » affirme-t-il par écrit. Nous lui passerons le fait de parler d’un Conseil supérieur des retraites, qui n’existe pas. Il fait soit référence au COR, soit au Comité de suivi des retraites. Mais aucun des deux ne dit réellement ce que prétend le président. Le COR expliquant de son côté qu’il n’avait pas à se prononcer sur les choix politiques à tirer de ses projections financières, tout en alertant sur le fait que les discours alarmistes sur les dépenses de retraites étaient infondés.

    Mais il est vrai qu’après avoir osé présenter la réforme comme « juste » le 10 janvier, ou comme étant « de gauche », selon Olivier Dussopt début mars, tout est possible pour le gouvernement et le chef de l’État. Et tant pis si tant de mensonges, comme la pension minimale à 1200 euros, ou le fait que la réforme favoriserait les femmes, sont déjà apparus au grand jour.

  • Cette année, Bernard Arnault a gagné 75 millions d’euros... par jour - L’insoumission
    https://linsoumission.fr/2022/12/09/bernard-arnault-75-millions-par-jour

    Vous avez bien lu : 75 millions d’euros par jour. Cette année, Bernard Arnault, le nouvel homme le plus riche du monde, a vu son patrimoine augmenter de 27 milliards d’euros. Soit 75 millions d’euros par jour. 50 000 euros par minute ! Vous imaginez ? Votre salaire annuel gagné en… une petite minute. 860 euros par seconde ! Depuis que vous avez commencé à lire ces lignes, Bernard Arnault a gagné l’équivalent de 5 SMIC.

    Son magot s’élève désormais à 185 milliards de dollars. Mais comment est-ce possible qu’un homme accumule à lui tout seul autant d’argent ? Par un procédé bien connu : le sur-travail. Les travailleuses et travailleurs de LVMH créent la richesse, Bernard empoche la plus-value. Bien aidé il est vrai par Emmanuel Macron : suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), baisse de la taxation des revenus du capital (PFU), et bientôt la réforme de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, le lui rend bien. Macron & Arnault, une relation gagnant-gagnant, une bromance. Pendant ce temps-là, 42 000 enfants sont sans domicile fixe dans notre pays.