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  • #BalanceTonPorc : elles parlent, ils mecspliquent… | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2017/10/18/balancetonporc-elles-parlent-ils-mecspliquent.html

    En moins de 48 heures, plus de 160 000 femmes (j’en suis) ont témoigné de harcèlement et d’agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Ainsi le hashtag #BalanceTonPorc est devenu en moins de deux jours, un mouvement. Celui d’une libération de la parole de toutes celles qui, parfois depuis plusieurs années, voire décennies, gardaient sur le coeur ou bien réservaient aux conversations chuchotées dans l’intimité craintive de représailles, la vérité sur les violences dont elles ont fait l’objet.

    Et l’on découvrit ce que le déni renvoyait lâchement à des cas isolés, des rencontres malheureuses, des quiproquos (de mon c...) : on découvrit — ou fit semblant de découvrir — un fait social massif. Le harcèlement sexuel touche un nombre incalculable de femmes. Celles qui l’ont directement subi, indiscutablement très très très nombreuses ; celles qui ont intériorisé le risque que ça leur arrive et vivent avec ce sentiment d’insécurité, adaptent leur comportement en fonction, espérant y échapper en évitant de « provoquer » (culture du viol, quand tu nous tiens). A savoir, à l’arrivée, presque toutes les femmes.

    Une foule de représentantes de la moitié de la population parle pour dire le traumatisme vécu, mais aussi la défiance permanente dans laquelle le fait social massif de harcèlement lié à leur genre les tient, au travail, dans la rue, dans l’espace public comme dans l’intimité conviviale ou familiale. Et les hommes influents n’ont rien de mieux à leur retourner que du #mansplaining. En français : de la #mecsplication. C’est à dire des petites leçons condescendantes sur la façon dont on s’y prend (mal) et dont on devrait plutôt s’y prendre.

    • je constate avec amertume autour de moi le déni mollasson par temporisation, exigences de cironstantialisation bien tatillonnes, tout d’un coup (un peu honteux quand même, mais finalement au diapason général) de camarades proches qui vivent mal ce soudain surgissement de noms, actes, etc
      Et ça me navre. Ayant largement été, plus jeune, souvent, avec l’alcool pour alibi et assistant, ce gros lourd insistant et bien connard, je connais sur le bout des doigts les mécanismes de relativisation. Le seul moyen de ne plus se comporter comme une merde, c’est au moins de voir et de ne plus vouloir qu’on se comporte comme une merde.

  • Désolée, je ne suis pas une féministe « glamour » | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2017/03/03/on-peut-etre-blonde-et-feministe-en-revanche-cest-plus-difficile-d

    Je viens de lire ton édito dans Glamour (on me l’a envoyé, rassure-toi, je n’achète pas ton journal).

    Tu vas sans doute me trouver trop brune, pas assez Badinter-Veil-Giroud, trop pleine de dents, trop en rage, trop misandre, trop castratrice, trop violente, trop impolie (pardon de te « mettre mal à l’aise » quand je dénonce le sexisme, c’est vrai, quoi, ça gâche l’ambiance une pétasse qui refuse les mains aux fesses et dénonce les insultes misogynes), trop blogueuse (tu as écrit « en mal de sujet », tu aurais pu ajouter « en mal de buzz » pour aller au bout du mépris), trop frustrée, trop « petite semaine », trop « agressive », trop dominatrice, trop revancharde, trop poilue, pas assez « trentenaire, souriante, douce et déterminée » pour qu’on « aime lui ressembler »...

    Avec ce billet, je vais t’offrir ton petit « CQFD » (ce sera mon cadeau de 8 mars) : je suis (presque) bel et bien tout ce que tu décris en creux des féministes que tu peux pas blairer.

    #Glamour #Féminisme #8Mars #Céline_Perruche #Marie_Donzel
    #antiféminisme #consommation #féminisation_des_noms, #publicité #sexisme #stéréotypes #tâches_ménagères

  • Femme nue : pose dans Playboy pour faire bander (et vendre), pas à la Madeleine pour défendre l’IVG | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2017/02/17/femme-nue-pose-dans-playboy-pour-faire-bander-et-vendre-pas-a-la-m

    Pas à une contradiction près, la presse qui se cache à peine d’être amusée que la nudité des femmes reste une valeur sûre au rayon des consommables, reprend dans d’autres de ses pages, les arguments de l’avocat du curé de la Madeleine comme parole d’évangile, considérant comme l’évidence du bon sens que la justice ait acté mercredi, au Tribunal de Grande Instance de Paris, qu’il y a des choses qui ne se font pas, quand on est une femme... Et dans une église.

     

    Car oui, non contente de dégrader l’action politique d’une femme en la confondant avec le geste obscène d’un pervers pépère, de poser en principe que les seins des femmes sont des organes sexuels (au risque que la jurisprudence autorise qu’on nous attaque un jour pour un téton visible dans le décolleté d’un débardeur), la justice a, le 15 février, tranquillement ouvert la voie au retour du délit de blasphème.

  • Lumières d’aujourd’hui en pays musulmans
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article837

    « Alors qu’un processus de conversions à l’Islam et de radicalisation est enregistré dans les sociétés occidentales, une vague d’abandon de la religion de la ‘’soumission‘’ à Dieu est de plus en plus perceptible, grâce aux réseaux sociaux, dans les sociétés arabo-musulmanes. Un mouvement de révolte parallèle aux mouvements politiques et sociaux qui ont réussi à faire chuter plusieurs dictateurs sans toucher pour autant au pouvoir des religieux. Bravant les risques de fatwa, de peines de mort et autres châtiments prévus par la charia selon les pays, ils et elles sont désormais des milliers à exprimer librement sur le Web leur rejet de tout pouvoir suprême et de toute idéologie religieuse. »

    Que de plus en plus de personnes, dans les pays musulmans, se mettent à réfléchir par elles-mêmes (et donc rejoignent la dynamique des Lumières) et jettent leur religion aux orties, voici une vérité totalement occultée en Occident. Elle est pourtant de la plus grande portée politique. Certes, ce rejet est encore très minoritaire et souvent clandestin, et pour cause  : manifester son athéisme, ou même simplement se poser des questions sur la religion, c’est s’exposer à la torture et à la mort. Et il n’y pas d’âge pour cela. Mohamed Qataa, un syrien de 15 ans, a ainsi, voici trois ans, été assassiné pour « blasphème » . Il avait osé dire publiquement :

    « Même si le prophète Mahomet descend du paradis, je ne deviendrai pas croyant » .

    Des tortionnaires d’Al Nostra l’ont sauvagement fouetté puis lui ont éclaté la tête de deux balles, sur la place publique.

    Il y a actuellement, dans les pays musulmans, deux courants qui s’opposent. D’un côté se développe, très librement, souvent avec la complicité des pouvoirs en place, un courant de radicalisation et, à l’opposé, maintenu dans la clandestinité par la terreur islamiste, un courant de Lumières, de laïcisation. En Occident, il y a des kollabos pour soutenir les premiers, faisons qu’il y ait des humains libres pour soutenir les seconds.

    SOUTIEN A LA PALESTINE

    Ou du moins, soutien à un Palestinien particulièrement courageux.

    Walleed Al-Husseini est un jeune palestinien. On sait combien sont nombreux ceux qui soutiennent en France la lutte des Palestiniens. Un soutien indéfectible, mordicus, quoi qu’il arrive, pour tous les Palestiniens, y compris ceux d’extrême droite mais pas… pour Walleed (et les personnes qui pensent comme lui).

    Il est vrai que ce jeune homme a un grand tort : il a voulu, par lui-même, par des lectures, des réflexions, des échanges, se faire une opinion sur sa religion, et il l’a exprimé très tranquillement. Conséquence immédiate : arrestation et tortures. Il n’avait que 21 ans.

    « Je pensais vivre dans un État laïque, où j’avais la liberté de m’exprimer » écrit-il « Il n’en est rien, c’est une dictature : la justice n’existe pas, pas plus que la liberté d’expression ou de pensée. Il est impossible d’être athée dans les pays arabes, on nous prend pour des gens malades, stupides et immoraux » .

    Actuellement exilé, vivant sous la menace permanente d’un assassinat, Walleed Al-Husseini qui a publié un ouvrage au titre éloquent ( « Blasphémateur, les prisons d’Allah » ) anime maintenant un blog où il critique les religions et défend l’athéisme, la laïcité et donc la liberté de penser et de critiquer. On y trouve des informations qu’on chercherait en vain dans les médias français et des témoignages très intéressants d’anciens musulmans. Par exemple le « Témoignage d’un ex-musulman Malien » ou le « Témoignage libre d’une jeune ex-musulmane française » qui montre comment, en France, les musulmans « de base » subissent la pression quotidienne des religieux et sont poussés progressivement à se radicaliser). La citation qui ouvre cet article ( « Le spectre de l’athéisme hante l’islam sur les réseaux sociaux » ) est tirée de son site et la suite peut se lire sur son blog, « La voie de la raison » .

    LES BOBOS DE LA CENSURE

    Kamel Daoud est un écrivain et journaliste algérien. Dans un article publié dans Le Monde, il rappelait qu’à Cologne la nouvelle année avait mal commencé, puisque le soir de la Saint-Sylvestre plusieurs centaines d’agressions sexuelles s’étaient déroulées en pleine rue. Bien sûr, l’extrême-droite s’était empressée de tirer profit de cet événement ; la gauche et les féministes restant dans un silence coupable.

    Dans son article, Kamel Daoud critiquait la religion et l’image de la femme que le Coran véhicule :

    « Le rapport à la femme, écrit-il, est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah. La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre. Elle est l’incarnation du désir nécessaire et est donc coupable d’un crime affreux : la vie. C’est une conviction partagée qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une perte de temps avant l’éternité, d’une tentation, d’une fécondation inutile, d’un éloignement de Dieu et du ciel et d’un retard sur le rendez-vous de l’éternité. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est le produit d’une femme ».

    Kamel Daoud a du « vécu » : élevé dans une société musulmane, il la vit au quotidien.

    Mais, si Kamel Daoud espérait pouvoir s’exprimer plus librement en France qu’en Algérie, il se trompait lourdement. Un collectif « d’universitaires », d’anthropologues, de philosophes et de psychologues et autres bobos (qui, eux vivent dans un univers feutré et en profitent – pour la massacrer – de la liberté que leur accorde) s’est constitué pour contester vertement son article qui, selon ce collectif, jouerait le jeu de l’extrême-droite. Pour ces plumitifs, dire la vérité ne serait pas bon, surtout pour le « petit peuple ».

    Après avoir reçu des menaces de mort de la part d’un imam salafiste en 2014, Kamel Daoud est maintenant censuré par des bobos. On a certes tout à fait le droit d’être en désaccord avec son analyse, mais le véritable lynchage moral (ajouté au lynchage physique qui plane toujours sur sa tête) auquel nos joyeux postmodernes se sont livrés constitue une honte pour la pensée libre. Les gagnants du « combat » mené par ce collectif de plumitifs, ce sont les islamistes radicaux, puisque suite à ce déferlement d’injures, Kamel Daoud a décidé d’arrêter le journalisme. Nous espérons bien qu’il reviendra sur cette décision.

    CENSURE ÉDITORIALE

    Hamed Abdel-Samad est un auteur allemand d’origine Égyptienne. Fils d’un imam, Hamed Abdel-Samad a fait partie des frères musulmans. Il a écrit un ouvrage qui a connu une importante diffusion aux USA et constitue un véritable best-seller en Allemagne (depuis 2014) mais… pas en France, et pour cause : il n’est toujours pas publié. Nous n’avons donc pas pu lire « Le fascisme islamique » mais nous aimerions bien nous faire notre opinion. Oui mais voilà, les éditeurs contactés trouvent que « ça ferait le jeu de l’extrême-droite » (encore !). L’un d’eux écrit sans complexes :

    « Dans le contexte actuel, le livre de Hamed Abdel-Samad risque plus d’être récupéré que d’apporter matière à réflexion » .

    Les mêmes éditeurs ne se gênent pourtant pas pour publier des bouquins carrément d’extrême-droite (les « ouvrages » de la famille Le Pen, ceux de Zemmour,… ). C’est à croire que ceux-là « apportent matière à réflexion » ! La presse nous apprend de plus qu’un grand éditeur français s’apprête à republier d’ici quelques mois « Mein Kampf » d’un certain Adolph Hitler. Même avec un appareil de notes critiques, cette publication est attendue avec impatience par tous les nazillons qui s’en pourlèchent d’avance les babines. Vu le niveau de stupidité de la nomenklatura universitaire française, attendons-nous à ce qu’elle nous explique gravement que « Mein Kampf » n’a rien à voir, mais vraiment rien, avec le nazisme.

    C’est à croire qu’on ne fait le jeu de l’extrême-droite que si on a abandonné la religion musulmane. Curieux, tout de même, non ?

    Pendant que les éditeurs français refusent de publier son livre, une fatwa bien moyenâgeuse pèse sur ta tête d’Hamed Abdel-Samad pour « hérésie » Il est menacé de mort par ses anciens amis djiadhistes.

    ASSASSINÉ PAR UN IMAM

    L’écrivain jordanien Nahed Hattara a été assassiné ce dimanche 25 septembre 2016 à Amman. Athée revendiqué, emprisonné par le roi Hussein pour ses critiques contre la monarchie, il avait reproduit le 12 août une caricature ridiculisant les « daechites » . Dès le lendemain, il avait été arrêté et incarcéré pendant deux semaines. Libéré sous caution, il était poursuivi pour « incitation à la discorde confessionnelle » et « insulte » à l’islam.

    Ce meurtre commis par un iman (Le monde écrit «  ancien imam », pourtant, « iman un jour, iman toujours  »), a été condamné par de nombreux intellectuels… en Jordanie, car, pour ce qui est de la France, on attend toujours les réactions. A moins que nos joyeux signataires anti-Daoud trouvent ça normal ?

    UN POÈTE DE 17 ANS

    Omar Mohamed Batawil, une jeune poète yéménite de 17 ans écrivait : « Vous m’accusez d’être athée. Moi, je vois Allah dans les fleurs et vous dans les cimetières et les tombes. Telle est la différence entre vous et moi ». De tels propos sont insupportables pour les islamistes. Pour eux, non seulement il faut être musulman, mais il faut l’être de la façon dont ils veulent. Sinon, c’est la mort. Omar Mohamed Batawil a été enlevé par des islamistes puis assassiné de deux balles dans la tête, à Aden, en avril 2016. Son combat pour un peu de tolérance lui a coûté la vie.

    Ainsi sont traités les Lumières qui s’allument dans les pays musulmans. Ne les laissons pas se faire éteindre.

    Article d’@Anarchosyndicalisme ! n°151 Oct-Nov 2016
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article834

    • Bien sûr, l’extrême-droite s’était empressée de tirer profit de cet événement ; la gauche et les féministes restant dans un silence coupable.

      Je ne sais pas qui sont ces féministes au silence coupable que vos désignez mais j’aimerai bien savoir vraiment de qui vous parlez.

    • J’avais pas vu ta réponse, @aktivulo1
      Pour Christine Delphy, son blog regorge d’articles contre l’instrumentalisation raciste du féminisme, le dévoiement de la laicité à des fins racistes, la stigmatisation du « garçon arabe », et les discriminations raciales en France.
      https://delphysyllepse.wordpress.com

      Elle a peut être pas répondu en particulier sur ce point précis (en même temps on la lie pas souvent dans la presse généraliste), mais en connaissant sa pensée ca me semble assez évident de savoir ce qu’elle en aurais dit. Il y a même un article du point qui semble avoir bien mieux compris les diverses branches du féminisme que les Anarcosyndicalistes et qui a pas besoin d’interviewer Delphy pour savoir ce qu’elle en pense. http://www.lepoint.fr/societe/cologne-voile-les-feministes-se-dechirent-autour-de-l-islam-06-05-2016-20374

      Pour les autres, je ne sais pas si elles se sont exprimées sur ce sujet et je ne voie pas pourquoi elles seraient coupable de ne pas avoir parlé à ce sujet au moment ou vous (les anarcosyndicalistes qui les jugez coupable de silence) en aviez envie et je ne sais pas si la presse à jugé bon de les questionné la dessus.
      Les féministes que la press aime bien voire dans ses colonnes sont généralement islamophobes, tels les Femens ou Fourest ou/et libérales essentialistes de type Badinter et ELLE magazine et c’est pas ce que j’appellerais « les féministes » à part si j’étais une personne qui ne connais du féminisme que la grossière vitrine libéral-raciste de la télé et qui ne s’intéressait que superficiellement à la cause des femmes.

      Les féministes s’expriment sur le sujet du harcèlement dans l’espace publique depuis ... probablement avant l’invention du mot féminisme. Et c’est un des sujets central du féminisme actuel (en particulier chez les jeunes féministes plus touchées par ce type d’agressions que les féministes plus agées). Les féministes ont rappelé que les agressions de rue ne sont pas un phénomène raciale et on rappelé qu’il y a beaucoup d’agressions sexuelles les 31 décembre, à l’Oktoberfest, toutes sortes de fêtes et rappellent aussi que les harcèlement sexuel c’est dans l’espace publique mais aussi au travail, au domicile et même dans les syndicats ou chez le médecin, et les femmes sont agressées par toutes les catégories d’hommes y compris les anarcosyndicalistes.

    • @mad_meg

      " Les harcèlement sexuel c’est dans l’espace publique mais aussi au travail, au domicile et même dans les syndicats ou chez le médecin, et les femmes sont agressées par toutes les catégories d’hommes y compris les anarcosyndicalistes."

      Je ne suis pas anarchosyndicaliste (en tout cas pas à la CNT-AIT), Je pense pas qu’il remette en cause cecis.
      Mais pointaient que les féministes sont là face a une affaire de viols massifs ;
      Et la chose fait par celles et ceux-ci : la mettre en perspective, et la relativiser ?
      C’est étrange quand on est à fleur de peau (et à juste titre) sur bien d’autres sujets.

      " Les féministes ont rappelé que les agressions de rue ne sont pas un phénomène raciale "
      Raciale ? On parle de quoi ? La religion est une "race-social" ? Si c’est ça. Tu confirmes que ces féministes ont refusé et refusent de parler de religion l’assimilant à du racisme.
      D’ailleurs toutes-celles et ceux qui critiquerons la religion sont "islamophobes". Quand bien même sont elles/ils se diraient de gauche et issue des "terres d’islam".
      Aucune reflexion ne semble possible sur le sujet.

      Résumé :
      – Les fait 470 plaintes poour agression sexuelle déposé (à propos du jour de l’an à Cologne). Le agresseurs sont en majorité d’afrique du nord (selon le témoignage des victimes)
      Et La police met du temps à rendre l’affaire public. La rumeur amphle et la fachosphère se régale.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Agressions_sexuelles_du_Nouvel_An_2016_en_Allemagne

      – A propos de cette affaire, Kamel Daoud critique la religion et l’image de la femme que le Coran véhicule
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-lieu-de-fantasmes_4856694_3232.html

      – On réponds à Kamel Daoud via une trubinue signée de 10 intelectuels en l’accusant d’islamophobie
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantasmes-de-kamel-daoud_4863096_3232.html
      –—

      A savoir si on parle honêtement "seul la vérité est révolutionnaire" ou soit on fait de la propagande ou contre-propagande (même logique).
      Mais ce n’est pas parceque la vérité ne nous arange pas qu’elle doit être tue.

      Reviens toujours "Attention vous faite le jeu de la droite ou de l’extrème", on toujours soit dans un parallèle Islamophobie/Antisémitisme quasi-automatique.
      Quadruppani : Note de bas de page de "Pouvoir de poser la question" :
      " Soyons clairs : le problème, ce n’était pas que Kamel Daoud parle de la misère sexuelle spécifique aux terres d’Islam : elle existe bel et bien
      (...) Ce qui était insupportable, c’est qu’il éprouve le besoin d’éditorialiser en amalgamant l’arrivée des réfugiés et cet épisode
      (...) Daoud ait conclu à la nécessité d’éduquer ces imprésentables réfugiés me fait irrésistiblement penser à ces bourgeois juifs bien
      installés dans la culture française qui fronçaient le nez, dans les années 30, en voyant débarquer les juifs d’Europe centrale trop pittoresques à leurs yeux. "
      https://lundi.am/Le-pouvoir-de-poser-la-question

      –—

      Les sites proche des féministes ("pro-voile") :

      – "De la banalité du sexisme et du racisme" Hanane Karimi (LMSI)
      http://lmsi.net/De-la-banalite-du-sexisme-et-du

      « Amalgames » Pauline Delage, Renaud Cornand (LMSI)
      " La rhétorique de l’amalgame se renforce (...) Plusieurs événements contribuent à renouveler ce discours : (..) les agressions sexuelles qui ont lieu pendant les fêtes du nouvel an le 31 décembre 2015 à Cologne en particulier"
      http://lmsi.net/Amalgames

      –—
      Les féministes ("laïques") :
      Après Cologne : déni ou mépris du féminisme ? (C. Fourest)
      https://carolinefourest.wordpress.com/2016/01/28/apres-cologne-deni-ou-mepris-du-feminisme

      Agressions sexuelles à Cologne, du déni empoisonné au combat de coqs
      https://carolinefourest.wordpress.com/2016/01/21/agressions-sexuelles-a-cologne-du-deni-empoisonne-au-comb

      Protégeons les réfugié/es du trafic sexuel
      https://carolinefourest.wordpress.com/2016/04/03/protegeons-les-refugiees-du-trafic-sexuel

      Michelle Perrot , l’intellectuelle et féministe algérienne Wassyla Tamzali, et Marianne Meunier :
      https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/les-violences-faites-aux-femmes-une-arme-politique

      Le féminisme, pour le meilleur et sans le pire (Valérie Toranian)
      http://rddm.revuedesdeuxmondes.fr/archive/article.php?code=73449&show=picture

      –—
      Antifa
      http://lahorde.samizdat.net/2016/01/13/allemagne-cologne-contre-le-racisme-le-sexisme-et-le-repli-sur-soi
      http://lahorde.samizdat.net/2015/10/25/allemagne-la-candidate-a-la-mairie-de-cologne-grievement-blessee-p

    • Je dit racisme car l’islamophobie est un cache sexe pour les racistes et que le problème n’est pas la religion. Pour Cologne, la religion n’a absolument aucun rapport avec ces agressions. Après enquète la police parle d’un GANG qui a trouvé ce mode opératoire pour faire du vol à la tire. Les femmes sont une cible privilégié des hommes, du coup elles sont une cible privilégié des hommes en gang organisé. Un gang, c’est pas une entité religieuse, mais c’est une antité patriarcale, virile en un mot masculine. Prétendre que ces agressions ont un rapport avec l’islam c’est un mensonge elles ont un rapport avec la violence masculine. Les gens qui parlent de religion dans cette épisode se servent du pretexte grossier de la religion pour vomir leur racisme sur les arabes et ils utilisent les femmes victimes de ces agressions et le féminisme comme moyen de déchainer leur racisme. Et je suis surprise de voire Fourest cité, tu trouve pas qu’elle est raciste et qu’elle dit de la merde depuis au moins 10 ans ?

    • @mad_meg

      « Je dit racisme car l’islamophobie est un cache sexe pour les racistes et que le problème n’est pas la religion. »

      Et certaines assoc’ utilise comme cache sexe l’antiracisme pour défendre leur religion par exemple (le PIR, et la CCIF).

      « Et je suis surprise de voire Fourest cité, tu trouve pas qu’elle est raciste et qu’elle dit de la merde depuis au moins 10 ans ? »

      Elle n’a pas eu de propos raciste, sauf si les procès d’intention suffisent. Et dire de la merde c’est vague tu peux préciser ?

      Je commence à être allérgique au « Fourest Bashing » surtout quand ça vient des amis du PIR.
      On peut se sentir loin de certaines de ses idées : défendre coute que coute le parlementarismes jacquobin, son soutien inconditionnel à Femen
      On peut trouver que c’est pas une jouranliste peu sérieuse (même si la plupars des « mensonges » sur lequel elle a été « discrediter » sont des intox).

      C’est juste ce qu’elle dit n’arrange pas unne partie de notre petit milieu (tout petit). Je lie Fourest depuis 2001, « Foi contre choix : La Droite religieuse et le mouvement Pro-life » aux États-Unis. En vérité c’est depuis ’Les Frères Tarik’ (2004), que subitement C. Fourest est devenu infréquentable à l’extrême gauche. En gros quand quelqu’un s’intéresse à l’extrème droite liée à l’islam (elle deviens raciste ("islamophobe"). On est dans une ambiance Stalienne ou tout anti-communiste (anti-URSS) était fasciste.

    • Mais les agressions de Cologne etaient commises par un gang de magrhébins pas par des islamistes de Dash ou Al Quaida. Tu ignore ce fait alors qu’il n’y a aucune histoire de religion dans ces agressions alors pourquoi vouloir t’obstiné à faire comme si le problème était l’islam ?

    • Le tribunal de Hambourg relaxe les accusés de la nuit du Nouvel An à Cologne
      Par Dietmar Henning
      8 novembre 2016
      https://www.wsws.org/fr/articles/2016/nov2016/hamb-n08.shtml
      Rarement des événements de l’histoire récente ont provoqué une controverse aussi intense en Allemagne que ceux survenus à Cologne, à Hambourg et dans d’autres grandes villes, le soir du Nouvel An 2015-2016, où des étrangers et des réfugiés auraient harcelé et violé des femmes en masse.

      La décision du tribunal de Hambourg vient maintenant confirmer que les accusations et les preuves avancées avaient été trafiquées par la police. En plus du petit nombre de ceux condamnés pour agression, la décision du tribunal laisse entendre que les « événements survenus la nuit de la Saint-Sylvestre » ont été en grande partie une invention des médias.

      https://blogs.mediapart.fr/jacques-marie-bourget/blog/121116/pas-de-pot-pour-kamel-daoud-hambourg-relaxe-les-violeurs

    • Tien pour cet idiot et son collectif les attentats de Paris sont une application de la loi musulmane mais heureusement « que nous avons autre chose à faire que de nous occuper de ces questions d’islamisme, de reli­gion, etc. qui ne nous intéressent a priori pas du tout, mais que nous rencontrons dans l’analyse que nous faisons de la réalité. »
      https://seenthis.net/messages/353798
      Vaste blague.

    • Dit donc il pue la #culture_du_viol le texte de wsws @unagi

      Ca par exemple c’est vraiment #la_gerbe

      La jeune femme n’avait signalé l’incident à la police que plusieurs jours après la veille du Nouvel An, une fois parus les premiers articles des médias faisant état d’agressions sexuelles. Le soir des prétendues agressions, elle avait continué à participer aux festivités jusqu’à 4h30 du matin. Par conséquent, la victime n’avait pu subir le traumatisme allégué lors du procès.

      C’est pas parceque la victime met 48 heurs ou 48 ans à porter plainte que ca met en doute ce qu’elle dit avoir subit.
      C’est pas parceque la victime a continué à participer aux festivités jusqu’a 4h30 du matin que sa parôle doit être remise en cause.

      Ici un petit Bingo de la culture du viol pour bien voire que ces deux poncifs y sont présents.

      En tout cas ces femmes ont vraiment été agressées et si la police n’a pas poursuivie les coupables mais à préféré s’en prendre à des boucs émissaires au final c’est encore une fois les femmes victimes qui ne serons pas entendus et dont on va remettre la parôle en doute. les 243 plaignantes ont bien été sexuellement agressées, mais les 21 suspects mise en examen ne sont pas les bons. Ils ont été relaxé, justice leur à été rendu. Mais pas aux femmes victimes, 243 femmes demeurent dans l’injustice.

      Au final tout ce que cherche wsws c’est à nier totalement qu’il y a eu des agressions :

      Les événements survenus la veille du Nouvel An furent grossièrement exagérés et utilisés comme prétexte pour faire basculer le climat politique vers la droite. D’une manière raciste, les médias et les politiciens ont dépeint une image de hordes criminelles et dangereuses d’étrangers harcelant les femmes les jeunes filles allemandes.

      En fait si je comprend bien ces 243 femmes sont des mithowoman puisque elles ont été gentilement agressées par quelques mecs sympas et inoffensifs.

      Dans cette histoire encore une fois les femmes n’ont que des ennemis qui les instrumentalisent :
      – les agresseurs d’abord, des hommes qui se servent du viol pour les dépouillé de leur téléphone, papiers d’identité, argent... et de leur intégrité corporelle, liberté de déplacement, de leur humanité...
      – les policiers se servent d’elles pour persécuter des hommes racisés.
      – les hommes de droite et les politiques se servent d’elles pour justifier leur racisme et les discriminations qui vont avec...
      – les hommes de gauche les traite de menteuses avec quelques variantes...
      – les anarcosyndicalistes ou les laïcistes en profitent pour faire la chasse au féministes dont le silence serait coupables...
      – Les militants anti-racistes et wsws accusent de leur coté les victimes d’être racistes en plus de menteuses...
      – les hommes blancs se servent de ces victimes pour se faire croire que eux sont des gentils garçons et que les vrai machos sont arabes/magrhebins/musulmans/migrants...
      – et tout ce que les hommes de gauche, de droite, du centre, retiennent c’est que les femmes mentent et inventent des agressions.

      Cet épisode ressemble à Outreau, puisque les coupables désignées ne sont pas les bons alors il n’y a pas eu d’agressions. Or les victimes d’Outreau comme celles de Cologne ont bien été agressées sexuellement et ceci est effacé à la moindre occasion.

      #victimes #victime_blaming #instrumentalisation #fémonationalisme #sexisme #misogynie #femmes

      C’est d’ailleurs le même problème que pour le #burkinigate ou les querelles sur le #voile. Les hommes se servent des femmes comme instrument dans leurs conflits. Ils ont discuté entre eux de la manière dont ils veulent que LEURS femmes soient vétus et le résultat est une remise en cause de l’accès à l’espace publique pour les femmes, le renforcement du harcèlement de rue et de la domination masculine.

      sur le sujet voire ; Burkinigate : une guerre de « conception de la femme »... Sans les femmes.
      http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2016/08/29/burkinigate-une-guerre-de-conception-de-la-femme-sans-les-femmes.h

    • @mad_meg

      @mad_meg Merci pour les textes.

      Sur Cologne je passe mon tour, trop d’infos contradictoires. Je pense que tu as raison dans le fond. Sauf que Kamel Daoud aurait eu le droit de se tromper, sans se faire massacré, on y aurait gagné.

      Mais sur l’autre article J’ai quelques remarque :

      ’Que révèle l’idée selon laquelle « l’islamophobie n’est pas un racisme car les musulmans ne sont pas une race » ?’ https://joaogabriell.com/2016/07/14/ce-que-releve-lune-des-phrases-preferees-des-islamophobes-lislamophobi

      Déjà c’est un jargon dificille à lire. Car en substance on dit "ils sont de mauvaise fois ces raciste", "antiracisme politique = nous, "eux = naïfs dans le système du racisme d’Etat" blablabla..
      Ca prend facile 80% du texte, mais bon.

      Premièrment le texte vise habilement à ne pas distinguer "Musulman" et "Islam", soit "Musulmans" des personnes et "Islam" un dogme, une idéologie.

      "« les musulmans ne sont pas une race », c’est a priori admettre qu’on pense tout au fond, même inconsciemment, malgré l’universalisme proclamé, que d’autres groupes sont des races pour de vrai."

      Effectivement faire la différence entre religion, idéologie et caractère physique. Passons il y a une net différence entre Juif et praticant du Judaisme.
      Comme entre venant des pays à confesion musulmane et pratiquant musulmant ce que ne semble ignoré l’auteure

      Si tu es pour l’affiramtion "les musulmans ne sont pas une race" donc "d’autres groupes sont des races pour de vrai"
      On est là dans l’argumentation typique du faux dilème, en générale les argument des racialiste ne vont pas plus loi.

      Mais là.

      Deuxième cas :

      Soit ils pensent que « noir » « arabe » sont bien des catégories construites et non pas des races, mais que le mot « musulman » tout en renvoyant lui aussi à une construction historique relèverait d’une réalité trop différente pour que le traitement discriminant des populations auquel il renvoie puisse être qualifié de « racisme ».

      Notons le cotée anphigourique et tordu à la phase, j’ai mis du temps à comprendre mais je suis peut-être un pu lent.

      Ceux qui pense que le mot « musulman »
      – Une construction historique
      – Mais la réalité trop différente (..) pour être qualifié de « racisme ».

      « (..) pour ceux qui adhèrent à cette lecture, tout en invectivant constamment les militants de l’antiracisme politique, cela montre qu’ils sont particulièrement hypocrites »

      Car :

      « la mobilisation politique de catégories produites par l’histoire ne signifie pas nécessairement qu’on les légitime, mais peut aussi servir à contester l’ordre social qu’elles ont produit. »

      En :

      " en acceptant de mobiliser l’idée de racisme contre les « noirs » ou contre les « arabes » (...) les antiracistes universalistes auto proclamés reconnaissent eux-mêmes que nommer les catégories visées le racisme, n’est pas ce qui constitue le racisme, et peut être aussi une manière d’y répondre. "

      Prenons un autre exemple pour voir le soucis argumentatif :
      "anti-communiste" c’est du raciste anti-russe. Donc tous ceux qui s’attaque au communiste sont des racistes.
      Si tu dis que "communiste" c’est pas parreil tu est pas cohérents parce que tu pense aussi que "slave" n’est pas une catégorie pertinente.
      Même si je pense que les slaves ne sont pas en soit une catégorie cohérente.

      Oui, mais si je dit que "anti-communisme" c’est raciste cela nous empèche de détacher l’idéologie / de la ’race’.
      1) Ca rajoute une couche à l’essentialisation en validant l’idée que les slaves sont tous communiste
      2) Ca voudrait dire que critiquer l’idéologie communiste est impossible ce n’est pas sain.

      Quoi me répondrai l’auteur du texte (qui ignore qu’une religion n’est pas en dehors du monde des idées) :

      " à l’origine « musulman », cela désigne le fidèle d’une religion. "
      " Seuls des hypocrites peuvent prétendre que lorsqu’on dit « musulman », on pense à une catégorie purement religieuse, absolument neutre et aucunement liée à une quelconque "origine" "
      " Arrêtons de nous mentir : quand on dit musulman, on pense à arabes"

      "On" ? Le raciste, le blanc progressiste, l’universaliste, le musulman, qui ?

      Je réponds à ce que je crois : le raciste (’hypocrite’ ou pas).

      "le contexte produit le « musulman » comme une « race » c’est à dire une catégorie qui d’un point de vue raciale n’existe pas en dehors du contexte de stigmatisation qui la produit"

      Comme le raciste pense "musulman = arabe" il faut défendre les musulmans et l’islam et après on verra.

      J’ajoute la citation cette phrase en milieu de texte :

      « Savoir si oui ou non cette stratégie est efficace, dans quelle mesure, et en s’y prenant de quelle façon est une autre discussion. »

      J’en suis pas si sûr.

    • Pas de soucis @unagi
      @aktivulo1

      Sur Cologne je passe mon tour, trop d’infos contradictoires. Je pense que tu as raison dans le fond. Sauf que Kamel Daoud aurait eu le droit de se tromper, sans se faire massacré, on y aurait gagné.

      On parle de Cologne il me semble pourtant et du « silence coupable » de certaines feministes a ce sujet.
      Pour Kamel Daoud il valide la culture du viol en parlant de « misere sexuelle » et je ne voie pas en quoi c’est un massacre de mettre en évidence le sexisme de son discour.
      Enfin pour le texté de Joao je le trouve assez claire. Je suis en accord avec ce qui y est dit et je vais pas en discuter plus.

    • "Kamel Daoud il valide la culture du viol en parlant de « misere sexuelle »"

      Ce n’est pas du tout l’objet de la tribune il me semble.

      et je ne voie pas en quoi c’est un massacre de mettre en évidence le sexisme de son discour

      Ou tu préfère ne pas voir. Oui, se faire qualifié d’aider les racistes (c’est à dire de traite) par 10 intellectuels ce n’est pas du lynchage ?

    • Que la culture du viol ne sois pas l’objet du texte de Kamel Daoud n’a aucune importance. Cela ne change rien au fait qu’il valide au passage l’existence d’une prétendue misère sexuelle masculine. Que ca sois centrale ou périphérique à son discours ne change rien au résultat. Il n’y a pas de misère sexuelle masculine. Kamel Daoud utilise ce concept nuisible qui n’existe que pour justifier la domination masculine à l’encontre des femmes et des filles.
      ici un lien qui explique pourquoi la misère sexuelle masculine n’existe pas :
      https://seenthis.net/messages/524372

      Je n’ai pas lu ce que dit Kamel Daoud en détail mais si 10 intellectuels le traitent de racistes, de mon coté j’en ajoute une couche et je le traite de sexiste et de promoteur de la culture du viol. Valider l’existence d’une misère sexuelle masculine c’est sexiste, en faire une spécialité d’hommes racisées c’est raciste en plus. A mes yeux il ne fait aucun doute que l’idée d’une misère sexuelle spécifique aux garçons et hommes arabes/magrhebins/musulmans/islamistes/racisés est une idées misogyne et raciste. Ce n’est pas un lynchage ou un massacre que de dénoncer les discours racistes et sexistes quant on les rencontre. Enfin que seul 10 intellectuels aient dénoncé le racisme de ce discours c’est en fait assez peu.

      Tu devrais relire le premier lien de Joao que j’ai indiqué plus haut, il explique bien ce racisme et ce sexisme du discours de type Kamel Daoud ainsi que la manière dont cela s’articule. Je ne peu pas faire mieux que ce qui est dit sur ce lien.

      Ici un lien en complément pour comprendre ce qu’est la culture du viol :
      http://decolereetdespoir.blogspot.fr/2016/09/5-questions-pour-comprendre-la-culture.html

    • L’expression « misère sexuelle » est utilisée par les hommes pour justifier les viols et violences sexuelles qu’ils infligent aux femmes. Cette expression sert à exclure les femmes de la sexualité. C’est juste le nom qui est donné à la frustration que les hommes rencontrent à ne pas pouvoir pénétré sexuellement toutes les femmes dont ils ont envie à tout moment selon leur bon vouloir. La frustration sexuelle, la misère sexuelle ou la famine sexuelle, c’est la plainte du dominant, celle du pauvre qui ne peu pas baiser les bourgeoises, celle du vieux qui ne peu pas se taper toutes les minettes de 15 ans qu’il voudrais, celle du quidame qui ne peu pas sauter la pin-up qu’il a vu sur l’affiche, celle du consommateur de pornographie qui ne peu pas humilier toutes les femmes qu’il voudrait comme il aime tant le voire sans ses films misogynes favoris, celle du nice guy qui chiale en disant être friendzoner par une femme qui n’est pas interessé par lui... La misère sexuelle c’est une manifestation de la frustration de ne pas être tout le temps dominant chez les hommes. C’est le caprice que font les hommes quant ils se rendent compte que les femmes ne sont pas des objets à leur disposition. C’est un caprice que font les hommes face à l’autonomie des femmes, leur droit à dire NON.

      Ce n’est pas une expression qui est utilisé pour qualifié la répression sexuelle que subissent les femmes et les enfants. L’expression « misère sexuelle » n’est jamais utilisé pour parler de la situation des victimes des violences sexuelles dans le langage courant, à part chez quelques féministes en générale en réponse à l’utilisation commune de cette expressions c’est toujours la misère sexuelle masculine qui est nommée. Et dans le contexte de cette discutions c’est encore le cas.

      C’est pas non plus une expression utilisé pour désigné la pauvreté misérable de la sexualité masculine hétéro. Une sexualité pourtant si tristement génitale et réduite à la simple pénétration de leur penis en mode pilonnage. Les fait que les hommes hétéros soient coincés du cul n’est jamais ce que les hommes désigne par leur « misère sexuelle ».

      Tu remarquera d’ailleur que l’ont ne parle jamais de « misère affective masculine ». Les hommes ne sont pas frustré d’amour, de tendresse, d’intimité, de complicité affective, tout ca ils n’ont pas idée d’en faire une expression. Et quant tu dit qu’il suffit que les homme se mastrubent c’est à mon avis que tu oublie que la misère sexuelle masculine c’est pas le manque d’éjaculation. La plus part des hommes se tapent du porno à haute dose et ca les empeiche pas de parlé d’être en misère sexuelle. Je ne croi pas que ces « garçons arabes en misère sexuelle » manquent de d’iconographie mastrubatoire. La misère sexuelle c’est pas un problème de masturbation, c’est la frustration de ne pas pouvoir baiser n’importe quelle femme, n’importe quant, n’importe comment, selon leur bon vouloir de dominant. Alors la réponse à mon avis n’est pas de dire « aller vous branlé et ca ira mieu », pour moi la réponse est « ce que vous appelez misère sexuelle, c’est la frustration que rencontre les hommes quant ils n’ont pas pu violer les filles et femmes qui leur font envie. C’est leur frustration de découvrir que les femmes sont des sujets, maitresses de leur propre corps et pas des objets comme ils ont l’habitude de les voire et de les utilisé ».

      Je préféré rejeter cette expression en bloc même pour l’utilisation que tu propose @aude_v Aujourd’hui pour moi entendre parlé de misère sexuelle c’est comme d’avoir à subir les jérémiades d’un milliardaires qui me parle de ses problèmes d’ISF ou qui se plain de l’augmentation des prix à Courchevel.
      Oui l’ISF coute cher aux riches, oui les prix ont augmenté à Courchevel, oui la domination sexuelle des hommes sur les femmes coute cher aux hommes. Il m’empêche que je refuse de perdre mon temps à considéré les problèmes d’ISF des milliardaires, à bavarder des prix à Courchevel, ou à écouter la frustration sexuelle des hommes à ne pas pouvoir violer selon leur bon vouloir.

    • il faut l’ouvrir plus fort qu’elle [C. Fourest] ne le fait pour refuser que hop, on en oublie tout le sexisme dont est porteur la culture chrétienne et hop, sous le feu de la critique il ne reste plus qu’un groupe déjà discriminé et qui va devoir se fader une couche de racisme supplémentaire

      C’est un peu le même problème pour Daoud, ses critiques, justes ou outrées, servent un racisme qui se déploie dans les propos et les actes de tout un chacun.e et dans le fonctionnement de l’État. Ce service est problématique au vu des discriminations et des humiliations imposées aux personnes originaires d’Afrique. Non ?

      @aude_v
      Je ne voie pas les chose comme ça la question « c’est c’est vrai ou c’est faux ». Le gauchisme fait de la contre-propagande au lieu de chercher la vérité c’est un très mauvais chemin.
      Daoud sert l’État et les racistes c’est possible. Mais les racistes et l’État se servent de plein de trucs contradictoires.
      Je ne suis pas contre une remise en contexte mais contre l’auto-censure. On refuse de voir des choses au point de torde la réalité dans notre sens quand cela nous arrange.
      D’où mon adhésion au « féministes complices » (même si c’est sans doûte brutal et injuste pour ce cas précis).

    • @mad_meg

      « Je n’ai pas lu ce que dit Kamel Daoud en détail »

      C’est vrai pourquoi lire quelque chose si l’on sait déjà que l’on est contre !

      « je le traite de sexiste et de promoteur de la culture du viol. »

      1) Le définition de "misère sexuelle" est trop réductrice du concept ("la répression sexuelle") détaillé par Jacques Lesage de La Haye[1] (Ras les Murs sur RL). Tout le travail de W. Reich est sur la "misère sexuel". L’accumulation de "conquête", l’obsession de la pénétration sont aussi des "misère sexuelle" selon Reich. Et comme le disait @Aude_v je ne pense pas que cela ne concerne uniquement que les hommes.

      2) Tu ne reprends que cette formulation "misère sexuel", détail du texte que tu n’a pas lu en détails.

      Je me suis ’refadé’ les 2 textes.

      Que dit le texte de Daoud.
      – On ne sais pas encore ce qu’il s’est passé à Cologne.

      – Les occidentaux ne voie le réfugié que comme une victime.
      – Mais il est issue d’un "d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme"
      – Une intégration se fait aussi par une adaptation culturel.

      Dans "le monde d’Allah":
      – La vie n’est que péché et seul l’au-delà compte
      – Il y a une haine de la vie dans le courant islamiste
      – Le rapport à la femme est problématique, "La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée"
      – "Une femme est femme pour tous, sauf pour elle-même. (..) Elle est enjeu, mais sans elle ; sacralité, mais sans respect de sa personne ; honneur pour tous, sauf le sien"
      Donc :
      – Le réfugié voit dans la femme occidental (plus dénudé) : provocation et décadence
      – D’autant que la répression sexuel a atteint un paroxysme
      x Il faut l’accueillir mais réfléchir d’avantage à ces enjeu dans l’intégration.

      La réponse des 12 intellectuel-les :

      Daoud recycle des clichés raciste :
      1) Il essentialiste les musulmans
      – Ils seraient entièrement déterminé par la religion (négation de leurs responsabilités individuelles)
      – Ils seraient des "zombies", "kamikazes", suicidaires
      x Cela occulte les conditions "conditions sociales, politiques et économiques qui favorisent ces actes"
      x Cela renforce les clichés racistes

      2) Il est autoritaire
      – Il dit "Le réfugié est-il donc sauvage ? Non", mais poser la question déjà y répondre.
      – Il pense que les réfugiés doivent être rééduquer par les occidentaux : « offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer ».
      x C’est du paternaliste coloniale qui donne de la supériorité des valeurs occidentales
      x C’est anti-humaniste de demander quelque chose à un réfugie
      x Algérie Daoud est ’laïque minoritaire’, ors le contexte européen c’est l’islamophobe ’majoritaire’
      x Il ne faut pas dire ce qui coïncide avec les "clichés islamophobes" car le "fond de l’air semble l’interdire"

      Si le texte de Daoud est expeditif, il tente d’expliquer le sexisme via sa culture religieuse.
      En réponse, les 12 est finalement très dogmatique ;
      + On ne doit pas critiquer l’islam c’est raciste [2]
      + Tu ne vies pas en Europe donc tu ne peux pas comprendre
      + On n’a pas le droit de critiquer la culture de l’autre (!)
      + On ne doit rien demander à un demandeur d’asile

      [1] ITW Jacques Lesage de La Haye pour SUCH (version française)
      Frusration sexuel en prison :
      https://www.youtube.com/watch?v=Hl_lffY6viU


      [2] Le texte est parsemé de "clichés orientalistes les plus éculés", "Pegida n’en demandait pas tant", "Au-delà de ce paternaliste colonial"...

    • Daoud ne m’interesse pas et je réagissait aux accusation de silence coupalbles des féministes pointé par les anarchosyndicaliste dans le contexte des agressions sexuelles à Cologne.

      Tu dit que j’ai une définition réduite de la misère sexuelle, j’en ai une definition féministe, c’est vrai que c’est reduit par rapport à la définition patriarcale habituelle ou tu semble trouvé ton compte. Je me fiche de ce que toi un homme (ou Daoud ou n’importe quel homme) pense de la richesse sexuelle en régime patriarcale.

      Enfin comme tu utilise cette expression de "racialisateur" je te conseil cette lecture : Pour en finir avec le terme « racialisateur ».
      https://mignonchatonblog.wordpress.com/2016/08/29/pour-en-finir-avec-le-mot-racialisateur

    • @mad_meg

      Tu dit que j’ai une définition réduite de la misère sexuelle, j’en ai une definition féministe.

      Il n’a y pas une définition féministe et une autre patriarcale. La base du langage est de ne pas transformer les mots en cours de débat. L’autre est d’en avoir l’envie de discuter. Mais, je me répète, à quoi ça sert quand on sait que l’on a raison.

      A propos de "Pour en finir avec le terme « racialisateur »"

      En le lisant, il me vient une phrase d’un cloué célèbere :

      « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

      Il semble que l’argument principale est faire passé toute lutte des classes comme un simple ouvriérisme débile du PCF, pour pouvoir le discrédité. Le communiste le plus cité c’est Soral (’c’est lui qui fait le mieux la synthèse’). Désolé mais il suffit pas de répéter anti-racialiste = raciste sous différentes forme. Il faut un minimum d’argument. Il ne suffit pas de faire de l’analogie, d’assumé sa subjectivité et de faire de l’écriture automatique jargonneuse.

      "A ce sujet, l’auto-critique n’est visiblement toujours pas autorisée : il est permis, sur les sites d’informations libertaires, de critiquer publiquement l’antisémitisme, l’antiféminisme et l’homophobie d’organisations comme le Parti des Indigènes de la République en citant le nom de cette organisation et en la visant spécifiquement [13]. Mais lorsque des critiques du racisme ou de l’antisémitisme internes au milieu gauchiste essaient d’être publiées sur ces sites [14], curieusement, il ne faut surtout pas citer les organisations visées. Pourquoi ? Pour ne pas relayer, nous dit-on, des « embrouilles internes ». Parce que le racisme et l’antisémitisme, c’est bien connu, sont des embrouilles."

      [13] https://paris-luttes.info/pour-une-approche-materialiste-de-3512
      [14] http://nopasaran.samizdat.net/IMG/pdf/lcqv_1_.pdf

      Enlève ta paille mais pas touche à ma poutre racisée. Les orgas libertaires sont nommée dans le texte [14] AFA-PB et QL. Je ne voie pas de quoi l’auteur parle. L’expression « embrouilles internes » n’est pas dans le texte.

      L’argument de « c’est-plus-compliquée-que-ça » est un argument fallacieux classique qui consiste à dire une évidence (« C’est plus compliqué ! », merci, on le savait) pour en tirer les mauvaises conclusions : du coup il faudrait nier cette question et elle disparaitra toute seule. Auquel cas nous répondons que, justement, il faut d’autant plus étudier cette question de fond en comble qu’elle est complexe.

      Encore là un faux dilème :
      "c’est plus complexe que ça" = nier le problème. Non.
      Ce qu’il se passe ce n’est pas l’étude de "cette question de fond en comble" mais une simplification reprennant les critères des racistes pour penser.

      Entre la gauche radicale et le prolétariat colonial il y a comme une relation d‘amour/haine étrange qui s’explique notamment du fait que la racialisation de la force de travail remet en question un certain nombre de fantasmes et de postures d’identifications populaires des militants. Le prolétariat est une réalité segmentée, y compris par des coupes transversales à la classe : se déclasser, se mettre au RSA, ouvrir un squat, s’acheter un jogging, se mettre au graffiti et se faire des tatouages ne suffisent donc pas à vous transformer en ce lumpen viril que vous rêvez d’être.
      Vous n’êtes pas, et vous ne serez jamais, un jeune de banlieue. Ouvrir un squat dans un quartier populaire en voie de gentrification pour y monopoliser l’espace politique en déclarant qu’il s’agit de VOS quartiers (vos parents sont dans l’immobilier ?) n’y changera rien. Jamais. Du fantasme à la déception, et de la déception à la haine de l’objet de son fantasme il n’y a qu’un pas à chaque fois : les émeutes de 2005 avaient promus la figure du jeune- de- banlieue nouveau sujet révolutionnaire du fait de ses stigmates sociaux et raciaux (pauvre, viril et sauvage). La déception passée, voila que le sujet révolutionnaire de la veille se fait désormais taxer d’être le nouveau sujet fasciste du jour. Voila qui lui apprendra à refuser les avances qui lui avaient été faites si gentiment [16]."

      Là c’est intéressant, ainsi il y aurait un fantasme de l’extême-gauchiste sur le mec de banlieue, et du coup il était objet révolutionnaire et maintenant "nouveau sujet fasciste du jour".
      La question se pose, quelle est l’orga ou l’individu qui est passé de "banlieue = révolutionnaire" à "toute la banlieue est fasciste" ? Mais la note nous rassure : "J’assume l’aspect procès d’intention de ce passage, il est issue d’une réflexion subjective formée à posteriori de ma participation à ce « milieu »" En gros, je suis malhonnête mais moi j’ai le droit.

    • Mais bien sur qu’il y a une definition patriarcale des choses. Je refuse de parler le language des violeurs, ceux qui disent « misere sexuelle » alors que ca veut dire « droit de chaque homme à disposer de toutes les femmes ».

      Le seul point de vue d’où les assertions d’Alzon sur les « bourgeoises » sont compréhensibles, le seul point de vue d’où elles peuvent être émises, c’est celui du sexisme : pour lequel il est inadmissible que certaines femmes échappent ou aient l’air d’échapper, même en partie, au sort commun ; le point de vue des hommes indignés de voir leur privilège de sexe - en particulier l’accès sexuel à toutes les femmes - mis en échec par des « privilèges », plus exactement des protections, de classe ; car le pire pour eux est qu’ils savent que ces « privilèges » sont dérivés de, obtenus par une oppression de sexe : par la prostitution, la même que celle dont ils espéraient bénéficier, mais réservée à des hommes dominants. Ce n’est pas le point de vue de quelqu’un qui réclame la fin de l’oppression des femmes, mais au contraire celui de quelqu’un, de la majorité des hommes, qui réclame l’application totale - sans exemptions ni mitigations - à toutes les femmes sans distinction, du sort des plus opprimées. C’est le point de vue des « partageux » sexuels, ceux qui veulent que cesse la distribution inégale des femmes.

      Cette haine des « bourgeoises » n’est pas, de toute évidence, provoquée par l’amour des femmes et de leur libération. Mais ce n’est même pas une haine limitée à une catégorie particulière de femmes. C’est la haine de toutes les femmes. Les « bourgeoises » ne sont particulièrement visées que dans la mesure où elles semblent échapper partiellement à l’oppression, ou à certaines oppressions, ou à l’oppression par certains hommes. La haine active est bien réservée pratiquement aux « bourgeoises » », à celles qui paraissent bénéficier d’un statut d’exception, d’une exemption scandaleuse. Mais que cette exemption supposée suscite l’indignation et la haine à l’égard de ses « bénéficiaires » montre quelle est la condition seule jugée convenable aux femmes : la seule qui n’éveille pas l’hostilité est une situation d’oppression totale. Cette réaction est classique dans les annales des relation entre groupes dominants et dominés, et a été amplement étudiée dans le Sud des États-Unis en particulier. La bienveillance paternaliste des Blancs pour les Noirs « qui connaissent leur place » et y restent se transforme curieusement en une fureur meurtrière quand ces Noirs cessent de connaître leur place. Les mouvements féministes américains ont aussi analysé les réactions masculines aux « uppity women », littéralement les femmes qui ne baissent pas les yeux.

      Les fameuses « bourgeoises » ne sont pas de ces femmes « arrogantes » : des femmes qui contestent leur rôle, mais plutôt des femmes à qui une soumission classique à un homme vaut en retour, quand cet homme appartient à la couche supérieure de son sexe, quand cet homme domine d’autres hommes aussi bien que des femmes, une protection contre ces autres hommes. Ceci est vécu, comme je l’ai dit plus haut, comme une anomalie, comme une transgression de la règle idéale qui devrait être la soumission de toutes les femmes à tous les hommes, et d’autant plus outrageante qu’elle est le résultat de l’obéissance à cette règle. L’attachement à cette norme est rarement conscient, encore plus rarement verbalisé chez les intellectuels de gauche. Il n’est révélé que négativement par l’indignation que sa transgression suscite en eux.

      http://lmsi.net/Quand-la-haine-des-femmes-se

    • @aktivulo1 faire semblant de ne pas comprendre un argument pour lui faire dire toute autre chose que ce qu’il veux dire c’est très lénifiant. Tout le monde aura compris que quand la CNT-AIT écrit que « les musulmans ne sont pas une race » elle ne sous entend absolument pas que les races existent. Par contre toi et tes alliés ici vous validez la catégorisation raciale et plus encore vous validez l’essentialisme. C’est vous qui faites preuve de racisme en niant la réalité de la volonté émancipatrice de nombres de gens dans le monde « arabe ». Votre acharnement à calomnier cet article le montre, et votre acharnement ailleurs aussi. Vous êtes des postmodernes racistes et essentialistes.

    • @critical_hi Mes "copier/coller" sont là pour montrer la vacuités des arguments utilisé. Je suis d’accords avec ce que tu dit, je me suis peut-être mal exprimé : mais mon but c’était de critiquer ceux qui font " preuve de racisme en niant la réalité de la volonté émancipatrice de nombres de gens dans le monde « arabe »."

    • Ca vous êtes en pleine confusion les mecs
      Delphy n’est pas post-féministe et moi non plus. Je suis féministe et elle aussi.
      J’ai assez perdu de temps avec vos couillonades. J’ai mieux à faire que me faire expliquer le féminisme par des hommes et l’antiracisme par des blancs. Je vous laisse me remettre à ma place de serpillière. Amusez vous bien.

    • @mad_meg du temps à perdre il semble que tu en ait pas mal ... Pour Dephy elle à lutté pour la libération des femmes, elle a au moins ça pour elle même si elle a depuis sombré dans le postmodernisme post-féminisme le plus lamentable. Pour toi c’est pas le même constat... tu enfonce les femmes dans leur identité essentialisée avec tes analyse réactionnaires. Et en passant tu essentialise tout ce que tu peux dans le seul but de flatter ton égo.

    • Paola Tabet, probablement une mauvaise féministe aussi à vos yeux, explique que le patriarcat repose sur le contrôle du temps des femmes. Les hommes privent les femmes des outils performants et s’assure que les femmes n’ont pas de temps pour se consacré à la politique, à la philosophie et à toute forme de prise de parole. http://www.crepegeorgette.com/2014/10/15/resume-construction-sociale-linegalite-sexes-paola-tabet

      Ce n’est pas à vous de juger de mon utilisation de mon temps ni de la manière dont je dois me définir. Je suis féministe et le fait que vous refusiez ce mot est une violence sexiste de plus de votre part, tout comme votre prétention à juger de l’occupation de mon temps.

      edit- puisque @critical_hi a deja édité plusieurs messages je copie cette perlouze pour pas la perdre. Vu que j’ai deja eu droit à des interlocuteurs malhonnetes qui modifient leurs messages pour se garder le beau rôle. Au passage je note la référence comique à Libé, venant d’un anarchiste qui se permet d’exiger des sources et de les rejeté pour faute de crédibilité.

      @mad_meg tu es une post-féministe comme ton gourou Delphy, tu hésite entre essentialisme pro religieux et racisme tout en essayant de te convaincre que les autres sont racistes. Je laisse icci un article qui démonte ton idéologie malsaine.
      http://www.liberation.fr/societe/2015/07/26/feminisme-et-racisme-les-err

  • Combien de viols dans la filmographie de Verhoeven ?
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2016/05/25/combien-de-viols-dans-la-filmographie-de-verhoeven.html

    Un « thriller subversif » et « jubilatoire », « cinglant et sarcastique », « dérangeant », « palpitant, érotique, pervers », « brutal, cynique, enlevé, drôle », « réjouissant et très malsain uppercut » "au sommet de l’ambiguïté vénéneuse" et qui « tord violemment le cou au politiquement correct » est sorti en salles aujourd’hui. Comm’ Cannes aidant, vous n’échapperez pas à « Elle », le dernier film de Paul Verhoeven, sinon en allant le voir, en vous faisant marteler par la critique massivement enthousiaste qu’en font les médias. Source : Ladies & gentlemen

    • C’est consternant à quel point ce travers du « la femme forte, elle va en baver et même en redemander » se retrouve souvent (j’ose pas dire systématiquement, mais je ne contredirais personne qui le proposerait...). Je lisais la critique sur Zootopie sortie cette semaine, et j’ai adoré ce film, mais oui, la critique est pointue et juste, il y a tous les mêmes travers consternants que pour ce film de Verhoeven... en moins horrible, certes, mais tout de même, c’est la même logique.

      (mais pourquoi cette actrice est-elle allée se perdre dans ce truc dégradant et consternant ?)

      http://seenthis.net/messages/492565

    • Et, Total Recall ?
      Et Starship Troopers ?
      Très bien, on peut accorder le droit à un réalisateur de faire quelques bons films, ça n’enlèvera rien à une critique acerbe du reste de sa filmographie. C’est entendu.
      Mais si on essaie de partir de l’intérêt premier de ses bons films, il me semble que c’est un certain esprit de subversion, même pas, de provocation c’est plus juste. Et encore c’est pas tout à fait exact. Mais si on part de là, serait-il trop demandé que d’avoir une analyse en partant de cet angle là précisément. C’est-à-dire : quels films de Verhoeven on trouve personnellement bons, lesquels ont été forgeurs de notre propre histoire, et sur quels points et pourquoi ? Et ensuite, à l’aune de cette grille, analyser son dernier film. Et alors ? C’est bien ? C’est pas bien ?
      En tous cas je vais courir aller le voir. On en reparle ?

      PS : il semblerait pour vos commentaires qu’il s’agisse plutôt de critiquer les critiques de ce torche-cul qu’est Le Point.

      #critique_de_critique_de_critique

    • @unvalide je croi pas que l’article dise que tous les films de Verhoeven soient mauvais mais il a fait des films vraiment pourris et ce qui est dit sur la culture du viol dans sa filmo me semble juste. En plus de ceux que tu cite, j’aime bien aussi Robocop dont j’avais la K7 quant j’étais gamine et qui a beaucoup tourné. J’ai cette analyse de la construction symétrique dans ce film qui devrais t’amusé si tu la connais pas déjà : https://dejareviewer.com/2014/04/29/cinematic-chiasmus-robocop-is-almost-perfectly-symmetrical-film

      Par rapport à la question du viol, de la représentation des femmes et de la sexualité dans les films de Verhoeven, je l’ai vu souvent cité pour son féminisme. En particulier pour le traitement neutre des personnage féminin dans Starship troopers et l’exemple de la scène de douche mixte qui serais non-sexualisé. Je pense que Verhoeven est du style liberal-cynique-opportuniste. Dans Starship Troopers la mixité est l’occasion de montrer des seins pour faire plaisir au publique hétéros-masculin ciblé et que si au passage ca peut lui ramener le publique des femmes geek il est pas contre. A mon avis Verhoeven est moins progressiste que les fans de Starship Troopers le pensent, il se défend lui même d’avoir voulu faire une critique politique. A un moment j’ai voulu voire toute sa filmo et y a vraiment de très très mauvais films et en particulier ; Le Choix du destin (Soldaat van Oranje) avec une scène de sexe hyper longue, inutile, complaisante et sale, qui m’a permis de tranché sur le regard de Verhoeven et me décidé à trouvé que c’est un abruti machiste qui a fait quant même trois films sympas à regarder (Robocop, Total Recall et Starship Troopers).

    • Accessoirement, Turkish Delight est connu pour sa proximité avec 37°2 le Matin de Beineix. Je l’ai pas vu depuis au moins 25 ans, mais dans mon souvenir ce n’était pas du tout une « dispensable comédie romantique ».

    • J’ai vu #Spetters hier soir...
      Avant d’écrire ça :
      "En 1980, on retrouve dans « Spetters » une vendeuse de frites au look de Marilyn brushée par le coiffeur de Bonnie Tyler, qui jette son dévolu sur un prometteur coureur de moto-cross : ils vont devenir riches et célèbres, c’est sûr. Sauf que, non, parce que la moto, c’est dangereux et que l’étoile montante du sport finit en fauteuil. La vendeuse de frites et le pote gay ont des idées (devinez lesquelles) pour gagner de la thune, mais sous leurs airs dévoués, sont plus opportunistes et maniganceurs qu’il n’y parait. Entre temps, une petite scène de viol collectif, ça coûte pas grand chose et ça vous labellise « subversif » à tous les coups."
      Il me parait judicieux que Marie Donzel regarde les films dont elle parle et, en parle un peu plus (ne serait-ce que par respect pour les multiples problématiques abordées, dont notamment les gens de ma race...)

      J’ai vu le film, et c’est pas ça. C’est tout. Après... Si vous voulez parler cinéma, je suis disponible...
      #ignorance #on_aime_ou_on_aime_pas_mais_on_fait_pas_beurk

    • Marie Donzel ne parle pas des films elle parle de la représentation des femmes et du viol dans ces films et particulièrement dans Elle. Vous ne parlez pas de la même chose et Marie Donzel a donner ses raisons. Dans ce que vous dites pour défendre les représentations du viol dans les films de Verhoven je ne voie rien qui contredise ce qu’elle dit. J’ai pas vu Spetters mais à te lire @unvalide il n’y a pas de scène de viol dans ce film ? Ou tu trouve que cette scène de viol est trop bien faite et qu’il n’y a rien à redire sur le regard de Verhoven sur le viol dans Spetters ? Qu’il ne propage aucun élément de la culture du viol et que son approche de la sexualité, de la prostitution est sans male gaze ? Tu semble reproché à Marie Donzel de ne pas parlé de 100% des sujets abordés dans Spetters et en particulier de faire l’impasse sur celui des « gens de ta race », ca me semble des reproche infondés et malhonnetes. Elle a bien le droit de s’intéresser à un unique aspect sans avoir à faire faire la preuve qu’elle connais l’intégralité des informations disponibles dans l’univers ni de passer du temps a parler des « gens de vos races ». Et plutot que de lui demander des explications ou réclamer qu’elle pondre une thèse sur la filmo de Verhoven dites moi ce que vous trouvez si féministe dans la vision des viols chez ce réal.

    • Il n’y a vraiment plus rien de subversif dans ce genre de démarche. Lui ou Haneke ou je ne sais quel autre Houellbecq n’en finissent plus d’empuantir l’atmosphère, célébrés à chaque nouvelle vesse...

      Une petite citation de David Foster Wallace qui a le mérite d’ouvrir un peu la fenêtre :

      Dans ce pays, les prochains rebelles littéraires dignes de ce nom seront peut-être une clique d’antirebelles, mateurs nés qui oseront, d’une manière ou d’une autre, déposer le regard ironique, qui auront le culot et la candeur de porter haut les couleurs de l’univocité. Qui traiteront des tracas et émotions de la vie américaine, aussi ploucs et communs soient-ils, avec déférence et conviction. Qui se garderont bien de la spécularité et de la lassitude branchée. Ces antirebelles seraient bien sûr dépassés avant même de se mettre au travail. Morts avant d’avoir pris corps. Trop sincères. Refoulés, aucun doute. Attardés, vieillots, naïfs, anachroniques. Peut-être sera-ce tout l’intérêt. Peut-être est-ce ce qui fera d’eux les prochains vrais rebelles. Car le vrai rebelle, que je sache, prend le risque de la désapprobation. En leur temps, les révoltés du postmodernisme ont encouru les huées et les hauts cris : le choc, le dégoût, le scandale, la censure, les accusations de socialisme, d’anarchisme, de nihilisme. De nos jours les peines encourues sont différentes. Les nouveaux rebelles, qui sait, seront peut-être les artistes prêts à s’exposer aux bâillements, aux yeux levés au ciel, aux sourires en coin, aux coups de coude dans les côtes, aux parodies des ironistes excellents, aux « Que c’est trivial ». Prêts à s’exposer aux accusations de sentimentalisme, de pathos. De crédulité excessive. De mollesse. Tout disposés à se faire blouser par un monde de rôdeurs et de reluqueurs qui craignent le regard d’autrui et le ridicule plus que l’emprisonnement sommaire. Qui sait. La jeune fiction la plus résolue d’aujourd’hui semble décidément arriver en fin de fin de parcours. Que chacun en tire ses propres conclusions. Pas le choix. Si on ne vit pas une époque formidable. »

    • Chouette texte @tintin Merci
      @unvalide J’ai vu Spetters hier et je veux bien que le sujet du handicap soit traité de manière interessante dans ce film, mais il y a effectivement des problèmes sérieux avec la culture du viol. La victime de viol qui finalement aime être violé et qui n’en garde aucune séquelle bien au contraire puisqu’il devient amant avec un de ses agresseurs et est sorti du placard. Le viol comme remède quelle idée de merde ! Ca c’est un point de vue et un discours de violeur. Et ce scenario est manifestement récurent puisque « Elle » semble être la même histoire.

      En plus d’être plein de détails misogynes (les règles sont sales, les filles qui portent des faux seins c’est trop rigolo de les humilié publiquement...) je trouve qu’il y a de l’homophobie dans ce film (les gays violeurs, l’agression homophobe banalisé et imputé à un personnage gay). Tout ca confirme ce que je disait plus haut, tu ne parle pas de la même chose que Marie Donzel et tu me donne l’impression de ne pas comprendre ce qu’est la culture du viol. Sur le sujet il y a un tag très complet sur seenthis et sinon il y a ce lien : http://www.cultureduviol.fr

      Cette tolérance au viol, elle existe pourtant. Elle est nourrie par des clichés qu’on applique aux victimes comme aux violeurs, et on la nomme culture du viol. Traduction peu convaincante d’une expression anglo-saxonne, si on considère la connotation très positive du mot « culture » dans la langue française, la culture du viol regroupe l’ensemble des idées reçues que nous avons intégrées autour du viol mais également les différentes façons, expresses ou tacites, dont nos structures sociales (famille, travail…), commerciales (marketing, communication, commerce, publicité…), médiatiques (journalisme de presse écrite, papier ou en ligne, télévision) et publiques (institutions officielles, organes politiques) cautionnent et abritent le viol.

  • Carnet de santé du CG 13, carnet de sexisme à l’aise (Ladies & gentlemen)
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2015/04/16/carnet-de-sante-du-cg-13-carnet-de-sexisme-a-laise.html

    Et donc, en 2015, la santé d’un enfant bucco-rhôdanien, ça s’incarne comme suit : un petit garçon souriant au premier plan, la tête haute, le regard fier et la main posée en toise quelques centimètres au-dessus de la tête, comprenez « je vais bien grandir » ; une petite fille au second plan, tête et yeux baissés, un centimètre de couturière autour de la taille et la main soucieuse sur le côté du crâne, comprenez « b*** de m***, faut pas que je grossisse ».

    #éducation #santé #égalité #sexisme #stéréotypes #corps

  • La grossophobie m’agresse (plus que l’incitation à l’anorexie) - Ladies & gentlemen
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2015/04/02/la-grossophobie-magresse-plus-que-lincitation-a-lanorexie.html

    Au petit matin, sur une radio que j’ai moins l’habitude d’écouter mais vers laquelle la grève à Radio France m’a portée, la mère d’une ex-mannequin s’exprime sur le « délit d’incitation à l’anorexie » que le Sénat a inséré dans la future loi de santé. Le témoignage est vibrant. C’est celui d’un-e parent-e, qui a assisté, désarmé-e, à la plongée de son enfant dans les abysses de la maigreur maladive, parce que le métier qu’elle exerçait, et dans lequel apparemment elle « excellait », exige une compétence inhumaine, celle de réduire son corps à l’état le plus minimal, de le soumettre à un amincissement interminable et dangereux pour sa santé, possiblement fatal pour sa vie.

    Le témoignage est poignant, mais il est dérangeant aussi, quand la discussion arrive aux solutions pour éviter que des jeunes femmes s’affament pour faire métier d’incarnation de la beauté et que d’autres se rendent malades à leur tour pour leur ressembler. Il est dérangeant quand se pose précisément la question du « métier » et partant, d’un univers professionnel et en l’occurrence d’un secteur marchand qui fait commerce d’injonctions esthétiques. Cela, la témoin le comprend, l’intègre dans sa réflexion, considérant « qu’il faut que ce monde-là continue à faire rêver ». Mais de quoi rêve la haute couture ? La règle est simple, édictée par Karl Lagerfeld, partie prenante s’il en est, qui affirme que « personne ne veut voir de femmes rondes dans la mode ». Alors, reste à négocier à la marge les quelques kilos admissibles qui font curseur entre « maigre » et « ronde » pour définir le point de minceur qui permettra de toper-là sur le dos des femmes.

    (...)

    Car le sujet, ce n’est pas la dimension du cintre, 1 centimètre de plus par ci, 1 centimètre en moins par là, c’est que nous ne sommes pas des cintres. Et nos corps ne sont pas faits pour porter des vêtements, ce sont les vêtements qui sont faits pour habiller nos corps. La couture n’est pas là pour faire « rêver » (sauf peut-être ceux à qui le commerce des morphologies inhumaines rapporte), elle est faite pour imaginer l’élégance. L’élégance, c’est un état d’esprit délicat et raffiné, un savoir-vivre, un tempérament accueillant, un charme aussi, celui de l’inattendu et de la fantaisie, le contraire en somme de la vulgaire détestation de l’autre.

    #poids #mode #sexisme

  • Bégaudeau et l’école qui « soulage les femmes » | Ladies & gentlemen
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/11/13/begaudeau-et-lecole-qui-soulage-les-femmes.html

    ’aurais volontiers fait mienne de cette définition de l’audace, si je n’avais eu à lire quelques lignes plus bas, une sortie sur le rôle de l’école en vidant littéralement le propos : François Bégaudeau prône « la suppression de l’école obligatoire, et son remplacement par un service d’éducation non obligatoire à partir de l’âge de huit ans. » Car si « Jusqu’à cet âge, l’école a la vertu de soulager les femmes », « elle n’est pas une fabrique d’audace : elle est davantage faite pour discipliner que pour faire bouger les codes et créer des gens audacieux. »

    Que faut-il en comprendre ? Pour commencer, que seules les femmes sont supposées s’occuper des enfants ? Mais où sont les pères ? Ne sont-ils pas « soulagés » eux aussi de pouvoir faire autre chose, comme par exemple, au hasard, travailler, en journée ? Ensuite, quoi, que les profs (en majorité des femmes, il est vrai, à l’heure actuelle) sont des mères de substitution ? Elles et ils apprécieront d’apprendre que leurs compétences professionnelles (l’art subtil d’apprendre à lire, écrire, compter, réfléchir, se cultiver, créer) n’en sont pas de réelles, mais relèvent tout au plus des fonctions d’assistant parental.

    Et nous autres mères, sommes particulièrement mises en confiance par cette accusation à peine déguisée de nous être défaussées de notre supposé rôle. Et fort rassurées quant à nos perspectives de carrière, quand on observe déjà ce que nous coûte professionnellement des congés maternité de quelques mois seulement et qu’il ne s’agirait non plus de nous absenter 16 à 26 semaines (dans une vie professionnelle en comptant plus de 2000 quand même) mais 8 ans, voire davantage encore si nous avions le bon goût d’assurer nous-même l’éducation, devenue non obligatoire, de nos enfants...

    Elle est où exactement, l’audace, dans cette histoire ? Quelle « forme habituelle » a-t-on déplacée en supposant que l’éducation des enfants est avant tout une affaire de femmes ?

    De quels « sentiers battus » est-on sorti en suggérant le retour à l’école non obligatoire ? D’un prétendu dogme selon lequel bénéficier dès le plus jeune âge d’une éducation scolaire et d’une vie sociale à soi permettrait de gagner en autonomie ? Il y a bien des pays aujourd’hui où l’on conteste le droit des enfants (en particulier des petites filles) à la scolarité. Si ces régimes sortent des « sentiers battus », c’est plutôt pour ériger des barbelés sur le chemin de vie des individus, me semble-t-il.

    #ecole #liberalisme #sexisme #essentialismes #feminisme #education #femmes #meres #enfants

  • A Puteaux, les cartables sont offerts… Mais genrés ! | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/09/01/a-puteaux-les-cartables-sont-offerts-mais-genres.html

    La ville de Puteaux a, en la matière, sa propre tradition, depuis quelques années : une grande distribution aux allures de Noël avancé et de kermesse animée, de cartables, trousses et autres crayons, feutres et ciseaux.

    (...)
    Sauf que... La distribution de cartables à Puteaux, c’est rose pour les filles (avec en prime, petit livret girly pour apprendre à créer ses propres bijoux) et bleu pour les garçons (avec en cadeau, le petit manuel pour apprendre à fabriquer soi-même son robot). Il y a quelques années, avant que la question des stéréotypes sexistes à l’école ne soit publiquement exprimée et savamment débattue, ça aurait pu être attribué à un défaut de conscience et du maturité de la réflexion sur le sujet des inégalités filles/garçons. En 2014, ça ressemble à une provocation...

    #genre #stereotypes

  • Campagne violemment sexiste du site Eco-voiturage : un « bad buzz » profitable? | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/06/25/campagne-violemment-sexiste-du-site-eco-voiturage-un-bad-buzz-prof

    Il est manifestement une façon nouvelle de faire du marketing genré et de la pub sexiste : on balance une énorme potacherie d’une vulgarité spectaculaire et on laisse les réseaux sociaux faire le reste.

    Celles et ceux qui trouvent ça trop lol relaient gaiement sur leur profil Facebook et leur fil Twitter, les autres que ça heurtent (dont je fais partie) font gloups sur leur blog et lancent le bad buzz. Ensuite, la marque n’a plus qu’à retirer la pub, présenter de creuses excuses et jouir de sa nouvelle notoriété selon le bon vieux théorème pubard formulé par le grand intellectuel Léon Zitrone : « Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu m’importe. l’essentiel, c’est qu’on parle de moi. »

  • #bad_market
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/06/10/john-gray-est-antifeministe-quelle-surprise.html

    Il était une fois le petit John gray, qui était... Comment dire ? Psychothérapeute, perso-dévelopementaliste, essayiste best-sellerisant, packageur d’idées toutes faites et qui eut une idée incroyablement originale pour se faire du pognon venir en aide à l’humanité : il dressa une liste exhaustive des stéréotypes sexistes dont raffolent dans le désordre la presse magazine et féminine, les habitué-es des bars-PMU, les réactionnaires en tout genre et les chef-fes de produit inspiré-es (euh) qui créent des tablettes tactiles et stylos pour femmes et des fers à repasser spécial hommes entre autres « céréales macho ».

    http://www.presse-citron.net/chez-philips-le-repassage-fait-male


    Le gender marketing, entre clichés et progrès | Alerti
    http://blog.alerti.com/fr/2013/08/le-gender-marketing-entre-cliches-et-progres-12

  • Corps parfaits, corps en pièces détachées - Ladies & gentlemen
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/04/15/corps-parfaits-corps-en-pieces-detaches.html

    Féminin ou masculin, vous noterez que le corps idéal est svelte et athlétique, grand et blanc, âgé de moins de 50 ans et qu’il est un terrain favorable à la pousse de barbe (brun ou blond) chez ces messieurs et à celle de la chevelure de sirène (brune ou blonde) chez ces dames. Ami-es à la peau mate ou foncée, de taille moyenne voire petit-es, qui avez du ventre, des fesses ou des cuisses, les yeux bridés, les cheveux roux ou crépus et dépassé la cinquantaine, hommes au torse poilu et au menton glabre, femmes aux cheveux courts et aux petits seins, partez vous cacher, vos caractéristiques physiques vous disqualifient d’emblée au concours de beauté.

    o-PERFECT-MAN-570Car pour réaliser le portrait-robot de la femme et de l’homme idéaux, la marque de strings et soutifs a proposé aux personnes interrogées une liste de peoples (toutes et tous grand-es, blanc-hes, sveltes) sur le corps desquels il s’agissait de faire son marché. Alors, pour cuisiner une femme aux petits oignons, prenez le ventre de Gwyneth Paltrow ou celui de Michelle Keegan, les gambettes d’Elle McPherson ou celles de Rosie Huntington-Whiteley, les seins de Jennifer Aniston ou ceux de Kim Kardashian, la face de Cara Delevingne ou celle de Megan Fox... Pour un homme au poil, ce sera une belle pièce de David Beckham, un peu de Brad Pitt, une louche de Ryan Gosling et un soupçon de Hugh Jackman.

    Le corps idéal, un ingénieux montage de pièces détachées ? Ou la fabrication industrielle de complexes, quand ces pollueurs d’existence présidés par le sentiment d’infériorité aiment à se fixer sur telle ou telle partie de l’être, disjointe de l’ensemble et que l’on croit en gâcher l’harmonie et qui, à coup sûr en menacent l’intégrité...

    #beauté #corps

    • ça vaut le coup de lire l’article deu nouvelobs cité en lien avec la BD, qui malgré le talent de Klaire fait grr me semble minimiser la violence subie :

      Parfois, il se montre très explicite : le 24 novembre 2011, à 8h10 du matin, il écrit : « J’ai des é……. matinales, même quand vous n’êtes pas là ! ». Le 9 décembre : « C vous espèce de S… ! ».

      Aujourd’hui, après deux ans de pression, je suis à bout, je n’en peux plus et je vis sous antidépresseurs. Je suis coincée professionnellement : plus de poste, plus de rémunération et pas de droit au chômage. C’est la triple peine. Tout ça parce que j’ai osé dénoncer les harcèlements et abus de pouvoir d’un homme politique.

      http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140318.OBS0231/harcelee-par-eric-raoult-je-suis-dingue-de-vous-vous-me-faites-

    • Bon point de vue :

      La rhétorique est d’un classicisme aussi navrant que violent : elle est celle de tous et toutes les avocat-es de la défense qui, dans les cas d’agression sexuelle (même avérée), ne travaillent pas tant à démontrer l’innocence ou à établir des circonstances atténuantes pour leur client, mais essentiellement à disqualifier le statut de la victime en questionnant (accusant ?) son apparence (elle portait une jupe ou un décolleté, elle était maquillée, c’est quand même pas le signe qu’elle cherche quelque chose ?), son comportement (que faisait-elle là, à cette heure-ci ? N’a-t-elle pas adressé des signes prêtant au minimum à confusion ? Si elle a dit « non », c’était sans doute pas assez fort, pas à temps ou pas si clairement que ça...), sa personnalité (c’est une séductrice, elle a déjà eu des problèmes avec les hommes, parlez-en à son ex-mari, c’est une perverse narcissique) tout en émettant des suppositions sur ses intentions (elle veut de l’argent, elle sert les intérêts d’un camp politique, elle est l’instrument d’un complot qui la dépasse, pauvre âme damnée...)

      Comme d’habitude pour les victimes d’agression sexuelle, elle doit prouver son innocence !

  • Meufs — Le match des papiers à la con sur les femmes politiques
    http://m-e-u-f-s.tumblr.com/post/80088177482/le-match-des-papiers-a-la-con-sur-les-femmes-politiques

    Elodie Bousquet, journaliste à L’Express, nous gratifie aujourd’hui d’un article sur « le match des looks » des candidates à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo. « Maîtriser son allure est devenu un enjeu crucial en politique », nous dit-elle. Mais comme il est de bon ton, en 2014, de continuer à traiter différemment les politiques selon leur sexe, Elodie Bousquet croit bon de nous préciser « qui plus est lorsqu’on est une femme ».

    +

    « Duel de femmes » et « bal des débutantes », quand la presse ne s’en remet toujours pas de la parité
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/03/19/duel-de-femmes-et-bal-des-debutantes-quand-la-presse-ne-sen-remet-

    Ca fait déjà quelques semaines que ça m’énerve sérieusement, d’entendre parler des Municipales à Paris comme d’un « combat de femmes » (pourquoi pas un combat de boue, tant qu’on est dans les fantasmes ?).

    D’abord, parce qu’étrangement, dans les Municipalités où il n’y a que des hommes qui se présentent (ce qui n’est d’ailleurs pas le cas à Paris), on n’entend jamais parler de « combats d’hommes », comme si c’était une évidence et que le vrai sujet état ailleurs. Ensuite, parce que précisément, tout le temps passé à se préoccuper de savoir si ça fait ou pas une différence que des femmes fassent campagne (vous espérez quoi ? Que la course au pouvoir sera plus « propre », plus « polie », plus « feutrée » ?) et à imaginer que ça en fera forcément une, de différence, en termes de gouvernance quand l’une d’elles sera élue (Là encore, qu’imagine-t-on ? Qu’elles seront plus « conciliantes », plus « attentives » ou au contraire sujettes à des crises « d’hystérie » leurs jours de ragnagnas ?), tout ce temps et toute cette énergie perdus à bavasser sur le genre des candidates ne sont pas occupés à parler des vrais sujets qui intéressent les électrices et électeurs et des projets que ces candidates comme les autres portent. Cette façon de traiter des femmes politiques comme d’une fantaisie exotisante, ça commence un peu à fatiguer. Pour rappel, la loi française sur la parité a quand même quatorze ans !

    #femmes #femme #parité #politique #sexisme

  • J’ai appris l’existence de cette maladie en début de semaine, car une collègue de boulot s’est fait opérée pour un kyste ovarien retiré trop tard, qui lui a valu de perdre une bonne partie de son utérus.
    Hasard du calendrier, 2 jours après tous les médias en parlaient. C’est dingue que ma collègue ait souffert depuis 3 mois avec moultes examens sans le diagnostic ne soit clair. Une échographie aurait suffi.. J’espère que cette médiatisation aidera les médecins à être plus réactifs..

    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/03/10/comment-jai-compris-que-lendometriose-est-un-sujet-politique.html

    Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, je me souviens du ramdam qu’ont fait les « Salauds » embarqués par Beigbeder, à l’automne dernier, pour défendre leur bon droit à jouir. Et chacun-e de s’inquiéter des dérives pudibondes d’une société qui limiterait les voies d’accès à l’orgasme masculin. Il me parait aujourd’hui justifié que l’on fasse au minimum autant de bruit pour que 180 millions de femmes aient droit, pour commencer, à une sexualité non douloureuse.

    #endométriose

    • J’ai bossé avec une femme de mon âge qui s’est vraiment payé le parcours du combattant pendant 20 ans : négation de ses douleurs qu’elle décrit comme atroces, renvoi permanent à des causes psychosomatiques de son infertilité, traitement hormonal prescrit par un incompétent qui a agravé le problème, puis chirurgie faite à la hache.
      J’ai vraiment la sensation que les médecins se sont conduits avec elle comme des porcs parce que c’était une jolie petite nana qu’ils considéraient à la fois avec condescendance et concupiscence.

  • Elle se maria (ou pas), mais eu surtout un job passionnant… | Ladies & gentlemen | Francetv info

    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2014/02/24/elle-se-maria-ou-pas-mais-eu-surtout-un-job-passionnant.html

    Quand ma meilleure amie Elodie a su que le premier enfant qu’elle attendait était une fille, j’ai voulu lui offrir quelque chose de symbolique. Une carte, sur laquelle il était inscrit un slogan qui me touche entre tout autre « Les petites filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent »... Quand j’ai appris qu’à mon tour, j’allais avoir une fille, Elodie m’a offert la même carte, dans un clin d’oeil retour. Je l’ai encadrée dans la chambre de mon bébé, à sa naissance.

    C’est joli, il me semble, c’est tendre, c’est plein de promesses, c’est une vraie déclaration d’amour et de liberté à l’enfant qui va naître. Jamais je n’aurais imaginé alors, qu’un jour, une idée aussi simple, aussi évidente et aussi joyeuse que celle-ci entrerait en brutale résonance avec les termes d’un débat de société sanglant, qui veut interroger, à travers une vision dégradée des travaux scientifiques sur le genre, la place correcte, le comportement adéquat, le destin d’une femme ou d’un homme en société.

  • Des blagues à la #discrimination, le poids du #sexisme en #entreprise
    http://lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/3321-des-blagues-a-la-discrimination-le-poids-du-sexisme-en-entrepr

    Autre résultat frappant : près de 6 femmes sur 10 se sont senties exclues d’une réunion, ou marginalisées quand elles y participaient. Par exemple, 30% des femmes disent avoir vu leur opinion « récupérée par un homme et dès lors chaudement applaudie ».Plus d’une femme sur deux a été sollicitée pour des tâches subalternes ou sans rapport avec ses compétences professionnelles.
    Les femmes managers sont ouvertement critiquées : 81 % des femmes ont entendu quelques stéréotypes aussi agréables que "elle a dû coucher", "elle est agressive", "pire qu’un homme" ou au contraire "trop douce" voire "je ne vais pas faire ce qu’elle demande, c’est une femme"... Autant de remarques qui coupent l’envie pour les femmes de devenir manager. Et si les hommes remarquent, autant que les femmes, les propos sexistes, ils perçoivent beaucoup moins ce genre de comportements : ils ne sont que 5% à relever une telle situation.

    Trois femmes sur dix, aussi, ont déjà entendu un homme (un supérieur ou un collègue) s’adresser aux seuls hommes face à un collectif mixte.

    • @monolecte a tweeté son post avec le tag #sexisme :

      C’est magnifique, son post est publié dans mon journal Le sexisme qu’est-ce que c’est ?

      http://paper.li/AlanShore4/1386853359

      Tout va donc pour le mieux, me direz-vous. Mais si vous cliquez sur le lien, vous obtenez une erreur 404 :

      Peut-être parce que le lien pointe sur http://seenthis.net/messages

      Pourtant dans le tweet d’Agnes le lien pointe bien sur http://seenthis.net/messages/208375

      Alors, où est l’erreur ? Vous me direz : « dans paper.li ». Je serais d’accord si d’autres tweets reproduisaient la même erreur, mais ça ne se passe qu’avec #SeenThis

      #paper.li #SeenThis #error404

      @fil

    • On fait dire ce qu’on veut aux chiffres, et le sexisme est un domaine où la valse des chiffres est plus qu’aléatoire. À croire que le #sexisme n’est qu’un prétexte pour attirer ce 50% de lecteurs que sont les femmes. Qui ira les vérifier ?

      Il faudrait mener l’enquête sur les sources de ces chiffres. Voici encore un lien vers une page où vous trouverez un chiffre à chaque ligne : Comment le sexisme est ancré dans le monde du travail

      http://www.challenges.fr/entreprise/20131217.CHA8467/comment-le-sexisme-est-encre-dans-le-monde-du-travail.html

    • ah donc, un problème entre twitter et paperli… je ne vois pas comment aider, il faudrait demander à paperli de regarder

    • @aude_v @mad_meg

      http://www.tanianavarroswain.com.br/labrys/labrys24/libre/andrea.htm

      Et aussi : que nous n’avons pas le temps. Nous les femmes. Nous n’avons pas l’éternité devant nous. Certaines d’entre nous n’ont pas une semaine de plus ou un jour de plus à perdre pendant que vous discutez de ce qui pourra bien vous permettre de sortir dans la rue et de faire quelque chose. Nous sommes tout près de la mort. Toutes les femmes le sont. Et nous sommes tout près du viol et nous sommes tout près des coups. Et nous sommes dans un système d’humiliation duquel il n’y a pour nous aucune échappatoire. Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures, mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. Ces statistiques ne sont pas des abstractions. C’est facile de dire « Ah, les statistiques, quelqu’un les tourne d’une façon et quelqu’un d’autre les tourne d’une autre façon. » C’est vrai. Mais j’entends le récit des viols les uns après les autres, après les autres, après les autres, après les autres, ce qui est aussi la manière dont ils arrivent. Ces statistiques ne sont pas abstraites pour moi. Toutes les trois minutes une femme est violée. Toutes les dix-huit secondes une femme est battue par son conjoint. Il n’y a rien d’abstrait dans tout cela. Ça se passe maintenant au moment même où je vous parle.

      Je n’avais jamais vu ça comme ça. Je fais 1,90m et plus de 100 kg. Je n’ai jamais éprouvé de peur physique, de peur de perdre un éventuel combat contre un éventuel agresseur assez con pour essayer.

      Le seul coup que j’ai reçu sans pouvoir le rendre plus fort, c’est un coup de pied au cul de mon grand-père à l’âge de cinq ans. Je l’ai détesté toute sa vie pour ça, et je me suis réjoui intérieurement quand il est mort. C’est la seule personne que j’ai détesté.

      Je ne verrai plus jamais une femme comme avant, @aude_v, après ce témoignage. Avant, je voyais les femmes comme je vois bien d’autres hommes, incapables de me faire du mal. J’étais incapable de ressentir leurs peurs, mais aussi leurs colères que beaucoup d’entre-elles cachent faute de pouvoir l’exprimer librement.

      Désormais, je vais m’occuper de ce journal http://paper.li/AlanShore4/1386853359 avec le regard de ces femmes très justement en colère.

    • @aude_v http://blog.ecologie-politique.eu/post/Feminisme-pourquoi-tant-d-interet

      J’ai observé le mouvement des hommes pendant plusieurs années. Je suis proche de certains hommes qui y participent. Je ne peux pas venir ici en tant qu’amie même si je le voudrais peut-être vraiment. Ce que je voudrais faire, c’est crier. Et dans ce cri, il y aurait les cris des femmes violées, et les pleurs des femmes battues. Et bien pire encore : au centre de ce cri, il y aurait le son assourdissant du silence des femmes, ce silence dans lequel nous sommes nées parce que nous sommes des femmes et dans lequel la plupart d’entre nous meurent.

      Oui, c’est le cri de ceux qui n’existent pas, le cri étouffé de la misère du monde, et parmi ceux-ci celui des femmes, doublement frappées de n’être pas écoutées et parce qu’elles sont des femmes.

      Le pire, je crois, c’est que dans l’indifférence des hommes au sort des femmes, ce sont les femmes qui perpétuent la tradition. Moi, c’est ma mère qui m’a élevé, et elle était plus dure avec ma sœur qu’avec moi ou mes deux frères.

      Je parlais avec ma sœur, il y a quelques jours. On discutait des relations entre frères et sœurs dans notre famille. Elle m’a rappelé une dispute épique avec notre grand frère. Il avait été particulièrement été odieux ce jour-là. Ma sœur m’a dit : « Je me suis jeté sur lui et je l’ai mordu au ventre. Je voulais lui arracher un morceau. J’y serais arrivé si vous ne lui étiez pas venu en aide. J’en ai encore le gout en bouche et il en a gardé la marque longtemps » . Devinez qui a été puni ? Ma sœur a été envoyée en pension dans l’indifférence générale de ses frères.

      Pour ma mère qui se disait féministe, on devait le respect aux femmes, mais ça voulait juste dire "respecter les convenances".

  • Mini-miss et miss tout court : leur « rêve » ou nos fantasmes sacrificiels ? - Ladies & gentlemen
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2013/12/15/mini-miss-et-miss-tout-court-leur-reve-ou-nos-fantasmes-sacrificie

    Fantasme de féminité, pour commencer. Il n’est apparemment jamais trop tôt pour apprendre aux femmes à se comporter en jolies créatures, ventre rentré, fesses serrées, cils allongés et lèvres glossées, bien empaquetées dans du tissu brillant et ficelées de paillettes. De vrais cadeaux, offerts au plaisir de celles et ceux qui battent des mains en gloussant des « que c’est chou, ces petites poupées bien sages ». Et de jurer, la main sur le coeur et la larme à l’oeil, que c’est « le choix » de ces fillettes, mieux que c’est « leur rêve ».

    #femmes #féminité

  • Actualité > Science décalée : l’art d’uriner sans éclabousser
    http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/biologie-science-decalee-art-uriner-eclabousser-50111

    Science décalée : l’art d’uriner sans éclabousser


    Deux chercheurs américains ont étudié la meilleure façon d’uriner sans éclabousser partout, « en réponse à des critiques acerbes et répétées de nos mères et après des échecs sentimentaux avec des femmes ». Tout est une question d’angle et de distance.

    #Science #décalée : l’ #art d’ #uriner sans #éclabousser

  • Détruire la virilité » Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2013/10/30/detruire-la-virilite

    Les hommes sont très tôt élevés dans l’idée que ce qui est féminin est mauvais, médiocre, inférieur et que la #virilité passe par la négation de ce qui est considéré comme #féminin. Comme les femmes sont strictement élevées de la même façon, on arrive mieux à comprendre qu’elles veulent adopter des rôles masculins ; oh, on essaie bien sûr de les renvoyer à leurs fourneaux mais on arrive à comprendre cette ambition-là. Après tout qui a envie d’être une femme ?
    Très tôt, les futurs hommes sont éduqués à être violents ; c’est un signe de bonne santé virile. On encourage le petit enfant mâle à donner de vigoureux coups de pieds ; « que voulez-vous c’est un garçon il est plein de vitalité ». Les mâles ne correspondant pas à ce schéma vivent un calvaire ; moqués, tapés. des études montrent que dés la maternelle, un petit garçon ne répondant pas aux #stéréotypes traditionnels de la virilité sera impitoyablement humilié jusqu’à ce qu’il y parvienne. Gare à lui s’il n’y parvient pas, il sera « un homme efféminé ».

    #violence #genre #féminisme

    • « Lâche un peu ton bâton Marc-Antoine, tu risques de lui faire mal à la petite fille. »

      C’est vrai, bourgeois ou pas, il serait dommage d’entrer dans des procédures judiciaires et des frais de santé à débourser à cause d’un bout de bois brandit dans un square public. Marc-Antoine consent à baisser la garde.

      Bientôt, le garçon ramasse dans une flaque un bonnet dégoulinant abandonné là. L’éponge informe suscite l’intérêt des deux enfants. Mais, devant la crasse du truc tricoté, Marc-Antoine le lance à ma fille en ajoutant un : « Tiens, nettoie-le ! ». Bon Ok, je range dans ma poche cette baffe qui me démange : Marc-Antoine est avant tout le fruit de son environnement. Cette thèse se trouve validée par la réplique de sa grand-mère :

      MAMY NEUILLY
      « Oh Marc-Antoine ! Elle me regarde avec un soupir amusé visant à créer une complicité malgré nos différences sociales sur la base idéologique supposée aussi évidente que commune : Comme quoi c’est bien dans les gênes ! »

      Mamy fourrure sous-entend donc que, tandis que les mini-hommes font la danse du chibre en sortant connerie sur connerie, les femelles, pas dupes, ont déjà intériorisé à quatre ans qu’elles sont là pour gérer le linge sale du super héros. Le sexisme est ici intégré et revendiqué, comme un ordre naturel, par une femme ayant sur tous les protagonistes de cette histoire l’expérience des années.

      http://sebmusset.blogspot.fr/2013/10/sexisme-viril.html

    • Très tôt, les futurs hommes sont éduqués à être violents ; c’est un signe de bonne santé virile. On encourage le petit enfant mâle à donner de vigoureux coups de pieds ; « que voulez-vous c’est un garçon il est plein de vitalité ».

      Pour répondre à @grosse_fatigue, je n’irais pas jusqu’à dire qu’on les encourage ou qu’on les éduque à (même si ça arrive), mais par contre on (les parents, école etc.) tolère souvent mieux les comportements violents ou d’énervement des petits gars que des petites filles.

    • Mouais. Moi, j’observe les mômes à la maternelle. Les filles sont tout aussi violentes, c’est-à-dire relativement peu. Elles se tirent les cheveux parfois. En fait, on oublie de dire que l’éducation machiste dépend pas mal des milieux... Chez les lumpen, effectivement, le machisme est très fort. Mais les généralités sans subtilités m’énervent. L’important, c’est le combat pour l’égalité des sexes, pas pour leur équivalence.

    • Oh ben ya rien de très subtile. Y compris en ville bourgeoise, dans une école pas vraiment du tout lumpen. Le jour du carnaval à l’école maternelle du fils, il n’y a aucune subtilité dans la différence entre filles et garçons.

      99% de princesses douces, pinky, et HIHIHIHI ; et les garçons en choix beaucoup plus variés (première grosse différence : eux ont le choix), mais à l’intérieur de ces choix variés, 99% de métiers ou personnages bien viriles (pompiers, pirates, animaux prédateurs, etc).

      Bien sûr il y a des exceptions, mais ce n’est pas être subtile que de dire ça, dans toute chose il y a des exceptions, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une norme qui vaut pour la majorité.

      Clairement il n’y a pas égalité des choix des activités entre les deux sexes, dès le très très jeune âge. On ne leur propose pas les mêmes jeux, les mêmes héros auxquels s’identifier, les mêmes activités physiques ou intellectuelles. Aussi bien la plupart des parents que les instits.

    • Le mépris de classe ? Tu parles : j’en viens. A peu de choses près. Et puis surtout : je déteste tout autant les bourgeois, les vrais, les qui partagent rien et qui parlent des impôts tout le temps... Je serais même d’avis de retirer les petits lumpens à leurs parents et d’en faire autant pour les petits bourgeois. Mais c’est pas possible ma pauvre dame....Par ailleurs, que l’on fasse jouer aux enfants des jeux différents, ça ne m’a jamais vraiment choqué. Je ne crois pas à la théorie des genres, une idéologie américaine que l’on achète à peu de frais parce que l’on oublie facilement le problème social.... Par contre, que l’on ne traite pas sur un pied d’égalité hommes et femmes, oui, ça, c’est le combat, mais on préfère se centrer sur les filles barbies et les garçons pompiers....

    • Euh oui, comme si le traitement (d’ailleurs @grosse_fatigue, le traitement de quoi ?) différents des uns et des autres sortait de nulle part. Si on ne traite pas sur un pied d’égalité, il y a une cause, ça n’arrive pas comme ça, « naturellement ». Mais bien parce que dès tout petit on nous apprend justement à traiter différemment.

      Là pour l’instant, dans ces rapides phrases, je vois une contradiction flagrante entre dire d’un côté « l’important c’est qu’on traite hommes et femmes à égalité » et de l’autre « non mais c’est pas important du tout qu’on traite les mini-hommes et les mini-femmes à égalité dès touts petits ».

      Je ne comprends pas.
      Ou alors les mots employés ne sont pas assez précis. L’égalité de quoi ?

    • C’est parce que l’on n’est pas sur les mêmes postulats. Tu postules en bourdieusien que l’on est fabriqué par des normes sociales, que la socialisation est tout. Je postule en boudonien que les normes et la socialisation comptent, et que l’on fait des choix par la suite, en fonction du contexte. Je pense que l’on traite à égalité les garçons et les filles parce qu’il n’y a pas de hiérarchie entre le camion de pompier et la poupée barbante. Je crois aussi vaguement que certains (je crois que c’est mon cas) traitent leurs enfants de la même manière, garçon ou fille... Tous mes gamins font du sport et de la musique (les mêmes sports et presque les mêmes instruments, par exemple mes filles font aussi de la batterie ), mais ils ou elles ont des « sensibilités » de garçons ou de filles que l’on encourage ou pas. Quand l’une de mes filles joue la séduction et s’intéresse au superficiel, je l’engueule : je suis féministe. Quand mon fils n’aime pas les pédés (j’ai écrit un texte là-dessus) et qu’il joue les machos, j’explique et j’engueule aussi.
      Nos points de vue divergent (et dix, ça fait beaucoup), parce que nous n’avons pas les mêmes notions sur la socialisation. Je ne suis pas déterministe, d’où mes attaques sur la vision assez dogmatique de Bourdieu, de l’ethos de classe et de l’habitus. Bon, on en discutera autour d’un café, si tu veux...

    • Oui Bourdieu et Beauvoir nous ont bien ouvert les yeux sur les effets de la socialisation, bref sur la façon dont la culture nous façonne, de notre identité à nos comportements, à une époque où on expliquait tout en invoquant la nature.
      Mais faut sortir je crois du balancier et du débat « tout culturel » vs « tout naturel », on est dans des postures stériles.
      Aujourd’hui, il me semble qu’on peut, comme le clame Nancy Huston (désolé vous allez penser que je ne jure que par elle, mais oui pour moi c’est l’avenir de la gauche !) accepter l’héritage supposé de la nature et le fait que la culture ne fait que décupler les effets des « ornières » initiales dans laquelle la « nature » nous aurait installés dès la naissance, pour gérer au mieux sans chercher à être dans le déni, parce qu’à la fin, Huston est d’accord là dessus, c’est la culture qui gagne.
      Peu importe d’où on vient, on peut s’écharper en vain sur la détermination de la causalité des « handicaps » de départ, mais pour moi vaut mieux se concentrer sur où on va, viser l’égalité, ce qu’il faut « rectifier » pour y arriver, et notamment se poser la question de ces prétendus handicaps, établis bien souvent selon un référentiel masculin de hiérarchisation.
      En ce point, je suis d’accord avec @grosse_fatigue, penser que le camion de pompier est « supérieur » au camping car de Barbie, c’est avoir sans doute inconsciemment intégré des valeurs « viriles » (même si là pour Barbie, je suis d’accord, je tousse..)

    • « le camion de pompier et la poupée barbante. » Camion de pompier, masculin, neutre. Poupée, féminin, soudain elle devient « barbante ». Toujours neutre ?

      Sinon la réponse « C’est vous les sexistes » est toujours aussi classe. Merci.

    • @grosse_fatigue : on ne peut pas à la fois récuser Bourdieu et en même temps parler de classes telles que la bourgeoisie ou le « lumpen » comme s’il s’agissait de groupes homogènes. Si on suit la logique Boudonienne ces individus font des choix en dehors de toute logique sociale, on ne peut donc pas les considérer comme tu le fais.

    • Alexcorp : tu as très mal lu Boudon (tu seras puni). Dans la logique du Modèle Général de la Rationalité, Boudon replace les acteurs dans leurs contextes sociaux. Il ne faut pas confondre la TCR (Théorie du Choix Rationnel) avec la MRG. On peut tout à fait catégoriser des classes sociales a priori afin d’en faire des contextes de choix pour les acteurs. Je te conseille vivement de lire la page 27 de « Raison, bonnes raisons » de Boudon. (En poche, c’est peut-être une autre page). Boudon y parle même de l’hypothèse de la lutte des classes (N°P7), qui lui semble, parfois, être cohérente et recevable. Quant à l’homogénéité d’un groupe social, elle est discutable quand on la voit sous l’angle déterministe... On en reparle !

    • J’avoue volontiers avoir très mal lu, voire très peu lu Boudon. Je l’ai vaguement étudié à la fac et vu quelques unes de ses causeries sur le net. Du peu que j’en ai retenu, je trouve ses réflexions assez faibles par rapport à l’habitus de Bourdieu (qui n’est pas aussi déterministe qu’on le dit) ou ce que peut nous apporter la psychologie sociale (lire Beauvois & Joulé à ce sujet, c’est très instructif). Mais peut-être que je me plante totalement...

    • Alexcorp : lis-le et on en reparle. J’ai été bourdieusien jusqu’en licence. Et puis il m’a fallu faire une enquête de terrain. Et là, j’ai filé faire une thèse avec Boudon. La profondeur de sa réflexion m’a ébloui ! Crois-moi, il ne faut pas écouter les profs, il faut aller lire, comprendre, se faire une opinion. Boudon était, en plus, un bonhomme drôle, sympathique, plein d’humilité, un vrai maître pour moi, j’assume.
      Aude : merci. Mais si tu savais comme le papa flippe....
      Allez, j’espère un jour discuter de tout ça chez moi...

    • mince je ne pourrait pas adhéré à ton club @aude_v :’(
      Sur la notion d’égalité et d’uniformité je viens de me souvenir d’un court métrage de SF distopique qui fait la même confusion.
      https://www.youtube.com/watch?v=F1eHkbmUJBQ


      Un copain me l’avait conseillé mais il n’avait pas relevé cet aspect du film qui m’a personnellement frappé. En le voyant j’avais l’impression d’être dans le fantasme d’un fana de la « théorie du gender ».

    • Aussi par rapport à la notion de difference, j’ai commencer à lire « Classer, dominer » de Christine Delphy et dans son introduction il y a un passage qui peu servir ici :

      Je veux aussi montrer que la problématique de l’Autre comme explication du sexisme, du racisme, de l’homophobie ou de toute autre hiérarchie sociale non seulement ne marche pas, mais suppose déjà l’existence de cette hiérarchie.
      L’objet de ce recueil est donc de démontrer d’abord que la haine du « différent » n’est pas un trait « naturel » de l’espèce humaine ; d’abord en examinant la façon arbitraire dont la tradition occidentale, formalisée par la philosophie, a posé comme élément constituant et universel du psychisme humain cette haine, et inventé le concept d’ »Autre » ; puis en montrant que c’est la société – et non une hypothétique « nature humaine », qui est un concept idéologique – qui construit cet « Autre » par des pratiques concrètes matérielles, dont font partie des pratiques idéologiques et discursives.
      [...]
      Le concept d’Autre comme invention de la tradition occidentale.
      Il y a deux raisons pour lesquelles la « haine du différent » ne peut être invoquée pour expliquer l’existence de groupes stigmatisés dans nos sociétés.
      La première est que l’explication par « le rejet de l’autre » est un psychologisme, c’est-à-dire la transposition de théories formulées sur du psychologisme individuel à des phénomènes concernant le fonctionnement des sociétés.
      La seconde est que cette psychologie – ces théories sur le psychisme individuel – sont elles-mêmes des parties d’une philosophie particulière, occidentale, qui aborde la question de « l’autre personne » du point de vue du « je ».

    • L’objet de ce recueil est donc de démontrer d’abord que la haine du « différent » n’est pas un trait « naturel » de l’espèce humaine ; d’abord en examinant la façon arbitraire dont la tradition occidentale, formalisée par la philosophie, a posé comme élément constituant et universel du psychisme humain cette haine, et inventé le concept d’ »Autre » ; puis en montrant que c’est la société – et non une hypothétique « nature humaine », qui est un concept idéologique – qui construit cet « Autre » par des pratiques concrètes matérielles, dont font partie des pratiques idéologiques et discursives.

      Je n’ai pas lu ledit recueil et je ne sais donc pas comment elle s’y prend pour démontrer que « l’Autre » n’est qu’un concept de la philosophie occidentale, j’aurais néanmoins une réflexion à ce sujet : quand on voit les groupes de chimpanzés se faire la guerre entre eux (avec des morts et des conquêtes de territoires), je doute que l’être humain ait eu réellement besoin de la philosophie occidentale pour élaborer le concept de « l’Autre » (au passage je remercie infiniment Franz de Waal pour son livre « le singe en nous », ça vaut bien quelques bon bouquins de socio :) ).

      Sur Boudon, effectivement les vidéos que j’ai pu voir laissent paraître quelqu’un de sympathique. Je dois avouer par ailleurs que pas mal de profs « de droite » que j’ai pu avoir ont souvent ce côté bon vivant et amusant (j’ai même eu Bourdouleix comme prof de droit, vous savez le maire de Cholet qui n’en loupe pas une, eh bien il était plutôt marrant, un peu à côté de ses pompes mais pas complètement désagréable). Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de me lancer dans la lecture de Boudon (et au fait le prof qui me l’a rapidement enseigné était plutôt anti-bourdieusien) car je reste assez convaincu que sa grille d’analyse n’est pas la bonne, même s’il faut bien avouer que le lire en détail serait plus instructif (à vrai dire je suis aussi plus botté par la psychologie aujourd’hui que par la socio). Je reste attaché à cette notion d’habitus que les individus font vivre, transmettent et transforment à travers leurs échanges sociaux, aux notions de jeu social et de rôles que l’on joue (c’est sûrement le concept le plus puissant ça, le rôle, d’ailleurs confirmé par les expérimentations en psychologie sociale).

    • Ben voilà : tu ne veux pas lire Boudon parce que tu as peur d’être convaincu. Comme tous les anti-Boudons que je connais. Finalement tu prends une décision à partir de préjugés tout à fait compréhensibles. En cela, la théorie développée par Boudon permet de comprendre ta position.

      Je rajoute : hihihi.

    • Boudon n’était pas particulièrement anti-bourdieusien. Je sais qu’il s’était fait piqué la place de chef de la sociologie contemporaine et ça, ça a dû le faire chier. Je crois bien qu’il y avait eu compet’ pour le le Collège de France et qu’il avait perdu.

      Cela dit, il était loin d’être con. Quand j’avais participé à son séminaire, mon mémoire de fin d’année portait... sur la boite noire et l’habitus, concepts bien bourdieusiens et mes collègues m’avaient fait remarqué que j’allai au tas avec Boudon. J’ai eu une des meilleures notation du séminaire parce que, m’avait expliqué Boudon, ce qui compte, c’est que l’argumentation tienne la route. Donc, il ne m’avait pas saquée pour mon paradigme bourdieusien.

      Ensuite, Bondon a produit des apports très intéressants qui m’ont servi ensuite, comme son concept sur intériorisation des règles. Il expliquait, en gros, qu’on ne s’arrête pas au feu rouge parce qu’on a peur du gendarme ou parce que c’est la loi, mais parce que nous avons accepté l’idée que cette contrainte est d’un désagrément bien moindre pour nous que le fait de la transgresser. De la même manière, la plupart de nos comportements sociaux sont des contraintes que nous imposons nous-même à nos pulsions, nos envies, parce que nous décidons, in fine, que c’est plus avantageux pour nous de nous y conformer. Pour lui, ça explique pourquoi la répression marche moins bien que la persuasion et encore moins bien que la conviction que peut avoir l’acteur social que c’est lui-même qui a fixé ses limites.

      Manière, je suis assez peu anti. J’ai pris tout ce que je pouvais prendre de chacun des professeurs que j’ai eu la chance d’avoir ; que ce soit De Singly ou Maffesoli (putain, lui, on était rarement d’accord !).

      Tiens, un bout de Boudon sur le concept d’inégalité : http://www.canalacademie.com/ida8614-Raymond-Boudon-egalite-inegalite-des-notions-a-preciser.html

    • Pitié Agnès, pourquoi parler de Maffesoli ???
      Boudon était un peu plus anti-Bourdieu que tu ne le dis. Il m’a empêché de le citer dans ma thèse, alors que j’avais apprécié son « Ontologie politique de Martin Heidegger » et que je voulais l’utiliser. Boudon a eu la Sorbonne, Bourdieu le Collège de France, Touraine l’EHESS... Il faut lire « Mémoires d’un mandarin » de Mendras pour la petite histoire. Et pour les paresseux idéologues qui ne veulent pas lire le grand Raymond, ils peuvent lire « Les sociologies contemporaines » d’Ansart, un très bon bouquin hélas épuisé. Quant à Maffesoli, il n’y a rien à en dire : c’est juste un gros con.

    • Parce que je me le suis tapé en live, les jours où il arrivait en n’ayant pas envie de faire cours et en nous sortant l’histoire du panini, parce qu’il venait de s’en taper un sur le boulevard Montparnasse avant de venir... L’épiphanisation du monde... il était fort, le fourbe... bien meilleur fumiste que je n’ai jamais pu être.

      Boudon a dû s’attendrir avec l’âge, parce que moi, j’ai pu citer Bourdieu. D’ailleurs, notre séminaire se déroulait à l’EHESS

    • Ben voilà : tu ne veux pas lire Boudon parce que tu as peur d’être convaincu.

      Non, c’est surtout le manque de temps et d’envie, je ne suis pas sociologue professionnel, je n’ai pas un cursus de sociologie et lire un bouquin de socio est quelque chose d’assez aride et comme je l’ai dit, ma période « engouffrement de livres de socio » est passé, mais je ne désespère pas de m’y remettre un jour, et là je lirai sûrement Boudon...

      Sur Boudon d’ailleurs, je crois que j’avais entendu une fois Bourdieu expliquer qu’ils disaient parfois la même chose mais différemment et que de toute façon en sociologie de nombreux concepts étaient communs à différents courants, mais j’ai peut-être rêvé ce moment... En tout cas ce que tu expliques Agnès sur l’intériorisation des règles ressemble bien à l’habitus bourdieusien.