Asie-Pacifique - LeMonde.fr

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  • Aux Philippines, Duterte fait fermer un paradis touristique devenu un « cloaque » ([qui sent la m…, dans le texte original]
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/04/25/aux-philippines-duterte-fait-fermer-un-paradis-touristique-devenu-un-cloaque

    « Quand vous entrez dans l’eau, ça pue. Et ça pue quoi ? La merde ! » Avec le langage fleuri qui le caractérise, le président philippin, Rodrigo Duterte avait annoncé au mois de février que l’île de Boracay, l’un des fleurons de l’industrie touristique de l’archipel, serait fermée pour six mois aux visiteurs à compter du 26 avril. Qualifiant ce qui fut un paradis « sable blanc-cocotiers » de « cloaque », le chef de l’Etat a pris cette décision coûteuse pour l’économie de son pays sur la recommandation de plusieurs agences gouvernementales. Ce partisan de la manière forte a ordonné le déploiement de 600 policiers pour faire évacuer l’île.

    Car, au-delà de la brutalité habituelle des décisions d’un président dont la campagne antidrogue a fait plus de 12 000 morts, selon Human Rights Watch, il y avait urgence à prendre des mesures. Les autorités locales sont accusées d’avoir été incapables de faire respecter les normes de préservation de l’environnement marin et de mettre sur pied un système efficace de collecte des ordures. Elles ont aussi permis aux promoteurs immobiliers de défigurer l’île.

    Au moins trois cents hôtels et « resorts » de luxe ont totalement ignoré les réglementations qui les obligeaient à disposer de leur propre système d’égouts et de recyclage des eaux usées. La plupart se contentent d’évacuer ces dernières dans les canaux et l’océan.

    Une telle décision, spectaculaire et sans précédent, ne fait pas l’affaire des quelque 36 000 personnes travaillant dans le secteur des loisirs de cette île qui ne vit que par le tourisme. La fermeture provisoire de Boracay devrait coûter quelque 600 millions d’euros.

    L’expansion incontrôlée du tourisme de masse est un phénomène régional qui annonce déjà ailleurs de semblables décisions : la célèbre Maya Bay thaïlandaise, rendue célèbre par le tournage du film La Plage, avec Leonardo DiCaprio, va être interdite aux touristes à partir du mois de juin et pour quatre mois, indiquant que les pouvoirs publics commencent à se rendre compte de l’ampleur du problème. « Les îles ont un écosystème fragile qui ne peut tout simplement pas supporter un tel nombre de touristes, la pollution des bateaux et des hôtels construits sur les plages, juge, à Bangkok, l’expert environnemental Thon Thamrongnawasawat. La fermeture est le seul moyen de permettre à la nature de se régénérer. »

  • En Chine, le fichage high-tech des citoyens

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/04/11/en-chine-le-fichage-high-tech-des-citoyens_5283869_3216.html

    Pékin fait appel aux nouvelles technologies pour établir des listes noires, du dissident au mauvais payeur.

    L’avocat chinois Liang Xiaojun a pris l’habitude d’être retenu avant de prendre l’avion – et parfois empêché d’embarquer. Début mars, l’avertissement « condamné pour séparatisme » est apparu sur la machine utilisée par la police pour scanner sa carte d’identité avant qu’il s’envole pour la région de Mongolie intérieure. Or, précise-t-il, « je n’ai jamais été accusé ni condamné pour séparatisme ». Peut-être est-ce en lien avec l’un de ses clients : il représente un Tibétain jugé en janvier pour incitation au séparatisme. « A moins que ce soit ce que j’écris sur la messagerie WeChat ? », s’interroge M. Liang.

    On l’a finalement laissé embarquer. Pas comme en août 2015, lorsqu’il avait été carrément empêché de s’envoler pour un semestre d’études à New York. L’ordinateur affichait : « Danger pour la sécurité nationale. » Sans doute, devine-t-il, parce qu’il était proche de certains des avocats des droits de l’homme arrêtés quelques semaines plus tôt.

    Les déboires de M. Liang sont typiques des personnes que leurs activités « sensibles » placent sur des listes noires secrètes, aux critères mystérieux. A ce titre, elles servent de cobayes à l’ambitieux système de « crédit social » que la Chine met en place depuis 2014 : celui-ci se construit pour l’instant autour d’une sanction principale, l’interdiction d’emprunter un avion ou un train.

    Mise à l’index

    Environ dix millions de passagers du transport aérien et quatre millions du ferroviaire se sont vu imposer entre 2013 et mars 2018 des restrictions partielles ou totales à l’achat de billets pour n’avoir pas exécuté la décision de justice à laquelle ils ont été condamnés après épuisement des recours. Parmi eux, 6,2 millions furent entièrement interdits d’avion.

    Cette mise à l’index des inculpés ou débiteurs défaillants par les cours de justice répond certes à un problème bien réel : la difficulté pour l’Etat chinois de faire appliquer les décisions de justice. La Cour suprême chinoise, qui supervise le dispositif, se félicite qu’il ait contraint des dizaines de millions d’individus à se conformer à leurs obligations ou à négocier un arrangement.

    C’est ce succès initial qui a poussé les autorités chinoises à étendre à d’autres domaines d’infractions l’interdiction de voler ou de prendre le train. Depuis le 19e Congrès du Parti communiste chinois en octobre 2017, les cadres sont incités à « mettre diligemment en œuvre » les instructions sur la « construction d’un système de crédit et de sanction selon lequel tout devient limité, une fois que la confiance est perdue ».

    Ainsi, à partir du 1er mai, une nouvelle série de fraudes et de manquements légaux en tous genres viendra s’ajouter au défaut d’exécution des décisions de justice. Annoncée début mars par l’Agence de planification chinoise aux côtés d’une dizaine d’entités publiques, cette nouvelle phase du système de crédit social, baptisée « action disciplinaire conjointe », va sanctionner par des restrictions sur l’achat de billets d’avion et de train toute une gamme de comportements délictueux dans les transports – du non-respect de l’interdiction de fumer à la fausse alerte à la bombe –, mais aussi dans le domaine de la fiscalité et de la gestion financière, boursière et d’entreprise : usage de faux, défaut de paiement des cotisations sociales…

    La liste doit s’étoffer. Et d’autres domaines d’interdiction pourraient voir le jour. « Se met en place un système de listes noires, qui punit par une sanction dans un domaine une mauvaise action effectuée dans un autre, explique Maya Wang, de l’ONG Human Rights Watch à Hongkong. L’ambition finale va beaucoup plus loin : il s’agit d’évaluer une multitude de comportements dans tous les domaines. »

    Le « crédit social » en question n’est pas une « notation » de chaque citoyen par un score et rien n’indique que celle-ci verra jamais le jour, rappelle sur le blog China Law Translate l’observateur de la gouvernance chinoise Jeremy Daum. Il renvoie davantage, selon lui, à « une politique ou une idéologie d’utilisation des données ». Sur le site Internet de promotion du crédit social (www.creditchina.gov.cn), on peut lire d’innombrables dissertations sur les valeurs traditionnelles chinoises. Il s’agit, annonce le site, d’établir une « culture d’honnêteté et d’intégrité ». Le système devra « être essentiellement mis en place d’ici 2020 ».

    Depuis le 1er janvier, toute personne morale est dotée d’un code de crédit social unique. Les individus, eux, restent identifiés par leur numéro de carte d’identité, dont la puce électronique stocke déjà de multiples données. L’objectif peut sembler louable : apporter une solution systémique à l’empire de la fraude qu’est la Chine, en repérant, grâce à l’intelligence artificielle et aux données numériques, les comportements délictueux au niveau des individus, des entreprises, mais aussi, en théorie, des agents publics.

    Cette ferveur disciplinaire pousse aujourd’hui les villes chinoises à une course aux équipements de détection – à commencer par les outils de reconnaissance faciale, permettant d’identifier dans une foule ou sur des photos en ligne des suspects recherchés ou des gens disparus. Le système Sky Net de caméras installé dans 16 municipalités et provinces chinoises aurait ainsi permis de confondre 2 000 fugitifs en deux ans. Et des policiers ont même testé en février dans une gare de Zhengzhou, capitale de la province du Henan, la reconnaissance faciale incorporée à des lunettes.

    « Contrôlocratie »

    Les Chinois ont pour beaucoup une attitude ambivalente face à cette profusion de gadgets de surveillance ou de contrôle. Le droit à la vie privée est fragile en Chine – en raison d’abord d’un Etat de droit déficient. En outre, l’expression yinsi (« vie privée », en chinois) évoque plus le secret et la clandestinité qu’un espace individuel sacro-saint.

    Ces avides utilisateurs de smartphones et des réseaux sociaux n’en ont pas moins appris du reste du monde à dénoncer les atteintes à la vie privée émanant d’entreprises ou de hackeurs. Les scandales ne sont pas rares : les développeurs d’une application d’agrégation de contenus, Jinri Toutiao, ont par exemple été accusés récemment d’écouter les appels téléphoniques à l’aide du micro du smartphone et de proposer des publicités en lien avec les conversations.

    En revanche, les intrusions d’origine étatique et sécuritaire dans la vie quotidienne sont surtout vues comme un progrès bienvenu pour des services de police et de justice longtemps perçus comme inefficaces et corrompus. « La première chose qui me vient à l’esprit quand je vois toutes ces caméras, tous ces contrôles de cartes d’identité, c’est que je suis en sécurité », nous dit Monica Wang, une jeune chef d’entreprise.

    Obnubilé par la défense du régime, l’Etat policier chinois met en effet moins d’ardeur à résoudre les délits de droit commun qu’à contrôler les dissidents ou censurer les réseaux sociaux. Or, ce biais, craignent les militants des droits de l’homme, ne va pas s’estomper avec la montée en gamme de la « contrôlocratie » (selon l’analyste politique norvégien Stein Ringen) de Xi Jinping. Les représailles exercées à l’encontre d’un dissident et sa famille – pressions sur l’employeur, le propriétaire ou l’école des enfants – pourraient se traduire par des sanctions « automatiques » et possiblement inamovibles et opaques, dans divers domaines.

    « Le système de crédit social n’est pas une mauvaise chose pour la Chine, il y a un vrai besoin, dit l’avocat Liang Xiaojun. Mais il risque d’être vite utilisé de manière détournée. L’appareil policier s’en sert par exemple pour mieux contrôler des personnes ciblées et non parce qu’elles enfreignent la loi. »

    Pour Maya Wang, de Human Rights Watch, se profile en Chine une moisson sans limite de données sur les citoyens à des fins de surveillance et de contrôle – dont les données biométriques (ADN, caractéristiques du visage) ou encore les échanges sur les réseaux sociaux. « C’est une violation directe du principe de protection des données personnelles. Celui-ci impose que le citoyen comprenne clairement quelles données on garde sur lui, qu’il donne son accord et que ces données restent dans un périmètre très précis, comme le médical », explique-t-elle.

    L’ONG dénonce ainsi l’expérience de « police prédictive » dont la région autonome ouïgoure du Xinjiang sert de terrain d’essai. Ses habitants musulmans sont vus avec suspicion par Pékin. Une multitude de données privées captées par la surveillance électronique ou humaine, comme l’assiduité à la prière ou le fait de contacter des personnes à l’étranger, servent à imposer à des personnes des sessions de rééducation en centre de détention. « En Chine, les lois sont vagues et l’arbitraire domine, dit Maya Wang. C’est la recette parfaite pour une vraie catastrophe. »

  • Election présidentielle sous contrôle en Azerbaïdjan
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/04/11/election-presidentielle-sous-controle-en-azerbaidjan_5283874_3216.html

    Les 5,2 millions d’électeurs azerbaïdjanais sont appelés aux urnes, mercredi 11 avril, pour un scrutin présidentiel sans suspense. Le président Ilham Aliev, au pouvoir depuis 2003, sera reconduit pour un nouveau mandat de sept ans. Les opposants, dont certains sont emprisonnés, ont appelé au boycottage du scrutin. Pour faire bonne mesure et entretenir une illusion de pluralisme, le pouvoir a poussé des fidèles à présenter leur candidature.

    Ce vote devait initialement se tenir le 17 octobre 2017, mais le président a décidé en février de l’avancer de six mois. Les autorités assurent que cette décision a pour but d’éviter un chevauchement des prochaines élections présidentielle et législatives, prévues pour 2025. Cette justification a suscité des critiques, notamment auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération européenne (OSCE), qui contrôle les scrutins azerbaïdjanais depuis 1995.

    Les observateurs de l’OSCE ont ainsi pu assister à onze élections, et pas une ne s’est déroulée sans que des malversations soient dénoncées : intimidations et représailles, fonctionnaires forcés de prendre part aux rassemblements en faveur du président en fonction, bourrages d’urnes…

    … et pourtant la mission parlementaire française a toujours émis un rapport encourageant sur l’évolution dans le bon sens de la démocratie azerbaïdjanaise. Cf. Mme N. Goulet (d’après la liste publiée des missions parlementaires https://seenthis.net/messages/632004, 4 voyages là-bas aux frais du parlement azerbaïdjanais (3) ou de la présidence azerbaïdjanaise de 2014 à 2016, en sus des missions d’observations électorales à proprement parler)

    cf. aussi (par exemple) #Diplomatie_du_caviar #Carviargate
    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/diplomatie-du-caviar-en-azerbaidjan-une-enquete-anti-corruption-en-europe_1

  • Pékin patine sur ses « nouvelles routes de la soie »
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/11/28/pekin-patine-sur-ses-nouvelles-routes-de-la-soie_5221371_3216.html

    Les « nouvelles routes de la soie » chinoises n’avancent pas comme sur du velours. La grande initiative diplomatique du président Xi Jinping se traduit essentiellement par des projets d’infrastructures construits et souvent financés par la Chine dans des pays amis. L’objectif est pour Pékin à la fois d’étendre son influence et d’écouler ses surplus industriels, notamment d’acier et de ciment. Mais, coup sur coup, le Népal et le Pakistan ont annulé des projets chinois de barrages sur leur territoire.

    Ce double revers démontre que les méthodes de Pékin suscitent des résistances. C’est sur son compte Twitter que le vice-premier ministre népalais, Kamal Thapa, a annoncé, lundi 13 novembre, que son gouvernement abandonnait un projet de barrage à 2,5 milliards de dollars que devait construire un groupe chinois : « Lors du conseil des ministres, il a été conclu que l’accord passé avec le Gezhouba Group pour le projet hydroélectrique de Budhi Gandaki avait été adopté sans réflexion, et comportait des irrégularités. Il a été rejeté sur les recommandations d’une commission parlementaire. » Cette commission a notamment critiqué le manque de transparence lors de l’attribution du marché. Il n’y avait pas eu d’appel d’offres. Situé à 80 kilomètres de Katmandou, le barrage devait fournir 1 200 mégawatts d’électricité à un pays où les coupures de courant sont monnaie courante.

    Dans le cas du Pakistan, la mesure est moins radicale. Le pays a décidé de poursuivre le projet de barrage de Diamer-Bhasha, de 4 500 mégawatts, qui sera bien construit par une entreprise chinoise. Mais Islamabad se passera de la Chine pour le financer, prenant en charge les 14 milliards de dollars nécessaires. Le Pakistan a demandé à la Chine d’exclure le barrage du « corridor économique sino-pakistanais », la déclinaison locale des « nouvelles routes de la soie ».

    #route_de_la_soie #One_Belt_One_Road #OBOR

  • « Si la liberté de navigation est bafouée en mer de Chine, elle le sera partout »
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/10/31/si-la-liberte-de-navigation-est-bafouee-en-mer-de-chine-elle-le-sera-partout

    Le droit de la mer est remis en question par les politiques du fait accompli, selon l’amiral Denis Bertrand, commandant de la zone maritime Pacifique et des forces armées en Polynésie française.

    La frégate Auvergne vient d’effectuer une mission de huit jours en mer de Chine du Sud, passant par les îles Spratleys, mais également, ce qui est plus nouveau pour la marine française, à proximité des îles Paracel, qui sont aussi revendiquées par la Chine. Pourquoi cette navigation ?
    L’importance de cette navigation dans la région est illustrée dans la revue stratégique de la défense nationale qui vient d’être adoptée par le président de la République : elle souligne l’affirmation de la puissance chinoise, son influence régionale, et le développement considérable de ses capacités militaires. Nous avons un point de préoccupation, qu’a rappelé la ministre des armées en juin au Shangri-La Dialogue [le grand rendez-vous des ministres de la défense de la zone Asie-Pacifique] : la défense d’un ordre international fondé sur le droit. Cela vaut pour la piraterie, la prolifération avec la Corée du Nord, les pêches illégales, ou les entraves à la liberté de navigation. L’application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est remise en question par les politiques du fait accompli.

    Pour conserver son autonomie stratégique, la France doit préserver sa capacité d’appréciation de la situation. Il nous faut entretenir nos connaissances sur l’évolution des équilibres internationaux et régionaux, les comportements des uns et des autres. Depuis fin 2014, plus d’une dizaine de bateaux français ont ainsi transité dans la région, là où le droit de la mer nous y autorise, y compris dans ces zones contestées. Avec trois mots-clés : lisibilité, constance, équilibre.

    Quel est le bilan de ces transits ?
    Quand on navigue dans de telles zones, on apprend énormément des réactions, comme de l’absence de réactions observée. Nos transits nous montrent que la Chine a des réactions de plus en plus professionnelles, qu’elle est attentive à ce qu’il se…

    #paywall

    La France se met aussi aux mission #FoN #Freedom_of_Navigation

    • L’article de la journaliste embarquée (également sous #paywall, on ne connait pas le détail du passage près des Paracels ou Spratleys (dans les eaux territoriales revendiquées ou pas)

      A bord de l’« Auvergne », en mer de Chine du Sud
      http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/10/31/a-bord-de-l-auvergne-en-mer-de-chine-du-sud_5208107_3216.html

      La frégate française a effectué une mission inédite dans les îles Spratleys et Paracel, revendiquées par Pékin.

      #mer_de_Chine_méridionale

    • A bord de l’« Auvergne », en mer de Chine du Sud

      La frégate française a effectué une mission inédite dans les îles Spratleys et Paracel, revendiquées par Pékin.

      Un typhon sévit au nord, le vent dépasse les 75 km/h. Derrière les trombes d’eau qui s’abattent sur le port militaire malaisien de Kota Kinabalu, on devine avec peine les îles ceinturant les eaux chaudes et boueuses de la baie. Le navire de guerre s’arrache du quai entre deux bourrasques, sous un brouillard laiteux. Vendredi 20 octobre, l’Auvergne, la dernière née des frégates de la marine française, file sur la mer de Chine méridionale vers les îles Spratleys.

      Ces récifs proches des Philippines sont convoités par tous les pays de la région, au premier rang desquels la Chine, qui y bâtit des installations en dur. Dans les prochains jours, le bateau poussera jusqu’aux Paracel, au large du Vietnam. Là aussi, Pékin militarise cet archipel disputé qui forme la ligne de défense primordiale de son flanc sud.

      La lutte anti-sous-marine pour priorité

      Les cartes – britanniques – sont sorties sur la table de navigation de l’Auvergne. Les marins français ont tout à apprendre de la mer de Chine méridionale, de ses hauts-fonds plongeant jusqu’à 4 000 mètres. Ici transite la moitié du trafic commercial mondial. Les tensions régionales et internationales montent sous l’effet de la politique d’extension territoriale menée par Pékin, que les Occidentaux qualifient de « fait accompli ». La marine française mène là sa première mission opérationnelle complète jusqu’au nord de la zone. La frégate a pour priorité la lutte anti-sous-marine.

      Les nations qui comptent dans le Pacifique (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Australie) assurent toutes ici une présence militaire visible en mer. Ce vendredi, trois frégates russes anti-sous-marines viennent d’arriver à Manille, à la veille d’une réunion des ministres de la défense de l’Asie du Sud-Est.

      « Il y a du monde sous l’eau », convient le commandant Xavier Breitel. Dont, bien sûr, des bâtiments chinois, y compris les sous-marins nucléaires les plus récents de l’Armée populaire de libération. Pékin a justement annoncé le 28 octobre qu’en prévision de déploiements plus nombreux, il allait créer au sein de sa flotte du Sud une unité de sauvetage sous-marine. Si l’Auvergne et son hélicoptère Caïman, avec leurs sonars, détectent un de ces navires, ce serait une autre première. « Un américain, c’est surfait ! », ironise un premier-maître du bord.

      A bord de l’Auvergne, l’on s’interroge : comment les Chinois vont-ils réagir ? Depuis 2015, une dizaine de bateaux français ont navigué près des Spratleys. La marine française a des moyens limités, mais ses passages en mer de Chine se systématisent, avec des missions de renseignement. Bien qu’ils croisent toujours dans les eaux internationales, soit au-delà de 12 milles nautiques (22,2 km) des îles disputées, la moitié des navires français ont été « marqués » par la marine de Pékin : simplement interrogés à la radio ou, plus brutalement, suivis de près par des frégates.

      « Un transit sans agressivité »

      La Chine n’est « pas une menace », rappelle toutefois le commandant à l’équipage. « Il s’agit simplement de passer, comme n’importe quel navire, dans les eaux internationales. Un transit sans agressivité pour faire valoir le droit de navigation », annonce-t-il. La France veut se distinguer des Etats-Unis, qui pratiquent des « opérations de liberté de navigation » en bonne et due forme.

      Les bateaux de guerre américains, en effet, effectuent des tours complets des îlots contestés, sillonnent en profondeur les atolls, dessinent de vastes huits sur les eaux… En août, le USS McCain s’est approché à 6 milles de Mischief (Meiji en chinois), dans les Paracel, pour la troisième « opération » en mer de Chine méridionale menée depuis l’élection de Donald Trump, qui a régulièrement reproché à Pékin ses annexions de fait. Un « acte portant gravement atteinte à la souveraineté de la Chine », a aussitôt réagi Pékin en affirmant avoir « expulsé » le navire.


      La frégate multimissions Auvergne au cours de sa mission en octobre 2017

      L’Auvergne a prévu de naviguer à une distance de 30 et 13 milles des îlots contestés. La frégate commence par progresser discrètement jusqu’au 10e parallèle. Radars et système d’identification coupés, sonars éteints, hélicoptère au hangar, elle n’apparaîtra pas plus grosse qu’un modeste chalutier dans les capteurs adverses. Mais dans un second temps, son attitude sera bien celle, ostensible, d’un bateau de guerre vaquant à ses activités.

      Ce vendredi, les marins sont appelés au poste de combat dès 20 heures. A l’issue de la nuit, fanions, projecteurs et appareils photo sont en place pour d’éventuels échanges avec les militaires chinois. Les mitrailleuses 12,7 mm ont été armées sur les flancs de la passerelle. L’Auvergne se tient prête à une approche. « Je m’attends à être marqué », souligne le commandant. Il faudra alors tout enregistrer. « Derrière, il y a aussi une guerre de l’information. » La subtilité consistera à réagir au nom de la sécurité maritime plutôt que selon les lois de la guerre, sans jamais donner l’impression de se plier à un ordre militaire chinois. « Je resterai sur la même route, à la même vitesse. »

      Marins las

      Samedi 21, le récif de Commodore s’inscrit à gauche de la route sur les écrans de navigation. Dehors, dans la chaleur pesante, seuls des pêcheurs dispersés occupent les eaux. Mais plus haut, à l’approche du récif de Mischief, deux radars chinois sont repérés. Actifs. Puis, à la mi-journée, un troisième. Des échanges de données sont captés. A l’est, un ravitailleur militaire chinois fait également route vers Mischief.

      Le 10e parallèle franchi, comme prévu, la frégate se dévoile. « French warship ! French warship ! », crie le chef du quart sur la radio. Les radars sont de nouveau branchés – les instruments de guerre électroniques chinois ne pourront manquer de les repérer. L’hélicoptère se prépare à décoller, lui aussi avec son sonar, une bouée largable redoutée des sous-marins.

      Mais en retour, nul appel. Nul bateau en route vers l’Auvergne. L’esquive. Depuis la passerelle, on scrute la dizaine de bateaux de bois multicolores qui sillonnent le coin. Ils ressemblent à de vrais pêcheurs, non à des « sonnettes », ces milices armées déguisées en civils qui font office de force avancée chinoise dans les Paracel. Dans l’attente, la frégate s’oblige à garder une route régulière, s’offrant à la houle forte. Changer d’allure, se retourner, virer, sont des manœuvres militaires agressives en mer. « Le problème, à vouloir éviter les pêcheurs, c’est qu’on finit par être radial [perpendiculaire] vers les eaux territoriales ! », remarque un officier de quart.

      Partis depuis deux mois, les marins de l’Auvergne sont las. Cette nouvelle frégate « multimissions », conçue pour un équipage réduit de moitié, use les hommes, et voilà que la veille interminable achève d’éprouver leurs nerfs. L’action se dérobe. Toute la nuit, le sonar actif de l’Auvergne va fouiller la mer, réveillant l’équipage de son sifflement strident.

      « Tremblez dans vos boîtes de conserve ! »

      Dimanche 22 au petit jour, sortie des Spratleys. L’hélicoptère s’envole, sous un ciel plombé, s’assurer que la frégate n’est pas suivie. Quand il a pris son quart en ce début de journée, le « midship » (le cadet des officiers) a promis une belle journée aux sous-marins qui pisteraient l’Auvergne : « Tremblez dans vos boîtes de conserve ! »

      A l’approche de Scarborough, récif que la Chine dispute aux Philippines, un garde-côte chinois est identifié, qui ignore la frégate. Tandis que l’on guette un rendez-vous plus ou moins courtois en surface, les sonars continuent de balayer sans complexe de larges espaces sous l’eau, avec l’espoir d’attirer des adversaires et d’en dévoiler la signature sonore. « Nous faisons le pari qu’en allant à tel endroit, le sous-marin qui se trouve possiblement dans la zone ira à tel autre », explique un officier au poste central des opérations. « Une marine présente ici ne peut pas nous ignorer », précise le commandant. A 19 heures, on pense tenir un sous-marin. Un contact sérieux, classé possible submarine, est enregistré. Furtif, lui aussi.


      La frégate multimissions « Auvergne », en octobre.

      Sur la mer continuellement agitée, la frégate roule, cap vers les Paracel. Lundi, l’hélicoptère est revenu de sa dernière patrouille avec un nouveau contact possible sous la surface. Il en attrape un autre au matin du quatrième jour, mardi. « En matière de lutte anti-sous-marine, ne rien ramener n’est pas forcément un échec. On fait naître le doute chez l’adversaire. Et s’il y avait quelqu’un dans la zone, on l’aura bien embêté », souligne le pilote, A. « Pas de contact direct avec les Chinois, c’est aussi une info ! », lâche l’officier opérations R.

      Pékin compte vingt avant-postes dans les Paracel et renforce ses installations militaires sur huit de ces îles. Le jour suivant, au large de l’île Lincoln, sur l’eau devenue bleu-gris, la frégate dessine une boucle en vue de redescendre vers Singapour, escortée d’une nuée de mouettes chasseuses d’exocets. Au passage du récif de Bombay, dans l’après-midi blanc du mercredi, des radars chinois sont de nouveau repérés.

      Retarder l’échéance

      La réaction chinoise survient soudain quand le bateau, laissant sur son arrière droite la principale base de l’Armée populaire sur l’île de Woody, longe les hauts-fonds Macclesfield. Un avion de patrouille maritime chinois surgit dans les radars, venu du nord-est. La preuve, s’il en était encore besoin, que Pékin envoie ses moyens militaires de surveillance loin de ses eaux territoriales reconnues.

      L’avion vient reconnaître la frégate. « Très professionnel. Le bateau ne s’est jamais senti menacé », juge le commandant Breitel. Dans les airs, le patrouilleur est resté à 12 milles, dessinant un cercle pour contourner l’Auvergne. Puis il a filé vers le sud, avant de remonter plein nord. Et quand, par deux fois, la frégate a modifié son mouvement, par deux fois l’avion a amendé sa trajectoire.

      Bien que restée muette, il se pourrait que la marine chinoise ait suivi l’Auvergne depuis le début de son périple. Et qu’elle ait appliqué un principe du stratège Sun Tzu : « Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. » La Chine adapte son attitude aux différentes nations qui sillonnent la zone, souligne l’état-major français.

      Mais entre l’esquive et l’action de force, Pékin exprime sa volonté inébranlable de consolider ses positions sur les Paracel et les Spratleys. « Si la liberté de navigation est bafouée ici, elle le sera partout à court terme », souligne Denis Bertrand, l’amiral commandant la zone maritime française Pacifique. Le risque est de voir un jour la mer de Chine du Sud se fermer comme un lac, prenant en otage les intérêts des autres puissances. En naviguant dans ces eaux chaudes et lointaines, les marins espèrent retarder l’échéance.

    • « Si la liberté de navigation est bafouée en mer de Chine, elle le sera partout »

      Le droit de la mer est remis en question par les politiques du fait accompli, selon l’amiral Denis Bertrand, commandant de la zone maritime Pacifique et des forces armées en Polynésie française.

      La frégate Auvergne vient d’effectuer une mission de huit jours en mer de Chine du Sud, passant par les îles Spratleys, mais également, ce qui est plus nouveau pour la marine française, à proximité des îles Paracel, qui sont aussi revendiquées par la Chine. Pourquoi cette navigation ?

      L’importance de cette navigation dans la région est illustrée dans la revue stratégique de la défense nationale qui vient d’être adoptée par le président de la République : elle souligne l’affirmation de la puissance chinoise, son influence régionale, et le développement considérable de ses capacités militaires. Nous avons un point de préoccupation, qu’a rappelé la ministre des armées en juin au Shangri-La Dialogue [le grand rendez-vous des ministres de la défense de la zone Asie-Pacifique] : la défense d’un ordre international fondé sur le droit. Cela vaut pour la piraterie, la prolifération avec la Corée du Nord, les pêches illégales, ou les entraves à la liberté de navigation. L’application de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est remise en question par les politiques du fait accompli.

      Pour conserver son autonomie stratégique, la France doit préserver sa capacité d’appréciation de la situation. Il nous faut entretenir nos connaissances sur l’évolution des équilibres internationaux et régionaux, les comportements des uns et des autres. Depuis fin 2014, plus d’une dizaine de bateaux français ont ainsi transité dans la région, là où le droit de la mer nous y autorise, y compris dans ces zones contestées. Avec trois mots-clés : lisibilité, constance, équilibre.

      Quel est le bilan de ces transits ?

      Quand on navigue dans de telles zones, on apprend énormément des réactions, comme de l’absence de réactions observée. Nos transits nous montrent que la Chine a des réactions de plus en plus professionnelles, qu’elle est attentive à ce qu’il se passe, qu’elle surveille.

      Par ailleurs, la plupart de nos déploiements comportent des escales en Chine. Notre attitude s’inscrit dans une relation de grand pays à grand pays. Nous sommes capables de nous dire les choses franchement, tout en ayant une bonne relation de dialogue. Je me déplace dans tout le Pacifique plusieurs fois par an. J’ai des entretiens bilatéraux réguliers avec des responsables chinois de l’Armée populaire de libération (armée de terre, marine, armée de l’air), des garde-côtes, et de la coopération internationale. Le message de la France est compris.

      Faut-il déployer plus de navires en mer de Chine, sachant que les moyens français sont limités ?

      Nous faisons déjà beaucoup. La France est le seul pays européen du Pacifique. Le seul à y maintenir en permanence des forces, et à y déployer chaque année des bateaux militaires de premier rang. Envoyer l’Auvergne, l’un des meilleurs bâtiments de lutte anti-sous-marine du monde, est un investissement pour affirmer notre présence et entretenir notre autonomie stratégique. Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian avait incité les Européens à faire de même. Si la liberté de navigation est bafouée ici, elle le sera partout à court terme.

      Nous ne sommes pas du tout dans une logique d’escalade. Mais nous sommes attachés à suivre les équilibres d’une région où quatre nations membres du Conseil de sécurité de l’ONU voisinent : la France, les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

      Dans le même temps, deux frégates chinoises ont fait escale à Toulon ces derniers jours. Pourquoi ?

      La Chine a fait la démonstration de ses capacités océaniques acquises ces dernières années. Ses groupes navals déployés en Europe, dans l’océan Indien ou dans le Pacifique témoignent de cette accélération. La présence de navires chinois en France traduit une relation mature entre deux grands pays liés par un partenariat stratégique fondé sur un principe de réciprocité.

  • http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/08/15/kim-jong-un-se-dit-pret-a-agir-mais-attend-de-voir-l-attitude-de-washington_

    Kim Jong-Un a formulé l’idée de mettre en pause les projets nord-coréens de tirs sur l’île de Guam, à condition que les Etats-Unis suspendent leurs manœuvres militaires avec Séoul.

    C’est vraiment niveau cour d’école et c’est le premier qui arrête qui est le plus intelligent des deux. Pendant ce temps-là, les personnes photographiées autour de Kim Jong-Un continuent, inlassablement, de prendre des notes sur de petits calepins.

  • Un débat sexiste, inapproprié et rétrograde. En Nouvelle-Zélande, le milieu politique a dénoncé le traitement réservé à Jacinda Ardern, candidate au poste de premier ministre, interrogée avec insistance sur ses projets de maternité. La jeune femme de 37 ans, désignée mardi 1er août à la tête du Parti travailliste pour conduire la campagne législative à moins de huit semaines du scrutin, prévu le 23 septembre, avait pourtant gardé le sourire lors des premières questions indiscrètes. L’élue d’Auckland a elle-même évoqué, dans le passé, son envie d’avoir des enfants et les difficultés à concilier une vie de famille avec des fonctions à haute responsabilité. « J’ai toujours été ouverte à la discussion car c’est un dilemme auquel, je pense, font face de nombreuses femmes », dit-elle en éludant la question.
    Le ton a changé mercredi, lorsqu’un animateur de télévision a insisté et suggéré qu’à l’instar des employeurs, les électeurs ont le droit de savoir si elle compte prendre un congé maternité. Elle a jeté un regard incendiaire à son interlocuteur : « Il est tout à fait inacceptable, en 2017, de dire qu’une femme doit répondre à cette question à son travail. C’est inacceptable, inacceptable. » « Ignore l’attaque sexiste et continue ton travail », lui a conseillé, dans un Tweet, l’ex-première ministre, Helen Clark, tandis que la commissaire aux droits de l’homme de Nouvelle-Zélande, Jackie Blue, a rappelé que la loi interdit de poser ce type de questions au cours d’un entretien d’embauche.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/08/05/en-nouvelle-zelande-la-nouvelle-chef-des-travaillistes-pourfend-le-sexisme_5

    #sexisme #travail #femmes #discrimination #paywall

  • Taliban carry out mass kidnapping in Afghanistan’s #Kandahar province

    Taliban militants have reportedly killed at least seven Afghan villagers after abducting 70 of them on Friday. Afghan officials say some 30 villagers in the country’s south have been released while 30 are still missing.


    http://www.dw.com/en/taliban-carry-out-mass-kidnapping-in-afghanistans-kandahar-province/a-39805761

    #Afghanistan #Talibans

  • President Kh.Battulga takes office | The UB Post
    http://theubpost.mn/2017/07/17/president-kh-battulga-takes-office

    The inauguration for newly elected President Kh.Battulga took place on July 10 at the State Palace, and outgoing President Ts.Elbegdorj presented Kh.Battulga with the state seal.
    […]
    On July 10, President Kh.Battulga received Aide to the President of the Russian Federation Igor Yevgeniyevich Levitin, Aide to the Prime Minister of Japan and Chair of the Japan-Mongolia Friendship Group of the House of Representatives of Japan Motoo Hayashi, Ambassador of China to Mongolia Xing Haiming and Ambassador of the European Union to Mongolia Hans Dietmar Schweisgut to exchange views on relations and cooperation between Mongolia and their respective countries and organizations.

    Je ne sais pas si l’ordre de réception des représentants étrangers (Russie, Japon, Chine, Union européenne) est significatif…

  • DEMOCRATIC PARTY : WE WIN | The UB Post
    http://theubpost.mn/2017/07/08/democratic-party-we-win

    The run-off voting for the 2017 presidential election has taken place throughout Mongolia on July 7.

    At 1:00 a.m. on June 8, the General Election Commission (GEC) made an announcement about voter turnout of the run-off election. Head of GEC Ch.Sodnomtseren noted that 1,119,723 (60.4 percent) of 1,982,733 registered took part in the election, with 1,983 poll stations collecting votes across Mongolia.

    According to the preliminary ballot count at 2:40 a.m. on Saturday, Democratic Party (DP) candidate Kh.Battulga had won 609,950 votes (50.6 percent), M.Enkhbold received 496,185 votes (41.2 percent) of all votes, and 99,350 voters (8.2 percent) had cast blank ballots.

    … et pour la couleur locale…

    During the run-off election, voting machines in a number of poll stations of Tuv Province stopped working because the bar codes on some ballots had printing errors and a task force from the General Intelligence Agency, Information Technology Center, and Communications and Information Technology Authority was put in charge of addressing the issue.

    The task force reprogrammed the machines to read the ballots with printing errors to resolve the issue, reported GEC. On Friday, GEC issued a resolution to conduct a hand counting of all the ballots from all poll stations in Tuv Province to verify the ballots counted through voting machines.

    • L’annonce du Monde

      Ancien judoka, homme d’affaires, nationaliste… Qui est le nouveau président mongol ?
      http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/08/ancien-judoka-homme-d-affaires-nationaliste-qui-est-le-nouveau-president-mon

      Ancien judoka devenu homme d’affaires, Battulga (les Mongols utilisent communément le prénom) est un personnage haut en couleur. Son parti est passé dans l’opposition aux législatives de juin 2016 et il devra donc présider sans majorité. Il prend les rênes de la Mongolie à un moment où le pays traverse une grave crise économique, puisqu’il fait l’objet d’un plan de sauvetage du Fonds monétaire international (FMI) de 5,5 milliards de dollars, un peu moins de la moitié de son PIB, pour stabiliser ses finances publiques.

      Pour Antoine Maire, docteur associé au CERI-Sciences Po, auteur de Les Mongols, insoumis (Editions Ateliers Henry Dougier, 2016), le nouveau président représente « une sorte de nationaliste mongol » qui surfe sur un sentiment anti-chinois.

      Qui est Khaltmaa #Battulga ?
      Antoine Maire : Battulga est un personnage très controversé, mais qui a un côté romanesque. Il incarne à lui tout seul beaucoup des aspects de ce qu’est devenue la Mongolie. A la base, c’est un champion de judo, qui au tournant de la révolution démocratique a utilisé les réseaux qu’il avait noués pour se lancer dans les affaires, notamment dans les importations de produits étrangers en Chine. Il a assez vite construit un conglomérat, le groupe Genco. On dit que le nom vient du magasin où se rend Corleone dans le film Le Parrain de Coppola, ça rajoute donc au mythe.

      la suite derrière #paywall

  • Le cardinal australien George Pell, argentier du Vatican, inculpé pour sévices sexuels sur enfants
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/29/97001-20170629FILWWW00016-le-cardinal-australien-george-pell-argentier-du-v

    Le cardinal George Pell, préfet du secrétariat pour l’économie du Vatican, a été officiellement inculpé d’abus sexuels. L’ecclésiastique de 76 ans doit se présenter le 18 juillet devant le tribunal de première instance de Melbourne pour y être entendu. « Le cardinal Pell doit répondre de multiples accusations liées à des crimes sexuels anciens », a déclaré le commissaire adjoint de la police de l’Etat de Victoria, ajoutant lors d’une conférence de presse que "de multiples plaignants" étaient liés à cette affaire.

    Selon l’archidiocèse de Sydney, le cardinal rejette "vigoureusement" les accusations de pédophilie et rentrera en Australie pour se défendre. Les faits présumés remontent aux années 1970, 1980 et 1990.

    L’affaire a été dévoilée l’été dernier par la chaîne australienne de télévision ABC, qui a dit s’être procuré les dépositions de huit victimes présumées, de témoins et de proches impliqués dans l’enquête.

    La police australienne avait annoncé en octobre dernier avoir interrogé le cardinal Pell à Rome.

    Prêtre dans des régions rurales de l’Etat de Victoria dans les années 1970 et 1980, George Pell est devenu archevêque de Melbourne en 1996 puis de Sydney en 2001. Il a pris ses fonctions au Vatican en 2014.

    La tête de myxine de ce violeur d’enfants multirécidiviste et multi-récompensé par son club de l’amical des violeurs qu’on appel souvent « église catholique » m’est familière. Au debut j’ai pensé que c’était à cause de sa ressemblance avec ma grand-mère les jours de mariage.

    En vérité, c’est d’une autre manière que j’ai vu ce #grand_homme
    En plus de violer les enfant pendant au moins 30-40ans, ce pédovioleur aime bien porter la #cappa_magna. Or j’avais fait des recherches sur ce vetement pour un dessin : http://www.madmeg.org/p216

    La cappa magna, est un vêtement qu’affectionnent les intégristes cathos, symbole de la toute puissance de l’église. Les victimes de cet ecclésiastique ont du savouré le symbole !
    C’est une cape de 9m de long, ce qui as l’avantage de nécessiter beaucoup d’enfants pour la porter, tout bénef pour Pell.


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    ici on peu le voire qui montre sa trique au pape :


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    et là avec le pape B52 qui récite la prière « Laissez venir à moi les petits enfants »

    #viol #pedoviol #catholicisme #culture_du_viol #cappa_magna #symbole #pedophilie

    • Depuis de nombreuses années, George Pell, premier dignitaire de l’Eglise catholique australienne, est accusé dans son pays d’avoir couvert des prêtres pédophiles en les aidant, par exemple, à les muter de paroisse en paroisse. L’an passé, il avait allégué son état de santé pour ne pas se rendre en Australie témoigner devant une commission. Mais plus récemment, les enquêteurs se sont intéressés directement à lui.

      Il y a un an, en juillet 2016, la police a confirmé qu’elle enquêtait sur des plaintes à propos d’actes qui auraient été commis dans les années 1970 à Ballarat, la ville dont est originaire le cardinal et qui a été le théâtre de nombreux crimes pédophiles perpétrés par des prêtres. George Pell avait alors vivement dénoncé une campagne menée par les médias australiens contre lui. En octobre, des enquêteurs de l’Etat de Victoria, où se trouve Ballarat, avaient annoncé qu’ils s’étaient rendus au Vatican pour l’interroger.

      Deux hommes, aujourd’hui âgés d’une quarantaine d’années, ont accusé le cardinal d’attouchements dans une piscine à la fin des années 1970. « Vous savez, sa main qui vous touche le sexe à travers le maillot ou le short. Et puis, petit à petit, ça devient la main dans le maillot », avait raconté l’un des plaignants à la télévision publique ABC. Ces plaintes, parmi d’autres, ont été rendues publiques, mais la police n’a pas dit si elles étaient au cœur de la procédure qui a conduit à l’inculpation du cardinal.
      Le pape François embarrassé

      La mise en examen du cardinal australien est une catastrophe pour le pape François. Depuis des années, le pontife argentin est critiqué par des associations de défense de victimes d’abus sexuels, notamment pédophiles, dans l’Eglise, pour maintenir sa confiance au prélat australien, l’un des deux responsables les plus importants de la curie romaine. Dans le cadre des réformes qu’il conduit pour rationaliser une administration parfois déficiente, François lui a confié, dès le début de son pontificat, d’importants pouvoirs de contrôle économiques sur l’ensemble des dicastères (l’équivalent des ministères) du Vatican. Le pape avait choisi ce cardinal australien, pourtant issu des rangs conservateurs de l’Eglise, pour son caractère trempé et son savoir-faire financier.

      Mais les soupçons de la justice australienne ont très vite rattrapé le prélat, alors même que le chef de l’Eglise catholique a promis de n’avoir aucune tolérance pour les prêtres reconnus coupables d’abus ou pour les évêques qui les auraient couverts. Lorsque les accusations d’abus ont été portées directement contre le cardinal en 2016, François avait dit vouloir attendre que la justice australienne se prononce. « C’est entre les mains de la justice et on ne peut pas juger avant le système judiciaire. La justice doit suivre son cours (…) et la justice rendue par les médias ou par la rumeur ne sert à rien. Lorsque la justice aura parlé, je parlerai », avait-il dit.

      Le cardinal Pell a été ordonné prêtre en 1966 à Rome, puis il est revenu en Australie en 1971 où il a gravi les échelons de la hiérarchie catholique. Il a été nommé archevêque de Melbourne en 1996 puis de Sydney en 2001. En 2014, le pape François l’a appelé à Rome pour mettre de la transparence dans les finances du Vatican.

      En Australie, une commission royale qui a enquêté pendant quatre ans sur la pédophilie a révélé en février qu’entre 1950 et 2010, 7 % des prêtres avaient été accusés de pédophilie. Cette commission a entendu en mars 2016 le cardinal Pell. Il a alors nié avoir protégé des prêtres pédophiles, tout en reconnaissant d’« énormes erreurs » de l’Église catholique.

      http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/06/29/l-argentier-du-vatican-inculpe-en-australie-pour-sevices-sexuels-sur-enfants

      7% de prêtres accusés, ca laisse songeureuses sur le nombre de prêtres qui n’ont jamais été inquiétés, car le victimes sont peu nombreuses à se manifestées.

      Pour l’Australie en plus il y a les enlèvement d’enfants aborigènes qui étaient placé dans des institutions et sur lesquels les religieux et religieuses ont du bien se déchainé·e·s. Ca m’étonnerait que toutes ces victimes soient entendu par la justice de ce pays. Et ces institutions racistes catholiques existaient jusqu’en 1969 selon wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rations_vol%C3%A9es

      Le rapport « Bringing Them Home » de 1997 révèle que les enfants aborigènes placés dans des institutions ou familles d’adoption se virent souvent interdits de pratiquer leur langue, l’idée étant de les couper définitivement de leurs racines culturelles aborigènes. Les enfants devaient recevoir un minimum d’éducation suffisant pour faire d’eux des travailleurs manuels ou (dans le cas des filles) des domestiques. D’après ce même rapport, 17 % des filles et 8 % des garçons des « générations volées » furent victimes d’abus sexuels au sein des institutions d’accueil et des familles d’adoption.

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      George Pell, en plus d’être l’organisateur de la fuite de nombreux prêtres accusés de viol, est aussi le ministre de l’économie du Vatican, en charge de la banque du Vatican. Une banque qui pratique le blanchiment d’argent de la mafia italienne et probablement d’autres. Qui touche donc des royalties sur les bénéfices de la prostitution, y compris d’enfants, trafique de drogue, d’armes, racket, trafique d’organe, pollution, enlèvement, chantage ou que sais-je.

      Quelques sources là dessus datant de 2013 :

      La banque du Vatican a pu faciliter le blanchiment d’argent
      http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/La-banque-du-Vatican-a-pu-faciliter-le-blanchiment-d-argent-2013-07-06-983

      La Banque du Vatican accusée de faciliter le blanchiment d’argent
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/07/06/la-banque-du-vatican-accusee-de-faciliter-le-blanchiment-d-argent_3443666_32

      Le pape François a mis en place une commission d’enquête sur la banque et affirme préparer une profonde restructuration de l’institution bancaire, l’une des plus secrète au monde, au coeur de scandales financiers, dans le cadre de réformes plus larges de la bureaucratie au Vatican.

      Une commission d’enquête dirigée par un cardinal accusé de pédophilie de 1970 à 1990 et qui a organiser la fuite de prêtres accusés de pedocrimes et qui était en charge de la région dans laquelle il y avait le plus de pédocrimes par curés de toute l’Australie !

      Deux ans plus tard voici le nouveau conte de fée que nous sert le Vatican via le figaro :

      http://www.lefigaro.fr/societes/2015/05/26/20005-20150526ARTFIG00209-le-pape-francois-fait-fructifier-les-profits-de-l

      L’Institut pour les œuvres de religion (IOR) a enregistré un bénéfice net de 69,3 millions d’euros l’an passé, soit plus de 20 fois le bénéfice de 2013. Un regain de forme considérable pour le Saint-Siège, fruit d’une lutte totale pour limiter les dépenses extraordinaires.

      C’est le résultat d’une profonde remise en cause d’un système gangrené pendant de longues années par de nombreux scandales entourés de blanchiment d’argent, de pots-de-vin et d’assassinats non élucidés. Après la publication d’un premier bilan annuel historique en 2013, l’Institut pour les œuvres de religion, la banque du Vatican, a présenté un exercice 2014 record avec 69,3 millions d’euros de bénéfices, soit plus de 20 fois que les résultats de 2013 (2,3 millions d’euros).

      Pell à juste trouvé une combine pour planquer l’argent sale (plus de 20 fois le bénéfice de 2013 avec de 4000 à 5000 comptes en moins !), comme il le faisait pour planquer les pedovioleurs avant sa promotion.

    • Des Australiens créent un fonds pour aider le cardinal Pell inculpé d’abus sexuels
      http://www.liberation.fr/planete/2017/07/02/des-australiens-creent-un-fonds-pour-aider-le-cardinal-pell-inculpe-d-abu

      John Roskam, directeur de l’Institute for Public Affairs (IPA), un think tank conservateur australien, a déclaré que des personnes qui soutiennent le cardinal Pell avaient ouvert un compte bancaire pour recevoir des dons qui serviront à rétribuer l’équipe de défenseurs du prélat. « Il y a de nombreuses personnes qui veulent soutenir le cardinal et lui donner la possibilité de se disculper », a dit John Roskam dans l’édition de dimanche du Herald Sun, un quotidien de Melbourne.

      L’archidiocèse de Sydney avait annoncé la semaine dernière qu’il aiderait le cardinal à se loger lorsqu’il viendrait en Australie pour répondre aux accusations, mais qu’il n’assurerait pas les frais liés à sa défense.

      J’espère que les fidèl·e·s donneront autant pour le fond d’aide aux victimes d’abus sexuels

    • Pédophilie : un cardinal, ex-conseiller du pape, devant la justice australienne

      http://www.liberation.fr/planete/2018/05/01/pedophilie-un-cardinal-ex-conseiller-du-pape-devant-la-justice-australien

      Un communiqué très laconique, à peine deux lignes, dans la tradition du Vatican quand les histoires sont embarrassantes. A Rome, mardi, le Saint-Siège, selon les termes utilisés, a donc « pris note de la décision rendue publique par les autorités judiciaires en Australie. L’an passé, le Saint Père avait accordé un congé au cardinal Pell pour qu’il puisse se défendre ». Quelques heures auparavant, la justice australienne avait fait savoir que l’ex-numéro 3 de la curie romaine et grande figure du catholicisme du pays serait jugé pour des faits d’agressions sexuelles, la date du procès devant être fixée de manière imminente. Jamais un prélat de si haut rang n’avait été inquiété par la justice pour de telles accusations.
      Droit dans ses bottes

      « Le cardinal Pell ne pourra pas bénéficier de l’immunité diplomatique ; c’est ce que sous-entend le communiqué du Vatican », estime le vaticaniste italien Iacopo Scaramuzzi. L’ancien « ministre des Finances » du Vatican, personnalité influente, avait quitté provisoirement ses fonctions en juillet 2017, contraint de rentrer dans son pays pour répondre d’accusations d’abus sexuels dont il fait l’objet depuis plusieurs années. Selon des sources informées, il est très peu vraisemblable que George Pell reprenne un jour ses fonctions au Vatican.

      Droit dans ses bottes, le prélat a décidé de plaider non coupable, niant les faits qui lui sont reprochés. Au terme d’un mois d’auditions, le tribunal de Melbourne a cependant écarté plusieurs charges contre lui, les plaignants n’étant pas crédibles aux yeux de la justice australienne. Pour le moment, en raison de la procédure, les détails des faits reprochés au cardinal ne sont pas connus. Le pape François a choisi, de son côté, de garder le silence affirmant qu’il parlerait « quand la justice aurait parlé ».

      Très conservateur, Pell avait pris une place importante au sein de la curie romaine au début du pontificat de François, assainissant les finances parfois douteuses du Vatican. « Il a joué un rôle dans son élection », estime Iacopo Scaramuzzi. De fait, le cardinal australien n’est pas du tout sur la même ligne que François, s’opposant même à ses réformes.
      Virage majeur

      Sans nul doute, le Vatican demeurera discret dans l’affaire Pell. A la suite de son désastreux voyage au Chili en janvier, le pape François a opéré un virage majeur sur la question de la pédophilie. La semaine dernière, il a reçu très longuement trois victimes du prêtre chilien Fernando Karadima, figure marquante dans son pays avant de tomber pour des faits de pédophilie.

      Plusieurs victimes de ce prêtre avaient accusé des membres de la hiérarchie catholique chilienne d’avoir couvert Karadima, mettant particulièrement en cause l’évêque Juan Barros. Lors de son déplacement au Chili, le pape lui avait pourtant apporté un soutien inconditionnel, provoquant une immense polémique.

      Sous le coup de très nombreuses critiques, et cela même dans des cercles qui lui sont proches tels que les jésuites, le pape a opéré un revirement remarqué dans l’affaire Karadima-Barros. Il a d’abord chargé un homme de confiance, l’archevêque maltais Charles Scicluna d’une enquête sur place. A la lumière de ses conclusions, François a fait spectaculairement amende honorable dans une lettre envoyée, le 8 avril dernier, aux évêques chiliens. « Cela me cause beaucoup de douleur et de honte », écrivait-il reconnaissant avoir commis de « graves erreurs d’évaluation et de perception ». Un ton peu habituel dans la bouche d’un pape…
      Bernadette Sauvaget

  • Le Japon se dote d’une législation qui fait craindre une répression accrue
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/05/27/le-japon-se-dote-d-une-legislation-qui-fait-craindre-une-repression-accrue_5

    Le texte, censé permettre de lutter contre le terrorisme et le crime organisé, renforcerait la surveillance de la population. Sous couvert de prévention du terrorisme et du crime organisé, le gouvernement japonais se dote d’un arsenal législatif très controversé. Le projet de loi contre toute forme de « conspiration » a été voté le 23 mai par la Chambre basse et devrait l’être à la mi-juin par le Sénat. S’il entre en vigueur, il permettra la mise en examen d’une personne ou d’un groupe pour son implication (...)

    #surveillance #législation

  • Killing C.I.A. Informants, China Crippled U.S. Spying Operations - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/05/20/world/asia/china-cia-spies-espionage.html

    La #Chine aurait exécuté une douzaine d’informateurs de la #CIA, selon le New York Times
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/05/22/la-chine-aurait-execute-une-douzaine-d-informateurs-de-la-cia_5131667_3216.h

    Une douzaine d’informateurs chinois de la CIA en Chine auraient été exécutés entre fin 2010 et fin 2012, selon le New York Times. Six ou huit autres auraient été arrêtés, représentant « l’une des pires brèches dans le travail du renseignement [américain] des dernières décennies », selon d’actuels ou d’ex-officiels américains cités.

    La CIA ainsi que le #FBI vont, à partir de 2011, traquer de possibles agents doubles au sein du réseau diplomatique américain, et enquêter sur une éventuelle infiltration par les Chinois de leur réseau de communication crypté. Ils constateront que certains agents américains rencontraient leurs sources dans un restaurant de Pékin truffé de micros et où les serveurs étaient eux aussi des espions. Les habitudes de la communauté du #renseignement américain en Chine sont ainsi passées au crible, depuis un bureau secret dans le nord de la Virginie. Mais aucune des enquêtes menées n’a permis d’élucider le mystère.

    #Etats-Unis #espionnage

  • Aux Philippines, le secteur minier écarte du pouvoir la ministre de l’environnement
    Militante passionnée, Gina Lopez s’était lancée dans une croisade contre l’industrie du nickel.
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/05/05/aux-philippines-le-secteur-minier-ecarte-du-pouvoir-la-ministre-de-l-environ

    Les intérêts des grands groupes auront eu raison de la bouillante secrétaire d’Etat à l’environnement : le Congrès des Philippines a refusé, mercredi 3 mai, la confirmation à ce poste de Gina Lopez, que le chef de l’Etat, Rodrigo Duterte, avait nommée en juin 2016 après son accession à la présidence.

    Par deux fois déjà, en novembre et en mars, les membres du Congrès avaient refusé la confirmation de Mme Lopez, 62 ans. Cette dernière s’était lancée dans une véritable croisade contre l’industrie minière, tâche pour le moins ardue compte tenu du poids des puissantes industries et des grandes familles de l’élite des affaires sur la conduite de la vie politique de l’archipel.

    En annonçant qu’elle entendait fermer vingt-huit des quarante et une mines de nickel du pays, elle s’était immédiatement mis à dos les grands groupes : les sites visés représentent la moitié de la production de ce métal aux Philippines, pays par ailleurs riche en réserves de cuivre. Les groupes miniers sont accusés de longue date par les mouvements écologistes de polluer les rivières, les rizières et les chutes d’eau.
    « Le parti du business »

    « Si vous voulez être confirmé dans vos fonctions [aux Philippines], ne vous attaquez pas aux magnats des affaires ! » s’est écriée Gina Lopez lors d’une conférence de presse après l’annonce de la décision du Congrès. « C’est un mauvais signe quand on voit que les députés ne s’attachent pas à défendre le droit des Philippins, mais prennent le parti du business », a-t-elle ajouté, manifestement écœurée.

    Sa dernière mesure aura été son chant du cygne : Mme Lopez avait décidé fin avril d’interdire les mines à ciel ouvert, déclenchant les foudres de Mining Inc, un groupe important. Les responsables d’un projet de cette industrie dans le sud du pays, potentiellement l’un des plus grands au monde en matière d’extraction de cuivre, avaient notamment mis en avant, pour critiquer la ministre

    Y’a moyen d’avoir la suite ?

    • suite :

      Les responsables d’un projet de cette industrie dans le sud du pays, potentiellement l’un des plus grands au monde en matière d’extraction de cuivre, avaient notamment mis en avant, pour critiquer la ministre, le fait que 1,2 million d’ouvriers dépendent de l’activité minière dans l’archipel.

      En mars, la chambre de commerce des mines des Philippines avait soumis une pétition au Congrès contre la secrétaire à l’environnement, affirmant que les décisions de cette dernière étaient « illégales et sans fondement .

      Gina Lopez est un personnage hors norme : fille d’un milliardaire de Manille, elle a grandi dans l’élite avant de devenir professeure de yoga. Durant une vingtaine d’années, elle fut une sorte de missionnaire de cette pratique, vivant au Portugal, en Inde, en Afrique. Après avoir gagné la présidentielle de mai 2016, Rodrigo Duterte avait rencontré Gina Lopez à Davao, ville du sud des Philippines dont il a été le maire pendant une vingtaine d’années. La passion de la fougueuse militante pour la protection de la nature avait convaincu le nouveau chef de l’Etat, qui l’avait nommée peu après ministre de l’environnement.

      M. Duterte, dont la présidence a été entachée, en à peine un an, par une lutte impitoyable contre la drogue qui a fait plusieurs milliers de morts chez revendeurs et usagers, entendait mener aussi une bataille pour la défense de l’environnement. Il avait ainsi agité, en mars, la menace d’interdire les opérations de l’ensemble de l’industrie minière de son pays, l’accusant notamment de « déstabiliser » son gouvernement. Il avait ajouté, sans autre précision : « Quand il s’agit de la préservation de mon pays, je fais ce qui est nécessaire. » Déclaration dont il est difficile de décrypter le message tant se sont multipliées les sorties verbales et contradictoires d’un président fantasque et provocateur.

      Les groupes de défense de l’environnement n’ont pas tardé à critiquer le gouvernement, l’associant aux intérêts industriels : « On voit clairement pour qui bat le coeur de l’administration Duterte », a réagi la Green Thumb Association, qui regroupe des dizaines d’organisations écologistes.

      Le président a de son côté regretté le refus du Congrès de confirmer le poste de Gina Lopez : « C’est dommage, j’aime vraiment le caractère passionné de Gina », a-t-il dit, ajoutant : « Mais que voulez-vous, nous sommes en démocratie et les lobbys de l’argent sont les plus forts. Je ne contrôle pas tout. »

  • #Tokyo joue sur le péril nord-coréen pour réformer sa #Constitution pacifiste
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/05/03/tokyo-joue-sur-le-peril-nord-coreen-pour-reformer-sa-constitution-pacifiste_

    C’est dans une atmosphère de fortes tensions régionales et d’incertitudes sur la politique étrangère américaine que le #Japon a célébré, mercredi 3 mai, le 70e anniversaire de sa Constitution, et plus spécifiquement, de l’article 9 proclamant son renoncement à la #guerre.

    D’après un sondage de l’agence de presse Kyodo publié le même jour, 49 % des Japonais estiment que cet article doit être revu, contre 47 % qui s’y opposent. Pour la première fois, les partisans d’une modification dépassent les opposants. Ce changement découle de la situation en Asie de l’Est. En mars, trois missiles nord-coréens s’étaient abîmés dans la zone économique exclusive du Japon, entre 300 km et 350 km de l’île principale d’Honshu.

  • #Imerys en Agfhanistan : une entreprise française peut-elle s’approvisionner en pleine zone de conflit avec les talibans ?
    http://multinationales.org/Imerys-en-Agfhanistan-une-entreprise-francaise-peut-elle-s-approvis

    Une enquête du Monde raconte comment Imerys, firme française spécialisée dans la fourniture de minéraux à l’industrie, a discrètement monté une #chaîne_d'approvisionnement en talc au #Pakistan et en #Afghanistan. L’extraction du matériau se fait dans une zone disputée par les talibans et des groupes terroristes, et contribuerait indirectement à leur financement. Après la mise en cause de Lafarge pour avoir poursuivi ses activités en Syrie malgré la guerre civile et la proximité de Daech (lire notre article), (...)

    Actualités

    / #Industries_extractives, Imerys, Pakistan, #Le_Monde, Afghanistan, #droits_humains, #conditions_de_travail, chaîne d’approvisionnement, #industries_extractives, responsabilité sociale des (...)

    #responsabilité_sociale_des_entreprises
    « http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/13/un-talc-tout-en-douceur-dans-la-guerre-des-talibans_5078682_3216.html »
    « http://www.imerys.com/scopi/Group/ImerysCom/imeryscom.nsf/pagesref/REBA-AJJLYJ/$File/CP%20Imerys%2013%20f%C3%A9vrier%202017%20VF.pdf »

  • Comment une entreprise française se fournit en talc au pays des talibans

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/13/un-talc-tout-en-douceur-dans-la-guerre-des-talibans_5078682_3216.html

    Le français Imerys s’approvisionne en Afghanistan dans une zone occupée par les insurgés, finançant ainsi la guerre civile.

    « Etre un acteur responsable, c’est préparer l’avenir », revendique avec fierté le groupe français Imerys sur son site Internet. Pour ce spécialiste des minéraux industriels, leader mondial du secteur avec un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’euros en 2015, l’avenir se prépare aussi en sécurisant ses approvisionnements. Présent dans plus de 50 pays, Imerys omet toutefois d’en mentionner un : l’Afghanistan.
    Une enquête menée par Le Monde révèle que ce spécialiste des minéraux industriels, coté en Bourse et contrôlé par le milliardaire belge Albert Frère – associé à la famille canadienne Desmarais –, s’approvisionne en talc, à travers un intermédiaire pakistanais, à Nangarhar, une province de l’est de l’Afghanistan en proie à une insurrection armée des talibans et de l’organisation Etat islamique. L’extraction minière y constitue l’une des principales sources de financement des insurgés.

    Tout commence en 2011. Cette année-là, le groupe français, qui cherche à élargir son portefeuille de minéraux, rachète au géant Rio Tinto le français Luzenac, l’un des leaders mondiaux de la production de talc, pour 232 millions d’euros. Jean-François Robert, alors directeur à Toulouse des ressources de ce producteur, voit dans cette acquisition une aubaine. Lui qui plaidait sans succès auprès de Rio Tinto pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement en Afghanistan va enfin être entendu. Il connaît bien le Pakistan, pour y avoir effectué trois séjours entre juillet 2008 et mars 2009. A l’époque, tous les producteurs cherchent une alternative à la Chine. Depuis que la demande intérieure du géant asiatique a décollé, le minerai blanc n’est plus disponible à l’exportation, ou alors à un coût élevé et d’une piètre qualité.

    A son retour du Pakistan, Jean-François Robert tente de convaincre Rio Tinto d’y nouer des partenariats. Rio Tinto Minerals, qui s’approvisionne déjà en talc afghan en petites quantités, tergiverse. C’est finalement Imerys qui, après avoir racheté Luzenac, décide de franchir le pas en 2011.

    Talc très prisé

    Le groupe français explique avoir pris cette décision sur la base d’un rapport commandité en 2010 par Rio Tinto Minerals à un cabinet dont il ne souhaite pas dévoiler le nom. « L’objet de l’étude consistait à vérifier que la chaîne de fourniture de talc depuis l’Afghanistan respectait les règles internationales et les règles éthiques de Rio Tinto. Ses conclusions ont été positives sur tous ces aspects », affirme Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys.

    Cette même année, d’autres rapports rendus publics s’alarment pourtant de la dégradation de la situation dans la province de Nangarhar, où se situent les mines. « Au début de 2011, un nombre croissant d’incidents ont été signalés à Nangarhar », note la même année l’organisation indépendante norvégienne Landinfo dans une étude, qui relève que la région est « extrêmement dangereuse ». Le district de Khogyani, où Imerys a l’intention de se fournir en talc, y est décrit comme une « zone disputée, contrôlée ni par les autorités ni par les insurgés ».

    Malgré le durcissement du conflit avec les talibans, Imerys autorise donc Jean-François Robert à mettre en place une chaîne d’approvisionnement en talc afghan, via le Pakistan. Les concentrations massives d’un talc de qualité satisfaisante, et pouvant donner lieu à une extraction commerciale, sont rares dans le monde. Au sud de l’Afghanistan, elles sont d’une qualité exceptionnelle. Le pays regorge d’un talc très prisé, notamment par les constructeurs automobiles. Ils en consomment en moyenne 13 kg par véhicule, notamment pour la fabrication de tableaux de bord ou de pare-chocs – le minerai contribue à la rigidité du plastique en réduisant son poids.
    L’industrie automobile est prête à payer le surcoût lié au transport depuis l’autre bout de la planète. Le talc sert aussi d’agent d’enrobage des comprimés dans l’industrie pharmaceutique, à la fabrication du papier, de la céramique, de la peinture… et du maquillage. Imerys précise qu’il « procure de la douceur aux poudres corporelles, un aspect soyeux au maquillage et (...) augmente la douceur des savons tout en réduisant le coût de leurs formulations ». Un talc tout en « douceur » acheté dans une région en guerre.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    Production augmentée

    Pour mettre la main sur ce minerai, Imerys souhaite rester discret. Un approvisionnement dans le sud de l’Afghanistan risquerait de mettre à mal son image d’« entreprise responsable », d’autant que la France est engagée à ce moment-là, au côté des troupes de l’OTAN, dans un conflit où elle perdra 86 de ses soldats, selon le décompte du site Internet indépendant Icasualties.org. Imerys choisit donc de passer par un intermédiaire pakistanais. North West Minerals, une entreprise dirigée par deux frères, apparaît comme le partenaire idéal. Un document interne à Imerys, consulté par Le Monde, précise que l’un des deux frères est un ancien fonctionnaire dans une zone tribale du Pakistan, l’autre un officier de l’armée pakistanaise à la retraite – leur père ayant été attaché militaire à l’ambassade du Pakistan aux Etats-Unis.

    Ces relations étroites avec l’armée pakistanaise sont cruciales pour assurer le transport du talc de l’Afghanistan vers le Pakistan, dans des zones fortement militarisées. « La famille appartient à la communauté pachtoune des Parachinar, très bien introduite auprès des autorités locales », ajoute le document. Qui lui permet d’entretenir des liens étroits avec des propriétaires de mines issus de la même communauté, de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan. Pour rassurer les dirigeants d’Imerys sur la possibilité d’un partenariat, il est précisé que les deux frères ont reçu une « éducation occidentale » et qu’« ils parlent bien anglais ».

    North West Minerals loue à partir d’octobre 2011 un entrepôt à Karachi pour stocker et trier le talc d’Imerys. Mais, très rapidement, le groupe français ne se contente pas d’en acheter. Il propose de verser 1,5 million de dollars (1,4 million d’euros) à son partenaire pour augmenter et améliorer sa production. « Ce n’était pas un prêt, mais plutôt une avance sur paiement, remboursable à travers une remise sur chaque tonne qui nous est livrée, sans limitation de durée », reconnaît Vincent Gouley, d’Imerys. Et Imerys déduit sur chaque tonne, achetée entre 205 et 249 dollars, une somme d’environ 10 dollars.

    Un accord est signé en juillet 2013. Le premier versement de 500 000 dollars est effectué le 20 août 2013, suivi d’un second, puis d’un troisième, du même montant, quelques mois plus tard. Imerys donne des consignes claires sur les investissements : la construction d’une plate-forme de tri à Peshawar et d’une plate-forme logistique à Karachi. Mois après mois, Jean-François Robert, qui a refusé de répondre aux questions du Monde, tient scrupuleusement les comptes, vérifie que chaque dépense est bien engagée, de l’achat des machines à l’acquisition de terrains. Sur un tableau Excel, il vérifie qu’à chaque dépense effectuée par North West Minerals « le travail est effectué comme prévu dans le plan ». Puis, dans la colonne « preuves », il mentionne « les visites de sites avec photos » ou encore « les factures payées au fournisseur ».

    Les ventes de talc afghan à destination d’Imerys, dans ses usines aux Etats-Unis et en Europe, passent de 20 000 tonnes en 2012 à 39 000 tonnes en 2014.

    Rien que la qualité

    Imerys va encore plus loin. A plusieurs reprises, ses employés se rendent à Peshawar, la ville pakistanaise la plus proche de la frontière afghane, pour rencontrer les propriétaires des mines afghanes. Il s’agit de leur donner des conseils sur les techniques d’extraction, et accessoirement sur les procédures de sécurité pour éviter que des ouvriers ne meurent ensevelis dans des mines. Aucun employé d’Imerys ne peut se rendre sur place, pour des raisons de sécurité évidentes. Mais les photos qui accompagnent les présentations PowerPoint faites à la direction du groupe français suggèrent des conditions de travail spartiates. Des hommes creusent le flanc des montagnes à coups de barres de fer, ou à l’aide de pelleteuses sur les sites plus importants. D’autres cassent les roches à l’aide de marteaux-piqueurs, chaussés de sandales. Parfois les roches de talc sont transportées à dos de mulet.


    Tri du talc Afghan, acheté par Imerys, dans un entrepôt de Karachi. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’ Imerys en novembre 2011.

    L’un des fournisseurs afghans d’Imerys, à travers North West Minerals, s’appelle Dost Mohammad, « l’un des plus influents producteurs de la région », comme l’explique un mémo interne rédigé en 2015 par Imerys. A la tête de l’entreprise Shamshir Zamir Ltd, il possède des mines à ciel ouvert dans le petit district de Khogyani, qui comprend « seize petits villages très pauvres », note l’entreprise française. Un district qui est surtout en guerre, et où l’organisation Etat islamique fait une première incursion en septembre 2015. Dès 2011, un attentat-suicide tue des habitants sur un marché et une école est incendiée.
    En août 2013, de violents combats opposent les forces de l’armée afghane aux talibans, faisant des dizaines de morts. Qu’importe, le problème d’Imerys n’est pas la guerre mais la qualité du minerai.

    Le spécialiste des minéraux industriels sélectionne lui-même les mines afghanes où il souhaite s’approvisionner, en testant la pureté de leurs échantillons. L’une des mines évaluées se situe à « Kapisa, près de la base militaire française ». Elle sera retenue par Imerys Talc. La qualité, rien que la qualité. Et, pour garantir le meilleur produit à ses clients, l’entreprise va mettre en place une procédure de contrôle très particulière. Sur chaque bloc de talc arrivé d’Afghanistan, des techniciens doivent prélever des échantillons et les envoyer, de Peshawar à Toulouse, pour rejeter ceux qui contiennent des traces d’amiante, cancérigènes. Un point sur lequel de nombreuses entreprises de cosmétiques, qui vendent de la poudre pour bébé, sont intransigeantes.

    Argent détourné

    En 2014, Imerys Talc suggère même de former dans son laboratoire de Toulouse un technicien pakistanais. Sur les cartes de l’entreprise, seules les ressources en talc « blanc cristal », le plus noble et plus pur de tous, sont mentionnées. North West Minerals a mis à disposition de Dost Mohammad plusieurs camions et du matériel pour qu’il puisse extraire le talc et l’acheminer de l’autre côté de la frontière. Jean-François Robert note tout, dessine même sur une carte les routes empruntées par les camions depuis la mine afghane jusqu’à la ville pakistanaise de Peshawar en passant par Jalalabad et le poste-frontière de Torkham.

    Imerys consolide sa chaîne d‘approvisionnement alors qu’au même moment les rapports d’organisations internationales se multiplient pour alerter sur l’aggravation du conflit au Nangarhar et la mainmise des talibans sur les ressources minières. « Selon les autorités afghanes, les talibans ont pris le contrôle d’importantes opérations minières dans la province de Nangarhar. L’extraction de talc semble particulièrement préoccupante », met en garde l’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions de l’ONU, dans un rapport public soumis au Conseil de sécurité en août 2015.

    En octobre 2016, la situation est loin de s’améliorer. Le même comité précise au Conseil de sécurité que les talibans « extorquent de l’argent aux exploitations minières qui opèrent avec la licence du gouvernement ». Ashfaq Bangash, l’un des dirigeants de North West Minerals, admet tout juste qu’« il faut payer des taxes à la tribu locale et au village, en plus de celle versée au gouvernement », sans davantage de précisions.

    « Le talc coûte entre 40 et 60 dollars la tonne lorsqu’il sort de la mine afghane, et 150 dollars quand il arrive dans l’entrepôt de North West Minerals, de l’autre côté de la frontière. Entre les deux, entre 50 et 100 dollars partent dans les taxes officielles, les transports… et dans la nature », explique au Monde une source bien informée de la chaîne d’approvisionnement à la frontière afghane. Une partie de l’argent est en fait détournée par des fonctionnaires corrompus et par les insurgés.


    Une mine de talc à Nangarhar, la province à l’est de l’Afghanistan d’où provient le talc acheté par Imerys. Extrait d’un compte rendu de visite au Pakistan d’un employé d’Imerys en novembre 2011.

    « Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? »

    Les talibans ou les groupes qui se revendiquent de l’organisation Etat islamique prélèvent des sommes, en espèces, à la sortie des mines, et parfois des « taxes de transport » sur la route reliant Jalalabad au poste-frontière de Torkham, la seule menant vers le Pakistan. Les sommes prélevées sont impossibles à chiffrer. Le groupe français, dont les achats de talc afghan représentent entre 1 % et 3 % de l’approvisionnement global selon les années, précise que ce ne sont que des « approvisionnements d’appoint ».

    Du point de vue des talibans afghans, l’argent tiré de l’extraction minière, qui concerne également le marbre, le fer, les terres rares, le lithium ou encore les pierres précieuses, n’a rien de négligeable, puisque cette activité constitue, d’après l’ONU, leur deuxième source de financement. Pour les militants de l’organisation Etat islamique, qui ont banni la culture de l’opium et de la marijuana dans les districts qu’ils contrôlent, ces revenus tirés de l’extraction minière sont même cruciaux.

    Un rapport rédigé en février 2016 par le centre d’études Afghanistan Research and Evaluation Unit (AREU) à partir d’informations collectées dans la province de Nangarhar donne de précieuses informations sur le financement des insurgés. Presque rien ne leur échappe : de l’opium à la dîme prélevée sur les récoltes en passant par les ventes de peaux de bêtes.

    « Le principal interlocuteur de notre partenaire North West pour son approvisionnement en talc d’origine afghane est le gouvernement lui-même, qui exerce un contrôle étroit sur la filière locale d’extraction de talc », explique Vincent Gouley, porte-parole d’Imerys. Les propriétaires de mines afghanes ont en effet fourni leurs licences à North West Minerals, ainsi qu’à Imerys. Mais que valent-elles ?
    Celle de Dost Mohammad existe bien, dans les registres du ministère afghan des ressources minérales, mais elle ne prévoit l’exploitation que de 5 000 tonnes par an, un chiffre dérisoire par rapport à la réalité. « De nombreux propriétaires de mines sous-évaluent la production pour payer le minimum de royalties. Quel fonctionnaire ira vérifier dans une zone en guerre ? », remarque Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier.

    Pots-de-vin

    Selon l’étude menée par l’AREU, les représentants du gouvernement ne peuvent pas s’aventurer au-delà des chefs-lieux de district ou des principaux axes routiers de Nangarhar, et sont considérés par la population comme agissant « au service de leurs propres intérêts » : « Ils sont perçus par une large partie de la population rurale comme incapables d’assurer le leadership requis, la sécurité ou le soutien économique. »

    « L’industrie minière, légale et illégale, est gangrenée par la corruption à Nangarhar », renchérit Asadullah Zemarai, de l’organisation afghane de lutte contre la corruption Integrity Watch Afghanistan (IWA). Selon ce chercheur, des pots-de-vin sont prélevés sur l’extraction et le transport des minerais vers le Pakistan et reversés à des députés, des membres du conseil de la province, des représentants des ministères afghans du commerce et des ressources minières.

    En quelques années, Imerys a mis sur pied une chaîne d’approvisionnement complexe, qui s’étend des mines d’Afghanistan jusqu’à ses usines en Europe ou aux Etats-Unis. Dans la zone industrielle du port de Qasim, à Karachi, l’entrepôt par lequel transite le talc d’Imerys n’est signalé par aucune pancarte. Il est connu là-bas sous le nom de l’« usine de la poudre blanche ». Des hommes et des femmes trient le minerai à mains nues, parfois sous un soleil de plomb.
    Employés à la journée, ils sont payés 4,50 euros pour dix ou douze heures de travail. L’usine ferme parfois ses portes pendant des semaines, lorsque les approvisionnements cessent. « Aucun enfant ne travaille ici, témoigne au Monde un ouvrier de la plate-forme logistique de North Western Minerals à Karachi. Le seul problème, c’est que nous n’avons ni gants ni aucune protection pour notre travail, et rien pour nous soigner en cas d’accident. »

    La direction d’Imerys a exprimé une fois ses craintes quant à la chaîne d’approvisionnement mise en place. C’était pour s’inquiéter de l’utilisation des fonds versés à North West Minerals. Dans un courrier daté du 10 avril 2014, Jean-François Robert évoque une réunion qui s’est tenue à Dubaï entre les responsables de North West Minerals et Daniel Moncino, membre du conseil exécutif du groupe et adjoint de Gilles Michel, le PDG d’Imerys. Daniel Moncino a, selon le courrier consulté par Le Monde, mis en doute l’« utilité » de l’entrepôt de Karachi. L’entreprise française missionne en 2014 le cabinet d’audit Mazars, basé au Pakistan, pour passer au peigne fin les comptes de North West Minerals, qui en est sorti blanchi.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection »

    Pourquoi le leader mondial des minéraux industriels a-t-il pris le risque de s’approvisionner dans une région en guerre, alors qu’il se targue d’être une « entreprise responsable » ? En 2016, les insurgés exerçaient un contrôle dans au moins 37 % des districts d’Afghanistan, une superficie qui n’a jamais été aussi vaste depuis 2001. Près de 11 500 civils ont été tués ou blessés cette même année, dont un tiers d’enfants, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan.

    Le « code d’éthique et de conduite des affaires » d’Imerys consacre pourtant un chapitre aux droits de l’homme, où il est écrit : « Quel que soit l’endroit où nous nous trouvons, nous cherchons à nous assurer que la présence d’Imerys encourage des relations saines et qu’elle évite les conflits civils. » Et plus loin : « en fonction de la gravité des actes commis par un administrateur, cadre dirigeant ou employé d’Imerys, et dans le respect du droit local applicable, Imerys prendra les mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’au licenciement, afin de sanctionner les comportements répréhensibles et décourager tout nouvel acte similaire de la part d’un administrateur, cadre dirigeant ou employé du groupe ».

    Dans son rapport d’activité de 2015, Imerys affirme n’exploiter « aucun site en lien avec des minerais alimentant les conflits ». Il y est même précisé que le directeur de l’innovation est chargé de la conformité des « activités d’achat et de la chaîne d’approvisionnement » aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme…

    Ces engagements permettent à l’action Imerys d’être présente dans de nombreux indices dits d’« investissement responsable », tels Ethibel Excellence Europe, qui regroupe des sociétés pionnières en termes de responsabilité sociale d’entreprise. Dans son dernier rapport d’activité, publié en mars 2016, Imerys indique être présent dans d’autres indices, tels le FTSE4Good Index Series, le MSCI Global Sustainability Index, le STOXX Global ESG Leaders Index ou encore l’indice Gaia mis en place par EthiFinance.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde »

    Javed Noorani, un spécialiste afghan du secteur minier
    En 2011, Arielle Malard de Rothschild a été nommée au conseil d’administration d’Imerys. La gérante de la banque Rothschild & Cie est aussi la vice-présidente de l’ONG Care International, dont le bureau de Kaboul a essuyé une attaque des talibans en septembre 2016. Est-elle au courant qu’Imerys s’approvisionne en talc afghan ? Arielle Malard de Rothschild a refusé de répondre à nos questions.

    « Le talc afghan alimente l’insurrection et devrait faire partie des “minerais de conflit” dont l’achat est interdit dans certaines autres régions du monde. Pourquoi l’Union européenne laisse-t-elle ses entreprises en acheter en Afghanistan ? C’est incompréhensible », estime Javed Noorani.

    Malgré les avertissements de nombreuses organisations internationales, dont l’ONU, Imerys continue d’acheter du talc de Nangarhar. Il affirme n’avoir « aucune présence en Afghanistan, ni aucun lien avec les sociétés exploitantes dans la région ».

    • Ce serait bien d’arrêter de mettre des liens vers le site du Monde , le site qui se targue de gérer la vérité vrai avec #Décodex.

      L’index de la vérité officielle privatiséee.
      Le monde, l’organe officiel du néolibéralisme français, le site qui est choqué par les « journaux » de gauche et qui les signale. Exemple Fakir.

      Ne plus publier de liens vers cette feuille de choux européiste , c’est frapper ses propriétaires milliardaires au portefeuille.

      Avant de publier quelque chose, faire une recherche afin de voir s’il n’y a pas un lien vers un autre site.
      Merci

  • Des centaines d’artistes sud-coréens portent plainte pour avoir été placés sur une « liste noire »
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/09/liste-noire-des-centaines-d-artistes-sud-coreens-portent-plainte_5077057_321

    Musiciens, écrivains, acteurs, réalisateurs, danseurs... Plusieurs centaines d’artistes sud-coréens ont porté plainte jeudi, notamment contre la présidente destituée Park Geun-hye, demandant réparation pour le fait d’avoir été placés par le gouvernement sur une « liste noire » de personnalités critiques envers le pouvoir.

  • #Corée_du_Sud : la ministre de la #culture démissionne après avoir été arrêtée
    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/21/coree-du-sud-la-ministre-de-la-culture-demissionne-apres-avoir-ete-arretee_5

    La ministre de la culture sud-coréenne a démissionné samedi 21 janvier après avoir été arrêtée pour avoir constitué une « liste noire » de quelque dix mille artistes critiques de la présidente destituée Park Geun-hye, a annoncé l’agence de presse Yonhap. Cho Yoon-sun aurait agi ainsi pour les priver de subventions gouvernementales et d’investissements privés et les placer sous la #surveillance des autorités.

    #censure #proscription

    • En Corée du Sud, une tente noire pour une liste noire - Libération
      http://www.liberation.fr/planete/2017/01/31/en-coree-du-sud-une-tente-noire-pour-une-liste-noire_1545309

      Une tente noire peuplée d’artistes en résistance au cœur de Séoul. Dans ce théâtre éphémère, une voix étranglée par l’émotion égrène les noms des victimes du naufrage du ferry Sewol qui a coûté la vie à plus de 300 personnes dont une majorité de lycéens, en 2014.

      Cette voix, c’est celle de Hong Yewon, membre du Comité du théâtre du peuple et coordinatrice du projet Black Tent. A l’origine de cette initiative, il y a la découverte d’une liste noire de personnalités critiques envers l’administration de la présidente Park Geun-hye, révélée par le quotidien Hankook Ilbo. Sur 100 pages figurent 9 473 noms d’artistes sud-coréens à qui l’on reproche d’être peu favorables au gouvernement actuel.

  • « Statue de fille » : Tokyo convoque son ambassadeur et son consul général à Busan | Agence de presse Yonhap
    http://french.yonhapnews.co.kr/national/2017/01/06/0300000000AFR20170106001600884.HTML?input=www.twitter.com

    En signe de contestation face à l’installation le 30 décembre dernier d’une « statue de fille », symbolisant les victimes de l’#esclavage_sexuel commis par l’armée impériale japonaise, devant le consulat général du Japon à Busan, le Japon a rapatrié provisoirement son ambassadeur à Séoul et son consul général à Busan. Séoul a affiché immédiatement ses regrets suite à cette réaction japonaise.

    Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Séoul, Cho June-hyuck, a indiqué dans un commentaire que « notre gouvernement met l’accent sur la continuité du développement des relations bilatérales sur la base de la crédibilité entre les deux gouvernements même s’il y a des difficultés entre les deux ».

    #femmes #symbole #violences_sexuelles #viols et #diplomatie #Japon #Corée

    • où le terme « femmes de réconfort » est toujours utilisé !

      « Le Japon et la Corée du Sud ont confirmé que l’accord conclu en 2015 résolvait le problème des femmes de réconfort de façon définitive et irréversible. En dépit de cela, une statue a été installée [à Busan], ce qui a des conséquences déplorables sur les relations entre les deux pays », a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

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      La statue placée le 28 décembre dans la ville portuaire méridionale de Busan par des militants sud-coréens est une copie de celle érigée en face de l’ambassade du Japon à Séoul. Elle avait été enlevée, mais les autorités locales sont revenues sur leur décision, laissant les militants l’installer à nouveau.

      Ce revirement faisait suite à la visite le 29 décembre par la ministre japonaise de la défense, Tomomi Inada, du sanctuaire tokyoïte Yasukuni qui honore des criminels de guerre nippons. Une telle démarche est vue comme une provocation par la Corée du Sud et la Chine.

      Le monument de Séoul, représentation en bronze d’une jeune femme assise, un petit oiseau posé sur l’épaule, est devenu très populaire dans le pays. Le Japon estime qu’elle aurait dû être retirée après la signature de l’accord fin 2015, mais Séoul dit avoir seulement accepté d’étudier cette possibilité. Depuis un an, des militants montent la garde 24 heures sur 24 pour empêcher son retrait.

      Plus de vingt monuments de ce type sont visibles en Corée du Sud, et une dizaine dans d’autres pays, dont les Etats-Unis et le Canada.

      http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/06/femmes-de-reconfort-tokyo-rappelle-son-ambassadeur-a-seoul_5058438_3216.html