Le désespoir le plus noir

/le-desespoir-le-plus-noir

  • Le désespoir le plus noir
    http://www.superno.com/blog/2013/05/le-desespoir-le-plus-noir

    “Créer des zemplois®”, qu’ils disaient. J’ai découvert en regardant “Envoyé Spécial” ce jeudi ce qui se cache derrière les #drives des #hypermarchés. Ces machins fleurissent aussi en Lorraine, mais j’avoue que je ne m’étais pas spécialement intéressé au sujet, essayant plutôt de trouver le moyen de laisser le moins de pognon possible dans ces temples de la con-sommation. C’était assez instructif. Au lieu d’aller sur place pousser ton caddie® au milieu de quelques milliers d’autres blaireaux qui se bousculent au milieu des allées criardes où se dégueulent les produits de l’industrie mondialisée, tu prends ton PC (ou plutôt ta tablette, c’est plus tendance et ça fait encore un produit à la con de plus chez toi) et tu tapotes : une boîte de petits pois au bisphénol, un paquet de yaourts au bifidus qui rend obèse, des dosettes de café à prix d’or, un flacon de roundup cancérigène, du PQ, des lasagnes au cheval, du raisin du Chili, des fraises d’Espagne sans goût (mais avec pesticides), 6 bouteilles en plastique remplies d’eau et des tampax. Tu cliques, tu paies, et voilà ! Bon déjà, tu as dû passer à peu près autant de temps devant ta machine que tu aurais passé dans le magasin, mais passons. Au bout d’un moment, tu es averti que tu peux venir chercher tes machins. Alors tu prends ta bagnole et tu vas au magasin. Ben oui, faut quand même aller au magasin. Mais tu ne fais pas la queue. Un #esclave intérimaire sous-payé vient déverser tes merdes dans le coffre de ta Hyundai 4x4 diesel, quêtant le pourboire. Tu ne lui en donnes pas, évidemment, puisqu’il faut payer les traites du 4x4, et mettre de côté pour acheter le nouveau modèle de tablette (ou de Hyundai). Et tu rentres chez toi pour mater la dernière vidéo de Nabila ou la saison 4 de je ne sais quelle sous-merde de série américaine, en te félicitant du temps que tu as gagné.

    Et entre le moment où tu as passé ta commande et celui où tu es venu ouvrir ton coffre, que s’est-il passé ? C’est simple : l’intérimaire en question a cavalé dans le magasin, guidé par un boulet électronique au poignet, pour aller chercher tes merdes et les coller à ta place dans le caddie, en y passant trois fois moins de temps que toi. Surveillé par sa machine, houspillé par son cheffaillon, viré s’il n’atteint pas les objectifs, cet esclave est pourtant fier d’avoir trouvé un de ces fameux “zemplois”. La grande distribution en revendique quelques milliers grâce à ce système. Tout en expérimentant sans doute déjà des entrepôts entièrement automatisés où des convoyeurs robotisés feront le boulot à la place des intérimaires.

    • Pas faux, c’est la version « Soleil Vert » de notre société qui se mélanchonise en se cassant le scrotum dans la piscine pendant que le Père Pivoine succédant à Zébulon entame son An II, son an pire...
      Aux échos de la récession répondent ceux de la régression, pas de boulot, pas de dodos. Non ce n’est pas une crise, non ce n’est pas une mutation, c’est une révolution. Et elle couve. Elle couve en silence, intériorisant les dégoûts de nos dirigeants, de nos directeurs de consciences : les rancœurs aussi de les voir jeter l’éponge sur la priorité des priorités uniquement dans les discours, dans tous les mots, les maux qui se taisent : il n’y a pas de croissance parce qu’il n’y a pas de marchés, pas plus de super-croissance sans un bon driver.