• Gilets jaunes : les racines de la colère
    https://www.latribune.fr/economie/france/gilets-jaunes-les-racines-de-la-colere-837037.html


    "Le sentiment de déclassement et de solitude" sont déterminants pour comprendre le mouvement des gilets jaunes selon le Conseil d’analyse économique.
    Crédits : Eric Gaillard

    Emploi, fiscalité locale, immobilier, associations, équipements publics et privés....dans une note éclairante, le conseil d’analyse économique (CAE), rattaché aux services du Premier ministre explique que la disparition des services de proximité et des commerces de détail ont amplement contribué à alimenter la colère des gilets jaunes.

    Colère sur les ronds-points, manifestations, violences,... pendant plusieurs mois, la révolte des gilets-jaunes a ravivé de nombreux débats sur les inégalités territoriales et la crise traversée par des populations dans des zones parfois délaissées par les pouvoirs publics et les entreprises. Pour tenter de mieux cerner les racines de ce malaise, le centre d’analyse économique (CAE), rattaché à Matignon, vient de publier une note éclairante sur les ressorts de ce mouvement social inédit. Pour les auteurs Yann Algan, Clément Malgouyres et Claudia Senik "la perte des lieux de socialisation semble participer au mal-être des territoires mobilisés dans le mouvement des gilets jaunes. A contrario, lorsque le tissu associatif local est plus dense, les expressions de mécontentement sont plus rares".

    Pour Philippe Martin, président de l’organisation, "il faut aller au delà des critères économiques [...] C’est surtout la variation des indicateurs dans le temps qui compte et pas forcément leur niveau". La prise en compte des indicateurs de bien-être paraît essentielle pour mesurer l’efficacité des politiques publiques. "L’impact de la concentration économique au niveau des métropoles par exemple peut avoir un impact négatif sur le bien-être [...] Il faut rééquilibrer les arbitrages entre l’économique et le bien-être" a-t-il ajouté lors d’un point presse. Alors que les élections municipales approchent à grand pas, l’exaspération de certaines catégories sociales devient un enjeu majeur pour de nombreux candidats et futurs élus.

    La fermeture des commerces de détail et des équipements publics alimente les colères
    Dans leurs travaux, les économistes ont testé plusieurs indicateurs sur des communes ayant connu des mobilisations de gilets jaunes et ont établi une hiérarchie des facteurs les plus robustes. Il apparaît que le déterminant le plus important est la fermeture des commerces de détail et de proximité et la disparition des équipements de santé comme les hôpitaux, les maternités ou les cabinets de médecin. Ainsi, selon les résultats communiqués par l’organisme de recherche, les communes qui ont "perdu un commerce alimentaire (épicerie, supérette ou supermarché) ont davantage de chance de connaître un événement gilets jaunes et une augmentation de l’abstention".

    Le désarroi de certaines populations a pu également être alimenté par la disparition de lieux éducatifs ou culturels. "La fermeture d’un lycée, d’un cinéma ou d’une librairie-papeterie est souvent associée à une plus forte probabilité d’un événement gilets jaunes dans la commune". Au sujet du bien-être, la disparition d’un équipement infirmier, d’un centre hospitalier peut également accroître le sentiment d’anxiété et les disparités géographiques. Ce qui a retenu l’attention des économistes est l’allongement des durées de trajet entre la commune et les équipements et pas forcément l’augmentation de la durée de transport entre le domicile et le travail.

    La fiscalité locale au coeur des mécontentements
    La fiscalité arrive en deuxième position des facteurs testés pour appréhender le malaises chez les gilets jaunes. Il faut rappeler que c’est la hausse d’une taxe sur les carburants qui a mis le feu aux poudres à l’automne 2018, même si les raisons de la colère étaient bien plus profondes.

    "Les analyses économétriques montrent que les communes qui ont connu un mouvement gilets jaunes sont celles où l’ensemble des impôts locaux ont, en moyenne, davantage augmenté que dans les autres communes" résument les économistes.

    Taux d’emploi et niveau de vie au centre du malaise
    La variation du taux d’emploi semble être un facteur déterminant pour comprendre le mécontentement de ces populations. "Concernant la satisfaction dans la vie et l’anxiété, la variation de l’emploi local exerce des effets sur tous les individus, avec une amplitude plus forte s’ils sont au chômage ou inactifs" expliquent les rédacteurs. En outre, les changements de niveau de vie, calculé avec le revenu disponible par unité de consommation plus précis que le PIB par habitant, peuvent être des moteurs de la mobilisation.

    "Plus le niveau de vie médian de la commune s’élève, moins on observe d’événements gilets jaunes. Quant à l’insatisfaction et à l’anxiété des individus, si elles dépendent du revenu de ces derniers, elles décroissent également avec le revenu médian de la commune : résider dans une commune devenue plus « riche » est associé à une anxiété individuelle plus faible" complète le centre de réflexion.

    Le tissu associatif, déterminant essentiel pour le lien social
    La crise des gilets jaunes a révélé la solitude de personnes qui avaient perdu tout lien social dans leur vie quotidienne, familiale ou professionnelle. Cette dimension, aux yeux des économistes, est fondamentale pour bien comprendre les enjeux sociaux derrière le mouvement des gilets jaunes. Ainsi, l’intensité du lien social a été mesurée par le biais de plusieurs indicateurs. Et il apparaît que le niveau du tissu associatif local peut jouer un rôle fondamental sur la présence de gilets jaunes. Le conseil d’analyse économique a ainsi observé que "l’augmentation du nombre d’associations rapporté à la population de la commune réduit la probabilité d’un événement gilets jaunes".

    Mener des politiques territoriales en faveur du bien-être
    Pour tenter de réduire ce malaise, les économistes ont fait plusieurs recommandations. Les politiques publiques territoriales doivent ainsi changer de méthode en "privilégiant les actions définies à partir des actifs et des acteurs spécifiques de chaque territoire, et mises en œuvre à l’échelon de gouvernance adéquat". Ils encouragent la mise en place de dispositifs tels "que « Action Cœur de ville  » (lancé en décembre 2017), « Territoires d’industries  » ou « Pactes territoriaux »". Ils invitent également à repenser l’accès aux services publics et aux services de proximité par des lieux hybrides favorisant le lien social.

    "Si le label du réseau « France services » favorise l’accès aux services publics, il s’agit également de favoriser l’accessibilité à certains services « de base » tels que le commerce de détail ou encore l’hébergement d’associations créatrices de lien social ou qui répondent à des besoins spécifiques de la population (par exemple, salarier un professionnel de santé)."

    • Territoires, bien-être et politiques publiques
      Note du CAE n°55
      http://www.cae-eco.fr/Territoires-bien-etre-et-politiques-publiques

      Pertes d’emplois, disparition de services publics et de commerces de proximité, effondrement du prix de l’immobilier, ou encore délitement du lien social : les sources du mal-être dans les territoires sont potentiellement nombreuses. Certains facteurs sont-ils plus déterminants que d’autres ? Dans cette Note du CAE, Yann Algan, Claudia Senik et Clément Malgouyres s’intéressent aux récentes évolutions de l’environnement local des individus et à leurs impacts sur la participation au mouvement des Gilets Jaunes, sur le mal-être déclaré et sur la variation du taux d’abstention lors des élections présidentielles. Ils recommandent de redéfinir les objectifs des politiques territoriales pour accorder plus de place aux critères de bien-être, de privilégier les projets initiés localement plutôt que des politiques centralisées et de favoriser l’accès aux services, qu’ils soient privés ou publics, afin de préserver le lien social dans les territoires.

      Cette Note a été présentée au cabinet de la Ministre de la cohésion des territoires en décembre 2019, au directeur de cabinet du Ministre de l’Economie et Finances le 9 janvier 2020, ainsi qu’aux cabinets du Président de la République et du Premier ministre le 10 janvier 2020.

      et le pdf de 12 pages, dense, avec de vrais morceaux de stats et d’économétrie dedans.
      http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note055.pdf

  • #Territoires, bien-être et politiques publiques : Note du CAE n°55
    http://www.cae-eco.fr/Territoires-bien-etre-et-politiques-publiques

    Pertes d’emplois, disparition de services publics et de commerces de proximité, effondrement du prix de l’immobilier, ou encore délitement du lien social : les sources du mal-être dans les territoires sont potentiellement nombreuses. Certains facteurs sont-ils plus déterminants que d’autres ? Dans cette Note du CAE, Yann Algan, Claudia Senik et Clément Malgouyres s’intéressent aux récentes évolutions de l’environnement local des individus et à leurs impacts sur la participation au mouvement des Gilets Jaunes, sur le mal-être déclaré et sur la variation du taux d’abstention lors des élections présidentielles. Ils recommandent de redéfinir les objectifs des politiques territoriales pour accorder plus de place aux critères de bien-être, de privilégier les projets initiés localement plutôt que des politiques centralisées et de favoriser l’accès aux services, qu’ils soient privés ou publics, afin de préserver le lien social dans les territoires.

    Perso, l’effondrement de la bulle immobilière, ça fait longtemps que je l’attends.

  • Matignon met France Stratégie sous tutelle, jugeant son rapport « farfelu »

    http://www.latribune.fr/economie/france/matignon-met-france-strategie-sous-tutelle-jugeant-son-rapport-farfelu-753

    Edouard Philippe va annoncer vendredi une reprise en main de France Stratégie, l’organisme de réflexion économique dépendant de Matignon, après un rapport aux propositions jugées « farfelues », notamment un nouvel impôt immobilier, a-t-on appris jeudi de source proche du Premier ministre.

    La décision fait suite à la publication d’un rapport mercredi aux pistes volontairement « radicales » pour résorber les dettes publiques en Europe, aux propositions visiblement très éloignées de l’esprit de l’exécutif Macron-Philippe.

    Dans son rapport publié mercredi, France Stratégie proposait notamment une solidarité financière accrue des Etats de la zone euro, un rachat de la dette publique des Etats par la BCE, ainsi qu’un impôt exceptionnel sur le capital immobilier.

    Selon cette proposition de nouvel impôt, l’Etat pourrait décréter « qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels, à hauteur d’une fraction fixée de leur valeur ».

    Il deviendrait ainsi « créditeur d’une somme annuelle, correspondant à une part de la fraction de la rente immobilière associée à la copossession du terrain ».

    • Mieux que Super Dupont ! Super Edouard Philippe va sauver la France !

      Je demande à mes potes (ou disons mes patrons) de pondre une ineptie effrayante pour les quelques un(e)s qui ont voté pour moi.
      Je fais le sauveur !
      Pendant ce temps là, j’éradique tout le social de ce pays, au profit de mes susdits potes.
      Belle opération de #manipulation #médiatique.

    • Comme parmi d’autres instances qui contribuent à gouverner la restructuration (par ex. le FMi sur la dette grecque), il se passe quand même des choses bizarres au Conseil d’analyse économique. La politique néolibérale parait tanguer quand, par exemple, l’économiste du régime, Aghion, se voit démenti par ce conseil.

      https://blog.mondediplo.net/2017-10-03-Le-service-de-la-classe

      Le 21 septembre au 7-9 de France Inter, la science économique en majesté avec Philippe Aghion. Question : « Y a-t-il un lien prouvé et démontré entre la facilité à licencier et la facilité à embaucher ? ». Réponse aux avirons : « Je pense qu’il y a eu des études, je ne peux pas vous dire quelle étude, mais enfin c’est prouvé, c’est établi ». La science donc, un peu bafouillante, mais la science : il doit y avoir « une étude » quelque part, mais on ne sait plus où on l’a mise, ni même si elle existe, peu importe en vérité : « c’est prouvé ». Ah mais flûte, voilà qu’on a retrouvé une « étude », du Conseil d’Analyse Economique, dont Aghion fut membre de 2006 à 2012, et qui dit ceci : « Il n’y a pas de corrélation démontrée entre le niveau de protection de l’emploi et le #chômage (8) »… Dans n’importe quelle société démocratique décemment constituée, voir engagé si lourdement le sort de tant de personnes par de pareils tocards sur des bases aussi inexistantes serait instantanément un objet de scandale national. Pas ici.

    • par rapport au commentaire de @colporteur le « focus » du conseil d’analyse économique se trouve ici : http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-focus03.pdf

      et ses conclusions sont :

      Au total, deux conclusions essentielles peuvent être tirées de
      ces travaux empiriques :
      > il n’y a pas de corrélation démontrée entre le niveau de protection de l’emploi et le taux de chômage ;
      > une protection plus stricte de l’emploi réduit l’emploi.

      Je me permets de douter du caractère « essentiel » de ces conclusions, au vu de « l’ambiguïté » (selon le mot de l’auteure du focus elle même) du rapport entre ces notions Protection/TauxEmploi/TauxChomage dans les études économiques (théoriques ou empiriques).

    • tout-à-fait, d’ailleurs cette interview de france inter du « grand chercheur en économie » est effarante à ce sujet : monsieur aghion qui a « tout écrit, tout prévu », en guise de démonstration, nous dit qu’il « croit dans la flexisécurité » et le « tropisme scandinave » ... et donc qu’il faut flexibiliser ! Pensez donc, si j’y crois, c’est que c’est vrai !!!

      https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-21-septembre-2017

      du coup, osons causer a fait une vidéo à ce sujet :
      http://osonscauser.com/loi-travail-baisse-chomage-cest-faux-dit-science-economique

  • La hausse « atypique » des demandeurs d’emploi qui travaillent
    http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/11/26/la-hausse-atypique-des-demandeurs-d-emploi-qui-travaillent_4818205_823448.ht

    C’est une donnée qui retient rarement l’attention lorsque les chiffres du #chômage sont publiés, à la fin de chaque mois. La ministre du travail, Myriam El Khomri, n’y a pas fait la moindre allusion dans le communiqué qu’elle a diffusé, le 26 octobre, pour commenter la dernière batterie d’indicateurs sur les demandeurs d’emploi. Une discrétion sans doute liée au fait que cette statistique continue de progresser à un rythme soutenu : elle porte sur les personnes qui recherchent un emploi tout en ayant déjà un poste.

    Alors que les chiffres d’#octobre ont été publiés jeudi soir, le nombre de ces demandeurs d’emploi, considérés comme étant en « #activité_réduite » (catégories B et C), s’élevait à près de 1,875 million en septembre, contre un peu plus de 1,683 million un an auparavant, soit une hausse de 11,38 %. En se focalisant sur la catégorie C (les demandeurs d’emploi qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois), l’accroissement est encore plus fort : +14,8 % en douze mois. Des pourcentages qui font tache, comparés à l’évolution du nombre d’inscrits à #Pôle_emploi n’ayant pas du tout travaillé durant le mois écoulé (catégorie A) : – 0,7 % entre août et septembre ; + 3,1 % depuis un an.

    Dans le flot grossissant des demandeurs d’emploi en activité réduite, il y a Emeline, qui témoigne sous un prénom d’emprunt. Licenciée en 2013 de la société de composants électroniques où elle était employée depuis dix-neuf ans comme traductrice, elle n’a pas retrouvé de situation stable, depuis. Elle a décroché des #missions auprès de plusieurs institutions prestigieuses : les Nations unies, Sciences Po Paris, HEC... « Cela reste trop épisodique, regrette-t-elle. Je n’ai aucune visibilité. Le côté irrégulier est inquiétant. » (...)

    Des demandeurs d’emploi dans cette situation, l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) en prend des dizaines sous son aile. « Nos bénévoles accompagnent plutôt des personnes ayant pu retrouver un #CDD de plus d’un mois », explique son président, Gilles de Labarre. Bien souvent, le poste qu’elles occupent est nettement moins bien rémunéré que celui qu’elles ont perdu : « Elles se sont remises dans le circuit de l’emploi mais au prix d’une dévalorisation monétaire d’au moins 30 %, rapporte M. de Labarre. Elles l’ont fait dans le but d’éviter de tomber dans la #pauvreté et, pour certaines d’entre elles, afin de ne pas perdre leur logement. »
    L’accroissement du nombre de demandeurs d’emplois en activité réduite ne date pas d’hier, comme le rappelle Pierre Cavard, directeur des études à l’Unédic : « Il a débuté dans les années 1990 et s’est amplifié, en particulier après 2008 », précise-t-il. On en dénombrait un peu plus de 600 000 en 1996 (contre 1,875 million aujourd’hui), d’après les études du ministère de l’emploi. Cette tendance met en lumière deux phénomènes, pour Yannick L’Horty, professeur à l’université Paris-Est – Marne-la-Vallée : « La #précarité dans laquelle est plongée une part croissante des inscrits à Pôle emploi et le fait que les personnes concernées considèrent qu’il vaut mieux occuper un poste, même si c’est à temps partiel ou pour de courtes périodes, plutôt que d’être totalement en dehors du monde du travail. »
    Comment expliquer cette montée des effectifs dans les catégories B et C de Pôle emploi ? Membre du Conseil d’analyse économique (CAE), Corinne Prost pense qu’elle « est, en partie, imputable aux règles inscrites dans les conventions de l’#Unédic ». Celles-ci permettent, à certaines conditions, de cumuler revenus d’activités et indemnités versées par l’#assurance-chômage. « Les partenaires sociaux, qui gèrent le dispositif, ont mis en place de telles dispositions pour couvrir au mieux les personnes occupant un poste à temps partiel ou pour de courtes périodes, poursuit Mme Prost. Ainsi, ceux qui travaillent une semaine sur deux gagnent presque autant que s’ils étaient employés à temps plein – grâce au complément de ressources apporté par l’Unédic. »

    « Coûts massifs »
    Ce faisant, le système a favorisé le développement de ce type de contrats, selon elle. « Les #salariés comme les employeurs peuvent y trouver leur compte mais pas le régime d’assurance-chômage pour qui les coûts sont massifs. » Une analyse qu’elle et l’économiste Pierre Cahuc avaient développé dans une note publiée le 7 octobre, sous l’égide du CAE.
    Mais leurs conclusions ne font pas l’unanimité. « Elles relèvent plus d’une hypothèse que d’une démonstration », estime Pierre Cavard, en soulignant que « les études du ministère du travail lient la hausse du nombre des inscrits dans les catégories B et Ce à la montée des contrats courts et de l’#intérim ».
    Fin juin, alors qu’il était encore ministre du travail, François Rebsamen avait demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) d’analyser « les causes conjoncturelles et structurelles susceptibles d’expliquer » la hausse « atypique », à ses yeux, des demandeurs d’emplois relevant de la catégorie C. Son rapport, qui était attendu pour septembre, devrait être rendu prochainement, indique-t-on dans l’entourage de Mme El Khomri.

    #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit

    • Les APL devraient impliquer un contrôle drastique des loyers pour que leur rôle de soutien à la rente foncière soit régulé.
      À l’inverse, les allocations chômage et autres minima pourraient garantir un niveau « décent », par exemple une alloc plancher au #SMIC/jour pour chaque journée sans emploi, ce qui permettrait de refuser les emplois dégradés,inutiles ou nuisibles, en opposant un cirière concret, journalier, à l’annualisation du temps de travail dont l’intermittence de l’emploi est une des modalités.
      Dans les deux cas la logique sociale donne la priorité au profit : le #salaire_social, APL, chômage ou minima doit in fine revenir au « privé », les #propriétaires fonciers, les propriétaires de moyens de production. Voilà la tension dont ces dires sont les produits.

    • « Améliorer l’assurance chômage pour limiter l’instabilité de l’emploi » Conseil d’analyse économique, septembre 2015
      http://www.cae-eco.fr/Ameliorer-l-assurance-chomage-pour-limiter-l-instabilite-de-l-emploi-326.htm

      En France, les embauches en contrats de très courte durée, de moins d’un mois, ont fortement augmenté depuis le début des années 2000. Ces contrats courts sont très souvent des réembauches chez le même employeur, les salariés alternant de brèves périodes d’emploi et de chômage. La Note du Conseil d’analyse économique (CAE), montre que l’assurance chômage contribue au développement des emplois instables. Les auteurs de la note, Pierre Cahuc et Corinne Prost, formulent trois recommandations visant à modifier les règles d’indemnisation et de financement de l’assurance chômage pour en améliorer l’équilibre financier et limiter l’instabilité de l’emploi.

      Recommandation 1. Fixer une allocation chômage proportionnelle au revenu moyen mensuel calculé sur une période de référence et non proportionnelle au salaire journalier moyen des jours couverts par un contrat de travail. Rendre le cumul allocation chômage et salaire plus rémunérateur.

      Recommandation 2. Éviter les règles d’indemnisation spécifiques à certaines professions si elles ne sont pas compensées par des contributions couvrant leur surcoût par rapport aux règles de droit commun.

      Recommandation 3. Moduler les cotisations employeur à l’assurance chômage en fonction du coût induit par l’entreprise pour l’assurance chômage.

    • Dommage qu’il n’y ait pas un peu d’explications... A priori, moins de la moitié des #chômeurs_inscrits sont indemnisés par l’Unedic. La part à « moins de 500 euros » doit comporter essentiellement des allocataires de l’ASS (http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/4470-montant-de-l-ass-2015), allocation qui n’est pas financée par les cotisations emploi mais par l’impôt, tout comme le RSA, dont je vois pas trop où il se trouve dans ce camembert.

      #invisibilité. Par ailleurs, on ne sait pas calculer la quantité de « #chômeurs_découragés », comme disent les experts, c-à-d de chômeurs qui ne s’inscrivent pas ou plus, ou sont radiés et le restent, qui pour une raison ou une autre (absence de droits à alloc, méconnaissance, évitement des emmerdes du contrôle).

      #non_recours à rien et des emmerdes. #pauvreté

    • Sans doute, mais outre la nécessaire critique du « seuil de pauvreté »
      http://seenthis.net/messages/376439#message376528
      http://seenthis.net/messages/219482#message219659

      ne pas oublier que plus de 40% des indemnisés Pôle (pour les non indemnisés et les « découragés », je sais pas) sont des "chômeurs en activité à temps réduit" (catégories B,C et D) dont la survie dépend de l’alloc mais aussi de salaires issus de l’emploi. Ces chômeurs en activité à temps réduit, il y a 1 700 000.
      http://seenthis.net/messages/155261
      http://seenthis.net/messages/141037

      Je crois pas que c’était mieux avant, mais le chômeur et la chômeuse ne sont plus ce qu’ils étaient. Le chômage n’est pas l’envers du #travail mais l’un de ses moments, y compris sous cette forme conventionnelle (avec salaire), mesurée (en heures) et partielle du travail qu’est l’#emploi.

      #activité_à_temps_réduit #précarité

    • Entre chômage et petits boulots, 27/7/15 (avec des chiffres plus récents)
      http://www.la-croix.com/Actualite/France/Entre-chomage-et-petits-boulots-2015-07-27-1338586

      1/3 DES DEMANDEURS D’EMPLOI ONT UNE ACTIVITÉ RÉDUITE

      Sylvie est loin d’être la seule dans son cas. En mai, le nombre d’inscrits à Pôle emploi qui, au cours du mois écoulé, ont eu une activité réduite, qu’elle soit de moins de 78 heures dans le mois (catégorie B) ou de plus de 78 heures (catégorie C), a atteint 1,862 million, soit plus du tiers de l’ensemble des demandeurs d’emploi tenus de chercher du travail . Leur nombre explose, avec une augmentation de 13,9 % en un an, bien plus importante que celle des demandeurs d’emploi sans activité, en catégorie A (+ 5 %).

      À ces demandeurs d’emploi qui travaillent à temps partiel, s’ajoute une autre catégorie de chômeurs en développement : ceux qui reprennent un travail à temps complet mais précaire, et qui se retrouvent à nouveau à Pôle emploi quelques mois plus tard. « Chaque année, autour de 800 000 personnes alternent ainsi petits boulots et chômage », explique-t-on à l’Unedic.

      DES DURÉES DE CONTRATS DE PLUS EN PLUS COURTES

      C’est bien sûr l’évolution du marché du travail qui explique cette situation. Aujourd’hui, plus de neuf embauches sur dix se font en contrat temporaire, alors que cette proportion était de 45 % en 1982. De plus, la durée de ces contrats se raccourcit : un mois en moyenne en 2011 contre trois mois en 1982.

      « Plus les emplois proposés sont instables, plus cela entraîne un phénomène de récurrence du chômage, avec des personnes qui sortent du chômage et y retournent ensuite », explique Yannick L’Horty, professeur d’économie à Paris-Est Marne-la-Vallée. Toutefois, selon une étude de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) parue en 2014, le fait d’avoir une activité réduite durant son chômage semble avoir un effet positif sur le taux de retour à l’emploi douze mois après, « de l’ordre de 10 points ». Mais, précise l’étude, à condition que cette situation « ne se prolonge pas au-delà de six mois ».

      Les derniers avis d’#experts pour le bien de tous... (pas encore lu) : Améliorer [ sic ] l’assurance chômage pour limiter l’instabilité de l’emploi [ _#merci_patron_ ], Pierre Cahuc et Corinne Prost, Les notes du conseil d’analyse économique, n° 24, septembre 2015
      http://www.cae-eco.fr/IMG/pdf/cae-note024.pdf

  • Refonder l’#assurance #maladie
    http://www.cae-eco.fr/Refonder-l-assurance-maladie.html
    Comme avoir la Sécu + les complémentaires, ça revient à payer deux fois les frais de #gestion, il faut éliminer l’un des deux acteurs de la #santé en France. Plouf, plouf, on se demande sur qui ça va tomber...

    La France se distingue par la mixité de son système d’assurance-maladie. Deux types d’opérateurs concourent à la couverture des mêmes soins : la Sécurité sociale et les organismes complémentaires. Une telle organisation entraîne des coûts de gestion élevés et favorise la hausse des prix des soins. La régulation actuelle des complémentaires encourage aussi la sélection des risques, ce qui produit des inégalités dans l’accès à l’assurance et aux soins. Aujourd’hui, les tickets modérateurs sont couverts par les assurances complémentaires et les exonérations sociales dont bénéficient les contrats collectifs encouragent des couvertures étendues qui alimentent la progression des dépassements d’honoraires, ce qui nuit à l’accès aux soins des individus moins bien couverts. En outre, le foisonnement des contrats d’assurance complémentaire rend l’offre difficilement lisible pour les individus, ce qui entrave les mécanismes concurrentiels. Enfin, les complémentaires n’ont pas les moyens de piloter l’offre de soins. On peut maîtriser en partie la dépense de soins en agissant du côté des patients pour les dépenses sur lesquelles ils ont une marge de décision. Mais l’essentiel des gains d’efficacité est à attendre de la mise en place des conditions d’une réelle contractualisation avec les offreurs de soins.

    #privatisation #selon_un_rapport_récent