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https://theconversation.com

  • Pourquoi il est grand temps de quitter les villes

    Si le processus d’urbanisation globalisée ne semble pas vouloir marquer le pas, le géographe Guillaume Faburel nous invite à considérer le débranchement urbain dans son texte « Vider les villes ? », dont nous vous proposons des extraits. Retrouvez cette réflexion et bien d’autres dans le livre collectif « Écologies. Le vivant et le social », publié aux éditions de la Découverte.

    https://theconversation.com/pourquoi-il-est-grand-temps-de-quitter-les-villes-198141

    #pollution#urbanisation#villes#déchets#empreinte_environnementale
    #canicules#Metropolisation#Ecologie_posturbaine

  • Éclairage des villes : à Lyon, des réflexions pour « sculpter l’ombre »
    https://theconversation.com/eclairage-des-villes-a-lyon-des-reflexions-pour-sculpter-lombre-193

    La lumière semble partout, médiocre, polluante et consommatrice. C’est la nuit qui gagne en dignité et en sens, le nouveau réceptacle de nos enchantements, depuis que, dans le même mouvement, la nuit est devenue rare et précieuse..

    Nous avons éclairé contre la nuit et la nature tant qu’elles constituaient des menaces. Elles recèlent aujourd’hui des valeurs et participent aux conditions de notre existence. La demande du public tend à les préserver, à les retrouver, comme les vols d’oiseaux migrateurs ou la vision de la voie lactée, si longtemps familière et aujourd’hui dissimulés au regard des habitants.

    #éclairage_urbain #pollution_lumineuse #déséclairage #cacolumie

  • Réguler l’installation des médecins : la comparaison avec le cas allemand
    https://theconversation.com/reguler-linstallation-des-medecins-la-comparaison-avec-le-cas-allem

    L’Allemagne, voisin le plus proche géographiquement, est doté d’un système de régulation de l’installation parmi les plus stricts au monde. Pourtant, il est très peu évoqué dans le débat français. Au-delà de la barrière linguistique, la faible diffusion de l’évaluation des politiques en place outre-Rhin ne facilite pas les échanges d’expériences.

    Cet article décrypte le système allemand actuel, et son historique, et donne un aperçu des effets. En outre, il discute la transférabilité de ces enseignements vers la France.

    #déserts_médicaux #Allemagne #médecine #accès_aux_soins

    • L’article explique mal la situation. D’abord il faut savoir qu’en Allemagne le taux de remboursement des soins s’élève à 100 pour cent dans le cadre du régime général.

      Les médecins quant à eux font partie des professions libérales comme les psychologues, les avocats, les ingenieurs et les créateurs web. Ils sont tous libres d’exercer leurs métier où bien leur semble. Ils sont également autorisés à définir librement leurs prix.

      La régulation s’effectue par les associations des médecins sous le régime public (kassenärztliche Vereinigung). 89,74 pour cent des patients étant inscrits auprès des assurances maladie publiques (gesetzliche Krankenkassen) seulement 8,73 pour cent des patients sont patients privés et constituent la clientèle exclusive des médecins sans homologation auprès des associations kassenärztliche Vereinigung .

      Les médecins inscrits auprès des kassenärztliche Vereinigung essayent également d’attirer un maximum de patients privés en leur proposant un traitement de faveur par rapport au commun des assurés. Les assureurs privés autorisent de multiplier les tarifs des assurances publiques par 2,3. En conséquence on obtient des soins à deux vitesses chez les médecins « publiques ».

      La plupart des médecins et patients sont soumis au quasi monopole des associations kassenärztliche Vereinigung ce qui leur donne un pouvoir énorme face aux médecins individuels, assurances maladie et l’état. Les médecins « privés » s’installent alors prèsqu’exclusivement dans les régions et arrondissements riches et y contribuent à une meilleure disponibilité des soins pour leurs patients priviligiés.

      Ces médecins des riches gagnent une grande partie de leurs revenus grâce aux fonctionnaires d’état et des Länder qui sont priviligiés par rapport au commun des mortels. En règle générale les médecins privés facturent deux fois le taux de remboursement des assurance publiques et s’octroient un dépassement supplémentaires allant jusqu’à 350 pour cent pour les soins « compliqués ». Les soins qui ne sont pas remboursés par l’assurance publique sont facturés individuellement.

      Les « Beamte » (fonctionnaires de type allemand sans droit de grèvre et sans liberté d’expression à part entière qui jouissent en contrepartie de l’obligation de l’état de les « nourrir » pendant leur vie entière) ont droit au remboursement de 50 pour cent de leurs frais d’assurance maladie. Ensuite ils touchent des « Beihilfe » par soin ce qui leur permet de profiter de tarifs nettement moins chers que les membres des professions libérales et entrepreneurs qui choisissent l’assurance maladie privée.

      Depuis toujours la gauche revendique l’abolition de ces privilèges et l’intégration des Beamte et des indépendants dans le régime public d’assurance et pour la retraite et pour les soins médicaux. C’est la signification de la revendication d’une « Bürgerversicherung » par le parti de gauche Die Linke soutenu par une grande partie des membres du SPD.

      Nous nous moquons du parti FDP en l’appellant le parti des dentistes car il lutte pour le maintiens des privilèges et pour leur extension.

      –---

      Voici la meilleure stratégie pour les patients qui ne font pas partie des millionaires. Demandez aussi aux conseillers spécialisés mais faites attention de ne pas tomber sur un vendeur de contrats d’assurance. Ces conseils se payent :

      1. Restes dans l’assurance publique même si au premier abord elle a l’air plus chère que l’assurance privée. En fin de compte tu en profiteras.
      2. Pour chaque risque qui n’est plus couvert par les assurances publiques (prothèses dentaires !) tu choisiras une assurance supplémentaires à laquelle tu souscriras le plus tôt possible.
      3. Prends garde de ne jamais sortir du régime général, on rend de plus en plus difficile la possibilité d’y retourner quand tu dois renoncer à l’assurance privée.
      4. Etablis un rhythme régulier pour tes visites chez le médecin et le dentiste, ton assurance même publique t’en félicitera et t’offrira des avantages ensuite.

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      Sources

      Anzahl der Mitglieder und Versicherten der gesetzlichen und privaten Krankenversicherung in den Jahren 2016 bis 2022 https://de.statista.com/statistik/daten/studie/155823/umfrage/gkv-pkv-mitglieder-und-versichertenzahl-im-vergleich

      Voici un article pour médecins qui explique comment trouver des patients privés.

      https://www.zwp-online.info/zwpnews/wirtschaft-und-recht/praxismanagement/privatpatienten-wer-sie-sind-und-wo-man-sie-wie-findet

      15.05.2017 Praxismanagement - Privatpatienten : Wer sie sind und wo man sie wie findet

      Wie kann ich mehr Privatpatienten gewinnen? Dies beschäftigt viele Zahnärzte. Und vermutlich ebenso viele Zahnärzte werden die Erfahrung gemacht haben: Man findet nur wenige konkrete Antworten auf diese Frage, wenn man einmal von den grundsätzlichen Ratschlägen – stimmige Außendarstellung, gutes Google-Ranking, gute Be­wertungen, optimale Patientenbetreuung – absieht. Die erfolgreiche Akquise von Privatpatienten beginnt jedoch früher. Und zwar mit den Fragen: Wer sind Privatpatienten und wie und wo erreiche ich sie?
      ...
      Mitgliederstruktur der privaten Krankenversicherung

      Gruppe Anteil in %

      Beamte und Pensionäre 42,0
      Nichterwerbstätige (inkl. Kinder) 19,9
      Selbstständige 15,7
      Angestellte 11,6
      Rentner 7,5
      Studenten 2,9
      Arbeitslose 0,2

      Les dépassments prévus par les assureurs privés
      https://www.dgpar.de/blog/steigerungssatz

      Beitragssteigerungen in der PKV – ein Mythos oder ein wahrer Schrecken ?
      https://www.finanzberatung-bierl.de/leistungen/krankenversicherung/beitragssteigerungen-pkv-vs-gkv

      Wähle keine PKV aufgrund der Beitragsrückerstattungen aus!
      Wie kann ich dafür sorgen, dass die Beiträge stabil (er) bleiben?
      A: Es werden 10 % Deines Beitrages als Altersrückstellung entnommen
      B: Du kannst schon jetzt einen Beitragentlastungstarif auswählen
      C: Spare einfach privat an. Ob Fondssparplan, ETF Lösung oder ggf. eine Basisrente
      D: Der vielleicht wichtigste Rat – Augen auf bei der Wahl der richtigen Gesellschaft & Tarif!

      Gebührenordnung für Ärzte
      https://www.gesetze-im-internet.de/go__1982
      Ces règles donnent un cadre général pour les prix des soins mais aucun médecin ne suit ce texte. Les négotiation entres associations, assurances et l’état ne s’y réfèrent aussi peu.

      „Gebührenordnung für Ärzte in der Fassung der Bekanntmachung vom 9. Februar 1996 (BGBl. I S. 210), die zuletzt durch Artikel 1 der Verordnung vom 21. Oktober 2019 (BGBl. I S. 1470) geändert worden ist“

      #Allemagne #maladie #santé #assurance #fonctionnaires

  • Accès aux soins : qui sont ces patients qui renoncent ?
    https://theconversation.com/acces-aux-soins-qui-sont-ces-patients-qui-renoncent-185613

    L’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 garantit le droit d’accès aux soins pour tous. Il précise en effet que :

    « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux […]  »

    Or, alors même que la population française vieillit, ce droit d’accès aux soins est de plus en plus difficile à garantir, dans un contexte de crise de l’hôpital et d’insuffisance des effectifs en médecine de ville.

    Médias et personnalités politiques se font d’ores et déjà l’écho des problèmes que rencontrent certains citoyens pour se soigner. Dans une telle situation, il arrive que des individus renoncent aux soins. En quoi consistent précisément ces renoncements aux soins ? Qui concernent-ils ? Des travaux de recherche permettent d’éclairer ces questions.

    #santé #vieillesse #accès_aux_soins

  • The opioid crisis isn’t just the Sacklers’ fault ...
    https://theconversation.com/the-opioid-crisis-isnt-just-the-sacklers-fault-and-making-purdue-ph

    #merci @kassem
    https://seenthis.net/messages/969659

    Initialement trois frères médecins ont eu l’idée qu’on pouvait mieux gagner en vendant des drogues qu’en traitant des patients.

    Who are ‘the Sacklers’?

    Their story began with Arthur, Mortimer and Raymond Sackler, three brothers who were all doctors and made a collective fortune in medical marketing. They acquired what was then called Purdue Frederick Co. in 1952.

    After Arthur died in 1987, Mortimer and Raymond bought their brother’s stake in the company from his family for $22 million. For that reason, Arthur Sackler’s heirs aren’t involved in opioid-related litigation that’s on track to be resolved through Purdue’s bankruptcy settlement.

    Plus tard les plus affairistes de la bande ont organisé la transformation du marché des drogues utilisés comme médicaments suivant les règles du néolibéralisme.

    Purdue’s real innovation with OxyContin was commercial, not scientific. The company was the first to market a powerful opioid using the most aggressive strategies other drug companies regularly used to get pharmaceutical innovations into bodies with great speed and efficiency – while maximizing profits.

    Once Purdue showed it could be done, competitors quickly followed suit. The industry replaced U.S. medicine’s century-old habits of opioid precautions with a reckless boosterism.

    Avec l’aide de l’industrie pharmaceutique et pour le profit mutuel en 26 ans les médecins étatsuniens on tué 500.000 patients avec des opioïdes. On pourrait aussi appeller ce processus d’extermination des malades une transformation de temps de vie en profit, la vie raccourcie de centaines de milliers ou de millions à plus grande échelle correspondant à d’énormes profits pour un petit nombre. Dans le cas présent les capitalistes et les médecins qui profitent de l’affaire sont les mêmes personnes.

    Purdue, that is, didn’t act alone.

    Other drugmakers such as Endo and Janssen imitated and even surpassed Purdue’s example once the taboo had been broken.

    Generic manufacturers such as Allergan and Teva then profited by expanding and prolonging the boom, as did wholesale drug distributors and retail chain pharmacies. Even the prestigious McKinsey consulting firm got into the game, advising others how to maximize sales.

    Sans l"aval des médecins traitant et sans la complicité des médecins travaillant au sein des entreprises phamaceutiques et financières l’affaire des opioïdes n’aurait pas été possible. La repartition exacte des tâches dans l’affaire criminelle et dans les affaires couvertes par la loi et la morale reste à évaluer.

    The complicity of so many industries makes opioid litigation complex and hard to follow. Cities, states and other plaintiffs didn’t just sue Purdue. They turned to the legal system to make sure that all the other companies pay to repair the harms they caused in building the historic opioid boom that has contributed to more than 500,000 overdose deaths since 1996.

    #iatrocratie #drogues #médicaments #dépendance #marketing #capitalisme #néolibéralisme #toxicomanie

  • Le #lol de la semaine :

    Covid en Chine : pourquoi une telle explosion des cas ? Quelles conséquences pour l’Europe ?
    https://theconversation.com/covid-en-chine-pourquoi-une-telle-explosion-des-cas-quelles-consequ

    En tant qu’épidémiologiste, je pense que cette explosion est en grande partie due au fait que la Chine a poursuivi sa stratégie de zéro Covid trop longtemps après avoir vacciné sa population.

    Bon. On va reconsidérer le problème. On connait les fonctions exponentielles. Vous savez, la légende des grains de blé et de l’échiquier. Sur l’échiquier on partait d’ un seul grain de blé.
    Reconcentrons-nous sur la Chine : les contaminations ont gonflé là-aussi de façon exponentielle. Mais pour en arriver à une saturation des hôpitaux et des crématoriums, on n’est sûrement pas parti d’un seul patient malade ... Et oui, depuis le début du Covid, les autorités chinoises n’ont jamais fourni une seule donnée fiable.

  • Sentience, es-tu là ? IA fais-moi peur
    https://theconversation.com/sentience-es-tu-la-ia-fais-moi-peur-186531

    Rien ne sert de se demander si les machines sont intelligentes, se disait Alan Turing. En revanche, il faut se poser la question : jusqu’où une machine peut-elle nous tromper sur le fait qu’elle pense ? Jusqu’où peut-on faire semblant ? Comment un programme peut-il se faire passer pour un humain et dissimuler le fait qu’il est un programme ? Tel était pour lui le problème pertinent. À peine commence-t-on à saisir les implications du génie ironique de Turing que le débat s’est déplacé. Jusqu’où une machine est-elle capable d’apprendre ? se demande-t-on aujourd’hui. Un réseau de neurones d’IA est-il comparable à celui d’un ver, d’un enfant ou à rien du tout d’équivalent ?

    #sentience (fiction)

  • La numérisation des moyens de paiement dégrade le caractère public de la monnaie
    https://theconversation.com/la-numerisation-des-moyens-de-paiement-degrade-le-caractere-public-

    Dans le contexte actuel, alors que les espèces sont censées avoir cours légal, c’est-à-dire qu’elles doivent en théorie être obligatoirement acceptées comme moyen de paiement, un nombre croissant de commerces sont, eux, déjà passés au « cashless » (notamment dans les centres urbains). Dans plusieurs pays européens, l’utilisabilité des espèces devient de plus en plus incertaine, pendant que l’accès à celles-ci devient de plus en plus difficile à mesure que les distributeurs automatiques et les agences bancaires disparaissent. C’est aussi cette double contrainte pesant sur les utilisateurs qui explique l’évolution des pratiques de paiement.

    Chaque citoyen de la zone euro procède en moyenne à 13 opérations de paiements par semaine.

    En tant que citoyen ou citoyenne de la zone euro, chacun de nous réalise en moyenne 13 paiements par semaine (tous types confondus) : c’est autant d’occasions de faire circuler des unités de notre monnaie commune. S’il s’agit dans tous les cas d’euros, ceux-ci circulent néanmoins via divers canaux et grâce à différents supports.

    Ceux-ci n’ont cessé d’évoluer et ils l’ont fait d’autant plus rapidement à l’occasion de la crise du Covid-19. Nos moyens de paiement ont en effet été grandement numérisés : si une majorité de nos paiements en magasin est encore réalisée en espèces, leur nombre ne cesse de diminuer et la part des espèces dans la valeur totale des échanges est déjà minoritaire. Pour certains, nous serions donc à l’orée de la « cashless society », une société où les espèces auront été supprimées et qui serait promesse d’efficacité économique et de progrès social.

    Individuellement, la plupart d’entre nous peut trouver des avantages à la numérisation croissante de nos moyens de paiement. Même si un peu d’adaptation peut être nécessaire, les paiements numériques apparaissent souvent plus pratiques, plus rapides, plus sécurisés, etc. En zone euro, la moitié des personnes interrogées dit maintenant préférer les paiements numériques plutôt que les espèces. Mais on voit aussi que ce qui peut être perçu comme plutôt positif pour soi, en tant qu’individu, ne se traduit pas forcément dans une vision d’un futur souhaitable pour la société dans son ensemble.

    Parmi les répondants européens, une plus grande part (55 %) déclare qu’il est pour eux important ou très important de pouvoir continuer à payer en espèces à l’avenir. En France, où les espèces sont comme ailleurs de moins en moins utilisées pour les paiements, 83 % des personnes interrogées se disent inquiètes de voir disparaître les espèces. Pourquoi de tels écarts entre les pratiques et les perceptions ?
    Exclusion monétaire

    Peut-être qu’une partie des personnes pense à celles et ceux qui ont plus de difficultés à s’adapter à la numérisation de nos moyens de paiement. Même si ce processus peut être vu comme positif « en moyenne », il est loin d’être favorable à toutes et tous, et ses impacts négatifs touchent principalement les personnes qui sont déjà les plus vulnérables.

    En zone euro, parmi les 40 % de la population les plus pauvres, on peut estimer qu’environ 20 % des personnes sont exclues des paiements numériques du fait qu’elles n’utilisent aucune carte de paiement : cela concernerait alors plus de 23 millions de personnes. Pour elles, la numérisation croissante des moyens de paiement se traduit par diverses complications de leur quotidien, des difficultés d’accès aux biens et services, des coûts supplémentaires, une perte d’autonomie, un sentiment de relégation.

    La numérisation fait augmenter le nombre de personnes en situation d’exclusion monétaire qui, bien qu’elles puissent avoir de l’argent, n’en disposent pas sous la bonne forme. Certains types de moyens de paiement apparaissent aujourd’hui indispensables pour pouvoir pleinement participer à l’activité socioéconomique, alors qu’ils ne sont pas forcément utilisables par toutes et tous.

    De manière plus générale, chacun de nous ne sent-il pas aussi qu’avec l’évolution de nos formes monétaires quelque chose de plus profond se joue, quelque chose qui ne se résumerait pas à de simples considérations de praticité ? Après tout, la monnaie n’est pas qu’un simple outil technique fluidifiant nos transactions économiques. C’est en fait surtout une institution sociale : notre usage collectif de la monnaie participe au faire société.

    De ce point de vue, la dématérialisation de la monnaie s’accompagne aussi d’une perte de sens : celui notamment véhiculé par les dimensions symboliques de nos pièces et de nos billets. Il a par exemple été montré qu’à la suite de l’introduction de l’euro en 2002, les personnes s’identifient davantage comme citoyens européens. Il n’est pas certain qu’il en aurait été autant dans une société « cashless ».

    Dans le contexte actuel, alors que les espèces sont censées avoir cours légal, c’est-à-dire qu’elles doivent en théorie être obligatoirement acceptées comme moyen de paiement, un nombre croissant de commerces sont, eux, déjà passés au « cashless » (notamment dans les centres urbains). Dans plusieurs pays européens, l’utilisabilité des espèces devient de plus en plus incertaine, pendant que l’accès à celles-ci devient de plus en plus difficile à mesure que les distributeurs automatiques et les agences bancaires disparaissent. C’est aussi cette double contrainte pesant sur les utilisateurs qui explique l’évolution des pratiques de paiement.
    Ce qui n’apparaît pas non plus forcément aux yeux des utilisateurs des différents types de moyens de paiement, c’est que ceux-ci sont de moins en moins les biens publics qu’ils devraient être. En effet, du fait du rôle central que jouent les services de paiement au sein de nos sociétés, ceux-ci devraient être universellement accessibles et principalement gratuits pour leurs utilisateurs. Or, ces services font de plus en plus l’objet d’une gestion principalement marchande, guidée par des principes de rentabilité qui en limitent l’accessibilité. Cela n’est pas sans risque pour la légitimité de nos institutions publiques – auxquelles la monnaie est toujours fondamentalement reliée, ainsi que pour la confiance que nous conférons à celles-ci.

    Avec la numérisation de nos moyens de paiement, les signes souverains qui représentent nos institutions sont en effet effacés et remplacés par des marques commerciales : celles des réseaux internationaux de cartes de paiement (Visa et Mastercard, notamment), ou celles des nouveaux services de paiement proposés par les Gafam (ApplePay par exemple) et d’autres entreprises de la Tech. Il s’agit alors de voir le processus de numérisation de la monnaie pour ce qu’il est vraiment : non pas principalement la dématérialisation de nos moyens de paiement, mais bien leur privatisation croissante.

    #Monnaie

  • Hyperloop : les rêves de vitesse à l’épreuve
    https://theconversation.com/hyperloop-les-reves-de-vitesse-a-lepreuve-189336

    Prenons un exemple. Pour un voyage en Concorde il y a 20 ans (le dernier vol a eu lieu en 2003), le coût était proche d’un euro le kilomètre. Le smic net était à l’époque de 6 euros de l’heure, ce qui donne donc une vitesse économique de 6 km par heure de travail et près de 2 000 heures de travail pour l’aller-retour Paris-New-York. Bref, rien de « supersonique ».

    Le constat valait aussi pour un salaire élevé, par exemple 10 fois le smic. La vitesse économique du Concorde n’était alors que de 60 kilomètres par heure alors qu’un vol subsonique coûtant 10 fois moins cher (10 centimes au kilomètre) correspondait à une vitesse économique de 600 km/h (et 60 km/h pour le smicard).

    L’échec commercial des vols supersoniques trouve là son origine : le Concorde n’a pas passé le mur de la vitesse économique. Symétriquement, les succès du transport aérien classique et plus encore des compagnies low cost, dont les billets coûtent en moyenne 5 centimes par kilomètre, sont fondés sur la progression tendancielle de leur vitesse économique.

    Article non-daté, présence d’une vidéo de juillet 2022, pouvant laisser penser que ce n’est pas trop vieux. Réflexion intéressante sur la « vitesse économique » d’un moyen de transport.

  • LA Science au féminin :

    https://theconversation.com/eunice-foote-la-premiere-scientifique-et-suffragette-a-avoir-theori

    Oubliée pendant plus de 150 ans

    Selon le récit de McNeill, des centaines d’hommes de sciences, inventeurs et dilettantes se réunirent le matin du 23 août 1856 à Albany, dans l’État de New York, pour la 8e réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) – ces conférences rassemblaient les scientifiques étasuniens pour partager de nouvelles découvertes, discuter d’avancées dans leurs domaines respectifs et explorer de nouveaux champs de recherche. Jamais le rendez-vous n’avait attendu autant de participants que ce jour-là.

    Aucune étude d’intérêt particulier n’y fut pourtant présentée… à l’exception notable d’un rapport, dont l’importance scientifique est passée inaperçue jusqu’à ce qu’il soit tiré de l’oubli par Raymond P. Sorenson en 2010.

    Or l’étude en question, intitulée Circonstances affectant la chaleur des rayons du soleil, était – à la surprise générale – signé par une femme, Eunice N. Foote.

    À cette époque, les femmes n’étaient pas autorisées à présenter des rapports à la AAAS : c’est donc Joseph Henry, un professeur de la Smithsonian Institution, qui se chargea de présenter les travaux. Ni le document de Foote ni la présentation de Henry ne furent consignés dans les actes de la conférence. En novembre 1856, l’American Journal of Art and Science, revue de l’AAAS, se contenta de publier une brève page et demie sur le sujet.

    Néanmoins, l’article ne se lasse pas de marteler que les découvertes de Eunice N. Foote n’enlèvent rien aux travaux de deux autres « confrères » John Tyndall et Svante (et non Steven) Arrhenius qui « confraternellement » se seraient abstenus de piller les conclusions de cette « illustre inconnue ».

    Dans sa publication, Tyndall ne mentionna pas Foote. On ignore s’il connaissait son travail ou s’il ne l’avait pas jugé pertinent. Selon Roland Jackson, il est probable qu’il n’ait pas eu connaissance du travail de Foote.

    Las, le conditionnel sauvera toujours la mise à « l’expertise universitaire » et à « l’exigence journalistique » ...

    #climat #effet_de_serre

  • Eunice Foote, la première scientifique (et suffragette) à avoir théorisé le changement climatique
    https://theconversation.com/eunice-foote-la-premiere-scientifique-et-suffragette-a-avoir-theori

    Sans rien enlever aux recherches de Tyndall ni à celles, postérieures, du prix Nobel suédois Steven Arrhenius, auquel est attribuée la découverte de l’effet de serre, les chercheurs contemporains négligent le travail d’Eunice Newton Foote (1819-1888). Selon le récit fait par Leila McNeill dans le Smithsonian, cette scientifique réalisa ses expériences en 1856, trois ans avant que Tyndall ne présente ses résultats et quarante avant qu’Arrhenius ne dévoile les siens.
    Cette étasunienne est la première scientifique à avoir théorisé que même des hausses modérées de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère pourraient engendrer un réchauffement global significatif.

  • Fin du zéro Covid en Chine : conséquences et risques pour une population peu immunisée

    La Chine est le seul grand pays qui, jusqu’à récemment, a continué à appliquer une stratégie « zéro Covid ». Depuis le 7 décembre dernier, elle fait désormais machine arrière. D’autres pays, dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour, avaient également cherché à éliminer totalement le Covid de leur territoire en début de pandémie, mais tous avaient finalement abandonné cette approche. Les coûts sociaux et économiques croissants étaient devenus insoutenables, tout comme les efforts exigés… face à la prise de conscience que l’élimination locale du Covid ne pouvait être que transitoire.

    https://theconversation.com/fin-du-zero-covid-en-chine-consequences-et-risques-pour-une-populat

    #Chine#Asie#Hongkong#Covid-19#confinement#gestion_sanitaire

  • Après le gaz, Poutine va-t-il nous couper le GPS ?
    https://theconversation.com/apres-le-gaz-poutine-va-t-il-nous-couper-le-gps-194508

    Initialement conçu pour des applications militaires, le Global Positioning System est un système de positionnement par satellites appartenant au Pentagone, également utilisé pour de très nombreuses applications civiles.
    Que ce soit en matière de logistique, de transport, d’agriculture, de finance, d’industrie, de défense ou de sécurité, le GPS garantit aujourd’hui un positionnement et un horodatage précis n’importe où dans le monde.
    Dans le contexte actuel, marqué par des menaces sans cesse croissantes de la part de la Russie à l’égard des Occidentaux, ces infrastructures cruciales sont-elles en danger ?

    #GPS #localisation #satellites #technologies #guerres

    • Tu vois, tu peux faire toutes les sanctions possibles contre n’importe quel petit pays, c’est bien normal et c’est de bonne guerre (la première frappe nucléaire de décapitation aussi), mais que ce petit pays rende la pareille, et c’est le signe que le petit pays est dirigé par un fou dont il convient de psychologiser tous les actes et propos.

      L’article, qui passe son temps sur des banalités à propos du croque-mitaine, lâche tout de même le morceau :

      Conscients de la fragilité du système, la Russie, puis l’UE et enfin le Japon et la Chine ont mis en place leurs propres constellations de satellites : respectivement Glonass en 1993, Galileo en 2011, QZSS et Beidou en 2018.

      Les signaux GPS peuvent être chiffrés pour rendre plus difficile de flouer les terminaux conçus pour être en mesure de déchiffrer ces signaux. Tout comme la précision de la position, qui n’est pas accessible à tous les terminaux, les signaux les plus précis sont réservés aux militaires. Tous les terminaux ne supportent pas ces signaux plus précis ou plus chiffrés.

      N’empêche qu’hier, ça rigolait sur les russes qui utilisent des cartes en papier... Les américains y penseront-ils au moment où ?

      https://seenthis.net/messages/983896

      (je souris à la référence du SR-71, avion de 1964, qu’on te ressort de la naphtaline et du musée, tout en critiquant les GPS scotchés dans les avions russes...)

    • Les signaux GPS peuvent être chiffrés pour rendre plus difficile de flouer les terminaux conçus pour être en mesure de déchiffrer ces signaux. Tout comme la précision de la position, qui n’est pas accessible à tous les terminaux, les signaux les plus précis sont réservés aux militaires. Tous les terminaux ne supportent pas ces signaux plus précis ou plus chiffrés.

      En fait, c’est toujours la propagande par l’épouvantail ... Pas de danger qu’on se trouve confronté à ça rien qu’à cause du grand-méchant-loup du Kremlin :-))

      Le 1er janvier dernier, le chauffeur de ce semi-remorque a vécu une histoire vraiment terrifiante. Et cette fois c’est à cause de la technologie que ce dernier s’est retrouvé dans un véritable guêpier.

  • Les toilettes crachent des aérosols invisibles à chaque fois que l’on tire la chasse – la preuve en laser…
    https://theconversation.com/les-toilettes-crachent-des-aerosols-invisibles-a-chaque-fois-que-lo

    C’est l’action qui conclut tout passage aux toilettes : vous actionnez la chasse et celle-ci, en remplissant avec fracas la cuvette, libère à votre insu des panaches de minuscules gouttelettes d’eau dans l’air ambiant. Des gouttelettes qui peuvent sembler bien anodines… Mais ces aérosols (fines particules, solides ou liquides, en suspension dans l’air) peuvent en fait propager des agents pathogènes – selon, entre autres, ce qu’il y avait dans la cuvette.

    Ça fait un moment que je mets un masque quand j’utilise les toilettes publiques, ne serait-ce que pour éviter les miasmes expirés par d’autres usagers. Voilà une raison supplémentaire qui prouve que le masque, c’est bien !

    #toilettes #caca #aérosols

  • Climate crisis in Africa exposes real cause of hunger – colonial food systems that leave people more vulnerable
    https://theconversation.com/climate-crisis-in-africa-exposes-real-cause-of-hunger-colonial-food

    Here I seek to raise a different concern: this approach glosses over the fact that the types of food production systems that the global community has fostered in Africa leave the poorest more exposed and vulnerable to climatic variability and economic shocks. These food production systems refer to the ways people produce, store, process and distribute food, as well as the inputs into the system along the way.

    Historically smallholder and women farmers have produced the lion’s share of food crops on the African continent. Over the past 60 years, global decision makers, big philanthropy, business interests and large swaths of the scientific community have focused on increased food production, trade, and energy intensive farming methods as the best way to address global and African hunger.

    This approach to addressing hunger has failed to address food insecurity on the continent. Moderate to severe food insecurity affects nearly 60% of Africans today. It’s also resulted in food systems that are now more vulnerable to climate change.

  • Durban coastline : sewage polluted beaches pose threat to holiday makers and the environment

    Large numbers of businesses in eThekwini on South Africa’s eastern seaboard – which includes the port city of Durban – rely heavily on tourism. It’s a popular holiday destination, only six hours by road from Johannesburg. Millions of people living inland head to the warm coastline over the country’s extended December/January school holiday break. But maybe not this year. As Anja du Plessis explains, many of the beaches along the Durban coastline aren’t safe to swim in. She explains what’s happened, and why.

    https://theconversation.com/durban-coastline-sewage-polluted-beaches-pose-threat-to-holiday-mak

  • Géolocalisation des enfants : une nouvelle forme de surveillance parentale
    https://theconversation.com/geolocalisation-des-enfants-une-nouvelle-forme-de-surveillance-pare

    Une confiance mise à l’épreuve

    Dans ce contexte, le recours à la géolocalisation n’est pas sans conséquence dans les relations intrafamiliales. Par exemple, depuis qu’il a appris qu’il était géolocalisé, Xavier déclare que cet épisode a profondément bouleversé la confiance réciproque entre son père et lui. La rupture s’est effectuée de part et d’autre, car en apportant la preuve que l’adolescent mentait sur ses déplacements, le dispositif a selon lui mis en avant que son père doutait de lui : « si tu n’as pas un doute, tu ne vas pas chercher à installer un truc comme ça ».

    Julie et Océane ressentent également « un manque de confiance ». Les jeunes filles insistent sur leur âge (15 et 16 ans respectivement), ce qui pourrait montrer qu’elles perçoivent dans cette surveillance parentale une certaine infantilisation.

    À lire aussi : Des terrains d’aventure pour redessiner la place des enfants en ville

    Cette tension dans le recours ou non à l’outil peut se situer du côté des parents, notamment dans le cas d’une garde partagée : « J’en ai déjà parlé plusieurs fois avec mon ex-femme, elle a sa façon de faire avec les filles, moi j’ai la mienne, on n’a pas la même vision dans ce domaine », explique Mohamed. Le père de famille argumente sur la source de ce désaccord : « La confiance, c’est important, si on flique ses enfants, il n’y a pas de confiance. Et s’il n’y a pas de confiance entre un père et son fils, ce n’est vraiment pas bon ». La géolocalisation des proches met donc en lumière une pluralité d’asymétries entre les individus, selon qu’ils soient à l’origine du traçage ou qu’ils en fassent l’objet.

    La possibilité de surveiller sans être surveillé, la difficulté de se déconnecter sans que le surveillant n’en soit notifié ou encore la prévalence de la donnée sur le discours du surveillé jouent un rôle dans l’amplification du déséquilibre entre des parents de mieux en mieux informés, et leurs enfants qui doivent composer avec des vérifications de présence et d’activité de plus en plus nombreuses.

    Alors que l’encadrement des activités numériques des jeunes restait spatialement limité au seul domicile (consultation de l’historique web, vérification a posteriori des photos prises, des applications installées, etc.), le suivi géographique questionne directement l’apprentissage des mobilités juvéniles non accompagnées et pourrait donc apparaître comme une entrave à l’autonomie des adolescents, en plus d’être l’objet de tensions dans les relations parentales et filiales.

    #Géolocalisation #Enfants #Surveillance # Confiance

  • Netflix, Amazon, Tesla… Derrière les modèles d’abonnements et de location, les déboires des clients
    https://theconversation.com/netflix-amazon-tesla-derriere-les-modeles-dabonnements-et-de-locati

    Tesla a déjà retiré à distance, en 2020, une fonctionnalité d’autopilote à un propriétaire ayant acheté son véhicule d’occasion, au motif qu’il n’avait pas payé le constructeur pour cette fonctionnalité lors de l’achat à l’ancien propriétaire – lequel en avait pourtant fait l’acquisition.

    #propriété #abonnement

  • Walking backwards has a surprising number of health benefits
    https://theconversation.com/walking-backwards-has-a-surprising-number-of-health-benefits-195246

    While normal walking can help us maintain a healthy weight, walking backwards may be even more effective. Energy expenditure when walking backwards is almost 40% higher than walking at the same speed forwards (6.0 Mets versus 4.3 Mets - one metabolic equivalent (Met) is the amount of oxygen consumed while sitting at rest), with one study showing reductions in body fat for women who completed a six-week backwards walk or run training programme.

  • Fake news, résultats peu fiables… Comment distinguer « bonne » et « mauvaise » recherche biomédicale ?
    https://theconversation.com/fake-news-resultats-peu-fiables-comment-distinguer-bonne-et-mauvais

    En science, les conceptions évoluent en permanence. Ainsi, la recherche sur les drogues psychédéliques a fait récemment un retour spectaculaire suite à un mélange d’assouplissement des attitudes sociétales, d’attrait pour les opportunités commerciales, de doutes sur la « guerre contre les drogues » et de désir de développer de nouveaux moyens de traiter certains problèmes de santé mentale.

    Vous avez peut-être lu par exemple que de nouvelles études montraient que la kétamine pouvait agir sur la dépression, la psilocybine sur le syndrome de stress post-traumatique ou encore le microdosage de LSD sur la créativité…

    Beaucoup d’annonces, mais finalement quelle recherche mérite votre intérêt et, surtout, votre confiance ? Tout dépend notamment de ce que vous cherchez, mais il faut être conscient que toutes les études ne se valent pas, quelle que soit la discipline scientifique considérée. Comment les distinguer ?

    #Sciences #CDI #Infox #Information #EMI #Médias