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  • Une mosquée pour anciens nazis au coeur de l’islam radical
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    Comment une mosquée pour anciens nazis est devenue le centre de l’islam radical

    17 septembre 2005

    ’histoire de l’implantation de l’islam radical en Europe passe par une mosquée au sud de l’Allemagne. Rapidement prise en mains par l’organisation des Frères musulmans, elle constitue aujourd’hui encore un élément-clef dans la diffusion des interprétations les plus dures de l’islam.

    Munich. Au nord de cette prospère ville d’ingénieurs et d’usines d’automobiles, on trouve une élégante mosquée avec un minaret mince et un dôme turquoise. Un bosquet de pins la protège d’une rue fréquentée. Dans un pays de plus de trois millions de musulmans, elle ne se fait pas remarquer, c’est juste un lieu où prient les adeptes de la religion qui se développe le plus vite en Europe.

    Cependant, l’histoire de cette mosquée est plus tumultueuse. Enterré dans des archives gouvernementales et privées, des centaines de documents retracent la bataille pour le contrôle du Centre islamique de Munich. Rendu public récemment, ces documents montrent comment l’islam radical a établi l’un de ses premiers et plus importantes têtes de pont en Occident quand un groupe d’anciens nationaux-socialistes décidèrent de construire une mosquée.

    « ... Ce n’est que des décennies plus tard, après les attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis que l’Allemagne concentra sérieusement son renseignement intérieur sur les opérations des Frères musulmans à Munich.. »

    La présence de soldats à Munich fait partie d’un épisode presque oublié de la seconde guerre mondiale : la décision que prirent quelques dizaines de milliers de soldats de l’Armée rouge de changer de camp et de se battre pour Hitler. Après la guerre, des milliers d’entre eux ont cherché refuge en Allemagne de l’Ouest, créant l’une des plus grandes communautés musulmanes de l’Europe des années 50. Quand la Guerre Froide débuta, ils furent très recherchés pour leurs capacités linguistiques et leurs contacts en Union soviétique. Pendant plus d’une décennie, les services de renseignement américain, ouest-allemand, soviétique et britannique se sont battus pour les contrôler dans cette nouvelle guerre opposant la démocratie au communisme.

    Mais le vainqueur ne fut aucun des protagonistes de la Guerre Froide. Au lieu de cela, ce fut un mouvement avec une idéologie tout aussi puissante : les Frères musulmans. Fondé dans les années 1920 en Egypte sous la forme d’un mouvement "réformateur social", les Frères musulmans devinrent la source de l’islam politique, qui réclame une domination totale de tous les aspects de la vie par la religion musulmane. Puissante force de changement politique dans le monde musulman, les Frères musulmans ont également inspiré quelques uns des plus sanglants groupes terroristes, comme le Hamas et al-Qaïda.

    Une erreur récurrente

    L’histoire de la méthode utilisée par les Frères musulmans pour exporter sa foi au coeur de l’Europe met en évidence une erreur récurrente de la part des démocraties occidentales. Durant des décennies, elles ont passé des accords avec l’islam politique – le soutenant pour défaire un autre ennemi, particulièrement le communisme. Il est par exemple bien connu que les USA et leurs alliés ont mis sur pied les moudjahiddines dans les années 1980 en Afghanistan pour combattre l’Union soviétique – ouvrant la voie du succès d’Oussama Ben Laden, qui s’est rapidement retourné contre ses anciens alliés américains dans les années 1990.

    Munich est un exemple sérieux et précoce de cette stratégie douteuse. Des documents et interviews montrent comment les Frères musulmans formèrent un arrangement de travail avec les agences américaines de renseignement, outrepassant les agences allemandes dans le contrôle des anciens soldats nationaux-socialistes et leur mosquée. Mais les USA ont perdu la main sur ce mouvement, et en peu de temps la très conservatrice et catholique Bavière est devenue l’hôte d’un centre islamique radical.

    "Si vous voulez comprendre les structures de l’islam politique, vous devez regarder ce qui s’est produit à Munich," prétend Stefan Meining, un historien munichois étudiant le centre islamique. "Munich est l’origine d’un réseau qui s’étend maintenant tout autour de la planète."

    Des groupes politiques et sociaux affiliés aux Frères musulmans dominent maintenant la vie islamique dans de larges zones de l’Europe occidentale. Ces connexions sont la plupart du temps méconnues, même par les services de renseignement et les agences de police de ces pays.

    Alors que ces groupes répudient le terrorisme et sont officiellement partisans de l’assimilation, le résultat de leur message est que les musulmans d’Europe – formant maintenant entre 5 et 10% de la population du continent – se doivent d’être cloisonnés de la culture occidentale. En retour, ceci a été le terreau fertile d’idées violentes. Les terroristes islamistes ont de plus en plus utilisé l’Europe comme base de lancement pour leurs attaques, des attentats du 11 septembre à ceux de Madrid l’an dernier.

    Les tensions actuelles sont dans la continuité d’évènements datant d’un demi-siècle. Munich après la guerre était une ville en ruines pleine de musulmans immigrés fuyant les persécutions. Alors que l’Occident s’évertuait à les observer et les contrôler en tant qu’atout important dans la Guerre Froide, apparurent de redoutables rivaux cherchant à installer leurs propres bases de pouvoir dans le monde musulman européen alors émergeant.

    Au long des décennies suivantes, quatre hommes ont successivement tenté de contrôler la mosquée de Munich : un brillant professeur de langues turcophones, un imam dans la SS d’Hitler, un écrivain musulman charismatique et un financier musulman actuellement soupçonné de financer le terrorisme. La plupart ont favorisé une certaine accommodation avec l’Occident. Mais le vainqueur avait une vision plus large : un islam global opposé à l’idée de démocratie laïque.

    L’érudit et les exilés

    L’intérêt que Gerhard Von Mende portait aux musulmans remonte à 1919 quand son père fut assassiné. Sa famille vivait à Riga et faisait partie de la minorité allemande alors importante de Lituanie. Quand ce petit pays fut envahi par l’Armée rouge à la fin de la Première Guerre Mondiale, les membres de la bourgeoisie furent rassemblés et menés à une marche forcée. Le père de M. Von Mende, un banquier, fut sorti du rang et abattu.

    Ceci a éveillé dans l’esprit de ce jeune garçon de 14 ans une exécration de toute chose russe. Après avoir fui avec sa mère et six de ses proches en Allemagne, il a choisi d’étudier d’autres peuples opprimés par le pouvoir russe : les musulmans d’Asie Centrale. Une montagne d’écrits et de livres lui a valu une notoriété académique. Doué pour les langues, il parle couramment le russe, le lithuanien et le français, et parle correctement le turc et l’arabe. Quand il s’est marié à une Norvégienne, il a également appris sa langue maternelle.

    L’invasion de l’Union soviétique par les nationaux-socialistes en 1941 fut une aubaine pour les gens comme M. Von Mende, qui comprenait quelque chose aux terres sur lesquelles s’abattait le blitzkrieg. Il conserva son poste à l’université de Berlin mais prit parti dans l’Ostministerium (ministère pour les territoires occupés de l’est) pour diriger une section dédiée à l’étude du Caucase.

    Les victoires initiales de l’Allemagne l’ont laissée avec un nombre ahurissant de prisonniers soviétique - 5 millions en tout. Grâce en partie aux efforts de M. Von Mende et de l’Ostministerium, Hitler autorisa la libération des prisonniers qui prendraient les armes contre les soviétiques. Les nationaux-socialistes ont mis en place les Ostlegionen (légions de l’est) composées en premier lieu de minorités non russes avides de faire payer Moscou pour des décennies d’oppression. Plus d’un million de soldats ont accepté l’offre d’Hitler.

    Alors que la guerre progressait, M. Von Mende est devenu un des architectes majeurs de la politique nationale-socialiste concernant les minorités soviétiques. Il a été surnommé "seigneur protecteur", établissant des comités nationaux de Tatars, Turcs, Géorgiens, Azerbaïdjanais et Arméniens. Désespérément en quête de soldats, les nationaux-socialistes ont vu ces comités comme plus qu’un simple moyen de garder leurs alliés renégats dans la guerre. Mais pour les personnes impliquées, ils étaient comme des gouvernements en exil. Un goût d’indépendance pour lequel ils étaient reconnaissants envers M. Von Mende.

    Des collègues de cette époque décrivent M. Von Mende comme un homme élégant et majestueux avec un sourire ironique, usant de son charme personnel pour l’emporter sur les exilés - spécialement ses préférés, les musulmans turcophones d’Asie Centrale. Il leur ouvrait sa maison de Berlin pour de longs dîners où on conversait en russe, turc et allemand. Dans les derniers mois de la guerre, il a cimenté leur loyauté par un acte de génie bureaucratique : alors que l’infrastructure allemande étant pulvérisée, il a réussi à transférer des milliers de "ses turcs" sur le front de l’Ouest (Grèce, Italie, Danemark et Belgique), imaginant que ce serait mieux qu’ils terminent dans des prisons britanniques ou américaines plutôt que soviétiques. Ceux qui sont tombés dans les mains des soviétiques furent abattus comme des traîtres.

    A la fin des années 1940, des centaines d’anciens soldats musulmans furent coincés dans la zone sous contrôle américain de Munich. M. Von Mende, dont le passé national-socialiste ne lui laissait que peu de perspective de travail, s’est dévoué à les rechercher.

    Cette décision s’avérera bénéfique, tant pour les musulmans que pour M. Von Mende. C’était le début de la Guerre Froide et les agences de renseignement occidentales cherchaient désespérément quiconque pouvant fournir un aperçu derrière le rideau de fer. Ils avaient besoin de personnes pour analyser les documents, diffuser de la propagande anti-soviétique et recruter des espions.

    En octobre 1945, M. Von Mende écrivit une lettre au "Major Morrison" de l’armée britannique, selon une lettre de sa correspondance personnelle que sa famille a rendue disponible. Il a exposé l’unique source de renseignements de l’Ostministerium à propos des peuples soviétiques. Il expliquait qui y travaillait et dans quel camp de prisonniers ou de déportés ils étaient retenus. Ce fut le début de sa carrière dans le renseignement.

    M. Von Mende s’est installé dans la zone sous contrôle britannique de l’Allemagne, dans le pôle de commerce de Düsseldorf. Quand bien même il n’était plus universitaire, il nomma son bureau le "Service de Recherche Est Européen". Son équipe était composée d’anciens employés de l’Ostministerium - concrètement, la recréation de l’appareil national-socialiste de contrôle des musulmans durant la guerre. Au début, les fonds provenaient des forces britanniques, puis de diverses agences allemandes, y compris l’Agence nationale de renseignement intérieur et le Ministère des affaires étrangères, selon des documents de ce ministère et de la correspondance privée de M. Von Mende.

    M. Von Mende a utilisé beaucoup de son temps à aider les musulmans qui ont travaillé pour lui dans l’Ostministerium. Il a extorqué de l’argent à la bureaucratie ouest-allemande pour qu’ils soient nourris, logés et blanchis - les conditions de vie étaient effroyables et une décennie après la guerre beaucoup vivaient dans des baraquements.

    Mais au fond de lui-même, la tâche était simple : garder le contrôle des émigrés et les empêcher de tomber sous le contrôle d’un autre pays. Le danger principal était l’Union soviétique, qui voulait empêcher les émigrés de faire de la propagande anticommuniste. Certains dirigeants émigrés en Allemagne de l’Ouest furent assassinés. Beaucoup étaient armés pour se défendre contre les assassins du KGB.

    CIA contre imam nazi

    En 1956, un rival est apparu et menaçait le contrôle que M. Von Mende exerçait sur les anciens soldats musulmans de Munich : le American Committee for Liberation from Bolshevism, connu sous l’acronyme Amcomlib. Fondé en tant qu’ONG pour la prise en charge de Radio Free Europe et Radio Liberty, Amcomlib était en fait une couverture de la CIA, qui l’a financé jusqu’en 1971 quand le Congrès américain coupa les liens entre Amcomlib et la CIA.

    Durant les années 1950, le chef d’Amcomlib était Isaac Patch, qui a maintenant 95 ans et vit retiré dans le New Hampshire [GB]. Joint par téléphone, M. Patch a défendu la stratégie mise en oeuvre par l’Amcomlib d’utilisation des musulmans pour combattre les soviétiques. "L’islam était un important facteur, aucun doute à ce sujet," a affirmé M. Patch. "Ils étaient très croyants et très anticommunistes."

    L’Amcomlib a tissé des liens avec Ibrahim Gacaolu, un ancien soldat national-socialiste dans le Caucase qui, tout comme M. Von Mende, recherchait les soldats musulmans coincés en Allemagne. M. Gacaolu contrôlait les colis alimentaires américains, qu’il distribuait à ses partisans, selon des documents de son organisation. M. Gacaolu a également fait du travail de propagande pour Radio Free Europe. En 1957 par exemple, il a tenu une conférence de presse avec Garip Sultan, un autre homme politique allemand, qui dirigeait le service tatare de Radio Liberty, selon certains documents et M. Sultan lui-même. Les deux hommes dénoncèrent les crimes de Staline en Tchétchénie. M. Sultan, maintenant âgé de 81 ans, a raconté dans une interview qu’il écrivait les discours de M. Gacaolu et a rédigé pour lui un pamphlet sur la situation des musulmans.

    Pour M. Von Mende et ses collègues, les liens de M. Gacaolu avec la CIA étaient problématiques. L’Allemagne de l’Ouest et les USA étaient du même côté pendant la Guerre Froide, mais M. Von Mende n’appréciait pas que des agences étrangères puissent influencer des personnes résidant en Allemagne. Comme un informateur le disait à son directeur : "l’Allemagne est une porte que personne ne contrôle car il ne semble pas y avoir de garde-barrière. Tout le monde y vient et fait ce qu’il veut."

    M. Von Mende décida que les musulmans d’Allemagne avaient besoin d’un chef en qui il pouvait avoir confiance. Il s’est alors tourné vers un ancien compagnon de guerre : Nurredin Nakibhodscha Namangani.

    M. Namangani est le descendant d’une longue lignée d’imams dans son pays natal, aujourd’hui l’Ouzbékistan. Mais son service religieux a surtout pris place dans une organisation profane : les infâmes SS d’Hitler. Selon une ébauche d’autobiographie qu’il donna aux autorités allemandes, il a été arrêté par les forces de sécurité de Staline en 1941 et peu après libéré par l’armée allemande lors de son invasion de la Russie. Il servit comme imam diverses fonctions, terminant imam d’une division SS. Il a gagné quelques unes des plus hautes distinctions allemandes, y compris la croix de fer.

    L’arrivée de M. Namangani à Munich en 1956 fit beaucoup de bruit. Ses opposants comme M. Gacaolu l’ont accusé d’avoir participé à des atrocités durant la guerre. Il est avéré que l’unité de M. Namangani a contribué à mater l’Insurrection de Varsovie en 1944, mais il n’y a pas de preuve d’implication personnelle d’une atrocité commise durant la guerre dans les registres allemands.

    M. Von Mende a contre-attaqué, persuadant le gouvernement fédéral de Bonn d’accepter de nommer M. Namangani "Hauptimmam", "imam en chef" des musulmans allemands, aux frais du contribuable ouest-allemand.

    Fin 1958, M. Namangani s’est présenté avec un plan pour rallier les anciens soldats musulmans derrière lui : une "Commission de construction de mosquées." A cette époque, l’Allemagne ne comptait que deux mosquées. Celle de Munich serait différente, plus grande et dédiée non pas aux voyageurs et hommes d’affaires, mais à la population musulmane d’Allemagne.

    "Pendant 13 années, les musulmans n’avaient pas de lieu fixe pour leurs services et devaient les tenir dans différents endroits", déclara M. Namangani à une assemblée d’une cinquantaine de musulmans comprenant quelques étudiants du Moyen-Orient. Une fois, les musulmans durent tenir leur service dans une brasserie, d’autres fois dans un musée, selon le minutier de la Commission des mosquées. Maintenant, dit-il au groupe, Munich sera un centre pour les musulmans et le gouvernement de Bavière devrait certainement aider en cela, toujours selon le même minutier.

    C’était un grand évènement, si important en fait que quelqu’un de très spécial y était présent : Saïd Ramadan, le secrétaire général du Congrès Islamique Mondial basé à Genève, un groupe qui désirait unir les musulmans du monde entier. Le reste de l’assemblée donna en tout 125 marks (environ $275 constants) pour la construction de la mosquée. M. Ramadan donna lui-même 1000 marks.

    M. Von Mende a rapidement noté quelques informations à propos de ce visiteur de marque. Bientôt, son index des personnes à surveiller contenait une nouvelle entrée : "Saïd Ramadan, Genève. Environ 36 ans, 3 enfants. Conduit depuis 1956 une luxueuse Cadillac, cadeau du gouvernement de l’Arabie Saoudite. R.S. doit être membre des Frères musulmans."

    Les Frères arrivent

    L’arrivée de Saïd Ramadan en Europe fut le résultat d’un schisme idéologique qui continue de diviser les sociétés islamiques. Le coeur du problème est de savoir comment réconcilier l’islam avec l’Etat-Nation moderne. Comme beaucoup de religions, l’islam s’étend à tout, impose un comportement dans toutes les sphères, y compris politique. Mais pris littéralement, ses exigences s’opposent aux démocraties libérales actuelles, qui promeuvent la liberté individuelle.

    Dans l’Egypte de 1920, un jeune enseignant nommé Hassan al-Banna s’est fermement tourné vers l’orthodoxie. Troublé par ce qu’il décrivait comme l’immoralité d’une Egypte se modernisant rapidement, il a mis sur pied une fondation nommée les Frères musulmans. Son plan était de réislamiser la société en enseignant les fondamentaux de l’islam dans le langage courant des salons de thé et non dans l’arabe classique des mosquées. Il a fondé des organisations caritatives et fut célèbre pour son engagement dans la justice sociale.

    Mais il se heurtait à d’autres visions de l’Egypte, spécialement celles importées de l’Occident, comme le socialisme et le fascisme. Fortement impliqué dans la politique turbulente de l’Egypte d’après guerre, M. al-Banna fut assassiné en 1954.

    De nombreux membres furent jetés en prison et quelques uns furent exécutés. M. Ramadan fut le principal dirigeant ayant fui. Il était le gendre de M. al-Banna et réputé pour avoir aidé à organiser la défense de Jérusalem contre le nouvel Etat d’Israël en 1948. Peu de pays dans la région voulaient accueillir M. Ramadan. L’Egypte était une puissance régionale et ses voisins voulaient éviter de la froisser. Après quelques haltes en Syrie, au Liban, en Jordanie et au Pakistan, il est arrivé à Genève en été 1958 avec un passeport diplomatique jordanien, accrédité à l’ONU et voisin de l’Allemagne de l’Ouest.

    En Allemagne, il exposa ses idées dans une thèse de doctorat appelée "Loi islamique : son étendue et son équité." Elle fut publiée sous forme d’un livre et devint un classique dans la pensée islamique moderne. "Il était convenable et intelligent," dit Gerhard Kegel, son directeur de thèse à l’université de Cologne, actuellement âgé de 93 ans, "sinon un petit peu fanatique." Pas fanatique dans le sens de soutenir la violence, dit M. Kegel, mais sa vision du monde dans lequel l’islam guide toute loi et où il n’y a pas de distinction entre l’église et l’Etat. M. Ramadan a également publié un magazine, Al-Muslimoon, qui surveillait les évènements dans le monde musulman et critiquait la laïcité.

    M. Ramadan, comme d’autres Frères musulmans, s’opposait fermement au communisme pour son rejet de la religion. Durant la Guerre froide, cela en a fait un allié naturel des USA. Mais M. Ramadan s’opposait aussi aux USA et aux autres pays occidentaux pour leurs ingérences dans les affaires du Moyen orient. Aujourd’hui comme alors, ceci positionne les gens comme M. Ramadan dans une position de force : ils devaient coopérer avec l’Occident mais ne voulaient pas devenir des collaborateurs occidentaux.

    Des preuves historiques suggèrent que M. Ramadan a travaillé avec la CIA. A cette époque, l’Amérique était bloquée dans une lutte de pouvoir avec l’Union soviétique, qui soutenait Gamal Abdel Nasser en Egypte. En tant qu’ennemi de Nasser, les Frères musulmans semblaient être de bons alliés pour les USA.

    Un document du service de renseignement extérieur allemand, connu par sous son acronyme BND, prétend que les USA ont aidé à persuader la Jordanie de délivrer un passeport à M. Ramadan, et que "ses dépenses seraient couvertes par le camp américain." Des diplomates suisses ont confirmé que les USA et M. Ramadan étaient proches. Selon un rapport diplomatique de 1967 des archives fédérales suisses, "Saïd Ramadan est, entre autres, un agent informateur des Britanniques et des Américains."

    Quand le quotidien suisse Le Temps a rapporté le contenu de ce rapport diplomatique l’année dernière, la famille Ramadan a répondu dans une lettre ouverte dans ces termes : "Note père n’a jamais collaboré avec les services de renseignement américains ou britanniques. Il était au contraire sujet d’une surveillance permanente durant de nombreuses années."

    Les membres de la famille Ramadan refusent tout commentaire. Cette famille héberge deux frères, le célèbre intellectuel musulman Tariq, et son frère Hani qui dirige le Centre islamique de Genève que son père a fondé.

    Une alliance fatidique

    Bien que chanceux d’avoir pu fuir le Moyen-Orient, l’exil suisse de M. Ramadan l’a coupé de sa base militante. Il a commencé à rechercher des soutiens locaux, selon des collègues qui le connaissaient à l’époque. Puis, une opportunité s’est présentée : il fut contacté en 1958 par quelques étudiants arabes de Munich impatients de construire une nouvelle mosquée.

    Les étudiants durent venir en Allemagne pour étudier la médecine, l’ingénierie et d’autres disciplines dans lesquelles l’éducation allemande excellait. Beaucoup étaient impliqués dans les Frères musulmans en Egypte et ont également profité de la chance de fuir les persécutions. M. Ramadan "était doué d’un talent d’orateur et nous le respections tous," affirme Mohamad Ali El-Mahgary, qui dirige maintenant une organisation affiliée à la mosquée de Munich, le Centre islamique de Nuremberg.

    Les étudiants se sont rapidement ligués pour se débarrasser de M. Namangani, l’ancien imam SS. Inspirés par l’idéologie des Frères musulmans, ils jugèrent l’Ouzbèk comme rétrograde, un retour à une époque révolue où, par exemple, les traditions locales autorisaient la consommation d’alcool alors que ceci était expressément interdit par le Coran. Durant les trois années suivantes, M. Ramadan et les Frères musulmans montrèrent leurs dispositions politiques - d’abord en soutenant les soldats et leurs alliés allemands, puis imposant les leurs.

    Au début, M. Ramadan fit équipe avec Amcomlib pour couper l’herbe sous le pied de M. Namangani. En 1959 il organisa le "Congrès européen musulman" à Munich, dont les informateurs de M. Von Mende affirment qu’il fut cofinancé par l’Amcomlib, selon les archives du ministère des affaires étrangères allemand et les lettres personnelles de M. Von Mende. Le but : marginaliser M. Namangani en faisant de la mosquée de Munich un centre de dimension européenne, pas seulement pour les musulmans munichois. Pour les USA, cela aiderait à renforcer le pouvoir de leur homme, M. Gacaoglu, et limiterait l’influence de l’Allemagne de l’Ouest sur les émigrés.

    Selon une interview, en 1960 M. Ramadan prit officiellement le contrôle de la commission de construction des mosquées, et les étudiants essayant de convaincre les anciens soldats que seul M. Ramadan pouvait trouver les fonds nécessaires à une mosquée. M. Ramadan en fut élu président et M. Namangani relégué au grade de suppléant.

    Troublé, M. Von Mende essaya de découvrir quels étaient les buts de M. Ramadan. Ses rapports montrent qu’il était convaincu que M. Ramanda travaillait avec les USA. Mais il avait besoin d’une confirmation et s’est adressé au service de renseignement extérieur allemand. Dans une lettre privée à un ancien collègue de l’Ostministerium, M. Von Mende demandait des informations sur M. Ramadan et suggérait de voler des dossiers dans son bureau de Genève. Il a même fait une estimation du coût d’une telle opération, pots-de-vin et frais de voyage inclus. Le contact de M. Von Mende au BND confirma que M. Ramadan était soutenu par les USA. Mais pour le vol des dossiers, le collègue l’en a dissuadé : M. Ramadan était "trop précautionneux" pour laisser des informations importantes dans des dossiers.

    Confirmant les inquiétudes de M. Von Mende, la CIA soutenait maintenant ouvertement M. Ramadan. En mai 1961, Robert Dreher, un agent de la CIA attaché de l’Amcomlib à Munich, s’est présenté accompagné de M. Ramadan au bureau de M. Von Mende à Düsseldorf pour une rencontre visant à proposer un effort conjoint de propagande contre l’Union soviétique, selon les documents personnels de M. Von Mende et des interviews de personnes qui le fréquentaient à l’époque. M. Von Mende les a rapidement repoussés.

    M. Von Mende décida qu’il devait utiliser M. Namangani pour orchestrer l’éviction de M. Ramadan. Au début, il semblait que cela avait réussi. Fin 1961, M. Namangani organisa une réunion de la commission des mosquées. M. Ramadan fur accusé de malversations financières. Les soldats suggérèrent un nouveau candidat qui emporta une simple majorité au terme d’un scrutin serré. Dans des mémos internes, des officiels allemands se félicitèrent de l’éviction de M. Ramadan, et avec lui des plans pour une "mosquée monumentale".

    Mais un officiel zélé de la municipalité avait remarqué que l’ordonnance de la commission nécessitait que M. Namangani soit élu avec les deux tiers des voix. Une simple majorité n’était pas suffisante. Une fois de plus, la capacité de M. Ramadan à mobiliser fur décisive : ses étudiants étaient renforcés, contrairement aux soldats de M. Namangani pourtant plus nombreux. M. Ramadan resta responsable de la commission des mosquées.

    Découragés, les soldats commencèrent à quitter la commission. M. Namangani demeurait le chef de l’organisation ouest-allemande qui surveillait les besoins spirituels des anciens soldats, mais n’avait plus aucun rôle concernant les mosquées. Dans une lettre de sept pages qui se trouve maintenant dans les archives de l’état bavarois, M. Namangani explique qu’il était fatigué de se battre avec M. Ramadan. "La commission de construction des mosquées s’est beaucoup éloigné de ses buts initiaux, et il y a une dangereuse et grande probabilité qu’elle devienne un centre pour des personnes engagées politiquement", écrivit-il.

    Le départ des émigrés de la commission des mosquées ralentit sa course mais ne l’arrêta pas. La bureaucratie allemande, remplie d’anciens nationaux-socialistes, considérait toujours avec bienveillance l’idée de construire une mosquée, comme le montrent des mémos internes. Ils n’étaient apparemment pas au courant que leurs anciens camarades de combat avaient quitté la commission. La bureaucratie ouest-allemande avait même donné au projet de mosquée, maintenant totalement aux mains des Frères musulmans, un statut l’exonérant de toute taxe, qui aurait représenté des millions au long des décennies suivantes.

    Malgré tout, M. Von Mende réalisa que ses Turcs étaient délaissés politiquement. Dans un mémo au ministère des affaires étrangères allemand, il dit que le gouvernement devrait faire tout ce qu’il lui est possible de faire pour bloquer M. Ramadan qu’il considérait comme un outsider à la solde de l’étranger. On ne saura jamais si M. Von Mende aurait pu stopper M. Ramadan : en décembre 1963, assis à son bureau de Düsseldorf, M. Von Mende eut une fulgurante attaque cardiaque et mourut immédiatement. Il était âgé de 58 ans.

    Quelques mois après, son Service de recherche Est Européen était fermé et le réseau d’informateurs de M. Von Mende évanoui. Ce n’est que des décennies plus tard, après les attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis que l’Allemagne concentra sérieusement son renseignement intérieur sur les opérations des Frères musulmans à Munich.

    La vision du banquier

    Laissée sans surveillance, la mosquée avait de moins en moins de choses à voir avec les musulmans munichois. Et à cette époque, les preuves de l’implication de la CIA s’étaient évanouies. Au lieu de cela, la direction s’était finalement retrouvée dans un endroit bien différent : Campione d’Italia, une ville de manoirs et de millionnaires dans les Alpes suisses. Ici, depuis la terrasse de sa villa surplombant le lac de Lugano, un des fidèles lieutenants de M. Ramadan, Galeb Himmat, dirigeait la mosquée de Munich et le réseau qui en émanait.

    De tous les personnages de l’histoire de la mosquée, M. Himmat est le plus énigmatique, et de plus il est l’un des derniers encore en vie. Ce Syrien immigra à Munich dans les années 1950 pour étudier mais finit par s’enrichir de ses activités marchandes. Maintenant sous le coup d’enquêtes de plusieurs pays pour ses liens avec le terrorisme, il évite habituellement toute publicité. Il a cependant accepté de faire quelques brefs commentaires par téléphone pour cet article.

    Ses contemporains et des archives indiquent que M. Himmat était un élément moteur derrière la mosquée. Selon les dires de membres de la commission des mosquées, il a mené en 1958 le mouvement invitant M. Ramadan à Munich. Des documents montrent que les deux hommes travaillaient étroitement ensemble. Ils partaient ensemble lever des fonds et M. Himmat remplaçait M. Ramadan quand celui-ci rentrait à Genève.

    La mort de M. Von Mende aurait du laisser M. Ramadan totalement en charge du projet. Mais au long des années suivantes, il perdit le contrôle au profit de M. Himmat. La raison exacte de leur séparation n’est pas claire, mais de proches associés parlent de différences de nationalité. M. Himmat nie ceci, alléguant qu’il ne sait pas pourquoi M. Ramadan est parti.

    Au même moment, M. Ramadan perdait le soutien de ses partenaires Saoudiens. A cours d’argent, il cessa de publier son magazine en 1967. Au long du quart de siècle jusqu’à sa mort en 1995, l’influence de M. Ramadan déclina. Son fils Tariq le décrit dans un livre comme enclin à "de longs silences perdu dans ses souvenirs et pensées, et, souvent, dans l’amertume."

    M. Himmat assumait le contrôle de la mosquée juste avant son ouverture en août 1973. Sous sa direction, la mosquée prit de l’importance, devenant de facto l’ambassade en Europe des Frères musulmans. Comme son influence grandissait, le groupe changea de nom, passant de Commission pour la construction de mosquées à Communauté islamique du sud de l’Allemagne, et maintenant Communauté islamique d’Allemagne. C’est une des organisations islamiques les plus importantes du pays, représentant 60 mosquées et centres islamiques dans tout le pays.

    Le groupe est également devenu la pierre angulaire d’un réseau d’organisations qui ont promu à travers l’Europe la pensée des Frères musulmans. Par exemple, la Communauté islamique d’Allemagne a aidé à la fondation de la Fédération des organisations islamiques d’Europe (Federation of Islamic Organizations in Europe) basée au Royaume Uni, qui unit les groupes et lobbies proches des Frères musulmans dans toute l’Union Européenne.

    M. Himmat prétend que la mosquée a toujours été ouverte à tous les musulmans mais que les Frères musulmans en sont venus à la dominer parce qu’ils sont les plus actifs. "Si les Frères musulmans me considèrent comme étant des leurs, c’est un honneur pour moi," dit M. Himmat dans l’interview téléphonique. "Ils sont non violents. Ils sont pour le dialogue interreligieux. Ils sont actifs pour la liberté."

    Durant des décennies, les autorités allemandes n’ont guère prêté attention aux activités à Munich, les voyant déconnectés de la société allemande. Ils ont été longs à prendre en compte les signaux d’alarme. En 1993, après une attaque à la voiture piégée contre le World Trade Center à New York tuant 6 personnes et en blessant 1000, les enquêteurs ont découvert qu’un des organisateurs était Mahmoud Abouhalima, qui avait fréquenté la mosquée. Il fut jugé aux Etats-Unis en 1994 et fut condamné à la perpétuité sans libération conditionnelle. Les renseignements intérieurs allemands ont commencé à surveiller la mosquée, selon des officiels du renseignement, mais ont relâché leurs efforts peu après alors qu’aucun lien avec le terrorisme n’était apparu.

    Les attentats du 11 septembre ont changé cela. Trois des quatre principaux terroristes avaient étudié en Allemagne, tout comme un des organisateurs de premier plan. Alors que l’application des lois allemandes et américaines consistait à rechercher des indices, quelques uns, cela n’apparaît que maintenant, conduisaient à la mosquée de Munich.

    M. Himmat s’est avéré être un des fondateurs de la banque al-Taqwa, une institution basée au Bahamas dont la liste des actionnaires est un who’s who de personnalités associées aux Frères musulmans en Europe. Cette banque a dans plusieurs pays occidentaux été identifiée comme entretenant des liens avec le terrorisme. Les enquêteurs pensent que cette banque aide à transférer des fonds au mouvement terroriste palestinien Hamas et aurait transféré des fonds à des membres al-Qaïda.

    En 2001, les USA ont livré une liste de terroristes "désignés" qui comprend M. Himmat et un autre actionnaire, Youssef Nada. Le Département au trésor américain a gelé leurs avoirs aux USA. Le mois dernier, les autorités suisses ont stoppé leurs enquêtes, arguant d’un manque de preuves. Les avoirs financiers de ces hommes, cependant, restent gelés et les USA indiquent qu’ils continuent leur enquête.

    MM. Himmat et Nada nient toute implication terroriste. Un membre de longue date de la mosquée de Munich, M. Nada, affirme dans une interview qu’il ne s’en occupe plus et n’assiste plus aux réunions de la direction. Il dit que la mosquée n’était pas un quartier général officiel des Frères musulmans car le groupe n’est plus une organisation officielle. Maintenant, dit-il, elle est devenue quelque chose de différent : une matrice d’idées. "Vous ne signez plus de formulaire", dit M. Nada. "Nous ne sommes pas une organisation économique ni politique. Nous sommes une sorte de pensée."

    L’enquête américaine sur le financement du terrorisme fur suffisante pour mettre un terme à la carrière de M. Himmat dans la Communauté islamique d’Allemagne. En 2002, il a démissionné, dit-il, parce qu’étant fiché sur la liste des terroristes il ne pouvait plus signer des chèques au nom de la communauté, et ainsi ne pouvait plus payer son équipe. Il dit que l’organisation se débrouille très bien sans lui et n’envisage pas d’y retourner. "Elle fonctionne", dit-il, "pas besoin."

    En avril, la police allemande a fait une incursion dans la mosquée, affirmant qu’elle était impliquée dans du blanchiment d’argent et de la propagation d’ouvrages intolérants, ce qui est un crime en Allemagne. La police a embarqué des ordinateurs et des fichiers dans les bureaux. Ceci était une des quelques incursions dans le centre, malgré le fait qu’aucune n’a débouché sur une accusation.

    Les officiels de la mosquée affirment que les temps où l’organisation était le point central de l’islam politique sont révolus. "Ce centre s’est développé d’un centre important dans l’Allemagne et dans le monde en une institution locale," affirme Ahmad Von Denffer, un dirigeant de la mosquée. La communauté islamique d’Allemagne a depuis déplacé son centre opérationnel à Cologne, où réside son actuel président.

    Cependant, dans le monde de l’islam politique, le centre islamique de Munich reste quelque chose de spécial. Certains des principaux dirigeants de cette idéologie y ont servi et y ont fait des discours. Et l’actuel "murshid" ("guide spirituel") des Frères musulmans, Mahdy Akef, a dirigé le centre.

    M. Akef se rappelle avec tendresse ses années à Munich entre 1984 et 1987. Petit homme amical avec un sourire espiègle et de grosses lunettes, M. Akef dit que le centre est un des quelques centres appartenant aux Frères musulmans en Europe. Durant son séjour, dit-il, des chefs d’état du monde musulman en voyage officiel ont visité la mosquée de Munich pour honorer les organisations islamiques les plus influentes du monde. La mosquée était si importante qu’il fut arrêté en Egypte dans les années 1990, accusé d’avoir voulu créer un parti politique islamique, une des charges retenues contre lui était qu’il avait dirigé le centre.

    L’organisation des Frères musulmans est toujours officiellement bannie en Egypte, mais un petit bureau au Caire est toléré. Assis sur un sofa sous une carte du monde où les pays musulmans sont peints en vert, M. Akef affirme qu’en effet les Frères musulmans se sont répandus depuis Munich dans d’autres villes d’Allemagne et d’Europe. M. Akef est un personnage controversé qui parle avec sympathie des kamikazes en Iraq. Mais il évite de répondre aux questions liées au terrorisme et au fondamentalisme. Au lieu de cela, il préfère relater le travail accompli par la communauté à Munich, aidant à embellir un remblai tout proche et planter des pins dans la terre de la mosquée.

    "Nous avons fait de cette décharge un bel endroit qui est désormais rempli d’arbres," dit-il. "C’est un des plus beaux endroits d’Allemagne."

    Texte original : Ian Johnson, "How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam", The Wall Street Journal, 12.7.05

    #Allemagne #islam #histoire #nazis

    • texte original

      How a Mosque for Ex-Nazis Became Center of Radical Islam
      http://www.armeniandiaspora.com/july-2005-a/32431-mosque-ex-nazis-center-radical-islam.html?s=7bb07f88cbdea668

      Documents Reveal Triumph
      By Muslim Brotherhood
      In Postwar Munich
      A CIA Plan to Fight Soviets

      The Wall Street Journal
      July 12, 2005
      Page A1

      By IAN JOHNSON, Staff Reporter of THE WALL STREET JOURNAL

      MUNICH, Germany — North of this prosperous city of engineers and auto
      makers is an elegant mosque with a slender minaret and a turquoise
      dome. A stand of pines shields it from a busy street. In a country of
      more than three million Muslims, it looks unremarkable, another place
      of prayer for Europe’s fastest-growing religion.

      The Mosque’s history, however, tells a more-tumultuous story. Buried
      in government and private archives are hundreds of documents that
      trace the battle to control the Islamic Center of Munich. Never before
      made public, the material shows how radical Islam established one of
      its first and most important beachheads in the West when a group of
      ex-Nazi soldiers decided to build a mosque.

      The soldiers’ presence in Munich was part of a nearly forgotten
      subplot to World War II: the decision by tens of thousands of Muslims
      in the Soviet Red Army to switch sides and fight for Hitler. After the
      war, thousands sought refuge in West Germany, building one of the
      largest Muslim communities in 1950s Europe. When the Cold War heated
      up, they were a coveted prize for their language skills and contacts
      back in the Soviet Union. For more than a decade, U.S., West German,
      Soviet and British intelligence agencies vied for control of them in
      the new battle of democracy versus communism.

      Yet the victor wasn’t any of these Cold War combatants. Instead, it
      was a movement with an equally powerful ideology: the Muslim
      Brotherhood. Founded in 1920s Egypt as a social-reform movement, the
      Brotherhood became the fountainhead of political Islam, which calls
      for the Muslim religion to dominate all aspects of life. A powerful
      force for political change throughout the Muslim world, the
      Brotherhood also inspired some of the deadliest terrorist movements of
      the past quarter century, including Hamas and al Qaeda.

      The story of how the Brotherhood exported its creed to the heart of
      Europe highlights a recurring error by Western democracies. For
      decades, countries have tried to cut deals with political Islam —
      backing it in order to defeat another enemy, especially communism.
      Most famously, the U.S. and its allies built up mujahadeen holy
      warriors in 1980s Afghanistan to fight the Soviet Union — paving the
      way for the rise of Osama bin Laden, who quickly turned on his
      U.S. allies in the 1990s.

      Munich was a momentous early example of this dubious
      strategy. Documents and interviews show how the Muslim Brotherhood
      formed a working arrangement with U.S. intelligence organizations,
      outmaneuvering German agencies for control of the former Nazi soldiers
      and their mosque. But the U.S. lost its hold on the movement, and in
      short order conservative, arch-Catholic Bavaria had become host to a
      center of radical Islam.

      The Islamic Center of Munich, seen here at right, sits gently tucked
      away in a quiet suburb. Bottom, the city where Ghaleb Himmat was said
      to have run the Munich mosque. Top left, the Islamic Center of
      Nuremburg.

      “If you want to understand the structure of political Islam, you have
      to look at what happened in Munich,” says Stefan Meining, a
      Munich-based historian who is studying the Islamic center. “Munich is
      the origin of a network that now reaches around the world.”

      Political and social groups affiliated with the Muslim Brotherhood now
      dominate organized Islamic life across a broad swath of Western
      Europe. These connections are frequently little known, even by the
      intelligence services and police agencies of these countries.

      While these groups renounce terrorism and officially advocate
      assimilation, the upshot of their message is that Europe’s Muslims —
      now representing between 5% and 10% of the continent’s population —
      need to be walled off2 from Western culture. This in turn has helped
      create fertile ground for violent ideas. Islamic terrorists have
      increasingly used Europe as a launching pad for their attacks, from
      the Sept. 11 assault on the U.S. to last year’s bombing of trains in
      Madrid.

      These current tensions are embedded in the events of half a century
      ago. Postwar Munich was a ruined city packed with Muslim emigres
      fleeing persecution. While the West tried to observe and control them
      as valuable pawns in the Cold War, they encountered formidable rivals
      seeking their own power bases in Europe’s burgeoning Muslim world.

      Over the next few decades, four men would try successively to control
      the Munich mosque: a brilliant professor of Turkic studies, an imam in
      Hitler’s SS, a charismatic Muslim writer with a world-wide following
      and a hard-nosed Muslim financier now under investigation for backing
      terrorism. Most favored some sort of accommodation with the West. But
      the victor had a bolder vision: a global Islam opposed to the ideals
      of secular democracy.

      The Scholar

      Gerhard von Mende’s interest in Muslims originated in 1919, when his
      father was murdered. The family had lived in Riga, part of a
      once-large German minority in Latvia. When the tiny land was invaded
      by the Red Army at the end of World War I, members of the bourgeoisie
      were rounded up and sent on a forced march. Mr. von Mende’s father, a
      banker, was pulled out of the line and shot dead. [ ]

      That awakened in the 14-year-old a loathing of things Russian. After
      fleeing with his mother and six siblings to Germany, he chose to study
      other people who were oppressed by Russian rule — the Muslims of
      Central Asia. A blizzard of papers and books brought him academic
      prominence. Linguistically gifted, he spoke fluent Russian, Latvian
      and French, as well as passable Turkish and Arabic. When he married a
      Norwegian, he picked up her native tongue as well.

      The Nazi invasion of the Soviet Union in 1941 put a premium on people
      like Mr. von Mende, who understood something about the lands that
      Germany’s blitzkrieg was overrunning. He kept his job at Berlin
      University but was seconded to the new Imperial Ministry for Occupied
      Eastern Territories — or Ostministerium — to head a department
      overseeing the Caucasus.

      Germany’s initial victories left it with staggering numbers of Soviet
      prisoners — five million in all. Due in part to the efforts of
      Mr. von Mende and the Ostministerium, Hitler agreed to free prisoners
      who would take up arms against the Soviets. The Nazis set up
      “Ostlegionen” — Eastern Legions — made up primarily of non-Russian
      minorities eager to pay Moscow back for decades of oppression. Up to a
      million soldiers took up Hitler’s offer.

      As the war progressed, Mr. von Mende became one of the chief
      architects of the Nazi policy toward Soviet minorities. He was dubbed
      their “lord-protector,” establishing national committees of Tatars,
      Turks, Georgians, Azerbaijanis and Armenians. Desperate for soldiers,
      the Nazis viewed these committees as little more than a way to keep
      their turncoat allies in the war. But for the people involved, they
      were like governments-in-exile, a taste of independence for which they
      were grateful to Mr. von Mende.

      Colleagues from this era describe Mr. von Mende as a well-dressed,
      regal man with a wry smile, who used his personal charm to win over
      the exiles — especially his favorites, the Turkic Muslims of Central
      Asia. He opened his home in Berlin to them for long dinners with the
      conversation flowing in Russian, Turkish and German. In the last
      months of the war, he cemented their loyalty through an act of
      bureaucratic genius: With Germany’s infrastructure bombed to a pulp,
      he managed to get thousands of “his” Turks transferred to the western
      front — Greece, Italy, Denmark and Belgium — figuring it would be
      better if they ended up in British or American prisoner-of-war camps
      than Soviet. Those who fell into Soviet hands were shot as traitors.

      By the late 1940s, hundreds of Muslim ex-soldiers were stranded in the
      U.S. zone of occupation in Munich. Mr. von Mende, whose Nazi past
      left him with limited job prospects, decided to devote himself to
      looking out for them.

      That decision would prove beneficial — both for the Muslims and for
      Mr. von Mende. It was the beginning of the Cold War and Western
      intelligence agencies were desperate for anyone who could provide a
      glimpse behind the Iron Curtain. They needed people to analyze
      documents, broadcast anti-Soviet propaganda and recruit spies.

      In October 1945, Mr. von Mende wrote a letter to a “Major Morrison” in
      the British Army, according to a letter in his private papers that his
      family made available. He laid out the Ostministerium’s unique source
      of knowledge about the Soviet peoples. He explained who worked for it
      and in which POW or Displaced Persons camp they were being held. It
      was the beginning of his intelligence career.

      Mr. von Mende settled in the British-occupied sector of Germany, in
      the commercial center of Düsseldorf. Although he was no longer an
      academic, he called his office the “Eastern European Research
      Service.” His staff was made up of ex-Ostministerium employees —
      basically a re-creation of the Nazi apparatus that oversaw the Muslims
      during the war. Funding came from British occupation forces initially,
      then a variety of West German agencies, including the national
      domestic intelligence agency and the German foreign ministry,
      according to foreign-ministry documents and Mr. von Mende’s private
      correspondence.

      Mr. von Mende spent enormous amounts of time helping the Muslims who
      used to work for him in the Ostministerium. He wrung money out of the
      West German bureaucracy for them to be fed, clothed and housed —
      conditions were appalling and even a decade after the war’s end many
      were still living in barracks.

      But at heart, his task was simple: keep tabs on the emigres and
      prevent them from falling into another country’s control. The main
      threat was the Soviet Union, which wanted to stop the emigres from
      making anti-communist propaganda. Some emigre leaders in West Germany
      were murdered. Many carried weapons in defense against KGB assassins.

      CIA vs. Nazi Imam

      By 1956, a rival emerged to threaten Mr. von Mende’s control over the
      Muslim ex-soldiers of Munich: the American Committee for Liberation
      from Bolshevism, widely known as Amcomlib. Set up as a U.S.
      nongovernmental organization to run Radio Free Europe and Radio
      Liberty, Amcomlib was in fact a thinly disguised front for the Central
      Intelligence Agency. CIA funding lasted until 1971 when Congress cut
      Amcomlib’s ties to the intelligence agency.

      During the 1950s, the head of Amcomlib’s political organization was
      Isaac Patch, who is now 95 and living in retirement in New
      Hampshire. Reached by telephone, Mr. Patch defended Amcomlib’s
      strategy of using Muslims to fight the Soviets. “Islam was an
      important factor, no question about it,” Mr. Patch said. “They were
      strong believers and strong anti-communists.”

      Amcomlib forged ties with Ibrahim Gacaoglu, a former Nazi soldier from
      the Caucasus who, like Mr. von Mende, was looking after Muslim
      soldiers stranded in Germany. Mr. Gacaoglu controlled food packages
      from the U.S., which he doled out to his followers, according to his
      organization’s documents. Mr. Gacaoglu also did propaganda work for
      Radio Free Europe. In 1957, for example, he held a news conference
      with another former German political officer, Garip Sultan, who headed
      Radio Liberty’s Tatar service, according to documents and Mr. Sultan.
      The two decried Stalin’s abuses in Chechnya. Mr. Sultan, now 81 years
      old, said in an interview that he wrote Mr. Gacaoglu’s speeches and a
      pamphlet for him on the situation of Muslims.

      For Mr. von Mende and his colleagues, Mr. Gacaoglu’s CIA connections
      were a problem. West Germany and the U.S. were on the same side of the
      Cold War, but Mr. von Mende didn’t appreciate foreign agencies trying
      to influence German residents. As one informant had put it in a report
      to his boss: “Germany is a gate that no one controls because there
      doesn’t seem to be a gatekeeper. Everyone comes and does what he
      pleases.”

      Mr. von Mende decided that Germany’s Muslims needed a leader he could
      trust. He turned to a friend from the war: Nurredin Nakibhodscha
      Namangani.

      Mr. Namangani had come from a long line of imams in his native land,
      modern-day Uzbekistan. But his religious service had mostly been in an
      unholy organization: Hitler’s infamous SS. According to an
      autobiographical sketch he gave German authorities, he had been
      arrested by Stalin’s security forces in 1941 and soon after liberated
      by the invading German army. He served as imam in various capacities,
      ending as imam for an SS division. He won some of Germany’s highest
      commendations, including the Iron Cross.

      Mr. Namangani arrived in Munich in 1956 to an uproar. Opponents such
      as Mr. Gacaoglu charged Mr. Namangani with having participated in
      wartime atrocities. Mr. Namangani’s unit reportedly helped put down
      the 1944 Warsaw uprising of Polish partisans against the Nazis, but
      any personal role in atrocities is not evident in German war records.

      Mr. von Mende beat back the attacks, persuading the federal government
      in Bonn to accept Mr. Namangani as the “Hauptimam” or “chief imam” of
      Germany’s Muslims, on the West German payroll.

      In late 1958, Mr. Namangani came up with a plan to rally the ex-Muslim
      soldiers behind him: a “Mosque Construction Commission.” At the time,
      Germany had only a couple of mosques. Munich’s mosque would be
      different: bigger and dedicated not to traders and visitors but to
      Germany’s first permanent Muslim population of any note.

      “For 13 years, Muslims haven’t had a fixed place for their services
      and have had to hold them in various places,” Mr. Namangani told the
      assembled 50 or so Muslims, including some Muslim students from the
      Middle East. Once, Muslims had been forced to hold services even in a
      brewery, other times in a museum, according to minutes of the mosque
      commission. Now, he told the group, Munich would be a center for
      Muslims and the Bavarian state government would certainly help out,
      according to the minutes.

      It was a big event, so big in fact that someone special was on hand:
      Said Ramadan, the Geneva-based secretary general of the World Islamic
      Congress, a group that wanted to unite Muslims around the world. The
      rest of those assembled donated 125 marks in total (about $275 in
      today’s money) for the mosque’s construction. Mr. Ramadan himself gave
      1,000 marks.

      Mr. von Mende quickly put out feelers for information on the
      well-heeled visitor. Soon, his index of people to watch contained a
      new entry:

      “Said Ramadan, Geneva. Circa 36 years old, 3 children. Since 1956
      drives an expensive Cadillac, gift of the Saudi Arabian
      government. R.S. [sic] is supposed to be a member of the Muslim
      Brotherhood.”

      The Brotherhood Arrives

      Said Ramadan’s arrival in Europe was the result of a clash of ideas
      that continues to tear at Islamic societies. At heart, the problem is
      how to reconcile Islam with the modern nation-state. Like many
      religions, Islam is all-embracing, prescribing behavior in many
      spheres, politics included. But when taken literally, these
      requirements can clash with today’s liberal democracies, which promote
      individual freedom.

      In 1920s Egypt, a young schoolteacher named Hasan al-Banna came down
      firmly on the side of orthodoxy. Troubled by what he saw as the
      immorality of a rapidly modernizing Egypt, he set up an organization
      called the Muslim Brotherhood. His plan was to re-Islamicize society
      by teaching the fundamentals of Islam in the everyday language of the
      coffee shop, not the classical Arabic of mosques. He set up welfare
      organizations and was famous for his commitment to social justice.

      But this collided with other visions of Egypt, especially those
      imported from the West, such as socialism and fascism. Heavily
      involved in the turbulent politics of postwar Egypt, Mr. Banna was
      assassinated in 1949. A few years later, a military coup brought in a
      socialist government that banned the group in 1954.

      Many members were thrown in jail and some were executed. Mr. Ramadan
      was the most prominent member to flee abroad. He was Mr. Banna’s
      son-in-law and was famous for having helped organize Jerusalem’s
      defense against the new state of Israel in 1948. Few countries in the
      region wanted to shield Mr. Ramadan; Egypt was a regional powerhouse
      and its neighbors were wary of antagonizing it. After stops in Syria,
      Lebanon, Jordan and Pakistan, he arrived in Geneva in the summer of
      1958 on a Jordanian diplomatic pass, accredited to the U.N. and also
      neighboring West Germany.

      While in Germany, he set out his ideas in a doctoral thesis called
      “Islamic Law: Its Scope and Equity.” It was published as a book and
      became a classic of modern Islamist thinking.

      “He was decent and intelligent,” says his doctoral adviser at Cologne
      University, Gerhard Kegel, now 93, “if a little fanatical.”

      Not fanatical in the sense of advocating violence, Mr. Kegel says,
      but in his view of a world in which Islam guides all laws and there is
      no distinction between religion and state. Mr. Ramadan also published
      a magazine, Al-Muslimoon, which surveyed events in the Muslim world
      and criticized secularism.

      Mr. Ramadan, like others in the Muslim Brotherhood, strongly opposed
      communism for rejecting religion. During the Cold War, that made him
      a natural ally of the U.S. But Mr. Ramadan also opposed the U.S. and
      other Western countries for their interference in Mideastern
      affairs. Then as now, that put people like Mr. Ramadan in a tough
      position: They needed to cooperate with the West but didn’t want to be
      Western collaborators.

      Historical evidence suggests that Mr. Ramadan worked with the CIA. At
      the time, America was locked in a power struggle with the Soviet
      Union, which was supporting Egypt’s Gamal Abdel Nasser. As Nasser’s
      enemy, the Brotherhood seemed like a good ally for the U.S.

      A document from the German foreign intelligence service, known by its
      initials BND, says the U.S. had helped persuade Jordan to issue
      Mr. Ramadan a passport and that “his expenditures are financed by the
      American side.” Swiss diplomats concurred that the U.S. and
      Mr. Ramadan were close. According to a 1967 diplomatic report in the
      Swiss federal archives: “Said Ramadan is, among others, an information
      agent of the British and Americans.”

      When the Swiss newspaper Le Temps reported the contents of the
      diplomatic report last year, the Ramadan family responded in a letter
      to the editor that read in part: “Our father never collaborated with
      American or English intelligence services. He was, on the contrary,
      the subject of permanent surveillance for numerous years.”

      Members of the Ramadan family refused to comment. They include two
      sons, the popular Muslim intellectual Tariq and his brother, Hani, who
      heads an Islamic center in Geneva that his father set up.

      A Fateful Alliance

      Although he was fortunate to have escaped the Middle East,
      Mr. Ramadan’s Swiss exile cut him off from his base of support. He
      began to look around for allies, according to colleagues who knew him
      then. Soon, an opportunity presented itself: He was contacted in 1958
      by some Arab students in Munich eager to build a new mosque.

      The students had come to Germany to study medicine, engineering and
      other disciplines in which German education excelled. Many had been
      involved with the Muslim Brotherhood in Egypt and were also using the
      chance to escape persecution. Mr. Ramadan “was a gifted orator and we
      all respected him,” says Mohamad Ali El-Mahgary, who now heads an
      organization affiliated with the Munich mosque, the Islamic Center of
      Nuremberg.

      The students quickly united in wanting to get rid of Mr. Namangani,
      the former SS imam. Fired up by Muslim Brotherhood ideology, they saw
      the Uzbek as a throwback to an earlier era, one where, for example,
      local traditions allowed for drinking alcohol when this was expressly
      forbidden in the Quran. Over the next three years, Mr. Ramadan and the
      Brotherhood showed their political mettle — first sidelining the
      soldiers and their German allies, then striking out on their own.

      First Mr. Ramadan teamed up with Amcomlib to undermine
      Mr. Namangani. In 1959, he organized the “European Muslim Congress” in
      Munich, which Mr. von Mende’s informants reported was co-financed by
      Amcomlib, according to German foreign-ministry archives and Mr. von
      Mende’s personal letters. The goal: marginalize Mr. Namangani by
      making Munich’s mosque a European-wide center, not just for Munich’s
      Muslims. For the U.S., this would help strengthen their man,
      Mr. Gacaoglu, and limit the West Germans’ influence over the emigres.

      In 1960, Mr. Ramadan took formal control of the mosque-construction
      commission, with the students convincing the former soldiers that only
      Mr. Ramadan could raise the money needed for a mosque, according to
      interviews. Mr. Ramadan was elected chairman and Mr. Namangani
      relegated to deputy.

      Flummoxed, Mr. von Mende tried to figure out what Mr. Ramadan’s goals
      were. His reports show that he was convinced that Mr. Ramadan was
      working with the U.S. But he needed confirmation and so turned to
      Germany’s foreign-intelligence service. In a private letter to a
      former colleague in the Ostministerium, Mr. von Mende asked for
      information on Mr. Ramadan and suggested stealing files from his
      office in Geneva. He even estimated how much the operation would cost,
      bribes and travel costs included. Mr. von Mende’s BND contact
      confirmed that Mr. Ramadan was backed by the U.S. As for stealing his
      files, the colleague advised against it: Mr. Ramadan was “much too
      careful” to leave valuable information in them.

      Adding to Mr. von Mende’s worries was that the CIA was now openly
      backing Mr. Ramadan. In May of 1961, a CIA agent attached to Amcomlib
      in Munich, Robert Dreher, brought Mr. Ramadan to Mr. von Mende’s
      office in Düsseldorf for a meeting to propose a joint propaganda
      effort against the Soviet Union, according to Mr. von Mende’s personal
      papers and interviews with contemporaries of the men. Mr. von Mende
      quickly turned them down.

      Mr. von Mende decided he had to use Mr. Namangani to engineer
      Mr. Ramadan’s removal. At first, it appeared the two had succeeded. In
      late 1961, Mr. Namangani called a meeting of the mosque
      commission. Mr. Ramadan was accused of financial irregularities. The
      soldiers put forward a new candidate and in a close vote won a simple
      majority. In memos to each other, German officials crowed that
      Mr. Ramadan was gone and with him the plans for a “monumental mosque.”

      But a sharp-eyed city government official noted that the commission’s
      by-laws had required that Mr. Namangani’s candidate win a two-thirds
      majority. The simple majority hadn’t been enough. Once again Mr.
      Ramadan’s ability to mobilize had been decisive: His students had
      turned out in force, unlike Mr. Namangani’s more-numerous
      soldiers. Mr. Ramadan was still in charge of the mosque commission.

      Discouraged, the soldiers began to leave the commission. Mr. Namangani
      remained head of the West German organization that oversaw the former
      soldiers’ spiritual needs, but had nothing more to do with the
      mosque. In a seven-page letter to German officials that is now in the
      Bavarian state archives, Mr. Namangani explained he was tired of
      fighting Mr. Ramadan. “The Mosque Construction Commission has drifted
      far from its original goal and there is the danger that it will become
      a center for those engaged in politics,” he wrote.

      The emigres’ departure from the mosque commission slowed its progress
      but didn’t hurt it. The German bureaucracy, packed with many former
      Nazis, was still sympathetic to the idea of building a mosque, memos
      among officials show. They apparently didn’t know that their former
      comrades-in-arms had left the commission. The West German bureaucracy
      even gave the mosque project, now firmly under Muslim Brotherhood
      control, tax-exempt status, which would be worth millions over the
      next decades.

      Mr. von Mende, though, realized that his Turks were left in the
      political wilderness. In memos to the German foreign ministry, he said
      the federal government must do everything possible to block Mr.
      Ramadan, whom he saw as a foreign-backed outsider. Whether Mr. von
      Mende could have stopped Mr. Ramadan is unknown: In December 1963,
      while sitting at his desk in Düsseldorf, Mr. von Mende had a
      massive heart attack and died immediately. He was 58 years old.

      A few months later, his Eastern European Research Service was closed
      and Mr. von Mende’s network of informants dried up. It would only be
      decades later, after the Sept. 11, 2001, attacks on the U.S., that
      Germany would seriously focus domestic intelligence on the
      Brotherhood’s Munich operations.

      The Banker’s Vision

      Cloaked from outside scrutiny, the mosque had less and less to do with
      the needs of Munich’s Muslims. And around this time, evidence of the
      CIA’s involvement dried up. Instead, control eventually passed to an
      unlikely location: Campione d’Italia, a swath of mansions and
      millionaires in the Swiss Alps. Here, from a terraced villa
      overlooking Lake Lugano, one of Mr. Ramadan’s trusted lieutenants,
      Ghaleb Himmat, ran the Munich mosque and influenced the network that
      grew out of it.

      Of all the characters in the mosque’s history, Mr. Himmat is the most
      enigmatic, although he is one of the few still alive. A Syrian, he
      went to Munich in the 1950s to study but ended up amassing wealth as a
      merchant. Now under investigation by several countries for links to
      terrorism, he normally shuns publicity. He agreed to comment briefly
      on the telephone for this article.

      Contemporaries and archival records indicate that Mr. Himmat was a
      driving force behind the mosque. In 1958, members of the mosque
      commission say, he led the movement to invite Mr. Ramadan to
      Munich. Documents show that the two worked closely together. They went
      on fund-raising trips abroad and Mr. Himmat stood in for Mr. Ramadan
      when the older man was back in Geneva.

      Mr. von Mende’s death should have left Mr. Ramadan firmly in charge of
      the project. But over the next few years, he lost control to
      Mr. Himmat. The exact nature of their split isn’t clear, but close
      associates say it had to do with their different nationalities. Mr.
      Himmat denies this, saying he does not know why Mr. Ramadan left.

      At the same time, Mr. Ramadan was losing the support of his Saudi
      backers. Short of money, he stopped publishing his magazine in
      1967. Over the last quarter century until his death in 1995,
      Mr. Ramadan’s influence waned. His son Tariq describes him in a book
      as prone to “long silences sunk in memory and thoughts, and, often, in
      bitterness.”

      Mr. Himmat assumed control of the mosque just before it opened in
      August of 1973. Under his leadership, the mosque grew in importance,
      functioning as the Muslim Brotherhood’s de facto European embassy. As
      its influence grew, its name changed. From Mosque Construction
      Commission, the group became the Islamic Community of Southern Germany
      and, today, the Islamic Community of Germany. It is now one of the
      country’s most important Islamic organizations, representing 60
      mosques and Islamic centers nationwide.

      The group also became a cornerstone in a network of organizations that
      have promoted across Europe the Muslim Brotherhood way of
      thinking. The Islamic Community of Germany, for example, helped found
      the U.K.-based Federation of Islamic Organizations in Europe, which
      unites groups close to the Muslim Brotherhood and lobbies the European
      Union.

      Mr. Himmat says the mosque has always been open to all Muslims but
      that the Brotherhood came to dominate it because its members are the
      most active. “If the Muslim Brotherhood considers me one of them, it
      is an honor for me,” Mr. Himmat said in the telephone interview. “They
      are nonviolent. They are for interreligious discussion. They are
      active for freedom.”

      For decades, German authorities paid little attention to the
      activities in Munich, viewing them as unconnected to German
      society. They were slow to grasp the warning signs. In 1993, after a
      car-bomb attack on the World Trade Center in New York killed six and
      injured 1,000, investigators discovered that one of the organizers was
      Mahmoud Abouhalima, who had frequented the mosque. He was tried in the
      U.S. and in 1994 was sentenced to life in prison without parole.
      German domestic intelligence began to observe the mosque, intelligence
      officials say, but dropped their efforts after a short while when no
      links to terrorism appeared.

      The Sept. 11 attacks changed that. Three of the four lead hijackers
      had studied in Germany, as did another key organizer. As German and
      U.S. law enforcement searched for clues, some, it is only now becoming
      apparent, led back to the Munich mosque.

      Mr. Himmat, it turned out, was one of the founders of Bank al-Taqwa, a
      Bahamas-based institution whose shareholder list is a who’s who of
      people associated with the Muslim Brotherhood in Europe. The bank has
      been identified by investigators in several Western countries as
      having links to terrorism. Investigators believe the bank helped
      channel money to the Palestinian terrorist group Hamas and may have
      transferred money for al Qaeda operatives.

      In 2001, the U.S. issued a list of “designated” terrorists that
      included Mr. Himmat and a fellow shareholder, Youssef Nada. The
      Treasury Department froze their U.S. assets. Last month, Swiss
      authorities dropped their own investigation, citing lack of
      evidence. The men’s money, however, remains frozen and the U.S. has
      indicated that it is continuing its investigation.

      Messrs. Himmat and Nada deny any involvement in terrorism. A longtime
      member of the Munich mosque, Mr. Nada said in an interview that he no
      longer attends it or its board meetings. He said the mosque wasn’t a
      formal headquarters for the Brotherhood because the group is no longer
      a formal organization. Now, he says, it has become something
      different: a matrix of ideas. “There is no form you sign,” Mr. Nada
      said. “We are not an economic and political organization. We are a way
      of thinking.”

      The U.S. terror-funding investigation was enough to end Mr. Himmat’s
      career at the Islamic Community of Germany. In 2002, he resigned, he
      said, because by being put on the terrorism watch list he was no
      longer able to sign checks for the community, meaning it couldn’t pay
      its staff. He says the organization is doing well on its own and he
      doesn’t contemplate returning to it. “It is running,” he said. “There
      is no need.”

      In April, German police raided the mosque, claiming that it was
      involved with money laundering and spreading intolerant material, a
      crime in Germany. Police carted off computers and files from the
      offices. That was one of several raids on the center, although none
      have resulted in charges.

      Mosque officials say the organization’s days as a focal point of
      political Islam are long over. “This center has developed from a
      center that was important in Germany and internationally to a local
      institution,” says Ahmad von Denffer, a leader of the mosque. The
      Islamic Community of Germany has since moved its operations to
      Cologne, where its current president resides.

      Inside the world of political Islam, though, the Islamic Center of
      Munich remains something special. Some of the ideology’s top leaders
      have served or spoken there. And the Muslim Brotherhood’s current
      murshid, or “supreme guide,” Mahdy Akef, headed the center.

      Mr. Akef fondly remembers his time in Munich from 1984 to 1987. A
      short, friendly man with an elfish smile and big glasses, Mr. Akef
      says the center is now one of several belonging to the Muslim
      Brotherhood in Europe. During his stay there, he says, visiting
      statesmen from the Muslim world visited the Munich mosque to pay
      respects to the world’s most powerful Islamic organization. The mosque
      was so important that when he was arrested in Egypt in the 1990s on
      allegations that he had tried to form an Islamic political party, one
      of the charges against him was that he headed the center.

      The Muslim Brotherhood is still formally banned in Egypt but a tiny
      office in Cairo is tolerated. Sitting on a sofa under a map of the
      world with Muslim nations colored green, Mr. Akef says the Brotherhood
      did indeed spread out from Munich to others cities in Germany and
      Europe. Mr. Akef is a controversial figure who has spoken
      sympathetically about suicide bombers in Iraq. But he avoids answering
      questions about terrorism or fundamentalism. Instead, he prefers to
      talk about the community work the mosque did in Munich, helping to
      beautify a nearby landfill and plant pines in the mosque grounds.

      “We made this dump beautiful and now it’s full of trees,” he
      says. “It’s one of the most beautiful parts of Germany.”

      Almut Schoenfeld in Berlin contributed to this article.

      Write to Ian Johnson at ian.johnson@wsj.com3

      URL for this article:
      http://online.wsj.com/article/0,,SB111964664777469127,00.html

  • Anniversaire du Rana Plaza : la responsabilité des multinationales pas encore à l’ordre du jour en #France
    http://multinationales.org/Anniversaire-du-Rana-Plaza-la

    Il y a un an s’effondrait l’immeuble du Rana Plaza, au #Bangladesh, faisant 1138 morts et plus de 2000 blessés, pour la plupart de jeunes ouvrières du secteur #Textile. Cette catastrophe - la plus importante de l’histoire industrielle moderne - a entraîné une prise de conscience de la communauté internationale et obligé les multinationales du secteur à prendre des engagements inédits pour améliorer les conditions de travail dans les usines de leurs fournisseurs. Mais les avancées (bien réelles) obtenues (...)

    #Enquêtes

    / #Textile, France, Bangladesh, Textile, #Responsabilité_sociale_des_entreprises_et_investissement_éthique, #Auchan, #Carrefour, #responsabilité_pénale_des_entreprises, #responsabilité_sociale_des_entreprises, #chaîne_d'approvisionnement, #Gap, #Walmart, H&M, #Auchan, H&M, (...)

    #H&M #Gap
    « http://online.wsj.com/article/AP18b79c41b867421aaa59fd56aff6f708.html »
    « http://www.ipsnews.net/2013/07/u-s-retailers-unveil-contentious-bangladesh-safety-agreement »
    « http://www.auchan.fr/portal/webdav/assets/img/rappel_qualite_produit/textile.pdf »
    « http://www.triplepundit.com/2013/11/hm-makes-commitment-pay-fair-living-wage-2018 »
    « http://www.asso-sherpa.org/drame-au-bangladesh-le-gouvernement-se-defausse-sur-lue-plutot-que-dass »
    « https://www.flickr.com/photos/zoriah/5710454321/in/photostream

    Flickr
     »
    « http://www.nytimes.com/2012/12/06/world/asia/3-walmart-suppliers-made-goods-in-bangladeshi-factory-where-112-died-in-fir »
    « http://www.ethique-sur-etiquette.org/L-Asia-Floor-Wage-Alliance »
    « http://www.novethic.fr/empreinte-sociale/conditions-de-travail/isr-rse/bangladesh-un-nouveau-drame-malgre-laccord-sur-la-securite-dans-les-usines- »
    « http://www.theguardian.com/world/2013/dec/08/bangladesh-factory-fires-fashion-latest-crisis »
    « http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/who-we-are/ilo-director-general/statements-and-speeches/WCMS_240382/lang--en/index.htm »

  • V. V. Poutine signe la réhabilitation des peuples de Crimée : Tatars, mais aussi Allemands, Arméniens, Bulgares et Grecs.
    Le Tatar devient la troisième langue officielle de la République autonome.

    Putin signs decree to rehabilitate Crimean Tatars — RT News
    http://rt.com/news/crimea-tatars-rehabilitation-putin-856

    Russian President Vladimir Putin has signed a decree officially rehabilitating the Crimean Tatars and other ethnic minorities on the peninsula, who were deported en masse in 1944 by Joseph Stalin for alleged collaboration with Nazi invaders.
    (…)
    When he first mooted the rehabilitation decree last month, Putin also proposed that Tatar becomes the third official language in the autonomy, alongside Russian and Ukrainian.

    The decree also rehabilitates four other less numerous minorities – Armenians, Bulgarians, Germans and Greeks – who also suffered from Joseph Stalin’s repressions during and after World War II.

    • Le chef local, Sergueï Axionov premier ministre de la République de Crimée, a un peu plus de mal avec les Tatars :

      Crimea Tatar Officials Say Office Attacked Before Putin’s Pardon - WSJ.com
      http://online.wsj.com/article/BT-CO-20140421-706112.html

      But earlier in the day, a busload of unidentified men wearing camouflage uniforms and berets marched into the Mejlis—the ethnic group’s executive council offices—and pulled down a Ukrainian flag that flew outside, replacing it with a Crimean flag. After the men left, the flag was removed and replaced by a Crimean Tatar flag.

      A statement on the Mejlis website said the Ukrainian flag had only just gone up over the building, following the return of the ethnic group’s outspoken leader, Mustafa Dzhemilev, who had come back to the peninsula from mainland Ukraine on Sunday. He and other Crimean Tatar leaders say they were briefly detained while trying to enter in a motorcade of 50 cars bearing Crimean Tatar and Ukrainian flags.

      On Sunday, the acting head of the region, Sergei Aksyonov, accused the Crimean Tatar leadership of “provoking ethnic strife,” and that he considered them extremists. Crimean Tatars make up about 12% of the region’s population of 2 million people.

      “The Mejlis hangs a Ukrainian flag over their building,” he wrote on his Twitter feed. “I am more and more convinced that they are provocateurs. 97% voted for Russia [in the referendum]. If you do not like it, leave!

    • Et bien d’ailleurs, certains n’ont même pas à se poser la question…

      Le leader des Tatars banni de Crimée
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/22/le-leaders-des-tatars-banni-de-crimee_4405263_3214.html

      Le leader historique des Tatars de Crimée, Moustafa Djemilev, a été interdit d’accès pour cinq ans sur ce territoire ukrainien rattaché en mars à la Russie, a annoncé mardi 22 avril la Medjlis, l’assemblée des Tatars de Crimée.
      En quittant la Crimée pour Kiev, M. Djemilev s’est vu remettre par les gardes-frontières un document lui interdisant d’entrer dans la Fédération de Russie jusqu’au 19 avril 2019, a précisé à l’AFP Lilia Mouslimova. « Cette décision montre à quel Etat “civilisé” on a affaire », a réagi M. Djemilev sur le site d’information en ligne ZN.ua.

      Moustafa Djemilev — Wikipédia
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Moustafa_Djemilev

      Moustafa Djemilev, né le 13 novembre 1943 à Ay-Serez en Crimée (alors RSFS de Russie à l’époque), est l’ancien président du Majlis du peuple tatar de Crimée (succédé par Refat Choubarov) et un membre du Parlement ukrainien depuis 1998. Il est un chef de file reconnu du Mouvement national des Tatars de Crimée et un ancien dissident soviétique admiré pour son principe de non-violence.
      (…)
      En mai 1989, il est élu à la tête du Mouvement national des Tatars de Crimée nouvellement fondé. La même année, il retourne en Crimée avec sa famille, un mouvement qui sera suivi par le retour des 250 000 Tatars criméens de Russie.

      Adhérent au Mouvement populaire d’Ukraine, il annonce au début du mois de novembre 2011 de se retirer de la vie politique du pays mais rejoint l’Union panukrainienne « Patrie » [de Ioulia Tymochenko] pendant les élections législatives ukrainiennes de 2012.

  • L’#industrie multimilliardaire de la surveillance
    The data hackers, by Pratap Chatterjee
    http://mondediplo.com/openpage/the-data-hackers
    http://www.tomdispatch.com/blog/175757

    “The challenge of managing information has become the challenge of managing the light” (Glimmerglass)

    Trois types d’entreprises font du #data-mining ou #DPI, autant de légions de la #silicon_army :

    – les services-gratuits-vous-le-produit
    – les #data_brokers
    – les entreprises spécialisées dans la surveillance

    [this] category is made up of professional #surveillance companies. They generally work for or sell their products to the government — in other words, they are paid with our tax dollars — but we have no control over them. Harris Corporation provides technology to the FBI to track, via our mobile phones, where we go; #Glimmerglass builds tools that the U.S. intelligence community can use to intercept our overseas calls; and companies like James Bimen Associates design software to hack into our computers.
    http://www.corpwatch.org/article.php?id=15665
    http://online.wsj.com/article/SB10001424053111904194604576583112723197574.html
    http://www.glimmerglass.com/products/intelligent-optical-systems
    http://www.corpwatch.org/article.php?id=15864

    Glimmerglass donc, dont certaines technologies (“210 tiny gold-coated mirrors mounted on microscopic hinges etched on to a single wafer of silicon. It can help transmit data as beams of light across the undersea fiber optic cables”) permettent de surveiller l’#internet_traffic qui transite par les #câbles_sous-marins :
    http://www.wikileaks.org/spyfiles/docs/glimmerglass/55_glimmerglass-cybersweep.html

    Pour les communications via #mobile :

    The simplest form of surveillance technology is an IMSI catcher. (IMSI stands for International Mobile Subscriber Identity, which is unique to every mobile phone.) (...) One of the key players in this field is the Melbourne, Florida-based Harris Corporation, which has been awarded almost $7 million in public contracts by the Federal Bureau of Investigation (#FBI) since 2001, mostly for radio communication equipment. For years, the company has also designed software for the agency’s National Crime Information Center to track missing persons, fugitives, criminals, and stolen property.

    Harris was recently revealed to have designed an IMSI catcher for the FBI that the company named “Stingray.” Court testimony by FBI agents has confirmed the existence of the devices dating back to at least 2002. Other companies like James Bimen Associates of Virginia have allegedly designed custom software to help the FBI hack into people’s computers, according to research by Chris Soghoian of the American Civil Liberties Union (ACLU).

    SS8 of Milpitas, California, sells software called #Intellego that claims to allow government agencies to “see what [the targets] see, in real time”

    Cf. http://seenthis.net/messages/176446

    Take #Raytheon, a major U.S. military manufacturer, which makes Sidewinder air-to-air missiles, Maverick air-to-ground missiles, Patriot surface-to-air missiles, and Tomahawk submarine-launched cruise missiles.
    [en vidéo] http://www.theguardian.com/world/video/2013/feb/10/raytheon-software-tracks-online-video

  • Julian Dierkes: Mongolia’s Choice on Investment - WSJ.com
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323595004579070600648039692.html

    Mongolia has been on an economic tear with growth rates exceeding 10% for the past three years. This has not only brought rising incomes to many Mongolians and spawned a construction boom in Ulaanbaatar, it has also focused the world’s attention on Mongolia in a new way.

    The growth has been built almost entirely on mining exploration, coal production and construction associated with the Oyu Tolgoi project. Now, however, growth seems threatened by three challenges: scared foreign investors, a drop in Chinese demand for coal, and uncertainty surrounding Oyu Tolgoi.
    (…)
    The next week will see two events in Ulan Bator that will begin to address the sense of crisis that has been brought about by the Oyu Tolgoi firings as well as the tanking of the Tugrik by roughly 20% since the triumphant oversubscription of a Chinggis Bond last November.

    At President Elbegdorj Tsakhia’s request, World Economic Forum Strategic Foresight, a quasi-consultancy built around the “communities” involved in the annual Davos event, has drafted scenarios for the long-term context of Mongolia’s development. Here, the likely focus will be on the further development of a mining industry in Mongolia, but also on its main customer, China, and on diversification opportunities. The scenarios will be presented in a workshop to which Mongolian parliamentarians and other policy makers and stakeholders have been invited to encourage consideration of how they make decisions.

    Next, parliament will convene for an extraordinary session to discuss revision of the foreign investment law, as well as proposed changes to the mining law. Hints about the investment law suggest that it will retain controls over state-owned investments but clarify these to create less hindrances for the sale of assets by non-state-owned foreign investors. Specifics of these revisions will show whether they will actually be significant enough to lead to a return of investment, especially if discussions of the mining law remain at a relatively early stage. Neither of these initiatives addresses the on-going challenges surrounding Oyu Tolgoi, which is governed by an investment agreement.

    While the lack of research capacity to support decision-making has been lamented in the past, it has become glaringly obvious in the current discussions of governance structures, construction budgets, and the integration of Mongolia into global financial flows. A radical investment in such analysis capacity and governance structures directly involving the Mongolian people may be one of the few solutions here.

  • Senate Panel Backs Resolution on Use of Force Against Syria - WSJ.com
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324577304579054973488682120.html

    Apparemment le feu vert du Sénat est compatible avec l’emploi d’une force plus grande,

    The revised options under development, which reflect Pentagon concerns that Syrian President Bashar al-Assad has dispersed his military equipment, include the use of Air Force bombers to supplement the four Navy destroyers armed with missiles that are deployed in the eastern Mediterranean. Initially, Pentagon planners said they didn’t intend to use aircraft in the proposed strikes

    ...

    The Pentagon’s new planning stems from Mr. Assad moving equipment, including Russian-made helicopters, to bases around the country while the U.S. debates, a change that could require the Pentagon to use many more Tomahawk cruise missiles and other types of munitions than initially envisioned.

    Moreover, U.S. officials say, Mr. Assad has moved aircraft and other equipment into hardened bunkers and shelters. In some cases, destroying these hardened targets, officials say, could require the use of multiple Tomahawks.

    The Navy destroyers in the Mediterranean carry about 40 Tomahawks each. Air Force bombers could carry dozens more munitions, potentially allowing the U.S. to carry out follow-on strikes if the first wave doesn’t destroy the targets.

    Among options available are B-52 bombers, which can carry cruise missiles; low-flying B1s that are based in Qatar and carry long-range, air-to-surface missiles; and B-2 stealth bombers, which are based in Missouri and carry heavy guided bombs.

  • U.S. Considers Stepping Up Syrian Rebel Support - WSJ.com
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324202304579053471573491250.html

    Administration officials have privately told lawmakers they don’t want to tip the balance against the Assad regime for fear Islamist groups in the opposition with links to al Qaeda could seize large swaths of the country and Mr. Assad’s weapons. At the same time, the White House says it wants to build up moderate elements in the hope they will one day play a leadership role in a post-Assad Syria.

  • Robin Lustig : Ironies de l’histoire : la dernière fois qu’un Premier ministre a été défait sur une motion de guerre, c’était en 1782, lorsque les députés ont voté pour arrêter de combattre dans la guerre d’indépendance américaine.
    https://twitter.com/robinlustig/status/373224191526313985

    Ironies of history: last time a UK PM was defeated on a war motion was 1782, when MPs voted to stop fighting American war of independence.

    • Architect of Syria War Plan Doubts Surgical Strikes Will Work | The Cable
      http://thecable.foreignpolicy.com/posts/2013/08/26/architect_of_syria_war_plan_doubts_surgical_strikes_will_wor

      The United States appears to be closer than ever to deploying a series of surgical strikes on Syrian targets. But a key architect of that strategy is seriously and publicly questioning the wisdom of carrying it out. 

      In the last 48 hours, U.S. officials leaked plans to several media outlets to fire cruise missiles at Syrian military installations as a warning to the Syrian government not to use its chemical weapons stockpiles again. On Sunday, Sen. Bob Corker, who was briefed by administration officials twice over the weekend, said a U.S. “response is imminent” in Syria. “I think we will respond in a surgical way,” he said. On Monday, Secretary of State John Kerry appeared to set the groundwork for a U.S. military incursion.

      Now, a former U.S. Navy planner responsible for outlining an influential and highly-detailed proposal for surgical strikes tells The Cable he has serious misgivings about the plan. He says too much faith is being put into the effectiveness of surgical strikes on Assad’s forces with little discussion of what wider goals such attacks are supposed to achieve.

      “Tactical actions in the absence of strategic objectives is usually pointless and often counterproductive,” Chris Harmer, a senior naval analyst at the Institute for the Study of War, said. “I never intended my analysis of a cruise missile strike option to be advocacy even though some people took it as that.”

      “I made it clear that this is a low cost option, but the broader issue is that low cost options don’t do any good unless they are tied to strategic priorities and objectives,” he added. “Any ship officer can launch 30 or 40 Tomahawks. It’s not difficult. The difficulty is explaining to strategic planners how this advances U.S. interests.”

      In July, Harmer authored a widely-circulated study showing how the U.S. could degrade key Syrian military installations on the cheap with virtually no risk to U.S. personnel. “It could be done quickly, easily, with no risk whatsoever to American personnel, and a relatively minor cost,” said Harmer. One of the study’s proposals was cruise missile strikes from what are known as TLAMs (Tomahawk land attack missiles) fired from naval vessels in the Mediterranean.

      The study immediately struck a chord with hawkish lawmakers on the Hill who were frustrated with the options outlined by Joint Chiefs of Staff Chairman Martin Dempsey that required a major commitment by U.S. military forces with a pricetag in the billions.

      “For a serious accounting of a realistic limited military option in Syria, I would strongly recommend a new study that is being released today by the Institute for the Study of War,” Sen. John McCain said in July, referring to Harmer’s study. “This new study confirms what I and many others have long argued: That it is militarily feasible for the United States and our friends and allies to significantly degrade Assad’s air power at relatively low cost, low risk to our personnel, and in very short order.”

      Not all surgical strikes are created equal, of course. And there’s no guarantee that the Obama administration’s strike plan would look like Harmer’s. Regardless, Harmer doubted that any surgical strikes would produce the desired results — especially if the goal is to punish the Assad regime for its alleged use of chemical weapons.

      “Punitive action is the dumbest of all actions,” he said. “The Assad regime has shown an incredible capacity to endure pain and I don’t think we have the stomach to deploy enough punitive action that would serve as a deterrent.”

      He also doubted the effectiveness of taking out Assad’s chemical weapons capabilities. “If we start picking off chemical weapons targets in Syria, the logical response is if any weapons are left in the warehouses, he’s going to start dispersing them among his forces if he hasn’t already,” he continued. “So you’re too late to the fight.”

    • West reviews legal options for possible Syria intervention without UN mandate-
      http://www.theguardian.com/world/2013/aug/26/united-nations-mandate-airstrikes-syria

      The New York Times has reported that Obama’s team is looking at the 1999 Kosovo conflict for precedents, as that involved air strikes without a UN mandate against Russian ally Serbia, which was committing atrocities.

      In Kosovo, Bill Clinton used Nato backing and the requirement to protect large numbers of endangered civilians as justification. Since then the United Nations has formally adopted the “responsibility to protect” (R2P) as an international norm which could justify outside intervention in a country’s internal affairs, if that state had failed to protect its population from atrocities. R2P, established in 2005, could be advanced as a legal justification in Syria, but its validity in the absence of a security council mandate is in dispute.

    • Limited Strike on Syria Will Lead to Deeper Intervention - Room for Debate - NYTimes.com
      http://www.nytimes.com/roomfordebate/2013/08/26/is-an-attack-on-syria-justified/limited-strike-on-syria-will-lead-to-deeper-intervention

      .. it is highly unlikely that such an intervention can be so narrow that it will not force a deeper U.S. military engagement in Syria’s civil war. Many have compared the potential upcoming use of force to the December 1998 United States and Great Britain attack against Iraq’s suspected weapons of mass destruction and ballistic missile capabilities. In that four-day bombing campaign, only one-third of the targets were related to the production of weapons of mass destruction or ballistic missile programs.

      Similarly, in the case of Syria, most of what the United States bombs would not be directly tied to Assad’s chemical weapon production, storage or weaponization facilities. Even a limited cruise missile strike will not be merely an attack on Assad’s chemical weapons capabilities, but an attack on the regime itself.

      Subsequently, the United States will be correctly perceived by all sides as intervening on behalf of the armed opposition. From there, it is easy to conceive how the initial limited intervention for humanitarian purposes - like Libya in 2011 - turns into a joint campaign plan to assure that Assad is toppled.

      If this is the strategic objective of America’s intervention in Syria, President Obama should state it publicly, and provide a narrative of victory for how the United States, with a small number of partner countries, can and will achieve this.

  • Veteran Saudi Power Player Prince #Bandar Works To Build Support to Topple Assad - WSJ.com
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323423804579024452583045962.html

    Curieux quand même que l’article évoque l’effet boomerang du « contra-gate » sans évoquer celui du financement des Ben Laden contre l’URSS en Afghanistan.

    (Lire aussi la terreur des #Jordaniens)

    Not everyone in the Obama administration is comfortable with the new U.S. partnership with the Saudis on Syria. Some officials said they fear it carries the same risk of spinning out of control as an earlier project in which Prince Bandar was involved—the 1980s #CIA program of secretly financing the Contras in Nicaragua against a leftist government. The covert program led to criminal convictions for U.S. operatives and international rebukes.

    “This has the potential to go badly,” one former official said, citing the risk weapons will end up in the hands of violent anti-Western Islamists.

    (...)

    A generation ago, Prince Bandar, in a role foreshadowing his current one on behalf of Syrian opposition, helped the CIA arm the Afghan rebels who were resisting occupation by Soviet troops.

    Arab diplomats said that in meeting with Russian officials this summer, the prince delivered the same message he gave the Soviets 25 years ago: that the kingdom had plenty of money and was committed to using it to prevail.

    Incidemment,

    Earlier this year it [the CIA] also began making salary payments to members of the Western-backed Free Syrian Army.

  • New Details Show Broader #NSA #Surveillance Reach - WSJ.com
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324108204579022874091732470.html

    The National Security Agency—which possesses only limited legal authority to spy on U.S. citizens—has built a surveillance network that covers more Americans’ Internet communications than officials have publicly disclosed, current and former officials say.

    The system has the capacity to reach roughly 75% of all U.S. Internet traffic in the hunt for foreign intelligence, including a wide array of communications by foreigners and Americans. In some cases, it retains the written content of emails sent between citizens within the U.S. and also filters domestic phone calls made with Internet technology, these people say.

  • U.S. Allies Thwart America in Egypt - Wall Street Journal

    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323423804579023213295900596.html?mod=wsj_share_tweet

    The parallel efforts by Israel, Saudi Arabia and the United Arab Emirates have blunted U.S. influence with Egypt’s military leadership and underscored how the chaos there has pulled Israel into ever-closer alignment with those Gulf states, officials said.

    A senior Israeli official called the anti-Muslim Brotherhood nations “the axis of reason.”

  • Et maintenant : l’axe de la raison !
    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323423804579023213295900596.html

    The parallel efforts by Israel, Saudi Arabia and the United Arab Emirates have blunted U.S. influence with Egypt’s military leadership and underscored how the chaos there has pulled Israel into ever-closer alignment with those Gulf states, officials said.

    A senior Israeli official called the anti-Muslim Brotherhood nations “the axis of reason.”

  • Déjouer le système pour vaincre le rush des transports - Wall Street Journal
    http://online.wsj.com/article/capital.html

    Comment inciter les gens à ne pas voyager aux heures de pointe pour désengorger les transports ? Pas si simple, rappelle David Wessel, journaliste économique au Wall Street Journal. De nombreux programmes ont été mis en place. A Seattle et New York, le métro est plus cher aux heures de pointe. Singapour propose le #transport en commun gratuit à ceux qui naviguent avant 8h du matin. Le péage urbain de Londres est moins cher aux heures creuses... Mais ces réglages n’ont pas de fort impact sur le (...)

    #citelabo #déplacement #jeu #villelegere

  • Get american or die trying :

    “The police say that they knocked and identified themselves, though Mr. Stewart and his neighbors said they heard no such announcement. Mr. Stewart fired 31 rounds, the police more than 250. Six of the officers were wounded, and Officer Jared Francom was killed. Mr. Stewart himself was shot twice before he was arrested. He was charged with several crimes, including the murder of Officer Francom.

    The police found 16 small marijuana plants in Mr. Stewart’s basement. There was no evidence that Mr. Stewart, a U.S. military veteran with no prior criminal record, was selling marijuana. Mr. Stewart’s father said that his son suffered from post-traumatic stress disorder and may have smoked the marijuana to self-medicate.”

    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323848804578608040780519904.html

  • Comment la Grèce pourrait finir par sortir de l’Euro pour sauver ses citoyens : cas pratique :

    But there is an alternative to forced redenomination. Greece or any other country in the euro zone could easily reintroduce a national currency without generating the kind of financial and economic calamity envisioned so far—provided it got the mechanics right.

    The key is to fix the initial amount of new currency to be issued while allowing the market to set the price at which the exchange takes place. In this scenario, the central bank would announce that it is willing to purchase euros from domestic banks, the Greek public and anyone else, using newly issued drachmas as payment.

    http://online.wsj.com/article/SB10001424127887323297504578581261677778272.html?mod=wsj_share_tweet

  • Article d’il y a un mois et demi du Wall Street Journal : « Arabs ask US to lead on Syria », qui éclaire les enjeux géopolitiques des évènements récents : http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324244304578473212174423122.html?mod=rss_middle_east_new
    ou sans le paywall, ici :
    http://www.energia.gr/article_en.asp?art_id=27451

    L’article évoque le fait que l’Arabie saoudite, les EAU et la Jordanie faisaient pression à l’époque sur Obama pour qu’il remette de l’ordre au Moyen-Orient sur le dossier syrien et qu’il fasse cesser le soutien du Qatar aux frères musulmans et à certains groupes syriens jihadistes, au motif qu’il nuirait à l’unité de l’opposition armée syrienne et contribuerait à prolonger le règne d’Assad :

    The U.S. ’s closest Arab allies are pressing President Barack Obama to take the lead in bridging the Middle East ’s divisions over Syria , traveling to Washington to drive home their fears some of the region’s leaders are strengthening radicals and prolonging President Bashar al-Assad’s rule.
    The coordinated message was delivered to Mr. Obama during separate White House meetings in recent weeks with Jordan’s King Abdullah II, the United Arab Emirates’ Crown Prince Mohammed bin Zayed al-Nahyan and Saudi Arabia’s Foreign Minister Saud al-Faisal, according to senior U.S. and Arab officials familiar with the discussions.
    The three royals’ message to Mr. Obama was a not-so-subtle slap at Qatar and Turkey —both of which, officials in these Arab countries believe, are funneling funds and possibly weapons to groups promoting political Islam and in particular to those aligned with the Muslim Brotherhood.
    They are also concerned that aid from Qatar has bolstered the Al-Nusra Front, a powerful Syrian militia fighting Mr. Assad’s forces, which the U.S. has designated as a terrorist organization.

    Il s’agissait non seulement pour les Saoudiens et ses alliés de demander aux USA de reprendre un rôle plus actif afin que les USA leurs délèguent le leadership sur les groupes de rebelles syriens au détriment du coupe qataro-turc, mais aussi et plus généralement au Moyen-Orient comme le laisse entendre la réaction de l’émir du Qatar de l’époque :

    Qatar and Turkey have sought to use the Mideast ’s transition to expand their diplomatic, economic and religious influence, say U.S. and Arab officials. The two countries have been the most aggressive in seeking to overthrow Mr. Assad. Qatar has been the primary financial supporter of the new governments in Cairo and Tunis , providing billions of dollars in aid to President Mohammed Morsi’s government over the past 18 months, according to Qatari officials.
    “In my opinion, some of our region, they did not like what happened...and they don’t like it when the Muslim Brotherhood came,” Sheikh Hamad, Qatar ’s prime minister, said in Washington last month. “But we respect the [other’s] will and the people’s will in the other nations.”