• Bienvenue dans le #débilestream | c’est exactement ça : on vit dans #Idiocracy !
    http://www.technikart.com/6476-bienvenue-dans-le-debilestream

    Des chorégraphies chevalines de Psy au succès de Nabilla ou aux Atl Twins, l’époque a basculé la tête la première dans le débilestream. Auteur de « Pharmacologie du Front national » ou « De la misère symbolique », le philosophe Bernard Stiegler en décrypte les enjeux.

    • Les consommateurs ne sont plus heureux de consommer, ils ne le font plus que par pure addiction. Les gens finissent par se mépriser eux-mêmes. Quand on achète une 4x4 à 40 000 € plutôt que d’investir dans l’éducation de ses enfants, on en vient à détester ses gosses et vos gosses vous détestent. Tout ça s’inscrit également dans un contexte où l’expérience subjective a été progressivement remplacée par l’appareillage technique. Cette prolétarisation intellectuelle affecte désormais jusqu’à nos dirigeants – Hollande, Greenspan – qui ne comprennent plus rien au système.

    • Je trouve que ça ressemble à un discours, dans une forme un peu plus léchée, de « vieux con ». Bref, un « philosophe » qui au final ne « décrypte » pas grand chose mais nous dit simplement ce que certains aiment entendre, à savoir que les gens ont parfois des goûts douteux et que les nôtres sont bien mieux (ceci dit j’ai déjà dansé sur du Psy, on a vu pire comme production musicale :) ).

    • Non, justement. Tu peux te dire : il en faut pour tout les goûts, ne nous érigeons pas en défenseurs d’une culture élitiste, etc. Je connais le discours. Maintenant, le problème, c’est le quasi monopole de ce genre de productions dont le fond de commerce est de se vautrer toujours plus profond dans la débilité, mais pas seulement : c’est sexiste, souvent raciste et cela flatte réellement les plus bas instincts. Et il n’y a plus de place pour ceux qui n’aiment pas ce genre de choses. Dès que tu vas sur la télé mainstream (et aussi pas mal sur la radio), à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, tu tombes immanquablement sur un festival de beauferie brute sous couvert de faire « populaire » ou « impertinent ».
      Depuis quand c’est impertinent de servir la soupe à l’idéologie dominante ? De se foutre de la gueule des moches, des gros, des basanés, des blondes à gros nichons, des prolos, beaucoup des prolos ?
      C’est réac et c’est totalement dans l’air du temps et tout ce qui tente de s’extraire de cette fange abrutissante est impitoyablement sorti des grilles sous prétexte de petite audience.

      Je dis, qu’au contraire, être insolent, aujourd’hui, c’est exiger des contenus, des infos dont le ressort premier n’est pas de se foutre de la gueule des gens et de prendre ses spectateurs pour une brochette d’abrutis consanguins.

    • Ceci dit, la danse des canards, il est beau le bidet, et ça plane pour moi, c’était pas des monuments d’embourgeoisement (enrichissement, pardon, moi aussi je fais dans le lapsus de classe) intellectuelle.
      Est-il plus ou moins difficile aujourd’hui qu’hier de s’extraire de la production mainstream, complètement cadenassée par les transnationales d’aujourd’hui, qui existaient pour la plupart déjà hier ?
      Sans prétendre à la clairvoyance, je suis plus au fait des débats depuis... 2005. Je lisais pourtant déjà le Diplo dans les années 90, mais à l’époque, j’étais pleinement convaincu que le PS pouvait/avait changé le cours des choses, relativement à Maastricht par exemple. Je croyais vraiment que l’Europe était une opportunité, plutôt qu’un carcan... Et on était nombreux il me semble.
      Donc, oui, réflexion de vieux con. Mais avec tout de même cette remarque selon quoi nos « élites » sont finalement friandes de cette bêtise ambiante, que plus aucun cadre intellectuel de haut niveau ne vient les soutenir dans leur travail.

    • Je dis, qu’au contraire, être insolent, aujourd’hui, c’est exiger des contenus, des infos dont le ressort premier n’est pas de se foutre de la gueule des gens et de prendre ses spectateurs pour une brochette d’abrutis consanguins.

      Mais est-ce que ça n’a pas toujours été le cas depuis que les médias existent ? Certes la forme des bêtises proposées a changé mais le fond ? Les revues et émissions intellectuelles et intelligentes ont toujours été marginales. Il faut se rappeler que dans le premier tiers du 20ème siècle, avant la télé, les gens allaient se divertir dans des « zoos humains » et la lecture d’un seul numéro du petit journal (l’original, pas l’émission), l’un des quotidiens les plus vendus à l’époque, donnerait la gerbe à n’importe qui ici. C’est pour ça que je parle de discours de « vieux con », on voudrait nous faire croire que « c’était mieux avant » et pourtant j’ai bien du mal à en être convaincu. Bref, c’est de la « philosophie » facile, pour en revenir à Stiegler (faut dire que j’ai du mal avec lui aussi :) ). Ce qui ne veut pas dire que j’approuve le contenu des « Anges de la téléréalité » et autres âneries du genre...

    • Sous prétexte que toute culture est acceptable nous avons tout accepté, sans en mesurer les effets. Le discours actuel à tendance à lisser les pratiques culturelles, à dire qu’elles s’équivalent. La valorisation intellectuelle de la culture populaire rejoint le marketing des industries culturelles : tout désormais est culture ! Il me semble que la question du niveau culturel est devenu un tabou. Pourtant, tous les livres, tous les films, toutes les émissions ne s’équivalent pas. http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/09/10/du-niveau-culturel Mais nous restons toujours démuni à défendre une culture élitiste, surtout qu’on n’en connaît pas les bornes (l’élitisme des uns n’est pas celui des autres). Reste à savoir comment armer le constat, pour parvenir à le dépasser...

    • @BigGrizzly @petit_ecran_de_fumee Non, il n’y a pas confusion (ni lapsus) entre « paupérisation » et « #prolétarisation » dans la philosophie de Bernard Stiegler. Je vous invite à lire la définition qu’il en donne :
      http://www.arsindustrialis.org/vocabulaire-ars-industrialis/prol%C3%A9tarisation

      Je dis, qu’au contraire, être insolent, aujourd’hui, c’est exiger des contenus, des infos dont le ressort premier n’est pas de se foutre de la gueule des gens et de prendre ses spectateurs pour une brochette d’abrutis consanguins.

      Je plussoie abondamment !

      Sinon, #Finkielkraut vient de faire une bonne émission sur certaines des questions de ce débat, « L’esprit Canal » :
      http://www.franceculture.fr/emission-repliques-l-esprit-canal-2013-05-25 #ironie #dérision

      Enfin, il est certainement juste de dire que #Stiegler est rarement très bon dans son entreprise de vulgarisation de sa philosophie. Et il est évident que cet article n’y aide pas. Pourtant il est à mon avis l’un des intellectuels français le plus éclairé et le plus intéressant que l’on peut entendre aujourd’hui.

    • Ah oui, effectivement c’est passionnant, comme quoi les abus de langages nous désorientent et nous fourvoient...

      La prolétarisation est, d’une manière générale, ce qui consiste à priver un sujet (producteur, consommateur, concepteur) de ses savoirs (savoir-faire, savoir-vivre, savoir concevoir et théoriser).

      Rappelons tout d’abord que Marx ne dit pas que le prolétariat est la classe ouvrière : il dit que la classe ouvrière est la première classe à être touchée par la prolétarisation. Les prolétaires n’ont pas disparu : la prolétarisation, c’est à dire la perte des savoirs, a au contraire envahi « toutes les couches de la société ».

  • ZinTV : Lettre à L’âne Fadi
    http://www.zintv.org/Lettre-a-L-ane-Fadi

    La Communauté française de Belgique (arf il faut dire « Communauté Wallonie- Bruxelles » désormais, j’oublie toujours) a taillé dans ses dépenses, comme il se doi(g)t... Au menu : suppression des subventions aux compagnies non résidentes je crois, le théâtre de toutes façons...

    Il y a peu vous revendiquiez « une culture pour tous, une culture plus populaire ».

    Il m’était difficile d’imaginer ce que vous entendiez par là au vue du niveau si populiste des programmes de télévision, et au spectacle de sons et lumières qui prolifèrent un peu partout.

    (...)

    Ce que je veux dire simplement c’est que le théâtre reste un lieu qui offre une richesse infinie d’expressions artistiques, qui éveille nos consciences, qui nous parle du monde qui nous entoure, de nous, des autres, de ce qui nous traverse, par l’intermédiaire de la fable. Sans pour autant devoir être populiste. C’est essentiel.

    Ce spectacle a attiré un public très hétéroclite, allant des associations de mères célibataires à un public lambda, aux artistes de la scène en passant par des programmateurs des centres culturels Belges, des directeurs de théâtre Belges, de France et de Suisse. La salle était pleine tous les soirs.

    (...)

    Nous croyons en cette mission et nous y mettons toute notre ferveur.

    Mais il y a des limites au romantisme.

    (...)

    Avez vous déjà imaginé être payé 36 euros pas mois pour travailler sur un projet ? Parce que lorsqu’on touche 1300 euros pour trois ans de travail sur un projet c’est 36 euros par mois que l’on touche en salaire net.

    (...)

    La télévision est un média qui a toute sa place dans notre société dans une certaine mesure, à mon avis aujourd’hui de moins en moins si ce n’est pour endormir les esprits et les sens. Si vous êtes intéressée par les effets de la télévision et son caractère aliénant je vous invite à naviguer sur le site de Bernard Steigler Ars Industrialis association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit : http://www.arsindustrialis.org.

    (...)

    Cette société que vous construisez est vouée à perte.

    Les artistes ont toujours créé coûte que coûte, vous profitez de cette idée pour nous appauvrir nous « Vangoguiser ».

    Et vous irez pleurer sur nos tombes ?

    Tristement,

    Mélanie Rullier

    Mélanie Rullier est metteur en scène et comédienne.

    #triste #bôôô #juste #théâtre #austérité

  • « Car figurez-vous que je reviens d’une veille sur les écrans et les
    enfants [...]. Depuis que j’ai lu ce que j’ai lu, j’ai jeté l’iPad,
    j’ai remisé l’iPhone au fond d’un tiroir, j’ai planqué l’ordinateur au
    grenier sous trois piles de livres et je l’ai entouré de gousses d’ail
    – on n’est jamais trop prudent -, et je tape ce billet sur une bonne
    vieille Olivetti. »

    http://parents3point0.com/ecrans-et-si-on-arretait-davoir-peur

    Du classique, mais toujours bon à rappeler. Il y a un terme médical en grec pour désigner cette peur ridicule des écrans ?

    • Le φάρμακον (pharmakon) Stieglerien ? Je trouve que c’est une approche intéressante, et qui a le mérite d’essayer de garder un peu de complexité.

      http://www.arsindustrialis.org/pharmakon

      En Grèce ancienne, le terme de pharmakon désigne à la fois le remède, le poison, et le bouc-émissaire

      Tout objet technique est pharmacologique : il est à la fois poison et remède. Le pharmakon est à la fois ce qui permet de prendre soin et ce dont il faut prendre soin, au sens où il faut y faire attentioni : c’est une puissance curative dans la mesure et la démesure où c’est une puissance destructrice. Cet à la fois est ce qui caractérise la pharmacologie qui tente d’appréhender par le même geste le danger et ce qui sauve. Toute technique est originairement et irréductiblement ambivalente : l’écriture alphabétique, par exemple, a pu et peut encore être aussi bien un instrument d’émancipation que d’aliénation.

      Ok, toute #technique porte en elle une organisation du monde, une vision, un « projet » sous-jacent, mais ce n’est pas immuable. La différence se ferait alors entre « utiliser » et « s’approprier » ?

    • Absolument pas stieglerien. #Charbonneau - #Ellul - ien, peut-être.

      Même en t’appropriant le nucléaire, tu auras des déchets pendant des millions d’années ; même en t’appropriant la voiture, il te faudra la démesure de l’infrastructure routière et l’urbanisation qui en découle ; même en t’appropriant le téléphone portable avec un OS libre, il te faudra des antennes relais partout dans le monde ainsi qu’exploiter des minerais rares en Afrique pour les construire (et de l’eau, beaucoup d’eau, potable).

      Toute technique est ambivalente. Certaines ont plus de bénéfices que d’inconvénients mais la plupart des techniques complexes (ce que n’est pas l’écriture par exemple, qui peut se reproduire seule avec un bout de charbon, et voilà entre autre pourquoi on ne peut pas comparer du tout l’apparition de l’écriture à celle de l’informatique ou d’internet, car on ne peut pas juste comparer le produit final sans prendre en compte comment le produit est construit et qui le crée et le gère), la plupart des techniques complexes, donc, ont plus d’inconvénients que d’avantages. Le problème étant qu’au lieu de rejeter ce genre de technique, notre société progressiste prétend invariablement que la Recherche, la Science, va trouver une technique encore mieux, sans danger, ou bien va améliorer cette technique qui a trop d’inconvénients pour inverser la tendance. Ce qui est quasiment toujours contredit dans les faits, les solutions techniques a une technique apportant souvent plus de nouveaux problèmes, et pire ! : des problèmes encore plus difficiles à résoudre et à s’en débarrasser.

      Sans oublier en plus, le fait que tous ces techniques à écran et à réseau ne se sont pas répandues magiquement pour le bonheur de tous, mais ont été matraquées marketinguement pour devenir un besoin, au même titre que la généralisation de la cigarette. Le budget publicité des périphériques mobiles est le deuxième plus important au monde après celui des voitures : bizarre, les deux inventions complexes les plus nocives du 20ème siècle (écologiquement, socialement, etc)... Et après on veut faire croire que ce sont les gens (riches ou pauvres) qui en ont besoin et qui le demandent... On va « s’approprier la cigarette », aussi ? Forcément, après coup, après avoir été drogué, il est tentant pour le camé de vouloir se réapproprier sa drogue (comme cultiver soi-même sa beuh au lieu de l’acheter à un dealer). Au final ça reste un drogué. On aboutit alors à l’auto-création de choses dont on avait pas besoin : super, la destruction citoyenne ! :)

      Et ce n’est qu’une petite partie des problèmes, on peut parler aussi du rôle omniprésent de l’expertise, du lien absolu entre techniques industrielles et capitalisme, du lien permanent entre états, militaires et industrie (que ce soit pour les réseaux, la nanotechno, les neuro-sciences), ad libitum, ad nauseam...

    • Stiegler qui transplante le pharmakon platonicien dans les questions techniques, ça n’a vraiment pas trop de valeur. Ce gars, il est capable de valoriser les OGM, les nanos etc... a partir du momment ou elle pourrait participer a « la culture » ou au monde des idées... franchement, je croyais qu’Aristote était passé par la. Mais visiblement certains ont encore besoin d’un « noble mensonge » pour faire passer leur pilule communiste.
      Et pour répondre au concours légendaire du plus radical que moi tu meurs, éducation ou critique politique des techniques, ce n’est pas l’un contre l’autre ! C’est l’un et l’autre. Chacun aura par ailleurs ses difficultés.

    • éducation ou critique politique des techniques, ce n’est pas l’un contre l’autre ! C’est l’un et l’autre. Chacun aura par ailleurs ses difficultés.

      Tout à fait d’accord, mais oui et non. :)

      « Éducation » à une technique, ça peut contenir des choses bien différentes. Ça peut être éduquer à utiliser une technique avec parcimonie et peut-être même pourquoi pas de moins en moins en fil du temps. Ça peut être au contraire éduquer à l’utilisation d’une autre manière mais tout aussi massivement, et dans ce cas il y a des invariants dans les conséquences. Autrement dit : il y a certaines conséquences néfastes qui sont les mêmes que l’on utilise « pour le bien » ou « pour le mal » une même technique.

      Mais éducation aussi, bien entendu. C’est juste que le discours dominant ne parle que de ce point, comme si éduquer à une technique suffisait à forcément modifier voire supprimer ses conséquences néfastes. Faut ré-équilibrer l’ambi-balance ! :D

    • je parlais de l’éducation des enfants c’est à dire tout simplement : ne pas les mettres devant la télé. ça n’éduque a rien.
      Sinon comment ne pas être d’accord qu’une éducation a la technique ne change pas grand chose aux effets de la technique elle même (il y a bien des détournements [internet est célèbre], mais aussi des invariants bien sur), c’est comme le coup de la kalachnikov équitable. :D

    • Stiegler qui transplante le pharmakon platonicien dans les questions techniques, ça n’a vraiment pas trop de valeur. Ce gars, il est capable de valoriser les OGM, les nanos etc...

      Je ne crois pas l’avoir jamais entendu dire cela, et je ne me considère pas non plus comme fanboy du bonhomme (qui peut être parfois ambigu, oui), même si je connais pas trop mal son discours. Sa pensée et ses concepts fonctionnent plutôt bien dans la sphère limitée des technologies de l’esprit, du #capitalisme_cognitif mais ne s’universalisent pas très bien, comme l’a souligné @rastapopoulos (joli paragraphe sur l’éducation !).

      En parlant d’#éducation... j’aurais bien encore discuté ici, mais la réalité me rappelle, mon marmot a fini sa sieste :)

    • La distinction de « technologie de l’esprit », ça ne fait pas tilt déjà chez vous ? En quoi les nanotechnologies ne serait que des techniques de l’esprit ? Quand ces choses font des pneu vert michelin, des raquettes de tennis, ou des chausettes qui pue pas, je vois pas en quoi on peu réduire ça des techniques de l’esprit !

  • 15 novembre 2008 — Ars Industrialis
    http://www.arsindustrialis.org/activites/cr/15nov2008

    Nous disions pour introduire une séance précédente (le 12 mai 2007) que les établissements d’enseignements « s’effondrent les uns après les autres ». C’est maintenant vrai des établissements bancaires, et il n’y a là aucun hasard : il s’agit d’une crise systémique où le système éducatif est détruit par une organisation industrielle consumériste caduque qui repose sur la destruction systémique de l’attention, et à cet égard, sur l’installation d’une sorte de bêtise systémique – qui détruit désormais les puissances publiques et les puissances privées.

    #éducation #crise