Avatar ou identité virtuelle en ligne

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    • La discussion sur Hacker News est une mine d’or. En plus des arguments développés en faveur ou contre l’usage de « vrais noms », on peut y trouver des références documentaires tout à fait intéressantes, comme cette définition du « nom » :

      http://www.hl7.org/v3ballot/html/infrastructure/datatypes_r2/datatypes_r2.html#dt-EN
      Definition: A name for a person, organization, place or thing. A sequence of name parts, such as given name or family name, prefix, suffix, etc.

      qui est particulièrement intéressante, mais... tellement complexe à mettre en œuvre ! Car si pour la plupart d’entre nous, le nom d’un individu est constitué d’un prénom et d’un nom de famille, c’est une définition particulièrement simpliste. Rien que dans les prénoms, on note l’usage de prénoms composés (notamment en France), ainsi que de seconds prénoms, voire de seconds prénoms composés, voire... Le nom ? On peut en avoir un à particule, voire un composé, voire... Les possibilités sont tout simplement impressionnantes, si l’on veut toutes les implémenter tout en normalisant le tout pour un usage aisé dans le cadre d’un traitement informatique.

      Pour en revenir à la discussion de Hackers News, je note que moi-même, j’utilise un nom d’usage qui diffère du nom apparaissant dans mes papiers d’identité, et que cette situation, si elle n’est pas particulièrement courante, reste banale : on a tous des surnoms, des sobriquets, ou encore des pseudonymes que la nouvelle politique psychorigide de Google+ ignore au détriment du respect des personnes.

      Ceci dit, Google favorise de fait les abus. Oh, je ne parle pas des abus propres à Google, mais des abus découlant d’un profil public des gens sous leur « véritable » identité. Rien que le fait d’avoir une identité publique, sans autre élément que son nom, peut poser un problème, comme le notent certains participants à la discussion de Hacker News. C’est d’autant plus gênant lorsqu’il existe un lien direct entre nom et adresse de contact, que cela soit dans le domaine du spam ou le domaine du harcèlement en général, comme relaté dans cet article :

      Le cadeau de Google et Facebook aux spammeurs
      http://korben.info/google-mail-spam.html
      Seulement, il y a un hic : Google vous propose d’afficher un profil public ayant comme URL votre boite Gmail.

      De mon côté, je m’intéresse de plus en plus aux identités virtuelles visant notamment à protéger la vie privée des gens. Du coup, ce type de conversations m’intéresse au plus haut point :

      De l’intérêt d’une identité virtuelle
      http://unearaigneeauplafond.fr/avatar-identite-virtuelle
      Difficile d’être parfaitement anonyme sur Internet. Nous fournissons des informations particulièrement riches sur nous mêmes, que cela soit à titre privé ou à titre professionnel.

      C’est d’autant plus gênant que tous ces fichiers sont inter-croisés, et qu’il est aisé de récupérer ces données personnelles :

      Le nom des visiteurs de mon site directement dans mes statistiques !
      http://www.alban.us/blog/35-connaitre-le-nom-visiteurs-site-internet.php

      Bref, exiger le nom des gens pour un service tel que Google+ est plus qu’une ineptie. C’est un réel danger, voire la fin de notre vie privée, à savoir la fin de notre vie non publique.

  • L’article « Manipulation de masse : un œil sur l’avenir de la communication politique dans les réseaux » sur http://reflets.info/manipulation-de-masse-un-oeil-sur-lavenir-de-la-communication-politique-da fait un rapide état des lieux de l’utilisation actuelle de la manipulation de l’opinion publique par divers gouvernements au travers des réseaux sociaux, et alerte sur l’intérêt des armées pour des logiciels de « persona management » ou identités virtuelles facilitant la désinformation, la propagande et la manipulation de l’information.

    Par intérêt intellectuel, je travaille actuellement sur ce type de solutions. C’est un sujet passionnant, que de créer une identité virtuelle crédible. J’en suis actuellement au commencement, à savoir en train de poser quelques bases, discutées notamment dans l’article « De l’intérêt d’une identité virtuelle » http://unearaigneeauplafond.fr/avatar-identite-virtuelle où j’expose quelques pistes.

    L’une de mes réflexions m’amène notamment à envisager de définir une « identité virtuelle » ou « avatar » jusqu’à deux générations précédentes, afin d’en assurer une certaine cohérence. En effet, lors de la création de comptes mail, notamment, point d’entrée à la quasi-totalité des services web, on demande aux utilisateurs de définir une « Question secrète » visant à redéfinir un mot de passe oublié. L’une des questions fréquemment rencontrées est « Quel est le nom de jeune fille de votre mère ? » Cela suppose donc, pour être cohérent, que l’avatar ait une mère. Et que celle-ci se soit éventuellement mariée. Et donc qu’elle ait porté deux noms de familles, un avant, un second après son mariage. Et le nom d’avant est, habituellement, le nom de son père. Et donc elle a un père. On peut aller loin, aussi loin que pour déterminer qui, de la poule ou de l’œuf, ont été là en premier. Je préfère m’arrêter à trois générations, dont deux en amont de l’avatar créé.

    Pourquoi, cependant, remonter aussi loin pour une bête question secrète à laquelle il vaut mieux répondre autre chose que la vérité, a priori facile à trouver ? Parce que cela répond à bien d’autres questions.

    Les gens ont un second prénom. En Occident, celui-ci est souvent celui de l’un des parents ou des grands-parents. Cela suppose donc qu’ils existent. (Mettons de côté les modes des prénoms, ou encore leurs origines culturelles, qu’il est préférable de ne pas ignorer.)

    Pour être crédible, il faut aussi associer un portrait à l’avatar. Mieux vaut éviter des poursuites liées à l’irrespect du droit d’auteur ou du droit à l’image en aspirant des photographies de tiers, sans parler de la facilité désormais de plus en plus aisée à identifier les individus ainsi représentés avec des logiciels ou services en ligne au travers de la reconnaissance des visages (Facebook et Picasa Web en sont pourvus, ce n’est donc pas de la science fiction ou des technologies de laboratoire, mais une réalité déployée à grande échelle). Il faut donc définir à quoi ressemble l’avatar, dont la couleur de peau, des yeux, mais aussi la taille, le poids et tout autre élément qui le définit physiquement et dont certains sont en tout ou partie lié à l’hérédité. Difficile en effet d’imaginer un avatar aux yeux marrons alors que ses deux parents ont les yeux bleus, par exemple, à moins de vouloir gérer les adoptions et relations extra-conjugales d’emblée de jeu !

    Ce petit jeu de cache-cache à base d’identités virtuelles aux conséquences inter-générationnelles virtuelles pose alors de vrais cas de conscience : qu’en est-il des unions inter-ethniques, notamment ? Ne suis-je pas en train de créer une population virtuelle aux caractéristiques physiques uniformes et flirter ainsi dangereusement avec la loi Godwin ?

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