• http://apache-editions.blogspot.fr
    B. Traven / Ret Marut, Contraste

    « Pensez ! Mais vous ne pouvez pas penser, parce qu’il vous faut des statuts, parce que vous avez des administrateurs à élire, parce que vous avez des ministres à introniser, parce que vous ne pouvez pas vivre sans gouvernement, parce que vous ne pouvez pas vivre sans chef.
    Vous cédez vos voix pour les perdre, et quand vous voulez vous en servir vous-mêmes, vous n’en disposez plus, et elles vous font défaut parce que vous les avez cédées. »

    Ret Marut, dithyrambes parus dans #Der_Ziegelbrenner, n°35/40, 21 décembre 1921.
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=1246
    #B.Traven #Ret_Marut

  • la fabrique des conforts affectifs
    https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1042

    Annotations :

    Tout d’abord cette injonction à être deux pour exister qui nous laisse entendre que tout-e seul-e on n’est pas complet-e, puisque la base sociale c’est d’être deux. Je me représente souvent les relations fusionnelles comme une espèce de monstre à deux têtes indivisible. Comme par peur d’être coupé-e en deux, cette fusion provoquerait une forte peur de l’abandon, la dépendance à cette autre moitié, et l’état de manque à chaque séparation. , c’est la relation dite amoureuse qui serait prioritaire sur les autres types de relations. C’est donc tout un système de hiérarchie qui s’opère dans notre entourage. En sachant que la règle, c’est plutôt d’être monogame et fidèle avec (...)

    #.brochure #couple #.témoignage #hétéronormativité #normes

  • Auchan : Licenciée pour l’exemple Claude Askolovitch / Salte
    http://www.slate.fr/story/121807/auchan-menace-empire-licenciement

    Le licenciement d’une caissière de chez Auchan pour une erreur sur un pot de sauce tomate à 85 centimes n’est pas neutre. Il révèle la fébrilité agressive d’une grande distribution qui se vit, sous ses diverses enseignes, comme un pays en guerre, et à la guerre, on ne fait pas de détail.

    Il y a quelques semaines, Gérard Mulliez, patriarche d’une tribu commerçante milliardaire et solidaire, confiait à Valeurs actuelles quelques secrets de sa réussite, et notamment celui-là : il avait fait donner à ses « hôtesses de caisse » (Gérard Mulliez est l’inventeur d’Auchan, entre autres) des cours d’économie, et il jurait : 
    « Je suis persuadé qu’aujourd’hui nos hôtesses de caisse comprennent mieux l’économie que la moyenne des députés ».

    A relire aujourd’hui, quand une de ces hôtesses de caisse -nous dirons caissière à présent, pour faire simple- a été frappée par la foudre du chômage, on se demande si les cours d’économie intégraient aussi la logique de guerre de la grande distribution, et le concept de licencié pour l’exemple. C’est donc arrivé à l’Auchan City de Tourcoing, tout près de chez les Mulliez qui sont des Nordistes de Croix (commune chic où ils vivent), de Belgique (chic pays où ils vivent à l’abri du fisc), de Roubaix (chic ville où leur saga commença). L’histoire a été contée par La Voix du Nord, puis les media nationaux ont suivi.

    Une faute lourde à 85 centimes
    . . . . . . . . . . .
    Qu’importe la somme et qu’importe le doute. On est fusillé pour deux euros ou pour quatre-vingt-cinq centimes, pour un soupçon ou une distraction, sans mobile apparent. La faiblesse serait une autre traitrise. Et elles ont beau soupirer, les bonnes consciences qui ne savent pas ce qu’est la guerre : comment vaincre l’ennemi, si la caissière oublie la peur ?
    . . . . . . . . . . .

    #auchan #mulliez #Licenciée_pour_l_exemple #Fusillé_pour_l'_exemple #caissiére

    • Et ça passe aux Prud’hommes un machin comme ça ? Y’a pas préjudice pour 85 cts.

      Quand je repense à ces jeunes (du Nord) qui refusaient les critiques envers Mulliez sous pretexte qu’il leur avait fourni un emploi d’été au moment propice...

    • Stéphanie est-elle possiblement coupable d’autres « malversations » ? De l’aveu de la direction elle-même (à France 3) mais surtout à la lecture de la lettre de licenciement : NON

      Stéphanie sait-elle qu’elle se trouve sous la surveillance à la fois de la vidéo, et de la sécurité humaine ? OUI

      Dans ce cas, quel intérêt suprême lui ferait commettre des « malversations » ? Un partage du butin avec la cliente, soit (à supposer que ce partage soit équitable) : 3 petites bouteilles d’eau pétillante, 1 paquet de nouilles Auchan, une demi-boîte de sauce tomate. L’enjeu valait-il tant de risques ? NON

      Une source sûre, employée à la sécurité du magasin, peut-elle confirmer que Stéphanie a été placée sous surveillance (comme cela se fait régulièrement envers d’autres collègues en particulier liées à la CGT), et que cette surveillance a démontré qu’elle était parfaitement innocente de toute « malversation » ? OUI

      La CGT dispose-t-elle d’éléments probants mettant gravement en cause certains personnels de direction du magasin, quant à leur volonté de « faire le ménage » ? OUI

      L’inspection du travail est-elle en charge d’une enquête, depuis plus d’un an, sur de possibles discriminations syndicales et raciales dans ce magasin ? OUI

      L’avocat de notre Union Locale et de sa section syndicale, est-il déjà en charge de toutes les affaires concernant ce magasin et ses pratiques à notre encontre ? OUI

      La direction du magasin a-t-elle tenté à plusieurs reprises de contacter Stéphanie pour « arranger l’affaire » ? OUI

      Un rassemblement aura-t-il lieu devant le magasin, après une campagne auprès de la population et dans le cadre d’un mouvement de grève des salariés du magasin, si Stéphanie n’est pas réintégrée ? OUI

    • On a bu du café Robusta premier prix par hectolitre et on s’en est fait des #ulcères à l’estomac. Pour mettre fin à la décomposition de notre propre intérieur, on a acté que nous n’étions pas malades. La #pauvreté n’est pas une MST. Il a donc fallu chourrer le beurre, l’argent du beurre, la crémière ligotée dans le coffre de la Twingo, et du kawa que seuls les bourges peuvent s’offrir.

      http://infokiosques.net/lire.php?id_article=1345

  • Un cadavre domine la société, le cadavre du travail. Toutes les puissances du monde se sont liguées pour défendre cette domination : le pape et la Banque mondiale, Tony Blair et Jörg Haider, les syndicats et les patrons, les écologistes d’Allemagne et les socialistes de France. Tous n’ont qu’un mot à la bouche : travail, travail, travail !
    Qui n’a pas désappris à penser comprend sans difficulté le caractère insensé de cette attitude. Car ce n’est pas une crise passagère que connaît la société dominée par le travail : la société se heurte à sa limite absolue. Par suite de la révolution micro-informatique, la production de richesse s’est toujours davantage décrochée de la force de travail humaine - à une échelle que seule la science-fiction aurait pu concevoir voilà quelques décennies. Personne ne peut affirmer sérieusement que ce processus puisse encore être bloqué, voire inversé. Au XXIe siècle, la vente de la marchandise-force de travail est assurée d’avoir autant de succès qu’en a eu la vente de diligences au XXe siècle. Mais, dans cette société, celui qui ne peut pas vendre sa force de travail est « superflu » et se trouve jeté à la décharge sociale. http://infokiosques.net/lire.php?id_article=27
    #loi_travail #manifeste #manifestation #mobilisation #grève #temps_de_travail #salaire #code_du_travail #loi #chômage #licenciement

    • On disait la même chose quand la machine à vapeur s’est répandue dans le textile, tuant l’emploi à l’époque. Il y a eu des révoltes contre cette mécanisation.
      Peut-être que la technologie numérique va définitivement réduire le nombre de ceux qui auront un emploi, peut-être que non, qu’après une phase de transition d’autres sources d’emploi vont apparaitre. Reste à savoir la durée de l’éventuelle phase de transition ...

      Je crois pour ma part que les besoins de services sont considérables (par exemple dans la santé et dans la prise en charge des malades et des personnes dépendantes). L’emploi dépend donc en réalité de la répartition des ressources.

      Si on récupérait les milliards de la fraude fiscale des plus riches et des multinationales, on pourrait rémunérer un grand nombre d’activités utiles.

  • L’En-dehors, Morceaux choisis (1891-93)
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=944

    Les articles qui suivent ont initialement été publiés dans le journal l’En-dehors, hebdomadaire fondé par Zo d’Axa, qui paraît de mai 1891 à janvier 1893. Zo d’Axa, de son vrai nom Alphonse Gallaud de la Pérouse (1864 - 1930), est issu d’une famille bourgeoise. Après des études médiocres il s’engage à 18 ans dans les chasseurs d’Afrique. Il déserte rapidement, après avoir séduit la femme de son capitaine. Réfugié à Bruxelles, puis à Rome, l’amnistie de 1889 lui permet de rentrer en France. A partir de ce moment Zo d’Axa s’implique dans les milieux anarchistes. Il fonde l’En-dehors en mai 1891. (...) Source : (...)

  • « Je ne veux plus être un violeur »
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=1079

    Les viols et la société qui les génère ne sont pas une fatalité. On nous vend un monde où les hommes auraient des pulsions incontrôlables, où les femmes devraient attendre passivement que des hommes méritants les sollicitent. On peut venir à bout de toutes ces foutaises patriarcales. Le viol n’est pas de la sexualité, c’est une violence.

    Il faut que les viols cessent d’être « ordinaires ». Il faut que les garçons comprennent que céder n’est pas consentir. Il faut témoigner qu’on peut vivre une sexualité basée sur le désir mutuel, que jouir de sentir l’autre jouir n’a rien à voir avec une simple éjaculation. Il faut refuser d’être solidaire des agresseurs. Il faut réaliser qu’on est nombreux à avoir commis des violences.

    Je ne veux plus être un violeur. Je ne veux plus de violeurs.

  • La fabrication artisanale des conforts affectifs
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=1042

    Alors oui, je me rends bien compte que le désir de sexe c’est pas aussi anodin qu’une envie de biscuits, c’est un peu plus impliquant. Certaines de mes relations amicales se sont réellement épanouies seulement à partir du moment où toute ambiguïté de désir a pu être écartée. Et par ailleurs, d’autres relations se sont accompagnées de méfiance suite à l’expression de mon désir. Pourtant je continue à penser que c’est bien pratique de faire des propositions un peu directes sans enrober le tout d’un espèce de papier cadeau poétique. Ça a le mérite d’essayer de démystifier la sexualité, de rendre plus clair ce qui est de l’ordre du désir, et de tenter de dissocier les gestes de tendresse ou les jeux corporels et sexuels, des grands états amoureux. Je rencontre rarement des personnes qui expriment clairement leurs désirs. Bien souvent ce sont des imaginaires romantico/amoureux qui sont utilisés en guise de préliminaires pour faire des propositions de sexe. Moi ça ne me fait pas vraiment rêver. Ça me fait penser à de la publicité mensongère, une manière d’évoquer son désir tout en refusant de le nommer, voir même de le faire passer pour autre chose qu’une envie de faire du sexe.

  • Comment survivre et résister dans les quartiers de haute sécurité
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=1044

    Pour moi, la chose la plus importante qui m’a permis de survivre à mes nombreux passages en #isolement a été le refus de renoncer au #pouvoir ! Je veux dire : toujours garder à l’esprit à quoi sert l’isolement – c’est-à-dire se souvenir de ce que l’État essayer de faire en me mettant là, et donc d’utiliser mes capacités de compréhension pour résister à leurs plans. Cela veut dire notamment :
    1- Me faire un programme quotidien, plutôt que de laisser les gardes décider de mes journées.
    2- Avoir des emplois du temps différents et les utiliser alternativement, afin d’éviter que les jours se ressemblent ; savoir quel jour on est et la date exacte.
    3- Utiliser les signes extérieurs, comme les changements de luminosité, les changements de service, les bruits venant de l’extérieur de ma cellule, pour garder une idée du temps. Les premières semaines, j’avais noté tous les bruits ou les occurrences objectives, puis après je demandais aux gardes l’heure qu’il était.
    4- Développer plusieurs formes d’exercice pour différents jours et différents états de forme physique. Une des techniques de contrôle utilisées dans les détentions où j’ai été est d’enlever ou de retarder le temps d’exercice. Puisque l’exercice était une façon très importante pour moi de contrôler ma colère afin que je ne devienne pas énervée ou stressée, c’était crucial pour moi de ne pas les laisser faire ça. J’ai appris le yoga et j’ai fait de la musculation, et je courrais quand j’avais la possibilité d’aller dans la cour.
    5- Développer des activités créatives qui me permettent d’admirer ma propre créativité humaine – par exemple dessiner, écrire, fabriquer des choses avec de la récup’, etc. ça m’a aidé de me rappeler que ma place dans l’univers est celle d’un être humain sensible, aimant et créatif, et non d’un animal encagé. (c’est pour cela que de très nombreux prisonniers arrivent à faire des dessins incroyables avec des stylos billes !)
    6- Apprendre quelque chose – entreprendre d’étudier quelque chose et faire marcher son cerveau afin qu’à chaque transfert je puisse constater que j’ai progressé plutôt que l’inverse.
    7- Écrire des lettres – trouver des correspondant-e-s si besoin ; avoir une communication active avec l’extérieur.
    8- Pour moi, en tant que créature politique, il était essentiel d’être abonnée à un grand journal (j’ai ensuite réussi à le partager clandestinement avec une autre prisonnière). J’avais la chance d’avoir des ami-e-s qui me l’envoyaient. Je me demande si la Campagne pour arrêter les quartiers d’isolement ne pourrait pas réunir assez d’argent pour payer des abonnements à des hebdomadaires – Time ou Newsweek, ou à un quotidien ou à un hebdomadaire correct – pour les personnes à l’isolement ? Dans les prisons pour femmes et dans la plupart des quartiers d’isolement, l’accès aux médias est réduit.
    9- J’ai combattu pour chaque parcelle de ce que j’étais supposée avoir « droit à » selon les lois. C’est dur de ne pas être pleine de colère et de frustration quand on se bat ainsi, c’est pour ça qu’il m’arrivait d’écrire une lettre enragée à un gardien ou à quelqu’un d’autre, où je disais tout ce que je voulais, puis de la déchirer. C’était assez thérapeutique.

  • Lavomatic - lave ton linge en public - Pistes de réflexion sur justice et prise en charge des violences de genre dans les milieux anti-autoritaires
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=672

    Le rapport aux « monstres »
    C’est un peu comme si le fait d’identifier un violeur était associé dans nos têtes au fait d’identifier un monstre, ce qu’en général on refuse quand il s’agit d’un ami, d’une connaissance, ou d’une personne « du milieu ».

    En effet, qui n’a pas entendu mille fois que les violeurs étaient des fous ou des monstres. Mon [8] propre père disait : « le premier qui viole ma fille je lui balance un coup de fusil dans les couilles à ce malade », alors que lui-même touchait mon corps contre mon gré. L’idéologie du monstre semble être une idéologie qui habite toutes les têtes, l’idéologie de la possession aussi d’ailleurs.

    C’est une question de réflexes intellectuels. De même qu’il est dans nos habitudes de ne pas trouver important de prendre en compte la réalité sociale d’une femme (comme on l’a dit, l’être humain universel étant l’homme blanc, hétéro, valide, et sûrement pas pauvre, accorder du temps et de l’importance à celles et ceux qui sont « à part » n’est pas courant pour nous), il est également dans nos habitudes de considérer l’entité « violeur » comme « monstrueuse ».
    Et pour cause ! Ces actes sont en effet monstrueux et inacceptables. Et notre envie de dé-stigmatisation ne vise pas du tout à atténuer leur portée et leur gravité.
    Il s’agit plutôt de démythifier et d’arrêter de croire qu’ils sont le fait de « monstres », c’est à dire d’êtres « fondamentalement habités par le mal » ou de personnes chez qui ces comportements seraient « naturels » voire, pour pousser à peine plus loin, qu’il existerait un code génétique du violeur (propos tenus par l’homme actuellement président de la f-rance !).

    Ces idéologies ne permettent pas du tout de prendre en compte le fait que ces actes sont ancrés dans la continuité d’une histoire sociale, et ne sont en rien une déviance à celle-ci.
    Il faut prendre le temps de déconstruire nos réflexes intellectuels si l’on veut effectivement éviter d’être dans un rapport collectif d’exclusion des personnes ayant commis des viols ou des violences sexuelles et sexistes.
    La non-stigmatisation est un effort à faire lorsque l’on cherche à comprendre pourquoi des situations sont gérées de telle ou telle manière.

  • Guy Debord, La planète malade
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=966

    La « #pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même manière que la #révolution : elle s’empare de toute la vie de la société, et elle est représentée illusoirement dans le #spectacle. Elle est bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits. Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en tant que processus réel.

    • LE CRIMINEL, C’EST L’ÉLECTEUR !
      http://infokiosques.net/lire.php?id_article=412

      Placard anti-électoral, 1er mars 1906.
      Publié par l’anarchie n°47 et signé Albert Libertad.

      C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

      Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

      Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

      Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

      Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

      Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

      Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

      Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

      Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

      Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

      Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

      Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes [sic]. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.

      C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

      Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

      Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

      Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.
      Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action [sic].

      Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.

      LE CRIMINEL, c’est l’Electeur !

      #Albert_Libertad

  • [infokiosques.net] - Se sentir vivre
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=932

    I. J’écris ces lignes en pleine période électorale. Les murs sont barbouillés d’affiches de toutes les couleurs ou on s’en dit de toutes les couleurs, sans jeu de mots. Qui n’a pas son parti – son programme – sa profession de foi ? Qui n’est pas socialiste ou radical ou progressiste ou libéral ou « proportionnaliste » – le dernier cri du jour ? C’est la grande maladie du siècle, cette abnégation du moi. On est d’une association, d’un syndicat, d’un parti ; on partage l’opinion, les convictions, la règle de conduite d’autrui. On est le mené, le suiveur, le disciple, l’esclave, jamais soi-même.

    Il en coûte moins, c’est vrai. Appartenir à un parti, adopter le programme d’un autre, se régler sur une ligne de conduite collective, cela évite de penser, de réfléchir, de se créer des idées à soi. Cela dispense de réagir par soi-même. C’est le triomphe de la fameuse théorie du « moindre effort », pour l’amour de laquelle on a dit et fait tant de bêtises...

  • L’obsolescence du sens
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=914

    Ainsi, l’absurdité est presque entièrement refoulée. Et cela pas seulement par les entreprises qui fournissent les emplois mais aussi par les millions d’ouvriers, puisque ceux-ci, s’ils regardaient en face l’absurdité de leur travail et de leur vie, devraient tout abandonner. En fait, le nombre des hommes sincères, ceux qui reconnaissent l’absurdité – nous allons bientôt parler d’eux –, est incomparablement plus faible que le nombre de ceux qui la refoulent. Ceux-ci – il s’agit de centaines de millions – affirment très naturellement (et ceux qui sont menacés par le chômage et les chômeurs effectifs de la façon la plus emphatique) que le travail est en tant que tel est pour eux un droit fondamental et sacré. Et puisqu’il serait insensé à leurs yeux de désigner comme absurde quelque chose dont ils proclament que c’est un droit sacré, ils s’empêchent avec succès de reconnaître l’absurdité de leur travail.

  • [infokiosques.net] - TOUS les programmes politiques
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=896

    De quelle société on parle ?

    A bas le développement !

    Nous arrêterons cette machine mortifère par tous les moyens à notre disposition !

    A bas le commerce !

    Vive la gratuité, vive le vol, à bas la propriété même sexuelle !

    A bas le gouvernement !

    Nous n’avons pas d’ordres à donner, nous ne voulons pas en recevoir !

    A bas la police !

    Marre de tous les flics ! Soldats, CRS, gendarmes, matons, vigiles, patrons et petits chefs, profs, éducateurs, curés… sans oublier celui qui est en chacun de nous !

    Le POUF, social-traître altermondialiste préfère le confort de la négociation au réel rapport de force dans tous les compartiments de la vie. C’est un fossile englué dans les mythes industriels et productivistes !
    Le POF dirige tout, détient tout, profite de tous. Normal qu’il ne veuille rien changer ! Crève charogne ! Nous pillerons ses magasins ! Nous frauderons ses administrations ! Nous offenserons sa morale !
    Le PROUT est représentatif d’une morale nauséabonde. Monarchie ou Démocratie, nous n’avons pas finit de guillotiner les rois et de brûler les églises ! Qu’ils se mettent leurs cierges dans le cul !
    Le PEF, moteur intellectuel de la vie politique, n’est qu’un pauvre rat nazillon que nous matons régulièrement dans la rue à coups de battes de base-ball !
    Le PAF nous fait bien rigoler lorsqu’il croit que l’abstention peut être suffisante pour renverser le vieux monde ! Sans parler que lui aussi emploie le vocabulaire de ses soi-disant ennemis, baragouine sur le développement, le commerce, le gouvernement, la police…
    Le PUF est l’organe de propagande qui orchestre cette société spectaculaire-marchande que nous allons faire voler en éclats à coups de pavés, d’émeutes et de cocktails molotov !

    Cette société, nous allons la détruire !
    PIF, Parti insurrectionnel Fantôme

  • À bas les chefs ! | Joseph Déjacque ([infokiosques.net])
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=891

    La dictature, qu’elle soit une hydre à cent têtes ou à cent queues, qu’elle soit démocratique ou démagogique, ne peut assurément rien pour la liberté ; elle ne peut que perpétuer l’esclavage, au moral comme au physique. Ce n’est pas en enrégimentant un peuple d’ilotes sous un joug de fer, puisque fer il y a, en l’emprisonnant dans un uniforme de volontés proconsulaires, qu’il peut en résulter des hommes intelligents et libres. Tout ce qui n’est pas la liberté est contre la liberté. La liberté n’est pas chose qui puisse s’octroyer. il n’appartient pas au bon plaisir de quelque personnage ou comité de salut public que ce soit de la décréter, d’en faire largesses. (...) Source : [infokiosques.net]

  • LE FOOTBALL SPECTACULAIRE MARCHAND

    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=183

    Voici un texte qui s’attaque à l’exploitation spectaculaire-marchande d’un jeu (le foot) qui s’est transformé au cours du vingtième siècle en un sport quasi obligatoire, en tout cas devenu obsessionnel médiatiquement et socialement...

    Si nous sommes obsédés par le foot, ce n’est pas parce que nous nous disons que le foot peut nous épanouir et nous permettre d’améliorer la qualité de nos relations, des rapports sociaux dans lesquels nous évoluons. Nous sommes obsédés par le foot de la façon dont on nous fait comprendre qu’il faut être obsédé : de façon passive, compulsive, consommatrice. En ralliant sans même en avoir conscience tout un tas de valeurs : la compétition (l’intégration de valeurs capitalistes), l’identification à une nation ou une ville (l’intégration de valeurs de type nationaliste), la non-mixité virile (l’intégration de valeurs masculines), la spécialisation avec les stars du foot en idoles (l’intégration de la hiérarchie voire du culte du chef), etc.

  • [infokiosques.net] - Soutenir un-e survivant-e d’agression sexuelle
    http://infokiosques.net/lire.php?id_article=793

    Le viol est une prise de pouvoir et un vol du choix. Une personne qui commet un viol, vole ce qui est peut-être le droit le plus fondamental que chacun-e possède, droit que l’on vole régulièrement aux femmes, aux personnes racisées [4], aux personnes trans et aux enfants : le droit de disposer de son corps. Ce vol du choix a des impacts qui peuvent durer toute une vie.

    #violence #sexualité #domination #société #souffrance #santé #solidarité #for:rezo.net #for:twitter