https://www.rts.ch

  • Le trafic aérien émet 10% des gaz à effets de serre en Suisse Pierre-Etienne Joye/pym - 17 Juin 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10511640-le-trafic-aerien-emet-10-des-gaz-a-effets-de-serre-en-suisse.html

    Ce lundi s’ouvre le 53e salon aéronautique du Bourget, en France, sur fond de croissance du trafic aérien et de questions sur l’urgence écologique liée à l’impact de l’aviation civile sur l’environnement. Le problème concerne bien sûr aussi la Suisse.
    Si le trafic des avions est à l’origine de 2 à 3% des émissions des gaz à effet de serre dans l’Union européenne, la proportion grimpe jusqu’à 10% pour la Suisse.

    Les incitations actuelles tendent vers l’abandon de l’avion pour d’autres moyens de transport comme le train, mais pour le spécialiste de l’aéronautique Michel Polacco, le problème n’est pas résolu : « S’il y a moins de passagers dans l’avion, quelque part la pollution par passager devient plus importante et par conséquent ça n’est pas un moyen réel de réduire les effets polluants de l’aviation. Il faut une vision beaucoup plus large et beaucoup plus globale ».

    Taxer les billets ?
    En Suisse, la proposition de taxer les billets d’avion est toujours pendante aux Chambres fédérales. Isabelle Chevalley, conseillère nationale vert’libérale vaudoise, commente : « Aujourd’hui, on fait croire aux gens qu’on fera de l’écologie avec des taxes, mais ça n’est pas le cas. Je suis favorable aux trains de nuit, mais pour l’instant il n’y en a pas assez pour proposer des alternatives. L’avion est moins cher parce qu’il ne se voit pas imposer les mêmes règles du jeu que les autres moyens de transport. Et c’est là qu’il est important de mettre des taxes qui soient les mêmes qu’on a sur l’essence et sur les autres modes de transport ».

    Quoi qu’il en soit, l’aéronautique n’échappe plus aux critiques sur son empreinte carbone. Et en Suisse, les habitants prennent toujours l’avion deux fois plus souvent en moyenne qu’en France, en Allemagne, en Autriche ou en Italie.

    #avion #avions #transport_aérien #pollution #environnement #santé #climat #pollutions


  • Procès de l’ex-maire d’une petite ville calabraise qui secourait les migrants
    10 juin 2019 - rts.ch
    https://www.rts.ch/info/monde/10498809-proces-de-l-ex-maire-d-une-petite-ville-calabraise-qui-secourait-les-mi

    Cinq ans environ après le terrible naufrage au large de Lampedusa, qui avait poussé le gouvernement italien à mettre sur pied l’opération « Mare Nostrum », s’ouvre le procès du maire de Riace, en Calabre, qui est très engagé pour la cause des migrants.

    Ce procès fait figure de symbole du virage opéré par l’Italie sur la question migratoire. Il se tient dès mardi à Locri, en Calabre.

    Le parquet a inculpé l’ex-maire, Domenico Lucano, pour deux chefs d’accusation. Le premier est celui de fraude aux dépens de l’Etat : Domenico Lucano se se serait passé d’appel d’offres pour attribuer la gestion des ordures de son village à des coopératives liées aux migrants.

    Il est par ailleurs soupçonné d’avoir favorisé des « mariages de convenance », afin d’aider des femmes déboutées du droit d’asile, à rester en Italie.

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    Italie : ouverture du procès de l’ex-maire de Riace qui accueillait des migrants
    Par RFI - Publié le 11-06-2019 - Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir
    http://www.rfi.fr/europe/20190610-italie-ouverture-proces-ex-maire-riace-accueillait-migrants-domenico-lu

    Le village calabrais de Riace (extrême sud de l’Italie), qui est administré par un maire de la Ligue de Salvini depuis les élections municipales du 26 mai, retourne sous le feu des projecteurs. C’est en effet ce mardi 11 juin que s’ouvre le procès contre l’ancien édile, Dominico Lucano, dit « Mimmo » et 25 autres personnes qui collaboraient avec lui. Mis en examen en octobre 2018, l’homme symbole de l’accueil des réfugiés à échelle humaine, est notamment accusé d’aide à l’immigration illégale.

    #DomenicoLucano #Riace


  • #Mir_Streiked !

    „Mir Streiked!“ ist die Hymne für der Schweizerischen Frauen*streiktag 2019. SASA, KimBo, Mer Ayang und Sascha Rijkeboer komponieren in ihrer musikalischen Unterschiedlichkeit ein Lied, das gleichzeitig bewegt, anklagt und mobilisiert.

    https://www.youtube.com/watch?v=m001Efj0ymI&feature=share


    #grève_féministe #14_juin #femmes #grève #Suisse #chanson #14_juin_2019 #hymne
    #musique_et_politique (ping @sinehebdo)

    v. aussi le #manifeste de la grève :
    https://seenthis.net/messages/777511

    et une tribune sur le #féminicide, tribune publiée en lien avec la grève :
    https://seenthis.net/messages/780868

    • "Les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes"

      Alors que l’égalité salariale est au coeur de la grève des femmes prévue le 14 juin, Manuela Honegger, politologue et politicienne indépendante, relève qu’en une année « les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes ».

      « L’écart de revenu entre l’homme et la femme reste notre préoccupation première », a affirmé dans La Matinale Manuela Honegger, membre du collectif genevois pour la grève des femmes. De plus, le travail domestique effectué par les femmes n’est toujours pas reconnu.

      « On estime aujourd’hui que faire à manger a plus de valeur en Suisse que ce que le secteur financier produit, la valeur que les femmes produisent tous les jours gratuitement et qui péjore leur vie est énorme. A la fin de l’année, les femmes gagnent 108 milliards de moins que les hommes », a précisé la politicienne.

      De plus, « sur la base des différences salariales, les femmes devraient seulement travailler jusqu’à 57 ans et pas jusqu’à 64 ans », a-t-elle encore indiqué.
      Chiffre pas connu

      « La politique ne nous prend pas au sérieux, nous les femmes, et ne met pas nos préoccupations au centre », a encore souligné la politicienne. Alors que tout le monde connaît le nombre d’étrangers vivant en Suisse, « cela fait 25 ans que l’UDC martèle ces chiffres », combien de personnes connaissent le pourcentage des femmes qui font la lessive ou qui assument l’éducation des enfants ?

      « Les femmes accomplissent 80% de la lessive faite en Suisse et assument 70% de l’éducation des enfants. Ce sont des réalités à mettre sur l’agenda politique, c’est pourquoi nous avons choisi la grève. La grève est un moyen de pression pour dire stop », a conclu #Manuela_Honegger.

      https://www.rts.ch/info/suisse/10179694--les-femmes-gagnent-108-milliards-de-moins-que-les-hommes-.html

      #salaire

    • Vers la grève féministe en Suisse

      Dans cet entretien, Anouk (étudiante, investie dans les mouvements étudiants et de l’immigration coloniale et post-coloniale) et Maimouna (militante queer antiraciste « qui penche du côté marxiste de la force » et qui travaille dans un syndicat interprofessionnel du secteur public) nous livrent un récit du processus qui va porter nombreuses femmes* en Suisse à se mettre en grève pour la journée du 14 juin 2019. Nous saissons l’occasion pour relayer le manifeste de la grève, dont il est beaucoup question dans l’interview, et une émission radio sur cette lutte, dont le titre annonce : Ne changeons pas les femmes, changeons la société !

      – PEM : Le 14 juin se tiendra en Suisse une grève des femmes et féministe : Quel a été votre rapport à cette grève ?

      M : J’ai participé à cette grève surtout par l’organisation des travailleuses au sein de mon syndicat, mais également pendant une période par le biais de la coordination romande et du collectif genevois. Pour des raisons de santé, je n’ai pas pu participer à tout l’aspect collectif et de coordination des six derniers mois. Cette grève m’a accompagnée durant toute l’année et le fait de participer à sa construction sur les lieux de travail a sûrement été une des expériences militantes les plus intéressantes de ma vie.

      A : De mon côté, j’ai une position assez ambiguë par rapport à la grève. Rationnellement et politiquement, je suis super emballée par le processus. Je suis convaincue de la nécessité de s’y investir, et de la justesse d’organiser une grève générale à partir d’une position féministe. Mais d’un point de vue subjectif, j’arrive pas à me sentir concernée ou impliquée d’une quelconque manière. Pour plusieurs raisons, je n’arrive plus du tout à m’identifier aux discours du type “nous les femmes”, même si j’ai une compréhension du monde et des manières de me comporter profondément féministes. Du coup, je me suis tenue un peu à l’écart de tout le processus d’organisation de la grève, et j’ai juste participé aux débuts de la rédaction du manifeste, et j’ai été co-organisatrice de la journée du 10 février.

      – PEM : Pouvez-vous nous dire comment en Suisse on en est arrivé à organiser une grève féministe ? Quels ont été les éléments déclencheurs ?

      M : En Suisse, cette grève a été impulsée par des femmes syndicalistes après une énième discussion au parlement sur un projet de loi sur l’égalité salariale qui n’a abouti à rien. Je pense que c’est un aspect assez intéressant, notamment par rapport à d’autres endroits où ce genre de mobilisation a eu lieu, comme dans l’Etat espagnol, où le rôle des syndicats était beaucoup moins fort, voire un frein à l’organisation de cette mobilisation. Néanmoins, l’impulsion ne vient pas des directions syndicales mais plutôt de la base. Elles ont d’ailleurs plutôt été forcées à rejoindre le mouvement sous pression de leurs militantes. Je trouves aussi assez intéressant que ça vienne pas forcément de femmes très jeunes à la base, mais plutôt de militantes assez expérimentées, même si ça a très vite pris chez les femmes plus jeunes. Certaines étaient déjà là en 1991, lors de la première grève des femmes en Suisse d’ailleurs.

      A : Il y a une autre particularité par rapport à la Suisse. Ici, la construction de la grève s’appuie sur un réseau militant de syndicalistes féministes, de féministes organisées dans des partis de gauche radicale, et aussi de féministes autonomes, qui s’étaient toutes mobilisées contre cette loi sur l’augmentation de l’âge de la retraite - soutenue par les centrales syndicales au niveau national. Il y a donc une filiation entre cette opposition référendaire dans le champ institutionnel et l’impulsion de la grève féministe.

      – PEM : Pouvez-vous préciser quel a été le rôle des syndicats par rapport au mouvement ?

      M : Il faut bien comprendre que ce mouvement vient de la base. Il y a eu cette énorme manifestation à Berne qui a réuni 22 000 personnes en septembre 2018. Pour la petite histoire, chaque deux ans la plus grande organisation syndicale, l’USS [1], organise une manifestation nationale. Il s’agit avant tout d’une démonstration de force mais souvent avec un contenu politique très institutionnel. Donc du coup, comme chaque deux ans, l’USS a choisi un thème, et cette année-là c’était l’égalité salariale. Il n’y avait pas la volonté de parler de la grève qui se prépare aujourd’hui mais l’idée c’était simplement de mettre en avant cette revendication qui pouvait plaire à tout le monde. Le mouvement a fini par presque troller cette manifestation en créant un tronçon appelant à la grève féministe en 2019, ce qui a fait apparaître clairement nos revendications comme bien plus larges et radicales. Ça s’est fait littéralement aux nez et à la barbe des centrales syndicales qui ne voulaient parler que d’égalité salariale.

      A : Dès le début, et en raison de la manière dont le mouvement s’est structuré, il a appelé à aller plus loin qu’une grève « classique », qui reste contenue à un cadre de rapport salarié uniquement. Tout ceci ouvre des perspectives beaucoup plus larges, et ça remue le mouvement ouvrier dans son ensemble, notamment sur la question du travail reproductif, et de la grève politique (qui est d’ailleurs implicitement interdite par notre Constitution [2]).

      M : C’est vraiment important cette question de grève politique en Suisse. On a réussi à la rendre licite grâce à des mécanismes assez alambiqués, sachant que le droit de grève bien qu’inscrit dans notre constitution, est très limité.

      – PEM : Comment s’est organisé et structuré le mouvement pour la grève ? Quelles sont les formes d’organisation que vous vous êtes données et est-ce qu’elles sont présentes sur l’ensemble du territoire suisse (les différents cantons, dans les villes ou en campagne, etc.) ?

      M : En fait, le mouvement est né en Suisse romande et Suisse italienne et la Suisse allemande a rejoint le mouvement un peu plus tard. Actuellement, quasiment tous les cantons suisses et les grandes villes ont un collectif organisant la grève. Honnêtement, quand ça a commencé, ça aurait pu être ce genre d’initiatives super sympas lancées par dix meufs motivées qui aboutit à 5000 femmes dans la rue un an plus tard. Mais là, ça a pris bien plus d’ampleur ! Je pense que la manière dont le mouvement s’est construit, notamment la démocratie interne, la décentralisation, et surtout la totale liberté laissée aux collectifs - avec juste le Manifeste comme garde-fou - font que c’est un mouvement à la fois très large et radical.

      A : Oui, j’ai le souvenir d’une militante syndicale qui disait que ça avait impulsé la formation de collectifs sur plein de lieux de travail, ce qui en Suisse, est dingue ! En tous cas, je pensais pas que ça serait un truc aussi énorme, et que ça lancerait autant de personnes à s’organiser sur leur lieu de travail, de formation, etc. Au-delà même du 14 juin, ça ouvre des perspectives d’organisation beaucoup plus larges.

      M : La décentralisation du mouvement est très particulière mais aussi très adaptée à notre contexte fédéral. C’est vraiment une organisation décentralisée, qui part des collectifs locaux. C’est très difficile pour moi de parler de ce qui passe dans les cantons suisses alémaniques. Ce que je vois sur les réseaux sociaux (car le mouvement y est assez actif), c’est qu’en fait, finalement, dans des endroits où j’aurais pas pensé, il y a des choses qui se construisent.

      A : Le caractère de radicalité du mouvement est aussi lié au fait qu’il se construit au niveau national, au-delà des barrières linguistiques, mais d’une manière décentralisée comme tu l’as dit. C’est quand même très rare en Suisse. Mais l’organisation ne se fait pas uniquement selon des bases purement géographiques (ville, canton, etc.), mais aussi en fonction des lieux d’activité, sur les lieux de travail et de formation, etc.

      M : Je pense que c’est grâce aux organisatrices qui ont vraiment tout mis en place pour permettre la plus grande démocratie possible, ce qui est hallucinant et qui a représenté un travail phénoménal. S’assurer toujours qu’il existe des espaces de dialogues où les questions de contenu mais aussi de forme peuvent être entendues et discutées, ce qui a notamment permis de créer ce Manifeste avec une adhésion très large, a, d’après moi permis cette construction très large d’un mouvement.

      – PEM : Qu’est-ce qu’a apporté au mouvement la rédaction d’un manifeste ? Quels thèmes principaux en sont ressorti ?

      M : Alors, le manifeste regroupe dix-neuf revendications. Elles concernent tout : le rapport au corps, le rapport au travail, notamment l’inégalité salariale, mais la question du travail reproductif est également très développée. Je pense qu’on trouve pas le terme “anti-capitalisme” dans le texte (même si le terme capitalisme doit y apparaître), mais dans le fond, on est dans des revendications vraiment en rupture. Beaucoup de revendications tournent autour du monde du travail. Déjà parce que ce mouvement est très syndical mais aussi parce que les enjeux autour des inégalités sur les lieux de travail sont encore loin d’être résolus. Il n’y a pas de réelles protections contre les inégalités salariales, les protections contre le sexisme sur le lieu de travail sont peu ou mal mis en place, et la dévalorisation sociale et salariale des métiers typiquement féminins existe. On est quand même un pays où les personnes travaillant dans l’économie domestique ne sont même pas soumises à la loi sur le travail dont le texte est censé protéger les travailleuses et travailleurs.

      A : Oui, notamment celle de réduction du temps de travail ! Et la question des violences sexistes est aussi importante pour nous. C’est vrai qu’avec le Manifeste, on donne une vision d’unité, comme si tout le monde était d’accord sur tout, mais il y a quand même eu des grosses contradictions internes. D’ailleurs, la force du cas suisse, c’est d’avoir pu dépasser ces contradictions et de ne pas s’être scindé. C’est peut-être lié à la culture du compromis suisse [rires]. Dans tous les cas, il y a eu un travail politique phénoménal sur les sujets de dissension, pour aboutir à une orientation d’un féminisme de classe et anticapitaliste, et aussi sur la question de la pénalisation des violences de genre. À la première séance de rédaction du Manifeste en août passé, les nombreuses personnes présentes étaient réparties en groupes de travail « par thématique », où on discutait de nos revendications et leur articulation. Il se trouve que j’ai eu la bonne idée d’aller au groupe sur les violences faites aux femmes. C’était assez difficile, et il a fallu un travail important (que des camarades ont mené tout au long de l’année) pour éviter une orientation pro-punitive, et amener une vision globale sur les conséquences de ces orientations en termes de rapports sociaux de race, et plus largement de répression. Mais c’est une position qui est extrêmement ambivalente et compliquée à trouver et défendre, entre d’un côté dire que les violences de genre sont un sujet politique fondamental (et qu’on ne va pas s’en occuper « après » pour le dire vite), mais de l’autre, se demander comment on peut y répondre sans converger avec l’appareil répressif d’Etat. Il y a donc eu tout un travail : déjà, sur le moment même, et avec les relectures et amendements successifs du Manifeste. Plus largement, et dans un deuxième temps, on a organisé avec SolidaritéS [3] une journée d’étude qui a réuni des personnes actives dans les organisations qui luttent concrètement contre les violences de genre, pour essayer d’élaborer des pistes d’actions anti-punitives, mais concrètes et ancrées dans notre réalité. Il y avait beaucoup de personnes impliquées dans l’organisation de la grève, et l’idée était de revenir ensuite dans les différents collectifs et mettre ça en avant. Au final, quand on regarde le Manifeste maintenant, on remarque que ce travail collectif (qui prend différentes formes) a porté ses fruits.

      – PEM : Du coup, est-ce que vous diriez que le Manifeste, rédigé en août dernier, rend bien compte de la pluralité des composantes du mouvement tel qu’il est aujourd’hui ?

      M : Le mouvement s’est organisé en mixité choisie, sans hommes cisgenres. Pour la composante sociale, dans les collectifs que je connais, principalement en Suisse romande, on compte majoritairement des femmes* déjà militantes, peu de femmes non blanches, par contre plutôt très intergénérationnelle. Néanmoins, quelques femmes ayant un parcours migratoire ont été très actives, ce qui a permis d’amener des revendications concrètes et précises sur les questions d’asile et d’accueil. L’exemple qu’a donné Anouk, et il y en aurait d’autres, montre bien qu’en tant que minorités dans la minorité, c’est très dur de réussir à mettre en avant ses revendications s’il n’y a pas un vrai travail d’organisation en interne. On l’a notamment vu pour les questions LBTIQ, où finalement des revendications spécifiques n’ont pas été visibilisées et ce alors qu’en Suisse on serait dans un contexte assez propice à la mise en avant de revendications par exemple liées à la parentalité, aux parcours trans* ou encore d’égalité juridique. De ce que j’ai perçu, en tout cas en Romandie, il nous a été difficile de nous organiser entre nous pour faire émerger ces revendications. Par contre, le travail fait par les femmes migrantes et leurs alliées ont réussi à imposer des revendications puissantes sur cette question, autant dans le manifeste que dans l’organisation collective. Ces questions, par exemple le fait de ne pas avoir de permis de séjour ou juste un permis provisoire en tant que travailleuse – en lien avec tout le travail syndical qui est mené sur ce front depuis des années - sont bien comprises et intégrées. Par contre, on n’a pas constaté la même chose sur les questions de race. Pour être bien claire, quand on parle de femmes migrantes en Suisse, on parle de femmes qui viennent du troisième cercle (le Sud global) comme on dit, mais aussi d’Europe du Sud.

      A : C’est vrai qu’il y a eu un travail politique pour orienter ces revendications dans un sens émancipateur pour tout le monde. Donc le Manifeste n’est bien sûr pas parfait, mais c’est le fruit d’un travail politique de longue haleine, parfois éreintant, mené par un grand nombre de personnes. Au début, il y avait carrément des propositions islamophobes, ou abolitionnistes (du travail du sexe)… Le fait que ce genre de choses ne soient pas passées (même si le Manifeste n’est pas explicite sur ces questions), c’est aussi le fruit d’un travail. Ça permet de le garder ouvert à une organisation politique sur les rapports coloniaux, sur le travail du sexe, etc.

      M : Sur ces questions, on constate qu’il y avait cette peur au début, comme dans tout mouvement unitaire : « que vont faire les femmes qui ne sont pas organisées à gauche, et comment elles vont pouvoir adhérer à ce manifeste ? ». Finalement, on se rend compte que plus il y a de revendications, plus elles sont larges, plus elles sont radicales, et - c’est assez contre-intuitif - plus elles sont rassembleuses. En fait, ça a permis de créer un mouvement ultra large. La question des “femmes de droites” - doit-on les intégrer,, comment leur parler, est-ce qu’on les effraient ou pas - a souvent été posé, surtout au début dans les collectifs locaux. Je me souviens très clairement d’une femme qui disait « si les femmes de droite se reconnaissent dans le manifeste, elles viendront, et sinon tant pis ». Il faut juste imaginer que lors de l’appel de la première coordination nationale à Bienne, il devait y avoir 500 à 600 personnes, qui sont des personnes qui organisent activement cette grève.

      –PEM : Pourquoi est-il important de faire grève pour faire valoir ces raisons ?

      M : Il y a un truc que je trouve intéressant dans le droit suisse, la grève est considérée comme l’ultima ratio. Donc c’est le dernier outil que les travailleurs et travailleuses mettent en place pour obtenir leurs revendications, après que tout a échoué. Là, ça fait 38 ans qu’on a une égalité dans la constitution qui n’est pas appliquée, et tout part quand même de là ! On peut se dire que c’est très réformiste et partiel, mais littéralement, ça veut dire qu’en Suisse, il y a aucune possibilité de sanction ni de contrainte pour vraiment combattre l’égalité salariale même dans son sens le plus strict. Tu peux faire reconnaître - mais c’est très compliqué – que tu n’es pas payée la même chose que ton collègue masculin et toucher le différentiel ainsi qu’une indemnité représentant six mois de salaire et c’est la seule sanction que tu auras en tant qu’employeur. En gros, une mise en conformité plus une petite amende. De plus, ce n’est pas soumis à un contrôle régulier, sauf pour les entreprises de plus de 100 employé-e-s, ce qui représente environ 2% des employeurs en Suisse. On en est là. Donc c’est pour ça que c’est important de faire grève, c’est pour montrer qu’on en a marre du système suisse de la négociation et de la « paix du travail » et que oui, en tant que femmes ont a tout essayé mais que là ça suffit et que donc on utilise l’outil de l’ultima ratio.

      A : Pour moi, cette grève a permis de montrer, dans ce système suisse, qui est officiellement « pacifié » et qui jure que par cette fameuse « paix du travail », que la conflictualité sociale, elle existe ; que les antagonismes de classe, ils existent. La conflictualité, c’est pas nous qui l’inventons, elle est réelle. Du coup, l’analyse qu’on fait en étant marxistes et féministes, c’est de lier les raisons larges pour lesquelles on fait grève (qui ne concernent pas uniquement les inégalités dans le travail salarié), à ce mode de production particulier. Donc une fois qu’on a dit ça, notre mode d’action doit rendre compte de ça.

      M : Sur la question de la grève, ça a pas été sans tension, vraiment ! Évidemment, faire grève en Suisse en 2019, c’est aussi le rappel de la grève de 1991 [4], qui a été un des plus beaux moments de luttes en Suisse. C’est aussi le rappel de ces femmes qui se sont battues en 1971 pour obtenir le droit de vote [5]. Il y a des femmes qui ont fait grève en 1991, et nous en 2019, on lutte aussi !

      A : Il faut préciser que cette grève s’inscrit dans un renouveau de perspectives de luttes de la gauche politique et syndicale. Il faut rappeler brièvement que le système suisse permet de s’opposer à des projets du parlement (et d’en proposer) en récoltant un certain nombre de signatures. Les initiatives ou référendum sont ensuite soumises au vote de la population suisse. Je précise, car j’ai vu beaucoup de discussions sur ce système de démocratie semi-directe en France, en lien avec la revendication du RIC défendues par certain·es Gilets Jaunes. Or, un élément pour moi central est à chaque fois laissé de côté : le système suisse est fondé sur l’exclusion politique d’une partie importante (environ un cinquième) de la population et des classes populaires, à savoir la population “d’origine étrangère”. En effet, les droits politiques sont conditionnés à la possession de la nationalité suisse, qui est extrêmement difficile à obtenir. En l’espace d’un an, la gauche politique est parvenue à faire refuser un projet d’augmenter l’âge de la retraite des femmes (appelé PV2020), et une autre loi (appelée RIE3) sur la défiscalisation massive du capital des multinationales implantées en Suisse (ce qui représente un transfert massif de richesses des collectivités publiques, notamment du Sud global, vers les actionnaires de Nestlé, Glencore, etc.). J’ai l’impression que ça a vraiment créé une dynamique de gauche qui est de nouveau capable d’arracher des grandes victoires. En même temps, on a lancé tout récemment un référendum contre la soeur jumelle de la RIE3 , donc contre une loi qui prévoyait exactement les mêmes dispositifs fiscaux ; on a fait aboutir le référendum, mais on l’a perdu en votation car la réforme a été massivement approuvée. Et on a certes refusé l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes, mais il y a déjà un projet au Parlement pour l’augmenter à nouveau. Cette question des initiatives et référendums constitue un grand débat au sein de nos organisations, et pour ma part, je ne crois pas qu’il faille rejeter une lutte institutionnelle par référendum en bloc, parce que comme on l’a vu, ça permet de lancer des dynamiques d’opposition substantielle. Par contre, sur la base de cette séquence politique, on voit que si on les considère comme une fin en soi, on n’a pas fini de s’opposer aux mêmes projets de loi, et on passe notre temps à récolter des signatures.

      M : Oui, au bout d’un moment, à ce jeu, ils gagnent en fait ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a ce dessin qui tourne et qui montre une femme avec une batte de base-ball disant “j’ai décidé de changer de méthode”.

      – PEM : Quelles autres expériences de lutte à l’échelle globale ou dans l’histoire suisse sont importantes pour vous ?

      M : La grève générale de 1918 ! Parce que j’ai découvert cette grève il y a un an et demi au moment du centenaire, et parce que l’organisation des syndicats au niveau national, l’USS (Union syndicale suisse) qui a organisé une super journée de conférence [rires] avec des historien·nes où, littéralement, leur conclusion c’était que c’était pas si bien parce qu’au final, on n’a rien gagné. C’est les syndicats qui disent ça ! Ça m’a donné envie de creuser, j’ai découvert plein de trucs, notamment que c’était pas tant un échec que ça, et je pense que ça montre aussi à quel point en Suisse, on ne connaît pas l’histoire des luttes.

      A : Au centre des revendications de la grève générale de 1918, il y avait celle du droit de vote des femmes ! Cette revendication dont on dit souvent qu’elle apparaît beaucoup plus tard, a été portée par le mouvement ouvrier dès 1918. Face aux frappadingues pour qui la grève féministe divise la classe ouvrière – ce qui est une analyse complètement hors sol quand on voit le développement massif de collectifs sur les lieux de travail – on se rend compte que dès le début, il y a un lien organique entre les luttes féministes et le mouvement ouvrier, simplement parce que les femmes font partie du mouvement ouvrier ! Après personnellement, l’histoire des luttes des travailleurs immigrés, et notamment italiens est importante politiquement pour moi.

      M : Ce qui est terrible, c’est qu’on est hyper à la ramasse et qu’on ne connaît presque pas notre histoire, parce qu’on a vraiment un roman national très fort : en Suisse, on dit qu’on est riche parce qu’on sait faire des compromis, que les valeurs paysannes et protestantes sont celles qui assurent notre prospérité et qu’on obtient jamais rien par la force. Par exemple, sur l’obtention du droit de vote des femmes en 1971, ce que tout le monde croit, c’est que le gentil parlement a décidé d’autoriser les femmes à voter parce que c’était quand même un peu la honte d’avoir attendu si longtemps. Or j’ai appris cette année, en creusant un peu, qu’il y avait eu une énorme mobilisation populaire, notamment des femmes autour de cette question.

      – PEM : Les institutions semblent réagir de manière plutôt bienveillante voire encourager certaines initiatives qui vont se tenir à l’occasion du 14 Juin : comment expliquez-vous cette bienveillance (paternaliste ?), et comment, dans ce contexte, garantir une certaine offensivité lors de cette journée de grève ?

      M : On constate effectivement une offensive massive du Parti socialiste (gauche gouvernementale) et des directions syndicales pour essayer de récupérer et pacifier cette grève en en retirant les aspects les plus combatifs. En même temps, c’est vrai qu’en Suisse , où qu’on soit sur l’échiquier politique il devient compliqué de dire qu’on est contre l’égalité. Les solutions choisies, comme dans beaucoup d’autres endroits, c’est de dire qu’on utilise pas la bonne méthode ou que l’on a mal compris l’égalité. On l’a vu syndicalement avec la réaction des employeurs. D’abord, il y a eu une offensive pour dire que cette grève n’était pas licite. Puis, sous la pression des collectifs, les employeurs du publics - sur Genève et sur Vaud, en tout cas - ont fini par dire qu’il n’y aurait pas de sanction pour cette grève, tout en sous-entendant que ça en était pas vraiment une. Une conseillère d’état PLR [6] à Genève a même affirmé que le mot grève n’avait qu’une valeur historique, et qu’en réalité il s’agissait d’une grande fête. On passe évidemment notre temps à rappeler que nous avons des revendications de ruptures et que oui c’est bien une grève. Le problème c’est qu’on n’est pas toujours entendu, face au discours dominant, notamment des médias. C’est ce qui permet à des meufs de l’exécutif ou de droite de participer aux mobilisations, qu’elles essaient de vider de leur sens...

      A : Oui, mais en même temps, elles vont marcher derrière des syndicalistes et des féministes qui revendiquent la réduction générale du temps de travail, et qui refusent catégoriquement l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes ! D’une certaine manière, c’est bon signe, ça veut dire que les collectifs ont réussi à imposer un rapport de force qui fait que les autorités se sentent obligées d’y participer. Surtout, les dynamiques d’organisation que cette grève a impulsées sur les lieux de travail, de vie et de formation, c’est pas quelque chose qui est “récupérable”. Pour moi c’est ça le plus important : le 14 juin n’est pas une fin en soi, c’est un but qui permet à des collectifs d’essaimer un peu partout, et de développer ou renforcer notre organisation collective.

      M : Ce qui est complètement dingue avec cette grève, c’est que malgré la radicalité du Manifeste (et même grâce à cette radicalité), des dizaines de milliers de femmes vont se mobiliser ce 14 juin. Ça permet de contrer cette idée très répandue, selon laquelle il faudrait pas être trop radicale, ou faire trop de bruit, pour pouvoir mobiliser largement. Or ce qu’on a constaté c’est qu’en permettant aux femmes de s’exprimer et en ancrant les revendications dans une réalité, ça marche, et c’est énorme !❞


      http://www.platenqmil.com/blog/2019/06/13/vers-la-greve-feministe-en-suisse

    • Un « ras-le-bol général » : vendredi, c’est la grève des femmes en Suisse

      Vingt-huit ans après une première mobilisation nationale, syndicats et collectifs féministes appellent à la mobilisation pour mettre fin aux inégalités femmes/hommes.

      Le reste du monde a le 8 mars. La Suisse a son 14 juin. Vendredi 14 juin 2019, collectifs féministes et syndicats organisent une « grève des femmes », pour l’égalité avec les hommes, 28 ans après la première du nom, en 1991.

      Une grève que les organisateurs espèrent nationale et globale. « Il ne s’agit pas seulement d’une grève du travail rémunéré, explique au Parisien Anne Fritz, coordinatrice de la mobilisation à l’Union syndicale suisse, à l’origine de la mobilisation. Il y aura aussi une grève du ménage, du prendre soin, de la consommation… » De toutes ses tâches, encore majoritairement effectuée au quotidien par des femmes, peu reconnues et non rémunérées.
      Une date symbolique

      Un mot d’ordre, l’égalité, et plusieurs déclinaisons : égalité des salaires, fin des violences sexistes, fin de la précarité des femmes… Plusieurs manifestations seront organisées ce jour-là, dans tout le pays. « Le plus important, c’est que chaque femme puisse participer à son niveau, là où elle est », poursuit Anne Fritz.

      La date du 14 juin est hautement symbolique en Suisse. En 1981, était introduit dans la Constitution un article concernant l’égalité entre les femmes et les hommes. Dix ans plus tard, près de 500 000 personnes - pour un pays de 3,46 millions d’habitants - se mobilisaient pour dénoncer les inégalités toujours persistantes.

      Près de trois décennies plus tard, les femmes continuent de toucher 20 % de moins que les hommes, il n’existe pas de congé paternité et les places en crèche sont rares et chères, freinant la participation des femmes à la vie active.

      L’année dernière, une loi sur l’égalité salariale a été votée dans le pays. Mais la version adoptée en définitive était nettement édulcorée, par rapport au texte initial. La dernière version ne prévoit pas, par exemple, de sanction pour les entreprises discriminantes.
      Le patronat suisse grince des dents

      Un sentiment de trop peu, qui fait germer l’idée d’une nouvelle grève, à l’image de celle de 1991, dans les milieux féministes, et au sein de l’Union syndicale suisse. Le mouvement #MeToo, ainsi que diverses mobilisations internationales, pour défendre l’avortement ou critiquer certains dirigeants comme le président américain Donald Trump ou Jair Bolsonaro, le président brésilien, sont aussi passés par là.

      Pour Anne Fritz, c’est un « ras-le-bol général des femmes » qui a permis de concrétiser cette grève anniversaire. Elle est née en cette année symbolique de 1991. Aujourd’hui, elle estime que les femmes ne sont « pas entendues en manifestation. C’est la raison pour laquelle il faut faire grève ».

      Plusieurs entreprises et administrations ont affiché leur soutien à cette grève des femmes. À Genève par exemple, la ville fermera des crèches. Mais l’Union patronale essaie de contrer le mouvement. Le syndicat le considère comme « illicite », car ne visant « pas uniquement les conditions de travail », selon les propos Marco Taddei, un de ses représentants, à l’AFP.

      Difficile de prévoir l’ampleur du mouvement de vendredi, la grève ne faisant pas partie de la culture suisse. Depuis l’instauration en 1937 de la « paix du travail », une convention signée entre patronats et syndicats, la négociation est souvent préférée à la grève. Anne Fritz espère « énormément » de personnes. Ou au moins autant qu’en 1991.

      http://m.leparisien.fr/societe/un-ras-le-bol-general-vendredi-c-est-la-greve-des-femmes-en-suisse-13-0

    • Les guettes ont appelé Lausanne à une nuit mauve

      Du haut de la cathédrale, quatre femmes ont lancé la mobilisation du 14 juin. Un cri inédit, relayé une bonne partie de la nuit avant la grande journée de vendredi.

      l faut « garder le dos bien droit, mettre les mains en porte-voix et s’adresser à Lausanne ». Un rapide conseil, glissé par Renato Häusler, guet de la cathédrale de Lausanne, à celles qui s’apprêtent à prendre sa place. Pour la première fois depuis 614 ans, la voix d’une femme va donner l’heure à la ville. A 23 heures, ce jeudi 13 juin en guise d’échauffement, puis à minuit, 1 heure et 2 heures, avec en prime un appel à la grève des femmes, à la grève féministe.

      C’est ainsi qu’à minuit, Nadia Lamamra, représentante du collectif vaudois pour la grève, Nicole Christe, cheffe du Service de l’architecture de la Ville de Lausanne, Joëlle Moret, déléguée à l’égalité et la chanteuse Billie Bird crient de concert « C’est la grève, c’est la grève ! ». Et après un bref silence, les acclamations montent de l’esplanade où plusieurs centaines de personnes affluent depuis 22 heures. « Il y a enfin un peu de reconnaissance, même dans les professions très atypiques les bastions masculins finissent par tomber », apprécient les guettes en chœur. La grève nationale du 14 juin est lancée à Lausanne, la cathédrale peut s’enflammer et briller en mauve dans la nuit.

      « C’était un moment fou, j’en ai eu des frissons. Il y avait un grand silence, on entendait juste les tambours, il y avait quelque chose de mystique et, tout à coup, tout le monde a hurlé. J’ai failli pleurer », raconte Anne-Julie.

      Au pied de la cathédrale, en continu, il y a les banderoles et les pancartes, les danses et les accolades, les chants et les slogans comme autant de cris du cœur. Entres autres : « Fortes, fières et pas prêtes de se taire » ou « Patriarcat t’es foutu, les femmes sont dans la rue ». « Ça me rend euphorique cet engouement, j’espère que ce sera le début d’un vrai mouvement. Il faut que les gens comprennent ce que l’on vit, commente Charlotte. Je pense aussi à celles qui ont de grandes difficultés, les travailleuses pauvres, les mères isolées ou celles qui ne peuvent pas être là parce qu’elles sont empêchées par quelque chose ou quelqu’un. »

      Puis comme la cathédrale, la place de la Riponne s’embrase. Autour d’un feu de camp, la foule donne de la voix tandis que quelques objets volent au milieu des flammes. Du carton, un tee-shirt ou un soutien-gorge, avalés par les flammes sous les applaudissements. « Symboliquement c’est déjà très fort ce que l’on voit ce soir, observe Yesmine. J’ai vécu près de la cathédrale et tous les jours j’ai entendu un homme crier. Alors aujourd’hui c’est beaucoup d’émotions, quelque chose se concrétise. »


      Beaucoup d’émotions et pas mal d’actions, au moment de se disperser dans la ville aux alentours d’1h30. Un peu partout, l’eau des fontaines devient violette, comme la cheminée de Pierre-de-Plan. Les stickers militants fleurissent sur les murs et 56 rues sont même rebaptisées. C’est l’oeuvre du collectif ruElles, parti arpenter la ville toute la nuit avec de la colle et de faux panneaux en papier. « Une soixantaine de rues lausannoises portent le nom de personnes illustres ayant marqué l’histoire suisse. Trois d’entre elles seulement sont des femmes, explique les membres. Ce soir, les femmes sortent de l’ombre de l’Histoire et vont dans les rues. » Elles feront de même ce vendredi 14 juin, dès 8 heures et pour toute la journée.

      https://www.24heures.ch/vaud-regions/guettes-appele-lausanne-nuit-mauve/story/13485264

    • Toutes les femmes du Courrier…

      … se joignent aux revendications de la grève féministe / grève des femmes*. Toutes, nous croiserons les bras en ce vendredi 14 juin, vingt-huit ans après la journée historique qui avait vu 500 000 femmes s’unir à travers toute la Suisse pour exiger, enfin, l’égalité dans les faits.

      Car nous observons chaque jour l’ampleur du fossé qui nous sépare de l’égalité. Aujourd’hui comme hier, nous exigeons une meilleure reconnaissance de toutes les tâches que nous exécutons au quotidien ainsi que le respect de notre personne et de notre individualité. Par notre refus de travailler ou d’exécuter des travaux domestiques durant vingt-quatre heures, nous posons nos limites. 91-19… Et cette impression de tourner en rond.

      C’est ce que ressentent aussi les femmes du Courrier, qui se sont réunies pour énoncer leurs doléances. Notre cahier de revendications en cinq axes complète celles du manifeste de la grève et, surtout, rejoint l’expérience d’innombrables femmes, par-delà la branche économique du journalisme. Les problèmes soulevés touchent des facettes très différentes de nos vies et, pourtant, s’imbriquent pour former un continuum sexiste.

      Nous demandons la valorisation du travail des femmes. Comme tant de pairs, nous portons une immense partie de la charge émotionnelle au travail. Est attendu de nous que nous soyons patientes, à l’écoute, gestionnaires du quotidien. Quand on se tournera vers les hommes pour ce qui relève de compétences jugées plus techniques et mesurables. Invisibilisé, notre travail est pourtant essentiel à la bonne marche de toute entreprise.

      Nous attendons que notre parole soit écoutée, notre légitimité reconnue comme celle de nos collègues masculins.

      Nous voulons concilier vie privée et professionnelle sans nous épuiser dans de doubles journées, que nous soyons mères ou proches-aidantes. Cela passe par le respect de notre temps de repos, des congés (parentaux notamment) suffisants et la possibilité d’aménager notre temps de travail selon nos besoins. Il n’existe pas de recette magique applicable à toutes. Et nous méritons d’être considérées au-delà des stéréotypes de genre.

      Nous exigeons la parité à tous les niveaux de l’entreprise, de la base aux instances dirigeantes.

      Enfin, la lutte contre le sexisme doit s’appliquer à chacune de nos pages. Elle passe par la généralisation du langage épicène, des images non stéréotypées, des formulations s’abstenant de ramener les femmes à leur seul statut de mère, de fille ou d’épouse, sans cliché machiste.

      Le chantier ne fait que commencer. Et nous aurons toutes et tous à gagner de ce monde plus égalitaire. Solidaires, les hommes du Courrier nous soutiennent d’ailleurs dans notre lutte. Nous leur confions, l’espace d’une journée, la tâche de confectionner un journal spécial dédié à la grève, qui paraîtra samedi. Cette édition ancrera la date du 14 juin 2019 dans les mémoires. Pour qu’elle ne devienne pas une date anniversaire, mais une date charnière, le marqueur d’un changement de société dans toute sa profondeur.

      https://lecourrier.ch/2019/06/13/toutes-les-femmes-du-courrier

    • Swiss women strike for more money, time and respect

      Women across Switzerland are preparing for a nationwide strike in protest against what they say is the country’s unacceptably slow pace to equality.

      Friday’s protest comes 28 years after similar action saw half a million women take to the streets in 1991.

      Swiss women have long campaigned to accelerate the pace of gender equality.

      They joined millions of other women in Europe after World War One ended in 1918 in demanding the right to vote - but did not get it until 1971.

      At the time of the 1991 strike there were no women in the Swiss government, and there was no statutory maternity leave.

      Appenzell, the last Swiss canton to refuse women the right to vote, had just been ordered to change its policy by Switzerland’s Supreme Court.


      https://www.bbc.com/news/world-europe-48615911

    • Les journaux romands se mettent au violet

      Que ce soit sur un mode humoristique, ironique ou sérieux, la presse romande relate largement la grève des femmes vendredi.

      Les quotidiens romands parlent abondamment de la grève des femmes dans leurs éditions de vendredi. La plupart se sont parés de violet, la couleur du mouvement.

      « Suissesses en colère », écrit « 24 heures » en une. Le quotidien vaudois illustre sa première page avec le dessin d’une femme en violet sur fond jaune, poing dressé en l’air. Plus sobre, la « Tribune de Genève » titre « Une journée de grève pour exiger l’égalité » avec la photo de manifestantes vêtues en violet.

      « 20 Minutes » titre « Hall of femmes » en référence à l’expression anglophone « Hall of fame », temple de la renommée en français. Du côté de Neuchâtel, « Arcinfo » propose la photo d’une foule de femmes en première page avec le titre « Respect ».

      Le « Journal du Jura » opte lui pour un dessin de presse humoristique, montrant une mère en train d’accoucher à 15h24, heure symbolique à laquelle les femmes ne sont plus payées par rapport aux hommes. « L’étoffe des héroïnes » lance quant à lui le « Quotidien jurassien ».

      Un dessin orne également la une de « La Liberté », celui d’une femme en gants de boxe. « Pour que la lutte porte ses fruits », titre le journal fribourgeois. « Grève féministe Jour G », renchérit Le Courrier, qui a abandonné sa traditionnelle couleur rouge pour le violet.

      « Le Temps » montre un dessin où plusieurs hommes sont représentés, mais aucune femme. « Un genre vous manque, et tout un journal est dépeuplé », titre le quotidien. Son édition de vendredi est parsemée de cases blanches, là où une journaliste devait écrire un article.

      https://www.tdg.ch/suisse/suisse-romandejournaux-romands-mettent-violet/story/25605124

    • En Suisse, les femmes appelées à la grève pour dénoncer les inégalités

      Les organisateurs souhaitent mettre en lumière les différences salariales, mais aussi insister sur la reconnaissance du travail domestique et dénoncer les violences contre les femmes.


      https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/14/en-suisse-les-femmes-appelees-a-la-greve-pour-denoncer-les-inegalites_547605

    • Why Swiss women are back on strike today

      On June 14, 1991, half a million women in Switzerland joined the first women’s strike. Now, nearly 30 years later, they’re mobilising again.

      Many people in Switzerland were taken by surprise on that spring day in 1991. The idea came from a small group of women watchmakers in the Vaud and Jura regions. Organised by trade unionist Christiane Brunner, it became one of the biggest political demonstrations in Swiss history.

      About 500,000 women throughout the country joined in the women’s strike through various types of actions. They called for equal pay for equal work, equality under social insurance law, and for the end of discrimination and sexual harassment.
      Why 1991?

      The choice of date was not arbitrary: on June 14 a decade prior, Swiss voters had approved a new article in the constitution on equality of the sexesexternal link. But the principle laid down in the constitution had not been translated into concrete legislation. The gap between men’s and women’s pay was still glaring.

      The 1991 strike was also intended to mark the 20th anniversary of women getting the vote at the federal level, a goal achieved very late in Switzerland compared to all other countries in Europe and most of the world.
      Why a strike?

      The idea of presenting the mobilisation of 1991 as a strike at first struggled to find acceptance. “At the outset, the Swiss trade union congress was not enthusiastic,” recalls historian Elisabeth Joris, who specialises in women’s and gender history in Switzerland. “The word was going round: ‘This is a day of action, not a strike’, because the very notion of a strike was linked to paid work, while women worked in very varied settings and often not for a paycheque.”

      On the other hand, talking in terms of a strike took on a highly political significance. “Every social movement takes place in a historical context, it is linked to other events,” notes Joris. Declaring a nationwide political strike meant appealing to the precedent of the other great nationwide political strike in Swiss history: the general strike of 1918, which included women’s suffrage among its demands, and in which women played an important role.

      “Women were borrowing a tradition from the workers’ movement, but gave it a wider meaning, transforming and adapting it to the needs of the feminist movement,” explains Joris. The idea of a women’s strike was not new, either. In 1975 there was such a strike in Iceland, to mark International Women’s Year. Even the choice of March 8 as International Women’s Day commemorates the strike by New York garment workers in 1909 and 1910.

      A different kind of strike

      The 1991 strike movement had many obstacles to overcome. In the economic and political world, there was much opposition. At the time, Senate President Max Affolter urged women not to get involved in it and risk “forfeiting men’s goodwill towards their aspirations”.

      On the other hand, the varied working environment of women, often outside the realm of paid work, did not lend itself to traditional forms of mobilisation. “The 1991 women’s strike involved a wide range of actions,” points out Elisabeth Joris. “This was able to happen because the strike was organised on a decentralised basis, unlike traditional strikes.”
      Snowballs for politicians

      Even if its historical significance was not recognised at the outset, the 1991 strike had a decisive impact on progress regarding equality of the sexes and the struggle against discrimination in Switzerland. The newfound strength of the women’s movement showed itself in 1993, when the right-wing majority in parliament declined to elect the Social Democratic Party candidate Christiane Brunner to a seat in the Federal Council, preferring a man.

      “The majority in parliament thought it could do the same thing it had done ten years before with Lilian Uchtenhagen [another Social Democrat who failed to win the election]”, notes Joris. “But Christiane Brunner was the women’s strike. The reaction was immediate. A few hours later, the square in front of parliament was full of demonstrators. Some parliamentarians found themselves pelted with snowballs.”

      Francis Matthey, the candidate elected to the Swiss executive branch, came under such pressure from his own party as well as demonstrators that he felt obliged to resign. A week later Ruth Dreifuss was elected in his place. “Since that time, the idea of there being no women in cabinet is just not acceptable.”

      In 1996, legislation was brought in to ensure the equality of the sexes, which had been one of the demands of the strike. In 2002, Swiss voters approved legislation legalising abortion. In 2004, the article in the constitution on maternity leave, which had been in the constitution since 1945, was finally implemented in a piece of enabling legislation.
      ‘A new generation that favours feminism’

      And yet, in spite of the victories of the women’s movement, equality remains a burning issue. Pay gaps between women and men remain considerable. The #metoo movement has brought to the fore – like never before – the issue of sexual harassment and discrimination based on a person’s gender or sexual orientation.

      “Already around the 20th anniversary there was talk of another women’s strike, but the idea didn’t take hold,” notes Elisabeth Joris. “To succeed, a movement needs an emotional energy to it. This energy has now accumulated. There is a huge generation of young women in their 20s and 30s that favours feminism.”

      “In 2019, we are still looking for equality, and realise that there has to be a lot more than this – the culture of sexism is part of everyday life in Switzerland, it’s invisible, and we are so used to getting along that we hardly notice it is there,” says Clara Almeida Lozar, 20, who belongs to the collective organising the women’s strike at the Swiss Federal Institute of Technology Lausanne.

      https://www.swissinfo.ch/eng/feminism_why-swiss-women-are-back-on-strike-today/45025458


  • Mossoul après la guerre, RTS

    https://www.rts.ch/play/tv/histoire-vivante/video/mossoul-apres-la-guerre?id=10446386

    Les combattants de l’Etat Islamique ont été chassés de Mossoul le 9 juillet 2017 par les forces irakiennes. Ils ont contrôlé la deuxième ville du pays durant 3 ans. Comment reconstruire aujourd’hui cette cité totalement dévastée par des mois de combats ? Entre laxisme des autorités irakiennes et hésitations de la communauté internationale, le défi est énorme et crucial pour rebâtir un vivre-ensemble.

    Histoire Vivante s’est entretenu avec la réalisatrice Anne Poiret toute la semaine :

    https://www.rts.ch/play/radio/emission/histoire-vivante?id=1950967

    (5 épisodes de 30mn)


  • La « zone de la mort » de l’Everest n’a jamais aussi bien porté son nom jfe avec ats - 25 Mars 2019 - RTS *
    https://www.rts.ch/info/monde/10458051-la-zone-de-la-mort-de-l-everest-n-a-jamais-aussi-bien-porte-son-nom.htm

    La haute saison bat actuellement son plein sur l’Everest, au point que des bouchons d’alpinistes se forment à 8848 mètres, où l’oxygène se raréfie. Six personnes y ont péri cette semaine, portant à dix le nombre de morts cette saison sur le toit du monde.

    Des photos impressionnantes montraient ces derniers jours une longue queue d’alpinistes emmitouflés piétinant en crampons les uns derrière les autres sur l’arête située entre la cime et le col Sud, où se trouve l’ultime campement du versant népalais. À la date de jeudi, environ 550 grimpeurs étaient parvenus en haut de l’Everest cette année, selon des données collectées par les autorités népalaises.

    Un jeune Indien de 27 ans y a trouvé la mort sur le chemin du retour. « Il était coincé dans l’embouteillage depuis plus de douze heures et était épuisé. Des guides sherpas l’ont ramené au camp 4 mais il a rendu son dernier souffle là-bas », a relaté Keshav Paudel de l’agence Peak Promotion.

    Trop de permis en cette période favorable
    Selon les experts, cet encombrement est dû en partie à la multiplication de permis délivrés, mais pas uniquement. En effet, entre avril et mai, la météo est particulièrement favorable à l’ascension de la montagne mythique.

    « Il faut comprendre que là-bas, tous les prétendants se retrouvent à peu près les mêmes jours, car ce sont les fenêtres météo qui vont permettre ou non d’accéder au sommet. Avec les téléphones satellites, les prévisions sont très fiables et par conséquent, les alpinistes vont se retrouver le même jour, voire les mêmes heures sur les pentes de l’Everest », explique le guide de montagne François Damilano, qui a escaladé la montagne en 2014, dans Forum.

    Altitude extrême pour l’organisme
    A cette altitude extrême, l’oxygène se fait plus rare dans l’atmosphère et les sportifs doivent généralement recourir à des bouteilles d’oxygène pour parvenir au bout de leur ascension. Une altitude supérieure à 8000 mètres au-dessus du niveau de la mer est considérée comme la « zone de la mort ».

    Rester longtemps dans cette zone « augmente les risques de gelures, de mal des montagnes et même de mort », a expliqué à l’AFP Ang Tsering Sherpa, ex-président de l’Association d’alpinisme du Népal. L’an dernier, cinq personnes avaient perdu la vie sur l’Everest.

    11’000 dollars le permis
    La libéralisation de l’ascension par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé le développement d’expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois.

    Cette année, le Népal a émis pour la saison de printemps le nombre record de 381 permis, au prix unitaire de 11’000 dollars, selon les dernières données disponibles. Chaque titulaire d’un permis étant accompagné d’un guide, cela signifie qu’environ 750 personnes s’élanceront sur la même voie en quelques semaines.

    Au total, le nombre d’alpinistes sur l’Everest pourrait cette année dépasser le record de l’an dernier qui avait vu 807 personnes atteindre le sommet. « L’Everest, comme beaucoup de lieux emblématiques de part le monde, attire de plus en plus de gens », confirme François Damilano.

    « Avec si peu d’opportunités (météo) et tant de permis (...) il est impossible de faire passer tant de gens à travers les goulets d’étranglement notoires des deux côtés », a estimé le blogueur Alan Arnette, réputé pour sa couverture de l’alpinisme.


  • UBS ne rémunérera plus les comptes d’épargne à partir du 1er juin Andrea Gringeri/lan - 22 Mai - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10453224-ubs-ne-remunerera-plus-les-comptes-d-epargne-a-partir-du-1er-juin.html

    La plus grande banque de Suisse ne rémunérera bientôt plus les comptes d’épargne des adultes. A partir du 1er juin, UBS appliquera un taux zéro, comme celui déjà en vigueur pour les comptes courants.
    UBS est la première grande banque suisse à supprimer complètement l’intérêt sur l’épargne. « Les taux d’intérêts très bas voire négatifs forcent les banques à payer des taux d’intérêt nuls sur les dépôts des clients. Nous supposons que cette situation de faibles taux d’intérêt va se poursuivre », indique la banque dans un communiqué.

    La décision de ne plus rémunérer l’épargne ne surprend pas Andreas Dietrich, économiste et professeur à la Haute école de Lucerne, interrogé mercredi dans le 12h45 : "Les intérêts sont déjà quasiment inexistants, pour les clients privés, ça représente à peine l’équivalent d’un café par année. C’est une mesure symbolique de ne plus rien payer."

    La décision d’UBS pourrait faire des émules. Les sommes en jeu ne sont pas négligeables : les Suisses possèdent environ 1800 milliards de francs sur leurs compte épargne.

    #finance #banques #économie #dette #crise #capitalisme


  • Quelque 60’000 internés administratifs en Suisse jusqu’en 1981 Stéphanie Jaquet et l’ats - 19 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10443579-quelque-60-000-internes-administratifs-en-suisse-jusqu-en-1981.html

    C’est l’estimation d’une commission indépendante d’experts, qui publie lundi les cinq premiers livres issus de quatre ans de recherche. Le Matin Dimanche et la NZZ am Sonntag s’en font l’écho.

    https://www.youtube.com/watch?v=0I8KJDE2b-E

    Des innocents privés de liberté au seul motif que ces personnes étaient pauvres, alcooliques, mères illégitimes, rebelles, mendiantes, homosexuelles, réfugiées ou jugées trop fainéantes. Ce chiffre de 60’000 victimes pour le XXe siècle est une estimation prudente.

    Travail forcé, stérilisation, prison, violences sexuelles
    Certaines ont été enfermées dans des établissements pénitentiaires, d’autres contraintes au travail forcé, au mariage et parfois à la stérilisation. Presque toutes les femmes internées ont subi des violences sexuelles.

    Selon le rapport, 648 institutions ont participé à ces internements : il a fallu établir une topographie des établissements https://www.uek-administrative-versorgungen.ch/interactivereport/fr répartis dans le pays. Le phénomène était de grande « ampleur », note Markus Notter, le président de la Commission indépendante d’experts « internements administratifs » (CIE) : « La manière dont l’Etat a traité ces personnes va au-delà de ce qu’on pensait jusqu’à présent », explique-t-il au Matin Dimanche. « On doit se demander comment cela a été possible et pourquoi il n’y a pas eu davantage de résistance », ajoute-t-il.

    Les cinq premiers volumes scientifiques seront publiés dès lundi ; trois autres paraîtront en juillet et la CIE livrera ses recommandations en septembre. Une exposition itinérante nommée « Exclus & Enfermés », accompagnée d’un site internet comportant nombre d’archives, permet de se plonger de manière approfondie dans les contenus de la Commission indépendante.

    Le passé sombre de la Suisse
    L’internement administratif https://www.notrehistoire.ch/medias/65360 ne constitue qu’une partie du passé sombre de la Suisse. Des enfants ont aussi été placés dans des foyers ou ont dû travailler dans des fermes jusqu’en 1981.

     #darwinisme_social #domination #internement_administratf #différence #hospices_de_pauvres #maisons_de_travail

    • L’étude de squelettes jette la lumière sur les victimes de placements forcés Alain Arnaud/gma - 15 Mai 2019 - RTS
      https://www.rts.ch/info/regions/autres-cantons/10431990-l-etude-de-squelettes-jette-la-lumiere-sur-les-victimes-de-placements-f

      Les victimes de placements forcés dans le canton des Grisons souffraient de maltraitance, selon l’étude de nombreux squelettes par des chercheurs. Plus de 100 tombes ont ainsi été excavées du centre de correction cantonal Realta à Cazis.


      Toilette pour des enfants de l’« Institut de sauvetage pour la jeunesse abandonnée et négligée » du château de Kasteln (AG) en 1941. Image : Keystone

      Les chercheurs ont profité de la construction d’un nouveau bâtiment pénitentiaire pour excaver les 103 tombes. Des centaines de pensionnaires internés depuis le milieu du XIXe siècle y sont enterrés. S’ils s’y trouvaient, c’est parce qu’ils passaient pour débauchés, réfractaires au travail, fous ou simplement s’écartant de la norme.

      Les nouvelles analyses révèlent que certains y étaient aussi pour raisons de santé, notamment pour la syphilis congénitale ou des maladies génétiques. Elles indiquent surtout que les conditions de vie y étaient rudes, et que l’état physique des internés s’y détériorait rapidement.

      Côtes cassées
      Beaucoup de pensionnaires ont contracté la tuberculose. Le nombre "extrêmement élevé" de côtes cassées révèle par ailleurs les mauvais traitements qui y étaient légion.

      Les Grisons comptent plusieurs milliers de victimes de placements forcés, un monument en leur mémoire leur rend hommage depuis peu sur les hauts de Coire. En Suisse, les estimations font état de 50’000 à 60’000 victimes des mesures de coercition à des fins d’assistance. La pratique n’a cessé qu’au début des années 1980.
      #violence_institutionnelle


  • L’achat de drones israéliens a rapporté 41 millions aux entreprises suisses Marc Menichini - Vincent Cherpillod - 17 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10441176-l-achat-de-drones-israeliens-a-rapporte-41-millions-aux-entreprises-sui

    Après l’interpellation déposée en mars dernier par le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE), le Conseil fédéral a décidé de lever un petit coin de voile sur les affaires compensatoires liées à l’achat, en 2015, de six drones militaires israéliens pour 250 millions.

    A l’époque, obligation avait été faite au fabricant de ces appareils, l’entreprise Elbit Systems, de compenser cet achat par 210 millions de francs de commandes auprès d’entreprises suisses, soit 84% de la facture totale. Ces « affaires compensatoires », une pratique courante dans le domaine des achats militaires, ont fait l’objet de plusieurs interpellations au Parlement, que ce soit dans le dossier du Gripen suédois ou dans celui des drones israéliens.

    La commande de ces drones avait, à l’époque, suscité la polémique. Des élus fédéraux s’étaient en effet inquiétés de savoir avec quelles entreprises suisses la société d’armement Elbit Systems allait collaborer, ou encore quel genre de technologie l’industrie helvétique allait partager avec cette entreprise qui fournit, notamment, du matériel de guerre à l’armée israélienne.
    Seuls 41 millions sur 210 ont été compensés

    Sur les 210 millions qu’Elbit Systems doit investir en Suisse d’ici 2026, seuls 41 millions l’ont été à ce jour. Vingt et une entreprises suisses ont signé des contrats. Parmi elles, quatre se trouvent en Suisse romande. Montant des transactions en leur faveur : 3,3 millions de francs, soit seulement 8% du montant déjà dépensé (lire encadré ci-dessous). Le Conseil fédéral ne donne pas le nom de ces 21 sociétés. L’identité de celles qui signeront à l’avenir de nouveaux contrats avec Elbit Systems devrait toutefois être rendue publique, suite à un changement de procédure. 

    A la question de savoir sur quel type de collaboration portent les contrats actuels, le Conseil fédéral évoque le secteur des machines, de l’électronique, de l’optique, de l’aéronautique et de l’informatique, sans plus de précisions.

    #drones #israel #commissions #pots_de_vins #corruption #suisse

    • Informations classifiées
      Depuis maintenant plusieurs semaines, la RTS cherche a en savoir davantage, et notamment à obtenir des documents sur ces affaires compensatoires auprès d’armasuisse, l’Office fédéral de l’armement, en s’appuyant sur la loi sur la transparence. Une procédure est en cours, car armasuisse refuse de répondre précisément aux questions, en invoquant le risque de compromettre les intérêts de la Suisse en matière de politique extérieure.

      Armasuisse ajoute que les informations demandées sont classifiées et protégées, depuis 2012, par un accord signé entre la Suisse et Israël, qui porte sur des projets militaires et de défense.

      Ne pas se mettre Israël à dos
      Une autre raison pourrait expliquer l’opacité, ou du moins l’extrême prudence, de la Suisse quant aux détails de ces affaires compensatoires : le fait qu’Elbit Systems soit aussi sur les rangs, parmi d’autres entreprises, pour le renouvellement des moyens de communication de l’armée. Sa candidature a été confirmée par armasuisse. Nom de code de ce projet : Fitania, un projet ultrasensible devisé à plusieurs centaines de millions de francs.

      Selon un bon connaisseur du dossier, le moment est mal choisi pour fâcher la compagnie israélienne. En clair, pour le bien des intérêts économiques et diplomatiques de la Suisse, la mission, ces jours, est de ne pas se mettre à dos le complexe militaro-industriel israélien.


  • Les météorologues inquiets des conséquences de la 5G Laurent Burkhalter - Jérémie Favre - 15 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/10435787-les-meteorologues-inquiets-des-consequences-de-la-5g.html

    Chaque année, une centaine de cyclones, d’ouragans et de typhons s’abattent sur le globe terrestre. Premiers remparts pour organiser les évacuations, les prévisions météo pourraient être perturbées par la 5G.
    Pour prévenir ces événements, modéliser leur trajectoire, et le cas échéant organiser les évacuations de population, les chercheurs utilisent des instruments de mesures de fréquences particulièrement sensibles pour évaluer l’énergie émise naturellement par la planète à des niveaux très faibles.

    Au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme de Reading, en Angleterre, un partenaire de MétéoSuisse, l’inquiétude est de mise. Car la technologie 5G représente potentiellement une menace.

    « Nous mesurons plusieurs fréquences qui ont des propriétés particulières. Par exemple, la vapeur d’eau émet un signal d’environ 24 gigahertz. Très proche de l’une des fréquences qui pourraient être utilisées par la 5G », explique le météorologue Stephen English, mercredi dans le 19h30. En conséquence, ce signal d’information extrêmement important observé depuis l’espace pourrait se retrouver brouillé.

    « Sauver des centaines de milliers de vies »
    Une cinquantaine de satellites météorologiques circulent autour de la Terre. Ils livrent des informations précieuses pour les prévisions météo. Si ces données devaient être corrompues, les conséquences pourraient être désastreuses.

    « Grâce aux informations détectées par les satellites, nous pouvons donner des alertes d’ouragans cinq à dix jours à l’avance. Sans ces données, nous n’aurions rien pu détecter dans le cas de l’ouragan Irma par exemple, ni donner l’alerte. Avec ces informations vous pouvez dire qu’on sauve des dizaines, ci ce n’est des centaines de milliers de vies chaque année », souligne Tony McNally, lui aussi météorologue à Reading.

    Rien contre la 5G
    Les scientifiques ne s’opposent pas fondamentalement à la 5G, mais ils demandent urgemment à plusieurs gouvernements, notamment celui des Etats-Unis, de protéger les fréquences critiques. Ni l’industrie ni le régulateur international n’ont souhaité s’exprimer à ce propos.

    Collaborateur scientifique chez Météosuisse pour la protection des radiofréquences, Maxime Hervo souligne que la même interrogation se pose pour la Suisse, « puisque c’est un phénomène global. » Mais le problème ne concerne pas la 5G telle qu’on la voit actuellement, souligne-t-il.

    Fréquences différentes en Suisse
    Collaborateur scientifique chez Météosuisse pour la protection des radiofréquences, Maxime Hervo souligne dans le 19h30 que la même interrogation se pose pour la Suisse, « puisque c’est un phénomène global. » Mais le problème ne concerne pas la 5G telle qu’on la voit aujourd’hui, souligne-t-il.

    Les fréquences actuelles sont différentes en Suisse et il n’y a pas de problème aujourd’hui sur ce plan-là. Mais « c’est une question qui va se poser au mois d’octobre lors d’une conférence internationale qui devra décider de ce sujet », précise le scientifique. Il s’agira concrètement de choisir les bonnes fréquences, pour la 5G, afin qu’elles ne perturbent pas les autres services comme les satellites météo notamment.

    #5G #nécrotechnologies #actualités_high-tech


  • Suisse : Migros investit dans un producteur israélien de viande synthétique ats/pym - 15 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10434570-migros-investit-dans-un-producteur-israelien-de-viande-synthetique.html

    Le géant de la distribution Migros a investi dans une entreprise israélienne spécialisée dans la viande synthétique, Aleph Farms, qui produit de la viande en recourant à des cultures cellulaires, obtenues à partir de prélèvements sur des vaches vivantes.

    Le processus ne requiert pas d’antibiotiques, ne pollue pas l’environnement et permet d’éviter l’élevage animal, affirme Migros. La société coopérative, par le biais de sa filiale M-Industrie, a participé à une ronde de financement, sans toutefois préciser le montant injecté dans Aleph Farms.

    Le géant orange parle de « technologie porteuse », « permettant de produire de la viande en préservant les ressources » et apportant une alternative « attrayante » à la viande conventionnelle et les produits végétaux.

    Les compétences de Micarna
    Par cet investissement, M-Industrie apporte également les compétences de son spécialiste de la transformation de la viande, Micarna, précise le communiqué de Migros.

    Aleph Farms a été fondé par le groupe agroalimentaire israélien Strauss Group et par Technion, une université technique israélienne.

    M-Industrie regroupe 23 entreprises en Suisse et neuf à l’étranger. La société emploie 14’000 personnes.

    #Aleph_Farms #Strauss_Grou #Technion #végan #biotechnologies #véganisation de la droite #antispécisme #vegan-washing #SuperMeat futurs #Monsanto #Bayer de l’#agriculture
    #vibe_israël #végétalisme #tsahal n’oublions pas la #Palestine , où la viande des palestiniens ne coute rien.


  • Le certificat médical envoyé par WhatsApp est contesté Jean-Marc Heuberger, Noémie Guignard, Cynthia Gani/boi - 14 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/10433116-le-certificat-medical-envoye-par-whatsapp-est-conteste.html

    Il est désormais possible de se faire délivrer un certificat médical via WhatsApp en Suisse. Si ce service est pratique pour les patients, qui ne doivent pas se déplacer chez le médecin pour des maladies bénignes, sa fiabilité est toutefois controversée.

    Il suffit de répondre à quelques questions sur le site allemand Au-Schein et quelques heures plus tard le patient reçoit un certificat pour un arrêt maladie de maximum trois jours sur sa messagerie WhatsApp. Le tout pour 11 francs.

    Selon le fondateur de Au-Schein Can Ansay, le site allemand reçoit déjà trois demandes de patients suisses chaque jour. Pour l’instant, le certificat n’est délivré que pour les refroidissements, mais devrait être étendu aux grippes intestinales et au mal de dos à l’avenir. Le site ne devrait être traduit en français qu’à l’automne.

    « La consultation par écrit ne suffit pas »
    Alors que la télémédecine se développe depuis une quinzaine d’années en Suisse, cette nouvelle forme de diagnostics à distance est vue d’un oeil sceptique par les milieux médicaux helvétiques.

    La start-up concurrente bernoise eedoctors, qui propose des consultations médicales par vidéo-conférence sur son smartphone, estime qu’un contact par écrit ne suffit pas à assurer la fiabilité d’un diagnostic à distance.

    « Par vidéo, on peut voir le patient. C’est vraiment important que le médecin ait une perception du patient, de voir où il en est et comment est son état », indique Pascal Fraenkler, directeur de eedoctors, mardi dans le 19h30.

    Certificats « inacceptables » pour les employeurs
    Côté employeurs, on n’est pas prêt à accepter de tels certificats : « Déclarer qu’un employé qui consulte sous cette forme-là est incapable de travailler, c’est inacceptable du point de vue du droit du travail », juge Olivia Guyot Unger, du service juridique de la section genevoise de la Fédération des entreprises romandes. Celle-ci souligne que WhatsApp n’offre par ailleurs pas toutes les garanties nécessaires concernant la protection des données médicales.

    Ces critiques sont rejetées par le fondateur de Au-Schein. Can Ansay assure qu’un médecin reconnu se penche sur chaque cas avant d’établir le certificat. Et que les quelque 5000 certificats déjà délivrés en Allemagne ont été acceptés par les employeurs.

    #Allemagne #Suisse #whatsapp #Santé #médecine #médecins  #données    #profiling   #bigdata   #internet

    • Suisse : Les règles en matière de certificats médicaux
      La loi ne précise pas à partir de combien de jours de maladie les entreprises peuvent exiger un certificat médical.

      Les sociétés suisses sont de plus en plus nombreuses à exiger un certificat dès le premier jour d’absence pour freiner d’éventuels abus. D’autres employeurs attendent cinq jours ou plus, mais la norme en Suisse est plutôt de trois jours.

      Le médecin qui établit un certificat médical engage sa responsabilité. Si elle a un doute, l’entreprise peut faire appel à son médecin conseil. Et s’il s’avère qu’il s’agit d’un certificat de complaisance, l’employeur et l’assureur peuvent agir pénalement et civilement contre le médecin.

      Le document doit respecter le secret médical, donc il ne doit pas contenir de diagnostic.


  • L’héritière des biscuits Bahlsen, en Allemagne, dérape sur l’époque nazie afp/pym - 14 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/monde/10432748-l-heritiere-des-biscuits-bahlsen-en-allemagne-derape-sur-l-epoque-nazie

    Le fabricant de biscuits et gâteaux allemand Bahlsen se retrouve au milieu d’une vive controverse après des déclarations de sa jeune héritière minimisant les souffrances des travailleurs forcés dans l’entreprise à l’époque nazie.
    « Tout cela s’est passé avant mon époque et nous avons payé les travailleurs forcés comme les Allemands, nous les avons bien traités », a déclaré Verena Bahlsen au quotidien Bild, avant d’ajouter : « Bahlsen n’a rien à se reprocher ».

    Les condamnations sur les réseaux sociaux ont fait florès après ces propos.

    Appel au boycott
    Une pétition a même été lancée pour appeler au boycott des biscuits du groupe, qui génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 500 millions d’euros et emploie près de 3000 personnes. Ses promoteurs accusent l’entreprise d’avoir « tiré une partie de sa richesse des esclaves du travail nazi ».

    L’entreprise fut fondée par l’arrière-grand-père de Verena Bahlsen, Hermann Bahlsen, à la fin du 19ème siècle. Durant la Deuxième guerre mondiale, elle employa environ 200 travailleurs forcés, originaires pour la plupart de territoires occupés par l’Allemagne nazie, afin de produire des rations alimentaires pour l’armée allemande.

    #bourgeoisie #histoire #capitalisme #domination #Bahlsen #exploitation #travail_forcé #nazisme


  • Short Stories, 13e volume | Le Labo
    https://www.rts.ch/play/radio/le-labo/audio/short-stories-13e-volume?id=10381108

    Trois histoires, trois formes de créations :

    1.Votez GAFA. Les dernières grandes campagnes électorales se sont déplacées vers les réseaux sociaux. Des chercheurs analysent les risques de manipulation et l’ampleur de cette dérive peu démocratique.

    2. Une voix dans lʹouragan. La voix de lʹouragan est une partition. Comme de nombreux textes de Jacques Roman, cʹest un texte fait pour la lecture à haute voix. Voix sujet, voix poème, voix aimée, voix emportée. Le texte est lu deux fois. - 3. Les maisons molles. Un homme dérive dans son fragile paradis estival : un village de cabanons fichés de guingois dans le sable, entre les vagues et le marais camarguais. Durée : 56 min. Source : Espace 2, (...)

    https://rtsww-a-d.rts.ch/espace-2/programmes/le-labo/2019/le-labo_20190505_full_le-labo_e332c242-ab96-4b2e-95c4-8498a84a2481-128


  • Les revenus toujours plus inégaux au sein des pays de l’Union européenne agences/oang - 12 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/economie/10426688-les-revenus-toujours-plus-inegaux-au-sein-des-pays-de-l-union-europeenn

    Les inégalités de revenus ont augmenté ces dernières décennies au sein de l’UE, selon les dernières statistiques européennes. Ce sont les pays de l’ancien bloc de l’Est qui sont le plus touchés.
    Cette conclusion est tirée, sur la base des données pour 2017, par l’office de statistique de l’Union européenne (Eurostat). Ce dernier mesure, pour chaque pays, les inégalités de revenus sur une échelle entre 0 et 100 (coefficient de Gini).

    La Bulgarie en tête de liste
    En Bulgarie, pays le plus inégalitaire, ce coefficient culmine à 40 - soit bien au-dessus de la moyenne européenne de 31. Les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), les quatre principaux pays du Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie), la Roumanie et le Royaume-Uni complètent ce top 10 des pays de l’UE.

    L’Allemagne, la France et la Pologne sont, quant à elles, légèrement moins inégalitaires que la moyenne. La Slovaquie (avec un indice de 23), la Slovénie et la République tchèque sont les plus égalitaires, suivis par les pays nordiques (Suède, Danemark, Finlande), la Belgique, les Pays-Bas et l’Autriche.

    Le revenu des plus riches augmente plus vite
    Entre 1980 et 2017, le revenu moyen des 1% les plus riches - au sein de l’UE - a crû « deux fois plus vite » que celui des 50% les plus pauvres, selon une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales (WIL) publiée en avril.

    L’organisme l’explique par des politiques européennes qui « peinent à promouvoir une croissance plus inclusive », car elles sont « focalisées sur la réduction des inégalités entre Etats-membres », délaissant les « inégalités à l’intérieur des pays ».

    La difficile transition entre socialisme et capitalisme
    C’est à l’Est que les inégalités ont, en moyenne, le plus augmenté. Les écarts de revenus y ont explosé pendant la « transition du socialisme au capitalisme » dans les années 1990, les privatisations bénéficiant à une « élite restreinte », selon le WIL.
    Région la plus égalitaire du continent en 1980, l’Europe de l’Est atteint aujourd’hui les niveaux d’inégalité de l’Ouest et du Sud.

    #UE #union_européenne #ruissellement de la #pauvreté #inégalités #économie #précarité #europe

    • Chiffres alarmants sur la pauvreté extrême
      Un total de 6,2% de la population de l’Union européenne est touchée par la pauvreté extrême, selon d’autres chiffres publiés la semaine dernière par Eurostat et portant sur l’année 2015.

      Avec 1,5% (2015), la Suisse se situe nettement en-dessous de la moyenne. Seuls la Suède et le Luxembourg comptent encore moins de nécessiteux.

      La Bulgarie, là aussi, ferme la marche : un habitant sur cinq y est touché. En Roumanie et en Grèce aussi, beaucoup ne mangent pas à leur faim. Dans ces deux pays, une personne sur six remplit les critères de l’UE concernant la grande pauvreté.

      Neuf indicateurs
      Selon l’Office européen des statistiques, une personne est dans cette situation si au moins quatre de ces neuf indicateurs s’appliquent :

      Impossibilité de régler le loyer ou les factures, de chauffer convenablement le domicile, de faire face à des dépenses imprévues, de consommer de la viande, du poisson ou un équivalent protéiné tous les deux jours, de partir en vacances hors du domicile une semaine par an, d’acheter une voiture, une machine à laver le linge, une télévision ou de payer une connexion téléphonique.


  • LE #CANNABIS 4/5 - La fin du consensus - Radio - Play RTS
    https://www.rts.ch/play/radio/vacarme/audio/le-cannabis-45-la-fin-du-consensus?id=10388250

    Une fois par année se tient à Vienne la Conférence de lʹ#ONU sur les #drogues. Lors de la dernière session, en mars, lʹambiance était particulièrement tendue. Car la récente légalisation du cannabis au Canada a durci les fronts entre les pays ouverts à une régulation et ceux qui prônent une répression sévère. Les milieux de la prévention suisses étaient présents pour faire avancer lʹidée dʹune nouvelle approche des drogues. Tout comme les pays latino-américains, affectés par le trafic de drogue et dont beaucoup veulent aussi changer de paradigme.


  • Attendre dans un foyer dʹ#aide_dʹurgence

    Quelle est la vie des personnes logées dans des foyers dʹaide dʹurgence ? Dès 2008, lʹextension de la suppression de lʹ#aide_sociale à toutes les personnes déboutées du droit dʹasile sʹest matérialisée par lʹouverture de #centres_dʹaide_dʹurgence, où seul le #minimum_vital est délivré et les personnes nʹayant pas suivi lʹordre de quitter le territoire y sont soumises à un #contrôle quotidien. A partir dʹune approche ethnographique, #Giada_de_Coulon a enquêté dans lʹun de ces centres où des femmes et des hommes sont immobilisés des années entières, conservant lʹ#espoir dʹêtre un jour régularisés. Elle montre ainsi comment la vie de ces personnes prend forme au cœur dʹun appareil administratif qui a comme raison dʹêtre leur #disparition du territoire suisse.
    Entretien avec Giada de Coulon, docteur en anthropologie de lʹUniversité de Neuchâtel.

    https://www.rts.ch/play/radio/versus-lire-et-penser/audio/attendre-dans-un-foyer-daide-durgence?id=10369100
    #déboutés #asile #migrations #réfugiés #Suisse #hébergement #régularisation #expulsions #renvois #surveillance


  • Des épreuves cantonales jugées trop stressantes pour les petits Vaudois Tania Barril - 7 Mai 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10411299-des-epreuves-cantonales-jugees-trop-stressantes-pour-les-petits-vaudois

    Les élèves vaudois sont-ils trop mis sous pression avec les épreuves cantonales de référence (ECR) qui débutent lundi ? C’est ce que pense un député écologiste qui va déposer un postulat pour « remettre en cause le poids et le rôle de ces épreuves ».

    Pour les élèves de 8ème, âgés de 12 ans, ces examens ont une importance particulière car ils compteront pour un tiers de leur moyenne dans les branches principales.

    Des tests que certains préparent des semaines en avance. Pour le député Vassilis Venizelos c’est trop ! Selon une information de la RTS, après avoir interpellé le Conseil d’Etat il va déposer un postulat sur le poids de ces examens.

    Un système critiqué
    Les ECR doivent servir de comparatif entre établissements. Ils sont devenus une course à la performance estime le député vert. « Je remets en cause le poids et le rôle de ces épreuves. On a des enseignants qui, dans les périodes d’accueil des parents, annoncent que l’objectif premier de l’année sera le passage des ECR. Ces épreuves génèrent souvent une source d’angoisse, une source de stress importante dans certains cas. On s’éloigne des objectifs premiers de l’école qui doivent être l’acquisition de compétences et l’apprentissage, plutôt que l’évaluation pour l’évaluation. »

    Le député dénonce également le business autour de ces examens. Nombreux sont les parents qui sollicitent cours privés et répétiteurs pour faire réviser leurs enfants. L’école vaudoise de cours privés futurplus confirme cette tendance. Elle enregistre depuis 2016 une hausse annuelle d’environ 20% d’élèves inscrits aux modules ECR.

    Mais pour le canton ces critiques sont à relativiser. Dans sa réponse à l’interpellation de Vassilis Venizelos, il rappelle que les ECR servent aussi bel et bien à évaluer les élèves. Et que les notes obtenues durant ces tests sont généralement équivalentes aux notes obtenues durant l’année, elles ne seraient donc pas des causes d’échec.

    Cliquez ici pour consulter une épreuve  : https://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/dgeo/fichiers_pdf/DP_ECR_MATH_EPREUVE_8P.pdf

    #obsession de l’#évaluation #business #épreuves #éducation #santé_psychique #surveillance #stress #Suisse #violence_institutionnelle


  • Les pathologies du smartphone

    L’influence du smartphone telle que décrite dans l’ouvrage de Bruno Patino a donné lieu à de nouveaux comportements, voire même à de nouvelles maladies, au sein de la population. En voici une liste non exhaustive.

    Athazagoraphobie : La peur d’être oublié ou ignoré par ses pairs. Cette dépendance affective est liée à l’envoi incessant de textos.

    Nomophobie : La peur de se retrouver sans téléphone portable. Cette contraction de « no mobile phone » et « phobia » décrit la panique que peuvent éprouver certaines personnes face à l’éloignement de leur appareil.

    Phubbing : L’acte d’ignorer des personnes physiquement présentes en regardant son téléphone plutôt que de communiquer avec elles. Le nom de ce phénomène est issu des mots « phone » et « snubbing » (repousser ou snober en français).

    Textonite : Une tendinite du pouce due aux gestes répétitifs des doigts lors de la rédaction de messages sur son smartphone.

    Vibration fantôme : La sensation de ressentir les vibrations du téléphone ou de l’entendre sonner alors que celui-ci est inactif.

    Zombiewalking : Marcher dans la rue tout en regardant son téléphone portable. Une pratique non sans risque pour les piétons.

    Extrait de : Notre capacité d’attention diminue fortement à cause des smartphones RTS
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/10414540-notre-capacite-d-attention-diminue-fortement-a-cause-des-smartphones.ht

    . . . . Les poissons rouges qui tournent en rond dans leur bocal ont une capacité d’attention de huit secondes. L’attention des humains, quant à elle, s’approche désormais de neuf secondes, selon une étude réalisée par Google et qui se base sur la génération des Millenials. Cette statistique inquiétante est le point de départ de l’auteur français dans son livre « La civilisation du poisson rouge : petit traité sur le marché de l’attention ».
    . . . . .

    Le temps moyen quotidien passé sur nos téléphones a doublé entre 2012 et 2016 : il est de 4h48 au Brésil, 3h en Chine, 2h37 aux Etats-Unis et 1h32 en France. Ce temps devrait encore doubler d’ici 2020, explique Bruno Patino dans son ouvrage publié mi-avril aux éditions Grasset.

    « Cette dépendance n’est pas le produit du hasard, mais de l’application, par un certain nombre de plateformes et d’outils, d’un modèle économique publicitaire. Ce modèle dépend donc du temps de cerveau disponible. Les outils sont connectés en permanence et il leur a fallu conquérir du temps que nous utilisions déjà pour autre chose. Pour mieux le faire, ils ont utilisé certains apports des neurosciences afin de nous rendre dépendants », révèle le journaliste.

    . . . . . .


  • Les abeilles se portent à merveille à Cuba, grâce à l’embargo américain Romane Frachon/oang - 27 Avril 2019 RTS _
    https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/10384093-les-abeilles-se-portent-a-merveille-a-cuba-grace-a-l-embargo-americain.

    Alors que la disparition des abeilles inquiète partout et notamment en Europe, elles se portent à merveille à Cuba. L’explication est à chercher notamment du côté de l’embargo américain, qui a empêché l’importation de pesticides.
    Des études ont confirmé ces dernières années les effets nocifs des néonicotinoïdes sur les populations d’abeilles, qui sont en net déclin notamment en Europe, menaçant du même coup la biodiversité. Ces insecticides dits « tueurs d’abeilles » sont montrés du doigt comme l’une des causes de la disparition des abeilles.

    Mais, contrairement à la situation sur le Vieux Continent, ces insectes se portent parfaitement bien à Cuba. L’île, qui a dû renoncer aux pesticides pour cause d’embargo américain et de chute du bloc soviétique dans les années nonante, est devenue le paradis de l’apiculture et compte aujourd’hui près de 200’000 ruches. Elle a ainsi produit plus de 10’000 tonnes de miel en 2018.

    Un concept général d’agroécologie
    Et il s’agit d’un miel parfaitement écologique (lire encadré). « Nous faisons de l’apiculture au sein du concept d’agroécologie », explique un apiculteur travaillant avec la coopération suisse dans l’émission Tout un monde. « Les néonicotinoïdes, les antibiotiques transgéniques, génèrent toute une atmosphère qui s’avère agressive pour l’abeille. Elle requiert et souhaite vivre dans une atmosphère propice, plus naturelle. Là bas [en Europe], elle est exposée à davantage de menaces écologiques, à plus de pollution. »

    Mais le renoncement aux pesticides n’est pas le seul facteur de bien-être des abeilles cubaines. « Il y a un facteur environnemental, et un facteur de gestion. L’organisation est très importante dans l’apiculture et Cuba a su mettre l’accent sur l’organisation dans le système apicole », souligne un apiculteur de la province d’Artemisa.

    Une politique étatique de protection des abeilles
    Car, contrairement à d’autres secteurs agricoles du pays, le miel peut être vendu à l’exportation. Cela permet de faire entrer des devises dans un pays sous embargo. L’entreprise d’Etat ApiCuba génère ainsi environ 20 millions de francs chaque année.

    Le pays a donc mis en place une véritable politique de protection des abeilles. « Le décret 176, émis par l’Etat, a pour objectif la protection de l’apiculture et de la fleur amaryllis (qui attire les abeilles). C’est notre stratégie de production », explique le directeur scientifique d’ApiCuba, organisme qui chapeaute tous les apiculteurs : « Augmenter le nombre de ruches, pour augmenter la production, en s’appuyant sur la reforestation. »

    Les apiculteurs cubains croisent des abeilles domestiques avec des abeilles africanisées résistantes au parasite Varroa, qui avait fait des ravages en Europe. Ils ont ainsi immunisé leurs colonies contre les menaces naturelles.

    Prévention sanitaire contre les maladies
    Et le service vétérinaire cubain est clairement préventif : « L’idée est de ne jamais arriver à l’étape de guérison, en réalisant un suivi constant de chaque bactérie qui pourrait apparaître », souligne encore Dayron Lopez d’ApiCuba. « L’abeille doit être nourrie les 365 jours de l’année avec des aliments à base de pollen et nectar de haute qualité, sans aucun résidu qui pourrait causer un problème de santé pour l’abeille. Une colonie bien nourrie est une colonie saine. Comme on dit ici : la santé entre par la bouche. »

    Reste que le miel cubain n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles : les ouragans se font de plus en plus réguliers sur l’île et le réchauffement climatique affecte chaque année les ruches.

    Un miel certifié écologique par l’UE
    Le miel cubain est certifié biologique par l’Union européenne et le premier pays importateur de miel cubain est l’Allemagne. La demande est du reste grandissante en Europe.

    « Ils utilisent notre miel comme matière première », explique la directrice commerciale d’ApiCuba Milia Concepcion. « Ils la mélangent à leur miel de basse qualité pour la consommation. »

    #abeilles #pesticides #agriculture #apiculture #environnement #miel #néonicotinoïdes #santé #monsanto #bayer #agrobusiness #toxiques #perturbateurs_endocriniens


  • La #Suisse renvoie à nouveau des réfugiés vers des #zones_de_guerre

    La Suisse a repris en mars dernier les renvois de réfugiés politiques vers des zones de guerre, indique dimanche le SonntagsBlick. Le journal se réfère à un document interne du Secrétariat d’Etat aux migrations.

    « Après une suspension de presque deux ans, le premier #rapatriement sous #escorte_policière a eu lieu en mars 2019 », est-il écrit dans le document publié par l’hebdomadaire alémanique.

    En novembre dernier, le Secrétariat d’Etat aux migrations (#SEM) a également expulsé un demandeur d’asile en #Somalie - une première depuis des années. Le SEM indique dans le même document que la Suisse figure parmi les pays européens les plus efficaces en matière d’exécution des expulsions : elle atteint une moyenne de 56% des requérants d’asile déboutés renvoyés dans leur pays d’origine, alors que ce taux est de 36% au sein de l’Union européenne.
    Retour des Erythréens encore « inacceptable »

    L’opération de contrôle des Erythréens admis provisoirement - lancée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga lorsqu’elle était encore en charge de la Justice - n’a pratiquement rien changé à leur situation, écrit par ailleurs la SonntagsZeitung : sur les 2400 dossiers examinés par le SEM, seuls quatorze ont abouti à un retrait du droit de rester. « Il y a plusieurs facteurs qui rendent un ordre de retour inacceptable », déclare un porte-parole du SEM dans le journal. Parmi eux, l’#intégration avancée des réfugiés en Suisse garantit le droit de rester, explique-t-il.

    Réfugiés « voyageurs » renvoyés

    La NZZ am Sonntag relate pour sa part que le SEM a retiré l’asile politique l’année dernière à 40 réfugiés reconnus, parce qu’ils avaient voyagé dans leur pays d’origine. La plupart d’entre eux venaient du #Vietnam. Il y a également eu quelques cas avec l’Erythrée et l’Irak. Les autorités suisses avaient été mises au courant de ces voyages par les #compagnies_aériennes, qui ont l’obligation de fournir des données sur leurs passagers.

    https://www.rts.ch/info/suisse/10381705-la-suisse-renvoie-a-nouveau-des-refugies-vers-des-zones-de-guerre.html
    #efficacité #renvois #expulsions #asile #migrations #réfugiés #guerres #machine_à_expulsions #statistiques #chiffres #UE #EU #Europe #Erythrée #réfugiés_érythréens #voyage_au_pays #machine_à_expulser

    • La Suisse bat des #records en matière de renvois

      La Suisse transfère nettement plus de personnes vers d’autres Etats-Dublin que ce qu’elle n’en reçoit. Parfois aussi vers des Etats dont la situation de sécurité est précaire, comme l’#Afghanistan et la #Somalie.

      La Suisse a renvoyé près de 57% des demandeurs d’asile. Dans l’Union européenne, cette valeur s’élève à 37%. Aucun autre pays n’a signé autant d’accord de réadmission que la Suisse, soit 66, a rappelé à Keystone-ATS Daniel Bach, porte-parole du SEM, revenant sur une information du SonntagsBlick. De plus, elle met en oeuvre de manière conséquente l’accord de Dublin, comme le montre un document de l’office, daté du 11 avril.

      Cet accord fonctionne très bien pour la Suisse, peut-on y lire. Elle transfère sensiblement plus de personnes vers d’autres Etats-Dublin que ce qu’elle n’en reçoit. Les renvois vers des Etats dont la situation de sécurité est précaire, comme l’Afghanistan et la Somalie, sont rares, précise le document. L’hebdomadaire alémanique en conclut que la Suisse renvoie « à nouveau vers des régions de guerre ». Ce que contredit le SEM.

      La Suisse s’efforce d’exécuter, individuellement, des renvois légaux vers ces pays, précise le document du SEM. Et de lister un vol extraordinaire vers l’Irak en 2017, un renvoi sous escorte policière vers la Somalie en 2018 et vers l’Afghanistan en mars 2019.

      L’Afghanistan n’est pas considéré entièrement comme zone de guerre. Certaines régions, comme la capitale Kaboul, sont considérées comme raisonnables pour un renvoi, d’autres non. Cette évaluation n’a pas changé, selon le porte-parole. La même chose vaut pour la Somalie. Le SEM enquête sur les dangers de persécution au cas par cas.

      La Suisse suit une double stratégie en matière de renvoi. Elle participe à la politique européenne et aux mesures et instruments communs d’une part. D’autre part, elle mise sur la collaboration bilatérale avec les différents pays de provenance, par exemple en concluant des accords de migration.

      https://www.letemps.ch/suisse/suisse-bat-records-matiere-renvois
      #renvois_Dublin #Dublin #accords_de_réadmission

    • Schweiz schafft wieder in Kriegsgebiete aus

      Reisen nach Somalia und Afghanistan sind lebensgefährlich. Doch die Schweiz schafft in diese Länder aus. Sie ist darin Europameister.

      Der Trip nach Afghanistan war ein totaler Flop. Die ­Behörden am Hauptstadt-Flughafen von Kabul hatten sich quergestellt und die Schweizer Polizisten gezwungen, den Asylbewerber, den die Ordnungshüter eigentlich in seine Heimat zurückschaffen wollten, wieder mitzunehmen. Nach dieser gescheiterten Ausschaffung im September 2017 versuchte die Schweiz nie wieder, einen abgewiesenen Asylbewerber gegen seinen Willen nach Afghanistan abzuschieben.

      Erst vor wenigen Wochen änderte sich das: «Nach fast zweijähriger Blockade konnte im März 2019 erstmals wieder eine polizeilich begleitete Rückführung durchgeführt werden», so das Staatssekretariat für Migration (SEM) in einem internen Papier, das SonntagsBlick vorliegt.

      Ausschaffungen sind lebensgefährlich

      Die Entwicklung war ganz nach dem Geschmack der neuen Chefin: «Dank intensiver Verhandlungen» sei die «zwangsweise Rückkehr nach Afghanistan» wieder möglich, lobte Karin Keller-Sutter jüngst bei einer Rede anlässlich ihrer ersten 
100 Tage als Bundesrätin.

      Afghanistan, das sich im Krieg mit Taliban und Islamischem Staat (IS) befindet, gilt als Herkunftsland mit prekärster Sicherheitslage. Ausschaffungen dorthin sind höchst umstritten – anders gesagt: lebensgefährlich.

      Auch der Hinweis des Aussendepartements lässt keinen Zweifel: «Von Reisen nach Afghanistan und von Aufenthalten jeder Art wird abgeraten.» Diese Woche entschied der Basler Grosse Rat aus humanitären Gründen, dass ein junger Afghane nicht nach Österreich abgeschoben werden darf – weil er von dort in seine umkämpfte Heimat weitergereicht worden wäre.
      Erste Rückführung nach Somalia

      Noch einen Erfolg vermeldet das SEM: Auch nach Somalia war im November wieder die polizeiliche Rückführung eines Asylbewerbers gelungen – zum ersten Mal seit Jahren.

      Somalia fällt in die gleiche Kategorie wie Afghanistan, in die Kategorie Lebensgefahr. «Solange sich die Lage vor Ort nicht nachhaltig verbessert, sollte die Schweiz vollständig auf Rückführungen nach Afghanistan und Somalia verzichten», warnt Peter Meier von der Schweizerischen Flüchtlingshilfe.

      Das SEM hält dagegen: Wer rückgeführt werde, sei weder persönlich verfolgt, noch bestünden völkerrechtliche, humanitäre oder technische Hindernisse. Ob es sich bei den Abgeschobenen um sogenannte Gefährder handelt – also um potenzielle Terroristen und ­Intensivstraftäter – oder lediglich um harmlose Flüchtlinge, lässt das SEM offen.
      56 Prozent werden zurückgeschafft

      Was die beiden Einzelfälle andeuten, gilt gemäss aktuellster Asylstatistiken generell: Wir sind Abschiebe-Europameister! «Die Schweiz zählt auf europäischer Ebene zu den effizientesten Ländern beim Wegweisungsvollzug», rühmt sich das SEM im besagten internen Papier. In Zahlen: 56 Prozent der abgewiesenen Asylbewerber werden in ihr Herkunftsland zurückgeschafft. Der EU-Durchschnitt liegt bei 36 Prozent.

      Die Schweiz beteiligt sich nämlich nicht nur an der europäischen Rückkehrpolitik, sondern hat auch direkte Abkommen mit 64 Staaten getroffen; dieses Jahr kamen Äthiopien und Bangladesch hinzu: «Dem SEM ist kein Staat bekannt, der mehr Abkommen abgeschlossen hätte.»

      Zwar ist die Schweiz stolz auf ihre humanitäre Tradition, aber nicht minder stolz, wenn sie in Sachen Ausschaffung kreative Lösungen findet. Zum Beispiel: Weil Marokko keine Sonderflüge mit gefesselten Landsleuten akzeptiert, verfrachtet die Schweiz abgewiesene Marokkaner aufs Schiff – «als fast einziger Staat Europas», wie das SEM betont. Oder diese Lösung: Während die grosse EU mit Nigeria seit Jahren erfolglos an einem Abkommen herumdoktert, hat die kleine Schweiz seit 2011 ihre Schäfchen im Trockenen. Das SEM nennt seinen Deal mit Nigeria «ein Musterbeispiel» für die nationale Migrationspolitik.
      Weniger als 4000 Ausreisepflichtige

      Entsprechend gering sind die Pendenzen im Vollzug. Zwar führen ­Algerien, Äthiopien und Eritrea die Liste der Staaten an, bei denen Abschiebungen weiterhin auf Blockaden stossen. Aber weniger als 4000 Personen fielen Ende 2018 in die Kategorie abgewiesener Asylbewerber, die sich weigern auszureisen oder deren Heimatland sich bei Ausschaffungen querstellt. 2012 waren es beinahe doppelt so viele. Nun sind es so wenige wie seit zehn Jahren nicht mehr.

      Zum Vergleich: Deutschland meldete im gleichen Zeitraum mehr als 200’000 ausreisepflichtige Personen. Diese Woche beschloss die Bundesregierung weitere Gesetze für eine schnellere Abschiebung.

      Hinter dem Bild einer effizienten Schweizer Abschiebungsmaschinerie verbirgt sich ein unmenschliches Geschäft: Es geht um zerstörte Leben, verlorene Hoffnung, um Ängste, Verzweiflung und Not. Rückführungen sind keine Flugreisen, sondern eine schmutzige Angelegenheit – Spucke, Blut und Tränen inklusive. Bei Sonderflügen wird unter Anwendung von Gewalt gefesselt, es kommt zu Verletzungen bei Asylbewerbern wie Polizisten. Selten hört man davon.
      Gezielte Abschreckung

      Die Schweiz verfolge eine Vollzugspraxis, die auf Abschreckung ziele und nicht vor Zwangsausschaffungen in Länder mit prekärer Sicherheits- und Menschenrechtslage haltmache, kritisiert Peter Meier von der Flüchtlingshilfe: «Das Justizdepartement gibt dabei dem ­innenpolitischen Druck nach.»

      Gemeint ist die SVP, die seit Jahren vom Asylchaos spricht. Das Dublin-System, das regeln soll, welcher Staat für die Prüfung eines Asylgesuchs zuständig ist, funktioniere nicht, so einer der Vorwürfe. «Selbst jene, die bereits in einem anderen Land registriert wurden, können oft nicht zurückgeschickt werden», heisst es im Positionspapier der SVP zur Asylpolitik.

      Das SEM sieht auch das anders: «Für kaum ein europäisches Land funktioniert Dublin so gut wie für die Schweiz», heisst es in dem internen Papier. Man überstelle deutlich mehr Personen an Dublin-Staaten, als man selbst von dort aufnehme. Die neusten Zahlen bestätigen das: 1760 Asylbewerber wurden im letzten Jahr in andere Dublin-Staaten überstellt. Nur 885 Menschen nahm die Schweiz von ihnen auf.

      «Ausnahmen gibt es selbst bei 
besonders verletzlichen Personen kaum», kritisiert die Flüchtlings­hilfe; die Dublin-Praxis sei äusserst restriktiv.

      Das Schweizer Abschiebewesen hat offenbar viele Seiten, vor allem aber ist es gnadenlos effizient.

      https://www.blick.ch/news/politik/erste-abschiebungen-seit-jahren-nach-afghanistan-und-somalia-schweiz-schafft-w