• « #Fréquence_Paris_Plurielle n’est pas officiellement sur #Facebook » : piqûre de rappel par abFab en 2015 sur l’importance de travailler encore et toujours à construire et renforcer les #médias_libres plutôt que d’alimenter les plateformes corporate
    http://www.rfpp.net/spip.php?article543

    Pourquoi ?
    – Parce que nous sommes une #radio_libre et indépendante
    – Parce que nous sommes contre toute forme de #publicité
    – Parce que nous sommes la radio des #sans_voix

    Pour compléter
    https://seenthis.net/messages/563001
    et
    https://seenthis.net/messages/557844

    Et on pourrait poursuivre sur la nécessité, aussi, de réapprendre à #chercher_l'information, parce que c’est un enjeu majeur : peut-être la plus grande #désappropriation se trouve-t-elle là. Au moins aussi importante à contrer que l’effondrement du #web_indépendant et la perte de la mémoire sociale et politique qui l’accompagne
    https://seenthis.net/messages/562390
    https://seenthis.net/messages/562348

    • @rastapopoulos : je ne crois pas, justement. C’est un argument que je retrouve de manière récurrente pour justifier qu’on alimente Facebook et qu’on contribue à centraliser nos infos là-dessus (j’utilise un « on » rhétorique, je n’ai jamais eu de compte). Mais depuis 12 ans que ce réseau existe (et 7 ou 8 qu’il prétend être l’alpha et l’oméga de la diffusion d’information sur le web), tout ce qu’on a gagné c’est la désagrégation de nos espaces d’expression propres, la perte de savoirs simples et communs comme savoir où chercher telle ou telle information, et absolument pas l’amplification promise. On a simplement accompagné son développement, avec des arguments alternatifs mais qui allaient parfaitement dans son sens à lui. On a renforcé l’idée qu’il était effectivement l’alpha et l’oméga, et on a discrédité les médias libres au passage.

      Par ailleurs, animer un média libre, c’est non seulement produire, mais diffuser, et ce travail de rencontre de nouvelles oreilles, de nouveaux yeux, de nouvelles voix, n’est pas le moindre. Les radios libres font au quotidien un énorme boulot dans les quartiers populaires, les manifs, les évènements associatifs, le milieu scolaire. Et c’est cela qui permet à de nouvelles personnes de passer de l’autre côté du micro. Oui, c’est un travail minoritaire, mais porté par une multitude de personnes en une multitude de lieux. Et ça construit une alternative concrète, en actes. Refuser Facebook et son monde, c’est comme refuser l’aéroport et son monde, ça passe par la construction et l’animation d’espaces bien réels.

      Enfin, découvrir @cqfd ou @jef_klak dans un kiosque ou une librairie, FPP ou Canal Sud en cherchant une station sur son autoradio, ça doit bien rapporter autant qu’un billet lancé dans la mer de Facebook. Parce que depuis le temps qu’on nous bassine avec l’efficacité de ce réseau en termes de diffusion, je me demande pourquoi celles et ceux qui ont opté pour ce choix ne semblent pas y avoir gagné l’audience enfin conséquente qu’elles et ils recherchent. Il y a peut-être des questions tactiques à se poser.

    • Oui.
      Mais. :p

      Ça fait des années que dès que je participe de près ou de loin à une assoc je milite pour que la production soit dans un « lieu » détenu par l’assoc. Donc évidemment je suis d’accord avec tout ce que tu dis (partie production).

      Mais côté diffusion c’est autre chose, et je vois quand même pas mal de jeunes qui ont découvert telle radio ou telle journal ou tel blog parce que réseaux sociaux, FB ou autre. Je ne sais pas quantifier, faire la part des choses, mais un groupe comme le Labo Décolonial ici, a des milliers de gens qui suivent, et ce n’est pas uniquement par leur militance sur le terrain dans les quartiers (qu’elles font aussi), + les connexions avec d’autres groupes à l’autre bout de la France, qui là aussi se fait par FB généralement. Donc je ne sais pas, je m’interroge toujours sur la partie diffusion… (pour la production et le stockage-archivage de cette production, là je n’ai strictement aucun doute hein).

    • Facebook a certainement un impact en termes de diffusion, tout comme une affiche dans la rue, le bouche à oreilles, un entrefilet dans le journal, un passage dans un gros média ou un tractage sur le marché. Mais :
      1. je pense que ce n’est pas si spectaculaire que cela, parce que contrairement au rêve d’une diffusion ultra-large qu’on s’en faisait, il me semble que ça n’a pas changé grand chose en termes de visibilité (surabondance des infos, rapidité du flux, hiérarchisation des informations par les algorithmes...) ou d’élargissement (on voulait sortir de l’entre-soi analogique, mais on l’a fait en plongeant dans des bulles numériques) ;
      et 2. ce qui me frappe dans l’exemple que tu donnes comme dans d’autres, c’est que ça ne fait que remplacer d’autres outils qui faisaient très bien cela de façon décentralisée et indépendante auparavant.

      Bref, je trouve qu’alors que des problèmes éthiques très sérieux sont en jeu (surveillance, délation, commercialisation des données, justice privatisée, etc.), on a bradé très facilement et pour pas grand chose (rien de tangible en tous cas) des savoirs et des espaces précieux, qu’on s’empressera de vouloir réinventer le jour où un enième scandale de censure ou, au contraire, de laxisme, surgira.

      Je trouve que l’état des lieux, 7 ou 8 ans après, est plus désastreux qu’enthousiasmant.

    • Alors, c’est intéressant. Hein, faudrait une journée de visu pour en discuter, ce serait le top.

      Parce qu’en l’état, ce que dit @intempestive est fort juste, et ce que dit @rastapopoulos est pas plus faux.

      Chez @jef_klak on a résisté longtemps avant d’aller sur FB, et puis on a vu le nombre de vues qui passaient par là et on a craqué. Parce qu’on s’est dit.e.s que oui ça améliorait la diffusion. De fait, aujourd’hui 1/3 des visites viennent de Rezo, 1/3 de FB, 1/3 du tout venant (dont Twitter).

      Certain.e.s dans l’équipe ont un compte perso, d’autres pas. Mais pour un média qui a choisi d’être aussi en ligne (donc pas Z par exemple), aujourd’hui, c’est sûr et certain que certains papiers mis en ligne sont largement diffusés grâce à FB. Ex : quand ça parle de crimes policiers, FB permet une beaucoup plus large audience que sans.

      Enfin, les gens qui découvrent Jef Klak en librairie (et donc qui vont en librairie, ce qui n’est pas le cas de tout le monde) ne sont clairement pas forcément les mêmes que celles et ceux qui vont juste lire un article parce que ça résonne avec leur centre d’intérêt.

      [Bon après, quand on regarde Google Analytics, les gens gens restent entre 30 secondes et 1 minute 30 en moyenne, donc parfois ça décourage, à moins qu’ils téléchargent le PDF pour lire tranquille plus tard...]

      Bref, quitter FB, pour un titre comme Jef Klak, cela voudrait sûrement dire :

      1. Quitter Internet

      2. Repenser avec d’autres titres de nouveaux moyens de diffusion autonomes et performants pour le papier. On a essayé, et c’est pas gagné...

      Mais pourquoi pas hein !

    • Merci @intempestive :) Le tableau n’est pas si noir cependant comme on peut le voir avec le développement rapide du réseau Mutu et la dizaine de sites locaux qui se sont déjà montés en 3 ans. Ce sont autant d’espaces ouverts à la participation, et en cela de réelles alternatives à Facebook, en plus d’être des outils communs à tous les collectifs dans chaque ville, pérennes, largement diffusés (toutes proportions gardées évidemment). Ça demande du taf, d’accepter de bosser avec d’autres que celles et ceux de son crew, ça cherche, ça s’organise (voire ça se soutient mais ça...).

    • Oui, @ari, j’ai bien pensé au Mutu et c’est effectivement une brèche très importante. Je visais davantage les blogs personnels ou les sites associatifs en dressant ce sombre tableau.

      Et @jef_klak, merci d’apporter des éléments chiffrés, mais tu me sembles tirer des conclusions bien dramatiques : perdre un tiers des visites (celles qui viennent de Facebook) remettrait en question le fait même d’être sur le web ? Comme tu y vas... Pour la majorité des visites ça se justifierait toujours.

      Sans compter que dans ces visites Facebook, nombre d’entre elles se reporteraient sur d’autres modes d’accès à votre site si la passerelle Facebook était coupée. Le rss, la lettre d’info, rezo, le bouche à oreilles, les affiches, les rencontres... Les médias libres sur Facebook me font l’effet d’un petit producteur bio qui décide de se rendre visible dans un hypermarché en tenant un stand bringuebalant bien caché par la direction derrière les dernières promos de bonbons. Peut-être vaudrait-il mieux remettre davantage d’énergie (collective, effectivement) à informer sur la manière dont on trouve des produits bio locaux, sur l’économie spécifique que cela implique, sur l’incompatibilité fondamentale avec l’hypermarché ?

      Par ailleurs, on argumente toujours sur le fait qu’aller sur Facebook c’est aller à la rencontre d’autres gens, qui ne font pas partie de notre petit milieu dans la vraie vie. C’est quantifié, cela, ou c’est juste un voeu pieu ? Parce qu’il me semble qu’on connaît toujours une grande majorité des personnes qui nous suivent sur Facebook. Et que ça ne ferait pas de mal de leur rappeler ce qu’est Facebook.

      Ensuite, est-ce que le passage sur Facebook a eu une incidence sur le nombre d’abonnements ou de ventes en librairies ?

      Du coup, il me semble que les compromissions acceptées pour un gain aussi faible (en lectorat nouveau) et des pertes aussi grandes (en cohérence et en autonomie) sont totalement disproportionnées (si tant est qu’on accepte que de mesurer la compromission proportionnellement). Je ne sais pas quel niveau d’abjection il faut attendre pour motiver un refus franc. Je fais toute confiance à Facebook pour susciter dans quelques mois ou quelques années un scandale qui fera hurler tout le monde et qui occasionnera une vaguelette de fermeture de comptes. Et puis ça continuera, comme ça ou sous une autre forme. On se sera accoutumé·es, les conditions générale d’utilisation pourront même franchir des caps supplémentaires.

    • Ce que je vais dire ici n’est pas vraiment neuf ni original, pardonnez-moi :) Il y a toujours quand on fait un truc sur le web deux dimensions : la présence, et le trafic.

      La présence : faire que notre production soit la meilleure possible, et qu’elle soit disponible à toute heure de n’importe où, pour n’importe qui. Que ce soit indexé, et qu’on puisse s’y référer, le consulter en cas de besoin, s’y promener quand on veut. C’est la promesse initiale du WWW.

      Pour ça, pas besoin de FB, pas de paywall, pas non plus tellement d’argent (on peut à la limite mettre tous les docs en vrac dans un répertoire). Valeur maximale en termes d’idées. On fait un truc, on le partage. Les retours sont très très indirects, souvent impalpables.

      Le trafic, c’est l’espoir que les visiteurs de ce contenu vont apporter quelque chose de quantitativement palpable : qu’on va communiquer au plus grand nombre, qu’on va trouver de nouvelles ressources. Les retours sont exprimés sous forme de métriques chiffrées : visiteurs, revenus. C’est ce qu’est massivement devenu le Web.

      L’idée en général, c’est que le trafic justifie (par son impact) l’effort que représente la production et la mise en ligne, et permet de le financer (par les revenus associés). Et c’est là que les ennuis commencent : pour jouer ce jeu, il faut passer par FB, paywall, mettre des analytics, publicité et flicage, design et re-design de sites, l’argent et le temps qui filent ; il faut faire de la retape, avoir le nez dans les chiffres.

      Le risque (au delà du fait que les chiffres en question sont souvent décevants) : passer finalement son temps à faire du marketing, de la comm’, de la gestion de forums ou community management, bref tout à fait autre chose que ce qu’on voulait faire initialement !

      C’est une question qu’on s’est posée de manière très concrète quand on a lancé @visionscarto ; pour savoir où porter l’effort. Et on a tranché : on a décidé de ne pas du tout se préoccuper d’avoir une stratégie de comm ni de retour sur investissement. On voulait par-dessus tout avoir un site sur lequel il serait confortable de travailler, où les images et les textes seraient bien mises en valeur. Pour gagner notre vie on chercherait du boulot, mais il n’était pas question de demander au site de nous procurer autre chose que ce plaisir de partager le meilleur de ce qu’on pouvait faire.

      La conséquence, c’est certainement qu’on a raté pas mal d’opportunités, si on s’en tient aux métriques classiques : des pépites, qu’on est fier d’avoir mis en ligne, n’ont pas fait le buzz. Le site ne rapporte pas un radis, les quelques piges qu’on parvient à verser sont payées sur nos propres deniers, et on a du mal à voir comment financer des projets complexes et ambitieux. On se satisfait (médiocrement ?) d’avoir 1000 visites sur un article alors que, si on avait un plan médias, on en aurait peut-être 50 000 ou plus…

      Par contre, on ne s’est pas mis de contraintes, de rythmes de publication à tenir, on ne passe pas son temps dans gougoul analytics, ni à mesurer ses likes ou son taux de croissance, mais plus à réfléchir aux idées, aux concepts, aux sujets, à l’écriture. Quant aux retours, ils existent bel et bien : des mails, des rencontres, des projets en collaboration. Ils sont extraordinairement riches, humains, chaleureux.

      Et il faut se demander, est-ce qu’il n’y a pas un lien ?

    • J’ajoute quelque chose que j’ai oublié de mettre dans mon dernier commentaire, et qui ne répond pas au billet de @fil, qui lance plein de pistes de réflexion importantes. Et je suis aussi persuadée que ce que l’on perd en visites-trente-secondes de Facebook, on le gagne en qualité d’échanges ailleurs.

      Par rapport à

      Repenser avec d’autres titres de nouveaux moyens de diffusion autonomes et performants pour le papier.

      Oui, ne pas abandonner cela me semble important. Mais pour rester sur la diffusion web, dont il s’agit ici : cette énergie collective est déjà investie par certain·es depuis longtemps, d’autres plus récemment, parce qu’elles et ils estiment les médias libres fondamentaux : @rezo, le portail de @bastamag, l’agrégateur du Mutu, la veille collective sur @seenthis, d’autres que j’oublie, d’autres encore qui sont à inventer... Donc il y a aussi cette question à se poser, quand on fait le choix de Facebook : quelle solidarité manifeste-t-on à l’égard de ces projets-là, qui demandent du temps et de l’engagement, qui fournissent eux aussi un tiers des visites mais en n’y gagnant pas un rond et en ne fliquant pas la terre entière au passage ? Ça me semble un peu court d’accepter les visites qu’ils nous envoient, mais en participant à leur disqualification ou à leur essoufflement en allant sur les gros réseaux. C’est un travail d’ensemble à mener, cette consolidation collective de tous nos outils de production comme de diffusion. C’est un réseau de solidarité, pas un jeu de statistiques plus ou moins gagnantes. Facebook nous a aussi fait oublier ça.

      Oui, discuter de tout cela in vivo, ce serait une sacrément bonne idée.

    • @intempestive : on ne s’est pas compris il me semble :)

      j’ai bien pensé au Mutu et c’est effectivement une brèche très importante. Je visais davantage les blogs personnels ou les sites associatifs en dressant ce sombre tableau.

      Les sites Mutu sont en eux-mêmes des plateformes locales qui permettent d’éviter aux collectifs d’avoir à recourir à l’illusion Facebook, Twitter mais aussi aux blogs (même si la publication sur différents supports peut aussi être complémentaire). Parce que c’est hyper compliqué de faire connaître un site à la publication hyper épisodique ou très pointue, parce que ça n’a pas de sens de poser un texte, un rendez-vous, une info dans un recoin du net en attendant qu’un gros agrégateur de type Rezo ou Bastamag veuille bien signaler notre article (selon des critères qui restent subjectifs, soumis par exemple à un critère d’intérêt « national » ou de qualité par exemple). Quand à l’agrégateur de Mutu ou de Médias libres, cela reste des outils techniques pour un public déjà acquis (comme Rezo et Bastamag, mais dans une moindre mesure).

      Se regrouper localement pour diffuser largement et facilement sans dépendre des réseaux sociaux, favoriser l’entraide plutôt que l’isolement qui demande, pour réussir à être lu, un certain nombre de compétences, proposer à un public varié un espace ouvert et pertinent à visiter régulièrement, c’est le pari proposé au travers de nos sites.

      Il est plutôt réussi pour certains d’entre eux, d’autres sont encore jeunes. Il reste néanmoins énormément de travail, notamment pour convaincre les belles plumes de publier aussi dessus, et plus globalement de l’intérêt d’une organisation collective (en terme d’entraide, de soutien, etc.) face aussi bien à l’extrême droite qu’à la presse professionnelle ou encore aux solutions illusoires mais faciles des réseaux sociaux.

      Au-delà du contenu et de la diffusion, il faut aussi beaucoup de taf sur les interfaces, des échanges de pratiques sur la photo, la vidéo, les différentes façons possibles de rendre compte d’une situation ou de synthétiser des infos éparses… Ce n’est pas en disant « Facebook c’est le mal » qu’on convaincra les gens, mais en proposant de meilleures alternatives : davantage de de facilité et de sécurité de publication, d’entraide, de diffusion, de pérennité, de sens politique… Dans ce cadre-là, les statistiques ne sont qu’un tout petit bout du projet et une manière très relative d’envisager son succès ou pas.

    • Ça devient épineux.

      (Je précise que tout ce qui est dit là n’implique pas tout le collectif Jef Klak, mais seulement la personne qui anime le SeenThis et qui n’a pas de compte FB...)

      En gros, des titres comme @cqfd ou @jef_klak et Z ont choisi depuis le départ de faire vivre des publications papier (et un CD audio pour @jef_klak) avec tous les arguments avancés par @fil ou @intempestive sur les relations sociales, humaines, etc. Le tout à perte, et sans salaire.

      Et ça donne de jolies choses, rencontres, débats, découvertes, etc.

      Autour, ça veut dire des affiches, des flys, des réunions publiques, des événements organisés, des tables tenues dans des salons, des squats, des concerts. Ça veut dire aussi des liens avec des libraires, des infokiosques. Et des réunions de rédaction régulières en chair et en os, des confrontations avec le lectorat, des confrontations avec les diffuseur.euses, les vendeur.euses, les relayeur.euses.

      Tout ça étant dit pour rappeler l’ordre des gestes : d’abord et principalement de la relation directe, bio de bio, comme dirait @intempestive, et puis... Et puis, à un moment donné on se demande comment faire connaître ce qu’on fabrique avec tant d’énergie à de nouvelles personnes...

      On essaie alors d’organiser des réunions avec les médias libres pour s’organiser collectivement sur les questions de diffusion commune, et ça ne prend pas. On insiste. Toujours pas.

      Du coup, après avoir vu que pas mal de gens utilisaient FB lors du dernier mouvement social, on se dit, bon ben on va essayer FB, c’est pas trop d’effort, et ça peut aider à 1. diffuser quelques idées 2. intéresser de nouvelles personnes au papier et CD...

      Il y a des retours : des gens qui nous disent avoir découvert @jef_klak par FB, et qui ensuite se sont mis au papier/CD. Combien ? On n’a pas de stats ;-)

      De là à dire qu’on tue @rezo ou @bastamag en faisant ça, c’est un peu rapide, non ?

      Est-ce à dire que la présence de @jef_klak à la FNAC ou dans les Cultura participe à tuer les librairies de quartier ?

      Ne serait-ce pas considérer au final que seules les personnes qui ont fait le chemin de ne plus aller sur FB, la FNAC et Cultura doivent pouvoir accès à @jef_klak ?

      Le combat contre la fermeture des librairies de quartier et pour des circuits d’édition indépendants est une chose, la mégapuissance des grands groupes qu’on ne parvient pas à enrayer en est une autre.

      Il est évident que si on nous dit : choisissez, soit @rezo soit FB, ça ne fait pas un pli. Et on milite grave pour que de plus en plus de gens aillent sur rezo (tiens d’ailleurs des affiches pour rezo, ce serait pas mal, non ?)...

      Tout ça donne des questions (en fait, cette discussion est l’occasion de renouveler beaucoup de questions) :

      • Comment quitter FB collectivement ?

      • Le net n’est-il qu’une archive ou est-il aussi une possibilité d’intervention ? Une manière de participer aux débats dans un temps donné ?

      • On se voit quand pour en discuter ?

      –---------

      Ah oui, et pour apporter au débat, il y a cet entretien sur Article 11 :

      http://www.article11.info/?Reprendre-en-main-le-recit-des

      Comment avez-vous intégré Internet, les réseaux sociaux et les applications sur smartphones à votre pratique du journalisme ?

      « L’Espagne est le pays d’Europe qui compte le plus de possesseurs de smartphones. Nous pensons qu’il faut en prendre acte et que la lutte doit se mener par tous les moyens nécessaires, par tous ceux qui sont à notre disposition, depuis la lutte armée jusqu’à l’utilisation d’Internet. Si on se veut un peu pragmatique, on constate qu’il y a une part importante de la population qui se montre active sur les réseaux sociaux et alimente Facebook ou Twitter. Il nous semble donc judicieux d’être présent dans cette réalité sociale aussi. On essaie de l’utiliser comme une arme plutôt que de l’ignorer.

      Les réseaux sociaux occupent une place très importante dans le journalisme d’aujourd’hui. Quant à l’instantanéité de la diffusion d’informations sur un service comme Twitter, elle se révèle assez utile si l’on veut, par exemple, échapper à un barrage policier lors d’une manifestation. Il s’agit en fait de l’héritage le plus réussi des médias libres type Indymedia des années 2000. Ils permettaient de coordonner des actions directes qui engageaient des milliers de personnes lors des mouvements sociaux. Twitter permet aussi cela, mais en élargissant l’audience à des gens qui ne sont pas militants et qui, lors d’une manifestation par exemple, auront plus volontiers le réflexe d’utiliser ce type de réseaux sociaux qu’Indymedia, connoté très ’’radical’’.

      Il est certain qu’Internet rajoute une couche au contrôle social. Mais il permet aussi de s’organiser pour surprendre le pouvoir lors des mobilisations, et d’éviter ainsi sa brutalité. Au final, cela peut s’avérer très utile. Ici, à Barcelone, avec le mouvement du 15-M4, nombre de résistances aux expulsions et de soutiens se sont organisées grâce à Twitter. Il me semble même que cela aurait été impossible sans. Certes, en 1936, on s’en passait, mais il existait d’autres mécanismes de mobilisation : les usines, les coopératives ouvrières, les athénées, qui voyaient des centaines de personnes concentrées en un même lieu et en mesure de communiquer d’un endroit proche à l’autre. Aujourd’hui, la plupart des gens restent enfermés chez eux ou dans des bureaux cloisonnés d’entreprise. Dans cette situation, les réseaux sociaux constituent de parfaits mécanismes de mobilisation pour toucher des milliers de personnes en un court laps de temps.

      L’utilisation de ces moyens de télécommunication n’exclut aucunement la création en actes d’espaces de sociabilisation fondés sur le modèle des athénées ou de ce qu’a fait auparavant vivre le mouvement ouvrier. Au contraire : on constate qu’apparaît aujourd’hui une nouvelle génération d’athénées, de maisons occupées, de centres sociaux. À travers eux s’opère une véritable redécouverte de la communication entre les habitants d’un même quartier. Et cela advient alors même qu’on utilise Twitter lors des manifestations ou pour communiquer une information. En réalité, ces deux processus n’ont rien d’exclusif. Et dans tous les cas,nous considérons qu’à partir du moment où ces réseaux sociaux existent, et qu’une majorité de personnes les utilisent, c’est à nous de savoir comment nous les réapproprier.

      Je crois qu’on peut même dire que ces réseaux ont fini par créer des réalités dans les quartiers. À l’occasion de certaines explosions de mobilisations dans la rue, appuyées par les réseaux sociaux, on a vu des générations de gens qui ne se connaissaient pas se rencontrer : des anciens antifranquistes, des gens investis dans les cultures alternatives pendant la Transition, des activistes des centres sociaux, etc... Bref, des jeunes d’aujourd’hui et des anciens se sont rencontrés. Et ces rencontres ont perduré, notamment grâce à l’émulation permise par Twitter au moment du 15-M. Beaucoup ont noué contact sur les places - c’est là que sont nés de nombreux projets, dont ceux qui ont abouti à la construction de locaux et de centres sociaux à Barcelone. On peut prendre l’exemple de l’Athénée La Flor del maig, dans le quartier de Ploblenou5 : les gens qui ont initié ce lieu, en lien étroit avec le voisinage, se sont au départ organisés sur Twitter. Aujourd’hui, ils en ont fait un lieu tangible avec une mutuelle d’achats, un centre d’accueil social, des assemblées avec des migrants, des réunions féministes, un groupe qui travaille sur la mémoire des luttes, etc. Ils ont converti l’organisation qu’ils avaient entamée sur les réseaux sociaux en un centre social de quartier.

      Aucune technologie n’est le patrimoine exclusif du capitalisme, pas même Internet. En Catalogne, par exemple, il existe un réseau social qui fonctionne sur le modèle des assemblées, sans hiérarchie ni rapports marchands. Il se nomme guifi.net, et est utilisé par 40 000 personnes qui partagent des ressources sur le web, à l’écart du réseau Internet classique. Il s’agit en fait d’une sorte d’intranet ne dépendant d’aucune multinationale, très utile pour les luttes et les militants d’ici. »

    • Bon, je n’ai pas compris où on ne s’est pas compris, @ari, parce que je suis d’accord avec ce que tu écris.

      Quoiqu’il en soit, sur

      Ce n’est pas en disant « Facebook c’est le mal » qu’on convaincra les gens, mais en proposant de meilleures alternatives

      Oui. C’est bien pour ça que la discussion se tient ici, à l’intention spécifique des médias libres et des choix qu’ils font individuellement ou collectivement, et non de l’ensemble des gens qui ont un compte Facebook. Histoire de ne pas juste accepter l’état de fait et de voir s’il n’y aurait pas des choses à inventer là-dedans...

    • Mais non @jef_klak, je ne t’accuse pas de tuer @rezo ou le portail de @bastamag :) et je sais bien que vous faites partie des revues qui tentent régulièrement de tisser des ponts avec les autres. C’est un ensemble bien plus large : disparition de nombreux sites indépendants, migration massive vers des plateformes (réseaux sociaux, Youtube, etc.) pour diffuser voire pour produire.

      Simplement, il me semble que cet aspect-là n’est jamais discuté et que c’est à concevoir comme un tout. Que le choix d’un média libre concernant sa diffusion web engage plus que lui-même. Et surtout, le bilan après toutes ces années de lente déconstruction de nos espaces communs finit par me sauter aux yeux.

      Tu poses les bonnes questions :

      – Comment quitter FB collectivement ?
      – Le net n’est-il qu’une archive ou est-il aussi une possibilité d’intervention ? Une manière de participer aux débats dans un temps donné ?
      – On se voit quand pour en discuter ?

      Je suis partante (je précise qu’on a également cette discussion au sein de @syntone). Une première discussion informelle avant d’envisager une grande rencontre intergalactique comme on en fait tous les 15 ans ? Qui d’autre ?

      Et tout le monde peut lire et participer à cette discussion bien sûr, je précisais juste que la thématique porte spécifiquement sur l’articulation entre médias libres et réseaux corporate, pas sur une grande campagne de fermeture de comptes Facebooks personnels (quoique je n’y serais pas opposée ;)).

    • @intempestive : en d’autres termes et pour résumer un peu brutalement : le souci des réseaux sociaux trouve son origine dans les blogs (et à la publication individuelle ou limitée à quelques individus).

      L’alternative aux réseaux sociaux doit donc aussi être pensée comme une alternative (éventuellement complémentaire) aux blogs ou aux micro-sites. On doit donc penser l’expression – surtout contestataire – sur le net, et contrairement au mythe de facilité qui l’entoure, comme la radio ou le papier : elle nécessite des outils communs et complexes.

    • D’accord @ari, je comprends mieux. Je parlais du réseau Mutu en termes de diffusion essentiellement, mais effectivement c’est une alternative essentielle au niveau de la production (dans les ateliers d’écriture proposés par @paris également, parmi bien d’autres choses).

      Cette discussion rejoint la tribune publiée par affordance.info il y a quelques semaines : « Pour des états généraux du web indépendant »
      http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2016/12/etats-generaux-web-independant.html

    • Il nous semble donc judicieux d’être présent dans cette réalité sociale aussi.

      Pour faire un parallèle, on pourrait dire qu’on peut être contre l’industrie, contre les usines, voire même contre le travail, et militant pour arrêter les grosses industries, arrêter le travail MAIS dans le même temps être présent sur les lieux de travail et accepter que le syndicalisme et les batailles sur l’amélioration des conditions de travail ont aussi un sens.

      Après… j’en connais qui sont farouchement anti-syndicalisme et anti batailles pour l’amélioration des conditions de travail, parce que ce n’est qu’une perpétuation du capitalisme en tentant juste de le rendre un peu moins dur (et ce n’est pas faux de dire ça non plus).

      Être présents là où sont les prolétaires… Être présents là où sont les net-prolétaires… Je ne sais pas si mon parallèle est trop tiré par les dreads mais débat qui ne date pas d’hier, donc. :D

      Le tout étant que le temps, l’effort (voire l’argent) consacré à être présents dans ces « réalités sociales » ne fassent pas perdre de vue le but de s’en extraire, des grands réseaux… et du travail !

      Ok, ce n’est pas une mince affaire.


  • Chronique de la folie policière ordinaire
    https://blogs.mediapart.fr/christian-salmon/blog/230916/chronique-de-la-folie-policiere-ordinaire

    Je sortais d’une gare de banlieue avec une copine, en fin de journée. Au moment de passer les tourniquets, on entend des hurlements. Pas un cri normal, mais un cri de douleur, intense, et l’on comprend immédiatement qu’il se passe quelque chose. Comme tous les autres à côté de nous, mon regard est capté par la scène qui se déroule sur notre gauche. Une femme noire d’une cinquantaine d’années est menottée, et c’est elle qui hurle que les menottes lui broient les mains, qu’elle n’en peut plus. Entre elle et le petit attroupement d’habitants qui s’est formé, une trentaine de policiers équipés, avec un chien d’assaut. Il y a la sûreté ferroviaire et la police nationale.

    Les gens sont inquiets, l’ambiance est très tendue, tout le monde demande ce qui se passe, pourquoi ils torturent cette femme en pleine rue. La scène est marquante, elle ressemble à cet été après l’assassinat d’Adama, ou aux images de la mobilisation aux Etats-Unis : une rangée de policiers, face à une autre rangée d’habitantes et habitants noirs de la ville. Ces derniers sont clairs, ils n’ont aucune confiance. Un homme raconte comment son frère a été interpellé sans raison, mis en garde à vue et violenté. Les flics nous disent de « nous casser ».

    J’avais peur pour la victime de cette interpellation, peur de cette scène raciste, je voyais la police déraper à tout moment. J’ai sorti mon téléphone pour filmer, en me disant que cela pourrait cadrer les choses, faire baisser le niveau d’impunité. Ça n’a pas duré plus d’une minute. L’un des flics m’attrape par l’épaule gauche et me fait pivoter : « celui-là on lui fait un contrôle d’identité ». Je demande pourquoi, il m’arrache mon téléphone. Je lui dis qu’il n’a pas le droit de le consulter sans mandat de perquisition.

    Mais tout s’accélère : dès qu’ils ont réussi à me tirer de leur côté du cordon formé par leurs collègues, ils se mettent à deux sur moi, chacun me faisant une clé à l’un des bras. Une douleur énorme me traverse les articulations. J’ai les deux bras torsadés dans le dos, avec ces deux hommes dans des positions qu’ils ont apprises, qui pèsent de toute leur force pour me plaquer contre le mur. A plusieurs reprises, ils m’écartent un peu et me rebalancent, pour que je me cogne. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait juste de m’intimider et de me mettre à l’écart. Mais ils ne relâchent pas. J’ai le souffle coupé et je ne proteste plus, je me dis qu’ils vont m’embarquer pour « outrage » ou « rébellion », et sont en train de chercher à créer des faits de toutes pièces.

    Le pire en réalité n’était pas la douleur. Les deux flics qui sont sur moi sont surexcités. Et ils se lâchent. Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. « On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes ». Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. « T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi ». Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement. Nouvelle béquille. « On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police ».

    Ça continue. « Tu soutiens Daesh c’est ça ? ». « Quand ils vont venir tu feras quoi ? Tu vas les sucer ? ». « Faudra pas pleurer et demander qu’on te protège ». Je n’ai réalisé que plus tard qu’ils étaient en train de parler de Daesh...pour justifier leur attitude face à une femme racisée qui avait oublié son pass navigo.

    Ils ouvrent mon sac et prennent mon portefeuille, le vident dans mon dos. Ils me prennent mes clopes en me disant de m’asseoir dessus. Ils trouvent ma carte de prof précaire à la fac. « T’es prof ? Quand l’Etat islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ? ». Celui de gauche : « Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble). Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer ». Je suis vraiment abasourdi, je pense qu’il a répété les mêmes menaces une bonne vingtaine de fois en tout. J’ai affaire à des flics politisés, des flics de l’état d’urgence permanent, qui se vivent comme en guerre contre Daesh, un Daesh qu’ils assimilent à toute personne racisée, et avec qui j’aurais pactisé en me solidarisant de leur victime du jour.

    Ils montent encore d’un cran. « Maintenant on va te mettre des coups de tazer, tu vas voir comment ça pique ». Et, toujours celui de gauche, m’envoie une décharge dans le bras. Je sursaute, et je me mets à trembler. J’essaie de ne pas le montrer, je ne dis rien, mais la pensée qui me vient à ce moment est que la situation va peut-être déraper encore plus. Qu’ils vont me faire une autre clé, ou me frapper avec leur tonfa avant de m’embarquer. « Tu vas crever ». « Je vais t’enculer ». Avec toujours les attouchements. Et la douleur est telle dans les bras, les épaules, le dos, que je me dis que je dois me préparer à ce qu’une de mes articulations lâche.

    Derrière, j’entends la copine avec qui j’étais qui crie, qui leur dit de me lâcher. Je voudrais lui dire de laisser tomber. J’ai une boule au ventre : qu’est-ce que ces tarés lui feront s’ils l’interpellent ? Mais entre-temps, l’attroupement a probablement un peu grossi, et le groupe de policiers doit savoir qu’il ne peut pas faire durer indéfiniment la situation. Celui qui me torsade le bras droit me dit : « Il faut qu’on chope la meuf, on la charge pour appel à rébellion ».

    J’entends qu’ils discutent entre eux. Un des deux hommes me lâchent le bras et me dit : « Tu regardes le mur, si tu te retournes, si tu bouges, on t’ouvres le crâne ». Je ne bouge pas. « On va venir à la Sorbonne, on va vous exterminer toi et tes collègues, sale gauchiste ». Puis ils me retournent et je me retrouve devant les yeux exorbités du flic qui me tenait le bras gauche. « T’es contractuel sale bâtard ? On va te faire un rapport salé, ta titu tu peux te la mettre ». Je ne dis rien. Ils m’appuient sur la poitrine. « Maintenant tu déverrouilles ton téléphone et tu effaces la vidéo ». Je m’exécute, en me disant que c’est dans ma tête et pas sur ces images de l’attroupement statique que ce qui vient de se passer est gravé. Il m’arrache l’appareil, et ouvre le dossier photo, commence à tout regarder.

    Puis tout à coup, le reste de leur groupe charge les habitants qui s’étaient regroupés. C’est rapide et extrêmement violent. Je vois leur chien se jeter sur les gens, et eux avec les gazeuses et les tonfas. Tout le monde fuit, en panique, y compris les personnes âgées. Les deux policiers qui m’ont agressé me jettent mon portefeuille et son contenu à la figure et partent en courant. Je craint pour mon amie, je ne la vois pas. Mais je l’aperçois finalement qui revient, elle avait réussi à s’échapper. Rien à faire d’autre que rentrer chez nous, la rage au ventre, et tout le torse ankylosé et douloureux. Je me dis que cette police raciste serait allée encore plus loin si j’étais racisé. Un homme nous explique que c’est comme ça dans toute la ville depuis ce matin. « Vous voyez on ne fait rien, mais ils tabassent des gens au hasard pour susciter des troubles ». On se réconforte mutuellement, se souhaite bon courage. Il en faudra ; mais on n’en manque pas.

    #violence #police


  • Pourquoi #WikiLeaks veut être le pire cauchemar d’Hillary Clinton
    http://www.telerama.fr/medias/pourquoi-wikileaks-veut-etre-le-pire-cauchemar-d-hillary-clinton,147739.php

    Outre un fact-checking point par point dans lequel le New York Times est accusé « d’échafauder une théorie du #complot », il conclut son argumentaire par une précision qui attire l’œil :

    « Le comité éditorial du New York Times soutient officiellement la candidature d’Hillary Clinton, même si cet article n’en fait pas mention. L’auteur principal, Jo Becker, a retweeté un gif animé d’Hillary Clinton le 3 mars. »

    #conspirationnisme


    • « Radio France : une émission pour expliquer la grève »
      http://www.telerama.fr/radio/radio-france-une-emission-pour-expliquer-la-greve,124693.php

      Alors que les salariés de Radio France sont en grève pour le douzième jour consécutif, le principe d’une émission transchaînes a été lancé par la toute jeune SPARF (Société des producteurs et associés de Radio France, qui regroupe les cachetiers des stations du groupe). Préparée et réalisée bénévolement par des personnels grévistes, cette heure devrait être animée par Mathieu Vidard (La tête au carré sur Inter), Marie Richeux (Les nouvelles vagues sur Culture) et Alex Dutilh (Open jazz sur Musique). La direction n’ayant pas autorisé une diffusion à l’antenne, ce lundi 30 mars, l’émission sera proposée à 19h sur Internet, avec un accès via les réseaux sociaux. « Pas question de tirer la couverture à nous », assure la SPARF. Qui proposera, à l’écoute, un édito de Philippe Meyer, des sons et reportages sur les assemblées générales des derniers jours, des extraits des concerts donnés par l’Orchestre National de Radio France dans le hall de la Maison ronde, et des interventions de sociologues et artistes autour de la notion de radio de service public.

    • Le coefficient d’utilisation du triangle

      Auditeurs sachant auditer, la sagesse populaire pense que le mieux est l’ennemi du bien ; nous l’allons montrer tout à l’heure par une parabole sur les excès de zèle à quoi peuvent conduire les chocs de productivité et de simplification. Le président d’une entreprise mécène d’un orchestre symphonique, ayant reçu une paire d’invitations pour un concert de cette formation au programme duquel figuraient la Symphonie inachevée de Schubert et le concerto pour piano de Grieg se trouva empêché de s’y rendre lui-même. Il fit profiter de ses places le directeur des ressources humaines de sa société qui n’avait jamais eu l’occasion d’assister à un concert.

      Le lendemain, ce DRH lui fit parvenir la note suivante :

      L’orchestre que nous soutenons financièrement pourrait être utilement réorganisé. J’ai observé que les quatre joueurs de hautbois demeurent #inactifs pendant de longues périodes. Il conviendrait de réduire leur nombre et de répartir leurs interventions sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les pics d’inactivité. Les douze premiers violons jouent à l’unisson. Pour éviter cette duplication, tout en continuant à produire un volume sonore élevé, il conviendrait de procéder à une réduction des effectifs de ce pupitre et de recourir à des moyens d’amplification aujourd’hui très performants.

      Le coefficient d’utilisation du triangle est extrêmement faible. On aurait intérêt à utiliser plus largement cet instrument et même à en prévoir plusieurs. Son prix d’achat étant bas et sa fiabilité excellente, l’investissement serait hautement rentable.

      Dans le concerto pour piano, l’utilisation d’un piano droit permettrait une utilisation plus rationnelle de l’aire de stockage du magasin de rangement. Dans les deux œuvres qui ont été données, l’orchestre consacre une énergie considérable à la production de triples croches. C’est un raffinement que l’on pouvait se permettre à une époque de forte croissance, mais, dans une période d’#austérité comme celle que nous traversons, en arrondissant à la double croche la plus proche, il serait possible d’employer des musiciens moins qualifiés et d’alléger ainsi le budget général des concerts.

      La répétition par les cors de nombreux passages déjà exécutés par les cordes ne présente pas d’#utilité véritable. J’ai calculé que si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes, ce qui réduirait massivement les frais généraux. En appliquant de façon concomitante ces recommandations, il serait possible de réaliser un gain en effectif de 90%, soit sur les 82 personnes participant à cette manifestation de n’en conserver que 8,2. On voit par là que s’il avait eu quelques notions de #gestion, Schubert aurait certainement réussi à achever sa symphonie.

      Un texte déjà cité en par Éve Chiapello en 1997, en exergue d’un article sur l’organisation du travail artistique http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/reso_0751-7971_1997_num_15_86_3113
      repris par Podalydes en 2003, puis par Meyer ces temps ci.


  • Courrier au médiateur du Monde, concernant le #Venezuela, par Maurice Lemoine, ancien rédchef du @mdiplo
    http://www.legrandsoir.info/courrier-au-mediateur-du-monde-concernant-le-venezuela.html

    Si, demain, sous une forme ou sous une autre, le président Nicolas Maduro est « sorti » du pouvoir par des voies nonconstitutionnelles, le public français – ou, pour le moins, votre lectorat – n’y verra que du feu, votre version des faits ayant préalablement soigneusement préparé l’opinion à un tel dénouement.

    #critique_média