Lectures | Contretemps

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  • Contrôle du corps des femmes ou biopolitique | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/contr%C3%B4le-corps-femmes-biopolitique

    Il est à noter que le #livre, ainsi que l’intéressante conférence qui fut à son origine, passent en revue les #empires_coloniaux, c’est-à-dire des histoires en relation avec la #modernité occidentale, rapports qui, aux yeux de ce type de travail, concernent au premier lieu l’#esclavage moderne et le #genre. C’est bien sûr justement dans les #colonies ainsi qu’à propos des #femmes que la #biopolitique a été inventée, s’appliquant aux #corps « dociles » ou supposés sans défense, en tout cas aux corps contrôlés : contrôlés au moyen d’une nouvelle technologie du pouvoir – la biopolitique. La modernité y est introduite par les méthodes les plus brutales et fait elle-même partie de la #colonisation.

  • La gauche peut-elle dire « nous » avec Houria Bouteldja ? | René Monzat | Contretemps | 22/04/2016
    http://www.contretemps.eu/lectures/gauche-peut-elle-dire-%C2%AB-nous-%C2%BB-houria-bouteldja

    Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La fabrique éditions, 2016) est dédié à la gauche radicale – par une formule rude : « Parce qu’elle est le partenaire indispensable des indigènes, la gauche est leur adversaire premier ».

    Ce court essai mérite des réponses aux questions de fond qu’il pose à la gauche radicale, d’autant mieux que sa forme permet le débat.

    Houria Bouteldja part du socle des idées du Parti des Indigènes de la République, petit courant original en interaction avec la gauche radicale dont sont issu-e-s une partie de ses cadres. Il a su polariser le champ des débats intellectuels et politiques (parfois cantonné au rôle d’épouvantail ou de repoussoir), ainsi que celui des initiatives militantes impliquant des « indigènes ».

    Bouteldja emploie ici un ton plus personnel, et aborde des impensés stratégiques du PIR que la « politique de l’amour révolutionnaire » viendrait combler. Elle opère une prise de risque en laissant apparaître, y compris dans son style, sont goût de l’oxymore, l’incomplète articulation des éléments de réponse proposés. Et c’est à mes yeux une chance de pouvoir discuter avec une pensée qui n’est pas close, ni fermée sur elle-même. De plus les « impensés » du PIR étant de même nature que ceux de la gauche radicale, pointer les dilemmes stratégiques du PIR revient pour la gauche radicale à se saisir de questions qu’elle se refusait à aborder pour son propre compte.

    Le débat en retour de la gauche radicale doit faire écho à cette prise de risque, accepter la discussion, reconnaitre ses propres lacunes. Le débat peut à cette condition « nous » être utile, au PIR comme à la gauche radicale.

    (...)
    #Houria_Bouteldja

  • Reproduction de la force de travail dans l’économie globale : la révolution féministe inachevée

    http://www.contretemps.eu/lectures/reproduction-force-travail-dans-%C3%A9conomie-globale%E2%80%89-r%C3%A9vo

    « Point zéro : propagation de la révolution » par Silvia Federici

    Salaire ménager, reproduction sociale, combat féministe
    éditions iXe, 2016

    « Ce qui suit est à la fois une lecture politique de la restructuration de la (re)production de la force de travail dans l’économie mondiale, et une critique féministe de Marx, développée sous différentes formes depuis les années 1970. Cette critique a été élaborée par des activistes de la campagne Wages For Housework, en particulier par Mariarosa Dalla Costa, Selma James, Leopoldina Fortunati, puis, plus tard, par Ariel Salleh, en Australie, et par les féministes de l’école de Bielefeld, dont Maria Mies, Claudia Von Werlhof et Veronica Bennholdt-Thomsen. L’argument qui lui a donné corps dit en substance que l’analyse du capitalisme telle que l’a développée Marx pâtit de son incapacité à imaginer, à côté de la production de marchandises, d’autres formes de travail productrices de valeur, et subséquemment de son impuissance à voir que le travail reproductif non rémunéré des femmes occupe une place importante dans le processus d’accumulation capitaliste. Cette tache aveugle l’empêche de saisir pleinement l’ampleur de l’exploitation capitaliste de la main-d’œuvre et la fonction du salaire dans la création de divisions au sein de la classe ouvrière, à commencer par les relations entre hommes et femmes. Si Marx avait vu que le capitalisme doit pouvoir compter sur une somme faramineuse de travail domestique accompli « à titre gracieux » pour la reproduction de la main-d’œuvre, et, parallèlement, sur la dévalorisation de ces activités reproductives pour diminuer le coût de la force de travail, il aurait peut-être été moins tenté de penser que le développement capitaliste est inévitable et progressif. Quant à nous, cent cinquante ans après la publication du Capital nous avons au moins trois bonnes raisons de remettre en cause ce postulat du caractère inexorable et progressif du capitalisme ».

    • « Le travail des femmes et leur force de travail sont enfouis au plus profond des structures sociales et économiques du capitalisme ». (David Staples, No place like home)

      « Le capitalisme a sans aucun doute entraîné la surexploitation des femmes. Ce serait tout simplement affligeant s’il s’était ainsi contenté d’accroître la misère et l’oppression mais, par chance, il a aussi nourri des résistances. Et le capitalisme a compris que s’il s’obstinait à les ignorer ou cherchait à les briser, ces résistances risquaient de se radicaliser toujours plus, jusqu’à finir par former un mouvement pour l’indépendance, voire le noyau d’un nouvel ordre social ». (Robert Biel, The new imperialism)

      « Un nouveau facteur de libération apparaît dans le tiers monde : la force productive non rémunérée des femmes qui ne sont pas encore déconnectées de la vie économique par leur travail. Elles sont au service de la vie, pas de la production de marchandises. Elles sont le socle invisibilisé de l’économie mondiale : on estime à 16 000 milliards de dollars l’équivalent en salaire de ce travail au service de la vie ». (John McMurtry, The cancer state of capitalism)

      « D’avoir trop pilonné, le pilon s’est cassé net. Demain je rentre à la maison. Jusqu’à demain, jusqu’à demain… J’ai pilonné tant et tant que demain je rentre à la maison ». (Chanson de femmes haoussa (Nigeria))

  • Marx & Foucault : autour d’un #livre récent | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/marx-foucault-autour-dun-livre-r%C3%A9cent

    Ce livre est important également parce qu’il peut faire l’objet d’une double lecture : une lecture académique ou de spécialiste de Marx et/ou de Foucault, mais aussi une lecture militante. Marx et Foucault renvoient à des œuvres au sens classique du terme, au sens de « la Pléiade », où Foucault vient d’ailleurs d’être introduit. Mais ces noms propres désignent aussi des expériences politiques de plus ou moins grande ampleur. C’est évident pour Marx : il n’y a pas si longtemps, près d’un tiers des habitants de la planète vivaient dans des régimes politiques qui se réclamaient - à tort ou à raison - de lui. Mais c’est également vrai de Foucault, qui a fait l’objet de multiples appropriations extra-académiques, par exemple par des collectifs féministes, dans le mouvement altermondialiste, ou encore en France par les intermittents du spectacle. « Changer le monde sans prendre le pouvoir », le fameux mot d’ordre altermondialiste, qui est aussi le titre d’un ouvrage de John Holloway1, a des accents clairement foucaldiens. Par son objet même, Marx & Foucault invite ainsi à mettre en question la distinction entre « lecture savante » et « lecture militante ».

  • A lire : un extrait de « La #Palestine des ONG », de Julien Salingue | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-palestine-ong-julien-salingue

    « Résister » ou « collaborer ». Tels semblent être, à première vue, les termes de l’alternative imposée à la population des territoires palestiniens occupés. Les Palestiniens se diviseraient ainsi en deux camps, définis par leurs relations avec la puissance occupante et par leur participation, ou non, à la lutte de libération nationale.

    L’histoire d’Hicham al-Rakh, officier dans les forces de sécurité palestiniennes, invite à relativiser, sinon à remettre en question, cette division.

  • A lire : un extrait de « C’est du propre », de Cristina Nizzoli | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-c%E2%80%99est-propre-cristina-nizzoli

    Consacrer une étude au #syndicalisme dans la deuxième décennie des années 2000 n’est pas anodin. Cela implique de le considérer comme un acteur fondamental au sein de nos #sociétés. En ce sens, cet ouvrage se propose de participer au débat sur les possibilités du syndicalisme contemporain en milieu précaire, en se posant de manière claire la question des conditions de son renouvellement.

    Expliquer le contenu des pratiques syndicales dans le secteur de la #propreté a permis de montrer que les dynamiques qui le traversent, aussi bien du point de vue de son mode d’organisation que des caractéristiques de la main-d’œuvre (fortement marquée par les dominations), en font un emblème de la phase de la période néolibérale que nous sommes en train de traverser. Ainsi, l’#externalisation du secteur a permis aux employeurs des entreprises de propreté de réduire le coût du #travail par l’emploi massif du temps partiel et par l’augmentation effrénée du rythme de travail qu’ils imposent à des travailleurs qui, de par leur position dans les rapports sociaux de sexe, de race et de classe, sont assignés au bas de l’échelle du marché du travail.

    #exploitation #précarité

  • À lire : un extrait de « La destruction de l’université française » de Christophe Granger | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/%C3%A0-lire%C2%A0-extrait-destruction-universit%C3%A9-fran%C3%A7aise-chr

    L’#université française a vécu. Les mots d’ordre anciens qui tramaient ses missions d’#enseignement et de #recherche n’ont plus cours. Désormais, c’est à la #compétitivité, à la #concurrence et même à la #flexibilité qu’on rapporte à peu près tout ce qui s’y passe 1. Pareille liquidation n’appartient pas à un lieu : depuis les années 2000 elle a pris corps aux quatre coins du monde. Elle est fille de ce #capitalisme de #crise qui circule partout, et qui n’est pas autre chose au fond qu’un perpétuel #chantage à l’effondrement prochain : l’université va au désastre, nous disent les autorités de tout bord ; pour la sauver, il faut consentir à la misère et à l’insécurité. Quels que soient les noms qu’elle s’est donnés, cette politique a enfanté l’indigence. Partout, elle a voué les professionnels du savoir à l’impuissance et au mensonge. Partout, elle a fait des étudiants de simples consommateurs-payeurs. Et partout elle a ravalé les connaissances au rang d’une triste marchandise.

  • Bonnes feuilles de « Tunisie : la révolution et ses passés » (de Nicolas Dot-Pouillard) | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-tunisie-r%C3%A9volution-ses-pass%C3%A9s-nicolas-dot-poui

    En somme : si la révolution tunisienne a bien sonné le glas d’une époque en partie révolue – celle du paradigme autoritaire et d’une « théologie politique » faisant des héritiers proclamés des premières indépendances des souverains intouchables – elle a aussi fait œuvre de remémoration et de réactivation d’un passé qui, s’il n’était pas complètement enfoui, n’en attendait pas moins d’être réveillé. Il s’agit peut-être bien aujourd’hui de lier l’étude des conflictualités actuelles à l’œuvre en Tunisie, rendant parfois l’avenir même de la révolution incertain, à certains héritages politiques et historiques pérennes.

    #Tunisie#révolution#Ennahdha#

  • Compte-rendu du numéro 54 d’Agone : « Les beaux quartiers de l’extrême droite »
    http://www.contretemps.eu/lectures/compte-rendu-num%C3%A9ro-54-dagone-beaux-quartiers-lextr%C3%AAme-droite

    Les forces, hétérogènes, qui composent cette extrême droite européenne risque de constituer un sujet de préoccupation pendant encore de longues années. Le débat concernant la manière de les combattre, avec quelles stratégies et quels moyens, traverse la gauche. Il confronte différentes approches et ce n’est pas ici le lieu pour trancher un débat aussi difficile. Mais s’il y a une approche qui est assurément erronée, qui a fait la preuve de son caractère trop limité, c’est celle du mépris intellectuel : sous-estimer son ennemi, le réduire systématiquement à une force qui serait d’abord marquée par sa stupidité, lui dénier toute capacité intellectuelle, n’est pas un bon moyen d’avancer contre l’extrême droite. Source : (...)

  • A lire : Un extrait de « Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) » de Guillaume Davranche
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-trop-jeunes-mourir-ouvriers-r%C3%A9volutionnaires-face-guer

    Cela ne décourage pas Pierre Dumas, qui développe une argumentation très moderne pour l’époque. Grâce à la semaine anglaise, explique-t-il, l’homme « sera amené à prendre sa part des travaux qui sont exclusivement abandonnés à la femme. Il n’est plus possible de se cantonner derrière le préjugé que les soins ménagers sont du ressort exclusif de la femme. […] Puisqu’elle doit, comme l’homme, être une salariée, passer dix heures à l’atelier, apporter sa paye, les travaux qui lui prenaient tout son temps doivent être partagés. »

    En raison sans doute des événements extérieurs – coup d’Agadir, 1re affaire du Sou du soldat, réactivation des lois scélérates, mouvement contre la vie chère – il faut attendre mars 1912 pour que débute la campagne pour la semaine anglaise.

    L’article de cadrage paru dans La Voix du peuple reste dans un schéma patriarcal en expliquant que si cette revendication triomphe, les femmes pourront concilier travail salarié, travail domestique et repos dominical, oubliant au passage la question du partage des tâches ménagères. Quelques semaines plus, le journal publie un dessin s’adressant spécifiquement aux ouvrières : on y voit une femme à l’atelier en semaine ; s’occupant de son intérieur le samedi après-midi ; passant son dimanche en loisir.

    #histoire #France

  • « Nous, putes » | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/%C2%AB-nous-putes-%C2%BB

    Les luttes des #putes insiste sur la nécessité de qualifier la #prostitution comme un #travail et dresse le parallèle entre le travail #domestique et le travail sexuel. La notion de « sex work » a été forgée par Carol Leigh en 1978 alors qu’elle assistait à un atelier intitulé « #Industrie de l’#exploitation du sexe » à l’occasion de la conférence Women Against #Violence in Pornography and Media à San Francisco. Thierry Schaffauser la cite :

    « Comment pouvais-je m’asseoir avec ces femmes comme une égale si elles me chosifiaient ainsi, si elles me décrivaient comme quelque chose qu’on ne fait qu’exploiter, niant par le fait même mon rôle de sujet et d’agente dans cette transaction ? Au début de l’atelier, j’ai suggéré qu’on change ce titre pour parler plutôt de l’industrie du “travail du sexe” parce que cela décrivait ce que les femmes y faisaient »10. (p. 18)

    Si cette notion a pour but premier de dé-stigmatiser la prostitution et d’ouvrir un nouvel espace de revendication pour les prostituées, l’affirmation du sexe comme travail permet en outre de déstabiliser les #dichotomies – natures versus culture, travail versus famille, public versus privé – qui organisent les relations entre les sexes et les sexualités11. En considérant le travail sexuel comme « une des formes de travail invisible et jugé improductif, requis de la part des femmes afin de contribuer à la reproduction sociale du (vrai) travail » (p. 139), féministes et travailleur.se.s du sexe activistes dénaturalisent la sexualité et rendent visible les tâches spécifiques assignées aux femmes au sein de la division sexuée du travail. Or, la politique d’« exception sexuelle » qui organise les cadres de la réflexion contemporaine sur la #sexualité en France et plus largement dans le monde occidental repose sur l’idée que la sexualité constitue en quelque sorte le dernier bastion d’un don libre d’économie12. À l’instar de l’exception culturelle, la sexualité doit être, selon le phrasé abolitionniste, soustraite à la logique du marché d’où la virulence des polémiques autour de la prostitution. Les travailleur.se.s du sexe, en monétisant explicitement l’échange sexuel, rendent visible le fait qu’ils réalisent un travail et « donnent ainsi du pouvoir à d’autres femmes qui, dans la sphère privée, subissent des pressions pour être à la disposition sexuelle des hommes sans en tirer un intérêt personnel » (p. 115). Par là même, il s’agit de déjouer l’illusion de #gratuité des relations sexuelles, mais également de souligner que la #monétisation du corps n’est pas le monopole de la prostitution. Contre le principe moral qui voudrait que le corps ne soit pas une marchandise, Thierry Schaffauser adopte une perspective marxiste soulignant que pour l’essentiel des travailleurs, le travail relève de fait d’une exploitation de leur corps : le prolétaire loue bien ses bras pour travailler. En réinscrivant la prostitution dans le champ du travail, Les #luttes des putes invite ainsi à reposer les termes du débat et, de l’usage du corps dans le travail sexuel en particulier, à réfléchir à l’usage du corps dans le travail en général. Sans pour autant faire du travail sexuel « un travail comme les autres », l’auteur veut au contraire voir ce qui dans le travail sexuel trouble le #capitalisme et le #patriarcat.

    cc @mona

  • Les luttes pour le salaire ménager : théorie et pratique
    http://www.contretemps.eu/lectures/luttes-salaire-m%C3%A9nager-th%C3%A9orie-pratique

    La possibilité de faire ainsi converger des luttes spécifiques vers une revendication commune est évidemment à mettre en lien avec l’inspiration opéraïste des militantes et théoriciennes telles que Mariarosa Dalla Costa, selon laquelle ces différents lieux de lutte constituent « l’autre usine », l’usine sociale : le travail des « ouvrières du trottoir », des « ouvrières de la maison » – jusqu’ici considéré exclusivement comme porteur d’une valeur d’usage – acquiert ainsi une reconnaissance en tant que travail productif, puisque c’est lui qui produit et reproduit la force de travail. Si ce travail n’a pas été considéré comme tel jusqu’à alors, c’est parce que, considéré comme naturel, allant de soi pour les femmes, comme un « travail d’amour », pour reprendre le titre de l’ouvrage de Giovanna Franca Dalla Costa (Un lavoro d’amore), il n’a jamais été salarié ; ou plutôt, c’est parce qu’il n’a jamais été salarié qu’il n’a pas été considéré comme travail. Il sera ici profitable, afin de mieux saisir les dynamiques de cloisonnement entre le travail à la maison, considéré comme non productif et donc non rémunéré, et le travail à l’extérieur, considéré comme productif et donc rémunéré, de lire ces théories au regard de l’ouvrage Caliban et la sorcière de Silvia Federici, qui offre une description du processus de formation de la figure de la « ménagère » dans la transition du féodalisme au capitalisme. En permettant l’intégration des « sans salaire » à la classe ouvrière, ces théories invitent donc à une meilleure compréhension du fonctionnement de l’exploitation capitaliste, notamment de la manière dont le salaire organise également l’exploitation des non-salarié-e-s.

    #féminisme #livres #édition

  • La médicalisation de l’échec scolaire avec Stanislas Morel
    http://www.loldf.org/spip.php?article475

    Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité... On a parlé d’éducation, d’échec scolaire et des inégalités à l’école avec le sociologue Stanislas Morel qui vient de publier "La médicalisation de l’échec scolaire" aux éditions la dispute. Présentation de l’éditeur : "Phobie scolaire, dyslexie, précocité intellectuelle, hyperactivité : les enseignants et les professionnels du soin sont aujourd’hui submergés par les demandes de traitement de « difficultés scolaires » imputées à un ensemble de plus en plus étendu de « troubles ». Comment expliquer cette manière de concevoir l’échec scolaire comme un problème strictement individuel et de nature psychologique ou médicale ? Dans cette enquête, l’auteur, maître de conférences en sociologie, questionne la médicalisation de l’échec scolaire et montre (...)

    • A lire : un extrait de « La médicalisation de l’échec scolaire » de Stanislas Morel
      http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-m%C3%A9dicalisation-l%C3%A9chec-scolaire-stanislas-morel

      Les analyses ont aussi permis d’interroger les effets réels de la médicalisation de l’échec scolaire. A bien des égards les deux principales approches médico-psychologiques de l’échec scolaire (psychanalyse et neurosciences cognitives) ne produisent pas, à proprement parler, de traitement médical de l’échec scolaire. La première tente de contourner la demande de résolution des problèmes scolaires en rapportant les difficultés des enfants à des problèmes psychoaffectifs sous-jacents. Elle ne prétend donc pas s’attaquer directement à l’échec scolaire. A l’exception des traitements médicamenteux qu’elle propose aux enfants hyperactifs, la seconde, s’appuie surtout sur une pédagogie scientifique fondée sur les neurosciences cognitives. Preuve de cette omniprésence du scolaire, les controverses actuelles entre neurosciences et approches inspirées de la psychanalyse rejouent, au sein du monde médical, certaines grandes questions qui traversent depuis des siècles le monde de l’éducation et plus particulièrement les débats sur l’échec scolaire : Comment transmettre des savoirs ? Quelle place accorder aux savoirs scolaires ? Doit-on traiter la difficulté de front ou la contourner ? La cause des difficultés d’apprentissage doivent-elles être cherchées dans l’histoire du « sujet » ou dans une défaillance technico-pédagogique ?

    • merci du signalement

      le véritable enjeu de la médicalisation actuelle des difficultés d’apprentissage n’est pas tant la mise au point d’un traitement efficace de l’échec scolaire qu’un double transfert de la légitimité pédagogique. Tout d’abord des sciences humaines et sociales vers les sciences expérimentales. Ensuite, des métiers de l’enseignement vers les professionnels du soin.

  • Contretemps Web signale la parution récente d’un dossier de la revue Viewpoint Magazine sur l’#État

    Cf. http://viewpointmag.com/2014/10/30/issue-4-the-state (via @felixboggio)

    Viewpoint Magazine est une revue de théorie marxiste en ligne basée aux États-Unis, initiée dans le cadre des débats autour des mouvements #Occupy. Il s’agit d’une publication ouverte sur les nouvelles formes de radicalités et portée théoriquement sur les traditions révolutionnaires extraparlementaires, ultra-gauche et opéraïstes. Sans sectarisme, ni esprit de chapelle, Viewpoint Mag propose régulièrement des livraisons thématiques, sollicitant des contributeurs contemporains mais aussi traduisant ou republiant des analyses plus anciennes du mouvement révolutionnaire européen – en particulier la séquence rouge des années 1960 et 1970 en Italie, France et Allemagne. 

    Dans ce numéro sur l’État, Viewpoint Mag propose des investigations aussi bien théoriques, philosophiques que stratégiques de l’État, du point de vue d’une politique communiste. La revue convoque une grande pluralité de références, allant des classiques de l’opéraïsme (Panzieri sur le contrôle ouvrier), pour aborder aussi les tournants critiques du mouvement (l’« autonomie du politique » de Tronti), jusqu’au mémoire de maîtrise de Daniel Bensaïd – pour la première fois traduit en anglais –, en passant par la gauche extraparlementaire allemande influencée par l’#École_de_Francfort (le tristement oublié Hans-Jürgen Krahl, véritable jonction entre Adorno et Rudi Dutschke). Ces fragments de la tradition révolutionnaire européenne sont complétés par des investigations théoriques du problème stratégique contemporain. Après la remise en circulation de l’« Idée du communisme », comme a pu le faire Alain Badiou (ou même, à sa manière, Antonio Negri), comment les mouvements doivent-ils articuler leurs pratiques à l’État ? Comment inventer une politique « à distance de l’État » qui soit aussi une politique pensée en termes d’hégémonie ? Enfin, quel bilan tirer d’expériences de pouvoir populaire comme la Révolution culturelle chinoise ou, plus proche de nous, la révolution bolivarienne au Venezuela ? Ces questions cruciales, qui n’épuisent pas ce numéro – on serait tenté d’évoquer aussi le débat, largement ignoré en France mais remis au goût du jour par le Comité invisible, sur la logistique comme pouvoir et le blocage des flux comme résistance – sont l’objet d’une attention éditoriale soutenue, exigeante, pour mettre en dialogue les points hauts de la tradition révolutionnaire, ainsi que les grands noms de la pensée marxiste d’aujourd’hui : Jodi Dean, Panagiotis Sotiris, Alex Demirovic, Nina Power, Gavin Walker, Alberto Toscano, Sergio Bologna, ou encore Sandro Mezzadra.

    http://www.contretemps.eu/lectures/viewpoint-magazine-%E2%80%93-num%C3%A9ro-sp%C3%A9cial-sur-%C3%A9tat

  • Thomas Piketty refuse la Légion d’honneur, Médias
    http://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0204049800735-thomas-piketty-refuse-la-legion-dhonneur-1079442.php

    L’accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes.

    Il est où le « que sais-je » qui me permettra d’apprendre ce qu’il convient de comprendre d’une telle phrase ?

    • Pas besoin d’un Que sais-je, il me semble. Il y a davantage d’acheteurs de livres qui voudraient croire à la possibilité d’un réformisme que d’aptitude au réformisme parmi des gouvernants dont les contre réformes sont l’activité principale.

      Piketty fait le #conseiller_du_Prince (il vient d’avoir rdv avec les conseillers d’Obama) et était proche du #P.S comme de tout ce qui grenouille du côté de la domination (même incantation de « la #croissance »). Si son (faux) Le capital s’est bien vendu, ses propositions de #réforme_fiscale (pour un impôt plus progressif) sont non seulement restées lettre morte mais ont été contredites par la politique d’un gouvernement (hausse de la TVA, par exemple) qu’il avait soutenu et espérait conseiller. Accueil tiède de la part du gouvernement pour ses thèses car ils ne veulent surtout pas admettre que l’accumulation de richesses engendre des inégalités plus fortes. Bref, querelle entre crypto-keynésiens et authentiques adeptes de la pensée HEC. Par delà ces bisbilles, l’économie reste la #politique_du_capital.

      En refusant la légion d’honneur, Piketty fait son auto-promo (lui au moins se distingue) et nous fait, malgré tout, le plaisir de voir l’année commencer par une petite gifle au gouvernement « pas en mesure de décider de l’honneur » (euphémisme).

      Ce que disait Didier Éribon critiquant Piketty :
      La gauche contre elle-même
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/10/la-gauche-contre-elle-meme_4414550_3232.html

      (...)en insistant sur le mérite personnel comme fondement juste des inégalités, on renvoie à leur responsabilité individuelle, à leur manque de talent ou de compétence tous ceux qui ne réussiront pas à sortir de la pauvreté.

  • La médicalisation de l’échec scolaire
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-m%C3%A9dicalisation-l%C3%A9chec-scolaire-stanislas-morel

    La médicalisation de l’échec scolaire est un phénomène social qui résulte de l’action convergente d’acteurs ou de groupes d’acteurs appartenant à des univers sociaux très différents : hommes politiques, hauts fonctionnaires et experts chargés de définir les politiques de lutte contre l’échec scolaire, chercheurs, professionnels du soin, enseignants, parents, etc. Si la médicalisation est le produit de transformations globales (sanitarisation de la société, individualisation des politiques publiques, relativisation des facteurs sociaux, etc.), elle n’est intelligible qu’à condition de restituer les logiques spécifiques à travers lesquelles elle est appréhendée et mise en œuvre dans chaque univers. (...) Source : (...)

  • Recension : Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales.
    http://www.contretemps.eu/lectures/recension-tribunal-couples-enquête-sur-affaires-familiales

    Au tribunal des couples présente les résultats d’une #enquête sociologique, mais l’ouvrage n’est pas qu’un exercice académique : il constitue un outil très intéressant pour les militant·e·s qui se penchent sur la #famille, en particulier sur les inégalités entre hommes et #femmes telles qu’elles sont structurées dans la sphère familiale, et à la manière dont le droit et le système judiciaire agissent sur ces #inégalités. Comme le titre l’indique, l’enjeu de cette étude collective est de comprendre des « affaires familiales » de séparation, de #divorce, de dispute sur le montant d’une pension alimentaire ou sur la garde des #enfants en se penchant sur l’institution judiciaire : les #tribunaux de grande instance. La #justice familiale constitue ce que les auteur·e·s appellent une « justice de masse » : 400 000 nouvelles procédures sont engagées chaque année, 190 000 jugements sont rendus annuellement sur la prise en charge des enfants de couples séparés ou divorcés (pension alimentaire, hébergement). Dans les quatre tribunaux étudiés par les sociologues, chaque juge aux affaires familiales a traité en moyenne 885 affaires pour l’année 2010. Analyser le fonctionnement et les effets de la justice familiale permet non seulement de saisir une expérience vécue par un grand nombre de personnes issues de tous les milieux sociaux, mais aussi de comprendre comment l’État, par le droit et la justice, contribue à donner forme à la famille, à en définir les contours et le fonctionnement légitimes. Nous verrons en particulier que la régulation juridique des affaires conjugales distribue des rôles différenciés aux hommes et aux femmes, ces dernières étant chargées d’office de l’entretien quotidien et de l’#éducation des enfants.

    [...]

    Sans pouvoir en restituer toute la richesse, je résume ici quelques enjeux saillants de l’ouvrage : tout d’abord le fonctionnement de la justice aux affaires familiales et les effets différenciés de ce fonctionnement selon la #classe sociale des justiciables ; ensuite le rôle de la justice aux affaires familiales dans la reproduction du pouvoir des hommes sur les femmes et les enfants ; et enfin la façon dont le règlement judiciaire des séparations conjugales assure la préservation de l’ordre social et du #pouvoir de la bourgeoisie.

    #domination #reproduction #patriarcat #livre

  • Carrés rouges. Regards sur le « printemps érable »
    http://www.contretemps.eu/lectures/carr%C3%A9s-rouges-regards-sur-printemps-%C3%A9rable

    Plus de deux ans et demi après le mouvement social de l’hiver et du printemps 2012 au Québec, sa postérité éditoriale est impressionnante ! Au fil des mois, plusieurs ouvrages importants ont été publiés, sous différents formats : récits « profanes » de la grève (Collectif, 2013), analyses politiques (Ancelovici & Dupuis-Déri, 2014) ; livres de photos (Nadeau, 2012), bande-dessinée (Collectif, 2012), et même une anthologie (Bonenfant & al., 2013), pour n’en citer que quelques uns. La multiplication des publications est à la hauteur de l’onde de choc que le mouvement a provoqué sur la société québécoise et au-delà.

    #grève #Québec #Canada

  • À lire : un extrait de « Mai 68. Un pavé dans leur histoire » de Julie Pagis | Contretemps
    http://www.contretemps.eu/lectures/à-lire-extrait-mai-68-pavé-dans-leur-histoire-julie-pagis

    Julie Pagis, sociologue au CNRS, a publié en octobre 2014 un ouvrage intitulé #Mai_68. Un pavé dans leur #histoire, qui retrace les parcours de celles et ceux qui ont vécu Mai 68 en posant la question des effets de cet événement sur leur trajectoire professionnelle, politique, amoureuse, etc. Avec le portrait d’Anne, dont nous publions des extraits, on peut lire les effets de la « discordance entre des aspirations et les possibilités effectives de les satisfaire ». Comment rester fidèle à la #contestation de l’ordre dominant après l’expérience de Mai 68 ?