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https://www.mediapart.fr

  • En #Thaïlande, avec le parti des #Commoners | Portfolios | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/en-thailande-avec-le-parti-des-commoners

    Après cinq ans de dictature militaire, la Thaïlande se rend aux urnes le 24 mars. Même si les règles ont été manipulées par la junte au pouvoir, des dizaines de partis se présentent dans un élan d’enthousiasme civique. Les Commoners (« Gens du peuple ») sont une petite formation née des nombreuses #lutte_environnementales du pays, mêlant villageois affectés par des projets de mines ou de barrages et un groupe de jeunes militants des droits de l’homme de l’Issan, une province déshéritée du Nord-Est. Portraits de candidats qui livrent bataille aux marges du pays pour la survie économique et politique de leurs #communautés .

    L’un des intérêts des #communs est qu’ils donnent un cadre pour les récits et les perspectives politiques de militants de base, notamment pour la #justice_environnementale. Ici en Thailande.


  • Profession : Haut Commissaire à la tromperie sociale | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-economistes-atterres/blog/210319/profession-haut-commissaire-la-tromperie-sociale

    Premièrement, il a confirmé que le futur système à points inciterait à travailler beaucoup plus tard que 62 ans. Le faible nombre de points lorsqu’on aura eu une carrière à trous (temps partiel et maternité pour les femmes, chômage…) et/ou à faibles salaires pourrait être compensé par des points supplémentaires en travaillant jusqu’à extinction des forces. Il s’ensuit que le principe de « la liberté pour chacun de choisir » le moment où il part en retraite, décliné à l’envi par le Haut Commissaire, est un déguisement de l’obligation pour beaucoup de travailleurs et surtout de travailleuses à travailler toujours plus longtemps pour avoir une pension décente, en susurrant que l’âge qui permet d’équilibrer le système de retraite est de 63 ans ou 63 ans et demi.


  • « Allo Place Beauvau » : Grand Prix du Jury du Journalisme 2019
    http://www.davduf.net/allo-place-beauvau-grand-prix-du-jury-du

    Un immense merci à tous ceux qui m’aident ou m’ont aidé dans ma démarche : victimes, proches et familles des victimes, twittos, associations, collectifs, street-medics, anonymes des rond-points, syndicats de #Police, ONG, politique de Paris, Strasbourg ou d’ailleurs. Un merci particulier à Perline, Mathilde S, au studio Etamin, à VisionCarto pour leur énergie et leur savoir faire autour de notre data-visualisation hébergée et soutenue par Mediapart. On avance, on avance. Le Grand Prix distingue le (...)

    Police

    / Prix & Récompenses, Une

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  • Des policiers témoignent : « On est obligé d’accepter des instructions illégales » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales

    Les officiers de police judiciaire d’un commissariat parisien dénoncent les « instructions illégales » de leur hiérarchie, en particulier lors des manifestations des « gilets jaunes ». Dans un mail que Mediapart a pu consulter, il est écrit que, sur ordre de la préfecture de police de Paris, les personnes interpellées doivent être systématiquement placées en garde à vue.

    #paywall

    • Six officiers de police judiciaire (OPJ), soit la totalité du service de leur commissariat parisien, ont, en février et pendant plus d’un mois, interrompu leur activité pour protester contre les instructions « liberticides » que leur imposait leur hiérarchie, notamment lors des manifestations des « gilets jaunes ». Ils se sont mis, en alternance et parfois à tour de rôle, en arrêt de travail – certains le sont encore aujourd’hui.

      Jusqu’à présent, les consignes étaient données oralement. Mais un mail daté du samedi 9 mars 2019 émanant de l’état-major du district de l’est parisien, le plus important de la capitale, stipule, suivant les indications de la préfecture de police de Paris, qu’après « les éventuelles interpellations “GJ” qui [leur] seront attribuées par l’EM [l’état-major], […] [les personnes] devront être systématiquement placées en GAV [garde à vue] ».

      Sylvain* (voir notre Boîte noire), 38 ans, OPJ dans l’est parisien, explique : « Nous sommes réquisitionnés comme commissariat de délestage pendant les week-ends afin de traiter les interpellations des gilets jaunes. »

      Son service, la brigade de traitement judiciaire en temps réel (BTJTR), est dédié aux affaires de flagrant délit. « Dans le jargon, le ramassage, c’est le tout-venant, précise-t-il. Ensuite, en fonction des faits, nous dispatchons, si besoin dans des services spécialisés, et nous gardons les affaires de flagrant délit. Lorsqu’une personne est arrêtée et ramenée à notre commissariat, nous devons décider de la placer ou pas en garde à vue. »

      La garde à vue est en théorie prévue lorsqu’il y a des raisons de penser qu’une personne « a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit ». Elle doit être justifiée par l’un des six motifs prévus par la loi.

      Or, depuis le début des manifestations des gilets jaunes, s’insurge l’officier, « les consignes sont les suivantes : placer systématiquement les gilets jaunes arrêtés en garde à vue. Il s’agit souvent d’arrestations préventives. C’est-à-dire qu’en termes de droit, rien n’est respecté. Dans le mail que nous avons reçu, il est écrit noir sur blanc que l’état-major ordonne que la garde à vue doit être systématique. C’est complètement illégal ».

      Contactée par Mediapart, la préfecture de police de Paris a refusé de répondre à nos questions concernant ces instructions.

      Sylvain* rapporte le cas d’un manifestant venu de province et interpellé à la sortie du train, avec un simple masque en papier blanc, ou d’un autre muni d’une pancarte. « Ils ont été arrêtés pour port d’armes prohibées ! Alors qu’il s’agit d’un masque de bricolage en papier ou d’une pancarte. C’est très inquiétant pour les libertés publiques. L’autre motif d’arrestation fourre-tout est de “participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens”. »

      Introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, pour arrêter de manière préventive les « casseurs », cette infraction est passible d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

      « Lorsqu’on interpelle la personne, elle n’a donc commis aucune infraction, tout est potentiel, “préventif”. Pour moi, c’est, de ce fait, abusif, déplore Sylvain*. Nous sommes devenus une machine à “boîter”, à enfermer en cellule. »

      Il a tenu à informer sa hiérarchie qu’il ne placerait pas systématiquement en garde à vue des personnes qui n’avaient pas à l’être. « La réponse qui m’a été faite, à l’oral bien sûr : “Je vous ai donné les instructions. Même s’il n’y a pas d’infraction, vous placez en garde à vue.” Ces instructions viennent de la préfecture de police de Paris et au-dessus, du ministère de l’intérieur. »

      La révélation de ces « abus » intervient après la diffusion de la note du 12 janvier de Rémy Heitz, procureur de la République de Paris. Sous l’intitulé « Permanence gilets jaunes », des directives aux procureurs visaient à réprimer le mouvement. Il y était demandé de maintenir en garde à vue des personnes dont le cas avait pourtant fait l’objet d’un classement sans suite, et cela jusqu’au samedi soir, voire au dimanche matin, afin d’empêcher les interpellés de manifester. « Une atteinte très grave à une liberté fondamentale », commentait Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France, dans un article à lire ici.

      Les consignes de la préfecture de police de Paris demandant de placer systématiquement en garde à vue relèvent de la même logique et la complètent : on interpelle, on place en garde à vue dans tous les cas et l’on maintient en détention les personnes interpellées, même quand on n’a définitivement rien à leur reprocher.

      En choisissant de devenir policier, Sylvain* espérait « rendre justice, un rêve d’enfant », ironise-t-il, sans savoir s’il va désormais continuer dans cette voie. « Je n’ai pas envie d’être utilisé comme un outil par le gouvernement pour servir une politique qui va à l’encontre des libertés fondamentales, en particulier celle de manifester. »

      Il n’est pas le seul à avoir refusé d’appliquer ces directives. Faute d’être entendu par ses supérieurs, Thomas*, 34 ans, a dû s’arrêter pour épuisement professionnel, ne supportant plus d’« enfreindre la loi, alors qu[’il est] là pour la faire respecter ».

      Selon lui, sur des « sujets sensibles » comme les gilets jaunes, « le judiciaire est devenu la boîte à outils du politique. Si on refuse d’obéir, en tant qu’OPJ, on est le fusible qui saute pour faute lourde. Du coup, on est obligé d’accepter des instructions illégales jusqu’au burn out ou à la dépression ».
      « Vous n’êtes pas là pour faire de la qualité, mais vous êtes là pour faire de l’abattage »

      Thomas* se souvient des premiers week-ends de manifestation des gilets jaunes. « C’étaient les plus tendus. Les personnes qu’on nous ramenait au commissariat, c’était de pauvres gens, des pères de familles qui, comme 90 % des gilets jaunes, étaient juste à Paris pour manifester. Ils ne connaissaient pas leurs droits et ne pouvaient même pas se rendre compte que leur garde à vue était abusive. À l’issue, la majorité n’ont rien eu. »

      Le 8 décembre, par exemple, plus de la moitié des 820 personnes mises en garde à vue ont fait l’objet d’un classement sans suite. Et sur les 264 personnes présentées à un magistrat, 160 ont reçu un simple rappel à la loi, acte qui n’est pas inscrit sur le casier. « Ce jour-là, précise Thomas*, on a dû entasser les gens. Alors que notre commissariat a 16 places en cellules, on y a placé plus de 30 personnes. Et sur ces 30, 25 ont fait l’objet d’un classement sans suite. »

      « C’est une entrave aux droits fondamentaux : les arrestations préventives se poursuivent par des gardes à vue abusives. On pourrait dire que les gilets jaunes, c’est un peu la goutte d’eau… », poursuit Thomas*. Depuis un an et demi, les effectifs se réduisent. Sur les 17 OPJ initiaux du service, il n’en reste plus que 6.

      « Il y a une désaffection pour ce que l’on fait. On doit répondre sans cesse à une politique du chiffre, d’affichage, qui vient servir les intérêts des commissaires. Ils peuvent éventuellement finir dans le corps préfectoral. Ils ont des primes qui peuvent être majorées à la fin du mois en fonction des résultats. »

      Tous les policiers ont une part indemnitaire dans leur salaire. Pour les commissaires, il s’agit de l’IRP, l’indemnité de responsabilité et de performance, qui a une part variable, pouvant être majorée de 20 à 40 %, en fonction notamment de la charge de travail, de la mise en œuvre de projets ou d’objectifs annuels à atteindre.

      La politique du chiffre n’a rien de nouveau. Seules ses cibles varient. « Par exemple, on a des “opérations cigarettes”, dans certains quartiers de Paris, pour arrêter les vendeurs à la sauvette. Quel intérêt ? On ne s’en prend pas aux organisateurs du trafic. Autant dire que ça ne sert à rien, si ce n’est à gonfler les statistiques. Le commissaire peut s’enorgueillir d’avoir fait 1 000 GAV dans le mois. »

      Pour Thomas*, ces opérations ne contribuent pas à renforcer le maintien de l’ordre public mais l’affaiblissent. Il décrit le jour où « un fou, armé d’un couteau, avait blessé une passante. Nous avions besoin d’envoyer des renforts sur place pour le maîtriser. Or, les effectifs étaient mobilisés pour interpeler des vendeurs à la sauvette. L’état-major du district nous a fait savoir qu’ils n’en bougeraient pas, puisque c’était une priorité. »

      Cette utilisation des forces de l’ordre soulève non seulement la question de la sécurité publique mais là encore celle de la légalité des procédures. Les OPJ n’étant pas assez nombreux, « il est devenu régulier, aujourd’hui, que des assistants de police judiciaire [APJ] écrivent des actes à notre place, alors qu’ils n’en ont pas le droit, notamment en matière de garde à vue. Je n’ai plus qu’à signer la procédure, mais, faute de temps, je ne vérifie que la forme et pas le fond. Je deviens un prête-nom, avec les risques que cela représente. Ça s’apparente à un faux en écriture. »

      Thomas* précise qu’en cas de prolongement de la garde à vue, si l’APJ « s’est pris la tête avec la personne arrêtée, et s[’il] est mal intentionné, il peut prolonger sous un prétexte fallacieux la garde à vue. De mon côté, je vais signer, dans ce cas, une procédure abusive. »

      « Ce qui est le plus dur, confie l’officier, c’est la perte de sens de notre travail. Nous sommes commandés par des incompétents qui ne connaissent pas le métier et gèrent les gens comme des pions. Dans notre service, un collègue est en arrêt pour dépression, ne se retrouvant plus dans les ordres donnés, un autre s’écroule en larmes, chaque matin, en venant au travail. »

      Ce jeudi 14 mars, le médecin du travail de la préfecture de police de Paris s’est opposé à ce que deux officiers (sur six) de ce service reprennent leur activité, leur état étant jugé trop fragile.

      Les syndicats Alliance et Unité SGP-FO ont réagi dans des tracts, dénonçant le « burn out » des OPJ. Ils demandent le recrutement d’officiers supplémentaires et la diminution de la capacité d’accueil des gardes à vue. « Des tracts, c’est tout ce qu’ils savent faire, estime Thomas*. Ils n’ont pas compris que ce sont les ordres, la politique en matière de maintien de l’ordre qu’il faut changer pour que l’OPJ puisse retrouver sa mission initiale. Mais le syndicalisme policier, c’est un syndicalisme de jaunes. Ils sont dans un consensus perpétuel avec la hiérarchie, en échange d’avancements de carrières. À mon sens, c’est de la corruption. »

      Sylvain* et Thomas*, qui ont préféré parler sous couvert d’anonymat, savent que leurs témoignages déclencheront une enquête en interne pour retrouver ceux qui ont « osé contester la hiérarchie ». Ils rappellent le sort réservé à Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat Vigi, syndicat de police minoritaire, passé en conseil de discipline, le 20 février dernier, pour avoir notamment dénoncé la « dérive autoritaire » du gouvernement lors des manifestations des gilets jaunes.

      « Mais, après en avoir parlé avec l’ensemble de nos collègues, explique Sylvain*, nous avons décidé de le faire pour que la vérité soit entendue. Le devoir de réserve a bon dos et permet de couvrir des ordres et des actes illégaux de la police. » Il y a eu des précédents. Afin de protester contre la surcharge de travail, induite notamment par la politique du chiffre, des services d’officiers de police judiciaire ont déjà, il y a un an, cessé leur activité dans deux autres commissariats parisiens. « Mais cela n’a rien changé », regrette Sylvain*.


  • Comme j’ai encore entendu ce matin Benjamin Griveaux, plus que jamais pitoyable, s’enfoncer dans le deni de sa propre violence (puisqu’il repréente le gouvernement), je voudrai faire un petit rappel en passant :

    https://visionscarto.net/allo-place-beauvau

    https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

    Il est impossible que les responsables de ces blessures, de ces vies brisées, ne répondent pas de leur actes devant la justice d’un état qu’on espère encore de droit

    –—

    Pour mémoire parce que ça restera dans les annales des questions (journalistes) et réponses (monde macronien) :

    Journaliste (Léa Salamé) : « Que répondez-vous aux ophtalmologistes qui collectivement s’inquiètent du nombre élevé et de la gravité des blessures [irréparables] aux yeux liées à l’usage ds LBD ? »

    Représentant du gouvernement (Benjamin Griveaux) : « S’il y a un usage abusif de LBD, il faut que ça fasse l’objet d’un signalement. Mais les forces de l’ordre font face à des personnes qui infiltrent les manifstations pour aller tuer les forces de l’ordre ».

    Le niveau de la réponse est affligeant. On sent presque qu’il a tellement honte de lui, qu’il ne répond pas à la question, en réalité, il fonce dans le mur en embrayant sur les mensonges gouvernementaux habituels.

    Ce qui est inquiétant, comme toujours avec les représentants de LaREM c’est qu’ils puissent toujours répondre par ces gros mensonges sans que personne, ni lss journalistes ni les autres contradicteurs ne les reprennent. (Macron, c’est depuis le début "le gouvernement par le mensonge", le langage Marketing, l’usage - comme le dit son ancien patron de la banque Rothschild de style "equity story" ou comme le dit encore plus clairement Alain Minc "heureusement que Macron était élégant et intelligent parce qu’il faisait [quand il était banquier d’affaire] un métier de pute" :visiblement il en a importé les méthodes dans sa présidence).

    Or, David Dufresne le montre, les témoignages crédibles sont très nombreux : l’essentiel des blessé·es graves par LBD étaient des manifestant·es pacifiques, qui ne posaient aucun problème de sécurité, qui ne faisaient peser aucune menace sur les forces de l’ordre et parfois même étaient des simples passants (comme cet enfant à Strasbourg qui sortait juste d’un magasin où il avait acheté un blouson).

    Ce qui m’inquiète aussi c’est qu’un gouvernement qui a la responsabilité de gérer un état et ses citoyens fasse aussi peu de cas d’un principe fondamental qui devrait être appliqué dans un état de droit : le principe de précaution. Et ce princpe de précaution aurait du être appliqué depuis très longtemps - au regard du nombre et de la gravité des blessures infligées par l’usage de ces armes (LBD et Grenades).

    Comment ne pas être dans une immense colère.


  • 8 mars 2019. Mondialisation de la lutte des femmes contre les violences de toutes sortes | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/michel-lyon/blog/070319/8-mars19-mondialisation-de-la-lutte-des-femmes-contre-les-violences-

    Le 8 mars 2019 marquera un bond des luttes des femmes à la fois ancrées par le refus de tous les asservissements et par leur mondialisation. Or ces asservissements sont intimement liées à l’oppression des racisé.e.s, des précarisé.e.s, réfugié.e.s, et de tous les exploités, de tous les dominés, de tous les invisibilisés, de tous ceux qu’on veut éliminer. Les luttes de tous en seront dynamisées.

    #féminisme #8_mars


  • #Harcèlement sexuel au #travail: 5 années de travail, en accéléré | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/270219/harcelement-sexuel-au-travail-5-annees-de-travail-en-accelere

    En 2016, 2017, on a commencé avec les collègues à intégrer la question du harcèlement sexuel au travail dans toutes nos interventions. A chaque fois, il se passait la même chose. C’était devenu une sorte de comique de répétition, mais en version pas drôle.

    On savait qu’à chaque fois, on allait assister à la même scène.

    La formatrice : « On va parler du harcèlement sexuel au travail »

    Les stagiaires : « On n’en n’a pas chez nous »

    La formatrice : « Les harcèlement, c’est … (définition pénale, un peu indigeste) »

    En face : « Non, non, chez nous, y en a pas ».

    La formatrice : « Par exemple, un collègue qui vous fait des remarques sur vos fesses toutes les semaines, ou des collègues qui racontent des « blagues » sexuelles à voix haute dans les bureaux »

    En face, un blanc. Gêné. Suivi de : « Ça ? Ça, c’est du harcèlement sexuel ? Mais non, ça, c’est tous les jours »

    A chaque formation, ça recommençait. Encore et encore. Partout où on allait, on faisait prendre conscience aux femmes et aux hommes que ces comportements quotidiens n’étaient pas normaux.

    On voyait très clairement les conséquences du harcèlement. Les violences sexuelles au travail sont dévastatrices. Elles peuvent faire disparaître l’estime de soi. Elles peuvent stopper des carrières. Elles peuvent briser des gens. Les violences peuvent détruire.

    Et quand bien même le harcèlement n’était pas nommé, il était là. Et il abîmait.


  • Allo place Beauvau : le récapitweete
    http://www.davduf.net/alloplacebeauvau

    Depuis le 4 décembre, je récapitweete dans ma timeline Twitter et signale @Place_Beauvau les vidéos #violencespolicières sur les #giletsjaunes - aidez moi dans cette compilation. Merci d’avance. Tout est parti d’un coup, sans trop réfléchir, une réaction à l’inaction (globale) des médias (globaux). Tout est parti sur Twitter, là d’où tout part. Répertorier les vidéos (et quelques témoignages) de manifestants blessés, certains mutilés à vie, des traces de manquements graves (parfois possibles, souvent (...)

    #Police

    / Une, #Gilets_Jaunes, #Police, #Maintien_de_l'ordre

    « https://twitter.com/davduf/status/1070245704998838272 »
    « https://twitter.com/search?q=allo%20%40Place_Beauvau%20-%20c%27est%20pour%20un%20signalement%20 »
    « https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan »
    « https://www.etaminstudio.com »
    « https://visionscarto.net »
    « http://www.maximezoffoli.com »
    « http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/12/09/97001-20181209FILWWW00099-videos-gilets-jaunes-des-violences-policieres-den »
    « http://lavdn.lavoixdunord.fr/503860/article/2018-12-09/un-journaliste-repertorie-les-violences-policieres-dont-sont-vict »
    « https://www.franceinter.fr/emissions/la-revue-de-presse/la-revue-de-presse-10-decembre-2018 »
    « https://www.arretsurimages.net/articles/a-la-tele-deux-regimes-pour-les-videos-de-violences »
    « https://www.arretsurimages.net/articles/gilets-jaunes-cinq-videos-de-violences-policieres-passees-au-crible »
    « https://www.facebook.com/konbinifr/videos/613540952398427 »
    « https://www.france.tv/france-2/envoye-special/836859-envoye-special.html »
    « https://www.lepoint.fr/societe/le-maintien-de-l-ordre-a-la-francaise-a-explose-en-vol-14-12-2018-2279276_23 »
    « https://abonnes.lemonde.fr/police-justice/video/2018/12/15/pourquoi-est-il-si-difficile-de-maintenir-l-ordre-dans-certaines-manifestations_5397992_1653578.html?xtref=https://www.lemonde.fr »
    « https://youtu.be/7Xr4L8riOes

     »
    « https://www.youtube.com/watch?v=lp1LoauFhds
     »
    « https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/12/tirs-de-flashball-grenades-combien-y-a-t-il-eu-de-blesses-graves-parmi-le »
    « https://www.liberation.fr/france/2019/01/11/gilets-jaunes-eclats-de-grenades-brulures-membres-arraches-retour-sur-82- »
    « https://www.liberation.fr/france/2018/12/24/policiers-agresses-aux-champs-elysees-les-motos-de-tous-les-dangers_16995 »
    « https://www.franceinter.fr/justice/gilets-jaunes-on-a-soumis-8-videos-et-photos-de-violences-policieres-pre »
    « https://www.nouvelobs.com/societe/20190110.OBS8278/david-dufresne-la-police-s-est-enfermee-dans-une-logique-d-escalade-et-d- »
    « https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/police-assiste-t-a-une-montee-des-violences »
    « https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/01/16/maintien-de-l-ordre-le-lourd-bilan-des-lanceurs-de-balle-de-defense_5409630_ »
    « https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/16/violences-policieres-on-est-dans-le-mensonge-d-etat_5409824_3224.html »
    « https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/lanceurs-de-balles-de-defense-le-choix-qui-a-ete-fait-depuis-une-dizain »
    « https://www.france.tv/france-5/c-a-vous/c-a-vous-saison-10/880189-il-denonce-les-violences-policieres-c-a-vous-16-01-2019.html »
    « http://www.francesoir.fr/actualites-france/gilets-jaunes-gravement-blesses-la-colere-monte-et-met-la-police-sous-pre »
    « https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-les-bavures-policieres-cest-lomerta-absolue »
    « https://seenthis.net/tag/maintien_de_l%E2%80%99ordre?follow=davduf »
    « https://www.data.gouv.fr/fr/organizations/observatoire-national-de-la-delinquance-et-des-reponses-penales-ondrp »
    « https://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2018/11/29/blessures-au-flashball-et-a-la-grenade-offensive-u »
    « https://www.dalloz-actualite.fr/flash/responsabilite-de-l-etat-du-fait-de-l-utilisation-d-un-flash-ball »
    « https://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com/2014/04/22/conseils-juridiques-aux-personnes-blessees-par-des »
    « https://desarmons.net/index.php/2018/12/28/conseils-a-lattention-des-personnes-blessees-par-la-police-et-de-leurs-pr »
    « https://seenthis.net/tag/maintien_de_l%27ordre »
    « http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf »


  • À propos des sémites et des antisémites, des sionistes et des antisionistes | Le Club de Mediapart
    Shlomo Sand

    https://blogs.mediapart.fr/shlomo-sand/blog/250219/propos-des-semites-et-des-antisemites-des-sionistes-et-des-antisioni

    La tentative du président français Emmanuel Macron et de son parti visant aujourd’hui à criminaliser l’antisionisme comme une forme de l’antisémitisme s’apparente à une manœuvre cynique et manipulatoire. Si l’antisionisme devenait une infraction pénale, je recommanderais à Emmanuel Macron de faire condamner, à titre rétroactif, le bundisteMarek Edelman, qui fut l’un des dirigeants du ghetto de Varsovie et totalement antisioniste. Il pourrait aussi convier au procès les communistes antisionistes qui, plutôt que d’émigrer en Palestine, ont choisi de lutter, les armes à la main, contre le nazisme, ce qui leur a valu de figurer sur « l’affiche rouge ».

    S’il entend faire preuve de cohérence dans la condamnation rétroactive de toutes les critiques du sionisme, Emmanuel Macron devra y joindre ma professeure Madeleine Rebérioux, qui présida la Ligue des Droits de l’Homme, mon autre professeur et ami : Pierre Vidal-Naquet, et aussi, bien évidemment : Éric Hobsbawm, Edouard Saïd, et bien d’autre éminentes figures, aujourd’hui décédées, mais dont les écrits font encore autorité.

    Si Emmanuel Macron souhaite s’en tenir à une loi réprimant les antisionistes encore en vie, la dite-future loi devra aussi s’appliquer aux juifs orthodoxes de Paris et de New-York qui récusent le sionisme, à Naomi Klein, Judith Butler, Noam Chomsky, et à bien d’autres humanistes universalistes, en France et en Europe, qui s’auto-identifient comme juifs tout en s’affirmant antisionistes.

    On trouvera, bien évidemment, nombre d’idiots à la fois antisionistes et judéophobes, de même qu’il ne manque pas de pro-sionistes imbéciles, judéophobes aussi, pour souhaiter que les juifs quittent la France et émigrent vers l’Etat d’Israel. Faudra-t-il les inclure également dans cette grande envolée judiciaire ? Prenez garde, Monsieur le Président, à ne pas vous laisser entraîner dans ce cycle infernal, au moment précis où la popularité décline !


  • La spirale du discrédit
    https://blogs.mediapart.fr/christian-salmon/blog/210219/la-spirale-du-discredit

    Après l’époque du « storytelling », nous voici dans l’« ère du clash ». C’est l’analyse que défend Christian Salmon dans son nouvel essai. Entretien avec Thibaut Sardier et Simon Blin publié dans Libération du 15 février 2019 Comment est-on passé du storytelling à l’ère du clash ? L’âge du storytelling commence dans les années 1990 pour s’achever en 2008 lorsque l’ère du Clash prend le relai. Mais ce passage ne s’est pas effectué d’un seul coup comme si on tournait une page. Il y a une sorte de tuilage entre les (...)

    #élections #manipulation #marketing


  • #Quebec « Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte l’orage » : le mouvement des gilets jaunes en France et la question de l’extrême droite. Fabien Desage, Pascale Dufour, Renaud Goyer, Adrien Jouan - 13 Février 2018 - Le Journal des Alternatives
    https://journal.alternatives.ca/?Le-capitalisme-porte-en-lui-la-guerre-comme-la-nuee-porte-l-or

    Le 12 et 13 janvier 2019, les gilets jaunes du Canada, appelaient à la manifestation pour clamer leur opposition à la taxe carbone et, plus largement, au gouvernement fédéral de Justin Trudeau décrit, dans un registre caractéristique de l’extrême droite, comme un « mondialiste trahissant son pays » https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1146998/gilets-jaunes-extreme-droite-immigration-xenophobie-pipelines-taxe- . Plusieurs observateurs.trices ont déjà signalé les différences notables entre les mouvements des gilets jaunes au Canada - où, en dehors d’une certaine audience sur les réseaux sociaux ils semblent rester relativement confidentiels et confinés à des groupes d’extrême droite - et en France. Pourtant, dès les débuts de la mobilisation hexagonale, plusieurs journalistes ou hommes et femmes politiques évoquent également le fait que parmi les personnes mobilisées, certaines ont sans doute voté pour le Front national (désormais Rassemblement national) aux dernières élections présidentielles, utilisant cet argument pour disqualifier le mouvement ou pour insister sur son infiltration présumée. Dans certains départements, comme celui du Var dans le Sud ou du Pas-de-Calais dans le Nord, où Marine le Pen a récolté respectivement plus de 44% et 52% des voix au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2017, il est statistiquement inévitable que sur des ronds-points occupés, et désormais largement évacués par la police, se soient trouvé.es des électeurs.trices du Front national. Comme c’est le cas, d’ailleurs, dans n’importe quelle manifestation réunissant plus de 20 personnes, au milieu des client.es d’un supermarché, au sein du personnel d’une école, d’une usine ou d’un commissariat. Car oui, la présence de l’extrême droite et de ses idées est désormais devenue, gilets jaunes ou pas, une réalité bien française. Mais aussi italienne, brésilienne, américaine ou encore canadienne (et québécoise).

    Face à ce constat somme toute sociologiquement trivial de la présence d’électeurs.trices de l’extrême droite dans le mouvement des gilets jaunes, plusieurs attitudes sont possibles : dénoncer un mouvement piloté ou « noyauté » par les mouvements structurés d’extrême droite et utiliser cet argument comme prétexte pour ne pas s’engager ou, au contraire, être présent.e dans la rue et dans les assemblées générales pour ne pas laisser la place, pour discuter et pour dénoncer les propos racistes, homophobes, ou autres, s’ils surviennent. Il y a, ici, pour les militant.es et organisations de gauche une véritable réflexion politique à avoir : comment réagir face à une contestation populaire dont l’orientation politique n’est pas donnée à l’avance et n’épouse pas les formes convenues (mais aussi souvent contenues) des mouvements sociaux canalisés et organisés traditionnels ? Faut-il réprouver a priori la prise de parole et l’expression publique au motif qu’elle pourrait nous déplaire, ou la laisser jaillir pour mieux pouvoir éventuellement la confronter ? Les revendications des collectifs locaux des gilets jaunes, si elles sont parfois disparates, ont une grande unité dans leurs exigences de démocratie et de justice sociale, points beaucoup plus centraux que les thématiques chères à l’extrême droite dans le mouvement actuel.

    D’autres commentateurs.trices soulignent le fait que le mouvement des gilets jaunes, en demandant la démission du président Macron, ouvrirait la voie à l’extrême droite et à l’élection de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ou de son parti à d’éventuelles élections législatives (anticipées ou non). Ce raisonnement, en négligeant le fait, là encore, que le.la candidat.e de l’extrême droite n’a pas attendu le mouvement des gilets jaunes pour progresser à chaque élection depuis 2002, tend à sous-estimer les processus politiques à l’oeuvre dans la société française (et au-delà) depuis des décennies, et à donner un rôle décisif ou accélérateur à un mouvement social, qui, au contraire, doit selon nous être appréhendé comme une chance inespérée de conjurer une progression électorale continue de l’extrême droite, qui doit bien plus au creusement des inégalités et à la défiance à l’égard de la classe politique qu’au mouvement des gilets jaunes. Embrasser ce constat alarmiste équivaut par ailleurs à se placer dans une situation d’impuissance, comme si la France était plongée en permanence dans un second tour de l’élection présidentielle. Le spectre de l’arrivée de l’extrême droite semble alors justifier tous les renoncements, de ces renoncements qui, au final, renforcent l’extrême droite, année après année. Le mandat passé de François Hollande en est la démonstration la plus parfaite. Ce jeu de la menace, du chantage au « vote utile » alimente en retour l’impression d’une... inutilité profonde de la politique. Et un sentiment de déconnexion entre les partis, les syndicats et les citoyen.nes, dont le mouvement des gilets jaunes est la conséquence plus que la cause.

    Ce constat pose aussi la question centrale de la place de la gauche dans ce renouvellement attendue de la classe politique. Le divorce du parti socialiste et des classes populaires n’est pas nouveau. Depuis 30 ans, les causes de la montée électorale de l’extrême droite sont passés à la loupe des analystes, et n’exonèrent pas la gauche de gouvernement. Songeons au rôle de François Mitterrand dans l’essor de la formation politique de Jean-Marie Le Pen à des fins stratégiques au milieu des années 1980, afin d’affaiblir la droite parlementaire, ou encore au débat sur la « déchéance de nationalité » introduit par Manuel Valls plus récemment. Très clairement, en convergeant avec la droite sur les objectifs d’austérité budgétaire et sur une politique de l’offre, la gauche gouvernementale a contribué à rendre le Rassemblement national (RN) un peu plus central dans le jeu politique, et à donner le privilège à ce parti d’apparaître comme la principale formation d’opposition. La gauche de gouvernement semble avoir aujourd’hui bien peu à offrir sur le plan des perspectives politiques, sur la question de la réduction des inégalités économiques ou encore de la concentration (sociale et territoriale) de la richesse. Elle semble avoir renoncé à un projet de société égalitaire et aux outils de redistribution nécessaires à ce dernier (que l’on songe aux renoncements en matière de fiscalité ou à la « loi travail » qui a marqué le quinquennat Hollande par exemple).

    Si la voie électorale paraît bouchée et que la voie de la contestation sociale semble « faire le jeu du RN », alors quelle position adopter ? Il est probablement nécessaire, dans un premier temps, de changer de perspective, et d’admettre qu’à « état démocratique constant » le pire était déjà devant nous, avant même l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Ce dernier peut dès lors apparaître comme une opportunité d’enrayer l’essor de l’extrême droite et, plus largement, d’échapper à l’alternative funeste entre régimes néo-libéraux autoritaires (États-Unis, Italie, Hongrie) et régimes autoritaires néo-libéraux (Brésil, Turquie, Chine) ?

    Il faut donc non seulement soutenir ce mouvement, mais également travailler à la (re)prise de parole et de pouvoir de personnes issues de certaines fractions des classes populaires et de catégories de travailleurs.euses « invisibles » qui avaient abandonné le terrain du mouvement social, voire le chemin des urnes, comme le souligne l’enquête préliminaire du Collectif de chercheurs bordelais https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395 . Le mouvement des gilets jaunes représente un moment de formation politique collective inédite, à travers lequel se construisent des sujets politiques. C’est aussi un moment de (re)création de solidarités effectives, dont l’ampleur et la durée dépassent les expériences récentes et auront des conséquences durables pour celles et ceux qui l’ont vécu, et ont souvent expérimenté communément la violence d’État.
    
En effet, les mobilisations des gilets jaunes mettent à jour un pouvoir étatique n’ayant comme réponse à proposer à la contestation massive de ses politiques que la violence policière et judiciaire (plus d’un millier de personnes subissent actuellement des poursuites judiciaires). Les niveaux actuels de répression du mouvement et des militant.es sont inédits dans la Vème République : par le nombre d’individus interpellés (près de 5000 depuis le début du mouvement) mais aussi de personnes blessées https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan , en raison du recours massif d’armes dites « intermédiaires » ailleurs interdites pour de telles missions de maintien de l’ordre, à commencer par les « grenades de désencerclement » ou encore les lanceurs de balles de défense (LBD40). Dans ce cadre, la nouvelle loi dite « anti-casseurs », adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 5 février dernier, semble venir parachever la remise en cause durable de démocratie et de justice sociale et de droits fondamentaux, comme celui de manifester. Cette loi va, entre autres choses, inaugurer la possibilité pour des autorités administratives (les préfets) d’interdire à des personnes d’exercer leur droit de manifester et ce, de manière préventive, en amont de toute condamnation judiciaire.

    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », écrivait au début du 20ème siècle l’intellectuel et militant socialiste Jean Jaurès, à l’aube d’un conflit qui allait dévaster les sociétés européennes, et paver la voie à la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, le mouvement des gilets jaunes pose à nouveau frais, à la lumière du capitalisme à l’ère néolibérale, la question des injustices et de la violence dans nos sociétés, mais également des périls qui nous guettent, si nous n’y trouvons pas d’issue démocratique et pacifique. Peut-on croire sincèrement que le mouvement actuel ait une quelconque responsabilité dans l’essor de l’autoritarisme et dans le développement du nationalisme dans nombre de nos sociétés ? Plus qu’une erreur de perspective, voyons-y la tentative désespérée des tenants de l’ordre ancien de faire diversion, et d’écarter à bon compte leurs responsabilités centrales dans le tragique de l’heure, comme dans celui d’hier.

    #Canada #capitalisme #extreme_droite #néo_libéralisme #Gauche #PS #analyse #démocratie #inégalités #injustices #violence #justice_sociale #inégalités #libertés_publiques #GiletsJaunes #Gilets_Jaunes


  • Contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, pour le combat contre toutes les formes de racisme |
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/170219/contre-les-actes-antisemites-contre-leur-instrumentalisation-pour-le

    Nous soussignés associations, partis, syndicats, indépendants, sommes toutes et tous activement impliqués dans la lutte contre le racisme sous toutes ses formes. La lutte contre l’antisémitisme fait partie à part entière de notre combat antiraciste. Nous condamnons fermement les actes antisémites, qui surgissent dans un contexte social et politique particuliers.

    Malgré l’ampleur du dispositif de répression policière et judiciaire déployé contre les Gilets jaunes par l’État, le mouvement continue de bénéficier d’un fort soutien populaire. Il n’est pas homogène et révèle une effervescence sociale. Face à un gouvernement déterminé à ne pas répondre aux attentes sociales, il reflète la société française et ses contradictions et a largement évolué dans ce qu’il porte depuis le mois de novembre.

    La séquence que nous vivons est par conséquent confuse. Si des éléments d’extrême-droite sont encore présents, le mouvement montre bien qu’ils sont loin d’être hégémoniques et capables d’en prendre le contrôle, en l’état actuel. Politiquement, mais aussi physiquement, les groupes d’extrême-droite sont mis à l’écart, comme cela a pu être constaté à Lyon, Paris, Toulouse ou encore Bordeaux. Plus le mouvement perdure, plus l’espace auquel l’extrême-droite pouvait prétendre durant les premières semaines semble se rétrécir. Parallèlement, les contacts et convergences avec des syndicats, des collectifs antiracistes, de sans-papiers, de soutien aux migrants se renforcent.


  • Affaire de la « Ligue du LOL » : onde de choc dans les médias - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110219/affaire-de-la-ligue-du-lol-onde-de-choc-dans-les-medias

    Depuis vendredi, les accusations publiques émanant de femmes et d’hommes harcelés en ligne se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Plusieurs journalistes ayant pris part à ce harcèlement ont d’abord tenté de s’excuser, avant de démissionner ou d’être mis à pied.

    Souvent sous leur vrai nom, ou derrière de faux comptes, ces jeunes journalistes, alors incontournables sur le réseau social Twitter, les ont inondés d’injures sexistes, homophobes ou racistes, se sont livrés à des canulars, des mises à l’index ou des menaces, ont réalisé des photomontages pornographiques ou ont divulgué des numéros de téléphone personnels…

    La liste des méfaits de ces « twittos influents », numériques ou « dans la vraie vie », est longue. Elle a laissé de profonds traumatismes chez les victimes, dont certaines évoquent leur « peur » toujours aussi présente et pointent l’influence délétère des membres de la Ligue du LOL sur leur insertion professionnelle.

    Vendredi 8 février, alors même que se concluait un procès Baupin très suivi sur Twitter, c’est un article rédigé par l’équipe de Checknews – la cellule de « fact checking » de Libération –, qui a mis le feu aux poudres. À la suite de plusieurs témoignages diffusés sur les réseaux sociaux, il revient sur la Ligue du LOL, ce groupe Facebook créé en 2009 par Vincent Glad, rassemblant une trentaine de journalistes, déjà en poste ou en devenir.

    À l’époque, ce petit groupe affinitaire rassemble une large majorité de jeunes hommes, bien décidés à devenir les fers de lance d’un nouveau style de journalisme, le « LOL journalisme ». Une pratique émergente dans les années 2000, qui vise à traiter l’actualité de manière moqueuse et divertissante.

    Bon nombre d’entre eux accéderont à des postes très « en vue » dans des médias « progressistes » français. Pendant plusieurs années, ces journalistes se sont livrés, au su et au vu de toute la twittosphère (mais avant que celle-ci n’accède à son audience de masse actuelle), à des agressions en règle de dizaines d’internautes, journalistes ou blogueurs.

    Ce week-end, plusieurs anciens membres de la Ligue du LOL ont publié des textes sur les réseaux sociaux pour présenter leurs excuses, plaidant pour certains l’erreur de « jeunesse » au moment des faits (ils avaient entre 25 et 30 ans). « On se disait qu[’Internet] était une grande cour de récré, un grand bac à sable. C’était du trolling, on trouvait ça cool. Aujourd’hui, on considèrerait ça comme du harcèlement », a écrit Vincent Glad.

    Considèrerait oh ! conditionnel ou futur antérieur, c’est une conjugaison étrange...

    #Ligue_LOL #Cyberharcèlement


  • Nouveau blessé grave (une main arrachée par une grenade devant l’@AssembleeNat) en cet #ActeXIII des #GiletsJaunes à Paris. Revoir le bilan des violences policières par @davduf dans @Mediapart : ce n’est pas du maintien de l’ordre, c’est de la répression. https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan …
    https://twitter.com/edwyplenel/status/1094227316811673600

    Nouveau blessé grave (une main arrachée par une grenade devant l’ @AssembleeNat) en cet #ActeXIII des #GiletsJaunes à Paris. Revoir le bilan des violences policières par @davduf dans @Mediapart : ce n’est pas du maintien de l’ordre, c’est de la répression. https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan


  • Lutter contre le réchauffement médiatique | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/dominique-g-boullier/blog/050219/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    par Dominique Boullier

    La propagation rapide de contenus falsifiés, choquants ou illégaux, ne s’explique pas seulement par la vérité/fausseté intrinsèque de ces messages ni par les stratégies des diffuseurs patentés de ces infox. Les « machines à réplications » que sont devenues les plates-formes numériques jouent un rôle d’accélération qu’il faut prendre en compte. Comme une étude publiée dans Science (Vosoughi et al., 2018) l’a montré, les fake news se propagent d’autant mieux qu’elles ont un « score de nouveauté » élevé. Il existe une prime au choquant, au radicalement nouveau, aussi aberrant soit-il, qui va favoriser la captation de l’attention, un effet de « priming » (amorçage) dit-on en sciences cognitives qui fait « passer devant » tout type de signal présentant cette caractéristique. La nouveauté et certaines saillances sont les sources de la distraction et de l’interférence avec nos buts (Gazzaley and Rosen, 2016. Ce modèle est typique d’un régime d’attention que j’ai appelé « l’alerte » (Boullier, 201e4, 2016) qui pousse à être aux aguets en permanence au détriment de la fidélité à des habitudes ou de la projection dans un effort cognitif de longue durée. Les machines à réplications sont en effet totalement prises dans l’économie de l’attention qu’il vaudrait mieux appeler d’ailleurs désormais « la guerre de l’attention », tant l’offre est abondante et tous les coups permis. Cela n’invalide pas la traque des sites et comptes organisés pour la publication délibérée de fake news : durant la campagne électorale américaine de 2016, seulement 10 de ces comptes généraient la propagation de 65% des tweets de fake news (Hindman et Barash, 2018). Signalons cependant que cette approche ne permet pas de traiter le mécanisme amplificateur propre aux plates-formes.

    Alors qu’il fallait recopier un tweet dans un autre tweet auparavant, et donc prendre du temps, voire même en profiter pour placer un commentaire sur le tweet republié, il suffit désormais de réagir, de saisir au vol dans un tweet un indice, une « saillance » qui choque, qui marque et qui suffit à déclencher le retweet. Chacun des utilisateurs se fait ainsi complice de la surcharge cognitive générale, puisque tous ses contacts seront alertés. La viralité est le bon terme ici puisqu’il s’agit bien d’une intoxication mentale collective activée par chaque transmetteur et pourtant équipée et amplifiée par les plates-formes.

    Le choc émotionnel contribue à la viralité d’autant plus que les plates-formes facilitent la réplication systématique. Cependant, à un moment du cycle attentionnel de la crise, ce sont les messages de compassion, tout aussi émotionnels, qui vont reprendre le dessus et parmi eux, certains qui sont plus informatifs, qui aident à coordonner les secours, les aides et des informations pour les familles à distance par exemple. Or, rien dans les « affordances » des plates-formes n’empêche de cliquer vingt fois par jour sur des vidéos de frayeur qui se propageront à bien plus grande vitesse que les vidéos de recommandations qui rassurent. Les infrastructures mentales que sont les plates-formes deviennent ainsi des enjeux essentiels pour la gestion de crise et le climat attentionnel et informationnel. La mise en place d’un service de crise comportant notamment le « safety check » sur Facebook n’est qu’un début pour rendre effective la responsabilité des plates-formes en matière de communication. Ces réseaux deviennent en effet quasiment les référents spontanés, parfois même à la place des médias traditionnels et des services publics.

    N’oublions pas que cet « engagement » des membres du réseau est désormais encouragé dans les nouvelles versions de l’algorithme de Edge Rank. Cela permettra de valoriser toujours plus la transmission des données personnelles aux « partenaires » que sont les marques pour qu’elles placent leur publicité de façon toujours plus intrusive et fine dans le newsfeed personnel. La conséquence immédiate de ce réchauffement en est, pour filer la métaphore, « la fonte généralisée de la calotte d’esprit critique » qui refroidissait tout l’espace public. Cependant, Whatsapp, propriété de Facebook et mis en cause en Inde par les rumeurs diffusées en ligne et à l’origine de lynchages, va réduire l’effet de propagation de ses groupes en limitant le transfert de messages à 5 destinataires. Comme on le voit, divers acteurs commencent à envisager sérieusement que les architectures de réplications qu’ils ont eux-mêmes créées deviennent toxiques pour la vie publique, sans se contenter de rejeter la faute sur les utilisateurs irresponsables ou sur des émetteurs mal intentionnés. Parmi les choix d’architecture, celui qui a systématisé le principe des notifications n’est pas pour rien dans la réactivité qu’il suscite chez les utilisateurs de smartphones (mais aussi de PC) et dans l’encouragement à une multiactivité qui permet de ne rien rater (comme le veut le slogan Fear of Missing Out, peur de rater quelque chose). Les ressorts cognitifs de l’attention et de sa rareté sont certes individuels, les tendances lourdes à la vitesse et à la réputation sont certes culturelles, mais les dispositifs techniques amplifient les réplications à haute fréquence au détriment des autres régimes d’attention, puisqu’ils sont en concurrence.

    Tout l’espace public est affecté : publications, publicité, débat public et publications scientifiques

    Au-delà de la communication interpersonnelle, tous les régimes de publication sont affectés. L’espace public conçu avec les révolutions anglaise, américaine et française est désormais remis en cause, et les cyclones, les incendies et les inondations attentionnelles occupent entièrement notre « temps de cerveau disponible ». C’est vrai pour les médias traditionnels aussi, qui constituaient les régulateurs de ce climat, de cette « chambre intérieure collective » (Sloterdijk, 2003), de « l’esprit du temps ».

    Le débat public est lui aussi désormais totalement infesté par cette contrainte de la haute fréquence qui ne repose que sur la seule « petite phrase », déjà connue dans les anciens temps froids médiatiques (McLuhan, 1968). Cette petite phrase est amplifiée désormais par la viralité des tweets, dont Trump devient le centre de production à la chaine, le réacteur nucléaire qui irradie même toutes les traditions diplomatiques, pourtant fameuses pour leur lenteur. Quoi de mieux pour empêcher de débattre que de chasser un tweet choquant par un autre tweet insultant ou délirant ? Tous les followers, ces suiveurs (ni audience ni public) qui constituent une version numérique des rats ou des enfants du joueur de flute de Hamelin, se retrouvent sidérés et amplifient encore ces effets en republiant les tweets, que ce soit pour les soutenir, les critiquer ou les moquer. Ce réchauffement médiatique engendre une réactivité qui tue toute réflexivité. Or, tout l’espace public était supposé permettre de produire ce débat contradictoire argumenté qui, au bout du compte et idéalement, devait à la fois contribuer à la formation de l’opinion des citoyens et favoriser une meilleure décision, éclairée par les arguments.

    Pensons enfin à ce qu’est devenu le régime de publication scientifique qui a été au cœur de l’émergence des démocraties et du modernisme à la fois, ce débat institué entre pairs à travers la médiation des publications dans des revues. Désormais, le slogan « publish or perish » s’est imposé à toute l’économie cognitive collective et se traduit par une frénésie de la quantité, qui se traduit même dans l’inflation des citations ou dans la publication avant toute révision pour rester le premier sur une thématique. Ce stress généralisé est lui-même captée par quelques grands groupes éditoriaux qui ont mis en coupe réglée les bibliothèques publiques pour les obliger à payer des publications entièrement réalisées par leurs propres chercheurs sur des financements publics le plus souvent. L’Open Access tend cependant à contester cette hégémonie mais pourra-t-il contrecarrer cette autoréférence du nombre de publications que les institutions publiques de recherche elles-mêmes encouragent ? Le réchauffement médiatique gagne ainsi ceux qui devraient garder la tête froide et la priorité au temps long, les chercheurs eux-mêmes.

    Mais un « Fukushima des données personnelles » se profile à travers les fuites de données des grandes plates-formes comme Facebook mais aussi à travers une succession ininterrompue de hacks toujours plus fréquents et massifs. Ils peuvent désormais exploiter les failles de milliards d’objets connectés que l’on lance sur le marché sans inspection sérieuse et en toute irresponsabilité. Or, si la sécurité est autant délaissée sur le plan des investissements, c’est en particulier parce qu’elle exigerait un certain ralentissement de tout le réseau (on parle de secondes au maximum, cependant !). L’arbitrage entre sécurité et vitesse s’est toujours fait au profit de la vitesse, avantage perçu immédiatement par les clients-utilisateurs au détriment de la sécurité, dont la nécessité n’est perçue qu’après une catastrophe (et cela dans tous les domaines).

    N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif.

    Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8% des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing.

    La responsabilité des chaines d’information répétitives

    Revenons cependant sur les enjeux médiatiques de masse et sur les mesures qu’il est possible de prendre dans leur cas, car il serait simpliste de penser que les problèmes attentionnels ne sont dûs qu’aux réseaux sociaux. Les chaines d’information dite « continue » ont constitué d’une certaine façon la première alerte du réchauffement médiatique. La permanence n’est pas tant le problème que la répétition à laquelle elle contraint. Car les contenus ne sont pas suffisamment nouveaux pour justifier des alertes tous les quarts d’heure. Or, la fréquence des bulletins d’information exige un remplissage qui parfois se voit nettement, avec les images que l’on passe « en boucle », de même que les bandeaux d’information qui passent eux aussi « en boucle ». Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraine une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience).

    #Médias_sociaux #Accélération #Culture_numérique


  • Visages de la Silicon Valley
    Mary Beth Meehan (photographies et récits)
    et Fred Turner (essai)
    C&F éditions, octobre 2018.
    https://cfeditions.com/visages

    Cet ouvrage pourrait être qualifié de "sociologie par l’image" : en présentant des portraits et des récits de vie, en les insérant dans des photos de l’environnement (dégradé) de la Valley, il s’agit de comprendre le type d’inquiétude qui traverse tous les habitants de cette région.

    Alors que pour le monde entier, la Silicon Valley est associée à la richesse, à la liberté et à l’innovation, pour celles et ceux qui y vivent, c’est plutôt un monde stressant. En s’intéressant aux personnes qui font vivre la région, mais n’en tirent pas les bénéfices des milliardaires des licornes, on mesure les inégalités, mais aussi la dégradation de l’environnement, parmi les plus pollués des États-Unis.

    Mais c’est en photographiant les personnes qui s’en sortent bien que Mary Beth Meehan sait encore mieux montrer le caractère anxiogène et l’insécurité qui façonnent ce coin de terre.

    En reprenant la parabole des premiers "pilgrims" voulant construire en Amérique une "cité idéale", Fred Turner donne des clés prises dans l’histoire et la culture des États-Unis pour appréhender le "mythe" de la Silicon Valley.

    Mais au delà de la sociologie, c’est aussi à des rencontres très fortes que les photographies nous conduisent. Tous ces gens qui témoignent les yeux dans l’appareil photo d’un rêve devenu dystopie.

    A mettre dans toutes les mains.

    Bonne lecture,

    Quelques articles sur ce livre :

    Les ombres de la Silicon Valley | Portfolios | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/les-ombres-de-la-silicon-valley

    Les invisibles de la Silicon Valley
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/06/les-invisibles-de-la-silicon-valley_5393357_3232.html

    « La Silicon Valley nous montre à quoi ressemble le capitalisme déchaîné »
    https://usbeketrica.com/article/silicon-valley-capitalisme-dechaine

    Des histoires ou des expériences cachées et l’histoire publique d’un lieu | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2018/12/12/des-histoires-ou-des-experiences-cachees-et-lhistoire-p

    Silicon Valley : une artiste photographie ses communautés oubliées
    https://www.ladn.eu/mondes-creatifs/oublies-silicon-valley

    Visages de la Silicon Valley | Cultures de l’Information
    https://cultinfo.hypotheses.org/407

    #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valey #Silicon_Valley #Photographie #C&F_éditions


  • Au #Sénégal, la construction d’immenses #ports menace toute la côte | Portfolios | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/au-senegal-la-construction-d-immenses-ports-menace-toute-la-cote

    La nouvelle zone pour le développement économique et industriel du Sénégal, la Petite-Côte (de Bargny à Ndayane), abritera bientôt deux des plus grands ports de l’Afrique de l’Ouest. Parallèlement, les expropriations des cultivateurs, la destruction de la biodiversité et de la pêche artisanale concourent à l’appauvrissement des populations, qui voient disparaître leurs principales ressources de subsistance.

    #Accaparement_des_terres #Environmental_Justice_Conflict #Pêche


  • La violence d’une dépossession | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/amelie-hart-hutasse/blog/260119/la-violence-dune-depossession

    En ce moment, dans les salles des professeurs, on ne parle que de cela : « et vous, dans votre matière, vous gardez vos dédoublements ? » « le poste de X est menacé ! » « On ne va pas pouvoir garder l’option théâtre »... Les personnels de direction procèdent assez souvent aux arbitrages après avoir consulté les équipes pédagogiques. Mais c’est une comédie dont personne n’est dupe. On peut devoir fournir un argumentaire, voire un projet écrit, afin de justifier l’attribution de quelques heures pour continuer à « bénéficier » de demi-groupes (insigne privilège !) Le projet de faire son travail correctement ne suffit pas, bien entendu. Qui n’a pas besoin de conditions de travail décentes ? Qui souhaite n’enseigner qu’à des classes de 35 élèves ? Comment ne pas se retrouver en concurrence avec ses collègues, dans un contexte de gestion de la pénurie ? Qui va oser réclamer "ses" heures, quand le poste d’un·e collègue est mis en danger ? C’est bien l’institution, le Ministère, qui est responsable de cette forme de violence. Il veut, en outre, faire « absorber » un volume très important d’heures supplémentaires, afin de parvenir à supprimer des postes.


  • David Dufresne, la vigie des #violences policières
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/01/26/david-dufresne-la-vigie-des-violences-policieres_5414777_4500055.html

    Depuis le 4 décembre 2018, David Dufresne recense sur son compte Twitter les témoignages de blessés par tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades lors des manifestations des « gilets jaunes ». A sa manière : c’est-à-dire de façon scrupuleuse et obsessionnelle, quasiment clinique. Tous ses tweets commencent par la même formule « Allo @Place_Beauvau - c’est pour un signalement », suivie d’une photo ou d’une vidéo ainsi que de la source (presse, réseaux sociaux…).

    • Le 18 janvier, invité par Arrêt sur images à parler de son travail, il a craqué. En regardant défiler sur grand écran toutes ces gueules cassées, quelque chose s’est rompu. Le spectacle répété des corps sanguinolents et des cris d’horreur, l’empilement de ces centaines d’histoires, le soupçon jeté sur les victimes – après tout, ne sont-elles pas elles-mêmes coupables d’avoir provoqué la police ? « Les nerfs », résume-t-il deux jours plus tard.

      « Sur ces 357 recensements (au 22 janvier), je compte au moins 100 blessés graves, dont une quinzaine de personnes éborgnées et plusieurs mains arrachées. » Ce qu’il pensait n’être qu’une activité temporaire lorsqu’il l’a démarrée l’occupe désormais nuit et jour. Entre les heures passées à courir les manifs et à explorer les réseaux sociaux, celles consacrées à la vérification de l’authenticité des images et celles passées à échanger avec les familles des victimes, ses nuits se sont considérablement raccourcies. « Je ne veux pas les lâcher, je ne veux pas qu’ils tombent dans l’oubli », explique-t-il.

      Ce 19 janvier, à quelques heures de l’acte X des « #gilets_jaunes », alors qu’il nous raconte ces semaines de travail un peu folles dans ce café du quatorzième arrondissement parisien où il a ses habitudes, son visage apparaît soudain sur le grand écran qui diffuse en boucle BFM-TV. Il est filmé à la terrasse de ce même café. Un monsieur attablé à côté le félicite pour son engagement.

      La reconnaissance lui fait plaisir mais plus encore le sentiment d’approcher du moment où le « silence médiatique et le déni politique » ne seront plus tenables. « Samedi après samedi, on assiste à la répétition d’un mensonge d’Etat », dénonce-t-il. Il est convaincu que le public est comme saint Thomas : il a besoin de voir pour croire. Alors regardez. « Je suis dans une démarche citoyenne de #lanceur_d’alerte. »

    • @val_k Bonne remarque :) et comme souvent une équation difficile à résoudre (on se casse ls dents dessus depuis 20 ans - créer du savoir et de la connaissance et le mettre à la disposition du publique le plus gratuitment posible mais faut ausi qu’on nourisse nos kids), et question qui mérite d’être débattue (quel modèle économique pour la presse qui st si mal en point, etc...)