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  • Dans les territoires occupés, l’État hébreu s’acharne contre la population palestinienne
    Gwenaelle Lenoir | 20 juin 2024 à 12h43 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/200624/dans-les-territoires-occupes-l-etat-hebreu-s-acharne-contre-la-population-

    Véhicules incendiés après une attaque de colons israéliens à Burqa, en Cisjordanie, le 7 juin 2024. © Photo Jaafar Ashtiyeh / AFP

    C’est l’autre guerre d’Israël. Attaques de colons incessantes, campagne massive d’arrestations, mauvais traitements infligés aux personnes détenues, ou encore circulation entravée : l’occupation destructrice de la Cisjordanie se poursuit.

  • Le patronat français, vic-time de-la-mode | Mediapart | 20.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/200624/le-patronat-se-prepare-collaborer-avec-le-rn

    « Il faudra peut-être faire quelques concessions parce qu’ils doivent aussi donner quelques gages à leur électorat », dit l’un d’entre eux. Sans aucun état d’âme, le patronat semble prêt à sacrifier les libertés publiques à leurs intérêts.

    La plupart caressent l’idée que Marine Le Pen puisse devenir une nouvelle Giorgia Meloni. Alors que sa nomination comme présidente du Conseil italien avait suscité beaucoup d’inquiétude tant en Italie qu’à l’extérieur, elle fait désormais l’unanimité dans les milieux d’affaires pour son pragmatisme et son écoute du monde économique.

    Son parcours est jugé presque sans faute : l’Italie a suivi les recommandations européennes, n’a pas fait tanguer les marchés, elle a supprimé un certain nombre d’aides sociales et elle a même accepté de régulariser plus de 300 000 migrants comme lui demandaient les petits patrons italiens. « Marine Le Pen, qui était plutôt très proche d’Orbán, a vu ce qu’il coûtait à la Hongrie d’être en opposition avec l’Europe. Et elle est très impressionnée par le parcours de Giorgia Meloni et le statut que cette dernière a acquis en Europe », dit un observateur.

    Sauf que

    « L’Italie est l’inverse de la France. D’abord, les relents mussoliniens au pouvoir sont encore très forts. De plus, c’est un pays où l’État central est historiquement très faible, car tout est décentralisé, au contraire de nous. La machine étatique en France est très lourde. Qui va la faire tourner si le RN arrive au pouvoir ? », s’interroge cependant un haut fonctionnaire.

  • Interpellé pour un tag anti-Bardella, il est accueilli au commissariat par une chanson pro-Bardella
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200624/interpelle-pour-un-tag-anti-bardella-il-est-accueilli-au-commissariat-par-

    Placé en garde à vue pour un tag « Bardella meurt », le 10 juin, un homme de 31 ans dénonce des injures de la part des policiers et un « comité d’accueil » un peu particulier au commissariat. La préfecture de police de Paris annonce l’ouverture d’une enquête administrative.

  • Tordre le coût au budgétisme, et vite | Mediapart | 29.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/200624/il-est-urgent-de-sortir-du-chantage-aux-chiffrages-realistes-des-programme

    Ce fétichisme budgétaire n’est pas innocent. Son omniprésence médiatique qui en fait un critère de vérité pour chaque programme est en réalité une force conservatrice redoutable. Car disons-le franchement : rien d’important n’a jamais été fait de façon « finançable ». Aucune transformation majeure ne s’est souciée d’une norme de finance, précisément parce que ces normes sont construites pour empêcher la possibilité d’une quelconque transformation sociale. Respecter le cadre financier, c’est respecter d’abord la hiérarchie sociale existante.

    Pendant des décennies, la France a refusé toute forme de sécurité sociale sous le prétexte financier. Mais en 1945, cette sécurité sociale a été construite sur un rapport de force et une nécessité politique. Le financement a été construit par la suite. Un peu plus tôt, toute la politique de Roosevelt, celle du premier New Deal, comme celle du réarmement, s’est faite en ignorant l’impossibilité financière qui avait rendu Hoover impuissant face à la crise. Nos « experts » actuels auraient sans doute jugé la victoire des alliés « irréaliste » en 1942 au regard de la situation des finances publiques états-uniennes de l’époque. D’ailleurs, la droite à ce moment-là préférait négocier avec Berlin et Tokyo…
    [...]
    Personne n’est réellement d’accord sur le sujet qui est pourtant crucial : une dépense n’est pas « neutre » sur les recettes, mais son impact dépend de nombreux éléments qui lui sont extérieurs. Pour régler le problème, beaucoup d’experts se contentent de limiter ces dépenses à de simples « coûts », mais cela n’a aucun sens, même si les « milliards » peuvent impressionner et surtout effrayer les masses…

    Rappelons que même les budgets annuels votés par le Parlement ne sont pas fiables et ne donnent qu’une image très lointaine de la réalité du budget exécuté. Alors prétendre pouvoir chiffrer des programmes sur cinq ans est une farce. Faire de tels exercices un critère de réalisme n’est évidemment pas sérieux.
    [...]
    Il semble donc urgent de rejeter cet exercice malsain du chiffrage et de l’assumer. Cela ne veut certes pas dire repousser la question du financement, mais il faut que cette question relève de principes généraux en insistant sur les priorités politiques du programme.

    De ce point de vue, la situation est on ne peut plus claire dans la campagne actuelle : le RN veut faire payer les étrangers, le macronisme le monde du travail et le NFP le capital. Ces seuls faits devraient suffire à faire ses choix en fonction de ses convictions politiques et de la façon dont on conçoit ses intérêts. Dans la situation actuelle, aucune n’est vraiment « réaliste » parce que la réalité, c’est la crise profonde du capitalisme.

    Le réalisme ne réside plus alors dans la soumission aux logiques économiques existantes, mais dans leur critique. Les comptables ne sauveront ni le climat ni la société. Il est temps de reprendre ce qui fait l’essence de la gauche, la contestation du caractère métaphysique ou « naturel » des lois de l’économie. L’heure est donc à la politique, la vraie.

    • en 2022, Emmanuel Macron avait refusé tout chiffrage [...]

      Cette absence de chiffrage n’était pas le fruit du hasard, mais d’une réalité documentée : toutes les attentes de retour financier des centaines de milliards d’euros distribués au capital par la politique de Macron ont été déjouées. Plus l’argent était déversé au secteur privé et aux plus fortunés, moins il rentrait dans les caisses. La situation déplorable actuelle des finances publiques est l’héritage de ce qui n’est pas une légèreté, mais un détournement de fonds organisé.

  • À Montpellier, des néonazis « de plus en plus visibles, de plus en plus armés, de plus en plus violents »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190624/montpellier-des-neonazis-de-plus-en-plus-visibles-de-plus-en-plus-armes-de

    Une vingtaine de militants d’extrême droite montpelliérains accumulent les actes d’intimidation et les agressions violentes. Le 1er juin, ils s’en sont pris à une jeune femme trans avant de passer à tabac un syndicaliste. Une tension montée crescendo depuis plusieurs mois.

  • Romaric tacle le NFP éco p’tit joueur | Mediapart | 18.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/180624/l-economie-est-aussi-la-source-de-la-crise-politique

    Le talon d’Achille de la logique du NFP est qu’elle reste largement encastrée et dépendante de la logique d’accumulation du capital, sans doute pour les raisons que l’on a déjà évoquées : la population reste largement persuadée qu’il n’y a pas de voie en dehors de ce système. C’est d’ailleurs pour cette raison que les trois blocs feignent de promettre un retour à la croissance. C’est caresser l’opinion dans le sens du poil.

    Mais si la croissance reste insuffisante, alors la seule voie « interne » est de favoriser l’accumulation et de revenir à des politiques favorables au capital. C’est la logique qui a présidé aux « tournants » de la gauche de gouvernement, de François Mitterrand à François Hollande. Et aux déceptions qui vont avec.

    Pour ne pas tomber dans ces travers et revenir à la case départ, il faut passer de l’ambition de redistribution à celle de la transformation. Cette dernière vise à modifier les objectifs et les modalités de la production, non plus pour satisfaire l’accumulation, mais des besoins démocratiquement établis. C’est dans cette voie que se situe sans doute la seule tentative de règlement de la triple crise économique, sociale et écologique du capitalisme contemporain.

    Il s’agit, en quelque sorte, de sortir de l’impasse de la décroissance capitaliste actuelle pour passer à une société réellement libérée de l’impératif de croissance. Mais une telle option ne fait pas l’unanimité à gauche et reste très minoritaire dans l’opinion. En réalité, un tel saut est politiquement impossible dans la structure politique actuelle de la gauche. D’où un programme centré principalement sur la redistribution, avec les risques qui l’accompagnent.

    La crise politique actuelle n’est donc pas un coup de tonnerre dans le ciel calme de l’économie. Il est le produit d’une situation économique inextricable qui se combine à une opinion publique qui ne veut pas remettre en cause un système profondément dysfonctionnel. En cela, la préservation du statu quo n’est pas une solution, elle ne peut déboucher que sur une gestion autoritariste du capitalisme. Mais les politiques redistributives sont aussi largement des impasses. Comme aucune proposition transformative ne semble possible, le cercle vicieux entre crises politiques et économiques ne semble pas près de prendre fin.

  • L’amour comme moteur, la connaissance comme but / La croissance ou la vie | Éloi Laurent / Mediapart vidéo | 14.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/140624/defendre-la-cooperation-contre-la-logique-economique

    35 minutes. Le mec n’est pas un illuminé - Romaric Godin non plus.


    Emprise numérique > hyper-connectivité mais dégradation des liens sociaux > isolement

    – collaboration : par calcul (coût/bénéfice) et pour faire (produire/travail)

    – coopération : par amour (...) et pour connaître (...)

    Emprise économique : Darwin était un gros fan de, et baigné de la philosophie économique politique de son temps = Malthus ; toute sa théorie de l’évolution, base de la biologie évolutive moderne, est intrinsèquement Malthusianiste et « économy-compatible » ; c’est la même grammaire.

    On est dans des sociétés hyper-collaboratives (travail/production/croissance) => crise (destruction) de la coopération (amour/connaissance/temps long,...)

    Et pourtant, elle bouge : le fondement de notre survie et de notre prospérité en tant qu’espece, c’est la coopération. Il faut restaurer le temps (long) de la coopération (éducation, travail)

  • Nous voulons construire plus que des barrages
    https://www.latelierpaysan.org/Nous-voulons-construire-plus-que-des-barrages

    L’Atelier Paysan se situe naturellement plus volontiers du côté des mouvements sociaux que des rendez-vous électoraux. Pourtant, conscients du danger immense que représentent la poussée du RN et sa possible arrivée au pouvoir, nous apportons aujourd’hui clairement notre pierre aux fondations du nouveau front populaire. Entre les trois blocs - la macronie, l’extrême-droite et le front populaire - pas de tergiversations et nul besoin de mettre des conditions préalables : l’urgence est là. Partout, (...) Actualités

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/11/luc-rouban-politiste-la-generalisation-du-vote-rn-traduit-un-malaise-social-
    https://www.nouvelobs.com/economie/20230601.OBS74012/un-francais-sur-deux-saute-des-repas-d-autres-renoncent-a-aller-chez-le-c
    https://www.sciencespo.fr/cevipof/sites/sciencespo.fr.cevipof/files/Noteelectionseuropeennes_PHB%26FP_agriculteurseteuropeennes_mai2024_V2.pd
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/020324/sur-l-agriculture-les-lignes-erratiques-des-votes-du-rn

  • Hollande-Mélenchon : en finir avec le « Janus horribilis » de la gauche | Stéphane Alliès | 16.06.24

    Ça claque.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/160624/hollande-melenchon-en-finir-avec-le-janus-horribilis-de-la-gauche

    Leur dualité paralysante agit à la façon d’un Janus, ce dieu romain des commencements et des fins aux deux visages, l’un regardant vers le passé et l’autre vers l’avenir. Mais le duo Hollande-Mélechon est un « Janus horribilis », dont les visages ne contemplent qu’un présent qu’ils plombent avec talent depuis qu’ils se partagent le leadership des gauches françaises.

    Jean-Luc Mélenchon (71 ans) et François Hollande (69 ans) concentrent à eux deux 116 années de mandats, mais l’un se sent encore « capable » d’être premier ministre quand l’autre veut redevenir député. Tous deux sont des vrais professionnels de la politique, n’ont jamais travaillé au-delà de leurs études avant de devenir conseillers politiques puis jeunes élus.

    Tous deux ont annoncé leur retraite en constatant leur propre impéritie à l’épreuve du pouvoir ou de sa conquête. Mélenchon en 2022, échouant aux portes du second tour de la présidentielle au bout de trois tentatives ; Hollande en 2017, échouant à se représenter au terme d’un mandat calamiteux.

    Ensemble, ils accaparent la gauche et la dévitalisent chacun à sa façon.

    L’un, François Hollande, a vidé de son sens l’intérêt d’un grand parti, en laissant prospérer la corruption de barons locaux comme l’appauvrissement idéologique de ses élites politiques, et en résumant la réflexion programmatique à des synthèses édredons de congrès chaque fois plus truqués. Avant, depuis l’Élysée, de dissoudre le socialisme historique dans le libéralisme autoritaire et de propulser Emmanuel Macron à sa suite.

    L’autre, Jean-Luc Mélenchon, a empêché toute refondation partisane d’ampleur en privilégiant une pratique de « mouvement gazeux » – en réalité une gouvernance autocentrée assumant l’absence de démocratie interne et rythmée par les évictions internes (« Le parti de gauche se renforce-t-il en s’épurant ? », interrogions-nous déjà en 2012…). Avant d’imposer sa pratique de groupuscule trotskyste lambertiste à la gauche d’alternative, qu’il n’aura cessé de bousculer au gré de ses colères, de ses méfiances excessives, de ses intuitions géopolitiques, de ses outrages langagiers ou de ses allusions insidieuses.

    Devenus obstacles à la sincérité du renouvellement unitaire et démocratique de la gauche française en 2024, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande en résument l’errance depuis la charnière des années 1990-2000.

  • Pour un soulèvement antifasciste | SLT
    https://blogs.mediapart.fr/les-soulevements-de-la-terre/blog/150624/pour-un-soulevement-antifasciste

    Gardons en mémoire le front populaire de 1936. Il est né dans la rue d’une manifestation anti-fasciste. Ses mesures phares - comme l’instauration des congés payés - sont le fruit d’une longue grève générale avec occupations d’usines enclenchée au lendemain de sa victoire aux élections. L’annonce par Nouveau Front Populaire (NFP) d’un moratoires sur les mégabassines et les autoroutes dans son programme des 15 premiers jours est le fruit du rapport de force que nos #luttes ont su imposer au cours des 3 dernières années. 

    Le terrain et le tempo des Soulèvements de la terre sont ceux de la lutte, de l’#auto-organisation des mouvements et de l’action directe populaire. Que le gouvernement soit néo-faciste, macroniste ou de gauche, nous continuerons à lutter contre l’accaparement des terres par l’agro-industrie et la bétonisation du monde. Quel que soit le résultat, nos luttes et nos actions doivent franchir un cap face aux menaces conjointes du ravage écologique et de la fascisation.
    Nous vivons pour l’heure un moment historique. Il ne suffit pas de faire barrage au Rassemblement National par les urnes, il faut lui barrer physiquement la route. Il ne doit pas prendre le pouvoir, ni dans trois semaines, ni dans trois ans !

  • Sanctions contre Israël aux Jeux olympiques : le CIO sous pression | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/150624/sanctions-contre-israel-aux-jeux-olympiques-le-cio-sous-pression

    Plusieurs associations de soutien au peuple palestinien et des partis de gauche demandent que les mêmes sanctions que celles imposées à la Russie soient appliquées aux athlètes israéliens. Le CIO est pour l’instant inflexible.

    Emmanuel Riondé

    15 juin 2024 à 17h56

    #BDSJO

  • Scandale de la Légion d’honneur : l’Élysée, alerté, n’a pas saisi la justice
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130624/scandale-de-la-legion-d-honneur-l-elysee-alerte-n-pas-saisi-la-justice

    Scandale de la Légion d’honneur : l’Élysée, alerté, n’a pas saisi la justice

    De riches récipiendaires de la Légion d’honneur sont soupçonnés d’avoir profité de largesses de l’institution. Alertée, la présidence de la République n’a pas voulu faire de vagues.

    • Ce système alimente aujourd’hui les interrogations : les dons de mécènes à la fondation constituaient-ils un moyen détourné d’obtenir des distinctions honorifiques ? Le général Puga a-t-il fait profiter ses propres enfants d’avantages divers, tout en permettant aux enfants de mécènes d’être décorés ? Avec quel argent le dirigeant de la Fondation pour la Légion d’honneur, Julien Renault, a-t-il régulièrement offert des cadeaux au général Puga ?

      Autant de questions auxquelles l’ancien grand chancelier n’a pas voulu répondre, malgré de nombreuses relances (lire en boîte noire). Également sollicité par Mediapart, Julien Renault a estimé, par l’intermédiaire de son avocat Charles Consigny, que nos interrogations relevaient de sa « vie privée », qualifiant sa relation avec le général Puga d’« amicale ».

      ce passage où tu vois où en sont les intégristes cathos/fachos du chardonnay

      Les livraisons de vin

      27 juin 2018, Mérindol-les-Oliviers (Drôme). Julien Renault est une nouvelle fois aux petits soins pour le grand chancelier. Cette fois, il organise la livraison de 240 bouteilles « grande réserve », au nom d’Isabelle Puga, pour une fête de mariage qui doit se tenir dans le mas familial, dans la Drôme. Le couple a onze enfants.

      Un an et demi plus tard, le général sollicite Julien Renault : une autre de ses enfants va se marier le samedi 18 avril 2020. Le soir de la cérémonie, lui écrit-il, « 450 personnes sont invitées » dans un château des Yvelines pour un « cocktail dînatoire » suivi d’une « soirée pour les jeunes à partir de 21 heures ».

      Il faut prévoir un stock important d’alcool, mais pas n’importe lequel. « Le champagne que vous aviez offert était du Taittinger. Le vin rouge était soit du Crozes-Hermitage Laya 2017, soit du La Rosine de Stéphane Ogier 2015. Le blanc était soit du Saint Perray Les Potiers 2017, soit du Viognier de Rosine de Stéphane Ogier 2016 », rappelle le général. Avant de poursuivre, d’un ton télégraphique : « Tout était délicieux et a séduit tout le monde. La livraison sera à faire au château. » Le midi, le premier cercle des mariés – « famille directe uniquement = 70 ! » – est aussi invité à déjeuner dans les salons du palais de la Légion d’honneur, privatisés pour l’occasion.

      Repoussées une première fois en raison du covid, les noces sont finalement célébrées le 16 mai 2020. La messe se tient dans l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fief parisien des intégristes dirigé par l’abbé Denis Puga, petit frère du général. Au sein de la paroisse, Isabelle Puga s’occupe le reste de l’année de la réfection des linges liturgiques.

  • L’extrême dérive d’Emmanuel Macron | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/120624/l-extreme-derive-d-emmanuel-macron
    https://static-mediapart-fr.bnf.idm.oclc.org/etmagine/og/journal/files/2024/06/12/20240612-img-macron-ou-l-extreme-derive.jpg
    Après, ce serait bien que Mediapart se prenne le cul à deux mains pour expliquer que non, dénoncer la fascisation du gouvernement d’Israël, ce n’est pas de l’antisémitisme.

    Mais c’était compter sans la présence d’un irresponsable à l’Élysée. Non content d’avoir créé une crise sans précédent, le président de la République tente de profiter du confusionnisme ambiant pour sauver le peu qui lui reste. Ainsi a-t-il passé plus d’une heure, mardi, à expliquer que « l’extrême gauche » – il parle de LFI, mais cela mériterait là aussi un petit cours d’histoire politique – était allée « jusqu’à justifier le pire, avoir une politique d’antisémitisme ». Et s’était rendue coupable de « communautarisme » et d’« antiparlementarisme ».

    Il faut mesurer la violence d’une telle charge, et son niveau de gravité quand celle-ci émane d’un chef de l’État qui parle désormais comme un chroniqueur de Pascal Praud. Car s’il n’est pas question de nier les problèmes, voire les errements, qui traversent la gauche, il est aussi impossible de laisser Emmanuel Macron niveler de cette façon le débat public et inverser les valeurs en épargnant le RN – dont il reprend les marottes sécuritaires et identitaires – pour mieux diaboliser la gauche.

  • La France, ce bastion de l’extrême droite en Europe | Mediapart | 12.06.24

    https://www.mediapart.fr/journal/politique/110624/la-france-est-l-un-des-bastions-de-l-extreme-droite-en-europe

    Si vous l’aviez raté... Matthijs Rooduijn, chercheur néerlandais en science politique, analyse les ressorts de cette nouvelle poussée à l’échelle du continent.

    Beaucoup de partis traditionnels ont critiqué, pour de très bonnes raisons, les mouvements d’extrême droite, leur programme et ce qu’ils représentent. Mais je pense que ce n’est plus suffisant désormais. Ce qu’il faudrait aussi faire, selon moi, c’est protéger la culture de la démocratie libérale. Les études montrent que les gens ne s’y déclarent pas particulièrement attachés, ne se définissent pas comme ça. C’est un problème. Il est essentiel de faire prendre conscience aux gens de l’importance de ce système, du contrôle démocratique du pouvoir, des droits individuels, de la liberté de la presse, de toutes ces choses qui font la culture de la démocratie libérale. Cette culture est menacée par l’extrême droite, dont les idées sont incompatibles avec ces principes, comme on le voit dans les pays où l’extrême droite est arrivée au pouvoir, en Hongrie par exemple.
    [...]
    Les recherches montrent que quand ces partis, qui se définissent fréquemment comme anti-système, participent à des coalitions de gouvernement, ils sont souvent punis dans les urnes ensuite, plus que les autres partis. Mais les mêmes travaux de recherche montrent que ce recul n’est que temporaire, et après ces élections sanctions, ces partis peuvent de nouveau croître.

    Les reculs éventuels de ces partis sont toujours liés à des circonstances nationales. Que ce soit parce que leurs leaders politiques commettent des erreurs, ou sont impliqués dans des scandales, ou parce que de fortes campagnes d’opposition à l’extrême droite sont mises en place. Mais il faut garder en tête que globalement, la tendance est à la hausse.

  • Nelo Magalhães : « Une autoroute, c’est un produit idéologique » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080624/nelo-magalhaes-une-autoroute-c-est-un-produit-ideologique

    En effet, l’autoroute, c’est d’abord une imposante matérialité. En plus du ciment et du bitume, il faut environ 100 mètres cubes de terre et 30 tonnes de sable et gravier par mètre. Il faut des pentes bien plates, des courbes de la bonne dimension, des sols rigides. Donc, ouvrir des milliers de carrières, arracher des arbres par dizaines de milliers, exploser des collines, transformer les sols, etc. Les reliefs reflètent donc, à grande échelle, le paradigme des transports : tout doit s’adapter au trafic, présenté comme une donnée indiscutable. Sur le temps long, ces milliards de tonnes et mètres cubes modifient le paysage. Les ingénieurs eux-mêmes parlent des « saignées » que font les autoroutes dans les sols.
    [...]
    Il y a un réductionnisme du débat général sur la question du carbone, qui est évidemment compréhensible, puisque le climat est un enjeu majeur de nos sociétés. Mais mon travail sur les infrastructures de transport montre que ce sont elles qui mobilisent les plus grands flux de matière du capitalisme français.

    On extrait de la matière encore aujourd’hui à 80 % pour les travaux publics, c’est-à-dire pour les grandes infrastructures, et pas pour le bâtiment. Les travaux publics, ce sont les routes, les aéroports, les ports, les canaux, les lignes de chemin de fer, qui incluent tous les ouvrages d’art comme on les appelle : ponts, viaducs, tunnels, etc.

    C’est intéressant parce que cela montre que même si on construisait tous les bâtiments avec de la terre et de la paille, tant qu’on garde les infrastructures telles qu’elles existent, on doit continuer à extraire énormément de matière. Donc l’enjeu de ce point de vue, c’est vraiment les grandes infrastructures. De plus, matériellement, ce type d’infrastructure exige une maintenance énorme du fait du poids des véhicules, notamment des camions. Cela ne changera pas même si tous les véhicules roulent à l’air pur.
    [...]}
    En fait, pour construire des infrastructures, il faut surtout déplacer de la terre. Les volumes de terre occasionnés par ces chantiers sont sous-estimés parce que la terre de terrassement [la modification du relief d’un terrain pour y réaliser un ouvrage – ndlr] n’a pas de valeur monétaire. Donc, au niveau national, elle n’est pas prise en compte dans les comptabilités environnementales.
    [...]
    Utiliser des déchets de mines ou du BTP comme matière première pour une infrastructure (remblai, fabrication du bitume, ciment, etc.) est-il un gain écologique ?

    Il y a une symbiose matérielle entre les grandes infrastructures et les grandes industries fordistes. Plus on a besoin de masses de matière gigantesques, et plus c’est intéressant pour les industriels de se débarrasser de leur masse aussi énorme. Donc les uns veulent se débarrasser de leur matière et les autres nécessitent beaucoup de matière.

    Il y a une boucle vicieuse qu’on appellerait aujourd’hui de la valorisation, ou de l’économie circulaire. Mais cela ne sert à rien puisqu’en fait, pour valoriser beaucoup de matière, il faut construire beaucoup d’infrastructures. Et donc produire beaucoup de déchets. Il n’y a quasiment jamais de recyclage là-dedans.

    Cela remet en question toute cette idée que valoriser des matières, c’est une bonne chose pour l’environnement. Historiquement, le « réusage » de déchets dans les infrastructures a été massif en France, pris en charge par des pouvoirs très importants, ce n’était pas du tout quelque chose d’anecdotique. Et il n’a servi qu’à créer des boucles entre des grandes industries et des grands chantiers de l’époque fordiste.

    C’est du business as usual, de la valorisation. L’extraction n’a pas du tout baissé. On n’a jamais produit autant de ciment. On n’a jamais consommé autant de ciment et on n’a jamais autant valorisé dans l’industrie cimentière. Valoriser beaucoup de masse de matière ne change absolument rien aux questions environnementales, tant que le niveau de production ne baisse pas.
    [...]
    Dans votre livre, vous expliquez qu’il n’y aurait pas d’autoroute sans libre-échange. Pourquoi ?

    Ce que j’ai réalisé en enquêtant sur les techniques de construction, c’est que les routes sont faites matériellement pour les camions : en rigidité, en masse, en épaisseur, en largeur… La voiture ne compte pas du tout, ceci pour une raison technique qui m’est apparue en étudiant des débats dans le début des années 1960 : l’impact d’un véhicule sur une chaussée est exponentiel au poids. Cela signifie que si on passe d’un camion de 44 tonnes à un camion de 60 tonnes, comme la Commission européenne le veut aujourd’hui, l’impact en poids sera des millions de fois plus important.

    Donc le choix de la route aujourd’hui, c’est le camion. Les routes sont construites, entretenues et maintenues pour les camions. C’est un choix qui a des conséquences énormes car aujourd’hui l’extraction des carrières sert d’abord à la maintenance des routes, et pas à leur construction. Or le camion sert le libre-échange, qui est depuis le début au cœur de la constitution européenne. On va fluidifier les marchandises en Europe. Aujourd’hui, on veut créer des corridors européens de camions d’Espagne vers les Pays-Bas. C’est aussi le cas pour les grands ports. Le fret maritime transporte une grande partie du commerce international. Les ports sont dimensionnés pour les plus grands navires : les plus grands vraquiers, les plus grands minéraliers. Le port de Fos-sur-Mer doit pouvoir accueillir des pétroliers de 200 000 tonnes.

    Tant qu’on ne change pas ce verrou du libre-échange, les infrastructures devront toujours être maintenues et réparées. Même si on mettait des panneaux solaires et du béton vert là-dedans, le poids matériel des infrastructures se maintiendrait.

    • FISSURER L’EMPIRE DU BÉTON, Un lundisoir avec Nelo Magalhães
      https://lundi.am/Fissurer-l-empire-du-beton

      Où se cache « le pouvoir » ? On a pu dire qu’il résidait entre les mains de quelques grands hommes, puis convenir qu’il se diffusait à travers l’#économie, on l’a vu traverser les corps et prendre la forme de #dispositifs_de_contrôle, a aussi dit qu’il était désormais dans les #infrastructures et qu’il prenait une forme #cybernétique. Nelo Magalhães est allé le dénicher dans sa forme la plus homogène et solide, dans la manière dont il a recouvert la planète, imposé ses lignes et constitué l’essentiel de notre environnement humain, trop humain : le #béton. Son livre, Accumuler du béton, tracer des routes - Une histoire environnementale des grandes infrastructures (La Fabrique) s’ouvre sur une drôle d’#histoire, extraite d’un livre passé inaperçu, la bétonite. Le béton est atteint d’un virus qui l’amène à s’effriter, le virus s’étend à chaque centimètre cube du fameux matériaux et c’est la totalité de l’édifice social qui s’effondre et la vie entière qui doit se donner de nouveaux repères.

      À voir mardi 11 à partir de 19h

      #routes

  • En Nouvelle-Calédonie, la machine judiciaire tourne à plein régime | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030624/en-nouvelle-caledonie-la-machine-judiciaire-tourne-plein-regime

    Le tribunal de #Nouméa se retrouve à l’épicentre de la répression judiciaire des révoltes. C’est aussi dans cette enceinte que débutent des enquêtes au long cours, notamment sur les sept morts recensées depuis le 13 mai.

    #Kanaky #justice_d'abattage

  • « L’état-major allemand n’arrive pas à se mettre à la place des Alliés » : le Débarquement vu du côté des nazis par l’historien Jean-Luc Leleu
    https://www.francetvinfo.fr/france/debarquement-du-6-juin-1944/grand-entretien-l-etat-major-allemand-n-arrive-pas-a-se-mettre-a-la-pla

    Les choses on peu changé depuis ’44. Deux tiers des Allemands sont fascistes où apolitiques, vingt pour cent ne sont pas d’accord mais se laissent faire. La résistance recrute ses militants parmi les quelques personnes et vraiment courageuses et qui ne font pas partie des deux premiers groupes. C’est un petit groupe d’environ deux pour cent.

    Conclusion : la majorité de mes compatriotes sont dangereux. Pourtant dans l’état actuel 61 pour cent des Allemands sont contre la livraison d"armes à l’Ukraine. Il y a de l’espoir.

    ... quel est le niveau d’adhésion au régime nazi et à Hitler ?

    Il s’agit d’une armée de conscription avec, en janvier 1944, 10 millions de soldats sur un bassin de population d’environ 80 millions de personnes. On est sur une armée à l’image de la société allemande. Selon les sociologues qui ont interrogé notamment les prisonniers de guerre allemands, il y a un gros bloc apolitique de 40% au centre, à peu près 35% de tendance pro-nazie plus ou moins affirmée et environ 25% de tendance anti-nazie.

    Mais comme la masse apolitique a toujours tendance à suivre le régime en place, cela signifie que trois quarts des soldats allemands ne contestent pas le régime hitlérien, voire y adhérent. Au-delà, presque indépendamment des positions politiques, il y a une large confiance en Hitler, au sein des soldats comme de la population allemande. C’est une constante des sondages alliés, de 1943 jusqu’à février-mars 1945, il y a toujours deux tiers des prisonniers de guerre qui déclarent avoir confiance en Hitler.

    • Si deux tiers des Allemands sont fascistes où apolitiques, ici, en France les collabos bougent encore et ont fait des petits. Selon le chef du parti qui demain va se prendre une grosse tôle aux élections européennes, le « peuple français » est frappé d’atavisme collaborationniste.

      « Ce n’est pas moi qui ai choisi un adversaire qui est l’extrême droite, ce sont les Français qui me l’ont donné. »

      Emmanuel Macron, à Berlin, le 26 mai 2024

      https://www.mediapart.fr/journal/france/070624/emmanuel-macron-une-presidence-toxique

      Un parti pris du professeur moustache :

      L’intervention du chef de l’État pratiquement à la veille du scrutin européen illustre, une nouvelle fois, l’omnipotence du pouvoir présidentiel français. Mais elle confirme aussi qu’à cette pathologie institutionnelle, ruineuse pour la démocratie, s’ajoute l’usage particulièrement toxique qu’en fait cette présidence.

    • Deux tiers des Allemands sont fascistes ou apolitiques (...) 61 pour cent des Allemands sont contre la livraison d"armes à l’Ukraine.

      Il y a peut-être une corrélation ? Les fascistes aiment bien Poutine et il le leur rend bien.

    • Pour Eric Hazan, changer le monde n’était pas un programme d’avenir mais un travail de chaque jour, par #Jacques_Rancière
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/pour-eric-hazan-changer-le-monde-netait-pas-un-programme-davenir-mais-un-

      Ce n’est pas seulement qu’il s’intéressait à tout et que sa culture humaniste était bien plus vaste et profonde que celle de tant de clercs qui sourient d’engagements militants comme les siens. C’est que le monde pour lequel il se battait était celui de l’expérience la plus large et la plus riche et qu’il ne séparait pas le travail de la connaissance et les émotions de l’art de la passion de la justice. Cet homme indigné contre toute oppression aimait, plus que les crieurs, celles et ceux qui cherchent, inventent et créent.

      https://justpaste.it/c0k8d

    • Les éditions Agone. 18, boulevard de Paris 13003 Marseille
      https://mastodon.social/@EditionsAgone/112570946028414764

      Alors que se perpétue le dérisoire jeu de chaises musicales entre la poignée d’employés (très, très bien payés) qui fait tourner le marché de la concentration pour quelques millionnaires sinon milliardaires, un événement du sous-champ culturel du #livre mérite, lui, une place dans nos mémoires. Jeudi 6 juin, Éric Hazan est mort. Du « Monde » et « L’Humanité » à « Libération », en passant par « Télérama » et « Mediapart », la presse parisienne a donné, avec plus ou moins d’honnêteté, de dignité ou de platitude, le portrait du fondateur des #éditions_La_Fabrique. Rappelons ici sa place, centrale depuis vingt ans, dans la défense du métier d’éditeur. Et la critique à laquelle il a donné un titre : L’Édition sans éditeur – premier des trois livres de l’éditeur franco-américain #André_Schiffrin qu’Éric Hazan a édités et traduits en 1999. Alors que, plus que jamais, la concentration détruit l’édition dans l’indifférence générale – de l’État qui la soutient, des auteurs et autrices qui n’en tirent aucune conséquence aux journalistes qui l’accompagnent et aux libraires qui l’acceptent –, la lucidité d’Éric Hazan et sa manière si singulière, ferme et paisible, d’affirmer franchement les réalités les plus dures nous manquent plus que jamais.

      https://lafabrique.fr/ledition-sans-editeurs

    • Éric Hazan, des combats au cœur des livres - #Jean_Stern @orientxxi
      https://orientxxi.info/magazine/eric-hazan-des-combats-au-coeur-des-livres,7398

      Éditeur et essayiste, Éric Hazan, qui vient de mourir à 87 ans, avait fondé La fabrique il y a 25 ans. Pionnier de l’édition indépendante en France, Hazan avait bataillé contre la mainmise des groupes financiers sur la vie éditoriale. La fabrique est aussi l’un des lieux majeurs de publication d’essais et d’analyses sur le judaïsme, le sionisme, Israël et la Palestine.

    • Traduction en anglais de l’article de Jacques Rancière paru sur Libé le 08/06/2024 :
      https://newleftreview.org/sidecar/posts/grand-editeur?pc=1609

      There is an infinitely reductive way of commemorating Eric Hazan, simply by saluting him as a courageous publisher and defender of the radical left, an unyielding supporter of the rights of the Palestinians and a man who, against the grain of his times, so believed in revolution that he devoted a book to the first measures to be taken on the morning after.

      He was certainly all these things, but we first need to register the essential point: in an age when the word ‘publishing’ conjures up empires of businessmen for whom everything is a commodity, even the most nauseating ideas, he was first and foremost a great publisher. This was not simply a matter of competence. It was much more a question of personality. And Eric was an exceptional personality: possessed of a mind curious about everything, a scientist by training and neurosurgeon in a previous life, but also a connoisseur of the arts and lover of literature; a city-dweller, sensitive to the living history of every stone in the street; an open and welcoming man with a radiant smile and eloquent handshake, eager to communicate his passions, to share his discoveries and convince others – without preaching – of what he considered to be the exigences of justice.

      I learnt from our first contact, just as La Fabrique was starting up, that he was no ordinary publisher. He had attended a few sessions of my seminar on aesthetics and wanted to better understand what I was doing and where it was heading. I sent him a short interview I’d done for a magazine published by friends of mine. A few days later, he told me that it was a book and that he was going to publish it. Which he did so effectively that this little volume, barely visible on a bookshelf, found its way around the world. I thereby discovered something surprising: a great publisher is one who can recognize you have written a book when you don’t know it yourself.

      Thus began a long collaboration punctuated by books whose titles alone prove that he was so much more than a publisher of revolutionary firebrands. Were that the case, what business would he have with exploring territories as remote from immediate political action as the landscape of eighteenth-century England, the dissolution of the traditional threads of narrative in the novels of Flaubert, Conrad or Virginia Woolf, the interweaving of time in the films of Dziga Vertov, John Ford or Pedro Costa, or the conception of the spectator implied by this or that installation of contemporary art? What, moreover, would lead him to publish a complete edition stretching to over a thousand pages of Walter Benjamin’s Baudelaire? And to immerse himself in Balzac’s Paris? It’s not only that he was interested in everything and his engagement with humanist culture was far broader and deeper than so many of the ‘clercs’ who smirk at militant commitments of his kind. It was because he fought for a world of the widest and richest experience, and did not separate the work of knowledge and the emotions of art from the passion of justice. This man – indignant against all oppression – loved, more than sloganeers, those who seek, invent and create.

      Changing the world was for him not a programme for the future but a daily task of adjusting our vision and finding the right words. And he understood that revolt is itself a means of discovery. In the work of the most radical authors he published, whether on feminism, decolonialism or pipeline sabotage, he discerned not only a cry of anger against the reign of injustice but also a project of research, a singular expression of the world we live in, and a new way of shedding light on it. Hence, he was careful to ensure that the most provocative titles appeared in booksellers’ windows adorned in such a way that made them precious objects.

      Is this why he chose the name La Fabrique? For connoisseurs of workers’ history, the name recalls Echo de la fabrique, the newspaper of the Lyonnais canuts during their revolt of the 1830s. No doubt it was important for it to evoke the memory of the great days of 1848 and the Commune. But the word ‘fabrique’ also associated this tradition of struggle with a whole conception of the publisher’s work: a radical departure from the logic of profit and its associated strictures of management; an artisanal love of craftsmanship that neglected no aspect of book production; but also an idea of the fraternal workshop where men and women would bring the product of their labours which, as they intertwined, would be transformed into something else: a shared wealth of experience, of knowledge and insight, the sense of a collective capacity to build a world different from the one that our masters and their intellectual lackeys present to us as the only, inescapable reality.

      Offering alternative cartographies of what is visible, of what takes place and what matters in our world: this is the concern that brought him together with so many authors of such different interests, ideas and sensibilities, all of which he respected equally without attempting to corral them into a common line. Because this great publisher was above all a free man who could only breathe in an atmosphere of freedom.

      Was it the thinning of this atmosphere that, alongside his illness, darkened his final days? Never have the causes for which he fought been so mockingly besmirched in theory, so blithely trampled underfoot in practice, as they are today. For a long time, Eric saw in the very ignominy of the powers that govern us a reason to hope for the coming revolution. Their world, he thought, is so decrepit that the slightest blow here or there is bound to bring about its collapse. This is the logic, perhaps a little too cursory, of good craftsmen and sons of the Enlightenment. They believe that rot causes buildings to crumble. Unfortunately, it is more like the glue holding the system together. And this imposes a long and painstaking task on those who first and foremost need air that is more breathable and more conducive to the preparation of other tomorrows. It is, in any case, a task for which his uncompromising resistance to baseness in every form will long serve as an example.