France | Mediapart

/france

  • Nouvelle-Calédonie : le chef de la CCAT, Christian Tein, va être placé en détention provisoire à Mulhouse
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/22/nouvelle-caledonie-le-chef-de-la-ccat-christian-tein-va-etre-place-en-detent

    Mercredi, onze personnes avaient été interpellées dans le cadre d’une enquête visant « les commanditaires présumés des exactions commises » pendant la mobilisation contre le dégel du corps électoral de l’archipel, a déclaré le procureur de Nouméa.

    S’il fallait une autre raison de voter pour le NFP...

    • C’est injuste à plus d’un titre. Pour avoir travaillé avec des personnes détenu·es, je sais comme c’est violent de ne pas pouvoir voir sa famille, ses enfants, ses ami·es à cause des km. De plus les frais que cela occasionne... Double peine incarcéré, coupé des siens et quitter son île. Le colonialisme a la vie dure.

    • Nouvelle-Calédonie : des militants indépendantistes vont être emprisonnés en métropole
      https://www.mediapart.fr/journal/france/220624/nouvelle-caledonie-des-militants-independantistes-vont-etre-emprisonnes-en

      Christian Tein et plusieurs autres militants soupçonnés d’être « les commanditaires » des révoltes qui ont embrasé l’archipel ont été placés en détention provisoire samedi. Certains vont être transférés à 17 000 kilomètres de chez eux. Parmi les suspects, figurent aussi les fils des leaders indépendantistes Jean-Marie Tjibaou et Alphonse Dianou.


      Les avocats qui les ont assistés en garde à vue pendant plus de 90 heures n’en reviennent pas. Ils se disent « abasourdis », « en colère », « dévastés ». « Je n’ai pas les mots », commente Me Louise Chauchat, qui défend Brenda Wanabo, une responsable associative, également chargée de la communication pour la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT). Depuis le début de la crise en #Nouvelle-Calédonie, cette organisation politique proche du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) se trouve dans le viseur des autorités françaises.

      Comme plusieurs autres de ses camarades, arrêtés mercredi dans le cadre d’une enquête visant « les commanditaires présumés » des révoltes qui ont embrasé l’archipel depuis mi-mai sur fond d’opposition à la révision du corps électoral, la militante a été mise en examen et placée en détention provisoire samedi 22 juin. Elle va être transférée à la maison d’arrêt de Dijon (Côte-d’Or), à 17 000 kilomètres de chez elle. « Toutes les erreurs possibles dans la gestion de la crise sont commises, en répétant même celle déjà faites », déplore son avocate.

      Pour Christian Tein, considéré comme le leader de la CCAT, « on a eu la surprise de découvrir que ce serait Mulhouse », dans le Haut-Rhin, indique à Mediapart son avocat Me Pierre Ortet. Ce membre du conseil exécutif de l’Union calédonienne (UC), principal parti indépendantiste de l’archipel, sera lui aussi emprisonné en métropole. Dans un dossier que son conseil qualifie de « hors norme » tant il brasse tous les événements qui se sont déroulés depuis le début de la crise.

      Selon les informations du journal local La Voix du Caillou, confirmées auprès de Mediapart, Christian Tein a été mis en examen pour plusieurs chefs d’accusation, parmi lesquels l’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ou d’un délit, la participation à un groupement formé en vue de la commission de dégradations ou de violences volontaires, les vols en bande organisée, mais aussi la complicité par instigation ou fourniture de moyens des crimes de meurtres ou de tentatives de meurtre sur les forces de l’ordre.

      La plupart des onze militant·es indépendantistes placé·es en garde à vue pendant plusieurs jours ont tous été confronté·es à un juge d’instruction, avant une audience à huis clos – et donc sans publicité des débats – devant le juge des libertés et de la détention. Deux autres suspects vont être transférés à Blois (Loir-et-Cher) et à Bourges (Cher), tandis que la directrice de cabinet du président indépendantiste du Congrès de Nouvelle-Calédonie Roch Wamytan, doit l’être à Riom (Puy-de-Dôme). Pour l’heure, cinq mis·es en examen sont envoyé·es dans différentes prisons de la métropole. « S’il s’agissait d’en faire des martyrs de la cause indépendantiste, on ne s’y prendrait pas autrement ! », a indiqué Me Stéphane Bonomo, avocat de la défense.

      Les fils Dianou et Tjibaou parmi les suspects

      D’autres militants vont être incarcérés en Nouvelle-Calédonie ou ont été placés sous contrôle judiciaire. Parmi eux, figure Darewa Dianou, le fils d’Alphonse Dianou, leader indépendantiste tué à Ouvéa en 1988, que Mediapart avait interrogé fin mai. Dans la longue liste des suspect·es, on trouve aussi Joël Tjibaou, l’un des fils de Jean-Marie Tjibaou, figure phare du mouvement qui avait signé les accords de Matignon en 1988 avant d’être assassiné. Il paraîtra devant le juge des libertés et de la détention mardi.
      Toutes les personnes qui ont été mises en examen sont accusées d’avoir participé, organisé ou encouragé la mobilisation contre la révision constitutionnelle visant à dégeler le corps électoral. Un texte qu’Emmanuel Macron a officiellement « suspendu » après la dissolution de l’Assemblée nationale. Lors de sa visite éclair dans l’archipel, le président de la République avait lui-même reconnu que le problème politique posé par cette révision était « derrière une grande partie des violences » commises en Nouvelle-Calédonie.
      Les autorités raisonnent à l’européenne sans comprendre que dans le monde kanak, et plus largement océanien, toucher à l’un d’entre eux, c’est toucher à tous les autres.

      Me Louise Chauchat, avocate de Brenda Wanabo
      Dans un courrier adressé aux habitant·es de l’archipel mardi, veille de la vague d’interpellations, le chef de l’État avait de nouveau demandé « la levée ferme et définitive de tous les barrages » et « la condamnation des violences sans faux-semblants ». « La situation dans laquelle la Nouvelle-Calédonie a été réduite par quelques-uns demeure inadmissible, et ceux qui l’ont encouragée devront répondre de leurs actes », écrivait-il également, appelant « à la constitution d’un nouveau contrat social calédonien ». Un vœu que l’accélération judiciaire risque de mettre à mal.

      « Ici, l’ambiance se tend, indique à Mediapart Me Louise Chauchat depuis le tribunal de Nouméa. Les autorités raisonnent à l’européenne sans comprendre que dans le monde kanak, et plus largement océanien, toucher à l’un d’entre eux, c’est toucher à tous les autres. Le mouvement de contestation est multiple et il n’y a pas de leader affirmé. En raisonnant ainsi, de façon pyramidale, les autorités vont s’en prendre à de prétendues têtes, mais le corps continuera de bouger. Il y a de fortes chances que personne ne comprenne ce qui va arriver. »

      Si beaucoup s’attendaient aux arrestations de mercredi – qualifiées d’« abusives » par le président du Congrès de Nouvelle-Calédonie, Roch Wamytan –, tous sont stupéfaits par la décision d’incarcérer plusieurs des suspect·es dans des prisons de la métropole. « L’exercice de la défense va être très compliqué », souligne Me Pierre Ortet. « Le dossier calédonien n’est pas un dossier à caractère terroriste [...], c’est un problème politique de décolonisation », rappelait jeudi l’UC dans un communiqué, faisant le parallèle avec « l’engrenage catastrophique » ayant entraîné les événements de 1984-1988.

  • Interpellé pour un tag anti-Bardella, il est accueilli au commissariat par une chanson pro-Bardella
    https://www.mediapart.fr/journal/france/200624/interpelle-pour-un-tag-anti-bardella-il-est-accueilli-au-commissariat-par-

    Placé en garde à vue pour un tag « Bardella meurt », le 10 juin, un homme de 31 ans dénonce des injures de la part des policiers et un « comité d’accueil » un peu particulier au commissariat. La préfecture de police de Paris annonce l’ouverture d’une enquête administrative.

    • Alors qu’il avait « les menottes aux poignets depuis quelques secondes » et restait silencieux, assis dans la voiture de police, il affirme que les fonctionnaires restés debout à côté du véhicule l’ont agoni d’injures « haut et fort dans l’impasse » : « trou du cul de gaucho », « fils de pute de gaucho », « avec ta casquette de pédé qui se fait enculer par des migrants » ; « quand ta mère et ta grand-mère se seront fait violer par des migrants, tu comprendras ».

      Dans le même temps, l’un des fonctionnaires l’aurait saisi par la veste, puis à la gorge, pour l’impressionner. Camille dit aussi avoir entendu « Pas de chance pour toi, au commissariat on a tous voté Bardella » pendant son trajet vers le commissariat du
      XXe arrondissement.

  • À Montpellier, des néonazis « de plus en plus visibles, de plus en plus armés, de plus en plus violents »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/190624/montpellier-des-neonazis-de-plus-en-plus-visibles-de-plus-en-plus-armes-de

    Une vingtaine de militants d’extrême droite montpelliérains accumulent les actes d’intimidation et les agressions violentes. Le 1er juin, ils s’en sont pris à une jeune femme trans avant de passer à tabac un syndicaliste. Une tension montée crescendo depuis plusieurs mois.

  • Hollande-Mélenchon : en finir avec le « Janus horribilis » de la gauche | Stéphane Alliès | 16.06.24

    Ça claque.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/160624/hollande-melenchon-en-finir-avec-le-janus-horribilis-de-la-gauche

    Leur dualité paralysante agit à la façon d’un Janus, ce dieu romain des commencements et des fins aux deux visages, l’un regardant vers le passé et l’autre vers l’avenir. Mais le duo Hollande-Mélechon est un « Janus horribilis », dont les visages ne contemplent qu’un présent qu’ils plombent avec talent depuis qu’ils se partagent le leadership des gauches françaises.

    Jean-Luc Mélenchon (71 ans) et François Hollande (69 ans) concentrent à eux deux 116 années de mandats, mais l’un se sent encore « capable » d’être premier ministre quand l’autre veut redevenir député. Tous deux sont des vrais professionnels de la politique, n’ont jamais travaillé au-delà de leurs études avant de devenir conseillers politiques puis jeunes élus.

    Tous deux ont annoncé leur retraite en constatant leur propre impéritie à l’épreuve du pouvoir ou de sa conquête. Mélenchon en 2022, échouant aux portes du second tour de la présidentielle au bout de trois tentatives ; Hollande en 2017, échouant à se représenter au terme d’un mandat calamiteux.

    Ensemble, ils accaparent la gauche et la dévitalisent chacun à sa façon.

    L’un, François Hollande, a vidé de son sens l’intérêt d’un grand parti, en laissant prospérer la corruption de barons locaux comme l’appauvrissement idéologique de ses élites politiques, et en résumant la réflexion programmatique à des synthèses édredons de congrès chaque fois plus truqués. Avant, depuis l’Élysée, de dissoudre le socialisme historique dans le libéralisme autoritaire et de propulser Emmanuel Macron à sa suite.

    L’autre, Jean-Luc Mélenchon, a empêché toute refondation partisane d’ampleur en privilégiant une pratique de « mouvement gazeux » – en réalité une gouvernance autocentrée assumant l’absence de démocratie interne et rythmée par les évictions internes (« Le parti de gauche se renforce-t-il en s’épurant ? », interrogions-nous déjà en 2012…). Avant d’imposer sa pratique de groupuscule trotskyste lambertiste à la gauche d’alternative, qu’il n’aura cessé de bousculer au gré de ses colères, de ses méfiances excessives, de ses intuitions géopolitiques, de ses outrages langagiers ou de ses allusions insidieuses.

    Devenus obstacles à la sincérité du renouvellement unitaire et démocratique de la gauche française en 2024, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande en résument l’errance depuis la charnière des années 1990-2000.

  • Pour un soulèvement antifasciste | SLT
    https://blogs.mediapart.fr/les-soulevements-de-la-terre/blog/150624/pour-un-soulevement-antifasciste

    Gardons en mémoire le front populaire de 1936. Il est né dans la rue d’une manifestation anti-fasciste. Ses mesures phares - comme l’instauration des congés payés - sont le fruit d’une longue grève générale avec occupations d’usines enclenchée au lendemain de sa victoire aux élections. L’annonce par Nouveau Front Populaire (NFP) d’un moratoires sur les mégabassines et les autoroutes dans son programme des 15 premiers jours est le fruit du rapport de force que nos #luttes ont su imposer au cours des 3 dernières années. 

    Le terrain et le tempo des Soulèvements de la terre sont ceux de la lutte, de l’#auto-organisation des mouvements et de l’action directe populaire. Que le gouvernement soit néo-faciste, macroniste ou de gauche, nous continuerons à lutter contre l’accaparement des terres par l’agro-industrie et la bétonisation du monde. Quel que soit le résultat, nos luttes et nos actions doivent franchir un cap face aux menaces conjointes du ravage écologique et de la fascisation.
    Nous vivons pour l’heure un moment historique. Il ne suffit pas de faire barrage au Rassemblement National par les urnes, il faut lui barrer physiquement la route. Il ne doit pas prendre le pouvoir, ni dans trois semaines, ni dans trois ans !

  • Scandale de la Légion d’honneur : l’Élysée, alerté, n’a pas saisi la justice
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130624/scandale-de-la-legion-d-honneur-l-elysee-alerte-n-pas-saisi-la-justice

    Scandale de la Légion d’honneur : l’Élysée, alerté, n’a pas saisi la justice

    De riches récipiendaires de la Légion d’honneur sont soupçonnés d’avoir profité de largesses de l’institution. Alertée, la présidence de la République n’a pas voulu faire de vagues.

    • Ce système alimente aujourd’hui les interrogations : les dons de mécènes à la fondation constituaient-ils un moyen détourné d’obtenir des distinctions honorifiques ? Le général Puga a-t-il fait profiter ses propres enfants d’avantages divers, tout en permettant aux enfants de mécènes d’être décorés ? Avec quel argent le dirigeant de la Fondation pour la Légion d’honneur, Julien Renault, a-t-il régulièrement offert des cadeaux au général Puga ?

      Autant de questions auxquelles l’ancien grand chancelier n’a pas voulu répondre, malgré de nombreuses relances (lire en boîte noire). Également sollicité par Mediapart, Julien Renault a estimé, par l’intermédiaire de son avocat Charles Consigny, que nos interrogations relevaient de sa « vie privée », qualifiant sa relation avec le général Puga d’« amicale ».

      ce passage où tu vois où en sont les intégristes cathos/fachos du chardonnay

      Les livraisons de vin

      27 juin 2018, Mérindol-les-Oliviers (Drôme). Julien Renault est une nouvelle fois aux petits soins pour le grand chancelier. Cette fois, il organise la livraison de 240 bouteilles « grande réserve », au nom d’Isabelle Puga, pour une fête de mariage qui doit se tenir dans le mas familial, dans la Drôme. Le couple a onze enfants.

      Un an et demi plus tard, le général sollicite Julien Renault : une autre de ses enfants va se marier le samedi 18 avril 2020. Le soir de la cérémonie, lui écrit-il, « 450 personnes sont invitées » dans un château des Yvelines pour un « cocktail dînatoire » suivi d’une « soirée pour les jeunes à partir de 21 heures ».

      Il faut prévoir un stock important d’alcool, mais pas n’importe lequel. « Le champagne que vous aviez offert était du Taittinger. Le vin rouge était soit du Crozes-Hermitage Laya 2017, soit du La Rosine de Stéphane Ogier 2015. Le blanc était soit du Saint Perray Les Potiers 2017, soit du Viognier de Rosine de Stéphane Ogier 2016 », rappelle le général. Avant de poursuivre, d’un ton télégraphique : « Tout était délicieux et a séduit tout le monde. La livraison sera à faire au château. » Le midi, le premier cercle des mariés – « famille directe uniquement = 70 ! » – est aussi invité à déjeuner dans les salons du palais de la Légion d’honneur, privatisés pour l’occasion.

      Repoussées une première fois en raison du covid, les noces sont finalement célébrées le 16 mai 2020. La messe se tient dans l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fief parisien des intégristes dirigé par l’abbé Denis Puga, petit frère du général. Au sein de la paroisse, Isabelle Puga s’occupe le reste de l’année de la réfection des linges liturgiques.

  • Nelo Magalhães : « Une autoroute, c’est un produit idéologique » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080624/nelo-magalhaes-une-autoroute-c-est-un-produit-ideologique

    En effet, l’autoroute, c’est d’abord une imposante matérialité. En plus du ciment et du bitume, il faut environ 100 mètres cubes de terre et 30 tonnes de sable et gravier par mètre. Il faut des pentes bien plates, des courbes de la bonne dimension, des sols rigides. Donc, ouvrir des milliers de carrières, arracher des arbres par dizaines de milliers, exploser des collines, transformer les sols, etc. Les reliefs reflètent donc, à grande échelle, le paradigme des transports : tout doit s’adapter au trafic, présenté comme une donnée indiscutable. Sur le temps long, ces milliards de tonnes et mètres cubes modifient le paysage. Les ingénieurs eux-mêmes parlent des « saignées » que font les autoroutes dans les sols.
    [...]
    Il y a un réductionnisme du débat général sur la question du carbone, qui est évidemment compréhensible, puisque le climat est un enjeu majeur de nos sociétés. Mais mon travail sur les infrastructures de transport montre que ce sont elles qui mobilisent les plus grands flux de matière du capitalisme français.

    On extrait de la matière encore aujourd’hui à 80 % pour les travaux publics, c’est-à-dire pour les grandes infrastructures, et pas pour le bâtiment. Les travaux publics, ce sont les routes, les aéroports, les ports, les canaux, les lignes de chemin de fer, qui incluent tous les ouvrages d’art comme on les appelle : ponts, viaducs, tunnels, etc.

    C’est intéressant parce que cela montre que même si on construisait tous les bâtiments avec de la terre et de la paille, tant qu’on garde les infrastructures telles qu’elles existent, on doit continuer à extraire énormément de matière. Donc l’enjeu de ce point de vue, c’est vraiment les grandes infrastructures. De plus, matériellement, ce type d’infrastructure exige une maintenance énorme du fait du poids des véhicules, notamment des camions. Cela ne changera pas même si tous les véhicules roulent à l’air pur.
    [...]}
    En fait, pour construire des infrastructures, il faut surtout déplacer de la terre. Les volumes de terre occasionnés par ces chantiers sont sous-estimés parce que la terre de terrassement [la modification du relief d’un terrain pour y réaliser un ouvrage – ndlr] n’a pas de valeur monétaire. Donc, au niveau national, elle n’est pas prise en compte dans les comptabilités environnementales.
    [...]
    Utiliser des déchets de mines ou du BTP comme matière première pour une infrastructure (remblai, fabrication du bitume, ciment, etc.) est-il un gain écologique ?

    Il y a une symbiose matérielle entre les grandes infrastructures et les grandes industries fordistes. Plus on a besoin de masses de matière gigantesques, et plus c’est intéressant pour les industriels de se débarrasser de leur masse aussi énorme. Donc les uns veulent se débarrasser de leur matière et les autres nécessitent beaucoup de matière.

    Il y a une boucle vicieuse qu’on appellerait aujourd’hui de la valorisation, ou de l’économie circulaire. Mais cela ne sert à rien puisqu’en fait, pour valoriser beaucoup de matière, il faut construire beaucoup d’infrastructures. Et donc produire beaucoup de déchets. Il n’y a quasiment jamais de recyclage là-dedans.

    Cela remet en question toute cette idée que valoriser des matières, c’est une bonne chose pour l’environnement. Historiquement, le « réusage » de déchets dans les infrastructures a été massif en France, pris en charge par des pouvoirs très importants, ce n’était pas du tout quelque chose d’anecdotique. Et il n’a servi qu’à créer des boucles entre des grandes industries et des grands chantiers de l’époque fordiste.

    C’est du business as usual, de la valorisation. L’extraction n’a pas du tout baissé. On n’a jamais produit autant de ciment. On n’a jamais consommé autant de ciment et on n’a jamais autant valorisé dans l’industrie cimentière. Valoriser beaucoup de masse de matière ne change absolument rien aux questions environnementales, tant que le niveau de production ne baisse pas.
    [...]
    Dans votre livre, vous expliquez qu’il n’y aurait pas d’autoroute sans libre-échange. Pourquoi ?

    Ce que j’ai réalisé en enquêtant sur les techniques de construction, c’est que les routes sont faites matériellement pour les camions : en rigidité, en masse, en épaisseur, en largeur… La voiture ne compte pas du tout, ceci pour une raison technique qui m’est apparue en étudiant des débats dans le début des années 1960 : l’impact d’un véhicule sur une chaussée est exponentiel au poids. Cela signifie que si on passe d’un camion de 44 tonnes à un camion de 60 tonnes, comme la Commission européenne le veut aujourd’hui, l’impact en poids sera des millions de fois plus important.

    Donc le choix de la route aujourd’hui, c’est le camion. Les routes sont construites, entretenues et maintenues pour les camions. C’est un choix qui a des conséquences énormes car aujourd’hui l’extraction des carrières sert d’abord à la maintenance des routes, et pas à leur construction. Or le camion sert le libre-échange, qui est depuis le début au cœur de la constitution européenne. On va fluidifier les marchandises en Europe. Aujourd’hui, on veut créer des corridors européens de camions d’Espagne vers les Pays-Bas. C’est aussi le cas pour les grands ports. Le fret maritime transporte une grande partie du commerce international. Les ports sont dimensionnés pour les plus grands navires : les plus grands vraquiers, les plus grands minéraliers. Le port de Fos-sur-Mer doit pouvoir accueillir des pétroliers de 200 000 tonnes.

    Tant qu’on ne change pas ce verrou du libre-échange, les infrastructures devront toujours être maintenues et réparées. Même si on mettait des panneaux solaires et du béton vert là-dedans, le poids matériel des infrastructures se maintiendrait.

    • FISSURER L’EMPIRE DU BÉTON, Un lundisoir avec Nelo Magalhães
      https://lundi.am/Fissurer-l-empire-du-beton

      Où se cache « le pouvoir » ? On a pu dire qu’il résidait entre les mains de quelques grands hommes, puis convenir qu’il se diffusait à travers l’#économie, on l’a vu traverser les corps et prendre la forme de #dispositifs_de_contrôle, a aussi dit qu’il était désormais dans les #infrastructures et qu’il prenait une forme #cybernétique. Nelo Magalhães est allé le dénicher dans sa forme la plus homogène et solide, dans la manière dont il a recouvert la planète, imposé ses lignes et constitué l’essentiel de notre environnement humain, trop humain : le #béton. Son livre, Accumuler du béton, tracer des routes - Une histoire environnementale des grandes infrastructures (La Fabrique) s’ouvre sur une drôle d’#histoire, extraite d’un livre passé inaperçu, la bétonite. Le béton est atteint d’un virus qui l’amène à s’effriter, le virus s’étend à chaque centimètre cube du fameux matériaux et c’est la totalité de l’édifice social qui s’effondre et la vie entière qui doit se donner de nouveaux repères.

      À voir mardi 11 à partir de 19h

      #routes

  • En Nouvelle-Calédonie, la machine judiciaire tourne à plein régime | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030624/en-nouvelle-caledonie-la-machine-judiciaire-tourne-plein-regime

    Le tribunal de #Nouméa se retrouve à l’épicentre de la répression judiciaire des révoltes. C’est aussi dans cette enceinte que débutent des enquêtes au long cours, notamment sur les sept morts recensées depuis le 13 mai.

    #Kanaky #justice_d'abattage

  • « L’état-major allemand n’arrive pas à se mettre à la place des Alliés » : le Débarquement vu du côté des nazis par l’historien Jean-Luc Leleu
    https://www.francetvinfo.fr/france/debarquement-du-6-juin-1944/grand-entretien-l-etat-major-allemand-n-arrive-pas-a-se-mettre-a-la-pla

    Les choses on peu changé depuis ’44. Deux tiers des Allemands sont fascistes où apolitiques, vingt pour cent ne sont pas d’accord mais se laissent faire. La résistance recrute ses militants parmi les quelques personnes et vraiment courageuses et qui ne font pas partie des deux premiers groupes. C’est un petit groupe d’environ deux pour cent.

    Conclusion : la majorité de mes compatriotes sont dangereux. Pourtant dans l’état actuel 61 pour cent des Allemands sont contre la livraison d"armes à l’Ukraine. Il y a de l’espoir.

    ... quel est le niveau d’adhésion au régime nazi et à Hitler ?

    Il s’agit d’une armée de conscription avec, en janvier 1944, 10 millions de soldats sur un bassin de population d’environ 80 millions de personnes. On est sur une armée à l’image de la société allemande. Selon les sociologues qui ont interrogé notamment les prisonniers de guerre allemands, il y a un gros bloc apolitique de 40% au centre, à peu près 35% de tendance pro-nazie plus ou moins affirmée et environ 25% de tendance anti-nazie.

    Mais comme la masse apolitique a toujours tendance à suivre le régime en place, cela signifie que trois quarts des soldats allemands ne contestent pas le régime hitlérien, voire y adhérent. Au-delà, presque indépendamment des positions politiques, il y a une large confiance en Hitler, au sein des soldats comme de la population allemande. C’est une constante des sondages alliés, de 1943 jusqu’à février-mars 1945, il y a toujours deux tiers des prisonniers de guerre qui déclarent avoir confiance en Hitler.

    • Si deux tiers des Allemands sont fascistes où apolitiques, ici, en France les collabos bougent encore et ont fait des petits. Selon le chef du parti qui demain va se prendre une grosse tôle aux élections européennes, le « peuple français » est frappé d’atavisme collaborationniste.

      « Ce n’est pas moi qui ai choisi un adversaire qui est l’extrême droite, ce sont les Français qui me l’ont donné. »

      Emmanuel Macron, à Berlin, le 26 mai 2024

      https://www.mediapart.fr/journal/france/070624/emmanuel-macron-une-presidence-toxique

      Un parti pris du professeur moustache :

      L’intervention du chef de l’État pratiquement à la veille du scrutin européen illustre, une nouvelle fois, l’omnipotence du pouvoir présidentiel français. Mais elle confirme aussi qu’à cette pathologie institutionnelle, ruineuse pour la démocratie, s’ajoute l’usage particulièrement toxique qu’en fait cette présidence.

    • Deux tiers des Allemands sont fascistes ou apolitiques (...) 61 pour cent des Allemands sont contre la livraison d"armes à l’Ukraine.

      Il y a peut-être une corrélation ? Les fascistes aiment bien Poutine et il le leur rend bien.

  • Ce que l’on sait après le tabassage d’un policier kanak par des miliciens anti-indépendantistes - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/monde/colonialisme/ce-que-lon-sait-apres-le-tabassage-dun-policier-kanak-par-des-miliciens-ant


    #racisme #suprémacisme #colonialisme
    Je ne sais pas pour vous, mais ça commence vraiment à me peser, d’être blanche.

    Le jeune policier est mis à terre, roué de coups par les hommes venus en 4X4. Il est blessé au bras et à la jambe, mais réussit à joindre ses collègues. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, les deux véhicules prennent la fuite. Mais l’un des deux est rattrapé par la police. Surprise : sur les lieux, l’un des protagonistes n’est autre que Gil Brial, second vice-président de l’Assemblée de la Province sud, membre du Congrès.

    Un poids lourd de la droite anti-indépendantiste, proche de Sonia Backès, la cheffe de file des anti-indépendantistes qui fut ministre d’Emmanuel Macron. Celui-ci confirme aux policiers avoir été appelé par les personnes tenant le barrage. Mais que fait donc un élu tel que Gil Brial dans un 4X4 non immatriculé, qu’on appelle en renfort quand on trouve un kanak qui se dit policier, ce qui semble pour ces miliciens forcément suspect ?

  • Mise au point à propos de la rencontre du 23 mai – RAAR, Golem, JJR – Juives et Juifs Révolutionnaires
    https://juivesetjuifsrevolutionnaires.wordpress.com/2024/06/03/mise-au-point-a-propos-de-la-rencontre-du-23-mai-raar-golem-jjr

    L’article donne d’entrée une version mensongère du déroulement de la soirée. Après les interventions de nos organisations, nous avons proposé aux personnes dans la salle de prendre la parole pour des questions et/ou des commentaires, en demandant de limiter les prises de paroles à 2 minutes et à respecter la parité entre les intervenant·es. C’est pourquoi il y a été demandé à l’intervenante franco-israélienne dont il est question au début de l’article de conclure, non pas parce qu’elle dénonçait Meyer Habib (que nous dénonçons toutes et tous), mais parce qu’elle dépassait largement le temps imparti.

    Cet article déforme également à plusieurs reprises les propos et positions de nos trois organisations. Il tend à les faire passer pour des cautions des massacres commis à Gaza. Encore une fois, et comme souvent, la parole des Juif·ves et des militant·es, quand elle vise à lutter contre l’antisémitisme, est niée et assimilée automatiquement à la propagande militaire du gouvernement israélien.

    Martine Leibovici n’a pas dénoncé les mobilisations pour un cessez-le-feu, d’autant que son association (le RAAR) s’exprime clairement « pour Gaza et un cessez-le-feu immédiat et permanent » ! Elle a dénoncé l’expression « From the river to the sea, Palestine will be free » qui dans un contexte de grande confusion politique, implique potentiellement le démantèlement de l’État d’Israël. Ce point a d’ailleurs été corrigé dans l’article.

    Affirmer que « les trois collectifs se tiennent à distance des mobilisations pour un cessez-le-feu à Gaza » est faux. Les communiqués de nos organisations respectives, notre appel commun à la réunion publique du 23 mai, ainsi que les interventions en tribune (notamment celle de Golem à 51′) portent sans équivoque l’exigence pour un cessez-le-feu et le respect des droits des Palestinien·nes et la condamnation des massacres menés par l’extrême-droite israélienne et de la colonisation. De nombreux·ses sympathisant·es et militant·es de nos organisations se rendent aux rassemblements et manifestations pour Gaza et Rafah. D’autres regrettent de ne pas pouvoir manifester leur solidarité en raison du climat de ces manifestations, notamment à Paris, et des mots d’ordre qui y dominent et qui reviennent à exiger la disparition d’Israël.

    Personne n’a non plus opéré « la réduction de l’antisionisme à de l’antisémitisme » pendant la réunion comme le sous-entend l’article.

    • L’article en question :
      Depuis le 7 octobre, des voix juives de gauche en ébullition

      https://www.mediapart.fr/journal/france/250524/depuis-le-7-octobre-des-voix-juives-de-gauche-en-ebullition

      Pris dans l’ouragan répressif contre le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien et la multiplication des actes antisémites, les groupes militants juifs de gauche se reprochent mutuellement de « mal » lutter contre l’antisémitisme ou de faillir à prendre part au combat en soutien du peuple palestinien.

    • On a un génocide en cours, mais les militants de gauche devraient veiller à chaque prise de parole à jurer que tout ce qu’ils disent sur le sujet n’est pas de l’antisémitisme au premier, second, troisième, ou quatrième degré, en se souvenant qu’une main rouge, c’est antisémite, qu’un drapeau vert, c’est antisémite, et qu’un foulard blanc avec un quadrillage noir, c’est antisémite, etc.

      La lutte contre l’antisémitisme ressemble de plus en plus à la lutte contre le racisme anti-blanc. Un bidule inepte qui ne sert plus qu’à cacher l’éléphant dans le magasin de porcelaine.

      Aujourd’hui, si tous les juifs du monde entier sont en danger, c’est parce qu’il y a un état gouverné de dangereux malfaisants qui commet des crimes (très) graves au nom de leur judéité.

    • 1) tous les juifs du monde entier sont en danger : vrai (même si le danger n’est pas partout le même)
      2) un état gouverné de dangereux malfaisants [...] commet des crimes (très) graves au nom de leur judéité : vrai (même si ce n’est pas le seul état dans ce cas, y compris en terme de gravité des crimes)

      le lien direct et nécessaire entre 1) et 2) est un trope antisémite.

    • Je ne fais que parler cause et effets. Quand tu as des occidentaux qui prétendent apporter la civilisation en Afrique en massacrant des villages entiers, ces occidentaux ne créent pas les conditions d’une collaboration sans heurts avec les africains. J’évoquais le racisme anti-blanc. Quand des noirs, aux US, se font exécuter par les flics blancs sans raison, on s’étonne ensuite que les noirs se montrent agressifs et méfiants envers les blancs. On parle de racisme anti-blanc pour disqualifier les gens qui soumettent l’idée d’une lutte contre le racisme dans la police. On fait comme s’il n’y avait que des effets sans cause. On a un état raciste et criminel, qui cite la Torah pour justifier de massacrer des populations et annexer leurs terres, puis on s’étonne que des gens les prennent au mot et on leur balance « c’est un trope antisémite ». Le trope antisémite, au rythme des horreurs commises par cet état et sa population de colons, il va durer, et j’en suis le premier consterné. Note qu’à mon avis la bascule du « on est laïque » à « on est défini par notre religion » a sans doute été le moment où ils ont décidé d’abandonner leur plus grand joker contre tous les anti-colonialistes qui se battent contre l’occupation et qui se battent dans le vide intersidéral. Le génocide dure depuis 70 ans. Mais on continue à te-nous traiter comme le premier Céline venu, avec gravité et componction.

  • #Metoo syndical : Un procès historique contre la parole de femmes syndicalistes

    Appel à la solidarité syndicaliste et féministe

    Nous, militantes syndicalistes et féministes, en appelons à votre solidarité et à votre soutien pour notre camarade Christine, qui passe en procès pour diffamation les 30 septembre et 1er octobre 2024 à Paris.

    En 2016 et 2017, plusieurs militantes de l’Union Syndicale CGT ville de Paris sont harcelées et/ou agressées par des membres de leur organisation. Contre ces agressions physiques et sexuelles, le collectif Femmes Mixité du syndicat se réunit et mène plusieurs actions. Elles font face à une immense hostilité de certains militants. Christine est membre de ce collectif et co-secrétaire générale du syndicat CGT Petite Enfance de la Ville de Paris.

    C’est elle qui fait, au congrès de l’UD CGT de Paris en 2020, le rapport des actions menées par le collectif, et c’est pour cette raison que Régis Vieceli, alors secrétaire général du syndicat CGT déchets et assainissement (FTDNEEA), porte plainte contre elle pour diffamation. (Pour en savoir plus : https://www.mediapart.fr/journal/france/270618/violences-et-agissements-sexistes-l-affaire-que-la-cgt-etouffee).

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/06/03/metoo-syndical-un-proces-historique-contre-la-

    #feminisme

  • Le Conseil constitutionnel valide l’accès à l’aide juridictionnelle pour les sans-papiers
    Les « sages » ont estimé que l’exclusion des personnes en situation irrégulière du bénéfice de l’aide juridictionnelle créait une rupture d’égalité et était ainsi contraire à la Constitution.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/290524/le-conseil-constitutionnel-valide-l-acces-l-aide-juridictionnelle-pour-les

    #aide_juridictionnelle_sans_papiers

  • Nouvelle Calédonie : Comme au bon vieux temps | Mediapart | 30.05.24

    https://www.mediapart.fr/journal/france/290524/nouvelle-caledonie-macron-ou-l-arrogance-coloniale

    du temps où le gouvernement français, par la voix de Jacques Chirac, alors premier ministre de cohabitation de François Mitterrand, déshumanisait le peuple colonisé. « La barbarie de ces hommes, si l’on peut les appeler ainsi », avait-il lâché au sujet des Kanak impliqués dans les événements d’Ouvéa de 1988.

    On dirait du Bibi avant l’heure, ou bien ?

    Donc, répression préalable à toute non-discussion, bien entendu.

    Or, comme s’accordent à le dire toutes les personnes qui se sont réellement penchées sur le sujet, les coups de menton si chers à cet exécutif n’ont pas lieu d’être en Nouvelle-Calédonie. Là-bas, comme l’a récemment reconnu Édouard Philippe, dernier premier ministre à s’être occupé de ce dossier à Matignon, « c’est toujours l’accord politique qui prime sur tout ». « Le rapport de force ne permettra jamais un retour durable et complet à l’ordre public », a-t-il aussi alerté.
    [...]
    Emmanuel Macron a beau répéter qu’« aucune violence n’est acceptable », il a visiblement oublié d’inclure dans son propos la violence coloniale. Or c’est bien elle et ses relents contemporains qui ont conduit à la crise actuelle.

  • Loi Cazeneuve : don’t touch my coconuts | Libé (mais pas trop) | 29.05.24

    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/usage-des-armes-lors-de-refus-dobtemperer-chez-les-policiers-cest-le-prin

    Le député socialiste Roger Vicot, corapporteur, en a tiré une proposition de loi qui sera présentée dans la foulée, afin de modifier partiellement l’article 435-1 du code de la sécurité intérieure (CSI) qui a assoupli, depuis 2017, le cadre légal d’usage de leur arme par les policiers.

    Libé : Au terme de cette mission d’information, vous proposez seulement une réécriture partielle de l’article 435-1 du CSI. Pourquoi ?

    Le socialo : Cet article rappelle en préambule le cadre général global d’ouverture du feu avec des conditions communes à la légitime défense : stricte proportionnalité et absolue nécessité. Il définit ensuite, en cinq alinéas, les différents cas possibles d’ouverture du feu. Quatre cas ne posent pas problème. Mais l’alinéa sur les refus d’obtempérer décrit un cas de figure assez large, et permet de tirer si le contrevenant est « susceptible de » commettre des atteintes aux personnes dans sa fuite. Cela veut dire qu’on laisse au policier l’appréciation de ce que le contrevenant est « susceptible de » faire plus tard. Je propose d’écrire que l’agent peut tirer si le contrevenant met en danger la vie d’autrui de manière « manifeste » et « imminente ». Ces deux termes sont beaucoup plus contraignants que « susceptible de ». Thomas Rudigoz [rapporteur de la mission, Renaissance, ndlr], avec qui j’ai très bien travaillé, dit que modifier la loi enverrait un mauvais message à la police… mais ce que je propose n’est pas un bouleversement considérable.

    [ouf, nous voilà rassuré-es]

    [...]

    Pourquoi avoir tenu cette mission d’information à huis clos ?

    Je suis un jeune député, élu depuis deux ans, et très sincèrement je n’en sais rien. Etait-ce un choix du président de la commission des lois, Sacha Houlié (Renaissance) ? Est-ce que c’est la sensibilité du sujet ?… Notez que ce n’était pas un huis clos pour les députés, puisqu’un député Rassemblement national est venu soutenir [le syndicat de police, ndlr] Alliance pendant son audition. J’aurais été plutôt ouvert à ce que nos travaux soient publics, retransmis. On n’a rien à cacher ni dans nos questions ni sur la manière dont les auditions se sont déroulées.

    • Chez Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/290524/refus-d-obtemperer-et-tirs-policiers-un-rapport-parlementaire-menage-la-ch

      Après avoir auditionné 90 personnes – policiers et gendarmes, magistrats, chercheurs, avocats, associatifs –, les députés Thomas Rudigoz (Renaissance) et Roger Vicot (PS), corapporteurs de la mission d’information parlementaire sur « la hausse du nombre de refus d’obtempérer et les conditions d’usage de leurs armes par les forces de l’ordre » rendent ce mercredi 29 mai des conclusions prudentes, voire frileuses.

      Ils n’ont en particulier surtout pas auditionné de [proches des] victimes - les victimes étant mortes, en général.

      A noter que ce qui a augmenté et que le titre du rapport tait, bien entendu, c’est le nombre de tirs, et de morts ; et ces augmentations ne sont pas corellées à celle du nombre de cas de refus d’obtempérer, mais à la date de passage de la loi Cazeneuve.

      Chargés « d’évaluer l’impact éventuel » du nouvel article L435-1, les rapporteurs rejettent les conclusions de la seule étude disponible, prépubliée en septembre 2022 dans la revue Esprit. Les universitaires Sebastian Roché, Paul Le Derff et Simon Varane y écrivent, sans ambiguïté, que « la loi de 2017 a eu pour effet de plus fréquentes atteintes à la vie des citoyens par la police » avec « cinq fois plus de personnes tuées » depuis son entrée en vigueur par rapport aux années précédentes. Mais les parlementaires appellent à « relativiser » cette étude, dont ils dénoncent les « biais ».

      Ah, voilà, c’était un rapport pour enterrer officiellement la seule étude scientifique sur le sujet.

      Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Amen.

    • @arno de moins en moins de survivants, donc de moins en moins de biais. Nous sommes sauvés !

      En ce qui concerne les tirs mortels, les corapporteurs citent des données parcellaires, débutant en 2020, alors que la réforme date de 2017. Questionné sur ce point, Roger Vicot indique que ce sont les seules qui ont été transmises à la mission d’information. Deux personnes auraient donc été tuées dans le cadre d’un refus d’obtempérer en 2020 (l’une par un policier, l’autre par un gendarme), quatre en 2021 (deux par des policiers, deux par des gendarmes) et treize en 2022, toutes tuées par des policiers, comme les trois victimes de 2023.
      [...]
      Les corapporteurs refusent surtout de se prononcer sur l’éventuelle « causalité » entre la réforme Cazeneuve et l’augmentation du nombre de tirs, actant même « l’impossibilité de trancher le débat ». S’ils reconnaissent que certaines affaires impliquant des policiers « contribuent à la dégradation de l’image des forces de l’ordre » et alimentent la « suspicion médiatique », ils soutiennent avec force contorsions que l’article 435-1 « n’a pas assoupli directement les conditions de l’usage de l’arme », mais a « pu le laisser penser ».

      En conséquence, s’ils recommandent tous deux de renforcer la formation des policiers et de clarifier les instructions qui leur sont données, leurs propositions sur l’article 435-1 divergent.

      Superbe.

    • et pour terminer en beauté :

      Pour mener leurs travaux, les deux députés ont dû composer avec des données rares, voire contradictoires. Ainsi, en s’appuyant sur des chiffres communiqués par le ministère de l’intérieur, ils observent une « hausse tendancielle incontestable des refus d’obtempérer » constatés par les forces de l’ordre ces dix dernières années, malgré « une relative attrition » depuis 2021. Une note publiée en avril par le même ministère, qui ne leur a pas été transmise et qui donne d’autres totaux annuels, conclut à une « légère baisse » (de 5 %) des refus d’obtempérer entre 2016 (24 400 refus d’obtempérer) et 2023 (23 100).

      une enquête de qualitay

    • Compilations d’articles de presse concernant les décès liés à des interventions de police (à partir du 02/04/2022) :
      https://antidotmedia.noblogs.org/post/category/violences-detat/la-police-tue

      Un recensement des décès suite à une intervention policière qui remonte à 1961 :
      https://desarmons.net/listes-des-victimes/personnes-tuees-par-les-forces-de-lordre

      Dans “personnes mortes aux mains des forces de l’ordre” nous incluons toute personne étant décédée au cours ou à la suite d’une opération de police, sans préjuger du caractére intentionnel de l’acte mais nous appuyant sur les seules conséquences de cet acte, à savoir le décès brutal d’une personne qui ne serait pas morte s’il n’y avait pas eu d’intervention de police.

      Nous avons fait le choix de ne pas inclure les personnes tuées au cours d’un affrontement armé avec les forces de l’ordre dans lequel on pourrait estimer qu’il y a un usage symétrique de la force ou une situation difficilement contestable de “légitime défense”. Pour autant, nous ne considérons pas le port d’un couteau, de ciseaux ou la conduite d’un véhicule comme une attaque armée. Dans cette liste peuvent apparaître des faits au cours desquels la victime était en possession d’une arme à feu, mais pour lesquels les circonstances ne sont pas formellement établies. Nous considérons que la victime bénéficie également de la présomption d’innocence, d’autant plus qu’elle n’est plus présente pour témoigner.

      Nous n’avons pas non plus inclu les personnes tuées par des policiers en dehors de leur service, ainsi que les policiers tués par d’autres policiers.

    • Qui est Meyer Habib, qualifié de “porc” par un député FI ?
      https://www.frustrationmagazine.fr/meyer-habib-porc-fi

      Depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, le député de droite franco-israélien Meyer Habib s’est rendu très visible, étant régulièrement invité dans les médias. Il s’est aussi distingué par ses prises à partie brutales et insultantes des soutiens au peuple palestinien, et pour sa tendance presque gaguesque à traiter tous les gens avec qui il n’est pas d’accord “d’antisémites”. En 2023, Le Monde le décrivait ainsi : “absolument sans gêne, il éructe, insulte, menace en toute impunité”.
      Cela a été le cas récemment lorsqu’il est venu hurler devant les caméras alors que le député France Insoumise David Guiraud tentait de répondre aux journalistes dans les couloirs de l’Assemblée. Il s’est alors fait copieusement traité de “porc”. Il faut dire que Meyer Habib n’est pas n’importe quel député : c’est un très proche de Benjamin Netanyahu, premier ministre d’Israël, accusé par le procureur de la Cour Pénale Internationale de crimes contre l’humanité et de crimes de guerres, qui concentre l’essentiel de son énergie à organiser le soutien français à l’Etat d’Israël, y compris dans ses pires excès.
      Portrait.

    • Le moment du drapeau palestinien

      C’est d’abord une image. C’est si peu de chose qu’un bout d’étoffe ! Sébastien Delogu, député insoumis de Marseille, est debout, sa grande taille déployée, il tient le drapeau palestinien. C’est un geste symbolique, bien sûr. Mais les symboles portent toujours une force singulière, englobante, surplombante. L’immense hémicycle est soudain tout entier absorbé dans ces pauvres centimètres carrés colorés. Alors le cadre explose. Le génocide hurle sa détresse. Les insoumis sont debout et crient leur soutien à la résistance. Rien ne les représente mieux à cet instant que cet homme, l’un des leurs, eux-mêmes en grand, dans ces minutes précieuses. Alma Dufour a dit les mots dans sa question au ministre, Sébastien a montré le chemin. Les vociférations haineuses éclatent sur les bancs de droite jusqu’aux confins de l’extrême droite de l’hémicycle. C’est le monde tel qu’il est, la France comme elle est, pris un instant sous la lumière crue du symbole éclairant les profondeurs de chacun.

      Et puis il y a le visage convulsé de haine de la présidente de l’Assemblée. Elle explose de rage, les yeux exorbités, vociférant. Quelque chose est débondé chez elle. Bien sûr, elle est indigne de sa fonction. Aux yeux du monde, la présidente de l’Assemblée française, déjà vue en treillis militaire à Tel Aviv, se montre en pleine crise de nerfs devant le drapeau palestinien. Devant ce qu’elle ne supporte pas elle ne sait pas réagir autrement qu’à l’extrême : frapper au maximum de ses forces et de son pouvoir, sans retenue ni mesure. Elle aura sanctionné davantage de députés en trois ans que tous ses prédécesseurs depuis le début de la cinquième République. Elle ressort le fouet.

      Elle invente des règles pour couvrir sa violence. Seul le drapeau français aurait sa place dans l’assemblée, dit-elle. Comme si on ne se souvenait pas du drapeau ukrainien installé dans l’hémicycle du Sénat, ni de son président, monsieur Larcher, qui s’en vantait « en signe de solidarité ». Comme si tous ces gens n’étaient pas déjà venus dans l’hémicycle avec des pins Israël. Sa réaction n’est donc pas une réaction normale, conforme au règlement. Alors est-ce juste une haine partisane, à la Meyer Habib ? Je ne crois pas. Je crois que, littéralement, elle ne veut pas voir ce drapeau. À cause de ce qu’il signifie à cet instant où il est brandi, seul et désarmé. Ce drapeau montre tant de choses invisibles sans lui. Il donne à voir les visages du génocide. Ceux que l’on a vus dans ces vidéos venues de la scène de crime. Et cette présidente redevient un être humain terrorisé par les conséquences de ses propres actes. Elle ne veut pas le voir. Sa réaction, c’est comme si elle s’était vue soudain dans un miroir, installée sur un tas de cadavres, dans la boue des camps de réfugiés.

      Ce n’est pas le drapeau qu’elle voit. C’est elle-même, en complice d’un crime. Elle s’est vue dans le camp du mal absolu. Celui dont, pour les générations à venir, elle restera l’image de la complicité la plus veule. Elle est la France indigne qui regarde ailleurs quand le génocide est sous ses yeux. C’est pourquoi elle ne se contrôle plus, comme le montrent les images. Car c’est bien un génocide, dit le drapeau !

      Netanyahu a bombardé soixante fois depuis que la cour de justice internationale lui a demandé d’arrêter immédiatement tout action militaire à Rafah. Il va encore bombarder. Encore et encore. Ce n’est pas un incident de guerre. C’est délibéré. Des meurtres nécessaires à ses yeux pour pouvoir se réapproprier et coloniser chaque mètre de terrain. Ni incident, ni hasard. Un génocide planifié méthodiquement. Et mené de façon à prouver que rien ni personne ne peut rien contre ses auteurs.

      C’est ce qu’avait annoncé Meyer Habib, quand il répétait l’air radieux dans l’hémicycle à l’énoncé de la liste des crimes de son ami très cher Netanyahu qu’égrenait le député insoumis Léaument : « Et ce n’est pas fini ! Ce n’est pas fini ! ». La honte et le déshonneur marchent à ses côtés. Ce n’est pas fini. Netanyahu va encore tuer et tuer. Il a fait de son pays le paria des nations pour des millions d’êtres humains sans a priori. Il fait de tous ceux qui ont un pouvoir d’agir, et qui ne font rien, ses complices connus de tous. Il suffit de les nommer et de les montrer du doigt, sans en faire davantage, pour qu’on les voit comme ils sont, avec le visage de l’inhumanité au-delà de la frontière du mal.

      Madame la Présidente est la complice de Netanyahu. Il aura suffi d’un drapeau brandi pour que cela se sache d’un bout à l’autre du pays et de l’Europe. Juste un bout d’étoffe tenu à bout de bras. Il se passe un génocide et elle trouve que brandir le drapeau des victimes pour le dénoncer doit être puni par la sanction la plus sévère. Elle est le mauvais côté de l’histoire.

      Au fil des semaines, le Palestinien est devenu la figure de l’opprimé quel qu’il soit. Du méprisé par les puissants, de celui dont l’humanité est niée au point qu’on puisse trouver acceptable de l’éliminer. Au fil des semaines et du génocide, ce drapeau, après celui de Nelson Mandela au temps de l’apartheid, est devenu un message universel de fraternité humaine. Maintenue contre vents et marées, contre l’insulte et les brimades, contre les convocations, les gardes à vue et les interdictions.

      Voici Delogu debout et sur ses épaules tous ceux qu’on ne verrait pas sans ses grands bras qui tiennent ce drapeau en hauteur au-dessus de la mêlée. Comme un oiseau sorti de cage qui vole au vent libre. Merci Sébastien.

      https://melenchon.fr/2024/05/29/le-moment-du-drapeau-palestinien

    • Meyer Habib  : député français ou porte-parole de Benyamin Netanyahou  ?
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/secrets-d-info/secrets-d-info-du-samedi-16-octobre-2021-4971548

      #Meyer_Habib est à la fois député français et intime de l’ex-Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Cette proximité lui a longtemps permis de jouer un rôle diplomatique “ambigu”. Notre enquête (2021) révèle qu’il est aussi actionnaire de sociétés non déclarées en France.

  • Louvre, Champs-Élysées, Pont-Neuf : comment l’homme le plus riche du monde s’est offert Paris

    Bernard Arnault a fait main basse sur la capitale. Au-delà des quelque 200 adresses LVMH comptabilisées par Mediapart dans la ville, la multinationale s’octroie à peu de frais des lieux symboliques, avec l’approbation de la mairie. Premier volet de notre enquête sur une razzia.

    [...]

    Les Jeux sont l’occasion pour le magnat du luxe d’achever sa prise de pouvoir symbolique sur la capitale, d’autant plus efficace qu’elle est relativement discrète. Qui a conscience que parmi les marques prestigieuses trustant l’espace public parisien et s’appropriant ses emblèmes, autant sont détenues par Bernard Arnault ?

    L’homme d’affaires règne sur soixante-quinze « maisons » : Louis Vuitton, Christian Dior, Tiffany & Co., les champagnes Krug ou Veuve Clicquot, les montres TAG Heuer et Hublot, Givenchy, Kenzo ou Guerlain, mais aussi Sephora et ses vingt-six parfumeries disséminées intra-muros. Selon notre décompte des boutiques, sièges sociaux, espaces d’exposition, hôtels, cafés ou bureaux du groupe, ce sont au bas mot 200 adresses #LVMH qui peuplent la capitale, du Triangle d’or du VIIIe arrondissement à Saint-Germain-des-Prés, des Champs-Élysées à la place Vendôme.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260524/louvre-champs-elysees-pont-neuf-comment-l-homme-le-plus-riche-du-monde-s-e

    https://justpaste.it/fi6z2


    Le défilé Louis Vuitton sur le Pont Neuf, le 20 juin 2023. © Photo Ludovic Marin / AFP

    #Paris (est à eux) #patrimoine #luxe #privatisation #Ville_de_Paris #JO

    • Des quartiers entiers de Paris se muent en « LVMH-land »

      À coups de milliards, le groupe de Bernard Arnault impose ses boutiques et ses bureaux dans les secteurs les plus prestigieux de la capitale. En faisant si peu de cas du bâti existant qu’une commission municipale est allée jusqu’à fustiger « une conception avant tout publicitaire de l’architecture ».


      Derrière l’image de LVMH sur papier glacé, il y a une autre face de l’empire financiarisé du luxe, prospérant sous nos yeux. Depuis des années, le premier groupe mondial du secteur conduit à bas bruit une stratégie immobilière d’accaparement des lieux de prestige et de patrimoine.

      Même le Wall Street Journal a fini par s’en émouvoir. En avril, le quotidien économique américain a publié une longue enquête sur les adresses investies dans le monde par le groupe de Bernard Arnault, transformant les quartiers et lieux à son idée, avec pour objectif de promouvoir ses soixante-quinze marques, son image et ses richesses. À Miami, à New York, à Montréal, la multinationale achète à tour de bras ou investit à la location les quartiers les plus luxueux, pour mieux asseoir la puissance de ses « maisons », et bien souvent s’assurer un droit de regard sur les autres marques s’installant dans les environs.

      C’est à Paris que l’entreprise se déploie avec le plus de démesure. Le Wall Street Journal rapporte qu’ en 2023 , elle y a dépensé 2 milliards d’euros en achats immobiliers. « Pour LVMH, Paris est devenu un Monopoly où il prend tous les emplacements qui l’intéressent, cingle l’architecte et critique d’#architecture Françoise Fromonot. Quand vous êtes l’homme le plus riche du monde, que vous reste-t-il à conquérir ? L’architecture et l’urbanisme, qui permettent d’imposer votre vision dans le temps, d’influencer la forme d’une #ville, tout en servant vos propres intérêts. »

      Le groupe LVMH est d’abord un groupe de luxe. Dior, Louis Vuitton, Hublot ou encore Berluti s’adressent à une clientèle fortunée et ses magasins quadrillent les quartiers chics de la capitale. Rien que sur les #Champs-Élysées, il y a neuf boutiques du groupe.

      Sephora, au contraire, s’adresse à toutes les couches sociales. Les vingt-six parfumeries de la marque, réparties dans tout Paris, vendent à la fois les produits onéreux des autres maisons LVMH et des produits à plus bas prix.

      Mais LVMH, ce n’est pas que des boutiques. Dans un désir de diversification, le groupe s’est placé sur le marché de la formation, de l’#art, de l’#hôtellerie_de_luxe, allant jusqu’à rattacher des hôtels à des marques pré-existantes comme Bulgari, Dior et bientôt Louis Vuitton.

      S’il y a du prestige à être très visible dans les quartiers chics, l’opulence se vit aussi de manière moins visible. Une grande partie des bureaux et des sièges sociaux du groupe se concentrent dans les quartiers les plus onéreux de la capitale.

      Selon les décomptes de Mediapart, les boutiques du groupe ont essaimé dans une grosse centaine de lieux dans la capitale. Il faut y ajouter une cinquantaine de sièges sociaux, des dizaines de bureaux, une poignée d’hôtels, restaurants et cafés. En tout, LVMH détient ou occupe plus de 200 adresses dans la capitale. La plupart de ces adresses sont (très) visibles dans l’espace public, et environ la moitié d’entre elles sont ouvertes au public.

      Les marques de Bernard Arnault sont désormais prééminentes dans tous les endroits qui comptent. Dans le bois de Boulogne, la fondation Louis-Vuitton accueille depuis 2014 les expositions les plus prestigieuses. Le jardin d’acclimatation, parc d’attraction attenant, est aussi aux mains du groupe, tout comme le bâtiment voisin, l’ex-musée des arts et traditions populaires, que LVMH transforme en centre culturel présentant les « savoir-faire » du groupe. « Le bois de Boulogne, c’est LVMH-land », grince un élu critique.

      Le quartier de la Samaritaine, tout près du Louvre, vit désormais largement sous la bannière LVMH, comme nous le racontons dans le premier volet de notre série. Idem pour l’avenue Montaigne et la place Vendôme, traditionnels centres du luxe parisien, très largement trustés par l’une ou l’autre des marques de prestige de LVMH. Jusqu’à Saint-Germain-des-Prés, où un magasin Vuitton a remplacé La Hune , la librairie qui était le vaisseau amiral de ce mythique repaire de l’intelligentsia parisienne. Interrogé de manière détaillée sur sa stratégie à Paris, le groupe n’a répondu à aucune de nos questions.

      Sur les Champs, les chantiers s’étendent

      Nulle part ailleurs que sur les Champs-Élysées le groupe n’étale autant sa puissance. Ce n’est pas un hasard si son secrétaire général et directeur de l’#immobilier, Marc-Antoine Jamet, missus dominicus de Bernard Arnault auprès de la mairie, est aussi depuis 2018 le président du Comité Champs-Élysées, puissante association des commerçants du quartier.
      Neuf boutiques LVMH sont actuellement ouvertes sur l’artère la plus connue de la capitale, fréquentée par un million de visiteurs et visiteuses mensuel·les (selon une étude du cabinet immobilier Cushman & Wakefield). Et elles seront bientôt suivies par d’autres. La malle Louis Vuitton haute de huit étages et longue de 70 mètres qui trône du 103 au 111 de l’avenue camoufle un chantier XXL, qui accouchera en 2027 du plus grand magasin Vuitton du monde.

      Juste en face, une grande devanture jaune orangé flanquée du logo Bulgari masque les travaux de la boutique, qui devrait rouvrir durant l’été. Au 127 de l’avenue, Christian Dior affiche aussi un permis de construire. Le magasin de 1 000 mètres carrés refait sa façade, masquée sur sept étages par des fausses fenêtres de style classique, tout en miroirs et en lumières, portant en médaillon le logo de la marque.
      De nuit, les lumières des chantiers répondent aux illuminations bleutées du magasin Tiffany & Co, au 62, dont la pompe est elle-même concurrencée par la boutique éphémère de Louis Vuitton au 101, qui étale en relief sur toute sa façade le motif carrelé typique de la marque. La même grandiloquence est de mise pour Sephora, qui s’est installé en 2023 au 72. L’immense porte vitrée haute de deux étages laisse voir la signalétique noir et blanc typique de la marque et un gigantesque tapis rouge.
      La mairie de Paris rappelle que le luxe représente « à peine un tiers des enseignes » de cette avenue, « vitrine du savoir-faire français » qui « participe au rayonnement culturel de la capitale à l’international ». Néanmoins, la montée en gamme y est évidente. À l’intersection des mondes du luxe et de l’immobilier de prestige, l’argent est roi. Et Bernard Arnault, première fortune mondiale selon le magazine américain Forbes, y règne en maître. Pour le seul bâtiment du 144-150 avenue des Champs-Élysées , qui n’a pas encore de destination officielle, il a fait débourser près d’un milliard d’euros fin 2023.

      Place Vendôme, six magasins LVMH

      Bien sûr, le groupe de Bernard Arnault est loin d’être le seul à agir ainsi. Début 2023, Kering, son grand concurrent appartenant à la famille Pinault, a dépensé 640 millions pour le 12-14 rue Castiglione (Ier arrondissement), à deux pas de la place Vendôme, où il veut installer le plus gros magasin parisien de Gucci, sa marque phare. Le groupe des Pinault a aussi déboursé 860 millions d’euros pour installer Yves Saint Laurent au 35 avenue Montaigne, dans l’ex-ambassade du Canada – et juste en face du « vaisseau amiral » Dior, qui jouxte le siège de LVMH.

      Mais par le simple nombre de ses marques de prestige, LVMH domine le paysage dans bien des secteurs clés du luxe triomphant. Un risque qu’a bien identifié David Alphand, élu parisien et vice-président délégué du groupe d’opposition municipale de Rachida Dati. « Ce qui m’inquiète, ce n’est pas l’occupation du territoire par LVMH en soi, mais plutôt qu’il se retrouve à un moment en situation de quasi-monopole de l’espace public, en ayant évincé toute concurrence », confie l’élu.

      Un scénario de fiction ? On n’en est parfois pas si loin. Pour s’en convaincre, rendez-vous place Vendôme, où se regroupent autour de sa fameuse colonne (et du ministère de la justice) certaines des enseignes les plus célèbres de la joaillerie et de l’horlogerie, dans un harmonieux style du XVIIIe siècle. Sur quelques centaines de mètres, LVMH s’y livre à une folle démonstration de force.

      En arrivant par le sud, le passant est accueilli à l’entrée de la place par un immense magasin Vuitton, au numéro 2, flanqué par une boutique Guerlain (située rue Saint-Honoré). Faisant l’angle, le somptueux immeuble invite à poursuivre son chemin. Et à passer, dans l’ordre, entre les numéros 6 et 12 de la place, devant Repossi, Dior, Hublot et Chaumet. Au nord, Bulgari borde l’autre entrée de la place, débouchant sur la rue de la Paix, où Tiffany & Co. est logé au 6, et Fred au 14. Aucun autre groupe ne peut s’aligner : sur la place, le groupe Richemont affiche deux enseignes (Cartier et Van Cleef & Arpels), tout comme Kering (Gucci et Boucheron).
      Pour Bernard Arnault, nul doute, la place Vendôme est un lieu LVMH. Au point qu’en 2022, il a voulu interdire à ses concurrents d’utiliser son nom même, en rachetant à vil prix (10 000 euros) le nom de Vendôme, sous-préfecture du Loir-et-Cher. L’Institut national de la propriété industrielle y a mis le holà.

      Vuitton a néanmoins immortalisé sa domination dans une édition limitée, où son monogramme est juché sur la colonne de bronze de la place. Sur un bijou de sac, une trousse ou un sac à main, petits objets de cuir aux couleurs pop, la boutique Vuitton porte aussi un immense soleil doré, dont les rayons s’étirent tout le long du bâtiment. Un astre triomphant qui rappelle sans trop se cacher la symbolique du Roi-Soleil, et qui a bien existé : le soleil doré a été installé sur la façade pendant plusieurs mois en 2017, à l’occasion de l’inauguration du magasin.

      L’année suivante, c’est la figuration d’un arbre surdimensionné qui occupait toute la largeur de l’immeuble. Et début 2023, une myriade de miroirs arrondis avait pris la place, dans un premier hommage à la peintre japonaise Yayoi Kusama, dont la statue géante allait s’installer quelques mois plus tard devant la Samaritaine.

      Avec ces installations, « ces machins qui brillent » comme il les décrit, « la boutique Vuitton détruit la cohérence et l’homogénéité de la place », s’étrangle Julien Lacaze, président de l’association Sites & monuments, qui défend le patrimoine partout en France. « Dans plusieurs endroits de Paris, LVMH nuit à l’harmonie générale, dans le but de se singulariser, pour mieux vendre des produits », attaque-t-il. Et ce, alors que le groupe base une bonne partie de son #marketing sur les références au bon goût et au luxe ayant traversé les siècles.

      Critiques de la commission du Vieux Paris

      Cette critique de la geste architecturale de LVMH est aussi celle de la très officielle commission du Vieux Paris (CVP). Ce comité municipal, existant depuis 1897, est composé d’une cinquantaine de personnes (élu·es ou ex-élu·es, architectes et autres expert·es), chargées de conseiller le ou la maire sur ce sujet. Ses avis ne sont que consultatifs.
      D’après un de ses membres éminents, « il faut prendre avec beaucoup de prudence l’image revendiquée par LVMH autour de la valorisation du patrimoine ». Il estime que commission estime que le groupe montre en fait assez peu d’égards envers l’architecture parisienne, la continuité et la spécificité de son paysage urbain.

      Des bâches publicitaires sur tous les bâtiments prestigieux

      Prendre la rue, pour LVMH comme pour ses concurrents du luxe, c’est aussi investir les façades en travaux, en les masquant avec les immenses bâches publicitaires qui sont devenues courantes dans les centres-villes. Autorisées depuis 2007 sur les bâtiments historiques en travaux, ces bâches sont payantes, les tarifs atteignant parfois un million d’euros par mois. Elles peuvent couvrir de 20 % à 100 % des coûts des travaux qu’elles masquent.

      « Les gens de la mode ont une jubilation à être sur ces énormes panneaux publicitaires, raconte le chroniqueur Loïc Prigent, commentateur autorisé mais impertinent de cet univers. Dès qu’une maison a un peu de budget, le réflexe est de se faire plaisir sur d’énormes échafaudages. »

      Et les « maisons » de Bernard Arnault ne manquent pas ce type de rendez-vous, leur nombre rendant parfois le groupe plus que visible dans les rues parisiennes. En janvier 2022, une gigantesque pirogue Louis Vuitton ornait la façade de l’église de la Madeleine, au moment même où une toile de la marque Céline recouvrait le Théâtre de la Ville et que Loewe s’affichait sur le tribunal de commerce, sur l’île de la Cité.

      Cet affichage dans l’espace public devrait augmenter de façon exponentielle pendant les Jeux olympiques : une dérogation à la loi autorise les partenaires officiels des Jeux, dont LVMH, à s’affranchir des règles habituelles pour installer logos et pubs géantes sur des sites et des monuments classés.
      En matière d’architecture, le géant du luxe déploie partout dans la ville « une stratégie générale », jugée « très envahissante », résume l’expert de la CVP. Dernier exemple, et non des moindres : la réfection de la façade de son siège, 22 avenue Montaigne. À cette occasion, la commission a obtenu une petite victoire.

      Initialement, le groupe voulait imposer sur toute la façade un motif blanc étincelant, répété sur les neuf étages. Officiellement inspiré d’une méthode de tissage japonaise, ce motif ressemblait aussi à celui qui se répète à l’envi sur les produits Vuitton. De quoi susciter une levée de boucliers à la CVP. « Tout cela est exagéré, outrecuidant », regrettait l’un de ses membres. « Ce bâtiment est tout de même situé dans un continuum urbain prestigieux, en plein Paris », martelait un second.
      Dans sa résolution finale de mars, la commission a dénoncé la démarche consistant « à apposer un sigle sur l’immeuble et à imposer une marque dans l’espace public », critiquant ouvertement « une conception avant tout publicitaire de l’architecture ».
      L’opposition a été telle que le groupe a proposé en avril un dessin « plus discret », indique-t-on à la CVP. Lors d’une séance en début d’année, la commission s’était aussi opposée au projet de restructuration du 150 avenue des Champs-Élysées, qui prévoyait notamment la destruction d’un escalier et de décors en marbre. LVMH vient d’indiquer qu’il allait suivre ses préconisations.

      Le groupe semble avoir changé de stratégie. Par le passé, il a plusieurs fois fait fi des avis de l’institution. Le résultat est notamment visible au 261 rue Saint-Honoré, pour une de ses principales boutiques Dior, recouverte d’un matériau blanc sur la totalité de la façade. La commission avait regretté une « modification radicale », escamotant les marqueurs « caractéristiques du néoclassicisme de la fin du XVIIIe siècle ».
      Même déconvenue autour de l’ex-musée des arts et traditions populaires. « Ce sera du verre très blanc et réfléchissant, et quelque chose sera gravé dedans, des lettres ou des signes, on ne sait pas très bien », s’inquiète un membre de la CVP.

      « Rideau de douche » rue de Rivoli

      Mais la mère des batailles sur la transformation architecturale, finalement remportée par le groupe après des années, a concerné la #Samaritaine. Racheté fin 2000 par LVMH, le grand magasin a rapidement été engagé dans un profond toilettage. Mais à partir de 2005, des associations de sauvegarde du patrimoine ont lancé la bataille, notamment contre la modification de la façade rue de Rivoli, classique bâtiment parisien devant être remplacé par une verrière ondulée transparente, aussitôt surnommée « le rideau de douche » par ses détracteurs.

      L’architecte Françoise Fromonot pointe la responsabilité de la #mairie_de_Paris, dont « la hantise, depuis Bertrand Delanoë, est que Paris soit une “ville musée”, ne soit plus à la #mode ». La ville avait en effet autorisé la transformation rue de Rivoli. En 2012, les divers recours en justice ont bloqué les travaux pour trois ans. Le groupe a perdu le procès en première instance, puis en appel. Avant de l’emporter in extremis devant le Conseil d’État, en juin 2015.

      « LVMH a rasé un pâté de maisons quasiment en entier, au cœur de Paris ! Et le Conseil d’État a finalement laissé faire », s’émeut le journaliste Didier Rykner, patron du magazine en ligne La Tribune de l’art. « On s’est attaqués à trop puissant et on s’est cassé les dents », convient Julien Lacaze, dont l’association Sites & monuments a mené l’assaut juridique.

      Au cœur du conflit, l’interprétation des règles du plan local d’urbanisme (#PLU). « Pour nous, le PLU de Paris était très équilibré, autour d’une idée : ni pastiche ni rupture, explique Julien Lacaze. Quand vous détruisez un bâtiment pour reconstruire, il faut préserver certains éléments de continuité. Cela peut être un matériau ou un gabarit qu’on reprend, une forme générale, une toiture… »

      La justice a finalement octroyé une bien plus grande liberté à LVMH. Et la nouvelle Samaritaine a ouvert ses portes en 2021. « Il n’y a plus aucune obligation d’intégration des nouveaux bâtiments dans leur environnement », regrette encore aujourd’hui Julien Lacaze. De ce point de vue, considère-t-il, « LVMH a fait beaucoup de mal à tout Paris ».

      Dan Israel, Martine Orange, Khedidja Zerouali et Florence Loève
      https://www.mediapart.fr/journal/france/280524/des-quartiers-entiers-de-paris-se-muent-en-lvmh-land

      #publicité #commerce #onestpluscheznous

  • Violences sexuelles : six femmes témoignent contre Édouard Baer
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230524/violences-sexuelles-six-femmes-temoignent-contre-edouard-baer

    Dans une enquête conjointe de Mediapart et de Cheek, six femmes décrivent des faits de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle. Le comédien et animateur ne se « reconnaît pas » dans ces accusations et présente « toutes [s]es excuses ».

    Ah merde, non.

  • Nouvelle Calédonie : L’État refuse d’entendre le discours politique formulé | Mediapart | 19.05.24

    https://www.mediapart.fr/journal/france/190524/noumea-comme-nanterre-le-gouvernement-face-ses-vieux-demons-coloniaux

    « Ils essayent d’isoler ceux qui prennent position dans la rue de ceux qui prennent position dans le champ politique, comme s’il n’y avait aucun lien entre les deux, déplore le chercheur Ulysse Rabaté, par ailleurs ancien élu local (de gauche) et militant associatif. L’État refuse d’entendre le discours politique formulé. Pourtant, quand on tend le micro en Nouvelle-Calédonie, on entend un discours indépendantiste présent, articulé, conscient… En face, il y a le même refus d’entendre et de voir qui était à l’œuvre l’été dernier dans les quartiers populaires. »

    et

    Acteur emblématique du monde culturel dans le Grand Nouméa, animateur socio-culturel de formation, Pablo Barri passe l’essentiel de son temps auprès de ces jeunes : « Vous appelez ça la banlieue, en France. Nous, on dit juste les quartiers. Mais ça se ressemble. On a entassé des gens, qui ne sont pas blancs, dans des grandes barres ou des squats. Et on a reproduit les mêmes idioties qu’en métropole, dans les années 1960. Ces jeunes ont plus de barbelés autour d’eux que de lieux de cohésion ou de perspectives d’avenir. Ajoutez à cela que l’État mène une politique jusqu’au-boutiste, où il faut maintenir l’ordre coûte que coûte. Forcément, à un moment, ça pète. »

    • limites de la comparaison entre banlieues et territoires d’outre-mer. L’histoire des révoltes ultramarines est jalonnée de morts, plus que n’importe où ailleurs. Celle à l’œuvre actuellement en Nouvelle-Calédonie en a déjà fait six, selon le bilan officiel, dont quatre civils. « La semaine qui vient de s’écouler montre qu’on est à des échelles différentes, estime Ulysse Rabaté. Des jeunes se sont fait tuer et les pouvoirs publics en sont presque à justifier les tirs de milices privées. Ça, c’est une spécificité des territoires d’outre-mer. »

      Si les mécanismes se rejoignent, le curseur paraît toujours un cran plus haut lorsqu’il s’agit de ces derniers [l’outre-mer]. Ainsi de l’état d’urgence, dispositif de maintien de l’ordre hérité de l’histoire coloniale. Il a été mis en œuvre, depuis sa création en 1955, en Algérie pendant la guerre, en Nouvelle-Calédonie pendant les événements de 1984, dans les quartiers populaires pendant les émeutes de 2004 et sur le territoire national après les attentats de novembre 2015.

      [Pas] à l’été 2023 [lors des « émeutes Nahel », mais] décrété [en 2024] dès le mercredi 15 mai sur décision du président de la République.

  • Sophie Binet : « Face à l’extrême droite, il est minuit moins le quart »

    « Il est minuit moins le quart. L’extrême droite ne cesse de gagner du terrain » : dans « À l’air libre », la secrétaire générale de la CGT lance aux forces de gauche un appel au sursaut unitaire

    https://www.mediapart.fr/journal/france/170524/sophie-binet-face-l-extreme-droite-il-est-minuit-moins-le-quart
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/05/16/creer-les-conditions-dune-riposte-large-a-la-montee-du-fascisme-autre-texte/#comment-60972

    #etremedroite