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  • Intéressant Atelier des médias (#RFI) sur ce qui semble devenir un nouveau standard du journalisme : « Le long format fait sa rentrée ».
    http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/le-long-format-fait-sa-rentree

    Réconcilier #Web et #reportage, c’est le projet de trois médias lancés cet été : Lequatreheures, Ulyces et Ijsberg. Streetpress.com inaugure, quant à lui, une nouvelle version misant elle aussi sur le long format. Pourquoi parier sur un #journalisme plus lent et narratif, réponses cette semaine avec nos invités.

    Le long format fait sa rentrée. C’est le nom de l’événement qui nous a réuni en public, lundi 15 septembre à Numa, au coeur de Paris.

    Le long format, c’est ainsi que l’on désigne une forme de journalisme à la fois ancestrale, nouvelle et en devenir. Ancestrale car elle s’applique au style de ces auteurs, journalistes et écrivains, qui ont marqué l’histoire du récit #documentaire : Hemingway, Steinbeck, Londres, Kessel, Capote...

    Nouvelle, car depuis 5 ou 6 ans, on voit éclore de plus en plus de projets journalistiques revendiquant une fibre littéraire ; à l’image, en France, de la revue XXI et des dizaines de titres nés dans son sillage.

    En devenir, car depuis quelques mois, et probablement à la faveur de la publication en ligne par le New York Times de son long reportage multimedia snow fall, on voit émerger des projets web dont l’ambition est d’allier ce qui se fait de mieux en écriture journalistique, en graphisme et en développement informatique.

    Le son
    https://soundcloud.com/radiofranceinternationale/journalisme-longformat-conference

    Où la lenteur devient une valeur « sexy », l’approche documentaire vise à améliorer « l’expérience utilisateur » , l’information s’inspire des « app store » et le journalisme fonctionne comme une « start-up ». Un mix entre Albert Londres et Steve Jobs. C’est beau. Mais ça laisse un goût étrange.

    Par exemple, ça semble normal - pire : innovant - de poser le publi-reportage comme modèle économique. Le « client préféré » (sic) de Street Press ? Réponse vers la 50e minute : les Egoûts de Paris, qui commandent des « histoires ». C’est qu’il ne faut plus dire « journaliste », mais « expert en production de contenus éditoriaux » (sic²) - et un expert a des clients, là où un journaliste avait des sources ou des sujets d’enquête.

    Et puis si tu n’as pas un ordi dernier cri et une connexion efficace comme il faut, n’ouvre pas tous les liens ci-dessous en même temps, sinon ton expérience utilisatrice/teur risque de devenir vraiment très très lente et néanmoins pas du tout sexy.

    Les médias cités :

    Snow fall : http://www.nytimes.com/projects/2012/snow-fall

    StreetPress : http://www.streetpress.com

    Le QuatreHeures : https://lequatreheures.com

    Ulyces : http://www.ulyces.co

    Ijsberg : http://www.ijsbergpress.com
    [et https://ijsbergmagazine.com ]

    cc @syntone @ari

    #audio #radio #médias

    • Mouai. Mes deux sous :)

      Il me semble que les modes changent vite chez les journalistes, ça donne le tourni : le webdoc est fini, vive les formes longues :) Et vu qui est le patron d’Ulyces (le même que celui de Ragemag, Arthur Scheuer, qui a cette fois réussi à attirer des financements de Xavier Niel), ça ressemble à une tentative un peu désespérée de monétiser des reportages sur le web pour se trouver une niche.

      Quand ce n’est pas ce qui est speed et lol, c’est ce qui est long et distingué. Du moment que ça rapporte et que ça permet d’avoir un job cool.

      Ijsberg connecté, Ijsberg accessible, Ijsberg évolutif. Nous avons la chance extraordinaire – due en partie à notre jeune âge – d’une extrême adaptabilité.

      Le "manifeste" (sic) d’Ijsberg est génial. Il ne dit rien, il n’est ni libéral, ni engagé, il n’a aucune intention… rien.
      http://www.ijsbergpress.com

      À la conception de ce nouveau titre, de jeunes journalistes, disciples d’Albert Londres, mais élevés au rythme des web documentaires et des applis mobiles. Francophones en majorité, nomades évidemment, nous ambitionnons de construire le média de nos rêves. Formés dans les meilleures écoles, ayant déjà vécu à l’étranger, enrichis par nos expériences, nous sommes conscients des particularismes et convaincus de la nécessité d’en rendre compte avec fidélité.

      Quant à Streetpress, ils se veulent le Vice français et en imitent jusqu’aux défauts, comme ceux de leur reportage embed à la LDJ ou concernant la rémunération de leurs "stagiaires journalistes".

      Le plus catastrophique c’est encore la similitude de mise en page et d’organisation du contenu entre ces sites avec les mêmes dernières astuces html, quand on repense à la richesse de la mise en page papier. Je crois que je préfèrais encore le vieux web, avec les pages de boingboing qui n’étaient pas responsive mais toutes différentes.

      A tout prendre, dans le domaine de ces longs formats, c’est encore le travail fait par le Guardian sur les frontières, en 4 épisodes, qui est le plus impressionnant.
      http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2014/aug/06/-sp-texas-border-deadliest-state-undocumented-migrants

      Mais pour le coup, c’est pas du storytelling, y’a une intention de documenter quelque chose de compliqué, en se servant de photos, de vidéos, de cartographies, de stats, de sons…, pour faire émerger une certaine réalité. Il ne s’agit pas d’une photogénique avalanche qui sert de modèle partout, et avant tout à valoriser une marque éditoriale. Ou de raconter une jolie histoire sans mettre les mains dans le caca derrière comme en a apparemment l’intention Ijsberg.

      Pour le reste, je crois que ce qu’on a à dire trouve tout seul son format quand il ne s’agit pas de plan marketing, non ?

      Sinon y’a le travail fait par « 6 mois » qui est intéressant. Mais c’est un vrai bouquin qui se feuillette où on veut, un bel objet, qu’on a envie d’exposer et de prêter facilement à nos amis :) Mais bon y’a pas de sons :-( ( @intempestive : le nouveau player arrive, et sa documentation aussi :)

    • Sinon je n’ai pas l’impression que Ulyces soit über-geek, mise à part une grande photo au début, les articles ont tous l’air d’être très littéraires, essentiellement textuels, donc pas sûr qu’il faille une grosse machine pour le lire, du coup j’aime plutôt bien le format (je découvre en direct tous ces nouveaux sites).

    • Le plus catastrophique c’est encore la similitude de mise en page et d’organisation du contenu entre ces sites avec les mêmes dernières astuces html, quand on repense à la richesse de la mise en page papier.

      Tout à fait, @ari, et c’est assez drôle à mettre en perspective avec la volonté affirmée d’être original et de se démarquer. Après, on retrouve une semblable uniformisation sur les formats papier et a contrario une très grande richesse possible des mises en forme sur le web, donc je ne crois pas que ce soit un clivage web/papier qui soit en cause ici.

      L’esthétique en vogue, qu’on retrouve sur beaucoup de sites orientés tablettes/smartphones ou jouant sur cette référence : organisation verticale, usage intensif du scroll, pleine page, images très grand format, parallaxe (j’ai appris ce terme en écoutant l’émission) et petites choses parfaitement contraires aux #bonnes_pratiques (ping @tetue), comme le lancement automatique des vidéos (sur le QuatreHeures, j’ai même dû deviner qu’il fallait cliquer sur l’image pour stopper la vidéo, parce que les contrôles du lecteur disparaissent).

      De toutes façons, comme dit Ijsberg (sous l’icône « Lentement » du magazine) : « Le terrain de jeu est simple : votre écran. A l’intérieur, nous faisons ce que bon nous semble. » On ne saurait mieux résumer l’affranchissement des bonnes pratiques et la mise en position passive de l’internaute : en accédant à notre site, vous vous en remettez à nous - cet onglet-là n’est plus chez vous, à l’intérieur de lui nous prenons la main sur votre matos.

      @rastapopoulos : j’avais commis l’erreur de tous les lancer en même temps, donc je ne sais pas en effet quels sont les plus grands bouffeurs de bande passante. Et pour ce qui est d’aimer, c’est toute l’ambiguité : je trouve aussi ces formats très séduisants, mais il y a un truc qui coince. On attend ou on présuppose quelque chose de moi en tant que lectrice/spectatrice qui me gêne, et de façon plus générale on pose un rapport au monde et à sa représentation en « histoires » sexy qui sonne parfaitement faux en dépit de toutes les pancartes « vrai ! vrai ! vrai ! » qui clignotent partout.

      (et curieuse de découvrir le nouveau lecteur @ari :) )

    • @intempestive : c’est un format à la fois « disruptif » et « immersif » pour le lecteur faut croire ^^ En terme d’accessibilité, c’est une sacrée expérience. Sinon pour ce type de reportage j’ai encore jamais vu de mise en page folle (à la différence du papier). Il me semble que les magazines multimédias conçus pour Ipad sont un peu plus intéressants (mais j’en ai rarement eu entre les doigts). J’imagine que le « mobile-first », première cible, conditionne la mise en page.

    • ah la la @baroug, tu es très sévère

      et @fil visionscarto.net c’est pas trop un site qui prétend livrer du docu, du reportage, etc... éventuellement on en trouvera, mais c’est avant tout un site qui propose d’exposer au public des idées, des recherches, des expérimentations, qu’on édite, qu’on prépare pour faire tenir dans le format visionscarto.net (dont,je précise, on fera évoluer bientôt l’ergonomie et l’accès aux contenus.

      Cela dit, bien sur, il y a une certaine ressemblance avec les sites mentionnés sur cette discussions, et comme partout, il y a des contributions de qualité variables, mais les intérêts des lecteurs et des utilisateurs sont aussi variables. L’important à mes yeux est aussi de couvrir des champs de connaissance aussi étendu que possible (avec nos petits moyens financiers), d’emmener les lecteurs le long d’itinéraires variés et improbables, de proposer aussi par exemple, aux enseignants, des ressources dans lesquelles ils peuvent puiser pour préparer leurs cours, etc...

    • Quand même, qu’est-ce qu’on se marre avec-les-nouvelles tendances-de-la-presse-qui-recycle-toujours-les-même références-et-se-revolutionne-33-fois-par-minute.

      Ce qui me frappe c’est l’insistance sur l’ampleur du texte (à prouver quand même - parce que ces articles c’est quand même de la gnognotte si on prends n’importe quel journal des années 30-60) tout en mettant en avant l’image, et en insistant bien sur la question du temps de lecture, parce qu’on est tous pressés hein !

      Sur Ulyces, on se croirait sur medium et on t’annonce d’avance le temps de lecture. Sur street-presse tu as limite une médaille quand tu as fini l’article, on te le dis comme si tu le savais pas. Sur Ijsberg, on lit promptement, calmement etc...
      Avec un paternalisme certain derrière tout ça, un discours limite élitiste.

      Non mais, je lis vite ou lentement, en entier ou pas, tout de suite ou jamais et si je veux et je te merde.

    •  :) bon, ok commentaire pas super constructif. Reste une chose, c’est que les journaux sauf quelques rares d’ultra niche (musique, science) , papier ou pas, je ne m’y abonnais que rarement. Du coup, toutes ces plateformes, je ne me vois pas prendre un abonnement non plus. Et vous ? Prêts à payer pour ces sites ?

    • Moi j’étais abonné à J’aime Lire, mais sinon… :D

      Nan en vrai, j’ai aussi été abonné assez longtemps à @cqfd, au Plan B tant que ça existait, et même furtivement au journal de la décroissance une année.

      Sur internet pour l’instant, jamais rien. Pourquoi ? Je ne sais pas top. Enfin si en fait… Ce n’est pas tant que je ne peux ou veux pas le faire, j’aurais même un peu d’argent pour, etc. Mais ce n’est juste pas possible ! Dans la vraie vie de tous les jours, j’ai déjà 40 millions de trucs à lire hors sites payants : veille d’actus, veille technique, forum politique ici-même, émissions de radio, blogs dans mes RSS, livres sur ma table de chevet quand il reste du temps !!

      Si je payais pour un abonnement à un site en ligne, je me sentirais obligé de lire son contenu en entier, en plus de tout ce que j’ai déjà à lire : nolife quoi. Sachant que je n’ai déjà pas assez de temps pour lire ma liste précédente tout en étant présent pour la famille et en essayant de travailler rentablement…

      C’est quoi cette vie numérique de fou en fait ?

    • Je me suis abonnée au Diplo, à @si, mais ça ne va pas : je lis effectivement par thème, pas par titre, donc, sur chaque titre, je lis quelques articles qui m’intéressent, mais pas tout, et je ne peux pas m’abonner à tous les titres qui produisent même un article qui m’intéresse par mois.
      Donc, oui, il me faudrait plutôt un portail où j’achète un pack de droits de lire qui se répartissent entre une profusion de titre. Genre, 5 articles par jour (crédits étalés sur le mois) sur une vingtaine de titres intéressants comme le Diplo, cqfd, les nouvelles news, médiapart, etc...

    • En effet @monolecte, ce type de portails, je crois que je pourrais me laisser tenter. @fil @rastapopoulos Oui, il y a tellement de ressources et de trucs à lire gratuitement que le temps qui reste n’incite pas à payer pour des infos. Cependant, je crois que je m’abonnerais à un bon portail de journaux tel que décrits, car - et mes propres projets stagnent aussi pour ça - le militantisme et le bénévolat sur le temps non occupé par le travail rémunéré s’effiloche et donc, je veux bien que des gens soient payés pour écrire des articles, si ils font bien leur travail.

    • Oui, tu pourrais avoir deux couches de services : une couche de crédits directs, mais qui implique que tu te fasses ta revue de presse tout les matins pour sélectionner tes articles et une couche d’abonnement au flux d’un curateur (ce qui est vaguement ce que font Seenthis ou Rezo)^ : quelqu’un qui a le temps de plonger dans le flux et d’en ramener une sélection dans une tonalité ou des thématiques qui te plaisent.

      Les titres seraient ensuite rémunérés chacun en fonction des articles lus, ce qui fait que petit pure player ou mastodonte de l’info, ce qui fera la différence, c’est la qualité de chaque article !

    • Ouais enfin un service commun comme ça, ça a vraiment peu de chance de voir le jour quand même… Parce que ce qui en intéresse une bonne partie, au moins les mastodontes, c’est d’avoir du trafic sur LEUR site .Entre autre parce qu’ils veulent des vues de pages à cause de la publicité, et aussi parce que sur les côtés t’as toujours des listes qui te propose des articles du même sujet mais chez eux, pas ailleurs, pour continuer de vouloir acheter un autre article de leur corpus.

      Si déjà chaque site permettait d’acheter contenu par contenu sans abonnement complet, ça serait déjà ça (et une partie l’a déjà hein), mais évidemment ça veut dire donner ses infos à chaque fois, à plein de gens différents.

    • Le modèle économique des mastodontes ne marche pas, c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont tous sous perfusion. La pub ne peut pas financer l’info, sauf à en faire une fille de pub... et donc un truc pas intéressant qu’au final personne ne lit.
      Le modèle qui va marcher, c’est le contenu de qualité pour lequel on est d’accord pour payer, comme dans le logiciel libre où on est d’accord pour payer pour les logiciels bien faits et qui nous sont vraiment utiles. D’ailleurs, mon Ubuntu n’est pas très différent d’une plateforme de presse : tous les logiciels sont centralisés, certains sont gratuits et d’autres sont payants. Je fais mon choix sur la plateforme qui gère les dépôts et voilà, tout le monde est content.

      Bon, sauf qu’en vrai, les bons logiciels payants, il faut quand même encore aller se les chercher dans la pampa et les installer soi-même. Mais bon, quand je vois l’usage quotidien que j’ai d’Antidote, pour ne citer que celui-là, je ne juge pas mon investissement disproportionné.

      Je pense que pour l’info, c’est pareil. Certains articles méritent le détour et sont ensuite archivés précieusement. Parce qu’ils sont importants et que ce qu’ils m’apportent justifie ma participation. Après, pour un achat à la pièce, faut pas non plus sombrer dans les conneries des éditeurs de musique qui arrivent à te vendre des mp3 pourris plus chers que leur équivalent physique ou de l’édition qui prennent, en France, le même chemin, avec des tarifs numériques ridicules qui n’incitent pas à cesser le piratage.

    • Dans la Presse, on a tendance à faire comme si le client, c’était le lecteur.
      Tout pourtant démontre que ce n’est pas le cas.
      Et quand on cherche, on se dit alors que le client, c’est l’acheteur d’espace publicitaire. Mais même là, la réponse n’est pas pleinement satisfaisante.
      Et on en arrive au vrai client, celui sans qui le service n’existerait plus depuis longtemps : l’actionnaire. Sans les tours de table à répétition, les « mastodontes » ne seraient plus depuis des dizaines d’années. Le vrai client de la Presse, c’est l’actionnaire. Le lecteur est le service rendu.

    • @biggrizzly oui, mais le lecteur est difficile à chopper avec de la daube. Les obsédés du clic pensent que plus tu fais du putassier et plus les lecteurs viennent... oui, c’est vrai, mais ils repartent aussi sec.
      Le lecteur régulier et fidèle, le bankable, tu ne l’attrape pas comme ça du tout... tu le fais même fuir.
      Beaucoup de clics, c’est très différent que beaucoup de lecteurs. Et des lecteurs qui pensent qu’ils peuvent faire confiance à ce que tu publies, c’est encore plus difficile à trouver. Alors ceux qui veulent bien payer pour ce que tu écris...

      Si tu veux du clic à pub, arrête de faire du journal, fait du porno.

    • Il y a une start-up française qui se lance dans ce que vous dites, un portail ou on achète avec des crédits : http://www.onemoretab.com

      C’est aussi le modèle de http://www.cairn.info depuis longtemps, peut-être à l’avenir celui de flip-board, ou directement de Apple et Microsoft etc.

      Mais ce qui est fâcheux avec ce système selon moi c’est que :

      1) L’« expérience utilisateur » est unique pour tous les titres, et souvent mal fichue. Voir la presse dans le kiosque de Windows 8 sur un PC par exemple (#LOL #WTF).

      2) Cela ajoute des intermédiaires qui prennent l’essentiel des revenus car ils sont en situation de force par rapport aux éditeurs (cf Apple avec son App store, ou plus largement le circuit classique de la grande distribution. Vu que les clients sont massivement chez l’intermédiaire et qu’on devient obligé de passer par la, et bien c’est l’intermédiaire qui prend le pognon des lecteurs).

      Or internet ça permet quand même de faire des jolis sites avec une identité forte pour chaque titre, et que les gens viennent directement dessus sans passer par une galerie marchande, ou à la limite en passant par des portails comme Rezo.net.

      L’autre modèle qu’on peut imaginer c’est le micro paiement en un clic, mais alors il faudrait qu’un service s’impose largement dans le public. Il y a eu des essais je crois mais à chaque fois les start-up peinent à rependre leur service massivement chez les utilisateurs. Donc ça finira géré par Google ou Paypal je suppose si cela doit se faire, mais alors il faudrait qu’il y ait une forte demande de gens qui veulent payer des articles de presse à l’unité, ce qui reste à démontrer.

      Donc finalement ce qu’il faut creuser selon moi c’est les modalités pour que les gens aiment leur journal, soient content de s’y abonner même s’ils ne lisent pas tout, voire lui fasse des dons pour lui permettre de se développer :)

    • @booz mais ya une différence entre « ne pas tout lire » et « lire 5 ou 6 articles de tels thèmes précis de temps en temps ». Si tu lis pas tout mais quand même 70% de chaque numéro, c’est pas vraiment un inconvénient de s’abonner. Mais si tu as 40000 trucs à lire dans 300 « lieux » différents (numériques ou papiers), ce n’est pas pareil… et ça a l’air d’être le cas de beaucoup de monde apparemment (en tout cas d’après les réponses précédentes, au moins ici).

    • et ça a l’air d’être le cas de beaucoup de monde apparemment (en tout cas d’après les réponses précédentes, au moins ici).

      De fait, ça plaide à mort pour la vente à l’unité / par carnets d’articles, mais je ne sais pas dans quelle mesure les seenthisiens actifs (déjà minoritaire sur la plate-forme) sont représentatifs de grand chose…

    • Je ne comprends pas en quoi pouvoir payer un article à l’unité règlerait le problème de @RastaPopoulos qui si j’ai bien compris à déjà trop de choses à lire gratos et n’a plus le temps de lire des trucs payos.

      Après il faut voir la qualité de ce qu’on lit, en principe ce qui est payant est meilleur ou moins intrusif, car quand le service est gratuit, le produit, c’est toi.

    • Si je payais pour un abonnement à un site en ligne, je me sentirais obligé de lire son contenu en entier, en plus de tout ce que j’ai déjà à lire : nolife quoi. Sachant que je n’ai déjà pas assez de temps pour lire ma liste précédente tout en étant présent pour la famille et en essayant de travailler rentablement…

      Disait-il… alors qu’un carnet ou un article à l’unité, c’est nettement plus jouable à priori d’y trouver une place.

    • @baroug mouais, mais alors tu perds l’occasion de lire une chose que tu n’aurais pas imaginé intéressante à la base et tu risques de te cantonner à ce que tu connais déjà.

      Est-ce gênant de s’abonner à un titre sérieux et de ne pas tout lire ? Est-ce que le siècle dernier les gens qui achetaient des journaux en lisaient l’intégralité des signes ?

      Quand on s’abonne selon moi c’est pour soutenir un projet éditorial dans lequel on croit, pas pour avoir le juste nombre de signe en fonction de ce qu’on à le temps de lire au meilleur prix.

      Et si ce n’est pas le cas, c’est peut-être cela qu’il faut changer, en essayant de modifier le rapport des gens aux journaux. (Ce qui est une gageur vu le tournant pris ces dernières années).

      Le coup de l’article à l’unité je le vois efficace pour des infos ultra spécialisées genre un article des échos sur un concurrent, ok on achète, ou une étude sur son secteur d’activité, ok. Ou un dossier sur une loi, ok. Mais pour s’informer au long court, cela ne me semble pas la bonne piste.

    • Mais je ne suis pas que des blogs ou sites précis, ça je pourrais même dire que ce n’est qu’une minorité, ou grand maximum que la moitié de ce que je lis.

      Une bonne partie vient de la veille d’actus et veille techniques, faites avec des lieux d’échanges comme Seenthis. Et du coup, même si on est assez clairement entre gauchistes invétéré⋅e⋅s, cela m’ouvre à de multiples sujets et sites (mastodontes ou obscurs blogs) que je ne suis absolument pas moi-même de mon côté et que je n’aurais jamais lu sinon. Vu la quantité d’informations (ET d’analyses détaillées), je ne fais pas partie des gens qui ont le temps de faire leur propre sélection dans toute cette immensité.

      Et donc oui, quand j’étais abonné (CQFD ou d’autres), je lisais tout, les sujets qui m’intéressaient déjà à la base, et le reste. Et quand j’étais minot chez mes parents, et qu’il y avait des journaux ou magazines, je lisais un peu tout aussi.

      C’est quand même un rapport au monde, à l’information qui a changé. Les sources, même si elles étaient multiples, ne se comptent plus en dizaines… Moi perso ça m’épuise de vouloir tout suivre.

      Je ne dis donc rien de général, là hein, juste comment ma manière de lire (au moins de lire l’information, l’information immédiate et l’information analysée plus lente), a pu changé au cours du temps.

    • @RastaPopoulos, certes mais alors tu te reposes sur des éditeurs militants et sur des portails militants. Peut-être qu’un jour on fera de l’information de masse comme cela, c’est le pari de Rezo.net, mais peut-être pas. Et pour chaque militant qui dit quelque chose, il existe un autre militant qui dit exactement le contraire.

      Et si on doit continuer d’informer le monde entier sur tous les sujets importants avec le moins de biais possible, il faudra encore des rédactions professionnelles dont c’est l’activité principale de faire un journal régulièrement et sérieusement avec les gens qu’il faut pour ne rien oublier, mêmes les sujets pour lesquels on a pas un blogueur bénévole de qualité immédiatement disponible.

    • L’intérêt du papier c’est que quand tu l’achètes, que tu lises ou pas, tu as quelque chose entre les mains, à laisser traîner, à passer avec aux copains ou collègues, à découper, etc…

      La monétisation de la presse sur le web a zappé l’importance de l’objet au-delà de la lecture, du partage… Mais c’est aussi parce que la révolution numérique (et avant elle, la robotisation des imprimeries) a chassé des entreprises de presse la plupart des personnes qui n’étaient pas rédactrices, qui participaient à la fabrication (et ne concevaient pas un journal comme une somme de mots et d’articles reproductibles et vendables quel que soit le support).

      L’achat d’article au clic, c’est quand même vraiment très triste (par rapport à la curiosité, à la diversité de ce qu’on peut picorer dans un journal papier). Sans ça, jamais j’aurais lu d’articles sur le foot (comme ceux de Grégory Schneider dans Libé par exemple).

      Par ailleurs, sur le web, rien de plus rageant que de ne pouvoir partager un article en accès payant. L’un des principaux intérêts du web (le partage facile) tombe alors sévèrement.

      J’imagine que l’avenir c’est la mutualisation d’abonnements entre différents sites. Je paie pour 25 articles entre le Diplo et Bastamag… par exemple. M’enfin ça fait pas rêver non plus. On peut par contre espérer le regroupement entre Bastamag et le Diplo pour produire un gros site d’actu (avec une version papier pour continuer à rendre intelligents mes toilettes) plutôt que la multiplication des petits projets (en témoigne le découpage assez absurde Bastamag / Reporterre).

      Le futur qui vient vite, c’est la diminution drastique du nombre de journalistes et de titres de presse (web ou papier, car quoi que les apôtres du numérique prétendent, ils sont menacés à bien plus court terme). C’est d’ailleurs hallucinant que le nombre d’écoles de journalisme soit toujours croissant…

    • – Par rapport au fait que les titres souhaitent voir leur trafic passer par leur site, que les interfaces et visuels sont différents et que cette différence fait partie du projet editorial : l’idée de l’abo multisites ne veut pas forcément dire être prisonnier d’un portail. L’idée du portefeuille mensuel mutualisé entre différents journaux et qui permette de piocher des articles ne doit pas forcément, et c’est techniquement parlant faisable, passer par un portail unique qui phagocyterait (phago-sites-rait en l’occurrence) l’audience des différents titres qui l’utilisent. Une sorte de flattr promu par un regroupement de medias par exemple.

      – Après, si on arrive tous à travailler rémunéré 4j./3J. semaine et avoir du temps pour chercher, écrire, enquêter etc... alors la question se pose différemment. Mais on en est loin.

      – Pour en revenir à l’expérience personnelle qui guide une partie de ces échanges - le je revenant régulièrement, j’ai l’impression que l’édition, la presse indépendante, c’est soit une histoire de salariés qui se perdent dans le flux de publication et la torpeur idiote de la salle de presse et la déconnexion sociale - même avec les meilleurs intensions du monde, ou de chômeurs, d’étudiants, de célibataires etc. libres de paroles mais qui galèrent entre précarité et fatigue.

      J’aimerais trouver un modèle intermédiaire, qui permette que plus de personnes puissent consacrer du temps à produire des écrits solides, croisés, avec pas de fautes d’orthographe :) sans forcément être aliénés par le temps, la doxa journalistique et la légitimité culturelle ou la précarité…

      Parce que l’on présuppose que de pouvoir travailler à temps plein rend les écrits de la presse salariée plus pertinents, ce qui peut être le cas, mais parfois, on frise le ridicule - surtout quand je vois le nombre indigent d’articles sur la banlieue parisienne, les fantasmes de journaliste sur le Nord ou l’Est de la France par exemple. On est nombreux à être fan de 6, c’est intéressant de voir que l’essentiel du travail sur ce bouquin s’est fait dans un de ces « hors-cadre »...

    • @baroug et c’est largement mérité. Je ne pense pas particulièrement aux scandales qui peuvent expliquer une partie du succès, mais de tous le reste qui est de bonne qualité, les blogs, les soirées avec des supers invités, les très bons journalistes et collaborateurs, chercheurs etc...

      Et je repense en rigolant mais un peu affligé à celui qui du haut de son mépris et avec un sourire arrogant m’affirmait il y a quelque années que le « médiocre » médiapart allait s’effondrer et disparaitre après les présidentielles parce que personne ne renouvellerait son abonnement... Ils étaient alors à 60 000... :)

      Alors moi je dis, médiapart, chapeau et respect, et comme @supergeante pour mon interlocuteur si bien informé, etc...

    • Hey les gens... 43 commentaires, sans dec comment on garde qq minutes pour dépenser ses sous avec des abonnements quand on essaye de vous suivre, hein ?

  • Beyond the #border 1/4 : « Into the wilderness »
    http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2014/aug/06/-sp-texas-border-deadliest-state-undocumented-migrants
    L’histoire d’Exelina, une Salvadorienne sans-papier, disparue depuis décembre 2013 en passant la frontière au #Texas pour tenter de rejoindre son mari et ses enfants, nés aux Etats-Unis. Elle était retournée dans son pays natal pour régulariser sa situation. De février 2011 à mars 2014, on a retrouvé les corps de 294 migrants morts dans cette zone aride à plusieurs de kilomètres de la frontière.

    The Guardian livre le récit émouvant de sa disparition en l’accompagnant de vidéos mais aussi de statistiques et de graphiques interactifs sur Brooks County, ce "tombeau des migrants sud américains", les routes des migrants ou encore l’implantation des gangs de passeurs. Le premier article "augmenté" (pour le coup c’est pas survendu) d’une série de 4.

    Texas has become the deadliest state in the US for undocumented immigrants. In 2012, 271 migrants died while crossing through Texas, surpassing Arizona as the nation’s most dangerous entry point. The majority of those deaths didn’t occur at the Texas-Mexico border but in rural Brooks County, 70 miles north of the Rio Grande, where the US Border Patrol has a checkpoint. To circumvent the checkpoint, migrants must leave the highway and hike through the rugged ranchlands. Hundreds die each year on the trek, most from heat stroke. This four-part series looks at the lives impacted by the humanitarian crisis.


    #journalisme

    (déjà repéré, évidemment, par @cdb_77 :) )

    Note sur le côté #webdesign et "#editing" que je trouve remarquable de cet article et dont voici une image pour en visualiser l’organisation :



    Cette page du Guardian, c’est vraiment une démonstration sur la manière de rendre passionnants un article 25 000 signes sur une page web. Avec :
    – une photo plein écran qui se transforme en vidéo pour rentrer dans l’article
    – une autre vidéo au milieu de l’article qui ouvre une parenthèse sur la vie de la mère d’Exelina, qui ne croit pas à la mort de sa fille ;
    – un titre ancré dans une photo ;
    – 5 citations en exergues (ou dame blanche) ;
    – un graph fixe ;
    – un ensemble de 7 graphiques interactifs sur le contexte ;
    – plusieurs photos assez longuement légendées ;
    – un menu fixe qui annonce les prochains articles de cette série.

    (si je dis pas de bêtise, le tout en #html5 ?).

    Il manque peut-être une seule chose : la carte de ce Brooks County, un comté de 7 000 habitants sur 2400 km2 (une surface un peu plus petite que celle de Paris et la petite couronne) d’après Wikipedia.

  • Beyond the border

    Texas has become the deadliest state in the US for undocumented immigrants. In 2012, 271 migrants died while crossing through Texas, surpassing Arizona as the nation’s most dangerous entry point. The majority of those deaths didn’t occur at the Texas-Mexico border but in rural Brooks County, 70 miles north of the Rio Grande, where the US Border Patrol has a checkpoint. To circumvent the checkpoint, migrants must leave the highway and hike through the rugged ranchlands. Hundreds die each year on the trek, most from heat stroke. This four-part series looks at the lives impacted by the humanitarian crisis.


    http://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2014/aug/06/-sp-texas-border-deadliest-state-undocumented-migrants

    #frontière #Texas #USA #Mexique #migration #Etats-Unis