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  • Cinquante éditeurs appellent à “boycotter et saboter le monopole” d’Amazon
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/cinquante-editeurs-appellent-a-boycotter-et-saboter-le-monopole-d-amazon/103688

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

    Son monde est à l’opposé de celui que nous défendons. Nous ne voulons pas voir les villes se vider pour devenir des cités-dortoirs hyperconnectées. Amazon est le fer de lance du saccage des rapports humains et de l’artificialisation de la vie. Nous devons, sans attendre, boycotter et saboter son monopole.

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

    Les conditions de travail dans ses entrepôts et en dehors (bas salaires, précarité, cadences exténuantes, pauses réduites, management électronique, chasse aux syndicalistes), son impact écologique (destruction des invendus, bétonisation, utilisation massive d’énergie pour les frets aériens et routiers), l’enrichissement démesuré de son patron et de ses actionnaires sont autant de marques du cynisme du modèle économique et social défendu par cette multinationale.

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

    Les librairies sont des lieux de rencontre, d’échange critique, de débat, de proximité. Un livre doit pouvoir être défendu auprès de ses lecteurs·rices par un·e libraire, un·e éditeur·rice, un·e auteur·rice et ne pas être invisibilisé par les « meilleures ventes du moment ». Nous ne voulons pas remplacer les conseils d’un·e libraire par ceux d’un algorithme ni collaborer à un système qui met en danger la chaîne du livre par une concurrence féroce et déloyale.

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

    Diffuser de la pensée critique ne peut se faire par ce type de plateforme. Si nous lisons, publions et défendons des textes, c’est pour affûter nos imaginaires et donner corps à nos refus comme à nos convictions. Nous ne sacrifierons pas notre idée du livre pour un compromis financier. Nous ne nous laisserons pas imposer un futur uniforme et impersonnel.

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon.

    Avatar d’un système global, Amazon représente un monde dont nous ne voulons pas et avec lequel il est grand temps de rompre.

    Nous ne vendrons plus nos livres sur Amazon et appelons l’ensemble des maisons d’édition et acteurs·rices de la chaîne du livre à nous rejoindre dans cet engagement.

    #livres #librairie #amazon #édition

    • Les signataires :

      Hobo Diffusion, Éditions Divergences, La Tempête - Éditions, Nada éditions, Éditions du commun, L’Œil d’Or, Les Éditions sociales, Éditions La Dispute, Éditions Grevis, Editions Ixe, Jef Klak, Panthère Première, Tendance Négative, Revue Audimat, La Lenteur, Le Monde à l’envers, Les éditions des mondes à faire, Les Éditions Du Bout De La Ville, HUBER Éditions, Archives de la zone mondiale, Smolny, Éditions Otium, Ici-bas, Éditions Pontcerq, Premiers Matins de novembre, Faces Cachées Éditions, Serendip-livres, Paon diffusion, Les Éditions libertaires, Gruppen editions, Black star (s) éditions, Le Chien rouge, Rue des Cascades, Éditions Dépaysage, Editions Goater, HumuS, Homo Habilis, Tahin Party, L’atinoir, Éditions Adespote, Éditions Blast, Asinamali, Éditions Daronnes, Les Éditions de la Roue, Éditions Noir et Rouge, Les Nuits rouges, Les Éditions de l’Éclisse, Même pas mal.

  • « Ces derniers jours, nous voyons de nombreuses personnes, notamment sur les médias sociaux, enjoindre des vidéastes de renom (ou pas) à "passer à PeerTube". Cela ne nous met pas très à l’aise, et il faut que l’on vous explique pourquoi. »

    Un très bon article sur la dégafaïsation, la tension entre actions individuelles et problèmes politiques collectifs, les différentes formules d’hébergement (notamment pour la vidéo). Si vous mettez des vidéos en ligne, c’est un article à lire.

    https://framablog.org/2020/10/29/message-aux-youtubeurs-youtubeuses-et-surtout-a-celles-et-ceux-qui-aiment

    #YouTube #PeerTube #fédération

    • Très intéressant de manière générale quant à l’idée de #militer pour les #logiciels_libres.

      D’abord, Framasoft est une petite association d’éducation populaire aux enjeux du numérique. Nous défendons l’esprit critique et la liberté de choix. Nous pensons que les injonctions au changement induisent de la résistance au changement.

      Dit autrement, nous savons que les vidéastes sont des personnes douées d’intelligence et de capacités de veille. Il est peu probable qu’elles acceptent les contraintes de Youtube en s’en fichant complètement. Il est aussi peu probable qu’une personne ne leur ait pas déjà pointé l’existence d’alternatives (il n’y a pas que PeerTube, d’ailleurs). Bref, il est vraisemblable de penser que beaucoup de vidéastes sont dans un processus de réflexion (« Rester sur Youtube ? Partir ? Comment ? Pour aller où ? Avec quelle énergie ? Et qu’est-ce que je fais de l’existant ? de ma communauté ? », etc).

      Nous respectons pleinement ce processus, et nous vous encourageons à le respecter aussi. Peut-être que votre vidéaste préféré⋅e choisira d’expérimenter des alternatives (bien !), de quitter Youtube (bien !) ou même de rester sur Youtube (bien aussi ! C’est son choix, pas le vôtre, pas le nôtre).

      Par ailleurs, cela donne l’impression que vous êtes des « témoins de Framasoft » 😛 Je vous laisse vous mettre à la place du vidéaste qui reçoit son douzième tweet « Tu devrais essayer PeerTube ! » de la journée. C’est… Saoulant ! Et nous, cela nous place dans une situation un peu compliquée, où des personnes croient qu’on a lâché une armée de fidèles à leurs trousses pour les convertir au libre de gré ou de force par le harcèlement. Du coup, et c’est compréhensible, ces vidéastes ont une mauvaise image du libre avant même d’avoir essayé .

      Et donc #troll aussi.

    • Pour les livres c’est un poil plus compliqué, car ce n’est pas l’auteur (ni même l’éditeur) qui en décide, cf. https://www.actualitte.com/article/tribunes/bye-bye-amazon-il-en-va-de-la-responsabilite-de-chaque-editeur/103699

      ne pas vendre de livre sur Amazon. De prime abord ce choix paraît compliqué, car la majorité des éditeurs (dont nous faisons partie) n’a pas de lien direct avec la plateforme : ce sont en effet les diffuseurs-distributeurs qui négocient les conditions de vente avec leurs revendeurs, dont la majorité est constituée de librairies physiques, mais aussi d’Amazon, de Fnac.com, etc. (…)
      Il y a pourtant une solution assez simple qui permet de pallier cette situation et d’éviter que le diffuseur-distributeur ne soit confronté à un problème juridique de « refus de vente » dans le cas où un éditeur voudrait se passer de tel ou tel espace de ventes : le code-barre du livre. Comme l’a relevé avec sagacité notre confrère belge des éditions Vies parallèles, le fait de ne pas mettre le code-barre à l’extérieur du livre le rend inexploitable par (les robots d’) Amazon. Zones sensibles a donc décidé de placer ce code-barre en deuxième de couverture

  • La presse typographique de Gutenberg entre dans le monde de Lego
    https://www.actualitte.com/article/zone-51/la-presse-typographique-de-gutenberg-entre-dans-le-monde-de-lego/103444

    Quelles aventures folles vécues avec ces petites briques emboîtables ! Pour Michael Jasper, elles sont source de toutes les expérimentations, depuis les plus grandes banalités du quotidien, en passant par des éléments historiques. Cet Allemand a décidé de reproduire des saynètes de la vie de son pays et du monde, avec force détails. Et Gutenberg, évidemment, y tient une belle place.

    #Lego #Gutenberg

  • Les Furtifs d’Alain Damasio dans une application, M.O.A - My Own Assistant
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/les-furtifs-d-alain-damasio-dans-une-application-m-o-a-my-own-assistant/102850?origin=newsletter

    Exploitation des données personnelles, confidentialité réduite au strict minimum, outils marketing omniprésents et temps de cerveau de plus en plus restreint... La description n’est pas (encore) celle du quotidien, mais la promesse de l’application M.O.A — My Own Assistant, qui garantit une immersion dans un futur cauchemardesque, inspiré de celui décrit par Alain Damasio dans son roman Les Furtifs (La Volte)...

    Cette coproduction Red Corner, La Volte, France Télévisions, Le Clair Obscur, Le Forum des Images, Small Studio et Chroniques, avec le soutien du CNC et de Normandie Images se présente comme une application pour smartphones proposant du contenu en réalité augmentée.

    La note d’intention de l’application est la suivante :

    M.O.A est une histoire en réalité augmentée, qui offre un aperçu de ce que pourraient être nos relations aux machines et à la ville dans un futur proche. Dans M.O.A, aucune pression apparente, tout vous est suggéré avec douceur. Vous êtes au cœur du « nudge », concept issu du design industriel selon lequel les suggestions indirectes influencent les décisions mieux que des ordres directs. Recommandations, mise à jour, compteurs de points, M.O.A vous laisse le choix pour mieux vous contrôler. La réalité augmentée renforce l’immersion dans ce monde pas si lointain et nous invite à réfléchir à nos propres usages et à notre propre capacité de résistance.

    L’expérience interactive est disponible pour les smartphones iOS et Android, via les différentes boutiques d’applications, mais aussi dans différents lieux partenaires, comme le Forum des images, la biennale Chroniques, les réseaux de bibliothèques et les salles de spectacle vivant.

    #MOA #Alain_Damasio #Les_Furtifs #Surveillance

  • Livre audio : les inadmissibles conditions d’Amazon, selon Cory Doctorow (@doctorow)
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/livre-audio-les-inadmissibles-conditions-d-amazon-selon-cory-doctorow/102703?origin=newsletter

    Engagé et militant depuis des années, l’écrivain de science-fiction Cory Doctorow a décidé de contourner le géant Audible pour la version audio de son prochain roman. L’auteur souhaite retrouver sa liberté et a choisi d’organiser un financement participatif pour la sortie de l’ouvrage dans ce format.

    Cory Doctorow

    Attack Surface, le prochain roman de Cory Doctorow, devrait sortir le mois prochain. Il sera facile au lecteur de se procurer une copie physique du roman puisque le titre sera disponible en librairie, mais aussi sur les grandes plateformes comme Amazon ou Kobo. Mais pour mettre la main sur le livre audio, l’entreprise risque de se révéler un poil plus compliquée.

    Le roman ne figurera en effet pas dans le catalogue d’Audible, le plus grand vendeur de livres audio du marché. Doctorow a choisi de vendre le livre sous ce format via une campagne Kickstarter.

    Le problème de Doctorow avec Audible trouve sa source dans la politique de l’entreprise : Amazon impose en effet l’application d’un DRM, un micro logiciel de protection, au sein des œuvres audio. Ce logiciel permet de mieux contrôler le bien et évite théoriquement le piratage ou la reprise d’extraits par le consommateur. Les DRM ne sont pas nouveaux, mais sont souvent présents à la demande des éditeurs et des auteurs . Qu’une entreprise décide directement de l’intégrer pose problème à l’écrivain :

    « Nous ne devrions pas vivre dans un monde où les fabricants décident de la manière dont vous utilisez leurs produits une fois que vous les avez achetés », rugit-il. Cette politique est d’autant plus incompréhensible qu’Amazon n’impose pas de DRM au sein de ses ebooks sur Kindle.

    Une alternative ?

    Opposé depuis des années aux DRM, Doctorow n’en est pas à son coup d’essai. L’auteur garde un droit de regard sur ses œuvres et dans le cadre de son accord avec l’éditeur Macmillan, propose des enregistrements audio de ses livres exclusivement via des plates-formes non affiliées à Amazon.

    Pour ce blogueur militant, les DRM ne sont pas qu’une simple technologie, mais « une loi », un appareil juridique qui interdit au consommateur de s’approprier l’œuvre qu’il vient d’acheter. L’écrivain affirme que ces logiciels constituent une nuisance pour les consommateurs qui essaient d’accéder à du contenu acheté légitimement, tout en étant incapable d’arrêter un pirate informatique digne de ce nom.

    NUMERIQUE : Amazon, Penguin et des auteurs
    lancés dans une chasse aux pirates de livres

    Doctorow a donc lancé une campagne de financement pour promouvoir le livre via ses propres moyens. Depuis son lancement mardi, la campagne a recueilli plus de 142.000 $ sur Kickstarter de la part de plus de 3500 contributeurs, le livre audio étant disponible pour ceux qui s’engagent à hauteur d’au moins 15 $. Ce succès, l’auteur l’explique en partie par la méfiance des gens envers Amazon, laquelle s’est transformée en colère suite aux profits que l’entreprise a enregistrés depuis le début de la crise sanitaire.

    Si l’initiative donnera certainement envie de faire des émules, il reste difficile pour un auteur débutant de se lancer dans un projet similaire. C’est en grande partie sa renommée qui permet à Doctorow ce genre de coup d’éclat.

    L’écrivain a lui-même participé à la production du format audio, travaillant via Zoom avec la réalisatrice Cassandra de Cuir de chez Skyboat Media et avec l’actrice Amber Benson chargée de lire le texte.

    #Cory_Doctorow #Audible #Livres_audio #DRM

  • Le juge confirme : l’emprisonnement de Michael Cohen relève de la censure
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/le-juge-confirme-l-emprisonnement-de-michael-cohen-releve-de-la-censure/101893?origin=newsletter

    Retourné en prison début juillet, l’ancien avocat de Donald Trump s’était retrouvé dans l’impossibilité de finir un livre à charge contre le président, et criait à la censure. Un juge a conclu que cette détention s’apparentait effectivement à des pressions de la part du gouvernement : il a donc permis à Michael Cohen de définitivement quitter sa cellule.

    Voilà maintenant des mois que Michael Cohen, ancien avocat et soutien de Donald Trump, prépare un ouvrage à charge contre le président. Autrefois proches, ils se sont séparés après la mise en cause de l’homme de loi par la justice, en 2017. Accusé de corruption, Cohen affirme avoir agi sous les ordres du milliardaire et occupe désormais une grande partie de son temps à l’écriture de son manuscrit, qui raconterait son histoire et mettrait en cause son ex-client.

    En prison depuis 2 ans, il avait eu l’autorisation de rentrer chez lui en mai dernier en raison de la pandémie, et c’est à son domicile qu’il comptait terminer son ouvrage. Avec une publication fixée en septembre, il risquait fort de devenir une épine dans le pied du leader des républicains. Mais début juillet, il était renvoyé derrière les barreaux. Celui-ci aurait hésité à signer un accord qui l’aurait laissé libre, mais qui lui interdisait de publier son livre avant les élections de novembre.

    Hier, un juge a statué que la décision d’incarcérer Cohen s’apparentait à des pressions de la part du gouvernement et a ordonné sa remise en liberté. Il devrait revenir dans son appartement de Manhattan ce vendredi et retourner à son manuscrit inachevé.

    #Censure #Donald_Trump

  • Bibliothèque d’urgence ou urgence économique : Internet Archive, “inutile procès”
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/bibliotheque-d-urgence-ou-urgence-economique-internet-archive-inutile-proces/101912?origin=newsletter

    À l’occasion d’une conférence de presse via Zoom, d’une trentaine de minutes, le fondateur de Internet Archive a appelé les grands groupes américains à renoncer à leur plainte. « Un procès inutile », expliquait-il ce 22 juillet, considérant que l’interprofession devrait plutôt œuvrer de concert pour « aider les enseignants, les parents et particulièrement les élèves ».

    Dérapage incontrôlé

    À sa suite, plusieurs autres intervenants plaidaient en faveur du Prêt Numérique Contrôlé — solution hybride par laquelle l’IA a scanné et mis à disposition 1,4 million de titres encore sous droit. Rappelant la vocation de toute bibliothèque — acheter, conserver et prêter — Kahle assimile donc cette approche à celui de tout autre établissement.

    Ce modèle repose sur le concept 1 livre = 1 utilisateur, celui-là même qui est en vigueur pour les ouvrages papier. « Le prêt numérique contrôlé est une pratique largement répandue et qui date, pour les bibliothèques. » Et de glisser que depuis neuf années qu’existe Internet Archive, cette solution a avant tout fait des heureux.

    Sauf que les éditeurs ne l’ont pas vu de cet œil, décidant de porter plainte, et contraignant la plateforme à fermer sa bibliothèque d’urgence. Les plaignants jurent leurs grands dieux qu’Internet Archive est « impliquée dans une vaste violation délibérée du droit d’auteur ». Rien que cela.

    « La plainte s’en prend au concept même d’une bibliothèque qui posséderait et prêterait des livres numériques, remettant en cause l’idée même de ce qu’est une bibliothèque dans un monde numérique », rétorquait pourtant la plateforme. Mais en vain : en période de crise sanitaire, les intérêts financiers priment. Quant à la perspective de dommages-intérêts juteux, elle ne laisse pas l’ombre d’un doute.

    Mais pour les éditeurs à l’origine de l’action, la messe est dite, et Internet Archive représente une bête à dépecer, maintenant qu’il faut renflouer les caisses. « Avec ce procès, les éditeurs affirment que dans le monde numérique, les bibliothèques ne peuvent plus acheter de livres. Nous ne pouvons que les proposer sous licences et selon leurs conditions. Nous ne pouvons les conserver qu’en vertu des modalités qu’ils nous accordent, avec une autorisation explicite, et durant la période de temps pour laquelle nous avons l’autorisation », reprend le fondateur d’IA.

    De quoi se remémorer que depuis l’apparition du livre numérique, un conflit ouvert entre bibliothécaires et éditeurs se poursuit. Les premiers demandant qu’on ne leur impose pas des conditions trop drastiques — surtout financièrement. Quand les seconds tentent, parfois en facturant 3 à 5 fois le prix public d’un ebook, de se nourrir sur le truand. Le tout en prétextant sans honte ni vergogne que le prêt numérique cannibalise les ventes, et qu’il faut bien se récupérer quelque part.

    “En aucun cas une menace”

    Internet Archive devra présenter ses arguments devant le juge le 28 juillet. Évidemment, aucune indication sur la stratégie qui sera adoptée n’a été communiquée. Dans ce combat, un allié de poids s’est récemment manifesté : Electronic Frontier Foundation, organisation de défense des droits des internautes.

    Elle avait annoncé fin juin qu’elle soutiendrait le site dans le procès qui s’annonce. « L’EFF est fière d’être aux côtés d’Internet Archive et de protéger cet important service public. Le prêt numérique contrôlé aide des professeurs, élèves et plus généralement le public à accéder aux livres, à un moment où cela est difficile et plus nécessaire que jamais. Il ne constitue en aucun cas une menace », indiquait Corynne McSherry, directrice juridique.

    #Bibliothèques #Confinement #Internet_archive #Prêt_numérique

  • Aux États-Unis, Amazon confie ses livraisons à des “scouts”
    https://www.actualitte.com/article/zone-51/aux-etats-unis-amazon-confie-ses-livraisons-a-des-scouts/101853

    Dans plusieurs villes des États-Unis, le géant de l’e-commerce teste un nouveau dispositif de livraison. Les paquets commandés sont désormais parfois délivrés par des « Scout », sorte de grosse caisse à roulette automatisée. Sympathiques et pratiques robots colorés ou dystopie cyberpunk en marche, seul l’avenir nous le dira.

    Les caisses automatisées d’Amazon semblent parfaitement adaptées à la ville et sont capables d’éviter les principaux obstacles que l’on retrouve sur les trottoirs — des chiens un peu trop enthousiastes aux réfrigérateurs laissés aux encombrants. Le dispositif a cependant toujours un problème de taille : les Scouts ne sont pas encore capables de vérifier si la personne qui ouvre la trappe de stockage est bien celle qui a passé la commande.

    Les caisses bleues seront donc toujours accompagnées d’un livreur classique, chargé de vérifier que les paquets sont bien livrés à la bonne adresse. Ces duos étranges, humain et machine marchant et roulant côte à côte, ont de grandes chances de se multiplier dans les années à venir.

    Pour promouvoir le projet, Amazon affirme ainsi que ses robots, alimentés par batterie, s’inscrivent dans son objectif d’atteindre le zéro carbone net d’ici 2040 et font donc partie d’une stratégie sur le long terme.

    #Amazon #Livraison #Robots #Travail

  • Influenceurs littéraires : vers une professionnalisation ?
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/influenceurs-litteraires-vers-une-professionnalisation/101333?origin=newsletter

    Souvent présentée comme une révolution, l’arrivée massive des influenceurs dans les processus de promotion du livre a désormais presque une décennie. Avec le temps, les usages des blogueurs bookstagrammeur et booktubeur se sont codifiés, des réseaux se sont créés et des partenariats durables ont été mis en place avec les maisons. Mais alors qu’en 2019 la rémunération des influenceurs sur Instagram atteint de nouveaux sommets, le travail des chroniqueurs numériques, dans leur immense majorité, reste bénévole. Les influenceurs littéraires pourront-ils un jour prétendre à une professionnalisation ?

    Aujourd’hui la majorité des influenceurs littéraire se retrouvent sur Instagram, leur compte servant pour beaucoup de vitrine à leur ancien blog. Les chroniqueurs 2.0 ont su trouver leur place, proposant leurs contenus à un public différent de celui auquel s’adressent les journalistes professionnels. Ces prescripteurs numériques savent animer une rencontre auteur, monter et partager des vidéos, gérer une communauté parfois importante et faire découvrir des ouvrages à travers des formats propres aux réseaux. Pour la plupart, le temps passé à lire et à travailler leur contenu s’ajoute à des études ou à une profession plus traditionnelle. Enfin, un certain nombre d’entre eux sont en relation avec plusieurs éditeurs et affirment recevoir des pressions pour rendre des chroniques en temps et en heure.

    Entre ces compétences acquises et les exigences de certaines maisons, il ne semble pas complètement aberrant de parler travail pour qualifier l’activité de ces créateurs de contenus. Et tout travail mérite salaire.

    #Influenceurs #Edition

  • Wattpad : une nouvelle stratégie pour la production de film
    https://www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/wattpad-une-nouvelle-strategie-pour-la-production-de-film/101446?origin=newsletter

    Visiblement, on passe petit à petit d’une plateforme d’écriture à un système de crowdsourcing littéraire. Il va être temps de créer une plateforme d’écriture et de diffusion/réseau social autour des livres qui fonctionne comme un commun.

    Fin mai, Wattpad affirmait son ambition de s’attaquer au monde du cinéma en prenant entièrement en charge la production de deux de ses textes. The Hound, de T.L. Bodine et What Happened That Night, de Deanna Camero allaient bénéficier de fonds spécifiquement alloués par l’entreprise.

    Cette décision faisait partie intégrante d’une stratégie à long terme de la compagnie qui annonçait constituer un « Wattpad Development Fund » pour proposer sa propre programmation plutôt que de dépendre entièrement des partenaires de production qu’elle avait à l’époque.

    Mais la récente association de la plateforme de fan fiction avec le producteur australien Screen Queensland montre que l’entreprise n’est pas encore prête à se passer complètement des studios et souhaite continuer de mettre en place des relations privilégiées avec certains acteurs du secteur. Cependant Wattpad ne revient pas complètement sur ses positions : l’accord passé avec Screen Queensland est des plus originaux.

    Une stratégie de l’entre-deux

    Les deux sociétés comptent s’appuyer sur les utilisateurs de Wattpad à travers le monde tout au long du processus de production. Les bases de données de la plateforme serviront à sélectionner les textes les plus populaires et les réactions et conseils des internautes seront pris en compte. Comme le souligne Publishing Perspectives, l’idée est d’attirer une base de fans, très engagée dans le projet, vers l’adaptation cinéma.

    #Wattpad #Vidéo #Production #Fanfictions

  • En Allemagne, après s’être attaqué aux écrivains Khaled Barakat, Kamila Shamsie et Achille Mbembe, aux musiciens Talib Kweli et Nirit Sommerfeld, au directeur de musée Peter Schafer, aux militants Stavit Sinai, Ronnie Barkan, Majd Abusalama et au mouvement BDS en général (rappels ci dessous, en en remontant que jusqu’en 2019), voilà que l’ancienne ministre israélienne #Tsipi_Livni, poursuivie pour crimes de guerre pendant la guerre de Gaza en 2008-2009, reçoit un prix en Allemagne, et pas n’importe lequel, le Brückepreis, remis « à des individus qui ont dédié leur vie à la démocratie et à l’entente pacifique entre les peuples » !!!

    Une israélienne qui fuit des poursuites pour crimes de guerre reçoit un prix allemand de la paix
    Ali Abunimah, Electronic Intifada, le 17 juin 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/06/22/une-israelienne-qui-fuit-des-crimes-de-guerre-recoit-un-prix-al

    #Palestine #Allemagne #israel #crimes_de_guerre #prix
    ================================
    377 universitaires et artistes signent leur opposition à l’usage croissant en Allemagne de critères décisionnels de nature politique dans leur champ d’expertise
    le 11 mai 2020
    https://nopoliticallitmustests.wordpress.com/plus-de-360-universitaires-et-artistes-signent-leu

    Une artiste israélienne mise en garde en Allemagne contre le soutien à BDS
    Ali Abunimah, The Electronic Intifada, le 4 octobre 2019
    https://www.aurdip.org/une-artiste-israelienne-mise-en.html

    Censure : Walid Raad se voit dénier le Prix Aachen pour ses opinions politiques
    Lunettes Rouges, Le Monde, le 2 octobre 2019
    https://www.lemonde.fr/blog/lunettesrouges/2019/10/02/censure-walid-raad-se-voit-denier-le-prix-aachen-pour-ses-opinions-politique

    German Museum Will Give Artist Walid Raad Prize Despite City’s Objection
    Hakim Bishara, Hyperallergic, le 2 octobre 2019
    https://hyperallergic.com/520414/german-museum-will-give-artist-walid-raad-prize-despite-citys-objecti

    Walid Raad Denied Art Prize for Refusing to Denounce BDS Movement
    E-Flux, le 1er octobre 2019
    https://conversations.e-flux.com/t/walid-raad-denied-art-prize-for-refusing-to-denounce-bds-movement/9426

    250 auteurs avec Kamila Shamsie, privée d’un prix pour un soutien à la Palestine
    Camille Cado, Actualitté, le 24 septembre 2019
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/250-auteurs-avec-kamila-shamsie-privee-d-un-prix-pour-un-soutien-a-la-palestine/96996

    Open Letter to the die Jury of the Nelly-Sachs-Prize
    Le 24 septembre 2019
    https://www.juedische-stimme.de/2019/09/24/open-letter-to-the-die-jury-of-the-nellie-sachs-prize

    Dénoncer les exactions d’Israël peut coûter un prix littéraire en Allemagne
    Nicolas Gary, Actualitte, le 15 septembre 2019
    http://www.france-palestine.org/Denoncer-les-exactions-d-Israel-peut-couter-un-prix-litteraire-en-

    Talib Kweli explique pourquoi il a été désinvité du festival allemand Open source
    Steve Bramucci, Uproxx.com, le 9 juillet 2019
    http://www.chroniquepalestine.com/talib-kweli-explique-pourquoi-il-a-ete-desinvite-du-festival-all

    Comment l’influence israélienne écrase la liberté d’expression en Allemagne
    Shir Hever, Middle East Eye, le 9 juillet 2019
    http://www.pourlapalestine.be/comment-linfluence-israelienne-ecrase-la-liberte-dexpression-en-alle

    Barakat en appel contre l’interdiction que lui impose l’Allemagne
    Quds News Network (Berlin), le 6 juillet 2019
    http://www.pourlapalestine.be/barakat-en-appel-contre-linterdiction-que-lui-impose-lallemagne

    Le retrait de Talib Kweli de la programmation du festival fait partie de la tendance à la censure anti-palestinienne
    Lettre ouverte de plus de 100 artistes et personnalités, dont Peter Gabriel, Naomi Klein, Judith Butler, Eve Ensler, Reem Kelani, Tariq Ali, Avi Mograbi, Eyal Sivan, Eyal Weizman, Danielle Alma Ravitzki, Aki Kaurismäki, Mike Leigh, Ken Loach, Brian Eno, Roger Waters, Robert Wyatt, Tom Morello, Thurston Moore, Boots Riley, Mark Ruffalo, Patrisse Cullors, Marc Lamont Hill, Ali Shaheed Muhammad du groupe A Tribe Called Quest, Ben UFO, The Black Madonna, The Guardian, le 2 juillet 2019
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/07/03/le-retrait-de-talib-kweli-de-la-programmation-du-festival-fait-

    L’écrivain et militant palestinien Khaled Barakat censuré et interdit de toute activité politique en Allemagne !
    Collectif Palestine Vaincra (Toulouse), le 23 juin 2019
    https://palestinevaincra.com/2019/06/lecrivain-et-militant-palestinien-khaled-barakat-censure-et-interd

    Appel à la solidarité avec l’écrivain palestinien Khaled Barakat
    Samidoun, le 27 juin 2019
    http://www.pourlapalestine.be/samidoun-lance-un-appel-a-la-solidarite-avec-lecrivain-palestinien-k

    Germany puts BDS activists on trial for disrupting Israeli MK
    Oren Ziv, +972, le 11 mars 2019
    https://972mag.com/germany-puts-pro-bds-activists-trial-disrupting-israeli-mk/140509

  • États-Unis : Google apportera les livres des bibliothèques par drone
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/etats-unis-google-apportera-les-livres-des-bibliotheques-par-drone/101213

    Franchement, drone ou bus... ce devrait pourtant être simple d’éviter la mainmise du ciel par les drones pour des activités inutiles. Le seul intérêt de Google est que le ciel ne connait pas encore d’embouteillages. Donc leur IA s’y retrouve encore.
    Autre question : l’individualisation d’un service collectif... on poursuit la route de la Silicon Valley pour laquelle n’existent que les individus, les relations un-un et les « services ». La pensée du collectif leur échappe, car elle est plus difficilement monnayable.
    C’est assez dramatique que des bibliothèques participent à cette entourloupe et servent de cheval de Troie.

    Wing, filiale du groupe Alphabet, derrière lequel on trouve la multinationale Google, assurera la livraison d’ouvrages des bibliothèques aux enfants de l’État de Virginie, dans le sud-est des États-Unis. Un service inédit dans le pays, que Wing met en place à la demande d’une bibliothécaire convaincue par ce mode de livraison : les jeunes usagers pourront ainsi commander des ouvrages tout en respectant la distanciation sociale.

    En ces temps de distanciation sociale et de mesures de sécurité liées à la crise sanitaire engendrée par le Covid-19, la solution de livraison de Wing, société sœur de Google dans le groupe Alphabet, est apparue comme une évidence pour Kelly Passek. Bibliothécaire au sein d’un établissement scolaire, elle se demandait comment assurer l’accès aux livres aux élèves en pleine pandémie.

    « Je pense que les enfants seront ravis d’être parmi les premiers dans le monde à recevoir des ouvrages de la bibliothèque par drone », s’est réjoui Kelly Passek auprès du Washington Post. Elle a littéralement milité depuis l’année dernière auprès de la société Wing pour que cette dernière accepte de prendre en charge des lots de livres : elle-même utilisatrice du service de livraison par drone pour des repas ou des biens.

    La société du groupe Alphabet a reçu l’autorisation d’effectuer des livraisons par drone dans l’État de Virginie l’année dernière, et ses machines volantes peuvent transporter des paquets pesant jusqu’à 1,5 kilo environ.

    Le nombre de commandes ne devrait pas être si élevé, puisque Passek assurera elle-même, seule, l’empaquetage des ouvrages et leur acheminement sur le lieu du décollage des drones. Les retours des ouvrages ne se feront qu’à la rentrée.

    Pour la fin de l’année scolaire, ce sont des bus qui assuraient la livraison des repas et des ouvrages nécessaires aux enfants, au cours de tournées.

    #Drones #Google #Bibliothèques

  • Domaine public, droit d’auteur : la bibliothèque Gutenberg sanctionnée en Italie
    https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/domaine-public-droit-d-auteur-la-bibliotheque-gutenberg-sanctionnee-en-italie/101207

    L’affaire prend tout de même une étrange tournure : le Projet Gutenberg, plateforme hébergée sur le territoire américain, propose depuis des années des ouvrages du domaine public numérisé. Or, fin mai, le tribunal de Rome demandait aux opérateurs de couper les accès aux citoyens d’Italie. La plus grande bibliothèque numérique, bannie de la toile italienne ?

    Incompréhensible – sauf à envisager que le procureur de Rome ne soit allé un peu vite en besogne. Depuis quelques semaines, le site Gutenberg.com, ressource précieuse aux 60.000 titres numérisés, relevant du domaine public, est inaccessible en Italie. Et tout part en effet d’une enquête menée par le procureur sur la diffusion numérique de contenus piratés.

    Une procédure rondement menée

    Ainsi que nous l’évoquions, 28 sites ont été pointés du doigt, et inscrits sur une liste noire dans le cadre de l’enquête préliminaire. Et ils ont fini par se retrouver inaccessibles depuis le territoire italien, reconnus coupables de mise à disposition d’oeuvres protégées par le droit d’auteur. Or, le Projet Gutenberg est connu de tous pour ne contenir que des ouvrages anciens, dont les auteurs sont morts depuis suffisamment longtemps pour que leurs textes soient mis en partage – sans contrevenir à aucune législation.

    Démarré en 1971 par Michael Hart, l’idée a toujours été de constituer une bibliothèque numérique d’ebooks pour « briser les barrières de l’ignorance et de l’analphabétisme ». Pas de vocation lucrative, une action menée et soutenue par des bénévoles : incompréhensible, la suite.

    Or, plusieurs questions restent en suspens : la Guardia di Finanza n’a d’autorité que sur le sol du Bel Paese. Or, les serveurs de Gutenberg sont aux États-Unis, et il n’existe pas de filiale italienne qui pourrait être confrontée. Retrouver aux côtés de sites pirates, comme downmagaz.com et pdfmagazines.club, la grande bibliothèque d’ebooks fait froid dans le dos.

    La France s’était elle-même pris les pieds dans le tapis en accusant Internet Archive de référencer de la propagande terroriste. Or, il s’avérait qu’une vidéo portant sur l’interprétation du Coran avait été prise pour cible. Regrettable, donc, et d’autant plus que les textes de Gutenberg ne sont plus protégés. Dans le cas d’Internet Archive, 550 pages avaient ainsi été désignées comme coupables – avec l’exigence d’un retrait.

    Droit d’auteur ici, domaine public là

    Dans une récente intervention, le président de l’Associazione italiana editori souligne le travail de la Guardia di Finanza « dans son action contre la diffusion non autorisée d’oeuvres sous droit ». Car l’autre option concernerait une vilaine affaire de géolocalisation : des oeuvres sous droit en Italie peuvent avoir accédé au domaine public aux États-Unis.

    On comprendrait mieux la position des éditeurs italiens – nous avons sollicité l’AIE sur plusieurs points – en prenant en compte des disparités légales sur le domaine public. De fait, à l’instar du Petit Prince, gratuit sur tous les territoires francophones, sauf la France, l’oeuvre de Saint-Exupery s’achète, en numérique : en Belgique, au Québec, ou ailleurs, elle se télécharge sans retenue.

    Et les plateformes qui proposent l’oeuvre soulignent la plupart du temps qu’il importe de vérifier si la législation locale autorise ce téléchargement – autrement dit, on peut être dans la légalité outre-Quiévrain, et pirate à Marseille… La théorie se retrouve dans La Reppublica, qui cite Maurizio Codogno, porte-parole de Wikimedia Italia.

    Selon lui, les autres plateformes mises en cause par le procureur de Rome – même Telegram – finiront par trouver un autre nom et s’en sortiront : Gutenberg, en revanche, finirait par être seul à subir les conséquences de cette situation – d’autant que tous les autres ont un intérêt réel, parce qu’économique, à partager des contenus piratés.

    “Une mesure disproportionnée”

    En Italie comme en France, le domaine public intervient 70 ans après la mort de l’auteur : en parcourant la liste des titres de Gutenberg, on retrouve Aldo Palazzeschi, mort en 1974. Or, en vertu du droit américain, son oeuvre est dans le domaine public, quand elle n’y entrera qu’en 2044 pour les Italiens. Et ainsi de suite, plusieurs exemples montrent que la réalité légale est complexe.

    Or, Gutenberg connaît bien ce problème : en 2018, il fut condamné en Allemagne à bloquer tout accès à son site, suite à un procès intenté par un éditeur en 2015. Il s’agissait du téléchargement autorisé de 18 oeuvres de Thomas Mann, empêtré dans la même tempête juridique de droits ou de domaine public.

    Sauf que le cas italien est encore plus complexe : il n’y a ni plainte ni doléance de la part d’éditeurs. Et les titres qui entreraient en violation du DA n’ont pas même été identifiés. Giovanni Battista Gallus, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, le souligne : « Rendre l’ensemble du site totalement inaccessible, pour une violation présumée, est une mesure disproportionnée. »

    Les commentaires du président de l’AIE confirmeraient d’ailleurs ce malentendu global : « Les règles européennes sur le droit d’auteur sont de nature à offrir des garanties à toutes les parties concernées. La loi existe, elle doit être respectée. Cela vaut également pour un site connu et apprécié comme Gutenberg.org. »

    Car il suffirait en effet d’introduire quelques restrictions géolocalisées, pour ne plus avoir à se plaindre. Si tant est qu’il y ait une plainte.

    #Domaine_public #Projet_Gutenberg #Italie #Copyright_madness

  • “Ce qui dépend de nous” : Appel de 118 éditeurs indépendants à leur public
    https://www.actualitte.com/article/tribunes/ce-qui-depend-de-nous-appel-de-118-editeurs-independants-a-leur-public/100652

    Des déséquilibres au cœur du système

    Depuis des années, la vitalité de l’édition française a pris le visage d’une surabondance heureuse et insouciante, matérialisée par une offre pléthorique prétendument désirée et sans cesse renouvelée. Hélas, la situation cache une tout autre réalité : une surproduction, néfaste pour l’environnement et qui inonde les librairies, noie une production éditoriale de qualité, plus audacieuse, mais moins visible, écourte toujours plus la vie des livres, intensifie les retours et le pilonnage des ouvrages non vendus, et accentue finalement la précarité des artistes.

    Cette surproduction profite aux grands groupes d’édition et de distribution quand son coût pèse injustement sur les maisons d’édition indépendantes que la crise actuelle écrase un peu plus encore, faute pour elles de disposer de réserves en trésorerie.

    Dans les mois qui viennent, malgré les mesures d’urgence proposées par la puissance publique, l’édition indépendante payera un lourd tribut à la crise si rien d’autre n’est fait. Le paysage de l’édition française s’en trouvera arasé, appauvri. La création perdra un bastion, la diversité un éminent représentant, la librairie indépendante un supplément d’âme, les bibliothèques et événements littéraires un terreau fertile, les lecteur·rices mille occasions de découverte, de réflexion et de bonheur.

    #Edition #Edition_indépendante

  • Éditer (modestement) dans la tourmente
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/quel-avenir-a-l-industrie-le-capitalisme-n-anticipe-rien-il-detruit-tout

    Ce texte, Éditer (modestement) dans la tourmente, est diffusé gracieusement – défense de le modifier cependant ! Il « brasse des questions relatives à l’édition et à la chaîne du livre, contextualisée, mais pas exclusivement », nous indiquent ses auteurs. Mais le panorama, lucide, juste, importe moins que le mordant du propos.

    Après tout, en période de crise, on a moins de pudeur et de réserve : la parole devient plus franche. Ce texte le démontre. D’abord, parce que la maison se défie de « l’aumône faustienne des pouvoirs publics ». Et qu’après une vingtaine de pages de ce manifeste, hautement politique, hautement humain, on se rend compte qu’il existe bien deux éditions.

    Celle, industrialisée, capable de dire des libraires qu’ils sont le maillon faible – celui-là même que dans une célèbre émission d’abrutissement télévisuel, on excluait ipso facto ? – et une autre, qui a gardé un lien avec les réalités.

    #édition #livre #covid19

  • Académie française : lutter contre le Covid en supprimant les consonnes
    https://www.actualitte.com/article/zone-51/academie-francaise-lutter-contre-le-covid-en-supprimant-les-consonnes/100544

    En effet, « la propagation du coronavirus se fait principalement par l’intermédiaire des "postillons" ». Donc, c’est contre la propagation et diffusion de ces microgouttelettes qu’il faut lutter. Et en la matière, seuls des spécialistes du langage peuvent intervenir au mieux. Ils ont constaté que les voyelles n’avaient aucune incidence alors que la moitié des consonnes peut être tenue pour responsable, durant une conversation, de toute projection de microgouttelettes.

    COVID-19 : pagaille à l’Académie française

    Il conviendra donc, dans les prochaines semaines, de suivre un plan en quatre étapes, aboutissant à la disparition dans le langage, et progressivement, des consonnes impliquant les sonorités occlusives, liées à la projection de postillons. Voici le plan, exécutable avant le 11 mai… et que l’on aurait, avec ou sans masque, très bien pu instaurer dans l’Hexagone lors des prémices de la pandémie…

    Semaine 1
    Suppression des occlusives labiales : P et B, au mforit de la nasale M.
    Conséquence : mrès de soixante-dix mour cents des mostillons sont éliminés, et de mlus, on meut constater qu’ainsi la diction gagne meaucoup en soumlesse.

  • Le secret découvert de l’encre bleue des moines copistes
    https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/le-secret-decouvert-de-l-encre-bleue-de-moines-copistes/100377 ?

    Pendant des siècles, le folium a servi à colorer des scènes de la bible. Avec l’indigo il était l’une des principales sources d’encre bleue pour les manuscrits médiévaux. Ces encres étaient utilisées sur tout le continent, trempées dans de petits rectangles de lin, puis expédiées dans des ateliers à travers l’Europe. Elles étaient alors utilisées à des fins diverses, des livres aux vêtements.

    Cependant avec l’apparition de l’imprimerie et le déclin inévitable des manuscrits la méthode d’extraction originale du folium est tombée dans l’oubli. Alors que l’on savait depuis longtemps que la Chrozophora tinctoria était à la source de l’encre, la façon dont le folium était synthétisé à l’époque échappait à la science moderne.

    S’appuyant principalement sur un guide de fabrication des peintures du XVe siècle, une équipe de chercheurs portugais a réussi à ressusciter le procédé. L’équipe s’est aventurée dans la ville méridionale de Monsaraz pour récolter les fruits conformément aux instructions du manuscrit. Et s’est attelée à une récolte à main des baies en question, pour valider ses théories.

    L’étude se trouve là : https://advances.sciencemag.org/content/6/16/eaaz7772

    #moines_copistes #folium

  • Bruno Le Maire, La Poste et les livres : enfin, tourner la page ?
    https://www.actualitte.com/article/tribunes/bruno-le-maire-la-poste-et-les-livres-enfin-tourner-la-page/100405?origin=newsletter

    Pour sûr, baisser les prix de La Poste serait plus efficace que toutes les aides directes versées aux copains (les éditeurs indépendants n’entrent jamais dans les bonnes cases prévues par les réunions entre gens de bien). Mais ce serait une « politique industrielle » et non des arrangements avec les règles de la subvention publique. Très difficile une « politique industrielle » quand on vient de quarante ans de néolibéralisme.

    Savez-vous, monsieur le Ministre, que pour envoyer par La Poste un livre de 250 pages (qui pèse environ 300 g), il en coûte 5,83 € en lettre verte, soit plus d’un quart du prix du livre (sauf à le vendre à un tarif indécent) ? Savez-vous que pour envoyer un livre qui dépasse 3 cm d’épaisseur, il faut le faire par Colissimo, au prix de 7,14 € HT ? Et ces tarifs augmentent chaque année, alors que le prix du livre, lui, est fixe. Savez-vous que ces frais d’envoi ne peuvent pas être répercutés par le libraire sur les lecteurs ? Pensez-vous que nous, éditeurs, puissions prendre à notre charge de telles sommes ? Pensez-vous que les libraires puissent prendre à leur charge de telles sommes ?

    Non, bien sûr. En tant que ministre de l’Économie et des Finances, vos relations avec La Poste sont étroites. Si vous voulez nous aider, aider la diffusion du livre en France et dans les territoires d’outre-mer, si vous voulez cultiver la bibliodiversité, alors plaidez notre cause auprès de La Poste pour que les tarifs préférentiels, jusque-là réservés à la presse, s’appliquent au secteur du livre. »


    Il ne s’agit pas seulement de relancer la chaîne du livre, mais aussi de s’assurer de sa pérennité, en tenant compte des besoins réels des petites maisons d’édition (moins de 10 parutions par an), éternelles oubliées du secteur et au chiffre d’affaires trop bas pour bénéficier des aides mises en place. Et quoi de mieux, pour aider les librairies, que de faire en sorte qu’elles puissent proposer à leur clientèle une offre riche et variée, cette bibliodiversité qui garantit l’exception culturelle française dont nous nous enorgueillissons tous ?

    Je vous prie de croire, monsieur le Ministre, en l’expression de ma considération.

    Pascale Goze
    Secrétaire générale de l’autre LIVRE, association internationale des éditeurs indépendants

    #La_Poste #Edition