Vacarme

http://www.vacarme.org

  • Contrôles aux frontières de l’Europe

    Apparue dans l’actualité à travers les opérations d’interception de migrants venus des rives sud de la Méditerranée, #Frontex est une agence européenne méconnue. Entre police des frontières et organe de coordination et de surveillance au service des États, elle exemplifie la manière dont l’espace Schengen s’est doublé d’une zone de contrôle extérieure à l’Union aux fondements juridiques plus qu’incertains.

    http://www.laviedesidees.fr/Controles-aux-frontieres-de-l-Europe.html
    #asile #migrations #réfugiés #frontières #contrôles_frontaliers

    Article de 2012, pour archivage...

    • Frontex, la petite muette

      Le projet européen a pu apparaître comme un rempart aux excès sécuritaires et xénophobes des politiques nationales. Pourtant, en matière d’immigration, le processus d’élaboration de règles communes se caractérise par un nivellement par le bas : fermeture des frontières, criminalisation de l’immigration, application restrictive du droit d’asile. Depuis 2004, l’Union s’est d’ailleurs dotée d’un bras armé pour exécuter ses basses œuvres en matière de répression des migrants aux frontières : l’agence Frontex.

      http://www.vacarme.org/article2015.html

      Encore un texte pour archivage, celui-ci date de 2011...

  • Privés de langue - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Prives-de-langue
    Je suis dégoûtée : je croyais que cette connerie de les empêcher d’accéder à la #langue des signes était terminée !

    Résultat : aujourd’hui, 80 % de #Sourds seraient illettrés et 30 % au chômage, ceux qui travaillent ayant généralement des emplois peu stables et mal rémunérés. Le problème commence dès la prime enfance. Aucun espace pour se rencontrer, esquisser des échanges langagiers et ainsi se construire cognitivement, intellectuellement et socialement n’est à leur disposition dans le monde entendant, alors que c’est ainsi qu’ils entreront dans la langue, pour ensuite être en mesure d’apprendre le français, les maths ou la géographie. 90 % des enfants Sourds naissent de parents entendants, et une fois le diagnostic de la surdité posé, médecins, orthophonistes et professionnels de la pédagogie leur martèlent qu’ils doivent s’empêcher de toute #gestualité dans la #communication avec leur enfant, sinon celui-ci sera à tout jamais perdu pour l’apprentissage oral du français, compétence érigée en condition sine qua non à l’accès à d’autres savoirs et à une vie « normale ».

    #discrimination

  • Après la révolution, qui ramassera les poubelles ? - Vacarme
    http://www.vacarme.org/article2085.html

    En 1991, la critique d’art américaine Lucy R. Lippard avait nommé Mierle Laderman Ukeles matriarche des Garbage Girls, mouvement réunissant des artistes fascinées par les déchets et les décharges. Elle est en effet une référence incontestée mais reste trop peu connue malgré quarante ans de pratique artistique militante dans le domaine du féminisme et de l’écologie. Deux entretiens conduits en 2006 et 2007, l’un à propos de son approche féministe et l’autre à propos de l’efficience de son art, ont confirmé la nécessité d’interroger ses œuvres à l’aune de leur responsabilité sociale, écologique et politique.

    #éboueur #performance

  • Des enfants de 5 à 13 ans saccagent une école maternelle à Melun
    http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/des-enfants-de-5-a-12-ans-saccagent-une-ecole-maternelle-a-melun_102612

    22 enfants (belle organisation !) qui espèrent aller à l’école pendant les vacances, mais l’école est fermée. Comme dans un lieu interdit et sans adultes, ça a du être le gros délire. Ils ne doivent pas savoir pourquoi ils y vont 10 mois par an avec obligation de se taire. Et personne ne doit se soucier vraiment de leur expliquer.

    #école #enfants #détruire_l'école

    • Bon, y a prescription, mais quand j’étais au collège, ivre d’esprit de meute, j’avais participé au saccage de la salle de dessin. On n’a jamais été chopées, mais j’en ai gardé une honte durable et une profonde méfiance pour les mouvements de foule.

      Le truc important, pour moi, c’est que c’était un jeu d’andouilles désœuvrées, pas un acte de vandalisme délibéré (dans le sens de faire du mal) ou l’antichambre de la délinquance.

      Le fait qu’il n’y a pas eu de sanction n’a pas empêché la prise de conscience de la laideur et de la nuisance de l’acte. Et ça n’a pas fait de nous de la graine de voyoutes.

      Ce qui me semble important, en tout cas dans l’histoire de mon saccage, c’est surtout qu’on n’avait absolument rien de mieux à faire, mais je ne pense pas que c’est sous cet angle que l’affaire va être prise : le fait que les gosses étaient coincés dans leur cité en pleines vacances et qu’ils n’avaient visiblement rien de plus intéressant à faire que d’aller à l’école...

    • c’est mon école maternelle... juste à côté de mon école primaire. En 20 ans j’ai vu la misère grandir. Les instits de l’école primaire sont déséspérés et ne savent plus quoi faire pour essayer d’en faire sortir quelqu’uns. Et la Mairie avec son « plan de rénovation urbaine » a détruit des tas de logement, dont on attend tjr la reconstruction.... misère....

    • Contre-champs. La grève des écoliers, Danièle Rancière
      http://www.vacarme.org/article1282.html

      Publié, en 1976, dans la revue #les_révoltes_logiques, ce texte traite d’une lutte ancienne, mineure et ephémère, oubliée parce que la #mémoire_ouvrière ne pouvait en tirer ni levier, ni emblème. Il traite aussi de la manière dont, huit ans après mai 68, les souvenirs des mouvements lycéens et étudiants s’effaçaient un peu plus à chaque rentrée scolaire. Qu’est-ce qu’une #grève qui fait date ? Et que faire des autres, quand la grande histoire fait défaut ?

    • @monolecte où sont encore les espaces libres, celui des enfants entre autres pour expérimenter voire faire des conneries semble avoir disparu, parce que cela apprend à agir de façon autonome avec son propre imaginaire. Sauf que ces espaces n’existent physiquement plus, j’en cite quelques uns, en campagne ou en ville : granges à foins, champs, forêts, terrains vagues, lieux abandonnées, cimetière la nuit, squares sans grille. La ville est désormais civilisée, c-a-d codifiée d’interdits (mobilier urbain, sécurité etc) et sans surprise, bref, quadrillée de non-droits, dont celui d’aller et venir librement (qui était inscrit dans la constitution). On comprend parfaitement qu’on s’y emmerde quand on est enfant, d’autant plus quand ce sont les vacances et que le manque de moyen ne permet pas d’avoir une activité. Je me souviens à un anniversaire de gamins de 6-10 ans qui ont sauté le mur du cimetière un soir à la fermeture pour se faire une balade, tous les parents ont du aller les chercher au commissariat, les flics les avaient terroriser comme s’ils avaient été des criminels.
      Donc, on fait d’une aventure sans conséquence grave la une des journaux, les enfants sont éminemment et heureusement les nouveaux perturbateurs, et on en fait des terroristes …
      Bon, c’est toujours cette histoire d’étau, ou l’on ne parle jamais que de la violence du fleuve en oubliant les rives qui l’enserrent.

    • Comportement des enfants : quelle est la place, quel est le rôle des familles dans cette histoire ?
      Vu le reportage au JT hier soir. L’adjointe au maire parle de dialogues avec les familles justement. C’est mieux que rien, mieux que la « tolérance zéro » mais ça ne résoudra pas tout.
      En vacances, les gosses s’emmerdent. Surtout s’ils habitent dans un ilot de béton surchauffé d’une zone péri-urbaine.

      #relégation

  • Pour une approche matérialiste de la question raciale. Une réponse aux Indigènes de la République
    http://www.vacarme.org/article2778.html

    Les Indigènes de la République ont contribué à rendre visible un racisme de gauche, appuyé sur le racisme intégral consubstantiel à la société française, mais seraient-ils prisonniers de ces enjeux ? Une analyse systématique des champs de force qui s’exercent sur les plus précarisés permet de sortir de l’ornière : une critique conséquente de l’invisibilisation des questions raciales et de genre, échappant au grand jeu identitaire de l’extrême droite, ancrée dans la critique de l’économie politique.

    Lire aussi l’entretien que nous a accordé Houria Bouteldja dans le numéro 71 (printemps), « Revendiquer un monde décolonial »
    http://www.vacarme.org/article2738.html

    Le Parti des indigènes de la République, a adopté depuis longtemps un objectif de dénonciation de la racisation opérée en France. Il clive la gauche antiraciste. Notre sentiment est qu’il convient d’éclaircir la connaissance de cette formation à un moment où ses positions politiques heurtent notre logique aussi bien tactique que stratégique face à la montée des périls : puissance de l’extrême droite, de l’intégrisme identitaire et religieux, de l’antisémitisme et de l’islamophobie. Il nous semble dans ce contexte d’autant plus important d’être capable de nous parler, ne serait-ce que pour que chacun sache à qui il parle et mesurer les profonds désaccords qui nous séparent, certains irréconciliables, d’autres non.

    • Vacarme critique les Indigènes : la faillite du matérialisme abstrait
      http://indigenes-republique.fr/vacarme-critique-les-indigenes-la-faillite-du-materialisme-abst

      Le trio adopte l’idée anticapitaliste la plus classique selon laquelle le capitalisme aurait entraîné, au gré des besoins de l’accumulation, divers processus de racialisation (je ne m’attarderai pas sur sa tendance à appuyer lourdement sur l’origine sociale de la race comme sur une trouvaille brillante – dans un débat sur le PIR cela revient, en termes de pertinence, à rappeler que l’eau mouille ou que le soleil chauffe). Or il n’est pas absurde, dans une perspective décoloniale, de formuler exactement l’hypothèse inverse : c’est le capitalisme qui naît du racisme . J’ai évoqué plus haut la conquête des Amériques. L’étape historique suivante, celle de la traite transatlantique, est ici décisive. Ce ne sont pas de nébuleuses « dynamiques actuelles » qui lient le racisme aux échanges économiques globaux : il en va ainsi depuis le XVIe siècle ! Les remarques de CLR James selon lesquelles les plantations de la Caraïbe préfigurent les usines de l’ère industrielle sont aujourd’hui bien connues. L’historien Marcus Rediker va plus loin encore dans ses recherches sur le navire négrier qui, selon lui, fut « l’élément central d’un ensemble de bouleversements économiques profonds et interdépendants qui furent essentiels à l’essor du capitalisme »[5]. En effet, le négrier, liant intimement accumulation et répression, était à la fois une factory, c’est-à-dire un établissement commercial itinérant, et la première forme de prison moderne, en un temps où elle n’existait pas encore sur la terre ferme.

    • La philosophie des Indigènes cherche à s’épargner deux écueils, qui prennent la forme de deux injonctions. D’un côté, l’alliance de la contrainte et de l’essence (« Reste ce que tu es ! »), et de l’autre la contrainte d’être sans essence (« Deviens rien ! »). Le #PIR envisage une essence sans contrainte, c’est-à-dire la reconnaissance des attachements, des croyances dans lesquelles sont pris les individus et les groupes, la finitude de leur mémoire. Mais aussi la connaissance du fait que ces attachements eux-mêmes peuvent devenir mortifères, et ne méritent jamais d’être pris pour des fins en soi. Les temps, les circonstances changent, et il peut être nécessaire de se détacher, d’abandonner ce qu’autrefois l’on a cru ; mais il n’y a pas de révolution mémorielle. La transformation est possible, pas le devenir rien. Frantz Fanon comparait ce processus à l’émergence de la maturité. L’adolescent rêve d’échapper à toutes les règles, de tout tenir de lui-même. Mais l’erreur serait de s’imaginer, au contraire, que devenir adulte revient à suivre des règles définies, à savoir se conformer. En vérité, être adulte c’est connaître son héritage, mais savoir qu’il est possible de le trahir, c’est-à-dire d’enfreindre les règles pour en établir de nouvelles, pour faire advenir le mieux. Faire vivre son essence, c’est-à-dire sa mémoire, sans jamais en être l’esclave, voilà une position #décoloniale. La politique indigène, comme le souligne Sadri Khiari, ne vise pas l’homogénéité [21].

      Ce passage me rappelle l’ouverture du chantier #race du numéro 71, « la race n’existe pas, mais elle tue »
      http://www.vacarme.org/article2736.html

      Autre passage :

      Cette gauche-là hait le PIR parce qu’il existe. Sa rancune ne procède pas du mal qu’il lui fait, mais elle ne lui pardonne pas de ne pas lui vouer l’admiration qui lui fait tant défaut. Sa pratique religieuse et incantatoire de la politique se trouvant dans l’impasse, elle cherche des coupables. Or son erreur est d’avoir pris ses principes, sa morale généreuse, fondée sur la défense de tous les opprimés en vrac (prolos, femmes, homos, indigènes, etc.), pour une perspective et un projet politique. Cet idéalisme s’étant révélé impraticable sur le terrain, ceux qui le prônent en sont réduits à persifler sur quiconque privilégie la cohérence plutôt que l’orgueil. Cette frange de la gauche française crache sur le PIR comme elle retweet sur Podemos : pour oublier qu’elle ne peut pas. Au lieu de faire des Indigènes l’objet de sa colère, elle devrait chercher les causes de sa propre impuissance.

      Je ne sais pas si @Vacarme est cette « gauche qui hait le PIR » : les auteures de la réponse controversée ne sont pas membres du CR, et tout commence tout de même par un long entretien avec l’une de ses porte-paroles (histoire de nuancer l’accusation faite de "verrouiller le débat")… mais en tout cas, spécialiste de l’impuissance politique, c’est très clair !

      Cf. « Yes we can’t »
      http://www.vacarme.org/article2275.html

      cc @pguilli @caroiza @vally @baroug

  • Du vieux et du très bon, de Matthieu Potte-Bonneville recensant Deux siècles de rhétorique réactionnaire de Hirschmann.
    Puissamment applicable aux débats sur la réforme du collège (entre autres)

    perversity, futility, jeopardy - Vacarme
    http://www.vacarme.org/article274.html

    Le schéma du livre est d’une simplicité puissante et comique. Admettons qu’il y ait eu trois stades dans la constitution de la citoyenneté moderne : droits civils (bill of rights), droits politiques (suffrage universel), droits sociaux (welfare, affirmative action). L’adjectif « réactionnaire » qualifiera alors, non la défense de telle ou telle position précise, mais l’hostilité qui double chacun des moments de ce processus. À proprement parler, donc, le réactionnaire ne défend rien, pas même le retour à un état antérieur de la société ; il réagit, et sa nostalgie éventuelle viendra par-après donner un contenu à cette forme a priori. La réaction fait à ce compte partie de l’événement qu’elle conteste ; par exemple, la pensée contre-révolutionnaire n’est pas un prolongement de la pensée pré-révolutionnaire, mais une composante de l’événement « révolution » - même si, évidemment, elle peut en inverser violemment le cours : ce pourquoi (l’auteur cite Whitehead) « les grands progrès de la civilisation sont des processus qui conduisent presque à leur perte les sociétés où ils se produisent ».

    Pour ce qui nous concerne, retenons que la pensée réactionnaire a pour caractéristique de ne jamais pouvoir s’opposer de front, et depuis une autre place, aux positions qu’elle récuse, puisqu’elle en dépend substantiellement. Ce que Hirschmann nomme « rhétorique réactionnaire », c’est alors l’ensemble des moyens destinés à tourner cette difficulté : moyens finalement peu nombreux, et répétés avec une régularité troublante de De Maistre à Hayek. L’auteur en dénombre trois - comptine que le français traduit lourdement par : effet pervers, inanité, mise en péril.

    #réaction #réforme #hischmann #Potte-Bonneville #collège

  • Schengen ou le désordre des causes via @Vacarme
    http://www.vacarme.org/article19.html

    Les frontières n’ont donc pas disparu : elles s’attachent désormais, transformées, dispersées et mobiles, à nos corps mêmes. Dans cette nouvelle topographie de la souveraineté, l’identification de provenance (rôle traditionnel des douanes) et le contrôle d’#identité (prérogative séculaire des polices) ne font qu’un, contaminés l’un par l’autre : on sait d’où vous venez aux papiers que vous présentez, ou ne présentez pas ; on sait d’où vous êtes au mat de vos teints ou au tissu de vos habits. L’école républicaine nous disait que la #frontière est une affaire de cartes : carte géographique et carte d’identité. Eh bien non. La frontière, aujourd’hui, c’est une affaire de corps : corps de métier et couleur de peau. Dans le nouveau régime de la souveraineté, la ligne bleue des Vosges a laissé place au corps suspect des gens. La frontière, aujourd’hui, c’est nous.

    Je lis ce texte après avoir vu la dernière vidéo de #propagande de l’#OEI avec les trois français, dans laquelle on peut voir :

    Enquête sur une vidéo où trois Français appellent au djihad
    http://www.lemonde.fr/international/article/2014/11/20/enquete-sur-une-video-ou-trois-francais-appellent-au-djihad_4526805_3210.htm

    Au lendemain de la diffusion de cette vidéo de sept minutes sur des forums Internet djihadistes, le parquet de Paris a annoncé, jeudi 20 novembre, l’ouverture d’une enquête pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », « détention d’arme en relation avec une entreprise terroriste » et « provocation à des actes de terrorisme en utilisant des services de #communication », une qualification créée par la nouvelle loi antiterroriste du 13 novembre. Les investigations ont été confiées à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

    Vidéo visible là : https://ia601509.us.archive.org/31/items/french_1436/What_are_you_waiting_for.mp4

    Ca ne vous rappelle rien ?! (barbu aussi, @chirine) :

  • Iran - Élections présidentielles de 2009 et de 2013, la trame invisible
    http://www.vacarme.org/article2699.html

    par Marie Ladier-Fouladi Sous le voile des élections, la démocratie se meurt depuis longtemps en Iran. Attendues et investies par le peuple iranien, les élections organisées sans véritables libertés publiques ne consacrent pas la souveraineté populaire, elles y font croire. Derniers raffinement de la tyrannie, elles continuent de trahir constitutionnellement les espérances révolutionnaires et les oppositions démocratiques. Qui peut encore croire à ce fétiche électoral ? (...) Source : Vacarme

  • Ayn Rand’s Continued Influence Adds a Bizarre Twist to Conservative Politics | Alternet
    http://www.alternet.org/ayn-rands-continued-influence-adds-bizarre-twist-conservative-politics?aki
    October 3, 2014 |

    Start-ups and People as Corporations

    None should be surprised that Wall Street investors seized upon Rand’s muscular view of capitalism as a sort of intellectual codex to Gordon Gecko-ism. Rand fetishized greed, né self-interest, as not only a beneficent aspect of human nature but a catalyzing moral force. If you weren’t reading carefully—and accounts of the derivative markets and bank leveraging suggests nobody was doing anything carefully—you could easily take from Rand’s works a near-religious imperative to grab as much money as possible without regard to consequences.

    But Rand resonated even more deeply among a different style of businessmen. Oliver’s show chose early dot-com mogul Marc Cuban as the modern Randian; counted with him are tech figures and venture capitalists like PayPal founder Peter Thiel, Uber founder Travis Kalanick, Union Square Ventures’ Fred Wilson, Foundry Group’s Brad Feld, and more.

    Start-up figures wear their libertarianism like their hoodies, but there’s a reason they hat-tip Rand above anybody. Here Jennifer Burns’ biography Goddess of the Market is instructive in its reading of Atlas Shrugged. Burns distinguished in Rand’s view the capitalist—who could be as bland a conformist as could a Bolshevik—from the entrepreneur, who was creativity incarnate. Never an economist, Rand developed instead a metaphysical theory of capitalism in which industry became the incorporated expression of the individual will. Objectivism was less about the rational distribution of resources or allocation of profits than it was a vision of how the economy and the human will realized each other.

    The belief that entrepreneurs are a fusion of personal and economic invention is not an idea exclusive to Rand, though she certainly invoked Edison and the Wright brothers as examples of her self-made, and self-making, supermen; it was Rand’s elaboration of the corporation as a cathectic object, through which the energy of the individual is projected and embodied, that made it hers.

    • Cf. aussi

      http://www.vacarme.org/article2167.html

      La pensée d’Ayn Rand, pour le dire vite et sans même considérer ce qu’on peut lui reprocher sur le fond, n’est pas renversante. L’objectivisme qui a pour axiome fondateur « l’existence existe », affirme par là même l’existence d’une réalité indépendamment de toute perception, et se définit comme une confiance absolue dans la raison, qui doit guider nos vies. Or la raison enjoint à rechercher l’épanouissement des qualités individuelles (au mépris souvent des conventions de la société). Et bien sûr, le modèle politique permettant l’épanouissement des qualités individuelles est celui le moins contraignant, à savoir le capitalisme le plus libre possible. Il y a bien chez Ayn Rand une ambition métaphysique, mais ce sont surtout les pans éthiques et politiques de sa « philosophie » qui vont assurer sa postérité. Une des raisons à cela est don-née par Greenspan quand il explique en 2007 : « Elle m’a montré que le capitalisme n’est pas seulement efficace, mais aussi moral ». Et cette morale, c’est la fiction qui la met en scène.

      Le capitalisme tel que le conçoit Ayn Rand est un extraordinaire canevas narratif. Prenons Atlas Shrugged, considéré comme son chef d’œuvre, en tout cas l’ouvrage où se déploie le plus complète-ment sa pensée. L’argument : en Amérique, à une époque qui ressemble fort aux années 1950, les hommes et femmes les plus productifs, les plus entreprenants, se voyant empêchés d’atteindre leur but (à savoir entreprendre, inventer, créer, produire et devenir riches), décident de faire la grève. Les uns après les autres, ils sabotent leurs entreprises et se retirent dans un lieu caché, où ils recréent une communauté parfaite ; c’est-à-dire, au sens où l’entend Ayn Rand, une société de propriétaires, où le travail est la valeur fondamentale, où s’épanouissent sans frein la compétence et l’invention, où tout est monnayable. Atlas Shrugged est donc, littérale-ment, une utopie de droite.

  • Objectif : Mille voix pour les Sans-Voix
    http://www.vacarme.org/article2590.html

    Les #élections municipales approchent et ceux qui ne voteront pas sont toujours les mêmes : les prisonniers, les enfermés et les étrangers. Ceux-la sont les sans-voix d’aujourd’hui. Mais leur silence ne cesse de se convertir en puissance. Du moins c’est ce que nous désirons. Au moyen de l’action.

    La liste des sans-voix du 18e actualise une vieille jeune lutte romantique pour l’extension du suffrage. Accompagnons-les. Leur combat fut, est, et sera toujours le notre, nous, les ouvriers qui ne votaient pas et nous, les femmes qui ne votaient pas.

    Appel à voter :
    http://sansvoix-paris18.fr

    Bulletin :
    http://www.vacarme.org/IMG/pdf/bulletin-liste-sans-voix-1.pdf

    Dans Vacarme, relire aussi le Manifeste :
    Quand il fait froid, il faut mettre…
    http://www.vacarme.org/article2243.html
    Ou comment devenir français pour obtenir le droit de voter.
    @Artemis1

  • l’anti-recette des biens communs
    Vacarme
    par Laurence Duchêne, Paul Guillibert, Thibault Henneton, Gaëlle Krikorian & Sophie Wahnich
    http://www.vacarme.org/article2236.html

    L’État ? Le marché ? – ni l’un ni l’autre. L’un comme l’autre ne sont que des ingrédients secondaires. L’horizon dessiné par les biens communs nous propose autre chose qu’une nostalgie de l’État-providence, mais il ne nous remet pas aux mains du marché. Les communs ne supposent pas l’existence d’un intérêt général premier qu’une puissance supérieure, l’État, aurait en charge de réaliser. L’intérêt commun ne préexiste pas ; il émerge dans sa radicalité par les pratiques de décision et de gestion collectives.

  • Impuissance

    Vu qu’on cause pas mal de #nihilisme et d’#impuissance, notamment par ici : http://seenthis.net/messages/151061 je ne saurais trop recommander la lecture du dernier #Vacarme :

    Vacarme / Yes, we can’t
    http://www.vacarme.org/article2275.html

    Parions ceci : rarement on a ressenti un sentiment aussi désolant d’impuissance politique et personnelle qu’aujourd’hui. Généralement lorsqu’on agit, on méprise ce genre d’états d’âme. « Le Seigneur se moque bien de vos petits scrupules », rappelait saint François de Sales aux conventuelles dont il avait la charge. Plainte narcissique de petits-bourgeois qui n’agissent pas, ne militent pas, ne créent pas, ne manqueront pas de rétorquer certains. Peut-être que non. Parions que notre actuel sentiment d’impuissance a un peu plus de consistance.

    Pour mettre des mots sur cette sensation confuse mais partagée par un grand nombre me semble-t-il... (dont moi)

    • A lire et relire calmement : mais oui faut être lucide, l’impuissance est réelle. Le nier confère au déni.

      Le système capitalisme sous son lifting néolibéral a repris le contrôle total du monde, partiellement relâché après 39-45 sous le double effet de la guerre-froide et de sa mauvaise conscience, et aujourd’hui il n’a plus de contre-pouvoir.
      Ce système là a érigé le rapport de force en loi, il légitime la puissance des uns et l’impuissance des autres.

      On peut se casser les dents, je ne vois que deux issues possibles :
      – la catastrophe, le krash humain (une réédition de 39-45),
      – ou bien la « mutation » de l’idéologie dominante, dans un miraculeux instinct de survie, qui déclarerait illégitime toute forme de domination et de prédation de l’humain sur ses congénères.

      Ensuite, et le débat risque d’être vif, personnellement je vise la seconde hypothèse, même si plus improbable, et je considère que l’approche révolutionnaire, vu l’état « intellectuel » de la population, vu la réalité du rapport de force, ça risque de nous précipiter vers le krash humain, sans garantie de progrès derrière...
      La mutation de l’idéologie dominante, elle peut se faire si l’idéologie minoritaire arrive à diffuser suffisamment, dans le monde réel, pour contrecarrer son invisibilité (ou sa marginalisation) dans les médias. Il faut pas grand chose pour convaincre nos proches, mais faut un minimum de ténacité, et de diplomatie.
      Ensuite exploiter les évènements, fédérer autour de soi, ça peut faire cristalliser cette mutation, et pour les récalcitrants, la pression de conformité fera le reste. Quand le vent aura tourné, tout le monde se remettra dans le bon sens...
      Je crois que c’est ça la clé : ne pas se décourager, continuer à s’investir dans des projets fédérateurs, continuer à démonter les arguments de l’idéologie dominante pour protéger nos pairs, mais ne pas s’épuiser dans les querelles stériles fratricides ou partisanes...

  • Quand les malades investissent les rues de Bâle
    http://www.vacarme.org/article2260.html

    Le 1er avril 2013, le géant pharmaceutique Novartis est défait dans sa bataille judiciaire contre l’Inde. Avec ce jugement, la production de médicaments génériques dans le pays est durablement préservée. La presse suisse parle d’une « grosse claque » pour le laboratoire. L’humiliation est d’autant plus grande que les activistes ont réussi à porter le combat pour l’accès aux traitements des malades du Sud dans les rues de la capitale mondiale de l’industrie pharmaceutique : Bâle. Ils nous racontent la (...)

  • Yes, we can’t - Vacarme
    Auto-analyse d’une impuissance politique @vacarme
    http://www.vacarme.org/article2275.html

    Certes, après un an de #socialistes au pouvoir, c’est-à-dire après un an de reniements et d’abandons attendus par les cyniques et craints par les naïfs, c’est un peu normal : la #droite c’est l’#impuissance imposée dans nos crânes à coup de gourdin, la #gauche c’est l’impuissance intériorisée dans nos âmes à coup de renoncements. Mais il y a plus. Il y a l’impuissance érigée par les gouvernants de tous bords en stratégie de gouvernement. Il y a l’impuissance théorique ou idéologique née de la désertion sans précédent du champ de l’alternative politique sérieuse, voire de la croyance dans l’action #politique tout court. Et il y a encore l’impuissance produite par les nouvelles technologies du pouvoir — le chômage sans misère totale, les guerres sans mort et sans soldat (du moins au nord de la Méditerranée et du golfe du Mexique), les désastres écologiques reportés sine die (du moins au nord du tropique du Cancer). Nous voilà embarqués dans des alternatives impossibles : vomir son impuissance ou vomir une puissance virile atroce.

    À ce niveau, difficile de distinguer sentiment d’impuissance et impuissance réelle. Mais que l’envie demeure, et l’on découvrira que ce sentiment, en s’approfondissant, se rapproche de son contraire : le déclenchement public et collectif d’une #violence sans contrôle. Car les plus impuissants sont les plus violents. Si notre pari est justifié, s’il est vrai que nous n’avons jamais été aussi impuissants, subjectivement et objectivement, alors il y a aujourd’hui beaucoup à craindre et beaucoup à espérer. Du coup, on pourrait espérer qu’advienne le renversement #dialectique tant attendu, celui qui permettra de contempler de nouvelles promesses de puissance à venir depuis la considération de notre impuissance actuelle.