• EDF : le projet d’EPR2 donne des vapeurs au nucléaire français - JustPaste.it
    https://justpaste.it/bqrp8

    La solution retenue pour limiter les vibrations sur l’EPR a été de poser un amortisseur. Mais l’IRSN ne veut pas en entendre parler pour l’EPR2 : l’ASN et lui considèrent que c’est un projet de nouveau réacteur, donc hors de question que son circuit primaire soit affecté par un problème déjà connu. D’où le feu rouge de l’IRSN, qui a demandé à Framatome d’identifier la cause des vibrations et de trouver une solution pour les supprimer… Quitte à revoir toute l’architecture du circuit primaire.

    #nucléaire #ingénierie #malfaçon #EPR2

  • Plus de 3 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire en France – Libération
    https://www.liberation.fr/societe/plus-de-3-millions-de-beneficiaires-de-laide-alimentaire-en-france-202211

    Alors que la France connaît une vague inflationniste, l’Insee a rendu publiques ses données sur les personnes ayant recours aux réseaux associatifs de distribution de nourriture. Quatre bénéficiaires sur cinq souffrent de « privations alimentaires ».

    C’est un « portrait social » dressé ce mercredi par l’Insee qui tombe à point nommé. Alors que le sujet de la précarité alimentaire est brûlant, face à la flambée vertigineuse du prix des denrées, l’institut vient de rendre public ses travaux annuels sur les évolutions économiques et sociales en France. Avec cette fois-ci un éclairage particulier sur les bénéficiaires de l’aide alimentaire. Entre novembre et décembre 2021, les statisticiens de l’Insee ont ainsi enquêté auprès de ces personnes, en grande difficulté financière, qui se rendent dans un ou des centres associatifs de distribution d’aide afin de recevoir ou acheter des produits alimentaires. En intégrant tous les individus composant le ménage de ces bénéficiaires, l’Insee estime qu’entre 3,2 et 3,5 millions de personnes ont reçu en 2021 des aides alimentaires (colis, achats en épiceries solidaires ou distribution de repas prêts à consommer) par le réseau associatif.

    #aide_alimentaire #pauvreté #caritatif

    • Communication dégoulinante ces jours ci des associations caritatives incitant à devenir bénévole et gnagnagna...

    • L’embrouille des millions, quelle honte.

      Si tu calcules bien, réduit à 3 personnes qui ont faim toute l’année, et avec un fond de 60€, ça fait 20€ par personne, sur 365 jours ça fait à peine 6 cents par jour par personne si tout l’argent leur est bein reversé. Bon appétit les amis, vous reprendrez bien un peu de papier journal trempé dans l’eau pour le midi mais seulement l’année prochaine hein.

      En intégrant tous les individus composant le ménage de ces bénéficiaires, l’Insee estime qu’ entre 3,2 et 3,5 millions de personnes ont reçu en 2021 des aides alimentaires (colis, achats en épiceries solidaires ou distribution de repas prêts à consommer) par le réseau associatif.

      Certes, les données datent de l’année dernière, mais elles se révèlent éclairantes à l’aune du contexte inflationniste de 2022. Contexte qui a convaincu le Conseil national de l’alimentation (CNA) de recommander, en octobre dernier, d’inscrire le droit à l’alimentation dans la législation française pour en « garantir l’accès à tous et toutes ». Contexte qui a également valu à la première ministre, Elisabeth Borne, d’annoncer en début de mois la création d’un « fonds pour une aide alimentaire durable »de 60 millions d’euros en 2023

      #Borne_lahonte

    • on se souvient qu’une loi contre le gaspillage alimentaire (2016) avait fini par imposer qu’une partie des commerces cèdent leurs invendus alimentaires en voie de péremption ou périmés à des assos lorsqu’elles en font la demande, sous certaines conditions, elles ont supposées être habilitées https://solidarites-sante.gouv.fr/affaires-sociales/lutte-contre-l-exclusion/lutte-contre-la-precarite-alimentaire/article/habilitations-a-l-aide-alimentaire?TSPD_101_R0=087dc22938ab20

      dès 2018, des start-up de la récup se sont monté pour monétiser les invendus de manière plus dividualisée et flexible que ce que permettent les entrepôts de la grande distribution déjà sur le créneau (introuvables en centre-villes). leurs clients passent d’abord, et pour le meilleur.

      Chaque jour, des aliments frais sont gaspillés dans des commerces, simplement parce qu’ils n’ont pas été vendus à temps. L’application Too Good To Go permet aux utilisateurs d’acheter des Paniers Surprise [sic] composés de produits invendus à petits prix.

      Tu peux sauver un repas [sic] en quelques clics, et ainsi contribuer à réduire un peu la quantité de gaspillage alimentaire ! Alors, es-tu un vrai Waste Warrior.

      Réveille l’aventurier qui est en toi, parce que le panier peut être composé de plein de produits différents !

      https://toogoodtogo.be/fr-be/blog/mon-premier-toogoodtogo

      #marchandisation

  • Chômage : le gouvernement a menti, passe en force et punit les chômeurs - Rapports de Force
    https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/chomage-le-gouvernement-a-menti-passe-en-force-et-punit-les-chomeurs

    Ce lundi matin Olivier Dussopt a présenté aux syndicats et au patronat le projet du gouvernement qui s’appliquera dès le 1er février 2023 aux salariés arrivant en fin de contrat de travail après cette date qui s’inscriront à Pôle emploi. Pour elles et eux, la durée d’indemnisation sera raccourcie de 25 % dès lors qu’elle excède 6 mois. Ainsi, la durée maximale pour recevoir ses allocations se verra appliquer un coefficient de 0,75 par rapport à aujourd’hui. Elle passera de 24 mois à 18 mois. C’est ce que le gouvernement appelle la période verte, celle d’une conjoncture « favorable » du marché du travail. À l’inverse, la période rouge sera caractérisée par un taux de chômage passant la barre des 9 % au sens du Bureau international du travail. Comme ce taux est aujourd’hui de 7,3 %, l’exécutif considère que nous sommes en période verte. Et publiera un décret d’ici trois mois, que lui permet l’adoption la semaine dernière de la loi « portant mesures d’urgence relatives au fonctionnement du marché du travail en vue du plein emploi ».

    « Pour pouvoir revenir dans la période de droits communs, il faut revenir à 9 % ou qu’il y ait une augmentation rapide du chômage de +0,8 % sur un trimestre », détaille Denis Gravouil. « Il faudrait qu’il y ait un krach boursier pour que l’on retourne à 9 % d’ici février », ce qui fait dire au négociateur CGT pour l’assurance chômage que dès le mois de février prochain, il y aura bien une baisse effective de 25 % de la durée d’indemnisation. Mais si d’aventure dans l’année qui vient ou les suivantes, le taux de chômage connaissait une nette augmentation, les demandeurs d’emploi n’auraient aucune protection supplémentaire par rapport aux droits actuels. Au mieux, ils retrouveraient les droits existants avant le 1er février 2023. Fini le « protéger davantage ».

     
    Une régression particulièrement dure pour les seniors
     

    Si la punition est sévère pour les demandeurs d’emploi, elle l’est encore davantage pour les plus âgés. En effet, les demandeurs d’emploi ayant 53 ou 54 ans verront leurs allocations limitées à 22,5 mois au lieu de 30 mois aujourd’hui. Et les plus de 55 ans passeront à compter du 1er février à une durée d’indemnisation chômage de 27 mois au lieu de 36 mois. « Dans les effets ce n’est pas la même chose. Perdre 6 mois, c’est déjà grave, mais perdre 9 mois quand on a 55 ans, c’est d’autant plus douloureux qu’on a du mal à retrouver du travail à plus de 55 ans » se scandalise Denis Gravouil.

    Pourtant, selon lui, l’argument n’a pas fait dévier le gouvernement de sa trajectoire. Pour seule réponse à cette objection, l’exécutif imagine que cela incitera les employeurs [philantrhopes, oeuf corse, ndc] à moins se séparer de leurs salariés les plus âgés. Un argument déjà servi pendant le premier cycle de concertation sur la réforme des retraites portant sur l’emploi des seniors. Sans que le ministère du Travail ne donne aucun élément concret ou chiffré qui corrobore cette intuition gouvernementale.

     

    Des justifications bidon
     

    Le seul argument que le gouvernement a présenté pour justifier sa réforme est qu’elle inciterait les demandeurs d’emploi à reprendre plus rapidement un travail. Pourtant, selon les chiffres de l’Unédic, 45 % des chômeurs reprennent une activité dans les trois premiers mois après l’ouverture de leurs droits. De plus, seulement 250 000 à 390 000 offres d’emploi à Pôle emploi (180 000 à 273 000 postes à équivalent temps plein) n’ont pas trouvé preneur en 2021, selon une étude de l’organisme public datant de février dernier. Et ce, sur 9 millions d’offres cette année-là. Une goutte d’eau qui de toute façon ne permettrait pas aux 3,16 millions d’inscrits en catégorie A de retrouver le chemin de l’emploi. Et encore moins aux 5,43 millions d’inscrits à Pôle emploi, toutes catégories confondues.

    Mais à la place des chiffres, le gouvernement a préféré répéter à l’infini qu’il était scandaleux que les employeurs ne trouvent personne pour travailler. S’il n’a jamais quantifié réellement ce phénomène, il a tout bonnement éludé les causes des difficultés de recrutement dans certains secteurs. « Les difficultés de recrutement viennent d’abord d’un déficit de compétences liées aux besoins des entreprises, mais aussi des conditions de travail proposées », proteste la CFDT aujourd’hui dans un communiqué de presse. Une explication conforme aux analyses de la Dares, l’organisme d’études et statistiques du ministère du Travail, que le ministre du Travail semble ne pas avoir lu.

    Ignorer la réalité semble être une boussole pour le gouvernement sur le dossier du chômage. Pour exemple : l’aberration qui consiste à ne pas prendre en considération les variations locales ou sectorielles des besoins de recrutement ou du niveau de chômage. En effet, le taux de chômage varie du simple au double entre les départements de la Loire-Atlantique (5,8 %) et des Pyrénées-Orientales (11,6 %). À moins de considérer, par exemple, qu’un chômeur de 55 ans ayant exercé son activité dans les travaux publics et vivant à Perpignan candidate à un poste de chauffeur de bus à Nantes. Mais finalement, l’objectif est peut-être tout simplement ailleurs. « Ce sont près de 3 à 4 milliards d’euros d’économies qui seront réalisées sans qu’aucun effort ne soit attendu des employeurs », affirme la CFDT à propos de cette réforme.

    #toctoc #droit_au_chômage #retraites #ceux_qui_ne_sont_rien #travail #emploi #droits_sociaux

    • Assurance-chômage : les fourberies du gouvernement pour baisser les droits
      https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/211122/assurance-chomage-les-fourberies-du-gouvernement-pour-baisser-les-droits

      (...) l’étau n’est pas près de se desserrer.

      Cette réduction, inédite et drastique, de la durée des droits sera maintenue tant que le taux de chômage, actuellement de 7,3 %, restera sous la barre des 9 %. Un seuil qui n’a pas été atteint en France depuis le quatrième trimestre 2017. Même en pleine crise du Covid, le pire épisode économique depuis dix ans, il a été contenu à 8,8 %. Nul doute, au vu de ces évolutions statistiques, que le gouvernement compte bien voir son indicateur rester « au vert » pendant un long moment.

      .... « 100 000 à 150 000 retours à l’emploi sont espérés en 2023 », certifie-t-il, persuadé que ce nouveau tour de vis ne précipitera pas les chômeuses et les chômeurs vers des contrats précaires. « La part des contrats courts est en baisse permanente », a assuré Olivier Dussopt. C’est vite oublier cette étude, publiée en octobre 2022, par la Dares et documentant « le rebond des CDD d’un jour ou moins ». Au deuxième trimestre 2022, ils ont dépassé de 14 % leur niveau d’avant la crise Covid.

      Avec cette nouvelle réforme, une boucle infernale se dessine : les précaires seront poussés vers des emplois précaires qui, eux-mêmes, les jetteront dans les griffes de la première réforme de l’assurance-chômage qui pénalise... le recours aux contrats courts.

      .... l’exécutif semble déjà réfléchir à une troisième réforme. Les partenaires sociaux seront invités, avant fin 2023, à se réunir pour négocier de nouvelles règles. La modulation, autrement appelée « contracyclicité », pourra alors être enrichie de leurs propositions. Si Olivier Dussopt feint de leur laisser de la marge pour intégrer « plus de protection », il semble déjà prêt « à durcir une seconde fois » la durée de versement des allocations-chômage.

      Et il avance même un nouveau « coefficient réducteur de 0,6 » si le taux de chômage atteint 5 %. Cela reviendrait à abaisser à 14 mois la durée d’indemnisation maximum, au lieu de 24.
      « Nous avons voulu faire simple », s’est félicité le ministre du travail, en présentant les nouvelles règles, qui entreront en vigueur dans à peine plus de deux mois. Le démantèlement, pièce par pièce, des droits à l’assurance-chômage va se poursuivre. L’absence de mobilisation pour la cause des chômeurs et des chômeuses donne un boulevard au gouvernement et lui simplifie, il faut le reconnaître, grandement la tâche.

      #précarisation

    • Assurance-chômage : une réforme discutable, un édito Le Monde qui exprime un scepticisme feutré : ne pas insulter l’avenir tout en se foutant éperdument des premier.e.s concerné.e.s
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/23/assurance-chomage-une-reforme-discutable_6151236_3232.html

      Le raisonnement selon lequel l’instauration d’un régime d’indemnisation plus sévère conduirait mécaniquement à réduire les tensions sur le marché du travail peut sembler cohérent. Sa limite est qu’il ne s’appuie sur aucune étude sérieuse et détaillée.

      (...) la justification d’un recul sur des acquis sociaux ne peut tenir que si les résultats sur le front de l’emploi sont très nets en fin de quinquennat. Le pari n’est pas gagné.

      L’oeil dans le rétro : réforme de l’#assurance-chômage, les syndicats dénoncent une remise en cause du paritarisme
      https://justpaste.it/busgo

      un article où le mot chômeurs n’apparait que deux fois, pour un syndicalisme boutiquier.
      à #paritarisme formel, #tripartisme réel, et cela s’est vu : à la fondation de l’Unédic par De Gaulle en 1958 ; lors de la crise de 1982, avec étatisation sous Aubry (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000701672). sans compter que toutes les lois donnant forme au travail et au salaire (dont le SMIC horaire) déterminent puissamment les mécanismes dont l’Unédic a la charge.

  • La double peine écologique pour les classes populaires
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/11/16/la-double-peine-ecologique-pour-les-classes-populaires_6150107_1650684.html

    Si quelqu’un⋅e trouve ce #paywall quelque part…

    Le regard médiatique et politique s’est récemment porté sur les inégalités sociales face à la question environnementale, en se fixant sur les usages des jets privés. Pourtant, plusieurs travaux sociologiques ont souligné que ce sont sur les classes populaires que les injonctions à écologiser les modes de vie pèsent le plus lourd.

    #écologie #pauvreté #classes_populaires #sociologie #enquête

    • Hello,

      Je ne comprends pas pourquoi la presse qui cite des études n’a pas la rigueur systématique de renvoyer vers ces études en question ??? ont ils peur que leur lectorat devienne trop compétent et apprennent à se passer d’eux ??? ça va aussi pour la plupart des rapports ...

    • @o.a C’est effectivement une question qui se pose.

      Pistes :

      – questions de SEO, les sites des médias ne veulent pas que les visiteurs quittent le site, et donc tu ne mets pas de liens hypertextes vers l’extérieur ;

      – difficulté à gérer un lien hypertexte pour un article qui sera imprimé sur papier et publié sur le Web ;

      – peut-être aussi que dans le flux éditorial les journalistes livrent des textes, faiblement formatés pour le papier, et donc sans liens hypertexte ;

      – habitude détestable à ne jamais promouvoir sa source, même quand elle est ouverte, parce que recopier des trucs et parler à la place des gens, c’est grosso modo la principale valeur ajoutée d’un·e journaliste

    • Moi qui pensais que la valeur principale d’un journaliste c’était de n’écrire qu’après avoir multiplié, vérifié et croisé ses sources, d’avoir une expérience de terrain sur les sujets qu’on traite, de s’interdire d’écrire sur les sujets qu’on ne connait que sur papier, de ne jamais écrire sur un pays où on ne va jamais, de diversifier ces interlocuteurs etc ...

      @arno

    • Plus sérieusement j’opterai pour une « culture du surplomb » un peu comme les « élus » dont j’ai fréquenté certains. Le seul fait de publier est signe de valeur, d’exceptionnalité donc de qualités intellectuelles « hors du commun ». Un peu comme l’élection à un poste serait une sorte d’onction populaire qui viendrait faire jaillir à la lumière un esprit particulièrement brillant, une personnalité dont le peuple avait besoin...

      En fait pas du tout évidemment, la plupart des journalistes ont des vies de bureaucrates frustrantes, les psys installés près des grandes rédactions refusent du monde, même avec internet la bataille pour avoir de la place et de la visibilité est centrale.

      Exception, les journalistes d’investigation qui eux légitiment leurs enquêtes « désagréables » en renvoyant vers les sources parce que c’est leur protection.

      Bref il y a pas plus de culture de l’éducation populaire dans la presse que chez les politiques...

    • Pour les sarcasmes oui, désolé, il y a des sujets où je manque largement de distance et il n’existe pas de structures du genre les « journalismes anonymes »...

  • L’enquête sur la mort de 27 migrants dans la Manche en 2021 accable les secours
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/11/13/migrants-morts-en-traversant-la-manche-le-24-novembre-2021-l-enquete-accabla

    Les investigations sur les conditions du naufrage révèlent que les migrants ont appelé à l’aide à de nombreuses reprises. Les secours français ont attendu qu’ils passent dans les eaux anglaises. Aucun moyen de sauvetage ne leur a été envoyé.

    Un an après l’ouverture de l’information judiciaire visant à faire la lumière sur le drame du 24 novembre 2021, Le Monde a pris connaissance des investigations menées sur les circonstances du naufrage. Celles-ci restituent l’ensemble des communications entre le Cross et l’embarcation naufragée et révèlent que les occupants du bateau ont appelé à de très nombreuses reprises les secours français en l’espace d’environ trois heures. Les secours britanniques ont également été contactés, bien que le compte rendu de leurs activités n’ait pas encore été joint à l’enquête.

    (...) Il est 1 h 48 quand les premiers échanges ont lieu entre l’embarcation et le Cross. En anglais, l’un des occupants explique qu’ils sont trente-trois à bord d’un bateau « cassé ». Selon la procédure usuelle, l’opératrice lui demande d’envoyer par la messagerie WhatsApp sa géolocalisation.

    A 1 h 51, la personne téléphone au SAMU du Pas-de-Calais, qui transfère son appel au Cross. « Apparemment leur bateau, il n’y a plus rien qui va dessus », prévient l’opérateur du SAMU. La communication dure près de quatorze minutes. « S’il vous plaît, s’il vous plaît ! (…) On a besoin d’aide, s’il vous plaît. Aidez-nous s’il vous plaît », implore-t-il. « Si je n’ai pas votre position je ne peux pas vous aider », répète l’opératrice du Cross, Fanny R. A bord, les passagers paniquent. Ils crient et pleurent. « Envoyez-moi votre position maintenant et je vous envoie un bateau de secours dès que possible », répète Fanny R. La localisation du bateau est communiquée à 2 h 05 et 2 h 06 au Cross.

    « Ah bah t’entends pas, tu seras pas sauvé »

    Celui-ci ne va pourtant pas envoyer un moyen de sauvetage mais saisit le centre de coordination des secours anglais, à Douvres. « J’ai un canot à côté de votre secteur, les informe l’opératrice. Je vous donnerai sa position car c’est à 0,6 mile nautique [des eaux anglaises]. »
    A 2 h 10, l’embarcation signale de nouveau sa localisation par WhatsApp, qui la situe toujours en eaux françaises. Les personnes à bord continuent d’appeler. Lors d’un de ces appels, à 2 h 15, alors que des cris et des pleurs se font entendre, l’opératrice du Cross « leur dit de garder leur calme et que le bateau des secours arrive », notent les enquêteurs.
    En réalité, à 2 h 28, alors que le Cross a actualisé la localisation du bateau, il rappelle les Anglais. « Ils sont actuellement dans votre zone. »
    Malgré cela, le canot à la dérive continue d’appeler à l’aide mais le Cross considère qu’il ne relève plus de sa responsabilité. Alors que le SAMU essaye de transférer un nouvel appel, l’opératrice du Cross fait valoir que « de toute façon, maintenant, ils sont dans les eaux anglaises et que s’il rappelle il faut lui dire de contacter le 999 [les secours anglais] ».
    Les passagers vont malgré cela continuer d’appeler les Français, pas moins de quinze fois entre 2 h 43 et 4 h 22. En vain. Alors qu’à 3 h 30, un passager explique qu’il est littéralement « dans l’eau », le Cross s’entête à lui rétorquer : « Oui, mais vous êtes dans les eaux anglaises. » Au moment où l’opératrice tente de transférer l’appel à Douvres, la communication coupe et on l’entend alors commenter, en aparté : « Ah bah t’entends pas, tu seras pas sauvé. J’ai les pieds dans l’eau, bah… je t’ai pas demandé de partir. »

    A 3 h 49, le SAMU – qui reçoit des appels – signale au Cross que le canot « est en panne et prend l’eau. L’opérateur du Cross dit qu’ils appellent sans relâche depuis quelque temps, qu’ils sont plus ou moins dans les eaux anglaises ». Deux minutes plus tard, nouvel appel au secours : « On entend des cris, rapportent les enquêteurs. L’opératrice lui dit que les secours seront là dans vingt minutes. » Mais ils n’arrivent pas.

    « Nous sommes en train de mourir »

    A 4 h 09, un passager implore : « Venez vite s’il vous plaît. » « Le canot de sauvetage arrive dans quelques minutes », lui assure le Cross. A 4 h 16, la même personne rappelle pour dire « que c’est fini, relatent les enquêteurs. [L’opératrice] lui répète de lui envoyer un message [de localisation], elle lui redonne son numéro de téléphone. L’opératrice dit en aparté “je vais lui sortir la phrase magique, pas de position pas de bateau de secours” ».

    la première version disait que ces naufragés n’avaient pas appelé les secours....

    #migrants #barbarie

  • Les extraits du nouveau livre de Bob Dylan : « Les guerres ont toujours un parfum de futilité machiste »

    Avec les progrès de la civilisation, la distance a augmenté entre le belligérant et son ennemi – on est passé du sabre aux armes à feu, puis aux bombes et à toutes sortes de machines mortelles à longue portée. La puissance permet de s’éloigner des combats. Les mieux armés s’emmaillotent dans leur peignoir pendant que d’anonymes soldats perpétuent des massacres à l’autre bout du monde. Le « déni plausible », notion chère au droit américain, permet aux premiers de dormir sur leurs deux oreilles, en toute arrogance, et leur prétendue ignorance de se laver les mains de ce qui est commis.
    Dans une séquence du documentaire Brumes de guerre, l’ancien secrétaire d’Etat à la Défense Robert McNamara évoque la décision prise avec le général Curtis LeMay d’incendier soixante-sept villes du Japon pendant la seconde guerre mondiale, avant les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. En une seule nuit, cent mille hommes, femmes et enfants sont morts brûlés à Tokyo sur sa recommandation. Ce qui pousse LeMay à reconnaître : « Si nous avions perdu, nous aurions été poursuivis en tant que criminels de guerre. » Jusqu’à la fin de ses jours, McNamara s’est débattu avec cette question : « Pourquoi la morale est-elle de votre côté si vous gagnez, mais pas si vous perdez ? »

    https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/10/28/les-extraits-du-nouveau-livre-de-bob-dylan-les-guerres-ont-toujours-un-parfu

    #masters_of_war #guerre #chanson

  • Dieudonné visé par une plainte de son ex-compagne pour « escroquerie » et « harcèlement »

    Pour l’humoriste antisémite, désormais, la menace vient de l’intérieur : de sa compagne de longue date et associée en affaires, Noémie Montagne, 46 ans, qui l’a quitté en 2017. Elle a témoigné contre lui pour des faits touchant à leur vie privée, mais aussi à son lucratif business. Selon nos informations, elle a déposé plainte contre lui, mardi, pour « harcèlement » et « escroquerie ». Des faits qui, s’ils étaient avérés, pourraient valoir à Dieudonné jusqu’à sept ans de prison et 750 000 euros d’amende, pour ce dernier délit.

    Rencontrée par Libération en août, Noémie Montagne s’exprime pour la première fois dans la presse. Elle dénonce « l’emprise » qu’aurait exercé sur elle un Dieudonné présenté comme « manipulateur », ce que rapportent aussi plusieurs des intimes de l’agitateur. Le dossier va au-delà des sujets domestiques : il lève le voile sur le complexe système mis en place par Dieudonné pour protéger ses affaires du fisc et des enquêteurs. Encore propriétaire de 50 % des parts de la société Productions de la plume, qui gère depuis 2009 les représentations de l’humoriste multicondamné, Noémie Montagne en est aussi l’ancienne gérante. A ce titre, elle représente une potentielle menace pour la bonne poursuite des petites affaires de Dieudonné, dont elle connaît bien des secrets. Pourtant, la quadragénaire assure vouloir se « séparer de tout ». Mais le fossé entre ses attentes et celles de son ex-conjoint – qui s’est contenté de balayer auprès de Libération ces « fausses accusations » – apparaît béant.

    « Il rend les coups au centuple »

    « C’est toujours le même schéma : il prend une personne vulnérable et il s’en sert. » Dans le bureau de son avocate bordelaise, Noémie Montagne renvoie l’image d’une femme décidée, mais qui appréhende les conséquences de ses mots. « Dieudonné a énormément d’ego, il est dans la vengeance. Et quand on l’attaque, il rend les coups au centuple… » Pendant des heures, elle déroule le fil de sa vie avec l’un des humoristes les plus connus de France. La relation débute en 2006 sur un quai de gare, presque clandestinement, car Dieudonné est encore en couple avec la mère de ses quatre premiers enfants. Il en aura autant avec Noémie Montagne.

    « Il n’a pas d’amis et nous n’avions pas de vie de couple », assure-t-elle, décrivant un quotidien exclusivement tourné vers le business, où l’alcool coule à flots. « Tous les soirs, les repas étaient arrosés de champagne, cela participait à créer une ambiance artificiellement festive et conviviale pour nous tromper », indique-t-elle dans son dépôt de plainte, que Libération a pu consulter. Des visages reviennent régulièrement : Jean-Marie Le Pen et son épouse Jany, l’idéologue antisémite Alain Soral ou Frédéric Chatillon, ancien leader du GUD et ami de Marine Le Pen. Ce dernier est même « un ami de la famille, on partait en vacances ensemble », précise l’un des enfants du couple, qui a accepté de nous parler.

    https://www.liberation.fr/societe/dieudonne-vise-par-une-plainte-de-son-ex-compagne-pour-escroquerie-et-har

    • Ecology of Fear

      (...) c’est la voix de l’un des derniers grands « métromarxistes », ces marxistes qui ont fait de la ville leur terrain d’aventure et de recherche (de Henri Lefebvre et Guy Debord à David Harvey, en passant par Marshall Berman, Edward Soja ou Andy Merrifield), qui a cessé de résonner.

      (...) A l’heure de l’anthropocène, alors que notre avenir s’annonce résolument urbain (68 % de la population mondiale vivra en milieu urbain d’ici à 2050 contre 57 % aujourd’hui ; avec une croissance à venir de la démographie urbaine principalement concentrée dans les zones d’habitation informelles des grandes mégalopoles du Sud), relisons ses analyses sur le « bidonville global » dans le Pire des mondes possibles.

      A l’ère des catastrophes écologiques (mégafeux, inondations monstres, tsunamis, tremblements de terre, ouragans), des risques sanitaires à l’échelle globale (Davis a écrit sur les pandémies de grippe aviaire et de coronavirus) qui font de nos villes des espaces matériellement et socialement vulnérables, relisons les œuvres de ce penseur (on pense ici notamment à Ecology of Fear, Génocides tropicaux ou le Monstre est parmi nous) qui, très tôt, a étudié la signification sociale et politique des désastres naturels, refusant de choisir entre l’histoire environnementale et la critique du capitalisme du point de vue de la lutte des classes, mettant en évidence l’implication de l’urbanisation marchande dans la double crise de nos rapports sociaux et environnementaux. A l’heure d’un accroissement colossal des inégalités à toutes les échelles, d’une mise en péril de la démocratie urbaine et des possibilités d’être ensemble, sous l’effet d’un double processus de disparition de l’espace public et de sécession territoriale entre le ghetto et le gotha, entre les pauvres et les riches, relisons le Stade Dubaï du capitalisme ou Dead Cities.

      https://justpaste.it/80u7y

      par Mickael Labbe, Philosophe, car, oui, pour publier un papier correct dans Ration, il y faut une « tribune ».

      #Mike_Davis #capitalisme #urbanisation #ville #écologie

  • Les TER, trains fantômes des Hauts-de-France

    Plus de 11 000 TER ont été supprimés dans la région, en 2022. Ici comme ailleurs en France, le système ferroviaire, découpé en plusieurs entreprises publiques, empêtré dans les lourdeurs administratives et sous-financé, paraît incapable de répondre aux attentes des usagers. Et encore moins de relever le défi du réchauffement climatique.

    C’est la France qui se lève tôt et arrive en retard, la France des trains à l’arrêt. Sur les écrans bleus des gares SNCF des Hauts-de-France, la deuxième plus grande région ferroviaire du pays (en nombre de voyageurs quotidiens), s’affichent des trains express régionaux (TER) qui n’existent plus parce qu’ils ont été annulés, la veille ou le jour même, faute de conducteurs, de contrôleurs ou de matériel. « Supprimé » ; « Supprimé » ; « Supprimé ».

    Dans les gares d’Amiens, Arras, Béthune (Pas-de-Calais), Beauvais, Creil (Oise), Lille ou Hazebrouck (Nord), devenues salles des pas perdus, des heures envolées et des coups de téléphone rageurs pour prévenir des retards, la scène se répète, matin, midi et soir, dans une posologie qui épuise le corps social et dit combien le service public du train, celui des petites lignes et des trajets quotidiens, est fragile.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/10/15/les-ter-trains-fantomes-des-hauts-de-france_6145908_3234.html

    la fabrique climaticide du fascisme

    #transports_collectifs #Train #TER #écologie #climat #privatisations

    • « Mon métier, c’est de demander pardon aux usagers »
      Les résultats ne surprennent pas les cheminots. Les syndicats s’inquiètent depuis longtemps des moyens consacrés à la politique ferroviaire. La parole de la base est souvent cinglante – et anonyme par peur de sanctions.
      C., 51 ans, par exemple. Elle tient un des guichets de la gare d’Amiens depuis vingt-cinq ans. On la rencontre avec d’autres agents membres de la CGT dans un bâtiment le long des quais. « Les clients se lèvent à 5 heures pour prendre les premiers trains. On les voit plantés devant les écrans à attendre parce qu’il y a eu des annulations. On se dit : “Punaise, qu’est-ce que je vais leur dire” ? Mon métier, c’est de demander pardon aux usagers. » De l’autre côté de la table, Nicolas, contrôleur de 45 ans, entré à la SNCF il y a vingt ans, acquiesce : « Quand on voit le service public se décatir, ça fait mal au cœur. Aujourd’hui, on ne sait plus faire rouler tous nos trains. C’est grave. »

      https://justpaste.it/1qu6j

    • Il faut reconnaitre au quotidien vespéral des marchés d’être capable de trés bons articles publiés fort à propos et avec sinon la tarte à la crème de « l’objectivité » qui n’existe pas plus ici qu’ailleurs, au moins beaucoup d’honnêteté.

      Les lecteurs francophones ou francophiles qui le liront se réjouiront qu’il existe un journalisme qui ne soit pas celui des enveloppes comme chez eux...

  • En Chine, Xi mène une « purge » anti-corruption avant le congrès

    AFP•15/10/2022 à 09:55

    Avant l’important congrès du Parti communiste (PCC) qui s’ouvre dimanche, le président chinois Xi Jinping mène une « dernière série de purges » via sa campagne anti-corruption, afin de consolider son pouvoir, selon des analystes.

    Il l’a lancée à son arrivée au pouvoir il y a 10 ans, promettant de faire tomber les « tigres » (hauts dirigeants) et les « mouches » (petits fonctionnaires) avides de pots-de-vins et malversations diverses.

    Depuis, au moins 1,5 million de personnes ont été sanctionnées selon les chiffres officiels, et la Chine a progressé, dans le bon sens, selon le classement de l’ONG Transparency International sur la perception de la corruption.

    Mais pour ses critiques, la campagne est aussi pour Xi Jinping un outil politique, destiné à faire tomber des rivaux. Et l’approche du congrès a accéléré la tendance.

    Depuis début 2022, des sanctions ont été prononcées dans quelque 1.110 affaires.

    la suite :

    https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/en-chine-xi-mene-une-purge-anti-corruption-avant-le-congres-7041924984e2

    #Chine#PCC#Congres#Xi_jinping#Tigres#Mouches

    • L’ancien président Hu Jintao escorté hors de l’auditorium où se déroule la cérémonie de clotûre du 20ᵉ congrès du Parti communiste chinois, à Pékin, passe derrière l’actuel dirigeant Xi Jinping et le premier ministre Li Keqiang, samedi 22 octobre 2022. NG HAN GUAN / AP

      le regard du galonné à l’arrière plan...

    • Hu Jintao (chinois simplifié : 胡锦涛 ; pinyin : Hú Jǐntāo [ xǔ tɕìntʰáu]1), né le 21 décembre 1942 à Taizhou, Jiangsu (à environ 300 km à l’ouest de Shanghai), est un homme d’État chinois, secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) du 15 novembre 2002 au 15 novembre 2012 et président de la république populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013, en ayant été réélu le 15 mars 2008 par l’Assemblée nationale populaire.

    • Je pense qu’il est gateux ou sénile... A 80 ans ça arrive aussi en Chine... A moins qu’il lui ai fait « fumer la moquette » pour faire tapisserie dans la fiesta et qu’ils aient un peu surdosés le cocktail... En tout cas sur la vidéo il ne ressemble pas à un rebelle réformiste qui s’éleverait contre le système...

    • il est lourdé, et publiquement, c’est ça la nouvelle. usuellement cela se faisait dans les coulisses, ou par un vote. là, Xi Jinping montre qu’il purge mieux que Mao, spectaculairement. ce à quoi il ressemble c’est à un géronte qui tente de garder son rang, au moins pour la montre, puisque de toute façon, il n’est à la tête d’aucune faction, c’est pas une affaire de réformisme ou pas, c’est l’étalage sans vergogne d’un pouvoir plus absolu encore que ce que la Chine a pu connaître (même pas besoin d’une révo cul ou de luttes de factions).

      c’est pas la marionnette qu’il faut regarder.

    • Je ne pense pas, faire disparaitre quelqu’un et aller jusqu’à effacer son nom et jusqu’aux preuves de son existence passée est une chose que les chinois savent très bien faire.

      Je pense que Xi avait besoin de tout le décorum et de tous les figurants pour son couronnement. Là ils s’aperçoivent que Hu est total gateux, qu’il aurait dû rester au lit et ils sont gênès. Je ne perçoit nulle satisfaction, que de la gêne...

    • @colporteur

      XXème Congrès du PCC : "l’incident Hu Jintao" et le nouveau Comité central

      https://asialyst.com/fr/2022/10/22/chine-xxe-congres-parti-communiste-pcc-incident-hu-jintao-nouveau-comite-c

      Extrait :

      Alors que le 16 octobre à l’ouverture du Congrès, Xi Jinping avait aidé Hu à s’asseoir, il en fut autrement ce samedi. Quelques heures avant la clôture de la première rencontre, des membres du personnel viennent prendre les lunettes de l’ancien numéro un chinois et commencent à « l’aider » à se lever, bien malgré lui. Hu tente alors de prendre le porte-folio en face lui, mais il est intercepté par Li Zhanshu, président de l’Assemblée nationale populaire. L’ex-président tente de se s’asseoir de nouveau, il est remis debout et progressivement escorté à l’extérieur. Sur son chemin, il interpelle Xi Jinping qui hoche la tête, et met sa main sur l’épaule du Premier ministre Li Keqiang, son protégé. Peu après, les journalistes sont appelés à quitter les lieux et on voit Li Zhanshu s’essuyer le front. Wang Huning, l’idéologue du Parti semble un peu ébahi, tandis que les autres dirigeants assis au premier rang baissent les yeux – y compris l’ancien chef du gouvernement Wen Jiabao, Zeng Qinghong, bras droit de Jiang Zemin, ou le vétéran Song Ping, mentor de Hu et Wen.

    • seconde main. nombreux gérontes "marxistes" maintenus (exceptions multiples à la règle du départ en retraite à 68 ans, dont Wang Huning) au regard des quincas économaître et technocrates annoncés plus hauts comme promus. moins de modernité gestionnaire (en kleptocratie on s’en fout) davantage d’archaÏsme confucéanisants (la #Société_harmonieuse)
      mais oui, virer le plus publiquement possible ce n’est pas gommer une photo. la Chine de Xi Jinping surpasse l’antique URSS de Staline

      Wang Huning [renouvellé en tant que membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois ], la tête pensante du régime sort de l’ombre, 25 octobre 2017
      https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/10/25/wang-huning-la-tete-pensante-du-regime-sort-de-l-ombre_5205652_3216.html
      Cet ancien professeur en sciences politiques, francophone, est un partisan du néo-autoritarisme à la chinoise.

      En accédant au Comité permanent, où il va superviser le département de propagande du parti, Wang Huning accède à une place prééminente dans la hiérarchie du pouvoir communiste. Une consécration pour celui qu’on a surnommé le « Kissinger chinois » ou « conseiller en chef de Zhongnanhai », le lieu du pouvoir communiste à Pékin, non loin de la Cité interdite. Wang Huning est l’un des théoriciens du pouvoir chinois depuis Jiang Zemin, qui l’a fait monter à Pékin en 1995, alors qu’il était doyen de la faculté de droit de l’université de Fudan à Shanghaï. Il rejoint alors le Centre de recherche de la politique centrale, le think tank du pouvoir central, dont il dirigera le département d’études politiques. Entré en 2002 au Comité central, il sera ensuite l’auteur du concept de développement scientifique de Hu Jintao et sert, selon sa biographie par la Brookings Institution, de lien entre l’équipe de Hu Jintao et l’ancien président Jiang Zemin et son éminence grise, Zeng Qinghong, tous deux très influents.

      M. Wang a fait des études de français – langue qu’il parle couramment – puis de politique internationale et de droit. Devenu professeur, il effectuera plusieurs séjours comme chercheur invité aux Etats-Unis à la fin des années 1980, notamment à Berkeley, en Californie. C’est durant ces voyages qu’il dresse le constat que Washington est le grand rival auquel Pékin ne cesse de se mesurer. En 1991, il publie un livre, Les Etats-Unis contre les Etats-Unis, où il détaille ses six mois passés sur le sol américain à tenter de comprendre la première puissance mondiale, ses forces et ses failles.

      « Plume » de Xi Jinping

      La responsabilité d’un intellectuel chinois, juge-t-il à ce moment, est à la fois de comprendre pourquoi la Chine, une civilisation vieille de plus de 2 000 ans, a pu sombrer dans le déclin et pourquoi les Etats-Unis, jeune pays de 200 ans, a pu devenir la première puissance mondiale. « Je considère, écrit-il, qu’un intellectuel vivant au XXe siècle a le devoir d’étudier ces deux phénomènes. Tout intellectuel chinois doit le faire, c’est un moyen de mieux connaître le monde et soi-même et d’explorer le chemin de la Chine vers la puissance et la prospérité. »_Voilà posé les bases de cette fameuse renaissance chinoise tant vantée par le sécrétaire général du PCC, Xi Jinping.

      Dans les années 1980, il s’intéresse au système juridique. Dans un texte de 1986, il attribue ainsi les abus de la Révolution culturelle à l’absence de séparation entre la police, le parquet et la justice – un avis très partagé dans cette période d’ouverture politique. Mais il se fait vite remarquer ensuite pour sa défense d’un pouvoir centralisateur fort, capable d’« être efficace dans la redistribution des ressources » et de « promouvoir une croissance économique rapide », comme il l’écrit en mars 1988 dans un article pour le Journal de l’université Fudan_ (« Analyse sur les formes de gouvernement pendant le processus de modernisation »). M. Wang devient à ce titre un représentant de l’école de pensée néo-autoritaire. C’est cette théorie qu’il faut comprendre, écrit le sinologue Jude Blanchette dans un article récent intitulé « Le rêve néo-autoritaire de Wang Huning » pour « comprendre la phase ultra-conservatrice dans laquelle se trouve aujourd’hui la Chine ». Devenu proche conseiller et « plume » de Xi Jinping, il l’accompagne lors de nombreux voyages à l’étranger.

      WANG HUNING : L’ARCHITECTE DU « RÊVE CHINOIS »
      Théophile Sourdille
      https://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2018/12/Asia-Focus-95.pdf

      LA STRUCTURE CHANGEANTE DE LA CULTURE POLITIQUE CHINOISE SELON WANG HUNING
      https://legrandcontinent.eu/fr/2022/10/08/la-structure-changeante-de-la-culture-politique-chinoise-selon-wang

      #terreur #pleins_pouvoirs

  • Réquisitions dans les raffineries : le gouvernement contre le droit de grève – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/requisitions-dans-les-raffineries-le-gouvernement-contre-le-droit-de-grev
    https://www.liberation.fr/resizer/nVNmxhClgqxucNVlfLBOXEuy2W8=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/RS4WURHPZVGABMKXFBSR22G4ZM.jpg

    En utilisant un dispositif prévu pour des situations de troubles particulièrement graves comme la guerre, l’exécutif érode des libertés acquises de haute lutte, estime un collectif de spécialistes du droit.

    • En effet, les pouvoirs traditionnels de réquisition trouvent leur fondement dans les dispositions de la loi du 11 juillet 1938 sur « l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre », qui préparait le conflit avec l’Allemagne nazie, à quelques semaines de la crise des Sudètes et de la marche inexorable vers la Seconde Guerre mondiale. Cette loi fut prorogée après 1944 jusqu’à sa modification par une ordonnance du 6 janvier 1959 prise par le premier gouvernement du général de Gaulle – sur le fondement des pouvoirs exorbitants attribués par l’article 92 de la Constitution de 1958 – et qui étendait significativement les prérogatives de l’exécutif dans le contexte de la guerre d’Algérie.

      Ces textes, prévus donc pour ne s’appliquer que dans des situations de troubles particulièrement graves (guerres ou conflits extérieurs), ont pourtant été, avec le temps, utilisés par les différents gouvernements pour tenter de mettre fin à des mouvements de grève. Des personnels grévistes ont par exemple été réquisitionnés, en 1961, dans le cadre d’un conflit social né au sein de la régie de transports de la ville de Marseille, avant que le décret ne soit jugé illégal par le Conseil d’Etat.

      Bien plus tard, une loi du 18 mars 2003 a étendu ce pouvoir de réquisition aux préfets, fondement actionné aujourd’hui contre les salarié·e·s grévistes. A l’époque, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, répondant aux craintes de donner aux préfets un pouvoir trop général contraire aux libertés, indiquait devant l’Assemblée nationale qu’il s’agissait uniquement de faire face à des catastrophes naturelles, industrielles ou à des risques sanitaires…

      https://justpaste.it/8li96

    • Aujourd’hui, ce n’est plus dans le cadre d’une guerre ni d’une catastrophe naturelle ou industrielle que la réquisition est employée, mais dans le cadre d’un conflit social entraînant nécessairement des conséquences sur les transports dépendants du carburant fossile qu’est le pétrole. L’atteinte qui est ainsi faite au droit de grève de ces salarié·e·s grévistes n’est donc ni nécessaire, ni proportionnée à un but légitime.

      L’usage récurrent par l’exécutif de lois initialement présentées comme n’ayant vocation à être mises en œuvre que de manière exceptionnelle est désormais abondamment documenté et régulièrement dénoncé.

      Nous savons les implications liberticides de l’état d’urgence mis en place par les gouvernements qui se sont succédés depuis les attentats de 2015, profitant de cette aubaine juridique pour surveiller et réprimer les mouvements sociaux. Nous savons aussi les errances et détournements de l’exécutif dans la mise en œuvre de l’état d’urgence sanitaire en 2020 et 2021, au mépris de nos libertés d’aller et venir et de manifester.

      #grève #droit_de_grève

  • #metoo : « La justice doit avoir le monopole de la sanction, elle n’a pas celui de la vérité »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/10/14/metoo-la-justice-doit-avoir-le-monopole-de-la-sanction-elle-n-a-pas-celui-de

    L’avocat Christophe Bigot met en évidence un usage détourné de la présomption d’innocence qui se heurte à une autre valeur tout aussi fondamentale : la liberté d’expression.

    #paywall

    • #Sitopia. How Food Can Save the World

      Sitopia is the sequel to Hungry City. It explores the idea, first developed in Hungry City, that food shapes our lives, and asks what we can do with this knowledge in order to lead better ones. In essence, it is a practical, food-based philosophy.

      Food is the most powerful medium available to us for thinking in a connected way about the numerous dilemmas we face today. For countless millennia, food has shaped our bodies, lives, societies and world. Its effects are so widespread and profound that most of us can’t even see them; yet it is as familiar to us as our own face. Food is the great connector – the staff of life and its readiest metaphor. It is this capacity to span worlds and ideas that gives food its unparalleled power. Food, you might say, is the most powerful tool for transforming our lives and world that we never knew we had.

      While Hungry City explored how the journey of food through the city has shaped civilisations over time, Sitopia starts with a plate of food and travels out to the universe. Its structure thus consists of a series of overlapping scales, in which food is always central. Food animates our bodies, homes and societies, city and country, nature and time – seven scales that form the chapters in the book. This idea came from a drawing I did in 2011, in order to understand food’s place in our world. The drawing showed me how food’s effects at various scales interact in myriad interconnected ways. From the cultural norms into which we are born spring personal tastes and preferences that affect our individual health and pleasure, but also the vibrancy of local economies, global geopolitics and ecology. This interconnectivity made the book tricky to write, since every chapter overlapped with every other. As I wrote, however, a hidden structure began to reveal itself: as well as radiating out from food like ripples from a pond, the chapters, I realised, were mirrors of one another, so that Chapter 1 (Food) was mirrored by Chapter 7 (Time), in the sense that the former dealt primarily with life, while the latter was concerned with mortality. Similarly, Chapter 2 (Body) explores how out of synch with our world we have become, while Chapter 6 (Nature) offers a solution: to re-engage with the natural world. Chapter 3 (Home) examines our relative lack of a sense of belonging, while Chapter 5 (City and Country) shows how by rethinking the ways we inhabit land, we can regain our sense of home. It is not insignificant that this mirroring effect should have revolved around the central Chapter 4 (Society), which I came to realise was indeed pivotal, since the manner in which we share is key to all the rest.

      These two drawings – the original sketch exploring the scales of food and the chapter structure – were key to the creation of Sitopia. The first was the direct inspiration for the book and the second, drawn about half-way through the writing process, became pivotal to my understanding, not just of the book’s narrative structure, but of the way in which it echoes that of our experienced world. The Allegory of Sitopia, which illustrates many of these themes, was kindly drawn for me by the wonderful artist Miriam Escofet and forms the frontispiece of the book.

      https://www.carolynsteel.com/sitopiabook
      #livre #alimentation #nourriture

    • Carolyn Steel : « L’habitat idéal pour un animal politique est d’avoir un pied en ville et l’autre à la campagne »

      Dans son nouveau livre, l’architecte urbaniste britannique plaide pour une réorganisation de la #ville à partir des besoins en alimentation.

      Architecte urbaniste britannique, Carolyn Steel voit dans la nourriture « la clé de la ville » mais constate que « nous n’en parlons pas, nous ne voyons pas d’où elle vient ». Paru en mars 2020, Sitopia. How Food Can Save the World (« Sitopie. Comment la nourriture peut sauver le monde », Chatto & Windus, non traduit) invite à repenser villes, multinationales, écologies et relations humaines. Ambitieux projet qu’elle justifie en écrivant que « la nourriture, le support omniprésent de la civilisation, a toujours façonné le monde, pas toujours pour le mieux ».

      Votre travail vous a fait découvrir ce que vous appelez le « #paradoxe_urbain ». Qu’entendez-vous par là ?

      J’ai étudié l’architecture, où nous parlions sans arrêt des villes et de l’#urbanisation croissante sans jamais aborder les enjeux liés à la #campagne, soit l’autre face du phénomène. C’est là qu’a lieu la #production_agricole sans laquelle nous n’existerions pas.

      Aristote souligne notre dualité fondamentale en disant que nous sommes des animaux politiques. Nous avons besoin de la société et de nourriture provenant du milieu naturel. Les villes produisent le côté politique, mais pas ce qui nous rend heureux et nous permet de prospérer en tant qu’animaux. Voilà le paradoxe urbain.

      L’habitat idéal pour un animal politique est d’avoir un pied en ville et l’autre à la campagne. Les riches ont toujours fait ça. C’est bien entendu ce que nous voulons tous mais la plupart d’entre nous n’en ont pas les moyens. Ça devient un problème de design : comment on peut concevoir un environnement dans lequel les animaux politiques peuvent s’épanouir et apprendre. En reconnaissant le paradoxe, nous pouvons transformer notre manière de concevoir les espaces dans lesquels nous vivons.

      Comment expliquez-nous qu’on ne prête pas davantage attention à la manière de nourrir nos villes ?

      La nourriture pâtit d’un gros problème d’invisibilité. Jadis, les animaux étaient conduits jusqu’en plein centre. Les marchés renforçaient la relation entre villes et campagnes de manière vivante.

      Mais nous avons perdu tout ça avec les chemins de fer qui ont rendu possible le transport de nourriture rapidement et sur de longues distances. Pour la première fois, on pouvait construire des villes loin des côtes et des rivières. Cela a marqué le début de l’urbanisation massive. Les gens ignoraient de plus en plus d’où provenait leur alimentation.

      Nos ancêtres savaient que le contrôle de la nourriture constituait une forme de pouvoir. Aujourd’hui, une poignée de multinationales en a plus que certains Etats-nations. La conséquence la plus grave est l’illusion que la nourriture créée par l’industrialisation peut être « bon marché ».

      Cela engendre une #catastrophe_écologique. Nous traitons les animaux avec cruauté et les travailleurs agricoles presque comme des esclaves (parfois littéralement). La production industrielle de nourriture, facteur de déforestation, est responsable pour un tiers de l’émission des gaz à effet de serre.

      Vous développez ces points dans votre premier livre, Ville affamée. Avec Sitopia que vous venez de publier, vous allez plus loin. Qu’entendez-vous par « économie sitopienne » ?

      L’idée de Sitopie, du grec sitos, « nourriture », et topos, « lieu », m’est venue à la fin de Ville affamée. J’ai réalisé que nous vivions dans un monde façonné par la nourriture, mais mal façonné. Elle est la meilleure connexion entre nous et nous rapproche aussi du monde naturel. La traiter comme un bien de peu de prix et en externaliser les coûts met nos valeurs sens dessus dessous. Je propose d’aller vers un système de nourriture fondé sur sa valeur réelle. Premier gain, si nous répercutions à nouveau ses coûts réels sur son prix, les produits artisanaux et écologiques nous sembleraient de véritables aubaines, puisque ce sont les seuls qui internalisent de tels coûts.

      Ensuite, nous nous rendrions compte qu’une partie de la population n’a pas les moyens de se nourrir. C’est pourquoi je propose le contrat social « sitopien » : je mange bien, tu manges bien aussi. Mon image d’une bonne société est celle où nous nous asseyons et mangeons ensemble autour d’une table. C’est reconnaître que manger, c’est ce qui nous unit aux autres et à l’ensemble du système écologique. Construire notre société autour du partage d’un bon repas tous les jours, telle est l’idée de base.

      Ça n’est pas une idée entièrement nouvelle…

      Elle s’inspire en effet du concept de cité-jardin, inventé en 1898 par Ebenezer Howard à l’issue d’une crise agricole provoquée, en Grande-Bretagne, par des importations à bas coûts de céréales américaines. Comme le Brexit auquel je m’oppose.

      L’idée était de construire de nouveaux centres urbains, petits et compacts sur des terres agricoles achetées à bas prix du fait de la dépression. Ce ne serait pas le propriétaire qui s’enrichirait (comme à la ville), mais la ville qui achèterait les terres agricoles pour la communauté et les mettrait à disposition de ses membres moyennant une rente foncière. A mesure qu’elle augmenterait – c’est inévitable si vous construisez une nouvelle ville au milieu de nulle part –, l’argent serait utilisé pour financer les transports publics, la santé, etc. Une sorte d’Etat-providence à l’échelle d’une ville.

      Valoriser la nourriture mènerait, selon vous, à une renaissance rurale. Comment voyez-vous le futur des villes ?

      Il y a, d’abord, l’aspect spatial. Plus les villes grandissent, plus les campagnes s’éloignent pour ceux qui vivent en leur centre. Je propose de rétablir la relation entre la ville et sa région, et d’introduire l’espace de production de nourriture dans la ville. L’Europe est pleine d’espaces inefficaces structurés par le béton, qui pourraient devenir productifs. Nombre de terrains pourraient être convertis en jardins, vergers, fermes communaux. Bien entendu, cela ne pourra jamais nourrir la ville dans sa totalité mais ça peut redonner aux gens accès à la nature.

      Comment voyez-vous l’impact du Covid-19 sur le système alimentaire que vous dénoncez ?

      Il y a eu un aspect positif. Dans les pays riches, on a redécouvert le plaisir de manger. Les gens ont disposé de plus de temps. Ils se sont mis à cuisiner avec leurs enfants mais aussi pour leurs voisins. Ils ont veillé au bien-être de la dame âgée en bas de la rue. La nourriture a retrouvé son pouvoir de rassemblement.

      Mais le négatif est peut-être plus important. La pandémie est venue exacerber les inégalités et beaucoup de gens ont dû se rabattre sur les banques alimentaires.

      Par ailleurs, de nouvelles connexions se sont créées entre consommateurs et producteurs mais personne ne veut faire les récoltes en Grande-Bretagne (ce qui fait ressortir la fragilité du pays). Nous sommes une société qui refuse littéralement de se nourrir. Si vous payez 30 livres par heure pour récolter des carottes, je peux vous dire que vous en trouverez des gens ! Une fois de plus, la valeur est biaisée.

      Quelles conséquences tout cela pourrait-il entraîner ?

      De nombreux petits producteurs, petites entreprises alimentaires et petits restaurants indépendants ne survivront pas au profit des Starbucks, McDonald’s, Amazon et Google. Cela m’attriste et me bouleverse, mais c’est presque inévitable.

      J’espère, par contre, sincèrement – c’est plus un souhait qu’autre chose – que les Sitopiens qui comprennent la valeur de la nourriture et son pouvoir utiliseront le Covid-19 pour dire : nous avons découvert ce qui compte vraiment dans la vie, avoir un emploi décent, de quoi manger et un toit sur la tête. Nous avons les moyens d’assurer ça.

      Le New Green Deal [« nouvelle donne verte »] va dans ce sens. Il y a là une chance unique de bien faire les choses.
      Vous incitez à accepter la complexité pour comprendre le rôle essentiel de la nourriture, mais vous en faites une voie unique pour comprendre le monde. N’est-ce pas contradictoire ?

      Vous avez mis le doigt sur ce que j’aime le plus avec la nourriture. Elle est à la fois la chose la plus simple – si simple qu’on peine à la voir – et la plus complexe. Un outil, un moyen et une manière de penser et d’agir. Toutes ces questions reviennent à bien se traiter les uns les autres, à être dans une société égalitaire.

      Pour y parvenir, vous faites appel aux anarchistes et à une conception différente de la taxe foncière…

      Ils ont eu une grande influence sur Ebenezer Howard et sa proposition de cité-jardin. L’idée de base – elle vient de Proudhon – consiste à distinguer la « propriété individuelle privée » (proprietorship), qui permet de dire « c’est ma terre à perpétuité, elle n’appartient à personne d’autre », et la « possession » de la surface dont j’ai besoin pour cultiver et/ou pour vivre… mais qui appartient, en dernière instance, à la société. C’est une conception différente de la propriété foncière qui ouvre la porte à un nouveau type d’imposition, notamment pour les villes.

  • En Iran, une défiance croissante entre la population et le régime, Madjid Zerrouky

    Un rapport diffusé dans l’administration en début d’année s’inquiétait de « l’effondrement des valeurs » et prônait une série de nouvelles mesures répressives pour imposer le #hidjab : patrouilles, vidéosurveillance et centres de rééducation.

    Le régime iranien a beau répéter que le mouvement de contestation auquel il fait face est le fait d’« émeutiers » utilisant la « malheureuse mort d’une jeune fille pour semer le chaos », il n’aurait pas dû être surpris par la déferlante qui a suivi la mort, le 16 septembre, de Mahsa Amini, après son arrestation par la police des mœurs. Les signaux s’accumulaient ces derniers temps. Et l’administration de la République islamique a elle-même donné l’alerte dans un document intitulé « Projet chasteté et hidjab ».

    Le rapport de deux cent dix-neuf pages rédigé par le Quartier général de la promotion de la vertu et de la prévention du vice détaille le positionnement et la politique du régime en matière de port du hidjab. Distribué au début de l’année aux agences gouvernementales chargées du maintien de l’ordre, avant d’être rendu public cet été, il éclaire la récente campagne de l’Etat qui vise à imposer un port du voile plus strict aux femmes. Celle-là même qui a coûté la vie à Mahsa Amini et à cent cinquante-quatre manifestants depuis le début de la contestation.

    Dans l’esprit des rédacteurs, il s’agit d’endiguer la perte d’influence idéologique du régime et l’affaiblissement de son contrôle sur la société en insistant sur l’obligation pour les femmes de porter le foulard, symbole de l’union du clergé et des militaires qui caractérise la République islamique. Or, cette influence, relèvent-ils, s’effriterait rapidement et dangereusement, et la société iranienne ne serait plus au diapason des dirigeants du pays.

    « 62 % des femmes n’approuvent pas le hidjab »

    Le nombre d’Iraniens hostiles au renforcement du port du voile, observent-ils, augmenterait de jour en jour. « 62 % des femmes n’approuvent pas ou ne portent pas régulièrement le hidjab islamique complet », le tchador, note le rapport. « Et certains citoyens ont commencé à s’opposer à ceux qui préviennent le vice. » Soit les agents de la police des mœurs.

    Pour les rédacteurs, il convient donc de repasser à l’offensive et de reconquérir les cœurs et les esprits. Ou, à défaut, l’espace public et le domaine informationnel. En multipliant les patrouilles et le recours à la vidéosurveillance ; en ouvrant des centres de rééducation, voire en coupant Internet aux femmes jugées trop récalcitrantes. Une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement est même prescrite à l’encontre de tout Iranien qui publierait en ligne des contenus contre le hidjab obligatoire.

    Le document suggère aussi qu’une « guerre psychologique » menée par « l’ennemi » inciterait les femmes iraniennes à se détourner du hidjab. La sphère numérique est ainsi considérée comme un champ de bataille qu’il s’agit de ne pas négliger. Bousculé par les manifestants, le régime n’a pas hésité, au sortir de la première semaine du mouvement de contestation, à priver les Iraniens de toute communication en ligne en coupant le réseau.

    « Malgré le fait qu’une majorité relative des gens considèrent le hidjab comme obligatoire et légitime, la comparaison des résultats de cette recherche avec l’enquête précédente, réalisée en 2016, montre une diminution de la part de ceux qui soutiennent la légalité de l’obligation imposée de la charia. Alors qu’en 2016 environ 73 % des personnes déclaraient que l’imposition du port du hidjab était légale ; en 2021, ce chiffre a diminué pour atteindre 58,5 % », s’inquiètent également les rédacteurs.

    Mouvement de fond

    Parmi les villes étudiées, le taux d’approbation varie : s’il atteint 71,8 % à Qom, une ville sainte qui abrite des dizaines de séminaires du clergé chiite et où résident nombre d’ayatollahs, il s’effondre à 39 % à Téhéran, la capitale, cœur politique, économique et culturel du pays. Ses dix millions d’habitants « sont les moins convaincus du fait que le port du hidjab fait partie des règles obligatoires de l’islam ». En outre, la moitié des moins de 30 ans conviendraient que les femmes ont le droit de ne pas se conformer aux règles sur le port du hidjab.

    Ces chiffres, qui révèlent un mouvement de fond, sont probablement sous-estimés. En 2018, une étude publiée par la Revue d’économie politique à partir des données de « l’Enquête sur les valeurs et attitudes des Iraniens », réalisée par le ministère de la culture et de l’orientation islamique, auprès de quinze mille personnes, concluait, elle, que 78 % des Iraniens étaient en faveur d’un « hidjab facultatif », à l’opposé d’un « hidjab obligatoire ». Les questions, neutres, ne sous-tendaient pas alors un positionnement pour ou contre la religion et le voile, contrairement à l’enquête du « Projet chasteté et hidjab », tout en relevant les mêmes tendances générationnelles et géographiques.

    Les promoteurs de « la défense de la vertu » imputent à la « modernité » ces changements, non sans exprimer une forme d’impuissance face à ce basculement de la société. « Il ne fait aucun doute que le monde moderne apporte des avancées technologiques. Des avantages tels que la facilité de communiquer, l’accès à l’information, l’expansion de l’éducation et de la santé, et l’espoir d’une vie meilleure. Mais cela crée aussi des dommages dans le domaine de la culture et des systèmes sociaux, tels que l’effondrement des valeurs ou le déclin de l’institution familiale », analysent-ils.

    Et de constater, non sans inquiétude, « qu’avec la prédominance de la majorité urbaine (74 %) dans la société iranienne et l’expansion de la classe moyenne urbaine, la multiplication de lieux de rencontre pour des groupes tels que les artistes, les athlètes, les activistes dans les domaines scientifique, culturel et médiatique, le lien de ces couches avec la culture et les valeurs mondialisées s’est approfondi ».
    « Beaucoup de gens ne savent pas que l’Iran est urbain à 75 %, que le taux d’alphabétisation avoisine les 100 % pour les personnes âgées de 6 à 24 ans et qu’il y a presque quatre millions d’étudiants dans les universités iraniennes, dont une majorité de femmes. Que chaque Iranienne ne donne naissance qu’à 1,6 enfant maintenant contre sept au début de la révolution » , rappelle Azadeh Kian, professeure de sociologie à l’université Paris Cité.

    Le sort de Mahsa Amini illustre tragiquement ce paradoxe de la République islamique, capable de garantir des études primaires, secondaires et universitaires à une jeune fille d’une province déshéritée, tout en la privant de ses libertés fondamentales. Jusqu’à provoquer sa mort.

    « Les valeurs sociétales évoluent rapidement dans toutes les couches de revenus en Iran, et le clivage sociétal semble être générationnel plutôt que fondé sur la classe sociale, écrit, pour sa part, Ali Alfoneh, expert de l’Arab Gulf States Institute à Washington. Les jeunes Iraniennes défavorisées s’identifient davantage aux femmes de la classe moyenne qui ne couvrent pas entièrement leurs cheveux d’un hidjab et ne les considèrent plus comme décadentes. »

    Convergence des colères

    Cela faciliterait d’autant plus une convergence des colères de la société iranienne : le scénario du pire pour le régime, alors que le mouvement de contestation actuel est le troisième épisode de manifestations auquel il est confronté en cinq ans. Les révoltes des hivers de 2017 et de 2019, violemment réprimées, portaient, elles, sur des revendications socio-économiques.

    Plus haute autorité politique et religieuse du pays, le guide suprême, Ali Khamenei, est sorti de son silence, lundi 3 octobre. Il s’en est violemment pris à « certains qui, sans enquête et sans que rien ne soit avéré [concernant le décès de Mahsa Amini], rendent les rues dangereuses, brûlent le Coran, les mosquées et les voitures, et retirent le foulard des femmes voilées ». Mais il a également concédé que les femmes peuvent être des partisanes de la République islamique même si leur port du hidjab est déficient.

    « Cette société se modernise et aspire à des valeurs modernes face à un pouvoir qui se sclérose, avec des institutions et des lois moyenâgeuses. Les tensions augmentent et vont augmenter », estime Azadeh Kian, pour qui « une révolution culturelle a commencé ». Le mouvement de contestation vient d’entrer dans sa quatrième semaine.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/en-iran-l-enquete-premonitoire-de-la-police-des-m-urs-sur-le-port-du-voile_6

    #soulèvement #Iran #villes #mollarchie #dictature #tchador #clergé #police_des_mœurs #charia #Kurdistan ( Femmes, vie, liberté ! est un slogan qui a été inventé et lancé par le néo #PKK) #Révolution_culturelle #femmes #Révolution

    44 ans !! un rappel des précédents soulèvements
    https://seenthis.net/messages/975034

    • Le régime iranien cible les VPN pour limiter l’accès à Internet
      https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/le-regime-iranien-cible-les-vpn-pour-limiter-l-acces-a-internet_6144812_3210

      Très utilisés par les Iraniens, les réseaux privés virtuels permettent de contourner la censure mise en place depuis le début des manifestations, mais ils font l’objet d’une traque par les autorités.

      [...]

      Depuis le début des manifestations, des spécialistes d’Internet ont relevé une importante avancée technologique du régime. « Nous avons constaté que les autorités utilisent, de manière constante, une technologie sophistiquée pour traquer les VPN qu’ils neutralisent les uns après les autres ; ce qui fait que les Iraniens ont beaucoup de mal à trouver un VPN qui marche », explique la chercheuse Mahsa Alimardani, de l’ONG britannique pour la liberté d’expression Article 19. Selon elle, la provenance de cette technologie reste un mystère.

      https://justpaste.it/5guoi

      #contre_pouvoir #guerre_électronique #information #coordination #organisation #VPN

    • En Iran, la prise de conscience de la jeunesse : « C’est une génération qui n’accepte pas facilement ce qu’on lui dicte »

      Dans certains lycées, des filles se prennent en photo sans voile, obligatoire même à l’intérieur des écoles, qui sont séparées de celles des garçons. Mahboubeh, qui travaille comme institutrice dans un lycée de la ville très religieuse et conservatrice d’Ispahan (centre de l’Iran), est témoin de ce changement générationnel et de cette nouveauté. Le 4 octobre, ses élèves ont refusé pendant trois heures d’aller en cours. Elles ont déchiré la page de leur manuel portant le portrait du Guide suprême, Ali Khamenei, la première autorité du pays, l’ont jetée par terre et ont marché dessus. Des gens venus du ministère de l’éducation étaient présents dans l’école et filmaient les élèves dans le but de leur faire peur. « Ils ont essayé de parler aux filles, de manière très maladroite. Ils leur disaient : “Nous ne sommes quand même pas l’Arabie saoudite. Là-bas, ils coupent la tête des opposants.” Ça n’a pas marché. »

      En trente ans de carrière, Mahboubeh a vu passer des générations de lycéennes. Année après année, cette Iranienne d’une cinquantaine d’années a senti de près à quel point ces jeunes filles sont devenues « conscientes » de leurs droits et de ce que la République islamique d’Iran leur refusait. « Lundi, elles m’ont bluffée par leur audace. Elles faisaient part ouvertement de leurs revendications : elles ne veulent pas seulement des libertés individuelles, mais aussi la liberté de parole, la libération des prisonniers politiques et l’amélioration de la situation économique, explique-t-elle. Elles savent très bien qu’il existe des endroits dans le monde où les gens vivent plus tranquillement qu’ici. C’est une génération qui n’accepte pas facilement ce qu’on lui dicte. »

      Sarina Esmail Zadeh, tuée pendant les manifestations dans la ville de Karadj (au nord-ouest de Téhéran), le 23 septembre, avait aussi l’âge des lycéennes de Mahboubeh. Sur YouTube, la jeune fille de 16 ans publiait des vidéos de sa vie quotidienne. Dans l’une d’elles, Sarina, assise face à la caméra, portant un tee-shirt, ses ongles peints en noir, exprime avec beaucoup de clarté ce changement générationnel et le défi que cela pose à la République islamique d’Iran. « Nous souffrons des restrictions plus que les garçons, notamment sur la question du port obligatoire du voile, affirme-t-elle. On ne peut même pas entrer dans les stades. Nous le savons tous. Ce n’est pas comme il y a vingt ans où les adolescents en Iran ne connaissaient rien à la situation de leurs pairs ailleurs. On voit les gens qui profitent de leur vie. On se demande pourquoi nous ne pouvons pas faire pareil ? »

      https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/07/en-iran-le-regime-face-a-la-prise-de-conscience-de-la-jeunesse-c-est-une-gen

      institutions disciplinaires et de contrôle en crise. "la jeunesse" (comme dit L’éMonde) de les filles, scolarisées (faux pas, faut pas, les Talibans l’ont bien compris, s’agirait de rester non-urbains), elle sort en cheveux comme on disait ici autrefois

    • aujourd’hui, le poste de police du bazar de Téhéran a été incendié par des manifestants

      « Rejoignez-nous et soulevez-vous » Incroyable ! Le grand journal de la télévision iranienne a été hacké ce soir. L’image de #Mahsa_Amini et celles de trois autres victimes des protestations ont été affichées sur l’écran. #NikaShakarami #SarinaEsmaeilzadeh #Hadis_Najafi #Iran

      https://twitter.com/FaridVahiid/status/1578830272673431552

      Farid Vahid @FaridVahiid

    • Je me souviens quand on documentait les covid longs au début, avec des fourchettes estimatives entre 10 et 30% des infectés et que je ne parlais que de 10% tellement ce chiffre était énorme… et pas crédible en population générale.

      Les séquelles ont toujours été un impensé. Alors qu’on arrive aux 3 ans, les gens continuent à se foutre de mon masque en mode  : « c’est bon, tu ne vas pas crever  ! »

      Le fait que je n’ai pas envie de finir mes jours handicapée n’est pas audible. Le fait que c’est catastrophique de faire ça à plusieurs générations de gosses est carrément dangereux à dire et rend les gens agressifs : ils ont tellement gueulé pour garder les écoles ouvertes… lesquelles vont fermer pour cause de chauffage trop cher…

    • Je ne sais pas si c’est documenté avec des études mais j’ai cru comprendre que c’était surtout les pays occidentaux qui rejetaient toute mesure sanitaire de base.

      Je serai pas trop étonné si un jour une étude établi un lien de cette sorte :
      Capitalisme—>individualisme et mise en avant de l’égo—>rejet des mesures sanitaires

      Et sinon les commentaires acerbes sur les masques commencent à devenir agressifs chez moi...(chez toi aussi apparemment vu ce que tu décris) donc ouais, essayer d’expliquer ce qui est décrit dans l’article...c’est même pas la peine (moi j’en ai dans ma famille qui se bourrent d’algues blindées de métaux lourds pour renforcer leur système immunitaire, comme ça youpi, pas besoin d’avoir des vaccins qui te transforme en aimant. Donc quand tu es sur cette base...tu manges ton repas en pensant à autre chose pendant les repas de famille)

    • J’ai eu un échange ce matin qui m’enquiquine. « si on laisse notre fils au lycée sans masque, dans 3 semaines, le covid est de retour à la maison ». « oui, on verra, tant pis ». « je ne suis pas pour ce massacre sans fin ». Je ne suis pas certain d’avoir été entendu. Je suis minoritaire. Au bureau, mes nouveaux voisins continuent de fermer à 9h les fenêtres des communs, que j’ouvre en arrivant à 8h. Non seulement on ne veut pas porter de masque, mais en plus, on ne veut pas aérer, parce que j’imagine qu’il fait froid et qu’on ne va pas attraper froid, ça serait idiot. Oui, c’est sans doute moi l’idiot. A moins que ce soit pour des motifs d’économie d’énergie. Sans doute. Tout cela est très lourd.

    • Ben déjà, par définition, plus de repas de famille depuis bientôt 3 ans.

      Là, on part faire la tournée des malades de la dite famille pour livrer les courses.
      Comme elles se font tabasser, en ce moment je suis prise au sérieux… mais dès que ça ira mieux, on va encore vouloir buter le messager.

      Ma fille passe aussi son temps à faire la guerre des fenêtres dans sa nouvelle école. C’est fête.
      Il se passe plein de trucs intéressants dans cette école et elle passe son temps à biffer les trucs non covid-proof…

    • ah ah
      je te raconte ma vie
      Mon frangin que j’ai pas vu depuis je sais plus combien de mois :
      Eh j’arrive dans 1h (euh...Sérieux ?), au fait la petite à de la fièvre depuis hier soir, t’as un doliprane ?
      et comme il arrive...tout le monde débarque aussi...
      et voilà, repas de famille en mode cluster où j’ai pas le choix !

      et chez moi je sais pas comment ils font...mais ils ont que dalle ! rien ! Alors qu’ils font absolument tout pour l’avoir vénère...

      donc j’ai aucune crédibilité.
      Pareil amis, voisins...c’est qu’un rhume, tu fais pitié avec ton masque..

    • Les flingués du covid long existent, mais ils se cachent, et... on n’en parle pas.
      On avait des amis à manger ce WE, le père a 79 ans, il s’est pris un (ou plusieurs) covid et il est en triste état ; problèmes de déplacement, douleurs, du mal à se tenir droit. Il a l’âge aussi, mais... il y a bien un avant-après.
      Mais il a l’âge. Alors, c’est normal. Et c’est la vie. Etc.

    • le pire du pire n’est pas certain. difficile de faire la part des pathologies covid longs transitoires (à l’instar des effets secondaires des vaccins), très hétérogènes, de gravité excessivement variables, et des séquelles, dégénératifs ou pas, ainsi que des rebonds dûs à l’infection (déclenchement plus tardifs d’effets importants) du (des !) #covid_long

      edit ce sera moins aisé à invisibiliser que ce qui se produit chez les vieux, moins facile à légitimer que les dégâts chez les immunodéprimés, car un des coeurs de cibles des covid longs c’est les femmes adultes pas encore ménopausées (berdol dans les familles et l’emploi, présence de nombreuses « cadres » aptes à faire savoir, cf. aprèsJ20).
      #post-covid

    • Perso, je crois que tout le monde a bien compris que je suis Gandalf sur le pont.

      Cet été, une cousine qui a tenté un forcing avec son fils en stage dans notre ville… genre, en ayant anticipé qu’on l’hébergerait. Ce qu’on aurait fait avec plaisir… dans un monde alternatif.

      Elle nous a fait bien savoir qu’il avait été OBLIGÉ d’annuler son stage.

      Tu sais quoi  : j’en ai rien à foutre  ! (et ce sont des gens que j’aime beaucoup en temps normal, mais je ne vais pas porter la charge de leur connerie… en aucun cas  !)

  • On a rarement entendu un tel aveu de #violence-politique

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1574366702661402626/pu/vid/1280x720/rGJsAGnMoHxhjpY8.mp4?tag=12

    Et surtout c’est la preuve que le #macronisme n’est en rien un parti centriste, c’est la #droite-dure, très dure, la plus dure que nous ayons eu en France ...
    #essec-business-school #réforme-retraites à venir
    https://twitter.com/DiscordDebout/status/1576268762138873858?cxt=HHwWhMCo3c6FhOArAAAA
    « Et ça passe ! »

    Gouverner contre les peuples, le tuto.

    Tant que les braves gens ne bougent pas une oreille, ces hommes à tout faire de l’oligarchie tapent et tapent encore...
    #maltraitance #choix-de-la-pauvreté #Et-ça-Passe

  • Des #livreurs #Uber_Eats sans-papiers réclament leur régularisation
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/09/24/des-livreurs-uber-eats-sans-papiers-reclament-leur-regularisation_6142974_32

    Plus de 2 500 travailleurs sans titre de séjour ont vu leurs comptes désactivés par la plate-forme et n’ont désormais plus de revenus.

    Ils sont là, juchés sur leur vélo, appuyés sur leur scooter. Et ils attendent. Quelques minutes ou bien des heures, la notification sur leur téléphone qui leur signifiera qu’une commande a été passée dans un des fast-foods qui les entourent et attend d’être livrée. Nous sommes place de Clichy, dans le 17e arrondissement de Paris, un des lieux de la capitale où se regroupent des livreurs en deux-roues.

    Ceux-là travaillent pour la plate-forme américaine Uber Eats. Amidou, un Ivoirien de 37 ans, en France depuis 2019, a d’abord « bossé un peu dans le bâtiment ». « Je montais des échafaudages mais le mec ne payait pas alors j’ai rejoint des potes qui faisaient de la livraison. » Toutes les courses qu’il a réalisées ont été enregistrées sur l’application Uber Eats. Il nous montre à quoi ressemble une « bonne semaine » : plus de soixante-dix heures travaillées, payées 500 euros. Une autre semaine, il a cumulé « seulement » cinquante heures pour 263 euros, soit un peu plus de 5 euros de l’heure. Son collègue Aboubakar, un Guinéen de 25 ans, affiche pas moins de 12 000 courses depuis qu’il a rejoint la plate-forme en juin 2020, pour un revenu moyen de 400 euros par semaine.

    Ce jour-là, tous ceux croisés place de Clichy sont sans-papiers. « Si t’as les papiers français, tu ne vas pas faire livreur », assure Aboubakar. « Des livreurs français, je n’en connais pas », abonde Amidou.

    « Dégradation des conditions de travail »

    Difficile de jauger la part des sans-papiers qui font tourner les plates-formes comme Uber Eats. Pour intégrer les flottes, ils utilisent parfois le compte qu’un compatriote en règle leur loue pour une centaine d’euros par semaine, ou font valoir des documents d’identité falsifiés.

    Des pratiques qui ont amené Uber Eats à désactiver récemment plus de 2 500 comptes de travailleurs identifiés comme frauduleux, sur un total de 60 000 comptes actifs. En protestation, le 12 septembre, plusieurs centaines de livreurs sans-papiers ont défilé dans Paris (350 selon la police, 750 selon les organisateurs), et se sont rendus devant le siège français d’Uber Eats. D’habitude cantonnés à la discrétion en raison de leur situation administrative irrégulière, ces livreurs ont décidé de sortir de l’ombre pour réclamer leur régularisation.