Archive Internet des marxistes

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  • Facebook news chief to media: ‘Work with Facebook or die’ / Boing Boing
    https://boingboing.net/2018/08/13/facebook-news-chief-to-media.html

    The Australian reports that Facebook media relations chief Campbell Brown privately disclosed that Mark Zuckerberg is indifferent to publishers and offers the news media a simple choice: “Work with Facebook or die.”

    A senior Facebook executive has privately admitted Mark Zuckerberg “doesn’t care” about publishers and warned that if they did not work with the social media giant, “I’ll be holding your hands with your dying business like in a ­hospice”.

    That’s a strange thought, isn’t it? Right down to how an attempt at intimidation is undermined its own awkward spitefulness.

    Still, she (invoking he), is effectively threatening to destroy news publishers unless they comply with Facebook’s vision for their future. So everyone has work to do.

    Brown was hired last year after to help Facebook “smooth over its strained ties to the news media.”

    But Facebook executives said they were hiring Ms. Brown for her understanding of the news industry as a onetime White House correspondent, co-anchor of “Weekend Today” and primary substitute anchor of “Nightly News” at NBC News, and prime-time anchor on CNN, which she left in 2010.

    Some commentators noted Ms. Brown’s ties to the Republican donor Betsy DeVos, Mr. Trump’s nominee to lead the Department of Education. Ms. DeVos’s family foundation funds The 74, an education-focused journalism site co-founded and led by Ms. Brown.

    Hiring a DeVos crony to deal with fake news and media relations quickly became the Facebook Executives Puzzled By Human Emotion trainwreck it promised to be: Brown was last in the news threatening to sue The Guardian for breaking the Cambridge Analytica story.

    #médias #disruption

  • Youtube Streik : Wofür Youtuber jetzt kämpfen | WALULYSE - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=UcBqKDNrMHk

    Les creators de Youtube fondent un syndicat pour défendre leur intérêts contre la corporation géante. Ironie de l’histoire, c’est au pays de Karl Marx que s’organisent les canuts du XXIème siècle.

    S’agit-il encore d’un exemple pour le phénomène que notre Karl à nous commente d’une manière ironique ou assistons-nous à la naissance du mouvement ouvrier du XXIème siècle suivant la déscription de Mathilde Larrère ?
    https://seenthis.net/messages/708076
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm

    Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.

    A Viral Slingshot Channel Started a YouTuber’s Union - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/en_us/article/pam5mk/youtube-union-slingshot-channel-jorg-sprave

    With almost 10,000 ’members’ behind him, Jörg Sprave wants to show Google that YouTubers have the power to negotiate better working conditions.

    Creators, Users... To Arms ! Join the YouTubers Union. - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=q7RfYt_p2mk&vl=en

    Youtubers Union | United We Stand
    https://youtubersunion.org

    Welcome to the official homepage of the YouTubers Union!

    We are a community based movement that fights for the rights of YouTube Creators and Users. Our core demands are:

    Monetize everyone - Bring back monetization for smaller channels.
    Disable the bots - At least verified partners have the right to speak to a real person if you plan to remove their channel.
    Transparent content decisions - Open up direct communication between the censors ("content department") and the Creators.
    Pay for the views - Stop using demonetized channels as “bait” to advertise monetized videos.
    Stop demonetization as a whole - If a video is in line with your rules, allow ads on an even scale.
    Equal treatment for all partners - Stop preferring some creators over others. No more “YouTube Preferred”.
    Pay according to delivered value - Spread out the ad money over all YouTubers based on audience retention, not on ads next to the content.
    Clarify the rules - Bring out clear rules with clear examples about what is OK and what is a No-No.
    Everyone is welcome to join - we need you! No matter if you are PewDiePie or just a user.
    You don’t have to pay any money and you have zero obligations.
    You can join us simply be becoming a member of our Facebook group and/or by joining our forum.

    United We Stand!

    Jörg Sprave

    #disruption #internet #WWW #vidéo #médias #syndicalisme #grève #théorie_de_la_valeur #marxisme #BIG5

  • Comment vaincre le fascisme ?
    Ernest Mandel

    Introduction :
    La théorie du fascisme chez Léon Trotsky
    https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/cvf/cvf_intro.html

    a) La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, d’une crise structurelle, qui, comme dans les années 1929-1933, peut coïncider avec une crise économique classique de surproduction, mais qui dépasse largement une telle oscillation de la conjoncture. Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation « naturelle » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

    b) Dans les conditions de l’impérialisme et du mouvement ouvrier contemporain, historiquement développé, la domination politique de la bourgeoisie s’exerce le plus avantageusement - c’est-à-dire avec les coûts les plus réduits - au moyen de la démocratie parlementaire bourgeoise qui offre, entre autres, le double avantage de désamorcer périodiquement les contradictions explosives de la société par certaines réformes sociales, et de faire participer, directement ou indirectement, à l’exercice du pouvoir politique, un secteur important de la classe bourgeoise (au travers des partis bourgeois, des journaux, des universités, des organisations patronales, des administrations communales et régionales, des sommets de l’appareil d’Etat, du système de la Banque centrale). Cette forme de la domination de la grande bourgeoisie - en aucun cas la seule, du point de vue historique [1] - est toutefois déterminée par un équilibre très instable des rapports de forces économiques et sociaux. Que cet équilibre vienne à être détruit par le développement objectif, et il ne reste plus alors à la grande bourgeoisie qu’une seule issue : essayer, au prix du renoncement à l’exercice direct du pouvoir politique, de mettre en place une forme supérieure de centralisation du pouvoir exécutif pour la réalisation de ses intérêts historiques. Historiquement, le fascisme est donc à la fois la réalisation et la négation des tendances inhérentes au capital monopoliste et qu’Hilferding, le premier, a décelées, à « organiser » de façon « totalitaire » la vie de toute la société dans son intérêt [2] : réalisation, parce que le fascisme a en fin de compte rempli cette fonction ; négation, parce que, contrairement aux idées d’Hilferding, il ne pouvait remplir cette fonction que par une expropriation politique en profondeur de la bourgeoisie [3].

  • Karl Marx: Ökonomisch-philosophische Manuskripte
    3. Manuskript - Kritik der Hegelschen Dialektik und Philosophie überhaupt
    http://www.mlwerke.de/me/me40/me40_568.htm

    Es sind nun die positiven Momente den Hegelschen Dialektik – innerhalb der Bestimmung der Entfremdung – zu fassen.

    a) Das Aufheben, als gegenständliche, die Entäußerung in sich zurücknehmende Bewegung. – Es ist dies die innerhalb den Entfremdung ausgedrückte Einsicht von der Aneignung des gegenständlichen Wesens durch die Aufhebung seiner Entfremdung, die entfremdete Einsicht in die wirkliche Vergegenständlichung des Menschen, in die wirkliche Aneignung seines gegenständlichen Wesens durch die Vernichtung der entfremdeten Bestimmung der gegenständlichen Welt, durch ihre Aufhebung, in ihrem entfremdeten Dasein, wie der Atheismus als Aufhebung Gottes das Werden des theoretischen Humanismus, der Kommunismus als Aufhebung des Privateigentums die Vindikation des wirklichen menschlichen Lebens als seines Eigentums ist, das Wenden des praktischen Humanismus ist, oder der Atheismus ist den durch Aufhebung der Religion, der Kommunismus der durch Aufhebung des Privateigentums mit sich vermittelte Humanismus. Erst durch die Aufhebung dieser Vermittelung – die aber eine notwendige Voraussetzung ist – wird den positiv von sich selbst beginnende, der positive Humanismus.

    Aber Atheismus, Kommunismus sind keine Flucht, keine Abstraktion, kein Verlieren der von dem Menschen erzeugten gegenständlichen Welt, seinen zur Gegenständlichkeit herausgebornen Wesenskräfte, keine zur unnatürlichen, unentwickelten Einfachheit zurückkehrende Armut. Sie sind vielmehr erst das wirkliche Werden, die wirklich für den Menschen gewordne Verwirklichung seines Wesens und seines Wesens als eines wirklichen.

    MIA: K. Marx - Manuscrits de 1844
    Critique de la dialectique de Hegel et de sa philosophie en général
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/km18440000_5.htm

    Considérons maintenant les moments positifs de la dialectique de Hegel - à l’intérieur de la détermination de l’aliénation.

    C’est, exprimée à l’intérieur de l’aliénation, ridée de l’appropriation de l’essence objective par la suppression de son aliénation. C’est la compréhension aliénée de l’objectivation réelle de l’homme, de l’ap­pro­priation réelle de son essence objective par l’anéantissement de la détermination aliénée du monde objectif, par sa suppression dans son existence aliénée, - de même que l’athéisme, suppression de Dieu, est le devenir de l’humanisme théorique, que le communis­me, abolition de la propriété privée, est la revendication de la vie réelle de l’homme comme sa propriété, le deve­nir de l’humanisme pratique ; en d’autres termes, l’athéisme est l’humanisme ramené à lui-même par le moyen terme de la suppression de la religion, le communisme est l’humanisme ramené à lui-même par celui de l’abolition de la propriété privée. Ce n’est que par la sup­pression de ce moyen terme - qui est toutefois une condition préalable nécessaire - que naît l’humanisme qui part positivement de lui-même, l’humanisme positif.

    Mais l’athéisme et le communisme ne sont pas une fuite, une abstraction, une perte du monde objectif engendré par l’homme, une perte de ses forces essentielles qui ont pris une forme objective. Ils ne sont pas une pauvreté qui retourne à la simplicité contre nature et non encore développée. Ils sont bien plutôt, pour la pre­mière fois, le devenir réel, la réalisation devenue réelle pour l’homme de son essence, et de son essence en tant qu’essence réelle.

    Economic and Philosophic Manuscripts of 1844
    Critique of Hegel’s Philosophy in General
    https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/hegel.htm

    It is now time to formulate the positive aspects of the Hegelian dialectic within the realm of estrangement.

    (a) Supersession as an objective movement of retracting the alienation into self. This is the insight, expressed within the estrangement, concerning the appropriation of the objective essence through the supersession of its estrangement; it is the estranged insight into the real objectification of man, into the real appropriation of his objective essence through the annihilation of the estranged character of the objective world, through the supersession of the objective world in its estranged mode of being. In the same way atheism, being the supersession of God, is the advent of theoretic humanism, and communism, as the supersession of private property, is the vindication of real human life as man’s possession and thus the advent of practical humanism, or atheism is humanism mediated with itself through the supersession of religion, whilst communism is humanism mediated with itself through the supersession of private property. Only through the supersession of this mediation – which is itself, however, a necessary premise – does positively self-deriving humanism, positive humanism, come into being.

    But atheism and communism are no flight, no abstraction, no loss of the objective world created by man – of man’s essential powers born to the realm of objectivity; they are not a returning in poverty to unnatural, primitive simplicity. On the contrary, they are but the first real emergence, the actual realisation for man of man’s essence and of his essence as something real.

    Marx and Engels Collected Works
    https://www.marxists.org/archive/marx/works/cw/index.htm

    many of the most valued works of Marx and Engels were translated by Progress Publishers in the USSR and some other works by other publishers, and are in the public domain, and may be found in the Marx-Engels archive on marxists.org.

    #philosophie #religion #athéisme #dialectique

    • Le manifeste du parti communiste - K. Marx, F. Engels (I)
      https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000a.htm

      Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot [1] , les radicaux de France et les policiers d’Allemagne.

      Quelle est l’opposition qui n’a pas été accusée de communisme par ses adversaires au pouvoir ? Quelle est l’opposition qui, à son tour, n’a pas renvoyé à ses adversaires de droite ou de gauche l’épithète infamante de communiste ?

      Il en résulte un double enseignement.

      – Déjà le communisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances d’Europe.
      – Il est grand temps que les communistes exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leurs buts et leurs tendances ; qu’ils opposent au conte du spectre communiste un manifeste du Parti lui-même.

      C’est à cette fin que des communistes de diverses nationalités se sont réunis à Londres et ont rédigé le Manifeste suivant, qui est publié en anglais, français, allemand, italien, flamand et danois.

      Communist Manifesto (Chapter 1)
      https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm

      A spectre is haunting Europe — the spectre of communism. All the powers of old Europe have entered into a holy alliance to exorcise this spectre: Pope and Tsar, Metternich and Guizot, French Radicals and German police-spies.

      Where is the party in opposition that has not been decried as communistic by its opponents in power? Where is the opposition that has not hurled back the branding reproach of communism, against the more advanced opposition parties, as well as against its reactionary adversaries?

      Two things result from this fact:

      I. Communism is already acknowledged by all European powers to be itself a power.
      II. It is high time that Communists should openly, in the face of the whole world, publish their views, their aims, their tendencies, and meet this nursery tale of the Spectre of Communism with a manifesto of the party itself.

      To this end, Communists of various nationalities have assembled in London and sketched the following manifesto, to be published in the English, French, German, Italian, Flemish and Danish languages.

      Karl Marx u. Friedrich Engels: Manifest d. Kommunistischen Partei (Einleitung)
      https://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1848/manifest/0-einleit.htm

      Ein Gespenst geht um in Europa – das Gespenst des Kommunismus. Alle Mächte des alten Europa haben sich zu einer heiligen Hetzjagd gegen dies Gespenst verbündet, der Papst und der Zar, Metternich und Guizot, französische Radikale und deutsche Polizisten.

      Wo ist die Oppositionspartei, die nicht von ihren regierenden Gegnern als kommunistisch verschrien worden wäre, wo die Oppositionspartei, die den fortgeschritteneren Oppositionsleuten sowohl wie ihren reaktionären Gegnern den brandmarkenden Vorwurf des Kommunismus nicht zurückgeschleudert hätte?

      Zweierlei geht aus dieser Tatsache hervor.

      Der Kommunismus wird bereits von allen europäischen Mächten als eine Macht anerkannt.

      Es ist hohe Zeit, daß die Kommunisten ihre Anschauungsweise, ihre Zwecke, ihre Tendenzen vor der ganzen Welt offen darlegen und dem Märchen vom Gespenst des Kommunismus ein Manifest der Partei selbst entgegenstellen.

      Zu diesem Zweck haben sich Kommunisten der verschiedensten Nationalität in London versammelt und das folgende Manifest entworfen, das in englischer, französischer, deutscher, italienischer, flämischer und dänischer Sprache veröffentlicht wird.

      #marxisme #communisme #histoire

  • L. Trotsky - Oeuvres octobre 1932
    https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/10/321015.htm

    L’année passée, j’écrivais que dans la lutte contre le fascisme, les communistes devaient être prêts à conclure un accord pratique non seulement avec le diable et sa grand-mère mais aussi avec Grzesinsky. Cette phrase fit le tour de la presse stalinienne mondiale : pouvait-on trouver une meilleure preuve du « social-fascisme » de l’opposition de gauche ? Certains camarades m’avaient prévenu : « Ils se saisiront de cette phrase. » Je leur répondis : « Cette phrase est écrite précisément pour qu’ils s’en saisissent. Qu’ils saisissent un fer rouge et s’y brûlent les doigts ! Il faut donner des leçons aux imbéciles. » Le cours de la lutte amena Von Papen à faire connaître la prison à Grzesinsky. Est-ce que cet épisode cadrait avec la théorie du social-fascisme et les prévisions de la bureaucratie stalinienne ? Non, il était en totale contradiction avec elles. Par contre, notre appréciation de la situation admettait tout à fait une telle éventualité et lui attribuait une place déterminée.

  • Alès : au programme de la Rétive pour le mois de janvier
    https://lepressoir-info.org/spip.php?article691

    Au programme de la Rétive pour le mois de janvier : Programme du mois de janvier en pdf à télécharger ici Affiche à télécharger ici la Rétive - 42, rue du faubourg d’Auvergne - Alès laretive [at] riseup.net / https://laretive.info — ici, ici, https://laretive.info, https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm, https://lists.riseup.net/www/info/laretive-infos

  • "L’usure " par Auguste Blanqui ( 1885 )

    http://enuncombatdouteux.blogspot.fr/2016/10/lusure-par-auguste-blanqui-1869-1870.html

    Depuis bientôt quatre siècles, notre détestable race détruit sans pitié tout ce qu’elle rencontre, hommes, animaux, végétaux, minéraux. La baleine va s’éteindre, anéantie par une poursuite aveugle. Les forêts de quinquina tombent l’une après l’autre. La hache abat, personne ne replante. On se soucie peu que l’avenir ait la fièvre. Les gisements de houille sont gaspillés avec une incurie sauvage.

  • L’escroquerie démocratique : Hillary ou Trump ? (Counterpunch)Luciana Bohne

    http://www.legrandsoir.info/l-escroquerie-democratique-hillary-ou-trump-counterpunch.html

    « Pensez-vous que nous serions mieux sous Hillary ou Trump, » m’ont demandé les membres de mon groupe d’écriture, lors d’une réunion en Octobre. « Ce n’est pas une question de l’un ou l’autre. Je ne peux pas vous donner une réponse courte. » Finalement, j’ai rédigé la réponse que voici

    .

    Aux Etats-Unis, nous avons la démocratie politique mais la démocratie économique est rare. Nous avons les structures politiques de la démocratie, mais elles vacillent sur des fondations faites de clauses d’exception. Ces exceptions limitent les progrès de la démocratie d’en bas. Nous avons la démocratie pour quelques-uns et l’exclusion pour tous les autres. Nous avons le socialisme pour le capital et le capitalisme pour le reste. D’ailleurs, tout droit ou liberté politique est provisoire. Ils sont accordés avec des clauses d’exception rédigées en petits caractères ou avec des lacunes accumulées au fil du temps qui attribuent à l’État le privilège de les résilier.

    Nous avons une démocratie qui se contredit depuis sa création. Elle professait que « tous les hommes » étaient nés égaux, sauf les sous-hommes qui n’étaient que du bétail légalisé et qui appartenaient à ceux qui les avaient achetés. Cette démocratie naissante limitait le droit de vote aux propriétaires, en encourageant l’appropriation par le vol des terres appartenant aux sous-hommes des peuples autochtones. Ce modèle de dépossession est évident aujourd’hui dans la violence systématique qui s’exerce contre les jeunes Noirs. Les hommes noirs constituent 6,6 pour cent de la population mais 40 pour cent des 2,3 millions de la population carcérale, contre 375.000 en 1970. Six millions de citoyens qui ont purgé leur peine n’ont pas le droite de voter.

    La nature de notre démocratie
    C’est la propriété, et non la démocratie, qui fut intégrée comme le nec plus ultra des intérêts vitaux dans l’ADN de notre organisme constitutionnel. C’est l’ostracisme qui régnait au sommet de la colline blanche post-coloniale des Etats-Unis. Pour être un membre à part entière de cette enclave utopique et exalté de profiteurs zélés, il fallait voler, posséder et profiter.

    L’éthique de la cupidité et de la concurrence n’assure guère l’harmonie sociale. Celle-ci est garantie par l’achat de l’opinion publique. Cela signifie la construction d’une superstructure de contrôle idéologique. Cela signifie conditionner le public à adopter les valeurs et les intérêts de l’élite dirigeante. Par conséquent, la croyance inculquée de la sacralité de la propriété privée induit chez les dirigés à croire que « la poursuite du bonheur » consiste à accumuler de biens matériels – contrairement aux penseurs des Lumières qui défendaient le droit au développement personnel nié par les structures sociales rigides de la féodalité.

    Dans le capitalisme, la notion de propriété s’appuie sur l’exploitation. Elle n’est pas la garantie du bien-être public, de l’harmonie et de la sécurité. La propriété est la mère du racisme, de la guerre, du génocide, et de l’inhumanité. Nous avons, dans notre démocratie de bonimenteurs, de bons citoyens qui s’opposent aux guerres et au racisme. Mais l’opposition aux guerres et au racisme dans un état obsédé par la propriété est comme un opposition au feu en Enfer. Le Feu est la nature de l’Enfer tout comme la Propriété est la nature de notre état. C’est l’abolition de l’enfer qu’il faut exiger.

    « Il est tout à fait évident » , écrit le jeune Frederick Engels dans son premier livre publié, La situation de la classe laborieuse en Angleterre : https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_pref.htm
    , en observant la démocratie naissante de l’ère industrielle en Angleterre, « que toute la législation est calculée pour protéger ceux qui possèdent contre ceux qui ne possèdent pas »

    L’escroquerie
    Lorsque vous avez la démocratie politique sans justice économique, vous avez le forme sans le contenu. Karl Marx, qui, avec Engels, a étudié les constitutions émergentes de l’Europe libérale, surtout après les révolutions de 1848-1849, a tout écrit à ce sujet dans La Sainte Famille (https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900.htm ), et a qualifié cette démocratie partielle d’ « escroquerie démocratique ». Il considérait les Etats-Unis comme le pays modèle de cette « escroquerie », le pays le plus démocratique dans la forme constitutionnelle et le plus efficace pour réguler les passions du peuple dans les limites des intérêts de classe au pouvoir, assurant la paix sociale dans l’étau de son étreinte libérale brutale.
    Pour sûr, notre Constitution était la plus démocratique de cette ère libérale émergente.

    En Europe, par exemple, les constitutions libérales naissantes furent ruinées par une impulsion réactionnaire pour préserver certains degrés de despotisme. Pas la nôtre. Noir sur blanc il était écrit que nous répudions les rois et les despotes. Nous étions « nous le peuple ». Nous gouvernions. Nous n’étions plus des sujets mais des citoyens.

    L’illusion du pouvoir entre les mains du peuple fut un brillant canular. « Pour l’amour de Dieu, laissez-les voter ; n’ayez pas peur des élections », chuchotèrent à la fin du 19ème siècle les élites étasuniennes à leurs homologues européens. « Qu’ils s’imposent leur propre soumission par le vote. Laissez-les croire qu’ils gouvernent. L’harmonie sociale vous coûtera moins cher que tous ces donjons et gendarmes ».

    L’Europe a prêté l’oreille parce que les mouvements socialistes avaient véritablement décollé à la fin du 19ème siècle, en exigeant la justice sociale et économique. Elle a prêté l’oreille parce que le socialisme international menaçait d’unir, dans un combat commun contre l’impérialisme, les peuples soumis des colonies avec les masses de la patrie impériale. Les masses laborieuses de l’Europe réalisèrent que si le soleil ne se couchait jamais sur l’Empire britannique, il ne se levait pas pour autant sur les taudis britanniques.

    Pour réaffirmer l’harmonie sociale, des concessions furent faites. Puis le mouvement socialiste fut éliminé lors de la Première Guerre mondiale qui fut à la fois une guerre de classe et une guerre inter-impérialiste. La marée montante de la prise de conscience de l’oppression générale retomba et s’échoua dans la boue des Flandres et les tranchées du front occidental. Sur le front de l’Est, la marée a tenu bon, en anéantissant l’autocratie Russe, et une expérience du pouvoir par le peuple a débuté. Une chose que les impérialistes n’avaient pas pris en compte lorsqu’ils excitaient les peuples de chaque nation à se massacrer entre eux était que les guerres sont les creusets de la révolution. S’il existe une lueur d’espoir dans la boucherie en cours des guerres modernes de l’Occident contre les ex-colonies, elle réside dans l’espoir que l’histoire se répétera avec un retour de manivelle provoqué par la révulsion et une révolte mondiale.

    L’apparition du néolibéralisme.
    Depuis 1945, le système des deux partis étasuniens a brillamment réussi à maintenir un ordre social sous contrôle, en jouant au jeu de l’alternance fictive entre conservatisme et progressisme. En réalité, le jeu était joué pour confiner les gens dans un cadre politique extrêmement étroit où tout véritable choix politique se voyait étouffé et dans lequel on attendait des gens qu’ils se retournent les uns contre les autres à propos d’une concession mineure quelconque, ou qui ne mangeait pas de pain, que l’Etat jetait en pâture à tel ou tel groupe social. Les maintenir en agitation mais sous contrôle ; leur donner l’impression qu’avec la dissidence et le débat, ils vivaient dans une société libre. Voilà ce que les dirigeants aiment : des gens divisés mais faisant partie du troupeau. Il est vrai que parfois certains s’en échappent et descendent dans la rue, mais des concessions minimales seront faites et ils retourneront dans leur cadre étroit où ils se chamailleront sur leurs mérites ou démérites respectifs.

    Dans les années 1970, les dirigeants ont pris une décision capitale. Ils ont noté que le taux de profit sur les investissements au sein de l’État-providence était plat. Ils ont remarqué que le maintien d’une économie industrielle générait trop de frais. Ils ont remarqué que les concessions faites pour assurer l’harmonie sociale s’étaient accumulées au point de mettre en péril la liberté des capitaux. Alors ils ont décidé de tout reprendre : l’investissement industriel au service du développement d’un pays ; les droits des travailleurs ; les services sociaux ; les réglementations sur les banques ; les restrictions sur les opérations financières hasardeuses et risquées. En bref, ils voulaient le retour de l’économie de casino débridée de Wall-Street de l’époque avant la Grande Dépression.

    Ils savaient qu’ils s’engageait dans une guerre sociale. Ils savaient que les gens allaient souffrir mais ils avaient confiance que les ravages de la politique de la terre brûlée néolibérale mettrait du temps à faire sentir ses effets à domicile. La révolte prévisible contre la paupérisation pouvait être retardée par le communautarisation de la société en groupes d’identité compartimentés, chacun cherchant l’attention de l’Etat sur un sujet précis. Nous sommes devenus une nation balkanisée de minorités parce que l’État sait que notre force, notre seule arme – est l’unité. Notre éparpillement est gérable.

    A la fin des années 1970, l’industrie sidérurgique a quitté Pittsburgh pour le Brésil, bien que le taux de profit était de 12%. La région fut économiquement dévastée. Dans les années 1980, en tant qu’enseignement à 180km au nord de Pittsburgh, je lisais des essais rédigés par des étudiants d’une université publique de la classe ouvrière où j’enseignais. Les essais racontaient des histoires déchirantes de pères en détresse - des métallos qui avaient perdu leur emploi, buvaient, se querellaient avec leurs épouses, qui divorçaient.

    Plus pénible à lire, cependant, étaient les causes que les étudiants attribuaient à l’insécurité de leurs jeunes vies. Ils citaient des lois environnementales trop strictes ; une fiscalité des entreprises excessive ; la cupidité des syndicats. Ils avaient abandonné leur raison et cédé à la passion des flammes du ressentiment que le Parti Républicain attisait avec le tisonnier du racisme. Ils supposaient que la démocratie était allée trop loin avec la discrimination positive, favorisant un groupe au détriment d’un autre. Ils étaient d’accord que « le gouvernement était trop envahissant » et la protection sociale trop somptueuse. Les philistins du Parti républicain compensaient leur confiance dévoyée avec des élucubrations pédantes sur la famille et les valeurs religieuses, le « caractère sacré de la vie », la sobriété de la peine de mort comme mesure de discipline sociale – autant de mesures qui ne réduisent ne serait que d’un centime ni le budget de la défense ni les subventions accordées aux entreprises. Le complexe pénitentiaire est devenu une activité lucrative pour l’investissement et l’exploitation – l’équivalent des workhouses (*) britanniques du 19ème siècle.

    Le Parti Démocrate, quant à lui, a prêché la tolérance raciale, mais a adopté des lois draconiennes incarcérant les personnes les plus vulnérables, les jeunes, les pauvres et, de façon disproportionnée, les Noirs. Ils « reformèrent » la protection sociale puis ont laissé croire aux Blancs que les Noirs avaient volé leurs allocations. En réalité, la plupart des bénéficiaires de la protection sociale étaient des Blancs pauvres. Le Parti Démocrate a lancé le discours sur le multiculturalisme, ghettoïsant ainsi les groupes sociaux autour de questions sociales uniques, élargissant les fractures de la cohésion sociale, de la solidarité et de la coopération.

    Ce qui gisait sous les décombres, enseveli sous les discours sur les valeurs et l’identité, était la classe sociale, l’inavouable, le proscrit. La classe ouvrière a cessé d’exister en tant qu’entité linguistique dans le discours public et intellectuel. Il a cessé d’exister politiquement, parce que lorsque la langue meurt, l’histoire, la culture et la conscience des gens meurent aussi. Ainsi, les Démocrates ont adopté l’ALENA et l’ALEAC, des actes d’agression économique contre le monde du travail, ici et ailleurs. Ils ont abrogé la loi Glass-Steagall et ouvert la porte aux dérives financières sans entraves, ce qui nous a valu le crash de 2007-8, lorsque les conneries des deux partis ont fini par déborder. La masse, jusqu’ici divisée et apathique, explosa de colère contre « les riches ». Voilà que l’inculture politique du peuple, si assidûment cultivée par les deux partis, s’éveillait à une perception de la classe comme relation sociale inégale de pouvoir au sein de la société.

    L’harmonie sociale se décompose
    Dans la campagne électorale présidentielle en cours, nous avons assisté à une relâche du contrôle exercé par les deux partis. Les beaux jours de la conciliation de classe et de coopération active de la population avec les intérêts des élites économiques ont clairement atteint une sorte de début de la fin. Les électeurs somnambules qui autrefois s’alignaient derrière le candidat retenu par leurs partis respectifs - Républicains à votre fausse droite et Démocrates à votre fausse gauche - se sont soudainement réveillés, leur apathie éclatant dans un désordre, une débauche et une indiscipline inattendue.

    Douze millions d’électeurs ont rejoint la campagne d’un « indépendant », le sénateur Bernie Sanders, qui se présenta comme candidat du socialisme démocratique. 13,3 millions sont devenus partisans du milliardaire entrepreneur immobilier Donald Trump, le candidat voyou parvenu du Parti Républicain. En réalité, aucun des deux candidats n’a reconnu l’ampleur du problème du capitalisme mondial en crise qui est la cause du retour au capitalisme rapace prôné par le néolibéralisme. Ni compris ou avoué que le néolibéralisme était une nécessité pour la survie du capitalisme. Ainsi, tous les deux ont proposé de retourner à une époque où le pays connaissait une prospérité, Sanders à l’économie du New Deal ; Trump à l’époque du fordisme industriel, toutes deux spécifiquement saccagées par le néolibéralisme. Hillary Clinton, en tant que partenaire néolibérale, à la fois dans l’idéologie et la pratique, de Bill Clinton, comprend que le néolibéralisme est la dernière bataille pour l’hégémonie mondiale du capital international. Voilà pourquoi elle est la candidate des néoconservateurs.

    Mais les gens, poussés par leurs conditions matérielles de plus en plus difficiles, en ont finalement eu assez. Les années Obama ont ruiné tout espoir de changement – et les derniers espoirs dans les promesses des deux partis. Les guerres se sont poursuivies et se sont intensifiées, augmentant le budget de la défense à plus de $600 milliards ; le complexe militaro-industriel a amassé des fortunes à faire pâlir d’envie Crésus ; la surveillance s’est intensifiée ; les banques ont récupéré et profité, en abandonnant au peuple les miettes de l’austérité ; les capitaux se sont précipitamment exportés à la recherche d’investissements ; le marché du travail n’offre plus que des emplois précaires et sous-payés ; des accords de commerce internationaux anti-travail et anti-souveraineté se sont multipliés. La corruption. La violence policière. Les immigrés boucs-émissaires, les déportations massives. le contrôle des médias. Les mensonges. La belligérance. La politique étrangère destructrice : agressions militaires et changements de régime. Le démantèlement du droit international et des traités internationaux. Le faux humanitarisme. La perte de la « bonne opinion du monde, » que la Constitution demandait avec tant d’insistance au peuple des États-Unis de cultiver. Au lieu d’entretenir des relations de bon voisinage, nos dirigeants aspirent à devenir les propriétaires abusifs de la planète.

    Les gens ont honte. Dans un coin de leur conscience embrumée, ils ont honte de leur pays. L’augmentation de la pauvreté les prive de leur dignité. Ils doivent se sentir honteux de leurs conditions de vie et de l’état du pays. Et ça, ce n’est pas bon pour les dirigeants : la honte est une émotion où la conscience révolutionnaire germe. Qui peut vivre longtemps sans le respect de soi avant de recourir à la révolte ou de succomber à la haine de l’humanité de manière à déplacer le dégoût de soi, à la manière des fascistes ? Par-dessus tout, qui peut vivre longtemps dans une société où la violence endémique est un symptôme évident de la douloureuse absence d’amour ?

    Conclusion
    Trump ou Hillary ? Mauvaise question. Au contraire, nous devons réaliser que dans la mesure où il s’agit d’un choix proposé par les dirigeants, c’est un piège auquel nous ne pouvons plus échapper, mais qui pourra servir de leçon pour l’avenir. Dans la culture libérale dans laquelle nous avons tous été éduqués - Républicains ou Démocrates - nous avons été habitués à chercher le sauveur suprême. Nous emboîtons le pas des puissants. Nous espérons que l’émancipation viendra d’en haut alors que le changement radical et la démocratisation ne viendront que d’en bas. C’est ça la difficulté, c’est ça qui nous fait peur. Nous sommes paisibles parce que nous ne connaissons pas notre propre force, et aussi longtemps que nous l’ignorerons, nous serons des sujets et non des citoyens.

    Nous devrions voir dans le rejet des partis traditionnels que représentent les candidatures de Trump et Sanders, la possibilité – la nécessité, en fait - d’organiser un parti du peuple. On pourrait même l’appeler Parti des Déplorables, car si l’on exclut les « masses désordonnées » (selon Marx et Engels, pour se moquer du mépris dont elles faisaient l’objet de la part de l’élite arrogante), on admettra que la démocratie n’a aucune chance. Elles sont « désordonnées », mais sont-elles à blâmer, elles qui ont cessé de compter, ou même d’exister, sur le front de la guerre de classe qui a été lancée contre la démocratie – c’est-à-dire contre nous tous ?

    Les lignes de division ethniques doivent disparaître. C’est un impératif pour l’unité. Aux Etats-Unis, le racisme est une peste endémique et récurrente. Il est à la racine de nos divisions politiques. Voilà donc la première tâche : l’éradiquer par l’éducation. Engels, qui a partagé sa vie avec Mary Burns, une Irlandaise républicaine radicale, avait bien compris le racisme contre les Irlandais qui imprègnait la classe ouvrière anglaise. Ce n’était pas un simple trouble psychologique. Il est apparu parce que les usines des Midlands importaient des travailleurs irlandais pour briser les grèves. Néanmoins, il voyait dans la classe ouvrière anglaise la force nécessaire pour mener une révolution sociale :

    « L’Angleterre démontre que plus une classe se trouve en bas de l’échelle sociale et plus elle est « inéduquée » dans le sens habituel du mot, plus sa relation avec le progrès est forte et plus son avenir est grand. »
    J’ai tenté « d’expliquer patiemment » - maxime de Lénine - et, au cours de cette explication qui n’est même pas une réponse « claire et précise », j’ai peut-être épuisé la patience du lecteur, mais il est important de savoir que si nous votons pour l’un ou l’autre de ces deux candidats, nous le faisons sans illusion. Si nous votons pour le « moindre mal », que ce soit la dernière fois, car c’est bien pour le mal que nous voterons.

    Luciana Bohne
    Luciana Bohne est co-fondatrice de Film Criticism, une revue des études de cinéma, et enseigne à l’Université Edinboro en Pennsylvanie.
    (*) NdT : lire ce texte de F. Engels sur les « workhouses » britanniques : https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_11.htm

  • Kai Diekmann und die Auschwitz-Baupläne - Medien - Süddeutsche.de
    http://www.sueddeutsche.de/medien/kz-plaene-wie-kai-diekmann-die-auschwitz-bauplaene-ausser-landes-bringe

    Est-ce que vous voulez savoir à qui appartiennent les dessins de construction du camps d’Auschwitz ? C’est simple, c’est l’État d’Israel qui les détient et ne le les lachera pas. Les représentants des Archives fédérales d’Allemagne ne sont pas contents. Ils auraient aimé pouvoir les garder.

    Karl Marx - Le 18 brumaire de L. Bonaparte
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm

    Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.

    49 ans après l’enlèvement d’Eichmann par un commando du Mossad ces plans de construction d’Auschwitz partent clandestinement en Israel, le commando de kidnapping étant composé de l’éditeur du journal Bild Kai Dieckmann et de Bibi Netanyahou , premier ministre d’Israel.

    5. Juli 2016, 18:11 Uhr

    In einem Interview erzählt Bild-Herausgeber Kai Diekmann, wie er 2009 die Baupläne des Konzentrationslagers Auschwitz dem israelischen Premier überreichte.
    Der Axel-Springer-Verlag hatte die Pläne auf dem Schwarzmarkt erworben.
    Bundesarchiv und Bundesinnenministerium sind der Auffassung, die Papiere gehörten Deutschland. Diekmann aber schenkte sie Israel.

    Von Thorsten Schmitz

    Man sollte annehmen, dass Kai Diekmann weiß, was man verrät und was besser nicht. Womöglich hat den Gesamtherausgeber der Bild -Gruppe dieser Instinkt für einen Moment verlassen, als er sich von Tal Alon interviewen ließ. Alon lebt in Berlin und ist Chefredakteurin des auf Hebräisch erscheinenden Online-Magazins Spitz. Am Dienstag veröffentlichte es ein Gespräch mit Diekmann, in dem es eigentlich darum geht, weshalb der Springer-Verlag einer Gruppe von deutschen Chefredakteuren eine Israel-Reise organisiert hat, bei der man auch mit Premierminister Benjamin Netanjahu zusammentraf, aber kein Blick auf die Trennmauer geworfen wurde.

    Diekmann berichtet in dem Interview in erstaunlicher Offenheit, weshalb er so einfach einen Termin bei Netanjahu bekommt. Man habe engen Kontakt seit August 2009. Damals hatte Bild 29 Baupläne und -skizzen des Konzentrationslagers Auschwitz veröffentlicht und im Springer-Hochhaus ausgestellt. Die Pläne, die die Unterschrift Heinrich Himmlers tragen und weltweit als die einzigen erhaltenen gelten, hatte Springer auf dem Schwarzmarkt erworben für eine bis heute ungenannte Summe. Das aufsehenerregende Dokument, das bereits 1941 die systematische Ausrottung von Juden belegt, war vom Bundesarchiv für echt befunden worden.

    Das Bundesarchiv hatte damals mit Springer vereinbart, dass es die Prüfung übernimmt und nach der publizistischen Auswertung die Original-Baupläne erhält. Bis heute ist das Archiv der Auffassung, dass die Baupläne Deutschland gehören, denn Deutschland ist Rechtsnachfolgerin des Dritten Reiches. Diese Auffassung vertrat offenbar auch das Bundesinnenministerium. Diekmann aber schien das egal zu sein. Er fand, die Pläne gehörten nach Israel und schenkte sie Premierminister Benjamin Netanjahu bei dessen Besuch in Berlin. Der freute sich und sprach von einem „Geschenk der Wahrheit“.
    Die Frage war: Wie kommen die Dokumente über die Grenze?

    Die ganze Wahrheit gibt Diekmann jetzt freimütig preis: „Bundesarchiv und Bundesinnenministerium haben uns gesagt, diese Dokumente gehören der Bundesregierung. Wenn Sie versuchen, sie aus Deutschland herauszubringen, dann bekommen Sie ein Problem. Wir werden Sie an der Grenze stoppen.“ Die sanfte Drohung ließ Diekmann unbeeindruckt, wie er jetzt zugibt. „Die Baupläne waren eine Sensation. Ich war überzeugt, dass sie nach Yad Vaschem, in Israels Holocaustgedenkstätte, gehören.“

    Nur wie ließ sich das am geschicktesten einfädeln? „Ich hatte dann die Idee“, sagt Diekmann, „dass jemand die Baupläne über die Grenze bringen muss, den sie nicht stoppen werden, und zu dieser Zeit war das Premierminister Benjamin Netanjahu. Ich habe ihn gefragt, ob er zu unserer Ausstellung kommt, wo wir ihm die Dokumente aushändigen würden.“ Der Rest ist Geschichte. Netanjahu kam, nahm die Baupläne entgegen und flog mit ihnen im Gepäck nach Israel.

    Hans-Dieter Kreikamp hat damals die Echtheit der Baupläne geprüft und leitete die Abteilung „Deutsches Reich“ im Berliner Bundesarchiv. „Wir waren sehr enttäuscht“, sagt Kreikamp der SZ, „dass der Springer-Verlag sein Wort einseitig gebrochen hat. Wir haben naiv dem gesprochenen Wort vertraut.“ Kreikamp bestätigt, dass damals mit Springer mündlich vereinbart worden sei, die Original-Baupläne nach der Ausstellung und der publizistischen Verwertung durch den Verlag der Obhut des Bundesarchivs zu überlassen. Auch Hartmut Weber, der damalige Präsident des Bundesarchivs, bestätigt, dass es eine Vereinbarung gegeben habe. Er habe Vorstandschef Mathias Döpfner damals nochmals in einem Brief gebeten, die Baupläne seiner Behörde zu überlassen. Auf den Brief, so Weber, „habe ich nie eine Antwort bekommen“.

    Ausstellung : Die Baupläne vom KZ Auschwitz | GeschichtsPuls
    http://geschichtspuls.de/art1282-ausstellung-die-bauplaene-vom-kz-auschwitz

    Der Name Auschwitz steht als Synonym für den gesamten Holocaust, den Völkermord an etwa sechs Millionen europäischen Juden. Geschätzte 1,1 Millionen Menschen wurden hier von den Nationalsozialisten ermordet. Die dabei angestrebte “Effizienz” verdeutlichen die originalen Baupläne des Konzentrations- und Vernichtungslagers Auschwitz. Sie sind jetzt in einer Ausstellung des Axel-Springer-Verlages zu sehen.

    #Israel #holocauste #Auschwitz #Allemagne #presse

  • La conception matérialiste de la question juive
    https://www.marxists.org/francais/leon/CMQJ00.htm

    Préface d’Ernest Mandel (1946)

    La période de paix et de bien-être relatifs que connut l´Europe occidentale entre 1870 et 1914 ne fut guère propice à la formation de véritables révolutionnaires. Pour que l’esprit s’arrache complètement à l’influence de l´idéologie de la classe dominante, pour que la volonté se concentre totalement sur un but unique, la conquête du pouvoir par le prolétariat, il ne suffit pas d’assimiler correctement la méthode et l’héritage marxistes ; il faut encore que la vie même lance les hommes hors de la routine d’une existence « respectable », qu’elle leur impose l’expérience immédiate de tout ce que le système capitaliste comporte d’explosif, de cruel, de dégradant et de barbare. C’est dans le creuset de l’illégalité, de l’emprisonnement, de l’émigration et d’une lutte sans merci contre l’autocratie, que s’est forgée la grande génération révolutionnaire des bolcheviks en Russie. Pour qu’une nouvelle génération révolutionnaire se forme dans les pays d’Occident, il a fallu que l’humanité y entre dans le feu même de l’époque des crises, des guerres et des révolutions.

    The Jewish Question, A Marxist Interpretation
    https://www.marxists.org/subject/jewish/leon

    Judenfrage und Kapitalismus
    https://www.marxists.org/deutsch/archiv/leon/1946/judenfrage/index.htm

    Les Juifs, grands absents de l’agriculture
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-juifs-grands-absents-de-l-179816

    LES JUIFS DE LA CAMPAGNE ALSACIENNE : LES MARCHANDS DE BESTIAUX, FREDDY RAPHAËL
    http://www.revue-des-sciences-sociales.com/pdf/rss09-raphael.pdf
    Abraham Léon
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_L%C3%A9on

    Ernest Mandel
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Mandel#Biographie

  • Le mythe de la conception léniniste du #parti ou Qu’ont-ils fait à Que faire ?
    http://revueperiode.net/le-mythe-de-la-conception-leniniste-du-parti-ou-quont-ils-fait-a-que-f

    Détachement d’intellectuels, élitiste, centraliste. Le parti léniniste est taxé de tous les maux que le stalinisme a fait peser sur le mouvement ouvrier. Dans ce texte de 1990, Hal Draper revient sur le mythe qui entoure la conception léniniste du parti et notamment sur Que faire ?, en ayant à coeur de souligner le dynamisme de la pensée de #Lénine. Draper nous invite alors à un retour au texte pour nous montrer que Lénine n’avait en rien cherché à construire une secte semblable aux groupuscules actuels. Il a construit un pôle révolutionnaire au sein d’un parti ouvrier large, dont le degré de discipline devait varier avec la conjoncture. Draper permet ainsi de relire les débats classiques sur l’organisation avec un regard neuf, qui peut nourrir un travail de recomposition politique encore à l’ordre du (...)

    #Uncategorized

    • Moi ma préférée des 21 Conditions d’admission des Partis dans l’ #Internationale_Communiste, édictées par Lénine et ses amis en Juillet 1920, c’est la numéro 12 :

      12. Les Partis appartenant à l’Internationale Communiste doivent être édifiés sur le principe de la centralisation démocratique. A l’époque actuelle de guerre civile acharnée, le Parti Communiste ne pourra remplir son rôle que s’il est organisé de la façon la plus centralisée, si une discipline de fer confinant à la discipline militaire y est admise et si son organisme central est muni de larges pouvoirs, exerce une autorité incontestée, bénéficie de la confiance unanime des militants .

      Même si la numéro 13 est pas mal aussi :

      13. Les Partis Communistes des pays où les communistes militent légalement doivent procéder à des épurations périodiques de leurs organisations , afin d’en écarter les éléments intéressés et petit-bourgeois.

      Oh mais la numéro 1 n’est pas sans qualités :

      [...] La presse périodique ou autre et tous les services d’éditions doivent être entièrement soumis au #Comité_Central_du_Parti , que ce dernier soit légal ou illégal. Il est inadmissible que les organes de publicité mésusent de l’autonomie pour mener une politique non conforme à celle du Parti. [...]

      La numéro 9 rappelle l’attachement aux désirs d’émancipation et d’autonomie des individus :

      9. Tout Parti désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des #syndicats, #coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des #noyaux_communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme . Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l’ensemble du Parti.

      https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700b.htm

      Nan vraiment le pauvre #Lénine et ses camarades #Trotski et #Staline ont vraiment été diffamés, leurs conceptions étaient si émancipatrices ! Ce n’est qu’à partir de 1924 et à cause des bureaucrates à la solde du méchant Staline que les choses ont dérapé.

      Sinon ce livre publié en 1921 pourrait vous intéresser :

      Les #Soviets trahis par les #bolcheviks - Rudolf Rocker

  • K. Marx - Le Capital Livre I : XXV.I
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-1.htm

    La religion fleurit surtout là où les prêtres subissent le plus de macérations, de même que la loi là où les avocats crèvent de faim (William Petty)

    Der Akkumulationsprozeß des Kapitals - 23. Das allgemeine Gesetz der kapitalistischen Akkumulation
    http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_640.htm

    Die Religion blüht am besten, wenn die Priester am meisten kasteit werden, wie das Recht am besten, wo die Advokaten verhungern.

    William Petty - 26 May 1623 – 16 December 1687
    https://en.wikipedia.org/wiki/William_Petty

    Sir William Petty FRS (26 May 1623 – 16 December 1687) was an English economist, scientist and philosopher. He first became prominent serving Oliver Cromwell and Commonwealth in Ireland. He developed efficient methods to survey the land that was to be confiscated and given to Cromwell’s soldiers. He also managed to remain prominent under King Charles II and King James II, as did many others who had served Cromwell.

    He was Member of the Parliament of England briefly and was also a scientist, inventor, and entrepreneur, and was a charter member of the Royal Society. It is for his theories on economics and his methods of political arithmetic that he is best remembered, however, and to him is attributed the philosophy of laissez-faire in relation to government activity.

    #devise_du_jour #économie #histoire

  • Vor 400 Jahren starb William Shakespeare
    http://www.salzburg.com/nachrichten/diverse/kopf-des-tages/sn/artikel/vor-400-jahren-starb-william-shakespeare-193274


    Pour ce journal autrichier Shakespeare est mort il y a 400 ans précisément, le nouveau dictionnaire monopoliste prétend qu’il aurait encore survécu pendant une dizaine de jours encore jusqu’au trois mai. Quelle importance ... quelle bonne occasion d’identifier son influence sur notre vie actuelle !

    Citons d’abord les journalistes autrichiens.

    Was ist so witzig an Shakespeare? Wissen sie, dass die Welt dieser Tage (23. April) den 400. Todestag des Groß-Dramatikers feiert?

    Shakespeare ist zur Weltmarke geworden. 123 Millionen Google Treffer. Man braucht ihn nicht mehr zu lesen, um ihn zu kennen. Seine Stücke nicht mehr zu schauen, um über die Worte zu staunen. Shakespeares Leben, Shakespeares Zitate, alles abrufbar, per Mausklick.

    Bof, il y a des auteurs bien plus intéressants. Prenons Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx.

    La langue française avant et après la Révolution, Etudes sur les origines de la bourgeoisie moderne, Paul Lafargue
    https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1894/00/pl18940000.htm

    Mme de Staël semble penser que l’on peut renouveler la littérature sans toucher à la langue ; Voltaire les croyait au contraire si étroitement liées que tout changement dans l’une devait amener forcément une modification correspondante dans l’autre : s’il se constitue le gardien jaloux de la langue, il attaque avec furie les novateurs littéraires, qui pour excuser leurs tentatives se réclamaient de Shakespeare . Sa campagne contre le plus grand génie dramatique qu’ait produit l’humanité depuis Eschyle mérite d’être connue : elle indique l’état des esprits de l’époque et peut être considérée comme une des premières escarmouches du combat que classiques et romantiques allaient engager après la Révolution sur les œuvres de Racine et de Shakespeare .

    Paul Lafargue raconte la grande influence qu’a eu Shekespeare sur son beau-père. Ses observations contribuaient largement à l’analyse de la société de Marx qui nous a laissé une foule de références et de citations de William Shakespeare.

    Souvenirs personnels sur Karl Marx, Paul Lafargue
    https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1890/00/lafargue_18900000.htm

    C’était un homme, un homme en tout ;
    Je ne reverrai jamais son pareil.

    Shakespeare. Hamlet

    Il admirait Eschyle et Shakespeare qu’il considérait comme les deux plus grands génies dramatiques qu’ait produits l’humanité. Il s’était livré à des études approfondies sur Shakespeare qui lui inspirait une admiration sans bornes et dont il connaissait tous les personnages, même les plus insignifiants. Toute la famille Marx professait un véritable culte pour le grand dramaturge anglais ; ses trois filles le savaient par cœur. Après 1848, voulant se perfectionner dans la connaissance de l’anglais qu’il lisait bien, il rechercha et classa toutes les expressions propres à Shakespeare

    Karl MARX, Introduction à la critique de l’économie politique, Introduction : Production, consommation, distribution, échange (Circulation), IV. Production. Moyens de production et rapports de production. Rapports de production et rapports de circulation. Formes de l’État et de la conscience par rapport aux conditions de production et de circulation. Rapports juridiques. Rapports familiaux.
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm

    8. Le point de départ naturellement dans les déterminations naturelles ; subjectivement et objectivement. Tribus, races, etc.

    1. Pour l’art, on sait que certaines époques de floraison artistique ne sont nullement en rapport avec le développement général de la société, ni par conséquent avec celui de sa base matérielle, qui est pour ainsi dire l’ossature de son organisation. Par exemple les Grecs comparés aux modernes, ou encore Shakespeare . Pour certaines formes de l’art, l’épopée par exemple, il est même reconnu qu’elles ne peuvent jamais être produites dans la forme classique où elles font époque, dès que la production artistique apparaît en tant que telle ; que donc, dans le domaine de l’art lui-même, certaines de ses créations importantes ne sont possibles qu’à un stade inférieur du développement artistique. Si cela est vrai du rapport des différents genres artistiques à l’intérieur du domaine de l’art lui-même, Il est déjà moins surprenant que cela soit également vrai du rapport du domaine artistique tout entier au développement général de la société. La difficulté ne réside que dans la manière générale de saisir ces contradictions. Dès qu’elles sont spécifiées, elles sont par là même expliquées.

    Voici le texte original :

    Karl Marx, Einleitung [zur Kritik der Politischen Ökonomie]
    4. Produktion. Produktionsmittel und Produktionsverhältnisse. Produktionsverhältnisse und Verkehrsverhältnisse. Staats- und Bewußtseinsformen im Verhältnis zu den Produktions- und Verkehrsverhältnissen. Rechtsverhältnisse. Familienverhältnisse.
    Notabene in bezug auf Punkte, die hier zu erwähnen und nicht vergessen werden dürfen :
    http://www.mlwerke.de/me/me13/me13_615.htm#Kap_4

    8. Der Ausgangspunkt natürlich von der Naturbestimmtheit; subjektiv und objektiv. Stämme, Racen etc.

    Bei der Kunst bekannt, daß bestimmte Blütezeiten derselben keineswegs im Verhältnis zur allgemeinen Entwicklung der Gesellschaft, also auch der materiellen Grundlage, gleichsam des Knochenbaus ihrer Organisation, stehn. Z.B. die Griechen verglichen mit den modernen oder auch Shakespeare. Von gewissen Formen der Kunst, z.B. dem Epos, sogar anerkannt, daß sie, in ihrer Weltepoche machenden, klassischen Gestalt nie produziert werden können, sobald die Kunstproduktion als solche eintritt; also daß innerhalb des Berings der Kunst selbst gewisse bedeutende Gestaltungen derselben nur auf einer unentwickelten Stufe der Kunstentwicklung möglich sind. Wenn dies im Verhältnis der verschiednen Kunst- <641> arten innerhalb des Bereichs der Kunst selbst der Fall ist, ist es schon weniger auffallend, daß es im Verhältnis des ganzen Bereichs der Kunst zur allgemeinen Entwicklung der Gesellschaft der Fall ist. Die Schwierigkeit besteht nur in der allgemeinen Fassung dieser Widersprüche. Sobald sie spezifiziert werden, sind sie schon erklärt.

    Le Capital, Livre premier, Le développement de la production capitaliste, IV° section : la production de la plus-value relative, Chapitre XV : Machinisme et grande industrie, IX. - Législation de fabrique
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-9.htm

    Si la nature même de la grande industrie nécessite le changement dans le travail, la fluidité des fonctions, la mobilité universelle du travailleur, elle reproduit d’autre part, sous sa forme capitaliste, l’ancienne division du travail avec ses particularités ossifiées. Nous avons vu que cette contradiction absolue entre les nécessités techniques de la grande industrie et les caractères sociaux qu’elle revêt sous le régime capitaliste, finit par détruire toutes les garanties de vie du travailleur, toujours menacé de se voir retirer avec le moyen de travail les moyens d’existence [14] et d’être rendu lui-même superflu par la suppression de sa fonction parcellaire ; nous savons aussi que cet antagonisme fait naître la monstruosité d’une armée industrielle de réserve, tenue dans la misère afin d’être toujours disponible pour la demande capitaliste ; qu’il aboutit aux hécatombes périodiques de la classe ouvrière, à la dilapidation la plus effrénée des forces de travail et aux ravages de l’anarchie sociale, qui fait de chaque progrès économique une calamité publique. C’est là le côté négatif.

    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-15-9.htm#ftn229

    [14] « Tu prends ma vie si tu me ravis les moyens par lesquels je vis. » ( Shakespeare .)

    Karl Marx, Salaire, prix et profit, La lutte entre le Capital et le Travail et ses résultats
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626o.htm

    Parallèlement à cet élément purement physiologique, la valeur du travail est déterminée dans chaque pays par un standard de vie traditionnel. Celui-ci ne consiste pas seulement dans l’existence physique, mais dans la satisfaction de certains besoins naissant des conditions sociales dans lesquelles les hommes vivent et ont été élevés. Le standard de vie anglais pourrait être réduit à celui de l’Irlande, le standard de vie d’un paysan allemand à celui d’un paysan de Livonie.
    ...
    Du temps de la guerre contre les Jacobins, entreprise, comme disait le vieux George Rose, budgétivore et sinécuriste impénitent, pour mettre les consolations de notre sainte religion à l’abri des incursions de ces mécréants de Français, les honnêtes fermiers anglais que nous traitions si tendrement dans un chapitre précédent abaissèrent les salaires des ouvriers agricoles même au-dessous du minimum purement physique et firent ajouter, moyennant les Lois des pauvres, ce qui était nécessaire à la conservation physique de la race. C’était une manière glorieuse de transformer l’ouvrier salarié en esclave et le paysan libre et fier de Shakespeare en un indigent assisté.

    Karl MARX, Le Capital, Livre premier, Le développement de la production capitaliste, VIII° section : L’accumulation primitive, Chapitre XXVII : L’expropriation de la population campagnarde
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-27.htm

    Dans les dernières années du XVIII° siècle, la yeomanry, classe de paysans indépendants, la proud peasantry de Shakespeare , dépassait encore en nombre l’état des fermiers. C’est elle qui avait constitué la force principale de la République anglaise. Ses rancœurs et ses habitudes formaient, de l’aveu même de Macaulay, le contraste le plus frappant avec celles des hobereaux contemporains, Nemrods grotesques, grossiers, ivrognes, et de leurs valets, les curés de village, épouseurs empressés des « servantes favorites » de la gentilhommerie campagnarde. Vers 1750 la yeomanry avait disparu [12].
    ...
    [12] A letter to sir T. C. Banbury, Brt : On the High Price of Provisions, by a Suffolk gentleman, Ipswich, 1795, p. 4. L’avocat fanatique du système des grandes fermes, l’auteur de l’Inquiry into the Connection of large farms, etc., Lond., 1773, dit lui-même, p. 133 : « Je suis profondément affligé de la disparition de notre yeomanry, de cette classe d’hommes qui a en réalité maintenu l’indépendance de notre nation ; je suis attristé de voir leurs terres à présent entre les mains de lords monopoleurs et de petits fermiers, tenant leurs baux à de telles conditions qu’ils ne sont guère mieux que des vassaux toujours prêts à se rendre à première sommation dès qu’il y a quelque mal à faire. »

    Karl Marx, Un chapitre inédit du Capital, Résultats du procès de production immédiat, II. La production capitaliste comme production de plus-value
    G. Les deux phases historiques du développement économique de la production capitaliste, a) Soumission formelle du travail au capital
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/kmcapI-6-2G.htm

    L’ouvrier transforme lui-même son argent en les valeurs d’usage, marchandises, de son choix : comme possesseur d’argent et acheteur, il se trouve vis-à-vis des vendeurs de marchandises dans le même rapport que tous les autres acheteurs. Certes, ses conditions d’existence - outre le montant de son salaire - l’obligent à dépenser son argent dans le cercle relativement étroit des moyens de subsistance. Cependant celui-ci peut évoluer. Par exemple, les journaux font aujourd’hui partie des moyens de subsistance nécessaires de l’ouvrier anglais. Il peut faire des économies et amasser un petit pécule, ou bien dilapider son salaire en buvant, etc. Quoi qu’il en soit, il se comporte en agent libre et doit s’en tirer tout seul : il est lui-même responsable de la manière dont il dépense son salaire. Il apprend à se dominer lui-même, contrairement à l’esclave, qui a besoin de son maître.

    Tout cela ne vaut, cependant, qu’en égard à la transformation du serf ou de l’esclave en salarié libre. Les conditions capitalistes apparaissent alors comme une promotion dans la hiérarchie sociale. C’est l’inverse, pour le paysan indépendant ou l’artisan que l’on transforme en salarié. Quelle différence entre la fière et libre paysannerie anglaise dont parle Shakespeare , et les journaliers agricoles anglais !

    Laissant de côté les influences purement économiques qui préparaient l’expropriation des cultivateurs, nous ne nous occupons ici que des leviers appliqués pour en précipiter violemment la marche.

    Le Capital, Livre premier, Le développement de la production capitaliste, I° section : la marchandise et la monnaie, Chapitre III : La monnaie ou la circulation des marchandises, III. - La monnaie ou l’argent., a) Thésaurisation.
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-3-3.htm#ftnref42

    De même que toute différence de qualité entre les marchandises s’efface dans l’argent, de même lui, niveleur radical, efface toutes les distinctions [6].

    Voici l’observation de Shakepeare précédant l’analyse de Marx :
    https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-3-3.htm#ftn42

    [6] Gold, yellow, glittering precious Gold !
    Thus much of this will make black white ; foul, fair ;
    Wrong, right ; base, noble ; old, young ; coward, valiant
    ...What this, you Gods ! why ibis
    Will lug your priests and servants front your sides ;
    This yellow slave
    Will knit and break religions ; bless the accursed ;
    Make the hoar leprosy adored ; place thieves
    And give them, title, knee and approbation,
    With senators of the bench ; this is it,
    That makes, the wappend widow wed again
    ...Come damned earth,
    Thou common whore of mankind

    « Or précieux, or jaune et luisant’ en voici assez pour rendre le noir blanc, le laid beau, l’injuste juste, le vil noble, le vieux jeune, le lâche vaillant !... Qu’est-ce, cela, ô dieux immortels ? Cela, c’est ce qui détourne de vos autels vos prêtres et leurs acolytes Cet esclave jaune bâtit et démolit vos religions, fait bénir les maudits, adorer la lèpre blanche ; place les voleurs au banc des sénateurs et leur donne titres, hommages et génuflexions. C’est lui qui fait une nouvelle mariée de la veuve vieille et usée. Allons, argile damnée, catin du genre humain... » (Shakespeare, Timon of Athens.)

    #marxisme #économie #histoire