Ce que s’abstenir veut dire, par Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen (Le Monde diplomatique, mai 2014)

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    • Ce soir en écoutant les discussions de la soirée Médiapart, je me suis demandé à quoi ressemblait vraiment l’évolution du vote FN depuis quatre décennies. Toutes les figures que j’ai consulté montraient une ligne en forme de yo-yo et je trouvais un peu bizarre cette « instabilité » électorale encore qu’elle aurait pu venir illustrer ce que les personnalités politiques disent trop souvent : que c’est un vote de « colère », donc volatile.

      Mais en réalité, le vote FN est relativement stable si on le visualise par type d’élection, mais il n’augmente pas de manière linéaire partout. Il y a surement matière à débattre sur la forme des graphiques, sur la chute de la période 2000-2008... et sur l’effrayante remontée de 2014-2015. On pourra y revenir.

      J’ai composé cette figure à l’arrache, il manque encore quelques détails et quelques notes de bas de page. Par ailleurs, le temps de formater la feuille de calcul, nous la publierons dans les jours qui viennent. En attendant les commentaires sont bienvenus.

    • @freakonometrics En fait, j’ai le nombre de vote dans la feuille excel. C’est juste une question de temps mais oui, je suis d’accord, et dès que je trouve une fenêtre, je vais essayer de produire une image avec le nombre de voix (et d’en comparer l’évolution avec les autres partis).

      Par ailleurs, ce que le graphique de synthèse ne montre pas, c’est les concentrations locales du vote FN. Des communes de plus en plus nombreuses connaissent des scores FN de 40 et 50 + % ... C’est pas très réjouissant, mais il faudra aussi revisiter la carte des élections 2015 par commune.

    • @reka  : Toutes les figures que j’ai consulté montraient une ligne en forme de yo-yo et je trouvais un peu bizarre cette « instabilité » [...] le vote FN est relativement stable si on le visualise par type d’élection

      Oui c’est une des raisons qui m’ont amené à réalisé mes tableaux élections par élections. La principale variable de ces différences de niveaux entre élections est le nombre de scrutins.

      J’ai rassemblé quelques éléments qui à mon avis caractérisent une élection :

      - nombre de scrutins
      - nombre d’élus
      - présupposés idéologiques (présidentielles -> homme providentiel ; Européennes -> union supra-nationale ; législatives -> représentants du peuple ; municipales -> vie locale)
      - principales médiations (médias nationaux ou locaux etc ; militants de terrains ou stars nationales ; réseaux d’amitiés, connaissances directes, etc.)
      - mode de scrutin
      - pouvoir en jeu (exécutifs, legislatifs, executif local dominé par le national, législatif transnational et fantoche etc.)

      Cela donne par exemple à la louche :

      Présidentielles :
      - 1 seul scrutin
      - 1 seul.e élu.e
      - homme providentielle, roi soleil guidant le peuple, homme fort
      - médias nationaux fortement mobilisés, militants mobilisés
      - 500 parrainage puis suffrage universel uninominal direct
      - exécutif autoritaire (peut défaire le parlement, décide des lois au niveau européen)

      Permets les meilleurs score de l’extrême droite : 14 à 15%

      Municipales :
      - 36 000 scrutins
      - entre 210 000 et 520 000 conseillers municipaux
      - gestion des affaires locales
      - médias locaux, militants locaux, relations amicales
      - un sacré bazar https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_municipale_en_France#Les_modes_de_scrutin
      - exécutif local en partie sous tutelle de l’État.

      Permet les score les plus bas de l’extrême droite : 3%

    • @reka par contre je pense que c’est une erreur de représenter avec des bâtonnets, surtout si on souhaite comparer le pourcentage des inscrits au pourcentage des votants.

      D’une part je trouve que ça coupe l’idée de continuité entre chaque date électorale, d’autre part ça me paraît moins lisible.

      J’avais fait ça dans un premier temps mais pour comparer l’extrême droite à l’abstention. ça rend bien compte des différences de niveau et des différences de variation, mais je trouvais que ça rend mal compte de l’existence de « autre vote » et son évolution, ceux qui ne votent pas extrême droite et ne s’abstiennent pas :

      Et à mon avis, comme je le disais dans ma première publication, il ne faut pas prendre en compte que le Front national pour comprendre l’évolution de l’électorat « extrême droite »

      @freakonometrics le nombre de voix ça peut être intéressant, mais si c’est pour une analyse dans la durée il faut faire attention car la population croît de manière importante. C’est notamment ce que je disais dans cette analyse http://seenthis.net/messages/360906

      Quant à l’analyse en nombre de voix, elle masque l’accroissement de la population. Aux élections présidentielles, on est ainsi passé de 36,4 millions d’inscrits en 1981 à 41,2 en 2002 et 46 millions en 2012.

    • @koldobika Le problème avec ces cartes c’est qu’elles ne sont pas anamorphosées en fonction de la population des régions.
      http://elections.interieur.gouv.fr/regionales-2015/11/11.html

      La région Île de France est très petite mais a une population de 7 086 172 d’inscrits dont seulement 8,19% votent extrême droite

      Alors que la région Paca est grande mais n’a que 3 525 272 inscrits dont 21% votent extrême droite

      Pareil pour la Nord-Pas-de-Calais - Picardie elle n’a que 4 237 939 inscrits et 22% d’entre eux votent extrême droite.

    • @reka je mets à disposition ma feuille de calcul qui m’a permis de réaliser ces graphiques. Il y a trois onglet, le troisième est un début de travail avorté pour voir l’évolution spécifique en Nord Pas de Calais.

      Voici le lien torrent :

      magnet : ?xt=urn:btih:53832b530272d3c9a77eaf6674d2c09fba9362be&dn=%C3%89volution%20vote%20extr%C3%AAme%20droite%20et%20abstention%20-%20longue%20p%C3%A9riode%20-%20Apichat&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.openbittorrent.com%3A80&tr=udp%3A%2F%2Fopen.demonii.com%3A1337&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.coppersurfer.tk%3A6969&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.leechers-paradise.org%3A6969

      Et lien http:

      https://framadrop.org/r/7lntkOEFUF#JzxCYUyW2niKrUu+PlBH9c/wEtYjToL7m6fDxSMaX5M=

      Pour les données j’ai plusieurs sources :
      http://data.gouv.fr
      http://www.france-politique.fr
      http://elections.interieur.gouv.fr
      https://fr.wikipedia.org

      Par ailleurs avec une copine on a pour projet de continuer le travail, dans plusieurs mois, pour voir quelle tendance perd ou gagne sur la longue période dans ce qui apparaît actuellement que comme le bloc jaune :

      - « bloc droite » (UMP, UDF, UDI etc.)
      - "bloc centre gauche (PS, éventuellement Verts etc.)
      - gauche de gauche (PCF, LCR, LO, PG, etc.)

    • @apichat merci beaucoup pour les liens et la feuille excel, c’est très précieux et j’apprécie énormément la mise en commun de cette recherche commune. De mon côté, je suis en train - doucement - de rassembler les données « en nombre de voix » à partir desquelles on calcule les pourcentages. L’idée est de voir aussi comment on pourrait donner une idée du « volume » d’électeurs même si je comprends bien que la croissance de la population électorale fausse un peu la visu. Cela dit, il y a peut-être un truc à chercher et à trouver :)

      En tout cas, à suivre !

    • Avec plaisir @reka !

      Dans la feuille de calcul il y a justement les données en nombre de voix.

      Oui ça serait intéressant de voir l’évolution du volume d’électeur ainsi que celle du volume d’inscrits. La données la plus difficile à obtenir mais qui est évoqué à juste titre par l’article « Ce que s’abstenir veut dire » de Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen dans le diplo c’est le pourcentage, si possible pour chaque rendez-vous électoral, de non-inscrits mais en âge de voter.

      Dans ma feuille de calcul, le premier onglet correspond aux données structurées de tel manière qu’il est facile de faire un tableau pouvant comparer toutes les élections. Comme les courbes ci-dessus ou encore celles-ci :

      On voit d’ailleurs que l’abstention augmente fortement à toutes les élections, sauf aux présidentielles depuis l’après 21 avril 2002 (sur les courbes, c’est le seul rendez-vous électoral où j’ai aussi mis le score du 2ème tour) qui a connu une très forte baisse de l’abstention (mais celle-ci remontait déjà en 2012 et risque d’être très forte en 2017)

      Le deuxième onglet isole plus chaque élection et permet de faire les tableau que j’ai principalement publiés jusqu’à présent.

    • @sandburg ces informations sont dans ma feuille de calcul qui est disponible ici : https://framadrop.org/r/7lntkOEFUF#JzxCYUyW2niKrUu+PlBH9c/wEtYjToL7m6fDxSMaX5M=

      Sur le graphique ci-dessus on voit qu’en gros « blancs+nuls » est assez stable et plutôt faible. Sauf aux législatives dans les années 90 et à mon avis aux seconds tours (là on le voit pour la présidentielle en 2002).

      Mais j’ai fait le choix de ne pas représenter les seconds tours car ce sont des situations extrêmement diverses et variables, beaucoup moins stables et analysable que l’évolution des premiers tours. Mais ne serait-ce que pour l’abstention et surtout les votes blancs et nuls (c’est à dire des personnes profondément attachées à la participation aux élections mais qui refusent de choisir entre les candidats qu’il reste) ce serait intéressant de faire un travail similaire et dédié aux second tour... personnellement je n’ai pas le temps pour.

      L’autre situation que je n’ai absolument pas travaillé mais qu’il serait très intéressant de visualiser c’est la proportion des personnes ayant le status pour voter mais qui ne sont pas inscrites.

      Cette situation est très bien décrite dans cet article :

      Ce que s’abstenir veut dire - par Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen

      http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/BRACONNIER/50381

  • Ce que s’abstenir veut dire - par Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen

    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/BRACONNIER/50381

    Depuis près de trente ans, à chaque consultation, l’abstention bat un nouveau record. Seule la présidentielle échappe — pour l’instant — à cette loi d’airain. Lors des municipales de 1983, 20,3 % des inscrits s’étaient abstenus au second tour ; en mars dernier, ils étaient 37,8 %.

    Si l’on ajoute les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes (7 % de la population qui pourrait l’être), le non-vote avoisine les 50 % lors des scrutins européens, régionaux, cantonaux, et même législatifs et municipaux. Cette crise de la participation, en passe de devenir le fait majeur des élections en France, est encore plus frappante dans les communes urbaines, où les votants sont d’ores et déjà minoritaires : au premier tour des municipales de 2014, la participation n’a été que de 56,5 % dans les neuf cent quatre-vingts villes de plus de dix mille habitants. Et elle a même chuté à 53,8 % dans les villes de plus de cent mille habitants. Si l’on comptabilise la non-inscription, les conseils municipaux des plus grandes villes ont été désignés par une minorité de citoyens en âge et en droit de voter.

    [...]

    Il est tentant de relier les deux facteurs les plus constants de la vie politique : le caractère systématique de l’alternance entre droite et gauche et la progression régulière de l’abstention. Excepté en 2007, aucune majorité sortante n’a remporté les législatives depuis 1978. Plus largement, le camp du premier ministre en exercice est toujours battu lors des élections intermédiaires. Cette mécanique de l’alternance est à la fois cause et conséquence de l’abstention : en suscitant des désillusions, elle contribue au désenchantement politique et éloigne la population des isoloirs ; et, si les sortants sont systématiquement battus depuis trente ans, c’est souvent parce que leurs anciens électeurs ont cette fois préféré s’abstenir...

  • Le texte qui suit a été écrit pour la feuille de choux d’un ami, je me suis dit qu’il pourrait intéresser des personnes sur Seenthis. Ce premier article est un extrait d’un travail plus large de compilation de statistiques électorales, de tentatives de visualisation et d’analyse pour comprendre l’évolution de l’extrême droite. Je publierai d’autres articles, éventuellement sous forme de zoom sur des points précis. @reka @intempestive @monolecte @pedro @touti j’espère que cet article vous intéressera

    « Un français sur quatre d’extrême droite » ? Mon œil !

    Et si contrairement à ce que certains journalistes, sondologues et dirigeants politiques répètent à tue-tête il n’y avait pas d’explosion de l’extrême droite en France ? Pourtant, le #Front_National n’a-t-il pas fait 25 % aux dernières européennes de 2014 – score inégalé en 30 ans de nuisances ? Mais 25 % de quoi ? Des votants. Nuance de taille puisqu’aux #élections_européennes la norme est à 60 % d’ #abstention. Là où les experts les plus raffinés voient « un français sur quatre » voter pour l’extrême droite, il n’y aurait en fait « qu’un » inscrit sur 10. Pire, « oublier » l’abstention revient souvent à mépriser les abstentionnistes, à réduire leur action à un caprice non politisé ou à croire qu’ils vot(erai)ent comme les votants – alors que précisément ils ont agi différemment et qu’il s’agirait de comprendre pourquoi. Quant à l’analyse en nombre de voix, elle masque l’accroissement de la population. Aux élections présidentielles, on est ainsi passé de 36,4 millions d’inscrits en 1981 à 41,2 en 2002 et 46 millions en 2012.


    http://pix.toile-libre.org/?img=1428859049.png

    Moins qu’en 1994
    Autre rupture que nous proposons pour bien analyser la situation : ne pas réduire l’extrême droite au FN puisqu’il y a aussi le Mouvement national républicain (#MNR, crée en 1999 par Bruno Mégret) et le Mouvement pour la France° (#MPF, crée en 1994 par #Philippe_de_Villiers puis rejoint par #Guillaume_Peltier et #Jacques_Bompard). Ainsi le score de 10,1 % des inscrits, apparait comme historique si on ne prend en compte que le FN mais se révèle inférieur aux 11,4 % réalisés par l’extrême droite en 1994 (5,25 % FN et 6,16% MPF). Raisonner ainsi permet aussi d’expliquer autrement ce nouveau succès du #FN. En 1984 c’est par les européennes que l’extrême droite fait son grand retour : 6 % des inscrits votent pour elle. Or par la suite, l’extrême droite ne va cesser de voir son score diminuer à ces élections. On observe des rebonds seulement en 1994, avec l’arrivée du MPF, et en 2014. Précisément deux moments où, contrairement à toutes les autres élections européennes, au moins une partie de l’extrême droite a affirmé des positions fermement anti- #Europe, ce qui semble plus fédérer et mobiliser son auditoire.

    ° Malheureusement ce parti d’extrême droite est toujours invisibilisé dans les « divers droite ». Sa présence n’est donc identifiable et isolable qu’aux élections qui ont peu de scrutins, de listes etc. comme les européennes, les régionales et les présidentielles.


    http://pix.toile-libre.org/?img=1428859217.png

    Puisque la question des frontières de l’extrême droite et de leur extension est abordée, il est inquiétant de noter à quel point ses obsessions, sa lutte contre la démocratie, ses actes et propos violents et stigmatisant sont répandus tant à l’UMP qu’au PS - mais est-ce nouveau ou un renouveau ?

    Supprimer les présidentielles
    Enfin, cessons d’analyser les résultats « tout type d’élections » confondus. Prenons chaque type isolément et sur la longue durée. En France, les deux pôles sont l’élection présidentielle - avec un taux moyen à 13 % (si on n’oublie pas le MPF en 1995) - et les élections #municipales avec 3 % en moyenne. La principale variable qui pourrait expliquer cette différence est le « nombre de scrutins » par type d’élections : 36 000 pour les municipales, un pour la #présidentielle. Ainsi les municipales nécessitent un important ancrage social et territorial et une puissance militante massive et fédératrice, un engagement bien plus fort que des votants qui tous les deux ans vont déposer leur haine dans l’urne. À l’inverse, l’ #élection_présidentielle nécessite un budget conséquent pour distribuer de la propagande et organiser des meetings ainsi que de bons relais dans les sphères du pouvoir central et des médias de masse. Ces différences permettraient d’expliquer partiellement le récent succès de l’ #extrême_droite aux départementales (12 % des inscrits°° contre 6 % habituellement), puisque le nombre de scrutins est passé de 4000 à 2000 – au passage l’extrême droite n’en a remporté qu’une trentaine.


    http://pix.toile-libre.org/?img=1429191681.png

    Ainsi un espoir apparaît. Et si pour réduire massivement l’extrême droite, le moyen le plus efficace était de renforcer la démocratie en augmentant significativement, pour un type d’élection donnée, le nombre de scrutins, en réduisant la taille des circonscriptions tout en augmentant le nombre d’élus, donc de citoyens contrôlant le pouvoir ? Sans oublier de supprimer les élections favorables à une aristocratie médiatisée au premier rang desquelles l’élection présidentielle.


    http://pix.toile-libre.org/?img=1429191642.png

    °° Mais aux départementales seul 93 % du corps électoral était appelé à voter puisque Paris, Lyon, la Guyane et la Martinique n’étaient pas concernés. Le score fictif de l’extrême droite au niveau national devait donc être d’environ 11,5 %.

    • Merci @reka pour le compliment :-)

      Sinon, je ne découvre que maintenant cet article qui a été publié au même moment où je débutais le travail de compilation pour produire mes tableaux :

      Ce que s’abstenir veut dire
      http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/BRACONNIER/50381

      Depuis près de trente ans, à chaque consultation, l’abstention bat un nouveau record. Seule la présidentielle échappe — pour l’instant — à cette loi d’airain. Lors des municipales de 1983, 20,3 % des inscrits s’étaient abstenus au second tour ; en mars dernier, ils étaient 37,8 %.

      Si l’on ajoute les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes (7 % de la population qui pourrait l’être), le non-vote avoisine les 50 % lors des scrutins européens, régionaux, cantonaux, et même législatifs et municipaux. Cette crise de la participation, en passe de devenir le fait majeur des élections en France, est encore plus frappante dans les communes urbaines, où les votants sont d’ores et déjà minoritaires : au premier tour des municipales de 2014, la participation n’a été que de 56,5 % dans les neuf cent quatre-vingts villes de plus de dix mille habitants. Et elle a même chuté à 53,8 % dans les villes de plus de cent mille habitants. Si l’on comptabilise la non-inscription, les conseils municipaux des plus grandes villes ont été désignés par une minorité de citoyens en âge et en droit de voter.

      Je ne sais pas comment j’ai pu passer à coté pendant tout ce temps.

    • Je republie ici un commentaire publié ailleurs sur Seenthis

      http://seenthis.net/messages/438256#message438293

      Par ailleurs, pour l’instant, même avec les résultats de dimanche dernier, je constate qu’il n’y pas d’explosion de l’extrême droite dans la population.

      Lors de ces régionales, élections faciles et facilités par le nouveau découpage, l’extrême droite a fait 13,4% des inscrits. Il n’ont donc pas encore dépassé leur score des présidentielles (14% aux élections de 2012 et 15,2 à celles de 1995 si on prend en compte Philippe de Villiers).

      Et il me semble erroné de croire qu’ils ont des réserves de voix chez les abstentionnistes. À mon avis vu les événements de l’année 2015 les électeurs de l’extrême droite étaient très mobilisés pour voter... ce qui ne semble pas être le cas pour les électeurs de gauche.

      On remarquera d’ailleurs que souvent quand l’abstention augmente, l’extrême droite aussi et quand l’abstention diminue l’extrême droite aussi. Ce qui laisse penser qu’une même cause a des effets différents sur (au moins) deux populations différentes. Cela va aussi radicalement contre l’idée que les abstentionnistes voteraient comme les votants s’ils votaient.

      http://elections.interieur.gouv.fr/regionales-2015/FE.html

    • L’inverse a été démontré, je parle du rapport taux d’abstention taux du vote vers l’extrême droite. Comme a été aussi démontré, par les statistiques issus des bureaux de vote, que l’extrême droite s’abstient et qu’elle dispose de réserves confortable.
      Quand le ps prend les mêmes dispositions que le fn c’est à dire quand les frontières sautent, il me semble difficile de faire comme si rien n’avait bougé. Le MD délivre un « papier » idéologique qui n’est appuyé par rien, on peut être en accord comme en désaccord idéologique.

    • Si tu veux trouver le lien entre intentions et résultats, entre abstention au premier tour et % d votes en faveurs du fn au second c’est facile.
      Pour la partie racisme et islamophobie au ps, jolie condensé sur https://twitter.com/hashtag/PasDeJusticePasDeVoix?src=hash
      Évidement je peux avoir conscience des limites d’un hashtag sur twitter.
      Mon seul reproche sur tes posts c’est qu’il présentent un panorama politique tel qu’il était il y a 20 ans.

    • @unagi pour le ps on est d’accord, pour ce point je ne doute pas de l’existence de sources solides. C’est sur « elle dispose de réserves confortable » où j’ai des doutes, surtout si tu parles des présidentielles ou dernières régionales/européennes.

    • analyse de l’électorat français pour les européennes de 2014, réalisée par Ipsos . c’est un copier collé d’un texte pris ici.
      analyse de l’électorat français pour les européennes de 2014, réalisée par Ipsos.

      50% des personnes ayant voté Le Pen au premier tour des dernières élections présidentielles se sont abstenus aux européennes. 50%. Un frontiste de 2012 sur deux n’est pas allé voter en 2014.
      La même question pour les électeurs de Hollande et Sarkozy donne respectivement 58 et 48.

      Il y a donc entre 50 et 53% d’abstentions chez les partisans du Front National. Score supérieur à celui de la droite, inférieur à celui de la gauche et très largement supérieur à celui de l’extrême-gauche.
      L’abstention vs fn est la même question depuis des années, il y avait il y a deux ans des élections, peut être cantonales pour lesquelles les résultats sur les deux tours démontraient bien que les voix pour le fn n’étaient pas à leur maximum lors du premier.
      Refuser l’idée qu’un électeur fn peut pas s’abstenir est du niveau de la pensée magique.
      Je n’ai pas gardé les résultats et ne ferait pas de recherche,
      Au bout d’un moment centrer ces accusations sur les abstentionnistes et non pas sur les votants c’est pour moi faire preuve d’un dénis de la réalité.

    • J’imagine que tu fais référence à ce sondage Ipsos-Steria https://fr.scribd.com/doc/226037674/Europeennes-Ipsos-Comprendre-Le-Vote-Des-Francais

      On n’a plus qu’à espérer que, contrairement à d’habitude hein, Ipsos a bidonné son sondage réalisé par « Echantillon interrogé par Internet via l’Access Panel d’Ipsos. » Car sinon cela voudrait dire que l’extrême droite serait très certainement à 16 ou 18% des inscrits à la présidentielle de 2017.

      Après je n’ai jamais accusé les abstentionnistes, bien au contraire. Je constate juste que contrairement à ce qui est répété partout il n’y a pas une explosion de l’attrait pour ce qui est explicitement et officiellement étiqueté comme extrême droite. Par contre il y a bien une explosion de de l’abstention sur les 30 dernières années et je ne dis pas que c’est mal.

    • ce que je disais précédemment est que l’attrait de l’extrême droite se retrouve dans les actions les déclarations de l’ump et du ps . Aujourd’hui on peut voter extrême droite en votant socialiste et dire devant la dinde au marrons qu’on a fait barrage au fn après un rot satisfait.

  • Ce que s’abstenir veut dire
    http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/BRACONNIER/50381

    Depuis quinze ans, l’élection du Parlement européen ne mobilise qu’une minorité d’électeurs. La montée de l’abstention est devenue un phénomène marquant de la vie démocratique française. On l’observe en particulier au sein de l’électorat traditionnel de la gauche, découragé par les politiques gouvernementales. (...) Source : Le Monde diplomatique